OMPI: Nouvelle variation sur le plombier polonais (Iranian terror organization’s new twist on rent-a-crowd)

29 juin, 2008

Rajavi and Abbé PierreEst-ce parce que les peuples "deviennent incorrigibles en vieillissant" (Rousseau)? Claude Imbert

A l’heure où le pays qui a entre autres donné au monde Chou En Lai, Pol Pot et Khomeny nous prépare un nouveau parti anticapitaliste avec un postier communiste-révolutionnaire (hagiographe patenté lui aussi de l’homme de main préféré du patron de la dernière prison à ciel ouvert tropicale) et d’anciens terroristes dits d’Action directe …

5 euros le weekend à Paris!

Entrée fracassante sur le marché du tourisme ou nouvelle variation sur le plombier polonais?

C’est en tout cas les questions que soulèvent les informations révélées hier par un journal polonais et le site d’opposants iraniens Iran-Resist suite à la rencontre de Villepinte de l’organisation terroriste islamo-marxiste dite des "jihadistes du peuple" OMPI …

Apparemment à court d’arguments et de public pour son raout annuel (à la veille d’ailleurs cette année de la présidence française de l’Europe après leur retrait de la liste des organisations terroristes par le Londonistan mais aussi de leur éventuelle expulsion de leur base d’Irak?), l’organisation de Maryam Radjavi a tout simplement fait venir par bus entiers des étudiants polonais alléchés par leurs prix cassés du weekend à Paris (5 euros voyage et logement compris!).

A la condition bien sûr d’assister à la grand’messe de Villepinte qui sert de vitrine et de base de recrutement et collecte de fonds pour une organisation figurant toujours sur les listes des organisations terroristes américaines comme européennes.

Avec bien sûr l’aide des figurants médiatiques habituels qui ont ainsi fait passer le nombre de participants cette année de 25 000 à quelque 70 000.

Qui, plaisanterie mise à part, oublient étrangement que, derrière les grands sourires et ses contacts haut placés (Tatie Mitterrand, Chevénement, l’Abbé Pierre), ce bizarroïde hybride entre secte islamiste et groupuscule marxiste que sont les jihadistes du peuple (peut-on imaginer mélange plus toxique, nazisme peut-être excepté – mais ils ont aussi leur lebensborn -, que celui des pires totalitarismes de l’histoire humaine?)…

est aussi le même qui, il y a quelques années, avait organisé pas moins de dix (excusez du peu) suicides par le feu orchestrés le même jour dans les grandes capitales européennes!

Iran : Les bons plans des Moudjahidine pour ce week-end!
Iran-Resist
28.06.2008

Aujourd’hui à 15h, les Moudjahidine du Peuple vont se réunir au Parc des expositions de Paris Villepinte pour exposer devant des caméras complaisantes, les leurs et celles de pays donateurs comme les Etats-Unis, leurs nombreux jeunes supporters venus applaudir leurs généreuses idées démocratiques. Cette manifestation ne recèle pas uniquement une imposture idéologique mais aussi deux autres impostures qui donnent la mesure de ce que serait un Iran dirigé par les Moudjahidines du Peuple.

La première imposture et sans doute la plus importante est celle de l’identité des supposés supporters qui seront réunis aujourd’hui à Villepinte. Il ne s’agit pas d’iraniens, mais d’étudiants polonais à qui l’on a promis un week-end à Paris pour la modique somme de 5 euros (20 zlotys).

La tricherie a été révélée hier par un des grands quotidiens polonais la Gazeta Wyborcza et prend les allures d’une affaire d’Etat. Le quotidien polonais a découvert qu’un groupe d’iraniens du Conseil National de la Résistance Iranienne s’est rendu à Poznan, ville universitaire, pour inviter les étudiants à Paris pour aller manifester leur soutien aux femmes iraniennes.

Le groupe offrait le voyage en car, deux nuits à l’hôtel et tous les frais de bouche pour uniquement 5 euros. Les sms et e-mails ont circulé sur le bon plan et les étudiants ont fait le job de recruteurs pour les généreux iraniens. Selon le journal, vendredi matin, 25 cars de 77 places ont quitté Poznan en direction de Paris.

Après la parution de l’article dans la Gazeta Wyborcza, Poznan découvre qu’elle n’est pas la seule ville universitaire polonaise à avoir été l’objet des assiduités de ces voyagistes mystérieux. On estime à au moins 5000, le nombre total des étudiants dupés. Après la découverte de l’ampleur de l’opération, les parents ont commencé à contacter leurs enfants dans les cars à destination de Paris, mais il semble qu’aucun n’ait pu quitter les cars, peut-être sont-ils encadrés par des employés de l’OMPI ! Les parents ont cependant appris que les étudiants qui refuseront d’assister au rassemblement de Villepinte devront régler la totalité des frais du voyage (au moins 200 euros) aux organisateurs. Depuis, tous les appels vers ces étudiants sont rejetés.

Très inquiets, soupçonnant que leurs enfants soient retenus contre leur gré, les parents et le journal ont poussé plus loin leur enquête et ont découvert que le CNRI était en fait la vitrine potable des Moudjahidine du Peuple, mouvement classé comme terroriste par l’Union européenne. Ils ont adressé une demande au ministère polonais des affaires étrangères pour arrêter cette opération d’embrigadement abusif qui dans la loi française relève de l’escroquerie [1] et de l’abus de faiblesse [2], délits sévèrement punis par la loi.

Les Moudjahidine, ex-complices de l’ignoble Khomeiny, sont actuellement sur la liste des mouvements terroristes de l’UE. Ils espèrent être retirés de cette liste en déclarant qu’ils représentent une alternative au régime des mollahs. Les Moudjahidine prétendent être un mouvement populaire disposant d’un vaste réseau de sympathisants et d’informateurs en Iran et un nombre en expansion d’adhérents jeunes en Iran comme hors de l’Iran parmi les exilés. Ces adhérents soutiendraient le parcours des Moudjahidine, leur idéologie ou encore leur programme sans cesse modifié pour s’adapter aux exigences de leurs donateurs ! En réalité, c’est tout le contraire ; il s’agit d’un mouvement islamiste et marxiste, mercenaire anti-émeute pour le compte de Saddam Hussein, adepte des camps de rééducation pour ses membres et ses adversaires, haïs en Iran mais aussi hors Iran et surtout composé de vieux. C’est pourquoi il a besoin de gonfler ses effectifs et surtout il a besoin des jeunes visages pour peupler ses rassemblements.

Ces rassemblements ont une autre particularité : en tant que mouvement terroriste, les Moudj ne sont pas autorisés à organiser des rassemblements ! Ils font appel à certains organismes amis ou des succursales de leurs organisations, succursales dirigées par des membres du CNRI. C’est le cas de ce rassemblement à Villepinte qui est organisé par l’Association Nationale des Académiciens Iraniens, organisme fantôme basé à Londres et dirigé par Mohammad-Ali Cheykhi, membre du CNRI !

Ce rassemblement avec une foule de jeunes est important car l’OMPI fait un intense lobbying avec l’aide de plusieurs élus, sénateurs et personnalités français [3] afin que la France qui présidera à partir du 1er juillet le Conseil européen accède à sa demande de retrait dès le 2 juillet, date à laquelle aura lieu le réexamen de la liste européenne des organisations terroristes.

Voir aussi:

A Paris Party With the Mujahideen
Ewa Mikulec, Ludmi_a Anannikova, Katarzyna Michalak

2008-06-27

Polish students are going to Paris to support an organisation recognised by the US as terrorist. The students aren’t aware of this, they’re going to have fun

‘A friend called me: a trip to Paris for 20 zlotys. If you decide quickly, we’ll be all together on one coach’, Ania, a sociology student in Pozna_, tells us.

Another student: ‘I’m going to have fun! We drop in to Paris and rule For pennies!’.

Several thousand students from all over Poland left for France yesterday. Twenty five coaches from Pozna_ alone. Students from other European countries will be there too.

The students were officially told that the trip was sponsored by the Berlin-based Iranian Association, which pays for transportation, lodgings and board through Sunday.

The only condition of participation is to attend a rally Saturday at Charles de Gaulle Airport. The rally is being co-organised by the radical Iranian opposition group, the People’s Mujahideen of Iran. In the US, Canada and Iran, is it on the list of terrorist organisations.

