Présidence Hollande: Le vrai modèle de François Hollande (Amateur hour at the Elysee palace)

Chirac IIBarack Obama est un amateur L’économie est une catastrophe (…) Les États-Unis ont perdu leur triple  A. (…) Il ne sait pas ce que c’est que d’être président. (…) C’est un incompétent. Bill Clinton
C’est un Corrézien qui avait succédé en 1995 à François Mitterrand. Je veux croire qu’en 2012, ce sera aussi un autre Corrézien qui reprendra le fil du changement. François Hollande
J’ai pris son visage comme un paysage. Raymond Depardon
C’est clairement un clin d’œil à la photographie amateur, notamment au niveau du format carré : on dirait un polaroïd ou une photo Instagram. On est loin des codes de la photo institutionnelle. François Hollande est dans l’ombre des arbres, et au loin l’Elysée est surexposé. Cette photo, on est tous capable de la faire dans les jardins de l’Elysée. Cet hommage à la photo amateur, c’est une très bonne idée pour un président qui se revendique comme normal. Enfin, le choix de l’extérieur peut être perçu comme un clin d’œil au président Chirac, à cette filiation corrézienne, qui apparaît bien plus forte que l’on aurait pu l’imaginer.  André Gunthert  (Ecole des hautes études en sciences sociales)
Une seule stratégie de campagne s’impose: mentir et tricher. Le vrai modèle de Nicolas Sarkozy n’est pas Angela Merkel, mais un mélange de Silvio Berlusconi et de Vladimir Poutine, avec le vide idéologique de l’un et la brutalité des méthodes de l’autre. Najat Vallaud-Belkacem (porte-parole de François Hollande, 26 février 2012)
François Hollande a tenté, ce soir, d’hypnotiser les Français. François HOLLANDE s’est essayé, ce soir, à un véritable exercice de magie politique. Un exercice qui consiste à faire passer la communication avant l’action. Plutôt que de chercher de réelles convergences de fond avec ses partenaires, François HOLLANDE affiche, en effet, surtout son mode de transport. Plutôt que de se concentrer sur les défis de la dette et du chômage, François HOLLANDE affiche comme un progrès sa présence en plateau télévisé plutôt qu’à l’Elysée. Plutôt que d’ « être » simple, il veut surtout « faire » simple. L’impression, avant l’action. Objectif communication. Pour mieux cacher son impuissance et maquiller son inertie avant les élections législatives, François HOLLANDE a donc décidé, ce soir, de tenter d’hypnotiser les Français. Geoffroy Didier (secrétaire national de l’UMP)
Comme un touriste revenant de son premier voyage, François Hollande n’a pas résisté à la tentation d’égrener le nom des personnalités dont il vient de faire la connaissance, encore tout émoustillé d’avoir été « bien accueilli ». Oui, François Hollande est pour la croissance ! Non, il n’est pas pour la guerre ! Oui, il respecte les gens ! Ce soir, répétant avec délectation « moi, président d’un grand pays », le leader socialiste a multiplié les belles déclarations d’intention. Mais derrière ce débordement de satisfaction, Monsieur Hollande a bien rapidement expliqué pourquoi il avait entrepris d’affaiblir l’Europe à travers la division du couple franco-allemand. Il a bien fugacement détaillé ce que serait sa politique sociale. Il n’a surtout rien dit de sa stratégie de réduction des dépenses publiques, rien dit de sa stratégie de réduction des dépenses publiques, rien dit de la manière dont il favoriserait la croissance et la compétitivité de l’économie française ! L’esquive est toujours le maitre-mot de François Hollande. Camille Bedin (secrétaire national de l’UMP)
Le changement promis par François Hollande se traduit essentiellement par une attitude nouvelle de la Présidence de la République face aux difficultés : l’esquive c’est maintenant ! Nous avons assisté ce soir à une figure politique rare mais maîtrisée, celle de la triple esquive : sur l’Europe, sur le Smic et sur la compétitivité de notre économie. (…) L’esquive paraît être un art consommé chez le nouveau Président de la République, qui doit composer avec une gauche écartelée entre les sociaux-démocrates et les tenants d’une ligne dure. Yvan Lachaud (président des députés du Nouveau Centre)
Depuis plusieurs mois, les attaques contre des soldats étrangers par leurs partenaires de l’Armée nationale afghane se multiplient. (…) Les responsables militaires occidentaux ont été réticents à le reconnaître. Mais depuis plusieurs mois, les attaques contre des soldats étrangers par leurs partenaires de l’ANA se multiplient. Certains y voient une nouvelle stratégie des talibans, qui après les embuscades, les IED (engins explosifs improvisés) et les attaques contre les bâtiments officiels, ciblent désormais les instructeurs étrangers des forces de sécurité, infiltrées par l’insurrection. Ce type d’attaque porte même un nom: «green on blue» (vert contre bleu), en référence aux couleurs des uniformes respectifs de l’ANA et de l’Isaf, la Force internationale d’assistance à la sécurité. Le Figaro
Ce tour de passe-passe qui confine à la politique-spectacle, si vivement critiquée au cours de la présidence précédente, est symptomatique du double langage de Hollande. Sa méthode consiste à envoyer des messages ambigus de façon à ne jamais dire la vérité sans pour autant mentir formellement. Tiraillé entre une opinion publique hostile au conflit afghan et les engagements de la France vis-à-vis de ses alliés, Hollande a choisi une des « synthèses » dont il a le secret depuis ses années à Solferino. En n’ayant jamais montré qu’un visage lisse, sans clarifier aucune de ses positions, il ne peut être pris en défaut que par ceux qui ne lui ont pas accordé leur confiance. C’est une arme politique redoutable que ce style présidentiel… jusqu’au moment où, à force d’essayer de contenter les uns et les autres, Hollande finira par décevoir tout le monde. Hélène Terrom

