Présidence Obama: Plus ça change, plus c’est la même chose (Innocent abroad, Slick Obama at home: Will the real President please stand up?)

Call me Slick (Obama) Foreign policy for dummiesL’irrespect conscient est à mon avis le vrai créateur et protecteur de la liberté humaine, au même titre que son contraire est le créateur et protecteur déterminé de toutes les formes de servage humain, corporel et spirituel. Mark Twain
Au cours de sa visite à la Maison Blanche Benjamin Netanyahu a finalement offert une bible à Barack Obama. Avant le départ pour Washington, la Présidence du conseil à Jérusalem avait laissé entendre que ce serait un livre moins sacré: « Le voyage des Innocents, un pique-nique dans l’ancien monde ». Charles Enderlin
Cheney et Obama peuvent bien affirmer le contraire, mais ce n’est pas l’Administration Obama qui a arrêté la torture. (…) Est-ce que je souhaite qu’il ait été plus élégant et plus honnête envers les fonctionnaires de l’Administration Bush dont il bénéficie aujourd’hui des mesures qu’ils avaient alors prises ? Oui. David Brooks
Le maintien de ces (…) programmes par Obama n’a entraîné aucune réaction hostile de la presse, des organisations non-gouvernementales ou des bonnes consciences européennes. (…) Des réactions aussi diamétralement opposées aux mêmes mesures, selon qu’elles sont décidées par un Républicain ou un Démocrate, montrent, une fois de plus, ce qui est évident pour tout observateur: les bonnes consciences se moquent éperdument des droits de l’homme. Sébastien Castellion

Plus ça change, plus c’est la même chose!

Calendrier et modalités du retrait d’Irak très exactement repris de ceux de son prédécesseur, renforcement des éliminations ciblées en Afghanistan, redémarrage des commissions militaires, maintien du programme d’écoute des citoyens américains, continuation du programme de livraison de terroristes à des pays alliés pour interrogatoires plus discrets, refus de publication dans la presse de nouvelles photos d’Abou Ghraib, maintien de fait, sans parler de Bagram, de Guantanamo en opération devant le refus de ses amis au Congrès comme de ses alliés en Europe …

Alors que nos mollahs de service comme leurs compères nord-coréens rivalisent d’ingéniosité (via de toujours nouveaux missiles dont on ne sait certes pas toujours où ils retombent?) pour « ramener au principe de réalité » notre « innocent en voyage » de la Maison Blanche …

Qu’Israël est maintenant traité avec tout le mépris exigé pour apaiser le reste du monde dont notre nouveau Carter tient tant à être aimé …

Et qu’avec la sortie des premiers prisonniers du goulag tropical de Guantanamo (à la limite d’une scandaleuse obésité pour certains!), apparaissent enfin au grand jour les sévices subis pendant les longues années Bush …

Retour, en ce jour où nos amis américains fêtent leurs morts au service de la liberté dont leur actuel Pleurnicheur en chef semble faire si peu de cas et avec Sébastien Castellion de la Mena, sur la situation tout à fait inédite du maitre ès opportunisme et double langage que la planète entière s’est choisi pour diriger le Monde libre en novembre dernier.

Qui, tout en évitant par des fuites bien orchestrées toutes les solutions qui pourraient présenter le moindre risque politique, « sait qu’il peut revenir sur sa parole dans tous les domaines, sans payer pour cela aucun prix politique dans la presse ou parmi ses alliés »

Guantanamo ne sera pas fermé
Sébastien Castellion
13 mai 2009
Metula News Agency

Qui se souvient encore de Guantanamo ?

Quand George W. Bush était Président, le centre de détention installé sur la base militaire américaine à Cuba était décrit, dans la presse anti-Bush (mais je me répète), comme une honte pour la civilisation. Les journalistes rapportaient, sans le moindre esprit critique, les histoires d’anciens détenus sur les méthodes que l’armée américaine était censée pratiquer dans l’interrogation des détenus. Démocrates américains et bonnes âmes européennes de tous bords présentaient l’existence du camp comme une insulte à l’humanité.

