Histoire: A quand un tribunal de Nuremberg pour l’Holodomor chinois ? (No museum, no monument, no remembrance day to honor the victims of Mao’s 45-million-strong starvation of his own population)

26 janvier, 2011
Mao's great famine (Frank Dikötter, 2010)Un des grands problèmes de la Russie – et plus encore de la Chine – est que, contrairement aux camps de concentration hitlériens, les leurs n’ont jamais été libérés et qu’il n’y a eu aucun tribunal de Nuremberg pour juger les crimes commis. Thérèse Delpech
Tout se passe comme si, à l’heure actuelle, s’effectuait une distribution des rôles entre ceux qui pratiquent le repentir et l’autocritique – les Européens, les Occidentaux – et ceux qui s’installent dans la dénonciation sans procéder eux-mêmes à un réexamen critique analogue de leur propre passé (..). Tout indique même que notre mauvaise conscience, bien loin de susciter l’émulation, renforce les autres dans leur bonne conscience. Jacques Dewitte (L’exception européenne, 2009)
Quand il n’y a pas assez de nourriture, les gens meurent de faim. Il est préférable de laisser mourir la moitié d’entre eux pour que l’autre moitié mange à sa faim. Mao
This is the price we have to pay; it’s nothing to be afraid of. Who knows how many people have been sacrificed on the battlefields and in the prisons [for the revolutionary cause]? Now we have a few cases of illness and death; it’s nothing! Mao
I saw no starving people in China … Considerable malnutrition undoubtedly existed. Mass starvation? No.’ And most positively: ‘Whatever he was eating, the average Chinese maintained himself in good health, as far as anyone could see. Edgar Snow
No religion forbids cannibalism. Nor can I find any law which prevents us from eating people. I took advantage of the space between morality and the law and based my work on it. Zhu Yu
It is worth trying to understand why China is producing the most outrageous, the darkest art, of anywhere in the world. Waldemar Januszczak (Times art critic)
Oui, on entend cela [que la Chine n'est pas faite pour la démocratie], et pas seulement en Chine, de la part d’occidentaux aussi. Que l’on arrête avec ces stupidités dégradantes pour notre peuple, pour moi, la démocratie, c’est tout simplement la justice et le parti unique conduit forcément aux injustices. Et quoi, la justice ne serait pas faite pour la Chine ? L’air, l’eau, le ciel ne conviennent pas à la Chine ? L’ordinateur ou le téléphone portable ne sont pas faits pour la Chine? Bao Tong (Ancien bras droit de Zhao Ziyang, le patron du PC au moment de Tiananmen)
Son nom même, en chinois Pilin-Pikong, tinte comme un grelot joyeux, et la campagne se divise en jeux inventés : une caricature, un poème, un sketch d’enfants au cours duquel, tout à coup, une petite fille fardée pourfend entre deux ballets le fantôme de Lin Biao : le Texte politique (mais lui seul) engendre ces mêmes happenings. Barthes (1974)
Le spectacle de cet immense pays terrorisé et crétinisé par la rhinocérite maoïste a-t-il entièrement anesthésié sa capacité d’indignation ? Non, mais il réserve celle-ci à la dénonciation de la détestable cuisine qu’Air France lui sert dans l’avion du retour : «Le déjeuner Air France est si infect (petits pains comme des poires, poulet avachi en sauce graillon, salade colorée, chou à la fécule chocolatée – et plus de champagne !) que je suis sur le point d’écrire une lettre de réclamation. Simon Leys
Du nazisme, les Français ont conservé, et à juste titre, la mémoire tragique de la défaite de 40 et de l´occupation (fusillades, pillages, déportations etc.). Par contre, depuis 1936, et surtout depuis 1944-1945, les Français ont assez largement conservé une mémoire glorieuse qui repose sur la participation du PCF au front populaire, sur la participation des communistes à la Résistance et à la Libération du pays, et aussi au rôle de l´URSS dans l´écrasement du nazisme. Cette opposition entre mémoire tragique de l´un et mémoire glorieuse de l´autre explique cette “différence de méfiance”. Mais, si vous allez par exemple en Europe de l´est, vous verrez qu´il n´y a aucune mémoire glorieuse du communisme, mais au contraire une mémoire tragique en raison des conditions dans lesquelles ont été “libérés” ces pays – certains dès 1939-1940, comme l´Ukraine occidentale, les Etats baltes – par l´Armée rouge : c´est-à-dire une totale soviétisation forcée avec à la clef la terreur de masse, les fusillades et déportations de masses, la destruction des cultures nationales etc. Stéphane Courtois
Nous soutenons le droit fondamental d’expression et de réunion pour tous et nous invitons toutes les parties à faire preuve de retenue et à s’abstenir de toute violence.  Hillary Clinton secrétaire d’Etat, sur la situation en Egypte)
D’abord, je suis très reconnaissant au Président Hu Jintao d’avoir accepté que le premier séminaire de réflexion sur l’avenir d’un nouveau système monétaire international se passe en Chine. Nicolas Sarkozy
Je sais que lorsqu’on demande pardon, cela envoie non seulement un fabuleux message universel mais cela aide les survivants à faire leur deuil. Ils ont enfin le sentiment que quelque chose a changé, qu’on ne fera plus jamais cela. Une demande de pardon est un nouveau commencement. Fille d’un survivant de la Shoah
Dikötter’s study is not the first to describe these events. Nonetheless, few Western intellectuals are aware of the scale of these atrocities, and they have had almost no impact on popular consciousness. This is part of the more general problem of the neglect of communist crimes. But Chinese communist atrocities are little-known even by comparison to those inflicted by communists in Eastern Europe and the Soviet Union, possibly because the Chinese are more culturally distant from Westerners than are Eastern Europeans or the German victims of the Berlin Wall. Ironically, the Wall (one of communism’s relatively smaller crimes) is vastly better known than the Great Leap Forward — the largest mass murder in all of world history. Hopefully, Dikötter’s important work will help change that. Ilya Somin  (George Mason University Law School)
 In terms of Mao’s reputation this book leaves the Chairman for dead, as a monster in the same league as Hitler and Stalin – and that is without considering the years of the Cultural Revolution (1966-76), when hundreds of thousands more Chinese died. (…)This is for now the best and last word on Mao’s greatest horror. Frank Dikötter has put everyone in the field of Chinese studies in his debt, together with anyone else interested in the real China. Sooner or later the Chinese, too, will praise his name.  Jonathan Mirsky (historian and journalist specializing in Asian affairs)
It is one of the worst catastrophes the world has ever known. (…) It ranks alongside the gulags and the Holocaust as one of the three greatest events of the 20th century…. It was like Pol Pot’s genocide multiplied 20 times over. Frank Dikötter
Les documents que j’ai étudiés suggèrent qu’en tout, le Grand Bond en avant a provoqué la mort de 45 millions de personnes. (…) Pour honorer les dizaines de millions de victimes, il n’y a pas de musée, pas de monument, pas de journée commémorative. Les survivants, vivant pour la plupart à la campagne, emportent trop souvent leurs souvenirs dans leur tombe. Frank Dikötter
 En 1958 Mao était au pouvoir depuis près de dix ans et son impatience grandissait face au manque de développement économique et à la résistance des agriculteurs vis à vis de la collectivisation. Mais surtout il souhaitait prendre le leadership du camp socialiste. Son idée était donc de dépasser ses concurrents en utilisant ce qu’il considérait être la vraie richesse du pays : une main d’œuvre de centaines de millions d’hommes et de femmes. Il pensait qu’en utilisant tous les agriculteurs du pays, en les regroupant dans des communes géantes, et en les transformant en soldats d’une armée industrielle de la révolution, il pourrait transformer à la fois l’agriculture et l’industrie, catapultant ainsi le pays au-delà des performances de l’Union soviétique et même peut-être de l’Angleterre en quinze ans. En fait, c’’était le slogan : dépasser l’Angleterre en quinze ans
Mais il n’y a pas simplement l’étendue du nombre de morts qui compte, mais aussi la manière dont ces gens sont morts. Ce n’est pas que les gens mourraient de faim parce qu’il n’y avait pas de nourriture disponible. La nourriture était en réalité utilisée comme une arme pour forcer les gens à effectuer des tâches assignées par le Parti. Et des gens qui étaient vus comme de droite ou conservateurs, des gens qui s’étaient endormis à la tâche, qui était trop malades ou vulnérables pour en fait travailler se voyaient interdire de cantine et mourraient très rapidement de faim. Les gens faibles ou les éléments considérés comme inaptes par le Parti étaient donc délibérément affamés.
Mais il faut aussi souligner la violence du système. Entre deux et trois millions de gens ont été exécutés sommairement ou torturés à mort. Certains ont été torturés pour avoir volé une patate. Dans un cas, qui a été reporté en haut de la chaîne de commandement, un homme a eu, pour avoir volé une patate, ses jambes attachées avec du fil de fer, jeté sur le dos, une de ses oreilles coupées, puis torturé au tison. La torture était fort répandue. Un autre homme a par exemple été forcé d’enterrer son propre fils vivant parce que ce dernier avait chipé une poignée de grains de la cantine.
Mais une chose est certaine : Mao savait parfaitement ce qui se passait. Il recevait des rapports, des lettres écrites par des gens ordinaires. Ses propres secrétaires allaient sur le terrain pour voir ce qui s’y passait.
Ce titre « La fin de la vérité » est bien sûr directement inspiré du titre d’un chapitre du grand ouvrage de Hayek « La route de la servitude ». Je pense que « La route de la servitude » est un classique et que toute personne qui veut comprendre comment fonctionnent un État à parti unique et l’économie planifiée se doit de le lire. Le livre décrivait déjà, avant que Mao n’arrive au pouvoir, ce qui allait se passer en Chine. Le livre entier relate l’histoire des conséquences de la collectivisation radicale. Non seulement ce qu’elle produit en termes de destruction d’êtres humains, mais aussi de destruction de la connaissance, de l’infrastructure de transport, des maisons, ou de la nature. Tout s’écroule et s’arrête lorsque ceux en haut de la pyramide du pouvoir pensent qu’ils peuvent diriger l’économie entière dans une direction ou une autre.
Je pense que le Grand bond en avant entre 1958 et 1962 est une énorme zone grise durant laquelle ce n’était pas simplement des geôliers qui perpétuaient la violence à l’encontre des gens ordinaires, mais aussi les gens eux-mêmes qui devaient faire des choses terribles à leurs voisins, parfois aux membres de leur propre famille, juste dans le but de survivre : mentir, tricher, voler, dissimuler… Parfois vendre ses enfants pour un peu de céréales, manger de la boue ou même parfois des restes humains pour avoir assez d’énergie.
Beaucoup de chinois, de Chine ou de l’étranger, m’envoient des messages tous les jours. Ils me disent qu’ils sont heureux que ce livre a été publié. J’ai l’impression que beaucoup de lecteurs en Chine veulent savoir ce qui s’est passé durant cette période de l’histoire maoïste.  Frank Dikötter
A quand non seulement la liberté et démocratie mais la vérité, la justice et la réparation pour le peuple chinois ?
Destructions forcées de leurs propres outils ou maisons (pour en faire de l’acier ou de l’engrais !), tortures à mort,  exécutions sommaires pour d’infimes infractions,  flagellations, pendaisons, noyades attachés dans des étangs, mutilations et ingestions forcées d’excréments, marquage au tison, enterrement d’un garçon vivant par son propre père pour avoir volé un peu de grain, déterrement de cadavres et cannibalisme pour se nourrir …
A l’heure où une Chine qui comme l’ex-Union soviétique n’a toujours pas eu son procès de Nuremberg est fêtée des Etats-Unis à la France et que nos gouvernants-voyageurs de commerce continuent à se bousculer sous le portrait géant du Staline chinois de la Place Tienanmen …
Pendant qu’en France, gros contrats TGV en Floride et en Californie obligent, notre propre SNCF se voit rattrapée par son passé de collaboration forcée avec les nazis …
Et qu’après les révélations sur Katyn et Jedwabne et  à la veille du 65e anniversaire du torpillage par un sous-marin soviétique d’un paquebot entier de réfugiés allemands fuyant l’Armée rouge (jusqu’à peut-être 10 000 victimes !),  même les peuples tchèque (contre leur minorité allemande) et polonais (jusqu’au détroussement de cadavres des victimes du camp d’extermination de Treblinka) se voient contraints de faire face à leurs exactions jusque là passées inaperçues de la fin ou de l’après-guerre …
Comment ne pas s’étonner de l’étrange silence qui continue à entourer la monstrueuse catastrophe et l’immensité des crimes qu’a été et engendré le communisme au niveau mondial et  tout particulièrement en Chine ?
Comme, sorte d’Holodomor à la puissance 7 avec ses fausses excuses (la météo, les Soviétiques) et ses faux témoins ou idiots utiles (Snow, Barthes pour n’en citer que deux), la plus grande famine orchestrée de l’histoire plus connue sous le nom de Grand Bond en avant dont vient de révéler l’ampleur jusque là sous-estimée l’historien néerlandais basé à Hong Kong Frank Dötter ?
Qui, entre la folie collectiviste, l’utilisation de l’arme de la faim et les multiples châtiments comme les mauvais traitements induits (jusqu’au cannibalisme !) des victimes entre elles, sans compter plus tard son prolongement avec la Révolution culturelle, excéda en à peine quatre ans (1958-1962) très largement (jusqu’à 50 %) les  20 ou 30 millions de victimes établies jusque là, se rapprochant dangereusement des 55 millions des victimes mondiales de la dernière guerre.
Et qui, toujours impunis ou même reconnus 50 ans après, privent non seulement les familles des victimes de leur droit à la justice et à la possibilité de faire leur deuil mais restent gros, comme pour le massacre de Tienanmen,  de brutalisations ultérieures
Le Grand bond en avant, un cauchemar absolu
Frank Dikkoter
Le Temps (traduit du NYT)
18 janvier 2011
 
Selon le professeur Frank Dikkoter, qui a enquêté dans les archives du Parti communiste chinois, le bilan de la famine qui a suivi la campagne de Mao est encore bien pire que celui établi par les démographes. 45 millions de personnes auraient péri, et Mao n’en ignorait rien
 
 Le Parti essaie encore de minimiser ce lien, généralement en attribuant la famine aux conditions météorologiques. Pourtant, les archives nationales et locales du parti lui-même renferment des procès-verbaux détaillés de l’horreur. L’accès à de telles données aurait été impensable il y a dix ans encore, mais une révolution tranquille a eu lieu ces dernières années: de vastes fonds de documents ont progressivement été déclassifiés. Les informations les plus sensibles restent secrètes, mais les chercheurs ont le droit de fouiller dans la nuit profonde de l’ère maoïste.

De 2005 à 2009, j’ai examiné des centaines de documents dans toute la Chine, lors d’un voyage qui m’a conduit de la province subtropicale du Guangdong à celle, aride, du Gansu, tout près des déserts de la Mongolie intérieure. J’ai généralement trouvé ce matériel dans les locaux régionaux du parti, étroitement gardés par des soldats. Ceux-ci renferment d’énormes quantités de papiers poussiéreux et jaunis réunis dans des cartons, allant d’une feuille volante griffonnée par un secrétaire du parti il y a de cela des décennies aux procès-verbaux soigneusement tapés à la machine de réunions secrètes des dirigeants.

Les historiens savent depuis un certain temps que le Grand Bond en avant a provoqué l’une des pires famines de l’histoire mondiale. Sur la base des données de recensement officiel, les démographes ont estimé le nombre de victimes entre 20 et 30 millions de victimes. Mais dans les archives que j’ai consultées, que ce soient les minutes de réunions d’urgence, de rapports de police secrets ou d’enquêtes de sécurité publique, il y a abondance de preuves que la catastrophe a été sous-estimée. Les documents que jai étudiés suggèrent qu’en tout, le Grand Bond en avant a provoqué la mort de 45 millions de personnes.

Parmi elles, deux à trois millions de victimes ont été torturées à mort ou sommairement exécutées, souvent pour d’infimes infractions. Les personnes accusées de ne pas travailler assez dur étaient battues ou pendues. Parfois, elles étaient attachées et jetées dans des étangs. Les mutilations et l’obligation de manger des excréments figuraient également au nombre des punitions infligées pour les moindres violations des ordres.

Un rapport daté du 30 novembre 1960 qui a circulé parmi les plus hauts dirigeants – et que Mao a probablement également lu – raconte comment un homme du nom de Wang Ziyou s’est fait couper les oreilles, entraver les jambes avec du fil de fer et accabler sous le poids d’une pierre de 10 kilos posée sur son dos avant d’être marqué par un tison. Son crime: il avait déterré une pomme de terre.

Alors qu’un garçon avait volé un peu de grain dans un village du Hunan, le chef local, Xiong Dechang, a forcé son père à l’enterrer vivant sur-le-champ. Le rapport de l’équipe d’enquête envoyée par les autorités provinciales en 1969 pour interroger les survivants de la famine indique que l’homme est mort de chagrin trois semaines plus tard.

La privation de nourriture était la punition de premier recours. Comme l’indiquent de très nombreux documents, les aliments étaient distribués parcimonieusement en fonction du mérite et utilisés pour forcer les gens à obéir au régime. Un inspecteur du Sichuan a écrit que «les membres de la commune trop malades pour travailler sont privés de nourriture pour hâter leur mort».

Au fur et à mesure que le désastre s’aggravait, les gens étaient obligés de recourir à des actes inimaginables auparavant, pour survivre. Les rapports sociaux s’étant délités, les gens se maltraitaient les uns les autres, se volaient et s’empoisonnaient. Parfois, ils allaient jusqu’au cannibalisme. Un rapport de police daté du 25 février 1960 détaille quelque 50 cas dans le village de Yaohejia (province de Gansu). On peut y lire par exemple: «Nom du coupable: Yang Zhongsheng. Nom de la victime: Yang Ecshun. Relation avec le coupable: petit frère. Type de crime: tuer et manger. Mobile: subsistance.»

Le terme de «famine» tend à renforcer le point de vue largement répandu que les morts ont été provoquées par des programmes économiques mal pensés et mal exécutés. Mais les archives montrent que la contrainte, la terreur et la violence étaient à la base du Grand Bond en avant.

Mao a reçu de nombreux rapports sur ce qui se passait dans les campagnes, dont certains ont été écrits à la main. Il était au courant de l’horreur qui y régnait, mais exigeait qu’on renforçât les moyens mis en place pour produire davantage de nourriture.

Lors d’une réunion secrète à Shanghai le 25 mars 1959, il a donné l’ordre au Parti de fournir jusqu’à un tiers des céréales disponibles, soit bien davantage qu’auparavant. Le procès-verbal de cette réunion révèle un président insensible aux pertes humaines: «Quand il n’y a pas assez de nourriture, les gens meurent de faim. Il est préférable de laisser mourir la moitié d’entre eux pour que l’autre moitié mange à sa faim.»

La Grande famine de Mao n’a pas seulement été un épisode de la construction de la Chine moderne. Elle a été un tournant. La Révolution culturelle qui s’ensuivit a été une tentative du leader pour se venger de ses collègues qui avaient osé s’opposer à lui durant le Grand Bond en avant.

Pour l’heure, peu d’informations circulent sur ce noir passé à l’intérieur de la Chine. Les historiens qui sont autorisés à travailler dans les archives du Parti tendent à publier leurs découvertes à Hongkong.

Pour honorer les dizaines de millions de victimes, il n’y a pas de musée, pas de monument, pas de journée commémorative. Les survivants, vivant pour la plupart à la campagne, emportent trop souvent leurs souvenirs dans leur tombe.

Traduction-adaptation: Xavier Pellegrini/Textes.ch

Voir aussi:

La grande famine de Mao

07.10.10

Nous sommes heureux de publier une interview d’Emmanuel Martin avec le professeur Frank Dikötter de l’Université de Honk Kong, qui vient de publier un ouvrage intitulé Mao’s Great Famine : The History of China’s Most Devastating Catastrophe (« La grande famine de Mao : L’histoire de la catastrophe la plus dévastatrice de la Chine » – 2010, Bloomsbury, London ; Walterbook, New York).

Emmanuel Martin : Professeur Dikötter, votre ouvrage traite des conséquences du Grand bond en avant initié par Mao en Chine. Quel était l’idée, le but de ce Grand bon en avant ?

Frank Dikötter : Le « Grand bond en avant » a commencé en 1958 et s’est terminé en 1962. Il a constitué une énorme catastrophe. Pourquoi l’avoir initié ? En 1958 Mao était au pouvoir depuis près de dix ans et son impatience grandissait face au manque de développement économique et à la résistance des agriculteurs vis à vis de la collectivisation. Mais surtout il souhaitait prendre le leadership du camp socialiste.

Son idée était donc de dépasser ses concurrents en utilisant ce qu’il considérait être la vraie richesse du pays : une main d’œuvre de centaines de millions d’hommes et de femmes. Il pensait qu’en utilisant tous les agriculteurs du pays, en les regroupant dans des communes géantes, et en les transformant en soldats d’une armée industrielle de la révolution, il pourrait transformer à la fois l’agriculture et l’industrie, catapultant ainsi le pays au-delà des performances de l’Union soviétique et même peut-être de l’Angleterre en quinze ans. En fait, c’’était le slogan : dépasser l’Angleterre en quinze ans.

Donc ce qu’il fit fut de collectiviser absolument tout. Les gens des campagnes furent entassés dans ces communes du peuple, les cantines étaient les seuls endroits où la nourriture était distribuée, et à la cuillère pour ainsi dire. Les gens virent leurs terres confisquées, comme leurs maisons et leurs modes de vie. Tout fut collectivisé. La seule manière de pousser des paysans affamés à travailler dans les champs était l’utilisation de la force. Très rapidement le paradis utopiste s’est révélé être une immense caserne militaire. La coercition et la violence étaient les seuls moyens de faire en sorte que les gens exécutent les tâches que leur ordonnaient les membres locaux du Parti.

EM : Quelles découvertes historiques avez vous trouvées sur cet épisode tragique ?

FD : Tout d’abord, c’est le premier livre basé sur les énormes archives du Parti. Jusqu’ici les historiens avaient utilisé comme sources des publications non officielles ou semi-officielles pour déterminer ce qui s’était passé. Ici, nous avons eu accès à des rapports, enquêtes, sondages extrêmement détaillés, ainsi que des rapports de surveillance de la police de sécurité sur le déroulement de la famine, c’est à dire des milliers de documents écrits par le Parti à l’époque. L’ouvrage jette donc une toute nouvelle lumière sur ce qui s’est passé.

Ensuite, la famine a pris des dimensions bien supérieures à ce que l’on pensait auparavant. Les experts démographes estimaient la catastrophe entre 15 et 30 millions de morts. Avec les statistiques compilées par le bureau de sécurité publique lui-même à l’époque, on arrive à une catastrophe bien plus grande : au moins 45 millions de morts prématurées entre 1958 et 1962.

Mais il n’y a pas simplement l’étendue du nombre de morts qui compte, mais aussi la manière dont ces gens sont morts. Ce n’est pas que les gens mourraient de faim parce qu’il n’y avait pas de nourriture disponible. La nourriture était en réalité utilisée comme une arme pour forcer les gens à effectuer des tâches assignées par le Parti. Et des gens qui étaient vus comme de droite ou conservateurs, des gens qui s’étaient endormis à la tâche, qui était trop malades ou vulnérables pour en fait travailler se voyaient interdire de cantine et mourraient très rapidement de faim. Les gens faibles ou les éléments considérés comme inaptes par le Parti étaient donc délibérément affamés.

