Iran: Une élection-piège à cons de trop? (Have the mullahs finally bitten off more than they can chew?)

Call Hugo Chavez!C’est un grand jour pour tous les Iraniens: un jour de prise de conscience de leur force. Ils sauront bientôt qui sont leurs amis ou ennemis au sein du régime ou encore en dehors des frontières de l’Iran. Cette foule que Reza Pahlavi a qualifiée de “combattante et fort capable” a montré sa capacité à surmonter sa peur, il lui faut maintenant le soutien des Etats libres. Il faudrait qu’ils oublient les faux-semblants comme Moussavi, Khatami, la validité du scrutin, mais aussi leurs contrats en Iran pour investir sur les Iraniens, uniquement sur les Iraniens. Pour l’instant, cette demande implicite des Iraniens est restée sans suite : on n’entend guère la France, l’Italie et les autres partenaires commerciaux de l’Iran. Le pire exemple est donné par Obama qui évite d’évoquer le sujet du soutien au peuple et veut uniquement s’adresser à Khamenei pour lui parler du scrutin, avec ce vague espoir d’une entente avec ce régime. Mais des voix se lèvent aux Etats-Unis, certains Américains critiquent cette attitude indigne de Barack Hussein Obama. Iran-Resist
Avant les élections, Yadollah Javani, le chef des Gardiens de la révolution avait mis en garde contre les risques d’une «révolution de velours» semblable à celle qui avait triomphé du communisme en Tchécoslovaquie. Mais, pour le moment, le camp réformateur exige uniquement que le verdict des urnes soit respecté. A aucun moment, il n’a remis en cause la légitimité du régime islamique. Après le scrutin qui les donnait perdants, les deux candidats réformateurs ont d’ailleurs voulu rencontrer immédiatement le Guide. Mais si les leaders réformateurs fédèrent tous les opposants à Ahmadinejad, une large partie des jeunes veulent aller plus loin et remettent en cause les valeurs islamiques, désirant une vie plus libre, plus à l’occidentale, moins corsetée par les interdits. Jean-Pierre Perrin
Contrairement à la guerre en Afghanistan, la guerre en Irak est le résultat d’un choix, lequel a provoqué des différences marquées dans mon pays et à travers le monde. Tout en étant convaincu que le peuple irakien a gagné au bout du compte à être libéré de la tyrannie de Saddam Hussein, je crois aussi que les événements en Irak ont rappelé à l’Amérique la nécessité de recourir à la diplomatie et de construire un consensus international pour résoudre ses problèmes à chaque fois que c’est possible. (…) Je sais qu’il y a eu une polémique, au cours des récentes années, au sujet de la promotion de la démocratie et qu’une grande partie de cette controverse est liée à la guerre en Irak. Par conséquent, permettez-moi de le dire clairement : aucun système de gouvernement ne peut ou ne devrait être imposé par un pays à un autre. Barack Hussein Obama
Alors que mon cœur est avec ces nombreux Iraniens qui veulent désespérément se débarrasser d’Ahmadinejad, ma tête me dit qu’il vaut mieux qu’il reste au pouvoir. Quand Mohamed Khatami était président, ses mots doux ont endormi la vigilance du monde alors qu’il développait son programme d’armes nucléaires. Si les modèles demeurent sans changement, mieux vaut avoir un Ahmadinejad belliqueux, apocalyptique et rentre-dedans qui effraye le monde qu’un mielleux Moussavi qui à nouveau l’endorme pendant que tournent tranquillement les milliers de centrifugeuses. Daniel Pipes
Emeutes en Iran au sujet d’une élection probablement frauduleuse et de l’utilisation de la violence pour réprimer l’opposition – une partie nul doute du « robuste » débat que vient d’appeler de ses vœux le Président Obama. Pendant ce temps-là, la guerre « optionnelle » et orpheline d’Irak qui a mené à la véritable démocratie, est maintenant après le 20 janvier, allez savoir pourquoi, à nouveau un signe du “vent du changement”. Victor Davis Hanson
Pour l’Iran, l’approche pourrait être comparée à l’approche que les Etats-Unis et d’autres états démocratiques ont pris en Pologne dans les années 80. En Pologne, comme en Iran, un régime autoritaire économiquement incompétent opprimait une population de plus en plus mécontente. En Pologne, comme en Iran, un mouvement d’opposition de masse s’est levé contre le régime : Solidarité en Pologne, le mouvement démocratique étudiant en Iran. Dans les années 80, les Etats-Unis et ses alliés n’ont jamais directement confronté les communistes polonais. Au lieu de cela, ils ont imposé des sanctions économiques rigoureuses au régime — et consacré des centaines de millions de dollars au financement des journaux et stations de radio clandestins et pour soutenir les familles des dissidents emprisonnés ou des activistes exilés… pendant que l’économie du régime se désagrégeait, les communistes polonais ont été obligés d’abord d’ouvrir des négociations avec Solidarité, puis de laisser le syndicat Solidarité participer à des élections semi-libres, et finalement de laisser la place à un gouvernement dirigé par Solidarité. Quatorze ans après, la Pologne est un état démocratique et un allié dévoué de l’OTAN. David Frum (ancienne plume de George W. Bush, janvier 2004)