Attention: un modèle peut en cacher un autre!

Alors que dans son obsession de se démarquer de son prédécesseur, notre Président normal démontre qu’entre drapeau hollandais, flou amateur et « héroïsme contemporain« , on pouvait faire plus nul que le bureau ovale guindé de Sarkozy (yes, we can!) …

Et qu’entre la Syrie et la Russie, commence à apparaitre la crasse ignorance des dossiers internationaux de notre Gesticulateur en chef  …

Pendant que, reprenant le concept obamien de « retrait des forces combattantes » (qui ne sont plus justement, contrairement auxdits instructeurs, (quatre de plus cette semaine) la cible principale des « Afghans soucieux de se construire un « alibi » anti-occidental en vue de l’après retraite américaine », notre maitre à nous du flou artistique et du double langage a commencé la longue liste des reniements flagrants de promesse électorale  …

Décryptage avec deux articles de Causeur …

Et entre  le vide idéologique et l’ambiguïté érigée en méthode de Jacques Chirac comme de Barack Obama …

Du vrai modèle de François Hollande …

Les mauvais choix afghans du président

Il n’y a pas de motion de synthèse sur le champ de bataille

Hélène Terrom

Causeur

07 juin 2012

Il y a deux semaines, François Hollande se rendait en Afghanistan. En tant que chef des armées, le président de la République a tout à fait le droit, sinon le devoir, de se rendre sur le terrain des opérations auprès de nos troupes, sans être accusé de faire campagne pour un parti. Mais en pleine campagne législative, ce déplacement reste lié à l’une de ses promesses de candidat : le retrait de toutes les troupes françaises d’Afghanistan. Cet engagement est l’un de ceux qui devaient marquer la rupture avec le sarkozysme, critiqué pour son atlantisme et son supposé alignement sur la politique étrangère américaine. Or, dans ce domaine on ne peut plus régalien, François Hollande s’est, une fois de plus, fait le chantre de l’ambiguïté. Ainsi aux troupes françaises déployées en Afghanistan et aux électeurs français, le Président-qui-n’est-pas-le-chef-de-la-majorité a annoncé qu’avant la fin de l’année, les « forces combattantes » auront quitté le sol afghan. Afin d’éviter un reniement trop rapide et flagrant de sa promesse électorale, François Hollande a mis en avant un nouveau concept, celui de retrait des « forces combattantes ». La logique du discours de Hollande est simple. Peu importe la formulation exacte de ses déclarations pendant la campagne, ce que les électeurs ont entendu est clair : plus aucun français ne sera envoyé en Afghanistan pour rentrer chez lui dans un cercueil. Puis tout d’un coup, on parle de « combattants » ! Ainsi, les militaires qui se battent contre les Talibans rentreront dans leurs casernes mais tous les accompagnateurs et instructeurs qui aident les forces et le gouvernement afghans, en uniforme ou en civil, continueront leur mission.

