Mort de Bongo: La Françafrique est morte, vive la Françafrique! (With Bongo, every party got its fair share: Former French foreign minister confirms kickbacks)

Bongo free for all
Le Gabon sans la France, c’est une voiture sans chauffeur. La France sans le Gabon, c’est une voiture sans carburant. Omar Bongo
Je suis attristé d’apprendre la mort du président El Hadj Omar Bongo Ondimba du Gabon ( …) Le président Bongo a joué un rôle important dans le développement et le façonnage des fortes relations bilatérales existant aujourd’hui entre le Gabon et les Etats-Unis. (…) Le président a systématiquement mis l’accent sur l’importance de la recherche du compromis et des efforts pour la paix, et fait une priorité de la protection des trésors naturels du Gabon. (…) Son travail en faveur de la protection (de l’environnement) dans son pays et son engagement à résoudre les conflits à travers le continent constituent une part importante de son héritage. Barack Obama (communiqué)
C’est un grand et fidèle ami de la France qui nous a quittés, une haute figure de l’Afrique et un chef d’Etat qui avait su gagner l’estime et le respect de l’ensemble de ses pairs, notamment par ses nombreuses initiatives en faveur de la paix sur le continent africain. Nicolas Sarkozy (communiqué)
Je connaissais Bongo depuis cinquante ans. C’était un ami et nous avons toujours travaillé en bonne intelligence. Mais je n’étais pas là, moi, pour porter les valises. Et bien d’autres pays ont procédé à de tels financements. La différence avec Omar Bongo, c’est qu’il répartissait équitablement la manne: chaque parti était servi. Roland Dumas

La Françafrique est morte: vive la Françafrique!

A l’heure où, du Pleurnicheur en chef de la Maison Blanche à notre Sarkozy national, le monde entier n’a pas de mots assez doux pour louer les 41 ans du maitre-kleptomane Bongo à la tête du Gabon …

Et où l’ancien président Giscard confirme publiquement les financements occultes, par "l’ami de la France", du délinquant multirécidiviste et ex-squatteur de l’Elysée pendant dix ans Jacques Chirac

Retour, avec un l’éditorialiste de RTL Jean-Michel Aphatie, sur le cynisme tranquille de l’ancien ministre et homme des coups tordus de François Mitterrand et accessoirement avocat du Canard enchainé Roland Dumas.

Qui, dans un entretien au Parisien et entre deux pince-fesses chez les mollahs, confirme la réalité de ces paiements comme le fait, dont se vantait lui-même celui qui continuait à faire destituer des ministres français et avait dû aller se faire opérer en Espagne pour cause de poursuites judiciaires en France où il possédait de nombreuses propriétés, qu’ils touchaient bien – et équitablement, s’il vous plait! – la totalité des partis politiques français.

Sans parler du secret de polichinelle de l’existence du même système pour les autres pays africains et de la réalité, contre toutes les promesses, de la continuation de la Françafrique.

Car en effet, "comme disait François Mitterrand, à quoi servirait de changer les dirigeants en Afrique puisque leurs successeurs prendront les mêmes décisions?"

Roland Dumas sur Omar Bongo, jusqu’à la nausée

Jean-Michel Aphatie
RTL
le 11 juin 2009

Omar Bongo est mort, et les mots que les dirigeants français emploient à propos de cette mort ont ceci de fascinant et de formidable qu’ils en disent plus sur eux que sur lui, sur la France que sur l’Afrique.

Il a déjà été noté ici que plusieurs responsables politiques français ont qualifié Omar Bongo d’ « ami », ce qui laisse songeur quand on connaît le rapport que le président gabonais entretenait avec les libertés individuelles pour ces concitoyens, ou bien avec la notion de solidarité dans le partage des richesses de ce petit pays potentiellement riche, ou bien encore avec l’honnêteté et la moralité dont l’éducation la plus élémentaire apprend à chacun et sur tous les continents qu’elles doivent être les rails d’une vie.

