Iran: Contestation, piège à cons! (After tricking the Obama administration, the mullahs try to trick the opposition)

Iran's fake green revolution (Jun. 09)
Tout indique même que notre mauvaise conscience, bien loin de susciter l’émulation, renforce les autres dans leur bonne conscience. Jacques Dewitte
A ceux qui prétendent que ces théocrates sont susceptibles de se réformer si nous faisons l’effort d’être compréhensifs et attentifs à leurs exigences, je dis: vous ignorez totalement la différence entre une révolution islamiste et celles qui se réclament de la laïcité. Ceux qui prétendent parler sous l’autorité absolue d’Allah n’exigent rien d’autre que la soumission la plus absolue. (…) Le monde extérieur doit jouer la carte des Iraniens eux-mêmes, ne plus parler aux geôliers mais à ses prisonniers. Il ne faut pas retomber dans le piège du changement de sièges car le jeu de cartes est toujours identique même si les cartes qui sortent sont différentes. Reza Pahlavi
Lorsqu’on est en désaccord profond avec quelqu’un, il faut lui parler directement. Barack Obama (janvier 2008)
Nous avons essayé d’envoyer un message clair disant que, selon nous, un changement est possible. Quel que soit celui qui est appelé à remporter l’élection au bout du compte, nous espérons que le débat vigoureux qui a eu lieu (en Iran) servira notre capacité à nouer le dialogue avec eux d’une nouvelle manière. Barack Obama (juin 2009)
La réélection annoncée du président Mahmoud Ahmadinejad (…) place l’administration [Obama] dans une décision difficile: joindre sa voix aux adversaires de M. Ahmadinejad qui dénoncent un trucage, et passer pour s’ingérer dans les affaires intérieures iraniennes au risque de compromettre le dialogue, ou contenir son éventuelle indignation et s’exposer aux critiques des défenseurs des libertés. AFP
Il y a peu de choix pour l’opposition en exil: si elle refuse de prendre parti, le régime décrétera qu’elle trahit ses partisans! Et si elle prend parti, elle défendra de facto Rafsandjani, le patron corrompu du régime, qui se recycle en chef de l’opposition interne. En le défendant, elle se discréditerait et s’autodétruirait! Iran-Resist

Après les élections-pièges à cons,… la contestation-piège à cons!

Campagne sur les chapeaux de roue, “vague verte” à l’ukrainienne ou à la libanaise avec jolies filles (prenant la pose pour les caméras aux couleurs de l’islam et aux cris de… Allah akbar!), participation prétendument massive avec doigts marqués d’encre brandis fièrement à l’irakienne, contestation des résultats à la Bush-Gore 2000, images de répression prétendument volées en boucle sur Youtube …

Les mollahs, on le voit, ont fait très fort pour vendre au monde leur démocratie-Potemkine.

Pourtant, comme l’a déjà montré encore tout récemment la Corée du nord ou bientôt le Hamas, comment ne pas voir l’extrême naïveté, de la part d’un prétendu chef du Monde libre obsédé par la volonté de se démarquer de son prédécesseur, de vouloir parler sans conditions à des régimes-voyous, les confortant ainsi dans le défi à la Communauté internationale qui est leur raison même d’existence?

Sans parler de la profonde méconnaissance des réalités iraniennes dont témoigne le fait de se dire “impressionné par l’enthousiasme que cette élection a suscité en Iran” et préoccupé par “les informations faisant état d’irrégularités”.

Alors que, comme ne cesse de le rappeler le site Iran-Resist, tout dans cette élection ne peut être que factice.

Des candidats aux mêmes programmes aux faux opposants tentant de piéger pour mieux les neutraliser les véritables dissidents en exil.

Voire, si besoin est,… jusqu’au prince Reza Pahlavi lui-même?

