Irak/19e: Vous avez dit guerre de 7 ans? (Who remembers that the road to 9/11 did go through Bagdad?)

26 août, 2010
Saddam's 9/11 shrineDe même que les progressistes européens et américains doutaient des menaces de Hitler et de Staline, les Occidentaux éclairés sont aujourd’hui en danger de manquer l’urgence des idéologies violentes issues du monde musulman. (…) Un des scandales est que nous avons eu des millions de personnes dans la rue protestant contre la guerre en Irak, mais pas pour réclamer la liberté en Irak. Personne n’a marché dans les rues au nom des libertés kurdes. Les intérêts des dissidents libéraux de l’Irak et les démocrates kurdes sont en fait également nos intérêts. Plus ces personnes prospèrent, plus grande sera notre sécurité. C’est un moment où ce qui devrait être nos idéaux — les idéaux de la démocratie libérale et de la solidarité sociale — sont également objectivement notre intérêt. Bush n’a pas réussi à l’expliquer clairement, et une grande partie de la gauche ne l’a même pas perçu. Paul Berman
27 août 1992 : les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France mettent en place une autre zone d’exclusion aérienne, au sud du 32eme parallèle, avec l’objectif d’observer les violations de droits de l’homme à l’encontre de la population chiite.
3 septembre 1996 : en représailles à un déploiement de troupes irakiennes dans la zone nord, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ripostent militairement dans le sud et étendent la zone d’exclusion aérienne sud, qui passe du 32eme au 33eme parallèle. La France refuse cette extension, mais continue à effectuer des missions de surveillance aérienne au sud du 32ème parallèle..
27 décembre 1996 : Jacques Chirac décide de retirer la France du contrôle de la zone d’exclusion aérienne nord. Il justifie cette décision par le fait que le dispositif a changé de nature avec les bombardements de septembre, et que le volet humanitaire initialement prévu n’y est plus inclus. La France proteste par ailleurs contre la décision unilatérale des Etats-Unis et de la Turquie (avec l’acceptation de la Grande-Bretagne) d’augmenter la zone d’exclusion aérienne sud.
Michel Wéry
En 1991, la première Administration Bush ne comprit pas que sa guerre n’était pas contre ce que Saddam avait fait au Koweit. Elle était contre Saddam lui-même, son régime et les forces du radicalisme arabe qu’il représentait et soutenait. Tempête du désert s’est finalement avéré un nom convenable pour une opération militaire qui avait été aveuglée par ses propres objectifs réels. Ainsi le Koweit a été libéré mais Saddam y est resté en contrôle pendant encore 12 ans, soi-disant- comme l’avait notoirement prétendu Madeleine Albright -" dans une boite". Boite à l’intérieur de laquelle, il a tué des dizaines de milliers des Chiites d’Irak, provoqué une crise humanitaire parmi les Kurdes, tenté d’assassiner George Bush père, exploité un régime de sanctions qui affamait par ailleurs sa propre population, nécessité le maintien d’une zone de non-survol qui revenait à 1 milliard de dollars par an aux États-Unis, défié plus d’une douzaine de sanctions de l’ONU, corrompu le secrétariat onusien, expulsé des inspecteurs de l’ONU pour les ADM et offert des primes aux familles des terroristes-suicide palestiniens. Tout cela n’était que la continuation de la guerre par d’autres moyens, ce qui signifie que lorsque la question de l’invasion de l’Irak s’est posée après le 11/9, le choix n’était pas entre la guerre et la paix. (…) Une chose est claire : la guerre de 20 ans a duré autant qu’elle l’a fait parce que la première Administration Bush ne l’a pas finie quand elle en avait le pouvoir et parce que le gouvernement Clinton a fait comme si elle n’existait pas. Bret Stephens

Attention: une guerre peut en cacher bien d’autres!

Tempête du désert, Guerre du Golfe, Surveillance Nord, Surveillance Sud, Liberté pour l’Irak, Guerre d’Irak …

Alors que les dernières troupes américaines dites "de combat" quittent l’Irak …

Et qu’avec la complicité des médias, l’Illusionniste en chef tente de faire passer comme accomplissement de ses propres promesses de campagne la simple application en réalité d’un calendrier négocié bien avant son accession au pouvoir par son prédécesseur en novembre 2008 …

Pendant que, faisant fi des sentiments d’une population libérée de l’un des pires tyrans de l’histoire récente,  lesdits médias nous assomment de rappels aussi faux que malhonnêtes des coûts disproportionnés et de la prétendue inutilité de cette guerre …

Et qu’aux Etats-Unis la tyrannie du politiquement correct via son incarnation vivante  à la Maison Blanche tentent d’imposer à une ville de New York traumatisée un véritable monument aux auteurs même de l’odieux forfait

Qui rappellera, sinon Bret Stephens, que, comme en témoigne la longue série ininterrompue d’opérations dont l’Irak a été le théâtre ces 20 dernières années, cette prétendue guerre inutile de 7 ans n’était en fait que la fin du travail laissé en plan en 1991?

Qui rappellera, sinon Fouad Ajami contre des années de désinformation médiatique, qu’en en fournissant à Ben Laden le prétexte (via les troupes américaines stationnées en Arabie saoudite pour l’endiguement de Saddam),  la route du 11/9 passait bien par Bagdad?

The Twenty Years’ War

Defeating Saddam took 19 years too long.

Bret Stephens

The WSJ

August 23, 2010

Saddam Hussein invaded Kuwait on Aug. 2, 1990. Two decades later, on Aug. 18, 2010, the U.S. withdrew its last combat brigade from Iraq. Throughout those years U.S. military operations went under a variety of names—including Desert Storm, the Gulf War, Operations Northern and Southern Watch, Operation Iraqi Freedom, the War in Iraq—but over time they will be seen as part of an unbroken thread.

It ought to be called the Twenty Years’ War. That was probably 19 years too long.

It matters what we call our wars, lest we fail to understand them—and lest we repeat them, because we failed to understand. When the Great War came to be spoken of as "the war to end all wars" (a line variously attributed to David Lloyd George, H.G. Wells and Woodrow Wilson) it underscored how ill-prepared that generation was to prevent the next great conflict.

Similarly in Iraq. In 1991, the first Bush administration failed to understand that its war was not against what Saddam had done in Kuwait. It was against Saddam himself, his regime, and the forces of Arab radicalism he typified and championed. Desert Storm, it turned out, proved an apt name for a military operation that had been blinded to its own real purposes.

Thus Kuwait was liberated but Saddam stayed on for another 12 years, supposedly—as Madeleine Albright notoriously put it—"in a box." In that box, he killed tens of thousands of Iraq’s Shiites, caused a humanitarian crisis among the Kurds, attempted to assassinate George H.W. Bush, profited from a sanctions regime that otherwise starved his own people, compelled a "no-fly zone" that cost the U.S. $1 billion a year to police, defied more than a dozen U.N. sanctions, corrupted the U.N. Secretariat, evicted U.N. weapons inspectors and gave cash prizes to the families of Palestinian suicide bombers.

All this was war by another name, which meant that when the question of invading Iraq arose after 9/11, the choice was not between war and peace. Rather, as former Democratic Sen. Bob Kerrey wrote in these pages at the time, it was "between sustaining a military effort designed to contain Saddam Hussein and a military effort designed to replace him." For Mr. Kerrey, "the case for the second choice [was] overwhelming."

It says something that the invasion was called Operation Iraqi Freedom—a better approximation of its aims than the ill-founded claims about WMD that nearly proved the war’s political undoing. Still, war aims are not only what a nation fights for, which, as Lincoln discovered, could change with the course of war. War aims are also about what a nation fights against.

In that sense, Iraq was invaded so that Saddam and his henchmen, Iraq’s ultimate weapons of mass destruction, would hang. To hang them meant serving the interests of justice, and satisfying a justified impulse for revenge. It also meant making an example of a uniquely aggressive Arab tyrant who thought he could defy and manipulate the West with impunity.

One of the more popular raps against the war is that it discredited the United States and the exercise of American power. That’s unlikely, since the world has a way of constantly re-discovering the benefits of that power: Think of the Balkans in the 1990s, or East Asia today in the face of China’s assertiveness.

What the war did accomplish was to discredit a cult-of-personality style of Arab politics pioneered in the 1950s by Egypt’s Gamal Abdel Nasser. (His pharaonic successor, Hosni Mubarak, is on the way out.) More, the war led to what has been called "the eclipse of the Arab world." Today the world’s leading Muslim states—Indonesia, Iran, Pakistan and Turkey—are all non-Arab. Not since the 1930s have the Arabs counted geopolitically for so little.

Ironically, this eclipse has somewhat dimmed the broader significance of Iraq’s democracy, at least for the time being. The U.S. has bequeathed Iraqis exactly what the Constitutional Convention in Philadelphia bequeathed Americans: A republic, if they can keep it. If they do, it could be a Muslim model of democratic governance and ethnic and sectarian pluralism. It may be achievement enough to have an Iraqi government that threatens neither its own people nor its neighbors, and for the rest of the Arabs to be on their guard against future Saddams.

For the U.S., the achievement would be greater if it led to a military and diplomatic alliance with Baghdad as a counterweight to Iran. But that depends on whether the Obama administration chooses to interpret the war as a complete misadventure or as a potentially fruitful opportunity.

One thing is clear: The Twenty Years’ War lasted as long as it did because the first Bush administration failed to finish it when it could, and because the Clinton administration pretended it wasn’t happening. Should we now draw the lesson that hesitation and delay are the best policy? Or that wars are best fought swiftly to their necessary conclusion? The former conclusion did not ultimately spare us the war. The latter would have spared us one of 20 years.

Voir aussi:

Note d’Analyse

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Réf. GRIP DATA : G2041Date d’insertion : 14/02/03

Irak : La guerre de 1991 ne s’est jamais terminée

Les bombardements anglo-américains (1991-2003)

par Michel Wéry, attaché de recherche au GRIP

le 14 février 2003

Résumé

  • En 1991, 1992 et 1996, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, et partiellement la France, ont instauré des zones d’exclusion aérienne de plus en plus importantes dans les régions nord et sud de l’Irak. Aujourd’hui, plus de 60% du territoire est interdit de vol pour les Irakiens.

  • De 1991 à 1993, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont réalisé plusieurs bombardements, essentiellement dans les zones d’exclusion aérienne mais aussi en dehors. Après une interruption de trois années, les bombardements reprennent en septembre 1996, avant de connaître une très forte augmentation de décembre 1998 à maintenant. Selon le Pentagone plus de 280.000 sorties aériennes ont été effectuées entre 1991 et juillet 2000. Elles se poursuivent à un rythme très soutenu.

  • Les zones d’exclusion aérienne et, a fortiori, les bombardements, sont des mesures unilatérales et illégales au regard du droit international. En effet, aucune résolution du Conseil de sécurité n’a autorisé l’instauration de ces zones d’exclusion, et encore moins les bombardements, qui constituent un acte d’agression. Trois Etats membres permanents du Conseil de sécurité ont émis des critiques plus en plus ouvertes à l’égard des actions américano-britanniques : la France à partir de 1996, puis la Russie ainsi que la Chine à partir de décembre 1998.

  1. Les zones d’exclusion aérienne
  • 7 avril 1991 : au terme de la guerre du Golfe, les alliés occidentaux mettent en place une zone d’exclusion aérienne d’environ 10.000 kilomètres carrés au nord du 36eme parallèle, avec l’objectif de protéger le travail des organisations humanitaires internationales auprès de la population kurde. Cette zone reste en place après le départ des troupes irakiennes au sol, en octobre 1991.
  • 27 août 1992 : les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France mettent en place une autre zone d’exclusion aérienne, au sud du 32eme parallèle, avec l’objectif d’observer les violations de droits de l’homme à l’encontre de la population chiite.
  • 3 septembre 1996 : en représailles à un déploiement de troupes irakiennes dans la zone nord, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ripostent militairement dans le sud et étendent la zone d’exclusion aérienne sud, qui passe du 32eme au 33eme parallèle. La France refuse cette extension, mais continue à effectuer des missions de surveillance aérienne au sud du 32ème parallèle..
  • 27 décembre 1996 : Jacques Chirac décide de retirer la France du contrôle de la zone d’exclusion aérienne nord. Il justifie cette décision par le fait que le dispositif a changé de nature avec les bombardements de septembre, et que le volet humanitaire initialement prévu n’y est plus inclus. La France proteste par ailleurs contre la décision unilatérale des Etats-Unis et de la Turquie (avec l’acceptation de la Grande-Bretagne) d’augmenter la zone d’exclusion aérienne sud.

 

  1. Chronologie des bombardements

 

Décembre 1992- septembre 1996 : Plusieurs bombardements avant une accalmie de trois ans

  • 27 décembre 1992 : Un F-16 américain abat un Mig-25 irakien au sud du 32eme parallèle.
  • Janvier 1993 : peu après l’arrivée de Clinton à la présidence, les Etats-Unis ainsi que la Grande-Bretagne et la France effectuent des bombardements du 13 au 19 janvier dans les deux zones d’exclusion aérienne[1] en représailles à des tirs de la défense anti-aérienne irakienne. Le 17, la marine américaine lance également des missiles sur Zaafaraniya, près de Bagdad, soupçonné d’abriter un site nucléaire. Un missile de croisière s’abat sur un hôtel dans le centre-ville.
  • 26 juin 1993 : les Etats-Unis tirent des missiles contre le siège des services de renseignement irakiens, accusés d’un attentat manqué contre M. Georges Bush lors de sa visite au Koweït en avril.
  • Mi-1993 – mi-1996 : pendant trois années, les frappes sont interrompues. L’idée s’impose que le maintien au pouvoir de Saddam Hussein en position de faiblesse peut convenir aux intérêts américains et aux pays de la région. Tandis que Bagdad accepte le système draconien de surveillance de ses armements, les sanctions économiques contre l’Irak sont reconduites. Pour des raisons politiques et commerciales, la France, la Russie et la Chine sont favorables à une levée rapide des sanctions.

  Septembre 1996 – Juin 1998 : Bombardements et tensions croissantes

  • Septembre 1996 : une entité kurde irakienne en conflit armé avec le PDK, autre entité kurde irakienne, fait appel à l’armée irakienne. Celle-ci intervient le 31 août 1996 dans le nord, sous contrôle multinational. En représailles, les Etats-Unis lancent des missiles sur le sud de l’Irak et étendent la zone d’exclusion aérienne sud.
  • Mai 1997- juin 1998 : fortes tensions américano-irakiennes suite aux réticences irakiennes à propos des inspecteurs de l’UNSCOM, accusés d’espionnage. Elles se sont notamment traduites par l’envoi du porte-avions USS Georges Washington le 13 novembre 1997, et par la menace d’une attaque américaine baptisée Tonnerre du Desert fin janvier 1998[2]. Suite à l’entremise du Secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, Saddam Hussein accepte le libre accès, sans limitation de temps, aux sites présidentiels suspects.

Décembre 1998 : l’opération Renard du Désert

  • 16-19 décembre 1998 : Avant même qu’un rapport de l’UNSCOM mettant en cause la coopération des autorités irakiennes soit examiné par le Conseil de sécurité de l’ONU, la Maison Blanche déclenche de nouveaux bombardements contre l’Irak, au cours d’une opération baptisée « Renard du Désert ». En quatre jours de raids (qui ont coïncidé avec le report de l’accusation du président Clinton relative à l’affaire Monica Lewinsky), Américains et Britanniques lancent plus de missiles de croisière qu’en cinq semaines de Guerre du Golfe en 1991 (415 missiles tirés en 1998 contre 291 en 1991). Ils larguent en outre 600 bombes, au cours de 650 sorties. Selon les Etats-Unis, 20 (sur 21) installations de commandement et de contrôle ont été touchées, ainsi que 18 (des 19) installations en matière d’armes de destruction massive. Sont également touchés la raffinerie de Bassorah (incluse dans les cibles officielles), ainsi qu’au moins deux hôpitaux et plusieurs écoles primaires rien qu’à Bagdad.
  • La France, la Russie et la Chine critiquent ouvertement les bombardements, de même que la Turquie, où sont basés les avions opérant dans la zone nord.

Janvier 1999 – Janvier 2002 : Trois années de guerre d’usure très intense

Depuis l’opération Renard du Désert de décembre 1998, les bombardements américains et britanniques se sont poursuivis à un rythme extrêmement soutenu dans les zones d’exclusion aérienne, et ils ont culminé en février 2001 en visant la région de Bagdad :

  • Peu après l’opération Renard du Désert, le président Clinton autorise ses pilotes à bombarder toutes les unités de défense anti-aériennes irakiennes – que celles-ci tirent ou pas. En mars 1999, le gouvernement britannique prend la même décision pour les avions britanniques.
  • Au cours des huit premiers mois de 1999, les pilotes américains et britanniques ont tiré 1.100 missiles contre plus de 360 cibles irakiennes, détruisant 40 à 50 % des capacités antiaériennes irakiennes. Pour l’ensemble de l’année, plus de 18.000 sorties ont eu lieu, avec des bombardements quasiment quotidiens. Rien que pour cette année, ils ont été nettement plus dommageables à l’Irak que les frappes massives de l’opération Renard du Désert.
  • Entre décembre 1998 et mai 2002, les Etats-Unis comptabilisent 24.000 missions de combat rien que dans le Sud de l’Irak. Pour la même période, le Ministère britannique de la Défense a reconnu le largage de 78 tonnes de bombes en un an et demi, contre 2,5 tonnes de bombes au cours des sept années précédentes. Selon le Département Sécurité de l’ONU, 41% des victimes étaient des civils.
  • Le 16 février 2001, deux douzaines d’appareils américains et britanniques attaquent des objectifs militaires[3] à proximité de Bagdad. Il s’agissait du premier raid en-dehors des zones d’exclusion aérienne mené depuis décembre 1998, ainsi que la première action militaire depuis l’entrée en fonction récente du président Bush. Ce dernier a qualifié l’opération de « routinière », et l’a justifiée comme étant une réponse à la fois à des provocations de Bagdad et à des menaces potentielles pour les avions américains et britanniques volant au-dessus de la zone d’exclusion aérienne sud.
  • Les bombardements auraient diminué après les attentats du 11 septembre 2001, avant de connaître une nouvelle recrudescence, selon le Secrétaire américain de la Défense Donald Rumsfeld. Au cours des huit premiers mois de 2002, on dénombre 37 raids offensifs[4] (contre 43 en 2001 pour l’année entière).
  • La fréquence des bombardements s’est encore accrue après le 16 septembre 2002, date à laquelle Bagdad s’est dit prêt au retour des inspecteurs de l’UNSCOM.

3.La légalité de ces opérations

a)Les zones d’exclusion aérienne

Elles ont été imposées à l’Irak par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France sur base de la « nécessité impérieuse de protéger le peuple irakien », combinée à la résolution 688 du Conseil de sécurité de l’ONU (avril 1991), qui « condamne la répression de la population civile irakienne dans de nombreuses régions d’Irak (…) ; exige que l’Irak (…) mette fin immédiatement à cette répression ; (…) et appelle tous les Etats membres (…) à contribuer aux efforts d’aide humanitaire ».

Cette base juridique est insuffisante, dans la double mesure où ladite résolution ne prévoit pas de mesures spécifiques telles que les zones d’exclusion aérienne (ZEA), et n’invoque pas non plus le Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, qui régit les conditions nécessaires pour l’usage de la force.

L’Irak ne reconnaît pas ces ZEA, et des membres du Conseil de sécurité parmi lesquels la Russie ont émis de nettes réserves[5]. Le porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, Koffi Annan, a déclaré le 22 février 2001 que « seul le Conseil de sécurité est à même de décider de la nature et des effets de ses résolutions, de manière à fournir une base légale pour les ‘zones d’exclusions aériennes’ et pour les actions qui y sont menées », en ajoutant que « les ‘zones d’exclusion aériennes’ ont été déclarées par ‘certains membres’ du Conseil de sécurité ».

La justification politique des ZEA n’a cessé d’évoluer :

  • 1991 et 1992 : pour des raisons humanitaires : protéger les ONG étrangères au nord, et observer les violations des droits de l’homme au sud. Les zones recoupent cependant mal la réalité géographique des territoires à population kurde et chiite ;
  • Progressivement, les ZEA sont présentées avant tout comme un moyen de « contenir » l’Irak et de protéger les pays voisins. Dans le même temps, la Turquie fait des incursions en Irak pour lutter contre le PKK (10.000 hommes en décembre 2000), et ce pays ainsi que l’Iran utilisent l’espace aérien irakien ;
  • A partir de 1996, l’objectif est devenu de « maintenir la pression sur Saddam Hussein ».

b)Les bombardements

Les Etats-Unis se réfèrent habituellement à deux autres résolutions du Conseil de sécurité pour justifier les frappes militaires :

  • La Résolution 678 du 29 novembre 1990. Elle autorise l’usage de la force pour que l’Irak « retire immédiatement et inconditionnellement toutes ses forces » du Koweït. Mais cette autorisation a expiré depuis que l’Irak a retiré son dernier soldat du Koweït, en mars 1991.
  • La Résolution 1154 du 2 mars 1998. Sur insistance américaine, elle prévoit la menace des « conséquences les plus sévères » si Bagdad viole son engagement de donner accès aux inspecteurs de l’ONU. Cependant, le Conseil de sécurité a prévu explicitement que les « conséquences les plus sévères » ne signifiaient pas une autorisation automatique à un gouvernement quel qu’il soit d’utiliser la force. Et le dernier paragraphe prévoit que seul le Conseil de sécurité dispose de l’autorité pour « assurer la mise en œuvre de cette résolution, ainsi que la paix et la sécurité dans la région. ».

Les attaques en-dehors des zones d’exclusion aériennes sont également illégales au regard du droit international.

Selon le Ministre de la Défense britannique, l’objectif principal des opérations dans la zone d’exclusion aérienne est une reconnaissance tactique, et l’aspect offensif n’est mis en œuvre qu’en réponse à des attaques irakiennes. Mais, selon le Pentagone, aucun des tirs de la défense antiaérienne irakienne effectués en 2002 dans les zones d’exclusion aériennes n’ont atteint leur cible.

L’Irak souligne quant à lui que les actions des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne constituent une violation de la zone démilitarisée entre l’Irak et le Koweït. Les zones d’exclusion aériennes et, a fortiori, les bombardements effectués sur plus de 60 % du territoire irakien étant illégaux, l’Irak pourrait également invoquer l’article 51de la Charte des Nations Unies, qui autorise l’usage de la force à un pays lorsqu’il est menacé.

Bibliographie

BABINGTON Charles, « Iraqi Sites Attacked in Raid by US and Britain », International Herald Tribune, 17-18 février 2001

BENNIS Phyllis, « US Missiles Target UN Too », The Baltimore Sun, 10 janvier 1999

ENCYCLOPEDIE YAHOO, « Irak actualités 1999 », 1999

GRAHAM-BROWN Sarah, « No-fly zones – Rhetoric and real intentions », Middle-East Report, 20 février 2001

GRESCH Alain, PAULY Emmanuelle, RIVIERE Philippe, TOURET Florence, « Bilan de l’opération Renard du Désert », dans Cahier documentaire sur le Golfe, Le Monde Diplomatique, 2002

GRESCH Alain, PAULY Emmanuelle, RIVIERE Philippe, TOURET Florence, «Chronologie – une guerre d’usure », dans Cahier documentaire sur le Golfe, Le Monde Diplomatique, 2002

ISNARD Jacques, « Saddam Hussein a renforcé sa défense antiaérienne », Le Monde, le 20 novembre 2002

ISNARD Jacques, « Américains et Britanniques cherchent à s’assurer la maîtrise du ciel en Irak », Le Monde, le 11 septembre 2002

KNOWLTON Brian, « US jets targeting Iraqi air control », International Herald Tribune, 17 septembre 2002

LE QUOTIDIEN DU PEUPLE, « ONU : M. Annan sur les actions sur la « zone d’exclusion aérienne en Irak », http://fpfre.peopledaily.com.cn/200102/23/fra20010223_45616.html , 23 février 2001

LUIZARD Pierre-Jean, articles sur l’Irak dans l’Etat du Monde des années 1995, 1996, 1997, 1998, 1999 et 2001

NAIM Mouna, « La France se retire du dispositif de surveillance du Kurdistan d’Irak », Le Monde, 29-30 décembre 1996

SHAH Anup, « Iraq is still being bombed », http://www.globalissues.org/Geopolitics/MiddleEast/Iraq/Bombing.asp, le 5 avril 2002

UNIVERSITY OF CAMBRIDGE, « UN Security Council Resolutions relating to Irak », http://www.cam.ac.uk/societies/casi/info/scriraq.html, janvier 2003

[1] Le 13 janvier, 116 appareils américains, britanniques et français lancent un raid de nuit dans le sud contre 8 objectifs militaires. Le 17 janvier, un nouveau raid allié vise des batteries irakiennes dans le nord et abat plusieurs avions irakiens. Et les 18 et 19 janvier, 75 appareils américains, britanniques et français bombardent des sites non encore touchés, dans le nord et le sud du pays.

[2] Cette menace a inclus l’envoi de bâtiments de guerre supplémentaires le 5 février 1998.

[3] Il s’agissait de cinq bases de missiles sol-air et de batteries anti-aériennes.

[4] Un « raid » implique la sortie de plusieurs avions.

[5] Le porte-parole du Ministre des Affaires étrangères a déclaré en janvier 1999 que les zones avaient été “imposées en dehors du cadre des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU », et que « l’attitude négative de la Russie à l’égard de ces actions illégales était bien connue ».


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WikiLeaks: Attention, des coups tordus peuvent en cacher d’autres (How WikiLeaks got away with murder)

22 août, 2010
WikiLeaks's IEDOn nous avait dit de nous attendre à des coups tordus. Nous venons de recevoir le premier. WikiLeaks
J’adore botter le cul des salauds. Julian Assange
Après tout, c’est leur faute: on fait pas la guerre avec des mômes. Soldat américain
From being in the perspective of the Apache helicopter crew, I can see where a group of men gathering, when there’s a firefight just a few blocks away, which I was involved in, and they’re carrying weapons, one of which is an RPG. … Their overall mission that day was to protect us, to provide support for us, so I can see where the initial attack on the group of men was warranted. However, personally I don’t feel that the attack on the van was warranted. I think that the people could have been deterred from doing what they were doing in the van by simply firing a few warning shots versus completely obliterating the van and its occupants. Ethan McCord
When I did come up on the scene, there was an RPG as well as AK-47s there…. You just don’t walk around with an RPG in Iraq, especially three blocks away from a firefight…. Personally, I believe the first attack on the group standing by the wall was appropriate, was warranted by the rules of engagement. They did have weapons there. However, I don’t feel that the attack on the [rescue] van was necessary. Now, as far as rules of engagement, [Iraqis] are not supposed to pick up the wounded. But they could have been easily deterred from doing what they were doing by just firing simply a few warning shots in the direction…. Instead, the Apaches decided to completely obliterate everybody in the van. That’s the hard part to swallow. (…) There were plenty of times in the past where other insurgents would come by and pick up the bodies, and then we’d have no evidence or anything to what happened, so in looking at it from the Apache’s point of view, they were thinking that [someone was] picking up the weapons and bodies; when, in hindsight, clearly they were picking up the wounded man. But you’re not supposed to do that in Iraq. (…) When it was first released I don’t think it was done in the best manner that it could have been. They were stating that these people had no weapons whatsoever, that they were just carrying cameras. In the video, you can clearly see that they did have weapons … to the trained eye. You can make out in the video [someone] carrying an AK-47, swinging it down by his legs…. And as far as the way that the soldiers are speaking in the video, which is pretty callous and joking about what’s happened … that’s a coping mechanism. I’m guilty of it, too, myself. You joke about the situations and what’s happened to push away your true feelings of the matter. (…) I don’t say that Wikileaks did a bad thing, because they didn’t…. I think it is good that they’re putting this stuff out there. I don’t think that people really want to see this, though, because this is war…. It’s very disturbing.  McCord
The army described this as a group that gave resistance at the time, that doesn’t seem to be happening. But there are armed men in the group, they did find a rocket propelled grenade among the group, the Reuters photographers who were regrettably killed, were not identified…You have edited this tape, and you have given it a title called ‘collateral murder.’ That’s not leaking, that’s a pure editorial. (…) I admire that you have properly manipulated the audience into an emotional state you want before something goes on the air. Stephen Colbert
It gives you a limited perspective. The video only tells you a  portion of the activity that was happening that day. Just from watching that  video, people cannot understand the complex battles that occurred. You are  seeing only a very narrow picture of the events. (…) Our forces were engaged in combat all that day with  individuals that fit the description of the men in that video. Their age, their  weapons, and the fact that they were within the distance of the forces that had  been engaged made it apparent these guys were potentially a threat. Capt. Jack Hanzlik (spokesman for U.S. Central Command)
It is precisely the presence of weapons, including RPGs, that goes a long distance toward explaining why cameramen for Reuters—pointing television cameras around corners in a battle zone—were readily mistaken by our gunships for insurgents. The video makes plain that in this incident, as in almost all military encounters in both Iraq and Afghanistan, our soldiers are up against forces that do not wear uniforms—a violation of international law precisely because it places innocent civilians in jeopardy. Responsibility for civilian deaths in such encounters rests with those who violate the rules of war. The Wikileaks videos also do not reveal the hundreds upon hundreds of cases in which American forces refrain from attacking targets precisely because civilians are in harm’s way. Gabriel Schoenfeld (Hudson Institute)
Jusqu’ici, WikiLeaks s’était fait connaître en publiant des révélations refusées parfois par des titres, disons, institutionnels. Dans le cas des Warlogs, c’est l’inverse: WikiLeaks est le fournisseur. La logique est inversée, le journalisme bientôt bouleversé. David Dufresne
Ces images troublantes ne doivent pas être visualisées ou jugées indépendamment du contexte, de ce qui se passait alors aux environs. Amnesty international
Reporters sans frontières, organisation internationale de défense de la liberté de la presse, regrette l’incroyable irresponsabilité dont vous avez fait preuve lors de la publication de votre article intitulé “Journal d’Afghanistan, 2004 – 2010”, le 25 juillet 2010 sur le site Wikileaks. Vous avez, à cette occasion, diffusé sur votre site quelque 92 000 documents mentionnant les noms de collaborateurs afghans de la coalition militaire internationale présente en Afghanistan depuis 2001. (…) En revanche, divulguer l’identité de centaines de collaborateurs de la coalition en Afghanistan est lourd de danger. Les Talibans et d’autres groupes armés peuvent établir sans difficulté, à partir de ces documents, une liste noire de personnes à abattre et mener des vengeances meurtrières. Pour vous justifier, vous avez déclaré qu’il s’agissait de “mettre fin à la guerre en Afghanistan” ou encore écrit que “des fuites ont changé le cours de l’Histoire ; qu’elles peuvent le changer au jour le jour et qu’elles peuvent nous conduire à un avenir meilleur”.(…) D’autre part, publier sans discernement quelque 92 000 documents classifiés pose un réel problème de méthodologie, et donc de crédibilité. Un travail journalistique implique une sélection de l’information. L’argument par lequel vous vous défendez, selon lequel l’équipe de Wikileaks n’est pas composée de journalistes, n’est pas convaincant. Wikileaks est un média et, à ce titre, soumis aux règles de responsabilité de publication, comme tous les autres. (…) Cependant, vous ne pouvez revendiquer le bénéfice de la protection des sources et renier au même moment votre qualité de média par opportunisme. Le précédent que vous avez créé expose encore davantage à des représailles tous ceux qui, à travers le monde, risquent leur liberté et parfois leur vie pour l’information sur Internet. Une telle imprudence met en danger vos propres sources et au-delà, l’avenir d’Internet en tant que support d’information. Jean-François Julliard (Secrétaire général de Reporters sans frontières)

Attention: des coups tordus peuvent en cacher d’autres!

A l’heure où le cofondateur et porte-parole du site internet WikiLeaks spécialisé dans la publication de documents confidentiels et notamment de dizaines de milliers de documents sensibles sur la guerre en Afghanistan, Julian Assange, semble recevoir la monnaie de sa pièce en Suède même où il s’est apparemment réfugié …

Après, on s’en souvient, avoir réussi le tour de force de s’être mis à dos tant Amnesty international que Reporters sans frontières (qui l’avaient pourtant dans un premier temps soutenu) pour son peu de cas pour la sécurité non seulement des soldats de la coalition occidentale en Afghanistan mais pour peut-être les centaines ou milliers d’Afghans (identifiés par leur nom ou leur village) qui travaillent avec elle …

Retour sur le premier fait d’arme qui, après les révélations (Scientologie, corruption au Kenya, mels de Sarah Palin, liste des adhérents du parti d’extrême-droite britannique BNP, messages texte envoyés aux Etats-Unis le 11/9, armée allemande, crise financière islandaise) avait vraiment lancé la carrière du site et aussi déjà confirmé le remarquable talent de l’ancien pirate informatique pour la publicité la plus tapageuse et l’autopromotion.

Mais surtout, comme le rappelle John Rosenthal, révélé la vraie nature de l’entreprise (mélangeant habilement  les genres et les rôles de "source, relais et co-diffuseur") , c’est-à-dire, avec très significativement l’aide des Bilderbergers attitrés de la Trilatérale de l’antiaméricanisme (pardon: de l’anti-impérialisme), les dûment de gauche Spiegel-Guardian-NYT, et soutenu comme par hasard par le champion toutes catégories de l’intox lui-même Michael Moore,  une véritable campagne de propagande où à peu près tous les coups sont permis ("changer le cours de l’Histoire" et "un avenir meilleur", on vous dit!) contre la seule Amérique et ses alliés

A savoir la publication en avril dernier d’une vidéo de l’armée américaine de juillet 2007 (lourdement éditorialisée sous ses apparences de document brut par des intertitres et un sobrissime titre : "meurtre collatéral").

Qui oubliant commodément le contexte plus large d’une opération en cours dans une rue de toute évidence déserte où les troupes américaines essuyaient des tirs d’insurgés comme le fait que ces derniers étaient armés de lance-grenades et d’AK47, que les deux journalistes ne portaient aucune indication de leur fonction mais en revanche des zooms ressemblant étrangement à des armes et que la camionnette qui venait chercher les blessés et les armes n’avait ni croissant rouge ni aucun signe distinctif de secours d’urgence sans compter l’invisibilité de l’extérieur de la présence d’enfants  …

Ne montrait en fait, vu du petit  écran de l’hélicoptère et dans le feu de l’action, qu’une attaque héliportée de l’armée américaine contre un groupe d’insurgés armés d’AK47 et d’un lance-grenades, ainsi que contre une camionnette anonyme tentant d’évacuer les blessés et les armes dans un faubourg de Bagdad …

Situation probablement typique de ce qui pouvait se passer alors dans l’enfer des rues de Bagdad  comme dans celles d’ailleurs des villes palestiniennes ou libanaises où, avec les louanges de tous quand il ne s’agissait que de déligitimer l’Armée israélienne, ce genre de méthodes de guérilla sale avait d’abord été mis au point …

‘Collateral Murder’ in Baghdad Anything But

Bill Roggio

April 5, 2010

Wikileaks, the website devoted to publishing classified documents on the Internet, made a splash today with a video claiming to show that the U.S. military "murdered" a Reuters cameraman and other Iraqi "civilians" in Baghdad on July 12, 2007. But a careful watching of the video shows that the U.S. helicopter gun crews that attacked a group of armed men in the then Mahdi Army stronghold of New Baghdad was anything but "Collateral Murder," as Wikileaks describes the incident. There are a couple of things to note in the video. First, Wikileaks characterizes the attack as the U.S. military casually gunning down Iraqis who were innocently gathering on the streets of New Baghdad. But the video begins somewhat abruptly, with a UAV starting to track a group of Iraqi males gathering on the streets. The voice of a U.S. officer is captured in mid-sentence. It would be nice to know what happened before Wikileaks decided to begin the video. The U.S. military claimed the Iraqis were killed after a gun battle with U.S. and Iraqi security forces. It is unclear if any of that was captured on the strike footage. Here is what the U.S. military had to say about the engagement in a July 2007 press release: Soldiers of 1st Battalion, 8th Cavalry Regiment, and the 2nd Battalion, 16th Infantry Regiment, both operating in eastern Baghdad under the 2nd Infantry Brigade Combat Team, 2nd Infantry Division, along with their Iraqi counterparts from the 1st Battalion, 4th Brigade, 1st Division National Police, were conducting a coordinated raid as part of a planned operation when they were attacked by small arms fire and rocket-propelled grenades. Coalition Forces returned fire and called in attack aviation reinforcement. There is nothing in that video that is inconsistent with the military’s report. What you see is the air weapons team engaging armed men. Second, note how empty the streets are in the video. The only people visible on the streets are the armed men and the accompanying Reuters cameramen. This is a very good indicator that there was a battle going on in the vicinity. Civilians smartly clear the streets during a gunfight. Third, several of the men are clearly armed with assault rifles; one appears to have an RPG. Wikileaks purposely chooses not to identify them, but instead focuses on the Reuters cameraman. Why? Fourth, there is no indication that the U.S. military weapons crew that fired on this group of armed men violated the military’s Rules of Engagement. Ironically, Wikileaks published the military’s Rules of Engagement from 2007, which you can read here. What you do see in the video is troops working to identify targets and confirm they were armed before engaging. Once the engagement began, the U.S. troops ruthlessly hunted their prey. Fifth, critics will undoubtedly be up in arms over the attack on that black van you see that moves in to evacuate the wounded; but it is not a marked ambulance, nor is such a vehicle on the "Protected Collateral Objects" listed in the Rules of Engagement. The van, which was coming to the aid of the fighters, was fair game, even if the men who exited the van weren’t armed. Sixth, Wikileaks’ claim that the U.S. military’s decision to pass the two children inside the van to the Iraqi police for treatment at an Iraqi hospital threatened their lives is unsubstantiated. We do not know the medical assessment of the two Iraqi children wounded in the airstrike. We don’t even know if the children were killed in the attack, although you can be sure that if they were Wikileaks would have touted this. (And who drives their kids into the middle of a war zone anyway?) Having been at attacks where Iraqis have been killed and wounded, I can say I understand a little about the process that is used to determine if wounded Iraqis are transported to a U.S. hospital. The person has to be considered to have a life-threatening situation or in danger of losing a vital function (eyesight, etc.). Yet, even though the threshold to transfer Iraqis to U.S. military hospitals is high, I have repeatedly seen U.S. personnel err on the side of caution and transport wounded who probably should not have been sent to a U.S. hospital. Baghdad in July 2007 was a very violent place, and the neighborhoods of Sadr City and New Baghdad were breeding grounds for the Mahdi Army and associated Iranian-backed Shia terror groups. The city was a war zone. To describe the attack you see in the video as "murder" is a sensationalist gimmick that succeeded in driving tons of media attention and traffic to Wikileaks’ website.

Voir aussi:

Video: Collateral murder, or the risks of war zones?

Ed Morrissey

Hot air

April 5, 2010

Wikileaks released a video today of an engagement in Baghdad in 2007 that resulted in the deaths of two journalists from Reuters in an effort to accuse the US of covering up a war crime. Calling the incident “collateral murder,” Wikileaks says that it wants to promote the safety of journalists in war zones with the release of the DoD video, but the video itself shows why the US forces fired on the group — and on the vehicle that came to their aid. Note that the video itself contains NSFW language and graphic images of death (via John Holowach at TrueHigh): In the video, starting at the 3:50 mark, one member of this group starts preparing what clearly looks like an RPG launcher, as well as some individuals with AK-47s. The launcher then reappears at the 4:06 mark as the man wielding it sets up a shot for down the street. In 2007 Baghdad, this would be a clear threat to US and Iraqi Army ground forces; in fact, it’s difficult to imagine any other purpose for an RPG launcher at that time and place. That’s exactly the kind of threat that US airborne forces were tasked to detect and destroy, which is why the gunships targeted and shot all of the members of the group. Another accusation is that US forces fired on and killed rescue workers attempting to carry one of the journalists out of the area. However, the video clearly shows that the vehicle in question bore no markings of a rescue vehicle at all, and the men who ran out of the van to grab the wounded man wore no uniforms identifying themselves as such. Under any rules of engagement, and especially in a terrorist hot zone like Baghdad in 2007, that vehicle would properly be seen as support for the terrorists that had just been engaged and a legitimate target for US forces.  While they didn’t grab weapons before getting shot, the truth is that the gunships didn’t give them the chance to try, either — which is exactly what they’re trained to do.  They don’t need to wait until someone gets hold of the RPG launcher and fires it at the gunship or at the reinforcements that had already begun to approach the scene.  The gunships acted to protect the approaching patrol, which is again the very reason we had them in the air over Baghdad. War correspondents take huge risks to bring news of a war to readers far away.  What this shows is just how risky it is to embed with terrorists, especially when their enemy controls the air.  War is not the same thing as law enforcement; the US forces had no responsibility for identifying each member of the group and determining their mens rea.  Legitimate rescue operations would have included markings on the vehicle and on uniforms to let hostile forces know to hold fire, and in the absence of that, the hostile forces have every reason to consider the second support group as a legitimate target as well.   It’s heartbreaking for the families of these journalists, but this isn’t “collateral murder” — it’s war.

 Voir également:

Warfare Through ‘a Soda Straw’

Wall Street Journal

June 23, 2010

Gabriel Schoenfeld

Reports are circulating that Wikileaks.org is poised to publish a classified U.S. military video of a May 2009 U.S. air strike on the Afghan village of Granai in which as many as 140 civilians, including many women and children, may have perished. In April, the website—an online repository of leaked information—posted a U.S. military video of a 2007 Baghdad firefight in which two Reuters cameramen and as many as 10 others were killed. It has already been watched by several million viewers.

Both videos were evidently leaked by a 22-year-old disaffected Army intelligence analyst, Bradley Manning, who was detained by the military in May after having admitted in a private online conversation to providing them, along with a massive trove of 260,000 diplomatic cables, to Wikileaks.

Such videos bring wide attention to horrendous incidents of war. Did Wikileaks perform a public service by releasing them?

The benefits of maximum openness are indisputable. Our democracy rests on informed consent, with emphasis on the word informed. The electorate relies upon the free flow of information to make considered choices about policies and the men and women who conduct them. In decisions about war and peace, the public’s interest in information is at its zenith. The video of the Iraq firefight brings horrifically before our eyes the reality of war in ways that make us confront the basic questions of why and how we fight.

But there is another side to the coin. The display of videotapes in which our forces make mistakes, or do even worse, has costs that should not be denied. For one thing, the leaked Iraq video, as Secretary of Defense Robert Gates has remarked, provides the public a view of warfare "as seen through a soda straw." Wikileaks, itself a highly secretive operation run by Australian journalist/activist Julian Assange, actually posted two videos: a full-length version of the firefight, and a shorter version edited into nothing less than a propaganda film with the caption "collateral murder."

Neither drew attention to what U.S. ground forces found when they came upon the grisly scene following the helicopter gunfire: namely, AK-47s and rocket-propelled grenade launchers (RPGs). Wikileaks’s caption noted that "some of the men appeared to have been armed" but also added, insouciantly, that "the behavior of everyone appeared to be relaxed."

But it is precisely the presence of weapons, including RPGs, that goes a long distance toward explaining why cameramen for Reuters—pointing television cameras around corners in a battle zone—were readily mistaken by our gunships for insurgents. The video makes plain that in this incident, as in almost all military encounters in both Iraq and Afghanistan, our soldiers are up against forces that do not wear uniforms—a violation of international law precisely because it places innocent civilians in jeopardy.

Responsibility for civilian deaths in such encounters rests with those who violate the rules of war.

The Wikileaks videos also do not reveal the hundreds upon hundreds of cases in which American forces refrain from attacking targets precisely because civilians are in harm’s way. That is today an iron rule in Afghanistan, and one for which our soldiers are themselves paying a price in increased casualties. Yet even with the greatest care, armed conflict cannot be sanitized. In almost every war America has ever fought, things on occasion go badly awry. In World War II, instances in which Allied forces massacred captured enemy soldiers were not unheard of. While such cases were a blemish on our military honor, broadcasting the facts to the world and thereby stiffening enemy morale would have been unthinkable in the midst of the great global conflagration.

Although our current struggle does not compare to World War II, there can be no doubt that the dissemination of military videos—far more potent in their impact than written dispatches—can have a profound affect upon our soldiers, inflaming opinion against them in the battlefield and placing their lives at risk. Such videos also undermine the larger counterinsurgency mission of winning hearts and minds. That is why the military keeps them classified. And that is why our laws allow for the punishment of those who violate their oaths and leak secret information, as Spc. Manning is alleged to have done.

Our country depends upon openness for its vitality. But it also often depends upon secrecy for its security. The two imperatives are always in tension. Wikileaks has brought the tension to the fore.

Gabriel Schoenfeld is a Senior Fellow on leave at Hudson Institute.

 Voir par ailleurs:

 Video Shows Reuters Camerman With Insurgents Being Killed [BUMPED/UPDATED: Vidcaps Show Weapons]

The Jawa report

April 05, 2010

UPDATE 4/06/2010

I’ve uploaded a moving image created by Ryno which clearly shows weapons being carried by the so-called "civilians" who were killed along with the news that we have photos of rifles and grenades at the scene.

UPDATE 4/06/2010

We’ve added important info to the new post linked above, including the fact that an RPG was found at the scene. Click here for more recent updates. ——————-

Contrary to all of the "context" given by Wiki Leak which try to lead the viewer into thinking the US Military "murdered" several Iraqis including two who worked for Reuters, the video clearly runs contrary to the narrative. I’ve embedded the Wiki Leak video below. Just ignore all the propaganda they write before and after the video and watch it. A crowd of men surround at least two armed insurgents. The voices indicate that a Bradley and some Humvees are headed in the direction and that a recent engagement has taken place. So, the helicopter pilot and ground controllers see armed men with a convoy approaching and taking fire and …. Wiki Leak has the nerve to call this murder? They’ve even embedded it on a site they call "Collateral Murder." These people are beyond stupid, they’re evil. Worst case scenario this is a few innocents being accidentally killed in the fog of war. But the video doesn’t even appear to be worst case scenario. It appears, in fact, that the video shows armed insurgents engaging or about to engage US troops. The Reuters camera men had embedded themselves with the insurgents. This makes them enemy combatants themselves and should have been shot. Reuters has a long history of its local stringers embedding themselves with terrorist forces. Perhaps they do this because they are sympathetic, perhaps they do this to get "the story", but it matters little to those engaging insurgents. When you embed yourselves with terrorists you know the risk. You are producing propaganda for them. You have become one of them. Anything less than this understanding is purposeful naivite about "objective journalism". In war there can be no objective journalism. You’re either with us or the enemy. If you want to stay neutral stay out of the war zone. As for those who went in to pick up the bodies? Perhaps they were innocents. I’ve no idea. But you drive your van into an active military engagement? What the hell were you thinking You are stupid. Innocent, but stupid. You’re asking to be killed. And if you brought children into the midsts of an ongoing military engagement that makes you more than stupid: it makes you criminally negligent. "It’s their fault for bringing their kids to a battle," says one of the Americans on the video. Indeed it is. People, this is war. This happens in war. It can’t be avoided. If you want to end civilian casualties then end war. Start by asking armed Islamists to put down their weapons. But you won’t do that because your real objection isn’t war, it’s America. Which is why anti-war activists around the globe never protest al-Qaeda, only America. They’re not anti-war, they’re anti-American. Again, watch it. It’s tragic, yes. War is trag

UPDATE: Ed has some more thoughts.