Mais il faut aussi souligner la violence du système. Entre deux et trois millions de gens ont été exécutés sommairement ou torturés à mort. Certains ont été torturés pour avoir volé une patate. Dans un cas, qui a été reporté en haut de la chaîne de commandement, un homme a eu, pour avoir volé une patate, ses jambes attachées avec du fil de fer, jeté sur le dos, une de ses oreilles coupées, puis torturé au tison. La torture était fort répandue. Un autre homme a par exemple été forcé d’enterrer son propre fils vivant parce que ce dernier avait chipé une poignée de grains de la cantine.

EM : Cela était-il planifié par Mao et les leaders communistes ?

FD : Cela n’était pas planifié dans le sens où le Grand Timonier n’avait pas donné d’ordre spécifique de torturer et tuer. Mais cela n’était pas non plus totalement imprévu puisque Mao avait spécifié que l’armée représentait la morale à suivre, que les gens de droite et les conservateurs devaient être éliminées, et nombreux de ses messages étaient suffisamment vagues pour que des « bonnes volontés » installent un régime de terreur sur les villageois. Un peu comme Hitler qui ne donnait pas d’ordres toujours clairs : ses subordonnés l’interprétaient.

Mais une chose est certaine : Mao savait parfaitement ce qui se passait. Il recevait des rapports, des lettres écrites par des gens ordinaires. Ses propres secrétaires allaient sur le terrain pour voir ce qui s’y passait. D’ailleurs nous savons, et le livre a jeté la lumière sur ce fait grâce à des mémos secrets, qu’en mars 1959 au milieu de la famine, Mao dit à un certain nombre de hauts dirigeants que la moitié du pays pouvait bien mourir de faim tant que l’autre moitié pouvait manger à sa faim. Il a donné l’ordre de prendre jusqu’au tiers de la récolte de céréales, nettement plus que ce qui avait été le cas jusque là. Il a envoyé du personnel supplémentaire pour aller arracher ces réserves de céréales aux villageois.

EM : L’économiste et philosophe autrichien Friedrich Hayek a beaucoup écrit sur la planification centralisée et le socialisme. A-t-il été une source d’inspiration pour l’historien que vous êtes ?

FD : Un des chapitres clés intitulé « La fin de la vérité » décrit comme durant l’été 1959 Mao s’est tourné contre un certain nombre de dirigeants qui avaient exprimé leur mécontentement à l’égard du Grand bond en avant. Il les a évincés, expulsés du Parti, pratiquant ainsi une purge. Ce titre « La fin de la vérité » est bien sûr directement inspiré du titre d’un chapitre du grand ouvrage de Hayek « La route de la servitude ». Je pense que « La route de la servitude » est un classique et que toute personne qui veut comprendre comment fonctionnent un État à parti unique et l’économie planifiée se doit de le lire. Le livre décrivait déjà, avant que Mao n’arrive au pouvoir, ce qui allait se passer en Chine. Le livre entier relate l’histoire des conséquences de la collectivisation radicale. Non seulement ce qu’elle produit en termes de destruction d’êtres humains, mais aussi de destruction de la connaissance, de l’infrastructure de transport, des maisons, ou de la nature. Tout s’écroule et s’arrête lorsque ceux en haut de la pyramide du pouvoir pensent qu’ils peuvent diriger l’économie entière dans une direction ou une autre.

EM : Il me semble que le communisme a été aussi une catastrophe morale, réduisant les êtres humains à l’état d’animaux luttant pour leur survie. Dans cette situation on est prêt à faire des choses que l’on ne serait pas prêt à faire dans un contexte normal.

FD : Absolument. Primo Levi l’a très bien décrit lorsqu’il narre sa survie dans le camp d’Auschwitz. Il raconte comment les gens doivent faire toutes sortes de compromis moraux dans le but de survivre, par exemple : ne pas partager de la nourriture qu’ils ont découverte. C’est ce qu’il appelait la « zone grise ». Je pense que le Grand bond en avant entre 1958 et 1962 est une énorme zone grise durant laquelle ce n’était pas simplement des geôliers qui perpétuaient la violence à l’encontre des gens ordinaires, mais aussi les gens eux-mêmes qui devaient faire des choses terribles à leurs voisins, parfois aux membres de leur propre famille, juste dans le but de survivre : mentir, tricher, voler, dissimuler… Parfois vendre ses enfants pour un peu de céréales, manger de la boue ou même parfois des restes humains pour avoir assez d’énergie.

EM : Voilà des choses très difficiles à entendre. Il est aussi difficile de croire qu’il puisse encore y avoir des partis communistes aujourd’hui. Il semble que certains n’aient pas de connaissance du passé et de l’application de leurs idées à la réalité. Y aura-t-il une version chinoise de l’ouvrage ?

FD : Beaucoup de chinois, de Chine ou de l’étranger, m’envoient des messages tous les jours. Ils me disent qu’ils sont heureux que ce livre a été publié. J’ai l’impression que beaucoup de lecteurs en Chine veulent savoir ce qui s’est passé durant cette période de l’histoire maoïste.

Interview par Emmanuel Martin le 19 septembre 2010. Vous pouvez écouter l’audio original en anglais.

Le 7 octobre 2010.

Voir également:

Mao’s Great Leap Forward ‘killed 45 million in four years’

Arifa Akbar, Arts Correspondent

The Independent

17 September 2010

Mao Zedong presided over a regime responsible for the deaths of up to 45 million people

Mao Zedong, founder of the People’s Republic of China, qualifies as the greatest mass murderer in world history, an expert who had unprecedented access to official Communist Party archives said yesterday.

Speaking at The Independent Woodstock Literary Festival, Frank Dikötter, a Hong Kong-based historian, said he found that during the time that Mao was enforcing the Great Leap Forward in 1958, in an effort to catch up with the economy of the Western world, he was responsible for overseeing « one of the worst catastrophes the world has ever known ».

Mr Dikötter, who has been studying Chinese rural history from 1958 to 1962, when the nation was facing a famine, compared the systematic torture, brutality, starvation and killing of Chinese peasants to the Second World War in its magnitude. At least 45 million people were worked, starved or beaten to death in China over these four years; the worldwide death toll of the Second World War was 55 million.

Mr Dikötter is the only author to have delved into the Chinese archives since they were reopened four years ago. He argued that this devastating period of history – which has until now remained hidden – has international resonance. « It ranks alongside the gulags and the Holocaust as one of the three greatest events of the 20th century…. It was like [the Cambodian communist dictator] Pol Pot’s genocide multiplied 20 times over, » he said.

Between 1958 and 1962, a war raged between the peasants and the state; it was a period when a third of all homes in China were destroyed to produce fertiliser and when the nation descended into famine and starvation, Mr Dikötter said.

His book, Mao’s Great Famine; The Story of China’s Most Devastating Catastrophe, reveals that while this is a part of history that has been « quite forgotten » in the official memory of the People’s Republic of China, there was a « staggering degree of violence » that was, remarkably, carefully catalogued in Public Security Bureau reports, which featured among the provincial archives he studied. In them, he found that the members of the rural farming communities were seen by the Party merely as « digits », or a faceless workforce. For those who committed any acts of disobedience, however minor, the punishments were huge.

State retribution for tiny thefts, such as stealing a potato, even by a child, would include being tied up and thrown into a pond; parents were forced to bury their children alive or were doused in excrement and urine, others were set alight, or had a nose or ear cut off. One record shows how a man was branded with hot metal. People were forced to work naked in the middle of winter; 80 per cent of all the villagers in one region of a quarter of a million Chinese were banned from the official canteen because they were too old or ill to be effective workers, so were deliberately starved to death.

Mr Dikötter said that he was once again examining the Party’s archives for his next book, The Tragedy of Liberation, which will deal with the bloody advent of Communism in China from 1944 to 1957.

He said the archives were already illuminating the extent of the atrocities of the period; one piece of evidence revealed that 13,000 opponents of the new regime were killed in one region alone, in just three weeks. « We know the outline of what went on but I will be looking into precisely what happened in this period, how it happened, and the human experiences behind the history, » he said.

Mr Dikötter, who teaches at the University of Hong Kong, said while it was difficult for any historian in China to write books that are critical of Mao, he felt he could not collude with the « conspiracy of silence » in what the Chinese rural community had suffered in recent history.

 

Voir enfin:

‘Livelihood Issues’

Jonathan Mirsky 
 
 
Mao’s Great Famine: The History of China’s Most Devastating Catastrophe, 1958-62 

In 1936 Mao Tse-Tung, then a cave-dwelling revolutionary, told Edgar Snow his life story. Snow recorded Mao’s self-serving autobiography in Red Star Over China, which for decades made the American’s name as the leading reporter in China.

Back in China twenty-four years later, Snow was pestered by news agencies enquiring about mass starvation. The Snow of the 1930s had gone into the field to see for himself a prolonged drought in the north-west, where people were rumoured to be selling their children. But this time he relied on his access to top officials such as Premier Zhou Enlai, and foreigners who flacked for China such as the New Zealander Rewi Alley. In the book he wrote about that trip, The Other Side of the River, Snow stated, ‘I saw no starving people in China … Considerable malnutrition undoubtedly existed. Mass starvation? No.’ And most positively: ‘Whatever he was eating, the average Chinese maintained himself in good health, as far as anyone could see.’

In brutal fact, between 1959 and 1962, at least forty-three million Chinese died during the famine Snow didn’t bother to see. Most died of hunger, over two million were executed or were beaten or tortured to death, the birth rate halved in some places, parents sold their children, and people dug up the dead and ate them.

The cause of this disaster, the worst ever to befall China and one of the worst anywhere at any time, was Mao, who, cheered on by his sycophantic and frightened colleagues, decreed that before long China’s economy must overtake that of the Soviet Union, Britain and even the US. Mao suggested that ‘When there is not enough to eat people starve to death. It is better to let half of the people die so that the other half can eat their fill,’ and declared that anyone who questioned his policies was a ‘Rightist’, a toxic term eventually applied to thirteen million Party members.

The outlines and many of the specifics of this catastrophe have been known in the West for decades. A few brave Chinese, too, have exposed what they discovered. Mao’s doctor, Li Zhisui, wrote about it from his exile in the United States, and some revealing local studies by Americans have made clear what happened in certain villages.

Now Frank Dikötter, a professor at the School of Oriental and African Studies in London and at Hong Kong University, has laid out the vast horror in detail, drawing on local and provincial archives that have only recently become available to approved foreign scholars. In terms of Mao’s reputation this book leaves the Chairman for dead, as a monster in the same league as Hitler and Stalin – and that is without considering the years of the Cultural Revolution (1966-76), when hundreds of thousands more Chinese died. One of Dikötter’s observations is that Mao instigated the Cultural Revolution to wreak revenge on close colleagues who had dared to show him up. It is a mark of the historical darkness that still envelops China that many Chinese blame the famine on the Soviet Union, which, they maintain, snatched food from the mouths of starving Chinese by insisting that Beijing export grain to repay Moscow’s loans.

Until recently, Dikötter states, most accounts of the famine have been based on central government sources that are often incomplete or untrue. What he found during his years rummaging in archives throughout China was that such central documents were transmitted in fuller, less censored versions to the provinces and below. In addition, the archives he saw contained letters of complaint or justification from local officials and even ordinary people, minutes from local and even central meetings, and statistics which were either falsified to hoodwink Mao or local superiors, or were subtle enough to reveal that awful things were happening. For example, in 1960 in the ‘model province’ of Henan, in Xinyang alone ‘over a million people died … Of these victims 67,000 were clubbed to death with sticks’. When this came to Mao ‘he blamed the trouble on class enemies’. On another occasion, when the Chairman learned that there had been terrible deaths in one town he had hitherto admired, ‘Mao simply switched his allegiance to the next county down the road willing to outdo others in extravagant production claims.’ Mao and his cronies insisted, as one of them put it as reports of deaths rolled in, that ‘This is the price we have to pay; it’s nothing to be afraid of. Who knows how many people have been sacrificed on the battlefields and in the prisons [for the revolutionary cause]? Now we have a few cases of illness and death; it’s nothing!’ Every detail was locally recorded and explained – or obscured. Take this report from 25 February 1960 in Yaohejia village: ‘Name of culprit: Yang Zhongsheng … Name of victim: Yang Ecshun. Relationship with Culprit: Younger Brother … Manner of Crime: Killed and Eaten. Reason: Livelihood Issues.’

Society completely unravelled. In the newly established communes, peasants following Mao’s lunatic advice ploughed their paddies uselessly deep. They dismantled their houses to use as fertiliser, and melted down their tools to make the steel Mao had decreed was the mark of an advanced socialist country (after all wasn’t Stalin ‘the man of steel’?). Other peasants abandoned their fields and marched miles to work all night constructing mammoth water schemes that often came to nothing, while their families died without grain at home. The only reason millions more didn’t starve, as Dikötter describes in detail, is because of their desperate ploys to steal food.

Dikötter is very sure of himself and sometimes scornful. He dismisses the reports of the ‘fabled sinologists in the British embassy [as] pretty clueless’ without showing why. He says that only one foreign scholar, Jasper Becker, author in 1996 of the ‘very readable’ Hungry Ghosts: Mao’s Secret Famine, discovered that in 1979, after Mao’s death in 1976, a team surveying rural China concluded that forty-three to forty-six million people died during the famine. This is the figure adopted, minimally, by Dikötter. But the same source and number appeared in 1997 in volume three of Roderick MacFarquhar’s The Origins of the Cultural Revolution. Rightly proud of his own investigations, Dikötter doesn’t make much use of revealing local studies like Ralph A Thaxton’s Catastrophe and Contention in Rural China, and Edward Friedman et al’s Chinese Village, Socialist State. And he is dismissive of Tombstone (which he mistranslates as Wooden Tombstone), a sweeping, very informative investigation into the famine by the courageous Chinese journalist Yang Jisheng, which of course had to be published in Hong Kong two years ago.

Never mind. Few scholars can resist a bit of contempt. This is for now the best and last word on Mao’s greatest horror. Frank Dikötter has put everyone in the field of Chinese studies in his debt, together with anyone else interested in the real China. Sooner or later the Chinese, too, will praise his name.

 

La pire catastrophe de l’histoire chinoise, et l’une des pires de l’histoire tout court a été la grande famine qui a duré de 1958 à 1962. Jusqu’ici, le Parti communiste avait à peine reconnu que celle-ci a été la conséquence de l’incorporation des villageois dans des communes populaires, l’une des mesures du «Grand Bond en avant» lancé par Mao Zedong en 1958.

By Frank Dikötter (Bloomsbury 420pp £25)


Jack LaLanne: L’inventeur de l’aerobic et du fitness était français et nous ne le savions pas (It’s the religion, stupid: How the son of a French-born dancer and SDA maid taught the world to exercice)

25 janvier, 2011
Breathing exercice (Battle creek sanitorium)
Le christianisme peut maintenant continuer à s’étendre même sans la loi, car ses grandes percées intellectuelles et morales (…) ont fait de nous des chrétiens qui s’ignorent. René Girard
Tout le monde n’est pas gourmet, voilà pourquoi il faut des gastronomes. Il faut penser des gastronomes ce que nous pensons des pédagogues en général: que ce sont parfois d’insupportables cuistres mais qu’ils ont leur utilité. P. de Pressac
Après la révolution française, observe Marx, les aristocrates dont tout le capital incorporé consistait en un art de vivre désormais dépourvu de marché, devinrent les maitres à danser de l’Europe. Bourdieu
Le triangle est l’exemple d’une harmonie essentielle à l’homme sur les plans spirituel, intellectuel et physique. Luther Gulick (moniteur d’éducation physique du YMCA et créateur du symbole triangulaire des YMCA, 1891)
L’emphase des adventistes sur le holisme et la santé fait d’eux l’un des groupes de population les plus en bonne santé des Etats-Unis… Notre débat actuel sur la réforme du système de santé serait mieux informé en comprenant les bénéfices de la prévention et du bien-être dans cette communauté.  Martin Doblmeier
Rien de commun, a priori, entre l’île d’Okinawa au Japon, le petit village d’Ovodda perché dans les montagnes de Sardaigne et la ville californienne de Loma Linda. Et pourtant… Leurs populations vivent bien plus longtemps que la moyenne mondiale. Si les bienfaits du régime alimentaire (soja, légumes) d’Okinawa ont déjà fait l’objet d’études scientifiques, le cas sarde, lui, serait déterminé par des facteurs génétiques, les familles d’Ovodda puisant leurs records de longévité dans la pratique séculaire de la consanguinité. Mais il y a plus surprenant. La foi serait bénéfique à l’être humain dans sa capacité à résister au stress. Démonstration sous les cocotiers de la côte Ouest – berceau de l’Eglise adventiste dont les nombreux centenaires associent végétarisme, exercices sportifs et ferveur religieuse. Télérama
6 centenaires à Clapiers, pour un village d’un peu plus de 5.000 habitants, ce n’est pas commun. Cette particularité est due au Foyer du Romarin, une maison de retraite créée en 1974 sur les hauteurs de Clapiers, à l’ombre séculaire des pins d’Alep. (…) Le Foyer du Romarin a connu en outre deux hauts faits :  tout d’abord le mariage des « Plus vieux mariés du Monde », dont l’histoire a fait les délices des télévisions du monde entier, tant il n’y a pas d’âge pour l’amour, ensuite, l’hébergement de la doyenne du Languedoc-Roussillon, Marie Combes, décédée en février 2005 à l’âge de 109 ans et 4 mois, la seule centenaire du Foyer des Romarins à l’époque. Montpellier villages
It is a religion with me. It’s a way of life. A religion is a way of life, isn’t it? Jack La Lanne
Billy Graham was for the hereafter. I’m for the here and now. Jack La LanneFrancois Henri LaLanne (nicknamed Jack by his brother) was born Sept. 26, 1914, in San Francisco to French immigrant parents; his father worked at the telephone company and was a dance instructor and his mother, who was a maid, was a Seventh-Day Adventist, a religion that advocates « eight keys » to good health, including nutrition and exercise. The LA Times

Ouverture du premier club de gym connu du continent  tout près de San Francisco à Oakland  en Californie (1936),  invention des équipements à base de poulies qui sont encore utilisés dans les salles de sport modernes, première émission de télévision consacrée à l’aérobic, au début des années 1950, champion toutes catégories de l’autopromotion et de cascades les plus folles à la Houdini   que même Schwartzennegger n’arrivait pas à suivre (record de pompes, multitraversées à la nage la baie de San Francisco pieds et mains menottés, et remorquant un bateau de 500 kg)…

L’inventeur de l’aerobic et du fitness (mais aussi de la musculation) qui, excepté peut-être la Corée du nord, ont désormais conquis la planète entière était français et nous ne le savions pas !

Mais qui, au pays de la gastronomie, de la mode et de l’art de vivre qui n’a pas cessé depuis la Révolution de donner, selon le mot de Marx, ses « maitres à danser au monde », se souvient de Jack LaLanne, ce fils de danseur (béarnais comme notre Francis Lalanne national) qui vient de s’éteindre dans une petite ville de Californie à l’âge vénérable de 96 ans (petite notule dans Libération, silence radio aussi bien au Monde qu’au Figaro, rien dans le wikipedia français)?

Et qui rappellera qu’outre l’influence du nutritionniste Paul Bragg issu lui-même, via les YMCA, des mouvements de réveil protestant du milieu du XIXe siècle autour de George Williams qui donneront plus tard au monde le basket-ball avec le pasteur James Naismith  et le volleyball de son ami William Morgan

Celui-ci tenait probablement, via sa mère (née Garaig) qui en était membre, une bonne part de sa ferveur quasi-religieuse en l’exercice physique d’un mouvement de réforme religieux et sanitaire américain qui, comme l’Eglise adventiste du 7e jour,  donnera aussi au monde les corn flakes (via un certain John Kellogg) et, sans compter les records du monde de longévité, la mode de la nourriture de régime ?

Jack LaLanne dies at 96; spiritual father of U.S. fitness movement

The ever-buoyant LaLanne opened what’s believed to be the country’s first health club in Oakland in 1936. In the ’50s he started a TV exercise show geared toward housewives, and he sold a popular line of exercise equipment, supplements and health food.

Claudia Luther

 The LA Times

January 23, 2011

Jack LaLanne, the seemingly eternal master of health and fitness who first popularized the idea that Americans should work out and eat right to retain youthfulness and vigor, died Sunday. He was 96.

LaLanne died of respiratory failure due to pneumonia at his home in Morro Bay, Calif., his agent Rick Hersh said. He had undergone heart valve surgery in December 2009.

Though LaLanne was for many years dismissed as merely a « muscle man » — a notion fueled to some extent by his amazing feats of strength — he was the spiritual father of the health movement that blossomed into a national craze of weight rooms, exercise classes and fancy sports clubs.

LaLanne opened what is commonly believed to be the nation’s first health club, in Oakland in 1936. In the 1950s, he launched an early-morning televised exercise program keyed to housewives. He designed many now-familiar exercise machines, including leg extension machines and cable-pulley weights. And he proposed the then-radical idea that women, the elderly and even the disabled should work out to retain strength.

Full of exuberance and good cheer, LaLanne saw himself as a combination cheerleader, rescuer and savior. And if his enthusiasm had a religious fervor to it, well, so be it.

« Well it is. It is a religion with me, » he told What Is Enlightenment, a magazine dedicated to awareness, in 1999. « It’s a way of life. A religion is a way of life, isn’t it? »

« Billy Graham was for the hereafter. I’m for the here and now, » he told The Times when he was almost 92, employing his usual rapid-fire patter.

Another time, he explained, « The crusade is never off my mind — the exercise I do, the food I eat, the thought I think — all this and how I can help make my profession better-respected. To me, this one thing — physical culture and nutrition — is the salvation of America. »

 

When he started, he knew that most people viewed him as a charlatan. That’s when he decided to do the stunts that made him famous.

« I had to get people believing in me, » he said.

He performed his first feat in 1954, when he was 40 and wanted to prove he wasn’t « over the hill. » He swam the length of the Golden Gate Bridge — underwater. (He carried two air tanks.)

Other feats in his 40s: swimming from Alcatraz to San Francisco’s Fisherman’s Wharf wearing handcuffs; swimming the Golden Gate Channel while towing a 2,500-pound cabin cruiser; pulling a paddleboard 30 miles from the Farallon Islands to the San Francisco shore.

At age 60, he upped the ante by swimming from Alcatraz to Fisherman’s Wharf in San Francisco, handcuffed and shackled and towing a 1,000-pound boat.

The next year, he did a similar feat underwater. And at age 70, he towed 70 boats with 70 people from the Queen’s Way Bridge in Long Beach Harbor to the Queen Mary — while handcuffed and shackled.

Why attempt such feats?

« I care more than — you cannot believe how much I care! I want to help somebody! » LaLanne explained. « Jesus, when he was on Earth, he was out there helping people, right? Why did he perform those miracles? To call attention to his profession. Why do you think I do these incredible feats ? To call attention to my profession! »

(Italics were essential in re-creating LaLanne’s speech — most writers quoting him also used numerous exclamation points.)

Well into his late 80s, LaLanne continued his personal fitness routine of two hours a day — one hour of weight training and another hour exercising in the pool — beginning at 5 or 5:30 in the morning (a concession to his age; in earlier days, he started at 4 a.m.). 

No one — not even Arnold Schwarzenegger — could argue that LaLanne wasn’t the best. Schwarzenegger, who met LaLanne in the 1960s on Muscle Beach on the Venice Boardwalk, said LaLanne would try to see who could match him in numbers of chin-ups and push-ups.

« Nobody could, » Schwarzenegger told The Times. « No one even wanted to try. »

Francois Henri LaLanne (nicknamed Jack by his brother) was born Sept. 26, 1914, in San Francisco to French immigrant parents; his father worked at the telephone company and was a dance instructor and his mother, who was a maid, was a Seventh-Day Adventist, a religion that advocates « eight keys » to good health, including nutrition and exercise.

