Economie: Le Père Noël est une ordure (Santa is a bastard but he’s our bastard)

Le Père Noël est une ordureWashington déplace le fardeau des mauvais choix d’aujourd’hui sur le dos de nos enfants et petits-enfants. L’Amérique a un problème de dette et de leadership. Les Américains méritent mieux. Sénateur Barack Obama (2006)
Qui sont les perdants de Copenhague ? L’immense bureaucratie qui s’est greffée sur l’idéologie réchauffiste verra ses crédits réduits : dommage pour elle qui rêvait d’une ONU de l’environnement, pourvoyeuse de prébendes. Autre victime : le camp des idéologues et activistes anticapitalistes qui s’étaient recyclés dans l’écologisme profond. Ces anciens Rouges masqués en Verts ont manqué leur coup d’Etat. Une occasion manquée aussi pour les chefs d’Etat kleptocrates qui réclamaient des compensations financières au nom de la Justice climatique : le Tiers mondisme a tenté, à Copenhague, de se recycler en réchauffisme de la même manière que les anticapitalistes s’étaient recyclés en amis de la Nature. Double échec pour une double imposture. (…) Il apparaît soudain en pleine lumière que le GIEC, l’organisation de l’ONU, qui porte l’idéologie réchauffiste, est moins l’expression d’un consensus scientifique que d’un complot politique pour faire croire au consensus. Dans ce complot, les gouvernements des pays pauvres, parce qu’ils ont le nombre pour eux, ont su jouer de la permanente mauvaise conscience occidentale: l’Afrique, victime de l’impérialisme, le serait maintenant du réchauffement! Il faudrait donc l’indemniser plutôt que de la développer : un raisonnement dont les peuples africains sont, depuis cinquante ans, les victimes. Guy Sorman
Au-delà des critiques de détail, on sait bien quelle stratégie adopter : imposer des réserves en capital qui reflètent les risques ; ne pas laisser l’évaluation des risques à l’appréciation des banques, comme c’est, incroyablement, le cas actuellement ; proportionner ces réserves à la taille des banques, car si le gouvernement peut laisser une petite banque sombrer sans faire trop de dégâts, il ne peut pas ne pas sauver les mastodontes que nous connaissons bien ; s’assurer que les banques de dépôts, qui remplissent un service public, ne jouent pas à la roulette financière. Charles Wyplosz
A quand la taxation des bonus des dirigeants politiques, qui accumulent déficits et dettes au détriment de tous les contribuables et épargnants? Libres

Déficits nationaux à 173% du PIB pour le Japon (204% en mars?), 113% pour l’Italie, 101% pour la Grèce, 73% pour les Etats-Unis, 72.5% pour la France (84% en 2010), 65% pour l’Allemagne, 59% pour la Grande-Bretagne, 45% pour l’Espagne …

Alors qu’en cette veille de Noël où nos déficits s’aggravent littéralement d’heure en heure, nos pères Noël de dirigeants multiplient les cadeaux

Où, après la pantalonnade de Copenhague, l’on célèbre partout les idéologies qui ont provoqué la pire crise financière depuis 1929 …

Pendant qu’au lieu de profiter de ladite crise pour nettoyer les écuries d’Augias (en imposant aux banques des réserves à la hauteur des risques qu’elles prennent, seule mesure susceptible de les empêcher de jouer au casino avec notre argent) nos gouvernents distraient le bon peuple avec des mesures aussi démagogiques qu’inefficaces comme la taxation de bonus …

Retour sur cet avertissement du site Libres qui rappelle, ô combien à propos pour ceux qui l’auraient oublié, que "ce n’est pas du tout le père Noël, mais bien les parents, qui mettent les jouets devant la cheminée dès que les têtes blondes sont endormies".

Autrement dit que "ce n’est pas l’Etat qui a acheté les cadeaux, c’est bien notre propre argent qui a permis de créer la douce illusion d’un bienfait infini et durable et que l’Etat n’a pas d’autre argent que celui qu’il prend dans nos poches".

Cet Etat même qui "nous répète à longueur de journées et d’émissions que la crise est sans précédent, tout comme le réchauffement climatique supputé" et "se fait marchand de peur pour mieux nous rassurer ensuite, pour légitimer à nos propres yeux les atteintes qu’il porte à notre propriété et à notre liberté"

LES PERES NOEL
Jacques Garello
Libres
Le 21 décembre 2009

En cette fin d’année 2009, nous voici émerveillés par les cadeaux que nous ont apportés les Pères Noël. Leur hotte a débordé de dons, d’autant plus appréciés que nous sommes en pleine période de crise et d’angoisse.

La crise ? Le père Noël français a mis 35 milliards dans nos souliers. Jamais nous n’aurions espéré telle aubaine. Certes nous aurons le droit d’ouvrir la boîte du grand emprunt seulement dans quarante ans, puisqu’il faudra attendre que s’organisent les pôles d’excellence de l’enseignement supérieur et de la recherche et qu’arrive à maturité la nouvelle génération d’étudiants et de chercheurs capables de placer la France en tête de l’innovation et de la compétitivité mondiales. De même les petits jeux de société bâtis autour du développement durable, des nanotechnologies et du numérique ne seront appréciés que par nos petits enfants. Mais la générosité de nos gouvernants nous réchauffe le cœur et nous aura permis, au moins l’espace d’une nuit, d’oublier le chômage, les déficits, la dette, la faillite de la Sécu, la grippe H1N1, la taxe carbone, sinon les grèves du RER, les conflits sur les IUFM et sur la suppression de l’histoire. Merci, petit Papa Noël de l’Elysée, pour ces beaux cadeaux.