UPDATE II: I made some screenshots for the naysayers. Beginning at 3:36 you can clearly see two men holding weapons. This guy at 3:43 has an AK-47. You can see it more clearly as he swings it but here’s a screenshot that shows it This screenshot is at 3:35. This guy is definitely carrying a weapon. In motion it looks like it might be a rifle, but from the profile angle snapped below it looks like an RPG. A few seconds later at 3:50 he puts the weapon down. The weapon is long enough that it’s comes up well beyond his waist and it certainly has the width of an RPG. Or at least from this angle it looks that way. The person than goes behind a building, out of view. A few seconds later someone is down on the ground behind the same building. At 4:06 he starts to pick up whatever he has laid down on the ground. The one above is a bit fuzzy, but the next vidcap from 4:07 is a little clearer although the person in it has ducked behind the building. I’ll remind you that a convoy was approaching the group of individuals and this would appear to the helicopter pilots like he was scoping out the oncoming US soldiers. Remember, about 15 seconds ago the pilot saw a guy with what looks like an RPG. He ducks behind this building. Then a few seconds later he sees someone down on the ground with something that looks like it could be an RPG. Which is exactly the conclusion the pilot makes. Could that be the Reuters photojournalist with a long lens? Maybe. But from what the pilot is seeing the man seems like a threat. In war you eliminate threats. The pilot then notifies others that he sees an individual about to fire an RPG and asks fire control for authority to eliminate the threat. Which he does. Let me also sneak in a couple of other links grabbed from Hot Air (I still miss our trackbacks function). Cassey Fiano has this good point: I’ve long held the view that journalists shouldn’t even be embedded with our troops in a war zone. It endangers the journalists, and it endangers our troops Let alone embed with the enemy. Whatever happened to the good old fashioned military pool reporter? Alas, gone out with the era of the dinosaurs and when "supporting the troops" actually meant, you know, supporting the troops. Over at Political Byline: I humbly submit, that these so-called Journalists got just was coming to them Perhaps. This wouldn’t be the first time Reuters had sent off it’s "crack team" of locals to give the terrorists’ "point of view". The American Pundit: The video demonstrates the danger of traveling to a war zone. Which is why war correspondents tend to be respected and rare. Wikileaks, hosted in Sweden, decides instead to paint the situation as a clear and straight-forward murder case. Which is both sad and pathetic. Sad, pathetic, and evil. And Free Market Military notes on the seemingly callous words used by the soldiers on the video: Frankly, I’d never hold it against anyone in taking enjoyment out of their job. You might find that callous as well. Tough. If your living this 24/7 I doubt you would spend a year without laughing and having a good time. Amen brotha! Why is it wrong for our men and women to celebrate a perceived victory over their enemies? In their minds they just saved the lives of their fellow soldiers. Celebrations seem perfectly in order

UPDATE III: You’ll have to scroll down even further for the video since I found a couple of good posts from Blackfive. First from Lauging Wolf (thanks man) and then from Uber Pig: The point is, for me to respect Wikileaks, they’ll have to stop picking sides and doing agitprop. I have zero respect for the people running Wikileaks, their sanctimonious preaching, and anyone who donates money to their organization.

Voir de même:

The WikiLeaks Hoax, Part I

On closer inspection, the famous “whistleblower organization” appears in fact to be little more than a front organization. For whom or what is the question…

John Rosenthal

August 12, 2010

WikiLeaks has done it again. For the second time in less than four months, the shadowy outfit has succeeded in publishing a leak that has completely dominated the news cycle. Even news outlets and commentators that are critical of its posting of tens of thousands of U.S. military reports on the war in Afghanistan are prepared to confer upon WikiLeaks the honorific of a “whistleblower organization.” But is that what it is? In April, WikiLeaks published its first mega-scoop of 2010: the so-called “Collateral Murder” video showing a 2007 U.S. Apache helicopter attack in which two Iraqi Reuters employees were killed in Baghdad. At the time, I pointed to glaring differences between WikiLeaks’s handling of the video and the modus operandi that had characterized the “old” WikiLeaks. (See my “The Strange Career of WikiLeaks” at weeklystandard.com.) The original WikiLeaks website in fact went offline in December 2009, allegedly to make way for a funding drive. It was, as I put it, an “equal opportunity” publisher of classified materials of all sorts from a wide variety of sources. The site, as such, had no clear political orientation and it would indeed have been contrary to the nature of the project to have had any. Like its namesake Wikipedia, the “old” WikiLeaks was, in effect, merely a platform. It was not the team that maintained the platform that provided the site with its essential content, but rather the sources who uploaded material to it. The “new” WikiLeaks, by contrast, had all the trappings of a propaganda vehicle. Or, more precisely, just a propaganda stunt. When WikiLeaks published the “Collateral Murder” video, the site might indeed have been more appropriately called “WikiLeak” in the singular. For it contained barely any other leaks and none of any consequence. A site that proudly boasted about having published some 1.2 million leaked documents — namely, in its previous incarnation — had managed to post all of twelve in its new incarnation in 2010. Most of them were about Iceland. In the meanwhile, the “old” WikiLeaks archives have been restored to the new site, thus creating a greater semblance of continuity. But the remarkable penury of leaks has continued. Now, WikiLeaks has managed to chalk up exactly one more leak, and the publication of the files that the site has dubbed “The Afghan War Diary” confirms that the vocation of the “new” WikiLeaks is not unfiltered information, but rather targeted propaganda: highly targeted, since — Iceland aside — the real focus of the new site is obviously just the USA. In light of the evolution of the site in the last four months — or, more precisely, the striking lack thereof — there is reason to doubt that there even really is any WikiLeaks “organization” as such that stands behind it. It would appear rather that the WikiLeaks brand itself — complete with ubiquitous spokesperson Julian Assange and his distinctive shock of white hair — is part of the desired propaganda effect. After all, if the world’s most famous and courageous “whistleblower organization” only ever blows its whistle about American “abuses,” then what does that say about America? It is not so much the content of the leaked Afghan war reports that confirms the propagandistic vocation of the new WikiLeaks, but rather the circumstances of their publication. Given the sheer quantity of the reports and their often highly technical character, it will take months if not years for serious analysts to sift through the data sufficiently so as to come to any robust conclusions about the course of the Afghan war. This, notwithstanding the fact that WikiLeaks helpfully pre-spins the material for its readers, noting, for example, in its introduction to the reports that The material shows that cover-ups start on the ground. When reporting their own activities US Units are inclined to classify civilian kills as insurgent kills, downplay the number of people killed or otherwise make excuses for themselves. But what truly gives away the game is the fact that three selected news organizations were given a substantial head start in viewing the files. This permitted the three organizations to enjoy the prestige of breaking the story and to set the terms of the debate even before the raw material had been posted online by WikiLeaks. And what, above all, gives the game away is just which three news organizations have thus been granted the privilege of being WikiLeaks “media partners,” as the site refers to them. In the aftermath of the 9/11 attacks and over the course of the wars in Afghanistan and Iraq, there has developed a well-nigh metaphysical, so to say, dismal view of America and of the logic of American military interventions and counterterror operations. No three international print media organizations have done more to propagate this dismal view than precisely Germany’s Der Spiegel, Britain’s The Guardian, and America’s own New York Times. It was, after all, none other than Der Spiegel that in January 2003, before the Iraq War had even started, published a spectacular cover story on the impending American invasion under the apodictic title “Blood for Oil.” The phrase was the Spiegel editors’ clever riff on the slogan of the German street protests opposing the first Iraq War twelve years earlier: “No Blood for Oil.” The editors did not even feel the need to add a question mark. The knowing subtitle read: “What [the intervention in] Iraq is really about.” The ostensible reasons, of course, simply could not be true. (For numerous further examples of Der Spiegel’s propagation of the dismal view, see the Der Spiegel archive of the regrettably now largely inactive German media watch blog Medienkritik.) Even independently of WikiLeaks, Der Spiegel and the Times have occasionally dabbled in content-sharing in recent years. But what the publications share, above all, is not content, but spin — typically, spin that is detrimental to America’s image and American security interests. (For just one among many examples, see my “The CIA Rendition Controversy: Is Khaled Al-Masri Lying?” in World Politics Review.) WikiLeaks may have itself decided to provide the chosen three media organizations the leaked files in advance, as the standard news accounts suggest. Or it could well be that the original source provided them to both WikiLeaks and the chosen three, thus giving some of the world’s most thoroughly establishment “old” media a unique chance to partake of the fight-the-power hipness of the new media “whistleblower organization.” But one thing, in any case, appears certain: WikiLeaks did not obtain the files via its famous online “secure submission” form. Once upon a time, the secure submission form was the centerpiece of the WikiLeaks project. It was here that anonymous sources were supposed to upload their sensitive material and to enjoy the assurance that in so doing their anonymity would be preserved. But as the blog Wikileak.org has documented, the site’s secure submission technology has been compromised for many months now. Wikileak.org is a techie blog devoted to critical examination of the WikiLeaks project. It is not affiliated with the project. On June 12, WikiLeaks demonstrated beyond a shadow of a doubt just how uninterested it was in preserving the security of the site. On that day — as was predicted would happen by Wikileak.org — WikiLeaks failed to renew its SSL certificate: a basic form of web security certification that can be purchased for as little as $30 per year. Already at the time of the April release of its “Collateral Murder” video, WikiLeaks claimed to have raised some $370,000 in its funding drive. Attempting to access a site with an invalid SSL certificate will typically generate a warning that secure connection to the site is not possible. Attempt, for instance, to connect to the original WikiLeaks “secure submissions” page here in either IE or Firefox and you will currently receive such a warning. It was only after Wired.com called attention to the lapsing of the WikiLeaks SSL certificate that WikiLeaks finally restored its ostensibly secure submissions form, though at a different address than previously. The Swedish newspaper Sydsvenskan [English link] has, moreover, pointed to a further discrepancy between the carefully cultivated public image of WikiLeaks and the reality of the site. If the “secure submission” system was supposed to provide technical assurances of anonymity to potential leakers, it was the location of the WikiLeaks servers in Sweden that was supposed to provide them legal assurance: thanks, namely, to the robust source protection provisions in the Swedish Press Freedom Act. The current WikiLeaks submission page still promises that submissions are “protected under Swedish and Belgium [sic] press secrecy laws. But the law in question only applies to media that have been issued a “publishing license” by Swedish authorities. Sydsvenskan reports that WikiLeaks has no such license. Asked by Sydsvenskan what he thought of WikiLeaks’s promise of protection for sources under Swedish law, Anders R. Olsson, a Swedish journalist specializing in free speech issues, replied, “I think it is a bit strange that Wikileaks doesn’t seem to know the rules.” Thus, we have a “whistleblower organization” that is not in a position to provide the legal protections to sources that it promises with great fanfare and that makes no effort to maintain the secure submission environment that was supposed to be its very raison d’être. It is small wonder, then, that apart from the two blockbusters WikiLeaks has hardly published any leaks at all since its supposed re-launch. The whole edifice of the “new” WikiLeaks appears in fact to be nothing but a facade. Who or what lies behind the WikiLeaks facade? For some clues, make sure to catch part II of “The WikiLeaks Hoax,” forthcoming on Pajamas Media. John Rosenthal writes regularly on European politics for such publications as The Weekly Standard, Policy Review and The Daily Caller. More of his work can be found at www.trans-int.com.

Voir enfin:

The WikiLeaks Hoax, Part II

John Rosenthal

Pajamas media

August 16, 201

In part I [1] of “The WikiLeaks Hoax,” I adduced a number of reasons for concluding that the much vaunted “whistleblower organization” WikiLeaks is, in fact, just a facade. This was not always the case. The original WikiLeaks website was, as I have put it, an “equal opportunity” platform for leaks of all sorts. It did not share the current site’s single-minded focus on alleged American misdeeds. The original site went offline in December 2009. Despite the new site’s common logo and “branding,” in substance, the old site has never returned. Just who or what stands behind the WikiLeaks facade is not clear. But what is clear is that WikiLeaks has a special relationship with Germany, a country that spearheaded the opposition to the Iraq war [2] and that — despite the avowed Atlanticism of its current chancellor — has continued to take a generally dismal view of America’s war on terror. Indeed, Germany has done much not only to malign, but even to obstruct the war on terror. (For related links, see here. [3]) In a recent documentary [4] on The Hunt for Bin Laden, Germany’s ZDF public television went so far as to insinuate that American authorities purposely allowed Osama bin Laden to escape from his mountain hideout of Tora Bora in December 2001. The special relationship of WikiLeaks with Germany is manifest in the inclusion of the German weekly Der Spiegel among the new site’s chosen three “media partners.” It is also manifest in the site’s maintenance of a special account for donations at the Berlin-based Wau-Holland Foundation. (The WikiLeaks donations pages note that [5] “this may be the best choice for German residents” and, furthermore [6], that donations to the Wau Holland account are even tax-deductible for the latter!) And it is manifest, finally, in the sketchy details that are available about the “structure” of the supposed WikiLeaks “organization.” For if the reportedly Australian-born Julian Assange is the WikiLeaks spokesperson for the rest of the world, WikiLeaks also has a special dedicated spokesperson for Germany — or “that region,” as Assange put it [7] in a testy comment on a September 2009 Wired exposé about the site. The German spokesperson is named Daniel Schmitt. But “Schmitt” has admitted — to Wired [7], as well as several German publications — that his last name is a pseudonym. In an interview [8] with the German daily Die Welt, Schmitt was asked who has decision-making power in WikiLeaks and how many people were at his “level in the organization.” Schmitt’s head-spinning response was as follows: Five people, I’m one of them. Though I am left out of all technical decisions. You can’t get hold of me to find out something. I don’t know anything. We are doers. None of [us] has a lot of time to discuss and to over-democratize everything. The only way to build up a reputation and trust within the organization is to collaborate: to show that one is competent. Around the inner circle, there are about 1000 experts with whom we work and whom, of course, we test in advance. Schmitt’s logorrhoea hardly inspires confidence in the reliability of his account of the “organization.” In any case, one may be permitted to wonder what exactly “1000 experts” contribute to a site that, despite its association with two publicity-generating coups, has essentially been inactive. One thousand “experts”… and WikiLeaks could not manage to renew a SSL certificate. As discussed in my “The Strange Career of WikiLeaks [9],” the “old” WikiLeaks had a somewhat conflictual relationship with Germany and, in particular, with the German foreign intelligence agency, the BND. Perhaps ironically, arguably the biggest genuine scoop produced by the old site involved blowing the agency’s online cover. In November 2008, the site published a list of IP address ranges that had been assigned to the BND under a disguised domain name by the German telecommunications firm Deutsche Telekom. At the time, the WikiLeaks submissions form was still functional, and it is presumably via the form that the document was uploaded to the WikiLeaks servers. The story became even bigger when it was discovered that the outed BND-linked IP addresses had been used to edit Wikipedia entries. In the most astonishing of the known edits, a presumptive BND employee added advice on how to build a “dirty bomb” to a German-language Wikipedia entry on “Nuclear Weapons Technology.” The same IP address was used to edit the German-language Wikipedia entry on the BND itself, editing out a reference to the “open secret” that the agency uses branches of the Goethe Institute in foreign countries as its “unofficial headquarters. Oddly enough, the WikiLeaks editors somewhat downplayed the significance of their scoop. The WikiLeaks “summary” [10] on the matter suggests that the BND contributor to the “Nuclear Weapons” entry “apparently had second thoughts” and quickly deleted the advice on “dirty bombs.” Simple consultation of the relevant Wikipedia user logs [11] shows, however, that this is false: the contributor had added the same passage twice and merely eliminated the redundancy. Otherwise, the WikiLeaks “summary” page tells us that the BND personnel made “a lot of standard edits.” This may well be true. But contrast this treatment to the treatment that WikiLeaks reserved for a story one year earlier on internet activity, including Wikipedia edits, traceable to U.S. military computers at the Guantánamo Bay detention center. Note that the story involved no leak whatsoever. The activity in question was traceable because — unlike the BND’s online activity — it had never in fact been hidden. The domain name associated with the IP address of the computers was jtfgtmo.southcom.mil: namely, for the “Joint Task Force Guantánamo” of the U.S. military’s Southern Command. Nonetheless, the headline on the WikiLeaks article crows, “Wikileaks busts Gitmo propaganda team [12].” The author of the piece happens to have been none other than Julian Assange, the future “WikiLeaks founder” who at the time was identified merely as a WikiLeaks “investigative editor.” In accusing the U.S. military of propaganda, it is clear that Assange had already discovered his own propagandistic calling. Thus, in a classic example of the incestuous self-referential nature of disinformation, the piece cites a blog post [13] from NY Daily News correspondent James Gordon Meek as confirmation that the “job” of one JTF member was “posting positive comments on the Internet about Gitmo.” Assange even puts the phrase in bold, as if it had some special importance. But in fact the phrase is nothing more than Meek’s notably chummy clin d’œil toward the allegations in the original WikiLeaks article. The full list of the Wikipedia edits made from the “busted” Gitmo IP address is available here [14]. Note that the U.S. Southern Command was so rattled by being “busted” by Assange that it has continued to use the IP address. This behavior also contrasts with that of the BND, which — with the help of Deutsche Telekom — rapidly ditched its outed IP addresses after they were published on WikiLeaks Readers may judge for themselves whether the edits bear the hallmarks of a propaganda operation. Unsurprisingly, many have to do with military topics; some directly concern Guantánamo; and others are on totally unrelated subjects like South Park and Pokémon. A Wikipedia entry such as that on Michael Winterbottom’s anti-Gitmo film The Road to Guantanamo would seem to be ripe for editing by a Gitmo-based “propaganda team.” And, lo and behold, we discover that on October 29, 2007 — only weeks before being “busted” by Julian Assange — the Gitmo IP address was indeed used to edit the entry [15] — namely, in order to change the word “organisations” to the American-English spelling “organizations.” Perhaps the last major leak to turn up on the old WikiLeaks site was a classified German report on a German-ordered airstrike in Kunduz, Afghanistan, in which numerous civilians were killed. About two weeks later, the site went down. The new site has yet to rediscover the old site’s taste for classified German material. The pleas of financial duress notwithstanding, the fact is we do not know why the site went down. Nor do we know why it returned in such a radically altered form, with the very heart of the old WikiLeaks project, the “secure submissions” form, essentially cut out of it. In fact, we know virtually nothing about the WikiLeaks organization or even if there really is such an organization. What the world needs now are some useful leaks about WikiLeaks. Disaffected participants in the old project undoubtedly would have some tales to tell. As the current site’s motto puts it, “Courage is courageous.”

URL to article: http://pajamasmedia.com/blog/the-wikileaks-hoax-part-ii/ URLs in this post:

[1] part I: http://pajamasmedia.com/blog/the-wikileaks-hoax-part-i/

[2] spearheaded the opposition to the Iraq war: http://www.worldpoliticsreview.com/articles/793/jacques-chirac-didnt-lead-iraq-war-opposition-he-followed

[3] here.: http://www.trans-int.com/wordpress/?tag=germany-the-war-on-terror

[4] a recent documentary: http://dokumentation.zdf.de/ZDFde/inhalt/16/0,1872,8023856,00.html

[5] note that: http://www.wikileaks.org/wiki/Special:Support

[6] furthermore: http://www.wikileaks.org/wiki/Special:Support#go_wh

[7] as Assange put it: http://www.wired.co.uk/wired-magazine/archive/2009/10/start/exposed-wikileaks%27-secrets?page=all

[8] an interview: http://www.welt.de/wirtschaft/webwelt/article7214769/Wikileaks-will-sein-eigenes-Geheimnis-lueften.html

[9] The Strange Career of WikiLeaks: http://www.weeklystandard.com/blogs/strange-career-wikileaks

[10] The WikiLeaks “summary”: http://mirror.wikileaks.info/wiki/German_Secret_Intelligence_Service_%28BND%29_T-Systems_network_assignments%2C_13_Nov_2008/

[11] the relevant Wikipedia user logs: http://de.wikipedia.org/wiki/Spezial:Beitr%C3%A4ge/195.243.248.226

[12] Wikileaks busts Gitmo propaganda team: http://www.wikileaks.org/wiki/Wikileaks_busts_Gitmo_propaganda_team

13] a blog post: http://www.nydailynews.com/blogs/dc/2007/12/military-denies-gitmo-hacked-w.html

[14] here: http://en.wikipedia.org/wiki/Special:Contributions/130.22.190.5

[15] used to edit the entry: http://en.wikipedia.org/w/index.php?title=The_Road_to_Guantanamo&diff=prev&oldid=16784272


Roms: L’Europe découvre ses intouchables (Europe discovers its own untouchables)

21 août, 2010
Avant, on était dans une situation de liberté totale. Maintenant, quand on entre dans un magasin, si les employés se rendent compte qu’on est des Roms, on est suivi partout dans les rayons où l’on va, jusqu’à la sortie du magasin. On ne peut plus rien voler. Elena B. (Rom de Rouen, 13.08.10)
Si les instances internationales ont retenu le mot Roms qui, en romanès, signifie les hommes, c’est que le terme Tsigane est péjoratif dans de nombreux pays balkaniques ou slaves. Mais en France, en Allemagne ou au Brésil, par exemple, beaucoup de Gitans ne veulent pas d’une identité transnationale rom et revendiquent, au contraire, l’accès à la pleine citoyenneté de la nation qui leur donne leur identité légale. Quand la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) parle des « gens du voyage », elle désigne des Français qui détiennent un document administratif particulier (un titre de circulation selon la loi de 1969) et sont « sans domicile fixe ». Cela concerne environ 300 000 personnes. Toutefois, ce que l’on peut appeler le monde du voyage, c’est-à-dire toutes les personnes qui se disent Gitans face au monde des Gadjé(les non-Tsiganes) comprend aussi des sédentaires, des familles qui vivent toute l’année au même endroit et qui se diront tout de même voyageurs ou voyageuses. (…) la quasi-totalité des Tsiganes européens sont sédentaires. (…) Circulant en Europe en famille, le plus souvent (il y a aussi une migration de main-d’oeuvre d’hommes roms tout à fait ordinaire), ils sont identifiés comme Roms réfugiés et sont l’objet d’un repérage administratif et policier qui ne tient plus compte de leur nationalité et leur interdit de fait l’accès au marché du travail intracommunautaire. La précarité de leur statut ne leur laisse comme possibilité que de se réfugier dans les interstices urbains, et d’acquérir pour la première fois de vieilles caravanes, ce qui renforce le stéréotype du Tsigane nomade. Dans l’attente d’une très probable expulsion. (…) La majorité des familles du monde du voyage vivent des ressources de leur travail (commerce, artisanat), beaucoup des saisons (travaux agricoles), mais aussi du travail salarié, des emplois municipaux. Ils sont alors le plus souvent invisibles en tant que Tsiganes pour les pouvoirs publics ou leurs voisins. Quelques-uns ou quelques-unes, au contraire, sont fortement visibles : les musiciens, les danseuses ou les diseuses de bonne aventure. En bons connaisseurs du monde des Gadjé, les Tsiganes peuvent être amenés à souffrir de l’image qui leur colle à la peau, mais aussi à en jouer pour faire un peu peur, pour faire rêver ou bien tour à tour l’un ou l’autre.Marc Bordigoni (ingénieur de recherche CNRS à l’Institut d’ethnologie méditerranéenne et comparative)
Un Rom roumain ne reconnaîtra pas comme semblable un gitan perpignanais, en tout cas pas en tant que membres d’un même “groupe ethnique". Les membres des différentes communautés dites tziganes (ou roms) ne définissent leur identité qu’en référence à leur propre communauté qui se tisse par réseaux familiaux. Ils ne font jamais référence à la vaste catégorie tzigane créée au XIXe siècle lors de l’avènement des Etats-nations modernes. Actuellement, les cercles militants pour la “reconnaissance du peuple rom” brandissent cette Histoire reconstruite. Cette “méta-identité tzigane” n’a de sens que dans le cercle restreint de leurs colloques et réunions. Dans les bidonvilles, les Roms de Roumanie se rassemblent donc par villes ou réseaux de villages. Les Roms font toujours la différence entre eux et les autres qui ne sont pas “les leurs”, car les différences socioculturelles sont essentielles entre les diverses communautés. Martin Olivera (ethnologue spécialisé dans la communauté tzigane)
Nous avons pris des mesures énergiques contre les trafiquants d’êtres humains et les délinquants qui utilisent la communauté rom pour enfreindre la loi. C’est pour cela que, avec nos partenaires bulgares, nous faisons tout pour améliorer le sort de la population rom et pour combattre ceux qui abusent d’elle. (…) Nous ne pouvons pas rester les bras croisés lorsque nous voyons que des mineures sont contraintes de se prostituer, lorsque des enfants sont obligés de voler dans les rues, lorsque des bébés sont utilisés comme prétextes à la mendicité… C’est un grave problème, d’un point de vue à la fois humanitaire et légal. Bernard Valéro (porte-parole du Quai d’Orsay)
Nous ne pouvons pas utiliser la notion de non discrimination pour laisser se dérouler des choses inacceptables en matière de délinquance, alors que s’accroît le flux de gens qui ne cherchent pas à s’intégrer. Pierre Lellouche (secrétaire d’Etat aux Affaires Européennes)
Xénophobie: La France épinglée par la presse internationale. En multipliant les déclarations discriminatoires à l’encontre des “Français d’origine étrangère” puis des Roms, Nicolas Sarkozy et ses proches cherchent avant tout à reconquérir une partie de leurs électeurs déçus en tablant sur leurs préjugés racistes, constatent les commentateurs étrangers qui s’inquiètent de ces dérives. Courrier international
De violentes critiques se sont abattues sur la France et l’Union européenne, accusées de pratiquer la politique du deux poids, deux mesures face aux Roms, selon qu’ils résident dans l’ouest ou dans l’est du continent. Car la France n’est pas la seule à expulser sans ménagements, loin s’en faut. Récemment la municipalité de Copenhague a demandé l’aide de l’Etat pour expulser quelque 400 Roms. En Belgique, 700 d’entre eux ont été chassés de Flandre vers la Wallonie. En Italie, cette politique a cours depuis des années. L’Allemagne expulse de jeunes Roms vers le Kosovo, même s’ils sont nés sur le sol allemand et ne parlent que la langue de Goethe. Le problème des Roms se pose désormais à l’échelle du continent tout entier, alors que l’on en est encore à débattre de leur nombre exact : sont-ils 9 ou 16 millions? Vesselina Sedlarska
Dans les années 1990 (…) qui accueillait à bras ouverts les milliers et milliers de tsiganes roumains qui prétendaient alors être soit victimes de discriminations dans leur pays d’origine, soit politiquement opprimés ? N’était-ce pas cette même Europe qui fait aujourd’hui la moue? Adrian Halpert

Les Roms seraient-ils les nouveaux intouchables de l’Europe?

Doublement de l’activité répressive contre voleurs multirécidivistes originaires de Roumanie (1 800 mesures de gardes à vue l’an dernier), gangs de cambrioleurs écumant des régions entières à l’aide d’adolescentes, jeunes ados contraints de mendier, voler et cambrioler pour le compte de groupes mafieux et donneurs d’ordre retranchés dans les Carpates, interpellations l’année dernière de 2 500 jeunes femmes qui, par petits groupes très mobiles, détroussent les usagers et les touristes en Ile-de-France, occupations illicites de terrains publics ou privés  pas moins de 110 campements de fortune recensés autour de Paris dont une quarantaine dans la seule Seine-Saint-Denis, soit entre 2 000 et 3 000 Roms), individus revenant clandestinement en France pour percevoir une seconde fois l’aide financière au retour  …

Après les condamnations onusiennes d’un Pays des droits de l’homme jusqu’ici plutôt habitué, du traitement des terroristes palestiniens à celui des bédouins squatteurs d’Israël, à donner les leçons ..

Et à l’heure où une bien hypocrite Europe tombe à bras raccourcis sur le dernier projet de notre Sarko national qui, après l’identité nationale, a l’art de ne s’attaquer aux bons  problèmes que pour de mauvaises raisons, c’est-à-dire trop visiblement électoralistes …

Mais qui, à sa défense, se voit à chaque fois reprocher, comme pour la recrudescence de la petite et moyenne délinquance, tant ses tentatives de réforme que les mauvais résultats qui ne peuvent qu’en résulter

Retour sur ceux par qui le scandale arrive, à savoir les Roms

Se nommant eux-mêmes (comme tant d’autres peuples) "êtres humains" (roma, homonyme tiré du hindi, sans aucun rapport  avec la ville de Rome ou la Roumanie; même sens pour manouche, du sanskrit  manusha) par opposition aux étrangers (gadjé), les Roms sont vraisemblablement à l’origine des groupes d’intouchables du Nord de l’Inde voués par leur statut hors-caste au nomadisme et aux métiers impurs (bouchers, équarrisseurs, tanneurs, bûcherons, fossoyeurs, éboueurs, chiffonniers, ferronniers, saltimbanques).

D’où leur nom de tsigane, repris par les nazis, venant précisément du mot grec pour intouchable mais aussi de gyptos (grec pour ferronnier) comme nombre de leurs noms locaux partout où ils se sont dispersés tournant tous autour des professions liées aux commerces ambulants et à la récupération de métaux ou vieux chiffons, leurs autres noms ayant trait à leurs origines supposées (gitans ou gypsy pour égyptienne; bohémiens du passeport que leur aurait attribué le roi de Bohème : sintis de la province Sindh ou d’une ancienne appellation du fleuve Indus« Sindhu.

Menacés apparemment d’esclavage ou lassés de leur stigmatisation par la société brahmanique, ils auraient autour de l’an 1000 profité des invasions mongoles pour atteindre l’Empire ottoman puis l’Europe à partir de la fin du XIVe, où, devenus indésirables par leurs activités de rapine, ils se mettent sous la protection des seigneurs et abbayes dans un statut à mi-chemin entre le servage et l’esclavage mettant à contribution leurs talents d’artisans, de musiciens et de danseurs (ie. de montreurs d’ours ou dreseurs de chevaux, aujourd’hui dans les métiers forains et du cirque, ou de ferrailleurs).

Mais, après de nombreuses tentatives d’expulsion, ce n’est qu’au début du XXe siècle que commenceront vraiment la répression du nomadisme avec le contrôle administratif et policier sur «l’exercice des professions ambulantes et la circulation des nomades» (création du «carnet anthropométrique d’identité» puis du "livret de circulation" et, pour cause d’interdiction de toute reference ethnique en droit administratif francais, du terme neutre mais ambigu de "gens du voyage") et les première tentatives de sédentarisation forcée jusqu’à l’extermination dans les camps nazis.

La période contemporaine oscillant entre l’accueil relativement bienveillant des années 90 suite à la chute du mur de Berlin et l’ouverture des frontières consécutive à l’élargissement de l’Union européenne et, le retour de la crise aidant, l’exaspération actuelle face aux véritables "réseaux de trafic d’enfants, de prostitution et de mendicité" qui empoisonnent nos rues et font monter les statistiques de délinquance …

A l’égard des Roms, une hypocrisie sans frontières

En expulsant des Tsiganes de son territoire, la France ne fait guère mieux que la Roumanie et la Bulgarie, qu’elle est pourtant si prompte ‡à critiquer, estime un hebdomadaire de Sofia.

Tema

16.08.10

Les Roms bulgares et roumains posent à la France les mêmes problèmes au sujet desquels Paris a l’habitude de critiquer nos deux pays lorsque nous ne parvenons pas à les résoudre de façon convenable. La France a choisi de les résoudre, elle, de la façon la plus simple qui soit : en renvoyant chez elles les personnes qui les posent.

Impossible de ne pas parler d’hypocrisie, car les questions qu’induisent les Roms sont tout ce qu’il y a de plus prosaïque. Or lorsque les autorités s’attaquent au sujet, elles se disent le plus souvent motivées par des principes hautement humanistes. C’est le cas en Bulgarie et en Roumanie, c’est aussi le cas en France. Voici comment le porte-parole du Quai d’Orsay, Bernard Valéro, a expliqué aux médias bulgares la démarche française : « Nous avons pris des mesures énergiques contre les trafiquants d’êtres humains et les délinquants qui utilisent la communauté rom pour enfreindre la loi. C’est pour cela que, avec nos partenaires bulgares, nous faisons tout pour améliorer le sort de la population rom et pour combattre ceux qui abusent d’elle. » En d’autres termes, si la France expulse des Roms, c’est pour mieux les protéger. Si vous avez du mal à le croire, voici encore quelques arguments français en faveur de l’expulsion: « Nous ne pouvons pas rester les bras croisés lorsque nous voyons que des mineures sont contraintes de se prostituer, lorsque des enfants sont obligés de voler dans les rues, lorsque des bébés sont utilisés comme prétextes à la mendicité… C’est un grave problème, d’un point de vue à la fois humanitaire et légal, poursuit le représentant du ministère des Affaires étrangères français, pour qui les Roms sont des "victimes" en France.

Et donc, afin que les Roms ne soient plus des victimes en France, il faudrait les renvoyer en Bulgarie et en Roumanie pour qu’ils y vivent dans la joie et l’insouciance, au grand bonheur des humanistes français ? Dans des déclarations moins hypocrites, les autorités françaises précisent que seuls seront expulsés ceux qui ont enfreint la loi. Ce qui semble plus honnête et presque logique. Mais est-ce que la France expulse ses propres citoyens lorsqu’ils ont commis un délit ?

En termes d’hypocrisie, la Bulgarie n’a rien à envier à la France. La nouvelle de l’expulsion de Roms de France a été accueillie avec une étonnante bienveillance de la part des autorités de Sofia. Et leur hypocrisie n’était rien en comparaison de celle des organisations de défense des droits de l’homme. Ces mêmes ONG qui font des déclarations fracassantes à l’occasion d’une gifle policière ou d’un mot de travers sont restées muettes. Le comble de l’hypocrisie – teintée d’opportunisme – a même été atteint avec les déclarations du chef du parti représentant les Roms, Euroroma, Tsvetelin Kantchev, qui a bruyamment manifesté sa joie à l’idée du rapatriement de ses concitoyens. N’est-il pas offensé, surpris, inquiet de la mesure française ? Aucunement. Son parti "soutient pleinement la France". Il est même persuadé qu’il est capable, à lui tout seul, de régler "70 % des problèmes" des Roms s’il devient un jour ministre.

Entre-temps, de violentes critiques se sont abattues sur la France et l’Union européenne, accusées de pratiquer la politique du deux poids, deux mesures face aux Roms, selon qu’ils résident dans l’ouest ou dans l’est du continent. Car la France n’est pas la seule à expulser sans ménagements, loin s’en faut. Récemment la municipalité de Copenhague a demandé l’aide de l’Etat pour expulser quelque 400 Roms. En Belgique, 700 d’entre eux ont été chassés de Flandre vers la Wallonie. En Italie, cette politique a cours depuis des années. L’Allemagne expulse de jeunes Roms vers le Kosovo, même s’ils sont nés sur le sol allemand et ne parlent que la langue de Goethe. Le problème des Roms se pose désormais à l’échelle du continent tout entier, alors que l’on en est encore à débattre de leur nombre exact : sont-ils 9 ou 16 millions ?

Seul un vrai débat paneuropéen sur un problème qui devient de plus en plus paneuropéen pourrait permettre d’identifier les solutions qui fonctionnent dans les différents pays, de mettre en commun les ressources et d’instaurer une nouvelle politique, porteuse de vraies solutions. Sinon, rien ne changera. Nous envoyons les Roms en Europe et l’Europe nous les renvoie. "Djelem, djelem"… en voyage, en voyage, comme dit la chanson tsigane. Le problème est que ce voyage ne mène nulle part.

Voir aussi:

Mobilisation contre la délinquance rom

Christophe Cornevin

Le Figaro

11/06/2010

Nicolas Sarkozy veut s’attaquer à ces groupes qui viennent en majorité de Roumanie.

L’impulsion, très ferme, est venue du plus haut sommet de l’État. Mardi dernier, à l’occasion d’une réunion sur la sécurité intérieure, Nicolas Sarkozy évoque l’épineuse question des délinquants itinérants originaires d’Europe de l’Est, et de Roumanie en particulier. Placés sous la férule de groupes mafieux les obligeant à vivre dans des conditions de vie délétères, nombre de ressortissants notamment issus de la communauté des Roms sont contraints de mendier, voler et cambrioler pour le compte de donneurs d’ordre retranchés dans les Carpates. Mercredi, à la fin du Conseil des ministres, le chef de l’État enfonçait le clou et demandait au ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, d’accélérer la mise en œuvre d’un plan d’action spécifique.

Un tout récent coup de filet, mené mardi dans l’agglomération de Montbéliard et porté à la connaissance du Figaro, révèle l’ampleur du problème. Dès 6 heures, 150 policiers et gendarmes ont investi un campement abritant un gang de cambrioleurs écumant le Doubs et la Franche-Comté. «Déposées par des complices en voitures, des adolescentes s’introduisaient dans des pavillons, forçant portes et fenêtres, afin de s’emparer des bijoux et du numéraire», explique un enquêteur. Au total, 18 suspects, 9 majeurs et 9 mineurs dont 3 âgés de moins de 13 ans, ont été interpellés. Près d’une cinquantaine de faits sont d’ores et déjà imputés à la bande vivant en caravane, reléguant les plus jeunes dans des tentes situées en périphérie. Outre plusieurs milliers d’euros en espèces, les enquêteurs ont découvert une «cache» recelant près de 75 bijoux en passe d’être écoulés clandestinement. Deux voitures, dont une Jaguar utilisée pendant les vols, ont été confisquées.

Arrivée en France depuis la chute du mur de Berlin, cette population est considérée par les autorités comme étant à l’origine d’une «recrudescence de la petite et moyenne délinquance». En 2009, les actions ciblées contre les voleurs multirécidivistes originaires de Roumanie ont donné lieu à 1 800 mesures de gardes à vue. «Soit plus du double de l’activité répressive de l’année 2008», remarque un responsable policier.

Pour lutter contre ce type de fléau, plusieurs pistes sont explorées. Deux accords devraient notamment être signés entre Paris et Bucarest afin de dépêcher une vingtaine de policiers roumains en France et faciliter le retour vers la Roumanie des enfants isolés et souvent victimes d’une forme d’esclavage moderne: en 2009, 40% des Roms mis en cause pour des délits étaient des mineurs. À titre d’exemple, la direction régionale de la police des transports (DRPT) a procédé l’année dernière à 2 500 interpellations de jeunes femmes qui, par petits groupes très mobiles, détroussent les usagers et les touristes en Ile-de-France. Autour de Paris, pas moins 110 campements de fortune ont été recensés, dont une quarantaine dans le seul département de Seine-Saint-Denis où sont établis entre 2 000 et 3 000 Roms.

Le plan de bataille du gouvernement prévoit de faciliter la reconduite à la frontière de toute personne impliquée dans des troubles à l’ordre public ou n’étant pas en mesure de justifier de ressources depuis plus de trois mois.

Par ailleurs, à l’initiative de Brice Hortefeux, un fichier d’empreintes digitales recensant toutes les personnes bénéficiant de l’aide au retour sera mis en œuvre à la rentrée afin d’éviter que certains individus ne reviennent clandestinement en France pour percevoir une seconde fois une aide financière. Enfin, une circulaire sera adressée dans les prochains jours par le ministre de l’Intérieur aux préfets afin de leur expliquer la possibilité qu’ils auront, dès l’automne prochain, d’évacuer les occupations illicites de terrains, qu’ils soient publics ou privés. Ces mesures inédites pourront être prises par une simple décision administrative, sans passer par l’actuelle phase judiciaire, plus longue et fastidieuse.

Voir également:

Gitans : halte aux idées reçues

Marc Bordigoni. CNRS

Journal du CNRS n° 243, avril 2010.

Marc Bordigoni, ingénieur de recherche CNRS à l’Institut d’ethnologie méditerranéenne et comparative 1

Gitans : halte aux idées reçues

Le 8 avril, comme chaque année, l’Union européenne va célébrer la « Journée internationale des Roms », le Brésil a instauré un « Dia nacional do cigano » (une journée nationale des Tsiganes, dirions-nous), votre livre s’intitule Les Gitans2 et on dit aussi les gens du voyage. Parle-t-on des mêmes personnes?

Marc Bordigoni : Selon le contexte et selon qui parle, il y a des termes différents pour désigner ces gens-là, ceux que l’on appelle les Gitans dans le français de tous les jours, d’où le choix que j’ai fait pour aborder les idées reçues les concernant. Si les instances internationales ont retenu le mot Roms qui, en romanès, signifie les hommes, c’est que le terme Tsigane est péjoratif dans de nombreux pays balkaniques ou slaves. Mais en France, en Allemagne ou au Brésil, par exemple, beaucoup de Gitans ne veulent pas d’une identité transnationale rom et revendiquent, au contraire, l’accès à la pleine citoyenneté de la nation qui leur donne leur identité légale. Quand la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) parle des « gens du voyage », elle désigne des Français qui détiennent un document administratif particulier (un titre de circulation selon la loi de 1969) et sont « sans domicile fixe ». Cela concerne environ 300000 personnes. Toutefois, ce que l’on peut appeler le monde du voyage, c’est-à-dire toutes les personnes qui se disent Gitans face au monde des Gadjé(les non-Tsiganes) comprend aussi des sédentaires, des familles qui vivent toute l’année au même endroit et qui se diront tout de même voyageurs ou voyageuses.

Les familles qui ont fui les pays de l’ex-Europe de l’Est pour des raisons économiques, depuis l’effondrement du bloc soviétique, ont-elles toujours été nomades?

M.B. : Non. Ces familles vivaient en maison ou en appartement depuis des générations. Elles ont découvert la caravane, comme habitat de fortune, à leur arrivée en France. Et la quasi-totalité des Tsiganes européens sont sédentaires.

Pourquoi ces Roms habitent-ils souvent des campements de fortune près des autoroutes ou des décharges alors?

M.B. : Il y a un petit détail à rappeler pour comprendre leur situation. Circulant en Europe en famille, le plus souvent (il y a aussi une migration de main-d’oeuvre d’hommes roms tout à fait ordinaire), ils sont identifiés comme Roms réfugiés et sont l’objet d’un repérage administratif et policier qui ne tient plus compte de leur nationalité et leur interdit de fait l’accès au marché du travail intracommunautaire. La précarité de leur statut ne leur laisse comme possibilité que de se réfugier dans les interstices urbains, et d’acquérir pour la première fois de vieilles caravanes, ce qui renforce le stéréotype du Tsigane nomade. Dans l’attente d’une très probable expulsion.

Les gens du voyage, citoyens français, sont-ils eux aussi victimes de discriminations?

M.B. : La Halde a reconnu en 2009 qu’au sein de la République française, des citoyens nommés « gens du voyage » font l’objet d’une série de discriminations inscrites dans la loi3,sans oublier toutes les autres discriminations dans la vie quotidienne, qu’elles soient le fait des autorités de police ou de gendarmerie, des services, des entreprises ou des citoyens ordinaires. En particulier, alors que la liberté de circuler est une liberté fondamentale, dans le cas des voyageurs français, elle est entravée par la difficulté croissante pour s’arrêter, trouver un espace où stationner quelques jours. La loi dite Besson de 2000 prévoit la création d’aires d’accueil. Cela peut être une solution partielle, mais nombre de familles qui en ont les moyens achètent des terrains (souvent en zone agricole) pour pouvoir se déplacer de terrains familiaux en terrains familiaux, et ainsi ne pas dépendre des institutions publiques.

Les journalistes ou les travailleurs sociaux, qui ne voient bien souvent que les familles les plus précaires dépendant de l’aide publique, ne perçoivent-ils pas qu’une partie de la réalité tsigane?

M.B. : Si. La majorité des familles du monde du voyage vivent des ressources de leur travail (commerce, artisanat), beaucoup des saisons (travaux agricoles), mais aussi du travail salarié, des emplois municipaux. Ils sont alors le plus souvent invisibles en tant que Tsiganes pour les pouvoirs publics ou leurs voisins. Quelques-uns ou quelques-unes, au contraire, sont fortement visibles : les musiciens, les danseuses ou les diseuses de bonne aventure. En bons connaisseurs du monde des Gadjé, les Tsiganes peuvent être amenés à souffrir de l’image qui leur colle à la peau, mais aussi à en jouer pour faire un peu peur, pour faire rêver ou bien tour à tour l’un ou l’autre.

Propos recueillis par Philippe Testard-Vaillant

1. Unité CNRS / Université Aix-Marseille-I.

2. Les Gitans, éd. Le Cavalier Bleu, coll. « Idées reçues », mars 2007, 128 p. – 9,80 e.

3. Délibération relative aux discriminations subies par les gens du voyage, n° 2009-143 du 6 avril 2009 (www.halde.fr/spip.php?page=article&id_article=12849&liens=ok)

Voir par ailleurs:

Roms. Comment font nos voisins

21 août 2010

Après le renvoi de 86 Roms, jeudi, quelque 130 personnes ont été expulsées de France vers la Roumanie, hier. En Europe, les Roms ne reçoivent pas partout le même accueil.

Face à la question des Roms, les réponses des pays européens varient, allant de la fermeté à des politiques favorisant l’intégration.

Espagne:

le gouvernement a adopté en avril un «plan d’action pour le développement de la population gitane 2010-2012», doté de 107 millions d’euros sur trois ans, avec des actions en matière d’éducation, de santé, de logement et en faveur des femmes. Le pays compte 700.000 gitans (1,6% de la population). S’il s’agit d’étrangers en situation irrégulière, ils peuvent être expulsés.

Hongrie:

entre 500.000 et 600.000 Roms (sur 10 millions d’habitants). Avec la crise économique, Budapest, qui entendait notamment favoriser leur intégration dans la Fonction publique, a dû réviser ses plans.

Italie:

342.200 Roumains sont recensés (chiffres officiels), 556.000 selon l’organisation Caritas. Il n’existe pas de politique systématique d’expulsions à l’encontre des Roms, mais des aides au retour sont prévues sur une base volontaire.

Grèce:

environ 300.000 Roms y vivent, la plupart dans des conditions misérables, souvent victimes d’expulsions arbitraires et de violences policières. Malgré des aides sociales provenant des programmes européens, leur intégration reste lettre morte.

République tchèque:

la minorité tzigane est estimée à 250.000 – 300.000 personnes sur 10,4millions d’habitants. Plusieurs attaques d’extrémistes de droite contre les Roms ont eu lieu ces dernières années.

Allemagne:

les Roms allemands sont reconnus comme l’une des quatre minorités. La plupart des autres Roms sont des réfugiés du Kosovo ayant fui la guerre. L’Allemagne les encourage à rentrer chez eux avec des aides au retour.

Portugal:

la communauté tzigane, d’implantation très ancienne, compte environ 50.000 personnes. Il n’existe aucune statistique officielle sur le nombre de «Roms» d’immigration récente. Les étrangers en situation irrégulière peuvent être expulsés, sauf s’ils sont nés au Portugal, y sont arrivés avant l’âge de dix ans ou ont des enfants mineurs à charge et scolarisés.

Suisse:

quelque 50.000 Roms y vivent, selon la fondation Roma, qui défend leurs droits.

Pologne:

la communauté Rom compte entre 12.855 et 50.000 personnes, selon les sources (sur 38millions d’habitants). Selon les autorités, 30% des enfants ne sont pas scolarisés.

Grande-Bretagne:

le gouvernement renforce sa législation pour donner à la police les moyens d’arrêter les occupants illégaux de terrains.

Suède:

les Roms, estimés à 50.000, sont l’une des cinq minorités reconnues. Depuis le début de l’année, plus de 50 Roms ont été expulsés.

Voir enfin:

As France Expels Gypsies, a Q&A on a Mysterious People

Dana Kennedy

AOL

NICE, France (Aug. 19) — France began expelling the first of 700 Roma people today as part of a controversial crackdown on illegal encampments around the country announced by French President Nicolas Sarkozy on July 31.

Two flights with 87 Roma, or Gypsies, aboard left airports in Paris and Lyon today bound for Bucharest, with more expected to be flown to the Romanian capital next week. The French government paid each Roma $390 to leave and about $75 for each child.

The expulsion policy, which has been criticized even by members of Sarkozy’s own conservative political party, was created after a July 17 riot by Roma at a police station in the village of Saint-Aignan.

The Roma being deported from France are legal residents of Romania and Bulgaria. Roma who are French nationals haven’t been targeted in the expulsions.

Roma, known more commonly as Gypsies, trace their roots back to India. Today, they live primarily in Eastern and Central Europe, with other communities in North and South America and Australia. Most — even the storefront fortunetellers in New York City and Orange County, Calif. — still speak the Romani language.

The French Interior Ministry says that Gypsy camps are "sources of illegal trafficking, of profoundly shocking living standards, of exploitation of children for begging, of prostitution and crime."

Humanitarian rights groups, however, maintain that the initiative smacks of xenophobia, and some politicians have compared it to the roundup of Jews during World War II. As European Union citizens, however, the Roma are theoretically free to return to France for up to three months.

AOL News spoke to Yaron Matras, an expert on the Roma and a linguistics professor at the University of Manchester in England, where he coordinates the Romani Project.

Where are the Roma from?

From what we’ve been able to find out, the Roma probably came from central India and moved to northern India around the fifth century. The Romani language is one of the Indo-Aryan languages, like Hindi or ancient Sanskrit. We think the Roma people moved westward around the 10th century and into what is now Turkey. From the late 14th century on, they moved into Europe.

Why is everyone so vague about the origins of the Roma and why they left India?