Manifestation massive à Téhéran allant bien au-delà des capacités de mobilisation du régime, majorité apparemment de quinquagénaires issue des espoirs déçus de la révolution volée il y a 30 ans par Khomeini, refus de porter le vert islam de Moussavi ou de scander ses slogans bidons, menaces et début de grève générale, extension des affrontements à toutes les grandes villes iraniennes …

Les cyniques mollahs auraient-ils finalement eu les yeux plus gros que le ventre?

Ou plutôt, comme le rapportent nos amis d’Iran-Resist à l’heure où notre Sarkozy national se précipite avec le Tyrannophilus Rex en personne aux obsèques de M. Françafrique lui-même, les Iraniens seraient–ils en train, loin des caméras complaisantes de nos médias et selon la stratégie suggérée par le prince Reza Pahlavi, de “profiter de la situation pour manifester massivement leur rejet du régime“?

Au terme d’une énième élection piège à cons censée redonner (avec à peu près les mêmes chiffres que la dernière fois il y a quatre ans) de la légitimité au pantin choisi par les mollahs pour imposer au monde, arme nucléaire comprise, leur ordre du jour révolutionnaire …

Et au-delà d’une contestation pège à cons initiée par le leurre Moussavi et sa “génération ipod” de pompom girls en vert islam et slogans bidon …

L’apparent recul du pouvoir qui, après avoir félicité le vainqueur avant le délai officiel de dix jours, évoque à présent pour gagner du temps une commission d’enquête (tout en multipliant les manœuvres de récupération, déstabilisation et provocation) indiquerait-il que quelque chose de nouveau est à l’œuvre?

Quelque chose qui ne serait peut-être pas non plus totalement étranger à l’immense espoir soulevé il y a quelques années chez le voisin d’en face ou dans les ex-républiques soviétiques et le Liban par le honni cowboy Bush?

Et qui, s’il réussissait (mais, la pusillanimité du Monde libre étant ce qu’elle est, un scénario à la Tiananmen n’est hélas pas à exclure), serait nul doute immédiatement attribué aux plates munichoiseries cairotes d’un brusquement silencieux Pleurnicheur en chef de Chicago?

Iran: Le peuple attend le soutien international
Iran-Resist
16.06.2009

Il y avait près d’un million et demi de personnes dans les rues de Téhéran, ce qui va au-delà des capacités de mobilisation du régime pour ses manifestations obligatoires de l’anniversaire de la révolution ou de la journée anti-israélienne. Les Iraniens seraient peut-être en train de suivre la demande formulée dès avant-hier par Reza Pahlavi de profiter de la situation pour manifester massivement leur rejet du régime.