L’angoisse ? Elle étreint le monde entier, car la planète est en danger. Ici ce n’est pas le seul père Noël français qui régale, mais des dizaines de pères Noël venus du monde entier pour nous sauver du réchauffement climatique et de l’apocalypse qu’il prépare. Le cadeau est royal – en témoigne l’enthousiasme du prince Charles d’Angleterre. En effet, les Etats s’engagent solennellement à limiter le réchauffement à 2 degrés : sage précaution. Voilà qui devrait théoriquement déclencher une série de mesures salvatrices. Les pays le plus zélés comme la France de Grenelle multiplieront les réglementations et aggraveront la fiscalité verte. Mais pour les autres ? On ne sait jusqu’où ira leur engagement, puisque certains irréductibles, comme les Chinois et les Indiens, n’acceptent aucune contrainte, aucune responsabilité en cas d’échec de leurs efforts. Finalement le Père Noël vert a été moins généreux que ses petits amis l’attendaient. Copenhague s’est terminé en « accord politique », prouvant que la politique est plus importante que la Planète. Le père Noël devra repasser à l’occasion d’un nouveau sommet de l’ONU, sans doute se décalera-t-on de Noël à Pâques. Par exemple la taxe Tobin n’a pas eu le succès qu’attendaient les alter-mondialistes ; elle aurait pourtant permis de frapper le capitalisme au cœur, et de financer les efforts des pays pauvres condamnés par la mondialisation à dévaster leurs forêts et à piller leurs ressources naturelles.

Il existe, il est vrai, beaucoup de Français et de citoyens du monde entier qui croient encore au père Noël. Ils ne savent pas que ce n’est pas du tout le père Noël, mais bien les parents, qui mettent les jouets devant la cheminée dès que les têtes blondes sont endormies. Ce n’est pas l’Etat qui a acheté les cadeaux, c’est bien notre propre argent qui a permis de créer la douce illusion d’un bienfait infini et durable. L’Etat n’a pas d’autre argent que celui qu’il prend dans nos poches. Il nous promet ensuite de l’utiliser au mieux de nos intérêts, car lui sait mieux que nous où doit aller l’argent que nous gaspillerions en surconsommant. Lui seul explore le futur, lui seul nous protège. Et pour mieux nous en persuader, lui seul a les moyens d’une propagande assourdissante qui nous répète à longueur de journées et d’émissions que la crise est sans précédent, tout comme le réchauffement climatique supputé. L’Etat se fait marchand de peur pour mieux nous rassurer ensuite, pour légitimer à nos propres yeux les atteintes qu’il porte à notre propriété et à notre liberté.

Ne pas croire au Père Noël ne signifie pas perdre tout espoir.

D’abord, les peurs véritables sont celles que devrait nous inspirer l’Etat, car la crise n’aurait pas existé sans le dirigisme et l’interventionnisme des gouvernants, et l’environnement serait mieux sauvegardé si on s’en remettait à l’initiative et à la propriété privées.

Ensuite, on peut compter sur l’intelligence et la créativité des hommes pour vaincre les difficultés du moment ; les échecs ont des vertus salutaires pourvu qu’on comprenne ses erreurs et qu’on en tire les conséquences. Hélas, assez périodiquement certains hommes sont frappés d’une amnésie fatale : « Les Français ont la mémoire courte », a-t-on dit. Pourquoi cette nostalgie du plan, des rationnements, du collectivisme ? Pourquoi l’esprit de Munich, le renoncement face à la dictature et la barbarie ?

Le rôle des intellectuels n’est pas de bâtir des utopies, mais de rappeler les réalités, de dire la vérité. La semaine dernière, à l’occasion de la remise en mémoire d’Albert Camus, Le Figaro posait la question : « où sont les intellectuels » ? Mais le quotidien mariait la nostalgie de Bernanos et Camus à celle de Sartre et Foucault. Il ne prêtait pas attention au fait qu’un intellectuel égaré égare l’opinion, et que depuis la Seconde Guerre les intellectuels sont davantage tournés vers l’utopie que vers la réalité. Hayek a expliqué pourquoi les intellectuels sont portés vers le socialisme : il est plus facile de faire rêver à la société sans classe et au grand soir que de prêcher la morale et la responsabilité, il est plus facile de parler des droits que des devoirs.

Il ne fait aucun doute que le conditionnement des esprits conduit au pessimisme, puis au nihilisme, jusqu’à présenter l’être humain comme un « loup pour l’homme » (version hobbésienne et marxiste), ou comme un prédateur détruisant la nature (version écologiste). En sens inverse, retrouver ce qui fait la nature spécifique de l’homme, le rétablir dans sa liberté et sa dignité : voilà de quoi nourrir l’espérance.

Toutefois, plutôt que dans les messages intellectuels, je mets personnellement ma raison d’espérer dans cette fête de Noël, dans le message qu’elle propose aux hommes de bonne volonté. Noël est le symbole d’une promesse, celle de la réconciliation et de la paix – réconciliation de l’homme avec Dieu, diront les chrétiens, paix des hommes entre eux diront les autres. Noël est garant de la seule sauvegarde qui importe, du seul trésor de l’humanité : celui de l’amour infini et de la charité. Noël annonce la victoire de l’innocence sur la barbarie.

Les pères Noël sont des masques, Noël est la vérité.