Que c’est beau « l’aide au développement » ! Le seul petit bémol à cette idylle est le fait que depuis quelques mois – depuis que la fin de la guerre et la victoire des Talibans ne font plus mystère – ce sont justement ces instructeurs et autres consultants1 qui sont pris pour cible par des Afghans soucieux de se construire un « alibi » anti-occidental en vue de l’après retraite américaine.

Les deux attaques contre les forces françaises des 29 décembre 2011 et 20 janvier 2012 ont coûté la vie à sept de nos soldats et ont été perpétrées par des membres de l’Armée nationale afghane, auxquels la France avait ouvert les portes de ses camps pour les former. Dans les deux cas, les soldats n’étaient pas en posture combattante. Contrairement à un passé récent, le danger vient donc aujourd’hui des hommes que l’on accompagne, que l’on encadre et que l’on forme pacifiquement.

Sans doute celui qui faisait croire qu’il allait imposer un nouveau rapport de force à Angela Merkel et annoncer à ses alliés un changement dans l’engagement militaire français en Afghanistan a découvert l’écart entre l’omnipotence de la parole et les contraintes du réel. N’empêche, ses derniers gestes diplomatiques démontrent que seul compte le message adressé à sa base électorale. Elle qui voit dans l’action extérieure de la France autant de missions inutiles que de pertes superflues.

Ce tour de passe-passe qui confine à la politique-spectacle, si vivement critiquée au cours de la présidence précédente, est symptomatique du double langage de Hollande. Sa méthode consiste à envoyer des messages ambigus de façon à ne jamais dire la vérité sans pour autant mentir formellement. Tiraillé entre une opinion publique hostile au conflit afghan et les engagements de la France vis-à-vis de ses alliés, Hollande a choisi une des « synthèses » dont il a le secret depuis ses années à Solferino. En n’ayant jamais montré qu’un visage lisse, sans clarifier aucune de ses positions, il ne peut être pris en défaut que par ceux qui ne lui ont pas accordé leur confiance. C’est une arme politique redoutable que ce style présidentiel… jusqu’au moment où, à force d’essayer de contenter les uns et les autres, Hollande finira par décevoir tout le monde.

1 Notamment en matière d’enseignement militaire, de gouvernance et de police. ↩

Voir aussi:

Quelle sera la place de Hollande dans le monde ?

Géopolitique de la gesticulation

Noix Vomique

Causeur

07 juin 2012

La semaine dernière, sur le plateau du vingt heures de France 2, surfant sur l’émotion suscitée par le massacre de Houla en Syrie, François Hollande affirmait, non sans une certaine légèreté, qu’une intervention militaire en Syrie n’était « pas exclue à condition qu’elle se fasse dans le respect du droit international, c’est-à-dire par une délibération du Conseil de sécurité » de l’ONU. Il ajoutait qu’il lui revenait « de convaincre Russes et Chinois ». Vendredi, le Président de la République recevait Vladimir Poutine et nous allions donc voir ce que nous allions voir. Finalement, François Hollande n’a évidemment pas réussi à convaincre le président russe du bien-fondé d’une intervention en Syrie. On sentait Vladimir Poutine remonté, se souvenant sans doute des déclarations de Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole de François Hollande pendant la campagne présidentielle et aujourd’hui ministre, qui avait comparé en février dernier Nicolas Sarkozy à un « mélange de Silvio Berlusconi et de Vladimir Poutine, avec le vide idéologique de l’un et la brutalité des méthodes de l’autre ». Aussi Poutine s’est-il montré particulièrement cassant : « Regardez, l’Irak, la Libye, est-ce que c’est le bonheur, est-ce que ces pays sont en sécurité aujourd’hui ? Nous savions tous que Kadhafi était un tyran. Mais pourquoi n’écrivez-vous pas ce qui s’est passé après sa chute, à Syrte notamment ? ». Hollande a accusé le coup et s’est contenté de conclure avec l’une de ces formules creuses dont il a le secret : pour lui, il n’y aurait « pas de solution possible sans le départ d’Assad ». Imagine-t-on Roosevelt, en 1941, expliquer qu’il n’y a « pas de solution possible en Allemagne sans le départ d’Adolf Hitler » ? N’est-il parfois pas préférable de se taire ?