La secrétaire générale d’Amnesty International, Mme Irène Khan, avait fait sensation en 2005 en appelant ce centre de détention « le goulag des temps modernes ». Personne n’avait trouvé bon de lui faire remarquer la différence entre les millions de victimes du goulag et le nombre des détenus morts à Guantanamo, c’est-à-dire zéro à la date des déclarations de Mme Khan (il y a eu cependant, au cours des quatre dernières années, quatre suicides de détenus dans le camp).

Personne n’avait trouvé bon de rappeler, non plus, la différence entre les prisonniers du Goulag – dont la vie était irrémédiablement détruite pour une plaisanterie, un équipement défectueux ou une prière – et celle des détenus de Guantanamo. Plus de quatre cent de ces détenus ont été libérés à ce jour, et le même nombre, environ, y reste détenu (un taux de libération dont, là encore, les zeks du goulag auraient rêvé).

Ces hommes sont tous accusés d’action armée au sein du terrorisme islamiste ; ils ont été arrêtés soit sur le champ de bataille en Afghanistan, soit dans d’autres régions du monde, à la suite d’actions des services de renseignement des Etats-Unis ou de leurs alliés.

L’analyse juridique de l’administration américaine est que ces détenus ne sont pas des « prisonniers de guerre » au sens de la troisième Convention de Genève, adoptée en 1929 et révisée pour la dernière fois en 1949. En effet, cette appellation est réservée par l’article 4 de la convention aux combattants portant un uniforme militaire distinctif, portant leurs armes en évidence et conduisant leurs opérations selon le droit et les coutumes de la guerre.

Il est clair que les combattants d’al Qaeda ne respectent aucun élément de cette définition – et surtout pas la dernière, qui est la plus importante. Les conventions de Genève, dont le but était de réduire les horreurs de la guerre par des obligations réciproques entre combattants, n’ont de sens que sous cette condition de réciprocité. Face à des combattants qui, lorsqu’ils font un prisonnier, le décapitent au couteau de cuisine devant les caméras, les finesses de ces conventions deviennent quelque peu superflues.

En refusant aux détenus de Guantanamo le statut de prisonnier de guerre (les Américains parlent de « combattants illégitimes »), l’objectif de l’administration Bush n’était pas de les priver de tous droits, mais de pouvoir les juger selon des règles de procédure prenant en compte la particularité du temps de guerre.

Plus précisément, il fallait pouvoir prendre en compte des informations anonymes (celles que fournissent les services de renseignement, dont les sources doivent évidemment rester cachées) et limiter la possibilité, pour les juristes, de faire fuiter des informations à la presse et de faire traîner les procès en longueur.

L’administration Bush mit donc en place, pour juger les détenus de Guantanamo, des commissions militaires spécialisées, qui pouvaient juger selon des règles de procédure simplifiées.

Cela ne veut pas dire, naturellement, que les détenus n’ont aucun droit. Même s’ils ne sont pas des prisonniers de guerre au sens de l’article 4 de la convention, ils restent couverts par son article 3, qui définit les droits humanitaires de tous les prisonniers en temps de guerre (droit à une cour de justice régulièrement constituée, interdiction des atteintes à la dignité humaine). Contrairement à l’article 4, cet article 3 est n’est pas soumis à une obligation de réciprocité, car il est inspiré par des considérations purement humanitaires.

Dans le fonctionnement des commissions militaires elles-mêmes, les détenus bénéficient par ailleurs de la présomption d’innocence ; d’une charge de la preuve mise sur l’accusation ; du droit à un avocat, soit militaire et fourni par l’Etat, soit civil, si c’est le choix du prisonnier ; du droit d’accéder au dossier de l’accusation et à tout élément de preuve disculpatoire connu par l’accusation ; de l’accès à des interprètes ; de la liberté de témoigner ou non, sans qu’un refus de témoigner puisse être retenu contre l’accusé ; du droit de présenter des témoins, d’interroger les témoins de la partie adverse et de faire procéder à des enquêtes ; et de plusieurs niveaux d’appel pour contester les jugements des commissions. Après tout cela, ceux qui osent encore parler de Goulag ne font que prouver combien l’inculture peut être proche de l’insulte.

Ce qui, naturellement, nous conduit au cas de Barack Obama, actuel Président des Etats-Unis.