Quelques jours après l’annonce de la victoire d’Ahmadinejad, le régime organisait lui-même de soi-disant contestations dans le but d’arracher aux Américains une intervention en faveur du candidat perdant qui aurait déclenché la désapprobation de l’ensemble des acteurs du régime comme un signe d’ingérence dans les affaires démocratiques d’un Etat souverain, prétexte à un futur refus de dialogue avec Washington.

L’opération était aussi censée engager les opposants en exil surtout le très populaire Reza Pahlavi, fervent partisan d’un référendum pour un changement de régime, dans un processus logique où il se retrouverait en train de défendre un personnage aussi impopulaire que Rafsandjani qui se présente comme le chef de file de la contestation des résultats du scrutin.

Nous avions parlé d’un piège car l’opération lui laissait peu de choix, mais il a fort bien négocié le virage en évitant le piège qui aurait été de réduire la contestation au domaine consigné par le régime. Via deux messages en persan largement diffusés sur le net par un réseau de bénévoles, il a affirmé qu’il comprenait la déception de ceux qui avaient voté Moussavi, mais qu’il fallait changer de régime pour sortir d’un processus visiblement stérile. Pour conclure il a appelé les Iraniens à profiter de l’occasion pour « imposer leur volonté à un régime de plus en plus divisé et mal vu dans le monde ».

Le résultat de ce discours responsable a été la manifestation de Téhéran qui a réuni 1,5 million d’anonymes qui ne font pas partie des 30,000 figurants du régime dans cette ville. Sur la foi d’une vidéo amateur réalisée sur place on constate qu’il s’agit de quinquagénaires, c’est-à-dire ceux qui il y a vingt ans ont fait la révolution et ont tout perdu. On voit clairement que ces personnes ont évité de porter des vêtements ou accessoires de couleur verte de Moussavi au point que ceux qui en portent sont en minorité. Plus surprenant, on voit aussi des personnes arborant la couleur rouge pour se distinguer clairement des Moussavistes ! Autre signe révélateur : ces Iraniens ne scandaient pas ces slogans bidons qui stigmatisent Ahmadinejad sans critiquer le reste du système !

On voit aussi qu’ils cachaient leurs visages car des flics en civil déguisés en manifestants filmaient la scène avec leurs portables. La foule était pacifique et marchait à vive allure et les miliciens restaient passifs. Reza Pahlavi a en fait permis aux Iraniens de prendre conscience de leur force numérique.

Le dernier slogan d’hier a été l’appel à la grève générale, cet autre projet d’insubordination pacifique et civique défendu par Reza Pahlavi. Selon nos informations, le Bazar de Tabriz qui a eu des problèmes avec le régime l’année dernière avait déjà commencé la grève hier. On signale aussi des affrontements dans toutes les grandes villes iraniennes (Ispahan, Shiraz, Kerman, Mashad, Tabriz et Rasht).

Pour donner des forces à nos compatriotes, Reza Pahlavi a diffusé hier en début de l’après-midi son troisième communiqué pour saluer leur présence et rappeler qu’il sera « leur défenseur sur la scène internationale ». Il s’est aussi adressé aux forces de l’ordre du régime pour leur dire de « ne pas oublier que ces manifestants qui sont dans la rue face à eux sont leurs frères et sœurs qui se battent pour leur droit à eux, bassidjis, aussi ». Il a aussi rappelé à nos compatriotes que « la condition pour restaurer leur souveraineté est de ne pas abandonner le combat, de se tenir debout ».

Quelques heures plus tôt, sa mère, la Chahbanou Farah, très populaire en Iran, s’était aussi adressée aux forces de l’ordre « comme mère et Iranienne pour les encourager à ne pas faire usage de violences contre leurs frères et soeurs ». Elle a aussi rappelé « l’importance de la solidarité pour une résistance nationale qui permettrait de faire aboutir les revendications de liberté et de justice ».

