Flottilles: Attention, une mascarade peut en cacher bien d’autres (The ongoing farce of flotillas, refugee camps and peace processes)

30 juillet, 2010
David Cameron's prison camp
Soyons clairs: la situation à Gaza doit changer (…) On ne peut et ne doit pas permettre que Gaza reste une prison à ciel ouvert. David Cameron
Camp (palestinien): Partout ailleurs, un « camp de réfugiés » est une ville de toile faite de tentes et plantée sur la boue ou la poussière. Un « camp » de « réfugiés » palestiniens n’est pas un camp, n’a pas de tentes et n’abrite pas de réfugiés : c’est une ville en dur, avec des rues, des immeubles élevés, etc. Il abrite des Palestiniens parqués de force par leurs « frères arabes » et arnaqués par les « leaders » palestiniens. N’invoquer que le misérabilisme victimaire. Cameraman, SVP, pas trop de plans sur ces immeubles – il faut faire dans le style bidonville. Laurent Murawiec
Pour eux, le camp de Nahr Al-Bared a été victime d’un « complot » dont l’objectif est d’imposer à tous les camps de réfugiés palestiniens du pays la main de fer de l’Etat libanais. (…) D’autres griefs fusent, et avec eux monte la colère. Contre leurs conditions de vie déplorables, la promiscuité insalubre qu’ils subissent depuis plus de trois mois; contre « l’humiliation et le mépris » dont les Palestiniens sont victimes, comme en témoignent, selon eux, les « repas rances » que leur délivre une association relevant du Courant du futur de Saad Hariri. (…) Contre les « brutalités » et le « racisme » qu’ils subissent aux barrages de l’armée dès qu’ils exhibent leurs cartes de réfugié. Même les adolescents, assurent-ils, ne sont pas épargnés. Le Monde
Qui a intérêt aujourd’hui à enterrer nos revendications, raser les camps, symboles de l’exigence du droit au retour ? » Qu’ils appartiennent ou pas à des organisations politiques, les Palestiniens qui vivent dans les camps défendent ce droit imprescriptible et inaliénable. « En finir avec les camps au Liban, c’est en assimiler quelque 100 000 sur les 400 000 qui y sont recensés par l’UNWRA et espérer que les ambassades européennes ouvriront généreusement leurs portes aux 300 000 autres pour les éloigner des frontières de la Palestine. Ex-résident de  Nahr Al-Bared
Les Palestiniens n’ont aucun droit au Liban. Le décret du 5 juin 2005 qui favorisait leur accès au travail n’a été suivi d’aucun effet dans la pratique. Ils n’ont toujours pas accès à la propriété. Le choix de vivre dans un camp est une posture politique, le refus de renoncer au droit au retour. L’inquiétude de l’éradication de Nahr el-Bared et de ses effets dominos est dans tous les esprits. Le Monde diplomatique
Depuis le funeste accord du Caire de 1969 [donnant à la résistance palestinienne le droit de mener des opérations de guérilla contre Israël à partir du territoire libanais] et jusqu’au déclenchement des affrontements à Nahr El-Bared, une offensive de la troupe contre un camp palestinien était inconcevable et nul n’osait envisager une telle éventualité. L’Orient-Le Jour (04.06.07)
Pendant qu’Israël demande à l’ONU de tout faire pour empêcher que de nouvelles flottilles ne partent pour Gaza, en référence à une flottille annoncée au départ du Liban, la Corée du Nord menace les Etats-Unis et la Corée du Sud d’une « guerre nucléaire sacrée » si ces deux derniers tiennent comme prévu des manœuvres navales au large de la péninsule coréenne. Une menace de guerre nucléaire contre un navire qui tente de briser le blocus de Gaza, quel est le choix de journalistes ? Vous le connaissez, Israël est décidément LA star planétaire ! Dry bones
La dernière flottille qui s’apprête à quitter le Liban dévoile clairement non seulement l’hypocrisie mais le danger de ces flottilles de provocateurs. Et avec ses organisateurs qui n’ont que le mot injustice à la bouche tout en ignorant la gravité de la situation des droits humains des Palestiniens du Liban, elle démontre amplement que ces flottilles n’ont rien à voir avec les préoccupations humanitaires et tout à voir avec la volonté de délégitimer Israël. M. Ayalon (Vice-ministre israélien des Affaires étrangères)
Les Egyptiens  avaient été à la pointe de la marche vers la modernité du monde arabe et pendant des décennies ils avaient vécu sur ce sens et ce souvenir de la primautéTout cel appartient désormais au passé. D’autres Arabes sont partis de leur côté et ont trouvé leurs propres accomodements avec le monde. Un sentiment général de déception imprègne à présent la vie politique et culturelle égyptienne. Il y a bien la paix avec Israël mais une paix mal aimée. Il y a bien la dépendance envers les Etats-Unis mais une dépendance pleine du plus amer des ressentiments pour la plupart des Egyptiens. Il y a bien l’idée d’un grand pays  au carrefour de trois continents mais la réalité d’une autocratie sans aucune imagination. Certes, M. Moubarak  n’a pas lancé, et c’est tout à son honneur, ses compatriotes dans des expéditions meurtrières ou des guerres inutiles. Il a préservé la paix Grant, il a fait son travail d’ilotier. Mais l’Egypte avait besoin et méritait quelque chose autrement plus noble et exaltant que la paix stérile d’un tyran. Fouad Ajami

Attention: une mascarade peut en cacher bien d’autres!

Alors qu’après la première mascarade turque de mai dernier, une nouvelle flottille pour Gaza est annoncée en partance du Liban

Et que l’Egypte d’un Moubarak à la santé de plus en plus fragile prétend faire démarrer au Caire les pourparlers directs que refusent toujours les Palestiniens …

Pendant que de toutes parts l’opinion mondiale se mobilise tant pour attribuer au seul Etat d’Israël la responsabilité de tous les maux de la région et du monde que pour lui retirer toute légitimité …

Retour, avec le Vice-ministre israélien des Affaires étrangères M. Ayalon, sur la mascarade des flottilles qui voit à présent un Liban qui opprime sa minorité palestinienne jouer les sauveurs de celle de Gaza.

Et, avec le politologue libano-américain Fouad Ajami, sur la paix stérile du tyran que, pour solde de tout compte, le président Moubarak est sur le point de léguer à un pays un temps à la pointe de la modernité arabe …

La mascarade des flottilles

Qu’ils soient de Turquie, d’Irlande ou de Chypre, ceux qui participent, ont une odeur d’hypocrisie.

Danny Ayalon

The WSJ

29.07.10

Version française par Hanna

Il y a deux ou trois années, un camp de réfugiés palestinien a été encerclé et assiégé par une armée de chars et de véhicules blindés. Les attaques lancées par des militants palestiniens ont déclenché une réponse écrasante de l’armée qui a coûté la vie à près de 500 personnes, dont de nombreux civils. Les organisations internationales se sont débattues pour envoyer de l’aide aux camps de réfugiés, où les habitants ont été laissés sans fournitures basiques, telles que l’électricité et l’eau courante. Pendant le conflit, six membres du personnel de l’ONU ont été tués lors du bombardement de leur véhicule.

Les ministres du gouvernement et les porte-parole ont tenté d’expliquer à la communauté internationale que les militants avaient le soutien de la Syrie et des membres djihadistes mondiaux. Al-Qaïda a condamné le gouvernement et l’armée, déclarant que l’attaque faisait partie d’une « croisade » contre leurs frères palestiniens.

Alors que la plupart supposent que les événements décrits ci-dessus ont eu lieu en Cisjordanie ou à Gaza, ils ont en réalité eu lieu, au Liban en été 2007, lorsque des terroristes palestiniens ont attaqué l’armée libanaise, qui a riposté mortellement. La scène de la plupart des combats s’est déroulée dans le camp de réfugié de Nahr al-Bared dans le nord du Liban, qui avait accueilli les islamistes du Fatah al-Islam, un groupe qui a des liens avec al-Qaïda.

A l’époque, il y avait peu de tollé international. Aucun dirigeant mondial n’a décrié «  les camps de prisonniers » au Liban. Aucune manifestation n’a eu lieu dans le monde, pas de comité d’enquête de l’ONU créé, et cela n’avait pas attiré l’attention des médias. En fait, la situation difficile des Palestiniens au Liban, ne recueillait que très peu d’attention au niveau international.

Aujourd’hui, il y a plus de 400.000 Palestiniens au Liban qui sont privés de leurs droits les plus élémentaires. Le gouvernement libanais a édité une liste, de dizaines de professions interdites aux Palestiniens, y compris les professions s’attachant à la médecine, le droit et l’ingénierie. Les Palestiniens ne sont pas autorisés à posséder des biens et ont besoin d’un permis spécial pour quitter leurs villes. Contrairement à tous les autres ressortissants étrangers au Liban, ils se voient refuser l’accès au système de soins de santé. Selon Amnesty international, les Palestiniens au Liban souffrent de « discrimination et de marginalisation »,

et sont traités comme des « citoyens de seconde classe », privés de l’ensemble complet de leurs droits humains. »

Amnesty International indique également, que la plupart des réfugiés palestiniens au Liban n’ont que peu de choix, hormis celui de vivre dans des camps surpeuplés se détériorant, et que les réunions occasionnelles, manquent d’infrastructures de base.

Compte tenu de l’aggravation de la situation des Palestiniens au Liban, c’est le comble de l’ironie qu’une flottille libanaise s’organise pour quitter le port de Tripoli dans les prochains jours pour apporter une aide aux Palestiniens dans la bande de Gaza. Selon l’un des organisateurs, les participants sont « unis par un grave sentiment d’injustice. »

Cette attitude expose la malhonnêteté de l’activité de la flottille. Que ce soit en provenance de Turquie, d’Irlande ou Chypre, ceux qui participent à ces flottilles ont un relent d’hypocrisie. Il y a actuellement, 100 conflits armés et des dizaines de conflits territoriaux dans le monde entier. Il y a eu des millions de personnes tuées, et des centaines de millions de personnes vivant dans une pauvreté abjecte, sans accès aux denrées de base. Et pourtant, des centaines « d’activistes humanitaires à l’âme noble » dépensent des millions de dollars pour atteindre la bande de Gaza pour donner en main propre au Hamas de l’argent qui n’ira jamais aux civils innocents de Gaza.

C’est ce même Gaza, qui vient d’ouvrir un centre commercial flambant neuf que l’on ne verrait pas dans n’importe quelle capitale en Europe. Gaza, où une nouvelle piscine olympique a été inaugurée récemment et où des hôtels cinq étoiles et restaurant proposent des spécialités de luxe.

Où les marchés regorgent de toutes sortes d’aliments parsemant le paysage de la bande de Gaza, où Lauren Booth, journaliste et « militantes des droits de l’Homme », a été photographiée en train d’acheter du chocolat et articles de luxe dans un supermarché bien approvisionné, avant de déclarer sans rire que « la situation à Gaza est une crise humanitaire à l’échelle du Darfour. »

Personne ne dit que la situation à Gaza est parfaite. Depuis le coup d’Etat sanglant et l’occupation par le Hamas de Gaza en 2007, dans laquelle plus de 100 Palestiniens ont été tués, Israël n’a pas eu d’autres choix que de veiller à ce que le Hamas ne soit pas en mesure de construire un port iranien sur les rives de la Méditerranée. Tant que le Hamas ne respectera pas les trois critères énoncés par la communauté internationale, à savoir renoncer à la violence, reconnaître le droit d’Israël à exister et respecter les accords déjà signés entre Israël et l’Autorité palestinienne, le Hamas continuera à être mis au ban par la communauté internationale.

Alors que la politique d’Israël consiste à continuer à s’assurer que tous les besoins civils sont traités, il ne peut pas permettre au Hamas de se réarmer et d’utiliser Gaza comme une base pour attaquer Israël, et au-delà. Pour cette raison, Israël a instauré un blocus, tout à fait légal, en vertu du droit international, afin de s’assurer qu’aucun élément puise être adapté par le Hamas pour attaquer des civils innocents. Les organisations qui souhaitent adhérer à l’ONU et la Croix-Rouge pour fournir des biens ou de l’aide à Gaza sont invités à le faire à travers le passage de Kerem Shalom, voire par les ports égyptiens. Ceux qui refusent et cherchent à briser le blocus légal, sont intéressés par la provocation pour renforcer le Hamas. Si Israël permet à ces flottilles  d’aller à la confrontation, et ouvrir avec succès une voie de navigation pour la contrebande d’armes pour un mandataire iranien, dans ce cas la région souffrira d’un conflit continu. Les actions qui encourageraient les extrémistes seront au détriment des modérés et cela créera un grave danger pour faire avancer le processus de paix.