Voir aussi:

Pour juguler la crise financière, ce sont les profits des banques qu’il faut contrôler, pas les bonus
Charles Wyplosz
Le Monde
05.11.09

Entraîné par une ancestrale haine des banques en particulier, et du capitalisme en général, le débat sur la crise financière et économique a pris un tournant pour le moins étrange. Nicolas Sarkozy a même annoncé solennellement la fin du "capitalisme financier", un concept étrange qui suppose qu’il peut y avoir du capitalisme sans finance. C’est une évidence que la finance a connu un échec spectaculaire et qu’il va bien falloir en tirer les conséquences. Nul ne le conteste, mais le risque majeur est de se tromper de diagnostic et de remède. Or nous y sommes.

Au dernier G20 de Pittsburgh, la France s’est faite le champion de mesures qui visent à démanteler les paradis fiscaux et à réduire les bonus des banquiers. Le succès auprès de l’opinion publique est garanti mais ce serait une catastrophe de s’en tenir à cela. Les paradis fiscaux sont parfaitement irritants mais ils n’ont joué aucun rôle dans la crise. Il est sans doute habile de saisir l’occasion pour les mettre à genoux, mais il ne faut surtout pas s’imaginer que l’on a traité les causes de la crise financière.

Il en va de même en ce qui concerne les bonus des banquiers. Croire que des bonus réduits ou encadrés changeront le comportement des banques est extraordinairement naïf. Tant que les profits des banques seront fabuleux, les revenus des banquiers le seront aussi. C’est à la profitabilité des banques qu’il faut s’intéresser. Il faut le faire avec d’autant plus d’urgence que la crise a créé de nouvelles incitations pour les banques à en faire plus et pire que ce qu’elles ont fait cette fois-ci.

Que s’est-il passé, en effet ? Les banques ont pris des risques énormes en fabriquant et en accumulant des produits financiers trop rentables pour durer. Pendant un temps, ces produits ont permis des profits spectaculaires qui ont été rapidement absorbés sous forme de dividendes pour les actionnaires et de salaires pour les employés, en partie gonflés par les fameux bonus. Puis ce qui devait arriver arriva : les risques se sont matérialisés, et les pertes sont devenues abyssales.

C’est alors que les gouvernements ont été contraints de combler ces pertes. Ils ne pouvaient pas laisser les banques faire faillite, parce que tous les déposants – particuliers et entreprises – auraient été dépossédés. De fait, dès le début de la crise en août 2007, les banquiers ont cyniquement dit que la crise durerait jusqu’à ce que les Etats viennent les secourir. Le gouvernement américain a essayé de s’y refuser pendant plus d’un an, jusqu’à ce que l’effondrement de Lehman Brothers en septembre 2008 démontre la justesse du pari des banquiers : à eux les bénéfices, aux contribuables les pertes.

On aurait pu croire que les gouvernements avaient compris la leçon et seraient résolus à ne plus jamais se laisser prendre au piège. Pire, maintenant que les banques ont réalisé à quel point il est facile de coincer les Etats, elles n’ont aucune raison de ne pas recommencer si les règles du jeu ne sont pas changées. La priorité devrait donc être de changer les règles du jeu. Or cet objectif, jamais débattu en public en France, est en train de s’estomper. Pourtant, une multitude de rapports privés et officiels ont proposé des solutions.

Au-delà des critiques de détail, on sait bien quelle stratégie adopter : imposer des réserves en capital qui reflètent les risques ; ne pas laisser l’évaluation des risques à l’appréciation des banques, comme c’est, incroyablement, le cas actuellement ; proportionner ces réserves à la taille des banques, car si le gouvernement peut laisser une petite banque sombrer sans faire trop de dégâts, il ne peut pas ne pas sauver les mastodontes que nous connaissons bien ; s’assurer que les banques de dépôts, qui remplissent un service public, ne jouent pas à la roulette financière.

Ces mesures sont de nature à décourager un remake de ce que l’on a vu. Si elles sont acceptées, elles vont grandement réduire la profitabilité des banques et pourraient amener les plus grosses à réduire leur taille. En bref, ces mesures ont de quoi dégoûter un banquier d’être banquier. Sans surprise, donc, les banques ont mis en route un intense lobbying : elles s’activent partout, à New York, Londres, Paris ou Berlin.

Du haut de leur technicité, elles intimident les gouvernements, à commencer par les organes de régulation et de supervision qui n’ont rien vu venir en 2006-2007. Elles déploient une intense campagne de persuasion auprès des gouvernements et des parlementaires, maniant habilement la carotte des financements des déficits (et même des grands emprunts) et le bâton d’un blocage du crédit. Elles sont en passe de gagner. Aucun gouvernement n’a encore soumis de projet de loi à son Parlement. Hormis aux Etats-Unis et, dans une moindre mesure en Grande-Bretagne, les projets avancés par les instances nationales et les banques centrales n’ont, pour l’instant, pas reçu de soutien public de la part des gouvernements, plus de deux ans après que la crise a éclaté. Chaque jour qui passe contribue à estomper le souvenir de ce qui s’est passé. Une fois la reprise en place, dans quelques mois, quel gouvernement voudra nettoyer les écuries ?

Pendant ce temps-là, les opinions publiques, justement en colère, se focalisent sur l’accessoire, les bonus. Les banques en sont fort aises, car elles espèrent sauver l’essentiel, les profits. Les régulateurs, et donc les gouvernements qui les contrôlent, sont ravis de voir le débat s’éloigner de leur domaine, évitant ainsi d’avoir à reconnaître leur rôle essentiel dans la débâcle. Les politiciens préfèrent attiser la haine populaire du banquier et la jalousie vis-à-vis des revenus énormes que de s’attaquer à des questions complexes comme la régulation et la supervision bancaire. Il est tellement plus facile de couper les bonus des banquiers que de réduire les prises de risque par les banques !