Sur quelles valeurs se fondaient donc cette « amitié » aujourd’hui revendiquée? Des valeurs démocratiques, vraiment, ces valeurs qu’incarnent et représentent pourtant les dirigeants de la République française, patrie des droits de l’Homme et du reste? Ou bien plutôt, et plus prosaïquement, sur les services rendus? Sur les facilités accordées? Sur la défense d’intérêts réciproques? Chacun ici dira que poser la question est un peu stupide, un peu naïf, ou un peu facile, au choix, tant la réponse paraît évidente. Soit. Mais alors, il faut aller au bout du raisonnement et convenir que ni nous ni ceux qui nous dirigent ne croient aux beaux discours et aux proclamations de foi, que ceux-ci flattent nos esprits mais ne guident pas nos actes, qu’ils peuplent notre imaginaire mais ne déterminent pas toujours, pas forcément, voire très peu en la circonstance, nos actes. Il ne s’agit ni de s’en indigner, ni de le regretter. Il s’agit juste d’en prendre conscience, ce que nous permet de faire, justement, la mort d’Omar Bongo.

Cet événement libère les esprits davantage encore qu’on ne pouvait l’imaginer ou l’espérer. L’expression, alors, peut aller jusqu’au cynisme le plus nauséabond, comme l’illustre l’interview de Roland Dumas, ancien ministre des Affaires étrangères de François Mitterrand, ce matin, dans Le Parisien.

Au rang de l’oubli de soi, des valeurs et du reste, ceci. Omar Bongo finançait-il, comme il s’en vantait parfois, les partis politiques français, lui est-il demandé? Réponse de Roland Dumas: « S’il l’a dit, c’est qu’il y a une part de vérité. Je connaissais Bongo depuis cinquante ans. C’était un ami et nous avons toujours travaillé en bonne intelligence. Mais je n’étais pas là, moi, pour porter les valises. Et bien d’autres pays ont procédé à de tels financements. La différence avec Omar Bongo, c’est qu’il répartissait équitablement la manne: chaque parti était servi. »

Que la tirade est belle! Omar Bongo a pu connaître ou faire connaître tous les tourments de l’enfer, gérer son,pays comme un satrape, maintenir dans la pauvreté et la misère ses concitoyens, « nous avons toujours travaillé en bonne intelligence. » C’est une chose, pour un responsable politique de défendre les intérêts de son pays, et Roland Dumas, ministre ou éminence grise, double ou triple tiroir, homme de main et homme servile, a prétendu servir son pays dans les différentes responsabilités publiques ou fonctions occultes qui ont été les siennes. Dans ces cas-là, on peut s’accommoder de tout et du pire, par devoir, avec abnégation. Mais c’est autre chose, tout de même, que cette « bonne intelligence » qui induit l’accord, la complicité, le goût même du contact et le plaisir des retrouvailles, l’amitié donc, revoilà le mot et ce qu’il charrie qui ici n’est pas noble.

Et puis autre chose, du lourd, c’est-à-dire de l’information. Omar Bongo finançait tous les partis, droite et gauche, tous républicains, tous vertueux, mais tous avides d’argent fût-il sale pour défendre ces intérêts là. Et avec combien de perdition au passage? Perte d’argent, certes, égaré dans diverses poches, mais perte de liberté aussi, d’indépendance. Et puis, cette autre information: « d’autres pays ont procédé à de tels financements. » Ah bon? Lesquels? Quand? Au profit de qui? Avec quelles contreparties?

Comme tous les grands hommes, Roland Dumas a écrit ses Mémoires. Rien de tout cela bien sûr n’y figure. Sans doute ne nous juge-t-il pas dignes de ce genre de confidences. Cela ne nous regarde pas, ne regarde que les puissants, ne se partage qu’entre puissants. Mais alors, pourquoi lever le coin du voile ce matin? Maîtrise imparfaite d’un égo depuis longtemps dilaté? Formidable sentiment d’impunité qui fait oublier les lois élémentaires de l’omerta?

Dans sa dernière réponse au Parisien, Roland Dumas atteint les sommets d’un détestable cynisme, au point d’en tutoyer le racisme. Question: « La mort de Bongo marque-t-elle la fin de la Françafrique? » Réponse: « Je ne crois pas. Le système se perpétue. Comme disait François Mitterrand, à quoi servirait de changer les dirigeants en Afrique puisque leurs successeurs prendront les mêmes décisions? »

De manière étonnante, on retrouve cette sentence mitterrandienne dans le papier de page 3 que Le Monde daté de ce jour consacre au défunt président gabonais. La voici, attribuée donc à François Mitterrand par Raphaëlle Bacqué et Pascale Robert Diard, les deux signataires du papier: « A quoi cela sert-il de changer les hommes? Celui que l’on mettrait à la place ferait la même chose. »