First of all, there are absolutely no historical records. Nobody really knows. People have come up with all sorts of theories and wild speculation. There’s no evidence of a catastrophic event causing them to leave. They were part of an economically specialized caste; some of them, for example, were metal workers and continued that trade for centuries.

Do you mean they were part of a lower caste in India?

Well, there’s a generation of [Roma] activists that don’t want to talk about that now, as if that’s an insult to their ancestors. There’s a fashion among activists to say the Roma were upper-caste, proud warriors who were taken as slaves and forced to come to Europe. There’s no evidence to support that. There’s no written attestation.

Many people think the word "Roma" means Romanian, especially as the French are expelling many Roma back to Romania.

"Rom" comes from the caste name "Dom" in the Indian languages. The country of Romania has nothing to do with the Roma or the word "Romani," which is an adjective for them. It’s a complete coincidence. There is a large population of Roma who live in Romania, but they are all over the Balkans, in Bulgaria and Slovakia and Turkey as well.

Roma are said to have been persecuted for centuries; they also have a reputation for being petty criminals and con artists. Did one lead to the other?

The Roma have a long history of persecution, of living in poverty, being marginalized, and have a high rate of illiteracy. There’s been a lot of social prejudice and isolation. It’s a vicious cycle than can lead to self-despair and a boycotting of mainstream culture. But you’re seeing the Roma who are out there begging; you aren’t seeing the ones working in offices and other good jobs. There are thousands of those too.

How does the persecution of the Roma compare to that of the Jews?

To an extent, they’ve been persecuted more than the Jews. Jews had more urban integration. The Roma never had a cohesive body. They’ve never had a territory or a tradition of literacy, which is what the Jews had. Often they were allowed to work in Europe only in certain trades and on the condition they not mix with the local population. The Roma in Romania and Bulgaria were the first to lose their jobs after the fall of communism.

Movies like "King of the Gypsies" present the Roma as having their own courts and an intricate social structure that involve scamming people.

There are no kings or queens. No Gypsy believes in gypsy kings. That’s for show. Some Gypsy communities have conflict resolution strategies that some of them call courts. Roma are often specialized in particular trades and services and have adopted survival strategies which outsiders often regard with suspicion.

Is there hope for the Roma?

There is a growing movement of young Romani intellectuals and activists who are working toward self-empowerment and social integration as well as fighting discrimination and prejudice against the Roma. They are promoting Romani media training and cultural projects that are increasingly gaining the respect of governments.


Retrait d’Irak: Cachez cette victoire et ces héros que je ne saurai voir (One day, military history will acknowledge McChrystal for his great feat of arms)

20 août, 2010
Les développements aussi bien en Turquie et en Egypte sont la preuve qu’au Moyen-Orient, il n’existe pas un phénomène tel qu’une alliance permanente. Tout est sujet à changement. La Turquie paraissait autrefois un lieu stable. Son armée était dotée d’une puissance constitutionnelle – et requise – pour sauvegarder le pays dans une démocratie laïque. Mais sept années après la révolution de l’AKP, l’armée ne peut même pas se défendre elle-même. De même, depuis près de trente ans, Moubarak a dirigé l’Egypte d’une poigne de fer. Mais comme Israël ne voyait pas de différence entre Moubarak et l’Egypte, les forces hostiles qu’il réprimait se sont multipliées sous sa botte. Lorsqu’il sera parti, elles ressurgiront une nouvelle fois. Allant de l’avant, Israël doit apprendre à couvrir ses risques. Qu’un gouvernement étranger s’entende avec Israël un jour ne signifie pas que son armée doive disposer d’un libre accès à la technologie militaire israélienne le jour suivant. De même, qu’un régime soit opposé à Israël un jour ne signifie pas qu’Israël ne puisse pas développer des liens avec lui, fondés sur des intérêts partagés. Caroline Glick
L’Irak (…) pourrait être l’un des grands succès de cette administration. Joe Biden (10.02.10)
Barack Obama a été élu en partie sur sa promesse de mettre fin en 16 mois à la guerre en Irak : aujourd’hui, cette échéance passe à 19 mois, l’objectif du retour d’une brigade par mois est abandonné, et surtout, la force dite résiduelle pourra comprendre jusqu’à 50 000 hommes. Trois pilules difficiles à avaler pour les militants anti-guerre. « On ne peut pas laisser autant de troupes sur place et appeler ça la fin de la guerre » proteste un député de l’aile gauche démocrate. « C’est inacceptable », s’emporte une autre. Même les dirigeants du parti ont du mal à dissimuler un certain malaise. A droite, au contraire, on couvre d’éloges le président démocrate pour avoir mis de l’eau dans son vin en suivant les conseils des militaires. Certains républicains vont même jusqu’à voir une continuité entre la stratégie irakienne de George Bush et le plan dévoilé hier par Barack Obama. RFI (27.02.09)
Le mardi 30 juin, les troupes américaines se retireront des villes irakiennes, laissant à l’armée nationale le soin de la sécurité. (…) C’est le 27 novembre 2008 que le parlement irakien a ratifié l’accord sur le retrait des troupes américaines d’ici fin 2011 (signé du temps de l’administration Bush). Et il semble que le président Obama soit bien décidé à se conformer à ce calendrier, malgré certaines pressions de ses militaires. Le Monde diplomatique (29.06.09)
Le départ d’Irak des dernières forces de combat des GI’s (…) respecte scrupuleusement le calendrier promis par Obama lors de son élection, et indique que le désengagement total des Américains prévu en 2011 est en train de s’accomplir. Désormais, les soldats qui restent en Irak jusqu’à l’année prochaine remplissent des fonctions de formation et de conseil. Il y a sept ans, l’invasion de l’Irak a plongé le pays dans le chaos, la guerre et les attentats. Aujourd’hui encore, Bagdad vit au rythme quasi quotidien d’explosions terriblement meurtrières. L’occupation du pays a coûté la vie à près de 4 500 militaires américains et a eu un coût financier considérable, au point qu’elle est devenue très impopulaire aux États-Unis. (…) Les Américains s’en vont donc sans laisser place nette. Leur départ était devenu inéluctable, mais il s’opère sans gloire. La Dépêche
Ceux qui pensent qu’il n’y aura plus de forces américaines en Irak se trompent : nous continuerons à subir des pertes humaines et à dépenser de l’argent dans ce pays, alors que les hommes politiques irakiens tentent de s’accrocher à leur faible démocratie. Jack Jacobs (spécialiste des questions militaires, NBC)
C’est une chose dont je serai fier jusqu’à la fin de ma vie le fait d’avoir été là au départ et de partir avec la dernière des unités de combat. Luke Dill (soldat américain quitant l’Irak)
Il est presque impossible de décrire dans toute son horreur la situation à laquelle la coalition a dû faire face en Irak au milieu de la décennie précédente. Al-Qaïda pouvait alors y opérer en quasi-impunité -et en s’appuyant sur le matériel militaire nombreux des Baasistes- dans de nombreuses provinces mais également dans de nombreux quartiers de Bagdad. Al-Qaïda a ainsi pu faire sauter les bureaux des Nations Unies avec une bombe de très forte puissance et même détruire le lieu saint du chiisme en Irak, le dôme de la Mosquée d’Or. Ses coupeurs de tête et ses tortionnaires sur vidéo pouvaient aller et venir à leur guise. Dans certaines villes de la province d’Anbar, un «Etat islamique provisoire d’Irak» a même vu le jour et des défilés de la victoire se déroulaient, célébrant la défaite des Américains et de leurs alliés. Aux Etats-Unis, la demande du retrait des troupes d’Irak enfla au point d’atteindre la masse critique. Comme je tentais de le faire comprendre à l’époque, un tel mouvement revenait à permettre à Abou Moussab al-Zarquaoui, ce tueur psychopathe qui disposait alors de la franchise de Ben Laden pour l’Irak, de se proclamer vainqueur des Etats-Unis en bataille rangée. Les conséquences d’un tel retrait -un terrible bain de sang en Irak, l’effondrement d’une des puissances centrales dans l’économie mondiale, la déstabilisation chronique de la région et le renforcement des ultra-fondamentalistes partout ailleurs- eut été infiniment pire que tout échec en Afghanistan.
Le général McChrystal (…) a passé haut la main le fameux test officieux de Churchill en temps de guerre «est-ce qu’il est doué pour tuer des Allemands?». Il ne s’est pas contenté d’infliger des pertes et des dégâts importants à l’ennemi, il l’a également démasqué -le dépouillant de ses oripeaux sunnites- en le montrant pour ce qu’il est: un ramassis de vandales et de fanfarons. Cet exploit a permis l’augmentation substantielle des effectifs en Irak. Un jour, les historiens militaires loueront McChrystal pour ce haut fait d’armes. Christopher Hitchens

La guerre d’Irak restera décidément jusqu’au bout celle de toutes les désinformations.

A l’heure où un président américain enlisé jusqu’au cou dans un conflit afghan dont on ne voit pas la fin choisit de s’enferrer dans une nouvelle controverse pour une mosquée du 11-septembre censée imposer par la confrontation (cherchez l’erreur !) "le dialogue et la tolérance" à la veille d’élections de mi-mandat annoncées comme catastrophiques pour son camp …

Et où, dans leur obsession de ne jamais concéder le moindre succès à l’Administration Bush, nos médias font tout leur possible pour cacher que, revenant sur ses promesses de campagne (les fameux 16 mois passés discrètement à 19), l’actuel président n’a fait en réalité que reprendre (comme à peu près tout le reste!) le calendrier établi dès novembre 2008 par son prédécesseur

Et ce, sans compter, en ce Moyen-orient où rien n’est jamais permanent, le maintien des forces spéciales et l’accroissement  du nombre de sous-traitants privés tant condamnés sous l’ère Bush, jusqu’aux 56 000 hommes rebaptisés fort opportunément  "formateurs"  …

Retour, avec un article de Christopher Hitchens, sur le grand absent de ce retrait et véritable responsable, avec son commandant en chef Bush et son commandant tout court le général Petraeus, de cette victoire que personne ne veut voir, sinon, comme pour l’Administration Obama, pour se l’attribuer après avoir tout fait pour l’empêcher …

A savoir le général McChrystal qui, bien avant son limogeage pour cause de trop grand franc-parler et avec le réseau de combattants de contre-guérilla qu’il avait mis sur pied, avait non seulement "écrasé les «cellules» d’Al-Qaïda les unes après les autres "et éliminé le psychopathe Zarkaoui

Mais surtout, dans une situation dont on peine aujourd’hui à se rappeler toute l’horreur, démasqué la prétendue "résistance irakienne" en la "montrant pour ce qu’elle était réellement: un ramassis de vandales et de fanfarons"

Une dernière mission

Le Général McChrystal devrait superviser le retrait américain d’Irak

Christopher Hitchens

8 juillet 2010

Parmi les nombreuses mauvaises impressions qui se dégagent aux Etats-Unis en ce moment se trouve celle que nous ne disposons que de deux bons généraux. Il semble d’ailleurs qu’il nous ait fallu un certain temps pour réaliser que ce chiffre vient même d’être divisé par deux. Jusqu’au mois dernier, seuls deux de nos généraux pouvaient se targuer d’avoir affronté Al-Qaïda et de l’avoir vaincu tant politiquement que militairement. C’était à l’époque où les généraux David Petraeus et Stanley McChrystal travaillaient ensemble en Irak. L’Afghanistan a quant à lui mis leur talent à rude épreuve, qu’il soit exercé séparément ou de concert; et en se lançant dans une série de commentaires désobligeants à l’encontre de la politique «trop brouillonne» du président Obama, le général Stanley McChrystal s’est privé de lui-même de toute participation à ce conflit.

Mais avons-nous vraiment réalisé, lorsqu’il s’est vu relevé de son commandement à Kaboul, qu’il venait également d’être écarté de toute participation à ce conflit? Les querelles de second rang -combien d’étoiles pourra-t-il garder lorsqu’il fera valoir ses droits à la retraite- tendent à nous faire oublier que nous venons de perdre un soldat de premier ordre.

Non au retrait

Finir comme un trophée de chasse suspendu dans le salon de Jann Wenner de Rolling Stone a quelque chose d’irritant et d’alarmant. Je constate que lorsque l’on demande ce que McChrystal a accompli à Bagdad, la majorité des personnes interrogées répondent vaguement qu’il a joué un rôle dans l’augmentation des effectifs en Irak, décidée en 2007 par le président Bush. Ceci démontre une ignorance de l’histoire récente, qui masque encore l’étendue de la perte que nous venons de subir.

Il est presque impossible de décrire dans toute son horreur la situation à laquelle la coalition a dû faire face en Irak au milieu de la décennie précédente. Al-Qaïda pouvait alors y opérer en quasi-impunité -et en s’appuyant sur le matériel militaire nombreux des Baasistes- dans de nombreuses provinces mais également dans de nombreux quartiers de Bagdad. Al-Qaïda a ainsi pu faire sauter les bureaux des Nations Unies avec une bombe de très forte puissance et même détruire le lieu saint du chiisme en Irak, le dôme de la Mosquée d’Or. Ses coupeurs de tête et ses tortionnaires sur vidéo pouvaient aller et venir à leur guise. Dans certaines villes de la province d’Anbar, un «Etat islamique provisoire d’Irak» a même vu le jour et des défilés de la victoire se déroulaient, célébrant la défaite des Américains et de leurs alliés.

Aux Etats-Unis, la demande du retrait des troupes d’Irak enfla au point d’atteindre la masse critique. Comme je tentais de le faire comprendre à l’époque, un tel mouvement revenait à permettre à Abou Moussab al-Zarquaoui, ce tueur psychopathe qui disposait alors de la franchise de Ben Laden pour l’Irak, de se proclamer vainqueur des Etats-Unis en bataille rangée. Les conséquences d’un tel retrait -un terrible bain de sang en Irak, l’effondrement d’une des puissances centrales dans l’économie mondiale, la déstabilisation chronique de la région et le renforcement des ultra-fondamentalistes partout ailleurs- eut été infiniment pire que tout échec en Afghanistan.

Un leader de contre-guérilla

J’avais alors accès à l’occasionnel petit briefing «off» à Washington et il était facile de constater des signes de fatigue et de confusion. Mais à cette époque comme aujourd’hui, tout espoir ne semblait pas perdu. Son nom ne devait pas être cité, mais un certain général Stanley McChrystal était en train de monter sur pied un réseau de combattants de contre-guérilla, composé d’Américains et de locaux, et qui sortaient toutes les nuits dans les quartiers de Bagdad et ne laissaient aucun répit à l’ennemi. Non content d’avoir écrasé les «cellules» d’Al-Qaïda les unes après les autres, ils se montraient également très doués pour «retourner» les agents ennemis. C’est ainsi qu’al-Zarkaoui a pu être localisé et s’il n’a pas été pris vivant, il respirait encore lorsque les soldats sont entrés dans sa planque. Il est parti en se sachant trahi.

On aura par contre compris que McChrystal est assez dépourvu de talent dans le domaine politique. Son rôle lamentable dans la tentative d’étouffer les circonstances de la mort de Pat Tillman en Afghanistan le démontre amplement. Mais il a constamment éliminé des membres d’Al-Qaïda. Il a passé haut la main le fameux test officieux de Churchill en temps de guerre «est-ce qu’il est doué pour tuer des Allemands?». Il ne s’est pas contenté d’infliger des pertes et des dégâts importants à l’ennemi, il l’a également démasqué -le dépouillant de ses oripeaux sunnites- en le montrant pour ce qu’il est: un ramassis de vandales et de fanfarons. Cet exploit a permis l’augmentation substantielle des effectifs en Irak. Un jour, les historiens militaires loueront McChrystal pour ce haut fait d’armes.

Bagdad comme fin de carrière

Aujourd’hui, le général est bon pour la casse ou pire, pour servir de consultant au sein du complexe militaro-industriel. Mais des rapports indiquent que la politique américaine à Bagdad commence de plus en plus à battre de l’aile, au fur et à mesure que la date du retrait approche. Le voyage de 10 minutes effectué par le vice-président Joe Biden dans la zone verte, le 4 juillet, semble confirmer la mauvaise opinion que McChrystal avait de lui.

Tirant avantage des nombreuses incertitudes, notamment politiques, les forces d’Al-Qaïda, aujourd’hui réduites, se préparent à infliger autant de misère qu’elles le pourront aux Irakiens, afin de faire barrage à toute solution fédérale ou démocratique. (Ce faisant, ils démontrent que leurs basses tactiques, aujourd’hui dirigées contre une armée se désengageant, ne sont pas une réponse à une «occupation»).

Peut-être serait-il salutaire de demander au général McChrystal d’effectuer une dernière mission? Renvoyez-le à Bagdad pour qu’il supervise le retrait des troupes tout en continuant d’infliger des pertes sévères à ceux qui tentent d’empêcher une bonne transition. Il convient de faire en sorte que l’armée irakienne soit pourvue d’un cadre de soldats rompus au combat, arabes et kurdes, des hommes ayant pris la pleine mesure de l’ennemi. Il faut que chacun sache que l’aide extérieure est toujours disponible pour peu qu’on la demande. Ce serait une fin de carrière bien plus légitime que celle qui se profile actuellement, qui porte en elle quelque chose de mesquin et de déshonorant.

Voir aussi:

The News from Iraq: What Does It Mean?

Victor Davis Hanson

National Review

August 19, 2010

The departure of the last combat brigade from Iraq is full of symbolic weight.

1. President Obama, to his credit, dropped the nonsense from his candidacy about promising withdrawal by March 2008 and stuck to the Bush-Petraeus plan.

2. While there is violence in Iraq (as there is in Pakistan and in many nations of the Arab Middle East), the surge worked, broke the back of the resistance, and allowed some sort of consensual government to survive.

3. We are reminded by the departure that the campaign-constructed “bad” war in Iraq become okay in late 2008, while the okay war in Afghanistan turned bad, something candidate “Let me at ’em in Afghanistan” Obama probably never anticipated, as his post-campaign surprise seems to suggest.

4. We should remember that while the surge coincided with a booming economy, the departure is taking place against the backdrop of a deep recession, and borrowed money is now as big a consideration as grand strategy (e.g., it will be difficult to ever reinsert the troops at their former levels should the terrorists return) . . .

5. . . . but the 50,000-something troops left in Iraq are not weaponless, and with air support can in extremis aid the Iraqi security forces.

6. If the calm holds, George Bush will be seen in a rather different light than when he left in January 2009, not just because Iraq miraculously has functioned under a constitutional system for years now, but because we have seen how different governance is from perpetual campaigning. In the latter, the rhetorical choices are always good and bad, rather than bad and worse, as is the case when one must be responsible for consequences. In short, despite all the “war is lost,” the “surge is not working,” and the “General Betray Us,” Bush’s persistence paid off — and now Joe Biden, of erstwhile “trisect Iraq” fame, thinks that Iraq could be one of the Obama’s administration’s “greatest achievements.” We’ve come a long way from that September 2007 Senate grilling of Petraeus when President Obama, Vice President Biden, and Secretary of State Clinton all weighed in with false knowledge.


Langues: Français, pour exister, parlez English et laissez la lecture aux pédés! (Faced with English’s hegemony, will French backslang itself to extinction?)

19 août, 2010
Fuck France (French bestseller, 2010)La France est une garce et on s’est fait trahir Le système, voilà ce qui nous pousse à les haïr La haine, c’est ce qui rend nos propos vulgaires On nique la France sous une tendance de musique populaire On est d’accord et on se moque des répressions On se fout de la République et de la liberté d’expression Faudrait changer les lois et pouvoir voir Bientôt à l’Elysée des arabes et des noirs au pouvoir (Nique la France, Sniper, 2010)
La lecture, c’est pour les pédés! Réponse de collégiens français
Le parler «caillera», ce «langage des exclus» longtemps vu comme une contre-culture «voyou», voire une sous-culture, serait-il devenu tendance chez les jeunes nantis ? Un langage pourtant ultra-code, qui mêle vieil argot et verlan, expressions arabes et africaines. Des mots cash, trash, parfois sexistes, souvent décriés parce qu’ils véhiculeraient la «haine» ? L’intéressée hausse les épaules. «Ca fait longtemps que le verlan a dépassé les limites de la cité», explique-t-elle. De la cour de récré aux boîtes de nuit branchées, il se répand comme une traînée de poudre. On ne rit plus, on s’tape des barres ou on s’charrie. En teuf on kiffe sa race sur de la bonne zik, du son chanmé en matant des meufs. Un vrai truc de ouf. Popularisé avec le «Nique ta mère» de Jamel Debbouze et le tube «Mets ta cagoule» de Michaël Youn, démocratisé par les animateurs radio Maurad et Difool, le verlan a définitivement passé le périph. Le Nouvel Observateur
Il y a un réel engouement bourgeois pour cette culture. Mais c’est aussi la marque d’un encanaïllement un peu pervers. Car à la différence d’un jeune des cités, un «fils de» n’aura aucun mal à jongler avec un autre registre de langue lorsqu’il s’agira de reprendre la boîte de papa…
L’écrit que pratiquent ces jeunes aujourd’hui a changé de perspective et de nature. C’est un écrit de l’immédiateté, de la rapidité et de la connivence: réduit au minimum, il n’est destiné à être compris que par celui à qui on s’adresse. Or, la spécificité de l’écrit par rapport à l’oral est qu’il permet de communiquer en différé et sur la durée: il est arrivé dans la civilisation pour laisser des traces. (…) Ce qui a changé, c’est que nos enfants, qu’on a cru nourrir de nos mots, utilisent un vocabulaire très restreint, réduit à environ 1 500 mots quand ils parlent entre eux – et à 600 ou 800 mots dans les cités. » Les adolescents les plus privilégiés possèdent, certes, une « réserve » de vocabulaire qui peut être très importante et dans laquelle ils piochent en cas de nécessité (à l’école, avec des adultes, lors d’un entretien d’embauche…), ce qui leur permet une « socialisation » plus importante. Mais globalement, ce bagage de mots que possèdent les jeunes a tendance à s’appauvrir quel que soit leur milieu.
Il y a une loi simple en linguistique: moins on a de mots à sa disposition, plus on les utilise et plus ils perdent en précision. On a alors tendance à compenser l’imprécision de son vocabulaire par la connivence avec ses interlocuteurs, à ne plus communiquer qu’avec un nombre de gens restreint. La pauvreté linguistique favorise le ghetto; le ghetto conforte la pauvreté linguistique. En ce sens, l’insécurité linguistique engendre une sorte d’autisme social. Quand les gamins de banlieue ne maîtrisent que 800 mots, alors que les autres enfants français en possèdent plus de 2 500, il y a un déséquilibre énorme. Tout est «cool», tout est «grave», tout est «niqué», et plus rien n’a de sens. Ces mots sont des baudruches sémantiques: ils ont gonflé au point de dire tout et son contraire. «C’est grave» peut signifier «c’est merveilleux» comme «c’est épouvantable».
C’est de la démagogie! Ces néologismes sont spécifiques des banlieues et confortent le ghetto. L’effet est toujours centrifuge. Les enfants des milieux aisés vampirisent le vocabulaire des cités, mais ils disposent aussi du langage général qui leur permet d’affronter le monde. L’inverse n’est pas vrai. Arrêtons de nous ébahir devant ces groupes de rap et d’en faire de nouveaux Baudelaire! La spécificité culturelle ne justifie jamais que l’on renonce en son nom à des valeurs universelles. Cela est valable pour l’excision, la langue des sourds comme pour le langage des banlieues. Dans une étude récente en Seine-Saint-Denis, on a demandé à des collégiens ce que représentait pour eux la lecture. Plusieurs ont fait cette réponse surprenante: «La lecture, c’est pour les pédés!» Cela signifie que, pour eux, la lecture appartient à un monde efféminé, qui les exclut et qu’ils rejettent. Accepter le livre et la lecture serait passer dans le camp des autres, ce serait une trahison. (…) Même les aides jardiniers ou les mécaniciens auto doivent maîtriser des catalogues techniques, entrer des données, procéder à des actes de lecture et d’écriture complexes. Or 11,6% des jeunes Français entre 17 et 25 ans comprennent difficilement un texte court, un mode d’emploi ou un document administratif et ne savent pas utiliser un plan ou un tableau.
Il y a trente ans, l’école affichait cyniquement sa vocation à reproduire les inégalités sociales: l’examen de sixième éjectait du cursus scolaire deux tiers des enfants, en majorité issus des classes populaires, qui passaient alors leur certificat d’études primaires (avec d’ailleurs une orthographe très supérieure à celle des enfants du même âge aujourd’hui). Or on est passé de ce tri affiché à l’objectif de 80% d’élèves au bac, imposant à une population scolaire qui autrefois aurait suivi la filière courte du certificat d’études de rester au collège et au lycée jusqu’à 16 ans.
mais alors il fallait changer complètement les programmes, les méthodes, les structures, les rythmes! Cela n’a pas été fait. A part quelques morceaux de sparadrap appliqués ici et là, l’école est restée la même. Il faut comprendre que l’apprentissage du langage n’est pas aussi naturel qu’il y paraît. C’est un travail. Quand un enfant apprend à parler, il le fait d’abord dans la proximité, dans un cercle étroit de connivence: la langue confirme ce qu’il voit, avec peu de mots. Petit à petit, en élargissant son langage, il quitte ce cocon douillet pour passer à l’inconnu: il va s’adresser à des gens qu’il n’a jamais vus, pour dire des choses dont ces gens n’ont jamais entendu parler. Il faut avoir l’ambition d’élargir le monde pour s’emparer des mots, et il faut s’emparer des mots pour élargir le monde. Mais, pour cela, l’enfant a absolument besoin d’un médiateur adulte à la fois bienveillant et exigeant qui transforme ses échecs en conquêtes nouvelles – «Je n’ai pas compris ce que tu veux me dire; il est important pour moi de te comprendre» – quelqu’un qui manifeste cette dimension essentielle du langage: l’altérité.
A cause de l’évolution sociologique de ces trente dernières années, l’activité professionnelle des mères, l’éloignement des grands-parents, l’école a accepté des enfants de 2 ans sans rien changer à sa pratique: ces petits se retrouvent dans des classes de 30, avec une maîtresse et, au mieux, une aide maternelle, à un âge où le langage explose (on passe de 50 à 300 mots et on inaugure les premières combinaisons syntaxiques). Dans ce contexte, ils restent entre eux. Cette réponse de l’école maternelle n’est pas honorable. Elle creuse encore le fossé culturel. C’est une catastrophe pour l’épanouissement psycholinguistique de l’enfant!
Mais je ne veux pas faire des enseignants des boucs émissaires ni des cyniques. Ils sont pris dans un système qui leur assigne des objectifs sans leur donner les moyens de les atteindre, et ils souffrent d’être obligés de laisser des enfants sur le bord du chemin. Lors de leur formation, dans les IUFM, on ne les prépare pas à jouer leur rôle. Et puis on cultive cette idée farfelue que, une fois les mécanismes de la lecture acquis, les enfants vont s’en emparer gaillardement et se mettre à lire. Certainement pas! Ils ont besoin d’être accompagnés: on ne lit pas un conte comme un énoncé de mathématiques.
J’ai vu des mômes pleurer de joie à la remise des résultats du CAP de «technicien de surface», exactement comme des candidats à l’agrégation. On leur fait croire que ce «diplôme» est important, alors qu’il est dérisoire. Pour aggraver les choses, on enseigne le français dans les filières professionnelles comme en maîtrise de linguistique: on leur fait étudier le «schéma narratif», l’«arrière-plan» et l’«avant-plan», le «champ lexical» ou encore les «connecteurs d’argumentation», des concepts de pseudo-analyse sémiotique éloignés de l’univers du bon sens. C’est une forme de désespoir pédagogique qui révèle un vrai renoncement à faire partager à des élèves de culture populaire la vibration intime qu’engendre un beau texte.
Je trouve scandaleux que nous relâchions dans la nature chaque année plus de 50 000 jeunes de 17 ans en situation d’illettrisme. Il faut les convaincre qu’il n’est jamais trop tard pour retrouver une perspective de savoir menant à une insertion professionnelle et sociale. Certes, il est plus difficile d’apprendre à lire et à écrire correctement à 17 ans qu’à 6 ans, mais tout est encore possible. La plasticité de l’intelligence est considérable. Alain Bentolila (linguiste et spécialiste de l’illettrisme)
Doit-on se satisfaire de l’affaiblissement du français ? Certainement pas. En même temps, la langue française n’est pas menacée à domicile, même si elle l’est à l’international. Que faire alors ? Pour être constructif, plusieurs idées peuvent être avancées. Il faut par exemple renouveler et redynamiser notre langue en s’appuyant sur le français des quartiers, source permanente d’invention linguistique. On compte aujourd’hui plusieurs milliers de mots en verlan qui enrichissent notre langue. Valorisons-les dans les dictionnaires et les écoles. Frédéric Martel

Anglais parlé par près de la moitié des citoyens de l’Union, moins du quart  des documents de l’UE rédigés en français, français de moins en moins parlé en Europe, chiffres de la francophonie largement surestimés (par au moins un facteur de 2 : 450 contre en réalité moins de 200 millions), français même dépassé par le portugais, le bengali, le russe et le japonais, ringardisation du français contre un américain toujours plus tendance, exportations de livres en chute libre, cinéma  dans les salles à 60 % américain (contre 37 % pour  les films français), fascination des minorités branchées homos en tête pour l’américain …

Alors qu’un PS toujours aussi en mal d’idées nous sort de nulle part un "care" qu’aucun de ses thuriféraires n’arrive à expliquer clairement pour tenter de nous refourguer la maternalisation de la société qui avait le succès que l’on sait de sa précédente candidate …

Et en ces temps étranges où, encanaïllement bourgeois oblige, l’on décore les "slameurs"et prime ou célèbre les auteurs de «Kiffe kiffe demain» ou autres "Nique la France"

Pendant qu’en Afrique un nouveau pays francophone, pour lequel le Pays des droits de l’homme avait été jusqu’à soutenir des génocidaires, passe à l’anglais

L’ancien conseiller culturel Frédéric Martel en profite pour régler ses comptes contre, de l’Académie française à la Délégation générale à la langue française et à la Commission générale de terminologie et de néologie, "les vrais fossoyeurs de la langue française".

Certes, sans compter un rare et rafraichissant refus de l’anti-américanisme ambiant, il a le mérite de ressortir au passage quelques chiffres éloquents sur la réalité de l’irrémédiable affaiblissement (inévitablement aggravé par le simple effet mécanique de la démographie et la montée en puissance des pays émergents), de la place de la langue de Molière et de la francophonie dans le monde.

Et, face à la décevante indigence des arguments de ses détracteurs, ses critiques font souvent mouche: les frilosités et les lenteurs d’une poussiéreuse Académie française (dont il faut "attendre que les vieux sages parviennent à la lettre de l’alphabet adéquate pour autoriser l’entrée d’un mot dans le dictionnaire"), le service très souvent désagréable et les prix exorbitants du  café ou bar français du coin, le mépris des langues régionales en France, les ratés et les hypocrisies de notre politique culturelle (reprise pourtant par les Chinois eux-mêmes avec leurs centres Confucius!) plombée par le jeu de chaises musicales pour caser ou recaser les copains, les insuffisances de notre enseignement des langues (à qui, fétichisme de la diversité oblige, on fait par ailleurs dépenser des fortunes en examinateurs d’haoussa ou bambara pour une poignée de candidats au bac!).

Mais, sans compter les incohérences ou contradictions (le français est-il oui ou non menacé à domicile ?), voire les propositions douteuses (pourquoi ne pas profiter de l’internet justement comme l’a d’ailleurs proposé une Académie pour une fois en avance sur son temps, pour se débarrasser de ces accents circonflexes inutiles ?, la priorité pour nos chères têtes blondes encapuchonnées et cagoulées des « cités » « condamnées à ne s’adresser qu’à ceux qui nous ressemblent où « l’échec devient signe de reconnaissance du clan », est-elle vraiment de passer le peu de temps scolaire qui leur reste à parler verlan? – qui a oublié l’s impasses aux Etats-Unis d’un projet comme l’ebonics ?), comment ne pas y voir, à l’instar du linguiste Alain Bentolila, autre chose que la plus pure démagogie (la défense tout azimuts de la diversité, minorités branchées homos et toutcouleurs, apologie du français des quartiers et du verlan, dénonciation du débat sur l’identité nationale et de Zemmour, etc.) ?

Du moins pour ceux qui (sans compter que, d’"ordinateur" à "logiciel" ou "climatisation," les francisations peuvent être parfois particulièrement réussies) en ont marre d’être bombardés à longueur de journée, de gay à respect, hard, soft, green, light, pitch, live ou package (mais aussi de beur, teuf, keuf, djeun ou meuf maintenant dans le Petit Robert), à tous ces qualificatifs qui n’ont sans autre raison que de faire "trendy".

Et le plus souvent par ceux qui ne font là que pousser leur inévitable "buzz"ou, même si Martel a souvent su garder une certaine distance critique, leur pions personnels ou identitaires (pardon: leurs "agendas", comme nos branchés appellent maintenant leurs ordres du jour)  …

"Français, pour exister, parlez English!"

Frédéric Martel

Le Point

08/07/2010

Pour avoir employé le mot care pour son projet du " souci des autres ", Martine Aubry est attaquée d’une manière peu fair-play. Pendant ce temps, avant sa démission, le ministre Alain Joyandet voulait nous interdire de parler de buzz, de chat ou de lire des newsletters. Sans avoir peur du ridicule, Jean-Pierre Raffarin veut aussi limiter l’expression en anglais des patrons francophones du FMI, de l’OMC et de la BCE. Quant à la Commission générale de la terminologie, elle veut imposer " ordiphone " à la place de smartphone ou " encre en poudre " au lieu de toner. En publiant un ouvrage sur la culture mondialisée intitulé " Mainstream ", on aggrave son cas.

Faut-il s’excuser d’employer ces mots anglais ? Faut-il battre sa coulpe ? Non. Il faut au contraire les assumer et rejeter cette francophonie poussiéreuse et ringarde qu’on veut nous imposer.

Si les Français veulent exister dans le monde d’aujourd’hui, ils doivent parler anglais. En Europe, ils ont perdu la bataille de leur langue car il est acquis que l’anglais est devenu, de fait, la langue commune de l’Union européenne (47 % des citoyens de l’Union le parlent). Aujourd’hui, moins de 25 % des documents de l’UE sont rédigés en français, quand il y en avait 50 % il y a vingt ans. Sur le terrain, la réalité est plus fragile encore : le français est de moins en moins parlé en Europe et la seule culture populaire commune aux jeunes Européens, c’est désormais la culture américaine. La langue commune européenne n’est ni le français ni l’espéranto, mais l’anglais. Du coup, comment comprendre que, parmi nos récents ministres des affaires étrangères, ni Roland Dumas, ni Philippe Douste-Blazy, ni Hervé de Charette, ni Hubert Védrine ne parlaient anglais ? Quant à Nicolas Sarkozy, on a honte que, dans les sommets internationaux, il soit le seul à avoir besoin d’une oreillette. Au moins, pendant la cohabitation, Jacques Chirac et Lionel Jospin se disputaient-ils pour savoir lequel des deux parlerait le moins mal anglais. Aujourd’hui, notre président préfère dénoncer, comme récemment au sommet de l’Organisation internationale de la francophonie, le " snobisme " des diplomates français qui " sont heureux de parler anglais " plutôt que français. C’est consternant.

Mais, au-delà des formules incantatoires sur la francophonie, il y a la réalité des chiffres. L’ancien secrétaire d’Etat à la Francophonie Alain Joyandet affirmait récemment que " le français est, avec l’anglais, la seule langue parlée sur les cinq continents. C’est la seconde langue étrangère la plus enseignée dans le monde. Elle regroupe 70 Etats, soit 800 millions de personnes ". Son prédécesseur, Philippe Douste-Blazy, écrivait que le français était parlé par " 450 millions de personnes dans 49 pays ". Malheureusement, ces chiffres distillés par les ministres, l’Unesco ou les organisations francophones sont faux ou largement surestimés. La réalité est probablement entre 150 et 200 millions de locuteurs français dans le monde. Et si la francophilie existe, la francophonie décline en Afrique francophone comme au Vietnam, au Liban comme en Roumanie, en Argentine, en Syrie, au Sénégal ou en Tunisie. Souvent le désir de France demeure, mais le désir de français s’atténue lentement.

Face à l’anglais, mais aussi face au mandarin, au hindi et à l’ourdou, face à l’espagnol et à l’arabe, le français ne pèse plus. Même le portugais, le bengali, le russe et le japonais nous ont doublés. Bref, nous ne jouons plus dans la même catégorie que les leaders linguistiques qui nous dépassent de centaines de millions de locuteurs. Est-ce grave ? Non. C’est juste une réalité démographique avec laquelle il va bien falloir apprendre à vivre.

Mais il y a plus significatif. L’anglais se répand en France même, et à toute allure. C’est que l’anglais est devenu la langue du cool et la culture mainstream américaine la norme, alors que le français a tendance à se ringardiser et la culture nationale à devenir celle d’une élite parisienne recroquevillée sur son aristocratisme. Prenez l’édition : la France est l’un des pays qui traduisent le plus d’ouvrages étrangers chaque année ; mais ces livres le sont de plus en plus souvent de l’anglais (environ 5 600 des 9 100 nouveautés, soit 62 %). Parallèlement, nos exportations de livres diminuent : à part les marchés francophones, en Belgique, en Suisse et au Québec, qui constituent à eux trois presque 60 % de nos ventes de livres, nous déclinons presque partout dans le monde (Livres Hebdo, mars et avril 2010).

Il en va de même pour le cinéma. Certes, le récent palmarès de Cannes salue un Thaïlandais, un Mexicain, un Iranien, un Sud-Coréen et témoigne de la vitalité artistique du cinéma français (et de l’absence des Américains) ; mais, dans les salles, la réalité est inversement proportionnelle à ce palmarès. Depuis le début de l’année, le box-office national français a été réalisé à 60 % par des films américains, à 37 % par des films français et à un petit 6 % par les " autres " cinématographies.

Autre point central, celui des minorités. Arabo-berbères, noires ou gays, nos communautés se sentent à l’étroit dans l’espace français et parlent anglais pour rêver à une meilleure life. Ouvrez Têtu(le journal gay qui devait s’appeler Pride), et vous verrez qu’on y parle anglais à chaque page car les mots de la libération gay ont toujours été américains, du coming out au gay friendly. Ouvrez Respect, et vous verrez que l’anglais est roi dans ce journal multiculturel car les mots de la libération noire et de la question beur sont souvent anglais, y compris lorsqu’on parle de politique de la ville et d’empowerment. Arc-boutés sur un français qui n’innove pas, sur une langue fossilisée, les vrais fossoyeurs de la langue française sont l’Académie française, la Délégation générale à la langue française et la Commission générale de terminologie et de néologie. A ce compte, ce n’est plus de la " néologie " – c’est le français vu comme nécrologie.

La vérité, c’est que nous manquons de mots. Au lieu d’exercer un contrôle sur les mots, il faut les libérer, valoriser les emplois nouveaux et accepter certaines simplifications du français. Chaque année, les Américains créent des milliers de termes et de buzz-words. Chaque semaine, le New York Times chronique l’apparition de nouvelles expressions. Chaque jour, le site UrbanDaily nous apprend sur notre compte Twitter un nouveau mot anglais. Pendant ce temps, en France, nous attendons que les vieux sages de l’Académie française parviennent à la lettre de l’alphabet adéquate pour autoriser l’entrée d’un mot dans le dictionnaire. D’un côté, on s’ouvre aux mots nouveaux et on les accueille à bras ouverts ; de l’autre, on cadenasse le langage, on emprisonne les mots, on asphyxie la parole. Le sectarisme des organismes de la francophonie témoigne non pas tant d’une envie de franciser les mots anglais que d’une volonté de garder le contrôle sur la langue. Quand le français est ainsi cadenassé, l’anglais apparaît inévitablement comme la langue de la libération.

Oui à l’impérialisme cool de l’anglais. Entre-temps, bien sûr, l’anglais s’impose peu à peu. C’est vrai dans les domaines déjà fortement américanisés que sont les sciences hard, la médecine soft, l’écologie green, l’alimentation light, mais aussi l’entertainment avec ses pitches, l’information avec ses lives, le business avec ces CEO, sans parler de tout le domaine d’Internet où la langue anglaise est constamment réinventée par les geeks et autres nerds. Il y a quinze ans, les titres des films américains étaient systématiquement francisés ; aujourd’hui, ils sont en langue originale. Les mots de la com’, ceux de la pub se servent du cool de l’anglais. Le commerce le sait également : la marque Monoprix est vieillotte, mais le Daily Monop, la nouvelle enseigne de Monoprix, est beaucoup plus trendy. L’écologie n’est pas en reste : les taxis Green Cab G7 fleurissent, plus attirants que si on les avait baptisés " taxis parisiens G7 verts ". Le café Starbuck’s que l’on a vu dans la série " Friends " est plus cool, même si son café est plus mauvais, que le bar français du coin où le service est inévitablement désagréable et le petit crème à un prix exorbitant. Et l’on préfère un jean slim et un vêtement mediumà un habit seulement " moyen ". Dans l’univers du tourisme, un trip ou même un travel, c’est mieux qu’un " voyage " et on vous vend un package car vous ne voudriez pas d’un " paquet ".

La force de l’anglais vient aussi des nouvelles technologies, Google, Yahoo!, l’iPhone et Facebook ayant été inventés par les Américains, pas par nous. Même les sites français comme Dailymotion, Netvibes, StreetReporter, ou nonfiction.fr ont des noms en anglais. Qu’il s’agisse d’abonnement premium, de vidéo official, de comparatif benchmark, les internautes privilégient les mots anglais. Aujourd’hui, si vous optez pour une orthographe francisée plutôt qu’américanisée sur Internet, les moteurs de recherche vous référencent mal et vous voilà" buzz off "- rayé du buzz mondial.

Doit-on se satisfaire de l’affaiblissement du français ? Certainement pas. En même temps, la langue française n’est pas menacée à domicile, même si elle l’est à l’international. Que faire alors ? Pour être constructif, plusieurs idées peuvent être avancées. Il faut par exemple renouveler et redynamiser notre langue en s’appuyant sur le français des quartiers, source permanente d’invention linguistique. On compte aujourd’hui plusieurs milliers de mots en verlan qui enrichissent notre langue. Valorisons-les dans les dictionnaires et les écoles. Dans une veine proche, il faut tirer profit des mots inventés dans les blogs, les SMS, les posts et sur Twitter, véritables laboratoires de la langue française.

Il faut également défendre une diversité culturelle réelle et non plus hypocrite. Dans les enceintes internationales, comme l’OMC et l’Unesco, nous militons pour cette diversité de façon incantatoire mais nous la nions sur notre propre territoire. Est-ce qu’on se soucie des langues régionales en France, pourtant au coeur de la charte de l’Unesco ? Est-ce qu’on a vraiment encouragé l’enseignement de l’arabe sur le territoire national ? Pourquoi le président de la République a-t-il défendu la " diversité culturelle " avant la campagne présidentielle et s’est-il, depuis, érigé en chantre de l’identité nationale et de l’" humble discrétion " des minorités ? Ainsi, l’hypocrisie de la diversité culturelle à la française éclate au grand jour : on la défend à l’étranger mais on la nie sur notre territoire – l’inverse de ce que font les Américains. Comme pour l’environnement, notre président pense sans doute aujourd’hui que " la diversité culturelle, ça commence à bien faire ! ". Ou, dit autrement : " I don’t care. "

Plus spécifique est le combat pour l’accentuation des mots dans les URL et les accents circonflexes sur Internet. Car il n’y a aucune raison technique pour qu’on ne puisse pas y orthographier correctement les mots français.

Une France étriquée, un français châtié. Autre point à méditer : celui des quotas de chansons françaises chers à Jacques Toubon. On a vu cette année au Printemps de Bourges que les artistes français se sont mis définitivement à chanter en anglais pour toucher le marché mondial. Et on n’a plus gagné l’Eurovision depuis 1977, avec Marie Myriam, parce qu’on chante français, alors que la quasi-totalité des gagnants, pourtant européens, chantent en anglais. Voilà pourquoi seule la musique électro sans paroles, de Daft Punk à Air, en passant par David Guetta, réussit à trouver un public international. Qu’on le veuille ou non, le soft-power passe désormais par l’anglais.

Au lieu de mener des combats rétrogrades, la France doit se mettre à parler anglais pour exister partout dans le monde. Ce qui passe par l’amélioration drastique de l’apprentissage de l’anglais en France. C’est urgent dans les collèges et les lycées et prioritaire dans les universités, véritables déserts linguistiques français.

Face à la montée en puissance des pays émergents, l’influence de la France continuera nécessairement à s’estomper. Mais, contrairement à ce que pensent les déclinologues, avec lesquels il n’est pas question de décliner, ce n’est pas grave. Il faut juste comprendre la nouvelle réalité géopolitique du monde et assumer le fait que notre population soit limitée, notre universalisme moins attractif et notre langue peu parlée. On doit en revanche, à travers la grande agence culturelle qu’a voulu lancer, à juste titre, Bernard Kouchner, repenser complètement notre diplomatie culturelle et y inclure les relations universitaires, scientifiques et linguistiques, en coupant le cordon ombilical avec nos ambassadeurs et nos consuls. Le soft-power devrait être déconnecté complètement du hard-power, sur le modèle des agences de développement (AFD) ou du commerce extérieur (Ubifrance). Ce sera tout l’enjeu du débat sur la création de cette agence à l’Assemblée nationale prévu le 12 juillet. Las, l’Elysée a d’ores et déjà réduit à peau de chagrin les ambitions de l’agence, maintenu la culture sous tutelle et nommé Xavier Darcos à sa tête, après un jeu de chaises musicales, en contradiction avec la promesse sarkozyenne d’une " république irréprochable ".

Une francophonie arrogante : on n’en veut plus. La Semaine de la langue française ? On ne sait même plus à quoi ça sert. La Journée mondiale de la francophonie ? C’est devenu un gag, et même au ministère de la Culture on n’en connaît plus la date. La défense de la francophonie dans un esprit paternaliste et néocolonialisme, ce n’est plus notre combat. Notre but, c’est l’influence de la France dans le monde et le dynamisme de notre économie. Et cela se fera en anglais.

C’est pourquoi il est grand temps de dire que nous en avons marre de cette France scrogneugneuse et rance, de cette France riquiqui, confetti hexagonal qui se prend pour une montgolfière planétaire, de cet esprit étroit de la petite France qui a peur de la mondialisation et qui préfère se recroqueviller sur sa distinction et sur sa langue châtiée, une France étriquée qui s’affole devant la " vulgarité " des masses et du marché, et qui refuse la diversité culturelle concrète. Nous en avons marre de ce nationalisme français nouvelle manière : faute d’influence militaire et diplomatique, la langue est notre dernier bastion nationaliste. Faisons-le tomber !

Non, monsieur Joyandet, surtout maintenant que vous n’êtes plus ministre, on n’utilisera pas vos mots, pas plus qu’on n’utilisera ceux des commissaires sectaires de la francophonie. Pas question de se complaire dans le sentiment de décadence formulé par les Renaud Camus et autres Eric Zemmour, façon de croire que notre langue serait encore exceptionnelle, même dans son déclin.

Alors, retournons à notre Webster, utilisons Google-Translate et n’ayons pas honte d’employer les mots care,talk ou mainstream : ils nous permettent d’oublier une France crispée et rétrécie, pour nous ouvrir au monde et nous tourner vers l’avenir. Allez, au boulot, bonnes vacances, que chacun prenne soin de sa life, all the best et take care.

Voir aussi:

Alain Bentolila

«Il existe en France une inégalité linguistique»

propos recueillis par Dominique Simonnet,

17/10/2002

Habituellement, quand les linguistes se mobilisent, c’est pour défendre la pureté du vocabulaire, pourfendre les anglicismes ou s’inquiéter du déclin du français dans le monde. Vous, vous menez un autre combat, et parlez d’une véritable insécurité linguistique dans laquelle seraient plongés plus de 10% des Français.

La question de la pureté de la langue m’inquiète peu, en effet. Certes, mon oreille souffre lorsqu’on rate un subjonctif, mais l’essentiel est ailleurs: aujourd’hui, un certain nombre de citoyens sont moins capables que les autres d’exprimer leurs pensées avec justesse: 10% des enfants qui entrent au cours préparatoire disposent de moins de 500 mots, au lieu de 1 200 en moyenne pour les autres. Cela a deux conséquences. La première est que leur pouvoir sur le monde s’en trouve limité. La seconde, c’est que cela les enferme dans un ghetto et favorise un communautarisme croissant. Il existe ainsi en France une véritable inégalité linguistique, qui se traduit par une grave inégalité sociale.