Les idéologues se délectent à l’idée de voir des têtes rouler, même si ce n’est que symbolique, mais ils ne cherchent pas à comprendre les enjeux. C’est pourtant simple. Si l’on n’empêche pas les banques de jouer avec l’argent de leurs déposants d’abord, et du contribuable ensuite, la prochaine crise sera encore plus terrible que celle-ci.

Charles Wyplosz est économiste, professeur d’économie à l’Institut universitaire de hautes études internationales à l’université de Genève.

Voir aussi:

The Audacity of Debt
Comparing today’s deficits to those in the 1980s.
The Wall Street Journal
December 16, 2009

At least someone in America isn’t feeling a credit squeeze: Uncle Sam. This week Congress will vote to raise the national debt ceiling by nearly $2 trillion, to a total of $14 trillion. In this economy, everyone de-leverages except government.

It’s a sign of how deep the fiscal pathologies run in this Congress that $2 trillion will buy the federal government only one year before it has to seek another debt hike—conveniently timed to come after the midterm elections. Since Democrats began running Congress again in 2007, the federal debt limit has climbed by 39%. The new hike will lift the borrowing cap by another 15%.

There is surely bipartisan blame for this government debt boom. George W. Bush approved gigantic spending increases for Medicare and bailouts. He also sponsored the first ineffective "stimulus" in February 2008—consisting of $168 billion in tax rebates and spending that depleted federal revenues in return for no economic lift.

Democrats ridiculed Mr. Bush as "the most fiscally irresponsible President in history," but then they saw him and raised. They took an $800 billion deficit and made it $1.4 trillion in 2009 and perhaps that high again in 2010. In 10 months they have approved more than $1 trillion in spending that has saved union public jobs but has done little to assist private job creation. Still to come is the multitrillion-dollar health bill and another $100 billion to $200 billion "jobs" bill.

We’ve never obsessed over the budget deficit, because the true cost of government is the amount it spends, not the amount it borrows. Milton Friedman used to say that the nation would be far better off with a budget half the current size but with larger deficits. Mr. Obama and his allies in Congress have done the opposite: They have increased the budget by 50% and financed the spending with IOUs.

Our concern is that the Administration and Congress view this debt as a way to force a permanently higher tax base for decades to come. The liberal grand strategy is to use their accidentally large majorities this year to pass new entitlements that start small but will explode in future years. U.S. creditors will then demand higher taxes—taking income taxes back to their pre-Reagan rates and adding a value-added tax too. This would expand federal spending as a share of GDP to as much as 30% from the pre-crisis 20%.

Remember the 1980s and 1990s when liberals said they worried about the debt? We now know they were faking it. When the Gipper chopped income and business tax rates by roughly 25% and then authorized a military build-up, Democrats and their favorite economists predicted doom for a decade. The late Paul Samuelson, the revered dean of the neo-Keynesians, expressed the prevailing view in those days when he called the Reagan deficits "an all-consuming evil."

But wait: Those "evil" Reagan deficits averaged less than $200 billion a year, or about one-quarter as large in real terms as today’s deficit. The national debt held by the public reached its peak in the Reagan years at 40.9%, and hit 49.2% in 1995. This year debt will hit 61% of GDP, heading to 68% soon even by the White House’s optimistic estimates.

Our view is that there is good and bad public borrowing. In the 1980s federal deficits financed a military buildup that ended the Cold War (leading to an annual peace dividend in the 1990s of 3% of GDP), as well as tax cuts that ended the stagflation of the 1970s and began 25 years of prosperity. Those were high return investments.

Today’s debt has financed . . . what exactly? The TARP money did undergird the financial system for a time and is now being repaid. But most of the rest has been spent on a political wish list of public programs ranging from unemployment insurance to wind turbines to tax credits for golf carts. Borrowing for such low return purposes makes America poorer in the long run.

By the way, today’s spending and debt totals don’t account for the higher debt-servicing costs that are sure to come. The President’s own budget office forecasts that annual interest payments by 2019 will be $774 billion, which will be more than the federal government will spend that year on national defense, education, transportation—in fact, all nondefense discretionary programs.

Democrats want to pass the debt limit increase as a stowaway on the defense funding bill, hoping that few will notice while pledging to reduce spending at some future date. Republicans ought to force a long and careful debate that educates the public. Ultimately, the U.S. government has to pay its bills and the debt limit bill will have to pass. But debt limit votes are one of the few times historically when taxpayer advocates have leverage on Capitol Hill. Republicans and Democrats who care should use it to discuss genuine ways to put Washington on a renewed and tighter spending regime.

"Washington is shifting the burden of bad choices today onto the backs of our children and grandchildren," Senator Barack Obama said during the 2006 debt-ceiling debate. "America has a debt problem and a failure of leadership. Americans deserve better." That was $2 trillion ago, when someone else was President.

Voir enfin:

KEYNES, L’HOMME DE L’ANNEE
Jean-Yves Naudet
Le 15 décembre 2009

La crise financière aura été l’occasion d’un grand bond en arrière, nous ramenant aux années 1970 : c’est le grand retour de Keynes, de la relance par la demande et de l’interventionnisme étatique. Pour certains, ce serait même la fin du libéralisme, le retour à la régulation et à l’Etat : les anciens marxistes mal reconvertis, les socialistes de gauche et de droite, les écolos plus rouges que verts jubilent. Voilà que notre confrère Les Echos, dans son supplément « Enjeux » de décembre, s’y met à son tour : « Keynes, l’homme de l’année ». Il est clair que Keynes est de retour. Mais c’est une erreur majeure et nous allons la payer, sur-le champ, et longtemps. Il faudrait donc limiter les dégâts tant la mesure du possible.