Au cours de sa campagne, le Président avait appelé Guantanamo « un triste chapitre de l’histoire américaine » et avait promis de fermer le camp. Deux jours après sa prise de fonctions, le 22 janvier dernier, il a signé l’ordre d’interrompre le fonctionnement des commissions militaires pour quatre mois et de mettre à l’étude un plan pour la fermeture du camp avant janvier 2010.

La Ména est aujourd’hui en mesure d’affirmer, avec un haut degré de probabilité, que cette fermeture ne se fera pas et que Guantanamo restera en opération pendant, au moins, la plus grande partie du mandat d’Obama.

Vendredi dernier, 8 mai, l’administration Obama a discrètement prévenu la presse que les commissions militaires allaient reprendre leur travail. La presse pro-Obama (décidément, je me répète beaucoup…) a accepté, sans aucune question, l’explication de l’administration – selon laquelle de nouvelles règles de procédure permettraient aux commissions d’être soudainement plus respectueuse des droits de l’homme.

Même si les nouvelles règles ne sont pas encore connues, ce qui en a filtré (« interdiction d’utiliser des témoignages obtenus sous torture, restreindre l’admissibilité des témoignages par ouï-dire, plus de liberté de choisir son avocat », selon Peter Finn du Washington Post) peut être résumé en quatre mots :

Exactement. Comme. Sous. Bush.

La décision de redémarrer les commissions militaires est donc déjà prise. Celle de maintenir Guantanamo en opération n’est pas encore officielle, mais elle est probablement imminente comme le montrent les faits suivants.

En premier lieu, Obama a déjà décidé plusieurs fois, sur les questions de sécurité nationale, de reprendre à son compte les politiques de son prédécesseur. Il en profite généralement pour prétendre qu’il y a une différence et pour critiquer celui dont il reprend toutes les conclusions, mais cela ne change rien aux faits.

Le calendrier et les modalités du retrait d’Irak par Obama sont, très exactement, ceux que Bush avait décidés avant son entrée en fonctions. Le programme d’écoute, sans décision judiciaire préalable, des citoyens américains parlant avec des terroristes connus basés à l’étranger, a été maintenu, à l’encontre des promesses de campagne du candidat Obama.

Le programme dit de « délivrance exceptionnelle » (dans lequel des terroristes présumés sont livrés pour interrogatoire à des pays alliés de l’Amérique, mais où des méthodes d’interrogatoire efficaces peuvent être utilisées sans qu’aucun juge ou journaliste n’ait jamais à le savoir) est également toujours en cours.

Le maintien de ces deux programmes par Obama n’a entraîné aucune réaction hostile de la presse, des organisations non-gouvernementales ou des bonnes consciences européennes. Mme Khan, pourtant toujours secrétaire générale d’Amnesty International, est restée remarquablement discrète.

Des réactions aussi diamétralement opposées aux mêmes mesures, selon qu’elles sont décidées par un Républicain ou un Démocrate, montrent, une fois de plus, ce qui est évident pour tout observateur : les bonnes consciences se moquent éperdument des droits de l’homme.

Leur seul et unique critère pour décider si une politique doit être critiquée est de savoir si cette critique est favorable ou non aux intérêts Démocrates. La haine de l’ennemi (qui est naturellement, pour eux, le Parti Républicain et non al Qaeda) l’emportera toujours sur les principes.

Obama sait donc qu’il peut revenir sur sa parole dans tous les domaines, sans payer pour cela aucun prix politique dans la presse ou parmi ses alliés. Au contraire, toutes les solutions qu’il a laissé fuiter pour organiser la fermeture du camp présentent, elles, un certain risque politique.

Les prisonniers pourraient être transférés dans d’autres pays. Au cours des derniers mois, Barak Obama a cherché à convaincre ses alliés d’en accepter certains sur leur sol. Cette proposition a évidemment été rejetée ; et le Président, qui tient tant à être aimé à l’étranger, n’a pas insisté.

Ils pourraient être jugés sur le territoire américain, selon le système judiciaire qui se charge des criminels. L’idée a des charmes pour une partie de la gauche, qui voudrait ne voir dans des terroristes que des criminels comme les autres, à traiter selon le droit. Elle a un seul défaut : tous les spécialistes américains de la sécurité savent que, si l’on charge les juges de la guerre contre le terrorisme, cette guerre sera perdue.