Qu’entendez-vous exactement par inégalité linguistique?

Le langage permet de dépasser l’œil, de dire non seulement ce que l’on voit, mais surtout ce qu’on ne voit pas. Il nous donne le pouvoir de contredire le monde, d’imaginer et de transcender notre humaine condition. Nous sommes en ce moment à un point précis de l’espace et du temps, et pourtant nous sommes capables de dire le «partout» et le «toujours», ce qu’aucun animal ne peut faire. Mais, avec les mêmes outils linguistiques, on peut dire le juste et l’infâme. Les mots sont des armes intellectuelles. Celui qui a des difficultés à conceptualiser et à argumenter sera perméable aux dogmes et aux discours sectaires qui foisonnent, souvent sous une forme linguistique impeccable; il ne fera pas la différence entre la vérité légitime et la vérité usurpée, exercera difficilement sa libre parole et son libre arbitre.

Mais en quoi la pauvreté du vocabulaire favorise-t-elle le ghetto et le communautarisme?

Il y a une loi simple en linguistique: moins on a de mots à sa disposition, plus on les utilise et plus ils perdent en précision. On a alors tendance à compenser l’imprécision de son vocabulaire par la connivence avec ses interlocuteurs, à ne plus communiquer qu’avec un nombre de gens restreint. La pauvreté linguistique favorise le ghetto; le ghetto conforte la pauvreté linguistique. En ce sens, l’insécurité linguistique engendre une sorte d’autisme social. Quand les gamins de banlieue ne maîtrisent que 800 mots, alors que les autres enfants français en possèdent plus de 2 500, il y a un déséquilibre énorme. Tout est «cool», tout est «grave», tout est «niqué», et plus rien n’a de sens. Ces mots sont des baudruches sémantiques: ils ont gonflé au point de dire tout et son contraire. «C’est grave» peut signifier «c’est merveilleux» comme «c’est épouvantable».

On vous dira que, dans les banlieues, on invente aussi des mots nouveaux qui sont, eux, très précis.

C’est de la démagogie! Ces néologismes sont spécifiques des banlieues et confortent le ghetto. L’effet est toujours centrifuge. Les enfants des milieux aisés vampirisent le vocabulaire des cités, mais ils disposent aussi du langage général qui leur permet d’affronter le monde. L’inverse n’est pas vrai. Arrêtons de nous ébahir devant ces groupes de rap et d’en faire de nouveaux Baudelaire! La spécificité culturelle ne justifie jamais que l’on renonce en son nom à des valeurs universelles. Cela est valable pour l’excision, la langue des sourds comme pour le langage des banlieues. Dans une étude récente en Seine-Saint-Denis, on a demandé à des collégiens ce que représentait pour eux la lecture. Plusieurs ont fait cette réponse surprenante: «La lecture, c’est pour les pédés!» Cela signifie que, pour eux, la lecture appartient à un monde efféminé, qui les exclut et qu’ils rejettent. Accepter le livre et la lecture serait passer dans le camp des autres, ce serait une trahison.

Il y aurait une forme de fierté, et même d’identité, à se proclamer inculte?

Exactement. L’échec devient un signe de reconnaissance du clan. Autre exemple: dans une classe de CP, dans une ZEP de Villeneuve-Saint-Georges [Val-de-Marne], une enseignante de 21 ans tentait désespérément de faire apprendre le mot «succulent». Un enfant s’est levé et a dit: «Ça, c’est un mot pour les filles.» A 6 ans, cet enfant vit déjà dans un monde coupé en deux, celui où le mot rare est un trésor et celui où il est ridicule.

Mais l’illettrisme ne vient pas toujours du ghetto…

Si l’on met à part les sujets souffrant de difficultés de lecture, comme la dyslexie et la dysphasie (3% des enfants concernés), et les cas d’illettrisme rural, dû à l’isolement, la plupart de ces jeunes viennent de la précarité. Le taux d’illettrés atteint plus de 30% parmi les allocataires du RMI. A la fin du XIXe siècle, il y avait 50% d’analphabètes en France, ce qui était considérable, mais ceux-ci n’étaient pas mis à l’écart de la société. Aujourd’hui, savoir lire et écrire est décisif. Même les aides jardiniers ou les mécaniciens auto doivent maîtriser des catalogues techniques, entrer des données, procéder à des actes de lecture et d’écriture complexes. Or 11,6% des jeunes Français entre 17 et 25 ans comprennent difficilement un texte court, un mode d’emploi ou un document administratif et ne savent pas utiliser un plan ou un tableau. Ils sont d’autant plus exclus que l’illettrisme est considéré comme une maladie honteuse.

Comment expliquer que, dans notre société si bavarde, qui ne cesse de communiquer, il y ait encore tant de handicapés du langage qui, de surcroît, ont passé douze années de leur vie sur les bancs de l’école?

L’une des raisons est l’augmentation considérable de la population scolaire. Il y a trente ans, l’école affichait cyniquement sa vocation à reproduire les inégalités sociales: l’examen de sixième éjectait du cursus scolaire deux tiers des enfants, en majorité issus des classes populaires, qui passaient alors leur certificat d’études primaires (avec d’ailleurs une orthographe très supérieure à celle des enfants du même âge aujourd’hui). Or on est passé de ce tri affiché à l’objectif de 80% d’élèves au bac, imposant à une population scolaire qui autrefois aurait suivi la filière courte du certificat d’études de rester au collège et au lycée jusqu’à 16 ans.

L’objectif était justement de lutter contre l’inégalité, de ne pas perpétuer ce fossé culturel entre les classes sociales.

Certes, mais alors il fallait changer complètement les programmes, les méthodes, les structures, les rythmes! Cela n’a pas été fait. A part quelques morceaux de sparadrap appliqués ici et là, l’école est restée la même. Il faut comprendre que l’apprentissage du langage n’est pas aussi naturel qu’il y paraît. C’est un travail. Quand un enfant apprend à parler, il le fait d’abord dans la proximité, dans un cercle étroit de connivence: la langue confirme ce qu’il voit, avec peu de mots. Petit à petit, en élargissant son langage, il quitte ce cocon douillet pour passer à l’inconnu: il va s’adresser à des gens qu’il n’a jamais vus, pour dire des choses dont ces gens n’ont jamais entendu parler. Il faut avoir l’ambition d’élargir le monde pour s’emparer des mots, et il faut s’emparer des mots pour élargir le monde. Mais, pour cela, l’enfant a absolument besoin d’un médiateur adulte à la fois bienveillant et exigeant qui transforme ses échecs en conquêtes nouvelles – «Je n’ai pas compris ce que tu veux me dire; il est important pour moi de te comprendre» – quelqu’un qui manifeste cette dimension essentielle du langage: l’altérité.

C’est précisément ce que l’enfant est censé trouver à l’école, dès la maternelle.

A cause de l’évolution sociologique de ces trente dernières années, l’activité professionnelle des mères, l’éloignement des grands-parents, l’école a accepté des enfants de 2 ans sans rien changer à sa pratique: ces petits se retrouvent dans des classes de 30, avec une maîtresse et, au mieux, une aide maternelle, à un âge où le langage explose (on passe de 50 à 300 mots et on inaugure les premières combinaisons syntaxiques). Dans ce contexte, ils restent entre eux. Cette réponse de l’école maternelle n’est pas honorable. Elle creuse encore le fossé culturel. C’est une catastrophe pour l’épanouissement psycholinguistique de l’enfant!

Le lieu commun est pourtant de louer l’école maternelle française: «Le meilleur système au monde», dit-on.

Pas pour les très petits. Si l’école veut les prendre en charge, elle doit le faire dans des classes de 10, dans des espaces mieux adaptés, avec des instituteurs spécialement formés. Mais je ne veux pas faire des enseignants des boucs émissaires ni des cyniques. Ils sont pris dans un système qui leur assigne des objectifs sans leur donner les moyens de les atteindre, et ils souffrent d’être obligés de laisser des enfants sur le bord du chemin. Lors de leur formation, dans les IUFM, on ne les prépare pas à jouer leur rôle. Et puis on cultive cette idée farfelue que, une fois les mécanismes de la lecture acquis, les enfants vont s’en emparer gaillardement et se mettre à lire. Certainement pas! Ils ont besoin d’être accompagnés: on ne lit pas un conte comme un énoncé de mathématiques.

On imagine que, pour les enfants qui ont un déficit linguistique précoce, les difficultés ne font que se renforcer au fil de leur scolarité…

Ils entrent en effet dans ce long couloir de l’illettrisme qui traverse l’Education nationale. A 7 ans, au lieu de comprendre des textes simples, ils en sont à déchiffrer péniblement les mots. A 11 ans, ils cherchent difficilement les informations dans un texte. Le collège les achève: «Tu ne sais pas lire!» clame le prof de math. «Tu ne sais pas lire», dit le prof d’histoire… C’est faux! Ils savent un peu lire, mais pas assez efficacement pour maîtriser les textes des différentes disciplines. Sur 100 élèves de sixième en difficulté, 94 le sont encore en troisième. Plus ils avancent dans le couloir, plus les portes de sortie sont rares. A 16 ans, c’est l’échec scolaire assuré. Souvent, le découragement. Parfois, la révolte, la violence.

Il y a quand même des filières professionnelles, des voies de rattrapage…

Ce sont de scandaleux faux-semblants! J’ai vu des mômes pleurer de joie à la remise des résultats du CAP de «technicien de surface», exactement comme des candidats à l’agrégation. On leur fait croire que ce «diplôme» est important, alors qu’il est dérisoire. Pour aggraver les choses, on enseigne le français dans les filières professionnelles comme en maîtrise de linguistique: on leur fait étudier le «schéma narratif», l’«arrière-plan» et l’«avant-plan», le «champ lexical» ou encore les «connecteurs d’argumentation», des concepts de pseudo-analyse sémiotique éloignés de l’univers du bon sens. C’est une forme de désespoir pédagogique qui révèle un vrai renoncement à faire partager à des élèves de culture populaire la vibration intime qu’engendre un beau texte.

Combien de beaux discours, de colloques, de résolutions, voire de réformes, pour en arriver là! Comment redistribuer plus équitablement ce «pouvoir linguistique» dont vous parlez?

On pourrait mobiliser les maîtres, les parents, les associations autour d’un grand projet: faire de nos enfants des résistants intellectuels, capables d’accueillir avec autant de bienveillance que d’exigence les discours et les textes des autres. Cela suppose que l’on donne à l’école les moyens de réduire la fracture culturelle qui la traverse en procédant aux réformes profondes indispensables aujourd’hui: modifier sérieusement la formation des maîtres; organiser pour tous les élèves des ateliers de lecture, d’écriture et de communication orale; mettre en œuvre une véritable politique des cycles respectant les différents rythmes d’apprentissage… Autant de décisions qui demandent volonté et courage politique, et rompraient avec les effets d’annonce et la démagogie.

Le linguiste que vous êtes est en fait devenu un vrai militant.

Oui. Je trouve scandaleux que nous relâchions dans la nature chaque année plus de 50 000 jeunes de 17 ans en situation d’illettrisme. Il faut les convaincre qu’il n’est jamais trop tard pour retrouver une perspective de savoir menant à une insertion professionnelle et sociale. Certes, il est plus difficile d’apprendre à lire et à écrire correctement à 17 ans qu’à 6 ans, mais tout est encore possible. La plasticité de l’intelligence est considérable. Et puis, pour moi, le langage est une manière de donner un sens à ce qui n’en a pas, à l’absurde, à l’éphémère. Un espoir un peu utopique de laisser une trace, de survivre. Voilà pourquoi j’ai fait de la linguistique: parce que le langage m’a toujours semblé la façon la plus juste d’exister.

Le combat d’Alain Bentolila

C’est son professeur de père qui, pendant son enfance, au fin fond du bled en Algérie, l’a fait vibrer avec les mots d’Hugo et lui a donné le goût du beau langage. Les années passées en Haïti, où il a conduit des programmes d’alphabétisation, lui ont ouvert les yeux sur le fléau de l’illettrisme. Depuis, Alain Bentolila, professeur à l’université Paris V, ne cesse de dénoncer le mépris ou l’indifférence qui, en France, plongent 1 enfant sur 10 dans une véritable «insécurité linguistique». Les mots sont des armes, explique-t-il, dont chaque enfant doit être équipé. Les siens, en tout cas, sont bien ciblés.

Voir également:

Le caillera pour tous

A Passy aussi on «kiffe», on «tripe», on se «tape des barres». Le langage des cités se répand partout. Histoire d’une invasion entre zone et quartiers chics

Marie Vaton

Le Nouvel observateur

10/04/08

C’est son quart d’heure potin. «Cette meuf-là, c’est trop une blata [salope],, elle met des jupes raz-la-fouf [raz-la-touffe], elle fait trop sa taspé [pétasse], confie-t-elle à ses amis. Sérieux, on dirait qu’elle pense qu’à rincer [coucher] c’est l’ahchouma [la honte] . » Dans la bouche de cette ancienne élève de Notre-Dame-de Grâce-de-Passy, ces mots-là peuvent surprendre. Sophie, 20 ans, parle banlieue couramment. Elle n’y a pourtant jamais mis les pieds. Elle fait partie de la jeunesse dorée des beaux quartiers. Son ghetto, ce n’est pas le 9-3, mais le 1-6, le 16e arrondissement de Paris où elle a grandi.

Le parler «caillera», ce «langage des exclus» longtemps vu comme une contre-culture «voyou», voire une sous-culture, serait-il devenu tendance chez les jeunes nantis ? Un langage pourtant ultra-code, qui mêle vieil argot et verlan, expressions arabes et africaines. Des mots cash, trash, parfois sexistes, souvent décriés parce qu’ils véhiculeraient la «haine» ? L’intéressée hausse les épaules. «Ca fait longtemps que le verlan a dépassé les limites de la cité», explique-t-elle. De la cour de récré aux boîtes de nuit branchées, il se répand comme une traînée de poudre. On ne rit plus, on s’tape des barres ou on s’charrie. En teuf on kiffe sa race sur de la bonne zik, du son chanmé en matant des meufs. Un vrai truc de ouf. Popularisé avec le «Nique ta mère» de Jamel Debbouze et le tube «Mets ta cagoule» de Michaël Youn, démocratisé par les animateurs radio Maurad et Difool, le verlan a définitivement passé le périph.

Aujourd’hui le slameur Abd Al Malik est décoré chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres, la rappeuse Diam’s remplit tous les Zénith de France, et le livre «Kiffe kiffe demain» de Faïza Guène a fait le tour du monde. Une preuve pour Yassine Belattar, chroniqueur sur la radio hip-hop Générations 88.2, que la culture urbaine est devenue une culture en soi : «Qu’on le veuille ou non, le hiphop, le rap, le graff se sont imposés dans le paysage culturel français.» Idem pour le langage, comme l’atteste l’entrée des mots comme teuf, keuf, djeun ou meuf dans le Petit Robert. Du ghetto au gotha, la culture banlieue est «bankable». A l’instar du fils aîné du président, Pierre Sarkozy, alias Mosey, producteur du prochain album de Doc Gynéco, ils sont plusieurs à avoir contribué à sortir le rap des cités : Mathias Cassel (frère de Vincent), à l’origine du groupe de hip-hop Assassin, ou Romain, fils de Costa-Gavras, qui a cofondé la boîte de production Kourtrajmé. «Il y a un réel engouement bourgeois pour cette culture, explique le linguiste Alain Bentolila. Mais c’est aussi la marque d’un encanaïllement un peu pervers. Car à la différence d’un jeune des cités, un «fils de» n’aura aucun mal à jongler avec un autre registre de langue lorsqu’il s’agira de reprendre la boîte de papa…»

Le «parler cité» perdrait-il son âme au contact des bourgeois ? «Ca nous fait bien marrer de voir que nos expressions sont utilisées à la télé et chez les snobs», dit Cédric Naguau. Il y a six mois, il a publié avec neuf autres jeunes d’Evry (Essonne) un «Lexik des cités». Le but ? «Démystifier ce langage, pour éviter les quiproquos et les stigmatisations.» Et contribuer à diffuser la richesse inventive de ces mots. Un exemple ? Pailéou. Une formule dérivée de : «Tu sais pas il est où ?» qui a tour à tour désigné un pot de colle, puis un lèche-botte. «Une fois créés, les mots ne nous appartiennent plus, ils nous échappent et voyagent, parfois disparaissent», poursuit Cédric. Et lorsqu’ils passent dans le langage courant, ils sont remplacés par d’autres, plus frais. Comme le mot femme : devenu meuf en verlan, il s’est «reverlanisé» pour se transformer enfeum. Car l’intérêt, c’est de brouiller les pistes, parler sans être compris des profs et des darons. «Dans les quartiers, on parle tous trois langues : celles de la maison, de la rue et de l’école», plaisante-t-il. Attention néanmoins de ne pas zapper la dernière, rappelle Cécile Ladjali, professeur de lettres à Bobigny, ou les mots se retourneront contre leur utilisateur. «Lécole est là pour enrichir la syntaxe, dit-elle. Sans mots, on est démuni, car le langage, c’est ce qui permet aux gens de se comprendre, et d’aller vers l’Autre, cet étranger qu’on ne connaît pas et qui fait peur.»

Cités en exemple

Bicraver : vendre.

C’est quoi ton 06 ? : quel est ton numéro de portable ?

Une boîte de six : un fourgon de police, en référence aux Chicken Nuggets, toujours vendus par six.

Un bolo/babtou : un Blanc.

Une boulette : une ronde, à cause de la «Boulette», la chanson de Diam’s.

Ficha pour toi : la honte pour toi.

Une nuitgrave : une cigarette, parce qu’elle «nuit gravement à la santé».

Taf-taf : vite fait.

Voir enfin:

Les jeunes bousculent la langue française

Mots mutilés, écriture phonétique, vocabulaire appauvri… Le "français" des adolescents inquiète les adultes

Christine LEGRAND

La Croix

16/11/2005

« Wesh » (salut, ça va ?), « Wua mortel, une teuf chez oit ? C’est chan-mé bien ! » (traduction approximative : « Tu fais une fête chez toi ? C’est super ! »)… « C’est trop de la balle » (idem)… Bribes de conversation ordinaire entre lycéens ordinaires, saisies au hasard d’un coin de rue d’un quartier plutôt chic de la capitale. Ce « céfran » que parle aujourd’hui les adolescents surprend souvent leurs parents, qui ont du mal à les comprendre. Opération réussie, puisque s’ils emploient un langage codé, c’est précisément pour exclure les adultes de leur univers. Ce phénomène n’est pas nouveau et le javanais d’après-guerre choquait autant les parents d’alors. Aujourd’hui, le langage des jeunes s’inspire souvent de la langue des cités, mélange de verlan, de termes empruntés à de vieux argots français, ou aux diverses cultures qui cohabitent dans nos cités.

À cette langue orale s’est rajoutée plus récemment une langue écrite, elle aussi très « cryptée » : le langage « texto » que les jeunes utilisent à un âge de plus en plus précoce, pour communiquer par SMS sur leurs téléphones portables ou par MSN sur leurs ordinateurs. Une écriture qui transcrit phonétiquement leur langue parlée et achève de tordre le cou à la langue de Molière en mutilant la syntaxe et l’orthographe, ce qui la rend encore plus incompréhensible aux non-initiés (« Kestufé ? Tnaz ? Je V06né A2m’1 » : « Qu’est-ce que tu fais ? Es-tu fatigué ? Je vais au cinéma. À demain »).

Ces nouveaux modes d’expression constituent-ils une menace pour la langue française ? Les observateurs les plus optimistes pensent que non. Les jeunes culturellement les plus favorisés feraient preuve d’une grande mobilité intellectuelle, jonglant en permanence avec ces outils et passant avec agilité d’un registre de langue à l’autre, en fonction de leur interlocuteur. Tandis qu’à l’autre bout de l’échelle sociale, l’écriture phonétique, libérée des carcans de l’orthographe, réconcilie avec l’écrit les jeunes les plus réfractaires, en les décomplexant. « Les garçons notamment se sont mis à l’écriture plus intime via l’ordinateur, remarque ainsi la sociologue Dominique Pasquier, auteur d’une enquête sur les pratiques culturelles des lycéens (1). Et ceux qui sont cancres à l’école peuvent devenir leaders sur les “chats” (NDLR : forums de discussion pratiqués sur Internet), notamment dans les milieux populaires. » Mais ces nouveaux langages les éloignent encore plus de la langue qu’on leur enseigne à l’école et contribuent à propager une « culture de l’oralité » dans toutes les classes sociales (en particulier les classes moyennes), au détriment de la « culture livresque et humaniste » qui n’est quasiment plus transmise.

"Un écrit de l’immédiateté"

C’est ce que déplore Alain Bentolila, professeur de linguistique à l’université de Paris V et spécialiste de l’illettrisme. « L’écrit que pratiquent ces jeunes aujourd’hui a changé de perspective et de nature, dit-il. C’est un écrit de l’immédiateté, de la rapidité et de la connivence : réduit au minimum, il n’est destiné à être compris que par celui à qui on s’adresse. Or, la spécificité de l’écrit par rapport à l’oral est qu’il permet de communiquer en différé et sur la durée : il est arrivé dans la civilisation pour laisser des traces. »

Ce principe de « connivence » et d’« économie linguistique » qui touchait jusque-là les « ghettos » des cités » (« où on est condamné, dit-il, à ne s’adresser qu’à ceux qui nous ressemblent ») traverse désormais la jeunesse tout entière. « Ce qui a changé, dit-il, c’est que nos enfants, qu’on a cru nourrir de nos mots, utilisent un vocabulaire très restreint, réduit à environ 1 500 mots quand ils parlent entre eux – et à 600 ou 800 mots dans les cités. » Les adolescents les plus privilégiés possèdent, certes, une « réserve » de vocabulaire qui peut être très importante et dans laquelle ils piochent en cas de nécessité (à l’école, avec des adultes, lors d’un entretien d’embauche…), ce qui leur permet une « socialisation » plus importante. Mais globalement, estime le linguiste, ce bagage de mots que possèdent les jeunes a tendance à s’appauvrir quel que soit leur milieu.

Première responsable : la télévision. D’abord, parce que les émissions que la majorité des enfants et des adolescents regardent utilisent un vocabulaire très réduit. Mais aussi, explique Alain Bentolila, parce qu’elles entretiennent ce « principe de connivence » : “La compréhension ne se gagne pas, elle est donnée d’emblée.” Nous pensons avoir élevé nos enfants dans l’appétit de la découverte de l’inconnu et on est battu en brèche par cette télévision qui leur fait la promesse du déjà-vu, qui les habitue à n’accepter que du prévisible.


Mosquée du 11-septembre: Vous avez dit religion-coucou? (No monument to terror on Ground Zero: America’s first Muslim president rebuked by his own Muslim brothers)

18 août, 2010

Note de la rédaction: la multiplication des dérapages dans les commentaires nous conduit à fermer cet article aux réactions. Bandeau de Libération (sur un article intitulé "La France fait place au jeûne", 10.08.10)
C’était une cité fortement convoitée par les ennemis de la foi et c’est pourquoi, par une sorte de syndrome mimétique, elle devint chère également au cœur des Musulmans. Emmanuel Sivan
En 1453, immédiatement après la prise de Constantinople, la basilique fut convertie en mosquée, conservant le même nom, Ayasofya, comme symbole de la conquête. À cette époque, le bâtiment était très délabré : plusieurs de ses portes ne tenaient plus. (…) Le sultan Mehmed II ordonna le nettoyage immédiat de l’église et sa conversion en une mosquée. Contrairement aux autres mosaïques et peintures murales des églises de la ville, la mosaïque de Marie dans l’abside de Sainte-Sophie ne fut pas, pour des raisons obscures, recouverte de lait de chaux par ordre de Mehmed II[. Pendant cent ans, elle fut couverte d'un voile puis eut le même traitement que les autres. Wikipedia
En 2004, la Commission islamique d'Espagne, soutenue par le parti socialiste espagnol, réclame officiellement au Vatican le droit pour les musulmans de prier au sein de la mosquée-cathédrale. Le Saint-Siège oppose un refus catégorique. En 2006, l'archevêque de Cordoue ne change pas de position. Il assure que «l'utilisation partagée de la cathédrale par les catholiques et par les musulmans ne contribuerait en rien à la coexistence pacifique des différentes confessions religieuses». En octobre 2007, c'est la Ligue arabe qui revendique ce droit à la conférence de l'OSCE, avant que la Commission Islamique d'Espagne n'appelle en novembre 2008, l'UNESCO à se prononcer, toujours sans succès. Le Figaro (29.04.10)
Des responsables de l’Eglise grecque orthodoxe qui essaient de reconstruire la seule église détruite dans les attentats du 11/9 ont exprimé leur consternation cette semaine en apprenant par Fox News que des officiels du gouvernement avait enterré un projet de reconstruire l’église un peu plus loin. Fox News
Personne n’a rien contre les centres culturels japonais, mais en construire un à Pearl Harbor serait une offense. (…) Le lieu choisi a son importance. (…) Pas de passerelle pour les touristes au-dessus de Gettysburg, pas de couvent à Auschwitz – et pas de mosquée à Ground Zero. Charles Krauthammer
Je n’arrive pas à imaginer que les musulmans veuillent réellement une mosquée à cet endroit particulier, parce que ce deviendra une arène pour les promoteurs de la haine et un monument à ceux qui ont commis ce crime. D’ailleurs, il n’y a pas de fidèles musulmans dans le quartier qui aient besoin d'un lieu de culte parce que c'est une zone commerciale. (…) Ce que les Américains n’arrivent pas à comprendre, c’est que la bataille contre les terroristes du 11/9 n'est pas leur bataille. C'est une bataille de musulmans - une bataille dont les flammes continuent à faire rage dans plus de 20 pays musulmans… Je ne pense pas que la majorité des musulmans veuillent bâtir un monument ou un lieu de culte qui demain peut devenir source de fierté pour les terroristes et leurs disciples musulmans, ni qu’ils veulent une mosquée qui deviendra un lieu de pèlerinage pour ceux qui haïssent l'islam… Ceci a déjà commencé à se produire: ils prétendent qu'une mosquée va être construite au-dessus des cadavres des 3 000 Américains qui furent enterrés vivants par des personnes criant Allah akbar'  - le même appel qu’on entendra dans la mosquée… Abd Al-Rahman Al-Rashed, (PDG d'Al-Arabiya)

Vous avez dit religion-coucou?

Alors que, comme Libération vient d’en faire l’amère expérience en ce début de ramadan, les si louables efforts de nos médias à l’halalisation du Pays des droits de l’homme ne rencontrent pas toujours la reconnaissance qu’ils méritent (un plus "subliminal" "La France fait place aux parfums d’ailleurs" ou "aux saveurs d’Orient", "sur fond d’écriture arabisante ou de Touaregs marchant dans le désert",  aurait, comme dans les enseignes alimentaires de la grande distribution, probablement beaucoup mieux passé.…

Et que, comme à la Maison blanche, nos responsables politiques et associatifs se mettent au "marathon gastronomique" de l’iftar, le  tendancissime "repas de fête clôturant chaque journée de jeûne" …

Pendant qu’après le joyeux "pray-in" en pleine Semaine sainte des Jeunesses musulmanes d'Autriche sur le site de l’ancienne Eglise Saint-Vincent de Cordoue, un plaisantin "à l’accent méditerranéen" (pour faire plus vrai sans doute?) lance une alerte à la bombe à Lourdes en plein 15 août …

Retour, après les succès que l’on sait de la fermeture de Guantanamo et des procès civils des jihadistes, sur le dernier coup de maitre en date du premier président musulman des Etats-Unis …

A savoir la courageuse prise de position du Génuflexeur en chef pour imposer, après la couverture médicale et le reste, sa Mosquée du 11-septembre à son peuple non reconnaissant …

Et permettre ainsi à la religion-coucou, après les ruines du Temple d’Hérode, l'église Saint-Vincent de Cordoue et la basilique Sainte-Sophie et avant peut-être le seul lieu de culte déjà sur le site avant les attentats, d’ajouter un nouveau trophée à sa longue collection

Que (l’ingratitude des peuples est décidément sans limites !) le patron de la chaine qatarie Al Arabya se permet maintenant de juger, sous prétexte qu’il n’y a même pas de fidèles musulmans dans le quartier et que ça pourrait servir de point de ralliement tant aux jihadistes qu’aux islamophobes, totalement inutile et contre-productive!

Al-Arabiya Director: The Majority of Muslims Do Not Want or Need a Mosque Near Ground Zero

MEMRI

August 17, 2010

In an August 16, 2010 column in the London daily Al-Sharq Al-Awsat, 'Abd Al-Rahman Al-Rashed, Al-Arabiya TV director-general and the paper's former editor, criticized President Obama for supporting the construction of the Cordoba House mosque at Ground Zero in New York. He stated that it would be unwise to construct a mosque at that location, saying that no practicing Muslims live in the area, and that the mosque would become a focal point for both the supporters of terrorism and the champions of Islamophobia. Therefore, he argued, it would be preferable for Obama to throw his support behind issues that are of real concern for the Muslims, such as promoting Middle East peace.

Following are excerpts from the column:[1]

"U.S. President Barack Obama took a difficult position when he supported the construction of a mosque on a site where 3,000 U.S. citizens were killed by Al-Qaeda terrorists on September 11, 2001. Though the president’s position was correct in principle, that is, in terms of the principle of freedom of worship, I think he took a political stand [on an issue] that is unnecessary and unimportant, even for the Muslims. This mosque is not an issue for Muslims, and they do not care about its construction.

"This reminds us of another principled stance that Obama took when he insisted that suspected Al-Qaeda members incarcerated in Guantanamo be tried in civilian [rather than military] courts, and that the [Guantanamo] military prison be closed down. This stance [also] is certainly a worthy one. However, the fact is that [Obama] fought a battle that does not concern Muslims across the world, because tens of thousands of Muslims, likewise accused of extremism, are imprisoned in [even] worse conditions in the Muslim countries.

"Muslims do not [really] yearn [to build] a mosque near the 9/11 cemetery, nor do they care whether bin Laden’s cook is tried in a civilian court [or a military one]. Muslims are concerned about issues that involve the destinies of [entire] peoples… such as the establishment of the Palestinian state. If Obama focuses his energy and efforts on fighting for peace in the Middle East, this will be [far] more important and valuable than [his stance in favor of] the New York mosque…

"The [Ground Zero] mosque… is a strange affair, because it is not an issue [that concerns] the Muslims. [In fact,] we never even heard of it until it became the focus of vociferous arguments between supporters and objectors, most of them non-Muslim Americans!…

"The Muslims never asked for this [mosque], and even the angry Muslims do not want it. This is one of the few times when the two opposing sides are in agreement. Nevertheless, the dispute flared up. It made the front pages of newspapers and [featured on] the major television programs. Demonstrations were held in the streets, and large posters were plastered on New York buses, demanding that the construction of the mosque be prevented and reminding everyone of the 9/11 crime. This really is a strange battle!

"I can’t imagine that Muslims [actually] want a mosque at this particular location, because it will become an arena for the promoters of hatred, and a monument to those who committed the crime. Moreover, there are no practicing Muslims in the area who need a place to worship, because it is a commercial district. Is there anyone who is [really] eager [to build] this mosque?…

"Those pushing to build this mosque may be construction companies, architect firms, or political groups who want to exploit this issue. The individual who submitted the building application – I do not know whether he [really] wants [to build] a mosque that will promote reconciliation, or whether he is [just] an investor looking for quick profits. Because the idea of a mosque right next to a site of destruction is not at all an intelligent one. The last thing Muslims want today is to build a religious center that provokes others, or a symbolic mosque that people will visit as a [kind of] museum next to a cemetery.

"What the citizens of the U.S. fail to understand is that the battle against the 9/11 terrorists is not their battle. It is a Muslim battle – one whose flames are still raging in more than 20 Muslim countries… I do not think that the majority of Muslims want to build a monument or a place of worship that tomorrow may become a source of pride for the terrorists and their Muslim followers, nor do they want a mosque that will become a shrine for the haters of Islam… This has already started to happen: [the Islamophobes] are claiming that a mosque is being built over the corpses of 3,000 U.S. citizens who were buried alive by people chanting ‘Allah akbar’ – the same call that will be heard from the mosque…"

Endnote:

[1] Al-Sharq Al-Awsat (London), August 16, 2010.

Voir aussi:


Des musulmans expulsés de la cathédrale de Cordoue

Tristan Vey

Le Figaro

29/04/2010

La police espagnole a dû intervenir après qu’un petit groupe de musulmans autrichiens a entamé une prière au sein de la cathédrale de Cordoue. La pratique du culte musulman y est formellement interdite. Deux jeunes ont été interpellés.

Léger incident pascal dans l’ancienne mosquée de Cordoue, reconvertie depuis le 13e siècle en cathédrale. Six touristes autrichiens musulmans d’un groupe de 118 jeunes se sont mis en tête mercredi d’entamer une prière dans l’édifice. Guidés par l’un d’entre eux, les hommes ont commencé à se prosterner dans l’une des nefs. Mais seul le rite catholique est autorisé en ces lieux. Le personnel de sécurité de la cathédrale a donc rappelé à l’ordre les visiteurs et leur a signifié que le culte musulman était interdit.

Les choses se seraient alors envenimées. Un des visiteurs aurait même sorti un couteau rapporte le site d’information abcdesevilla.es. La police espagnole est finalement intervenue et a interpellé les deux plus récalcitrants d’entre eux. Deux policiers auraient été blessés pendant l’altercation.

D’après l’évêché, l’événement était planifié. Les hommes auraient investi l’ancienne mosquée par des entrées différentes et se seraient retrouvé à un endroit et une heure précis grâce à des talkies-walkies. En pleine semaine sainte, l’acte est perçu comme une véritable provocation. Dans un communiqué, le porte-parole des Jeunesses musulmanes d’Autriche, qui organisaient le voyage, a toutefois tenu à assurer «que les jeunes n’avaient jamais eu l’intention de provoquer ou de blesser les sentiments des croyants catholiques». «Ils ont été si frappé par l’atmosphère spirituelle qui régnait dans la mosquée-cathédrale, ajoute-t-il, qu’ils se sont spontanément mis à prier, sans imaginer les conséquences que cela pourrait avoir.» Les autorités ecclésiastiques ont reconnu de leur côté être conscientes que «cet incident ponctuel ne représente en rien le comportement des musulmans puisque beaucoup d’entre eux sont ouverts au dialogue et considèrent avec respect l’Eglise Catholique».

La cathédrale de Cordoue est un lieu symbolique des luttes historiques entre chrétiens et musulmans (au même titre que l’ancienne basilique Sainte-Sophie à Istanbul). Lorsque les musulmans s’établirent à Cordoue au 8ème siècle, ils rachetèrent le terrain de l’église Saint-Vincent pour y établir une mosquée. Edifiée en 785, cette dernière restera pendant quatre siècles la deuxième plus grande mosquée du monde derrière celle de La Mecque. Une des plus belles aussi. Quand les catholiques reprennent la main sur le bâtiment en 1236, après la Reconquista, le bâtiment redevient église, puis cathédrale.

En 2004, la Commission islamique d’Espagne, soutenue par le parti socialiste espagnol, réclame officiellement au Vatican le droit pour les musulmans de prier au sein de la mosquée-cathédrale. Le Saint-Siège oppose un refus catégorique. En 2006, l’archevêque de Cordoue ne change pas de position. Il assure que «l’utilisation partagée de la cathédrale par les catholiques et par les musulmans ne contribuerait en rien à la coexistence pacifique des différentes confessions religieuses». En octobre 2007, c’est la Ligue arabe qui revendique ce droit à la conférence de l’OSCE, avant que la Commission Islamique d’Espagne n’appelle en novembre 2008, l’UNESCO à se prononcer, toujours sans succès.


Religion: D’une manière générale, le Talmud est résolument mysogyne (A long history of survival in a world of hostility and persecution)

16 août, 2010
Christian-Jewish disputationSurvivors' Talmud (US army, 1951) Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme. Genèse 1:27 
Vous ne mangerez point de sang. Lévitique 7: 26
Ma maison sera appelée une maison de prière pour tous les peuples. Esaïe 56:7
Les juifs s’appellent les êtres humains, mais les non-juifs ne sont pas des humains. Ils sont des bêtes. Talmud: Mezia de baba, 114b
Il est autorisé de prendre le corps et la vie d’un Gentil. Ikkarim III C 25 de Sepher –
Chaque juif, qui renverse le sang de l’athée (non-juifs), est comme s’il faisait un sacrifice à Dieu. Talmud: Raba c 21 et Jalkut 772 de Bammidber
D’une manière générale, le Talmud est résolument mysogyne et de nombreux textes affligeants permettent de s’en rendre compte. (…) la femme n’est pas considérée digne de témoigner, pas plus que le fou et l’enfant. Le mariage lui-même est un acte d’achat, et la femme qui se vend elle-même, appartient désormais à son mari, sans pouvoir, contrairement à lui, dissoudre cette union. Il faut que le fiancé voie sa fiançée avant le mariage, de peur qu’elle ne soit pas tout à fait à son goût et qu’il viole le commandement relatif à l’amour du prochain (qui, heureusement, s’applique aussi à la femme …). Par contre, il n’est pas nécessaire que la fiancée voit « son » fiancé, parce que pour une femme, être avec quelqu’un, quel qu’il soit, c’est un bonheur … (…) La femme ne compte pas dans le "minian" (les 10 personnes de la prière collective). Elle n’est là que pour l’homme et pas du tout pour elle-même. Rapahël Cohen (1990)
L’histoire biblique a fait cadeau au monde d’une définitive conception de l’homme libre, et c’est un acquis. Comment se fait-il dans ces conditions que la tradition soit tellement critique vis–à-vis des « peuples » ? Comment le peuple prêtre aime-t-il tellement peu ces êtres dont il est supposé avoir la charge ? La persécution explique beaucoup de choses, avec ce dénuement d’un Israêl sans cesse chassé du monde. Malgré tout, une attitude plus raisonnable et satisfaisante apparaît chez certains sages, ceux pour lesquels la beauté de Japhet (la Grèce, l’Europe) doit habiter ls tentes de Sem (Israël). Rapahël Cohen (1990)
Avec la Shoah, les Juifs avaient été contraints de pratiquer le Talmud à l’envers. Par exemple, durant les jours de Pessah, les Juifs, ne disposant pas de matsot (azymes), furent contraints pour survivre de consommer le peu de pain qu’on leur donnait, c’est-à-dire du hamets (pain à pâte levée), transgression punissable du pire des châtiments célestes. C’est alors que des talmudistes prirent sur eux de formuler de nouvelles formules, de nouvelles prières pour sanctifier en somme leur «sacrilège»; des formules et prières conformes à l’esprit de la Loi, mais qui en renversent l’application pour les besoins de la survie. Pierre-Henry Salfati
En citant de façon sélective divers passages du Talmud et du Midrash, des faiseurs de polémiques ont cherché à démontrer que le judaïsme prône la haine des non-Juifs (et des chrétiens en particulier), et promeut l’obscénité, la perversion sexuelle, et d’autres conduites immorales. Afin de rendre ces passages conformes à leurs buts, ces personnes les traduisent souvent de façon erronée ou les citent hors de leur contexte (la fabrication de passages entiers n’est pas inconnue) [...] En déformant les significations normatives des textes rabbiniques, les écrivains anti-Talmud extraient fréquemment les passages de leur contexte textuel et historique. Même lorsqu’ils présentent leurs citations correctement, ils jugent les passages d’après les critères moraux actuels, ‘ignorant’ le fait que ces passages furent en majorité composés il y a près de deux mille ans par des gens vivant dans des cultures radicalement différentes de la nôtre. Ils sont donc capables d’ignorer la longue histoire du judaïsme en matière de progrès social, et la dépeindre comme une religion primitive et bornée. Ceux qui attaquent le Talmud citent fréquemment d’anciennes sources rabbiniques sans tenir compte des développements subséquents de la pensée juive, et sans faire un effort de bonne foi de consulter des autorités juives contemporaines qui pourraient expliquer le rôle de ces sources dans la pensée et la pratique juives normatives. Rapport de l’Anti-Defamation League
Les accusations envers le Talmud ont une longue histoire, datant du XIIIe siècle, lorsque les associés de l’Inquisition tentèrent de diffamer les Juifs et leur religion. Les premiers ouvrages, compilés par des prédicateurs haineux comme Raymond Martini et Nicholas Donin demeurent la base de toutes les accusations subséquentes envers le Talmud. Certaines sont vraies, la plupart sont fausses et basées sur des citations tirées de leur contexte, et certaines sont des fabrications totales. Sur Internet de nos jours, on peut trouver beaucoup de ces vieilles accusations ressassées… Gil Student (rabbin)

«Racisme » envers les non-juifs, antichristianisme, phallocratie, misogynie, acceptation de la pédophilie, prétentions à la suprématie théologique, accentuation de la nécessité de non-divulgation d’une partie de la connaissance judaïque aux non-juifs sous peine de mort …

Qui n’a pas retrouvé régulièrement sur l’internet ces sempiternelles compilations d’accusations anti-talmudiques, souvent sur des sites ou par des copieurs-colleurs qui par ailleurs ne cachent pas leur antisémitisme et les utilisent pour déligitimer un peu plus l’Etat d’Israël ou les juifs en général?

Mais qui n’a pas aussi été frustré des réponses habituelles qui y sont faites, se contentant le plus souvent de les réduire à de pures fictions antisémites ?

Qui n’a pas eu envie d’entendre enfin reconnu qu’au delà d’une longue tradition de diffamation des Juifs et de leur religion, de cas grossiers et notoires de faux, de citations sélectives hors de leur contexte textuel et historique et de traductions délibérément faussées,

le Talmud apparait souvent étroitement particulariste, misogyne et antichrétien, sans parler de tout un fatras de superstitions et d’élucubrations numérologiques ou magiques?

Que, pour des passages souvent "composés il y a près de deux mille ans par des gens vivant dans des cultures radicalement différentes de la nôtre", ayant eu plus que leur lot de persécutions et surtout ayant eu vitalement à se distinguer de ce qui était pour eux une hérésie  aussi mortelle qu’issue de leur propre rang qui finit d’ailleurs par conquérir le monde, le contraire aurait été des plus étonnants?

Et surtout qui n’a pas eu envie, en contraste avec certains de ces passages aujourd’hui embarrassants, de voir ainsi d’autant plus reconnue l’authenticité historique de ces recueils (de vrais faussaires, mais en est-il autrement pour nos propres textes chrétiens des mêmes époques, auraient-ils conservé des choses aussi gênantes?) que la grandeur d’une histoire multimillénaire?

Avec, comme le rappelle le Rapport de l’Anti-Defamation League et à quel prix, tout ce qu’ont apporté au monde en termes de progrès social ou éthique les développements subséquents de la pensée juive"?

D’où l’intérêt des mises au point, trouvées elles aussi sur l’internet mais hélas non traduites en français, sinon quelques extraits sur wikipedia), de l’Anti-Defamation League comme du rabbin Gil Student.

Où, si l’on arrive à dépasser la nouveauté et complexité des termes hébreux l’on perçoit enfin tout le cheminement et l’histoire multimillénaire mais aussi les nécessités d’une pensée, souvent déconcertante pour un esprit moderne avec ses paraboles et allégories comme son goût du paradoxe, de la dialectique et des renversements de perpectives (chaque opinion tendant à contredire la suivante en une sorte de débat permanent où l’ensemble des positions peuvent être envisagées, y compris les plus contradictoires).

A la manière du "Surivors’ Talmud imprimé, on le sait, par l’Armée américaine en 1951 pour les rescapés des camps, la mise par écrit en hébreu (ce qui était jusque-là interdit) de la loi orale juive autour de l’an 200 sous forme d’une compilation d’opinions et de débats légaux sur  la Torah (dite Mishna, littéralement "enseignement par la répétition" et futur noyau dur du Talmud) répond en effet dès le départ à rien de moins que la nécessité de survivre le choc potentiellement fatal de l’expulsion de la ville sainte qui avait suivi l’échec de la Rébellion de Simon Bar Koh’ba et la destruction du Temple par les Romains (mais aussi la menace d’une hérésie chrétienne alors en plein essor).

De même que le développement des diasporas y autour de 500 un ensemble de commentaires complémentaires de ladite Mishna dit Guemara (« complément» en araméen, langue dans laquelle elle est rédigée) mais avec deux sources différentes en Galilée (autour de 350) et à Babylone (autour de 498) produisant à leur tour deux Talmuds différents dits de Jérusalem et de Babylone, avec un contenu majoritairement pratique et normatif (la halaka : cheminement » ou règle de conduite) mais aussi, dans une moindre part, plus analytique et symbolique (Midrach) ou narrative ou historique.

Et toujours la même nécessité de survie et de maintien de son identité pour un petit peuple qui a déjà bien failli disparaitre plusieurs fois que l’on retrouve dans la structure même des textes, regroupés thématiquement en "ordres" vitaux  tels que la subsistance assurée par la terre ("Graines" autour des lois agricoles), le contrôle du temps ("Festivals", centré sur les  lois du Sabbat et fêtes), la maitrise de la reproduction du groupe via la famille ("Femmes" avec les lois du mariage), la gestion de l’économie et du pouvoir ("Dommages" ou les lois civiles et criminelles), leculte ("Choses saintes", d’abord les lois sacrificielles et le Temple, puis surtout, avec sa disparition,  les règles alimentaires) et enfin la régulation de la vie intérieure et intime  ("Puretés" avec les lois de pureté/impureté rituelle et notamment la question du sang menstruel), elles-mêmes subdivisées en   traités, répartis  à leur tour en chapitres et articles.

De même, c’est dans la confrontation à l’opposition croissante du christianisme que se firent ses développements en Europe médiévale (le célèbre rabbin  français de Troyes  Rachi et ses disciples comme bien sûr le non moins célèbre rabbin andalou du XIIe siècle né à Cordoue mais exilé au Maghreb puis en Egypte Moïse Maïmonide), notamment via les fameuses "disputation"s ou disputes publiques avec leur lot habituel d"autodafés, bulles papales et censures ou expurgations, souvent à l’instigation d’anciens juifs convertis (Paris:  1242 avec Nicolas Donin, Barcelone :1263 autour de  Raimond Martin, Pablo Christiani ou Geronimo de Santa FéTortosa:1413-1414).

Jusqu’à, il n’y eut pas que des effets négatifs, l’adoption du système de numérotation et capitation chrétienne de la Bible afin de faciliter les citations et la formulation des principes de foi du judaïsme et même l’impression et la traduction des premiers talmuds.

Ces derniers n’en restant pas moins pour l’essentiel, même si avec la Réforme protestante ils servirent aussi d’inspiration pour la traduction de la Bible en langues européennes, de nouvelles armes pour mieux combattre tout écrit juif, notamment, avant les faux russes au XIXe, pour de nouvelles disputes avec l’Allemand Johannes Pfefferkorn au XVIe siècle ou l’évêque polonais Dembowski sur l’instigation de Jacob Frank au XIIIe.

Dont justement, ignorant ou faisant mine d’ignorer que (comme un certain christianisme!) le judaïsme avait largement changé entretemps, nombre des attaques de nos antisémites contemporains sont justement tirées …

"The Talmud in Anti-Semitic Polemics"

Anti-Defamation league

February 2003

Preface

Recently there has been a renewal of attacks on Judaism and Jews through  recycling of old accusations and distortions about the Talmud. Anti-Talmud tracts were originally developed in the Middle Ages as Christian polemics against Judaism, but today they emanate from a variety of Christian, Moslem and secular sources. Sometimes such "studies" have  blatantly anti-Semitic tones; sometimes they are more subtle. Yet all of them remain as false and pernicious today as they did in the Middle Ages.

Because of their unfortunate frequent reappearance, there is a need to formally rebut these accusations and canards. The Anti-Defamation League developed the following essay that explains in an honest and scholarly way the Talmudic teachings as understood by Jewish religious  authorities.

I. Introduction

Attempts to denigrate Judaism by quoting from classical rabbinic works are on record  from as early as the twelfth century. By selectively citing various passages from the Talmud and Midrash, polemicists have sought to demonstrate that Judaism espouses hatred for non-Jews (and specifically for Christians), and promotes obscenity, sexual perversion, and other immoral behavior. To make these passages serve their purposes, these polemicists frequently mistranslate them or cite them out of context (wholesale fabrication of passages is not unknown). They usually dismiss attempts to correct their misreadings as "hairsplitting" or dishonest attempts to portray Judaism in a favorable light.