La résurrection de Keynes

Il y a eu une première révolution keynésienne, avec la parution de la Théorie générale en 1936 et les politiques de relance, qui commencent d’ailleurs un peu plus tôt avec le New Deal de Roosevelt. Le keynésianisme a été triomphant dans la pensée économique jusqu’aux années 1960, et dans la politique économique jusqu’à la fin des années 1970. Le premier choc pétrolier (1973) porte un coup fatal au keynésianisme.

La crise qui suit le choc pétrolier donne à penser aux gouvernements. Jusque là, ils étaient convaincus que l’inflation était une garantie de plein emploi, voilà que l’on commence à observer tout le contraire : les pays les plus inflationnistes sont ceux qui connaissent le chômage le plus lourd. On parle de « l’inversion de la courbe de Phillips ».

Tout le monde va désormais porter attention aux économistes opposés à Keynes, qu’il s’agisse des monétaristes (Friedman) ou des autrichiens (Hayek) ou des « économistes de l’offre » (Laffer). Chefs d’états capables de rompre avec les erreurs du passé, Ronald Reagan et Margaret Thatcher, vont donner le coup de grâce à Keynes : en 1980 Keynes était mort et bien mort. La crise avait eu des effets salvateurs : vingt ans de croissance vont suivre.

La crise actuelle offre aux hommes politiques l’occasion de prendre leur revanche. Depuis deux ans, les vieilles recettes keynésiennes qui avaient échoué partout et montré leur inefficacité et leur nocivité reviennent en grâce et en force.

Ce grand retour de Keynes peut être symbolisé par le numéro de décembre d’Enjeux Les Echos. La photo de Keynes est en couverture et, en lettres énormes un sous titre : « La fin du libéralisme ? », avec il est vrai un point d’interrogation. A l’intérieur, l’éditorial d’Eric Le Boucher, qu’on avait connu mieux inspiré, sous le titre « La revanche de Keynes sur l’ultralibéralisme ».

Un « retour en majesté »

Dans un pays où la dépense publique représente 54 % du PIB, parler d’ultra-libéralisme, c’est faire de la désinformation. Mais Eric Le Boucher ne manque pas d’arguments.

Il cite Alan Greenspan, qui avouait qu’il avait commis « une erreur intellectuelle » et que « le laisser-faire (sic) auquel il avait cru pendant quarante ans, la faculté des marchés à se corriger eux-mêmes, à avoir toujours raison, était « une idéologie fausse ». Et Le Boucher de souligner « Le retour en majesté de John Maynard Keynes ». Presqu’en une journée, « l’énormité de la crise le rétablit ». « La demande privée implose, l’Etat doit intervenir ». Les chefs d’Etat se félicitent un an plus tard. « Ca a marché. Grâce à Keynes, une réplique de la grande dépression a été évitée. Il est sans conteste l’homme de l’année ».

Certes, Le Boucher en appelle au débat « entre les bons économistes ». Sous entendu, le débat n’est pas clos. Mais le « dossier spécial » qui suit (35 pages !) ne nous convainc guère : peu ou pas de libéraux dans ce débat largement à sens unique et le seul libéral de service fait surtout l’éloge de…Ricardo. Personne de l’ALEPS ou des nouveaux économistes, bien entendu. Nous épargnerons à nos lecteurs le résumé de cette hagiographie keynésienne.

Le seul point d’accord avec ce dossier, c’est le constat du retour majestueux de Keynes. Encore nous faut-il préciser que le retour à Keynes s’était déjà manifesté dans la classe politique bien avant la crise, et que le keynésianisme était pour beaucoup dans la crise, à commencer par la politique d’ « argent facile » d’Alan Greenspan (avec des taux d’intérêt maintenus artificiellement à leur plus bas niveau), par la banalisation des déficits publics, et par la redécouverte des « vertus » de l’Etat au prétexte de lutte contre le terrorisme. La crise des subprimes, c’est Keynes, ce n’est pas l’ultra-libéralisme. Et le « stimulus » d’Obama a soigné le mal par le mal : le déluge monétaire et le gouffre budgétaire.

Les folies de la relance keynésienne

La relance budgétaire a eu une ampleur sans précédent : partout ou presque, des hausses de dépenses publiques, au prétexte d’investissements ou plus souvent de dopage de la consommation privée, sous forme de prestations sociales voire de chèques directs. Dans tous les cas, on a atteint des déficits sans précédent, comme plus de 12% aux Etats-Unis (la moitié du budget fédéral est financé à crédit), autant en Angleterre, 141 milliards de déficit en 2009 en France, portant la dette publique à 80% du PIB ; des charges d’intérêt absorbant la quasi-totalité de l’impôt sur le revenu ; et en France le gouvernement croit utile d’y ajouter un emprunt public nouveau. On nage en plein keynésianisme. Jusqu’à quand ?