The People’s Mujahideen are responsible for the deaths of Iranian civilians in the 1980s. They fought a relentless struggle for power then against the Shia ayatollahs. They were financed by Saddam Hussein, who took the People’s Mujahideen under his wings following their flight from Iran, helping them to organise across-the-border raids and attacks.

After invading Iraq, the Americans didn’t decide to destroy the People’s Mujahideen base, because they didn’t really know what to do with them, as the Mujahideen could prove useful in fighting Iran’s theocratic regime. The Mujahideen leaders were received by US senators, who are afraid of Iran’s nuclear programme.

Today, the People’s Mujahideen are fighting for rehabilitation in the West’s eyes. They accuse the Iranian government of violating human rights, even though at the Mujahideen’s own base in Iraq, members willing to leave are persecuted.

The leader of the organisation’s political wing, Marjam Radjavi, will deliver the key speech at the Saturday rally. A French resident for years, the organisation wants her to become the president of a democratic, secular Iran.

Most of the students aren’t aware they’ll participate in a People’s Mujahideen rally. ‘I’ve heard it was to be a protest against the stoning of women in Iran’, Bartek sounds surprised.

Iza, a 22-year-old politics and law student at the Adam Mickiewicz University: ‘I’m going to have some good fun in Paris. I don’t really know what it’s all about with this rally. I’ve heard the organisation is on the terrorist list and that is opposes human rights violations’.

Kinga, her fellow student: ‘Terrorist organisation? Yasser Arafat was also perceived like that, and then he got the Nobel Peace Prize’.

A list of attendance will be checked at the rally. Those absent will have to reimburse the full cost of the trip. Before entering the airport terminal, each attendant will be searched by security guards. Photo cameras and mobiles phones won’t be allowed.

The students will be taken care of by coordinators, the same ones who recruited the participants and to whose bank accounts the fees were paid. Above them are two persons who are personally in touch with the Iranian Association. Yesterday neither of those returned phone calls.

Natalia, a coordinator, about the controversies surrounding the rally’s organisers: ‘Compared with, for instance, what the Home Army did during WWII, the People’s Mujahideen are innocents’.

Anna Potyra_a, PhD, an international relations expert at the Adam Mickiewicz University’s Faculty of Political Studies and Journalism, warns: ‘The students should be aware they may be pawns in the political game that the People’s Mujahideen are playing’. She adds than in 2002 the EU recognised the organisation as terrorist, but in 2006 the European Court of Justice and national courts dropped it from the list.

translated by Marcin Wawrzy_czak

Ewa Mikulec, Ludmi_a Anannikova, Katarzyna Michalak, mz

Tekst pochodzi z portalu Gazeta.pl – http://www.gazeta.pl © Agora SA


Affaire Enderlin: Retour sur une mise en scène qui aurait mal tourné (One too many shattered dreams)

28 juin, 2008

Le rêve brisé de Charles EnderlinCe n’est pas même pas un combat. Plutôt quelque chose qui ressemble à un ball-trap humain, où les manifestants seraient des disques d’argile qui se lancent eux-mêmes sur 50mètres, à découvert, pendant que des tireurs invisibles cherchent à les arrêter d’une balle en plein vol. Voilà un groupe d’adolescents qui se rue et la foule de plusieurs milliers de manifestants retient son souffle. Atteindre le hangar, au carrefour, est une victoire; renoncer ou se faire toucher, un échec. A 600 mètres de là, masqués par les vergers, il y a des blindés, des mitrailleuses, des barbelés et des miradors d’où des soldats israéliens guettent, l’œil collé à leur lunette de précision. (…) D’abord, après le calme du matin, quelques pierres vers la fin de matinée, puis les premières balles «caoutchoutées» – en réalité de lourdes billes en acier recouvertes d’une fine pellicule de plastique, comme celle qui lui a brisé la main quelques mois auparavant. Tirées avec précision dans l’œil, le thorax ou en plein front, elles aveuglent ou tuent. Puis viennent les jets de cocktails Molotov et la riposte des tirs à balles réelles – c’est nouveau – des mitrailleuses C500 au coup par coup, des fusils à lunette et des M16, des armes de guerre. Jean-Paul Mari (envoyé spécial du Nouvel Observateur à Gaza, le 12 octobre 2000)

Alors que la désinformation la plus flagrante continue à circuler aussi tranquillement qu’impunément dans nos médias (voir notamment La Vie pour les prétendus "massacres" de Jenine ou de la plage de Gaza) …

Prenez un journaliste français "un peu pressé"

("Scoopy", comme le surnomme ses confrères, n’était lui-même pas sur place mais "deux autres cameramen – Reuters et AP – vont peut-être sortir le scoop avant lui") qui reçoit une cassette de son caméraman palestinien que celui présente comme la mort en direct d’un enfant palestinien sous des balles israéliennes.

Un cameraman palestinien connu pour "ses saynètes de propagande où les morts se relèvent pour refaire la prise, où les cadavres sortent leur téléphone portable et où les courageux snipers palestiniens tirent dans la brèche d’un mur qui ne dissimule aucun soldat israélien, mais un hangar désaffecté, servant d’aire de pique-nique entre deux séquences".

Et vous avez…

le scoop du siècle (généreusement offert à toutes les télévisions du monde) avec "la notoriété, les innombrables récompenses et les tournées triomphales dans de nombreux pays arabes pour le journaliste comme pour son cameraman".

Et la plus efficace des icônes pour les spots publicitaires de recrutement de jihadistes de toute la planète, au point "d’annuler et remplacer, selon une éditorialiste d’Europe 1, la photo du petit Juif du ghetto de Varsovie mis en joue par les nazis".

Mais, plus vraisemblablement, comme le rappelle l’excellent billet de Liliane Messika sur Primo-Europe au début du mois …

le "Timisoara personnel" d’un journaliste en mal de scoops

et une mise en scène qui aurait mal (ou trop bien ?) tourné.

Le tout dans "un casting immuable qui transforme les Palestiniens en victimes infantiles à qui est déniée toute responsabilité".

Dans un pays enfin où, accablés de distinctions honorifiques, les journalistes se voient privés du plus élémentaire des droits à assumer leurs propres fautes professionnelles

AL DURA : L’ENFANT ET LES LOUPS DE L’INFO
Liliane Messika
Primo
8 juin 2008

Le chauffeur de taxi est un indicateur traditionnel des envoyés spéciaux à qui il donne la température locale quand ils arrivent dans un pays en guerre. Mon chauffeur de taxi à moi était une femme et en guise de terrain, je me suis contentée du trajet entre Roissy et la capitale, où le conflit israélo-palestinien prend souvent les dimensions d’une geste héroïque. La preuve ? Au bout de 300 mètres d’embouteillage, ma chauffeuse entreprit d’améliorer le niveau de mes connaissances géopolitiques.

Ainsi, j’ignorais probablement que la moyenne de fécondité en Palestine était de 15 enfants par femme, seul moyen d’endiguer le génocide perpétré par les Israéliens contre ce peuple fier et digne.

Je l’ignorais, je l’avoue. J’aurais même été jusqu’à dire que le quadruplement d’une population en 30 ans d’occupation ne me semblait pas répondre à la définition d’un génocide.

Pourtant, cette femme n’était pas une ignorante : elle écoutait la radio pendant les 8 heures quotidiennes passées au volant de son taxi et ne ratait jamais, m’a-t-elle précisé, un JT de 20 heures.

De là à conclure que son opinion avait été forgée par une orientation médiatique, il n’y a que la distance qui sépare le recoupage d’une information d’un scoop susceptible de précipiter une Intifada…

L’affaire al-Dura, 8 ans après

Au départ, un reportage considéré comme une bonne aubaine par un journaliste un peu trop hâtif. «Scoopy», comme l’appellent ses confrères, reçoit, le 30 septembre 2000, une cassette de son caméraman palestinien, Talal Abou Rahme. Sur cette cassette, la mort en direct d’un enfant palestinien.

Qui l’a tué ? Le caméraman affirme que ce sont les Israéliens. Scoopy n’était pas sur place. Il pose la question au porte-parole de Tsahal. Celui-ci est incapable de confirmer ou d’infirmer : il n’est au courant de rien. Mais il va se renseigner. Et si jamais il s’avère qu’un enfant est bien mort sous des balles israéliennes, cela ne peut être qu’une épouvantable bavure. SI.

