A l’heure où les anciens potes à Siné-Dieudonné se voient violemment accusés d’appel au meurtre contre l’Armée française …La chasse aux sorcières est, on le voit, bel et bien repartie.
Mais cette fois, comme le rappelle le chroniqueur Gérard Mermet dans son premier éditorial de l’année sur France inter, ce n’est pas les (pro)communistes ou anticommunistes qui sont visés sous le scandaleux prétexte d’antisémitisme, mais les pauvres intellectuels de gauche (comme le pauvre faussaire de France 2 qui n’hésite pas lui-même à l’occasion à faire condamner des gens pour vous avez deviné quoi).
Et, camouflés derrière le faux nez du sionisme et de la prétendue défense d’Israël, les accusateurs ne sont autres, cette fois et à l’image de leur dernière recrue le patron de Charlie hebdo Philippe Val, que des représentants de la droite et de l’extrême-droite et, pire encore, du néoconservatisme américain …
Extraits :
Ils se disent « sionistes », ils disent défendre Israël, mais ils sont de droite avant tout, même d’extrême droite, souvent proches des néocons américains, leur objectif c’est de salir leurs adversaires politiques, des gens classés à gauche, en les faisant passer pour antisémite. Ça ne marche jamais, devant les tribunaux, ces accusateurs perdent toujours, mais peu importe, pour eux, c’est la calomnie qui compte. C’est salir qui compte. Et ça, ça marche, toutes les personnes qu’on vient de citer ont subi des conséquences dans leur vie professionnelle ou privée. C’est quelque chose d’ assez ignoble qui s’est collé à la vie politique, médiatique et intellectuelle en France, surtout depuis 2001, 2002. Quelque chose qui inhibe, qui pervertit l’information, qui bloque les débats, c’est une immense censure non dite. C’est un terrorisme intellectuel tout à fait comparable au Maccarthysme américain ou à la terreur que faisaient régner les staliniens français dans les années 50/60.
Là-bas repart pour un tour!
Gérardmermet
L’homme qui murmurait à l’oreille des veaux et celui qui a fait péter la baudruche
« Là-bas si j’y suis », l’édito de rentrée | mardi, 2 septembre 2008 | par Là-bas si j’y suis
C’est la rentrée sur France Inter. Sauf pour Jean-Marc Sylvestre qui quitte la station, une immense perte. En revanche, l’équipe de « Là-bas si j’y suis », avec une audience en forte hausse, reprend à 15 heures du lundi au vendredi, sur les chapeaux de roue. Nos amis témoignent dans le texte qu’ils nous ont livrés de leur bonne humeur.
(…)
Sylvestre s’en va, heureusement il reste Val
Bref, Jean-Marc nous abandonne , mais heureusement, nous avons une consolation, Philippe Val est toujours là, toujours sur France Inter, le philosophe Philippe Val, le patron de Charlie Hebdo, celui qui a eu le courage de virer l’infâme dessinateur Siné ! La grande affaire de l’été à laquelle personne n’a pu échapper.
Ah, comme l’équipe de Là-bas était malheureuse d’être en vacances au milieu des vahinées, et de ne pas pouvoir soutenir l’ami de BHL et de Laurent Joffrin, celui qu’Alexandre Adler prend pour Emile Zola, celui qui a eu le courage de faire lyncher le vieux Bob Siné, tout comme il a réglé son compte au tout puissant Denis Robert, tout comme il a anéanti le révisionniste Noam Chomsky et tous les autres antisémites qui encombrent cette planète !
Les antisémites sont partout
Car ils sont de plus en plus nombreux ces serpents, ils sont partout ! Ce n’est plus seulement Edgar Morin et Eric Hazan, plus seulement Pierre Bourdieu ou Hugo Chavez qui sont antisémites, plus seulement Bruno Guigue, Pascal Boniface, José Bové, Alain Badiou, Jacques Bouveresse, la rédaction du Monde diplomatique, Eyal Sevan ou Charles Enderlin, mais combien d’autres (sans parler de celui qui vous parle ! ) combien d’autres ? C’est pourquoi Charlie Hebdo a rejoint la chasse contre ces sorcières. Depuis des années, un petit réseau d’inquisiteurs zélés ont trouvé une ficelle très efficace pour discréditer ceux qui leur déplaisent, c’est de les accuser ou de les faire accuser d’antisémitisme. Un mot qu’ils jugent douteux, une critique de la politique israélienne, ou de la politique de Washington, ou de l’Otan, ou même de l’occident, et ils font de vous un nouveau Drumont, ou un nouvel Eichmann.