Après un an de folie, voici quelques timides retours en arrière. La BCE est plus sage que la FED, et même si elle a baissé ses taux d’intérêt, elle met fin aux politiques monétaires « non conventionnelles » et va à nouveau surveiller l’inflation. Quelques pays ont entamé une baisse des dépenses publiques, une diminution du salaire ou du nombre de fonctionnaires. L’Allemagne, depuis que les socialistes ne sont plus au pouvoir, décide de baisser les impôts et réduire ses dépenses. Bruxelles commence à faire les gros yeux face aux déficits excessifs, après avoir dormi pendant un an et continue ses politiques de dérégulation en ouvrant les services publics à la concurrence.

En sens inverse, la nomination de Michel Barnier comme commissaire européen couvrant aussi la finance ne laisse présager rien de bon. Le président Sarkozy a présenté cette nomination comme une victoire de la France sur l’Angleterre ; en riposte les Anglais ont imposé à Barnier un directeur anglais, peut-être moins enthousiaste pour les projets français de réglementation des marchés.

Nous venons de perdre 30 ans de progrès de la science économique

Les folies keynésiennes ont d’ores et déjà un coût. Les déficits budgétaires massifs provoquent des besoins de financement énormes. Comment les combler ? S’ils sont comblés par la monnaie (politiques monétaires « non conventionnelles"), c’est l’inflation assurée pour demain, et une nouvelle vague de chômage pour après demain, car l’inflation désorganise toute l’activité économique, pénalise l’épargne et l’effort et encourage la spéculation. S’ils sont comblés par l’emprunt, l’effet d’éviction joue à plein et la relance est nulle, la diminution des dépenses privées compensant la hausse des dépenses publiques. De plus, il faut assurer le service de la dette, et peu à peu le marché financier se méfie des emprunts d’Etat : le déclassement de l’Etat grec par les agences de notation est un signe avant coureur : la signature des Etats se disqualifie rapidement.

Enfin, n’oublions pas que Keynes négligeait le commerce extérieur, le protectionnisme étant dominant à son époque. Or, nous sommes dans des économies ouvertes et mondialisées. Et relancer a pour effet d’entraîner des importations massives de produits étrangers. L’effet intérieur est nul. Déjà la relance Mitterrand de 1981 avait relancé l’économie allemande. Les relances actuelles vont bénéficier aux pays émergents dynamiques, exportateurs à bas prix.

Tout cela semblé avoir été négligé par nos gouvernants. Face à la crise ils se sont crus obligés de faire quelque chose. De ce point de vue le keynésianisme est bien la providence de l’Etat providence : l’électeur aime recevoir des choses gratuitement. Il est plus facile de dire « dépensez l’argent qu’on vous donne gratuitement », plutôt que d’expliquer que la richesse se crée par du travail, de l’épargne, de l’esprit d’entreprise, de la liberté responsable

En réalité les gouvernants viennent de créer les conditions de déséquilibres durables qui pénaliseront la vraie croissance. Keynes est bien l’homme de l’année, l’année de toutes les erreurs, de l’oubli de la vraie science économique. Il n’a eu et n’aura de succès qu’auprès des hommes politiques. Face à la crise, la meilleure attitude de l’Etat aurait été de se désengager de son dirigisme, de ses dépenses, de ne plus se mêler de la conjoncture et de laisser jouer le marché. Tout au contraire, en ressuscitant Keynes, les politiques viennent de nous faire perdre 30 ans de progrès de la science économique et de nous préparer de sombres années.

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2 réponses à Economie: Le Père Noël est une ordure (Santa is a bastard but he’s our bastard)

  1. [...] Economie: Le Père Noël est une ordure (Santa is a bastard but he’s our bastard) [...]

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  2. jcdurbant dit :

    Voir aussi, sur le site de Bernard Martoïa, la traduction de l’excellent entretien de deux analystes financiers américains par Barron’s Magazine qui, rejoignant l’analyse de Charles Wyplosz si je comprends bien, montrent que, contre la bonne vieille socialisation du risque et des pertes et bien sûr la privatisation des profits, rien ne changera tant qu’on n’obligera pas les banques à intégrer leur hors-bilan (réaliser leurs pertes, liquider leurs actifs douteux) et donc à augmenter leur capital (Wyplosz propose notamment d’imposer aux banques des réserves à la hauteur des risques qu’elles prennent comme seule mesure susceptible de les empêcher de jouer au casino avec notre argent), , on ne fera que retarder, à la japonaise, l’assainissement et surtout démultiplier les risques pour la prochaine fois …

    Barron’s : Vous avez dit que le fait le plus rédempteur du capitalisme est la faillite. Expliquez-vous s’il vous plait.

    Duffy : Tout système a besoin de corriger ses erreurs et de se débarrasser de ses pertes. La nature a l’extinction, l’économie la perte, la faillite, la liquidation. Interférer dans ce processus rallonge la reprise économique. Si vous permettez ces erreurs et ces gaspillages, vous avez, en fin de compte, une faillite massive.

    Le capitalisme est attaqué par deux groupes : les utopistes qui souhaitent imposer un système plus compassionnel et les politiques qui veulent avoir les fruits du succès sans supporter la peine des faillites. Ils ont recours à la coercition de l’État pour conserver leurs privilèges, et ce au détriment de tout le monde.

    Dans notre pays, nous sommes devenus moins tolérants envers les faillites. Le résultat a été une série d’interventions, comme celles sur les marchés de crédit, en faisant la promotion du droit à la propriété des minorités ethniques et en créant une variété de filets de sécurité pour les investisseurs. Chaque crise conduit à une autre de plus grande ampleur. La solution est toujours d’administrer des doses plus fortes d’intervention. Ainsi le système devient plus instable. Les interventionnistes ne voient jamais venir l’éclatement de la bulle, et ils blâment alors le «capitalisme.»