In distorting the normative meanings of rabbinic texts, anti-Talmud writers frequently remove passages from their textual and historical contexts. Even when they present their citations accurately, they judge the passages based on contemporary moral standards, ignoring the fact that the majority of these passages were composed close to two thousand years ago by people living in cultures radically different from our own. They are thus able to ignore Judaism’s long history of social progress and paint it instead as a primitive and parochial religion.

Those who attack the Talmud frequently cite ancient rabbinic sources without noting  subsequent developments in Jewish thought, and without making a good-faith effort to  consult with contemporary Jewish authorities who can explain the role of these sources in  normative Jewish thought and practice. Even the more traditional Orthodox stream of  Judaism has developed and changed over two thousand years, and despite the  unquestioned importance that the Talmud and early rabbinic literature continue to play in  contemporary Jewish education, law and thought, the Jewish approach to that literature is  more nuanced than the literalist readings which polemicists portray as the standard  Jewish interpretations.

Are the polemicists anti-Semites? This is a charged term that should not be used lightly, but the answer, by and large, is yes. Now and then a polemicist of this type may himself have been born Jewish, but their systematic distortions of the ancient texts, always in the  direction of portraying Judaism negatively, their lack of interest in good-faith efforts to understand contemporary Judaism from contemporary Jews, and their dismissal of any voices opposing their own, suggests that their goal in reading ancient rabbinic literature is to produce the Frankenstein version of Judaism that they invariably claim to have uncovered. Their tendentious argumentation, participation in extremist groups and espousal of extremist ideologies, when present, tend to support such suspicions; the invocation of classic anti-Semitic stereotypes, nearly universal among the polemicists we

describe, confirms them.

In fact many anti-Talmud polemicists have never studied the Talmud at all. The consistent manner in which the same gross errors (both in citation and analysis) are passed down through successive literary generations of anti-Talmud crusaders suggests that individual writers often merely recycle old attacks. Trying to impress their readers with their purported knowledge of the Talmud, they betray their ignorance.

II. The Charges

A. Non-Jews as Non-Human

Probably the most far-reaching claim made by anti-Talmud polemicists is that Judaism views non-Jews as a subhuman species deserving only hatred and contempt from its Jewish superiors. 1 The visceral hatred that Jews are alleged to bear for non-Jews is proven, they claim, by a variety of statements in the Talmud and by Jewish law itself, which purportedly encourages Jews to exploit their non- Jewish neighbors and engage in criminal activities against them. Many go so far as to claim that Jews are intent on subjugating non- Jews around the world and even on committing genocide against them.

In its long history, Judaism has had its share of bigots, racists and xenophobes, some of whom expressed their prejudices in religious terms. In certain historical periods there have even been Jewish sects whose worldview placed Jews higher than non-Jews in inherent value. But normative Judaism has never diminished the essential humanity — and the concomitant holiness, derived from the doctrine of creation in imago Dei — shared by Jews and non-Jews alike. Based on verses in the biblical verses in Genesis 1 :26-28, the principle that all men and women are created in the image of God is codified in the Mishnah (Avoth 3:14) and Talmud (Avoth 9b):

[Rabbi Akiva] used to say, "Beloved is man, for he was created in God’s image; and the

fact that God made it known that man was created in His image is indicative of an even

greater love. As the verse states (Genesis 9:6), ‘In the image of God, man was created.’)"

This doctrine is echoed by one of the great rabbis of the twentieth century, Rabbi Joseph

B. Soloveitchik (Man of Faith in the Modern World, p. 74):

Even as the Jew is moved by his private Sinaitic Covenant with God to embody and preserve the teachings of the Torah, he is committed to the belief that all mankind, of whatever color or creed, is "in His image" and is possessed of an inherent human dignity and worthiness. Man’s singularity is derived from the breath "He [God] breathed into his nostrils at the moment of creation" (Genesis 2:7). Thus, we do share in the universal historical experience, and God’s providential concern does embrace all of humanity.

In the face of these Jewish doctrines expressing concern for men and women of all religions, the attempts of anti-Semites to portray normative Judaism as bigoted and hateful are revealed as thorough distortions of Jewish ethics. They claim, for example, that the Hebrew term goy (pi. goyim), which refers to non-Jews, means "cow" or "animal." In fact, however, the term means "a member of a nation" (see e.g. Genesis 35:11, Isaiah 2:4) and has no derogatory connotation. The Bible even refers to the Jewish people as ‘goy ‘ (Exodus 19:6) but through the millennia has become a generic term for "gentile." Of course, like terms used for any other ethnic group, the context and tone in which it is spoken or written can render it pejorative (think of the history of the word "Jew"), but that should hardly prejudice someone to the appearance of the term in classical Jewish literature.

A far more serious accusation than name-calling is made when anti-Semites echo the blood libel and claim that Jewish law enjoins or permits Jews to murder non-Jews whenever feasible. To support this allegation polemicists cite a passage in the Jerusalem Talmud 2 stating in the name of R. Simeon b. Yochai (mid-second century C.E.) that "The best of the non-Jews should be killed." But Jewish tradition has always understood this statement as referring only to a situation in which Jews are at war; at such times, R. Simeon says, the status of a non- Jewish opponent should not be taken into account, for war cannot be waged with half-measures. That R. Simeon referred to wartime may be gleaned from his life story, for he lived amidst the Hadrianic persecutions of the second century C.E. and participated in the Bar Kochba revolt against Rome. More importantly, however, every subsequent citation of R. Simeon’s statement in Jewish legal literature has appended the words "in times of war." 3 Yet polemicists continue to cite the unqualified passage from the Jerusalem Talmud in an effort to raise suspicions that contemporary Jews are secretly commanded to murder their non- Jewish neighbors. Such propagandizing is a purposeful misrepresentation.

B. Child Molestation

One of the more horrifying charges leveled at Judaism is that it condones the sexual molestation of young girls. This charge was made in 1892 by the Russian Catholic cleric Reverend LB. Pranaitis in his Latin book, Christianus in Talmade Iudaeorum. Despite Pranaitis’ humiliation at the Beilis blood libel trial in 1913, where as an "expert" witness for the prosecution he demonstrated during cross-examination that he could not answer even simple questions about the Talmud, his book was translated into English in 1939, and the charge has been making the rounds in anti-Semitic circles ever since. 4

The source for the charge that Judaism permits child molestation is a passage from the

Babylonian Talmud, Tractate Ketubot, pg. lib:

Rava [a fourth century Rabbinic authority] said: If an adult has sex with a girl under the age of three, it is ignored, for it is like putting a finger in someone’s eye [i.e., tears may drip from the eye but there will always be more tears to replace them; so too the hymen of a girl so young may break but it will heal].

From this quote, anti-Semites argue that Judaism permits the sexual molestation of young girls. This, however, is not true. In fact, in several places the Talmud makes clear that Judaism possesses its own version of the American law of statutory rape. A formulation of this law may be found in the Babylonian Talmud, Tractate Yevamot, pg. 33b:

One who seduces an underage girl is considered as if he had raped her [i.e. the laws applicable to rapists would apply to the molester].

An honest reading of the passage from Ketubot shows that it is part of a technical discussion regarding the evaluation of a woman’s ketubah – a reverse dowry that Jewish law requires a man to pay his wife in the event of divorce. A major factor in the determination of the ketubah in traditional Jewish law is whether the woman had been a virgin at the time of the marriage; virginity is considered a positive value that would enable the woman to claim a higher ketubah. The quoted passage indicates that if a girl had been molested before the age of three, she is still considered a virgin and is entitled to the higher ketubah. In no way does the passage or the discussion in Ketubot imply that it is permissible for Jewish men to molest young girls.

That anti-Semites have taken the passage from Ketubot out of context and ignored Judaism’s law against statutory rape demonstrates their true agenda: to instill others with hatred for Judaism and Jewish people.

C. Kol Nidrei and Jewish Truthfulness

An equally baseless attack on Jewish tradition is sometimes made regarding "Kol Nidrei" a ritualistic formula which, some polemicists allege, allows those Jews who recite it to lie without moral or religious compunction. (One recent anti-Semite cited Kol Nidrei as proof that Judaism is "more of a crime syndicate than a religion.") In fact there is a prayer called Kol Nidrei that many Jews recite on the Jewish Day of Atonement (Yom Kippur) — though some congregations, sensitive to the fact that the prayer is sometimes misconstrued, have excised it from the prayer book. Far from any "license to lie," however, Kol Nidrei constitutes only a declaration in advance that any voluntary religious obligations a Jew may take upon himself (while inspired by a sermon, for example), should not be binding if it subsequently becomes clear that those additional obligations were unrealistic or unnecessary. The Code of Jewish Law {Shulhan Arukh), considered authoritative by all traditional Jews, makes clear that the Kol Nidrei prayer’s potency is limited to personal vows of religious obligation (Y.D. 211 :4):

This [prayer] refers to a vow or oath promised to one’s self; if the oath was sworn at the behest of someone else, however, the [Kol Nidrei] nullification does not work at all.

Thus an innocuous prayer that frees Jews from ill-conceived personal religious vows is distorted by haters into a fiendish component of some Jewish conspiracy to deceive others or that Judaism allows Jews to lie at will.

D. Non-Jews and the Study of Torah

To substantiate their depiction of Jews as conspirators and plotters against their non- Jewish neighbors, anti-Semitic polemicists often cite a passage found in several places in the talmudic and midrashic literature stating that non-Jews who study Torah are deserving of death; in their minds, this statement amounts to a secrecy pact among Jews to prevent news of their nefarious creed from reaching the rest of the world. In his autobiography My Awakening, David Duke dramatizes his encounter with this Talmudic statement when he first read selections from the Talmud:

One of the first passages I read really surprised me. It said, "A heathen [Gentile] who pries into the Torah [and other Jewish Scriptures] is condemned to death, for it is written, ‘It is our inheritance, not theirs.’" (Sanhedrin 59a)

If a 16-year-old boy reads something forbidden like that, he is certain to read on. The passage was completely alien to everything I had always understood about religion. Why would theynot want all men to read the holy word the same way Christians want to "spread the good news?" Just what is in these scriptures that would oblige the Jews to kill a Gentile that read them? Why would public knowledge of Jewish scriptures be dangerous to Jews? {My Awakening, p. 241)

Duke apparently did not read on, however, or he would have seen another Talmudic

opinion on the matter. The entire passage reads:

R. Yohanan said, "A non-Jew who studies Torah is worthy of death, as the verse states (Deuteronomy 33:4), ‘Moses commanded us the Torah as an inheritance’ – implying that it is for us but not for them [non-Jews]" . . . R. Meir said, "How do we know that a non- Jew who studies Torah is like a High Priest? From the verse which states (Leviticus 18:5), ‘ . . .that a man shall carry out these laws by which he shall live.’ The verse does not refer to Jews but to the generic ‘Man’ – thereby teaching that even a non-Jew who studies Torah is like a High Priest."

In its larger context, it is clear that neither R. Yohanan nor R. Meir is speaking literally — a non-Jew who studies Torah would neither be put to death nor be permitted to perform the Temple services of the High Priest (a job which is reserved for descendants of Aaron, the brother of Moses). Rather, in the classic style of Talmudic dialectic the two are presenting alternative perspectives on the question of non-Jews learning Torah, both of which are to be respected, and ultimately harmonized by later authorities into a coherent approach to the subject. R. Yohanan’ s forceful statement stresses that in some essential way, the study of Torah is reserved for believers only, those to whom the dictates of the Torah possess binding authority. To treat Torah as the subject of detached, academic study would be akin to studying mysticism without being able to take the mystical journeys of the true practitioner, or to studying medicine while denying the efficacy of the treatments. Indeed, the dispassionate, detached study of Torah, the Word of the Living God, is viewed by R. Yohanan as bordering on blasphemy.

As developed by later rabbinic commentators, R. Meir does not disagree with the point made by R. Yohanan about the sanctity of Torah study. Yet he stresses that Torah has relevance even to the detached, non-Jewish reader. Like the ancient prophets of Israel, whose exhortations on righteousness and belief in God have inspired both Jews and non-Jews throughout history, Torah offers essential truths to Jews and non- Jews alike; indeed, on his or her own level, the non- Jew may also be elevated by the study of Torah to the stature of the High Priest in his or her service of God.

Far from Duke’s depiction of Judaism as being unwilling to "spread the good news," an essential aspect of Jewish doctrine has been to spread God’s light to the non- Jewish nations of the world. Though R. Yohanan’s exhortations are never discounted, this mission is reflected in the Jewish legal tradition on the teaching of Torah to non- Jews, which is permitted far more often than it is prohibited. 5

E. Jesus and Balaam

To agitate Christian readers, anti-Talmud writers often attempt to portray the Talmud as demeaning the figure of Jesus. In the opinion of most scholars, the Talmud only refers to Jesus in a handful of places, and though these references may not reflect the courteous ecumenicism of the modern world, neither are they particularly inflammatory. 6 But the Talmud bears much harsher animus towards the biblical figure of Balaam, the pagan magician who sought to curse the Jews as they traveled through the desert after the Exodus from Egypt. Rabbinic tradition ascribes other crimes to Balaam as well, and in various places describes some of the punishments he may have suffered after his death. In the nineteenth century, when the field of academic Jewish studies was in its infancy, a small group of Jewish scholars suggested that in some cases the term Balaam in the Talmud may be a codeword for Jesus. Though later scholars showed that this suggestion could not be true (for reasons pertaining to the context of the Balaam references and the lack of manuscript variants substituting Jesus for Balaam), 8 anti-Semites have ever since claimed that the true hatred that Judaism possesses for Christianity is expressed in these coded expressions against Balaam found in the Talmud. 9

This is not to say that historically Jews have historically borne no animus towards Jesus

and the Apostles, or to Christianity as a whole. In the two-thousand year relationship between Judaism and Christianity, many of them marred by anti-Jewish polemic and Christian persecution of Jews, some rabbis have fulminated against the church, and in some places Jews developed a folk literature that demeaned Christianity. But contemporary anti-Semitic polemicists are not interested in learning or reporting about the historical development of Jewish-Christian relations. Their goal is to incite hatred against Judaism and Jews by portraying them as bigoted and hateful. Their use of the long-discredited Balaam hypothesis is another example of this phenomenon.

III. Conclusion

It is impossible in this context to deal with all of the quotes from Jewish literature cited by anti-Semites in their effort to denigrate Judaism and spread their own vile views. The above examples characterize how anti-Semites are able to mangle and distort rabbinic and Talmudic passages. Nearly every other explanation of passages cited by anti-Talmud polemicists contain similar ignorance, distortion or tendentious interpretation.

A more important point needs to be made on role of the Talmud in Judaism in general. The Talmud is more than simply a legal code; it is a twenty-volume compilation of explorations of Jewish history, philosophy, folklore, and theology, as well as law. Its final redaction took place in the fifth century, shortly after the fall of Rome. It was written in a style and within a culture that seem bizarre or alien to contemporary readers. It does indeed contain statements that many today — Jews and non-Jews — would find offensive. But many of the comments we would deem offensive are recorded not as statements of law, but as the suggestions of individual rabbis in their continuing discussions on the myriad of subjects of interest to the Jews of the first centuries of the Common Era. Jews today venerate the Talmud as one of the first great Jewish texts, but it would be wrong to view each statement it contains as expressing the "position" of contemporary Judaism.

A similar point should be made with respect to the Talmud’s legal sections. These sections comprise the foundation of Jewish law, and are consulted today as the starting point for Jewish legal research. But Jewish law has developed significantly — sometimes radically — in the fifteen centuries since the Talmud was redacted, even for Orthodox Jews. Anti-Semites use selective quotes from the Talmud in an attempt to portray contemporary Jews as bigoted, hateful, and conspiratorial, but to anyone who understands the role of the Talmud in contemporary Judaism, their efforts are disingenuous and belie an agenda far removed from genuine historical or ecumenical research. The relevance of the literal Talmudic texts to Jewish practice today is far smaller than anti-Semites would have us believe.

To truly understand contemporary Judaism, one need only consult with a rabbi or scholar, or go to a bookstore or library to peruse any introduction to Judaism. The Talmud itself is available in two English translations. One is the Soncino edition, which was gradually produced by a team of scholars between 1934 and the early 1960s. The other is the Artscroll edition, a contemporary project that is not yet complete. 10 For those who actually consult the Talmud, it is well to remember that it is a historical document rather than a modern code.

IV. Works Cited

Bleich, David J. Contemporary Halakhic Problems vol. 2 (New York: Ktav, 1983).

Lauterbach, Jacob Z. Rabbinic Essays (Cincinnati: HUC Press, 1951; reprinted by Ktav,

1973).

Polemics:

Dilling, Elizabeth. The Plot Against Christianity (Lincoln, Nebraska: The Elizabeth

Dilling Foundation, 1964). Revised and reprinted as The Jewish Religion: Its Influence

Today (Torrance, CA: The Noontide Press, 1983).

Duke, David. My Awakening (Covington, LA: Free Speech Press, 1998).

Hoffman, Michael A. II. Judaism ‘s Strange Gods (Coer d’ Alene, Idaho: The

Independent History and Research Co., 2000).

Shahak, Israel. Jewish History, Jewish Religion: The Weight of Three Thousand Years

(Boulder, Colorado: Pluto Press, 1994).

1 Dillmg (1964) p. 10, 54; Shahak (1994) p. 94; Hoffman (2000) p. 43; Duke (2002) p. 62.

" There are two editions of the Talmud; one was composed by Babylonian Jews and one by Jews who lived

in ancient Jerusalem. Generally a citation from the Talmud refers to the Babylonian version, which is considered authoritative. The Jerusalem Talmud is not generally taught in even the most Orthodox Jewish schools today, though advanced Talmud scholars sometimes study it.

3 See e.g. Tractate Sofenm 15:7; Machzor Vitn 527; Beit Yosef Y.D. 158:1.

4 For more information on Pranaitis, see: http://www.geocities.com/Athens/Cyprus/8815/pranaitis.html .

5 " For an extensive survey of the literature on the subject, see J. David Bleich, Contemporary Halakhic Problems vol. 2 (New York: Ktav, 1983), pp. 31 1-340.

6 For an exhaustive analysis of the references to Jesus in the Talmud, see Jacob Z. Lauterbach, Rabbinic

Essays (Cincinnatti: HUC Press, 1 95 1 ; reprinted by Ktav, 1973), pp. 473-570.

7 See Numbers chapters 22-25.

8 See Lauterbach, p. 509.

9 See Dilling (1983), p. 14; Duke (1998), p. 244-245; Hoffman (2000), p. 48.

10 Those with no knowledge of Hebrew and Aramaic may prefer the Soncino edition; although its English

is sometimes stilted, it takes care to include few Hebrew or Aramaic technical terms in the translation itself

(a difficult task for the legal sections). The Artscroll edition contains a more modern translation, but

assumes that its reader is somewhat comfortable with these two ancient languages.

Voir aussi:

The real truth about the Talmud

Gil Student

Anti-Talmud accusations have a long history dating back to the 13th century when the associates of the Inquisition attempted to defame Jews and their religion [see Yitzchak Baer, A History of Jews in Christian Spain, vol. I pp. 150-185]. The early material compiled by hateful preachers like Raymond Martini and Nicholas Donin remain the basis of all subsequent accusations against the Talmud. Some are true, most are false and based on quotations taken out of context, and some are total fabrications [see Baer, ch. 4 f. 54, 82 that it has been proven that Raymond Martini forged quotations]. On the internet today we can find many of these old accusations being rehashed and this site is an attempt to correct the mistakes and put the true quotes into their proper perspective.

The accusations against the Talmud can be divided into four categories [see Hyam Maccoby, Judaism on Trial, pp. 23-38].

1] The Talmud considers itself holier than the Bible

2] The Talmud contains passages that are blasphemous against Jesus and Mary

The first two accusations are essentially frivolous. What business is it of Christians if the Jewish Talmud is considered holier than the Bible (which it isn’t)? And if Jews do not take the account of the Christian NT to be totally historically accurate, so what? To fundamentalist Christians, EVERY other religion is considered blasphemous. Why should the Talmud be judged within the Christian religious framework? Of course, any Jewish book is blasphemous within that framework because Judaism does not accept Jesus as the messiah. The very accusation that the Jewish Talmud is blasphemous to Christianity is redundant.

3] The Talmud has ridiculous and immoral statements

The third accusation is one that Jews have to work out for themselves. Should a Jew believe in a book that makes foolish and obscene comments? That a Jew does should not be relevant to gentiles. In fact, the allegedly foolish and immoral statements in the Talmud are sometimes non-existent but usually allegorical. The Talmud and associated literature developed an entire genre of parables and allegorical sayings that, when understood, shed light on the mysteries of life. However, when inadequately translated and ripped from their context they seem silly.

Dov Zlotnick, Introduction to Saul Lieberman’s Greek in Jewish Palestine (1994), p. xx

Rabbinic texts that seem bizarre at first blush can become quite ordinary when properly understood. I remember Lieberman once being called by a popular national publication regarding a passage from the Talmud. To the caller, who was researching an article, the passage seemed silly. Its subject was the difference between a roll or a bundle of documents, and how each note of indebtedness was to be placed in relation to the other. After the Professor finished explaining the passage, the caller responded with surprise, "Why, this is reasonable!" "Of course," the Professor responded.

"Well, in that case," the caller replied, "I cannot use it."

4] The Talmud has laws that are racist and anti-gentile

The fourth accusation is the one on which I will be focussing. Because today’s Orthodox Jews still lead their lives based on the laws contained in the Talmud, it is incumbent upon Jews to understand and explain that their religious laws are not racist or derogatory to gentiles. Jewish law, as contained in the Talmud, treats gentiles with the proper respect due to a person created in the image of G-d. Their property and lives are honored and any (mis)quotes from the Talmud indicating otherwise need to be seen in their original language and context.

I will be showing the ENTIRE passages in both their original Hebrew or Aramaic and in translation. I will also be providing a fuller context by bringing other quotations on the topics from other parts of the Talmud. After seeing all of the quotations, a proper judgement can be rendered. I will also be showing how Jewish commentators and legalists have understood these passages throughout history.

Even if a reader would believe that these talmudic quotations are racist, if Jews have always understood them differently then Jews cannot be considered racist. Even if someone can twist the words of the Talmud to be hateful, if Jews have always understood the Talmud in a non-hateful way then the argument is meaningless. The real exercise is to find the (allegedly racist) talmudic influence on Jews and Judaism and by perusing through the post-talmudic literature we can clearly find that this talmudic influence was not racist.

Is the Talmud racist or anti-gentile? No. But neither is it a universalist manifesto. It is a religious document written by those of the Jewish religion for others of the same faith. It favors Judaism over other religions and sets down rules on how to live in both an all-Jewish society and a mixed society. It legislates how to create vibrant Jewish communities while still maintaining respect for the gentile society. Universalists would have everyone be treated exactly equally and live in non-denominational communities. However, the Talmud, which is concerned for the survival of the Jewish religion, must weigh both the respect for humanity and the need for Jewish survival throughout thousands of years of minority-status.

What we will demonstrate is that the consideration for the Jewish community NEVER relegates those outside of this community to an inhuman status. Gentiles are ALWAYS respected and their rights are secured.

The anti-talmudic lies are exactly that – lies. The wisdom of the Talmud has sustained Judaism for thousands of years and perhaps its very success is what has engendered so much jealous hatred.

What Is The Talmud?

Written by Gil Student

Summary

Jews believe that the entire Torah (Five Books of Moses) was written by Moses as dictated by G-d. This includes all of the happenings recorded in it from the time of creation. Even Deuteronomy, which is written as the testimony of Moses, was written at the express commandment of G-d. G-d dictated the book as if Moses were addressing the people. [Based on R. Aryeh Kaplan, Handbook of Jewish Thought, vol I 7:22-24]

Along with that written text of the Torah, G-d gave Moses an oral explanation. We can thus speak of two Torahs – the Written Torah and the Oral Torah. They complement each other and a true understanding of each will reveal that they are the same. In many cases the (written) Torah refers to details that are not included in the text, thus alluding to an oral tradition. For example, the Torah states (Deut. 12:21) "You shall slaughter your cattle… as I have commanded you" implying an oral commandment concerning ritual slaughter. Similarly, such commandments as Tefillin (Deut. 6:8) and Tzitzit (Numbers 15:38) are found in the Torah but no details are given and are assumed to be in the Oral Torah. Also, although keeping the Sabbath is one of the Ten Commandments, no details are given as to how it should be kept, and these are also in the unwritten tradition. G-d thus said (Jer. 17:22) "You shall keep the Sabbath holy, as I have commanded your fathers." [Kaplan, 9:1-5]

The Oral Torah was originally meant to be transmitted by word of mouth. It was relayed from teacher to student in such a way so that if the student had any questions he would be able to ask and thus avoid ambiguity. A written text, however, no matter how perfect, is always subject to misinterpretation. Furthermore, the Oral Torah was meant to cover the infinitude of cases which would arise in the course of time. It could never have been written in its entirety. G-d therefore gave Moses a set of rules through which the Torah could be applied to every possible case. [Kaplan, 9:8-9]

Besides receiving many explanations and details of laws, Moses also received hermeneutic rules for deriving laws from the written Torah and for interpreting it. In many cases, he was also given the cases in which these rules could be applied. Laws and details involving common everyday occurrences were transmitted directly by Moses. However, laws involving infrequently occurring special cases were given in such a way as to be derivable from scripture by hermeneutic rules. Otherwise, there would be the danger that they would be forgotten. The actual laws that Moses taught directly were carefully preserved and one never finds a dispute concerning them. However, in the case of laws derived from hermeneutic rules or logic, occasional disputes can be found. Both of these types of laws have the same status as biblical laws and are considered of equal importance. Along with actual laws and the rules of derivation, G-d gave Moses many guidelines regarding how and under what conditions to enact new laws. This is the source of permission to enact rabbinical laws. [Kaplan, 9:20-25, 29]

The Oral Torah was handed down by word of mouth from Moses to Joshua, then to the Elders, the Prophets, and the men of the Great Assembly. The Great Assembly was led by Ezra at the beginning of the Second Temple and codified much of the Oral Torah into a form that could be memorized by the students. This codification was known as the Mishnah. This Mishnah was required to be handed down word for word exactly as it had been taught. [Kaplan, 9:31-33]

During the generations following the Great Assembly, the Mishnah was expanded by new legislation and case law. As controversies began to develop, variations in the Mishnah of the various teachers began to appear. At the same time, the order of the Mishnah was improved, especially by Rabbi Akiva. To end the disputes, Rabbi Judah the Prince redacted a final edition of the Mishnah which is what we have today. This was finished in the year 188 CE and was published approximately 30 years later. It systematically divided the Torah into six orders and subdivided these orders into tractates, with a total of 63 tractates among the six orders. [Kaplan, 9:37,39]

In compiling his work, R. Judah made use of the earlier Mishnah, condensing it and deciding among various disputed questions. The sages of his time all concurred with his decisions and ratified his edition. However, even rejected opinions were included in the text so that they would be recognized and not revived in later generations. [Kaplan 9:41]

Besides the Mishnah, other volumes were compiled by the students of R. Judah during this period. These include the Tosefta which follows the order of the Mishnah, as well as the Halachic Midrashim – the Mechilta, a commentary on Exodus, the Sifra on Leviticus, and the Sifri on Numbers and Deuteronomy. Works from outside of R. Judah’s school went by the name of Baraita. [Kaplan 9:46-47]

At this time, the practice was for students to first memorize the basics of the Oral Torah and then to carefully analyze their studies. During the period preceding R. Judah, the memorized laws developed into the Mishnah while the analysis developed into a second discipline known as the Gemara. After the Mishnah was compiled, these discussions continued, becoming very important in clarifying the Mishnah. The Gemara developed orally for some three hundred years following the redaction of the Mishnah. Finally, when it came into danger of being forgotten and lost, Rav Ashi, together with his school in Babylonia, undertook to collect all these discussions and set them in order. It was completed in the year 505 CE. [Kaplan, 9:47-48]

Together, the Mishnah and the Gemara are called the Talmud. They contain both legal rulings and back-and-forth discussions dissecting and clarifying these rulings. The community in Israel compiled a Talmud in the third century called the Jerusalem Talmud. The Babylonian Talmud was compiled over 200 years later and is universally accepted as authoritative. In matters of agreement, both Talmuds are consulted. In matters of dispute, the Babylonian Talmud is given precedence. Thus, the Babylonian Talmud is frequently called simply the Talmud.

Within the Oral Torah there are two components – Halachah and Aggadata. Halachah constitutes about ninety percent of the Talmud and nearly all of the Halachic Midrashim. Aggadata makes up the other ten percent of the Talmud – unevenly distributed among its tractates – and virtually the whole of the other Midrashic works.

Halachah is the easier of these two categories to define. It consists of the definitions, the sources, and the explanations of the laws of the Torah. Aggadata, on the other hand, consists of the world of Jewish ideas. Primarily it deals with the principles of faith, the philosophy, and the ethical ideas of Judaism. In addition, it includes all those interpretations of Biblical verses and stories which are unrelated to Jewish law; expositions of the importance of the laws and the rewards and punishments which they entail; stories from the lives of the righteous; lessons in character training; and even, sometimes, what appears to be practical advice on worldly matters such as business and health.

Aggadata, in contrast to the straight-forward and logical methodology of Halachah, conveys its teachings through less direct means. Aggadata is often intentionally obscure wherein the message – often one of the most basic ideas of Judaism – is garbed in what appears to be parables, riddles, or even practical advice without apparent religious content. Scriptural texts are usually understood exegetically rather than simply, despite the Talmudic dictum that the simple meaning of the verse is always true (Talmud Shabbat 63a). [Based on R. Aharon Feldman, The Juggler and the King, pp. xxi-xxii]

In summary, the Talmud is a complement to the Bible. It fills in the gaps and explains the laws of the Torah. In addition, it includes stories and sayings that both straightforwardly and allegorically offer the philosophy and wisdom of Judaism. However, the Talmud is a difficult text to read because it contains many discussions (that took place over hundreds of years) in the form of proof and disproof. The logical progressions lend itself to out-of-context quotes that represent a soon-to-be toppled assumption.

Talmud and Bible

Gil Student

The Accusation

The Talmud is Judaism’s holiest book (actually a collection of books). Its authority takes precedence over the Old Testament in Judaism. Evidence of this may be found in the Talmud itself, Erubin 21b (Soncino edition): "My son, be more careful in the observance of the words of the Scribes than in the words of the Torah (Old Testament)."

It is indeed interesting that anyone should make this claim about the Talmud. While it is certainly not true that Judaism views the Talmud as being holier than the Bible, what if it were true? How does that in any way show that Judaism is wrong?

However, as with most of these claims, the exact opposite is true. Judaism considers the Bible to be its holiest book and biblical laws are considered most important. Judaism views the Torah (Five Books of Moses) as the literal word of G-d. The Prophets (Joshua, Samuel, Kings, Isaiah, Jeremeiah, Ezekiel, and the Twelve Prophets) are the divinely inspired words of the prophets to the people and the Sacred Writings (Psalms, Proverbs, Job, Song of Songs, Ruth, Lamentations, Ecclesiastes, Esther, Daniel, Ezra, and Chronicles) are the divinely inspired words of the prophets to be inscribed. The Bible is the holiest book to Judaism and is treated with special respect. The following is taken from the Kitzur Shulchan Aruch (Abridged Code of Jewish Law) in the laws regarding treatment of a Torah scroll.

Kitzur Shulchan Aruch 28:3

A person is obligated to treat a Torah scroll with great respect and it is praiseworthy to appoint it a special place and to respect that place and beautify it. One should not spit in front of a Torah scroll and one should not hold it without a cloth [in between the scroll and one's bare hands]. One who sees someone carrying a Torah scroll must rise before it until the Torah scroll is placed in its position or until one no longer sees it.

Similarly, we treat the Bible with such respect that no books are allowed to be placed on top of a Bible. Even a book of the Prophets or Sacred Writings may not be placed on top of a Torah [Talmud Megillah 27a].

From a legal perspective, biblical laws are more important than rabbinic laws.

Talmud Shabbat 128b

Removing a utensil from its prepared function is a rabbinic prohibition, causing pain to animals is a biblical prohibition. The biblical prohibition comes and overrides the rabbinic prohibition.

We see the same in Talmud Pesachim 9b that we are stricter with biblical laws than with rabbinic laws. In Talmud Pesachim 4b, Eiruvin 30, and Ketuvot 28b children’s testimony is seen as acceptable only for rabbinic laws but not for biblical laws because they have stricter requirements. In Talmud Berachot 21a we see that when in doubt whether a biblical commandment has been fulfilled one must repeat it but when in doubt whether a rabbinic commandment has been fulfilled there is no need to repeat it. A similar idea is repeated in Talmud Avodah Zarah 7a – when there are two opinions about a biblical commandment we follow the stricter opinion but when there are two opinions about a rabbinic commandment we follow the more lenient opinion. Anyone familiar with Talmudic thinking immediately recognizes the ridiculousness of a claim that Judaism considers the Talmud more important than the Bible.

Not only is the Bible important to Jews, but the Talmud tells us that we are obligated to study it.

Talmud Avot 5:21

He [R. Yehudah ben Teima] would say: A five year old to Scriptures, a ten year old to Mishnah, a thirteen year old to commandments, a fifteen year old to Gemara…

However, Bible study may begin at the age of five but the Talmud tells us that it must remain a major part of our daily study routine.

Talmud Kiddushin 30a

A man must always divide his years into three – one third in Scriptures, one third in Mishnah, and one third in Talmud. Who knows how long he will live? Rather his day must be split into thirds.

In fact, Talmud Berachot 8b tells us that a Jew must review a portion of the Torah each week twice and again in translation and finish the Torah each year.

There is no question that the Bible, as the Written Law, is a center-piece of Judaism and while the Talmud may contain discussions of the Oral Law, the Bible has precedence.

(…)

It Is Forbidden To Lie About The Talmud

Written by Gil Student

The Accusation

"To communicate anything to a goy about our religious relations would be equal to the killing of all Jews, for if they knew what we teach about them they would kill us openly." – Libbre David 37.

"If a Jew be called upon to explain any part of the rabbinic books, he ought to give only a false explanation. Who ever will violate this order shall be put to death." Libbre David 37.

While it is possible that the book Libbre David existed I have not been able to find it, even with the help of a librarian from Yeshiva University’s Gottesman Library. It was certainly never a mainstream book. In fact, it is strictly prohibited to lie about the contents of the Talmud.

Let us take an extreme example and see the conclusions of some legal authorities. What should a rabbi do if a disgruntled pig farmer came to his house, aimed a gun at the rabbi, and said "I want pigs to be kosher. Tell me, rabbi, are pigs kosher?"

R. Yishayahu HaLevy Horowitz, Shnei Luchot Habrit, Masechet Shevuot p. 33b (Jerusalem:1975)

It is forbidden to change the words of Torah even in times of danger; one must give one’s life over it.

R. Shlomo Luria, Yam Shel Shlomo, Bava Kamma 4:9

Rather we see from here that we are obligated to give ourselves over and sanctify G-d’s name and if one, G-d forbid, changes one law it is as if he denied the Torah of Moses… To [lie and] say that one who is innocent is guilty or vice versa is like denying the Torah of Moses. What is the difference between denying one word and denying the entire Torah?

According to Rabbis Horowitz and Luria it is FORBIDDEN to lie about the Torah or Talmud even if it means losing one’s life. A proof is frequently brought from the Jerusalem Talmud Sanhedrin 2:1 (9b), Horiot 3:1 (11b). Another proof is brought from Talmud Bava Kamma 38a where the story is told of two Roman soldiers who were taught by rabbis the entire Written and Oral Law and found only one point to be offensive. Evidently the rabbis taught the truth about the laws to occupying soldiers even though the soldiers might find them offensive.

There is a dissenting view, however. The Yad Eliyahu (responsa 48) suggests that even though it is forbidden to lie about the Torah or Talmud, when there is a clear and present threat to human life it is better to lie than to have blood shed. According to the Yad Eliyahu, the rabbi would lie to the disgruntled pig farmer until he is calm and disarmed.

However, all agree that barring such extreme circumstances it is forbidden to lie about the contents of the Torah or Talmud.

Gentiles

Written by Gil Student

Maimonides, Mishneh Torah, Hilchot Teshuvah 3:4 based on Tosefta Sanhedrin 13:1; Talmud Sanhedrin 105a

Righteous gentiles have a place in the world to come.

Jerusalem Talmud Peah 1:1

It says (Job 37:23): "With justice and an abundance of kindness, He does not deal harshly." G-d does not withhold reward from gentiles who perform His commandments.

In the Jewish worldview all gentiles who are ethical monotheists will achieve salvation. Judaism does not denigrate gentiles and does not see them as condemened to eternal damnation. Rather we see them as fellow human beings, from other nations, searching for G-d and for meaning in life. Judaism wishes them well with their search and celebrates those who succeed in becoming ethical monotheists. Jews are obligated in many rituals and ceremonies and those Jews who fail to fulfill these rituals are considered sinners. Gentiles, however, are not obligated in these commandments and are only obligated to be ethical monotheists. Those who fulfill this obligation receive their full reward in the world-to-come.

There are three main categories of gentiles [see R. Yom Tov ben Avraham Alshevili, Chiddushei HaRitva, Makkot 9a n.]. The first category is the gentile who fulfills his obligations as an ethical monotheist. This person is generally called a Ben Noach (or Noachide) meaning a proud descendant of the biblical Noah. In the Jewish tradition Noah and his sons were commanded to fulfill seven commandments which amount to ethical monotheism [see Aaron Lichtenstein, The Seven Laws of Noah]. Those gentiles who observe these commandments are considered righteous gentiles. They are, however, not Jews and are not considered part of Jewish society. They are righteous people and recognized for their accomplishments. However, they remain part of the human brotherhood but not part of Jewish society.

There are those who go beyond this step and approach a Jewish court and, in exchange for entering Jewish society, they vow to observe their commandments and be ethical monotheists. Such a person is called a Ger Toshav. By pledging that he will fulfill his obligation to be an ethical monotheist he enters Jewish society. He is not a convert and does not become Jewish. In fact, he can worship any monotheistic religion he chooses. He is, however, a righteous gentile and is gladly received into the Jewish community. He is welcome to live in Jewish neighborhoods (should he so choose), is supported by Jewish charities (if he so needs), and is considered part of the fabric of Jewish society in many ways [see Talmud Pesachim 21b; Talmud Avodah Zarah 65b; Nachmanides, Additions to Book of Commandments, 16; Maimonides, Mishneh Torah, Hilchot Zechi'ah Umattanah 3:11, Hilchot Melachim 10:12; Ra'avad of Posquieres, Comments to Mishneh Torah, Hilchot Issurei Biah 14:8]. Both the Ben Noach and the Ger Toshav are righteous gentiles. However, the Ben Noach has not entered Jewish society and perhaps does not wish to. Therefore, he is treated like a stranger. He is respected as a righteous human being, one who is fulfilling his divine purpose in the world. However, he is not part of the Jewish community.

It is of these two categories of gentiles that the Talmudic literature states:

Midrash Bamidbar Rabbah 8:2

(Psalms 146:8) "G-d loves the righteous." G-d said: ‘I love those who love Me and so it says (1 Samuel 2:30) "For I honor those who honor Me." They love Me so I love them in return.’ Why does G-d love the righteous? Because righteousness is not an inheritance or a family trait. You find that priests are from a priestly family and Levites are from a levitical family as it says (Psalms 135:19-20) "O house of Aaron bless G-d! O house of Levi bless G-d!" If someone wants to become a priest [from the family of Aaron] or a Levite he cannot because his father was not a priest or a Levite. However, if someone wants to become righteous even if he is a gentile he can because it is not a family trait as it says (ibid.) "O those who fear G-d bless G-d!" It does not say the house of those who fear G-d but those who fear G-d. It is not a family trait rather on their own they chose to fear and love G-d. Therefore, G-d loves them.

Midrash Sifra, Acharei Mot 9:13

(Leviticus 18:5) "Which man shall carry out and by which he shall live." Rabbi Yirmiyah would say: We see from here that even a gentile who fulfills his laws is like a [Jewish] high priest. He would also say: (2 Samuel 7:19) "And that would be fitting for priests, Levites, and Israelites" is not what it says rather "and that would be fitting for great men – O Lord G-d." He would also say: (Isaiah 26:2) "Open the gates so the priests, Levites, and Israelites may enter" is not what it says rather "Open the gates so the righteous nation, keeper of the faith, may enter." He would also say: (Psalms 118:20) "This is the gate of G-d; priests, Levites, and Israelites" is not what it says rather "This is the gate of G-d; the righteous shall enter through it." He would also say: (Psalms 33:1) "Sing joyfully, O priests, Levites, and Israelites" is not what it says rather "Sing joyfully, O righteous, because of G-d." He would also say: (Psalms 125:4) "Do good, G-d, to the priests, Levites, and Israelites" is not what it says rather "Do good, G-d, to good people." We see from here that even a gentile who follows his commandments is [as righteous as the Jewish] high priest.

The third category is of the gentile who is not an ethical monotheist. He is violating the covenant G-d made with Noah and his descendants and will be punished for those sins. It is with these people that Judaism has a very ambivalent attitude. On the one hand, they are acting contrary to G-d’s purpose in the world. For this reason, Judaism tries to distance Jews from them. On the other hand, they are people created in G-d’s image and must be respected as such. The compromise is that their positive traits, examples of which we will shortly see, are recognized and respected. However, their negative traits are never fully forgotten and full societal integration with such people is discouraged.

Talmud Semachot 1:8

Rabbi Yehudah said: [The euology of a gentile is] Alas! The good, alas! The faithful who eats the fruit of his own labor. [The sages] said to him: What then did you leave for the worthy? He replied: If he [the gentile] was worthy why should he not be lamented in this manner.

Professor Saul Lieberman, Greek in Jewish Palestine, p. 77

The virtues enumerated in this eulogy are purely secular; there is no trace of religion in them. The man was good, faithful and enjoyed the fruits of his labor. The Gentiles spoken of is a heathen; he is neither a semi-proselyte nor a Christian; no mention is made of his fear of G-d… The Rabbis understood the heathen society and credited it with the virtues it was not devoid of.

Talmud Avot 4:3

[Ben Azzai] would say: Do not regard anyone with contempt, and do not reject anything, for there is no man who does not have his hour and nothing that does not have its place.

Talmud Avot 3:10

[Rabbi Chaninah ben Dosa] would say: Whoever is pleasing to his fellow creatures is pleasing to G-d; but whoever is not pleasing to his fellow creatures, G-d is not pleased with him.

Talmud Avot 3:14

[Rabbi Akiva] would say: Beloved is man who was created in the divine image. An extra amount of love is given to him because he was created in the divine image as it says (Genesis 9:6) "For in the image of G-d He made man."

Those gentiles who have the status of Ger Toshav, who have requested acceptance into Jewish society and have pledged obedience to their commandments, are treated almost like Jews. Those who have the status of Ben Noach because they have not requested acceptance are respected but are not treated like brethren. They receive letter-of-the-law treatment because to treat them beyond that would be to detract from our brothers. What has a Ger Toshav gained if a Ben Noach is treated the same? What extra connection is there between fellow Jews and within the entire Jewish/Ger Toshav society if everyone is treated extra specially?

Consider the case of a family. My brother needs to borrow money and knows that if he asks me I’ll give him the special interest-free family package. This type of family treatment solidifies us as a unit and increases love between us. I don’t hate everyone else because I treat my brother specially but I have an agreement that my family receives special treatment. Now, what if a stranger off the street knocks on my door and I give him also my special interest-free family loan? It loses its specialness and there is no difference between my bond with my brother and my bond with some guy off the street. Should I treat every human being equally or should I treat everyone properly and reserve extra-special treatment for my family?

The same applies within the Jewish/Ger Toshav society. All members, both Jewish and gentile, are joined together as a community united in its single goal of worshipping the one G-d. While we treat all human beings with the respect due to someone created in the divine image, those within the Jewish/Ger Toshav society get slightly better treatment. They are handled above and beyond the letter of common human interaction.

There are those who point out these differences in treatment and wish to demonstrate that Judaism is anti-gentile. Quite the opposite. Judaism is one of the few religions that recognizes that even those outside its faith can be saved and allows them into its community. Righteous gentiles have a place in the world to come and can choose to join Jewish society if they wish. If they decline this invitation then they are given the full respect that these righteous people deserve. We shall show that the differences in treatment are reasonable and that all gentiles are treated honestly and respectfully.

Gentiles Are Human

Written by Gil Student

The Accusation

Non-Jews are Not Human Baba Mezia 114a-114b. Only Jews are human ("Only ye are designated men").

The idea that only Jews are human and not gentiles runs contrary to a number of fundamental Jewish principles. According to the Talmud, gentiles ARE human and the complicated texts quoted to prove the accusation are misinterpreted, as we shall see.

The Texts

Talmud Bava Metzia 114b

Rabbi Shimon ben Yochai said: The graves of gentiles do not cause ritual impurity in a dwelling as it says (Ezekiel 34:31) "Now, you [Israel] are My sheep , the sheep of My pasture, you are Man (Adam)…" You [Israel, the subject of the verse] are called Man (Adam) and gentiles are not called Man (Adam).

Talmud Keritot 6b

One who uses the official anointing oil [that has been consecrated] to smear on an animal or vessels is innocent of violating the holiness of the oil, to smear on gentiles or corpses is innocent. Certainly an animal and vessels as it say (Exodus 30:32) "It shall not be smeared on flesh of man (Adam)…" and an animal and vessels are not man. One who smears on corpses is also innocent since it is dead it is called a corpse and not a man. However, why is one who smears on gentiles innocent? They are men! No, as it says (Ezekiel 34:31) "Now, you [Israel] are My sheep , the sheep of My pasture, you are Man (Adam)…" You [Israel, the subject of the verse] are called Man (Adam) and gentiles are not called Man (Adam).

The relevance of the first passage is that causing ritual impurity in a dwelling is derived from Numbers 19: 14 "This is the teaching regarding a man (Adam) who would die in a tent…" Since the Talmud learns from Ezekiel that the term for man, Adam, only applies to Jews the verse regarding ritual impurity must also only refer to Jew who are called Adam.

Similarly, the second passage learns from Exodus 30:32 that only one who smears on a man (Adam) is liable. Since only Jews are called Adam, only one who smears on a Jew is liable.

There are those who infer from these passages that the Talmud considers gentiles to be sub-human. After all, if the Talmud says that gentiles are not called man they must be considered sub-human [for some reason the suggestion that they are super-human is never offered].

Here are two other passages which seem to contradict the above passage. After quoting them we will reconcile all of the passages and show that the Talmud does not consider gentiles to be sub-human.

Talmud Gittin 47a

A gentile has the ability to purchase land in Israel in order to dig holes and caves as it says (Psalms 115:16) "As for the heavens, the heavens are the Lord’s; but the earth He has given to mankind (Bnei Adam=sons of Adam)."

Talmud Avodah Zarah 3a

Rabbi Meir would say: How do we know that even a gentile who engages in the study of Torah is like a Jewish high priest? We learn from the verse (Leviticus 18:5) "which man (HaAdam=the man) shall do [i.e. study] and by which he shall live [in the afterlife]."

We see from Gittin that the Talmud considers the phrase Bnei Adam (sons of man) to refer also to gentiles. We see from Avodah Zarah that the Talmud considers the term HaAdam (the man) to refer also to gentiles. Clearly, gentiles are considered human. Why then does the Talmud in Bava Metzia understand that gentiles are not considered Adam (man)?

The explanation is that these are different terms and only a superficial reading would render the term Adam in Bava Metzia as man. Gentiles are absolutely considered human as biology clearly dictates; there are no physiological differences between Jews and gentiles. All people are ultimately descended from the same ancestors, Noah and Adam.

However, the Jews, as a unified nation, are one organic entity. We are obligated to treat each other as close family members and are responsible for each other’s actions.

When the Talmud sees the Hebrew word Adam it sees an allusion to Adam of Genesis 1-5 who was at one time the only person. The Talmud understands this as referring to the Jewish people who are an organic unit like one person. Gentiles do not have this organic national bond with each other and are therefore excluded from this concept.

Other terms referring to people, Bnei Adam (sons of Adam) or HaAdam (the man), are understood to refer to the species homo sapien of which gentiles are obviously members just as Jews are.

