
Voilà maintenant plus de 60 ans que la partition de la Palestine fait de la vie des Palestiniens un cauchemar permanent. Conseil Oecuménique des Eglises
Chaque instant le confirme: l’’antisionisme et l’anti-israélisme forment un consensus planétaire. Les télévisions, les radios, les journaux s’en font l’écho permanent. Ils semblent aussi naturels que l’air que l’on respire. La diabolisation sans nuances d’Israël est le pain quotidien des médias. Qu’Israël soit le Mal semble aller de soi. (…) La propagande antijuive a réussi à construire une victime aussi idéale que chimérique, une abstraction à usage des opinions occidentales: le Palestinien. Ce dernier, dans l’imaginaire des pays développés, a pris la place de la figure précédente de l’exploité, le Prolétaire. Dans ce fantasme, le Palestinien concentre toute la douleur du Monde tout en passant pour l’humain dont la révolte victorieuse signifierait la fin de toute oppression. Au Palestinien tout est permis, à Israël est refusé le droit même de se défendre. (…) L’analyse de cette propagande met en évidence qu’au-delà d’Israël, c’est le Juif qui est visé. D’une part, Israël est le seul État au monde dont on conteste radicalement le droit à l’existence, et, d’autre part, l’antisionisme signifie le refus du droit du peuple juif d’avoir son État. La présence à peine dissimulée des vieux stéréotypes judéophobes dans la vulgate antisioniste est une preuve suffisante pour établir que l’antisionisme n’est que le masque de la haine antijuive, que le désir de voir disparaître Israël (fût-ce, de façon euphémisée, en l’encourageant à se changer en État binational, ou à accepter l’exigence du retour de tous les réfugiés) n’est que le paravent cachant le désir de voir disparaître les Juifs. Robert Redeker
Alors qu’avec l’énieme relance du processus de paix au Proche-Orient accompagnée comme il se doit par les premiers attentats terroristes, nos dirigeants et leur claque médiatique se préparent à nous rejouer le scénario habituel des grands discours et des belles phrases bien creuses jusqu’à la prochaine fois …
Retour, avec le dernier livre du politologue Pierre-André Taguieff (présenté par Robert Redeker), sur un développement néanmoins nouveau et inquiétant qui va servir de toile de fond à l’épisode du show mediatico-politique qui s’annonce.
A savoir la véritable campagne de délégitimation généralisée dont, à coup de manipulations médiatiques, conférences internationales et boycotts ou opérations de desinvestissement, sont depuis une dizaine d’annéesa cible l’Etat d’Israel et le sionisme.
Qui, au-dela de la politique effective du gouvernement israélien, l’occupation ou les implantations, s’attaque cette fois directement et explicitement à la légitimité de l’idée d’un État juif et donc à l’existence même d’Israël.
Et ce, mondialisation de l’information oblige, bien au-dela des cercles habituels des ennemis déclarés d’Israel puisqu’elle s’étend a l’intelligentsia comme aux partis politiques notamment de gauche et écologiques ou aux autorités morales que sont les Eglises.
Revisitant pour ce faire, tout en les modernisant au besoin les vieux themes d’accusation (meurtres d’enfants, complot sioniste) comme les nouveaux (racisme, notamment pour le terme d’Etat juif pourtant mentionné une vingtaine de fois dans le Plan de partage de l’ONU de 1947)…
Jusqu’au détournement, ultime perversité, du génocide juif lui-meme comme arme idéologique contre ses propres victimes (les juifs) diabolisées et retournés en bourreaux (les Israéliens nazifiés) au profit de la figure largement mythique des nouvelles victimes et nouveaux damnes de la terre (les Palestiniens judaisés) …
La nouvelle vulgate anti-juive, selon Pierre-André Taguieff
Taguieff, étiologue de la nouvelle vulgate antijuive
Robert Redeker
Primo
18-08-2010
Pierre-André Taguieff ne cherche pas à plaire, il cherche le vrai – comme toute l’cole du réalisme en philosophie politique, à laquelle, à la suite de Julien Freund, on peut le rattacher.
La vérité dans le domaine politique n’a pas forcément le visage aimable qu’une humanité occidentale en quête d’euphorie acéphale recherche. Dans son dernier ouvrage, La Nouvelle Propagande antijuive, Taguieff passe au scanner le discours idéologique dominant, hostile à Israël.
Accusations mensongères et stéréotypes
Chaque instant le confirme : l’’antisionisme et l’anti-israélisme forment un consensus planétaire. Les télévisions, les radios, les journaux s’en font l’écho permanent. Ils semblent aussi naturels que l’air que l’on respire. La diabolisation sans nuances d’Israël est le pain quotidien des médias. Qu’Israël soit le Mal semble aller de soi
Pourtant, ces opinions qui se muent aussi en passions, sont des constructions idéologiques répandues par un habile travail de propagande que Taguieff démonte exhaustivement. Elles recyclent du vieux – les stéréotypes antijuifs traditionnels – dans du neuf.