    Barron’s : Qu’auriez-vous fait à la place des autorités alors que la bulle immobilière éclatait et que la Fed et le Trésor déclaraient que ce serait la fin du monde si l’on n’injectait pas 800 milliards de dollars ?

    Duffy : Autorisez ceux qui ont spéculé à faire faillite, au lieu d’aider les nantis qui ont des amis bien placés pour les renflouer.

    Barron’s : Que pensez-vous de l’argument qu’une crise financière aurait laminé les petites gens ?

    Duffy : Le petit gars a été nettoyé. Personne ne demande d’où vient l’argent. Cet argent a servi essentiellement à renflouer Wall Street au détriment de Main Street. Le petit gars sera toujours le dernier dans la file d’attente à la soupe. On lui donnera un croûton, comme dans la prime à la casse des voitures. Mais si vous êtes Goldman Sachs ou si vous avez une ligne rouge directe avec Washington, DC, vous serez le premier dans la file d’attente.

    Laggner : A.I.G s’est assuré que ses créditeurs soient remboursés à 100%. Essentiellement, vous avez la socialisation du risque, mais les survivants ont un effet de levier plus élevé qu’avant la crise. Il y a encore des trillions de dollars dans le hors-bilan des banques auquel le FASB (Financial Accounting Standards Board) veut s’adresser en 2010. Les grands planificateurs ont déjà dépensé 3.15 trillions de dollars dans des opérations de sauvetage, et ils ont accordé la garantie à environ 17.5 trillions de dollars, tout en laissant en place les mêmes gens.

    Barrons’s : Quoi d’autre auriez-vous fait à leur place ?

    Laggner : Nous aurions pu isoler les grandes banques et les placer temporairement sous administration judiciaire. Puis, nous les aurions démantelées (1) – avec simplement 100 milliards de dollars – en créant des milliers de petites banques régionales. Si vous croyez au système de fractionnement des fonds propres des banques (dans lequel les banques prêtent avec un effet de levier), une chose que nous réprouvons, ils auraient pu créer un trillion de dollars de crédits en faveur des petites et moyennes entreprises. C’est choquant qu’il n’en soit pas ainsi.

    Parce qu’il n’y a pas eu de réforme, il semble que nous allons devoir encore dépenser plus d’argent. Nous sommes entraînés dans une spirale où la dette va exploser. Pendant ce temps, le coût des fonds en faveur des petites et moyennes entreprises ne cesse de croître, alors que le coût de l’argent prêté aux grandes banques est pratiquement nul, et qu’elles en profitent pour spéculer comme jamais, alors que leur rôle serait d’irriguer cet argent vers la vraie économie.

    Barron’s : Quel genre de réforme financière aimeriez-vous voir ?

    Laggner : Nous ne croyons pas au concept de banque centrale. L’idée que les banques peuvent spéculer avec l’argent gratuit imprimé par la Fed, qui ultimement est celui du contribuable, et que lorsqu’ils perdent cet argent, la Fed leur vienne en aide et refile l’ardoise au contribuable, ce modèle est foutu et doit être remplacé.

    Barron’s : Comment refaçonneriez-vous le système ?

    Duffy : pour aller au fond des choses, nous devons revoir le fractionnement des fonds propres des banques, qui est la cause de l’instabilité. Nous avons essentiellement socialisé en garantissant les dépôts et prévenu la répétition des bank run (la course pour retirer ses fonds à la banque soupçonnée de faire faillite), qui imposait une discipline dans un système instable. Au moins, il y avait une forme de contrôle à l’égard de ceux qui prenaient des risques inconsidérés. Tant que nous ne réglerons pas ce problème de fond, nous aurons encore des crises, des interventions plus grandes et des bulles encore plus dévastatrices. C’est inhérent au système de banque centrale.

    Barron’s : Où en sommes-nous dans le processus de deleveraging ? (diminution de l’effet de levier)

    Laggner : Nous avions une bulle du crédit, grâce au hors-bilan des banques qui représentait quatre à cinq fois le PNB du pays. En raison de l’action du gouvernement, nous avons transféré cette bulle du crédit dans une bulle qui est celle de la dette souveraine.

    La question est de savoir comment le gouvernement va financer toute cette dette. Comme l’économie réelle se contracte et que la sphère politico-financière gonfle, la stratégie d’une dévaluation coordonnée du dollar va échouer.

    Duffy : Le risque immédiat est l’économie. Nous avons eu une fausse reprise. L’optimisme des marchés est revenu au niveau extrême enregistré en 2007. Nous avons établi une stratégie double : longue sur l’or physique et courte sur l’index Standard & Poor’s 500. Au zénith de 1980, le ratio de l’once d’or par rapport au S&P était de six. Au nadir de 2000, il était tombé à 0.2. Aujourd’hui, il est égal à un. Nous pouvons aller vers un ratio de deux, trois ou quatre.

    Avis aux ménages français en mal de placement !
    L’once d’or vaut 1097 $ et l’index S& P a terminé l’année 2009 à 1115 points, ce qui donne un ratio de 0.98. Selon l’hypothèse de Duffy, l’once d’or pourrait donc doubler, tripler ou quadrupler.

    Barron’s : Voyez-vous le S&P 500 retester le nadir de l’année 2009 ?