La pensée ici n’est pas seulement désabusée, elle est pratiquement raciste. Mettre un Africain à la place d’un autre Africain est inutile. Ils se ressemblent tous. Le changement en France a un sens, parce que les Français sont évolués, intelligents, capables de réflexions, donc de choix. Mais un Africain, pensez donc? Il tapera dans la caisse, voilà tout. Donc, « nous » n’en changerons pas, car c’est nous, bien sûr qui « changeons » les dirigeants africains. Laissons donc en place celui et ceux que nous connaissons. Eux, au moins, ce sont des « amis ». Et voilà comment la boucle se boucle, dans le mépris, le si vulgaire mépris.

C’est une forme d’étonnement qui saisit à l’occasion de la mort d’Omar Bongo. Il était difficile d’imaginer que cet événement libérerait ainsi la parole, jusqu’à produire un effet de miroir dans lequel nous apparaissons la figure tordue par une bien vilaine grimace.

Voir aussi:

"Chaque parti était servi"
Roland Dumas, ancien ministre des Affaires étrangères
Propos recueillis par Henri Vernet
Le Parisien
11.06.2009

L’ancien ministre et avocat Roland Dumas, proche de François Mitterrand, connaissait bien Omar Bongo

Bongo a-t-il pu financer la campagne de Chirac en 1981, comme le prétend Giscard ?

Roland Dumas. Ce genre d’informations n’est pas nouveau. Le président Bongo a toujours été suspect de tels agissements. Je n’ai pas de raison de mettre en doute la parole de Valéry Giscard d’Estaing. Cela concerne un autre bord politique que le mien !

Mais Bongo a lui-même écrit dans un livre qu’il finançait tous les partis français…

S’il l’a dit, c’est qu’il y a une part de vérité. Je connaissais Bongo depuis cinquante ans, c’était un ami et nous avons toujours travaillé en bonne intelligence. Mais je n’étais pas là, moi, pour porter les valises. Et bien d’autres pays ont procédé à de tels financements. La différence avec Omar Bongo, c’est qu’il répartissait équitablement la manne: chaque parti était servi. Il suivait la politique française de très près et s’arrangeait pour savoir quels étaient ceux qui allaient gagner les élections.

Vous avez constaté ces financements occultes ?

Cela ne passe jamais par les ministres en exercice ! Il y a toujours un trésorier de parti ou ses adjoints pour remplir ce rôle.

Beaucoup d’argent passait par Elf ?

Cela, c’est autre chose. C’est un financement privé. Je crois que ça a existé, que tout le monde recevait sa part. Mais quelques-uns étaient plus privilégiés que d’autres…

Quand Charles Pasqua jure que le RPR n’a jamais été financé par Bongo, cela vous fait sourire ?

Non… mais ça passait peut-être par d’autres que lui !

Comment François Mitterrand voyait-il cela ?

Il souhaitait maintenir avec les chefs d’Etat africains des relations qui étaient celles qu’ils avaient eues avec le général de Gaulle. Il n’a rien changé dans le dispositif, il a simplement changé des hommes. Par exemple, Foccart (NDLR : le Monsieur Afrique de De Gaulle) n’était plus là.

Qui était le Foccart de Mitterrand ?

Il y en a eu plusieurs. Il y avait son fils Jean-Christophe, qui avait des relations personnelles avec les dirigeants africains et des liens quotidiens avec son père. Cela facilitait les choses. Des dirigeants comme Bongo ou l’Ivoirien Houphouët-Boigny tenaient à avoir un contact direct avec l’Elysée, parce que là résidait le pouvoir. Je voyais régulièrement Bongo. Un jour il a tenu à me montrer sa vieille carte d’adhérent à la SFIO (NDLR : l’ancêtre du PS) qui remontait à avant la guerre !

Que pensait-il de Mitterrand ?

Il l’aimait bien. Mais il n’avait pas avec lui la même familiarité qu’avec Jacques Chirac, qu’il tutoyait et embrassait.

La mort de Bongo marque-t-elle la fin de la Françafrique ?

Je ne crois pas. Le système se perpétue. Comme disait Mitterrand, à quoi servirait de changer les dirigeants en Afrique puisque leurs successeurs prendront les mêmes décisions ?