La dernière flottille qui s’apprête à quitter le Liban expose pleinement, non seulement l’hypocrisie, mais s’expose aussi, par le biais des provocateurs au danger de l’autodéfense. La flottille du Liban, dont les organisateurs proclament l’injustice, tout en ignorant la gravité de la situation des droits humains des Palestiniens du Liban, démontrent amplement que ces flottilles n’ont rien à voir avec les préoccupations humanitaires et tout à voir avec la propension à vouloir délégitimer Israël.

M. Ayalon est Vice-ministre israélien des Affaires étrangères.

Voir aussi :

http://online.wsj.com/article/SB10001424052748704684604575381632573838138.html

The Cop on the Banks of the Nile

No great upheaval has taken place in the Egypt of Hosni Mubarak. But the country has stagnated, and some of its children have blamed the U.S. and embraced terror.

Fouad Ajami

The WSJ

July 26, 2010

He was there on the reviewing stand on Oct. 6, 1981, when the assassins struck down his flamboyant predecessor, Anwar Sadat. Few thought that Hosni Mubarak, an unassuming military officer, would survive the tumult of Egypt’s politics. The country was on the boil, the assassins who took Sadat’s life had been brazen beyond imagination. They had stormed the reviewing stand on the eighth anniversary of the October War of 1973. Lt. Khalid Islambouli, the leader of this band of assassins, told Mr. Mubarak to get out of the way for they had come only after « that dog. »

Mr. Mubarak was spared that day, and still, three decades later, he rules. Rumors of poor health swirl around him, and the Egypt he has dominated for so long is a crowded, broken country. « I shot the Pharaoh, » Lt. Islambouli said, without doubt or remorse. He and his band of plotters had no coherent plan for the seizure of power. They would kill the defiant ruler, for them an apostate, make an example of him, and hope that his successors would heed his fate.

Mr. Mubarak would confound the militants. In his years at the helm, he would stick to the big choices Sadat had made: He would stay in the orbit of the Pax Americana, and he would maintain the « cold peace » with Israel. The authoritarian, secular state, with the army as its mainstay, would keep its grip on political power. But there is no denying that Mr. Mubarak had internalized the lessons of Sadat’s assassination.

Where Sadat openly embraced the distant American power, flaunted his American connections, and savored the attention of the American media, Mr. Mubarak has had an arm’s length relationship with his American patrons. There was no need, he understood, to tempt the fates and to further inflame the anti-Western and anticolonial inheritance of his countrymen.

America had come into Egypt in the aftermath of the 1973 October War. There were Egyptians who took to this new world and its possibilities, so keen were they to put the dreaded radical past with its privations and restrictions behind them. But a fault line divided the country. The pious and the traditionalists and those who believed that Egypt’s place lay in the Arab world were offended by this new order. Mr. Mubarak would take U.S. aid. Second only to the American subsidy to Israel, it was crucial to his regime. There would be joint military exercises with U.S. forces. But the Egyptian ruler was keen to show his independence from American tutelage.

Mr. Mubarak was at one with the vast majority of Egyptians in his acceptance of peace with Israel. He hadn’t made that peace. It was not for him the burden it was for Sadat. Egypt was done with pan-Arab wars against Israel. She had paid dearly in those campaigns. Her national pride had been battered, her scarce treasure had been wasted, and the country had become an economic backwater. And so Mr. Mubarak honored the peace with Israel, but there would be no grand spectacles, no big visit to Israel, no stirring speeches to the Israeli Parliament. This had been Sadat’s way.

Mr. Mubarak was under no compulsion to come up with an « electric shock » diplomacy of his own. He would, under duress, make a single, brief visit to Israel in 1995 for the burial of Yitzhak Rabin. He said little. The memorable funeral oration was made by the Jordanian monarch, King Hussein.

If Mr. Mubarak was spared the wrath of the traditionalists, it must be acknowledged that he has never led or defended a modernist course for his country. This was no Mustapha Kemal Ataturk pushing his people into a new culture and a new world. A suspicious autocrat, he has stepped out of the way as a toxic brew came to poison the life of Egypt – a mix of antimodernism, anti-Americanism and anti-Semitism.

Egypt has struggled mightily since the mid 1800s to belong to the modern world of nations. It had something of a democratic inheritance; the Mediterranean bordered this country and brought it its gifts. In the interwar years, there had been a parliamentary system in place.

But this was not Mr. Mubarak’s impulse. He rules by emergency decrees and has suffocated the country’s political life, reducing the political landscape to something barren that he has been comfortable with: the authoritarian state on one side, the Muslim Brotherhood on the other. Nothing stirred or grew in the middle.

No democratic, secular opposition was allowed to sprout. For Mr. Mubarak, the appetite grew with the eating. The modest officer of yesteryear had become a pharaoh in his own right. He flew under the radar, as Egyptian authoritarianism was never on a par with the kind of terror unleashed on Libya, Syria or Saddam Hussein’s Iraq. He has refused to give his country an orderly process of succession. He would never name a vice president, even as his country clamored for that. By his own lights a patriot devoted to his country, he left it prey to the doubts and dark thoughts that cripple the life of « Oriental despotisms. » He let loose on Egyptians the steady speculation that he had in mind dynastic succession, bequeathing a big country to his son.

Egyptians with a feel for their country’s temperament have long maintained that Mr. Mubarak is a creature of his social class. He hails from middle peasantry. He had made his way to the armed forces and remained at heart a man of the barracks. He never trusted crowds and the disputations of politics. (Sadat was formed in the 1930s and 1940s when Egypt was a veritable hothouse of political ideas, with doctrines and opinions at the ready.)

In the police state he rules, radical Islamists are hunted down or imprisoned. The prisons are notorious for their cruelty. In time, Islamists from Egypt, survivors of its prisons, would make their way to the global jihad. They hadn’t been able to topple the Mubarak regime, so they struck at lands and powers beyond.

A young physician, then 30 years of age, a Cairene of aristocratic pedigree, one Ayman al-Zawahiri was picked up in the dragnet that followed Sadat’s assassination. He was imprisoned and tortured, then made his way to the Afghan jihad and to the world of terror, rising to second in command of al Qaeda. It was Zawahiri, learned but merciless, who drew a distinction between the « near enemy » (the regime at home) and the « far enemy » (the American patrons of the regime), and who opined that it was the permissible and proper thing to strike at distant enemies in preparation for bringing down the tyrant at home.

In the same vein, a blind preacher from a once-tranquil town on the edge of Egypt’s Western Desert, Omar Abdul Rahman, quit his country for Jersey City and Brooklyn. He carried the fire and the rage with him to the New World, and was eventually tried and convicted for crimes stemming from the investigation into the 1993 World Trade Center bombing. Mubarak’s Egypt had grown skilled at channeling its troubles to distant places.

No great upheaval has taken place in the Egypt of Hosni Mubarak. But the country on the banks of the Nile has stagnated. Its good cheer – one of its fabled attributes – has given way, and the crowded country now is an unhappy, bitter place.

Egyptians had led the march of Arab modernity, and for decades they lived on that sense, and memory, of primacy. All this is of the past. Other Arabs have gone their way and negotiated their own terms with the world. A sense of disappointment now suffuses Egypt’s political and cultural life. There is peace with Israel, but it is unloved. There is a dependency on the U.S., but one of bitter resentment on the part of most Egyptians. There are ideas of a big country at the crossroads of three continents, but the reality of an unimaginative autocracy.

Grant Mr. Mubarak his due: He has not dispatched his countrymen on deadly expeditions and needless wars. He has kept the peace, he has been the cop on the beat. But Egypt needed and deserved something better, more ennobling, than a tyrant’s sterile peace.

Mr. Ajami, a professor at Johns Hopkins School of Advanced International Studies and a senior fellow at Stanford University’s Hoover Institution, is the author of « The Foreigner’s Gift » (Free Press, 2007).


Diplomatie: Appel à la création d’un État indien indépendant aux USA (I Call for the creation of an American Indian state in the US)

29 juillet, 2010
American indians at the CapitolJe sais ce que c’est que de lutter (…) combien de fois on vous a oubliés, tout comme les Noirs ou d’autres groupes dans ce pays. Parce que j’ai vécu cela, je ne vous oublierai pas. Barack Obama (19.05.08)
Lorsque je pense à Thanksgiving, je ne ressens pas ce jour comme la fête par essence des Américains. Je ne rêve pas de dinde, de canneberge, de patates douces,  je ne pense pas à un match de football, je ne vais jamais voir les matchs de football. Je pense d’abord à ces gens que nous avons appelés les Indiens ! Je pense à ces millions de gens qui ont vécu en Amérique et qui ont disparu,  je pense aux quelques uns qui ont pu survivre et je me demande que peuvent-ils bien penser d’un jour comme celui-là… Cette journée de la fraternité qui masque en fait ce qu’il nous faut bien appeler un génocide. Mumia Abu-Jamal
L’israélien que je suis, et Juif de surcroit, soucieux de justice et d’équité, partisan de l’autodétermination des peuples et du libre choix d’une patrie pour tous ceux qui s’en sont vu déposséder, conjure le Président Obama de s’atteler à un processus de partition entre une Amérique des colons et une Amérique qui reviendrait à ses premiers occupants: les Amérindiens ou Indiens amers. Arie

Subventions de millions de dollars, formation de sa police et de son armée, rehaussement de son statut diplomatique tant par les Etats-Unis que par la France …

A l’heure où se multiplient les appels à la création d’un Etat palestinien qui n’existe encore que dans l’imagination de ses partisans …

Pendant que ne se comptent plus les appels à la stigmatisation et à la délégitimation d’un Etat qui lui existe depuis 62 ans et qui a de surcroit été créé par les Nations Unies elles-mêmes …

Il est grand temps de réparer une injustice plus que bicentenaire et de prêter l’oreille à l’appel, d’un citoyen israélien dénommé Arie sur le site de nos amis d’Aschkel, à la partition des Etats-Unis et à la création d’un État indien indépendant aux USA.

Qui, en bonne logique, pointe l’incroyable injustice dont, sans compter les massacres, sont victimes les Amérindiens, dépossédés de leur territoire par les colons anglais qui ont fondé les Etats-Unis d’Amérique et réduits à vivre depuis plus de 200 ans, comme dirait le Premier ministre britannique, dans une véritable prison à ciel ouvert …

« I Call », appel pour la création d’un État indien indépendant aux USA

7-05-2010

L’israélien que je suis, et Juif de surcroit, soucieux de justice et d’équité, partisan de l’autodétermination des peuples et du libre choix d’une patrie pour tous ceux qui s’en sont vu déposséder, conjure le Président Obama de s’atteler à un processus de partition entre une Amérique des colons et une Amérique qui reviendrait à ses premiers occupants: les Amérindiens ou Indiens amers

Arie

Car enfin, de quoi parle t-on ? Voilà un continent tranquille peuplé de tribus indiennes qui vivaient en bonne intelligence entre elles, se livrant de temps à autre à des guéguerres, parfaitement justifiées de leur point de vue, et qui soudain, voient débarquer, par voie de mer, des Européens conquérants, éduqués, armés, financés par des Puissances étrangères, brandissant une Bible, parfaitement étrangère aux Indigènes, illettrés par ailleurs.

Contrairement à d’autres peuples, ces Visages pâles, ne pouvaient même pas prétendre que ces terres avaient appartenu à leurs ancêtres qui y auraient bâti une civilisation florissante, avec à sa tête une Capitale.

Pensez-vous que cela leur ait un problème de conscience ? Que nenni. Fort du proverbe qui dit « ce qui est à moi, est à moi, et ce qui est à toi, m’appartient tout autant », ils n’ont eu de cesse que de déposséder les primo occupants de leur terre ancestrale, les parquant dans des Camps de Réfugiés de plus en plus étriqués. Aux États-Unis, on appelle cela des « Réserves ».