Les juges pourront exiger l’indentification des sources du renseignement américain, sous peine de relâcher les terroristes sur le territoire des Etats-Unis. Ils pourront décider que tout détenu brutalisé pendant sa détention, ou qui prétend l’être, doit être libéré par principe. Et, quand on connaît la culture gauchiste d’une grande partie de l’appareil judiciaire américain, tous ces « pourront » doivent en fait se comprendre « agiront, avec une certitude absolue ».

Enfin, une autre solution envisagée un moment par Obama serait de relâcher les détenus sur le territoire américain, avec une surveillance policière adaptée. Mais, naturellement, rien ne les empêcherait de contester immédiatement, devant les mêmes juges, cette surveillance. Et puis, les membres Démocrates du Congrès – dont Obama dépend pour le succès de son programme législatif – ont clairement fait savoir au Président qu’il n’était pas question d’imposer à leurs électeurs un voisin djihadiste.

Le Congrès a fait passer ce message de la manière la plus claire possible mercredi 6 mai, lorsque la Commission du Budget de la Chambre des Représentants (dominée par les Démocrates) a voté la suppression de 80 millions dollars de crédits alloués à la fermeture du camp de Guantanamo dans la loi de finances supplémentaire pour 2009.

Le président de la Commission, le Démocrate David Obey, a déclaré « je suis en faveur de ce que l’Administration propose, mais autant que je sache, il n’y a pas de programme concret pour cela ». Et comme, sans argent, il est impossible de préparer un programme concret, le message du Congrès est assez clair.

Il serait étonnant – et contraire à toutes les indications disponibles sur le caractère d’Obama – que le Président résiste aux pressions du Congrès et impose, conformément à ses promesses électorales, la fermeture du camp.

Le Président n’a jamais été un homme de principes – sauf, cependant, sur la question de la place de l’Etat dans l’économie, qu’il veut absolument augmenter. Pour le reste, il est un homme d’habileté politique, sans scrupules dès qu’il s’agit de gagner une voix supplémentaire et, aussi, très talentueux dans le double langage. Aujourd’hui, la solution politiquement la moins coûteuse est de revenir, une fois de plus, sur ses promesses électorales et de maintenir ouvert le camp de Guantanamo. Elle est donc, selon toute vraisemblance, celle qu’Obama va prendre.

Voir aussi:

Le pire président de l’histoire des Etats-Unis est à la Maison Blanche
Guy Millière
MENA
24 mai 2009

Obama est le premier président des Etats-Unis essentiellement et fondamentalement hostile à Israël

Il est très difficile d’être premier ministre d’Israël. Particulièrement après les années où Ehoud Olmert a occupé ce poste et mené une politique erratique qui a laissé des traces. C’est tout spécialement difficile maintenant que Barack Obama est à la Maison Blanche.

J’avais, suivant en cela l’avis de plusieurs commentateurs américains, considéré jusque là que Jimmy Carter avait été le pire président de l’histoire des Etats-Unis. C’était exact jusqu’à une date récente : Obama a, en quatre mois, montré qu’on pouvait faire pire encore que Jimmy Carter.

En ce court laps, Obama a permis au régime des mollahs de réaliser qu’il lui était possible de poursuivre son avancée vers l’arme nucléaire sans le moindre risque ; poussé le gouvernement pakistanais à abandonner une région du pays aux talibans, avant de lui demander de faire machine arrière ; distendu les liens de partenariat avec l’Inde, noués sous George Bush ; montré au Japon que les Etats-Unis n’étaient pas prêts à le défendre face à la menace nord-coréenne ; fait savoir aux dirigeants de Pékin que l’administration américaine ne prêtait plus aucune attention à la situation des droits de l’homme en Chine, et déclaré, à plusieurs reprises, que les Américains avaient, humblement, beaucoup à apprendre de l’islam et du monde musulman.

Je pourrais ajouter à la liste la promotion, en partenariat avec Hugo Chavez, d’un livre marxiste inepte d’Eduardo Galeano sur l’Amérique latine, un ensemble de décisions économiques engageant les Etats-Unis sur la voie d’un socialisme à l’européenne, ou l’invitation, comme oratrice au dîner annuel de la presse, d’une comédienne gauchiste, militante de la cause lesbienne, Wanda Sykes.