Voir enfin:

Obama "attristé" par la mort de Bongo
AFP
09/06/2009

Le président américain Barack Obama s’est dit "attristé" par la mort hier du président du Gabon Omar Bongo. "Je suis attristé d’apprendre la mort du président El Hadj Omar Bongo Ondimba du Gabon", écrit Barack Obama dans un communiqué.

"Le président Bongo a joué un rôle important dans le développement et le façonnage des fortes relations bilatérales existant aujourd’hui entre le Gabon et les Etats-Unis", ajoute-t-il.

"Le président a systématiquement mis l’accent sur l’importance de la recherche du compromis et des efforts pour la paix, et fait une priorité de la protection des trésors naturels du Gabon", indique M. Obama. "Son travail en faveur de la protection (de l’environnement) dans son pays et son engagement à résoudre les conflits à travers le continent constituent une part importante de son héritage", ajoute le président américain. "Au nom du gouvernement des Etats-Unis, je présente mes condoléances à sa famille et au peuple du Gabon", conclut M. Obama.

Voir enfin:

MORT D’OMAR BONGO
La mort du président gabonais signe-t-elle la fin de la "Françafrique"?
NOUVELOBS
11.06.2009

Même s’il ne représentait pas à lui seul la "Françafrique", la disparition du président gabonais marque la fin d’une certaine relation franco-africaine.
Avec la mort d’Omar Bongo Omdimba, c’est un pilier de la "Françafrique" qui s’effondre. C’était l’une des figures les plus emblématiques de l’Afrique post-coloniale. Il a été l’interlocuteur privilégié des présidents français depuis plus de 40 ans, même si les relations avec Paris se sont récemment crispées. Doyen des chefs d’Etats africains, son influence tenait avant tout à son ancienneté: 41 ans de pouvoir.

Agé de 73 ans, il avait accédé au pouvoir en 1967, avec l’aval de la France. Il est le président resté le plus longtemps au pouvoir. Pour le journaliste Antoine Glaser, rédacteur en chef de la Lettre du continent il "était le gardien d’un demi-siècle de secrets de la présence française en Afrique". "Approvisionnement énergétique, mercenariat, opérations secrètes… Des années 60 aux années 90, il a servi la diplomatie d’influence de la France en Afrique. Et la plate-forme de la France, gendarme de l’Afrique, c’était Libreville", poursuit-il.

Une expression est née

C’est l’ancien président de la Côte d’Ivoire, Felix Houphouët-Boigny, qui inventa l’expression France-Afrique, en 1955. Il voulait définir ainsi les bonnes relations qu’entretenait la France avec ses anciennes colonies. L’expression "Françafrique" a ensuite été forgée par François-Xavier Verschave, ancien président de l’association Survie. Il a ainsi voulu désigner les réseaux occultes qui unissaient la France à l’Afrique.
Dans son livre, "La Françafrique, le plus long scandale de la République" (Stock, avril 1998), il écrit : la Françafrique est "une nébuleuse d’acteurs économiques, politiques et militaires, en France et en Afrique, organisée en réseaux et lobbies" qui "est hostile à la démocratie". L’Angola, le Togo, le Congo-Brazzaville, la République démocratique du Congo, le Rwanda, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Tchad, les Comores, le Gabon, le Burkina Faso, Madagascar, le Bénin, la Tunisie, le Maroc, le Niger, Djibouti, le Mali, la Centrafrique, la Mauritanie, la Guinée Equatoriale et l’Algérie feraient partie de ce cercle d’initiés.

Une sphère d’influence

Corruption, accords secrets, soutien militaire indirects en sont les caractéristiques. L’objectif français aurait été de maintenir une sphère d’influence importante en Afrique et d’exploiter la richesse des matières premières. Une "cellule Afrique" composée de plusieurs diplomates a été constituée sous l’autorité du général De Gaulle. Jacques Foccart en a été le principal dirigeant jusqu’en 1974. Cette cellule aurait, selon certains, soutenu des dirigeants, déjoué des coups d’Etat et fomentés d’autres. L’ancien président de la République Valéry Giscard d’Estaing a ainsi affirmé au lendemain de la mort d’Omar Bongo, que le président gabonais avait soutenu "financièrement" Jacques Chirac pendant la campagne présidentielle de 1981.