Qu’importe la terminologie: Réserve, ghetto, camp de réfugiés, c’est du pareil au même. Ainsi, les Mohicans vivaient le long du fleuve Hudson, dans le l’État de New York, à l’emplacement de ce que l’on appelle aujourd’hui la Big Apple (à ne pas confondre avec le créateur du i Pad); « la grande pomme », surnom attribué à la Nouvelle-Amsterdam, devenue par la suite New-York.

Leur territoire de chasse s’étendait jusqu’à l’Etat du Vermont. En 1609, ce n’est pas si vieux, les Peaux rouges rencontrent les premiers Visages pâles qui n’ont de cesse de les repousser vers ce qui deviendra l’État du Massachusetts.

Les exemples abondent, avis aux spécialistes des Amérindiens aux USA. Le problème des Amérindiens est qu’ils ne disposent pas de soutiens dans la Diaspora, ou dans d’autres États frères constitués d’Indiens, qui auraient pu, comme cela se produit à l’époque moderne, de plaider en faveur de leur autodétermination, sur la patrie de leurs ancêtres.

Je cite, pour exemple, la déclaration papale du 13 mai 2009 à Bethléem : « Le Saint-Siège soutient le droit de votre peuple à une patrie souveraine sur la terre de vos ancêtres ». Ainsi, à partir de mon siège, qui est à la hauteur de mes jambes, je soutiens le droit des Mohicans, à une patrie souveraine sur la terre de leurs ancêtres, à savoir New-York et ses environs.

Je prône des négociations territoriales et un nouveau tracé de frontières entre les colons européens (Ashkénazes, en quelque sorte) qui ont spolié les primo occupants des bords du Hudson/Jourdain River, et les ont parqués dans des camps de Réfugiés. Si les New-Amsterdamers ou les New-Yorkais, ne sont pas contents, ils auront toujours le loisir de retourner dans leur contrée d’origine: Angleterre qui abrite la ville de York, Pays-Bas, où Amsterdam se porte toujours aussi bien, Allemagne, dite Ashkénaze, Pologne, etc..

En cas de refus, les Amérindiens pourront toujours s’autoproclamer, à l’ONU, État Indépendant, et demander un vote du Conseil de Sécurité. L’auto proclamation unilatérale (il s’agit d’une tautologie, soit de la répétition d’une même idée sous une forme différente, mais on s’en fout, ça passe mieux ainsi) d’un État Mohican sur les bords de l’Hudson, à l’emplacement de Manhattan, devrait passer comme une lettre à la poste, à l’ONU, à la condition que les États-Unis ne se servent pas de leur droit de veto, qui pourrait leur être interdit pour l’occasion, car on ne peut être à la fois juge et partie.

Pour la petite histoire, Manhattan vient du nom d’un dénommé Peter Minuit, qui a acheté en 1626 ce lopin de terre aux Indiens Algonquins pour un lot de perles de pacotille d’une valeur de 60 florins.

Je ne comprends pas d’ailleurs pourquoi Khadafi, Ahmadinejad ou, tout simplement Bibi Netanyahou, ne poussent pas dans cette direction. Les arguments ne manquent pas. Tant que New-York, ou Washington, cela n’a aucune importance, ne sera divisée en une cité à l’Ouest, Capitale des Visages pâles, ou foncés, importés par leurs soins d’Afrique, et une Capitale pour les Mohicans ou les Algonquins, à l’Est, Jérusalem restera une et indivisible.

Y pas de raison. Il est vrai que les Indiens d’Amérique manquent d’ambition; ils se contentent de toucher des royalties sur les casinos et les forages pétroliers qui fonctionnent sur leurs Réserves. Qu’à cela ne tienne, L’AIPAC pourrait leur donner un coup de main pour s’organiser, afin de réclamer leur dû. Il s’agit de ma part d’une forme de I Call (« I » pour Indiens), genre « Appel à la dé-raison ». Je vais de ce pas l’envoyer à BHL qui ne peut pas ne pas la signer, Bien que ce Monsieur, à ce que je me suis laissé dire, manque singulièrement d’humour.


Conflit israélo-palestien: Les erreurs et les échecs ont cependant un intérêt (20 years of a failed policy can’t be all bad)

28 juillet, 2010
US trained Palestinian army
Avec les grands espoirs viennent les gros risques. On peut vous amuser pendant un maximum de deux ans  en vous disant que vous êtes en train de créer un État, si ça n’est pas réellement le cas. Général Dayton (formateur des forces armées de l’Autorité palestinienne)
La France soutient, d’ici le premier trimestre de l’année 2012, la création d’un État palestinien viable, indépendant, démocratique et vivant en paix et en sécurité aux côtés d’Israël. (…) Le Délégué général de Palestine sera désormais désigné sous le titre d’ « Ambassadeur, chef de Mission de Palestine ». Bernard Kouchner
Soyons clairs : la situation à Gaza doit changer (…) On ne peut et ne doit pas permettre que Gaza reste une prison à ciel ouvert. David Cameron (Ankara)
20 ans de pourparlers de paix, 17 ans de reconnaissance officielle de l’autorité Palestinienne. 10 ans après le retrait du Liban Sud. 5 ans après le retrait de Gaza. Toutes les promesses faites de normalisation, de « marché commun du Levant », de paix vraie entre les peuples, d’acceptation d’Israël comme juive et démocratique. Tout n’a été que mensonges. Gilgoul
C’est un rapport servile et contrit qui réduira de manière notable la marge de manœuvre lors de la prochaine opération. A cause d’un tel document, qui a valeur juridique, des officiers hésiteront à agir lors du prochain conflit. Officier israélien (sur le rapport israélien sur l’opération Plomb Durci)
Je ne suis pas sûr qu’il faille promettre au monde que la prochaine fois il y aura ‘zéro victime’ parmi la population civile. C’est quelque chose qui n’arrivera pas. Officier israélien
Un lien spécial existe entre nos deux pays… Il est indestructible… Notre soutien à Israël est inébranlable… Je suis convaincu que le premier ministre Netanyahu veut la paix… Obama (06.07.10)
Aux Etats-Unis, Israël est plus populaire qu’Obama. La Maison Blanche a fini par s’en apercevoir. Moins de quatre mois avant les élections de la mi-mandat. (…) Obama est assez pragmatique pour en tirer les conséquences. Il se rapproche donc aujourd’hui d’Israël, en gestes, en paroles. Il faut souhaiter que les électeurs juifs et pro-israéliens américains soient assez pragmatiques, à leur manière, pour ne pas oublier comment il s’est comporté quand il croyait encore que l’opinion lui était acquise. Michel Gurfinkiel
Comme si toutes les démissions d’Israël, ses signes de « bonne volonté », n’avaient pas conduit à des catastrophes toujours plus grandes : la terreur terroriste après Oslo, le Hezbollah après le retrait du Liban, le Hamastan après le retrait de Gaza. Demain, le retrait des territoires rapprochera encore plus la menace des centres vitaux d’Israël. Les signataires de JCall pourront alors pleurer en chœur très « moralement ». Il sera trop tard. Ses signataires invoquent souvent la façon dont la France a mis un terme à la guerre d’Algérie mais qui s’est soucié de ce que ce pays ne respecta jamais les accords d’Evian, de ce que un million de Français furent chassés de leur pays et de leurs biens alors que des millions d’Algériens s’installèrent en France et que la terreur totalitaire s’installa dans ce pays ? Une telle cécité politique travestie en grandiloquence morale a quelque chose de pathétique. Elle ne sert qu’à approfondir la délégitimation d’Israël au pire moment : l’affaire de la flottille est venue illustrer la manipulation de la « morale » et autres « droits de l’Homme », devenus aujourd’hui des armes idéologiques aux mains de menées totalitaires. Michel Gurfinkiel
Les erreurs et les échecs ont cependant un intérêt: ils aident l’opinion publique à mieux cerner les problèmes. De même que l’échec des pourparlers de Camp David, en 2000, a révélé à la plus grande partie des Israéliens – notamment de gauche ou du centre-gauche –  que le « processus de paix d’Oslo » était un leurre, de même le bilan des évacuations du Liban et de Goush-Katif rappelle-t-il aux Israéliens que si le contrôle de certaines positions géographiques a un coût, leur abandon en a aussi. Michel Gurfinkiel

A l’heure où, après les échecs répétés de Camp David et d’Oslo comme des retraits du Liban et de Gaza ou la toute récente pantalonnade de la flottille de Gaza, les appels et les rapports se multiplient pour imposer à Israël des concessions toujours plus grandes et unilatérales …

Et qu’à l’approche d’élections de mi-mandat annoncées comme catastrophiques, le Génuflexeur en chef de la Maison Blanche redécouvre comme par magie son « lien spécial avec Israël » …

Pendant qu’en Palestine même, nos apprentis sorciers tant américains que français forment de futurs « terroristes en uniforme » ou accordent privilèges et immunités diplomatiques à une Autorité palestinienne qui continue à refuser des négociations directes …

Retour, avec Michel Gurfinkiel, sur le bilan de ces 20 années d’erreurs et d’échecs qui auront peut-être eu le mérite d’aider l’opinion publique (au moins du côté israélien) à mieux cerner les problèmes et à comprendre tant le caractère illusoire que le véritable coût de ces initiatives …

Israël/ Bilan de deux retraits

Il y avait apparemment de bonnes raisons de quitter le Liban-Sud en 2000 et le Goush-Katif en 2005. L’échec n’en est que plus flagrant.

Michel Gurfinkiel

18 juillet 2010

Le 24 mai 2000, Tsahal évacuait unilatéralement – et précipitamment – la « zone de sécurité » qu’il détenait au Liban du Sud depuis 1978. Dix ans après, le débat va bon train en Israël : ce retrait a-t-il été l’une des plus graves erreurs stratégiques de l’histoire du pays ?  Le ministre de la Défense Ehud Barak, qui était alors premier ministre, assure qu’il reste « fier » de sa décision. « La vraie question »,  selon lui, «  c’est plutôt de savoir pourquoi on ne l’a pas prise au moins dix ans plus tôt ». Mais de nombreux analystes estiment au contraire que ce retrait a considérablement affaibli l’Etat juif. En projetant, à tort ou a raison, une image de faiblesse. Et surtout en créant un vide géostratégique qui n’a pas tardé à être empli par le Hezbollah pro-iranien.

Chose étrange, un chef d’Etat arabe avait tout fait, début 2000, pour dissuader Israël de quitter Liban-Sud : le Syrien Hafez el-Assad, qui allait être emporté par une crise cardiaque quinze jours seulement après le retrait, le 10 juin 2000. Dictateur implacable, mais stratège sagace, Assad avait répété  que cette initiative constituait une « provocation », et allait provoquer « une catastrophe ». A l’époque, ni les Israéliens, ni les Américains, qui tentaient de patronner un processus de paix accéléré dans la région, n’avaient compris son attitude. Sans doute par excès de logique linéaire, à l’occidentale : le président syrien étant un ennemi d’Israël, il ne pouvait, selon eux, que se réjouir d’un tel recul. Mais Assad suivait une autre logique, circulaire, orientale, où l’ennemi peut être, dans certaines circonstances, une sorte d’ami, et son affaiblissement, à certains moments, une mauvaise affaire.

Un débat analogue entoure une autre évacuation unilatérale, celle de la bande de Gaza ou plus précisément des zones stratégiques qui, dans ce territoire, relevaient toujours de l’autorité israélienne : localités civiles juives, telles que le Goush-Katif, et points d’appui militaires. Exécutée en août 2005, au prix d’une crise humaine sans précédent – cinquante mille soldats mobilisés pour contraindre près de huit mille habitants juifs au départ – , elle a apporté un prestige international considérable, mais éphémère, au premier ministre qui l’avait décidée et mise en œuvre, Ariel Sharon. Mais sur le terrain, elle a été interprétée, elle aussi,  comme un signe de faiblesse, et fait l’affaire du Hamas, qui devait prendre le contrôle du territoire moins de deux ans plus tard.