Selon les Iraniens du pays que nous avons contactés, l’important était de « vaincre la peur. Chacun pense que les autres n’abandonneront pas ».

Cette mobilisation est le résultat des pendaisons publiques, des scènes d’humiliation publique de gamins de faubourgs accusés de petits larcins, le rôle du régime dans la diffusion de la drogue et l’affairisme des dirigeants qui a détruit l’emploi et l’économie.

Face à cette force tranquille qui tenait hier en respect les forces de l’ordre et lui a promis une grève générale, le régime des mollahs a décidé d’utiliser des agitateurs dans la foule pour créer des incidents afin d’ouvrir le feu et tuer pour briser la volonté de futurs rassemblements anti-régime. Au moins 5 personnes dont Kasra Sharafi, Mina Ehterami, Kambiz Shoaï et Mohsen Imani ont trouvé la mort.

Pendant trois jours, des soi-disant jeunes ont brûlé des bus ou des motos, mais le régime n’a pas tiré : il a fallu que les gens qui ne sont pas du régime descendent dans la rue pour le faire ! Autre différence entre les mises en scène des deux premiers jours et la marche d’hier : un manque bizarre d’images vidéo ! Alors que le régime avait ouvert les vannes de YouTube pour mettre en scène la contestation des deux premiers jours, cette fois, il a bloqué les communications.

Soucieux de l’avenir électoral de Moussavi, le régime revendiquera sans doute cette foule. Ce sera le moyen pour venir encore plus nombreux avec des slogans plus explicites. C’est un grand jour pour tous les Iraniens : un jour de prise de conscience de leur force. Ils sauront bientôt qui sont leurs amis ou ennemis au sein du régime ou encore en dehors des frontières de l’Iran. Cette foule que Reza Pahlavi a qualifiée de « combattante et fort capable » a montré sa capacité à surmonter sa peur, il lui faut maintenant le soutien des Etats libres. Il faudrait qu’ils oublient les faux-semblants comme Moussavi, Khatami, la validité du scrutin, mais aussi leurs contrats en Iran pour investir sur les Iraniens, uniquement sur les Iraniens.

Pour l’instant, cette demande implicite des Iraniens est restée sans suite : on n’entend guère la France, l’Italie et les autres partenaires commerciaux de l’Iran. Le pire exemple est donné par Obama qui évite d’évoquer le sujet du soutien au peuple et veut uniquement s’adresser à Khamenei pour lui parler du scrutin, avec cette vague espoir d’une entente avec ce régime. Mais des voix se lèvent aux Etats-Unis, certains Américains critiquent cette attitude indigne de Barack Hossein Obama.

http://www.danielpipes.org/blog/2009/06/rooting-for-ahmadinejad.html

Rooting for Ahmadinejad
Daniel Pipes
June 12, 2009

The heart and the head sometimes go in different directions, and they do for me today as Iranians go to the polls to vote in their country’s semi-legitimate presidential elections.

Many problems afflict those elections – including restrictions on who may run for president, what issues may be discussed, and the accuracy of electoral results – but the most important limitation concerns the powers of the president, who is conspicuously not the country’s most powerful politician.

That title belongs, rather, to the Supreme Leader or rahbar, Ayatollah Khomeini until 1989 and since then Ali Hoseyni Khamene’i. The rahbar controls key institutions (foreign policy, the military, law enforcement, the justice system) of the Islamic Republic of Iran. In contrast, the president primarily concerns himself with the softer domains such as economics and education. (A contrast I discussed in 2003 at “The Iranian President’s Power.”)

With two important exceptions, the rahbar equals the president-for-life (such as Egypt’s Husni Mubarak) or king-for-life (such as Jordan’s Abdullah II), while the Iranian president equals their flunky prime ministers. The exceptions explains why the Iranian president is much better known than his functional equivalents: he is directly elected and the rahbar, in keeping with his religious character, stays aloof from overt politics. Together, these two factors account for the anomaly of the Iranian president serving as the public face for a regime he does not control.