Iran-Contestations: Rafsandjani veut piéger l’opposition
Iran-Resist
14.06.2009

Ahmadinejad vient d’être élu et l’on assiste à des violences urbaines qui donnent de l’espoir à certains opposants en exil. C’est un piège tendu par le régime aux opposants en exil.

| Décodages |

Avant-hier, très rapidement, les médias du régime ont annoncé une victoire de Moussavi. Une heure plus tard, ces mêmes médias ont changé de position pour donner Ahmadinejad vainqueur. Par la suite, toujours ces mêmes médias dont Fars News contrôlée par les Pasdaran ont rapporté que « Moussavi s’était réuni avec Karroubi et Khatami chez Rafsandjani pour préparer une révolte urbaine afin de contester les résultats » ! Mais personne n’a arrêté les intéressés, comme une autre preuve de démocratie en Iran !

Le lendemain (samedi 13 juin), le régime lui-même a fait état de violences urbaines d’un petit groupe organisé qui n’accepte pas le verdict du peuple et le système d’Internet très filtré du régime a comme par miracle laissé passer des vidéos de ces heurts !

Aussitôt, des organismes réputés hostiles à Ahmadinejad comme le Bureau de Consolidation de l’Unité, le syndicat estudiantin officiel, est intervenu pour condamner cette conduite, tout en félicitant le vainqueur et saluant l’honnêteté du scrutin ! D’autres organismes du même type ont également dénoncé toute critique du scrutin. On peut citer entre autres, le Groupement des associations islamiques estudiantines indépendantes, l’association islamique des travailleurs, ou encore des partis fondateurs du régime comme le Motalefeh.

On a alors entendu des accusations de liens entre ce groupe de contestataire et les « Américains et les sionistes » ». On a laissé entendre que le régime lancerait une chasse aux sorcières interne !

L’hypothèse est presque confirmée par une avalanche de rumeurs anonymes sur les noms de responsables. On parle entre autres de Mohsen Armine, ex-officiler de liaison avec le Hezbollah, et Mostafa Tajzadeh, ex-n°2 du ministère de l’intérieur, poste chargé de la répression des opposants et de leur élimination. En fait, le régime va recycler d’autres barbouzes en dissidents pour les infiltrer dans l’opposition en exil !

Sur ce fond d’agitation formatée, le président élu a fait une allocution sur la première chaîne iranienne. Il a remercié ses électeurs avant d’affirmer qu’il comptait « prendre en compte le suffrage » de son adversaire en changeant de cabinet pour « former un gouvernement qui soit représentatif du peuple et non d’un parti ». Il a aussi invité à plusieurs reprise tous les jeunes Iraniens, « ses enfants, à relever leurs manches pour rebâtir ensemble le pays ». C’est Obama bis!

Parallèlement à cette aimable allocution et aux nouvelles d’agitation et de dissensions internes, les téléphones de la chaîne Pars TV-Radio KRSI basée à Los Angeles ont sonné : des soi-disant opposants anonymes évoquaient des nouveaux slogans très anti-régime et pro Pahlavi et rapportaient le besoin urgent que les opposants en exil (« pro-Américains ») en particulier Reza Pahlavi se manifestent et apportent leurs soutiens aux dissidents qui manifestaient à Téhéran ! Le schéma est tellement clair !

Le procédé téléphonique n’est pas nouveau: les appeleurs anonymes du régime ont déjà joué cette comédie dans le cadre du faux mouvement estudiantin de 1999. Ils ont promu au rang de héros de l’opposition des miliciens sexy qui aujourd’hui ont changé de discours, sont installés aux Etats-Unis et font un lobbying intense pour promouvoir le dialogue et l’entente entre Téhéran et Washington.

Il y a peu de choix pour l’opposition en exil: si elle refuse de prendre partie, le régime décrétera qu’elle trahit ses partisans! Et si elle prend partie, elle défendra de facto Rafsandjani, le patron corrompu du régime, qui se recycle en chef de l’opposition interne. En le défendant, elle se discréditerait et s’autodétruirait !

Cela montre la difficulté de notre entreprise. La solution serait de jouer la carte de la vérité et dénoncer ces procédés et ces jeunes qui chantent l’hymne révolutionnaire khomeyniste de Yareh Dabestani et défendent des assassins comme Moussavi et Rafsandjani.