Thus, with regard to ritual impurity and holy oil, which are uniquely Jewish concepts, the Talmud sees an exclusion to all those who are not part of the organic Jewish nation. With regard to practical matters such as the purchase of land or individual matters such as spiritual status, gentiles are included. An understanding of all of the relevant passages in the Talmud shows that Gentiles are considered human but not Jewish and the accusations against the Talmud are false.

See also Tosafot Yevamot 61a s.v. Ve’Ein; Ra’avan #317; R. Israel Lifshitz, Tiferet Yisrael (Boaz), Avot 3:14; R. Tzvi Hirsch Chajes, Hagahot Maharatz Chajes, Yevamot 61a.

Gentiles Are Human

Written by Gil Student

The Accusation

Yebamoth 98a. All gentile children are animals.

Berakoth 58a. In addition to having Elijah float down from heaven to deceive the gentile court, the Talmud teaches that gentiles are actually animals, hence Rabbi Shila (and Elijah) did not really lie at all. It also teaches that anyone (even a Jewish man) who reveals this Talmudic teaching about non-Jews deserves death, since revealing it makes gentiles wrathful and causes the repression of Judaism.

This is a complex issue and the following explanation will fully address the issue in great detail.  What we will demonstrate is that the Talmud does not state anywhere that gentiles are animals.  Both the passage in Yevamot and the story about Elijah are misrepresented by the accusation.

What the passages actually mean is that, due to the biblical prohibition against Jews marrying outside their religion, there is no legal standing to sexual relations between a Jew and a gentile.  While this may seem offensive to some, it is the view of the Talmud.

Talmud Berachot 58a

R. Shila administered lashes to a man who had intercourse with a gentile woman.  The man went and informed on him to the government.  He said: There is a Jewish man who holds court without royal appointment.  The king sent an orderly to him [summoning him to appear].  When he came, they said to him: Why did you flog that man?  [R. Shila] answered: Because he had relations with a donkey.  They said to him: Do you have witnesses?  He replied: Yes.  Elijah came in the form of a man and testified.  They said to him: If so, he is liable for death.  [R. Shila] said: From the day we have been exiled from our land, we do not have permission to put someone to death.  You can do whatever you want with him.

While they were analyzing his case, R. Shila began: (1 Chronicles 29:11) "Yours, Lord, is the greatness, the strength, the splendor,…"  They said to him: What are you saying?  He replied: This is what I am saying: Blessed is G-d who has given an earthly kingship similar to the heavenly Kingship and has given you dominion and made you merciful in judgement.  They said to him: The honor of the government is so dear to you?  They gave him a strap and appointed him as a judge.

When [R. Shila] left, the man [who was punished] said to him: Does G-d perform miracles for lies?  He replied in this way: Wicked one, are they not called donkeys, as it says (Ezekiel 23:20) "whose flesh is the flesh of donkeys"?  He saw that this man was going to inform on him [to the government] that he had called them donkeys.  He said: This man is a pursuerand the Torah says that if someone comes to kill you, rise early and kill him first.  He hit him with the strap and killed him.

There are a number of interesting points to be raised about this passage.  However, first and foremost is the inference that has been drawn by some that this passage states that gentiles are considered donnkeys by the Talmud.  Reading through this passage, that seems like a correct inference.  However, considering another passage that discuss this verse, it becomes clear that this is not the case at all.  In fact, as we shall soon see, the Talmud actually states that possibility and quickly rejects it.

Let us first put this event into its proper historical context.  Aaron Hyman [Toldot Tannaim Ve'amoraim, vol. 3 pp. 1111-1112] places this during the time of R. Shimon ben Gamaliel II which is early second century.  Around fifty years earlier the Temple had been destroyed and large portions of the Jewish population brought to Rome and sold as slaves.  The Jews were still persecuted due to the decrees of the emperor Trajan (reigned 98 to 117) and, when he died and Hadrian became his successor, Hadrian’s early policy of tolerance was changed to one of persecution as well, some say due to Jewish informers who warned against giving Jews too much independence.  In the year 114, the huge Jewish population of Alexandria was almost wiped out by rioting gentiles with the tacit approval of the Roman government.  In the year 123, Hadrian forbade Jews from observing their Sabbath and circumcizing their sons [Mattis Kantor, The Jewish Time Line Encyclopedia, pp. 103-105].  These were dangerous and scary times for Jews.  This difficult situation culminated in a revolt in the year 127.  However, the events in our passage evidently precede the revolt.

The man in our passage had committed a religious offense and was being punished by a Jewish court.  Having relations with anyone other than one’s wife is forbidden under Jewish law, as is marrying a gentile [see Deut. 7:3; Ezra 9; Nehemiah 13:23-28].  This man had sinned and the court tried and convicted him for this offense.  [Courts such as this no longer have the religious or secular authority to punish for such sins.]  However, this court was not recognized by the Romans and had no authority to punish the man for religious crimes.

When R. Shila, who presided over the court of three judges, was summoned before the Roman authorities, he could have been killed for administering Jewish laws.  Therefore, he claimed that the man had violated a Roman law and that the court was merely doing what any Roman court would have done.  When the Romans decided to judge the case themselves, R. Shila realized that this man might be punished more harshly than his crime deserved.  R. Shila then tricked the court to save this man’s life by saying that the man had slept with a donkey.  However, this statement was not an entire lie because there is a biblical verse in which gentiles are compared to donkeys, particularly in respect to relations.  Therefore, R. Shila could claim that he was speaking metaphorically and the court mistakenly understood him literally.  Was he one hundred percent honest?  No.  However, he was dealing with a vicious government that was cruelly persecuting Jews.  This turn of phrase saved a man’s life.  It was not, however, an outright lie.  And that distinction is crucial in determining whether it was permitted or not, even during those dreadfully dangerous times.

Afterwards, this man was lacking in gratitude to R. Shila, although understandably since he had recently been flogged by him, and threatened to inform on him to the Roman government.  This would have meant certain death for R. Shila, and possibly a massacre of thousands of Jews.  Since this man was pursuing R. Shila — he was trying to cause his death by informing on him to the Romans — R. Shila had the right to save himself by killing this man first.

[The descent of Elijah is a fascinating example of the slow decrease in divine revelation that began with G-d speaking directly to man in the early biblical period, descended to G-d only speaking through a prophet, gradually reduced the clarity of prophecy until it was totally ended in Ezra's time.  There still remained non-prophetic ways of G-d revealing himself to man.  However, over centuries these too diminished until we are currently left with almost no way of knowing G-d's will except by looking to the past.  R. Shila lived during the end of the last period of divine revelation and he was, therefore, still able to witness Elijah's descent from heaven.  This, however, takes us well off topic and is best left for another time. Cf. R. Ya'akov Kaminetsky, Emet LeYa'akov Al HaTorah, Exodus 7:22]

While we have made the plausible contention that R. Shila did not mean this equation between gentiles and donkeys literally, and that those who claim he did are guilty of reading an historical episode overly literal, we have yet to prove our claim.  The following passage, however, does that.

Talmud Berachot 25b, Shabbat 150a

R. Yehudah said: It is forbidden to recite the Shema prayer in front of a naked gentile.  Why [does he say] a gentile? [It is] also [forbidden in front of] a Jew.  [In front of a Jew] is obvious that it is forbidden.  However, in front of a gentile one might say that since it says  (Ezekiel 23:20) "whose flesh is the flesh of donkeys" they are like donkeys, he came to teach us that they are also considered nakedness.

What we see here is a talmudic sage addressing exactly this issue.  One might think that this verse teaches us that gentiles are like donkeys.  Contrary to some claims, talmudic rabbis were very familiar with the Bible and knew about this verse in Ezekiel which, while stated regarding Egyptians, is generally understood as referring to all gentiles.  Some might read this verse and understand it to mean that within Jewish law gentiles are considered as animals.  Some might come to the conclusion that this verse means that gentiles are not really human and therefore their standing before us naked is like an animal standing before us naked and the ritual law forbidding prayer before a naked person is not applicable.

However, R. Yehudah teaches, that is not the case at all.  Gentiles are people and not merely animals and the verse in Ezekiel does not mean that gentiles are animals.  To understand the verse literally, the Talmud says, is to misunderstand the verse.  Gentiles are unquestionably human, created in G-d’s image, and Jewish law recognizes this as do the rabbis of the Talmud.

This verse is understood as implying that Jews and gentiles are maritally and sexually incompatible.  The Bible tells us that it is forbidden for Jews to marry gentiles [see Deuteronomy 7:3; Ezra 9; Nehemiah 13:23-28].  While this certainly seems like a logical law since it would be very difficult for one spouse to fully observe the detailed Jewish religious laws while the other does not.  It would also be difficult to raise fully observant children.  The verse in Ezekiel, however, is coming to tell us that a Jew who marries or sleeps with a gentile, while violating a religious law, is not legally accomplishing anything.  The marriage and/or relations has no legal standing and no divorce is necessary.  Normally, when a married woman has an affair, the woman is forbidden both to return to her husband and to marry her lover after divorcing her husband.  However, since relations with a gentile has no legal standing, a woman who has an affair with a gentile can subsequently marry her lover (if he converts to Judaism).  This is not because gentiles are not human or because they cannot have relations.  It is because there is a legal incompatibility which makes marriage or relations with a gentile (while still forbidden) legally ineffective.  [Cf. Tosafot, Ketuvot 3b sv. Velidrosh; R. Betzalel Ashkenazi, Shitah Mekubetzet, ibid. (particularly sv. Mihu)]

This is the message of the verse in Ezekiel.  Just like relations with a donkey has no legal standing (except for the punishment for the act) and cannot cause marriage or separate lovers, so too relations with a gentile [Cf. R. Hershel Schachter, Eretz HaTzvi, p. 114].  Again, it is not because a gentile is considered a donkey.  It is because in this legal dimension they are both in the same category.  In every other dimension, particularly in the arena of interpersonal dynamics, gentiles are compatible with Jews.  However, in the area of marriage, Jews and gentiles can never be married as recognized by Jewish law.

A corrollary of this idea is that a Jew with gentile ancestry is not considered related to the gentile.  Since, in Jewish law, gentile relations has no standing, the biological connection does not create a familial relation.  This is mainly applicable to converts or children of intermarriages.  While there is every reason to express gratitude and friendship with a biological relative, every convert to Judaism knows that he or she is breaking all familial ties by converting.

Yevamot 98a

Rava said: What the rabbis said, "There is no father of a gentile", do not say that it is because [gentiles] are immersed in licentiousness and do not know [who is whose father] but if one knew we would be cautious [and treat him like a father].  Rather, even if we know we are not cautious… we learn that G-d has freed his descendants, as it says (Ezekiel 23:20) "whose flesh is the flesh of donkeys."

A gentile who converts to Judaism no longer has a father [cf. Rashi, ad. loc., sv. Ha].  It is not, the Talmud is careful to point out, because we assume that gentiles are licentious and his biological father may not really be the man who impregnated his other.  That is not the case.  Rather, a Jew and a gentile are existentially separated by this chasm and the relations of a gentile has no legal standing regarding a Jew.

This is certainly a difficult concept to accept and it is understandable if gentiles might find it perplexing and maybe even offensive.  However, it is not labelling gentiles as animals and that is important to point out.  These passages can and have been misinterpreted as stating that the Talmud considers gentiles to be animals.  That is absolutely false, as has already been demonstrated.

Proof that this is only talking about converts to Judaism and not about all gentiles, can be brought from Talmud Kiddushin 17b where it is stated that a gentile inherits from his father.  If a gentile has no connection to his biological father, how can he inherit from him?  Similarly, Talmud Yevamot 62a tells us that a gentile who has children, and thereby fulfills the blessing/commandment of "be fruitful and multiply", who subsequently converts to Judaism, is not obligated to have more children.  Since he already fulfilled the blessing/commandment when he was a gentile he does not have to fulfill it again as a Jew [cf. Rashi, Yevamot ad. loc, sv. Bnei Noach].  If a gentile has no father, then how can a gentile man ever fulfill the blessing/commandment of "be fruitful and multiply"?  His children will never be considered his.  Rather, the above passages regarding the donkey are not discussing gentiles in general but only the specific cases mentioned above.

Cf. R. Chaim Soloveitchik, Chiddushei R. Chaim HaLevy, Issurei Biah 13:12; R. Elchanan Wasserman, Kovetz He’arot, 51:3.

(…)

Killing Gentiles Is Forbidden

Written by Gil Student

The Accusation

Jews May Rob and Kill Non-Jews, Sanhedrin 57a . When a Jew murders a Gentile ("Cuthean"), there will be no death penalty. What a Jew steals from a Gentile he may keep.

Minor Tractates. Soferim 15, Rule 10. This is the saying of Rabbi Simon ben Yohai: Tob shebe goyyim harog ("Even the best of the gentiles should all be killed").

Robbing gentiles is absolutely forbidden and is dealt with in a separate section. Here we will demonstrate that in no way does the Talmud permit or encourage killing gentiles. Rather, it strictly forbids killing anyone, Jew or gentile.

The Text

Talmud Sofrim 15:10

R. Shimon ben Yochai taught: Kill [even] the good among the gentiles.

While this passage seems to advocate the genocide of all non-Jews, it must be remembered that this is a single passage extracted from a thorough study. Without seeing it in its original context, a simple reading is both incorrect and unsound scholarship. Let us look at the full original passage as recorded in a number of places.

The original teaching is as part of a study of the book of Exodus. At this point, the Jews have left Egypt but have not yet crossed the Sea of Reeds. The Egyptian people, after suffering through ten long and difficult plagues, have decided to pursue the Jewish people rather than let them go.

Mechilta, Beshalach 2 (on Exodus 14:7)

[Exodus 14:5-7 "It was told to the king of Egypt that the people had fled; and the heart of Pharoah and his servants became transformed regarding the people, and they said, 'What is this that we have done that we have sent away Israel from serving us?' He harnessed his chariot and attracted his people with him.] He took six hundred elite chariots [and all the chariots of Egypt, with officers on them all."]

From whom were the animals that drove the chariots? If you say they were from Egypt, doesn’t it say (Exodus 9:6) "and all the livestock of Egypt died [from the fifth plague]"? If you say they were from Pharoah, doesn’t it say (Exodus 9:3) "[Moses said to Pharoah]: Behold, the hand of G-d is on your livestock that are in the field"? If you say they were from the Jews, doesn’t it say (Exodus 10:26) "And our livestock, as well, will go with us- not a hoof will be left"? Rather from whom were they, from the Egyptians who feared G-d [and were not affected by the plagues]. We now see that the livestock of the G-d-fearers that escaped the plague caused great hardship for the Jews [by being used for chariots to pursue them]. From here R. Shimon [ben Yochai] said: Kill [even] the good among the gentiles.

From the above teaching we see that R. Shimon ben Yochai was discussing a case of war. The G-d-fearers among the Egyptians allowed their animals to be used in battle against the Jews. Presumably, these people went along with their animals and drove the chariots. We now see that the G-d-fearers, the "good" among the gentiles, were doing battle with the Jews. To this R. Shimon ben Yochai said that, when in battle, do not try to spare the lives of those opposing soldiers who are fine, upstanding people. Kill any enemy soldier, regardless of their character. This contextual approach to understanding R. Shimon ben Yochai’s statement is how the post-Talmudic literature has read this statement [see Tosafot, Avodah Zarah 26b sv Velo; Maimonides, Mishneh Torah, Hilchot Avodah Zarah 10:1]. Reading R. Shimon ben Yochai’s teaching as a single-sentence imperative to kill all gentiles is simply wrong and is not how Jewish scholars have ever understood it.

Maimonides, Mishneh Torah, Hilchot Rotze’ach 2:11 and the commentary of R. Yosef Karo, Kessef Mishneh

A Jew who killed a righteous gentile is not executed in a court of law as it says (Exodus 21:14) "If a man shall act intentionall against his fellow…" [and a gentile is not considered a fellow] and even more so that he is not executed for killing an unrighteous gentile.

What our teacher Maimonides meant when he wrote that he is not executed in a court of law is that he is nevertheless punished by Heaven.

The above passage in Maimonides shows that there is a discrepancy between the treatment of a murderer of a Jew and a gentile. The Bible says that a murderer is only executed if he kills his "fellow" and by being parts of very different communities a gentile is not the "fellow" of a Jew. Is this murder forbidden? Absolutely. However, biblical fiat declares that this murder is not a capital punishment. However, rather than allowing this murderer to receive a minor punishment, his punishment is left to Divine providence. G-d will punish this sin appropriately because it is out of the court’s hands.

While it is understandable that Jewish literature has been relatively quiet about something as obvious as the prohibition against killing gentiles, the following sources are just some of those who say it explicitly: Tosafot, Avodah Zarah 26b sv. Velo; Maimonides, Mishneh Torah, Hilchot Rotze’ach 2:11, Hilchot Avodah Zarah 10:1; R. Yoel Sirkes, Bayit Chadash, Yoreah Deah 158; Taz, Yoreh Deah 158:1; Beit Meir, Even HaEzer 17:3; R. Yosef Babad, Minchat Chinuch, 93:2; R. Avraham Yishayahu Karelitz, Chazon Ish, Bava Kamma 10:16.

Jesus In The Talmud

Introduction

Written by Gil Student

There are many talmudic passages that are alleged to be referring to Jesus.  However, talmudic scholars and historians have long debated whether these passages are actually about Jesus.  The evidence is very unclear.  We will show the passages that are discussed and offer some historical theories to explain them.  Some of the passages we will examine do not even mention a name close to Jesus’.  Others contain stories and names similar to Jesus’.  What we will do is examine these passages, offer different theories to explain them, and point out the problems with these theories.  We hope that we will be able to show to anyone with an open mind that there can be no consensus over whether the Talmud ever mentions Jesus.

One of the reasons that some approach this topic is to prove that the talmudic rabbis were blasphemers of the Christian religion.  In order to avoid this bias, let us stipulate up front that the sages of the talmud were indeed blasphemers of the Christian religion.  None of them believed that Jesus was the messiah or the son of G-d.  In fact, they believed that in claiming so he was a false prophet.  They did not believe that he was born through a virgin birth; he was either the son of his mother and her husband or his mother and someone else.  If they did believe in these concepts then they would be Christians.  But they did not and were not.  If you choose to label all non-Christians as blasphemers that is your prerogative.

We have divided the passages into three categories – those that are alleged to discuss Jesus in general or refer to him in passing, those that give a narrative of Jesus’s life, and those that refer to Christianity.

Jesus In The Talmud

Written by Gil Student

Bastard

Harlot

Died Young

Balaam

Beginning

Conclusion

Historians

Jesus in Hell

The Accusation

Insults Against Blessed Mary, Sanhedrin 106a . Says Jesus’ mother was a whore: "She who was the descendant of princes and governors played the harlot with carpenters." Also in footnote #2 to Shabbath 104b it is stated that in the "uncensored" text of the Talmud it is written that Jesus mother, "Miriam the hairdresser," had sex with many men.

"Jesus was a bastard born of adultery." (Yebamoth 49b, p.324).

"Mary was a whore: Jesus (Balaam) was an evil man." (Sanhedrin 106a &b, p.725).

"Jesus was a magician and a fool. Mary was an adulteress". (Shabbath 104b, p.504).

The reference to Shabbat 104b will be taken up in the section on the Jesus narrative.

The Text

Mishnah Yevamot 4:18

R. Shimon ben Azzai said: I found a book of geneologies in Jerusalem and in it is written "The man Plony is a bastard."

This is claimed to be a reference to Jesus. However, this claim is patently ridiculous.  The Mishnah was most likely referring to a famous person and, due to the lack of any practical ramifications, his name was left out by the compilers of the Mishnah.  Plony is a biblical term used similar to John Doe today (cf. Ruth 4:1).  The keeping of geneological records was very common in talmudic times so that regular Jews did not marry bastards and violate the biblical prohibition (Deuteronomy 23:3).  Investigations into lineage and proclamations of bastardy were not uncommon (cf. Nehemiah 7:5; Talmud Kiddushin 70b-71a).  There is no reason to assume that this refers to Jesus.

Gustaf Dalman rejects the assertion that this Mishnah refers to Jesus [Dalman, Die Worte Jesus (Liepzig: Hinrichs, 1898), p. 4 n. 2].  Similarly, RT Herford calls this suggestion "doubtful and probably unfounded" [Herford, "Jesus in Rabbinical Literature", The Universal Jewish Encyclopedia, vol. 6 pp. 87-88].  Johann Maier calls it "odd speculation" [Maier, Jesus von Nazareth in der talmudischen Uberlieferung, p. 50].  All of this is cited approvingly by John P. Meier in his highly acclaimed A Marginal Jew, vol. I p. 108 n. 53.  See also Avraham Korman’s discussion in Zeramim Vekitot Beyahadut, pp. 348-349.

The Text

Sanhedrin 106a

R. Yochanan said (regarding Balaam): In the beginning a prophet, in the end a sorcerer.

Rav Papa said: As people say, "She was the descendant of princes and rulers, she played the harlot with carpenters."

Here we come to the common distortion that references in the talmud to Balaam are really veiled references to Jesus.  As we shall soon see, Balaam is not a talmudic codeword for Jesus.  Therefore, the passage above is referring solely to Balaam and not to Jesus.  Besides this fact, read the passage closely and you will see that Rav Papa is offering a parable that explains R. Yochanan’s statement.  It is impossible to read R. Yochanan’s statement as referring to Jesus and Rav Papa’s as referring to Jesus’ mother.

R. Yochanan is saying that Balaam had tremendous potential and started out as a true prophet of G-d.  However, he turned to evil and in the end of his life became a sorcerer (i.e. user of black magic).  This tradition regarding Balaam’s descent was also recorded in the Tanchuma [Balak, 5] and in Yalkut Shimoni [Numbers, 771].

Rav Papa adds a parable to explain this.  Consider a woman who is married to a powerful ruler who leads their people out into battle. She is used to being the wife of someone strong, whose powerful hands can skillfully manipulate a sword and overcome any opponents. If her husband were to die she would still want to marry someone in a similar position of leadership and strength. Even if this widow is continually passed over by those she wishes to marry, she will still strive for her former glory, and will even marry a carpenter who, while not leading his countrymen out into battle, still must skillfully handle tools. Even when the ability to reach her old glory is obviously absent, she will still try everything possible to reach any position that remotely resembles it.

Similarly, Balaam started out as a man with prophecy (like a prince or ruler). He was capable of seeing the future and even manipulating it through his curses and blessings. However, when he lost that gift when G-d removed his prophecy, Balaam still wanted to see the future, even resorting to such pale comparisons as sorcery and black magic (like a carpenter).

This passage has absolutely nothing to do with Jesus and there is certainly no insult implied towards Mary.

Cf. R. Meir HaLevi Abulafia, Yad Ramah, Sanhedrin ad. loc.; Ephraim Urbach, "Rabbinic Exegesis About Gentile Prophets And The Balaam Passage" (Hebrew), Tarbitz (25:1956), p. 284 n. 56.

The Accusation

Gloats over Jesus Dying Young, A passage from Sanhedrin 106 gloats over the early age at which Jesus died: "Hast thou heard how old Balaam (Jesus) was?–He replied: It is not actually stated but since it is written, Bloody and deceitful men shall not live out half their days it follows that he was thirty-three or thirty-four years old."

The Passage

Sanhedrin 106b

A sectarian said to R. Chanina: Do you know how old Balaam was?  [R. Chanina] replied: It is not written.  However, since it says (Psalms 55:24) "Men of bloodshed and deceit will not live out half their days…" he was 33 or 34.  [The heretic] said: You said well.  I have seen the chronicle of Balaam and it said "At 33 years Balaam the lame was killed by Pinchas (Phineas) the robber."

Again we see the assumption that Balaam is a codeword for Jesus.  Here the connection is that Jesus died at the age of 33, and this passage says that Balaam died at that age also.  Also, Pinchas and Pontius Pilate both have the letter "P" in their names.  Even if this passage refers to Jesus, which it does not, I do not see any gloating.

However, historians generally agree that this passage does not refer to Jesus.  The following is taken from Encyclopedia Judaica ("Jesus", vol. 10 p. 16) [transliteration from Hebrew changed for consistency]:

However, it is impossible to imagine that a Christian would ask a Jew how old Jesus was, and call the Gospel Balaam’s Chronicle or that Pontius Pilate, who is not mentioned even once in the whole of rabbinic literature, should be referred to as Pinchas the robber.  The sectarian referred to was merely a member of a Gnostic sect who was testing whether Chanina could answer a question that was not answered in the Torah.  Balaam’s Chronicle was an apocryphal book on Balaam.  These books often adopted an unfavorable attitude to the patriarchs and the prophets and it was possible that Pinchas of the Bible was called in them Pinchas the robber.

Cf. Urbach, ibid., p. 284; W. Bacher, Jewish Quarterly Review O.S. 3, pp. 456-457; Chanoch Zundel Ben Yosef, Eitz Yosef to Ein Ya’akov, Sotah 11a sv Balaam.

To clarify the issue, let us now address the general claim that Balaam is a talmudic codeword for Jesus.

Balaam

Balaam in rabbinic literature is one of the archetype villains.  As we shall see, he was a powerful man whose prophecy and closeness with G-d gave him potential to do much good.  However, he chose to use those gifts towards evil.  Because of his terrific potential that was utterly twisted, his heavenly abilities that were perverted towards wrongdoing, he is considered the prime example of corruption.

Some scholars have suggested that Balaam is a codeword in talmudic literature for Jesus.  However, we will show that Balaam is considered the paragon of evil in passages that cannot refer to Jesus and from these passages we can see that there is no compelling reason to read other similar passages as referring to Jesus.  Indeed, reading these passages as referring to Jesus would be breaking with the established understanding of the talmud.

Sifrei on Deuteronomy 34:10

"Never again did there arise in Israel a prophet like Moses" – But in other nations there did arise.  Who? Balaam the son of Beor.  But there is a difference between Moses’s prophecy and Balaam’s prophecy.

Moses did not know who spoke to him but Balaam knew who spoke to him, as it says (Numbers 24:16) "The words of the one who hears the sayings of G-d…"

Moses did not know when G-d would speak to him until he was spoken to but Balaam knew when He would speak, as it says (ibid.) "Who knows the knowledge of the Supreme One…"

With Moses, G-d would not speak to him until he was standing, as it says (Deuteronomy 5:28) "But as for you, stand here with Me…"  But with Balaam, G-d would speak to him even while fallen, as it says (Numbers 24:4) "Who sees the vision of the Almighty, while fallen with uncovered eyes."

We see here a clear reference to the biblical Balaam.  The descriptions of his awesome prophetic powers, greater than Moses’s, are inferred from verses describing the biblical Balaam.  There is no way that this passage can refer to Jesus or to Yeshu.

Avot DeRabbi Natan 2:5

Why is Job called (Job 1:8) "A perfect and upright man"?  To teach us that he was born circumcised.  Adam was also born circumcised as it says (Genesis 1:27) "So G-d created man in His image…"  Seth was also born circumcised as it says (ibid. 5:2 ) "He begot in his likeness and his image…"  Noah was also born circumcised… Shem was also born circumcised…  Jacob was also born circumcised…  Joseph was also born circumcised…  Moses was also born circumcised…  Even the wicked Balaam was born circumcised…  Samuel was also born circumcised…  David was also born circumcised…  Jeremiah was also born circumcised…  Zerubabel was also born circumcised…

The Talmud here is working with the understanding that circumcision is the final step in the creation of a man.  An uncircucised man is not quite complete and G-d gave it to us to finish the job and complete the creation of man by circumcising him.  However, there were some people born with such potential for greatness and perfection that they were born already circumcised.  They were born destined for perfection.  Among this list of heroes, this list of righteous and holy leaders, is Balaam.  He was born with the potential for greatness which he unfortunately perverted towards evil with his free will.

It is clear, however, based on the chronological order, that this refers to the biblical Balaam and not Jesus or Yeshu.  Both Jesus and Yeshu would have been listed after David, Jeremiah, and Zerubabel.

Talmud Sanhedrin 106a

Numbers (24:14) "Come, I shall advise you…"  Rabbi Abba bar Kahana said:  [Balaam] said to them: Their G-d hates promiscuity and they desire flaxen clothes.  Let me give you this advice.  Make tents and put old prostitutes in front of them and young ones inside…  When the Jews are walking in the market, the old lady offers to sell them clothes at market value and the young one offers it cheaper.  After two or three times she tells him that he is already a comfortable visitor and should choose what he wants, all the while a bottle of Amonite wine sitting beside her.  She offers him a glass of wine.  After he drinks it will burn him up and he will ask for sex.  She will take out her idol and demand that he worship it first.  He will say that he is a Jew and she will say that all she is asking is that he defecate [and he will not know that this is the worship of that idol].  She will also say that she will not sleep with him until he denounces the Torah of Moses.

This passage discusses the surprising transition in the biblical narrative from Balaam’s prophecy (Numbers 24) directly into (Numbers 25:1) "Israel settled in the Shittim and the people began to commit harlotry with the daughters of Moab."  The talmud’s explanation is that Balaam, the paid advisor of Moab (see Numbers 22), showed the Moabites how and why to entice the Jewish men into harlotry.

This passage is clearly about Balaam and it describes both his cleverness and his despicability.  There are many more passages that show that Balaam is considered by the talmud to be both a powerful and utterly wicked man who earned the title of most hated villain.

Mishnah Avot 5:19

Whosoever possesses these three qualities belongs to the disciples of Abraham our father: a generous eye, a humble spirit, and a meek soul.  But he who possesses the three opposite qualities — an evil eye, a proud spirit, and a haughty soul — is of the disciples of Balaam the wicked.

How do the disciples of Abraham differ from the disciples of Balaam? The disciples of Abraham enjoy this world and inherit the world to come, as it is written (Proverbs 8:21) "Endowing with wealth those who love me, and filling their treasuries." The disciples of Balaam inherit Gehenna and go down to the pit of destruction, as it is written (Psalm 55:23) "But you, O G-d, will cast them down into the lowest pit; the bloodthirsty and treacherous shall not live out half their days. But I will trust in you."

Here again, we see that Balaam is the paragon of evil.  Using strictly Old Testament examples, the Mishnah tries to demonstrate the proper  attitudes one should take in life.

The point of all these examples is to show that Balaam is viewed in rabbinic literature as the ultimate villain.  Through indisputable proofs we have shown that the biblical Balaam, not Jesus or Yeshu, is consistently painted as someone destined for greatness who instead misused his talents for evil.  In contemporary terms, he is the Darth Vader of the Bible.  It is therefore no surprise that historians can find many passages that denigrate Balaam.  However, there is every reason to believe that these passages refer to the actual Balaam and not to Jesus or Yeshu.

There are some historians who believe that Balaam is a talmudic codeword for Jesus.  However, this theory has not stood up to the scrutiny of academic talmudic scholarship and has fallen out of favor with historians.

Professor Louis Ginzberg, "Some Observations on the Attitude of the Synagogue Towards the Apocalyptic-Eschatological Writings", Journal of Biblical Literature (1922), p. 121 n. 18

One may therefore state with absolute certainty that the entire Talmudic-Midrashic literature does not know of any nicknames for Jesus or his disciples.

John P. Meier, A Marginal Jew (1991), vol. 1 p. 95

For instance, a radical position is represented by Johann Maier, who maintains that not only the Mishna but also both Talmuds lack any authentic, direct mention of Jesus of Nazareth41…

In my opinion, Maier’s arguments are especially convincing for the Mishna and other early rabbinic material: no text cited from that period really refers to Jesus.  He thus confirms the view I defend in this section.

41 See Johann Maier, Jesus von Nazareth in der talmudischen Uberlieferung (Ertrage der Forschung 82; Darmstadt: Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 1978).  His position, which is argued in minute detail throughout the volume, is summarized on pp. 263-75.

The noted historian of rabbinics, Ephraim E. Urbach, dedicated an article to explaining the rabbinic view of Balaam and debunking the theory that Balaam is a talmudic codeword for Jesus.  See Ephraim Urbach, "Rabbinic Exegesis About Gentile Prophets And The Balaam Passage" (Hebrew), Tarbitz (25:1956), pp. 272-289.

The Accusation

Gittin 57a. Says Jesus is in hell, being boiled in "hot excrement."

The Text

Talmud Gittin 56b-57a

[Onkelos Bar Kalonikus] called up Balaam from the dead.  [Onkelos] asked: Who is honored in that world?  [Balaam] replied: Israel. [Onkelos asked:] What about joining them?  [Balaam] replied: (Deut. 23:7) "You shall not seek their peace or welfare all your days."  [Onkelos] asked: What is your punishment?  [Balaam answered]: In boiling semen.

[Onkelos] called up Yeshu from the dead.  [Onkelos] asked: Who is honored in that world?  [Yeshu] replied: Israel.  [Onkelos asked:] What about joining them?  [Yeshu] replied: Seek their good.  Do not seek their bad.  Whoever touches them is as if he touched the pupil of his eye.  [Onkelos] asked: What is your punishment?  [Yeshu answered]: In boiling excrement.  As the mast said: Whoever mocks the words of the sages in punished in boiling excrement.

Here we see a story of the famous convert Onkelos who, prior to converting, used black magic to bring up famous villains of history and ask them whether their wickedness saved them in the world to come.  In both cases (there is a third case of Onkelos calling up Titus as well) the sinner is being terribly punished in the afterlife while Israel is being rewarded.  Presumably, this helped convince Onkelos to convert to Judaism.

As we have explained elsewhere, Yeshu is not Jesus of the New Testament.  He is most likely a prominent sectarian of the early first century BCE who deviated from rabbinic tradition and created his own religion combining Hellenistic paganism with Judaism.  While Yeshu may be the proto-Jesus some scholars point to as inspiring the early Christians, he is definitely not the man who was crucified in Jerusalem in the year 33 CE.

Interestingly, if someone were to claim that Yeshu in the passage above is Jesus, then Balaam cannot also refer to Jesus because both Balaam and Yeshu are in the passage together.  In other words, it is self-contradicting to claim that the passages above about Balaam’s mother being a harlot or dying young refer to Jesus and to claim that the passage above about Yeshu being punished also refers to Jesus.  You can’t have it both ways.

The Jesus Narrative In The Talmud

Written by Gil Student

Introduction

There are four main passages in the Talmud that are alleged by some to discuss the story of Jesus’ life and death.  What we will do here is to analyze closely these passages and see the reasons one may or may not attribute these stories to the life of Jesus.  We will also look at another two passages that help us identify our protagonist(s).  We will quickly realize that there are great difficulties in stating that any of these texts refer to Jesus.  We will see that a large number of historians and talmudists have addressed these issues and have concluded that either none of these passages refer to Jesus or that they refer to a proto-Jesus, whose life was later obfuscated by the theologically motivated rewriting of history.

Introduction

Jesus In The Talmud

Christianity In The Talmud

Passages

Ben Stada

Yeshu

Trial

Execution

Disciples

The Student

Theories

Hazy History

Two Yeshus

Early Jesus

Conclusion

Passages

It is important to keep in mind that there are many people in the Talmud with the same names.  R. Aaron Hyman in his biographical work on the sages of the Talmud, Toldot Tannaim VeAmoraim, lists 14 Hillels,  61 Elazars, and 71 Hunas.  Josephus lists approximately twenty different men named Jesus, at least ten of whom lived in the same time as the famous Jesus [cf. John P. Meier, A Marginal Jew, p. 206 n. 6].  The name Panthera was also a common name in the first two centuries [cf. L. Patterson, "Origin of the Name Panthera", JTS 19 (1917-18), p. 79-80, cited in Meier, p. 107 n. 48].  When dealing with first names, it is very common to come across different people in the Talmud with the same name and the same applies today.  When I refer to Bill, am I talking about the President of the United States, the billionaire founder of Microsoft, or a local celebrity?  In one place I could mean one Bill and in another place a different Bill.  It is therefore almost impossible to identify someone based on their first name alone.  Second names, which in the Talmud means the name of the father, enable us to identify people with much better accuracy, but not entirely.  It is very possible for both two men and their father’s to have the same names.  This makes history much harder but ignoring this fact is distorting history.

Note that the word "ben" means "son of" in Hebrew.  Therefore, the name "Shimon Ben Gamaliel" means Shimon the son of Gamaliel.

Passage #1: Ben Stada

Talmud Shabbat 104b, Sanhedrin 67a

It is taught: R. Eliezer told the sages: Did not Ben Stada bring witchcraft with him from Egypt in a cut that was on his skin?  They said to him: He was a fool and you cannot bring proof from a fool.

Ben Stada is Ben Pandira.

R. Chisda said: The husband was Stada and the lover was Pandira.

[No,] the husband was Pappos Ben Yehudah and the mother was Stada.

[No,] the mother was Miriam the women’s hairdresser [and was called Stada].  As we say in Pumbedita: She has turned away [Stat Da] from her husband.

Summary

What we see from here is that there was a man named Ben Stada who was considered to be a practicer of black magic.  His mother was named Miriam and also called Stada.  His father was named Pappos Ben Yehudah.  Miriam (Stada) had an affair with Pandira from which Ben Stada was born.

Proof

Some historians claim that Ben Stada, also known as Ben Pandira, was Jesus.  His mother’s name was Miriam which is similar to Mary.  Additionally, Miriam was called a women’s hairdresser, "megadla nashaia" [for this translation, see R. Meir Halevi Abulafia, Yad Rama, Sanhedrin ad. loc.].  The phrase "Miriam megadla nashaia" sounds similar to Mary Magdalene, a well-known New Testament figure.

Problems

1. Mary Magdalene was not Jesus’ mother.  Neither was Mary a hairdresser.

2. Jesus’ step-father was Joseph.  Ben Stada’s step-father was Pappos Ben Yehudah.

3. Pappos Ben Yehudah is a known figure from other places in talmudic literature.  The Mechilta Beshalach (Vayehi ch. 6) has him discussing Torah with Rabbi Akiva and Talmud Berachot 61b has Pappos Ben Yehudah being captured and killed by Romans along with Rabbi Akiva.  Rabbi Akiva lived during the second half of the first century and the first half of the second century.  He died in the year 134.  If Pappos Ben Yehudah was a contemporary of Rabbi Akiva’s, he must have been born well after Jesus’ death and certainly could not be his father.

Passage #2: Yeshu

Talmud Sanhedrin 107b, Sotah 47a

What of R. Yehoshua Ben Perachiah?

When John [Hyrcanus] the king killed the rabbis, R. Yehoshua Ben Perachiah [and Yeshu] went to Alexandria of Egypt.  When there was peace, Shimon Ben Shetach sent to him "From me [Jerusalem] the holy city to you Alexandria of Egypt.  My husband remains in your midst and I sit forsaken."

[R. Yehoshua Ben Perachiah] left and arrived at a particular inn and they showed him great respect.  He said: How beautiful is this inn [Achsania, which also means innkeeper].

[Yeshu] said: Rabbi, she has narrow eyes.

[R. Yehoshua Ben Perachiah] said to him: Wicked one, this is how you engage yourself?

[R. Yehoshua Ben Perachiah] sent out four hundred trumpets and excommunicated him.

[Yeshu] came before [R. Yehoshua Ben Perachiah] many times and said: Accept me.  But [R. Yehoshua Ben Perachiah] paid him no attention.

One day [R. Yehoshua Ben Perachiah] was reciting Shema [during which one may not be interrupted].  [Yeshu] came before him.  He was going to accept [Yeshu] and signalled to [Yeshu] with his hand.  [Yeshu]  thought that [R. Yehoshua Ben Perachiah] was repelling him.  He went, hung a brick, and bowed down to it.

[Yeshu] said to [R. Yehoshua Ben Perachiah]: You taught me that anyone who sins and causes others to sin is not given the opportunity to repent.

And the master said: Yeshu {the Notzri} practiced magic and deceive and led Israel astray.

Background and Summary

Note that historians differ on the exact years of these events.  For simplicity, we will assume the latest possible dates as suggested by Gershon Tannenbaum [Jewish Time Line Encyclopedia, p. 87].

John Hyrcanus was a successful king and soldier.  During a banquet celebrating his victories in 93 BCE, some Pharisee rabbis offended him and he was convinced by Sadducee leaders to try to kill every Pharisee rabbi [Hyman, vol. II pp. 691-692, 766].  Some rabbis, such as R. Yehoshua Ben Perachiah and his student Yeshu, fled to Alexandria outside of John Hyrcanus’s reach [Hyman vol. II pp. 647, 692].  Shimon Ben Shetach, however, was hidden in Jerusalem by his sister, Salome Alexandra, who was John Hyrcanus’s daughter-in-law [Hyman, vol. II pp. 647, 692, 766, vol. III pp. 1212-1213].  The extremely diverse religious population of Palestine, full of sects such as the Essenes, Kumrans, and numerous other groups, was temporarily devoid of any public Pharisee leaders.

By the year 91 BCE, John Hyrcanus and his sons Antigonus and Aristobulos had died and his third son Alexander Janneus became king.  Even though Alexander Janneus was an ardent Sadducee, his wife convinced him to appoint his Pharisaic brother-in-law, Shimon Ben Shetach, to the Sanhedrin, then dominated by Sadducees.  Slowly, over the course of a number of years, Shimon Ben Shetach outshone his Sadducee opponents in the Sanhedrin and appointed his Pharisaic students as members [Hyman, vol. II pp. 766-767, vol. III pp. 1213-1214].

By the year 80 BCE it was finally safe for the Pharisee rabbis to quietly return and Shimon Ben Shetach sent a cryptic note to his mentor, R. Yehoshua Ben Perachiah, encouraging him to return [Hyman, vol. II pp. 647-648, vol. III pp. 1213-1214].

Some 50 to 60 years after the great Pharisaic victory of the Hasmoneans, in which Pharisees rebelled against the Greek-Syrians and gained the monarchy, these Pharisee rabbis returned to a country full of heretical sects that had either integrated aspects of Hellenist paganism into their religion or had, in an attempt to repel all unproven influence, rejected the traditions of the rabbis.  The Pharisees who remembered the prominence in which they had so recently been held were now witnesses to the disintegration of their religious society.

While returning, Yeshu misunderstood one of his teacher’s remarks and said something that demonstrated that he was interested in and looking at married women.  As sexual promiscuity was a sign of many of the Hellenist sects, R. Yehoshua Ben Perachiah suspected his student of being yet another leader influenced by Hellenism and had him excommunicated [this hasty conclusion was condemned by the Talmud a few lines before our passage].  After many attempts by Yeshu to reconcile with his mentor, R. Yehoshua Ben Perachiah was finally ready.  However, Yeshu approached him while he was reciting Shema, the most important part of the morning prayer during which he could not stop to speak.  He motioned to Yeshu with his hand which was misinterpreted as a signal to go away.  Yeshu finally gave up and fulfilled his teacher’s suspicion.  He adopted a pagan religion and went on to create his own sect of Judaism and lead many Jews astray.

Proof

Some historians note some similarities here between Yeshu and Jesus.  Most notably, in one manuscript of the Talmud he is called Yeshu the Notzri which could be rendered (with only a little difficulty) Jesus the Nazarene.

Problems

1. Yeshu lived about a century before Jesus.

2. Only one of the approximately four distinct manuscripts available have the title HaNotzri (possibly, the Nazarene).  None of the other manuscripts contain that title which make it suspect as a later interpolation, as medieval commentators suggest [cf. Menachem HaMeiri, Beit Habechirah, Sotah ad. loc.].

3. Notzri does not necessarily mean Nazarene.  It is actually a biblical term (Jeremiah 4:16).  While centuries later it was undoubtedly used to refer to Christians in the form of Notzrim or Netzarim, it could have been a term used to refer to many strong communities.  The name "Ben Netzar" was used by the Talmud to refer to the famous chief of robbers Odenathus of Palmyra [see Marcus Jastrow's Dictionary p. 930]

4. The name Yeshu alone could have been common.  We know that the name Jesus was common [see Collossians 4:11 and above].

5. Other than the name, nothing in the story fits anything we know about Jesus.

Passage #3: Trial

Talmud Sanhedrin 67a

It is taught: For all others liable for the death penalty [except for the enticer to idolatry] we do not hide witnesses.  How do they deal with [the enticer]?  They light a lamp for him in the inner chamber and place witnesses in the outer chamber so that they can see and hear him while he cannot see or hear them.  One says to him "Tell me again what you said to me in private" and he tells him.  He says "How can we forsake our G-d in heaven and worship idolatry?"  If he repents, good.  If he says "This is our obligation and what we must do" the witnesses who hear him from outside bring him to the court and stone him.  And so they did to Ben Stada in Lud and hung him on the eve of Passover.

Summary

This passage discusses how an enticer to idolatry, one of the worst religious criminals (see Deuteronomy 13:7-12), was caught.  The Talmud then continues and says that this was the method used to catch the notorious Ben Stada.

Proof

Again we see Ben Stada.  Above we were told that he performed witchcraft and we are now told that he was an idolater as well.  The connection to Jesus is that Ben Stada is connected to Jesus in the passage above and that he was executed on the eve of Passover.  The Gospel of John (19:14) has Jesus being executed on the eve of Passover.

Problems

1. The same problems above connecting Ben Stada to Jesus apply here as well, including his living almost a century after Jesus.

2. Ben Stada was stoned by a Jewish court and not crucified by the Roman government like Jesus.

3. The Synoptic Gospels say that Jesus was executed on Passover itself (Matthew 26:18-20; Mark 14:16-18; Luke 22:13-15) and not the eve of Passover.

4. Jesus was not crucified in Lud.

Passage #4: Execution

Talmud Sanhedrin 43a

It is taught: On the eve of Passover they hung Yeshu and the crier went forth for forty days beforehand declaring that "[Yeshu] is going to be stoned for practicing witchcraft, for enticing and leading Israel astray.  Anyone who knows something to clear him should come forth and exonerate him."  But no one had anything exonerating for him and they hung him on the eve of Passover.

Ulla said: Would one think that we should look for exonerating evidence for him?  He was an enticer and G-d said (Deuteronomy 13:9) "Show him no pity or compassion, and do not shield him."

Yeshu was different because he was close to the government.

Summary

Here we have the story of the execution of Yeshu.  Like Ben Stada, he was also executed on the eve of Passover.  Before executing him, the court searched for any witnesses who could clear his name, as was normally done before any execution.  Ulla, however, questioned this practice.  An enticer, due to the biblical mandate not to be merciful, should not be afforded this normal consideration.  The Talmud answers that Yeshu was different.  Because of his government connections, the court tried to search for any reason not to execute him and upset the government.

Proof

Again we see Yeshu.  All of the proofs from above connecting Yeshu to Jesus apply here as well.  Additionally, the execution on the eve of Passover is another connection to Jesus as above with Ben Stada.

Problems

1. As mentioned above with Ben Stada, the Synoptic Gospels have Jesus being executed on Passover itself and not the eve of Passover.

2. As above, Yeshu lived a century before Jesus.

3. Yeshu was executed by a Jewish court and not by the Romans.  During Yeshu’s time, the reign of Alexander Janneus, the Jewish courts had the power to execute but had to be careful because the courts were ruled by the Pharisees while the king was a Sadducee.  It seems clear why the courts would not want to unneccesarily upset the monarch by executing a friend of his.  During the Roman occupation of Jesus’ time, there is no indication that the Jewish courts had the right to execute criminals.

3. There is no indication from the New Testament that Jesus had friends in the government.

Passage #5: Disciples

Talmud Sanhedrin 43a

It is taught: Yeshu had five disciples – Matai, Nekai, Netzer, Buni, and Todah.

They brought Matai [before the judges].  He said to them: Will Matai be killed?  It is written (Psalm 42:2) "When [=Matai] shall (I) come and appear before G-d."

They said to him: Yes, Matai will be killed as it is written (Psalm 41:5) "When [=Matai] shall (he) die and his name perish."

They brought Nekai.  He said to them: Will Nekai be killed?  It is written (Exodus 23:7) "The innocent [=Naki] and the righteous you shall not slay."

They said to him: Yes, Nekai will be killed as it is written (Psalm 10:8) "In secret places he slay the innocent [=Naki]."

They brought Netzer.  He said to them: Will Netzer be killed?  It is written (Isaiah 11:1) "A branch [=Netzer] shall spring up from his roots."

They said to him:  Yes, Netzer will be killed as  it is written (Isaiah 14:19) "You are cast forth out of your grave like an abominable branch [=Netzer]."

They brought Buni.  He said to them: Will Buni be killed?  It is written (Exodus 4:22) "My son [=Beni], my firstborn, Israel."

They said to him:  Yes, Buni will be killed as it is written (Exodus 4:23) "Behold, I slay your son [=Bincha] your firstborn."

They brought Todah.  He said to them: Will Todah be killed?  It is written (Psalm 100:1) "A Psalm for thanksgiving [=Todah]."