Avant de devenir premier ministre, Ehud Barak a été un général de premier plan, et a exercé le commandement en chef de Tsahal. Sharon fut probablement l’un des plus grands chefs de guerre du XXe siècle. Ni l’un, ni l’autre n’ont pris à la légère la décision d’évacuer un territoire considéré jusque là comme essentiel à la sécurité de leur pays. Leur raisonnement était à peu près celui-ci : au Liban-Sud comme à Gaza, Tsahal était condamné à faire une guerre de position et qui plus est au contact ou au milieu de populations hostiles. Ce type de guerre était démoralisant à divers titres. Et coûteux en vies humaines. Tant que Tsahal s’en tenait à la défense statique de certaines positions ou de certaines lignes, l’ennemi pouvait en effet monter contre lui des opérations limitées, sans utilité tactique réelle mais dépourvues, en même temps, de risque stratégique ou tactique : des « coup d’épingle » où finissaient par périr ou être blessés des dizaines de jeunes Israéliens, sans parler de quelques enlèvements. L’alternative consistait, selon eux, à revenir à une guerre de mouvement : un retrait spectaculaire autorisait Israël, moralement et politiquement, à lancer ultérieurement des offensives non moins spectaculaires,  « totales », annihilatrices, contre des adversaires qui n’auraient pas accepté les compromis qui lui étaient offerts.

A travers l’opération Rempart de 2001-2002 – la réoccupation militaire de la Judée-Samarie et la destruction du potentiel militaire du Fatah – , Sharon avait montré qu’il savait procéder à des contre-attaques de ce type. En aurait-il été à nouveau capable contre le Hezbollah et le Hamas, si sa santé lui avait permis de rester au pouvoir en 2006 ? Force est de reconnaître que ses successeurs n’y sont pas parvenus. La guerre punitive de l’été 2006 contre le Hezbollah, gérée par un trio que Sharon avait mis en selle – Ehud Olmert et Tsipi Livni au gouvernement, le général Dan Halutz à l’armée – a été un échec militaire et politique. Celle de l’hiver 2008-2009 contre le Hamas, gérée par un bon général, Gaby Ashkenazy, a été plus concluante sur le plan militaire, mais beaucoup moins sur le plan politique. Dans les deux cas, l’adversaire n’a pu être éliminé ni même suffisamment affaibli.

Les erreurs et les échecs ont cependant un intérêt : ils aident l’opinion publique à mieux cerner les problèmes. De même que l’échec des pourparlers de Camp David, en 2000, a révélé à la plus grande partie des Israéliens – notamment de gauche ou du centre-gauche –  que le « processus de paix d’Oslo » était un leurre, de même le bilan des évacuations du Liban et de Goush-Katif rappelle-t-il aux Israéliens que si le contrôle de certaines positions géographiques a un coût, leur abandon en a aussi.


Médias: Et si Israël disparaissait? (Imagine there’s no Israel)

26 juillet, 2010
A world with no Israel (cartoon)
Imagine there’s no Israel, It’s easy if you try, Imagine all the people, Living life in peace You may say that I’m a dreamer, But I’m not the only one, I hope someday you’ll join us And the world will be as one … (à fredonner sur un air connu)
Quelqu’un m’a demandé pourquoi je ne dis plus qu´Israël doit être détruit… J´ai répondu qu´il n’était plus nécessaire de le dire, vu que ce régime est déjà en voie d´être détruit. Mahmoud Ahmadinejad
Nul ne peut ne pas rêver de la destruction de n’importe quelle puissance devenue à ce point hégémonique (…) A la limite, c’est eux qui l’ont fait, mais c’est nous qui l’avons voulu. Jean Baudrillard (novembre 2001)
La situation est tragique mais les forces en présence au Moyen-Orient font qu’au long terme, Israël, comme autrefois les Royaumes francs, finira par disparaître. Cette région a toujours rejeté les corps étrangers. Dominique de Villepin (Paris, automne 2001)
Le point de départ, c’est ce tabou absolu qu’est la fin possible d’Israël. Je pense que, ne serait-ce que pour l’exorciser, il faut en parler. Que se passera-t-il le jour où Israël sera lâché par les Etats-Unis, son seul véritable allié ? J’ai voulu travailler sur ce scénario pour montrer à quel point les dirigeants israéliens actuels menaient une politique suicidaire. Les romans servent aussi à cela. (…) Après tout, c’était un roman, je n’étais pas obligée de coller à la stricte vérité, je pouvais – je devais même – donner libre cours à mon imagination ! Ce qui a été le plus dur, ou le plus excitant, c’est que la réalité ne cessait de me rattraper. J’ai inventé le personnage de Sokolov avant que Liebermann n’accède au pouvoir, j’ai inventé cette épidémie de peste qui affole la planète avant qu’H1N1 ne panique la terre entière, j’ai inventé le coup de gueule de la secrétaire d’Etat américaine avant que le vice -président américain Joe Biden ne se mette en colère contre Israël pour la poursuite de sa politique de colonisation ! A un moment, j’ai eu peur de ne plus surprendre. (…) c’est après avoir imaginé dans mon roman que les juifs seraient accusés d’avoir empoisonné l’eau de la Mecque, que j’ai découvert qu’il s’était produit exactement le même phénomène au Moyen-Âge. Immense émotion. (…) Je pense qu’à trop tirer sur la corde, les dirigeants israéliens pourraient un jour la faire rompre. On a vu au printemps dernier que les Etats-Unis étaient capables de s’emporter contre ce pays qu’ils soutiennent à bout de bras. Moi, je crois qu’il faudrait un Obama à Israël, et aux Palestiniens aussi. Encore une fois, pas forcément pour régler les problèmes d’un coup de baguette magique, c’est malheureusement impossible, mais au moins pour changer la perception que le monde a de cette région. La chance pour qu’il émerge trois Obama en un minimum de temps est malheureusement très faible. Il faut y croire. (…) cela n’a pas toujours été facile. Les autorités israéliennes étaient à cran à l’époque où j’étais là-bas. Les journalistes français étaient considérés par beaucoup au sein du gouvernement comme pro-palestiniens et donc anti-israéliens, voire pire, tout simplement parce qu’ils allaient faire leur boulot en allant raconter, outre les soubresauts de la société israélienne, ce qui se passait dans les territoires palestiniens, qui n’était pas souvent très beau à voir car ces territoires étaient bouclés à double tour par les Israéliens. J’ai eu droit à ces critiques, comme certains autres. Mais je m’en suis remise. Alexandra Schwartzbrod
Je suis extrêmement troublée car il y a là presque toute la trame de ce roman sur lequel je travaille depuis trois ans : Israël montré du doigt par le monde entier à cause d’une opération qui a dérapé, la brouille entre la Turquie et Israël, les Arabes israéliens accusés de manquer de loyauté envers l’Etat hébreu, le secrétaire-général de l’ONU qui monte au créneau, l’administration américaine qui sent qu’elle doit bouger… Je suis troublée mais pas surprise. Je n’ai pas bâti cette trame au hasard. Ce roman est extrêmement réfléchi. J’ai voulu raconter ce qu’il risquait de se passer si les dirigeants israéliens continuaient à se comporter comme ils le font depuis un certain temps : en gouvernant main dans la main avec l’extrême droite et avec un sentiment total d’impunité. Je ne pensais simplement pas que la réalité rejoindrait aussi vite la fiction. Alexandra Schwartzbrod
Et si Israël disparaissait ? (…) Tout débute par l’explosion d’une usine bactériologique en Russie qui libère le fléau de la peste. Des pèlerins contaminent La Mecque en plein hadj. Alors que les morts se comptent par centaines de milliers, la rumeur d’un complot juif enfle. Les bruits atteignent l’Etat hébreu, qui se retrouve au bord de la guerre civile. Le Point
« Adieu Jérusalem », dit le titre en forme d’épitaphe : et c’est bien d’un adieu qu’il s’agit, lancé à une certaine idée fraternelle et ouverte de l’humanité, sacrifiée sur l’autel des intégrismes de tous poils, barbes ici, papillotes là. (…) Tout commence en Russie, dans une usine chimique à la Tchernobyl dont l’explosion engendre une contamination qui ramène sur le devant de la scène ce vieux mal qui répand la terreur : la peste noire, laquelle éclate, par pèlerins qui en véhiculent le germe, lors du grand rassemblement du hadj à La Mecque. Et comme toujours, quand le mal rôde, il faut un bouc émissaire. L’Histoire montre assez que les Juifs ont en la matière une bonne longueur d’avance : rien d’étonnant à ce que la colère arabe s’enflamme contre eux, et rien d’étonnant à ce que le conflit déjà exacerbé largue toutes les amarres pacifiques pour devenir affrontement irrationnel et suicidaire. Le Dauphiné
Les romans sont parfois de magnifiques ouvrages géopolitiques si l’auteur allie le talent d’écriture à de solides connaissances. C’est le cas d’Alexandra Schwartzbrod, journaliste à Libération, qui fut en poste à Israël de 2000 à 2003. Pascal Boniface
Alexandra Schwartzbrod a pris ses fonctions de correspondante de Libération à Jérusalem juste avant la seconde Intifada. Elle a dû apprendre vite – « et bien », précise Enderlin. Pourtant, elle va regagner Paris ce mois-ci. Gênés, ses collègues font état de « problèmes politiques et professionnels ». Coïncidence ? La Mena l’accusait systématiquement depuis janvier 2002 d’« incitation à la haine ethnique » et de « propagande anti-israélienne », jusqu’à ce que, le 14 juillet, une dépêche claironne : « Alexandra Schwartzbrod s’en va ! Ce sont nos amis à Libération qui nous ont confirmé la rumeur avec une satisfaction certaine. » Et de raconter par le menu les discussions internes qui aboutirent au rappel de la correspondante et à son remplacement... Le Monde diplomatique (dec. 2002)

A l’heure où, après l’incroyable acte de piratage en haute mer de l’Armée israélienne contre une flottille humanitaire sans défense autre que des couteaux et des barres de fer, la planète entière  a condamné comme un seul homme l’entité sioniste …

Mais où, sous la pression conjuguée du lobby juif et des prochaines élections de mi-mandat de novembre, le président Obama lui-même a dû mettre un bémol à sa critique de l’Etat sioniste …

A lire d’urgence sur les plages de vos vacances …

Ce courageux et brillant roman de politique fiction d’une journaliste qui n’a pas sa langue dans sa poche et qui en paya d’ailleurs le prix après deux ans en poste en Israël.

Et qui (frissons garantis!) ose briser « le tabou absolu »

A savoir penser l’impensable et dire et écrire tout haut (jusqu’à réinventer, sans le savoir, l’accusation médiévale d’empoisonnement  des sources d’eau!) ce que pensent nombre de ses confrères tout bas:

la disparition pure et simple, à l’horizon 2017, de l’Etat d’Israël!

A lire d’urgence sur les plages de vos vacances …

Ce courageux et brillant roman de politique fiction d’une journaliste qui n’a pas sa langue dans sa poche et qui en paya d’ailleurs le prix après deux ans en poste en Israël.

Et qui (frissons garantis!) ose dire et écrire tout haut (jusqu’à réinventer, sans le savoir, l’accusation médiévale d’empoisonnement  des sources d’eau!) ce que pensent nombre de ses confrères tout bas et penser l’impensable: la disparition pure et simple, à l’horizon 2017, de l’Etat d’Israël!

Interview Alexandra SCHWARTZBROD

réalisée par mail en 2010 par Christophe Dupuis

A propos de « Adieu Jérusalem »

Alexandra Schwartzbrod, pour ceux qui ne vous connaîtraient pas, pourriez-vous vous présenter rapidement ?