Ils se disent « sionistes », ils disent défendre Israël, mais ils sont de droite avant tout, même d’extrême droite, souvent proches des néocons américains, leur objectif c’est de salir leurs adversaires politiques, des gens classés à gauche, en les faisant passer pour antisémites. Ça ne marche jamais, devant les tribunaux, ces accusateurs perdent toujours, mais peu importe, pour eux, c’est la calomnie qui compte. C’est salir qui compte. Et ça, ça marche, toutes les personnes qu’on vient de citer ont subi des conséquences dans leur vie professionnelle ou privée. C’est quelque chose d’ assez ignoble qui s’est collé à la vie politique, médiatique et intellectuelle en France, surtout depuis 2001, 2002. Quelque chose qui inhibe, qui pervertit l’information, qui bloque les débats, c’est une immense censure non dite. C’est un terrorisme intellectuel tout à fait comparable au Maccarthysme américain ou à la terreur que faisaient régner les staliniens français dans les années 50/60.
« Val a fait péter la grosse baudruche ! »
Or, tout ça vous le savez. Voilà des années qu’on en parle dans Là-bas si j’y suis. Tout le monde le sait. Et tout le monde se tait. Nous traversons des temps de résignation et de désespérance morne. Mais sous la lâcheté, ça fermente quand même, ça couve, ça pue c’est vrai, mais ça s’accumule comme du gaz dans une bombonne.
Et voilà que début juillet, BOUM ! Val a fait péter la grosse baudruche ! Ce maladroit s’est pris les pieds dans ses grosses ficelles. Il est tombé dans son propre piège et une immense poubelle de merde l’a entièrement recouvert, lui et ses « collaborateurs ».
Quelle injustice ! Alors même qu’il est celui qui aura le plus efficacement mis en évidence l’ignoble imposture du chantage à l’antisémitisme. Il l’a fait involontairement, sans aucun doute. Mais peu importe. Car cette imposture est criminelle. La banalisation de l’antisémitisme est un crime contre la mémoire des victimes. A voir des antisémites partout, on en voit nulle part. La banalisation de l’antisémitisme détourne et rend impossible la vraie lutte contre l’antisémitisme et le racisme. Ce détournement doit être combattu partout et par tous, au grand jour.
Beaucoup d’autres choses ont surgi et cette histoire n’est pas terminée.
Celle-ci et d’autres nous attendent au coin du bois, au coin de la rue, au bout du monde.
Tiens bon la rampe Sally Mara, Là-bas repart pour un tour !
30 octobre, 2008 à 8:57 |
Outre que la menace du communisme sur l’intégrité du territoire de l’Amérique était bien réelle, et outre le fait que la plupart des communistes américains qui la personnifièrent étaient *réellement dangereux*, et pas seulement « dans la vision des américains » (et donc que le maccarthysme n’était pas une épuration aveugle justifiée par une paranoïa d’un système devenu fou, comme on aime à le présenter Outre-Atlantique) il me semble que Mc Carthy lui-même n’ait même pas joué un rôle majeur dans « l’épuration » qui porte son nom.
(hélas, je ne retrouve pas mes sources, pour préciser ce fait, que je cite de mémoire).
En tout cas, dans son livre “Pour en finir avec le maccarthysme: lumières sur la liste noire à Hollywood”, Jean-Paul Török fait un sort à la légende du “martyre” des communistes américains persécutés par des “inquisiteurs” au début des années ‘50, ainsi qu’à la fable selon laquelle les États-Unis, pris de folie, auraient succombé au fascisme. Jean-Paul Török commence par ramener cette épuration à ses justes proportions, comparables à l’épuration du cinéma français intervenue à la Libération, et la “chasse aux sorcières” que menèrent les communistes et leurs alliés à l’encontre des “collaborateurs” et des “traîtres”. Une épuration et une “chasse au sorcières” où les communistes étaient les persécuteurs, et non les persécutés !
Jean-Paul Török distingue quatre raisons à la persistence de ce mythe du maccarthysme :
- la sympathie irrationnelle que le peuple et les intellectuels de gauche n’ont jamais ménagé aux communistes, qui a résisté et résiste encore à l’épreuve des faits les plus criants
- l’antiaméricanisme endémique d’une partie de la population, qui la poussa, pendant la guerre froide, à pencher pour les Soviétiques, et qui continue à nourrir le discours de la gauche et de la droite extrême
- le particularisme chauvin du cinéma français, où la détestation du cinéma américain, répandue avant la guerre et pendant l’ Occupation, s’intensifia au lendemain de la Libération, et, sans rien perdre de son âpreté, s’affiche encore aujourd’hui
- le succès de la campagne de “victimisation” orchestrée par les communistes, qui déborda largement la clientèle du parti, pour gagner les milieux de gauche, et particulièrement les bonnes âmes, toujours prête à se mobiliser dès qu’on agite devant elles le spectre de l’éternelle “Affaire Dreyfus”