LaLanne grew up in Bakersfield, where his parents had moved to become sheep farmers, but the sheep contracted hoof-and-mouth disease, and the family moved to Oakland. LaLanne’s father died of a heart attack at age 50.

LaLanne often told the story of how his mother spoiled him, giving him sweets as a reward. By the time he reached adolescence he had become a « sugarholic » with a violent temper and suicidal thoughts.

But that was only the beginning: He was failing in school, his stomach was upset, he wore glasses, he had terrible headaches, he was weak and skinny, he had pimples and boils.

« I was demented! I was psychotic! It was like a horror movie! » LaLanne said of this time of his life.

When he was 15, his distressed mother dragged him to a lecture on healthful living being given by nutritionist Paul Bragg.

« We were a little late getting there and there were no seats available so we started to leave, » LaLanne told What Is Enlightenment magazine’s Andrew Cohen, « and the lecturer saw us and said, ‘Lady with the boy, we don’t turn anybody away! Ushers, bring two seats and put them up on the stage!’ « 

 

At some point, Bragg asked the young LaLanne what he had eaten for breakfast, lunch and dinner, and LaLanne told him: « Cakes, pies, ice cream! »

« He said, ‘Jack, you are a walking garbage can,’  » LaLanne said.

But Bragg offered salvation to LaLanne: He could be « born again » and be the healthful and strong person he wanted to be — if he changed his ways.

« That’s what I wanted! I wanted to be an athlete, I wanted the girls to like me, and I wanted to be able to get good grades in school, and this man said I could do all that, » LaLanne said.

LaLanne took Bragg’s message fully to heart. And, by his own testimony and that of everyone around him, he never had cake, pie, ice cream or any sweet from that day forward, nor did he drink a single cup of coffee or tea.

He also started working out with a passion and was a star athlete for the rest of his high school years. All his maladies disappeared; he even stopped wearing glasses.

« I was a whole new human being, » he said of this transformation. « I liked people, they liked me. It was like an exorcism, kicking the devil outta me! »

After graduation from high school, LaLanne started his own business selling his mother’s healthful bread and cookies. He also set up a rudimentary gym and started training police officers and firefighters — « the fat and skinny ones who couldn’t pass their physicals » — in exercise and weightlifting.

« When I first started out, I was considered a crackpot, » he said. « The doctors used to say, ‘Don’t go to that Jack LaLanne, you’ll get hemorrhoids, you won’t get an erection, you women will look like men, you athletes will get muscle-bound’ — this is what I had to go through. »

In 1936, he opened his first real gym — LaLanne’s Physical Culture Studio in downtown Oakland. 

But business was slow. LaLanne went to a local high school and picked out the skinniest and the fattest students, offering (with their parents’ permission) to « turn their lives around » the way his had been.

Word of his success spread, and business was good enough for him to open other gyms. In 1952, he went on TV, but because he could only afford time in the early mornings, he found his audience was mostly young children. So he got a dog — Happy — to appeal to the kids, who were encouraged to go wake up their mommies for a workout. The show was eventually syndicated nationwide and ran for 34 years.

LaLanne met his wife, Elaine, whom he called LaLa, in 1950 on the set of a local TV show, where she booked talent. She was initially unimpressed by the 5-foot-6 1/2-inch LaLanne — she ate a doughnut and blew cigarette smoke in his face. But she took a closer look at him when a friend agreed to go out on a date with him. They were married in 1959, and she became an integral part of his business.

LaLanne’s business interests would grow to include a string of gyms across the United States, workout devices like the « Glamour Stretcher » and « JLL Stepper, » vitamins, supplements and several books.

By the time LaLanne was in his late 80s, however, the business consisted mostly of juicers that he advertised on infomercials and his lectures.

LaLanne also knew when to back off. An interviewer described him as « intensely unfussy for being such a fanatic. » And LaLanne once said that one of his best friends was a man who « weighs about 300 pounds, drinks a quart of booze a day and smokes like a fiend. I’ll light someone’s cigarette for them. This bull about changing people — you never change people! Accept ‘em, accept ‘em, accept ‘em! »

For himself, he seemed to live by a there-but-for-the-grace-of-God-go-I philosophy that required him to be hyper-vigilant.

« With my personality, » he said, « I could be a runaway, out with a different woman every night, drunk every night, eating and doing things that — well, you know, you’ve got it in you, we’ve all got it in us. But that’s why you’ve got to take control! »

He had his pleasures — beautiful cars, singing, fine wine and a long and happy marriage that he said was passionate after many decades.

 

He felt proud every time he fulfilled his promise to himself to never eat between meals or eat sweets. While he was the first to agree that his liquid meals — the least repulsive breakfast was carrot juice, celery juice, some fruit, egg whites and soybean tasted pretty awful, he didn’t mind. And of his two-hour daily workouts at his home gym, which he called his « cathedral, » he said: « I want to see how long I can keep this up. It’s kind of a macho thing, using me as an example. » 

LaLanne retained a high level of energy well into what, for the rest of us, would be dotage. But his feats tapered off after his 70th birthday. Although he talked of swimming underwater to Catalina Island for his 80th birthday, his wife threatened to divorce him if he did. « Let him rest on his laurels, » she said. He vowed to do the swim for his 90th birthday in 2004, but when the birthday rolled around, he told the San Jose Mercury News that he planned only to « tow my wife across the bathtub. » His plans for his 100th were even tamer: « I’d like to have the biggest group I’ve ever had watching me and lecture to them. »

LaLanne was given a star on Hollywood’s Walk of Fame in 2002, long after he had attained the respect he long craved. But his biggest thrill was to see that what he had been preaching and advocating for more than 50 years was being taken seriously.

« Back then I was a crackpot; today, I am an authority, » he said in 1998.

Besides his wife, LaLanne is survived by Elaine’s son, Dan Doyle, of Los Angeles; LaLanne’s daughter by his first marriage, Yvonne, a chiropractor, of Walnut Creek; and the couple’s son, Jon, of Kauai, Hawaii.

Luther is a former Times staff writer.

 

Voir aussi :

USA: l’inépuisable gourou américain de l’aérobic meurt à 96 ans

(AFP) – Il y a 8 heures

LOS ANGELES — Le gourou américain de l’aérobic, Jack LaLanne, célèbre pour avoir popularisé l’exercice physique quotidien grâce à ses émissions de télévision, est mort à l’âge de 96 ans, a annoncé une porte-parole de son entreprise.

Jack LaLanne s’est éteint dimanche dans sa maison de Morro Bay, à 320 km au nord de Los Angeles (ouest), d’un arrêt respiratoire provoqué par une pneumonie, selon une porte-parole de BeFit Enterprises, Julia Baum.

L’histoire de LaLanne commence en 1936 avec l’ouverture du premier club de gym connu du continent, à Oakland, en Californie (ouest). Il invente des équipements à base de poulies qui sont encore utilisés dans les salles de sport modernes.

« C’est extrêmement gratifiant pour moi de voir que tout ce pour quoi j’ai prêché et milité pendant 75 ans a porté ses fruits », se réjouissait récemment le vieil homme sur son site internet.

« A l’époque, on me prenait pour un cinglé ou un charlatan. Aujourd’hui je fais autorité, et croyez-moi, je ne peux pas mourir, cela détruirait mon image ».

L’Amérique lui doit aussi la première émission de télévision consacrée à l’aérobic, au début des années 1950. Couvert de prix, Jack LaLanne a décroché à 88 ans une étoile au Boulevard de la gloire d’Hollywood, où les fleurs s’entassaient lundi au lendemain de son décès.

Jack LaLanne racontait que l’inspiration lui était venue du nutritioniste Paul Bragg, rencontré à 15 ans à Oakland. Comprenant qu’il mangeait trop gras, le jeune Jack s’inscrit alors dans un club pour jeunes gens sportifs, le YMCA, où quelques poids font son bonheur.

A 42 ans, en quête constante de publicité, Jack LaLanne réalise 1.033 pompes en 23 minutes – un record, dûment retransmis à la télévision.

Pour son soixantième anniversaire, rappelle son site internet, il avait traversé à la nage la baie de San Francisco de la prison d’Alcatraz jusqu’aux quais de la ville – mais pieds et mains menottés, et remorquant un bateau de 500 kg.

Voir enfin:

LaLanneisms

Jack LaLanne fervently believes every human being can attain maximum body health and fitness if they will practice moderation, eat the most natural foods, and exercise on a regular basis. Over the years on national television, radio talk shows and in feature stories written about Jack, certain ideas stated by Jack have become little gems known as “LaLanneisms”

Here are a few of Jack’s words of wisdom: 

 

Anything in life is possible if you make it happen.

Anything in life is possible and you can make it happen.

Your waistline is your lifeline.

Exercise is King, nutrition is Queen, put them together and you’ve got a kingdom.

Don’t exceed the feed limit.

The food you eat today is walking and talking tomorrow.

Ten seconds on the lips and a lifetime on the hips.

Better to wear out than rust out

Do – don’t stew.

People don’t die of old age, they die of inactivity.

First we inspire them, then we perspire them.

You eat everyday, you sleep everyday, and your body was made to exercise everyday.

Work at living and you don’t have to die tomorrow.

I can’t die, it would ruin my image.

If man makes it, don’t eat it.

If it tastes good, spit it out.

What’s it doing for me?

Your health account is like your bank account: The more you put in, the more you can take out.

If one apple is good, you wouldn’t eat 100.

It’s not what you do some of the time that counts, it’s what you do all of the time that counts.

Make haste slowly.

Eat right and you can’t go wrong.


Diplomatie française: Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé au milieu des brigands ? (Which of these three was a neighbor to the man who fell into the hands of robbers?)

24 janvier, 2011
Van Gogh's good SamaritanVous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on? Jésus
Un docteur de la loi (…) voulant se justifier, dit à Jésus : Et qui est mon prochain ? Jésus reprit la parole, et dit : Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba au milieu des brigands, qui le dépouillèrent, le chargèrent de coups, et s’en allèrent, le laissant à demi mort. Un sacrificateur, qui par hasard descendait par le même chemin, ayant vu cet homme, passa outre. Un Lévite, qui arriva aussi dans ce lieu, l’ayant vu, passa outre. Mais un Samaritain, qui voyageait, étant venu là, fut ému de compassion lorsqu’il le vit. Il s’approcha, et banda ses plaies, en y versant de l’huile et du vin ; puis il le mit sur sa propre monture, le conduisit à une hôtellerie, et prit soin de lui. Le lendemain, il tira deux deniers, les donna à l’hôte, et dit : Aie soin de lui, et ce que tu dépenseras de plus, je te le rendrai à mon retour. Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé au milieu des brigands ? C’est celui qui a exercé la miséricorde envers lui, répondit le docteur de la loi. Et Jésus lui dit : Va, et toi, fais de même. Jésus (Luc 10 : 25-37)
Ce qui m’a motivé, c’était la parole de Jésus « vous êtes le sel de la terre » qui signifie que vous devez nous engager; vous ne pouvez pas rester dans votre église. Vous devez vous engager dans cette situation; le sel doit être inséré dans la blessure, dans l’endroit qui n’est pas en règle, qui est en difficulté. C’est là où vous devez aller. Cette idée d’engagement dans la politique est une pensée que Jésus a déjà exprimée dans la parabole du bon Samaritain. Quelqu’un a été battu et git là sur le chemin, ceux qui l’ont battu sont partis, et maintenant deux hommes venant du temple s’approchent, détournent la tête et s’en vont. Jésus dit qu’ils sont coupables non parce qu’ils [ont fait quelque chose] – ils n’ont rien fait, ce n’est pas eux qui l’ont battu – mais parce qu’ils ne l’ont pas aidé. Si nous nous contentons de laisser le monde tranquille et ne nous engageons, nous sommes tout aussi coupables que ces deux hommes qui, comme l’a dit Jésus dans cette parabole, se ont détourné les yeux et n’ont pas voulu en entendre parler. Vous devez vous engager parce que vous êtes le sel de la terre. Christian Führer
De plus, la Convention prévoit que les représentants ou les délégués des Puissances protectrices seront autorisés à se rendre dans tous les lieux où se trouvent des prisonniers de guerre, notamment dans les lieux d’internement, de détention et de travail; ils auront accès à tous les locaux utilisés par les prisonniers. Les délégués du CICR bénéficient des mêmes prérogatives. La désignation de ces délégués sera soumise à l’agrément de la Puissance au pouvoir de laquelle se trouvent les prisonniers de guerre à visiter. Convention de Genève [III, 126]
Les règles pour les prisonniers s’imposent à tout le monde. La France est à vos côtés pour exiger la libération de votre fils. Michèle Alliot-Marie (Jérusalem)
Le blocus de Gaza engendre la pauvreté et nourrit la violence. Au nom des valeurs de liberté et de dignité que nous avons en partage, la France appelle Israël à y mettre fin. (…) Des mesures d’allègement ont été prises (par Israël). Elles sont positives mais il faut aller plus loin. Ce sont les importations de biens de construction et de matières premières, les exportations et le libre mouvement des personnes qui doivent désormais être possibles. Michèle Alliot-Marie (Gaza)
MAM chahutée à cause d’un malentendu. Le Monde
Notre monde est de plus en plus imprégné par cette vérité évangélique de l’innocence des victimes. L’attention qu’on porte aux victimes a commencé au Moyen Age, avec l’invention de l’hôpital. L’Hôtel-Dieu, comme on disait, accueillait toutes les victimes, indépendamment de leur origine. Les sociétés primitives n’étaient pas inhumaines, mais elles n’avaient d’attention que pour leurs membres. Le monde moderne a inventé la « victime inconnue », comme on dirait aujourd’hui le « soldat inconnu ». Le christianisme peut maintenant continuer à s’étendre même sans la loi, car ses grandes percées intellectuelles et morales, notre souci des victimes et notre attention à ne pas nous fabriquer de boucs émissaires, ont fait de nous des chrétiens qui s’ignorent. René Girard
Sur ce point, et comme autre réalité du conflit, on peut citer le traitement de l’information par les services de presse en France. Dans leur manière d’évoquer l’incident, la question n’a pas été de savoir si l’enlèvement d’une personne (et l’absence de nouvelles la concernant pendant plus de quatre ans et demi), était ou non un crime de guerre (ou un crime tout court), mais bien celui d’avoir attribué un propos à la Ministre Michèle Alliot-Marie alors qu’elle n’en était pas l’auteur. A cet égard, les titres sur le sujet ont bien souligné l’absence de solidarité française dans cette qualification retenue par le père du soldat. Un éminent quotidien national a titré « MAM chahutée à cause d’un malentendu », pendant qu’un autre évoquait « des propos qui lui ont été attribués par erreur au sujet du soldat israélien Guilad Shalit » voire un troisième qui évoquait encore «les manifestants reprochent à MAM des propos qui lui ont été attribués à tort ». Maître Bertrand Ramas-Muhlbach
Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé au milieu des brigands ?

Le Palestinien qui jette des chaussures ?

 La ministre qui regarde de l’autre côté et se confond en excuses ?

Ou le journaliste qui crie au malentendu ?

Au lendemain de l’accueil musclé de notre ministre des Affaires étrangères de 3 mois à Gaza …

Petite leçon de droit, sur les sites de nos confrèes Lessake et Aschkel, avec l’avocat Bertrand Ramas-Muhlbach.

D’abord pour notre docteure en droit du Quai d’Orsay qui vient si brillamment de démontrer au monde sa totale ignorance ou son oubli du droit international (priver un prisonnier militaire du droit aux visites de la Croix rouge fait bien partie des crimes de guerre et un blocus militaire fait partie de l’arsenal légal contre des Etats belligérants).

Mais aussi pour nos valeureux médias qui, au-delà de la simple solidarité humaine, ont eux rivalisé d’ignorance par rapport aux « valeurs de liberté et de dignité que nous avons en partage », et plus précisément à toute notre tradition spécifiquement occidentale et judéo-chrétienne du souci de la victime …

Michèle ALLIOT-MARIE plongée dans la réalité palestinienne

Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

23 janvier 2011

A l’occasion de son premier voyage à Gaza, ce 21 janvier 2011, la Ministre française des Affaires Etrangères Michèle Alliot-Marie a pu se convaincre du mode particulier de fonctionnement des Palestiniens. L’accueil, plus que discourtois, n’a pas été à la hauteur de l’honneur dû à son rang : huées, jets d’œufs et de chaussures sur les voitures blindées du cortège français, et, pour bloquer sa voiture, deux enfants, en pleurs et terrorisés, ont été allongés devant les roues des 4×4 des Nations Unies transportant la délégation, avant d’être récupérés par leur famille quelques minutes plus tard. La conseillère française pour le Moyen Orient Valérie Hoffenberg, a également été blessée par l’envoi d’un projectile. Cet épisode devrait être grandement instructif pour la Ministre des Affaires Etrangères, en ce qu’il révèle tous les aspects de la société palestinienne avec ses incohérences, sa violence, ses préjugés et ses raisonnements à l’emporte pièce.

La première réalité (pour ceux qui n’en seraient pas parfaitement convaincus), tient à la pleine et entière souveraineté des Palestiniens sur la bande de  Gaza. Ils y élisent démocratiquement les personnes chargées de les représenter, emploient librement les fonds alloués pour leur budget (et ce, sans contrôle), et décident seuls de qui peut ou non, pénétrer sur leur territoire. S’agissant de la Ministre Française des Affaires Etrangères, elle n‘était pas la bienvenue. Des  Palestiniens ont donc brandi une pancarte sur laquelle figurait sa photo barrée d’un trait rouge avec la mention : « get out of Gaza » (sors de Gaza). Bien évidemment les Palestiniens disposent également de forces de sécurité pour rétablir l’ordre et qui ont aidé le convoi à repartir.

Par ailleurs, la société palestinienne, d’une extrême sensibilité, exploite la moindre information, peu importe sa véracité, pour déchainer passion et haine à l’endroit d’autrui. Le jour de la visite de Michèle Alliot Marie, l’emportement palestinien était la conséquence des propos tenus par le père du soldat franco-israélien Guilad Shalit (enlevé le 25 juin 2006 par un commando palestinien) qui a réaffirmé le 20 janvier 2011 : « détenir un otage sans le laisser rencontrer des représentants de la Croix-Rouge est un crime de guerre ». Or, le service arabe de la radio israélienne a attribué ces propos à la Ministre française, alors que ces mots ne sortaient pas de sa bouche. Une fois encore, les Palestiniens ne se sont pas inquiétés du sérieux de l’information et ont laissé libre cours à leurs débordements de haine et de violence, sans même s’intéresser aux intentions de la Ministre.

Notons également l’absence de dimension morale dans l’analyse palestinienne des actes à l‘origine d‘un emprisonnement. Les Palestiniens reprochent à la Ministre sa partialité dans le traitement de la situation du soldat franco-israélien Guilad Shalit, et celle des prisonniers palestiniens détenus dans les geôles en Israël. Aussi, et sur l’une des pancartes, était inscrit : « Il y a Guilad Shalit mais aussi 8000 prisonniers palestiniens ». Le porte parole du Hamas Sami Abou Zouhri a ainsi rejeté la qualification de crime de guerre retenue pour Guilad Shalit et déclaré « nous exhortons la France à revoir sa position qui ne sert pas le rôle qu’elle joue dans la région ». Ce faisant, les Palestiniens mettent en parallèle le cas du soldat israélien et des prisonniers palestiniens alors qu’Israël est un Etat de droit, où les personnes arrêtées ne le sont pas de façon arbitraire, mais uniquement en raison de leur participation à un acte qualifié de crime ou de délit. Elles bénéficient de la présomption d’innocence, du respect du droit de la défense et enfin, de conditions de détention compatibles avec les principes de dignité, avec un accès aux soins, le bénéfice de visites et un certain confort. Pour sa part, l’enlèvement d’une personne (ajouté à l’absence d’information sur les conditions de sa détention), qu’elle soit militaire ou non, est qualifié de crime dans les pays démocratiques. Les deux situations ne peuvent donc en aucun cas être mises en balance.

Sur ce point, et comme autre réalité du conflit, on peut citer le traitement de l’information par les services de presse en France. Dans leur manière d’évoquer l’incident, la question n’a pas été de savoir si l’enlèvement d’une personne (et l’absence de nouvelles la concernant pendant plus de quatre ans et demi), était ou non un crime de guerre (ou un crime tout court), mais bien celui d’avoir attribué un propos à la Ministre Michèle Alliot-Marie alors qu’elle n’en était pas l’auteur. A cet égard, les titres sur le sujet ont bien souligné l’absence de solidarité française dans cette qualification retenue par le père du soldat. Un éminent quotidien national a titré « MAM chahutée à cause d’un malentendu », pendant qu’un autre évoquait « des propos qui lui ont été attribués par erreur au sujet du soldat israélien Guilad Shalit » voire un troisième qui évoquait encore «les manifestants reprochent à MAM des propos qui lui ont été attribués à tort ».

Une autre réalité locale tient aux contre-vérités tant juridiques qu’historiques soutenues par la communauté internationale. Ainsi, et pour tenter de rassurer sur ses intentions, Michèle Alliot-Marie a avancé : « On connait très bien notre position qui est d’être opposés aux colonisations» tout en réaffirmant être attachée aux frontières 1967 comme base des négociations de paix. En réalité, Michèle Alliot-Marie qui est docteur en Droit, et ancien Maître de Conférences à l’Université de droit de Paris I, sait parfaitement que la ligne d’armistice avec la Jordanie de juin 1967 n’a jamais constitué les frontières de l’Etat palestinien. Plus précisément, en Droit international, les palestiniens ont été reconnus dans les années 60 comme constituant une « nation » avec cette particularité de ne disposer d’aucun territoire, véritable exception parmi les nations reconnues par l’Onu. Il est donc juridiquement impossible d’inventer, de façon rétroactive, les frontières d’un Etat qui n’a jamais existé. D’ailleurs, et s’il est vrai qu’au cours des années 60, les Palestiniens ont caressé  l’espoir de disposer d’un Etat, ils n’y sont pas parvenus. Leur tentative d’assassiner le roi Hussein de Jordanie, le 1er septembre 1970, a avorté  et provoqué une réaction musclée des Jordaniens contre les fédayins de l’Olp à l’origine de milliers de morts palestiniens (septembre noir 1970) et de l’expulsion, en juillet 71, de Yasser Arafat et de ses combattants au Liban. Leur refus de respecter la souveraineté jordanienne s’est donc soldé par un massacre, non par les frontières d‘un Etat palestinien de 1967.

Enfin, parmi les positions controversées de la Ministre, il est possible de citer son appel à la levée complète du blocus du territoire peuplé d’1,5 million d’habitants, dont 85% dépendent de l’aide internationale : « Le blocus de Gaza engendre la pauvreté et nourrit la violence. Au nom des valeurs de liberté et de dignité que nous avons en partage, la France appelle Israël à y mettre fin ». Il est étrange qu’en contrepartie, la Ministre n’ait pas appelé les Palestiniens à renoncer à leur  projet d’anéantir Israël, toujours au nom des valeurs françaises de liberté et de dignité.