They said to him:  Yes, Todah will be killed as it is written (Psalm 50:23) "Whoever sacrifices thanksgiving [=Todah] honors me."

Summary

Five of Yeshu’s disciples were brought before a court, tried for the crime against G-d and society of idolatry, and executed according to biblical law.  This passages presents each disciple cleverly bringing a biblical verse in an attempt to exonerate himself and the court responding likewise.

Proof

The name Yeshu is used as above.  The additional proof this passage provides is that Matai is the Hebrew equivalent of Matthew, one of Jesus’ disciples.

Problems

1. The same problems above connecting Yeshu to Jesus apply here.

2. Of the five disciples, only one is recognized.  What of the other four?

3. The name Matai seems like a nickname or Aramaic equivalent of Matityahu, which was a known Jewish name in that time period.  It was probably a common name, considering the high esteem in which the patriarch of the Hasmonean dynasty, Matityahu, was held by the common people.  Some manuscripts have the name of R. Yehoshua Ben Perachiah’s famous colleague as Matai from Arbel [cf. R. Shimon Ben Tzemach Duran, Magen Avot, ed. Zeini (Jerusalem:2000) p. 31].

Passage #6: The Student

Tosefta Chullin 2:23

It once happened that R. Elazar ben Damah was bitten by a snake and Ya’akov of the village Sechania came to heal him in the name of Yeshu ben Pandira, but R. Yishmael did not allow him.

Proof

Here we see the only place in which the names Yeshu and Ben Pandira are connected.

Theories

Hazy History

Some historians consider all of the above passages to refer to Jesus.  Granted, there are many difficulties in tying all of the details together, particulary the historical timeframes.  However, these historians claim "that chronology was not a science in which the rabbis excelled, or one in which they laid stress upon accuracy" [RT Herford, Chritianity in Talmud & Midrash, p. 347].  The rabbis of the talmud had a hazy memory of Jesus and embellished upon it in order to villainize him.  The inconsistencies among the various stories are of no consequence because the rabbis did not care.  Thus, Jesus is Yeshu is Ben Stada is Ben Pandira.  Mary Magdalene is called Jesus’ mother due to some vague familiarity with the gospel story.  Jesus’ execution was recalled but only some details remembered.  In fact, these historians found many more references to Jesus in the talmud that did not use his name [discussed here].  Herford lists about twenty different passages that he claims refer to Jesus and still concludes that "it is remarkable how very little the talmud does say about Jesus" [ibid.].

This was at one time the standard approach of historians.  However, the obvious bias against talmudic rabbis and the wanton attribution of nameless passages has since given way to a more balanced approach among academics.

Goldstein, in his highly respected doctoral dissertation Jesus in the Jewish Tradition, argues against the attribution to Jesus of various references in the talmud, such as Balaam and "a certain person".  In his view, this is finding in the texts what one was a priori looking for [Cf. Goldstein, pp. 57-81].  Joseph Klausner does not consider the Ben Stada passages as referring to Jesus [Joseph Klausner, Jesus of Nazareth, pp. 20-23].  Johann Maier concurs and adds that Ben Pandira had no connection to Jesus either [Johann Maier, Jesus von Nazareth in der talmudischen Uberlieferung, p. 237, cited in John P. Meier, A Marginal Jew, vol. I p. 106 n. 45].  Maier further denies that the passage in Sanhedrin 43a about the execution and disciples of Yeshu has anything to do with Jesus [Maier, p. 229, cited in Meier vol. I p. 107 n. 51].  John P. Meier, a Catholic priest and author of the most recent and highly acclaimed scholarly analysis of the evidence of Jesus’ life, A Marginal Jew, which has even been added to the Anchor Bible Reference Library, takes a middle ground and says "While not accepting the full, radical approach of Maier, I think we can agree with him on one basic point: in the earliest rabbinic sources, there is no clear or even probable reference to Jesus of Nazareth" [Meier, vol. I p. 98].

Meier also adds what seems to be a direct answer to Herford’s remark quoted above.  Meier says "Hence, apart from Josephus, Jewish literature of the early Christian period offers no independent source for inquiry into the historical Jesus.  Indeed, why should it?  Engaged in a fierce struggle for its own survival and definition, early rabbinic Judaism had other matters on its mind — matters that, from its own perspective, were much more important" [Meier, ibid.].

Many modern historians detect different strata of texts from different ages within the talmudic period.  The passages originally referred to different people named Yeshu, Ben Stada, and Ben Pandira, none of whom were Jesus.  Over time, different generations of talmudic rabbis melded the passages together with added phrases and details.  However, according to Johann Maier, none of these passages ever related to Jesus.  Some scholars, such as Joseph Klausner and John P. Meier, believe that some of the later additions were meant to refer to Jesus, while the original basic text did not.  It is therefore very difficult to determine what, if anything, the talmud actually says about Jesus.

These attempts at literary analysis of the talmud, while not quite heretical to traditional Jews, are certainly anathema.  We will therefore try to use the literature of more traditional historical views of the talmudic passages along with some classic rabbinic commentaries to understand the subjects of these texts.

Two Yeshus

The standard rabbinic understanding of these passages is that these passages refer to at least two different people [cf. Tosafot HaRosh, Sotah 47a sv Yeshu, Shabbat 104b sv Ben Stada; Tosafot (uncensored) Shabbat 104b sv Ben Stada; R. Abraham Zacuto, Sefer Hayuchasin 5:6, R. Natan David Rabinowitz, Binu Shenot Dor Vador, pp. 422-425] .  The first lived in the first half of the first century BCE during the reign of Alexander Janneus.  The second lived in the first half of the second century CE, during the time of the Roman persecution that led to Rabbi Akiva’s tragic death.

The first, Yeshu Ben Pandira, started his own sect and had many followers.  His heretical and idolatrous teachings lasted centuries after his life but, like so many Jewish sects, slowly died out after the destruction of the Temple.

The second, Ben Stada, was simply a public idolater from an illustrious family who was caught and punished.

The only connections between the two are their fathers’ names, that they were executed on the day before Passover, and that they both spent time in Egypt.  The first is probably a mere coincidence because, as pointed out above, Panthera (which in Hebrew and Aramaic is equivalent of Pandira) was a common name.

Ben Stada may have been executed on the day before Passover in Lud out of deference for his illustrious step-father.  On that day, most people were gathered in Jerusalem preparing their Passover sacrifices and very few people would have witnessed the execution in Lud.  Yeshu Ben Pandira may have been executed on the day before Passover in Jerusalem for the exact opposite reason.  Since he was the leader of a heretical sect, the court may have wished that the crowd in Jerusalem would see his execution and learn that his sect was a deviation from the true Judaism.

Their both having spent time in Egypt is similar to two American Jews today both visiting New York City at some time in their lives.  From the year 307 BCE to the year 113 CE, Alexandria had one of the largest and most illustrious Jewish communities in the world.  Its hundreds of thousands of Jews had a very large and active Jewish community, which is probably why R. Yehoshua Ben Perachiah and Yeshu were able to hide there .  The Alexandrian community was also noted for its affinity to Hellenistic culture.  Its most famous product, Philo, wrote exclusively in Greek and propounded a very Hellenistic philosophy which some consider to be heretical to Judaism [see Samuel Belkin's introduction to Midreshei Philon].  It is certainly not surprising that the young Ben Pandira’s visit to this thriving Jewish center led him to accept a hybrid Jewish-Hellenist religion that was considered idolatry by traditional Jews.

The following chart shows which details refer to each person.

Yeshu Ben Pandira

Passage 2

Lived appr. 80 BCE

Student of R. Yehoshua Ben Perachiah

Escaped persecution by fleeing to Egypt and, upon return, became an idolater

Passage 4

Executed on the day before Passover

Had close contact with government officials

Passage 5

Had five disciples who were also executed.

Passage 6

His legacy remained for centuries, even until the time of R. Yishmael (died 133)

Ben Stada

Passage 1

Lived appr. 100 CE

Sometimes called Ben Pandira but mainly Ben Stada, possibly to differentiate him from Yeshu Ben Pandira

Brought witchcraft from Egypt

Mother was Miriam the hairdresser, also known as Stada

Father was Pandira

Step-father was Pappos Ben Yehudah

Passage 3

Executed on the day before Passover in Lud for idolatry

Early Jesus

Some historians go further.  It is well known, and long a matter of controversy, that beginning in the early 19th century some historians disputed the existence of an historical Jesus at all.  According to this theory, Jesus never existed and the early church fathers created him as a figure for their religion.  The gospels are compilations of various legends that were attributed to this mythical character Jesus.  Much ink has been spilled debating this theory, but there are some historians who accept this and go one step further.  They identify the basis of the New Testament Jesus in the story of Yeshu Ben Pandira.  This legendary figure, who was branded a heretic by Jewish leaders, founded a Jewish sect that inspired and influenced the early Christians.  These early Christians then adopted the story of Yeshu Ben Pandira and modified it to fit into a later historical period and their own eclectic religious beliefs.  [cf. R. Avraham Ibn Daud, Sefer Hakabbalah, 53; Sefer Hayuchasin, ibid.; Avraham Korman, Zeramim Vekitot Beyahadut, pp. 354-364].

Some daring scholars have even identified the original Jesus or proto-Jesus, Yeshu Ben Pandira, as the Teacher of Righteousness who led the sect in Qumran [cf. Alvar Ellegård, Jesus One Hundred Years Before Christ; G.R.S. Mead, Did Jesus Live 100 B.C.?; G. A. Wells, The Jesus Myth].

While these theories are highly speculative and certainly not mainstream, researchers have amassed a large amount of evidence, from archaelogical finds to medieval references, that point to either this or a similar conclusion.

Conclusion

It seems clear by now that there is no consensus whether Jesus is mentioned at all in the Talmud. Most of the supposed "blasphemies" of Jesus and Mary in the Talmud do not refer to them at all. However, there can be no denying, and no rabbi would deny this, that the authors of the Talmud did not believe in Jesus’ messiahship or his divinity. If you are looking for Christian fellowship then Jewish literature is not the place to look. However, there is no basis at all to state unequivocably that the Talmud calls Jesus a bastard or that Mary was a prostitute who had sex with many men. As has been shown, those passages definitely do not refer to Jesus.

Note: The wording of the texts was taken from Chisronot Hashas, originally printed in Koenigsberg in 1860 and reprinted in Tel Aviv in 1989.  The text of the Tosefta was taken from the standard Vilna edition and slightly modified based on Saul Lieberman’s Tosefet Rishonim.

Refuting the Blood Libel

Written by Gil Student

There is an often repeated accusation against Jews that they kidnap and kill Christian children around Passover time to use their innocent Christian blood in the baking of matzah that will be eaten on Passover. This lie is so ludicrous that it would be hilarious if it had not had such tragic consequences. Despite its obvious untruth to anyone familiar with Judaism, thousands of Jews have been murdered due to anger aroused by this lie.

We have already shown that it is absolutely forbidden for a Jew to kill a gentile. What we will show here is that Jews are forbidden to eat ANY blood and take great pains to avoid eating it. We show great respect for an animal’s blood by burying it and we carefully remove all blood from our meat by washing and salting it while raw. If anything, gentiles who do not salt their meat eat more blood than an observant Jew.

Leviticus 7:26-27

You shall not consume any blood, in any of your dwelling places, whether from fowl or from animals. Any person who consumes any blood – that soul will be cut off from its people.

Leviticus 17:10-14

Any man of the House of Israel and of the proselyte who dwells among them who will consume any blood – I shall concentrate My attention upon the soul consuming the blood, and I will cut it off from its people. For the soul of the flesh is in the blood and I have assigned it for you upon the Altar to provide atonement for your souls; for it is the blood that atones for the soul. Therefore I have said to the Children of Israel: "Any person among you may not consume blood; and the proselyte who dwells among may not consume blood." Any man of the Children of Israel and of the proselyte who dwells among them who will trap a beast or bird that may be eaten, he shall pour out its blood and cover it with earth. For the life of any creatures – its blood represents its life, so I say to the Children of Israel, "You shall not consume the blood of any creature; for the life of any creature is its blood, whoever consumes it will be cut off."

Deuteronomy 12:16, 23-25

But you shall not eat the blood; you shall pour it onto the earth, like water… Only be strong not to eat the blood – for the blood, it is the life – and you shall not eat the life with the meat. You shall not eat it, you shall pour it onto the ground like water. You shall not eat it, in order that it be well with you and your children after you, when you do what is right in the eyes of G-d.

The biblical prohibition against eating blood is taken very seriously by Jews. It is repeated throughout the Talmudic and post-Talmudic literature and various methods of avoiding eating blood has played a prominent part of Jewish literature.

The Sefer HaChinuch offers an explanation of this prohibition.

Sefer HaChinuch, 148

It is possible to say regarding blood, in addition to the bad temperament that it contains, its consumption involves acquiring wicked traits – when a man consumes from an animal physically similar to him the very thing upon which his life depends and to which his soul is connected.

A reiteration of the prohibition against consuming blood can be found at every historical stage of Jewish law.

Tosefta Keritot 2:12

One who eats an olive’s worth of blood from a wild animal, domesticated animal, or from kosher birds brings a sin-offering… The blood of those who walk on two feet, the blood of eggs, and the blood of insects is forbidden but one is not obligated to bring a sin-offering.

This Tosefta is reaffirmed in the Talmud itself in Keritot 21b-22a and is quoted in the medieval legal works by R. Yitzchak Alfasi (Chullin 39a) and R. Asher (Chullin 8:28).

Maimonides, Mishneh Torah, Hilchot Ma’achalot Assurot 6:1

One who eats an olive’s worth of blood intentionally is cut off from his people. One who eats it accidentally brings a sin-offering.

This is also echoed in Shulchan Aruch, Yoreh Deah 64:1. The Talmud tells us that for an animal’s heart to be eaten it must first be split up crosswise and have all the blood removed from it (Talmud Chullin 109a). For a liver, which is full of blood, to be eaten it must be broiled so that the blood comes out during cooking (Talmud Chullin 110b-111a). Not only eating, but drinking blood is also forbidden (Jerusalem Talmud Yoma 8:3).

When an animal is ritually slaughtered, i.e. slaughtered for consumption according to Jewish law, the animal’s blood must be covered as a form of burial (Midrash Tanchuma Bereishit 10) as we saw above in Leviticus 17:13-14. The Talmud devotes an entire chapter, Chullin chapter 6, to the subject of covering the blood. It is still practiced to this day by Jewish Shochtim, ritual slaughterers, when they slaughter animals for consumption.

Maimonides, Mishneh Torah, Hilchot Shechitah 14:1

It is a positive commandment to cover the blood of a slaughtered kosher animal or kosher bird.

This is echoed in Shulchan Aruch, Yoreh Deah 28:1 and there is a whole literature on the details of exactly how in each circumstance to respectfully cover the animal’s blood.

Have you ever seen Kosher Salt before? I use it to spread on ice on winter days but it also has a holier purpose. Kosher Salt is used to spread on raw meat to absorb the blood. While today it is generally done in factories, until a generation ago every Jewish mother knew exactly how to rinse and salt meat.

The Talmud (Talmud Chullin 113a) describes the process of first washing the blood off of raw meat, then spreading salt on it to absorb the remaining blood, and then washing the meat again to rinse off the blood-soaked salt. It is only through this process that meat can become kosher. Any meat that is not rinsed-salted-rinsed properly within three days of its slaughter is not kosher and is prohibited to be eaten by Jews. This is duly recorded by Maimonides in Mishneh Torah, Hilchot Ma’achalot Assurot 6:10 and Shulchan Aruch, Yoreh Deah 69:1. In fact, the Shulchan Aruch reserves 10 chapters to discuss the details of salting meat (chapters 69-78).

It is these precautions and the almost obsessive avoidance of eating blood by Jews that makes the blood libel charges against them so ludicrous. Christians, who don’t salt their meat or broil their livers, accuse Jews of eating the blood from Christian children when that could not be farther from the truth. However, truth has never stood in the way of a resentful and angry mob searching for any excuse to kill Jews.

The Passover Haggadah Is Not Racist

Written by Gil Student

The Accusation

"We beg Thee, O Lord, inflict Thy wrath on the nations not believing in Thee. Take away, O Lord all hope from them. Destroy all foes of Thy nation."–Synagoga Judaica, p. 212. Minhagen, p. 23. Crach Chaim, 480 Hagah

This is partially accurate. Towards the end of the Passover Seder, the religious service of the first two evenings of Passover, a similar passage is recited. However, the passage is not at all as ominous as the accusers would have one believe. This is a direct quote from the Bible and is a request that G-d destroy those who destroyed the Temple and exiled the Jewish people. It was first said by a mournful Jeremiah and then included in Psalms. In the messianic hope of the end of the Seder we ask G-d to avenge the destruction of His Temple and rebuild it. One source of this custom is Shulchan Aruch, Orach Chaim 480:1 (Hagah). The exact verses read differ based on custom [see R. Menachem Mendel Kasher, Haggadah Sheleimah, pp. 177-178] however all start with Psalms 79:6-7. I include below the parallel verse in Jeremiah. In no way is this an anti-gentile prayer. It is an anti-destroyer prayer.

Psalms 79:6-7

Pour out Your wrath upon the nations that do not recognize You, and upon the kingdoms that do not invoke Your Name. For they have devoured Jacob, and destroyed His habitation.

Jeremiah 10:25

Pour out Your wrath upon the nations that know You not and upon the families that do not call out in Your Name, for they have consumed Jacob – they have consumed him and annihilated him – and have devastated his abode.

Explaining Kol Nidrei

Written by Gil Student

Mishnah Bava Metzia 4:2

They said: He who exacted punishment from the generation of the Flood [Gen. 7] and the generation of the Dispersion [Gen. 11] will exact punishment from he who does not stand by his word.

Accusation and Text

Oaths and Vows

Annulment Of Vows

Pre-Existing Clause

Kol Nidrei

The Accusation

Lying to Gentiles is institutionalized within the Jewish religion in the Kol Nidre rite, when all oaths that were broken in the preceding year, are rendered null and void.

The Kol Nidrei service is the first part of the Yom Kippur services and has a long history of being misunderstood. A simple reading of the text without any Talmudic or legal knowledge would lead one to believe that it is license to lie and deceive. However, even a little knowledge shows that this perception is totally incorrect. What we will show is that Kol Nidrei’s effect is legally very small and is, in fact, either an annulment for strictly personal vows or a clause for a limited number of future personal vows. Either way, it absolutely DOES NOT undermine the effectiveness of vows taken for others.

The Text

Kol Nidrei [Artscroll Yom Kippur Machzor translation - different textual versions will be discussed later]

All vows, prohibitions, oaths, consecrations, konam-vows, konas-vows, or equivalent terms that we may vow, swear, consecrate, or prohibit upon ourselves – [from the last Yom Kippur until this Yom Kippur, and] from this Yom Kippur until the next Yom Kippur, may it come upon us for good – regarding them all, we regret them henceforth. They all will be permitted, abandoned, cancelled, null and void, without power and without standing. Our vows shall not be valid vows; our prohibitions shall not be valid prohibitions; and our oaths shall not be valid oaths.

Oaths and Vows

Judaism takes vows and oaths very seriously. While the Bible has many passages discussing vows about sacrifices, the only passage in the Pentateuch regarding personal vows is in Numbers 30.

Numbers 30:3

If a man takes a vow to G-d or swears an oath to establish a prohibition upon himself, he shall not desecrate his word; according to whatever comes from his mouth he shall do.

This prohibition against violating one’s oaths is considered so strong that the Talmud [Shevuot 39a] states that the whole world shakes over this prohibition. The Talmud [Bava Metzia 5b] says that even Jewish thieves (yes, there are thieves in every society) are more careful about keeping their word than respecting other’s property.

Annulment Of Vows

As part of the Oral Law we have a tradition that oaths can be nullified by a court [Talmud Chagigah 10a; Maimonides, Mishneh Torah, Hilchot Shevuot 6:1]. When a person regrets having ever taken an oath a court can declare his oath to be null and void. However, and this is crucial, there are severe limitations regarding which oaths a court is empowered to nullify.

A somewhat similar notion to the above can be found regarding a woman’s oath in Numbers 30:4-10 although there are very big differences between that and a court’s nullification. Anyone who is a biblical literalist will reject the concept of annulment of oaths. However, Jews accept this tradition as having been given to Moses on Mount Sinai.

Taking oaths is a worthy way of inducing oneself to act properly. Because of the power of an oath, it is an extremely useful psychological motivator. While Ecclesiastes (5:4) tells us "Better that you not vow at all than that you vow and not pay", there are times when vowing is beneficial in enducing proper behavior [see Maimonides, Mishneh Torah, Hilchot Nedarim 13:23; Talmud Chullin 2a-b].

Only these oaths can be nullified. Oaths involving more than one person require both to be present and to agree to the annulment.

Shulchan Aruch, Yoreh Deah 211:4

All this [about annulling oaths] is said only about a vow or oath that was vowed or sworn for oneself. However, if someone else induced one to vow or swear this annulment does not help at all.

Think about it. The Talmud dedicates one sixth of itself to detailing the Jewish court system which adjudicates based on the sworn testimony of witnesses. What good is their testimony if they can have a different court nullify it in the future? For that reason Jewish courts specifically include in the language of the oath that the witnesses are swearing with the court in mind so that the oath cannot be nullified [Talmud Shevuot 29a; Nedarim 25a].

Any oath taken with others in mind cannot be nullified without their presence and approval. This is affirmed in the following quote and by Nachmanides, Teshuvot HaRamban, 248, 280; Rabbi Yerucham, Toldot Adam VeChavah, 7, 12; Tur, Orach Chaim 619; Shulchan Aruch, Yoreh Deah 211:4.

Maimonides, Mishneh Torah, Hilchot Shevuot 6:7

Reuven who induces Shimon to swear and answers "Amen" or accepted the oath and Shimon subsequently regrets the oath and requests an annulment, the court does not annul it except before Reuven who induced the oath… Even if the inducer is a child or a gentile the court does not annul it except before him so that he will know that the oath was annulled.

Pre-Existing Clause

Like a contract, whatever clauses one includes in one’s vow are binding. If one were to vow to "never eat hamburgers except on weekdays" then one would be allowed to eat hamburgers five days a week. If one were to vow to "never eat hamburgers but this vow is null and void" then the vow would not have any effect. Because one included within the vow a clause that nullified the vow, the vow did not have any obligatory effect. With this in mind, let us address the following passage from the Talmud.

Talmud Nedarim 23b

One who wishes that none of his vows should have effect all year should stand at the beginning of the year and say "All vows that I will make this year will be null"… as long as one does not remember at the time of the vow.

By making this clause ahead of time one is establishing a standard clause that is automatically included in all vows for the rest of the year. However, there is an interesting and important conclusion to this passage – "as long as one does not remember at the time of the vow." If one remembers this clause at the time of the vow one must repeat it out loud. If not, one is, by omission, disavowing the original clause. However, if one forgets then one is not disavowing the original clause and it is still in effect. In other words, this clause from the beginning of the year only works if one forgets it. Otherwise one has to say it again at the time of the vow.

Another important point is that this pre-existing clause does not work if someone else is inducing the vow. When the vow concerns others it must be fully vocalized at the time of the vow in front of these others. Anything that is not said at the time is null and void including this pre-existing clause.

Maimonides, Mishneh Torah, Hilchot Shevuot 2:16

One who takes an oath and says "I vow not to eat today and on your intentions I swear" cannot say "I had such-and-such in mind" because he did not vow on his intentions but on the intentions of others.

This is also affirmed by Rabbi Nissim from Gerona, Ran, Nedarim 23b; Rabbi Asher ben Yechiel, Rosh, ad loc.; Rabbeinu Tam, Tosafot, ad loc.; Shulchan Aruch, Yoreh Deah 210:1, Rabbi Eliyahu Kramer, Biur HaGra, Yoreh Deah 210:3.

Kol Nidrei

Kol Nidrei dates back to at least the ninth century where it was included in the first comprehensive prayer books, Seder Rav Amram Gaon. In the twelfth century, a debate within the Jewish community ensued regarding the intent of Kol Nidrei.

The clear intent of this service as it was originally written was to be an annulment of previous vows that, immediately prior to the day of judgement (Yom Kippur), would free a person from being liable from violating personal vows. Since, as we saw above, only personal vows can be annulled, Kol Nidrei sought to remove from people the possible stigma of violating their personal vows.

In the twelfth century, Rabbeinu Tam objected to this application of the annulment of vows due to a number of technical reasons, particularly its lack of individuality. How can you annul an individual’s vows in a group ceremony which does not even list the vows, asked Rabbeinu Tam? Therefore, Rabbeinu Tam insisted on changing the text of Kol Nidrei to use a future tense so it would serve as a pre-existing clause in future vows (assuming that individuals read along quietly with the service) [Tosafot, Nedarim 23b]. This change was opposed and the original text was defended by some scholars, such as R. Asher ben Yechiel [Rosh, Yoma 8:28]. The prevailing custom is to either follow Rabbeinu Tam’s modified text or to use a compromise version that includes both past and future vows.

However, and this is crucial, NO ONE claims that Kol Nidrei exempts individuals from either past or future vows that involve others. Kol Nidrei is ONLY for personal vows, as demonstrated above. Whether in business deals or in interpersonal interaction, Kol Nidrei does not in any way provide license for Jews to be deceiptful or lying.

The Talmud Does Not Permit Sex With A Three Year Old

Written by Gil Student

The Accusation

Yebhamot 11b: "Sexual intercourse with a little girl is permitted if she is three years of age."

The accusation here is quite nefarious. It implies that Judaism permits pedophilia, has no respect for women, and generally advocates loose sexual morals. To those familiar with the Talmud, this claim is patently ridiculous. However, the majority of people — particularly those making this claim — know little to nothing about the Talmud, its contents, or its methodology. On our website The Real Truth About The Talmud, we elaborate on these issues. However, for now, we will focus on the accusation at hand. It is, in fact, easily verified as being incorrect.

The Text

Talmud Ketuvot 11b (The citation mentioned is evidently in error. Talmud Yevamot 11b has no relevant passage)

Rav Yehudah said in the name of Rav: A male child who has relations with a female adult causes her to be like one who was injured with a stick… Rava said: This is what was meant – an adult male who has relations with a female child has not done anything because less than this [three years old] is like sticking a finger into an eyeball.

While those unused to these Talmudic discussions might be taken aback by the use of euphemisms, the discussion here relates to the dowry for virgins and non-virgins. It has nothing to do with what acts are allowed, encouraged, forbidden, or discouraged. It is, indeed, ironic that this passage has been manipulated from its original context of a financial discussion into one of a religious discussion. While there are numerous talmudic passages of a religious nature, this one discusses dowries and not forbidden and permitted relations!

The Talmud relates that a virgin is entitled a higher dowry. While the tell-tale sign of virginity is the release of blood due to the breaking of the hymen on the wedding night, there are occasions when the hymen has already been broken such as when the woman suffered an injury. The Talmud here quotes Rav Yehuda in the name of Rav that a sexual act with a male minor is not considered to be a loss of virginity because one of the participants is not fully active. While the female’s hymen may have been broken, she has not engaged in what can be classified as a sexual act (although it is certainly child abuse).

The Talmud continues and quotes Rava as saying that a sexual act between a male adult and a female under the age of three is also not considered a loss of virginity (although it is child abuse). Since the girl is too young for her hymen to be broken, she is still considered a virgin.

Nowhere is the Talmud permitting such behavior. Sex outside of a marriage is strictly forbidden (Maimonides, Mishneh Torah, Hilchot Ishut 1:4, Hilchot Na’arah Betulah 2:17; Shulchan Aruch, Even HaEzer 26:1, 177:5) as is this obvious case of child abuse. The Talmud is only discussing ex post facto what would happen if such a case arose.

That non-marital sexual relations is prohibited is stated explicitly by Maimonides in the following passage from his ground-breaking legal code Mishneh Torah:

Maimonides, Mishneh Torah, Hilchot Ishut 1:4

Whoever has licentious relations with a woman without marriage bonds is lashed by biblical mandate.

The claim that the Talmud, or normative Judaism, permits sexual relations with a minor is almost entirely incorrect. The slight truth in it is that, in certain societies in history, people were sometimes married as young as ten. While this was most recently done in Czarist Russia in order to avoid being drafted into the Czar’s army (which was made especially difficult for Jews), it is not currently done. However, even in that case, marriage is required before having sexual relations. Judaism as a religion prohibits sexual relations, indeed even minor touching such as holding hands, outside of marriage.

It is certainly true that there are individual Jews who do not follow the teaching of the Talmud. That is their personal choice, just like many Catholics choose to use birth control and have premarital relations despite their religion’s teaching against it. This does not mean that Catholicism permits premarital relations and it does not mean that Judaism (and the Talmud) does either. The personal choices of people whether to follow completely their religion does not reflect on what their religion teaches. Similarly, the fact that certain Muslims drink alcohol and frequent prostitutes does not mean that their religion permits it. It means that these individuals choose to defy their religion.

We leave it to others to deduce why some people would make baseless accusations against the Talmud and, by implication, Judaism and Jews.

The Real Story About Rabbi Eleazar

Written by Gil Student

The Accusation

Abodah Zarah 17a. States that there is not a whore in the world that the Talmudic sage Rabbi Eleazar has not had sex with.

By concisely summarizing the story told by the Talmud and slightly modifying the name, the accusation has changed a moving story about one man’s return to G-d into a tale about a Talmud sage’s sexual impropriety. We will present the whole story which has a very different message.

There are two things that are important to note. First, as is obvious, the story begins with Eleazar ben Durdia as patronizing prostitutes but concludes with his sorrowful repentance and acceptance into the world-to-come. Also, in most manuscripts he is not called Rabbi until the very end of the story, after his repentance. Clearly, he was not a scholar at all but merely an average (or below average) man who had a spiritual awakening that can be a lesson to us all about the power to change oneself.

Talmud Avodah Zarah 17a

They said about Eleazar ben Durdia that there was no prostitute in the world with whom he did not have intercourse at least once. He heard that there was one particular prostitute in a town near the sea who would receive a purse full of dinars for her services. He took a purse full of dinars and went to her, crossing over seven rivers. During intercourse she passed gas. She said: Just like this gas will never return to its place so too Eleazar ben Durdia will never have his repentance accepted (literally – will never return).

He went and sat between two mountains and hills. He said: Mountains and hills, request mercy for me. They said: Before we request mercy for you we have to request mercy for ourselves, at is says (Isaiah 54:10) "For the mountains will be moved and the hills will falter…"

He said: Heavens and earth, request mercy for me. They said: Before we request mercy for you we have to request mercy for ourselves, at is says (Isaiah 51:6) "For the heavens will dissipate like smoke, and the earth will wear out like a garment…"

He said: Sun and moon, request mercy for me. They said: Before we request mercy for you we have to request mercy for ourselves, at is says (Isaiah 24:23) "The moon will be humiliated and the sun will be shamed…"

He said: Stars and constellations, request mercy for me. They said: Before we request mercy for you we have to request mercy for ourselves, at is says (Isaiah 34:4) "All the host of the heavens will dissolve…"

He said: This matter depends solely on me. He put his head between his knees and began to tremble from crying until he died. A heavenly voice declared: R. Eleazar ben Durdia is ready for the world-to-come.

While the Talmud has certainly taken liberties with the details of the story, mountains and stars do not talk (see Tosafot ad. loc.), the message is clear. A prostitute made a snide remark to Eleazar about how far gone he was from his religion and, as a believing albeit unobservant man, he wished for divine mercy. He went around looking for ways to find mercy or, as some read it, looking for scapegoats on whom to blame his behavior (see R. Yonatan Eyebeshitz, Ye’arot Devash, sermon 3 p. 56a). His conclusion, however, was that he alone was to blame for his behavior and his deep-felt remorse led to his tearful death. This repentance was sufficient for him to earn a place in the world-to-come (see R. Shlomo Eidels, Chiddushei Maharsha, ad. loc.)

An honest reading of the full talmudic passage shows that the accusation was totally misleading and unfounded.


Israël: La preuve qu’Israël est bien un Etat d’apartheid (The proof that Israel is indeed an apartheid state)

15 août, 2010
Comment comprendre que les Roms (…) puissent être extradés comme s’ils n’appartenaient pas à l’Union européenne ? Je ne savais pas que dans un même pays on pouvait faire la différence entre un citoyen européen de première et de deuxième catégorie. Nourredine Amir (expert algérien de l’ONU pour l’élimination de la discrimination raciale)
Notre problème n’est pas la Judée et la Samarie, mais la direction fondamentaliste extrémiste qui se trouve à la Knesset. (…) Notre problème, ce sont [les dirigeants arabes israéliens] Ahmed Tibi et Barakeh — ils sont plus dangereux que [le leader du Hamas à Damas] Khaled Mechaal et [le chef du Hezbollah libanais] Hassan Nasrallah. Ils travaillent de l’intérieur et œuvrent méthodiquement à la destruction de l’Etat d’Israël comme Etat juif. Avigdor Lieberman (janvier 2008)
Nous acceptons le principe de la partition de 1947. Mais les Palestiniens veulent un Etat “judenrein”, les Israéliens un Etat juif à 100 % — et non un “Etat de tous ses citoyens”. Il suffira qu’un accord international redessine les frontières dans cet esprit. David Rotem (avocat proche de Lieberman)
Il n’y a aucun doute qu’à l’intérieur des territoires occupés palestiniens nous avons affaire à un exemple effarant d’apartheid. Jimmy Carter
Le cas de la député de Hanan Zoabi  et celui de Azmi Bishara remettent  sur le tapis la question des Arabes  de 1948, qui sont nés en Palestine  avant et après la création de  l’Etat d’Israël [1948], qui se sentent chez eux et qui refusent de quitter leur terre natale. Certes, ce sont des  Palestiniens et ils nourrissent un fort ressentiment contre Israël, mais ce sont aussi des citoyens israéliens, au même titre que les Juifs.  Dans la réalité ils sont réduits à l’état d’une  minorité dans une société faite par et pour les Juifs. Leur  loyauté à l’égard d’un Etat juif qui les opprime, qui les marginalise et qui les surveille sera toujours posée parce qu’ils se sentent d’abord arabes et palestiniens. Ces arabes de religions musulmane et chrétienne revendiquent leur  pleine appartenance au peuple palestinien et entendent  jouer un rôle à part entière dans sa lutte de libération et  en particulier l’établissement d’un Etat palestinien avec Jérusalem Est comme capitale. Mais ils réclament  aussi  la transformation de l’Etat israélien en un Etat réellement démocratique de tous ses citoyens, c’est-à-dire l’abolition de son caractère juif, considérée comme le seul moyen de parvenir à une égalité complète entre citoyens israéliens juifs et arabes. M. Lachkar

Embrigadement dans les paras d’une jeune beauté arabe-israélienne  à qui on fait dénoncer la violence arabe contre les Arabes

Agression et insultes en plein parlement d’une députée d’un parti arabe-israélien pour avoir dénoncé un assaut sanglant des forces armées israéliennes contre une flottille qui tentait le plus pacifiquement du monde, comme tout le monde a pu le vérifier sur les images de la télévision, de forcer un blocus militaire

Révocation d’une partie des privilèges diplomatiques d’une députée arabe pour avoir prétendument mis en danger la sécurité d’Israël en participant à une flottille contre le blocus de Gaza en compagnie de membres de l’association caritative Hamas (imagine-t-on une députée d’origine algérienne sanctionnée pour avoir participé à une opération humanitaire contre l’armée française parrainée par le GIA au moment des attentats de 95?) …

Pétition de près de 40 000 personnes en 24 h appelant à l’expulsion de la  Knesset d’une députée arabe ayant salué la possibilité que puisse se doter de l’arme nucléaire un Etat ayant appelé au rayage de la carte d’Israël

Alors que l’ONU s’acharne honteusement comme on le sait contre la Patrie des droits de l’homme pour de prétendues discriminations raciales contre ses 400 000 Roms

Et qu’ignorant le généreux projet que vient de dévoiler à un monde indifférent Mahmoud Abbas, nos médias préfèrent harceler l’armée libanaise pour avoir ajouté deux malheureuses victimes aux centaines de morts du massacre de Nahr al-Bared il y a trois ans dans un autre de ses 122 camps de réfugiés palestiniens …

Combien d’autres preuves faudra-t-il encore avant que le monde ne comprenne enfin qu’Israël est bien l’Etat d’apartheid que nous décrit si infatigablement dans ses discours et ses livres l’ancien président américain Jimmy Carter?

La polémique autour de la députée arabe israélienne pose la question de la pace des citoyens arabes dans l’Etat Juif

M. Lachkar

Mediapart

04 Juin 2010

Hanan Zoabi, la députée arabe israélienne, a été prise violemment à partie mercredi 2 juin 2010 en plein débat à la Knesset sur le raid meurtrier de l’armée israélienne. Hanin Zoabi représentante du parti Balad ( extrême gauche nationaliste arabe) appartient à la minorité palestinienne  d’Israël. Elle avait  fait parler  d’elle quand a été arrêtée  par les soldats de Tsahal qui avaient attaqué illégalement et violement  la flottille humanitaire de Gaza. Elle se trouvait sur le ferry turc Mavi-Marmara. Suite à sa libération en raison de son immunité parlementaire, elle avait témoigné aux médias internationaux  et surtout à la chaîneTV arabe Aljazeera  où elle a dénoncé les violences commises par les commandos israéliens qui avaient tiré sur les passagers du bateau faisant plusieurs morts.

La présence parmi les volontaires de la flottille pour Gaza  de Hanan Zoabi, une femme  de gauche, de nationalité israélienne et députée en plus,  venait de contredire tous les mensonges israéliens sur la nature du mouvement pacifiste qui n’avait comme objectif que de lever l’embargo sur Gaza et d’apporter de l’aide humanitaire à sa population. La propagande israélienne, pour  justifier l’acte de piraterie commis par son armée   prétendait que l’intervention de l’armée était   un acte d’autodéfense et portait  toute la responsabilité à ceux (des terroristes sympathisants du Hamas !!!) qui ont entrepris des actions violentes qui ont mis en danger la vie de soldats israéliens.

Hanin Zoabi était attendue à la Knesset de pied ferme. Avant même qu’elle ne monte sur le podium, les insultes avaient   fusé de partout pour l’empêcher de prononcer son discours. Son apparition  à la tribune a mis les nerfs à vif des parlementaires du  Likoud, parti de droite au pouvoir . Les esprits s’échauffent en hébreu, mais les images de l’agression verbale dont a été victime Hanin Zoabi sont très éloquentes.

Hanan a fait face, à la tribune, avec beaucoup de mérite aux insultes menaçantes dont la sommation raciste par excellence : « Va vivre à Gaza,  traîtresse »,  a été prononcée à son encontre en arabe puis en hébreu par Miri Reguev, députée du Likoud (une ancienne porte-parole de l’armée israélienne). La tension allait monter encore d’un cran lorsque Zoabi essaye de reprend la parole. Une parlementaire du parti d’extrême-droite d’Avigdor Lieberman s’avance vers le podium pour s’interposer entre Hanin Zoabi et le micro. «Pourquoi cette femme a-t-elle le droit de parler ?», s’exclame-t-elle, avant d’être expulsée de la salle. Le président de la Knesset a dû expulser plusieurs parlementaires de l’hémicycle pour tenter de rétablir  l’ordre.

Hanan Zoabi, dont le discours a été à de nombreuses reprises couvert par les cris et les sifflets, avait fini par prononcer avec sérénité quelques phrases. Elle a notamment défendu sa participation à la flottille pour Gaza. «C’était un impératif politique, humain et moral de s’opposer à ce blocus qui emprisonne 1,5 millions de personnes». Elle a dénoncé les députés de la coalition gouvernementale et de l’opposition qui l’ont taxée «d’ennemi d’Israël». «Qui est l’assassin ? Est-ce que j’ai tué quelqu’un ?», riposte-t-elle. Ce à quoi un élu réplique, selon le compte rendu du Jerusalem Post : «Vérifiez si elle a un couteau sur elle !».

Le président de la Knesset avait demandé à son tour à Zoabi de quitter la tribune .  La députée avait refusé, elle tenait absolument mais calmement à terminer son discours mais on l’a obligée de force de reprendre sa place et sous escorte.

Les choses ne se sont pas arrêtées là pour Hanan Zoabi. Un   député du Likoud a exigé la levée son immunité parlementaire  afin qu’elle puisse être jugée et bannie de la Knesset pour «son soutien au terrorisme». Une pétition circulant sur internet, qui appelle à son départ du parlement, a été signée par près de 40.000 personnes en 24 heures. Cela nous rappelle le cas du député arabe de la Knesset Azmi Bishara dirigeant du parti  Rassemblement patriotique démocratique et qui se trouve aujourd’hui exilé car interdit de rentrer en Israël.

Le cas de la député de Hanan Zoabi  et celui de Azmi Bishara remettent  sur le tapis la question des Arabes  de 1948, qui sont nés en Palestine  avant et après la création de  l’Etat d’Israël [1948], qui se sentent chez eux et qui refusent de quitter leur terre natale. Certes, ce sont des  Palestiniens et ils nourrissent un fort ressentiment contre Israël, mais ce sont aussi des citoyens israéliens, au même titre que les Juifs.  Dans la réalité ils sont réduits à l’état d’une  minorité dans une société faite par et pour les Juifs. Leur  loyauté à l’égard d’un Etat juif qui les opprime, qui les marginalise et qui les surveille sera toujours posée parce qu’ils se sentent d’abord arabes et palestiniens. Ces arabes de religions musulmane et chrétienne revendiquent leur  pleine appartenance au peuple palestinien et entendent  jouer un rôle à part entière dans sa lutte de libération et  en particulier l’établissement d’un Etat palestinien avec Jérusalem Est comme capitale. Mais ils réclament  aussi  la transformation de l’Etat israélien en un Etat réellement démocratique de tous ses citoyens, c’est-à-dire l’abolition de son caractère juif, considérée comme le seul moyen de parvenir à une égalité complète entre citoyens israéliens juifs et arabes.

Voir aussi:

 

Une députée arabe israélienne enflamme la Knesset

Le Monde

03.06.10

Une députée arabe israélienne, Hanin Zoabi, qui se trouvait à bord de la flottille humanitaire de Gaza, est au cœur d’une virulente polémique en Israël sur la loyauté des citoyens arabes israéliens à l’égard de l’Etat juif.

La représentante du parti Balad (extrême gauche nationaliste arabe) a été arrêtée par les autorités israéliennes alors qu’elle se trouvait sur le ferry turc arraisonné lundi par la marine israélienne, puis libérée en raison de son immunité parlementaire. Elle a, depuis, témoigné de la violence volontaire, selon elle, des commandos israéliens au moment de l’intervention.

Pendant une séance plénière très agitée à la Knesset – le Parlement israélien – consacrée mercredi à l’affaire de la flottille, elle a été empêchée de parler par plusieurs députés de la coalition gouvernementale et de l’opposition, qui lui ont vivement reproché sa complicité avec "les ennemis d’Israël".

"VA VIVRE À GAZA, TRAÎTRESSE !"

Une ancienne porte-parole de l’armée israélienne et députée du Likoud (droite, le parti du premier ministre Benyamin Nétanyahou), Miri Reguev, l’a interpellée en arabe : "Va vivre à Gaza, traîtresse !" Au milieu d’un pandémonium sans précédent à la Knesset depuis des années, les invectives entre députés arabes, prenant la défense d’Hanin Zoabi, et leurs collègues juifs ont forcé le président de séance à expulser de l’assemblée quinze parlementaires, fait rarissime, selon le porte-parole de la Knesset.

Le président du Parlement, Reouven Rivlin, a demandé aux appariteurs d’assurer une protection rapprochée d’Hanin Zoabi. Le député Danny Danon (Likoud) a, de son côté, demandé la levée de l’immunité parlementaire de l’élue du parti Balad, afin qu’elle puisse être jugée et expulsée de la Knesset pour "son soutien au terrorisme".

Hanin Zoabi avait déjà provoqué un scandale en mars 2009 quand elle avait salué "la possibilité que l’Iran puisse se doter de l’arme nucléaire". Une pétition circulant sur l’Internet qui appelle à son expulsion de la Knesset a été signée par près de 40 000 personnes en vingt-quatre heures.

Ces derniers jours, des manifestations de soutien à l’armée israélienne ont été organisées en Israël, à la suite des critiques émises contre les commandos de la marine concernant l’abordage de la flottille. Jeudi soir, des milliers de manifestants se sont rassemblés devant l’ambassade de Turquie à Tel-Aviv. Les manifestants brandissaient des drapeaux israéliens ainsi que des portraits du premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, portant les mots "islamo-fasciste" et "terroriste".

Voir enfin:

Knesset

Hanin Zoabi privée de ses privilèges

Israël 7

13/07/2010

La Knesset a entériné par une majorité de 34 voix contre 16 l’annulation des privilèges de la députée Hanin Zoabi. Le vote a eu lieu après des débats particulièrement houleux qui ont duré trois heures. Il n’y a pas eu d’abstention. Deux députés présents n’ont pas voté. Les membres de la Knesset du parti religieux sioniste Habait Hayéhoud étaient absents lors du vote.

Pour rappel, Hanin Zoabi a participé à la Flottille pour Gaza dont le but était de forcer le blocus israélien et ainsi neutraliser les efforts israéliens d’empêcher la Bande de Gaza d’accumuler des armes pour le Hamas. Hanin Zoabi se trouvait sur le Mavi Marmara, le navire turc où s’est déroulé le 31 mai dernier le drame des terroristes islamistes turcs tués par les militaires de la Marine israélienne.

L’enjeu de ce vote n’est pas si dramatique que cela peut paraitre. Hanin Zoabi n’aura plus droit à un passeport diplomatique et ses frais juridiques ne seront plus couverts par le contribuable. Elle reste toutefois élue à part entière du Parlement israélien et continue de pouvoir y siéger, voter et d’en percevoir un salaire comme tous les autres députés.

Si la députée Hanin Zoabi n’avait pas été protégée par l’immunité parlementaire après avoir participé à bord du Mavi Marmara à la Flottille pour Gaza, elle aurait été écrouée en justice et passible de peine de prison.