Mais Scoopy est pressé. Talal Abou Rahme n’était pas seul sur place : deux autres cameramen (Reuters et AP) vont peut-être sortir le scoop avant lui. Aussi prend-il la décision d’envoyer le film à son employeur après y avoir ajouté sa propre introduction-commentaire (lire en note) en tenue de baroudeur et son commentaire : l’enfant a été tué et le père blessé par des balles israéliennes.

Ce reportage est ensuite offert à toutes les télévisions du monde. OFFERT. Gratuitement. Parce qu’il serait immoral d’encaisser un bénéfice sur la mort d’un enfant. Certes : l’argent, pouah ! Mais on ne boude ni la notoriété ni les innombrables récompenses pour le journaliste comme pour son cameraman. D’où les tournées triomphales dans de nombreux pays arabes.

Jusque-là rien de répréhensible. Certes, la scène a enflammé les Palestiniens, elle a conduit, douze jours plus tard, au lynchage de deux réservistes israéliens égarés dans Ramallah. À ce propos, connaissez-vous la chanson «Elohaï Chema Israël» ? Elle a été écrite par la jeune épouse d’un de ces deux Israéliens. Elle a appelé son mari sur son portable au moment du drame. L’un des lyncheurs lui a répondu : «Ton mari? il est entre mes mains. Je suis en train de le découper en morceaux !»

Certes, la photo du petit Mohammed décore la scène d’où Ben Laden recrute des jihadistes et elle figure derrière les égorgeurs du journaliste Daniel Pearl.

Certes, l’enfant, devenu vedette de spots publicitaires à la télévision palestinienne, engage les gamins de son âge à embrasser la carrière de martyr… Tout cela n’est que le fruit – bien naturel – de l’indignation populaire devant un assassinat aussi horrible. Oui, assassinat, car Talal Abou Rahme l’affirme dans plusieurs interviews : les Israéliens ont délibérément visé l’enfant et son père.

Sauf qu’un certain nombre d’experts lèvent un loup. Le professeur Nahum Shahaf, physicien, spécialiste en balistique, démontre que les balles israéliennes ne pouvaient en aucun cas toucher Mohammed et son père, cachés derrière un baril de béton.

Sauf que des rushes provenant d’autres cameramen révèlent que leur confrère Talal Abou Rahme tourne régulièrement des saynètes de propagande où les morts se relèvent pour refaire la prise, où les cadavres sortent leur téléphone portable et où les courageux snipers palestiniens tirent dans la brèche d’un mur qui ne dissimule aucun soldat israélien, mais un hangar désaffecté, servant d’aire de pique-nique entre deux séquences.

C’est là que tout dérape…

L’affaire al-Dura devient l’affaire Enderlin

Si les détracteurs de Charles Enderlin s’étaient contentés de lui reprocher son accusation hâtive et inexacte, peut-être aurait-il fini par avouer son Timisoara personnel. Mais certains ont supputé que l’enfant n’avait jamais été tué. Que le reportage était une mise en scène d’un bout à l’autre.

Enderlin et France 2 étaient déjà du bon côté du manche, celui où se décide ce qui sera rendu public et ce qui restera ignoré. Leurs détracteurs leur ont offert en plus sur un plateau les verges pour les battre.

Prétendre que cet enfant n’était pas mort est apparu au monde médiatique comme un néo-négationnisme. Accusation d’autant plus appropriée que l’image du petit al-Dura devait déjà, selon une éditorialiste d’Europe 1, annuler et remplacer la photo du petit Juif du ghetto de Varsovie mis en joue par les nazis.

D’un côté les contempteurs d’Israël, ravis de leur aubaine, ne démordaient pas de l’accusation de meurtre quasi rituel. En face, les amis d’Israël, atterrés par la mort d’un enfant, se cramponnaient à la possibilité qu’il soit toujours vivant.

Et les deux camps de s’envoyer des invectives inconciliables avec l’examen raisonnable des faits. Comme dans un divorce, la loi a semblé un indispensable médiateur entre les tenants des deux thèses.

France 2, regroupée derrière son journaliste, refuse de produire les rushes incriminés et intente des procès à tous ceux qui la mettent en cause. C’est ainsi que Philippe Karsenty, à travers son site «Media ratings» est devenu le champion du scénario «fausse mort».

L’enjeu de la querelle résidait dans les rushes cachés par la chaîne française.

Ceux-ci avaient-ils vocation à garder discrètes de réelles mises scènes utilisées par ailleurs ? Faisaient-ils partie d’une réserve de prêt-à-diffuser au service de la doxa médiatique : "tout ce qui est riche et fort est mauvais et injuste, tout ce qui est pauvre et faible est juste et bon" ? Une thèse simple et assez facile à illustrer du moment qu’on sélectionne soigneusement les images et qu’on les commente dans le bon sens…

Car cette affaire représente une véritable aubaine pour les journalistes antisionistes: ils profitent d’ailleurs de leur appel en faveur de Charles Enderlin pour réitérer l’affirmation sans preuve selon laquelle les tirs qui ont tué l’enfant et blessé le père étaient israéliens.

Les citoyens qui ont interpellé France 2 uniquement sur les invraisemblances balistiques n’ont pas été écoutés parce qu’on les a amalgamés aux tenants de la thèse de la mise en scène. Indignation véritable ou perfidie ? C’est en tout cas à cause de cette faille que France 2 a très vite fait le choix de se débarrasser du bébé en même temps que de l’eau du bain.

L’information proposée en France depuis quelques années est passée au crible de cette grille de lecture simpliste qui conduit à la diabolisation d’Israël, n’en déplaise aux adeptes du complot judéo-maçonnique et des médias aux mains des Juifs.

L’enfant est-il mort ? Et dans l’affirmative, tué par qui ?

Il est si douloureux de penser qu’un enfant est mort, où que ce soit et pour quelque raison que ce soit, que la tentation est grande de nier l’issue fatale.

Ce qui est sûr, c’est que d’un côté comme de l’autre, la vie ou la mort de ce gosse est devenue accessoire. Il est devenu symbole. De l’inhumanité des Juifs ou de la partialité des médias. Au point que le Nouvel Obs a lancé une pétition pour dénoncer le crime de lèse-majesté commis par ceux qui ne croient pas aveuglément ce que leur disent les médias.

«Vu à la télé» n’est plus seulement une formule publicitaire, mais deviendrait une preuve irréfragable de vérité.

La bonne surprise, c’est que le site du Nouvel Obs a reçu de nombreux courriers mettant en question le fait d’être à la fois juge et partie. Indépendamment de la raison pour laquelle les internautes se prononcent, c’est un signe de bonne santé de la démocratie. Le 4ème pouvoir s’arroge le statut de pouvoir tout court ? Le public se constitue partie civile.

Sur Youtube, un agrégat de rushes intitulé «Pallywood» pose des questions embarrassantes sur le spectacle donné à voir par la chaîne de service public.

Charles Enderlin sur son blog s’attache à le démonter et à défendre sa crédibilité dans un montage concurrent.

«Pallywood» montre le tournage de certaines mises en scène destinées à la propagande pro-palestinienne : indications du metteur en scène, positionnement des acteurs, marques de satisfaction à la fin d’une bonne prise… «Pallywood» note aussi qu’on ne voit saigner ni l’enfant mort ni son père grièvement blessé est souligné.

Dans le montage de Charles Enderlin, un arrêt sur image montre bien que le T-shirt du père présente un impact de balle à la manche qui n’y figurait pas au début de la séquence.

«Pallywood» insiste sur le fait que plusieurs protagonistes crient «l’enfant est mort» avant que celui-ci soit atteint. Sans y toucher, comme en passant, le montage d’Enderlin commente que cette phrase, «en arabe parlé», signifie que l’enfant est en danger de mort.

«Pallywood» démontre, croquis à l’appui, que les balles qui ont touché l’enfant et son père ne pouvaient matériellement pas avoir été tirées depuis la position israélienne. Dans l’autre montage, à l’appui du commentaire originel d’Enderlin, stipulant que les balles israéliennes ont tué l’enfant, «Talal cherche d’où viennent les tirs qui correspondent aux impacts autour de Jamal et son fils» mais «sa caméra revient sur eux» sans qu’il soit dit explicitement qu’il ne voit pas d’où viennent les tirs.

Restent les vraies questions

Il est difficile de croire que «l’enfant est mort» signifie «en arabe parlé» que «l’enfant est en danger de mort», surtout quand cet arabe est parlé par une population dont le quotidien est fait de combats, ce qui rend cette distinction fondamentale.