This means that whoever is elected president, whether Mahmoud Ahmadinejad or his main opponent, Mir Hossein Mousavi, will have limited impact on the issue that most concerns the outside world – Iran’s drive to build nuclear weapons, which Khamene’i will presumably continue apace, as he has in prior decades.

Therefore, while my heart goes out to the many Iranians who desperately want the vile Ahmadinejad out of power, my head tells me it’s best that he remain in office. When Mohammed Khatami was president, his sweet words lulled many people into complacency, even as the nuclear weapons program developed on his watch. If the patterns remain unchanged, better to have a bellicose, apocalyptic, in-your-face Ahmadinejad who scares the world than a sweet-talking Mousavi who again lulls it to sleep, even as thousands of centrifuges whir away.

And so, despite myself, I am rooting for Ahmadinejad.

I realize that this pragmatic view shocks the tender sensibilities of left-wingers such as Daily Kos, Huffington Post, and Rachel Maddow, but this is hardly the first time leftists think with their hearts, nor the first time that their unthinking sentimentality might lead to disaster.

Daniel Pipes on MSNBC’s Rachel Maddow Show.

Voir enfin:

Les dessous d’une élection fabriquée
Décryptage : L’organisation de la fraude était d’abord destinée à sauver le pouvoir absolu du Guide suprême.
Jean-Pierre Perrin
Libération
16/06/2009

Trois jours après le scrutin, le camp réformiste reste toujours aussi déterminé. Peut-il sortir vainqueur de cet affrontement ?

Y a-t-il vraiment eu une fraude et de quelle ampleur?

Il semble que la fraude ait été préparée bien avant les élections. Depuis les scrutins de décembre 2006 (municipales et Assemblée des experts, l’une des principales institutions de la République islamique), qui avaient été très défavorables à ses partisans, Ahmadinejad était sur la défensive. Il s’attendait, semble-t-il, à perdre cette présidentielle. A l’exception d’un sondage américain le donnant largement vainqueur, les autres enquêtes d’opinion, cette fois iraniennes, le donnaient battu. D’après des informations glanées au ministère de l’Intérieur, des bassidji («volontaires» des milices islamiques) sont venus, le jour du scrutin, remplacer certains fonctionnaires chargés de collecter les résultats. «Cette fraude est la conséquence d’un plan très sophistiqué, machiavélique, préparé de longue date, avec une feuille de route», souligne le chercheur Michel Makinsky. Selon des fuites obtenues auprès d’experts dans ce même ministère, les vrais scores des candidats sont radicalement différents de ceux annoncés officiellement : le réformateur Mir Hussein Moussavi serait ainsi arrivé en tête avec 19 millions de voix (sur 42 millions de votants), devant le second candidat réformateur, Mehdi Karoubi, qui a recueilli 13 millions de suffrages, Ahmadinejad n’arrivant qu’en troisième position avec 5,7 millions. Dès lors, un second tour aurait dû avoir lieu sans la présence du candidat ultraradical.

Quel a été le rôle du Guide Ali Khamenei ?

Il semble qu’il était prêt à accepter la victoire de Moussavi. Ce serait Ahmadinejad qui l’aurait convaincu d’entériner la fraude et de le déclarer vainqueur avec les chiffres qu’il avait lui-même fabriqués. Le président sortant aurait emporté la décision du Guide en lui expliquant que les deux candidats arrivés en tête souhaitaient limiter son pouvoir absolu.

Est-on en train d’assister à une révolution ?