Je suis journaliste à Libération et romancière. A Libé, je suis une des chefs du service Economie, spécialisée notamment dans les industries d’armement et nucléaire. Il y a dix ans, je suis partie, pour Libé, comme correspondante à Jérusalem. On était alors en pleines discussions sur un accord de paix (Camp David). Je pensais très naïvement assister à cet événement historique que serait l’avènement d’un Etat palestinien. En réalité j’ai assisté, en direct, à l’éclatement de la deuxième intifada. Près de trois ans de violences (israélienne et palestinienne) ininterrompues. Il y a dix ans aussi, j’ai publié mon premier roman, « Koutchouk », l’histoire romancée de cette danseuse du ventre avec qui Gustave Flaubert a passé une nuit torride durant son voyage en Egypte et qui, je le crois, lui a inspiré Salammbô. L’écriture de ce roman fut un tel bonheur intense que je n’ai eu de cesse de recommencer. Mais mon séjour à Jérusalem ayant changé ma vision de l’Orient, j’ai eu envie d’une écriture plus brutale, moins « loukoumesque », et je me suis lancée dans le polar avec « Balagan », dont l’intrigue se passe dans la vieille ville de Jérusalem pendant cette dernière intifada et qui a remporté le prix du polar de la SNCF en 2003.

Votre métier vous prend beaucoup de temps, alors comment arrivez-vous à le concilier avec l’écriture ?

Mais j’écris tout le temps ! Tout nourrit mon imagination et d’abord mon métier de journaliste ! J’ai une grande force, c’est que je suis capable d’écrire n’importe où, n’importe quand. Et moins j’ai de temps, mieux j’écris. Si vous m’enfermez dans une pièce toute une journée, je deviens dingue, au bout d’une heure je n’ai plus d’inspiration. Si je vais m’asseoir dans un café près de Libé à l’heure du déjeuner avec une demi-heure en tout et pour tout, j’ai une inspiration démente. Comme si tout tournait dans ma tête depuis des heures et ne demandait qu’à sortir ! Dans le métro, le train, l’avion, pareil.

Et comment expliquez-vous le nombre de journalistes/écrivains ?

On a une telle chance quand on est journaliste, on entre dans tellement de lieux non accessibles au grand public, on rencontre tellement de gens intéressants (pas tous, il faut bien le reconnaître, mais quand même) qu’arrive un moment où on a envie de raconter tout ça, de ne pas le laisser s’envoler. Et puis l’écriture du roman est très différente de celle d’un article, moins factuelle, plus personnelle. On peut plus facilement parler de goûts, d’odeurs, de sexe, de sentiments, de lumières, j’aime beaucoup ça aussi.

JerusalemC’est votre deuxième roman se déroulant à Jérusalem, et même s’il est plus facile d’écrire sur les lieux qu’on connaît, on se demande ce qui vous y attire tant…

On se le demande vraiment ? J’ai du mal à le croire. Jérusalem est la ville la plus fascinante qui existe sur terre. On adore ou on ne supporte pas, ou les deux à la fois, mais elle ne laisse en aucun cas indifférent.

Le livre se passe en 2017, quel a été le point de départ de cette prospective politique ?

Le point de départ, c’est ce tabou absolu qu’est la fin possible d’Israël. Je pense que, ne serait-ce que pour l’exorciser, il faut en parler. Que se passera-t-il le jour où Israël sera lâché par les Etats-Unis, son seul véritable allié ? J’ai voulu travailler sur ce scénario pour montrer à quel point les dirigeants israéliens actuels menaient une politique suicidaire. Les romans servent aussi à cela.

On y retrouve pas mal de monde dont Andreï Sokolov, qui fait campagne pour la mairie de Jérusalem… Vous vous êtes inspirée de l’homme d’affaires russe Arcady Gaydamak qui faisait campagne en 2008, non ?

Oui. Je l’avais longuement interviewé à mon arrivée à Jérusalem et il m’avait beaucoup impressionnée. Une assurance incroyable. Le personnage de Sokolov, c’est donc lui, mâtiné de Lierbemann, l’actuel ministre des affaires étrangères israélien, russe et d’extrême-droite.

C’est d’ailleurs la difficulté d’une telle fiction : coller au réel, mais pas de trop, alors comment avez-vous procédé ?

Au début, j’étais un peu pétrifiée, j’avais peur de ne pas être à la hauteur de cette page d’histoire, de me tromper dans les dates, les événements, le fonctionnement de l’Onu, du secrétariat d’Etat américain, ou du pèlerinage à la Mecque. J’amassais une quantité invraisemblable de doc, de livres et d’articles découpés dans les journaux. En fait, l’inspiration et les personnages ont commencé à venir quand j’ai lâché là-dessus. Après tout, c’était un roman, je n’étais pas obligée de coller à la stricte vérité, je pouvais – je devais même – donner libre cours à mon imagination ! Ce qui a été le plus dur, ou le plus excitant, c’est que la réalité ne cessait de me rattraper. J’ai inventé le personnage de Sokolov avant que Liebermann n’accède au pouvoir, j’ai inventé cette épidémie de peste qui affole la planète avant qu’H1N1 ne panique la terre entière, j’ai inventé le coup de gueule de la secrétaire d’Etat américaine avant que le vice -président américain Joe Biden ne se mette en colère contre Israël pour la poursuite de sa politique de colonisation ! A un moment, j’ai eu peur de ne plus surprendre.

Un des temps forts du livre est la peste noire qui décime les pèlerins à La Mecque et, rapidement, la foule qui accuse : « les juifs ont empoisonné l’eau de la Mecque. » Et, lorsque la cellule de réflexion américaine y réfléchit, elle tire un parallèle avec le Moyen Age où « ce furent les juifs, qu’on accusa d’empoisonner intentionnellement l’eau des puits… Et vous, vous êtes-vous inspirée du Moyen Age pour cette histoire ?

Je dois reconnaître que non, c’est après avoir imaginé dans mon roman que les juifs seraient accusés d’avoir empoisonné l’eau de la Mecque, que j’ai découvert qu’il s’était produit exactement le même phénomène au Moyen-Âge. Immense émotion.

Vous êtes journalistes, vous écrivez des romans, alors que pensez-vous de ce que se dit Dennis Crocker « L’Américain se frotta les yeux, il devait être en plein cauchemar : on ne pouvait pas être revenu à ce degré zéro de l’intelligence, on ne pouvait pas avoir oublié à ce point les leçons de l’histoire. »

Malheureusement, tous les jours on constate que, quelque part dans le monde, un pays développé ou non est capable de revenir au degré zéro de l’intelligence. L’Histoire ne cesse de se répéter.

Laristel lui pense que « ni l’individu ni la collectivité n’avaient a mémoire du chaos »… Pourtant, les faits sont là, il suffit juste de le ressortir et de les mettre en perspective, non ?

Non, ce n’est pas si simple. Quand on est dans l’urgence, on ne réfléchit pas forcément aux leçons du passé, ni aux conséquences futures. En plus, il faut pour cela une certaine intelligence, une certaine culture que beaucoup n’ont pas.

Laristel, toujours lui, qui se dit que « L’ONU était une machine extrêmement bien huilée où les habitudes tenaient lieu de règles de conduite » et qui peut se permettre de faire un coup d’éclat car « sa carrière était derrière lui »… pensez-vous que cela puisse suffire ?

Non, sans doute pas. Encore que…regardez comme l’élection d’Obama a changé la perception que l’on a des Etats-Unis. Certes, beaucoup de dossiers n’ont pas bougé, notamment le dossier israélo-palestinien, mais quelque chose s’est passé. Laristel, pour moi, peut provoquer ne serait-ce qu’une prise de conscience.

Et pensez-vous que ce qu’il se passe à la fin de votre livre (p391/92, que nous ne dévoilerons pas ici) puisse arriver un jour ? car à la vue des derniers évènements, on peut, une fois de plus, se poser la question…

En effet. Je pense qu’à trop tirer sur la corde, les dirigeants israéliens pourraient un jour la faire rompre. On a vu au printemps dernier que les Etats-Unis étaient capables de s’emporter contre ce pays qu’ils soutiennent à bout de bras. Moi, je crois qu’il faudrait un Obama à Israël, et aux Palestiniens aussi. Encore une fois, pas forcément pour régler les problèmes d’un coup de baguette magique, c’est malheureusement impossible, mais au moins pour changer la perception que le monde a de cette région. La chance pour qu’il émerge trois Obama en un minimum de temps est malheureusement très faible. Il faut y croire.

Pour finir, deux petites questions :

Il y a une référence musicale à Fazil Say, un pianiste turc, serait-ce la musique qui vous a accompagné durant la rédaction du livre ?

Ah oui !…Je l’ai découvert au moment où j’entamais l’écriture de ce roman, à Istanbul, comme Dennis Crocker dans mon roman. Et je suis tombée raide dingue de son disque « les 1000 et une nuits au Harem ». En plus, je trouve qu’il a une très belle gueule, un peu tourmentée, un peu romantique. Parfait pour l’inspiration, comme le titre de ce disque.

Fazil SayA la fin du roman on trouve une biographie bien fournie dans laquelle se trouve… Paul-Loup Sulitzer, étonnant, non ?

Pas du tout !…Souvenez vous que Paul-Loup Sulitzer s’est trouvé embarqué dans l’affaire de l’Angolagate aux côtés d’Arkadi Gaydamak dont il a fait le portrait romancé dans un incroyable thriller politico-financier titré « Le roi rouge ». Ce livre est passé relativement inaperçu mais moi qui avais déjà décidé de faire de Gaydamak un des héros de mon roman, je me suis jetée dessus et…je l’ai dévoré ! Je voyais mon personnage vivre, là, sous mes yeux ; je le retrouvais tel que je l’avais vu quelques années plus tôt et cela a sans doute contribué à enrichir mon imagination.

Last but not least : quittons la fiction et revenons sur le « terrain » pour une question (il y en aurait tant). Vous étiez correspondante de Libération à Jérusalem et j’ai le souvenir d’un article de Dominique Vidal dans Le Monde Diplomatique faisant état de la difficulté d’y faire votre métier…

Vous avez une bonne mémoire. Oui, cela n’a pas toujours été facile. Les autorités israéliennes étaient à cran à l’époque où j’étais là-bas. Les journalistes français étaient considérés par beaucoup au sein du gouvernement comme pro-palestiniens et donc anti-israéliens, voire pire, tout simplement parce qu’ils allaient faire leur boulot en allant raconter, outre les soubresauts de la société israélienne, ce qui se passait dans les territoires palestiniens, qui n’était pas souvent très beau à voir car ces territoires étaient bouclés à double tour par les Israéliens. J’ai eu droit à ces critiques, comme certains autres. Mais je m’en suis remise.

Merci beaucoup


Portugal/871e: Retour sur le miracle d’Ourique (The day Portugal won its independence from the Moors)

25 juillet, 2010

Alfonso I (Portugal's moorslayer)Portugal's royal coat of armsPortuguese flagAlors qu’avec les fils et la religion de ses derniers arrivés, l’intégrité territoriale de la France semble de plus en plus remise en cause

Retour en ce 871e anniversaire de l’indépendance nationale de nos amis portugais (même si leur fête nationale est le 10 juin, en mémoire de la mort de leur poète national Luis de Camões)

Sur le « miracle d’Ourique »

A savoir, comme le rappelle le site Hérodote, la fameuse bataille qui, alors qu’une bonne partie de la péninsule ibérique était encore sous domination musulmane, vit le « matamore » (« tueurs de maures ») et futur Alphonse 1er (Alfonso Enriques, « fils d’Henri ») défaire une coalition de roitelets maures au sud du pays avant sa conquête de Lisbonne 8 ans plus tard.

D’où les cinq petits écus bleus de leur drapeau pour chaque roi musulman vaincu et les points blancs à l’intérieur pour les cinq plaies du Christ dont la vision à la veille de la bataille lui aurait donné la victoire.

Et, en dépit de sa petite taille actuelle et 80 ans d’annexion espagnole, quelque huit siècles de farouche indépendance, conquêtes et découvertes, y compris, certes avec le Brésil, le plus grand empire négrier de l’Atlantique …

Portugal: Grandes heures d’un petit pays

Marie Desclaux.

Hérodote

19.07.10

État modeste à l’ouest de la péninsule ibérique (90.000 km2, 9 millions d’habitants en 2008 dont une forte minorité d’origine africaine ou brésilienne), le Portugal cultive la nostalgie d’une histoire millénaire qui l’a un temps propulsé à l’avant-garde de l’aventure européenne.

Une création féodale

Le Portugal, du temps des Romains, correspondait peu ou prou à la province de Lusitanie.