D’autant que si telle est vraiment la signification de la phrase, pourquoi les témoins ne crient-ils pas «ils sont morts». Pourquoi seulement l’enfant ? Extraordinaire prescience puisque, en effet, quelques secondes plus tard seul l’enfant meurt, alors que le père est blessé.

Cela conduirait à postuler qu’il s’agit effectivement d’une mise en scène qui a mal tourné. Ainsi s’expliqueraient aussi bien les cris intempestifs prévoyant précisément la mort de l’enfant et non celle du père, mais également la chute de l’un et de l’autre.

Que les al-Dura père et fils n’aient pas été tués par des balles israéliennes est maintenant avéré. D’une part, ils étaient absolument invisibles depuis la position israélienne et d’autre part, les Israéliens tiraient avec des M16 des balles à haute vélocité (900 m/sec) dont l’impact crée une onde de choc qui, dans le cas d’un toucher à l’abdomen par exemple, engendre une cavitation faisant éclater d’autres organes.

L’aspect de deux victimes après les impacts est clairement celui de calibre 7.62, avec un petit trou à l’entrée et un gros à la sortie. Comme les balles que les Palestiniens tirent dans «Pallywood».

Mais comment le père et l’enfant ont-ils pu être touchés par des balles palestiniennes ? Ne se trouvaient-ils pas à un endroit où aucun tir croisé n’était possible ? Derrière un baril qui les dissimulait aux Israéliens et adossés à un mur aveugle, exactement en face de la position palestinienne dite de la Pita.

Alors quoi ? Une balle partie accidentellement ? Non, DES balles parties accidentellement. Plusieurs dans chaque victime.

Corporatisme et blasphème

Il est des héritiers installés dans une victimologie ontologique : le sort inhumain fait à leurs parents les a conduits à si fort crier au loup au moindre soupçon d’antisémitisme qu’ils sont tombés dans tous les pièges tendus par les faussaires et les manipulateurs gravitant dans les recoins de la Toile. Désormais leurs appels, même justifiés, ne sont plus pris au sérieux.

Et bien involontairement, leurs excès ont permis aux négationnistes de relativiser jusqu’à l’indicible Shoah. Et à leur retourner l’accusation de négationnisme lorsqu’ils mettent en doute la mort d’un enfant élevé au rang d’icône.

Or dans la réaction de la profession médiatique faisant bloc autour d’un envoyé spécial vécu comme victime de négationnisme, il n’y a pas de position idéologique ou de volonté de nuire à Israël. Il y a simplement l’indignation authentique de professionnels voyant un des leurs accusé à tort.

L’ordre des médecins, celui des architectes prendraient certainement fait et cause pour un des leurs jugé faussement accusé, même s’il n’est pas le plus scrupuleux et le plus qualifié des membres de la profession.

Scoop : l’objectivité n’existe pas !

Bien sûr, l’information est orientée. Mais le recours aux fausses images n’est pas nécessaire. Même si elles sont parfois produites, ce qui influe sur nous à la longue, c’est l’éclairage de la scène toujours semblable, le choix des protagonistes, toujours les mêmes dans les mêmes rôles. Le choc des photos est accompagné du poids des mots, le choix des sujets par celui du vocabulaire codifié qui justifie les attentats des terroristes devenus «activistes» voire «résistants».

Le casting immuable transforme les Palestiniens en victimes infantiles à qui est déniée toute responsabilité. Les «roquettes artisanales» pleuvent en silence médiatique sur Sderot : les «enfants colons» ont 15 secondes pour courir aux abris et quand ils meurent, leur famille souffre loin des caméras.

Il serait peut-être temps de retrouver – de trouver – un minimum de distance avec le conflit le plus médiatisé du monde. Une distance réelle, intellectuelle et raisonnée qui éviterait la passion actuelle, inversement proportionnelle à la distance géographique qui nous sépare du terrain…

Il serait temps aussi que tous les citoyens soient libres et égaux devant la loi. Quand un professionnel quel qu’il soit commet une faute grave, il est licencié. Les journalistes ne jouissent d’une parfaite impunité qu’en France.

En Angleterre, en 2004, Piers Morgan, rédacteur en chef du Daily Mirror, a été contraint à la démission après qu’il ait été établi qu’il avait publié des faux sous forme de photos montrant des militaires britanniques en train de brutaliser un prisonnier irakien.

En 2006, un photographe de Reuters a été licencié pour avoir augmenté artificiellement les volutes de fumée sur Beyrouth, laissant imaginer des bombardements plus importants que la réalité.

Certes, en février 2004, Olivier Mazerolle avait dû présenter sa démission après que David Pujadas ait annoncé le retrait d’Alain Juppé de la vie politique au moment où celui-ci déclarait le contraire sur une autre chaîne. Mais s’il était remplacé à la tête de la rédaction de France 2, Mazerolle continuait à présenter l’émission politique phare de la chaîne : «Cent minutes pour convaincre».

Charles Enderlin a commenté des images qu’il n’avait pas vu filmer. Il a accusé l’armée israélienne de la mort d’un enfant alors qu’il n’avait aucune idée de qui en était responsable.

Depuis, il a été établi avec certitude que son accusation était erronée. Il n’a pas encore été contraint de présenter des excuses. Il n’a pas été licencié. Cette impunité est un privilège inacceptable dans une démocratie.

Nous sommes tous responsables de nos actes.

Les journalistes aussi.

Liliane Messika © Primo, dimanche 8 juin 2008

Note : Ce que Charles Enderlin a fait comme commentaire est différent (meme la Cour d\’Appel l’a noté exactement page 5 ). "Ici, Jamal et son fils Mohamed sont la cible de tirs venus des positions israéliennes. Mohammed a douze ans, son père tente de le protéger. Il fait des signes […] mais une nouvelle rafale. Mohamed est mort et son père gravement blessé. Un policier palestinien et son ambulancier ont également perdu la vie au cours de cette bataille. » (Merci à Giora Hod pour cette précision)

Voir aussi:

Gaza: C’est ici qu’on meurt
Jean-Paul Mari
Le Nouvel Observateur
12 octobre 2000

Dans le camp de réfugiés de Boureij, Jean-Paul Mari a retrouvé la famille de Mohammed al-Durra, l’enfant de 12 ans tué par les soldats israéliens dans les bras de son père. Reconstitué les faits. Et vu les jeunes manifestants hurler leur révolte face aux balles.

