Election américaine: Un Hussein au dessus de toute plaisanterie (We Are All Hussein Now)

Obama surfe sur cette vague d’aspiration des Blancs qui se projettent sur lui. Il parle d’espoir, de changement, d’avenir… Il se cache derrière ce discours éthéré, sans substance, pour permettre aux Blancs de projeter sur lui leurs aspirations. (…) la candidature de M. Obama pour la présidence est basée plus sur la manipulation de la culpabilité blanche que sur quoi que ce soit de substantiel. (…) M. Obama flatte les blancs, leur accorde l’innocence raciale et espère arriver au sommet sur le dos de leur gratitude. Shelby Steele

L’idée, c’est que nous sommes tous des Hussein. Obama

C’est comme les humoristes gays: il n’y a qu’eux qui puissent faire des blagues sur les gays. Ça fait partie du jeu. David Alan Grier (humoriste)

Il y a une sorte de racisme inversé à son égard. On ne peut pas plaisanter sur lui parce qu’il est à moitié blanc. C’est idiot. Je crois que le problème, en fait, c’est qu’il est complètement lisse, il ne semble pas avoir le moindre défaut. Jimmy Kimmel (Jimmy Kimmel Live, ABC)

L’idée, c’est que nous sommes tous… des dhimmis!

Candidat le plus à gauche que les Etats-Unis aient jamais eu en position de devenir président, politiquement correct, multiculturaliste, tiers-mondiste, pacifiste, munichois, spécialiste du retournement de vestes, fréquentations et amitiés douteuses (anciens terroristes gauchistes, activistes pro-palestiniens, pasteurs et prêtres racistes et fort proches de l’antisémitisme, affairistes véreux), épidémie de Hussein parmi les jeunes …

Après les tollés qui ont suivi la très révélatrice grossiereté de Jesse Jackson puis la couverture du New yorker avec Obama en  jihadiste et sa femme en treillis et coupe afro à la Angela Davis dûment kalachnikovée se tapant dans le poing dans le Bureau ovale sur fond de portrait de Ben Laden et drapeau américain brûlant dans la cheminée …

Et tandis qu’à l’approche des Jeux et dans l’indifférence générale, les noirs sont interdits de bar dans la capitale chinoise

Il n’y a, on le voit (ou du moins si l’on en croit les grands médias américains comme le NYT), rien à moquer chez l’actuel candidat démocrate et premier noir à avoir une chance réelle de diriger le pays leader du Monde libre …

ÉLECTIONS AMÉRICAINES – Peut-on rire d’Obama?
Bill Carter, avec Richard Perez-Pena et Jeff Zeleny
The New York Times
Traduit par Courrier international
17 juil. 2008

Si se moquer de John McCain est permis, caricaturer son rival démocrate à la Maison-Blanche est plus délicat, notamment en raison de sa couleur de peau. Un magazine en vue vient d’en faire les frais. Le sénateur de l’Illinois serait-il au dessus de toute plaisanterie, se demande The New York Times.

Qu’est-ce qu’a de si drôle Barack Obama ? Aparemment pas grand-chose, du moins pour le moment. Le magazine The New Yorker s’est, lundi [14 juillet], essayé à la satire en représentant en couverture M. Obama, le candidat démocrate à la présidentielle, et sa femme, se tapant dans le poing dans le Bureau ovale, vêtus en terroristes adorateurs de Ben Laden tandis qu’un drapeau américain brûle dans la cheminée. Les réactions ont été explosives du côté des démocrates comme de celui des républicains.

Les choses ne sont pas non plus faciles pour tous ces présentateurs d’émissions télévisées de fin de soirée dont les monologues reposent en bonne partie sur la mise en boîte des personnalités politiques. Jay Leno, David Letterman, Conan O’Brien et d’autres ont balancé toute une série de plaisanteries sur le candidat républicain, chacune d’entre elles étant une variante du même thème : John McCain est vieux.