Cette dernière a beaucoup fait rire Barack et Michelle en souhaitant, en direct, la mort du commentateur conservateur Rush Limbaugh.

Mais je ne veux pas faire un catalogue exhaustif des facéties dangereuses du nouveau président. En ce qui concerne Israël, Obama procède à des glissements progressifs vers la trahison, et, si des présidents ont, auparavant, eu des attitudes assez nettement anti-israéliennes, Obama est le premier président des Etats-Unis essentiellement et fondamentalement hostile à Israël.

Si l’on prend les propos tenus lors de la brève conférence de presse qui a suivi sa rencontre avec Benyamin Netanyahu, on peut noter, outre le ton général paternaliste utilisé par Obama, et au-delà de l’hypocrisie évidente de ce dernier, plusieurs messages nets, constitutifs d’une « doctrine Obama » en gestation.

Parmi ceux-ci, le refus de fixer des dates limites aux pourparlers avec la République Islamique d’Iran, le refus de dire que l’option militaire reste sur la table (les seules menaces évoquées par Obama sont des sanctions supplémentaires, ce qui a dû faire beaucoup rire Ahmedinejad).

La condamnation des mesures de surveillance étroite et de sanctions mises en œuvre par Israël (accusé de ne laisser « aucun espoir aux Gazaouis ») ; les pressions pour que Netanyahu saisisse l’ « opportunité historique » présente et fasse des « gestes sérieux », non pas vers l’avancée du processus de paix, mais vers « la paix » tout court, donc vers la création rapide d’un Etat palestinien.

Dès lors qu’Obama a fait savoir, de manière redondante, qu’il était favorable au plan de paix arabe proposé par l’Arabie Saoudite, il n’est pas du tout difficile de savoir ce que la « paix » en question signifierait.

Abba Eban avait parlé autrefois des frontières de 1967 comme des « frontières d’Auschwitz » : Obama est favorable aux frontières d’Auschwitz. Les Etats-Unis, par ailleurs, viennent de réintégrer le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies : oui, celui qui vient d’organiser la si remarquable conférence de Durban II à Genève.

Ils entendent participer, dans le cadre de l’Onu, comme l’a confirmé récemment Susan Rice, dans la lignée de Rose Goettenmoeller, à un désarmement nucléaire et à une mise en œuvre stricte de la non prolifération, dans le cadre de laquelle Israël se verrait demander des comptes, ce qui rompt avec quarante années d’accords entre Israël et les Etats-Unis sur ce point.

Très significativement, lors de son voyage vers l’Europe et l’Egypte, où il va lire, au Caire, sur son téléprompteur, début juin, un discours que je n’ose imaginer à l’avance, Obama ne passera pas par Israël.

Lors de sa récente visite à Washington, Shimon Peres n’a, contrairement aux usages en vigueur et au minimum protocolaire, pas été invité à donner une conférence de presse en compagnie de son hôte, ce qui n’a pas été du tout une marque d’amitié : lui demandera-t-on passer par la porte de service la prochaine fois ?

Lors des entretiens que Peres a eu avec Obama, Hillary Clinton a, semble-t-il, été invitée à ne pas venir (parce qu’elle serait trop « pro-israélienne », dit-on à Washington : c’est dire ce que sont les positions des autres). Les discours tenus à Peres sur les implantations israéliennes ont été si durs et si blessants, qu’il s’est, lui, le modéré d’entre les modérés, légitimement mis en colère.

Ce qui rassure un peu est que le projet de deux Etats ne peut, au delà des formules verbales, avancer. En dehors des hurluberlus qui ont participé aux « accords de Genève » il y a quelques années, nul ne peut voir sérieusement comment Jérusalem pourrait être divisée : un immeuble pour le Hamas, celui d’à côté pour Israël, bien sûr…

Je doute très fortement que la Jordanie, quoi que dise le roi Abdallah, ait l’ardent désir de voir se constituer un Etat contrôlé par le Hamas en Judée-Samarie. Et je pense que ni l’Egypte, ni l’Arabie Saoudite ne veulent voir la République Islamique d’Iran accroître son influence et son emprise dans leur jardin.