Les réalités juridiques et historiques n’ont décidément rien à voir avec la réalité palestinienne. Après avoir reconnu l’Etat palestinien de Gaza contre renonciation à la lutte armée, seront discutées les fro

judéo-chrétienne du souci de la victime …


Tunisie: C’a été un moment diplomatique très fort (Back to the good old Chirac days when firmness paid)

22 janvier, 2011
Chirac's skuffle (East-Jerusalem, Oct. 1996) Pourquoi avons nous envahi l’Irak? Il n’était pas question de prendre le moindre risque. Tout cela devait s’arrêter. (Après le 11-Septembre) on nous a dit que ces fanatiques religieux utiliseraient des armes chimiques ou biologiques ou nucléaires s’ils pouvaient en obtenir. Cela a complètement changé notre évaluation des risques (posés par des pays comme l’Irak, l’Iran, la Libye). (…)  Je n’ai aucun regret d’avoir renversé Saddam Hussein. C’était un monstre, Je pense qu’il menaçait non seulement la région, mais le monde entier. Je pense sincèrement que le monde est plus sûr (sans lui). (…) Je croyais sans le moindre doute que l’Irak disposait d’armes de destruction massive », (ADM) sur la foi d’informations des services de renseignements. (…) « le monstre » Saddam avait gazé son propre peuple et provoqué plus d’un million de victimes. Tony Blair (29.01.10) 
Détenir un otage sans le laisser rencontrer des représentants de la Croix-Rouge, c’est un crime de guerre. Il faut que l’Union européenne prenne position. Gilad est un citoyen européen. C’est un sujet humanitaire Nous espérons que les efforts conjoints de la France et de la communauté internationale porteront leurs fruits. Noam Shalit (père du soldat)
Les règles pour les prisonniers s’imposent à tout le monde. La France est à vos côtés pour exiger la libération de votre fils. Michèle Alliot-Marie (Jérusalem)
Sa situation d’isolement total, d’absence de tout contact, sans accès du Comité international de la Croix-Rouge, sans échanges avec sa famille, sans même un signe de vie depuis très longtemps est profondément inhumaine. Michèle Alliot-Marie (entretien Haaretz)
Dans les manifestants, il y avait des mères dont je peux comprendre la tristesse, mais d’autres avaient souvent d’autres visées. Il faut rester serein. Il y avait une trentaine, une cinquantaine de manifestants, ce n’était pas très grave. Michèle Alliot-Marie (Hôpital Al-Quds, Gaza)
Le blocus de Gaza engendre la pauvreté et nourrit la violence. Au nom des valeurs de liberté et de dignité que nous avons en partage, la France appelle Israël à y mettre fin. Des mesures d’allègement ont été prises (par Israël). Elles sont positives mais il faut aller plus loin. Ce sont les importations de biens de construction et de matières premières, les exportations et le libre mouvement des personnes qui doivent désormais être possibles.  Michèle Alliot-Marie (Centre culturel français, Gaza)
Un déplacement à Gaza, c’est toujours quelque chose d’un peu compliqué. Les circonstances n’ont pas simplifié les choses. Je n’avais pas à voir les gens du Hamas tant qu’ils n’ont pas cessé les violences et reconnu Israël. Il ne faut pas confondre un groupe de manifestants avec le peuple palestinien. , a déclaré la ministre après le premier incident. Dans un discours au a appelé Israël à lever complètement le blocus du territoire peuplé d’1,5 million d’habitants, dont 85% dépendent de l’aide internationale. Michèle Alliot-Marie (Sdérot, Israël)
La France condamne les attaques du Hezbollah et toutes les actions terroristes unilatérales, où qu’elles se mènent, contre des soldats ou des populations civiles. Oui, ces attaques sont terroristes, et la France souhaite que la réplique frappe aussi peu que possible les populations civiles. Epargner les populations civiles est une contrainte que s’efforce de respecter Israël. Lionel Jospin (Jérusalem, 24 février 2000)
Ce n’est pas une politique de tuer des enfants. Chirac (accueillant Barak à Paris, le 4 octobre 2000)
Qu’est-ce qu’il y a encore comme problème ? Je commence à en avoir assez ! What do you want ? Me to go back to my plane, and go back to France ? Is that what you want ? Then let them go. Let them do. No, that’s… no danger, no problem. This is not a method. This is provocation. That is provocation. Please you stop now ! Jacques Chirac (au responsable de la sécurité israélienne, Jérusalem, octobre 1996)
No security now. I don’t want you. Go away. You have no business here. Jacques Chirac (au responsable de la sécurité israélienne, Jérusalem, octobre 1996)
(J’ai trouvé) sympathique cette façon de jouer les chiffonniers dans le monde très policé de la diplomatie. Retraité carcassonnais du bâtiment
Ça change des voyages placides des chefs d’Etat à l’étranger. Olivier (étudiant en commerce)
 S’ils se comportent comme cela avec un chef d’Etat, cela en dit beaucoup sur l’attitude de l’armée avec la population. Philippe (avocat)
La fermeté paye. Le coup de gueule du président de la République à Jérusalem contre les services de sécurité israéliens a, bien sûr, marqué les esprits. 83% des personnes interrogées estiment que Jacques Chirac a eu raison de faire preuve de fermeté, contre 15% qui pensent l’inverse. L’avis est à peu près unanime quels que soient l’âge, la profession ou la sympathie partisane. Sondage Ifop
Sur le fond, ce que Jacques Chirac a dit n’était pas scandaleux. Cela correspond à la position de la France depuis longtemps. C’est plutôt sur la manière qu’il y a redire. On a l’impression qu’il a voulu apparaître comme le champion des Arabes. Gérard Akoun (Radio Judaïque FM)
Il y avait une grande méfiance du côté israélien vis-à-vis de Chirac, qui était perçu comme beaucoup plus pro-arabe que Mitterrand. (…) Lors de la promenade dans la vieille ville de Jérusalem, les soldats israéliens bloquaient toutes les ruelles qui accédaient au cortège et tous les magasins. (…) Il y a eu un premier incident, et on est allés voir Chirac pour lui raconter la manière assez rude dont les policiers empêchaient les journalistes de faire leur travail. Chirac a dit : « S’il se passe de nouveau des incidents comme ça, venez me chercher, c’est intolérable, je ne le supporterai pas. » Une demi-heure après, nouvel incident (…) Et donc on est allés chercher Chirac (…) Chirac est venu aussitôt et c’est là qu’il a sorti sa fameuse phrase. C’a été un moment assez exceptionnel. (…) c’a été un moment diplomatique très fort pour lui, dont il a tiré profit dans le reste de sa visite parce qu’il est devenu, tout à coup, le héros du monde arabe. (…) C’était sa première grande initiative diplomatique et il faisait déjà les gros titres partout. (…) Quand on entrait dans les boutiques palestiniennes, et que les commerçants voyaient qu’on avait le badge de la délégation française, ils nous faisaient 10% de réduction sur tous les produits, parce qu’on était avec Chirac. Lors de la suite du voyage, en Syrie, en Jordanie, partout où on allait, les gens connaissaient la scène par cœur, parce que CNN l’avait passée en boucle. C’était exactement ce que cherchait Chirac : le signal que la France est de retour et qu’elle comprend la souffrance des Arabes. Pierre Haski

Bienvenue en ce meilleur des mondes où maintenir des années un simple soldat au secret sans visite de la Croix rouge n’est pas un crime de guerre!

Où lancer des missiles à l’aveugle sur des populations civiles n’est pas du terrorisme!

 Mais où rabrouer des policiers d’un Etat démocratique assurant votre protection vous vaut l’adulation des foules !

 Comme d’accuser le même Etat, sur la base d’un faux notoire, de meurtres d’enfants !

Après le mémorable fiasco de la diplomatie française en Tunisie de la semaine dernière …

Qui a vu, on s’en souvient, notre nouvelle chef du Quai d’Orsay et ancienne ministre de l’Intérieur proposer sa coopération policière suite à la mort d’un professeur franco-tunisien dans une manifestation puis l’enterrement officiel de la doctrine Kouchner

Et, pendant qu’à Londres un ancien premier ministre se fait traiter de « criminel de guerre » pour avoir déposé un Saddam Hussein alors soutenu il est vrai par la France, l’accueil musclé  de ladite ministre des Affaires étrangères française à Gaza

Qui a vu une ministre de la République presque s’excuser d’avoir pu laisser croire qu’elle aurait qualifié de « crime de guerre » la détention au secret, contre toutes les conventions internationales, d’un soldat franco-israélien  par le Hamas depuis plus de 4 ans  …

Comment ne pas repenser à cet autre mémorable caillassage (mais littéral celui-là sans compter son lynchage médiatique plus tard à son retour à Paris) …

Qui avait accueilli en février 2000 l’ancien Premier ministre Lionel Jospin à son arrivée à l’université palestinienne de Bir Zeit pour son fameux « dérapage » qualifiant de terroristes les envois de roquettes du Hezbollah sur les villes israéliennes ?

Mais surtout, comment ne pas se remémorer avec nostalgie la leçon magistrale de diplomatie active qu’avait donné au monde notre Chirac national lors de sa première visite officielle à Jérusalem-Est  en 1996 ?

Qui, pour bien marquer son  opposition à la politique de ses hôtes, avait poussé la courtoisie jusqu’à non seulement refuser d’être accompagné par tout officiel israélien en cette partie de la ville certes occupée depuis 1967 mais aussi à rabrouer vertement une police israélienne dans tous ses états après l‘assassinat un an plus tôt du premier ministre Rabin.

Démontrant ainsi au monde, comme le rappelait il y a 2 ans l’ancien correspondant de Libération et si fidèle défenseur du faussaire Enderlin  Pierre Haski,  que la France « comprenait la souffrance des Arabes » et devenant du coup le « héros du monde arabe », lui qui 4 ans plus tard n’hésiterait pas, on s’en souvient, à remettre le Premier ministre israélien à sa place pour sa politique de « tueurs d’enfants » …

Le « coup de sang » de Jérusalem, vu par Pierre Haski

Henri Seckel

Europe 1

 le 06 Novembre 2009

Lors de sa visite en Israël en 1996, Jacques Chirac est devenu le « héros » du monde arabe en sermonnant le service de sécurité israélien.

22 octobre 1996. Jacques Chirac effectue sa première grande tournée diplomatique en tant que président de la République. Une visite de huit jours à travers six pays – Syrie, Israël, Palestine, Jordanie, Liban, Egypte – pour marquer le retour de la France au Proche-Orient. Mais la promenade dans les rues de Jérusalem tourne mal. Les soldats israéliens sont omniprésents, Chirac ne peut aller saluer les Palestiniens, les journalistes sont bousculés.

Les accrochages se multiplient. Alors, face au responsable de la sécurité israélienne, Chirac explose : « Qu’est-ce qu’il y a encore comme problème ? Je commence à en avoir assez ! What do you want ? Me to go back to my plane, and go back to France ? Is that what you want ? Then let them go. Let them do. No, that’s… no danger, no problem. This is not a method. This is provocation. That is provocation. Please you stop now ! »

 Pierre Haski était l’envoyé spécial de Libération au Proche-Orient lors de cette tournée. Il a eu sa chemise déchirée lors de la bousculade, et dévoile les coulisses de l’épisode :

« Il y avait une grande méfiance du côté israélien vis-à-vis de Chirac, qui était perçu comme beaucoup plus pro-arabe que Mitterrand. On savait que ça allait être tendu, mais on pensait que ce serait plus dans les entretiens avec Netanyahou que dans la rue avec la police. Lors de la promenade dans la vieille ville de Jérusalem, les soldats israéliens bloquaient toutes les ruelles qui accédaient au cortège et tous les magasins. Donc Chirac avançait dans des ruelles désertes. C’était une sorte de visite fantôme, où on lui empêchait tout contact avec la population palestinienne.

Les policiers israéliens bloquaient les journalistes, qui ne pouvaient pas aller librement parler à Chirac, à un conseiller, ou aux gens. Ça a commencé à poser de sacrés problèmes, surtout avec les caméramans et les photographes qui avaient besoin de circuler.

Il y a eu un premier incident, et on est allés voir Chirac pour lui raconter la manière assez rude dont les policiers empêchaient les journalistes de faire leur travail. Chirac a dit : « S’il se passe de nouveau des incidents comme ça, venez me chercher, c’est intolérable, je ne le supporterai pas. »

Une demi-heure après, nouvel incident : un journaliste a été écartelé entre les flics qui le tiraient d’un côté, et ses collègues qui le tiraient de l’autre. Les lunettes ont commencé à voler en éclat, les appareils photo, etc. Et donc on est allés chercher Chirac en lui disant : « Ils recommencent. » Chirac est venu aussitôt et c’est là qu’il a sorti sa fameuse phrase. C’a été un moment assez exceptionnel. Les autorités israéliennes étaient un peu sous le choc de cette phrase qui était quand même d’une violence… On n’était plus dans la diplomatie classique. Ça a un peu calmé les choses, même s’il y a eu d’autres clashs par la suite.

D’un côté, ça lui a complètement gâché sa visite, cette affaire. Il n’a pas pu serrer la main d’un Palestinien alors qu’il adore ça, et qu’il était venu pour ça. Mais d’un autre côté, c’a été un moment diplomatique très fort pour lui, dont il a tiré profit dans le reste de sa visite parce qu’il est devenu, tout à coup, le héros du monde arabe.

Le soir même, on a vu Chirac, comme tous les soirs pendant les huit jours du voyage. Après les banquets officiels, il venait nous rejoindre dans les bars des hôtels où on était. Il mettait les pieds sur une table, il se faisait apporter une Corona parce qu’il y avait des caisses de Corona qui le suivaient, et il restait à bavarder avec nous pendant une heure. Il était tellement content pendant ce voyage. C’était sa première grande initiative diplomatique et il faisait déjà les gros titres partout. Ce soir-là, il était sur un petit nuage. »

Le lendemain, on était à Ramallah, chez Arafat. Quand on entrait dans les boutiques palestiniennes, et que les commerçants voyaient qu’on avait le badge de la délégation française, ils nous faisaient 10% de réduction sur tous les produits, parce qu’on était avec Chirac. Lors de la suite du voyage, en Syrie, en Jordanie, partout où on allait, les gens connaissaient la scène par cœur, parce que CNN l’avait passée en boucle. C’était exactement ce que cherchait Chirac : le signal que la France est de retour et qu’elle comprend la souffrance des Arabes. »

Voir aussi:

Alliot-Marie chahutée par des manifestants à Gaza

Nouvelobs.com

21.01.11

La ministre des Affaires étrangères a été poursuivie jusqu’à l’entrée de l’hôpital Al-Quds à Gaza par les manifestants, qui ont provoqué une cohue.

La ministre française des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie a exhorté vendredi 21 janvier Israël à « mettre fin » au blocus de la bande de Gaza lors de sa première visite dans ce territoire palestinien, chahutée par des manifestants pro-Hamas.  Michèle Alliot-Marie a été conspuée par quelques dizaines de protestataires lui reprochant des propos qui lui ont été attribués abusivement sur le soldat israélien Gilad Shalit, enlevé en juin 2006, actuellement aux mains du mouvement islamiste Hamas.

Sa visite de l’hôpital Al-Quds à Gaza a été perturbée par les manifestants, maintenus à l’extérieur par le service d’ordre, qui ont provoqué une cohue au milieu de laquelle la ministre est restée imperturbable. Une chaussure a été lancée en sa direction, mais elle l’a esquivée, selon des témoins. Auparavant, les mêmes protestataires avaient jeté des chaussures et des oeufs vers son véhicule lors de son arrivée au poste de sécurité du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza depuis juin 2007. « Il y a Gilad Shalit, mais aussi 7.000 prisonniers palestiniens » dans les prisons israéliennes, pouvait-on lire sur l’une des banderoles des manifestants.

« Il faut rester serein »

Par haut-parleur, un manifestant a dénoncé les propos attribués à tort par plusieurs médias, dont la radio israélienne, à Michèle Alliot-Marie, mais tenus en fait par le père de Gilad Shalit, Noam Shalit, jeudi devant elle, qualifiant de « crime de guerre » la détention au secret du soldat, qui a également la nationalité française. Dans un communiqué jeudi, le Hamas a dénoncé « la déclaration partiale de la ministre française des Affaires étrangères décrivant l’enlèvement de Shalit comme un ‘crime de guerre' ».

« Dans les manifestants, il y avait des mères dont je peux comprendre la tristesse, mais d’autres avaient souvent d’autres visées. Il faut rester serein. Il y avait une trentaine, une cinquantaine de manifestants, ce n’était pas très grave », a déclaré la ministre après le premier incident. Dans un discours au Centre culturel français de Gaza, elle a appelé Israël à lever complètement le blocus du territoire peuplé d’1,5 million d’habitants, dont 85% dépendent de l’aide internationale. « Le blocus de Gaza engendre la pauvreté et nourrit la violence. Au nom des valeurs de liberté et de dignité que nous avons en partage, la France appelle Israël à y mettre fin », a-t-elle déclaré. « Des mesures d’allègement ont été prises (par Israël). Elles sont positives mais il faut aller plus loin. Ce sont les importations de biens de construction et de matières premières, les exportations et le libre mouvement des personnes qui doivent désormais être possibles », a plaidé la chef de la diplomatie.

Aucune rencontre avec le Hamas

Michèle Alliot-Marie s’est entretenue avec les dirigeants de l’Agence de l’Onu pour les réfugiés palestiniens (UNWRA), mais aucune rencontre n’a eu lieu avec des autorités du Hamas, qui reste un paria de la communauté internationale.

« Un déplacement à Gaza, c’est toujours quelque chose d’un peu compliqué. Les circonstances n’ont pas simplifié les choses. Je n’avais pas à voir les gens du Hamas tant qu’ils n’ont pas cessé les violences et reconnu Israël », a ensuite expliqué la ministre lors d’une visite de la ville israélienne de Sdérot, limitrophe de Gaza. « Il ne faut pas confondre un groupe de manifestants avec le peuple palestinien », a-t-elle dit.

Il s’agissait de la première visite à Gaza d’un chef de la diplomate française depuis celle de Philippe Douste-Blazy en septembre 2005. Après Israël et les territoires palestiniens, Michèle Alliot-Marie devait poursuivre sa première tournée au Proche-Orient comme ministre des Affaires étrangères par l’Egypte et la Jordanie, deux régimes inquiets d’éventuelles répercussions de la révolution tunisienne.


Tunisie: Au secours, Bush revient! (For a fleeting moment in Qatar, George W. Bush was there reincarnated: A region’s foundations sinking into the sand)

21 janvier, 2011
Certains semblent croire que nous devrions négocier avec des terroristes et des radicaux, comme si un discours ingénieux suffisait à persuader ces derniers qu’ils se trompent depuis le début. Nous avons déjà entendu cette illusion ridicule par le passé. Lorsque les chars nazis marchaient sur la Pologne en 1939, un sénateur américain avait dit: ‘Monsieur, si seulement nous avions pu parler à Hitler, tout cela ne serait jamais arrivé. Nous avons l’obligation d’appeler cela le confort illusoire de l’apaisement, qui a été discrédité à maintes reprises dans l’Histoire. George Bush (devant le parlement israélien, le 15 mai 2008)
Alors que certains pays ont fait de grandes avancées au niveau de la gouvernance, les citoyens de nombreux autres sont fatigués des institutions corrompues et de l’ordre politique stagnant. Ils demandent des réformes pour que leurs gouvernements deviennent plus efficaces, plus réceptifs et plus ouverts. Et tout cela se passe avec en toile de fond l’épuisement des ressources : les nappes aquifères diminuent, les réserves pétrolières s’assèchent et trop peu de pays ont adopté des plans à long terme pour résoudre ces problèmes. (…) Dans trop d’endroits, de trop de manières différentes, les fondations de la région s’enlisent dans le sable. Hillary Clinton (Qatar, le 14.01.11)
Nous et l’Elysée n’avons rien vu venir. Ce sont les Américains qui ont pris les choses en main. ils étaient convaincus que le maintien par la force du régime ne pouvait faire que le lit, à terme, des islamistes. Les militaires américains ont parlé à leurs homologues tunisiens et Ben Ali a été prié de quitter, sans plus attendre, le territoire. Inutile de préciser que les Américains n’ont pas pris la peine de nous tenir au courant. Michèle Alliot-Marie
Lancé par le président américain George W. Bush en 2004, alors que Washington voulait promouvoir la démocratisation du monde arabe dans la foulée du renversement du régime de Saddam Hussein en Irak, le Forum de l’avenir a pour but d’encourager les réformes politiques, économiques et sociales au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Mais ce forum n’a pas débouché sur des résultats concrets. Selon l’activiste tunisien Slaheddine Jourchi, présent à la réunion de Doha, « une grande partie des participants jugent ce forum inutile, surtout que ses résultats concrets ont été minimes ». Les participants n’ont pas pu s’entendre sur un texte de résolution finale en raison de divergences entre le Canada, qui préside conjointement avec le Qatar la réunion, et les pays arabes sur la formulation d’un passage du communiqué final sur la Palestine, selon des délégués. L’Orient du jour
For a fleeting moment in Qatar, George W. Bush seemed to make a furtive return to the diplomatic arena. He was there, reincarnated in the person of Hillary Clinton, bearing that quintessential American message that our country cannot be indifferent to the internal arrangements of foreign lands. Fouad Ajami

Imaginez  Sarkozy tenant son discours de Dakar devant… la totalité des dirigeants arabes!

Eh bien, c’est l’exploit que vient de se permettre la secrétaire d’Etat de (je vous le donne en mille)… l’Apaiseur et Autoflagellateur en chef et auteur du tristement célèbre discours du Caire!

Alors que son patron régale le président, certes sur le départ, de la plus grande autocratie de la planète tout en aidant les Sud-Coréens à faire enfin face aux nouveaux Barbaresques …

Et qu’après l’embarrassant cafouillage que l’on sait, le Pays autoproclamé des droits de l’homme vient tout juste d’enterrer Kouchner

Retour, avec le politologue libano-américain Fouad Ajami, sur ce bref moment de la semaine dernière où l’Amérique que nous aimons, celle de la liberté et de la démocratie, a fait une brève réapparition

Au point que, deux ans après son départ, on aurait cru le président Bush revenu et réincarné, lui qui avait justement lancé il y a 6 ans ce Forum de l’espoir où, devant des dirigeants et des responsables économiques de l’ensemble des pays arabes assemblés et loin des fausses audaces d’espérer à la Obama, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton s’est permis des audaces que l’on ne croyait plus possibles en ces temps d’autoflagellation et d’apaisement généralisé.

Certes, elle le faisait au moment où le peuple tunisien (with a little help from his friends dans l’armée et probablement en coordination avec leurs homologues américains) était en train de renverser son dirigeant.

Et surtout, hélas (comme l’ont d’ailleurs vite compris les participants qui se sont empressés de se disputer au sujet de leur cible de diversion préférée) en tant que secrétaire d’Etat de celui qui depuis le début de son mandat a tout fait, du Liban à l’Iran ou à la Chine, pour faire oublier la fameuse doctrine Bush et ramener son pays, face aux stations d’essence du monde, à la doctrine Eisenhower du c’est-un-salaud-mais-c’est-notre-salaud.

Mais qui sait, peut-être certains s’en souviendront-ils, de  ceux qui avaient cru en elle ou avaient regretté leur choix des primaires démocrates,  si elle retentait sa chance l’an prochain ?

Hillary Clinton Echoes the Bush Doctrine

The secretary is right about the Mideast’s troubled autocrats. Too bad her boss decided to cast his lot with them…

Fouad Ajami

The WSJ

JANUARY 19, 2011

‘In too many places, in too many ways, the region’s foundations are sinking into the sand, » Secretary of State Hillary Clinton warned Arab autocrats in a remarkable speech in Qatar last week.

The Arab landscape all around her provided ample confirmation. In Tunisia, Zine el-Abidine Ben Ali, a despot who has been in power for nearly a quarter-century, was reeling. His people had conquered their fear and had taken to the streets. In Cairo, the Pharoah the Pax Americana has indulged through five American presidencies appeared to be losing his touch, his once-tolerant country engulfed by sectarian troubles between Muslims and Copts. Lebanon, which had once been a showcase of American success in the region, was once again in the throes of a political crisis.