Aux alentours de l’An Mil, alors que la plus grande partie de la péninsule ibérique est encore sous domination arabo-berbère, les rois chrétiens des Asturies enlèvent aux chefs musulmans la région du Douro, un fleuve à l’extrême nord du Portugal actuel, et la ville de Porto, à son embouchure. Cette petite région prend alors le nom de Terra portucallis, d’après Portus Calle, nom romain de Porto.

En 1095, le roi de Leon et de Castille Alphonse VI donne le comté de Portugal à son gendre Henri de Bourgogne. Le fils de ce dernier vainc une coalition de roitelets musulmans à Ourique, dans l’actuelle province d’Alentejo, au sud du pays, le 25 juillet 1139. C’est le «miracle d’Ourique». Il se proclame dès lors roi sous le nom d’Alphonse 1er (Alfonso Enriques) et se place sous la protection du Saint Siège (le pape).

Le 25 octobre 1147, avec l’aide de 13.000 croisés en partance pour la Terre Sainte, Alphonse 1er le Conquérant enlève Lisbonne aux musulmans qui occupaient la ville depuis plus de quatre siècles.

Lisbonne, à l’embouchure du Tage, devient la nouvelle capitale du royaume. Elle fait remonter son nom et sa fondation au héros grec Ulysse mais l’on suppose plus sérieusement qu’elle a été fondée par les Phéniciens sous le nom d’Olisipo.

L’indépendance à tout prix

À partir de là, le Portugal va préserver farouchement son indépendance, à la différence des autres royaumes de la péninsule ibérique.

À la mort du roi Pierre II, la couronne revient à son fils aîné. Celui-ci meurt peu après et sa veuve, la reine Éléonore, reconnaît le roi de Castille comme son successeur ! La transaction déplaît à la noblesse portugaise qui convainc un fils illégitime de Pierre II, Jean le Bâtard, de prendre le pouvoir. Le chef de la rébellion, un soldat de 25 ans, Nuno Alvares Pereira, le fait élire roi du Portugal par les députés des Cortes de Coïmbre, sous le nom de Jean 1er (Joao 1er).

Le coup d’État réussit mais Éléonore s’enfuit auprès du souverain castillan. Ce dernier franchit la frontière avec son armée. Il rencontre l’armée portugaise, renforcée par un petit contingent d’archers anglais, à Aljubarrota, sur la route de Lisbonne, le 14 août 1385. Les Castillans sont battus à plate couture et l’indépendance du Portugal restaurée.

Jean 1er, nouveau roi, en sera reconnaissant à ses alliés anglais et, en mai de l’année suivante, signera avec eux le traité de Windsor établissant une «ligue d’amitié inviolable, éternelle, solide, perpétuelle et véritable» entre les deux royaumes. Cette alliance, qui n’allait jamais être remise en cause, est la plus ancienne encore en vigueur !

Notons que le roi Jean et sa future épouse, Philippa, fille du duc Jean de Gand, allaient donner le jour à plusieurs enfants dont Henri le Navigateur, à l’origine de la grandeur impériale du petit Portugal.

Pereira, après avoir servi le roi en qualité de connétable, fonde un monastère carmélite à Lisbonne et s’y retire en 1423. Il est canonisé cinq siècles plus tard.

Aventures outre-mer

Le Portugal s’empare de Ceuta, au nord du Maroc, en 1415. C’est la première intervention des Européens hors de leur continent depuis les croisades. Après avoir été longtemps sous la tutelle des États d’Afrique du Nord, les Portugais menacent de leur rendre la monnaie de leur pièce. Mais ils se détournent en définitive des conquêtes terrestres et s’orientent vers les navigations au long cours.

Encouragés par l’Infant Henri le Navigateur, marins et princes portugais tiennent un rôle pionnier dans les Grandes Découvertes. À bord de navires très maniables, les caravelles, ils découvrent l’archipel des Açores et l’île de Madère, et explorent méthodiquement la côte africaine, en vue de contourner le continent noir et d’atteindre les Indes.

En 1433, Henri le Navigateur donne l’ordre à Gil Eanes de reconnaître la côte au-delà du cap Bojador, au sud du Maroc actuel. Dans un premier temps, le marin préfère s’enfuir aux Canaries car des légendes terrifiantes courent sur les contrées situées au sud de ce cap. Mais il finit par se raviser. L’année suivante, il est le premier Occidental à dépasser ce cap.

En 1488, enfin, Bartolomeu Dias contourne la pointe de l’Afrique. Il ne faudra plus que quelques années avant que Vasco de Gama ne jette l’ancre dans un port des Indes… Le triomphe des Portugais est néanmoins terni par le succès concomitant de Christophe Colomb. Parti vers l’ouest en quête de l’Asie, il a offert un Nouveau Monde aux souverains espagnols.

- le Brésil en cadeau :

Prenant acte de la situation, le pape Alexandre VI Borgia, d’origine espagnole, intervient en arbitre et partage les terres à découvrir entre Espagnols et Portugais. Aux premiers les terres situées à l’ouest d’une ligne traversant l’Atlantique du nord au sud, aux seconds les terres situées à l’est. Ce partage est sanctionné par le traité de Tordesillas le 7 juin 1494.

Une erreur de navigation plus ou moins volontaire vaut toutefois à un navigateur portugais d’enfreindre cette règle. Le 22 avril 1500, Pedro Álvares Cabral découvre ce qui deviendra le Brésil, colonie portugaise en Amérique du Sud et principal pays de ce nouveau continent.

- l’océan Indien à la pointe de l’épée :

Dans l’océan Indien, le chef de guerre Afonso de Albuquerque, surnommé le «Mars portugais», prend le relais des explorateurs.

Proche de la famille royale, il s’installe à Cochin, sur la côte sud de l’Inde, en 1503, puis occupe sans coup férir l’îlot stratégique de Socotora, à l’entrée de la mer Rouge et l’îlot d’Ormuz, qui commande l’accès au golfe Persique par le détroit du même nom.

Ses entreprises sont fatales au commerce musulman entre la péninsule arabe et l’Asie des moussons. Elles lui valent en 1509 le titre de vice-roi des Indes portugaises.

Pour affermir la présence portugaise dans le sous-continent indien, il s’empare enfin de Goa en 1510, jusque-là soumise à l’autorité d’un roi musulman. Le Portugais entre dans la ville sans avoir à combattre et se voit acclamé par la population, majoritairement hindoue.

Chef estimé autant que redouté, Albuquerque étendra le rayonnement du Portugal jusqu’à Ceylan, le détroit de Malacca et les îles de la Sonde.

Le Portugal arrive au bout de sa mission historique avec le voyage de Magellan et del Cano. Les deux explorateurs accomplissent d’ouest en est, en 1519-1522, le premier tour du monde à la voile ! Ils confirment par leur exploit la rotondité de la Terre, ce dont à vrai dire aucune personne instruite ne doutait depuis au moins deux mille ans…

Fin du rêve

Cette Histoire glorieuse menace de prendre fin après la mort du roi Sébastien le 4 août 1578, dans une bataille livrée au sultan du Maroc. Le puissant roi d’Espagne, Philippe II de Habsbourg, profite alors des démêlés de la succession pour occuper le pays et s’en désigner roi à titre personnel.

Mais l’occupation espagnole est brutale et tissée de massacres. Elle se solde par des impôts accrus pour financer les guerres des Habsbourg. Qui plus est, Hollandais et Anglais en profitent pour dépecer le bel empire colonial construit par les marins lusitaniens, du Brésil à Macao.

Les Portugais se soulèvent à plusieurs reprises, en profitant de l’affaiblissement des Habsbourg, occupés à combattre sur le Rhin et sur les Pyrénées pendant la guerre de Trente Ans. Enfin, le 1er décembre 1640, la petite noblesse arrive à rétablir une nouvelle fois l’indépendance du pays et porte sur le trône l’un des siens, Jean de Bragance. Celui-ci est couronné sous les acclamations populaires le 15 décembre. Il prend le nom de Jean IV.

Le soulèvement bénéficie du soutien du cardinal français Richelieu, heureux de jouer un bon tour à la maison des Habsbourg qui gouverne l’Espagne… Comme les Espagnols tentent de reprendre pied au Portugal, celui-ci reçoit l’appui intéressé des Hollandais et des Anglais, qui leur enlèvent le monopole du fructueux commerce des épices. Le Portugal fait reconnaître son indépendance en 1668 une bonne fois pour toutes mais ne va plus sortir de l’orbite anglaise.

Le pays vivote dès lors sur sa gloire passée, avec d’immenses colonies sous-exploitées sous toutes les latitudes, du Brésil aux îles de la Sonde en passant par quelques comptoirs sur la côte africaine et dans les Indes.

Le Portugal se rappelle au souvenir des Européens lors du tremblement de terre de Lisbonne, en 1755, qui permet au premier ministre, le marquis de Pombal, de démontrer son savoir-faire et son ouverture aux idées nouvelles. Arrivent la Révolution française et son appendice, le séisme napoléonien, plus terrible que celui de Lisbonne ! Lisbonne est conquise par les Français en 1807 mais ces derniers sont battus à Sintra, peu après, par les Anglais, toujours prêts à rendre service aux Portugais !

Le Brésil, où s’est réfugiée la famille royale, s’émancipe en douceur. Il devient un empire sous l’autorité de Pierre, le fils cadet du roi. Le Portugal retourne à son anonymat. Le 5 octobre 1910, la monarchie est remplacée par une république et celle-ci tombe bientôt sous la coupe d’un chef autoritaire quoique sans charisme, le docteur Salazar. Il découvre la démocratie en 1974 à la faveur de la «Révolution des Oeillets» et perd par la même occasion les derniers vestiges d’un empire colonial démesuré.


Voile intégral: La pratique de la dissimulation du visage peut être un danger pour la sécurité publique (Full face-covering: The point is the threat it represents to everyone)