Mais on ne plaisante pas vraiment sur Barack Obama, sur son âge, son éloquence, son intelligence, sa famille, son physique. Et, dans ce paysage qui se caractérise par une majorité de présentateurs blancs, d’auteurs blancs et par un public en très grande majorité blanc, nul ou presque n’a abordé le thème de sa couleur de peau.

Si on a plaisanté sur ce que Hillary Clinton pensait vraiment de M. Obama pendant les primaires et sur les commentaires vulgaires que le révérend Jesse Jackson avait faits sur lui la semaine dernière, les vagues tentatives de plaisanterie qui ont été faites sur M. Obama lui-même sont en revanche tombées à plat.

Il ne fait aucun doute que le public de ces émissions (et au moins certains des auteurs) semble favorablement disposé envers M. Obama, ce qui le rend peut-être plus réfractaire aux plaisanteries à son égard qu’à celles sur la plupart des autres candidats. “Il y a un tas de gens qui sont tout excités par sa candidature”, explique Mike Sweeney, de l’émission de Conan O’Brien. “C’est comme s’ils disaient : ‘Hé ! ne vous en prenez pas à ce type. C’est un nouveau visage ; facilitez-lui les choses.’”

Bien sûr, la race explique aussi pourquoi M. Obama échappe autant à la satire. “Si une tirade présente le moindre soupçon de racisme, personne ne rira”, déclare Bob Burnett, producteur exécutif de l’émission de David Letterman. “Le public ne permettra à personne de faire ce genre de plaisanterie.”

Le New Yorker s’est heurté à une hostilité d’un genre différent avec sa une de cette semaine. L’équipe Obama l’a violemment critiquée. Bill Burton, le porte-parole du candidat, a déclaré que la plupart des lecteurs la considéreraient comme “de mauvais goût et insultante”, et que l’équipe était de cet avis. M. McCain l’a trouvée “totalement indécente” et il a précisé qu’il comprendrait que le sénateur Obama la juge insultante.

David Remnick, le rédacteur en chef du New Yorker, explique dans un courriel : “Cette couverture met les distorsions, les mensonges et les interprétations erronées qui courent sur les Obama face à un miroir pour montrer ce qu’elles valent.” “Si on ne peut pas faire d’ironie en couverture du New Yorker, où peut-on en faire ?” demande Bill Maher, qui présente une émission politiquement orientée sur la chaîne HBO.

Les choses seraient peut-être un peu différentes si l’un au moins des présentateurs était noir. Les humoristes noirs n’ont aucun problème à plaisanter sur M. Obama, déclare David Alan Grier, un humoriste qui présentera un magazine d’information satirique intitulé Chocolate News à partir du mois d’octobre. “Ces types ne peuvent pas faire ça”, dit-il des présentateurs des émissions de fin de soirée. “C’est comme les humoristes gays : il n’y a qu’eux qui puissent faire des blagues sur les gays. Ça fait partie du jeu.”

Jimmy Kimmel, qui présente le Jimmy Kimmel Live sur ABC, déclare de M. Obama : “Il y a une sorte de racisme inversé à son égard. On ne peut pas plaisanter sur lui parce qu’il est à moitié blanc. C’est idiot. Je crois que le problème, en fait, c’est qu’il est complètement lisse, il ne semble pas avoir le moindre défaut.” Et d’ajouter : “On devrait se moquer de ses oreilles.” La plupart des émissions de fin de soirée semblent être du même avis. “Nous ne pouvons pas fabriquer une perception. Si la perception n’est pas vraie, personne ne rira”, explique M. Burnett, du David Letterman Show. “Nous espérons qu’il choisira un idiot comme vice-président”, confie M. Sweeney.

Voir également:

Tout le monde aime “Hussein”
Jodi Kantor
International Herald Tribune
Traduit par Courrier international
30 juin 2008

Depuis le début de la campagne, Barack Obama subit des diatribes en raison de son second prénom, d’origine arabe. Par solidarité, certains de ses supporters ont décidé de l’adopter, et le phénomène prend de l’ampleur.