But there was a truth that our secretary of state glided over. Sinking into the sand, too, is the worldview that informed President Obama’s approach to the Middle East.

Mr. Obama had come into office with a belief that he knew and understood the Islamic world. He was proud that Islam was a strand in his identity. He was sure that the policy of his predecessor had antagonized Islam. President George W. Bush’s « diplomacy of freedom » was not given the grace of a decent burial. « Ideology is so yesterday, » Secretary Clinton proudly proclaimed in early 2009. Realpolitik was to be the order of the day.

The Bush diplomacy had declared an open ideological assault against the Iranian theocracy. Mr. Obama would offer that regime an olive branch and a promise of engagement. Syria had been pushed out of Lebanon and viewed as a renegade regime that had done its best to frustrate the American war in Iraq. The Obama diplomacy would offer the rulers in Damascus diplomatic rehabilitation.

Thus the word went forth to the despots in the region that the American campaign on behalf of liberty that Mr. Bush had launched in 2003 had been called off. A new Iraqi democracy, midwifed by American power, was fighting for its life. The Obama administration would keep Iraq at arm’s length.

This break of faith with democracy was put on cruel display in the summer of 2009, when the Iranians rose in revolt against their rulers. True, American diplomacy was not likely to alter the raw balance of power between the regime and its democratic oppositionists. But the timidity of American power, and the refusal of the Obama administration to embrace the cause of the opposition, must be reckoned one of American foreign policy’s great moral embarrassments.

No one called on the president to dispatch the Marines to Tehran, but the deference of the pre-eminent liberal power to men who had unleashed the  vigilantes on their own people was at once a moral and a strategic failure.

An American president who prided himself on his oratory could not find the language that would express the age-old American belief that our country is invested, morally and strategically, in the spread and triumph of liberty.

Mr. Obama had said he was willing to deal with the theocracy and regimes like it so long as they were willing to « unclench their fist. »

Instead, a more heartless dictatorship had taken hold. The theocrats had no interest in granting Mr. Obama concessions. They were sure that they could hold their ground, and that America was bound to capitulate. Iran’s rulers took Mr. Obama’s measure: The opposition at home could be broken, and the drive for hegemony in the region, and for nuclear weapons, could be pursued without running appreciable risks.

No wonder the Hezbollah movement has shown such defiance in recent days. Iran’s proxies in Lebanon brought down that country’s coalition government as Prime Minister Saad Hariri sat down for a meeting with Mr. Obama.

Now that sort of gamesmanship is, by Hezbollah’s standards, a sin of minor proportions. Hezbollah’s leaders had struck in anticipation of an indictment of its members by an international tribunal investigating the assassination of former Prime Minister Rafik Hariri.

But an undeniable truth hovers over Lebanon: the ebb of American power. Five or six years ago, the Lebanese rebellion against Damascus had been emboldened by American power and protection. The « Cedar Revolution » that brought about the withdrawal of Syrian troops was both Lebanese and a child of the American presence and prestige in that country.

But the Syrians had been eager to retrieve what they had given up under duress. The solicitude shown Damascus by the Obama administration convinced the Lebanese that a different wind now blew in Washington, and that they and their country were being given up in a Syrian-American accommodation. In the best of worlds, it is difficult for the Lebanese, divided among themselves as they have been throughout their modern history, to hold their own against Syria. But their abandonment by the U.S. was a devastating blow to those among them who wished for their country a political order of peace and normalcy.

The power of the region’s autocracies has given rise to a belief that there is an « Arab-Islamic exceptionalism » to the appeal of liberty. In its years of ascendancy, the Bush diplomacy had battled against the « soft bigotry of low expectations. » It was a supreme irony that Barack Obama, who had spoken of a great opening onto the Islamic world, had returned American policy to its older acceptance of the « differentness » of the Arabs, to the inevitability of tyranny in their midst.

It took the embattled Muslim liberals a while to catch on to the moral indifference of the Obama administration. But catch on they did, and in their unequal struggle with the tyrannies in their midst they have operated on the reasonable assumption that the leading liberal power in the world order had no interest in the promotion of their liberty.

Tunisia came as a bolt out of the blue, and Arab rulers and oppositionists alike now watch and wonder whether this is the first domino to fall, or a case apart. In Tunisia, the proposition will be tested as to whether the Arabs can break out of that dreadful choice between the autocrats in the saddle and the radical Islamists in the shadows. « Our president and king must be go, » read a Tunisian posting on an electronic daily. The grammar was flawed, the sentiment easy to make out.

For a fleeting moment in Qatar, George W. Bush seemed to make a furtive return to the diplomatic arena. He was there, reincarnated in the person of Hillary Clinton, bearing that quintessential American message that our country cannot be indifferent to the internal arrangements of foreign lands. The Arab world presents a great strategic and moral challenge.

These are states with a broken compact between rulers and ruled. The rulers produce the very terror and rage they propose to hold back. The oppositionists, meanwhile, are a great, troubling unknown.

Mr. Ajami is a professor at the Johns Hopkins School of Advanced International Studies and a senior fellow at the Hoover Institution.

Voir aussi:

Hillary Clinton aux Arabes : Vos peuples sont fatigués de la corruption

L’Orient du jour

14/01/2011

Diplomatie

Hillary Clinton a appelé hier à Doha les dirigeants arabes à promouvoir les réformes, affirmant que les peuples de la région étaient fatigués de la corruption.

La secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a appelé hier les dirigeants arabes à promouvoir les réformes, affirmant que les peuples de la région étaient lassés de la corruption, au moment où la Tunisie et l’Algérie voisine sont secouées par des troubles sociaux.

Dans un discours sans compromission devant le Forum de l’avenir à Doha, Mme Clinton a averti les régimes arabes que s’ils ne donnaient pas plus d’espace à leurs peuples, les extrémistes exploiteraient la situation. Les peuples de la région sont « lassés des institutions corrompues » et des politiques « stagnantes », a-t-elle dit. « Trop peu de pays » de la région ont « des plans » pour faire face à l’avenir, a-t-elle déploré devant des représentants de quelque 120 organisations non gouvernementales et du secteur privé dans le monde arabe participant, aux côtés de responsables gouvernementaux, au forum. Elle a souligné les progrès économiques et sociaux dans les pays du Golfe où elle s’est rendue ces derniers jours – Émirats arabes unis, Oman, Qatar -, mais a averti que dans « beaucoup d’endroits, les fondations de la région s’enlisent dans le sable ». « Le Moyen-Orient nouveau et dynamique que j’ai vu a besoin de fondations plus solides s’il veut se développer », a ajouté Mme Clinton. La chef de la diplomatie américaine a assuré que les dirigeants de la région, « de concert avec leurs peuples », avaient la capacité de construire un avenir meilleur dans lequel les libertés politiques et les initiatives économiques seraient encouragées. « Il est temps de voir la société civile comme un partenaire et non comme une menace », selon elle. Si les dirigeants n’offrent pas une vision positive aux jeunes de leurs pays, « d’autres combleront le vide », a-t-elle souligné, mettant en garde contre le fait que « des éléments extrémistes, des groupes terroristes et d’autres qui exploitent le désespoir et la pauvreté sont en compétition pour gagner de l’influence ».

Les ministres des Affaires étrangères de plusieurs pays, dont la France, le Canada et l’Égypte, participent au forum, dont les débats portent sur les réformes démocratiques dans le monde arabe. Mais le ministre bahreïni des Affaires étrangères, cheikh Khaled ben Ahmad al-Khalifa, a souligné devant le forum que les changements n’étaient pas faciles dans des sociétés traditionnelles. Il a expliqué que depuis que son pays a entamé un processus de réformes voilà 11 ans, « il y a eu beaucoup de changements » mais que les entraves à ce changement provenaient de la société elle-même.

Lancé par le président américain George W. Bush en 2004, alors que Washington voulait promouvoir la démocratisation du monde arabe dans la foulée du renversement du régime de Saddam Hussein en Irak, le Forum de l’avenir a pour but d’encourager les réformes politiques, économiques et sociales au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Mais ce forum n’a pas débouché sur des résultats concrets. Selon l’activiste tunisien Slaheddine Jourchi, présent à la réunion de Doha, « une grande partie des participants jugent ce forum inutile, surtout que ses résultats concrets ont été minimes ». Les participants n’ont pas pu s’entendre sur un texte de résolution finale en raison de divergences entre le Canada, qui préside conjointement avec le Qatar la réunion, et les pays arabes sur la formulation d’un passage du communiqué final sur la Palestine, selon des délégués.

Voir également:

Hillary Clinton : le Proche-Orient aspire à une bonne gouvernance et à la réforme

Stephen Kaufman

America.gov

14 janvier 2011

Washington – Les populations et les dirigeants du Proche-Orient doivent œuvrer de concert afin de bâtir une fondation solide pour leur région qui exige des réformes économiques et politiques, a dit la secrétaire d’État, Mme Hillary Rodham Clinton, à des responsables des milieux d’affaires et de la société civile à Doha (Qatar).

S’exprimant le 13 janvier au septième Forum pour l’avenir, Mme Clinton a déclaré que les peuples du Proche-Orient aspiraient à des chefs « qui seraient de vrais dirigeants en ce XXIe siècle ; je pense qu’ils peuvent les avoir et je sais que le moment est arrivé pour cela ».

En ayant une vision du futur, une stratégie et l’engagement pour y parvenir, « vous pouvez bâtir un avenir qui suscitera la confiance de la jeunesse et l’incitera à rester et à le défendre », a souligné Mme Clinton. « Il est temps de considérer la société civile non pas comme une menace mais comme un partenaire. Et il est temps que les élites de la société investissent dans l’avenir de leur pays. »

Fondé en 2004, le Forum pour l’avenir est une initiative établie entre les pays de la région du Proche-Orient et de l’Afrique du Nord et le groupe des Huit principales économies industrialisées (G8). Il offre l’occasion aux responsables gouvernementaux et aux dirigeants de la société civile et du secteur privé d’envisager les réformes politiques et économiques susceptibles de promouvoir une liberté accrue, la démocratie et la croissance économique dans la région.

Avec une majorité croissante de la population âgée de moins de 30 ans dans la région, « un jeune sur cinq est au chômage », et dans certains endroits, « ce pourcentage est beaucoup plus élevé », a indiqué Mme Clinton.

Rappelant ce qu’il lui a été dit lors de ses entretiens avec des dirigeants et des citoyens ordinaires, Mme Clinton a fait remarquer que la population du Proche-Orient, bien que fière des accomplissements de la région, s’inquiéte de l’avenir.

« Alors que certains pays ont fait de grandes avancées au niveau de la gouvernance, les citoyens de nombreux autres sont fatigués des institutions corrompues et de l’ordre politique stagnant. Ils demandent des réformes pour que leurs gouvernements deviennent plus efficaces, plus réceptifs et plus ouverts. Et tout cela se passe avec en toile de fond l’épuisement des ressources : les nappes aquifères diminuent, les réserves pétrolières s’assèchent et trop peu de pays ont adopté des plans à long terme pour résoudre ces problèmes », a dit Mme Clinton.

La région a besoin « d’une fondation plus solide », a-t-elle indiqué. « Je suis convaincue que les dirigeants de la région, en partenariat avec leurs populations, ont les capacités nécessaires pour construire une fondation plus ferme », en prenant en exemple les modèles positifs d’initiatives déjà en vigueur au Proche-Orient pour créer des emplois, améliorer l’éducation, engager des réformes politiques et promouvoir un respect accru de la diversité.

La secrétaire d’État a fait l’éloge des innovations, des programmes économiques et éducationnels entrepris au niveau local et des projets de développement qu’elle a observés au cours de sa tournée de la région où elle s’est déjà rendue aux Émirats arabes unis, au Yémen et à Oman avant d’arriver au Qatar.

« Je suis ici pour promettre l’appui de mon pays à ceux qui se dressent pour résoudre les problèmes auxquels nous nous heurtons tous », a déclaré Mme Clinton. Les États-Unis veulent forger des partenariats plus solides avec ceux qui œuvrent en faveur de la stabilité durable et du progrès, sachant que « ce qui se passe ici a des répercussions bien au-delà de la région ».

Ceux qui s’opposent aux réformes ou s’accrochent au statu quo peuvent peut-être temporairement « empêcher l’effet des problèmes de leurs pays de se faire entièrement sentir ». Mais Mme Clinton a averti que si les dirigeants n’offraient pas des possibilités réelles à la jeunesse et ne présentaient pas de vision positive, des individus tels que les extrémistes violents et d’autres « qui tirent profit du désespoir et de la pauvreté », viendraient « remplir le vide ».

La génération montante de la jeunesse proche-orientale « a le potentiel de réaliser tant de choses » et « nous devons lui donner la chance de le faire », a dit la secrétaire d’État.

« Ce dont nous avons besoin est une vision réelle de cet avenir, et elle doit venir de chacun d’entre vous, des gouvernements qui doivent s’acquitter de leurs promesses, de la société civile et des dirigeants des milieux d’affaires qui doivent dynamiser le peuple, et bien sûr de la population elle-même », a affirmé Mme Clinton.

(Les articles du site «America.Gov» sont diffusés par le Bureau des programmes d’information internationale du département d’Etat. Site Internet : http://www.america.gov/fr/)


Tunisie: Attention, une révolution peut en cacher une autre (Why are the world’s jihadists hailing the Tunisian intifada while Tripoli and Algiers go on red alert?)

20 janvier, 2011
La liberté religieuse est un luxe. Ne l’oublions pas. Portes ouvertes
L’intifada tunisienne a réussi à faire tomber la dictature. Rached Ghannouchi
There are numerous indications that there were other sources of dissatisfaction in Tunisia with Ben Ali — including the relatively secular character of the government. Pro-Sharia Islamic supremacist forces are poised to take advantage.(…) The great unacknowledged truth about Tunisia and the rest of the Islamic world is that Islamic jihadists and pro-Sharia forces, far from being the « tiny minority of extremists » of media myth, actually enjoy broad popular support. Any genuine democratic uprising is likely to install them in power. That’s why jihadists are hailing events in Tunisia, and why all lovers of freedom should view those events with extreme reserve — for a Sharia government in Tunisia is unlikely to be any kind of friend to the United States, and if the « Jasmine Revolution » does indeed spread and other Arab and Muslim dictators are toppled, an already hostile anti-American environment could become much, much worse. The events in Tunisia also show yet again the crying need for realistic analysis in Washington of the jihad threat, rather than the fantasy-based analysis that prevails there now. But that is even less likely than the flowering of a pluralistic, secular democracy in Tunisia. Robert Spencer
La Tunisie passe de la 43ème à la 37ème position sur l’Index mondial de persécution. Cette remontée dans le classement s’explique par deux raisons principales. D’une part, la situation des chrétiens s’est vraiment détériorée au cours de l’année dernière. D’autre part, nous avons davantage d’informations quant aux persécutions que subissent les chrétiens tunisiens. L’attitude du gouvernement à l’égard des chrétiens s’est durcie. Les chrétiens étrangers font souvent l’objet d’inspections et ils pensent que leur téléphone est placé sur écoute. Les pasteurs des églises destinées aux chrétiens expatriés sont étroitement surveillés. L’importation de littérature chrétienne, notamment en arabe, est systématiquement entravée par des tracasseries administratives. On refuse aux églises tunisiennes toute reconnaissance officielle et si l’on apprend qu’un musulman s’est converti au christianisme, celui-ci est interrogé et passé à tabac. Certains chrétiens ont été condamnés à des peines de prison, arrêtés, menacés à cause de leur foi. Ils subissent également de fortes pressions pour revenir à l’islam. Certaines maisons de chrétiens ont été cambriolées, les malfaiteurs recherchant des preuves de leur conversion. Même si la Constitution tunisienne garantit la liberté religieuse et s’il n’est pas interdit de se convertir à une autre religion que l’islam, aucun fonctionnaire, à quelque niveau que ce soit, ne fait respecter ce droit. Depuis l’indépendance de la Tunisie en 1956, aucune nouvelle église n’a obtenu l’autorisation officielle de fonctionner. Index mondial de la persécution 2011

Cherchez l’erreur: Washington et Paris qui pavoisent, Tripoli et Alger qui ferment leurs frontières?

A l’heure où, 5 ans après l’Irak (merci qui ?), l’accès à la démocratie d’un peuple arabe est traitée comme une véritable maladie honteuse par nos médias s’inquiétant à qui mieux mieux de ses « risques de contagion » à travers le Moyen-Orient …

Pendant qu’avec la ferveur des nouveaux convertis et contre les mises en garde libyennes et algériennes (ou palestiniennes), la Patrie auto-proclamée des droits de l’homme se joint au concert de louanges occidental au moment même où les jihadistes du monde entier se frottent les mains à la perspective du retour d’exil du chef des islamistes tunisiens (17% aux législatives, 30 000 militants arrêtés dans les années 90)…

Et que dans le berceau même du judéo-christianisme la poursuite de l’épuration religieuse passe à présent (avec l’assistance de l’UNESCO, s’il vous plait !) par la conversion en mosquées ou en musées des derniers vestiges juifs ou chrétiens …

Remise des pendules à l’heure avec la publication du dernier Index mondial de persécution sur le site de l’ONG chrétienne Portes ouvertes.

Qui, contre l’euphorie ambiante, rappelle que la liberté religieuse est bien, en Tunisie déjà sous Ben Ali et comme ailleurs, un véritable luxe dans une bonne partie du monde …

Index Mondial de Persécution 2011

Les 50 pays où la foi chrétienne coûte le plus …

 

Chaque année, Portes Ouvertes publie l’Index mondial de persécution, un classement des 50 pays où les chrétiens sont le plus persécutés. Cet outil nous permet de faire une photographie de l’état de la persécution et nous donne des informations sur les actions à mener dans l’avenir. 

Ce qu’il faut retenir

La persécution des chrétiens augmente en Irak et baisse en Chine

Dégradations en Irak

En 2010, la situation des chrétiens s’est particulièrement dégradée dans plusieurs pays, comme en Irak, au Pakistan, au Maroc et en Russie.

L’Irak est le pays qui a le plus grimpé dans le classement de cette année : il est passé de la 17ème à la 8ème position. En effet, de très nombreux cas de violences à l’égard de chrétiens ont été enregistrés l’année dernière, faisant un grand nombre de morts et de blessés.

On a enregistré plusieurs assassinats de chrétiens dans le pays, faisant au total 90 morts.

On estime qu’en Irak le nombre de chrétiens s’élève à 334 000 soit moitié moins qu’en 1991.

Au Pakistan, entre novembre 2009 et octobre 2010, 29 chrétiens ont été assassinés, 4 ont été condamnés pour blasphème et plus de 21 sont en prison. 58 chrétiens ont été enlevés, plus de 100 ont été physiquement agressés. La condamnation à mort par pendaison de la chrétienne Asia Bibi (de son vrai nom Asia Noreen) pour blasphème en novembre 2010 a attiré l’attention de toute la communauté internationale.

Au Maroc, après avoir été pendant longtemps assez tolérantes sur le plan religieux, les autorités ont commencé à surveiller, menacer et discriminer les groupes de chrétiens.

En 2010, à deux reprises, la police est intervenue alors que des chrétiens s’étaient réunis. Au cours des 6 premiers mois de l’année 2010, plus de 150 expatriés chrétiens ont été expulsés. Les chrétiens marocains quant à eux, subissent des interrogatoires, sont intimidés, arrêtés et maltraités par la police.

La Russie revient dans l’Index mondial de la persécution après 5 ans d’absence. Plusieurs cas de persécutions sérieux ont été enregistrés en 2010. Dix chrétiens ont notamment été arrêtés et trois responsables d’églises ont été tués à cause de leur foi.

Améliorations en Chine

Dans d’autres pays, on constate une amélioration notable, comme en Chine ou au Sri Lanka.

En Chine, certains signes laissent à penser que le gouvernement tolère davantage les chrétiens que par le passé même si des cas de persécutions ont tout de même été enregistrés. Si les chrétiens n’organisent pas de manifestations publiques de grande ampleur ou si aucun incident sensible les concernant ne se produit, le gouvernement ne s’en prend plus systématiquement à eux comme auparavant.

Au Sri Lanka, beaucoup moins de faits de persécutions ont été enregistrés en 2010. Aucun chrétien n’a été tué, condamné ou emprisonné pour sa foi. Il semble également que la pression exercée par le clergé bouddhiste local et les villageois sur les chrétiens ait diminué.

Comment est élaboré l’Index mondial de persécution de Portes Ouvertes ?

Nous envoyons un questionnaire aux équipes de Portes Ouvertes basées sur le terrain ainsi qu’à des experts étrangers à notre organisation.

Nous complétons leurs données avec nos sources propres afin de saisir pleinement les informations

transmises par ces questionnaires.

Nous comparons les informations qui proviennent de différentes sources à celles que nous recevons via les questionnaires.

Nous élaborons un document standard par pays dans lequel nous mentionnons les informations propres à chaque nation concernant tous les points du questionnaire.

Enfin, l’équipe de Portes Ouvertes se réunit en interne pour s’assurer que, pour chaque question et pour chaque pays, tous les intervenants utilisent bien les mêmes normes et les mêmes qualificatifs.

Les 10 pays où la persécution est la plus forte

1. La Corée du Nord

Toute la population souffre en Corée du Nord, mais les chrétiens encore plus que les autres. Le régime de la Corée du Nord est fondé sur l’idéologie du Juche et le culte du « Grand Leader». Pour le gouvernement, les chrétiens ne devraient même pas exister !

Les chrétiens sont continuellement en danger, ils risquent leur vie tous les jours. En 2010, des centaines de chrétiens ont été arrêtés. Certains ont été tués, d’autres ont été envoyés dans des camps pour prisonniers politiques.

En mai 2010, par exemple, dans la province de Pyongsung, 23 chrétiens avaient secrètement formé une petite église. La police est intervenue pendant une de leurs réunions. Trois d’entre eux ont été immédiatement condamnés à mort. Les 20 autres ont été envoyés en camps de travaux forcés.

La manière dont les chrétiens seront traités à l’avenir dépend beaucoup des changements qui sont en train de s’opérer sur le plan politique.

En septembre 2010, Kim Jong Un, le troisième fils du dirigeant actuel Kim Jong Il, a officiellement été nommé général et élevé au poste de vice-président de la commission militaire centrale du parti (unique) de Corée du Nord. Cela confirme l’intention de Kim Jong Il d’en faire son successeur. La situation s’améliorerat-elle pour les chrétiens une fois que Kim Jong Un aura pris les rênes du pouvoir ? Le peu d’informations dont nous disposons sur cet homme ne nous permet pas d’envisager une amélioration de leurs conditions de vie. Mais nous savons que malgré les persécutions dont ils font l’objet, le nombre de chrétiens augmente lentement.

Plus d’infos sur le pays :

En 2010, la situation s’est aussi dégradée pour l’ensemble des Nord-coréens :

D’après des sources non officielles, à la suite de réformes monétaires, 2 personnes sur 10 ont dû vendre leur logement pour acheter de quoi se nourrir. De nombreux Nord-coréens dorment dans la rue, dans le métro, les gares ou dans des abris de fortune. En plus des difficultés liées à la crise économique, la Corée du Nord a été touchée par des catastrophes naturelles. Des dizaines de personnes ont péri.

2. L’Iran

Des vagues d’arrestations de chrétiens n’ont cessé d’avoir lieu, particulièrement en décembre 2009 et pendant les trois premiers mois de l’année 2010. Les chrétiens iraniens sont persécutés par :

La police secrète. Même dans les églises officielles, les cultes sont surveillés de près par la police secrète. Les chrétiens qui sont actifs au sein de ces communautés ou dans les églises de maison, subissent des pressions. Ils sont arrêtés, interrogés, mis en prison et battus.