Le discours de Cotonou

Un lien, donc, fondé sur des intérêts croisés, y compris avec Nicolas Sarkozy, qui avait pourtant promis de rompre avec la "Françafrique" et de "définitivement tourner la page des complaisances, des secrets et des ambiguïtés", lors de son discours de campagne en 2006 à Cotonou (Bénin).
Il promettait alors de ne plus soutenir les chefs d’Etat corrompus. Et pourtant.
Après son élection, il fait étape à Libreville au cours de sa première tournée africaine. Autre signe de la persistance de ces relations particulières, Omar Bongo a obtenu en 2008 le départ du secrétaire d’Etat à la Coopération, Jean-Marie Bockel, qui l’avait profondément irrité en annonçant vouloir "signer l’acte de décès de la Françafrique" qu’il reconnaissait "moribonde". Des déclarations jugées arrogantes pour le Gabon, qui, se sentant visé, a déclaré préférer "trouver des partenaires plus respectueux".

"La France sans le Gabon, c’est une voiture sans carburant"

Le Gabon était aussi le bastion originel d’Elf, la compagnie pétrolière française créée en 1967, dont l’ex-PDG, Loïk Le Floch-Prigent, reconnaîtra plus tard qu’elle servait de "diplomatie parallèle" et finançait les services secrets français… "Le Gabon sans la France, c’est une voiture sans chauffeur. La France sans le Gabon, c’est une voiture sans carburant". Ainsi Omar Bongo décrivait-il, dans les années 80, les relations entre Paris et son ex-colonie, riche en pétrole, manganèse et bois.

L’affaire des biens mal acquis

Les tensions sont montées d’un cran après la diffusion, par la chaîne de télévision publique France 2, d’un reportage consacré aux biens immobiliers luxueux du clan Bongo en France. Les associations Survie, Sherpa et la Fédération des Congolais de la diaspora portent alors plainte pour "recel de détournement de biens publics et complicité" auprès du tribunal de Grande Instance de Paris contre cinq chefs d’Etats africains dont la famille d’Omar Bongo. Selon elles, ces biens ont été acquis avec de l’argent public détourné. Une enquête policière pour "infraction insuffisamment caractérisée" est ouverte par le parquet de Paris en juin 2007, puis classée sans suite en novembre 2007. Au Gabon, l’opinion gabonaise se range derrière son chef d’Etat et dénonce les accusations françaises. Le 2 décembre 2008, Transparency International France, l’Association Sherpa et un citoyen gabonais Grégory Ngbwa Mintsa déposent une nouvelle plainte assortie d’une "constitution de partie civile" visant entre autres Omar Bongo, ainsi que son entourage pour "recel de détournement de fonds publics". Dans les milieux diplomatiques, on a alors expliqué que la rupture ne devait pas passer en force, et que Nicolas Sarkozy voulait "éviter tout problème" avec l’Afrique.

Très peu de chance pour un procès

"La disparition du président Bongo ne change rien aux poursuites en cours dans l’affaire des biens mal acquis", a indiqué l’avocat Me William Bourdon à l’agence de presse AFP, en rappelant que "plusieurs membres de sa famille" sont également visés par une plainte devant la justice française. "Une enquête de police a montré que les détournements de fonds dénoncés par Tranparency Internationale France sont imputables à une entreprise familiale", explique l’avocat de l’association anti-corruption. "Les opérations de succession sur les biens mal acquis ne peuvent être aujourd’hui que très compliqués et la disposition des biens d’Omar Bongo (distribution des biens à ses héritiers) ne peut, à mon sens, qu’être suspendue de fait, compte-tenu de la procédure en cours", a-t-il ajouté. La date d’audience n’a pas encore été fixée.

Un allié encombrant ?

La disparition d’Omar Bongo, même si elle ne fera pas taire les associations, permet au gouvernement français de se débarrasser d’un allié gênant. Selon Antoine Glaser "c’est emblématique de la fin d’un certain type de relation entre l’Afrique et la France". "C’est une page qui se tourne car c’était le dernier doyen de toute une période historique". Et si l’opinion française est favorable à une enquête concernant les biens mal acquis, il y a peu de chance d’aboutir à un procès. Surtout si la suppression du juge d’instruction voulue par le chef de l’Etat est effective. "Je vois mal comment le Parquet pourrait initier une enquête", s’inquiète William Bourdon.

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