    Duffy : C’est difficile de savoir. Cela dépend de combien de monnaie sera imprimée. En valeur réelle, pouvons-nous diviser par deux la valeur de l’index ? Nous le pensons. L’index est faussé à cause des bricolages des bilans des banques et des maisons de courtage. Si les banques étaient marked to market (valeur adossée au marché et non pas à l’expiration de l’instrument financier sous-jacent), le bénéfice de l’index S&P pourrait tomber à 45$. Le sentiment bullish rivalise avec celui du pic du marché en 2007. Nous aimons le VXX, l’indice de volatilité. Il a baissé de 67% en 2009. Il indique une grande complaisance à l’égard des perspectives de reprise économique.

    Barron’s : Quels sont vos autres thèmes ?

    Laggner : Nous vendons massivement à découvert les bons du Trésor américain et japonais. Le déficit budgétaire de la Grèce approche 15% du PNB. Si vous prenez en considération que le sénat américain vient de voter une augmentation du plafond du déficit budgétaire, de 12.1 trillions à 12.4 trillions de dollars, nous sommes pratiquement à un déficit de 13% pour cette année fiscale. Fondamentalement, nous sommes tombés au niveau de la Grèce, où le yield sur les bons du trésor à dix ans a augmenté de 170 points (un point est égal à un centième de pourcentage). Les bons du trésor américains sont en baisse de 20% cette année ; ainsi nous assistons à une défiance des créanciers, et les taux à long terme vont sensiblement augmenter.

    La Fed a contrôlé le long terme en monétisant Treasuries and mortgage-backed securities (actions adossées aux emprunts hypothécaires et à ceux du Trésor). S’ils réalisent que la valeur de ces actifs s’effondre, ils vont en racheter massivement, ce qui provoquera, à son tour, une chute du dollar et une hausse de l’or. L’or ne reflète pas simplement la crainte inflationniste mais l’instabilité dans le monde liée aux politiques keynésiennes adoptées par les gouvernements.

    Barron’s : l’Union Européenne a dit qu’elle ne renflouerait pas la Grèce.

    Laggner : Peut-être sommes-nous à un tournant où les sauvetages ont été si extrêmes que les gens de la Fed et de la B.C.E se disent que l’on ne peut plus continuer ainsi, sans voir le risque d’une évaporation des monnaies en l’espace d’une nuit. Mais nous n’avons pas encore vu les gouvernements tailler dans les dépenses publiques, que ce soit ici ou en Europe.

    Barron’s : Concernant les grandes banques, quel dénouement envisagez-vous ?

    Laggner : Il y a un désendettement des ménages, mais pratiquement pas du côté des spéculateurs professionnels. Le Crédit Suisse autorise ses clients de hedge-fund à retourner à des leviers du pic de 2007. En supposant que les régulateurs obligent les banques à intégrer leur hors-bilan, les analystes de Barclays estiment que cela va ramener près de 500 milliards de dollars dans leurs bilans en 2010. Cela va forcer les banques à augmenter leur capital.

    Le FDIC (Federal Deposit Insurance Corporation) a pris le contrôle de Corus Bank et Guarant Bank et liquidé leurs actifs douteux. Leur valeur représente entre 33 et 37% du dollar. Tant que les régulateurs n’auront pas forcé les banques à réaliser ces pertes, c’est comme si la sphère financière restait en lévitation. Un grand nombre de CMBS (commercial mortgage backed securities) ne trouvent plus de preneur. La même chose vaut avec l’immobilier résidentiel, que l’on modifie ou non un prêt. Les banques sont capables de dire que ces prêts sont performants, même s’ils ne le sont pas. Le Japon avait essayé la même chose et cela ne fit que retarder l’assainissement. Nous empruntons la voie japonaise.

    Barron’s : Cela ne peut être bon pour les banques

    Duffy : Nous avons une position à découvert sur la sphère politico-financière, et plus particulièrement sur la firme Goldman Sachs. Elle a deux faces : une très secrète et profitable activité de trading et un business plus terre à terre. Notre suspicion est que leur sauce secrète (2) est d’avoir accès à des amis haut placés, et que ce modèle va s’effondrer quand il volera trop près du soleil ou qu’une réaction violente du public aboutira à une enquête. Leur trading représente 67% de leur bénéfice net pour cette année, un niveau jamais atteint. Goldman Sachs, par son agressivité dans la prise de risque, est vulnérable au prochain retournement du marché.

    Barron’s : En parlant de réaction violente, nous avons maintenant des dirigeants de Goldman Sachs portant des armes à feu pour se protéger de la rage populiste. A quel niveau faut-il parvenir pour qu’une société demande un changement de gouvernement ?

    Laggner : Un client m’a envoyé un e-mail, l’autre jour, dans lequel les manifestants du tea-party recueillent une approbation plus grande que les Démocrates et les Républicains. Alors que l’arrogance des banquiers et des gens de la Fed continue de croître, 2010 et les élections de mi-mandat s’annoncent très excitantes.

    Duffy : 70% des gens sont opposés au sauvetage des grandes banques. Avec ces interventions massives, le gouvernement a été capable de stabiliser le système politico-financier. Les gens sont ulcérés. L’indice de confiance des consommateurs n’a pas rebondi comme celui des investisseurs. Si la sphère politico-financière demande un autre sauvetage, alors il faut s’attendre à une réaction violente du public.

    Pour que la récession s’achève un jour, il faudrait que la leçon soit enfin retenue. Mais les élites qui n’ont pas vu arriver l’éclatement de la bulle (elles sont nombreuses) demeurent optimistes sur la reprise de la croissance en 2010. Nous n’avons pas changé de comportement ; la récession ne se terminera pas tant que nous ne l’aurons pas fait.

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