Au cours des six premiers mois de l’année 2010 des centaines de bibles ont été saisies et brûlées par les forces de sécurité. Cela faisait longtemps que des mesures aussi radicales n’avaient été entreprises pour empêcher la circulation de bibles.

Le gouvernement iranien. Fragilisé par les manifestations antigouvernementales qui ont eu lieu entre novembre 2009 et octobre 2010, le gouvernement essaie de détourner l’attention de la population en s’en prenant aux chrétiens. Plusieurs centaines de chrétiens ont ainsi été arrêtés. Beaucoup d’entre eux ont été relâchés sous caution, mais la police continue de les surveiller et ils risquent à tout moment de devoir à nouveau comparaître devant un tribunal.

La société. Les chrétiens subissent également une pression énorme de la part de la société, elle-même conditionnée par les autorités.

Leur propre famille. Au cours du dernier trimestre 2010 un chrétien est mort de ses blessures après avoir été passé à tabac par un membre de sa famille qui avait appris sa conversion au christianisme.

Les islamistes. Les chrétiens risquent également d’être la proie des islamistes, surtout s’ils sont accusés d’avoir parlé de leur foi à un musulman.

Cependant, l’église locale continue de grandir et en comptant les églises assyriennes et arméniennes, on arrive à un total de 45 000 chrétiens en Iran.

Plus d’infos sur le pays :

En Iran, les chrétiens assyriens et arméniens sont reconnus comme minorités religieuses et bénéficient d’une certaine liberté religieuse, comme le droit d’enseigner et de prêcher dans leur propre langue, mais ils n’ont pas le droit de parler de l’Evangile avec un Iranien de langue farsi (persane), ni avec un musulman.

En 2010, nous avons constaté que certains membres de ces minorités se sont retrouvés emprisonnés, ont été maltraités physiquement, harcelés et discriminés à cause de leur foi.

L’islam est la religion officielle de l’Iran et toutes les lois et réglementations adoptées doivent être en accord avec l’interprétation officielle de la charia (loi islamique). Selon la charia, si un musulman quitte l’islam pour embrasser une autre religion il est passible de la peine de mort.

3. L’Afghanistan

L’Afghanistan compte une population de 28 millions d’habitants dont très peu de chrétiens. Pour ces derniers, la situation s’est beaucoup détériorée au cours de l’année dernière.

Les chrétiens afghans sont très mal vus par la société et la législation est assez floue quant à leurs droits religieux. En 2010, beaucoup ont été arrêtés et traduits en justice et en août, des humanitaires chrétiens ont été tués par les talibans.

Les chrétiens d’origine musulmane sont de plus en plus persécutés par le gouvernement. En 2010, beaucoup ont été intimidés et menacés.

En mai et juin 2010, la chaine de télévision Noorin TV a diffusé en boucle des images de chrétiens d’origine musulmane en train de se faire baptiser. Des organisations caritatives chrétiennes ont été accusées de faire de l’évangélisation.

A la suite du reportage, le secrétaire de la chambre basse du parlement afghan a convoqué une session extraordinaire lors de laquelle il a appelé à exterminer tous les chrétiens d’origine musulmane. Des centaines de manifestants sont descendus dans les rues à Kaboul et dans d’autres villes du pays, scandant des menaces de mort à l’égard des chrétiens d’origine musulmane et demandant l’expulsion des organisations humanitaires chrétiennes pour leur soi-disant influence religieuse. Menacés de mort, des dizaines de chrétiens afghans ont dû déménager, changer de ville. Certains ont dû quitter le pays.

Pour la première fois dans l’histoire du pays, des questions sur les chrétiens d’origine musulmane (un Afghan peut-il être chrétien ? Si oui, quels sont ses droits ?…) font l’objet de débats dans le domaine

public.

4. L’Arabie Saoudite

Cette année, le pays est passé de la 3ème place à la 4ème dans l’Index Mondial de Persécution. Cela ne signifie malheureusement pas que la situation des chrétiens s’est améliorée dans le pays. Si l’Arabie Saoudite s’est fait devancer par l’Afghanistan, c’est parce que la situation des chrétiens en Afghanistan s’est détériorée.

Au cours de l’année passée, des chrétiens ont été physiquement maltraités à cause de leur foi, ce qui n’avait pas été le cas en 2009. Nous n’avons reçu que quelques témoignages à ce sujet, car il est difficile d’obtenir des informations de la part d’un pays aussi fermé que le royaume wahhabite, mais nous pensons que beaucoup de chrétiens ont été maltraités.

Par exemple, le 1er octobre 2010, 12 chrétiens philippins et un prêtre ont été arrêtés alors qu’ils participaient à un culte chez un particulier. Ils ont été accusés de prosélytisme et ont été libérés temporairement (l’un d’entre eux sous caution). Un bon nombre de chrétiens ont également fui le pays, leur vie ayant été directement menacée en raison de leur foi.

Plus d’infos sur le pays :

La plupart des chrétiens en Arabie Saoudite sont des expatriés qui ne séjournent et ne travaillent dans le pays que temporairement. La majorité d’entre eux viennent des Philippines. Ces travailleurs immigrés, qui sont souvent exploités et sous-payés, sont en plus victimes de violences verbales et physiques à cause de leur foi chrétienne.

Il existe aussi des chrétiens d’origine musulmane mais ils vivent leur foi dans le plus grand secret. Ils risquent d’être assassinés par leur famille ou un membre de leur entourage s’ils sont découverts.

Il n’y a pas de liberté religieuse dans ce bastion de l’islam où les citoyens n’ont le droit de pratiquer qu’une seule religion. Dans aucun texte légal, il n’est fait mention de liberté religieuse et celle-ci n’existe pas en pratique non plus. Le système judiciaire est basé sur la charia (loi islamique) et l’apostasie (le fait de changer de religion) est passible de la peine de mort si l’accusé ne se rétracte pas. Le gouvernement reconnaît aux non-musulmans le droit de se réunir et de pratiquer leur religion en privé mais la mutawa, la police religieuse, ne respecte pas cette liberté. C’est elle, par exemple qui est responsable de l’arrestation des 13 chrétiens philippins en octobre 2010.

En Arabie Saoudite les non-musulmans n’ont pas le droit de pratiquer leur religion en public. Ceux qui s’y risquent peuvent être arrêtés, emprisonnés, flagellés, déportés et quelquefois torturés.

5. La Somalie

La situation des chrétiens somaliens s’est dégradée en 2010. Huit chrétiens sont morts en martyrs et un quart de la communauté chrétienne a fui le pays.

Les islamistes d’Al-Chabaab, qui contrôlent 90% du sud de la Somalie, ne cachent pas leur objectif de débarrasser le pays de sa communauté chrétienne.

Plus d’infos sur le pays :

La Somalie, qui est en état de guerre civile depuis 1991, est divisée entre le Somaliland au nord-ouest, qui s’est auto-proclamé indépendant, le Puntland, province autonome du nord-est et le sud du pays qui a pour capitale Mogadiscio.

Le Somaliland et le Puntland sont plutôt stables, ce qui n’est pas le cas du sud de la Somalie où la milice islamiste Al-Chabaab et le groupe Hizbul-Islam luttent contre le gouvernement national de transition, replié dans la capitale. Ce gouvernement a pour allié le groupe al Ahlu Sunnah Jama’a, et est également soutenu par 6000 soldats de l’Union Africaine.

Al-Chabaab impose aux territoires qu’il contrôle une interprétation très stricte de la charia. L’année dernière, cette milice s’est véritablement radicalisée sous l’influence d’Al-Qaïda, perdant du même coup une partie de sa popularité au sein de la population.

6. Les Maldives

En 2010, aucun chrétien d’origine musulmane n’a été tué pour apostasie mais il y a eu plusieurs cas de chrétiens étrangers arrêtés puis expulsés après que l’on ait découvert de la littérature chrétienne dans leurs bagages.

L’islam est la religion officielle de l’archipel des Maldives, et tous les citoyens doivent obligatoirement être musulmans.

Plus d’infos sur le pays :

Dans ce pays le christianisme est quasiment absent. Les chrétiens ne sont qu’une poignée. Ils vivent leur foi individuellement et dans le secret le plus absolu, de peur d’être découverts. La persécution des chrétiens locaux est systématique, car la loi interdit la pratique de toute autre religion que l’islam.

Les églises sont interdites. Il est également défendu d’importer de la littérature chrétienne, les non-musulmans sont systématiquement discriminés.

7. Le Yémen

Le Yémen se maintient à la septième position par rapport à l’année précédente. De novembre 2009 à octobre 2010, (période prise en compte pour l’Index 2011), nous n’avons pas entendu parler de chrétiens tués pour leur foi, alors que cela avait été le cas en 2009. Plusieurs chrétiens expatriés, qui travaillaient dans le pays depuis longtemps, ont été expulsés sans aucune raison.

Plus d’infos sur le pays :

On estime qu’il y a plusieurs milliers de chrétiens répartis dans tout le pays. La plupart d’entre eux sont des expatriés : occidentaux, ressortissants d’Asie du Sud et d’Asie orientale ou encore arabes. Il y a également de nombreux réfugiés éthiopiens. Tant qu’ils restent très discrets, le gouvernement laisse les expatriés pratiquer leur religion, mais les citoyens yéménites n’ont pas le droit d’adhérer à une autre religion que l’islam. Les chrétiens d’origine musulmane, qui sont très peu nombreux, encourent la peine de mort si l’on découvre qu’ils se sont convertis. Ils sont aussi la cible de groupes islamistes qui menacent de mort les « apostats» s’ils ne retournent pas à l’islam.

Selon la Constitution Yéménite, l’islam est la religion d’Etat et toute la législation du pays est basée sur la charia. Il est interdit de parler de la foi chrétienne à des citoyens musulmans. Il existe quelques églises à Aden, mais aucun bâtiment chrétien n’est autorisé dans le nord du pays.

8. L’Irak

L’Irak a effectué une grande montée dans le classement, passant de la 17ème place en 2010 à la 8ème place en 2011 dans la liste des 50 pays où les chrétiens sont le plus persécutés dans le monde.

De novembre 2009 à octobre 2010, on a enregistré plusieurs assassinats de chrétiens, entre autres à Mossoul, Bagdad et Kirkuk. En tout plus de 90 chrétiens ont ainsi trouvé la mort.

On nous a également signalé un grand nombre d’enlèvements de chrétiens et de nombreuses attaques visant précisément des chrétiens qui ont fait de nombreux morts et blessés en 2010.

En décembre 2009 : Plusieurs églises ont été la cible d’attentats à la bombe, ce qui a poussé la moitié de la communauté chrétienne de Mossoul à quitter la ville.

De janvier à mars 2010 : Le nombre d’attaques à l’encontre de chrétiens a augmenté pendant les élections législatives, la violence ayant commencé juste avant le premier tour prévu en janvier 2010 et ont duré jusque début mars, date à laquelle les élections ont effectivement eu lieu.

En mai 2010 : Un bus plein d’étudiants chrétiens a été la cible d’un attentat à la bombe. Dans l’attaque du bus, 3 étudiants chrétiens ont trouvé la mort et 180 ont été blessés. Beaucoup d’entre eux gardent de terribles cicatrices et d’autres sont handicapés à vie.

Le 31 octobre 2010 : A Bagdad, une église catholique syriaque a été victime d’une prise d’otages sanglante qui a été qualifiée « d’attaque la plus sanglante depuis 2003, année où les islamistes ont commencé à s’en prendre aux chrétiens locaux. ». 53 chrétiens sont décédés dans l’attaque et une soixantaine ont été blessés.

Plus d’infos sur le pays :

On estime qu’en Irak le nombre de chrétiens s’élève à 334 000, soit moitié moins qu’en 2003. La plupart sont issus des dénominations traditionnelles tels les arméniens, les assyriens, les chaldéens et les catholiques. On compte aussi plusieurs milliers de protestants évangéliques. Depuis la chute de Saddam Hussein, leur situation s’est considérablement détériorée pour eux. Ils sont pris pour cible pour différentes raisons : religion, situation politique, position sociale ou financière.

Ils souffrent aussi du sentiment antioccidental qui règne dans le pays et sont souvent considérés comme des traîtres. D’ailleurs, depuis le départ progressif des forces militaires d’occupation occidentales, les chrétiens sont moins protégés et les islamistes en profitent pour les chasser du pays en les persécutant.

Ce climat de violence a poussé au départ de centaines de milliers d’Irakiens, qu’ils soient musulmans ou chrétiens. A l’intérieur même du pays, beaucoup de familles ont dû quitter leur ville ou village pour le Kurdistan (Nord de l’Irak).

9. L’Ouzbékistan

L’Ouzbékistan se retrouve de nouveau cette année parmi les 10 pays où la persécution est la plus forte. La pression exercée sur les chrétiens s’est accentuée en 2010.

Par le passé, quand les chrétiens étaient arrêtés ils s’en sortaient avec une amende, aujourd’hui ils sont souvent condamnés à des peines de prison allant de 3 à 15 jours.

Le gouvernement ne délivre plus d’autorisation pour ouvrir de nouvelles églises. Certaines ont même perdu leur autorisation et d’autres se sont vu confisquer leur bâtiment.

Plus d’infos sur le pays :

Souvent les chrétiens protestants sont vus comme une force déstabilisante dans la société et ils sont attaqués de tous côtés. Ils sont persécutés par le gouvernement : arrestations, amendes, peines de prison. Ils sont également persécutés par la société : perte d’emploi, accès refusé à un certain nombre de services, sans compter la pression qu’exerce sur eux le clergé islamique. Ils ne sont pas soutenus par leur famille, qui bien souvent les passe à tabac, les rejette, les humilie et les chasse de la maison familiale. De plus ils sont souvent critiqués dans les médias et mal vus par les autorités locales et par les magistrats, ce qui rend leur situation encore plus délicate.

10. Le Laos

Le Laos est le second pays communiste, avec la Corée du Nord, à figurer parmi les dix pays où la persécution antichrétienne est la plus forte. Au cours de l’année 2010 (de novembre 2009 à octobre 2010), il n’y a pas eu d’amélioration de la liberté religieuse. Plus de 25 chrétiens ont été tués, plus de 20 autres ont été arrêtés et détenus sans jugement. Régulièrement, les chrétiens sont physiquement maltraités et un grand nombre d’églises ont été vandalisées ou détruites.

Plus d’infos sur le pays :

Les chrétiens laotiens, estimés à 200 000 dont une grande partie est issue de minorités ethniques, sont peu nombreux. Ils ne peuvent pas organiser d’activité d’église en public.

La loi laotienne discrimine les chrétiens, le gouvernement a une attitude très négative à leur endroit. Tous les chrétiens sont étroitement surveillés car ils sont suspectés d’être des agents à la solde des Etats-Unis, chargés d’amener le Laos vers davantage de « démocratie ». Les Laotiens qui se convertissent et renoncent au culte des esprits sont soumis à de fortes pressions par la société. Quand des chrétiens sont arrêtés, ils sont souvent torturés physiquement et moralement pour qu’ils renoncent à leur foi. Des milliers de chrétiens Hmong ont fui le pays pour s’installer en Thaïlande. Malgré les persécutions, les chrétiens multiplient les rencontres clandestines et il semblerait qu’ils soient de plus en plus nombreux.

Les pays qui sont montés dans le classement

La situation des chrétiens s’est détériorée en Afghanistan, en Irak, au Pakistan, au Vietnam, en Algérie, au Nigéria (nord), au Koweït, en Turquie, au Maroc, en Tunisie, en Syrie et au Kirghizistan.

L’Afghanistan (Position 3)

Le pays est passé de la 6ème à la 3ème position sur l’Index mondial des persécutions antichrétiennes.

En 2010, de nombreux chrétiens ont été arrêtés et traduits en justice et en août, des humanitaires chrétiens ont été tués par les talibans. Les chrétiens d’origine musulmane sont de plus en plus persécutés par le gouvernement. En 2010, beaucoup ont été intimidés et menacés.

En mai et juin 2010, la chaine de télévision Noorin TV a diffusé en boucle des images de chrétiens d’origine musulmane en train de se faire baptiser. Des organisations caritatives chrétiennes ont été accusées de faire de l’évangélisation.

A la suite du reportage, le secrétaire de la chambre basse du parlement afghan a convoqué une session extraordinaire lors de laquelle il a appelé à exterminer tous les chrétiens d’origine musulmane. Des centaines de manifestants sont descendus dans les rues de Kaboul et dans d’autres villes du pays, scandant des menaces de mort à l’égard des chrétiens d’origine musulmane et demandant l’expulsion des organisations humanitaires chrétiennes pour leur soi-disant influence religieuse. Menacés de mort, des dizaines de chrétiens afghans ont dû déménager, changer de ville. Certains ont dû quitter le pays.

Pour la première fois dans l’histoire du pays, des questions sur les chrétiens d’origine musulmane (un Afghan peut-il être chrétien ? Si oui, quels sont ses droits ?…) font l’objet de débats dans le domaine public.

L’Irak (Position 8)

Le pays est passé de la 17ème à la 8ème place du classement des pays où les chrétiens sont le plus persécutés. De novembre 2009 à octobre 2010, on a enregistré plusieurs assassinats de chrétiens, entre autres à Mossoul, Bagdad et Kirkuk. Au total, plus de 90 chrétiens ont ainsi trouvé la mort.

On nous a également signalé un grand nombre d’enlèvements de croyants et de nombreuses agressions visant précisément des chrétiens, violences qui ont fait de nombreux morts et blessés en 2010.

En décembre 2009 : Plusieurs églises ont été la cible d’attentats à la bombe, ce qui a poussé la moitié de la communauté chrétienne de Mossoul à quitter la ville.

De janvier à mars 2010 : Le nombre des attaques à l’encontre de chrétiens a augmenté pendant les élections législatives, la violence ayant commencé juste avant le premier tour (prévu en janvier 2010) a duré jusqu’à début mars, date à laquelle les élections ont finalement eu lieu.

En mai 2010 : Un bus rempli de jeunes chrétiens a été la cible d’un attentat à la bombe. Dans l’attaque du bus, 3 étudiants ont trouvé la mort et 180 ont été blessés. Beaucoup d’entre eux gardent de terribles cicatrices et d’autres sont handicapés à vie.

A la fin du mois d’octobre 2010 : A Bagdad, une église catholique syriaque a été la cible d’une prise d’otages sanglante qui a été qualifiée « d’attaque la plus sanglante depuis 2003, année où les islamistes ont commencé à s’en prendre aux chrétiens locaux. ». 58 chrétiens sont décédés dans l’attaque et une soixantaine ont été blessés.

Le Pakistan (Position 11)

Le pays devient de plus en plus dangereux pour les chrétiens, passant de la 14ème à la 11ème position dans l’Index.

Entre novembre 2009 et octobre 2010, 29 chrétiens ont été assassinés, 4 ont été condamnés pour blasphème, et plus de 21 ont été mis en prison. 58 chrétiens ont été enlevés, plus de 100 ont été physiquement maltraités et nous avons enregistré 14 cas de vandalisme sur des églises ou des maisons appartenant à des chrétiens.

Les partisans d’un islam dur ont multiplié les attaques envers les chrétiens, sachant qu’ils ne seront pas inquiétés par la police.

Pendant les inondations qui ont frappé le pays durant l’été 2010, les chrétiens ont été honteusement discriminés dans la distribution de l’aide humanitaire aux victimes.

La Constitution, le système judiciaire et l’Etat semblent échouer à défendre les droits des minorités au Pakistan.

Le Vietnam (Position 18)

La situation des chrétiens au Vietnam s’est légèrement détériorée. En 2011, le pays passe de la 21ème à la 18ème position sur l’Index mondial de persécution.

Le 26 janvier 2010, un chrétien vietnamien a été enlevé par deux agents des forces de sécurité sans qu’aucune raison ne soit donnée. Les chrétiens subissent également des pressions de la part de leur famille, des autres villageois, du clergé bouddhiste et des chamanes, surtout quand ils décident de quitter leur ancienne religion pour le christianisme.

L’Algérie (Position 22)

La situation des chrétiens s’est dégradée en Algérie. Le pays passe de la 25ème à la 22ème position.

En 2009, aucun fait grave de persécution antichrétienne n’avait été signalé, mais l’année dernière, un chrétien a été condamné à une peine de prison avec sursis pour prosélytisme et 11 autres chrétiens ont été arrêtés car ils ne respectaient pas le jeûne du ramadan.

En outre, les dix procès intentés en 2008 contre des chrétiens sont toujours en cours. A Tizi Ouzou, en Kabylie, une paroisse protestante a été à deux reprises attaquée par la foule. Ses membres ont été menacés et le pasteur a été physiquement agressé avant de recevoir des menaces de mort.

L’église protestante de Larbaa Nath, qui se réunissait dans un appartement en location, faute d’avoir accès à un lieu de culte, a été accusée d’exercer une activité religieuse illégale et condamnée selon l’ordonnance 06-03 de 2006. Son pasteur ainsi que 3 responsables ont été arrêtés.

Ailleurs dans le pays, des chrétiens ont été battus, menacés, condamnés à payer des amendes ou discriminés à cause de leur foi. Même si le gouvernement insiste sur le fait qu’il a toujours été tolérant en matière de religion, l’Eglise Protestante d’Algérie n’est toujours pas officiellement reconnue. L’influence d’Al-Qaïda au Maghreb Islamique faiblit mais le poids des salafistes augmente. D’après certaines informations, ils surveilleraient étroitement les chrétiens.

Le Nord du Nigéria (Position 23)

Le pays est passé de la 27ème à la 23ème position dans l’Index mondial de persécution.

La situation des chrétiens au Nord du Nigéria s’est fortement détériorée en 2010. Dans l’Etat du Plateau, les émeutes qui ont opposé les musulmans aux chrétiens ont causé la mort de 2000 chrétiens. De plus, 2000 chrétiens ont perdu leur logement et 4000 ont été obligés de fuir la région. Du côté musulman, les émeutes ont fait 500 victimes.

Dans d’autres Etats comme celui de Kano, de Katsina ou de Zamfara, des églises ont été détruites, des chrétiens emprisonnés et une centaine d’enfants ont été enlevés. Les garçons sont enlevés à leurs parents chrétiens pour qu’ils soient élevés dans la foi musulmane. Les filles de familles chrétiennes sont kidnappées en vue de les marier à des musulmans et de les obliger à adopter l’islam.

Plus d’infos sur le pays :

Au Nigéria et dans l’Etat du Plateau en particulier, la persécution est un phénomène complexe aux dimensions historique, politique et économique non négligeables. D’après l’interprétation de l’islam en vigueur au Nigéria, les non-musulmans sont inférieurs aux musulmans. Ainsi les tribus musulmanes Hausa et Fulani considèrent comme des citoyens de seconde zone tous les non-musulmans qui se trouvaient sur les territoires qu’ils ont conquis pendant la guerre sainte (jihad) qu’ils ont menée au 19ème siècle. Par cette guerre, le califat de Sokoto voulait obtenir un maximum d’esclaves pour pouvoir se développer économiquement. Parmi les peuples conquis il y avait beaucoup de chrétiens, convertis grâce à la présence de missionnaires dans la région.

Pendant la colonisation britannique aux 19ème et 20ème siècles, l’esclavage a été aboli mais les britanniques ont utilisé les structures de gouvernement mises en place par les musulmans pour gouverner ce qui était à l’époque le protectorat du Nigéria du Nord (en fait, ils ont juste fait signer des traités d’allégeance aux tribus musulmanes locales). Ces structures de gouvernement se sont plus ou moins maintenues jusque dans les années 1990.