Et si Sarkozy s’était ainsi fait rembarrer par Poutine, que n’aurait-on entendu ! Mais les médias français, qui nous ont vendu le candidat Hollande, assurent désormais le service après-vente et, toujours à la limite de l’extase, ils n’ont rien trouvé à redire. Il nous restait donc à chercher des analyses crédibles dans la presse étrangère. Et là, surprise : c’est comme si Vladimir Poutine n’était jamais venu à Paris. On découvre à quel point les grands journaux européens ont tourné la page de la présidence Sarkozy : ils ne parlent plus de la France, dont la position était hier encore incontournable sur les questions européennes et internationales. Ainsi, le quotidien espagnol El País, un journal de gauche qui a toujours loué le volontarisme de Nicolas Sarkozy, n’a évoqué que la rencontre entre Vladimir Poutine et Angela Merkel. Dans The Guardian de vendredi dernier, on passait également la rencontre de Paris sous silence en préférant insister sur la position de la Russie et de la Chine vis-à-vis du régime de Bachar Al-Assad. Il semble loin le temps où tous les regards étaient braqués sur la France, quand Nicolas Sarkozy intervenait avec succès pour arrêter la riposte russe à une offensive géorgienne en Ossétie du Nord. De la libération des infirmières bulgares à la reconnaissance du Conseil National de Transition en Libye, Nicolas Sarkozy avait su renforcer l’influence de la France dans le monde, montrant ainsi qu’il possédait l’envergure et les qualités d’un chef d’État.

En quelques semaines, les médias étrangers ont compris que la politique extérieure de François Hollande n’était que gesticulation tournée vers la politique intérieure. D’abord, lors du G8, à Camp David, François Hollande n’a cessé d’invoquer la croissance comme si les autres chefs d’État n’y avaient jamais pensé auparavant. À l’issue du G8, François Hollande s’est même vanté d’avoir imposé la question de la croissance au coeur des discussions. En réalité, Barack Obama et Angela Merkel l’ont remis à sa place en lui rappelant que la recherche de la croissance passait nécessairement par la lutte contre les déficits. Ensuite, lors du sommet de l’OTAN, en annonçant le retrait des troupes françaises d’Afghanistan dès la fin de l’année 2012, il a nui à la crédibilité de la France. D’autant plus qu’il a finalement reculé : 1400 soldats français resteront en Afghanistan au-delà de 2012, pour assurer le rapatriement du matériel et poursuivre la formation de l’armée et de la police afghanes. Enfin, comme Pierre Lellouche l’expliquait dans une tribune parue dans le Journal Du Dimanche, l’évocation d’une intervention militaire en Syrie, fort imprudente, peut embarrasser les alliés de la France qui craignent un conflit multiconfessionnel à Damas.

On savait que François Hollande méconnaissait totalement les dossiers internationaux. Aujourd’hui, en pleine campagne législative, il essaie de jouer les gros bras sur la scène internationale pour impressionner l’électorat de gauche. Mais ses gesticulations sont vaines. Du coup, la voix de la France perd de son crédit. François Hollande pourra répéter à cor et à cri, comme pour s’en convaincre, que “la France est un grand pays”, il semble s’en apercevoir un peu tard.

Voir également:

Pierre Lellouche sur la Syrie : « Assez d’angélisme monsieur Hollande! »

Le Journal du Dimanche

02 juin 2012

Un mois après sa victoire, François Hollande continue à dérouler ses promesses électorales, à faire des « coups » de politique intérieure. L’ennui, c’est qu’il le fait aussi sur le front diplomatique et que cela donne au moins trois erreurs majeures en trois semaines…

D’abord, avec l’annonce du retrait précipité d’Afghanistan qui nuit à la crédibilité de la France et à la fierté de nos armées. Ensuite, en exigeant des Allemands qu’ils payent à fonds perdus, avec les fameux eurobonds, ses promesses électorales non financées. Enfin, en faisant mine de faire la leçon à la Russie sur la Syrie, pour exploiter l’émoi légitimement suscité en France par le massacre de populations civiles en Syrie, et en rajouter sur l’image détestable du régime de Moscou dans les médias français. Tout cela pour faire oublier son évocation aussi imprudente qu’irréfléchie d’une intervention militaire française en Syrie – fût-elle sous mandat de l’ONU.