Les thèmes du crime rituel, de l’opposition d’Israël comme ennemi du genre humain à toutes les nations, du complot universel, se lisent aisément en filigrane derrière les accusations portées en flux continu contre ce pays. L’affaire al-Dura – la manipulation par les médias de la « mort d’un enfant » afin de diffuser une fausse nouvelle – en fournit un exemple.
La fausse nouvelle du massacre de Jénine, qui ébranla l’opinion mondiale, permettant à tous les médias un déchaînement hystérique anti-israélien – avant que l’on découvre que ce massacre n’avait jamais eu lieu, pur mensonge palestinien –, offre à l’observateur des rhétoriques de propagande un cas d’école.
Les clichés antijuifs y trouvèrent une nouvelle vie : du côté des propagandistes, mais aussi du côté des populations disposées à les croire. Ainsi, contre la vérité, une part importante de l’opinion internationale accepte la tromperie selon laquelle les Palestiniens de la bande de Gaza seraient l’objet d’un génocide.
Mythe victimaire palestinien et crédulité occidentale
La propagande antijuive a réussi à construire une victime aussi idéale que chimérique, une abstraction à usage des opinions occidentales : le Palestinien.
Ce dernier, dans l’imaginaire des pays développés, a pris la place de la figure précédente de l’exploité, le Prolétaire. Dans ce fantasme, le Palestinien concentre toute la douleur du Monde tout en passant pour l’humain dont la révolte victorieuse signifierait la fin de toute oppression.
Au Palestinien tout est permis, à Israël est refusé le droit même de se défendre : ainsi, le mur de protection est-il condamné par ces opinions, de même que toutes les opérations militaires destinées à assurer la sécurité de l’État hébreu.
Implicitement, il est exigé des Israéliens qu’ils se laissent dévorer sans broncher par leurs ennemis, qu’ils acceptent que leur patrie soit réduite à néant comme le stipule la charte du mouvement islamo-terroriste qu’est le Hamas.
Plusieurs données de psychologie de masse rendent compte de la crédulité des occidentaux face à la propagande anti-israélienne. La principale : le parti pris pour la victime, quelle qu’elle soit, dont il est supposé qu’elle ne saurait être injuste, même dans la cruauté assimilée à une juste revanche. Par ailleurs, le sentiment de culpabilité – à la fois pour l’histoire passée et la différence présente de niveau de vie – renforce cette adhésion au mythe palestinien.
L’analyse de cette propagande met en évidence qu’au-delà d’Israël, c’est le Juif qui est visé. D’une part, Israël est le seul État au monde dont on conteste radicalement le droit à l’existence, et, d’autre part, l’antisionisme signifie le refus du droit du peuple juif d’avoir son État.
La présence à peine dissimulée des vieux stéréotypes judéophobes dans la vulgate antisioniste est une preuve suffisante pour établir que l’antisionisme n’est que le masque de la haine antijuive, que le désir de voir disparaître Israël (fût-ce, de façon euphémisée, en l’encourageant à se changer en État binational, ou à accepter l’exigence du retour de tous les réfugiés) n’est que le paravent cachant le désir de voir disparaître les Juifs.
Fusion inquiétante
L’islamisation de l’antisionisme, via le Hamas, le Hezbollah et leurs relais en Europe, rend possible, selon notre auteur, une nouvelle ère de pogroms, elle rend même de nouveau pensable la liquidation physique de tous les Juifs.
Ayant subjuguée l’univers journalistique, cette propagande peut mettre à son actif une autre très grande réussite : la jonction entre une partie de la gauche européenne (censée pourtant, dans la foulée de Marx, tenir toute religion pour l’opium du peuple) ainsi que des écologistes avec les islamistes radicaux.
La Corée du nord coule un navire sud-coréen (49 morts), les massacres continuent au Darfour, en Somalie, la Turquie viole l’espace aérien de l’Iraq afin de bombarder les Kurdes, un peu partout dans le monde islamique le fanatisme massacre des chrétiens. Personne ne s’en offusque. Seul Israël est visé par une réprobation absolue.
Derrière l’antisionisme, devenue haine planétaire des Juifs , se profile l’islamisme qui, idéologiquement, s’est agrégé à tous les mouvements occidentaux de contestation (extrême gauche, écologistes, altermondialistes, tiers-mondistes).
Cette fusion de mauvais augure est le résultat de « la nouvelle propagande antijuive » qui constitue la matière de ce livre.
L’analyse de Taguieff permet de comprendre comment et pourquoi.
Pierre-André Taguieff, La Nouvelle Propagande antijuive. Du symbole al-Dura aux rumeurs de Gaza. ( Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Intervention philosophique », 2010)
PS : Ce texte avait été écrit en juin 2010, pour de supplément littéraire du Tageblatt, auquel Robert Redeker collaborait depuis 1993. Il a été refusé par le journal luxembourgeois, qui a décidé de suspendre toute collaboration avec le philosophe.
Alors que l’Europe connaît une vague d’antisémitisme dont la violence rappelle celle des années 40, c’est sa dénonciation qui est frappée d’interdit.
La revue L’Arche a publié cet article dans son numéro de juillet-août 2010 (n° 626-627). Merci à Robert Redeker de nous avoir autorisé à le reproduire pour les lecteurs de Primo.