La guerre civile, qui a duré de 1967 à 1970 et qui a abouti à la création de 36 Etats, a ébranlé le pouvoir des musulmans dans le Nord du Nigéria. En conséquence, pour protéger leur identité et leur mainmise sur la région, les musulmans ont décidé, depuis 1999 d’instaurer petit à petit la charia dans les 19 Etats du Nord du pays. C’est déjà le cas dans 12 Etats. Dans les 7 Etats restants, ce sont les chrétiens qui sont majoritaires. C’est le cas dans l’Etat du Plateau, où de fréquents heurts entre chrétiens et musulmans ont lieu. Les musulmans, sous prétexte de protéger leurs intérêts locaux, cherchent, en fait, à faire avancer leur conquête des Etats du Nord. Les chrétiens sont accusés d’avoir recours à la violence contre les musulmans. Pour s’en défendre, les chrétiens rappellent que lors des 7 crises qui ont secoué l’Etat depuis 1994, ce sont les musulmans qui ont été à l’origine des atrocités et qu’eux n’ont fait que se défendre. L’Etat du Plateau n’est pas le seul à être le théâtre de conflits motivés par le pouvoir et la défense des privilèges, car le pays est composé de nombreuses ethnies.

Le Koweït (Position 28)

Le pays passe de la 31ème à la 28ème position sur l’Index mondial de persécution.

La situation au Koweït s’est également détériorée. Nous avons enregistré le cas d’un chrétien d’origine musulmane qui a fui le pays à cause de sa foi et d’un autre arrêté sur de fausses accusations. Nous avons reçu davantage d’informations sur la situation dans les écoles. Le gouvernement impose que l’islam soit enseigné dans les écoles, qu’elles soient publiques ou privées. En revanche, enseigner le christianisme est interdit et ce, même pour les personnes officiellement reconnues comme étant chrétiennes.

La Turquie (Position 30)

Le pays passe de la 35ème à la 30ème position sur l’Index mondial de persécution.

L’année dernière, des chrétiens ont été arrêtés et physiquement maltraités. Deux hommes ont été condamnés à 7 mois de prison pour avoir recueilli les noms de personnes intéressées par le christianisme. S’ils voulaient éviter la prison, il leur fallait s’acquitter d’une amende de 2500 euros.

Plus d’infos sur le pays :

Bien que la Turquie soit officiellement un Etat laïque, certaines lois discriminantes envers les chrétiens sont appliquées. La Turquie ne reconnaît officiellement qu’un petit nombre de groupes religieux et persécute les autres.

Quatre minorités religieuses seulement sont reconnues en Turquie: l’Ecole de pensée Hanafi de l’islam sunnite, l’Eglise orthodoxe grecque, l’Eglise apostolique arménienne et le judaïsme.

Les orthodoxes syriens ne sont pas reconnus comme minorité religieuse mais ils ont la permission d’avoir des églises. Les chrétiens protestants ne peuvent se réunir que s’ils ont reçu officiellement le statut d’association. Dans certaines régions, on recommande aux chrétiens de ne pas se réunir chez des particuliers, de peur de représailles de la part des islamistes. Il y a encore de nombreux problèmes, notamment en ce qui concerne les biens détenus par les églises et l’image déplorable que les médias donnent des chrétiens.

Le Maroc (Position 31)

La situation au Maroc s’est fortement détériorée l’année dernière.

Après avoir été pendant longtemps assez tolérantes sur le plan religieux, les autorités ont commencé à surveiller, menacer et discriminer les groupes de chrétiens. A deux reprises, la police est intervenue alors que des chrétiens s’étaient réunis. Les chrétiens locaux ont été arrêtés et les chrétiens étrangers présents ont été accusés de prosélytisme et chassés du pays. Au cours des 6 premiers mois de l’année 2010, plus de 150 expatriés chrétiens ont été expulsés pour prosélytisme, parmi eux des prêtres catholiques égyptiens et deux femmes mariées à des chrétiens marocains et mères de famille. Les églises de maison ont interrompu leur activité pour ne pas mettre leurs membres en danger. Certains craignent qu’une fois tous les chrétiens étrangers partis, les autorités s’en prennent systématiquement aux églises locales. Une campagne à l’échelle du pays, orchestrée par les islamistes, diffame les chrétiens, les accusant de prosélytisme et de donner de l’argent aux musulmans pour qu’ils se convertissent. 7000 responsables religieux musulmans ont signé un document dans lequel ils accusent les chrétiens de « viol moral » et de « terrorisme religieux ».

Le ministère de la justice a dressé un sombre tableau des chrétiens étrangers. En conséquence, les chrétiens marocains subissent encore davantage de pression de la part de leur famille et de discrimination de la part de la société. Ils subissent des interrogatoires, sont intimidés, arrêtés, maltraités par la police afin de leur soutirer des preuves qui justifieraient l’expulsion des expatriés chrétiens. Les responsables d’églises sont également surveillés par la police et les chrétiens sont soumis à de fortes pressions.

Ce durcissement à l’encontre des chrétiens est directement lié à une véritable remise en question de l’identité religieuse marocaine qui à eu lieu à la suite des attentats perpétrés en 2003 par des kamikazes islamistes. Afin de prévenir tout ce qui pourrait mettre en danger l’islam modéré prôné par l’Etat, les autorités ont décidé de contrôler étroitement tous les groupes religieux. Ainsi, les groupes liés à Al-Qaïda, les salafistes, les chiites mais également les chrétiens évangéliques ont vu leurs activités surveillées de près, limitées, voire même interdites. De plus, le Maroc a été la cible de critiques de la part d’autres pays musulmans qui l’ont qualifié de « Bangkok du monde arabe » en raison du tourisme sexuel qui s’y développe et de la multiplication du nombre de propriétés luxueuses détenues par des occidentaux.

Plus d’infos sur le pays :

La loi marocaine autorise l’expulsion de tout étranger considéré comme « une menace à l’ordre public » et ce, sans jugement. Il existe cependant des exceptions pour les étrangers qui répondent à certains critères de résidence. De même, un étranger peut demander l’annulation de son expulsion dans les 48 heures suivant la réception de l’avis d’expulsion.

Le fait de se convertir à une autre religion de son plein gré n’est pas punissable par la loi marocaine, cependant ceux qui adoptent la foi chrétienne sont traités comme des criminels par la police. Les chrétiens étrangers qui ont été expulsés reconnaissent avoir été témoins de la conversion de certains musulmans, mais ils rejettent l’accusation de prosélytisme (considéré comme une menace à l’ordre public). Ceux qui répondaient aux critères de résidence, qui auraient dû éviter l’expulsion, ont le sentiment que leurs droits ont été violés. Aucun des étrangers expulsés n’a eu le droit de demander l’annulation de son avis d’expulsion devant un tribunal. Les chrétiens du Maroc se préparent à vivre leur foi dans un environnement plus hostile que dans le passé.

La Tunisie (Position 37)

Le pays passe de la 43ème à la 37ème position sur l’Index mondial de persécution.

Cette remontée dans le classement s’explique par deux raisons principales. D’une part, la situation des chrétiens s’est vraiment détériorée au cours de l’année dernière. D’autre part, nous avons davantage d’informations quant aux persécutions que subissent les chrétiens tunisiens. L’attitude du gouvernement à l’égard des chrétiens s’est durcie. Les chrétiens étrangers font souvent l’objet d’inspections et ils pensent que leur téléphone est placé sur écoute. Les pasteurs des églises destinées aux chrétiens expatriés sont étroitement surveillés. L’importation de littérature chrétienne, notamment en arabe, est systématiquement entravée par des tracasseries administratives. On refuse aux églises tunisiennes toute reconnaissance officielle et si l’on apprend qu’un musulman s’est converti au christianisme, celui-ci est interrogé et passé à tabac. Certains chrétiens ont été condamnés à des peines de prison, arrêtés, menacés à cause de leur foi. Ils subissent également de fortes pressions pour revenir à l’islam. Certaines maisons de chrétiens ont été cambriolées, les malfaiteurs recherchant des preuves de leur conversion.

Plus d’infos sur le pays :

Même si la Constitution tunisienne garantit la liberté religieuse et s’ il n’est pas interdit de se convertir à une autre religion que l’islam, aucun fonctionnaire, à quelque niveau que ce soit, ne fait respecter ce droit. Depuis l’indépendance de la Tunisie en 1956, aucune nouvelle église n’a obtenu l’autorisation officielle de fonctionner.

La Syrie (Position 38)

Le pays passe de la 41ème à la 38ème position sur l’Index mondial de persécution.

Pendant longtemps la Syrie a été considérée comme l’un des pays les plus tolérants du Moyen-Orient sur le plan religieux. Les Eglises chrétiennes traditionnelles bénéficiaient d’une grande liberté dans ce pays à régime dictatorial, tant que leurs activités étaient discrètes. Mais quand, en 2010, des églises et des groupes religieux ont commencé à annoncer leur croyance, au moins 6 bâtiments dans lesquels des chrétiens se réunissaient ont été fermés, la plupart pendant le troisième trimestre de 2010. Plusieurs chrétiens ont été arrêtés ou ont subi des interrogatoires à cause de leurs activités. Des chrétiens étrangers qui travaillaient dans des églises protestantes ont dû quitter le pays car leur visa n’a pas été renouvelé. Durant l’été 2010, des conférences et des camps chrétiens ont dû être annulés.

Plus d’infos sur le pays :

La Syrie a accueilli un grand nombre de réfugiés irakiens et parmi eux, des dizaines de milliers de chrétiens. Des centaines d’entre eux sont encore victimes de violences à cause de leur foi. On compte 1 750 000 chrétiens en Syrie la plupart sont membres de l’Eglise orthodoxe, de l’Eglise catholique ou de groupes apostoliques. On estime également à environ 10 000 le nombre de chrétiens de dénomination protestante.

Le Kirghizistan (Position 46)

Le pays passe de la 49ème à la 46ème position dans l’Index mondial de persécution.

La situation dans ce pays n’a guère évolué au cours de l’année dernière. Cependant, les habitants s’opposent davantage aux chrétiens que par le passé, particulièrement dans les villages. En 2009, la loi sur les religions a été amendée et des restrictions assez sévères ont été ajoutées quant à la possession de littérature chrétienne.

Les pays qui sont descendus dans le classement

En Mauritanie, en Chine, aux Comores, en Libye, en Birmanie, en Inde, au Nord Soudan, à Djibouti, à Cuba et au Sri-Lanka, la situation s’est améliorée ou ne s’est pas dégradée.

La Mauritanie (Position 13)

Le pays passe de la 8ème à la 13ème position sur l’Index de persécution 2010.

Pour les chrétiens mauritaniens, la situation s’est améliorée l’année dernière. Il n’y a pas eu d’arrestation en masse, ni de maltraitance physique à grande échelle à l’encontre de chrétiens.

Cependant, dans le nord du pays, une femme de 25 ans a été cruellement battue et brûlée par son père et ses frères quand ils ont découvert sa conversion au christianisme. Elle est décédée à l’hôpital, des suites de ses blessures.

Une vingtaine d’autres chrétiens, certains avec des enfants en bas âge, ont reçu des menaces de mort à cause de leur foi et presque tous ont dû fuir leur maison de peur de subir le même traitement que celui infligé à cette jeune femme.

Plus d’infos sur le pays :

L’influence d’Al-Qaïda au Maghreb Islamique augmente en Mauritanie. Ce groupe est de plus en plus soutenu par la population et en profite pour surveiller étroitement les chrétiens. Le gouvernement mauritanien travaille en collaboration avec la France et l’Algérie afin d’éradiquer les bastions d’Al-Qaïda présents sur son territoire et d’éviter qu’une guerre sainte ne déchire le pays.

La Chine (Position 16)

Le pays passe de la 13ème à la 16ème place sur l’Index mondial de persécution.

Certains signes laissent à penser que le gouvernement tolère davantage les chrétiens que par le passé même si des cas de persécution ont tout de même été enregistrés. Les groupes religieux ont l’autorisation, en tant qu’église, d’être plus actifs dans le domaine social à condition de ne pas compromettre l’harmonie et la stabilité de la société. Fin 2009, certains chrétiens ont fait de longs séjours en prison à cause de leur foi mais ce genre de cas a bien diminué en 2010. De même, par le passé, les maisons de chrétiens et leurs lieux de réunion étaient souvent attaqués, ce qui a été moins fréquent en 2010. La situation n’est cependant pas la même dans toutes les parties de la Chine. Si les chrétiens n’organisent pas de manifestations publiques de grande ampleur ou si aucun incident sensible les concernant ne se produit, le gouvernement ne s’en prend plus systématiquement à eux comme auparavant.

Les Comores (Position 21)

Le pays passe de la 16ème à la 21ème position sur l’Index mondial de persécution.

L’Union des Comores, à majorité musulmane, se divise en 3 îles : la Grande Comore, Anjouan et Moheli. Nous avons remarqué que la surveillance dont les chrétiens font l’objet est plus ou moins étroite dans chacune des 3 îles. Dans certaines îles, les chrétiens ont beaucoup plus de liberté que dans d’autres. Cependant, en mai 2009, un référendum visant à amender la Constitution a établi l’islam comme religion d’Etat. Même si l’attitude du gouvernement et de la société à l’égard des chrétiens n’a pas changé, le statut officiel des non-musulmans a, lui, été modifié par ce vote. Une fois que cet amendement sera appliqué, la situation des chrétiens s’en trouvera affectée d’une manière qui pourrait être négative.

La Libye (Position 25)

Le pays passe de la 22ème à la 25ème place du classement de l’Index mondial de persécution.

Nous avons enregistré moins de persécution l’année dernière, mais les chrétiens libyens vivent leur foi en secret, prisonniers d’une culture de l’autocensure. Chaque Libyen se sait épié par les forces de sécurité et les services de renseignements. En 2010, un chrétien libyen a été arrêté et a subi des pressions pour retourner à l’islam. Un autre a été chassé du pays à cause de sa foi.

Plus d’infos sur le pays :

La Constitution libyenne ne parle pas de liberté religieuse mais la Grande Charte Verte des Droits de l’Homme de Khadafi, elle, la mentionne. Si un musulman se convertit et qu’il est violenté ou arrêté par la police, il n’a aucun moyen légal de faire respecter son droit à la liberté religieuse. La Libye est majoritairement musulmane. La petite communauté chrétienne est essentiellement composée d’expatriés chrétiens originaires d’Afrique sub-Saharienne, d’Egypte et des Philippines. Il y a également des expatriés occidentaux et les quelques chrétiens libyens que l’on trouve dans le pays sont tous d’origine musulmane.

La Birmanie (Position 27)

Le pays passe de la 23ème à la 27ème position au classement sur l’Index de persécution.

Entre novembre 2009 et octobre 2010, nous n’avons enregistré aucun cas de chrétiens emprisonnés ou harcelés pour leur foi, même si la situation générale des chrétiens en Birmanie a peu évolué.

L’Inde (Position 32)

L’Inde passe de la 26ème à la 32ème place du classement sur l’Index mondial de la persécution.

L’année dernière, moins de chrétiens ont été assassinés. On en a comptabilisé 9. Par ailleurs, si dans certains Etats, comme le Karnataka et le Madhya Pradesh, les chrétiens sont pris pour cible par les hindouistes, ils bénéficient de la liberté de religion dans le Nagaland ou le Meghalaya, là où ils sont majoritaires. Un autre facteur explique le fait que la position de l’Inde a baissé dans le classement : la forte dégradation de la situation des chrétiens dans des pays comme le Nigéria, la Turquie et le Maroc, qui sont passés devant l’Inde en terme d’intensité de la persécution antichrétienne en 2010.

Le Nord Soudan (Position 35)

Le Nord Soudan passe de la 30ème à la 35ème position dans le classement de l’Index mondial de persécution. En novembre 2010, l’archevêque catholique de Khartoum, capitale du Nord Soudan, a été victime d’une tentative d’assassinat. Deux chrétiens  d’origine musulmane ont été emprisonnés. A Khartoum, les membres d’une église presbytérienne ont été chassés de leur bâtiment avec l’aide de la police afin de permettre à un homme d’affaires musulman d’occuper les lieux. Mais on peut quand même considérer qu’en 2010, la situation des chrétiens s’est un peu améliorée dans la région avec moins de cas de persécution enregistrés.

Plus d’infos sur le pays :

Le Nord Soudan est en majorité musulman et a adopté la charia, tandis que le Sud Soudan est en majorité chrétien et animiste. En 2005, suite à une guerre civile, un Accord de Paix Global ( APG) a été conclu entre le Nord, dirigé par les fondamentalistes du Parti National du Congrès (PNC) et le Sud gouverné par le Mouvement de Libération du Peuple du Sud Soudan (SPLM). En 2010, la question du référendum sur l’indépendance du Sud (prévu le 9 janvier 2011), a pesé sur les chrétiens du Nord. Ils craignent d’être chassés si le Sud demandait son indépendance.

Djibouti (Position 39)

Djibouti passe de la 36ème à la 39ème position dans le classement de l’Index mondial de persécution.

Même si la société se montre de plus en plus agressive, aucun incident n’a été enregistré entre novembre 2009 et octobre 2010. C’est pourquoi le pays est descendu dans le classement.

Plus d’infos sur le pays :

La république de Djibouti est majoritairement musulmane avec une petite communauté chrétienne, composée principalement d’expatriés. Il existe un petit groupe de chrétiens djiboutiens d’origine musulmane, qui sont persécutés par leur famille et par la société. En général, le gouvernement traite les non-musulmans avec tolérance et respect.

Cuba (Position 41)

Le pays passe de la 38ème à la 41ème position dans le classement de l’Index mondial de persécution.

Le cas de Cuba est particulier. D’un côté la situation des chrétiens dans l’île s’est dégradée, mais de l’autre, le pays a quand même baissé dans le classement. Cela est dû à des facteurs externes, à savoir aux évolutions dans les autres pays. En ce qui concerne Cuba, il a perdu des places parce que la Tunisie et la Syrie en ont gagné. D’autres pays ont vu leur classement modifié à cause de ce jeu de chaises musicales. C’est le cas de l’Arabie Saoudite, de la Somalie, des Maldives (qui a bénéficié de la montée de l’Afghanistan dans le classement), de l’Erythrée (qui a bénéficié de la montée du Pakistan dans le classement) du Koweït et des Emirats Arabes Unis (qui ont bénéficié de la montée de la Turquie et du Maroc dans le classement).

Sri Lanka (Position 49)

Le pays passe de la 40ème à la 49ème place dans le classement de l’Index mondial de persécution.

Beaucoup moins de faits de persécution ont été enregistrés en 2010. Aucun chrétien n’a été tué, condamné ou emprisonné pour sa foi. Seule une poignée de chrétiens ont été maltraités physiquement et très peu d’églises ont été attaquées. Le Sri Lanka continue à bénéficier de la fin du conflit avec les Tigres Tamoul. Les chrétiens ne sont plus pris en otage entre, d’un côté, le gouvernement sinhalese et de l’autre les rebelles tamouls. Il semble également que la pression exercée par le clergé bouddhiste local et les villageois sur les chrétiens ait diminué.

Les pays qui entrent dans le classement

La Malaisie et la Russie (Position 50 ex-æquo)

La Malaisie

En janvier 2010, neuf églises ont été vandalisées ou détruites, ce qui ne s’était jamais produit auparavant dans le pays. Heureusement, personne n’a été blessé. Ces attaques font suite à un procès : En 2009, le gouvernement et le journal catholique « The Herald » se sont affrontés à propos de l’utilisation du mot « Allah » (Dieu en langue arabe) par les chrétiens, alors que pendant des siècles, les chrétiens ont utilisé ce mot pour désigner Dieu. Le 31 décembre 2009, la cour suprême malaise a finalement statué que les chrétiens avaient le droit de continuer à utiliser ce mot. Les chrétiens s’en sont réjouis, les musulmans étaient furieux et le gouvernement a immédiatement fait appel du verdict. La situation reste tendue même si aucun autre cas d’attaque d’église ou d’agression de chrétiens n’a été enregistré.

Plus d’infos sur le pays :

La Malaisie a toujours été un pays divisé entre l’Ouest, profondément islamique, dont plusieurs Etats sont régis par la charia, et l’Est (comme l’île de Bornéo) où l’on trouve des animistes et des chrétiens. Officiellement aucune religion n’est prépondérante, mais la réalité montre le contraire. En malais, il existe une longue liste de mots qui ne peuvent être utilisés par aucune une autre religion que l’islam. Il est quasiment impossible pour un musulman d’adopter une autre religion. Le régime et la population ont toujours pensé qu’un vrai Malais doit être musulman. Il est interdit de parler de la foi chrétienne à un Malais et construire des églises est quasiment impossible. Lentement, le pays semble évoluer vers plus d’uniformité. Son ancienne diversité s’estompe. La législation laïque du pays est de plus en plus soumise aux lois islamiques. Les tribunaux laïques renvoient les affaires qui relèvent de la religion aux tribunaux islamiques. L’islam progresse, surtout dans l’Est du pays.

La Russie

L’intensité de la persécution varie selon les régions. La situation est plus grave dans le centre et le sud de la Russie alors que la Sibérie et l’extrême orient russe sont plus tolérants.

Plusieurs cas de persécutions sérieux ont été enregistrés en 2010 :

Dix chrétiens ont été arrêtés et trois responsables d’églises ont été tués à cause de leur foi. La plupart du temps, les protestants sont plus inquiétés que les orthodoxes, mais parmi les trois personnes assassinées il y avait un prêtre orthodoxe de Moscou. Les deux autres étaient un pasteur baptiste de Saint-Petersbourg et un pasteur pentecôtiste de Makhachkala au Daguestan. Ils ont été assassinés car ils étaient « trop impliqués » auprès des chrétiens d’origine musulmane.

Plusieurs chrétiens ont vu leur maison « caillassée » et des bâtiments d’églises ont été couverts de graffitis.

Plus d’infos sur le pays :

La Russie n’est pas vraiment une nouvelle venue dans le monde de la persécution.

L’URSS persécutait les chrétiens en Russie et en Europe de l’Est. Cependant l’URSS n’existe plus et il peut être surprenant de voir la Fédération de Russie partager la 50ème place du classement de l’Index de persécution 2011 avec la Malaisie. La législation russe définit les principes de base de la liberté de religion et de conviction, mais les différentes confessions présentes sur le sol russe ne sont pas à égalité devant le droit.

Dans la loi de 1997 sur la liberté de conscience, seules 4 religions « traditionnelles » sont reconnues en Russie, à savoir l’orthodoxie orientale, l’islam, le bouddhisme et le judaïsme. Les fonctionnaires d’Etat soutiennent officiellement l’Eglise orthodoxe au détriment des autres religions.

Les chrétiens sont persécutés par l’Etat et le FSB (services de renseignements) d’une part et par les musulmans (surtout au Daguestan) d’autre part. Beaucoup de nouveaux chrétiens doivent vivre leur foi discrètement et se réunir en petits groupes chez des particuliers.

Il quitte le classement

Le Kenya (nord-est)

Le Kenya, classé 50ème l’année dernière, ne figure plus dans l’Index de persécution 2011.

En 2010, seuls quelques rares faits de persécution ont été enregistrés. Dans la ville de Moyale, des musulmans ont attaqué, blessé et menacé les chrétiens locaux qui appartenaient tous à la même église.

Plus d’infos sur le pays :

Le Kenya est chrétien à 80% mais les chrétiens sont discriminés et persécutés dans les zones où ils sont minoritaires. C’est notamment le cas dans la Province Nord-Orientale où vivent les musulmans Somalis ; d’autres Somalis ainsi que des Boranas occupent la partie supérieure de la Province Orientale, alors que les swahili, descendants des Bantus et des Arabes se sont installés dans la partie Est de la Province de la Côte.