Netzarim est un carrefour de la mort où l’on tire sur des hommes, des adolescents et des enfants, un endroit nu où l’on ajuste tout ce qui bouge, passe et apparaît dans le champ de tir. Le carrefour de Netzarim était déjà une aberration géographique qui coupe la bande de Gaza en deux, en son centre, et oblige tout Palestinien qui veut traverser le territoire à passer devant un poste de contrôle militaire israélien. Une aberration économique, où quelques familles de colons, protégées par une base militaire, exploitent de vastes vergers au milieu d’un million de Palestiniens de Gaza qui étouffent sur une bande de terre sans eau de 40 kilomètres de long. Pour Gaza, sous Autorité palestinienne, Netzarim reste le symbole de l’occupation israélienne, des colonies inamovibles et d’un processus de paix qui piétine. Et c’est ici, aujourd’hui, qu’on meurt. Ce n’est pas même pas un combat. Plutôt quelque chose qui ressemble à un ball-trap humain, où les manifestants seraient des disques d’argile qui se lancent eux-mêmes sur 50 mètres, à découvert, pendant que des tireurs invisibles cherchent à les arrêter d’une balle en plein vol. Voilà un groupe d’adolescents qui se rue et la foule de plusieurs milliers de manifestants retient son souffle. Atteindre le hangar, au carrefour, est une victoire ; renoncer ou se faire toucher, un échec. A 600 mètres de là, masqués par les vergers, il y a des blindés, des mitrailleuses, des barbelés et des miradors d’où des soldats israéliens guettent, l’oeil collé à leur lunette de précision. Les premiers manifestants sont passés en trombe et la foule exulte ; le dernier est plus lent et on l’encourage. Il approche enfin du hangar, ralentit et lève les bras, déjà vainqueur. Juste avant qu’une forte détonation, venue d’une tour militaire, l’envoie bouler sur l’asphalte, la jambe broyée par une balle de mitrailleuse. Pour la vingtième fois de la journée, une ambulance palestinienne s’avance malgré le feu, jette un brancard et emporte le blessé. A côté de moi, un adolescent éclate en sanglots : « A quoi sert tout ça ? A rien. Ce sont toujours les nôtres qui meurent. Des armes ! Donnez-nous des armes… » Il est à peine 14 heures, ce vendredi, jour de prière et de colère, et l’après-midi ne fait que commencer. On essaie de comprendre. L’objectif des manifestants n’est pas la base militaire de la colonie, inaccessible, mais ce fort israélien, planté au bord du carrefour, un amas compact de sacs de sable, de dalles de béton armé, surmonté de tours fortifiées et percé d’étroites meurtrières pour ajuster le tir. Depuis plusieurs mois la position a été renforcée en vue d’une éventuelle proclamation de l’Etat palestinien. Tsahal n’a pas lésiné sur les moyens, un drone, petit avion sans pilote muni de caméras, tourne jour et nuit au-dessus de la colonie et dans le ciel de Gaza. Ses images sont envoyées dans une salle de l’état-major des territoires occupés qui suit ainsi en permanence en vidéo l’évolution de la situation. Pour mieux surveiller les abords de Netzarim, l’armée dispose aussi de radars, de caméras infrarouges et de micros ultrasensibles. Et chaque mirador ou poste de tir a été conçu pour tout voir sans laisser d’angle mort. D’ailleurs, deux immeubles palestiniens de quatre étages et un grand hangar, proches du fort, qui servaient d’abri et de base d’attaque aux manifestants, seront attaqués d’abord par des hélicoptères armés de roquettes avant d’être soufflés en pleine nuit à l’explosif. A l’intérieur du fort et de la colonie de Netzarim, tous les soldats présents depuis trois mois viennent du Liban, rapatriés du front après le retrait de Tsahal en mai dernier. Ils appartiennent aux Golani, une unité d’élite autrefois utilisée pour mater l’Intifada à Gaza, où les rues n’ont rien oublié. Ce sont ces vétérans d’une longue guerre qui tiennent la masse impressionnante du fortin, aux parois noircies par le feu des cocktails Molotov mais intact, position de guerre conçue pour résister aux tanks et à l’artillerie. Que venaient faire ici, dans cet enfer, il y a moins d’une semaine, un homme de 36 ans, Jamal al-Durra, et son gamin de 12 ans à peine, Mohammed ? Ce matin-là, Jamal était plutôt content. Il avait pu dormir jusqu’à 7 heures du matin. D’habitude, l’ouvrier peintre se lève à 3h30, quitte la maison endormie du camp de Boureij et prend un taxi collectif jusqu’à Erez, poste frontière avec Israël. Jamal se soumet aux contrôles, passe sa carte magnétique dans une borne d’identification puis marche 3 kilomètres dans un long tunnel grillagé réservé aux travailleurs palestiniens. Son frère, Iyad, 22 ans, n’a pas droit à cette carte : Israël n’accepte pas les célibataires. Nael, 25 ans, l’autre frère, ancien étudiant à Jérusalem, fait partie, lui, des « interdits » de travail en Israël. De l’autre côté, il faut prendre encore un taxi et encore un bus pour rejoindre son employeur et son lieu de travail. Il faut compter deux, trois, parfois quatre heures de trajet – un quart du salaire – quand les contrôles sont tatillons et la situation tendue. Interdiction de dormir en Israël. Jamal rentre le soir, vers 20h30, embrasse ses sept enfants, sa femme Amal, et court se coucher. Six jours par semaine. Depuis vingt ans. De quoi nourrir sa famille, ses parents et payer les études de ses soeurs, en tout quinze personnes à charge. Ce samedi-là, il rêve de s’acheter une vieille voiture et veut se rendre au marché des occasions, après Netzarim, près de Gaza. Mohammed est debout lui aussi. Et comme d’habitude il insiste : « Emmène-moi avec toi ! » Jamal ne peut rien lui refuser. A 12 ans, Mohammed est le fils préféré de la famille, un gosse curieux et doux, plus mûr que son âge, qui a adopté un chat nommé Abricot et voue une passion aux oiseaux qu’il élève dans une grande cage suspendue à l’entrée de la maison. Hier, la femme de Jamal lui a dit que Mohammed lui avait posé d’étranges questions : « Si je vais au carrefour de Netzarim, est-ce que je serais un martyr, moi aussi ? Maman, qu’est-ce que c’est le paradis ? » Et ce matin Jamal tremble à l’idée que son fils pourrait s’approcher de la manifestation ; il préfère le garder avec lui : « Allez… Viens ! » Au même moment, à une demi-heure de là, au centre de Gaza, un caméraman de France 2 quitte son domicile pour aller couvrir la journée de manifestation à Netzarim. Talal Abu-Rama a treize ans de métier et d’affrontements derrière lui, il sait reconnaître l’origine d’un tir, sa direction, le calibre employé et connaît parfaitement le scénario de ce genre de manifestations. D’abord, après le calme du matin, quelques pierres vers la fin de matinée, puis les premières balles « caoutchoutées » – en réalité de lourdes billes en acier recouvertes d’une fine pellicule de plastique, comme celle qui lui a brisé la main quelques mois auparavant. Tirées avec précision dans l’oeil, le thorax ou en plein front, elles aveuglent ou tuent. Puis viennent les jets de cocktails Molotov et la riposte des tirs à balles réelles – c’est nouveau – des mitrailleuses C500 au coup par coup, des fusils à lunette et des M16, des armes de guerre. Posté sur une petite butte au carrefour, Talal a déjà recensé 45 blessés. L’heure avance, il est midi et Talal se prépare à décrocher pour transmettre ses cassettes vers le bureau de Jérusalem. De retour du marché des occasions, Jamal, lui, n’a pas trouvé la voiture qu’il cherchait. A l’approche du carrefour de Netzarim, le taxi collectif refuse d’aller plus loin. Pour rejoindre sa maison du camp de Boureij, il faut passer à pied. Jamal prend Mohammed par la main et s’avance prudemment le long d’un mur de parpaing, à 50 mètres en diagonale du fortin israélien. Il suffirait de passer le coin de la rue déserte… à 20 mètres de là. Soudain, une fusillade nourrie éclate. De l’autre côté de la rue, Talal prend sa caméra sur l’épaule et s’approche. Pendant deux à trois minutes, des coups de feu partent, face au fortin, d’une rue perpendiculaire, là où se trouve habituellement un poste palestinien. Apparemment, ce ne sont pas des policiers de Gaza qui tirent à la kalachnikov mais des « Tanzim », des paramilitaires armés de la branche politico-militaire du Fatah. La riposte, venue du fortin, inonde le carrefour d’une grêle de balles. Talal voit deux civils tomber sur l’asphalte. Il décide de s’avancer vers le trottoir, est pris sous une rafale et s’aplatit derrière un minibus Volkswagen providentiel. Il va rester là, cloué au sol, pendant une heure et quart : « Ce n’était pas des tirs. Mais une pluie d’impacts, une grêle qui s’abattait sur tout le périmètre. Les balles de gros calibre sifflaient. L’asphalte sautait tout autour de nous. Le bruit était infernal. » Un autre reporter abandonne son pied de caméra, se jette à couvert. Une ambulance veut s’avancer au carrefour. Elle doit battre en retraite. Talal croit entendre un cri d’enfant. Il voit, en face de lui, à 20 mètres, sur le trottoir opposé, Jamal et son fils Mohammed accroupis derrière un fût en ciment dur, sorte de baril creux qui recouvre une prise d’eau. « Le gosse a pris une balle dans la jambe. Le père le tirait vers lui, le serrait contre son dos pour essayer de le protéger de son corps », se rappelle Talal. Mohammed, terrifié, supplie son père : « Pour l’amour de Dieu, protège-moi, papa ! » Talal zoome sur Jamal qui fait des signes de la main pour appeler une ambulance, réclamer de l’aide. Mais les tirs continuent, au ras du baril, au-dessus, tout autour. On comptera quinze impacts, groupés, serrés en rond sur cette partie du mur. Et un autre, sur la paroi du fût qui regarde le fortin. Aucun de l’autre côté. Jamal prend son téléphone portable, appelle un ami à Gaza, demande une ambulance. Il crie en hébreu : « Mon fils est en train de mourir. Arrêtez de tirer ! » Mais une pluie de balles s’abat à nouveau. « Jamal me regardait, comme s’il voulait que je l’aide, dit Talal le caméraman, mais personne ne pouvait s’avancer. J’ai essayé ! Folie ! Même un chat n’aurait pas pu traverser la rue pendant plus d’une heure ! » Une ambulance essaie pourtant ; elle arrive au carrefour, sirènes hurlantes mais les tirs ne s’arrêtent pas. Dans le véhicule, l’infirmier Abou Nadji voit son chauffeur Bassam el-Bilbaissi s’effondrer sur le volant, tué d’une balle venue du fort. Talal ne peut rien faire sinon filmer cette mort qui s’annonce : « J’ai entendu une déflagration, suivie d’une grêle de balles. Puis un nuage de poussière a envahi le coin. Quand il est retombé, j’ai vu le gosse allongé, mort, et son père, assis, inconscient, dont le corps blessé se balançait étrangement. » Il faudra longtemps avant qu’une ambulance puisse enfin venir les chercher. « On les a visés, directement, pendant au moins trente-cinq minutes. Ils sont restés quarante-cinq minutes en tout, parfaitement visibles, serrés l’un contre l’autre, derrière ce baril. Et moi, trois quarts d’heure de plus coincé derrière mon minibus ! » Il suffit, au petit matin, quand tout est encore calme, d’aller au carrefour de Netzarim, s’asseoir derrière le baril de ciment blanc, à l’endroit où Jamal et son fils se tenaient, pour s’apercevoir que les tirs, en diagonale, au ras du fût, ne pouvaient provenir que de la partie droite du fortin ou d’une tour qui surplombe le carrefour. « Ils ont voulu nettoyer la zone, ne plus laisser personne vivant dans leur angle de tir », affirme Talal. Comme si les soldats, une fois attaqués, avaient pris l’option de transformer le carrefour en dead zone. A l’hôpital Shiffa de Gaza, les chirurgiens sont choqués, épuisés de recevoir chaque jour des dizaines de blessés graves. A l’entrée des urgences, on patauge dans le sang. Il y a cette série d’adolescents, un pansement sur l’oeil perdu, touché d’une balle « caoutchoutée » si dure qu’il faut parfois aller la retirer dans le cerveau. Et ces deux hommes, en mort cérébrale, blessés d’une balle en pleine tête. Et tous les autres, le plus souvent touchés à balle réelle par les snipers qui visent le thorax et la tête. Le docteur al-Haddad se souvient d’avoir reçu deux cas identiques en une semaine. Quand les neurochirurgiens ont voulu opérer, ils se sont aperçus que les victimes étaient mortes sur le coup, la boîte crânienne vide, soufflée par l’impact d’une arme lourde. Pour Mohammed, le chirurgien n’a pu que constater sa blessure à la jambe droite et sa mort causée par la balle qui lui a ouvert le ventre. Jamal, le père, avait le bras droit fracturé, la jambe droite broyée et l’os du bassin emporté sur 10 centimètres de large : « Trois impacts de balles de M16 à haute vélocité. Elles font de gros dégâts. On a sauvé la jambe et sa vie. Mais il restera invalide. » Tsahal a accusé les policiers palestiniens, parlé d’échange de coups de feu, puis de balles perdues avant de reconnaître que les tirs qui avaient tué Mohammed étaient « probablement » venus du côté israélien. Jamal, lui, ne peut que répéter qu’il n’essayait pas de manifester mais seulement de rentrer chez lui : « Mon fils préféré, mort dans mes bras, sans que je puisse le sauver… Jamais je ne pourrai oublier. » Au camp de Boureij, Amal, la mère, a longtemps refusé de croire à la mort de Mohammed. Même après avoir vu le reportage à la télévision : « J’ai vu ces images plusieurs fois mais je n’ai pas reconnu mon mari et mon fils à cause de cette peur qui leur déformait le visage. J’avais seulement un sentiment de pitié envers ces gens, pris sous les balles, ces gens… que je ne connaissais pas. » C’est la grand-mère, Fatma, qui a compris la première. Le visage emmailloté dans ses rides et son châle noir, elle se rappelle ses étranges appels téléphoniques, de gens qui lui demandaient :
– « Je suis bien à la maison du "shahid", du martyr ?
– Quel martyr ?
– Pardon… C’est sans doute une erreur. » Et on raccrochait. Au quatrième appel, la grand-mère a reconnu la voix du voisin et elle est allée chez lui. En revenant, elle pleurait. Depuis, elle répète que cela a toujours été ainsi depuis ce jour de 1948 quand ils sont partis vers le sud, à dos de chameau, chassés de leur village de Wadi Honine, devenu Nes Tsiyona, près de Ramla. Vingt-cinq personnes, toute une tribu, qui ont marché vers Al-Kbeba, puis Ashdod et Al-Majal, devenu Ashkelon, avant d’arriver à Boureij avec quelques enfants morts d’épuisement en route et une tante, Torfa, tuée par un bombardement. Elle avait 10 ans à peine et se souvient « des tentes, de la saleté horrible et du temps où la vie était pauvre, triste, affreuse. Du temps où on allait arracher du blé à la main pour le concasser avec des pierres ». Dehors, les gens du quartier ont commencé aussitôt à aligner des chaises dans la rue et à étendre des tissus blancs pour dresser la tente funéraire. Très vite, on a imprimé au pochoir le visage de Mohammed sur les murs de Boureij, les parents des autres « martyrs » sont venues réconforter la famille, et tout ce qui compte d’associations et de ministères a envoyé des dizaines de couronnes de roses qui fanent à la porte de la maison. Avec le temps, Gaza a appris la culture du deuil. Ici, la mort d’un enfant bouleverse aussi tout un quartier, qu’il ait été lanceur de cocktail Molotov ou gamin sage fauché en plein jeu. Un fils, un frère, un père… les morts des derniers jours s’ajoutent à ceux, plus anciens, de l’Intifada, ils s’accumulent, forment des strates épaisses, véritable dépôt géologique de tristesse, de ressentiment, de frustration et de colère. Ici, au premier affrontement, tous les jeunes du camp se ruent vers leurs pierres. Et personne n’ose les en empêcher. Au carrefour de Netzarim, la foule des manifestants soudain s’est crispée, silencieuse. Un enfant de 9 ans tout au plus s’est lancé sur la route à découvert. Il est haut comme trois pommes et porte un tee-shirt jaune vif. Impossible de ne pas voir qu’il s’agit d’un gamin. Une rafale sur l’asphalte le jette pourtant derrière un tas de sable à peine plus haut que lui. Les balles sifflent, précises, ajustées, autour de son refuge. On l’entend pleurer de loin et appeler à l’aide. Personne ne peut s’avancer. Les ambulances tentent de faire écran, des manifestants cherchent à s’avancer mais, à chaque fois, une rafale sèche oblige tout le monde à rester à l’abri des maisons en amont. Alors la foule lui conseille de rester à plat ventre, sans bouger, jusqu’à ce qu’une accalmie permette d’aller le chercher. Il faudra attendre près d’une heure encore avant qu’un Palestinien ne réussisse à le tirer d’affaire. Maintenant, le vent poussiéreux du khamsin obscurcit le paysage et les balles traçantes zèbrent le ciel de Netzarim. Gaza compte ses morts : six aujourd’hui. Et des dizaines de blessés. Depuis le début de la crise, c’est l’endroit et le jour le plus sanglants. Soudain, on voit arriver un groupe étrange de jeunes qui portent avec difficulté un immense tableau de trois mètres sur quatre et le déposent contre un mur, face au carrefour. Sur la toile, à grands coups de pinceau colorés, sont dessinés un homme et son fils serré contre lui, réfugiés derrière un baril de ciment blanc criblé d’éclats. Et en bas l’artiste a écrit en lettres noires : « Vengeance ! Ce qui est pris par la force sera repris par la force ! » Gaza n’est pas près d’oublier.