Voir aussi:
La nouvelle propagande antijuive
A paraître le 19 mai 2010 aux Editions PUF
le nouveau livre de Pierre-André Taguieff
Depuis quelques années la critique d’Israël a pris la forme d’une disqualification généralisée du sionisme. Ses enjeux sont désormais, explicitement, non pas la politique des gouvernements israéliens, l’occupation des territoires conquis en 1967 aux pays arabes, ou les implantations juives dans ces territoires, mais la légitimité de l’idée d’un État juif et, donc, l’existence même d’Israël.
Pourtant, la coexistence de deux États – un État juif et un État arabe – selon la résolution de l’ONU du 29 novembre 1947 est non seulement la base juridique de toutes les tentatives pour mettre fin au conflit israélo-arabe, mais aussi la seule base – historiquement, politiquement et moralement – de toute solution juste et durable à ce conflit.
La délégitimation et la diabolisation d’Israël, partagées par de larges couches de l’opinion occidentale, notamment dans l’intelligentsia, apparaissent de fait comme autant d’expressions d’un aveuglement politique.
C’est également, et plus encore, un scandale moral, qui se manifeste particulièrement à travers les différentes manipulations médiatiques qui ont marqué les dernières années, mais aussi à travers le détournement par lequel, paradoxalement, la Shoah est devenue une arme idéologique contre Israël et le sionisme.
Le livre de Pierre-André Taguieff, La nouvelle propagande antijuive (Paris, PUF, 2010) analyse et critique l’idéologie perverse de la diabolisation de la victime (le Juif) et son retournement imaginaire en bourreau (l’Israélien).
Le ‘Juif nazi’ est inventé et diffusé par la nouvelle propagande antijuive. C’est cette invention d’un nouvel antisémitisme qu’il s’agit d’analyser et de dénoncer.
Yves Charles Zarka, directeur de la collection « Intervention philosophique »
À distance du « politiquement correct », Pierre-André Taguieff entreprend de montrer pour la première fois dans ce livre que la haine des Juifs est entrée dans un nouveau régime.
Israël et le « sionisme » sont en effet devenus les cibles d’une guerre médiatique qui vise à criminaliser et à diaboliser l’ennemi, l’antisionisme radical ayant désormais pour objectif proclamé la destruction de l’État juif.
Pour comprendre comment s’est accomplie la mondialisation de cette nouvelle configuration antijuive, Pierre-André Taguieff dissèque au scalpel le nouveau discours de propagande des ennemis déclarés d’Israël tel qu’il s’est développé au cours des années 2000.
Il souligne l’importance de la reformulation « antiraciste » des thèmes judéophobes, qui a dominé les conférences internationales de Durban (2001) et de Genève (2009) et explique comment elle a structuré la nouvelle vision antijuive, qui consiste à « nazifier » les « sionistes » en tant qu’« agresseurs » et à « judaïser » corrélativement les Palestiniens en tant que « victimes », cet amalgame polémique permettant d’accuser les « sionistes » de « génocide.
Ce discours de propagande est resitué dans son contexte international, marqué par la menace islamiste autant que par les divisions et les hésitations du camp occidental/démocratique.
Pour Pierre-André Taguieff, les thèmes d’accusation indéfiniment sollicités peuvent se réduire à trois : le « racisme », le meurtre d’enfants palestiniens (l’opération al-Dura) et la manipulation de la politique mondiale à travers la direction occulte de la politique extérieure des États-Unis (de l’action du « lobby juif » à l’organisation d’un « complot américano-sioniste »).
Analysant les divers matériaux symboliques exploités par la nouvelle propagande antijuive – images ou discours -, Pierre-André Taguieff fournit ici au lecteur les moyens de comprendre comment et pourquoi la haine des Juifs, plus d’un demi-siècle après la Shoah, a pu renaître, notamment sous les habits neufs de l’« antiracisme », et, grâce aux nouveaux médias, se diffuser internationalement en recueillant l’assentiment d’individus souvent convaincus d’être étrangers à tout sentiment antijuif.
S’il peut exister, selon la formule consacrée, un antisémitisme sans Juifs, il existe aussi une judéophobie sans judéophobes déclarés.
Tel est le paradoxe mis en évidence dans cet essai : la judéophobie mondialisée des années 2000 est une judéophobie sans judéophobes.
Philosophe, politologue et historien des idées, Pierre-André Taguieff, né en 1946, est directeur de recherche au CNRS, rattaché au Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF, Paris). Il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont La Force du préjugé (1988), Les Fins de l’antiracisme (1995), L’Effacement de l’avenir (2000), La Nouvelle Judéophobie (2002), Le Sens du progrès (2004), Prêcheurs de haine (2004), L’Imaginaire du complot mondial (2006), L’Illusion populiste (2007), La Judéophobie des Modernes (2008)
[...] son cortège de boycotts, critiques et discours de déligimitation contre Israël, l’antisémitisme est “loin d’être le domaine exclusif des Néo nazis et des cinglés” [...]