Emily Nordling n’a jamais rencontré de musulman, du moins pas à sa connaissance. Mais, au printemps, cette étudiante de 19 ans de Fort Thomas, dans le Kentucky, s’est attribué un deuxième prénom sur le site de réseau social Facebook, à l’imitation de son petit ami et au grand dam de son père. Elle s’y fait désormais appeler “Emily Hussein Nordling”. Par cette décision, elle est venue grossir le club toujours plus nombreux des partisans de Barack Obama qui adoptent le deuxième prénom du candidat par esprit de solidarité.

D’où une floraison de Hussein plus invraisemblables les uns que les autres : des Juifs, des catholiques, des Hispaniques, des Asiatiques ou des Italo-Américains. On trouve ainsi un Jaime Hussein Alvarez (de Washington) et un Kelly Hussein Crowley (de Columbus, dans l’Ohio). Jeff Strabone, de Brooklyn, signe maintenant ses reçus de cartes de crédit avec son nouveau deuxième prénom, tandis que Dan O’Maley, de Washington, a modifié son adresse e-mail afin que son nom y apparaisse sous la forme “D. Hussein O’Maley”. Alex Enderle a fait le changement en ligne avec plusieurs autres partisans d’Obama de Columbus, si bien qu’aujourd’hui, quand ils le saluent, certains de ses amis l’appellent par son nouveau prénom.

Obama est chrétien, et non musulman. Hussein est un nom de famille qu’il a hérité de son père kényan, né musulman et mort athée, et que le candidat démocrate a à peine connu. Mais ce nom est devenu lourd à porter sur le plan politique. Certains des détracteurs d’Obama y reviennent sans cesse, tandis que d’autres, sur des blogs ou dans des courriels, affirment à tort qu’Obama est musulman, allant même parfois jusqu’à dire qu’il est terroriste.

“J’en ai assez que les républicains prononcent le second prénom d’Obama comme si c’était un mot injurieux”, écrit Jeff Strabone dans un manifeste intitulé Nous sommes tous des Hussein, qu’il a publié sur son propre blog et sur le site dailykos.com. A l’image des habitants de Billings, dans le Montana, qui avaient réagi à une série d’agressions antisémites en arborant des ménoras [chandelier à sept branches] sur leurs fenêtres, les partisans d’Obama se servent du second prénom de leur champion comme d’un étendard.

Ce phénomène est cependant loin d’être un mouvement de masse et est essentiellement visible sur Internet. Légalement, changer de nom reste une démarche trop compliquée, expliquent les militants, qui se contentent de se rebaptiser “Hussein” sur Facebook, sur les blogs ou dans les commentaires qu’ils publient sur des sites Internet comme NYtimes.com, dailykos.com et mybarackobama.com, le site officiel de campagne du candidat. Les nouveaux Hussein ont commencé à faire leur apparition à l’automne dernier et, depuis, le phénomène n’a cessé de prendre de l’ampleur. Dans plusieurs entretiens, des partisans d’Obama affirment avoir eu cette idée tout seuls, en dehors de toute influence de l’équipe de campagne et sans savoir que d’autres avaient eu la même inspiration qu’eux. “C’est le genre d’initiative qui prend tout de suite parce beaucoup de gens en ont l’idée en même temps”, explique Stephanie Miller, une artiste marquée à gauche.

Pour sa part, Obama semble accueillir plutôt favorablement cette initiative. Il y a quelques semaines, à Chicago, le sénateur de l’Illinois a souri en voyant Richard Fizdale, l’un de ses plus anciens soutiens financiers, arborer le prénom “Hussein” sur sa veste. “L’idée, c’est que nous sommes tous des Hussein”, a alors déclaré Obama à la foule pour expliquer le geste de Richard Fizdale.

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