Election américaine: MLK était républicain et le KKK démocrate! (Looking back at the strange half century gap in the Democrats’ own history)

27 juin, 2008

MLK was a republicanPourquoi les Démocrates feraient-ils l’impasse sur leur propre histoire entre 1848 et 1900 ? Peut-être parce que ce n’est pas le genre d’histoire des droits civiques dont ils veulent parler – peut-être parce que ce n’est pas le genre d’histoire de droits civiques qu’ils veulent avoir sur leur site Web. David Barton

Contre l’actuel matraquage médiatique anti-Républicain et pour un candidat venu de nulle part nouveau Martin Luther King dont les parents se seraient connus 4 ans APRÈS sa naissance …

Création de la NAACP et de l’association des HCBU (Historically Black Colleges and Universities), abolition de l’esclavage (un certain président républicain nommé… Lincoln!), application de la loi de Discrimination Positive en 1972 (Nixon) …

Fondation du KU Klux Klan, vote de codes discriminatoires et lois Jim Crow, opposition (Kennedy et Al Gore senior compris) contre le Civil Right Act en 1957, attaques contre le républicain Martin Luther King, opposition à la marche sur Washington d’un autre républicain noir A. Philip Randolph …

Intéressante remise des pendules à l’heure, du site Primo-Europe, sur les attributions respectives des deux grands partis américains par rapport au combat pour les droits civiques des noirs et notamment les remarquables talents démocrates de récupération et d’auto-attribution des succès d’autrui comme de dissimulation des détails gênants ….