Bien sûr, personne ne peut accepter le massacre de civils par un gouvernement supposé protéger sa population. Bien sûr, tout serait plus sympathique si nous avions une Russie parfaitement démocratique qui soit à la fois notre alliée et notre partenaire. L’ennui, c’est que le monde réel ne fonctionne pas comme un coup médiatique à la manière de François Hollande. Chacun sait bien depuis des mois que toute option militaire en Syrie est illusoire et particulièrement dangereuse. Non seulement personne parmi nos alliés n’en veut, ni les Anglais qui se sont battus avec nous en Libye, ni les Allemands et encore moins les Américains – Obama n’a pas besoin d’une guerre de plus à quelques mois de ses élections. Mais, pis encore, toute opération armée nous plongerait immédiatement dans une poudrière multiconfessionnelle entre majorité sunnite et minorité alaouite chiite –, la minorité chrétienne ayant choisi de rester fidèle à la protection que lui offre le régime de Bachar El-Assad. Souhaitons-nous vraiment envoyer des troupes au sol dans une guerre civile qui, de surcroît, peut s’étendre au Liban où sont déjà déployés des soldats français sous casque bleu?

Et que dire alors de la méconnaissance crasse dont fait preuve le nouveau président à l’égard de la Russie?

Moscou n’a pas apprécié d’avoir été mis à deux reprises devant le fait accompli par des opérations militaires occidentales. En Bosnie, en 1995, et, l’an dernier, en Libye. Face à une Europe et à une Amérique affaiblies et endettées, la Russie entend demeurer une grande puissance dont nous avons besoin autant pour nos approvisionnements énergétiques que pour nos intérêts stratégiques (Iran, Afghanistan, Moyen-Orient). À quoi sert-il donc d’entamer la relation avec un président russe nouvellement réélu par des leçons de morale dont on sait par avance qu’elles ne conduiront qu’à l’effet exactement contraire à celui qui est souhaité? Tout cela n’est pas de la politique étrangère. C’est au mieux une politique de gribouille tirée de propos d’estrade.

Voir enfin:

Un Depardon sans contrefaçon

Isabelle Marchandier

06 juin 2012

Comme Jacques Chirac, François Hollande a choisi le décor champêtre et non la bibliothèque élyséenne comme cadre de sa photo officielle. Il faut reconnaître que se faire tirer le portrait en tenue d’apparat avec les blasons et tout le tralala républicain dans un lieu qui incarne l’héritage et l’inscription dans une histoire, la filiation avec une tradition, l’attachement à un passé commun, qui ont forgé une nation et un peuple, aurait fait tache pour le président de la « normal attitude ». À la verticalité historique s’oppose donc l’horizontalité de la pelouse du jardin. C’est plus rassurant !

Et comme normal veut dire comme tout le monde, donc comme personne, c’est Depardon, notre photographe de la France sans les Français qui a été choisi pour prendre la photo qui sera accrochée pendant les cinq prochaines années dans toutes les mairies et commissariats de notre pays.

« J’ai pris son visage comme un paysage » explique, sans l’ombre d’un sourire, le photographe absolument convaincu de la réussite de son cliché qualifié pour sa géniale qualité de « Fragonard ». Le tout sans une once de flagornerie bien entendu ! L’appel du visage, si cher à Levinas, est étouffé pour faire entendre la voix de la Nature amorale et apolitique. Le paradoxe est à son comble. Déshumaniser Hollande en le naturalisant et qualifier sa photo en empruntant le nom d’un portraitiste flamboyant, ça frise franchement le ridicule.

Mais finalement, bouder si fort ce lieu qui nous personnalise, nous particularise, nous différencie, qui fait de nous des être humains et non pas une simple masse de chair, ostraciser ce visage pour en faire un paysage, s’accorde bien avec l’amour de l’uniformité, valeur sacrée de la gauche qui, dans l’individualité, voit toujours l’œil du mal.

Hélène Terrom

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6 réponses à Présidence Hollande: Le vrai modèle de François Hollande (Amateur hour at the Elysee palace)

  1. [...] où, pris dans son obsession de se démarquer de son prédécesseur, notre nouveau Corrézien et maitre incontesté de l’esquive de l’Elysée s’enferme chaque jour un peu plus dans un véritable et pathétique [...]

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