24 juillet, 2010
French riots
Full veilsHooded riotersCasques de moto interdits. Panneau à l’entrée de magasins anglais
Les deux braqueurs qui se sont attaqués ce matin à la Poste d’Athis-Mons (Essonne) ne sont pas vraiment passés inaperçus. Au lieu des habituelles cagoules et autres écharpes, ils ont choisi d’opérer vêtus de la burqa et chaussés de baskets. (…) En fait il semble que le guichetier croyant être face à deux femmes, a ouvert le sas de l’établissement. Une fois à l’intérieur, les deux hommes ont relevé le voile et ont braqué les employés et les clients. Le Parisien (06.02.10)
« J’ai d’abord cru que c’étaient des femmes, raconte Sonia, un témoin de la scène. Je les ai vus traverser la route. Ils étaient grands et baraqués. Et en les voyant courir sous leur burqa noire, avec leurs baskets, j’ai compris que c’étaient des hommes. » (…) « Ils ont pris leur temps, souligne un employé du supermarché situé juste en face de la poste. Ils couraient, chargés, comme si de rien n’était. Les gens criaient Police ! Mais personne n’a tenté de les arrêter. Personne ne comprenait vraiment… » « En fait, commente une source proche de l’enquête, c’était le costume intégral parfait… » (…) D’après plusieurs témoins de la scène, un texte peint en blanc s’affichait sur le dos de la burqa: des inscriptions ressemblant à des caractères arabes. Le Parisien (07.02.10)
Des CRS tentent d’encercler des petits groupes de jeunes, insaisissables, qui courent et cassent tout ce qui se trouve sur leur chemin. Une quinzaine d’entre eux, certains le visage masqué par un T-shirt blanc, détruisent deux abribus avec des battes de base-ball. « Les jeunes m’ont dit : vous avez tué un des nôtres. De toutes les manières, vous êtes une sale race, on va vous tuer aussi », assure de son côté un policier déployé à la Villeneuve, confirmant la haine de la police exprimée par de nombreux jeunes du quartier. « Tout ce qui est européen, on va tirer dessus », dit-il avoir également entendu. Des riverains de tous âges, personnes âgées comme enfants, descendent dans la rue pour regarder les scènes de violence, et expriment eux aussi leur colère. Au passage des CRS, une femme âgée leur crie : « Rentrez chez vous ! ». « Les flics, quand on en a besoin, ils sont jamais là, zéro. Et quand on en a pas besoin, ils viennent. C’est à cause d’eux tout ça », accuse une jeune femme en djellaba bleue, descendue dans la rue à une heure avancée de la nuit alors que les forces de l’ordre tirent des flash-balls en l’air pour disperser les groupes. « Toutes les mamans, elles sont venues et elles ont vu le corps par terre. Qu’est-ce que ça veut dire tout ça. Les enfants sont choqués. Les flics sont des chiens », ajoute une trentenaire portant le voile intégral, descendue vérifier que sa voiture ne brûlait pas. (…) La police affirme avoir agi en état de légitime défense lors de la mort de Karim Boudada, poursuivi jusque dans le quartier de la Villeneuve après le braquage du casino d’Uriage-les-Bains. Selon les forces de l’ordre, les malfaiteurs ont ouvert le feu avec des fusils d’assaut, blessant un policier à la tête. Les policiers assurent qu’ils ont alors riposté, tuant l’un des deux braqueurs, pendant que l’autre parvenait à prendre la fuite à pied. TF1 news (sur les récentes émeutes de Grenoble)
Le grand banditisme se nourrit là où il l’a toujours fait : aux marges de la société. Aujourd’hui, les zones défavorisées, ce sont les cités des grandes villes. Mais elles ne sont pas un vivier, elles sont le grand banditisme, à Grenoble comme à Lyon, Marseille ou Paris ! Le grand banditisme n’appartient pas au milieu traditionnel, il change de visage et de mains. À partir des années 1990, les voyous des cités sont montés en gamme dans le trafic de stupéfiants, passant du petit dealer au grossiste, puis à l’importateur. Pendant dix ans, ils se sont aguerris, enrichis, ils ont pu acheter des armes. Ils sont montés en puissance discrètement, dans l’ombre du milieu traditionnel, sur lequel tout le monde restait focalisé. Aujourd’hui, ils tiennent toute la chaîne et ils jouent dans la cour des grands. (…) Tout ce petit monde se retrouve en prison, où des liens se nouent : ils ont donc fini par travailler ensemble. Mais aujourd’hui, clairement, le milieu traditionnel s’estompe face au nouveau milieu des cités. Les «parrains» se font vieux et sont de plus en plus dépassés par les nouvelles techniques. Ceux des cités n’ont plus rien à leur envier, ils sont plus riches et plus dangereux. Signe de ce renversement, à Grenoble par exemple, les policiers se sont rendu compte que ce sont désormais les gars des cités qui jouent les juges de paix au sein du milieu traditionnel. Jérôme Pierrat
Pendant plus de cinq ans, entre 1999 et 2004, Dhiren Barot a minutieusement travaillé à ses projets macabres. Les services antiterroristes du MI5 l’ont très vite placé sous surveillance, mais Dhiren Barot s’est révélé un expert dans l’art de tromper les filatures, utilisant des messages codés sur Internet, ne téléphonant que de cabines publiques. En juillet 2004, le MI5 perd sa trace. Initialement, Dhiren Barot avait prévu de s’attaquer aux États-Unis. Il y a effectué plusieurs voyages de repérages, filmant des cibles potentielles comme les sièges du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale à Washington, ou le New York Stock Exchange. Mais, après les attentats du 11 septembre 2001, auxquels il ne semble pas avoir été lié, il se concentre sur le Royaume-Uni. ( …) Dans les documents mis à jour, il révèle son intention de bourrer des limousines de cylindres de gaz et de les faire exploser dans les parkings en sous-sol d’hôtels de luxe de la capitale britannique. Il souhaite provoquer une série d’attentats simultanés, sur le modèle du 11 septembre 2001 ou des attentats de Madrid le 11 mars 2004. Le train Heathrow Express, qui relie le coeur de Londres à l’aéroport, est visé, comme les principales gares. La fabrication d’une bombe radioactive est envisagée, ainsi que l’explosion d’une rame de métro passant sous la Tamise. Le Figaro
Le mystère Adlène Hicheur commence à s’éclaircir. Ce physicien franco-algérien de 32 ans, employé sur le site du Cern à Genève et arrêté le 12 octobre dernier à Vienne (Isère), envisageait de s’en prendre au 27e bataillon de chasseurs alpins d’Annecy. Outre cet objectif, une source de haut niveau confie au Figaro qu’«il devait faire valider par l’échelon algérien d’autres projets», comme «l’élimination de personnes physiques à haute responsabilité , des hommes politiques ou autres. (…) Au pôle antiterroriste parisien, un spécialiste voit dans cette affaire la confirmation que «le terroriste isolé devient une menace de plus en plus sérieuse». Quelques contacts pris sur Internet peuvent ainsi faire basculer la vie d’individus jusqu’alors inconnus des services de police. «C’est pour nous le pire des scénarios», estime un cadre de la Direction générale de la police nationale. (…) «Ces nouveaux profils sont d’autant plus difficiles à détecter qu’ils peuvent correspondre à des individus parfaitement insérés», assure un professionnel du renseignement à Paris. (…) Le 5 novembre dernier, la fusillade de Fort Hood, aux États-Unis, où treize personnes ont trouvé la mort, n’a fait que confirmer les craintes des experts de la Place Beauvau. Car le psychiatre militaire de 39 ans, Nidal Malik Hasan, à l’origine de cette action, n’avait éveillé les soupçons de personne. Le Figaro
S’ils peinent à étayer leurs convictions par des faits, plusieurs chercheurs, sous le couvert de l’anonymat, dénoncent un contexte de “délire sécuritaire”, accentué par le sentiment “antimusulman” du fonctionnaire de défense en poste au CNRS. Il se murmure par exemple que la jeune musulmane chercheuse en microbiologie sanctionnée à Toulouse l’a été “parce que, dans le cadre de ses recherches, elle avait accès à des virus”. Le Monde
La pratique de la dissimulation du visage qui peut au surplus être dans certaines circonstances un danger pour la sécurité publique, n’a donc pas sa place sur le territoire de la République. Projet de loi de l’Assemblée nationale
Le projet de loi destiné à interdire le port du voile intégral dans l’espace public a été adopté mardi par l’Assemblée nationale. L’opposition a choisi de ne pas prendre part au vote. Le texte a été voté par 335 voix pour (principalement UMP et Nouveau Centre, ainsi que quelques élus de gauche) et une voix contre. Comme ils l’avaient annoncé, le groupe socialiste, ainsi que les députés communistes et du Parti de gauche, n’ont pas pris part au vote, quittant l’hémicycle au moment du scrutin. Les Verts ont fait de même. Toutefois, dix-huit élus PS, dont Aurélie Filippetti et Manuel Valls, ainsi que le communiste André Gerin (président de la commission parlementaire sur le voile intégral), ainsi que Jacques Desallangre, du Parti de Gauche, ont voté en faveur du texte. Le seul vote contre est celui de Daniel Garrigue, député non-inscrit de Dordogne (ex-UMP, désormais membre de République solidaire, le nouveau parti de Dominique de Villepin). Le Nouvel Observateur (13.07.10)
Les fondamentalistes ne sont pas fous. Ils nous connaissent bien. Ils savent que, pour certains socialistes, cette question n’est toujours pas prioritaire. Ils commencent fort intelligemment par la burqa (…) mais ensuite, ils demanderont des temps de piscine distincts, des classes séparées. A Lyon, ils demandent déjà des espaces séparés dans les bus. Ils veulent des programmes scolaires purgés de toute allusion à la sexualité. Yvette Roudy

Bombe-chaussure, bombe-caleçon, rectum ou vagin-coffres, projets de bombe à partir des matériaux radiologiques de nos hôpitaux ou universités, boucliers humains et prise en otages de populations entières, faux dissidents, braquage en burqa

A l’heure où nos malfrats des « cités » comme nos terroristes rivalisent d’imagination pour arriver à leurs fins, contraignant la plupart d’entre nous à d’incessantes fouilles dans les lieux publics …

Et où les preuves s’accumulent du degré de dissimulation et de perfidie auxquels ont de plus en plus recours les jihadistes du Hezbollah /Hamas comme leurs commanditaires iraniens contre la seule démocratie du Moyen-orient …

Retour, avec une tribune dans le nouvel Observateur de l’ancienne ministre de la condition féminine de Mitterrand Yvette Roudy au moment où l’Assemblée nationale vient de voter l’interdiction de la dissimulation du visage dans l’espace public, sur le remarquable aveuglement volontaire de la gauche française vis à vis du dernier cheval de Troie que se sont choisis les islamistes en Occident, à savoir le voile intégral …

Voile intégral : Yvette Roudy dénonce « la faiblesse » du PS

L’ancienne ministre des Droits de la femme se dit « stupéfaite » de la position socialiste.

Le Nouvel observateur

13/07/10

Yvette Roudy s’est élevée mardi 13 juillet contre les consignes données aux députés socialistes de ne pas prendre part au vote du projet de loi interdisant le port de la burqa dans l’espace public.

Dans une lettre ouverte à Jean-Marc Ayrault, adressée avant le vote, l’ancienne ministre socialiste aux Droits de la femme s’insurge : « J’apprends avec stupéfaction que le groupe socialiste ne va pas voter l’interdiction du port de la burqa. J’entends dire qu’il y aurait des choses plus importantes. Mais cela fait plus de 200 ans que nous entendons cette objection et je pensais que, depuis 50 ans, nous avions là-dessus fait quelque progrès. »

« En matière de liberté, de progrès, de démocratie, rien n’est donc jamais définitivement acquis », ajoute l’ancienne ministre de François Mitterrand à l’intention du président du groupe socialiste à l’Assemblée.

« Certains laïques enragent de nous voir si faibles »

« Les fondamentalistes ne sont pas fous. Ils nous connaissent bien. Ils savent que, pour certains socialistes, cette question n’est toujours pas prioritaire. Ils commencent fort intelligemment par la burqa (…) mais ensuite, ils demanderont des temps de piscine distincts, des classes séparées. A Lyon, ils demandent déjà des espaces séparés dans les bus. Ils veulent des programmes scolaires purgés de toute allusion à la sexualité. Ce sera l’apartheid ». « Nous aurons accepté le communautarisme par peur de stigmatiser une population », poursuit Yvette Roudy, qui souligne que « certains laïques enragent de nous voir si faibles ».

Voir aussi:

Should France Ban the Burqa?

The threat of Islamic extremism has prompted a controversial proposal.

National review on line

July 23, 2010

On July 13, France’s lower house of parliament voted 335 to 1 in favor of a law that would prohibit wearing the burqa, or any other clothing “intended to hide the face,” in public. If the ban becomes law, will it liberate women or inflame religious extremism? Are burqa-ban proponents’ concerns for national identity and national security outweighed by opponents’ concerns for religious tolerance? National Review Online asked the experts — including Raymond Ibrahim, Judith Apter Klinghoffer, Melanie Phillips, Daniel Pipes, James V. Schall, Jonathan Schanzer, and Bat Ye’or — to weigh in.

RAYMOND IBRAHIM

That France is moving toward banning the burqa is a positive development on several fronts. Arguments against the burqa are many — it is anachronistic, misogynistic, etc. — but not least important is the fact that there have been many instances worldwide of criminals and Islamic terrorists facilitating their activities by concealing their identities via the burqa (which, of course, was originally designed for female “modesty”).

Incidentally, what if the shoe were on the other foot? Would the Muslim world, which has problems with something as inoffensive as churches being built, permit a distinctly Western custom on its soil, especially one that poses a security threat?

Moreover, according to former Islamists, a direct correlation exists between radical Islam and burqas — that is, wherever there is an increase in the former, there follows an increase in the latter, which is seen as a physical manifestation of radicalism.

However, where the Western infidel bans the burqa, the Islamists’ options become limited: stay in places like France and be forced to conform; insist on the burqa and, as a matter of priorities, return to accommodating Muslim countries; or forego the burqa, in compliance with secular laws, but continue to harbor Islamist beliefs in a state of taqiyya.

Ultimately, the burqa ban is a reminder that those religions that do not “render unto Caesar what is Caesar’s and unto God what is God’s” will always be at odds with secular societies. The burqa is but the tip of the iceberg when it comes to sharia mandates that conflict directly with secularism.

— Raymond Ibrahim is editor of The Al Qaeda Reader.