Dois-je l’ajouter : seuls les antisémites européens et les membres de l’administration Obama font semblant de croire que la Judée-Samarie, laissée aux mains de l’Autorité Palestinienne, ne serait pas très vite contrôlée par le Hamas.

Ce ne sont que des paroles, donc.

Néanmoins, l’administration Obama contribue à la délégitimation et à la diabolisation internationale d’Israël, qui gagne du terrain sur la planète, et cela est, en soi, un crime moral impardonnable. L’administration Obama permet à toutes les dictatures, et plus particulièrement à l’Iran, de se renforcer, ce qui est un crime concret tout aussi impardonnable.

Ceux qui voudront prendre au mot les propos hypocrites, pourront retenir les mots d’ « amitié » prononcés par Obama. Dans la mafia, comme dans la diplomatie, on peut embrasser sa future victime juste avant de la poignarder : c’est ce que fait Obama.

Netanyahu a répondu en prenant au mot les propos hypocrites qui lui étaient tenus, faisant comme s’il n’avait pas entendu le reste.

Sa position, je l’ai dit, est très difficile. Obama reste populaire et jouit du soutien de la majorité de la communauté juive américaine. En Israël, une bonne partie de la population rêve d’une solution reposant sur deux Etats pour deux peuples. Tôt ou tard, quelqu’un devra oser parler comme Menahem Begin en son temps, et dire que le peuple juif ne se laissera pas écraser une seconde fois, et qu’Israël n’est pas un Etat servile, soumis au bon vouloir pervers des antisémites et des antisionistes : il se trouvera des millions de gens en Amérique pour entendre ce discours.

Une vieille phrase de Benjamin Disraeli dit que l’ignorance et l’aveuglement ne sont jamais le bon moyen de résoudre un problème, et c’est exactement ce que je pense. L’aveuglement volontaire de millions de gens, qui se croient amis d’Israël ou qui se font encore des illusions sur Obama, ne contribuera pas à une avancée vers la résolution du problème, sauf si on veut penser que la résolution du problème serait une victoire accordée à l’islamisme et une nouvelle solution finale.

Rien ne doit être cédé à l’ignorance, et beaucoup trop lui a été accordé depuis les accords d’Oslo : la plupart des commentateurs ne savent rien de l’histoire de la région et de la généalogie de la renaissance d’Israël. Quasiment tous les commentateurs en viennent à croire qu’il existe un peuple palestinien qui a été spolié de ses terres.

Benyamin Netanyahu, dit la presse, a fait un cadeau à Obama : Pleasure Excursion to the Holy Land, un extrait du livre de Mark Twain, The Innocents Abroad. C’est une excellente idée. Si Obama lit le récit de voyage de Twain, il verra que la Terre d’Israël, au dix-neuvième siècle, était peuplée de Juifs et de quelques Arabes, dont aucun ne se disait Palestinien.

Il verra que le territoire était, très largement, un désert. S’il lit quelques autres ouvrages que, j’en suis sûr, le premier ministre israélien sera prêt à lui recommander, il découvrira que c’est quand le foyer national juif s’est reconstitué que des Arabes sont arrivés en nombre. Il verra que les Juifs ont mis les terres en culture et que, très vite, les Arabes ont été imprégnés de dogmes haineux et racistes.

Il pourra être conduit à se demander pourquoi tous les racismes sont condamnés sur la planète, sauf la haine anti-juive, qui imprègne assez largement le monde arabe, et les Palestiniens en particulier.

Mais attendre d’Obama qu’il se pose des questions est attendre bien trop de sa part. Il n’a pas besoin des questions : il possède les réponses. Il les a depuis qu’il a fréquenté Jeremiah Wright et Rachid Khalidi. Il les avait même avant, au temps où il se rendait au Pakistan pour des voyages d’études, au temps où il était musulman, il y a un peu plus de vingt ans et où, comme s’en souviennent ceux qui l’ont connu lorsqu’il était étudiant à l’Occidental College à Los Angeles, il priait vers La Mecque cinq fois par jour.

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Une réponse à Présidence Obama: Plus ça change, plus c’est la même chose (Innocent abroad, Slick Obama at home: Will the real President please stand up?)

  1. [...] la reprise du ministre de la Défense de Bush, de l’externalisation des interrogatoires, des tribunaux [...]

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