Trois faits majeurs détermineront l’avenir des relations entre musulmans et chrétiens.

En 2010, une nouvelle Constitution a été adoptée qui stipule que la juridiction des tribunaux

islamiques est à présent étendue à tout le pays et qu’ils ont encore plus de compétences qu’avant.

Les églises étaient contre le projet, ce qui a été mal vu par le gouvernement.

Au Kenya, selon le recensement de 2009, le nombre de musulmans est estimé à 3,39 millions. Cette augmentation a des répercussions sur l’économie locale car le marché s’adapte aux besoins des musulmans. Le nombre de musulmans a également augmenté du fait de l’arrivée de 2,4 millions de réfugiés somaliens. Ils se sont installés dans le nord et l’est du pays ainsi qu’à Eastleigh, une banlieue de Nairobi.

L’islam est de plus en plus enseigné et les Somaliens musulmans qui se convertissent au christianisme, ainsi que les Kenyans qui quittent l’islam sont menacés de mort.

Glossaire Index mondial de persécution 2011

L’index mondial de persécution 2011, publié par Portes Ouvertes regroupe des termes religieux

spécifiques. Ce glossaire en regroupe quelques-uns.

Eglises de maison ou groupe de maison : Eglises non officielles qui sont constituées de petits groupes de fidèles se réunissant chez les uns ou les autres

Charia : loi islamique

Apostasie : le fait de changer de religion

Apostats : ceux qui ont quitté leur religion d’origine

Salafisme : doctrine fondamentaliste de l’islam sunnite

Voir enfin :

 

A Jihad In Tunisia

Robert Spencer

Human events

01/18/2011

When Tunisian President Zine El Abidine Ben Ali was toppled from power and fled to Saudi Arabia on Friday, The Washington Post’s Jennifer Rubin hailed this « Jasmine Revolution » as a « remarkable event: a popular, secular revolt in a Muslim country » that « poses an opportunity and a risk for the U.S. » Mona Eltahawy, also writing in the Post, explained that « a 29-day popular uprising against unemployment, police brutality and the regime’s corruption » brought down Ben Ali. But there are numerous indications that there were other sources of dissatisfaction in Tunisia with Ben Ali — including the relatively secular character of the government. Pro-Sharia Islamic supremacist forces are poised to take advantage.

The popular perception is that Ben Ali was brought down by the will of the people. The French government declared that Tunisians, by toppling Ben Ali, had « expressed their democratic will. » German Chancellor Angela Merkel expressed her support for « real democracy » in the North African nation, adding in a message to officials of the new Tunisian government: « I appeal to you to use this deep break in Tunisia’s history as a new departure. »

A factory worker in Carthage had similar high hopes: « This is like the French Revolution, » he said enthusiastically. « It’s the end of an era. I’m hoping there is real change. We can’t continue like this. » Political analyst Ahmed Lashin declared: « The Arabs have been repressed for too long. They are eager for change and are on the verge of explosion. »

But what kind of change? What kind of Reign of Terror might come in the wake of this new French Revolution? Rached Ghannouchi, the London-based leader of the banned Tunisian pro-Sharia party, the Tunisian Renaissance Party (Hizb al-Nahdah), was quick to dub the Tunisian uprising an « intifada » and to claim it as a victory for Islam. « The Tunisian intifada, » he exulted, « has succeeded in collapsing the dictatorship. »

Pro-Sharia MPs in Kuwait applauded « the courage of the Tunisian people, » and Abdelmalek Deroukdal, a leader of al Qaeda in the Islamic Maghreb, hailed the revolution as a jihad and expressed solidarity with the Tunisians. In Gaza, the jihadist groups Hamas and Islamic Jihad were both thrilled at events in Tunisia. Hamas spokesman Sami Abu Zuhri hailed the victory for democracy, and Gaza Foreign Minister Fathi Hammad emphasized that « we are with the Tunisians in choosing their leaders, no matter what sacrifices it takes. »

Islamic Jihad praised the Tunisian people for liberating themselves « through blood, sacrifices and the expression of free will, » adding ominously that the toppling of Ben Ali was « a message to Arab and Islamic countries to pay attention to the aspirations of their people that are rejecting hegemony and tyranny before it is too late. »

Islamic Jihad held a rally in Gaza City, featuring hundreds of jihadists waving Tunisian flags festooned with the words « Revenge against tyranny. » Islamic Jihad spokesman Dawud Shehab sounded a drearily familiar note in accusing the Ben Ali regime of maintaining « suspicious ties » with Israel.

Meanwhile, a PLO faction warned Tunisians about « waves of political Islam » that could follow Ben Ali’s toppling, and urged them to « cut the road to political Islam and its misleading slogans to avoid a repeat of the Gaza Strip experience in Tunisia » — referring to the seizure of power in Gaza by the Islamic supremacists of Hamas.

The great unacknowledged truth about Tunisia and the rest of the Islamic world is that Islamic jihadists and pro-Sharia forces, far from being the « tiny minority of extremists » of media myth, actually enjoy broad popular support. Any genuine democratic uprising is likely to install them in power. That’s why jihadists are hailing events in Tunisia, and why all lovers of freedom should view those events with extreme reserve — for a Sharia government in Tunisia is unlikely to be any kind of friend to the United States, and if the « Jasmine Revolution » does indeed spread and other Arab and Muslim dictators are toppled, an already hostile anti-American environment could become much, much worse.

The events in Tunisia also show yet again the crying need for realistic analysis in Washington of the jihad threat, rather than the fantasy-based analysis that prevails there now. But that is even less likely than the flowering of a pluralistic, secular democracy in Tunisia.

Mr. Spencer is director of Jihad Watch and author of The Politically Incorrect Guide to Islam (and the Crusades), The Truth About Muhammad (both from Regnery—a Human Events sister company) and most recently coauthor of Pamela Geller’s The Post-American Presidency (Simon & Schuster).

Voir également:

Le nombre des chrétiens diminuent dans les territoires palestiniens

17 janvier 2011

Les chrétiens disent que leur nombre diminuant transforme leurs églises de lieux de culte en musées. Aujourd’hui il n’y a que 50.000 chrétiens en Cisjordanie et 1.000 dans la bande de Gaza, soit 2.2 % de la population globale de l’Autorité Palestinienne (AP). Les chrétiens quittent peu à peu les lieux d’héritage traditionnel pour des raisons de sécurité et des soucis économiques.

35% de la population en Cisjordanie a émigré entre 1967 et 1992 (dont 45% aux Etats–Unis), selon une étude réalisé en 1992 par Berbard Sabella de l’Université de Bethlehem. Les espoirs d’un accord de paix éventuel avec les accords d’Oslo en 1993 a ralenti cette tendance d’immigration massive, avant de reprendre en 1997.

L’Autorité Palestinienne n’a pas une constitution ratifiée mais leur Charte Nationale établie l’Islam comme religion officielle. Les principes de la charia sont les sources législatives principales, ” accordant une liberté de conscience et de religion”.

Cependant, L’Autorité Palestinienne est fortement critiqué de ne pas prendre les mesures nécessaires pour protéger les chrétiens habitant dans ses régions du harcèlement, de l’intimidation et des attaques.

Des nombreux chrétiens à Bethlehem et dans les villages avoisinants Beit Sahour et Beit Jalla se sont plaints à plusieurs reprises du fait que des musulmans s’emparent de leurs terres, en utilisant la force ou des documents falsifiés. Durant la 2ème Intifada de 2000, le village de Beit Jalla a servi de base pour des attaques contre le quartier juif de Gilo.

Il est bien connu que les chrétiens palestiniens n’osent pas signaler des cas de mauvais traitement aux autorités. L’incitation au terrorisme contre Israël et l’Occident chrétien fait grimper la tension entre cette minorité en déclin de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Les organisations chrétiennes dans ces régions, telles que la Société Biblique Palestinienne ou la Young Mens Christian Organisation (YMCA), sont sujets à des menaces de la part des islamistes.

Chronologie des attaques récentes:

Mai 2009- Plus de 70 tombes chrétiennes profanées au village de Jiffra, près de Ramallah.

Mai 2008- Des agresseurs anonymes font exploser une bombe devant l’école chrétienne Zahwa Rosary School à Gaza.

Février 2008- Des incendiaires mettent le feu à une bibliothèque de la YMCA, brulant 10.000 livres.

Octobre 2007- Rami Khader Ayyad, chrétien éminent à Gaza, est enlevé et poignardé à mort après avoir reçu des menaces pendant des mois des musulmans locaux.

Juin 2007- Des extrémistes musulmans attaquent l’école chrétienne Zahwa Rosary School ainsi que l’église latine à Gaza.

Avril 2007- Centre de la Société Biblique Palestinienne bombardé.

Septembre 2006- Cinq églises incendiées et fusillées en Cisjordanie et à Gaza.

Février 2006- la Société Biblique Palestinienne est obligée de fermer temporairement leur centre et leur bibliothèque à Gaza suite à une menace à la bombe. Plus tard, deux bombe-tuyaux s’explosent, faisant des dégâts mais pas de blessés.

Septembre 2005- Des centaines des hommes musulmans incendient maisons et véhicules chrétiennes dans un village en Cisjordanie.

Voir enfin:

L’Autorité Palestinienne islamise les sites religieux juifs dans ses manuels scolaires

 David Koska

Israël infos

L’Autorité Palestinienne islamise les sites religieux juifs dans ses manuels scolaires

L’Autorité Palestinienne aurait renommé des sites historiques juifs dans des manuels scolaires, selon un rapport de l’Institut de Surveillance de la Paix et de la Tolérance Culturelle dans l’Éducation Scolaire paru mardi…

L’Institut a rédigé ce rapport à la suite de la décision de l’UNESCO de considérer le Tombeau de Rachel uniquement comme une mosquée.

D’après cette étude, les livres scolaires palestiniens utilisaient la dénomination ‘Tombeau de Rachel ‘ depuis 1995; après 2001 (et le déclenchement de l’Intifada), le site est devenu la « Mosquée de Bilal Ibn Rabah ». Rachel est donc devenue Bilal, personnage masculin de la tradition musulmane libéré de l’esclavage, et converti à l’Islam après avoir rencontré Mahomet.

Selon le directeur de l’Institut, l’éditeur palestinien explique ce changement par la volonté de « faire revivre l’héritage palestinien « .


Tunisie: La France enterre Kouchner (It is midnight Doctor Kouchner)

18 janvier, 2011
Bien entendu nous n’allons rien faire. Claude Cheysson (décembre 1981)
(Le Quai d’Orsay), qui aurait dû être le bâton de maréchal de Bernard Kouchner, a plutôt été la fin du kouchnérisme, tant ce qu’il incarnait – droit d’ingérence, droits de l’homme – s’est brisé sur l’autel de la realpolitik.  Pascal Boniface
Nous proposons que le savoir-faire qui est reconnu dans le monde entier de nos forces de sécurité permette de régler des situations sécuritaires de ce type. Michèle Alliot-Marie (ministre française des Affaires étrangères)
Autant ce dernier (Kouchner) était monté sur ressorts, impulsif et imprévisible, autant la première (Alliot-Marie) est carrée, réfléchie et maîtrisée. Directeur du Quai d’Orsay
Lorsqu’elle s’envole à bord d’un Falcon de la République pour rencontrer un homologue étranger, Mme le ministre d’État (elle préfère l’emploi du masculin) se plonge dans ses dossiers, prépare longuement les entretiens avec ses collaborateurs et s’en tient à quelques messages clairs et calibrés aux journalistes qui l’accompagnent. Rien à voir avec les conversations à bâtons rompus et les cabotinages de «Bernard» avec la presse – avant qu’il ne la prenne en grippe. Affaire de style et d’individualité ! (…) Autre surprise, le conseiller pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, Erwan Davoux, n’est pas passé par l’ANMO, l’influente direction du Quai chargée de ces régions. Une façon sans doute pour le nouveau ministre de prendre quelque distance avec la «machine» pour mieux la maîtriser. (…) Avec Alain Juppé, gaulliste comme elle, qui occupa naguère le fauteuil de Vergennes, le travail est «fluide», assure-t-on dans son entourage. (…) Sur le fond, MAM souhaite ne pas se laisser happer par la gestion des crises, une tendance que son prédécesseur avait dans ses gènes. Néanmoins, du Niger à la Côte d’Ivoire, elle doit assumer l’action d’urgence qui s’impose. Le centre de crise du Quai d’Orsay, une création de Bernard Kouchner, n’a pas été désactivé, bien au contraire. Michèle Alliot-Marie veille même à présider ses réunions. Un exercice à risque : son offre de coopération à la Tunisie dans le domaine sécuritaire a été jugée maladroite par beaucoup. (…) De quoi amener les observateurs à convenir que MAM, qui en est à son quatrième ministère régalien (après la Défense, la Justice et l’Intérieur), un record sous la Ve République, a endossé avec prestance le costume de diplomate en chef. Après une telle entrée en scène, elle ne court qu’un seul risque : celui de décevoir. Le Figaro (14.01.11)
La France a sous-estimé l’exaspération du peuple tunisien face à un régime policier et à une répression sévère (…) la position de la France, qui consiste à dire aujourd’hui : ‘il appartient aux Tunisiens de choisir leur avenir, un avenir démocratique, dans le cadre d’élections libres’, me paraît pertinente. Alain Juppé (ministre de la défense, 17 janvier)
Personne ne pouvait prévoir ce qui allait se passer. Nous n’avons pas à avoir une lecture politique d’événements qui se produisent dans un pays souverain et ami. (…) Je voudrais rappeler à tous ceux qui sont prompts à critiquer ou donner des leçons que nul, au moment où la ministre des affaires étrangères a répondu, ne savait mesurer la portée des événements et encore moins ce qui allait se passer. Bernard Accoyer (président de l’Assemblée nationale)
C’est presque facile pour le président Obama de dire ‘bravo et good luck’ mais il est loin, il y a moins d’Américains en Tunisie et de Tunisiens aux Etats-Unis. Nous, nous sommes tenus à une certaine prudence.  Eric Besson (ministre de l’industrie et tout récent époux d’une Tunisienne)
La politique de la France est fondée sur deux principes constants : la non-ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat souverain, et le soutien à la démocratie et la liberté. Michèle Alliot-Marie

Au lendemain d’une nouvelle confirmation de la loi de Tocqueville qui a vu, pour la première fois depuis longtemps dans un pays arabe, un pouvoir policier trahi par sa propre politique de libéralisation …

Alors que, reprenant systématiquement le point de vue des tyrans (comme s’il s’agissait d’une maladie honteuse), les unes de nos médias ne sont que « craintes« , « menaces » et « risques de contagion » …

Retour, avec deux articles du Monde, sur le méga-cafouillage (pendant le  soulèvement du peuple tunisien) et le virage sur l’aile (après la fuite de Ben Ali) de la diplomatie française.

Qui, prise de court (tant par la volonté du peuple tunisien – pour la répression duquel elle avait, on s’en souvient, proposé plus de coopération policière – que par la plus prompte réaction américaine), se voit contrainte d’habiller son très remarqué attentisme en nouvelle doctrine géopolitique.

A savoir, si l’on en croit les déclarations à nouveau très visiblement improvisées de la toute récente ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie, la tentative de ménager la chèvre de la non-ingérence et le chou du soutien à la démocratie.

Qui ressemble étrangement à, 30 ans plus tôt, une certaine doctrine Cheysson et de fait à l’enterrement, deux mois à peine après son départ du Quai d’Orsay, de la fameuse doctrine (certes déjà bien écornée et systématiquement vilipendée) de l’ingérence de son prédécesseur, un certain  Dr. Kouchner … 

Tunisie : le virage de la France, contrainte par les évènements

Natalie Nougayrède

Le Monde

 17.01.11

La diplomatie française a opéré un virage majeur sur le dossier tunisien, contrainte de s’adapter à un enchaînement d’événements qui l’a dépassée et mise en porte-à-faux. Au lendemain de la fuite du président Ben Ali, la France a employé pour la première fois le mot « démocratie » en décrivant les aspirations des manifestants tunisiens ces dernières semaines.

Dans un communiqué diffusé samedi 15 janvier vers 14 heures, l’Elysée s’est pour la première fois rangé du côté de ceux qui réclament une libéralisation politique : « Depuis plusieurs semaines, le peuple tunisien exprime sa volonté de démocratie. La France, que tant de liens d’amitié unissent à la Tunisie, lui apporte un soutien déterminé. » La veille, la présidence française n’avait fait que « prendre acte de la transition constitutionnelle ». Samedi, avec un jour de retard sur les Etats-Unis, la France a demandé « l’organisation d’élections libres dans les meilleurs délais ».

LE GLAS DE « L’INGÉRENCE »

Fait notable, le communiqué de l’Elysée énonce une doctrine : « La politique de la France est fondée sur deux principes constants : la non-ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat souverain, et le soutien à la démocratie et la liberté. » Cette notion de « non-ingérence » – mentionnée à quatre reprises, dimanche, par la ministre des affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, dans un entretien au Journal du dimanche – fait son apparition dans le vocabulaire officiel français.

Un signal pour d’autres dirigeants du monde arabe ? Les responsables français semblent chercher, à travers ce concept aux contours flous, à justifier leur attentisme pendant les journées d’une répression policière sanglante en Tunisie. L’expression sonne le glas de l' »ingérence » chère à Bernard Kouchner, deux mois à peine après son départ du Quai d’Orsay.

L’Elysée a voulu, par ailleurs, donner des gages aux nouvelles autorités tunisiennes, en annonçant que des « dispositions » avaient été prises « pour que les mouvements financiers suspects concernant des avoirs tunisiens en France soient bloqués administrativement ». Cette volonté de se montrer à l’écoute du nouveau pouvoir qui se dessine à Tunis avait déjà transpiré dans le refus – préventif – d’accorder l’asile au président Ben Ali.

DOUBLE REFUS DE L’ARMÉE

Dimanche 16 janvier, les responsables français continuaient d’analyser les ressorts d’une crise qui les a pris de court. Une certitude était avancée par une source proche du dossier : l’armée tunisienne a joué un rôle décisif le vendredi 14 janvier, le jour où tout a basculé.

Une délégation d’officiers de haut rang, selon cette version, est allée voir le président Ben Ali dans la matinée, alors que des manifestants se massaient sur l’avenue Bourguiba, pour lui signifier un double refus : le refus de l’armée d’être utilisée dans le maintien de l’ordre et son rejet d’une politique jusqu’au-boutiste marquée par la violence.

De source autorisée à Paris, on s’interrogeait aussi, dimanche, sur le rôle joué par les Etats-Unis dans le départ du président Ben Ali. Washington aurait fait passer le message au dirigeant tunisien – via l’Arabie saoudite, pays où il a trouvé refuge – que le moment était venu de quitter le pouvoir.

QUELLE CONCERTATION ENTRE PARIS ET WASHINGTON ?

Pareil scénario, s’il se confirme, soulève la question du degré de concertation entre Paris et Washington. Car la fuite du président tunisien a pris les responsables français par surprise. Paris faisait, au contraire, l’analyse que les promesses de réformes annoncées par Ben Ali le 13 janvier l’avaient remis en selle politiquement – au moins, pour un temps.

En hâtant le départ du chef de l’Etat, les Etats-Unis ont pu chercher à éviter un chaos susceptible de profiter à terme au courant islamiste, avance-t-on à Paris. Mieux valait ainsi, du point de vue américain, favoriser une transition ordonnée. La France était sur une autre ligne : elle ne jugeait pas la menace islamiste d’une ampleur telle qu’il faille précipiter un changement de régime.

Voir aussi:

La France a « sous-estimé l’exaspération du peuple tunisien »

Le Monde

17.01.11

Sous la pression des événements en Tunisie, la France a opéré un revirement diplomatique tardif, qui témoigne de la difficulté de la diplomatie française à comprendre la révolte. Le ministre de la défense, Alain Juppé, a reconnu, lundi 17 janvier, que la France « a sous-estimé l’exaspération du peuple tunisien face à un régime policier et à une répression sévère ». Mais, comme plusieurs responsables de la majorité, il a martelé que « la position de la France, qui consiste à dire aujourd’hui : ‘il appartient aux Tunisiens de choisir leur avenir, un avenir démocratique, dans le cadre d’élections libres’, me paraît pertinente ». (Lire l’article : Le virage de la France, contrainte par les événements.)

Le président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a lui aussi estimé que « personne ne pouvait prévoir ce qui allait se passer ». « Nous n’avons pas à avoir une lecture politique d’événements qui se produisent dans un pays souverain et ami », a-t-il assuré. Il est par ailleurs revenu sur les propos de la ministre des affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, qui avait proposé une coopération sécuritaire au régime tunisien à l’Assemblée, trois jours avant la fuite de l’ex-président Ben Ali. « Je voudrais rappeler à tous ceux qui sont prompts à critiquer ou donner des leçons que nul, au moment où la ministre des affaires étrangères a répondu, ne savait mesurer la portée des événements et encore moins ce qui allait se passer », a estimé M. Accoyer.

Le ministre de l’industrie, Eric Besson, qui a épousé une Tunisienne, a ironisé sur la position des Etats-Unis, qui n’ont selon lui pas à se préoccuper de la sécurité de leurs ressortissants, alors que les Français sont 22 000 en Tunisie. « C’est presque facile pour le président Obama de dire ‘bravo et good luck’ mais il est loin, il y a moins d’Américains en Tunisie et de Tunisiens aux Etats-Unis. Nous, nous sommes tenus à une certaine prudence », a-t-il expliqué sur France 2.

UNE « GRAVE FAUTE »

Une ligne de défense qui ne satisfait pas les opposants à la politique de Ben Ali. La gauche s’est livrée, depuis vendredi, à un tir groupé sur la ligne de non-ingérence et d’attentisme de Paris à l’égard de la dictature tunisienne. C’est bel et bien Michèle Alliot-Marie qui est dans le collimateur. La ministre des affaires étrangères s’est défendue, dimanche, dans le JDD : « Il y avait des tirs à balles réelles, des morts. Pour que de telles situations ne se reproduisent pas dans l’avenir, j’ai donc dit que nous étions prêts à aider à former les forces de l’ordre tunisiennes, comme nous le faisons pour d’autres pays, au maintien de l’ordre en veillant à la préservation des vies », a-t-elle déclaré. Michèle Alliot-Marie sera entendue mardi matin par la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale sur la situation en Tunisie.

Ségolène Royal a qualifié ses propos de « scandaleux », « venant en soutien d’une dictature ». Une « grave faute », a abondé l’ancien premier ministre Laurent Fabius, l’accusant d' »insensibilité ». L’ancien ministre Pierre Moscovici a dit avoir eu « honte de notre diplomatie ». L’écologiste Cécile Duflot a estimé qu’elle « devrait s’excuser auprès des Tunisiens ». Le porte-parole du NPA, Olivier Besancenot, a demandé à Mme Aliot-Marie de « s’excuser ou de démissionner ». Même dans la majorité, le centriste Hervé Morin a pris ses distances avec les déclarations de la chef de la diplomatie.

Samedi, dans la manifestation parisienne de soutien au peuple tunisien, plusieurs cortèges, dont celui du Front de gauche, mené par Jean-Luc Mélenchon, clamaient « Alliot-Marie démission ». Lundi, un député communiste, Jean-Jacques Candelier, a également réclamé la démission de la ministre des affaires étrangères, jugeant que ses déclarations la semaine dernière d’offrir une coopération sécuritaire au régime Ben Ali étaient « une honte ».


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