Voir aussi:

L’effort d’Obama pour renouer le dialogue avec l’Iran subit un coup dur
Cyberpresse
le 13 juin 2009

Agence France-Presse
Washington

Le président Barack Obama a beau dire que son effort pour surmonter 30 ans d’hostilité entre les États-Unis et l’Iran ne dépend pas des dirigeants en place à Téhéran, la réélection annoncée du président Mahmoud Ahmadinejad lui complique sérieusement la tâche.

Elle va aussi compliquer l’entreprise internationale visant à empêcher l’Iran de fabriquer la bombe atomique, conviennent les experts. Elle va forcer M. Obama à traiter avec un homme qui personnifie, pour beaucoup aux États-Unis, l’anti-américanisme, l’intransigeance sur le nucléaire, la négation de l’Holocauste ou la volonté d’anéantir le grand allié israélien.

Elle place l’administration dans une décision difficile: joindre sa voix aux adversaires de M. Ahmadinejad qui dénoncent un trucage, et passer pour s’ingérer dans les affaires intérieures iraniennes au risque de compromettre le dialogue, ou contenir son éventuelle indignation et s’exposer aux critiques des défenseurs des libertés.

Au bout du compte, dit l’expert Karim Sadjadpour, elle confronte M. Obama au risque d’une dangereuse escalade: «Je crois, malheureusement que les chances d’une attaque contre l’Iran, une attaque israélienne contre l’Iran, augmentent considérablement si Ahmadinejad reste président».

La première réaction de la Maison-Blanche, un communiqué de deux phrases, a montré dans quelle passe délicate se retrouvait M. Obama: le gouvernement est «impressionné» par l’enthousiasme que cette élection a suscité en Iran, «nous continuons à suivre de près la situation dans son intégralité, y compris les informations faisant état d’irrégularités», s’est contenté de dire le porte-parole de M. Obama, Robert Gibbs.

M. Obama et son administration «sont dans le pétrin, il faut qu’ils composent avec le pouvoir en place» à cause de la nécessité de parler aux Iraniens sur des sujets aussi essentiels que le nucléaire, l’Afghanistan, l’Irak, le terrorisme, le pétrole, «et c’est de toute évidence un pouvoir déterminé à garder le contrôle, cela va rendre la négociation beaucoup plus difficile», dit l’experte Suzanne Maloney.

M. Obama a décidé de rompre avec la diplomatie de son prédécesseur George W. Bush et d’accepter d’engager un dialogue ferme mais direct avec le régime islamique. Il a constamment signifié, et encore vendredi, que cela serait le cas avec quiconque serait au pouvoir à Téhéran.

Comme les autres experts, Mme Maloney juge les résultats annoncés par les autorités iraniennes dépourvus de crédibilité. Et cela rend la tâche de M. Obama encore plus délicate, surtout si des violences éclatent: sûrement soumis à la pression de l’opinion et du parlement, M. Obama devra décider de soutenir ou non la contestation, dit Mme Maloney. S’il le fait, il «tue» la perspective de négociations.

Les experts s’attendent cependant à ce que M. Obama entreprenne l’effort, avec moins de marge de manoeuvre aux États-Unis parce qu’il aura affaire à M. Ahmadinejad, et après une pause, le temps que la situation iranienne se décante.

Ils envisagent comme une possibilité que M. Ahmadinejad soit plus disposé à négocier qu’auparavant, sur le nucléaire par exemple.

Joseph Cirincione, un expert en non-prolifération, concède cependant que ce n’est qu’une «conjecture»: «La bonne nouvelle, c’est que l’équipe de négociateurs d’Ahmadinejad est en place; la mauvaise nouvelle, c’est qu’il revient avec une ligne plus dure et qu’il ne va pas être d’humeur à faire des compromis».

Le mouvement en faveur du changement en Iran aura persuadé le Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, décideur ultime dans l’appareil d’État iranien, «qu’il a raison de dire depuis 20 ans que le véritable danger, c’est une révolution de velours, que l’Occident est derrière tout ça, et que cela ne sert à rien de chercher à trouver un accord avec l’Occident sur le nucléaire», ou le reste, dit l’expert Patrick Clawson.

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