JUDITH APTER KLINGHOFFER

France is not banning the burqa; it is in the midst of a process to ban “face covering” in public. Of course, everybody knows that the real target is the growing tendency of Muslim women to wear a face covering, also known as the niqab. Still, the reference to “face covering” not only demonstrates a wish to avoid singling out Muslims but also points to the essential objection the state has to the niqab. France has always been an open communal society; to become French, one has to share basic French values. That was Napoleon’s message to Jewish leaders in 1806. It is Nicolas Sarkozy’s message to Muslims in 2010.

Prejudice, you’d say. A fear of a significant erosion of French social cohesion, I would answer. It is difficult, if not impossible, to trust someone whose face is covered, and, as Francis Fukuyama so well argues, a high level of trust is a necessary component of the social cohesiveness modern states need to function well in the global market economy. Of course, there is nothing Islamists would like better than to undermine modern states and replace them with a Muslim ummah, and they know that such a transformation will take time. The niqab is one way Islamists seek to prevent the Muslim diaspora from becoming part of a non-Islamist circle of trust. Banning the face veil is one way the French state seeks to defend itself.

Other states are doing the same, and many more are bound to join. These face-covering laws mean that modern states have started to take the Islamist challenge seriously.

— Judith Apter Klinghoffer is an affiliate professor at Haifa University and co-author of International Citizens’ Tribunals: Mobilizing Public Opinion to Advance Human Rights.

MELANIE PHILLIPS

The French banning of the burqa has provoked near-hysteria in Britain, where government ministers have rushed to say that banning it would be “un-British” and even that it is a “woman’s right” to wear it. But the issue here is not the rights or feelings of the woman beneath it. The point is the threat it represents to everyone else.

Wearing the burqa is not a religious right: Islam merely requires women to be modestly covered. The burqa is an act of religious war. It is a political symbol, designed to intimidate others by sending the most visible signal possible of the presence of those who want to replace secular rule with theocratic Islam.

It is also an act of hostility towards human society. We cannot see the face, expression, and identity of the individual concealed beneath it, whereas she can see everything about us. It thus creates a radical imbalance of power and destroys the basis of equality on which human beings deal with each other.

Countries that have banned the burqa understand that the threat it poses is not just to the women it enslaves but to themselves.

— Melanie Phillips is author of The World Turned Upside Down: The Global Battle over God, Truth, and Power.

DANIEL PIPES

The vote recently taken by the French lower house of parliament does not ban niqabs and burqas, though it constitutes one of many steps in that direction. The French Senate must pass the bill. The Constitutional Court will likely review it. Both French and Europe courts will certainly judge it. Its chances of becoming law remain unclear.

The bill, far from reflecting Gallic eccentricity, fits into a much larger pattern of Western responses to this horrid, dangerous garment. Efforts to ban face coverings have passed or are under way in Canada, the United Kingdom, Spain, Belgium, Italy, Germany, Switzerland, Norway, Sweden, and Australia. (The United States is conspicuously absent from this list.) In a review of these initiatives, David Rusin of Islamist Watch dubs them the “fashion trend of the year.”

Muslim-majority countries are more divided: On a single day, July 19, even as Pakistanis demonstrated against the French vote, the Syrian government banned niqabs and burqas from the country’s universities.

Laws governing women’s clothing symbolize a larger trend: Muslims driving the West’s social and legal agenda.

— Daniel Pipes is director of the Middle East Forum and Taube distinguished visiting fellow at the Hoover Institution of Stanford University.

JAMES V. SCHALL

Once upon a time, on Catholic campuses, we would have been familiar with ladies in veils. Except for Nashville Dominicans and papal audiences, they have pretty much disappeared, but the Muslim burqa has become quite common. If France bans this head-dress, we will soon have martyrs to the burqa; if they do not ban it, it won’t be long before the burqa is required for all university ladies.

Is the Muslim woman who wears the burqa “forced” from within to do so? Is there a religious or social penalty if she does not? If the burqa is banned, will this include the mantilla and the nun in the name of the equality of religious hats? This looks like a small thing, but, as Aristotle said, revolutions begin with small things. If the burqa were only another lady’s hat, there would be no problem. The problem is that we fail to understand that it is not just another lady’s hat.

— Fr. James V. Schall is a professor of government at Georgetown University and author of, among others, The Order of Things.

JONATHAN SCHANZER

France’s lower house of parliament should be commended for approving a ban on the burqa this week. The French senate is expected to pass the measure in September. Once enacted, the law will impose a small fine (about $200) on women wearing the veil. Men who force women to wear the burqa can be slapped with a €30,000 fine and even jail time. Anyone found forcing a minor to wear the burqa can be fined €60,000, with a longer prison sentence.

Critics call the move xenophobic, but there is nothing hateful about it. For one, burqas make identification exceedingly difficult at a time when security agencies need to check faces against names to prevent terrorism. The ban is also a nod to women’s rights. As philosopher Bernard-Henri Lévy notes, the burqa “communicates the subjugation, the subservience, the crushing, and the defeat of women.” Finally, France has a right to defend itself from a burgeoning Muslim population (perhaps 10 percent) that seeks to impose elements of Islamic law that are inherently antithetical to Western values.

— Jonathan Schanzer is vice president of research at the Foundation for Defense of Democracies.

BAT YE’OR

The ban on wearing the burqa in public addresses two main issues in Europe: security and a growing European backlash against the continent’s ongoing Islamization, as manifested by one of its most obvious signs, the seclusion of women.

As for the security aspect: Government leaders point to the fact that male delinquents have sometimes used Islamic women’s attire. Also, since the late 1960s, Islamic terrorism has been a prime concern for European states.

As for the other: Throughout Europe, a strong cultural and political movement has emerged, mainly on the Internet, and been given voice by Geert Wilders of Holland, former prime minister Jose Maria Aznar of Spain, Magdi Cristiano Allam of Italy, Claude Goasguen of France, and others who vehemently oppose the Islamization of Europe. The Eurabian transformation breeds virulent Judeophobia, anti-Zionism, and anti-Western hatred; it curtails human rights and basic freedom of speech; unofficial rules of Islamophobia, triggered by the Organization of the Islamic Conference (OIC) via the United Nations Human Rights Council, are tacitly applied by media and governments to stifle dissent.

But resistance to this state of affairs is growing; elements of the European intelligentsia are aware that the Nazi-Palestinian pact that led to Europe’s descent to barbarism is being renewed. Burqa bans are a shy answer from weak and discredited governments, but they are part of an overall fight for the democratic, Judeo-Christian, and Enlightenment values of freedom and human dignity.

— Bat Ye’or is author, most recently, of Eurabia: The Euro-Arab Axis.


Bull Run/149e: Retour sur la première vraie bataille de la Guerre civile américaine

21 juillet, 2010
Manassas (Stephen Stills, album cover, 1972)http://jcdurbant.files.wordpress.com/2010/07/9782800115382-g.jpg?w=450&h=627Même la Suisse a eu droit à sa guerre civile. Edward Luttwak

En ce lendemain du 153e anniversaire de la dissolution de la ligue conservatrice du Sonderbund qui aboutit à la guerre civile hélvétique de novembre 1847 …

Et en ce jour où nos amis belges fêtent le 179e anniversaire de leur indépendance avec l’intronisation de leur 1er roi Léopold 1er un an après leur libération  sur un air d’opéra français relatant la révolte du peuple napolitain contre le joug espagnol deux siècles plus tôt …

Retour, avec le site Hérodote, sur le premier affrontement majeur de la guerre civile américaine (dite « de sécession » en une France alors pro-sudiste) entre l’Union (Nord) et la Confédération (Sud) …

A savoir la 1ère bataille de Bull Run et, comme d’ailleurs après la 1ère escarmouche de Fort Sumter 3 mois plus tôt (la reprise, par le sud au moment où le nord tentait de le ravitailler, d’une place forte à l’entrée de Charleston, la capitale d’une Caroline du sud qui venait de faire sécession) et la 2e bataille de Bull Run un an plus tard, le 1er échec de l’armée nordiste

Bataille baptisée du côté nordiste du nom d’une rivière de Virginie à quelque 60 km de la capitale fédérale mais Manassas (du nom de la petite ville dont elle était proche) du côté sudiste …

Entre un nord deux fois plus peuplé et armé (et donc tenté de gaspiller ses forces par ailleurs des plus hétéroclites, zouaves compris!) et un sud manquant d’hommes (et donc plus soucieux de les préserver) mais possédant au contraire les meilleurs officiers et notamment nombre de ralliés dont le généralissime Robert Lee …

Entre un nord industriel mais protectionniste et tourné vers un marché intérieur et un sud encore agricole et traditionaliste mais libre-échangiste et orienté vers l’Europe pour ses exportations de matières premières (coton, textile) …

Entre un nord dirigé par un Lincoln mal élu (39,9 % avec les seules voix des États du Nord et la grâce du jeu des grands électeurs) et un sud largement démocrate dont le parti avait eu le plus de suffrages (47,6 % mais divisé car présentant deux candidats) …

Entre un nord refusant non l’esclavage mais l’extension de l’esclavage aux nouveaux territoires et d’ailleurs allié lui-même à cinq Etats « frontaliers » esclavagistes (Maryland, Deleware, Kentucky, Missouri, Virginie occidentale) et un sud dont le généralissime était lui-même abolitionniste  …

Entre un sud à deux doigts de capturer Washington mais incapable d’en profiter sur le moment et un nord trop sûr de lui (avec ses parlementaires et civils venus au spectacle d’une victoire prétendument annoncée!), autrement dit deux armées aussi peu aguerries l’une que l’autre …

Et au bout du compte un nord comprenant enfin l’impossibilité d’une victoire rapide après une bataille décisive mais renforcé dans sa volonté et un sud un temps aveuglé par un improbable premier succès …

Pour un conflit qui, tout en aboutissant à l’abolition de l’esclavage et à la consolidation des institutions américaines, fera en 4 ans quelque 620 000 morts (dont seulement 200 000 au combat, les deux tiers restant mourant d’épidémies et de maladies), soit davantage que toutes les autres guerres du pays réunies …

21 juillet 1861

Début de la guerre de Sécession

Hérodote

Le 21 juillet 1861, pour la première fois de leur Histoire, les Américains s’affrontent sur un champ de bataille, à Bull Run.

C’est le début de la plus terrible guerre qu’eurent à subir les Américains : la guerre de Sécession, plus communément appelée en Amérique du Nord «Civil War» (guerre civile).

Une guerre de principes

Les causes profondes du conflit résident dans l’opposition entre le Sud esclavagiste et le Nord industriel du pays.

Onze États du Sud ont fait sécession et constitué une nouvelle Confédération suite à l’élection d’Abraham Lincoln, un anti-esclavagiste convaincu, à la présidence du pays.

Le 15 avril 1861, après un premier assaut des forces confédérées contre un fort dépendant du gouvernement fédéral, le président Lincoln lance un appel aux armes.

Dès le début, les Confédérés bénéficient du ralliement d’excellents officiers, issus de l’aristocratie des planteurs. Parmi eux le généralissime Robert Edward Lee, qui est pourtant un abolitionniste convaincu, c’est-à-dire partisan de l’abolition de l’esclavage !

Mais la défaite du Sud est inscrite dans les chiffres.

L’Union dispose en effet d’une confortable supériorité : 22 millions d’habitants contre 9 millions au Sud (dont 3,7 millions d’esclaves noirs), un budget militaire et des effectifs deux fois plus élevés, un équipement industriel et un réseau de transports développés, une marine puissante. Par-dessus tout, la foi du président Lincoln en la justesse de sa cause cimente la victoire du Nord.

Le 22 septembre 1862, Lincoln proclame l’émancipation des esclaves du territoire rebelle. Cette déclaration sépare encore davantage les camps en présence mais éloigne le risque d’une reconnaissance de la Confédération par les grandes puissances européennes.

Les Nordistes voient enfin le sort tourner à leur avantage…

La guerre de Sécession aura au total déchiré les États-Unis pendant 4 ans et fait 617.000 morts parmi les combattants, soit davantage qu’aucune autre des guerres qui ont impliqué le pays.

Elle s’achève par l’abolition de l’esclavage, la consolidation des institutions américaines… et la ruine du Sud.


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