Lire la suite »


Esclavage: La traite musulmane enfin à la télé!

26 juin, 2008
http://www.africanecho.co.uk/images/story5-sept29-2.gifLa traite négrière ne fut pas l’apanage des Européens en Amérique ; les navigateurs arabes ont aussi contribué à l’effrayant commerce, laissant dans leur sillage de somptueux métissages musicaux, tarab de Zanzibar, chants nubiens d’Egypte ou fakirs errants indiens. Aussi beau que le blues, le jazz, la samba ou la salsa, nés également de l’esclavage, de l’autre côté de l’Atlantique. Télérama

Suite à notre récent billet sur la récente réédition en français du journal du négrier anglais William Snelgrave

Et à l‘occasion, pour la première fois à la télévision française semble-t-il, de la sortie d’un documentaire sur les traites non-Atlantiques ("Les esclaves oubliés" d’Antoine Vitkine sur Arte).

A savoir la traite orientale et arabo-musulmane (17 millions durant quatorze siècles) comme la traite interne à l’Afrique noire, menée pendant des siècles par les royaumes africains (12 millions) avec les quelques spécialistes qui osent braver le tabou (Salah Trabelsi, Ibrahima Thioub, Henri Medard et Mohamed Ennaji) …

Retour, avec notre confrère Alain-Jean Marie, sur…

La traite musulmane — au-delà de l’horreur
ajm
June 7, 2008

Le génocide voilé : Enquête historique
de Tidiane N’Diaye

Ce livre de Tidiane N’Diaye est l’une des choses les plus fortes et les plus douloureuses qui soient à lire:

Sous l’avancée arabe, (…) des millions d’Africains furent razziés, massacrés ou capturés, castrés et déportés vers le monde arabo-musulman. Cela dans des conditions inhumaines, par caravanes à travers le Sahara ou par mer, à partir des comptoirs à chair humaine de l’Afrique orientale.

Telle était en réalité la première entreprise de la majorité des Arabes qui islamisaient les peuples africains, en se faisant passer pour des piliers de la foi et les modèles des croyants. Ils allaient souvent de contrées en contrées, le Coran d’une main, le couteau à eunuque de l’autre, menant hypocritement une «vie de prière», ne prononçant pas une parole sans invoquer Allah et les hadiths de son Prophète.

Et l’auteur nous livre (presque) tous les détails. Les tactiques employées inspirées du djihad (attaques surprises en pleine nuit, suivies du massacre des vieux) puis enseignées aux partisans, le cynisme, la zizanie, les justifications racistes bestiales, les motivations mercantiles, la légalisation et la sanctification de la traite, l’effondrement des civilisations africaines, le dépeuplement systématique de régions entières, grandes comme des pays européens, et les cortèges d’esclaves, le long de routes marquées de part et d’autre par les squelettes blanchis et les dépouilles plus récentes, mutilées, de leurs prédécesseurs tombés en chemin, les castrations systématiques, souvent totales (75% de mortalité, mais une valeur multipliée sur le marché), les avortements et assassinats réguliers des enfants des esclaves sexuelles, l’épouvantable «normalisation» de ces processus, des siècles durant:

Stanley constata que dans certaines régions d’Afrique, après leur passage [des négriers arabo-musulmans], il ne subsistait guère plus de 1% de la population. Dans le Tanganyika, les images des horreurs de la traite étaient visibles partout. Nachtigal, qui ne connaissait pas encore la région, voulut s’avancer jusqu’au bord du lac. Mais, à la vue des nombreux cadavres semés le long du sentier, à moitié dévorés par les hyènes ou les oiseaux de proie, il recula d’épouvante.

Il demanda à un Arabe pourquoi les cadavres étaient si nombreux aux environs d’Oujiji et pourquoi on les laissait aussi près de la ville, au risque d’une infection générale. L’Arabe lui répondit sur un ton tout naturel, comme s’il se fût agi de la chose la plus simple du monde: «Autrefois, nous étions habitués à jeter en cet endroit les cadavres de nos esclaves morts et chaque nuit les hyènes venaient les emporter: mais, cette année, le nombre des morts a été si considérable que ces animaux ne suffisent plus à les dévorer. Ils se sont dégoûtés de la chair humaine.»

Et les chiffres, les comparaisons, les estimations. Les dates, les décisions. Quelques dessins et photographies. La reconnaissance de la lutte contre l’esclavage par divers mouvements civiques, religieux et politiques de l’Occident, mais aussi les tergiversations des acteurs des grandes puissances après que tout cela ait été révélé et officiellement condamné. Les veuleries, les complicités. Mais surtout: la totale absence de repentir, de quelconque regret, des Musulmans ou des Arabes actuels:

Il serait grand temps que la génocidaire traite négrière arabo-musulmane soit examinée et versée au débat, au même titre que la ponction transatlantique. Car, bien qu’il n’existe pas de degrés dans l’horreur ni de monopole de la cruauté, on peut soutenir, sans risque de se tromper, que le commerce négrier arabo-musulman et les jihâd (…) provoqués par ses impitoyables prédateurs pour se procurer des captifs furent pour l’Afrique noire bien plus dévastateurs que la traite transatlantique. Et ce, encore sous nos yeux aujourd’hui (janvier 2008), avec son lot de massacres, avec son génocide à ciel ouvert.

L’auteur décrit les différents types d’esclavage. Celui des Africains entre eux (qu’il assimile à un servage), celui des Arabes, puis celui des Occidentaux. Il passe en revue les grands événements, les capitulations et les actes de résistance (contre Saladin, par exemple, qui finit par écraser les révoltés noirs), fait le portrait des acteurs marquants, de criminels abjects, et de héros, et héroïnes, de la tragédie. Il dessine les routes de l’esclavage, en explique les motivations, les impératifs, les sources et les utilisations; il cite les témoins.

Son approche de l’Islam est très équilibrée. Il veut croire que le Coran permet des interprétations humanistes, digne d’une religion normale; il cite des hadiths utilisables dans ce sens, conteste la validité d’interprétations racistes des textes, mentionne des Musulmans qui ont combattu l’esclavage, et prend la peine, à plusieurs reprises, d’affirmer que les motivations religieuses des négriers servaient de paravent à des intentions purement criminelles. Mais il relève tout de même que

L’esclavage étant validé et institutionnalisé par l’Islam, il eût été impie chez les Arabes de le remettre en cause. «L’esclavage en terre d’Islam reste un sujet à la fois obscur et hypersensible, dont la seule mention est souvent ressentie comme le signe d’intentions hostiles», notait ainsi l’historien Bernard Lewis.
(…)
Ces Arabes commettaient les pires crimes en Afrique, mais pensaient qu’ils n’en restaient pas moins fidèles aux principes de l’Islam, qui autorisent l’esclavage. Leurs actions étaient favorisées par les moeurs et encouragées par des traditions religieuses qui, à leurs yeux, étaient plus fortes que toutes les lois de la terre. Ils n’avaient donc à cacher leurs crimes qu’aux croiseurs européens, puisque leurs gouvernements les approuvaient entièrement.

Et on ne peut pas manquer d’être troublé, même si l’ouvrage ne le signale pas, par le parallélisme entre le phénomène religieux islamique et ce que l’auteur nomme l’«extinction ethnique programmée» menée par des Musulmans en Afrique.

À lire absolument. Je recommande d’en acheter plusieurs exemplaires pour les bibliothèques de vos écoles.