Avant les élections, Yadollah Javani, le chef des Gardiens de la révolution avait mis en garde contre les risques d’une «révolution de velours» semblable à celle qui avait triomphé du communisme en Tchécoslovaquie. Mais, pour le moment, le camp réformateur exige uniquement que le verdict des urnes soit respecté. A aucun moment, il n’a remis en cause la légitimité du régime islamique. Après le scrutin qui les donnait perdants, les deux candidats réformateurs ont d’ailleurs voulu rencontrer immédiatement le Guide. Mais si les leaders réformateurs fédèrent tous les opposants à Ahmadinejad, une large partie des jeunes veulent aller plus loin et remettent en cause les valeurs islamiques, désirant une vie plus libre, plus à l’occidentale, moins corsetée par les interdits. Principal handicap de cette avant-garde, elle ne dispose d’aucune organisation, même clandestine. La mouvance réformatrice, elle-même très divisée, n’a pas non plus de véritables partis pour la représenter, hormis un syndicat étudiant. Les partisans de Mahmoud Ahmadinejad sont, eux, mieux structurés.

Que peut faire le pouvoir ?

A l’évidence, il y a aujourd’hui deux camps en Iran. La défaite d’Ahmadinejad ne signifie pas qu’il soit dépourvu d’une base électorale, d’autant plus qu’il a distribué avant le scrutin une manne financière extraordinaire et qu’une partie des Iraniens sont sensibles à ses slogans nationalistes. Il a aussi derrière lui les bassidji, soit environ deux millions d’éléments paramilitaires. La direction du camp réformateur est d’ailleurs très soucieuse d’éviter toute radicalisation du conflit. En revanche, elle a désormais un véritable leader, Bir Hossein Moussavi, bon tacticien, déterminé et opiniâtre.

Khamenei, le Guide suprême, a demandé à Moussavi de calmer la rue. Sans succès. Après la proclamation des résultats, le régime s’attendait à des manifestations, mais sans doute pas de cette ampleur. On peut noter en revanche que les Gardiens de la révolution, qui, comptent 170 000 hommes et 350 000 appelés ne sont pas intervenus en renfort. Est-ce parce qu’ils laissent les basses besognes aux bassidji et aux policiers des renseignements ? Ou parce qu’ils sont eux-mêmes divisés, une partie des officiers étant proche de Moussavi qui fut Premier ministre pendant la longue guerre Iran-Irak ?

Que font les religieux ?

Ils gardent le silence et discutent, notamment au sein de l’Assemblée des experts et des séminaires de la ville sainte de Qom. Car, en toile de fond, c’est le rôle du Guide qui se joue. Durant la campagne, la question de la limitation de son pouvoir absolu avait été posée par les candidats réformateurs, notamment lors des débats télévisés. Là est sans doute le véritable enjeu des élections. Inacceptable pour lui

Voir enfin:

Le communiqué de Reza Pahlavi sur la situation iranienne

Samedi 13 Juin 2009

Aujourd’hui le monde est témoin de la colère de millions d’Iraniens, soulevés contre un régime qui leur refuse leurs droits les plus élémentaires, y compris et surtout, celui de choisir des dirigeants capables d’améliorer leurs conditions de vie abyssales.

Il n’existe aucune issue à cette situation et l’impasse durera aussi longtemps qu’un seul homme concentre entre ses mains un « pouvoir divin » et contrôle le judiciaire, les médias, les forces de sécurités et, directement ou indirectement par l’intermédiaire de ses nominations, dicte sa volonté et sélectionne les candidats sensés représentés tout un peuple, appauvri et privé de sa souveraineté.

Aujourd’hui, je reste solidaire de mes compatriotes et demande l’abolition de la République Islamique ou de tout autre préfixe apposé au nom de mon pays, l’Iran, le qualifiant de théocratie ou de toute autre forme de mépris pour la démocratie et les Droits de l’Homme.

Je mets en garde le monde qu’offrir, en ces moments graves, des mesures d’encouragements, ou des « carottes », à la théocratie, sera vécu comme un affront par le peuple iranien. Ce n’est pas le moment pour ce genre d’aveuglement tactique. Le moment est au contraire venu pour le monde libre de se montrer fidèle à ses principes et de se porter solidaire du peuple d’Iran, dans sa quête pour la démocratie et les Droits de l’Homme.

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