En réaction à ce vote, la députée Hanin Zoabi a déclaré: « il n’est pas surprenant qu’un pays qui nie les droits fondamentaux d’un million et demi d’Arabes retire les privilèges d’une députée arabe qui les représente fidèlement. La Knesset de toute manière limite l’activité parlementaire et publique par le truchement d’une législation raciste. Dans un Etat convenable on aurait puni et sanctionné ceux qui ont incité contre la députée Zoabi. »

Pendant la séance, la députée Anastasia Mikhaeli (Israël Beitenou)  a attaqué Hanin Zoabi:  » Dans un Etat normal, un membre du parlement qui traverse la ligne rouge et s’identifie avec l’ennemi et avec ses efforts de guerre pour saper les fondations de l’Etat, ne saurait posséder un passeport diplomatique du pays qu’il tend à faire exterminer. Je prends au sérieux le fait que Hanin Zoabi est fidèle à l’Iran et je lui suggère de s’adresser à Ahmadinejad afin qu’il lui octroie la citoyenneté iranienne ainsi qu’un passeport diplomatique. Entre temps, permettez-moi de lui remettre un laisser passer temporaire qui lui sera bénéfique pour ses déplacements à l’étranger d’incitation contre l’Etat d’Israël parce que son passeport israélien lui sera retiré dès ce soir »

Lorsque ce fut son tour de prendre la parole, le député Danny Danon (Likoud) a lu à haute voix le numéro de téléphone du bureau de la députée Hanin Zoabi et a déclaré: « j’appelle tous les citoyens d’Israël à lui téléphoner et à lui dire: ta place n’est pas à la Knesset mais en prison »

S’adressant à Hanin Zoabi, le député Yariv Lévin (Likoud) qui est aussi le président de la Commission de la Knesset a dit:  » Vous n’avez pas votre place à la Knesset d’Israël. Vous n’êtes pas digne de détenir une carte d’identité israélienne. Vous faites honte aux  citoyens d’Israël, au public arabe et à votre famille. »


Etat palestinien: Vous avez dit apartheid? (Abbas spills the beans on Palestine’s future apartheid state)

14 août, 2010
Judenrein Palestinian mapMais il n’y a pas de doute qu’à l’intérieur des territoires occupés palestiniens on a affaire à un exemple effarant d’apartheid. Jimmy Carter
La Déclaration Balfour, le Mandat pour la Palestine, et tout ce qui a été fondé sur eux, sont déclarés nuls et non avenus. Les prétentions à des liens historiques et religieux des Juifs avec la Palestine sont incompatibles avec les faits historiques et la véritable conception de ce qui constitue une nation. Le judaïsme, étant une religion, ne constitue pas une nationalité indépendante. De même que les Juifs ne constituent pas une nation unique avec son identité propre ; ils sont citoyens des Etats auxquels ils appartiennent. (Art. 20).
La Palestine est le foyer du peuple arabe palestinien; c’est une partie indivisible du foyer arabe, et le peuple palestinien est une part intégrale de la nation arabe (Art. 1)
L’unité arabe et la libération de la Palestine constituent deux objectifs complémentaires. (Art. 13)
Le peuple de Palestine joue le rôle d’avant-garde dans la réalisation de ce but sacré ».
Le besoin de sécurité et de paix, ainsi que le besoin de justice et de droit, requièrent de tous les Etats qu’ils considèrent le sionisme comme un mouvement illégitime, qu’ils déclarent illégale son existence, qu’ils interdisent ses opérations, afin que les relations amicales entre les peuples puissent être préservées, et que la loyauté des citoyens envers leurs pays respectifs soit sauvegardée. (article 23)
Le sionisme est un mouvement politique lié de façon organique à un impérialisme international et antagoniste à toute action pour la libération et à tout mouvement progressiste dans le monde. Le sioniste est raciste et fanatique dans sa nature, agressif, expansionniste, colonial dans ses buts, et fasciste dans ses méthodes. Israël est l’instrument du mouvement sioniste, et la base géographique de l’impérialisme mondial placé stratégiquement au sein du foyer arabe pour combattre les espoirs de libération, d’unité, et de progrès de la nation arabe. (article 22) Charte de l’OLP
Le Mouvement de la Résistance Islamique… est guidé par la tolérance islamique quand il traite avec les fidèles d’autres religions. Il ne s’oppose à eux que lorsqu’ils sont hostiles. Sous la bannière de l’islam, les fidèles des trois religions, l’islam, le christianisme et le judaïsme, peuvent coexister pacifiquement. Mais cette paix n’est possible que sous la bannière de l’islam.
Le Mouvement de la Résistance Islamique croit que la Palestine est un Waqf [patrimoine religieux] islamique consacré aux générations de musulmans jusqu’au Jugement Dernier. Pas une seule parcelle ne peut en être dilapidée ou abandonnée à d’autres [...] (Art. 31 et 11). Charte du Hamas
Je suis prêt à accepter une troisième partie qui contrôle l’exécution de l’accord, par exemple les forces de l’OTAN, mais je n’accepterai pas qu’il y ait des Juifs dans ces forces ni un Israélien sur la Terre de Palestine. Mahmoud Abbas
Pas un Juif, même sous la bannière de l’OTAN ou de l’ONU, ne pourra se trouver en Palestine, mais 5 millions d’Arabes s’ajouteront au million d’Arabes israéliens vivant déjà dans l’Etat d’Israël. (…) L’Autorité palestinienne concocte en fait pour l’Etat qu’on la presse de fonder un régime raciste sur la base d’un apartheid entre une Palestine pure de sang juif et un Etat d’Israël mélangé où les Juifs deviendront une minorité.
Les propos de Mahmoud Abbas sont passés inaperçus, à moins que le monde entier ne sache à quoi s’attendre des Palestiniens “modérés” ; mais alors, pourquoi fait-on croire à la volonté de paix palestinienne et au mythe de la “modération” de Abbas? Aucune réaction israélienne, européenne ou américaine, pour ne pas dire française, n’a condamné ces propos odieux. Aucune réaction de protestation des institutions juives européennes et américaines non plus n’est venue troubler la torpeur de l’été. Aucune réaction du gouvernement israélien. Où sont les belles âmes de J Call pour fustiger cette “faute morale” et cette déclaration ouvertement belliciste ? Cela donne une idée de la complaisance de ces gens envers les exigences palestiniennes et arabo-musulmanes et de leur désintérêt pour l’impasse dans laquelle ils veulent précipiter Israël et le monde juif dans son ensemble. Shmuel Trigano

Attention: un apartheid peut en cacher un autre!

A l’heure où, au nom d’un Etat qui n’existe pas (l’Etat palestinien), un  Etat membre de l’ONU depuis plus de 60 ans (l’Etat d’Israël) se voit l’objet d’une campagne de délégitimation proprement mondiale

Et où nos médias qui n’ont que le mot apartheid à la bouche quand ils s’agit de l’Etat d’Israël, se gardent bien de répercuter toute information allant à l’encontre de la nouvelle vulgate

Retour, avec Shmuel Trigano et le site Primo, sur justement la réalité de ce régime encore largement imaginaire mais en qui chacun, Etats-Unis comme Europe, fondent tous leurs espoirs de paix.

Et révélée de surcroit, dans l’étrange indifférence de nos médias comme de nos dirigeants (israéliens compris?), par celui qui est censé l’incarner et l’instaurer, à savoir le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas

Qui, abandonnant pour une fois le double langage habituel puisque s’adressant à un média et un auditore arabes (le bluff d’une “Palestine laïque et démocratique” des années 1980-1990 contre le racisme supposé d’un sionisme appelant à la création d’un Etat juif) au détour d’une question sur les conditions pratiques de mise en place du nouvel Etat (via les forces de l’ONU), laisse enfin libre cours au fond de sa pensée : il n’est "pas question qu’il y ait des Juifs dans ces forces ni un Israélien sur la Terre de Palestine”.

D’où, si l’on y ajoute l’exigence du même Abbas du retour, en plus de l’actuel million d’Arabes israéliens, de quelque 5 millions de prétendus réfugiés palestiniens sur le territoire de l’actuel Etat d’Israël, l’évidente conclusion que ce qui est proposé là par l’auteur d’une thèse notoirement négationniste sur le génocide juif, n’est rien d’autre à terme qu’une épuration ethnique.

Autrement dit, s’ajouterait à une Palestine Judenrein, le fameux Etat binational (à religion d’Etat islamique et statut de dhimmis pour juifs et chrétiens) que tant de belles âmes appellent de leurs vœux dans lequel les juifs se verraient peu à peu démographiquement noyés et absorbés avant à terme d’entre être vraisemblablement, comme à peu près partout dans le reste du monde arabe, à leur tour exclus …

Rejoignant par là, quoique de façon un peu moins abrupte, les positions du Hamas, les deux frères ennemis se révélant en réalité, comme le montre bien l’examen de leurs chartes (celle de l’OLP, on l’oublie souvent, n’ayant toujours pas été abrogée), "les deux versants d’une même tête".

Et révélant du coup pour ce qu’il est le "mythe de la’modération’ de Abbas"

Racisme annoncé du futur Etat de Palestine

Shmuel Trigano

Primo

13-08-2010

Dans une rencontre avec la presse égyptienne, la semaine dernière, Mahmoud Abbas, président de l’Autorité Palestinienne, sur qui les Etats-Unis et l’Europe fondent tous leurs espoirs de paix, a dévoilé le fond de sa pensée sur les Juifs et la nature du régime qu’il entend instaurer dans un éventuel Etat de Palestine.

Les exigences officielles des Palestiniens pour un règlement sont connues (engagement préalable d’Israël à se retirer sur les frontières de 1967, l’arrêt de la construction dans les implantations, y compris à Jérusalem, la division de cette ville – l’Est, y compris la Vieille Ville, devant revenir à la Palestine -, la solution du problème des “réfugiés”, conforme aux exigences arabes et à la résolution 194 (1) de l’Assemblée des Nations unies) (2).

C’est l’intention qui fonde le principe, énoncé déjà à maintes reprises par Abbas ou Saeb Erekat, son “ministre” des affaires étrangères, de ne jamais reconnaître en Israël un Etat juif, qui prend sa véritable signification, à savoir une véritable épuration ethnique des Juifs, de la part de l’Etat de Palestine, et la submersion arabo-musulmane de l’Etat d’Israël.

Un discours antisémite

En envisageant la possibilité qu’une troisième force, comme l’OTAN, puisse être chargée de veiller à l’exécution de l’accord envisagé, Mahmoud Abbas s’est senti obligé d’y mettre une condition : qu’il n’y ait aucun soldat juif et aucun Israélien. “Je suis prêt à accepter une troisième partie qui contrôle l’exécution de l’accord, par exemple les forces de l’OTAN, mais je n’accepterai pas qu’il y ait des Juifs dans ces forces ni un Israélien sur la Terre de Palestine”.

L’inanité de toutes les gloses sur le refus de reconnaître un Etat juif (on n’a pas à reconnaître “la religion” d’un pays, disaient certains pacifistes), et autres excuses dilatoires, devient patente.

C’est bien de racisme antisémite qu’il s’agit de la part d’un homme qui fut l’auteur d’une thèse (soviétique) de doctorat négationniste de la Shoah.

Quand Mahmoud Abbas dit “Israélien” il pense clairement “Juif” si l’on fait le rapprochement avec ce qu’il demande aux forces de l’OTAN, à savoir : d’exclure les Juifs de leurs rangs.

Tous les Juifs, en effet, ne sont pas de nationalité israélienne mais des nationaux de leurs pays respectifs. Sans doute accepterait-il des Arabes israéliens – déjà considérés comme citoyens potentiels ? – dans le futur Etat de Palestine ?

Si l’on fait le rapport entre son exigence du retour des “réfugiés” de 1948 et le refus de reconnaître un Etat juif, on comprend bien que sa demande, abusive et exorbitante (3), est un paravent politiquement correct du refus réel de reconnaissance de l’Etat d’Israël.

Sous le poids de 5 millions de réfugiés ce pays deviendra ipso facto – en plus d’une ruine cédant sous le poids déferlant d’un tel afflux de populations (ennemies) -, un pays à majorité arabe et musulmane, un Etat binational où les Juifs deviendraient une minorité, alors que la Palestine sera uniquement arabe.

Pas un Juif, même sous la bannière de l’OTAN ou de l’ONU, ne pourra se trouver en Palestine, mais 5 millions d’Arabes s’ajouteront au million d’Arabes israéliens vivant déjà dans l’Etat d’Israël.

L’Autorité palestinienne concocte en fait pour l’Etat qu’on la presse de fonder un régime raciste sur la base d’un apartheid entre une Palestine pure de sang juif et un Etat d’Israël mélangé où les Juifs deviendront une minorité.

Dans le refus de l’Autorité palestinienne de reconnaître un Etat juif, il y a donc plus qu’un déni de l’histoire et de l’identité juives. L’OLP a abandonné, sur ce point, son bluff d’une “Palestine laïque et démocratique” des années 1980-1990, à moins que cette dénomination ne concerne désormais l’Etat d’Israël seul, à côté de l’Etat de Palestine.

Un racisme d’Etat

La Palestine, elle, sera arabe et musulmane. C’est ce qui est inscrit en toutes lettres dans le projet de constitution du futur Etat (4) : « Cette constitution se fonde sur la volonté du peuple arabe palestinien » (Art. 1), « le peuple palestinien est une partie des nations arabes et islamiques » (Art. 2), « la souveraineté appartient au peuple arabe palestinien » (Art. 10), « le caractère légal du peuple arabe palestinien sera incarné par l’Etat » (Art. 13). « L’islam sera la religion officielle de l’Etat » (Art. 6).

Nous pouvons vérifier ce dernier principe (l’islamité de l’Etat) à la lumière de l’opération de diversion rhétorique (l’article 6) à laquelle se livrent les rédacteurs de cette constitution, lorsqu’ils font mine de faire une place aux non-musulmans : « L’islam sera la religion officielle de l’Etat. Les religions monothéistes seront respectées ».

Qui sont ces étranges “monothéistes” (et quid des Indous, des confucianistes, des bahaïs, etc., interdits de séjour en Palestine ?) sinon une version politiquement correcte du vieux statut de dhimmi imposé aux non-musulmans par la loi coranique (5) ?

En l’occurrence, il ne s’agirait que de chrétiens, puisque des Juifs, il ne devra plus y en avoir dans l’Etat de Palestine…

Cet étrange statut de “monothéiste” nous aide à comprendre, par déduction, la vision que l’Autorité Palestinienne se fait de l’Etat d’Israël (entendez des Juifs israéliens).

En Palestine, les Juifs ne seraient théoriquement pas des citoyens, car ils ne sont ni « Arabes » (clé de la nationalité palestinienne, selon les articles 10 et 13), ni « musulmans » (clé de la loi nationale palestinienne selon l’article 6) ; ils seraient, quoique « respectés », hors souveraineté nationale, privilège exclusif des Arabes (art. 10), qui peuvent être chrétiens ou musulmans, certes, mais avec cette réserve que, puisque la loi sera conforme à la loi islamique, les Arabes chrétiens ne seront que des citoyens de seconde zone.

Ils seront soumis au statut que leur impose la loi coranique, un statut qui les exclut de la loi générale s’appliquant aux musulmans, assorti d’un “privilège” cependant : comme ils échappent aux règles du droit national (islamique) pour leur statut personnel, ils sont autorisés à le gérer de façon autonome, dans le cadre de leur loi et de leurs tribunaux religieux.

C’était déjà le cas avant l’ère coloniale, avant que l’islam ait perdu tout pouvoir sur les non-musulmans, et c’est bien ce que prévoit la constitution palestinienne dans son article 7 : « les principes de la Shari’a islamique sont la source première de la législation. Le pouvoir législatif déterminera la loi du statut personnel sous l’autorité des religions monothéistes conformément à leurs confessions, dans le respect des dispositions de la constitution et de la préservation de l’unité, de la stabilité et du progrès du peuple palestinien (sous-entendu “musulman”) ».

La Sharia ne pèse sur eux que pour leur statut “civil” et politique d’obligés (soumission politique, comportementale et religieuse, paiement d’une capitation, la djizya, ou d’un impôt foncier sur la terre dont ils ont été dépossédés, le kharadj, etc).

Comment le statut du monothéiste nous renseigne-t-il sur la vision que l’Autorité Palestinienne a de ce que devrait être cet Etat d’Israël qu’elle ne veut pas reconnaître comme ”juif” ? Elle reconnaîtrait les “monothéistes” mais pas le caractère juif de cet Etat ? “Juif” ne désignerait donc pas à ses yeux un “monothéiste” ?

C’est la compréhension du statut du dhimmi qui peut nous aider à comprendre cette apparente contradiction qui a tout d’une entourloupette pour ceux qui ne comprennent pas les catégories de la culture musulmane.

Le statut du dhimmi, il faut en effet le savoir, n’est pas individuel mais concerne des collectivités, des “nations” (millet, du temps des Ottomans) politiquement soumises au pouvoir islamique depuis la “conquête”.

La base théologique de la condition collective du dhimmi demande à être expliquée.

Dans la vision coranique, il y a eu, en effet, dans l’histoire, différentes “oumma”, chacune se levant à l’appel d’un prophète (Moïse, Jésus, etc.), jusqu’à l’avènement de la oumma finale, rassemblant toutes les autres, à l’appel de l’islam.

Le fond d’une oumma est donc une “religion”. En ce sens, les dirigeants palestiniens ne peuvent pas non plus reconnaître en droit un Etat juif (et en fait tout Etat qui ne serait pas musulman), ce qui impliquerait l’autodétermination et la souveraineté d’une collectivité, dont le seul statut possible sous l’islam est celui de dhimmi.

Il y aurait là un défi à la oumma islamique.

Un Etat juif constitue ainsi dans son essence un scandale. Si les Juifs n’ont pas de place en Palestine dans l’Etat d’Israël, par contre, ils seront, par la force des choses, voués à redevenir des dhimmis.

Les deux termes Etat et Juif constituent donc, en matière théologico-politique, un alliage impossible. Les Juifs ne peuvent avoir d’Etat, ils ne sont pas un peuple de rang politique, puisque seule la oumma doit l’être. Ils ne peuvent pas être libres, ni souverains.

La Charte de l’OLP est toujours valide (6)

Cette perspective apparaissait beaucoup plus clairement du temps où l’OLP ne pratiquait pas le double langage à un point aussi sophistiqué. Que lit-on dans cette charte ? « La Déclaration Balfour, le Mandat pour la Palestine, et tout ce qui a été fondé sur eux, sont déclarés nuls et non avenus. Les prétentions à des liens historiques et religieux des Juifs avec la Palestine sont incompatibles avec les faits historiques et la véritable conception de ce qui constitue une nation. Le judaïsme, étant une religion, ne constitue pas une nationalité indépendante. De même que les Juifs ne constituent pas une nation unique avec son identité propre ; ils sont citoyens des Etats auxquels ils appartiennent » (Art. 20).

Sur l’arabité exclusive de la Palestine, la même charte déclarait: « la Palestine est le foyer du peuple arabe palestinien ; c’est une partie indivisible du foyer arabe, et le peuple palestinien est une part intégrale de la nation arabe (Art. 1) [...] « L’unité arabe et la libération de la Palestine constituent deux objectifs complémentaires » (Art. 13) [...] « Le peuple de Palestine joue le rôle d’avant-garde dans la réalisation de ce but sacré ».

On découvre à ce propos combien le cadre strictement palestinien, “national”, est récent. « Le peuple palestinien croit en l’unité arabe. Afin de contribuer pour sa part à atteindre cet objectif, il lui faut cependant, à cette étape de sa lutte, sauvegarder l’identité palestinienne et développer sa conscience de cette identité, et s’opposer à tout plan qui pourrait la dissoudre ou lui faire obstacle » (Art. 12), car (Art. 1) : « la Palestine est le foyer du peuple arabe palestinien ; c’est une partie indivisible du foyer arabe, et le peuple palestinien est une partie intégrale de la nation arabe ».

La Palestine appartient donc à la Oumma (qui ne peut renoncer à une partie de la terre islamique).Autorité Palestinienne et Hamas: deux versants d’une même tête

Il est intéressant de souligner que, dans leurs documents constitutionnels, les frères ennemis écrivent la même chose des Juifs/Israéliens, quoique de façon plus abrupte dans le cas du Hamas.

Qu’on en juge.

Sur les dhimmis la charte du Hamas déclare que « le Mouvement de la Résistance Islamique… est guidé par la tolérance islamique quand il traite avec les fidèles d’autres religions. Il ne s’oppose à eux que lorsqu’ils sont hostiles. Sous la bannière de l’islam, les fidèles des trois religions, l’islam, le christianisme et le judaïsme, peuvent coexister pacifiquement. Mais cette paix n’est possible que sous la bannière de l’islam » (7).

Sur la nature du pays palestinien, le Hamas avance que : « Le Mouvement de la Résistance Islamique croit que la Palestine est un Waqf [patrimoine religieux] islamique consacré aux générations de musulmans jusqu’au Jugement Dernier. Pas une seule parcelle ne peut en être dilapidée ou abandonnée à d’autres [...] (Art. 11).

En quoi s’agit-il de racisme et pas de nationalisme ?

Certains pourraient voir dans le qualificatif de “raciste” une expression polémique et idéologique. L’exigence de Mahmoud Abbas envers l’OTAN ne laisse aucun doute à ce propos. De quoi s’agit-il en effet quand il demande aux Etats européens, membres de l’OTAN, d’exclure des rangs de leurs forces leurs citoyens juifs ? Imagine-t-on la situation et les dispositifs juridiques que ces Etats devraient mettre en oeuvre pour écarter les Juifs de leurs citoyens ?

En l’occurrence, Mahmoud Abbas ne les aide pas en définissant le critère du Juif : la loi religieuse, les origines ethniques, le père, la mère, le grand père ?

Il frappe plus fort que l’Arabie saoudite, qui avait permis qu’au sein des forces américaines, lors de la guerre du Golfe en 1990-1991, il y ait des militaires américains juifs sur son territoire qui, pourtant, selon le Coran, est sacré et ne doit abriter aucun non-musulman. Remarquons qu’Israël, pour sa part, n’a jamais requis que dans les forces internationales au Golan, au Sinaï, et au Liban les musulmans soient bannis!

Dans tous ces cas, il n’est pas question d’Israéliens, mais de Juifs, et l’on comprend que les Palestiniens ne font pas, dans leur immense majorité de distinguo : “Yahoud” [Juif], dans cette région, désigne sans hésitation l’“Israélien”.

Ce que Abbas dit des Juifs, il le dit des Israéliens, comme on l’a vu, et il demande aux Européens, qui sont si complaisants avec lui, de s’aligner sur ses critères.

La Charte palestinienne de l’OLP est plus explicite, là aussi, sur l’intention raciste.

Elle écrit dans son article 23: « Le besoin de sécurité et de paix, ainsi que le besoin de justice et de droit, requièrent de tous les Etats qu’ils considèrent le sionisme comme un mouvement illégitime, qu’ils déclarent illégale son existence, qu’ils interdisent ses opérations, afin que les relations amicales entre les peuples puissent être préservées, et que la loyauté des citoyens envers leurs pays respectifs soit sauvegardée ».

Que désigne cette expression ampoulée de “loyauté des citoyens envers leurs pays respectifs” sinon les Juifs du monde entier (essentiellement les Etats occidentaux), non israéliens, que la charte désigne au soupçon et à la vindicte de leurs Etats respectifs, en laissant entendre qu’ils ne leur sont pas fidèles et pourraient prendre fait et cause pour Israël contre l’intérêt de leurs pays respectifs, qu’ils sont en fait des Israéliens, c’est-à-dire, plus crûment, des Juifs (8) ?

Ils sont justement peints dans les traits classiques de l’antisémitisme: le complot juif mondial.

L’article 22 de la Charte trace ainsi les frontières de sa forme "antisioniste”: « Le sionisme est un mouvement politique lié de façon organique à un impérialisme international et antagoniste à toute action pour la libération et à tout mouvement progressiste dans le monde. Le sioniste est raciste et fanatique dans sa nature, agressif, expansionniste, colonial dans ses buts, et fasciste dans ses méthodes. Israël est l’instrument du mouvement sioniste, et la base géographique de l’impérialisme mondial placé stratégiquement au sein du foyer arabe pour combattre les espoirs de libération, d’unité, et de progrès de la nation arabe.

Israël est une source constante de menaces pour la paix au Moyen-Orient et dans le monde entier.

Puisque la libération de la Palestine détruira le Sionisme et la présence impérialiste et contribuera à l’établissement de la paix dans le Moyen Orient, le peuple palestinien demande l’aide de toutes les forces progressistes et tournées vers la paix, et leur enjoint, sans distinction d’affiliation et croyances, d’offrir leur aide et leur soutien au peuple palestinien dans sa lutte pour la libération de sa patrie ».

La passivité internationale et… israélienne

Les propos de Mahmoud Abbas sont passés inaperçus, à moins que le monde entier ne sache à quoi s’attendre des Palestiniens “modérés” ; mais alors, pourquoi fait-on croire à la volonté de paix palestinienne et au mythe de la “modération” de Abbas?

Aucune réaction israélienne, européenne ou américaine, pour ne pas dire française, n’a condamné ces propos odieux. Aucune réaction de protestation des institutions juives européennes et américaines non plus n’est venue troubler la torpeur de l’été.

Aucune réaction du gouvernement israélien. Où sont les belles âmes de J Call pour fustiger cette “faute morale” et cette déclaration ouvertement belliciste ?

Cela donne une idée de la complaisance de ces gens envers les exigences palestiniennes et arabo-musulmanes et de leur désintérêt pour l’impasse dans laquelle ils veulent précipiter Israël et le monde juif dans son ensemble.

© Shmuel Trigano. Publié avec de l’autorisation de l’auteur.

Sources de l’article:

Jonathan Halevy, “Abou Mazen dévoile son approche raciste du peuple juif”. JCPA, 1/8/2010.Texte en hébreu ici.

Shmuel Trigano, “Le refus palestinien d’un Etat juif”, in Controverses 7/2008. Dossier téléchargeable.

Notes

(1) La résolution 194 a été adoptée le 11 décembre 1948 par l’Assemblée générale des Nations unies. Elle est donc non contraignante comme celles du Conseil de sécurité. Elle décide: « qu’il y a lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent, de rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et de vivre en paix avec leurs voisins, et que des indemnités doivent être payées à titre de compensation pour les biens de ceux qui décident de ne pas rentrer dans leurs foyers et pour tout bien perdu ou endommagé lorsque, en vertu des principes du droit international ou en équité, cette perte ou ce dommage doi[ven]t être réparé[s] par les gouvernements ou autorités responsables. »

(2) C’est ce qu’il avait proposé à Olmert, mais les négociations avaient buté sur l’échange de territoires. Pour Olmert, elles devaient concerner 6,5 % de la Cisjordanie, alors que les Palestiniens ne souhaitaient pas aller au delà de 1,9 %. Olmert, en somme, était d’accord sur le reste.

(3) C’est le seul cas de l’histoire où le statut de réfugié devient héréditaire et où une institution comme l’UNWRA a été créée spécifiquement pour les Palestiniens, là où tous les réfugiés de la planète dépendent du Haut Commissariat des réfugiés de l’ONU. Ainsi, les 600 000 réfugiés de 1948 sont-ils devenus 5 millions et plus en 2010. Cette mascarade terminologique cache le fait que les Etats arabes n’ont pas voulu les intégrer comme cela s’est passé pour les dizaines de millions de réfugiés que le monde à connus depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, à commencer par Israël, qui a intégré les 600 000 juifs chassés des Etats arabes.

(4) Palestinian Center for Policy and Survey Research (PSR) : Palestinian draft constitution. Prepared by The Constitution Committee in cooperation with the Konrad Adenauer Foundation.

(5) Qui les définit comme les ´ gens du Livre ª.

(6) La Charte de l’Organisation de Libération de la Palestine (1968) n’a jamais été formellement abrogée par un vote aux 3/4, comme le stipulent ses clauses, malgré le processus d’Oslo.

(7) Art. 31, 18 août 1988.

(8) A ce propos, il était important que le juge Goldstone soit Juif pour cacher ce travers : un Juif condamnant Israël, certificat de non-racisme pour le bloc arabo-musulman, qui sait ce qu’il est, entraîné par l’Organisation de la Conférence Islamique sur la scène de l’ONU.


Mosquée de Ground Zero: Vous avez dit tolérance? (Mau-mauing the Flak Catchers all over again?)

13 août, 2010
https://scontent-a-ams.xx.fbcdn.net/hphotos-ash3/t1.0-9/1173608_4134557259298_8203482389143806641_n.jpghttp://www.nowtheendbegins.com/images/islam/stop-the-mosque-at-ground-zero-rally-july-2010-2.jpgL’une des règles minimales de la Nouvelle Société veut que tout ce qui rappelle la nostalgie de la boue – les manières d’être du peuple, le pittoresque, la vitalité fruste de ces gens, et leurs logements à bon marché – soit bien ; alors que tout ce qui a un caractère bourgeois, noir ou blanc, est mal. D’où il résulte que le chic gauchiste favorise dans la gauche ce qui paraît primitif, exotique et pittoresque, comme les travailleurs agricoles saisonniers, qui ne sont pas seulement de gauche et « près de la terre », mais de plus sont des Latino-Américains ; les Panthers avec leurs blousons de cuir, leurs coiffures afro, leurs lunettes de soleil et leurs fusillades ; et les Indiens Peaux-Rouges qui, bien sûr, ont toujours paru primitifs, exotiques et pittoresques. Au début du moins, ces trois groupes avaient un trait commun qui les rendait particulièrement acceptables: leurs quartiers généraux se tenaient à près de cinq mille kilomètres de l’East Side de Manhattan, en des endroits comme Delano (pour les travailleurs agricoles), Oakland (pour les Panthers), l’Arizona et le Nouveau-Mexique (pour les Indiens). On ne risquait pas trop… de marcher dessus, en somme. Exotiques, pittoresques et lointains… Comme nous le verrons bientôt, d’autres créatures partageaient avec eux, pour les mêmes raisons, les sympathies du chic gauchiste ; à savoir les ocelots, les jaguars, les léopards et les panthères des Somalis. Tom Wolfe (1963)
Tuez les polythéistes partout où vous les trouverez! Coran (9:5)
Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni en le Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et son messager ont interdit et qui ne reconnaissent pas la religion de la vérité, (même parmi) le Peuple du Livre, jusqu’à qu’ils paient la taxe de capitation en personne, après s’être humiliés. Coran (9:29)
Ne prenez pas les juifs et les chrétiens pour alliés. Coran (5:51)
Celui qui change de religion, tuez-le. Mahomet
Jamais nation ne nous a brimés, dégradés, avilis et haïs autant qu’eux. Maïmonide
Entre l’islam et l’islamisme, il n’y a pas de différence de nature mais de degré. L’islamisme est présent dans l’islam comme le poussin l’est dans l’oeuf. Il n’y a pas de bon ou mauvais islam, pas plus qu’il n’y a d’islam modéré. En revanche il y a des musulmans modérés, ceux qui n’appliquent que partiellement l’islam. (…) Pour accepter l’islam, l’Europe a forgé le mythe de l’Andalousie tolérante qui aurait constitué un âge d’or pour les trois religions. Tout ce qui concerne les combats, le statut humiliant du non musulman a été soigneusement gommé. Il s’agit d’une véritable falsification de l’histoire réelle. Anne-Marie Delcambre
Parce que Jésus s’était choisi 12 apôtres parmi les fidèles, Mahomet en choisit 12 parmi ses sectateurs, ce qui l’a fait appeler par un écrivain du Moyen Age le ’copieur de Dieu’ (…) A la place de la simplicité, de la douceur, de la bénignité, de l’esprit de paix et de pardon, de la pauvreté volontaire, de l’humilité, de l’amour des souffrances de Jésus, vous voyez éclater dans Mahomet la duplicité, la cruauté, la soif des jouissances, du butin, de la domination, de la vengeance et de l’orgueil, à leur paroxysme le plus élevé. Pourquoi suis-je obligé de taire ses 21 épouses qu’il se donne après s’être engagé à n’en avoir que 4, sans compter ses 4 concubines, et cette infâme loi qui lui accorde toute femme musulmane dont le coeur se sentira incliné vers lui, fût-ce une fillette de 8 ans ? Mgr Pavy (Evêque d’Alger, 1853)
C’était une cité fortement convoitée par les ennemis de la foi et c’est pourquoi, par une sorte de syndrome mimétique, elle devint chère également au cœur des Musulmans. Emmanuel Sivan
La condition préalable à tout dialogue est que chacun soit honnête avec sa tradition. A l’égard de l’islam, les chrétiens ont battu leur coulpe. Au point d’oublier que le Coran a récupéré et transposé leur patrimoine symbolique. Les figures bibliques majeures (Abraham, Moïse, Jésus) sont en effet totalement transformées, islamisées, dans le but d’accuser les  » juifs » et les  » chrétiens » d’être des falsificateurs de la Révélation, de s’être volontairement détournés de la vérité qu’ils avaient reçue à l’origine. Il y a, dans le Coran, à la fois imitation et rejet du judéo-christianisme. René Girard
Un dialogue qui veut dire s’entendre sur des formules chèvre-chou où les deux côtés prennent les mêmes mots dans des sens opposés, n’a pas d’avenir. (…) Si dialoguer signifie négocier pour qu’on vous tolère une place pas trop mauvaise, c’est-à-dire pour qu’on vous laisse disparaître en douceur, alors ce sont les chrétiens qui n’ont pas d’avenir. Rémy Brague
Je ne dirais pas que les Etats-Unis méritaient ce qui est arrivé mais la politique des Etats-Unis était complice du crime qui est arrivé. Feisal Abdul Rauf (60 Minutes, 30.09.01)
Il ne doit pas y avoir de mosquée près de Ground Zero tant qu’il n’y a pas d’église et de synagogue en Arabie saoudite. Newt Gingrich (ancien président républicain de la Chambre des représentants)
Les New-Yorkais ont été choqués de découvrir [au moment du 11-Septembre] que tant de valeurs qu’ils revendiquaient et chérissaient – liberté, ouverture d’esprit, tolérance des différences – avaient aidé les attaques à se produire. Aujourd’hui les New-Yorkais se voient demander plus de complaisance ; et un certain nombre se demande pourquoi il faudrait être généreux envers un groupe ou des individus rattachés à l’islam, dont les terroristes se sont réclamés. Julia Vitullo-Martin (directrice du Centre pour l’innovation urbaine à l’Association régionale du plan de New York)
Personne n’a rien contre les centres culturels japonais, mais en construire un à Pearl Harbor serait une offense. (…) Le lieu choisi a son importance. (…) Pas de passerelle pour les touristes au-dessus de Gettysburg, pas de couvent à Auschwitz – et pas de mosquée à Ground Zero. Charles Krauthammer (chroniqueur politique du Washington Post)
Ce projet traînait depuis quelques années dans la tête de Feisal Abdul Rauf, qui prêche depuis la fin des années 1980 un islam soufi modéré dans une mosquée non loin de Ground Zero, dans le sud de Manhattan. L’imam, qui bénéficie de nombreux soutiens, y compris dans la communauté juive, est le fondateur de la «Maison Cordoba». L’association, dont le nom fait référence à la cité médiévale espagnole où vécurent ensemble pendant 800 ans juifs, arabes et chrétiens, affirme avoir pour mission de «promouvoir le dialogue interreligieux» et de casser les «stéréotypes» américains sur l’islam. En juillet 2009, il a obtenu le soutien financier d’investisseurs musulmans, dont la société immobilière Soho Properties, afin de racheter pour cinq millions de dollars la Burlington Coat Factory au 45 Park Place, un magasin de vêtements laissé à l’abandon depuis huit ans. Situé à deux pâtés d’immeubles des anciennes tours jumelles, celui-ci a subi quelques dommages lors de l’attentat. Le projet de construction d’un complexe islamique, estimé à 100 millions de dollars, pour lesquels les investisseurs n’ont pas encore été trouvés, selon l’imam, comporte un immeuble moderne de 13 à 15 étages avec un lieu de prière pour les musulmans à l’intérieur, un auditorium de 500 places, une piscine et un restaurant. Depuis des mois déjà, des dizaines de musulmans assistaient dans le bâtiment actuel en décrépitude à la prière du vendredi, dans la plus grande discrétion. Le Figaro
Ses partisans soutiennent que la construction aidera à surmonter les stéréotypes négatifs dont souffre la communauté musulmane depuis les attentats. RFI
L’islam est en tension politique avec le monde au sujet du terrorisme islamique. La prochaine fois qu’un terroriste tente de faire sauter New York, espérons que le premier arrêt des caméras pour sa dénonciation ne sera pas les marches de la Mairie mais celles de Cordoba House. Daniel Henninger

Après l’assurance médicale universelle, le premier président musulman des Etats-Unis donnera-t-il enfin à Ground Zero la mosquée qu’elle mérite?

Minorités chrétiennes systématiquement persécutées et chassées de l’Egypte à l’Irak, églises brûlées ou démolies, exécutions régulières de Bahais en Iran, présence interdite de Chrétiens dans les lieux saints de l’islam, importation ou possession de bibles ou construction d’églises illégales en Arabie saoudite malgré la présence de près d’un million de travailleurs immigrés chrétiens sur place, sans compter les massacres de missionnaires

Voilà, comme le rappelle le chroniqueur du WSJ Daniel Henninger à l’heure où se déchaine à 3 mois des élections cruciales de mi-mandat la polémique sur la (re)construction d’une mosquée et d’un complexe culturel islamique sur les lieux mêmes des attentats islamistes de New York du 11/9, la réciprocité dont doit se contenter l’Occident pour les centaines de mosquées qui, Rome comprise, se construisent depuis des décennies sur son sol …

Construction présidée de surcroit, comme le précise très justement un Christopher Hitchens par ailleurs étrangement obnubilé lui aussi par l’habituelle légende dorée d’une tolérance andalouse largement mythique (ah les joies ineffables de la dhimmitude!), par un imam qui continue à refuser de condamner comme terroristes les jihadistes du Hamas et qui avec tant d’autres de ses coreligionnaires s’était permis au lendemain même du crime infâme perpétré au nom d’Allah un certain 11 septembre 2001 de dire sans le dire que les Etats-Unis méritaient leur sort …

Mais en ces étranges temps où, derrière la mascarade du sempiternel dialogue interreligieux et  des cultures, la cécité volontaire de la gauche radical chic des avant-gardes face au  chantage culturel des minorités extrémistes moquée par Tom Wolfe dans les années 60 est devenue la vulgate politiquement correcte de tout un chacun …

Quel plus grand frisson en effet que de voir la religion-coucou qui, de Jérusalem à Cordoue ou Istanbul plante ses mosquées partout, ajouter à sa collection sa "mosquée du 11-Septembre" sur le site même de la plus récente des innombrables infamies qu’elle a inspirées?

Tolerance at Ground Zero

Daniel Henninger

The WSJ

August 12, 2010

If there is a silver lining in the fight over Manhattan’s "Ground Zero Mosque," it is to see that the events of September 11, 2001 remain strong in the public mind.

Thus it is affirming, in an ironic way, to see partisans on the left and right joining to defend the legal and Constitutional right of Imam Feisal Abdul Rauf to build an Islamic center and mosque at 45 Park Place, two blocks from the perimeter of the former World Trade Center towers.

It will be an irony of a different sort if the $100 million Islamic center rises 13 stories while the new World Trade Center site, nine years after, remains a pit of dust-covered construction struggling to rejoin the life of New York City. For the most extreme elements of Islam, this must seem a crude, enduring victory.

Recall the ringing cries that rebuilding the annihilated 108 stories would be the "best answer" to the terrorists. Absent that, the next-best answer that New York City gave recently was to reassert its belief in freedom of religion and legal title. In an August 3 speech on the Islamic center’s building approvals, New York City Mayor Mike Bloomberg summarized those freedoms as "tolerance." One must agree. This is tolerance

Along the way, Mr. Bloomberg noted that denying someone the right to build a house of worship "may happen in other countries" but shouldn’t here. There is a school of thought in this controversy that bringing up the denial of religious practice in "other countries" is irrelevant to discussing the appropriateness of the Ground Zero mosque. I disagree.

Indeed, in the wake of much praise for Mayor Bloomberg’s defense of civil and religious liberty, let me modestly suggest that he next go to Rome in October and deliver a sequel at Pope Benedict XVI’s synod on what the pope recently called the "urgent" plight of Christian minorities in the Middle East. Here, Mr. Bloomberg was preaching to the choir. Try it over there, where it really matters.

We didn’t discover tolerance. Islam coexisted for centuries with Christianity and Judaism. No more. Minorities such as Coptic Christians in Egypt or the Chaldeans and Yazidi in Iraq are being punished or driven out. Churches are destroyed, not built. In April, the Archbishop of Canterbury, Rowan Williams, described the disappearance of Christians from the Middle East as "a possibility that appalls me." Iran this week sentenced seven Bah·’i leaders, merely for being Bah·i’s.

These are national policies, not merely "extremist" Islam. This is directly linked to why the West, including lower Manhattan, is being attacked

It’s always stirring to see the American Constitution prevail on behalf of unpopular groups, whether neo-Nazis marching in Skokie or Imam Feisal’s Cordoba House in New York. But here’s what’s galling about the Cordoba House affair. There is a sense in which these unpopular causes and people always free-ride on the rest of us who defend freedom. It would be good to see them in return doing their part to keep these principles alive, and that includes Imam Feisal’s unambiguous public support for the embattled Christian minorities in the Middle East.

Islam isn’t just another religion in America. It is bound up in the biggest political struggle of our time. Notwithstanding Imam Feisal’s commitments to "dialogue," what has he or the rest done to promote and protect the traditions of Western civil society, for which many here and in Europe have fought and died? Maybe the Constitution doesn’t explicitly require it, but where is the good faith on their part?

No institution has spent more time trying to bring Islam toward the modern world’s tradition of civil liberties – that is, the world as we’ve known it for about 250 years – than the Vatican. On behalf of tolerance in the Middle Eastern countries, the Vatican has set up active directorates, sent envoys and held endless symposia on behalf of "understanding" and "dialogue."

In 1995, the Saudis and others, with the Vatican’s support, opened a large, beautiful mosque in Rome. The expectation was that the Saudis would loosen their restrictions on Christian practice. Despite some one million immigrant Christian workers there, the Saudis have done nothing.

Frustrated by the repeated failure of Islamic leaders to match promises with practice, Pope Benedict added to the Vatican’s strategy of accommodation a one-word policy, which the tolerance advocates here should adopt: "reciprocity."

The idea: There will be support for fewer new mosques in the West until the home countries stop hammering non-Islamic religions. Until they reciprocate good will with good will.

Imam Feisal and his partners are getting more than they’ve earned. That’s nice. But even in tolerant America, political life isn’t a one-way street. Islam is in political tension with the world over Islamic terror. The next time a terrorist tries to blow up New York, let’s hope the TV cameras’ first stop for a denunciation won’t be the mayor, but the front steps of Cordoba House.

Voir aussi:

Mau-Mauing the Mosque

The dispute over the "Ground Zero mosque" is an object lesson in how not to resist intolerance.

Christopher Hitchens

Slate Magazine

Aug. 9, 2010

The dispute over the construction of an Islamic center at "Ground Zero" in Lower Manhattan has now sunk to a level of stupidity that really does shame the memory and the victims of that terrible day in September 2001. One might think that a mosque or madrassa was being proposed in the place of the fallen towers themselves or atop the atomized ingredients of what was once a mass grave. (In point of fact, the best we have been able to do with the actual site, after almost a decade, is to create a huge, noisy, and dirty pit with almost no visible architectural progress. Perhaps resentment at the relative speed of the proposed Cordoba House is a subconscious by-product of embarrassment at this local and national disgrace.)

I don’t like anything much about the Cordoba Initiative or the people who run it. The supposed imam of the place, Feisal Abdul Rauf, is on record as saying various shady and creepy things about the original atrocity. Shortly after 9/11, he told 60 Minutes, "I wouldn’t say that the United States deserved what happened, but the United States policies were an accessory to the crime that happened." He added, "In the most direct sense, Osama Bin Laden is made in the USA." More recently, he has declined to identify the racist and totalitarian Hamas party as being guilty of the much less severe designation of terrorist. We are all familiar by now with the peddlers of such distortions and euphemisms and evasions, many of them repeated by half-baked secular and Christian spokesmen. A widespread cultural cringe impels many people to the half-belief that it’s better to accommodate "moderates" like Rauf as a means of diluting the challenge of the real thing. So for the sake of peace and quiet, why not have Comedy Central censor itself or the entire U.S. press refuse to show the Danish cartoons?

This kind of capitulation needs to be fought consistently. But here is exactly how not to resist it. Take, for example, the widely publicized opinion of Abraham Foxman, national director of the Anti-Defamation League. Supporting those relatives of the 9/11 victims who have opposed Cordoba House, he drew a crass analogy with the Final Solution and said that, like Holocaust survivors, "their anguish entitles them to positions that others would categorize as irrational or bigoted." This cracked tune has been taken up by Newt Gingrich and Sarah Palin, who additionally claim to be ventriloquizing the emotions of millions of Americans who did not suffer bereavement. It has also infected the editorial pages of the normally tougher-minded Weekly Standard, which called on President Obama to denounce the Cordoba House on the grounds that a 3-to-1 majority of Americans allegedly find it "offensive."

Where to start with this part-pathetic and part-sinister appeal to demagogy? To begin with, it borrows straight from the playbook of Muslim cultural blackmail. Claim that something is "offensive," and it is as if the assertion itself has automatically become an argument. You are even allowed to admit, as does Foxman, that the ground for taking offense is "irrational and bigoted." But, hey—why think when you can just feel? The supposed "feelings" of the 9/11 relatives have already deprived us all of the opportunity to see the real-time footage of the attacks—a huge concession to the general dulling of what ought to be a sober and continuous memory of genuine outrage. Now extra privileges have to be awarded to an instant opinion-poll majority. Not only that, the president is urged to use his high office to decide questions of religious architecture!

Nothing could be more foreign to the spirit and letter of the First Amendment or the principle of the "wall of separation." In his incoherent statement, Foxman made the suggestion that it might be all right if the Cordoba House was built "a mile away." He appears to be unaware that an old building at the site is already housing overflow from the nearby Masjid al-Farah mosque.

I notice that even the choice of the name Cordoba has offended some Christian opponents of the scheme. This wonderful city in Andalusia, after the Muslim conquest of southern Spain, was indeed one of the centers of the lost Islamic caliphate that today’s jihadists have sworn in blood to restore. And after the Catholic reconquista, it was also one of the places purged of all Arab and Jewish influence by the founders of the Inquisition. But in the interval between these two imperialisms it was also the site of an astonishing cultural synthesis, best associated with the names of Averroes ibn-Rushd and Moses Maimonides. (The finest recent book on the subject is María Rosa Menocal’s The Ornament of the World.) Here was a flourishing of philosophy and medicine and architecture that saw, among other things, the recovery of the works of Aristotle. We need not automatically assume the good faith of those who have borrowed this noble name for a project in lower Manhattan. One would want assurances, also, about the transparency of its funding and the content of its educational programs. But the way to respond to such overtures is by critical scrutiny and engagement, not cheap appeals to parochialism, victimology, and unreason.

Voir enfin l’extrait du classique de Tom Wolfe de 1963 (Radical Chic & Mau-Mauing the Flak Catchers):

« Le gauchisme de Park Avenue » (1963)

Le « radical chic » des beaux quartiers de Manhattan

Tom Wolfe

Le Monde diplomatique

octobre 2008

L’une de ces règles [les règles minimales de la Nouvelle Société] veut que tout ce qui rappelle la nostalgie de la boue – les manières d’être du peuple, le pittoresque, la vitalité fruste de ces gens, et leurs logements à bon marché – soit bien ; alors que tout ce qui a un caractère bourgeois, noir ou blanc, est mal. D’où il résulte que le chic gauchiste favorise dans la gauche ce qui paraît primitif, exotique et pittoresque, comme les travailleurs agricoles saisonniers, qui ne sont pas seulement de gauche et « près de la terre », mais de plus sont des Latino-Américains ; les Panthers avec leurs blousons de cuir, leurs coiffures afro, leurs lunettes de soleil et leurs fusillades ; et les Indiens Peaux-Rouges qui, bien sûr, ont toujours paru primitifs, exotiques et pittoresques.

Au début du moins, ces trois groupes avaient un trait commun qui les rendait particulièrement acceptables : leurs quartiers généraux se tenaient à près de cinq mille kilomètres de l’East Side de Manhattan, en des endroits comme Delano (pour les travailleurs agricoles), Oakland (pour les Panthers), l’Arizona et le Nouveau-Mexique (pour les Indiens). On ne risquait pas trop… de marcher dessus, en somme. Exotiques, pittoresques et lointains… Comme nous le verrons bientôt, d’autres créatures partageaient avec eux, pour les mêmes raisons, les sympathies du chic gauchiste ; à savoir les ocelots, les jaguars, les léopards et les panthères des Somalis.

La règle n° 2 est que, de toute façon, il ne faut jamais renoncer à avoir une adresse convenable, un intérieur décoré de façon suffisamment élégante, et des domestiques. Les domestiques, en particulier, forment l’une des dernières lignes de démarcation indiscutables entre ceux qui appartiennent vraiment à la « société », nouvelle ou ancienne, et ceux qui constituent l’énorme masse grouillante des bourgeois ambitieux pouvant s’offrir des loyers de deux mille cinq cents dollars par mois ou acheter de coûteux appartements en copropriété dans l’East Side. Il n’y a pas deux façons de s’en sortir. Il faut avoir des domestiques.

Avoir des domestiques devient une telle nécessité psychologique qu’il n’est pas rare aujourd’hui, dans la « société », d’entendre des femmes se plaindre, en toute candeur, des difficultés qu’elles éprouvent à trouver quelqu’un qui veille sur les enfants le jour de sortie de la nurse. Et la célèbre Mme C., l’une des plus riches veuves de New York, qui a un duplex de dix pièces à Sutton Place, du bon côté de Sutton Place, pas du côté qui fait penser à Miami Beach, nous nous comprenons, mais qui est si assommante avec les domestiques qu’elle ne peut garder qu’une femme de ménage, est toujours à se lamenter : « A quoi bon posséder tout l’or du monde si vous ne pouvez rentrer chez vous le soir en sachant que quelqu’un vous attend pour vous débarrasser de votre manteau et vous préparer un verre ? » Derrière cette remarque, il y a une véritable angoisse ! Aussi, à l’époque du chic gauchiste, entre la nécessité absolue d’avoir des domestiques et le fait que les domestiques étaient le parfait symbole de ce que combattaient les nouveaux mouvements, blancs ou noirs, quelle tragique antinomie ! Et combien pressante devint la recherche de la seule issue : trouver des domestiques blancs !

Gallimard, Paris, 1972


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