Update: Une autre citation sur les relations du phénomène avec l’histoire européenne:

L’Afrique du Nord que les Occidentaux ont longtemps qualifiée de Barbarie, du grec barabaros qui désigne tout étranger à la civilisation gréco-romaine, est une vaste étendue de terres en grande partie désertiques. Ses habitants, appelés Barbaresques, étaient des brigands qui, jusqu’au XIXe siècle, pillaient les navires européens en Méditerranée. Ils menaient également de nombreux raids sur la terre ferme en Corse, en Sardaigne, sur les côtes d’Espagne, de France, d’Italie et de Grèce.

Ils capturaient des Européens et ne les rendaient à leurs familles que contre rançon ou les réduisaient en servitude. Ces Barbaresques asservirent ainsi pendant des siècles de nombreux captifs chrétiens. On disait d’eux: «Plus que des marchandises pillées, les Barbaresques tiraient profit des captifs. Le chrétien cessait d’être un infidèle qu’on arrachait à son pays pour devenir un objet de négoce, dont on essayait de se débarrasser le plus vite et le plus cher possible.» Pendant des siècles, l’Église catholique n’eut de cesse de les racheter. C’est cette piraterie qui sera l’un des motifs essentiels de la colonisation de l’Algérie par la France.

Le rachat des esclaves de Musulmans par des organisations chrétiennes se poursuit. Voir par exemple:

Enfants esclaves: A nouveau, 200 d’entre eux ont été libérés. La plupart font état de mauvais traitements et d’islamisation forcée.

ou

2006 was a year of great achievement, especially in Sudan. (…) CSI also contributed to the liberation of 2,942 slaves.

Update: voir aussi cette interview de l’auteur:


Multiculturalisme: Plus fort que Serrano! (Eat your heart out, Serrano!)

26 juin, 2008
piss Christ (Andreas Serrano, 1987)L’islamisme est simplement la conviction que les lois de l’islam doivent prédominer sur les lois des hommes. C’est ce que signifie le slogan du "retour à la charia", c’est-à-dire la mise entre parenthèses des éléments juridiques venus de l’Occident et la réinstauration du fiqh, le droit musulman classique. La seule différence entre violents et modérés est dans les moyens mis en oeuvre : jouer sur le conflit ouvert ou sur la subversion lente par progression démographique et exploitation des moyens que donne la démocratie. La différence est évidemment sensible sur le plan pratique, mais sur le plan de la pensée c’est la même chose ; le but est le même : la soumission du monde à une législation considérée comme donnée par Dieu. Dominique Urvoy

Plus fort que Serrano!

Après les plages séparées

Après les rideaux ou les horaires séparés pour les piscines …

Après les refus, poursuites judiciaires à l’appui, de médecins ou les hôpitaux séparés …

Après le mariage annulé pour “défloration dissimulée”

Après le refus de dévoiler les jambes et les bras ou jeu en huis clos de joueuses de basket …

Après le passage à tabac de jeunes juifs …

Après le plombage des budgets de certaines communes à cause de l’exigence de nourriture hallal …

Voici, dernière installation d’un génie injustement ignoré de nos maitres à penser artistiques,… Destruction et jet à la poubelle de crucifix!

Lire la suite »


Anti-américanisme: Si la haine de l’Amérique n’existait pas, il faudrait l’inventer (Give me old time anti-Americanism)

24 juin, 2008

Go to hell USALes propos de notre frère kenyan de nationalité américaine Obama sur Jérusalem (…) montrent soit qu’il ignore la politique internationale et qu’il n’a pas étudié le principe même du conflit au Proche-Orient, soit qu’il s’agit d’un mensonge d’une campagne électorale. (…) Nous craignons qu’Obama ne ressente un complexe d’infériorité du fait qu’il est noir et de ce fait qu’il se comporte encore plus mal que les Blancs. (…) Nous pensons qu’il craint d’être assassiné par des agents israéliens et de connaître le même sort que Kennedy, lorsqu’il avait promis d’étudier le programme nucléaire israélien. Khadafi

George W. Bush n’était peut-être pas le plus diplomate des chefs d’Etat, mais il a tenu bon là où c’était vraiment important. Fouad Ajami

En cette année de tous les dangers pour l’Amérique et le Monde libre avec la conjonction du départ du sherif de la Hadleyville planétaire et du retour des munichois

Scores sarkoziens pour les Etats-Unis de "Cowboy Bush" en Turquie (12%), Egypte (22%), Pakistan (19%) …

Score soviétique ou africain pour Obama en France (84%)…

Voici revenue, avec la publication annuelle de l’enquête mondiale Pew (Pew survey report), la saison de flagellation et d’autoflagellation contre l’Amérique!

Et la nécessité de lire et relire le spécialiste du Moyen-orient Fouad Ajami pour remettre un peu le tout en perspective.

Notamment sur la manière dont les médias américains eux-mêmes, selon la bonne vieille recette du Comment être persan de Montesquieu, se repaissent des critiques anti-américaines.

Comme si le monde (Le Monde) avait découvert l’anti-américanisme avec le président Bush.

Comme si, avec son frère jumeau juif, l’Amérique n’avait pas toujours servi de commode bouc émissaire pour tous les maux de la planète et surtout de diversion pour éviter de remettre en question les propres manquements des pouvoirs locaux.

Et ce d’une Egypte en gros besoin de soupape de sécurité face à l’inamovibilité par définition de leur despote ou d’une Turquie déchirée crachant sa bile d’avoir été éconduite par l’Europe comme du début de liberté que la guerre d’Irak a accordé à ses ennemis kurdes.

Et comme si la seule possibilité d’une candidature d’un Obama, déjà condamnée par le bouffon planètaire de Tripoli comme complot juif, était imaginable dans aucun autre pays que cette bien imparfaite mais largement bénévolente "hyperpuissance" à laquelle nous devons le peu de paix et de justice qui nous reste encore …

Lire la suite »


Antisémitisme: Attention, un Farouk peut en cacher un autre! (If they contradict Allah’s Book, we do not need them)

23 juin, 2008

Al-Azhar university students protesting Farouk Hosni

S’ils disent la même chose que le Coran, ils sont inutiles; s’ils le contredisent, ils sont nuisibles; dans les deux cas, il faut les détruire. Calife Omar Al-Farouk (642)

J’ai dit : "Je brûlerai tous les livres israéliens moi-même, si jamais j’en trouvais un seul" ; c’était une hyperbole, une manière un peu populaire de dire qu’il n’y en a pas. Je suis sémite, comment serais-je antisémite? Farouk Hosni (ministre de la Culture égyptien)

On ne doit pas cacher une chevelure de femme belle comme une rose. La religion, aujourd’hui, est réduite aux signes extérieurs alors que la relation de foi entre Dieu et sa créature n’a rien à voir avec l’habit. (…) La pudeur de la femme est une question de conviction interne, elle ne réside pas dans son apparence extérieure. Il faut que l’Egypte redevienne belle comme elle l’était et qu’elle cesse d’imiter les Arabes qui considéraient, à une certaine époque, l’Egypte comme une partie de l’Europe. Nous avons vécu avec nos mères qui nous ont élevés et éduqués tout en allant à l’université ou au travail sans hidjab. Pourquoi revenons-nous aujourd’hui en arrière? Des crimes se commettent aujourd’hui au nom du hidjab et du niqab. Le monde va de l’avant et nous ne progresserons pas tant que nous continuerons à penser de façon rétrograde et à aller écouter des fetwas de cheikhs à "trois millimes". Nous avons même perdu ces voix mélodieuses qui appelaient à la prière dans les mosquées. Nous entendons aujourd’hui des voix qui sont parmi les plus horribles qui soient". [Au Qatar et à Bahreïn] Même les femmes commencent à découvrir leurs visages, alors que nous revenons en arrière et que nous les dissimulons. Un Etat comme Singapour commence à rivaliser avec la Chine et avec l’Inde. Cet Etat n’a pourtant que cent ans d’existence. Pendant ce temps, nous restons sur place bien que nous ayons une civilisation qui remonte à cinq mille ans. novembre 2006, communication téléphonique avec une jeune journaliste retranscrite dans le quotidien indépendant al-Masry al-Yom. Farouk Hosni

[...] contribuer au maintien de la paix et de la sécurité dans le monde en resserrant, par l’éducation, la science, la culture et la communication, la collaboration entre nations, afin d’assurer le respect universel de la justice, de la loi, des droits de l’Homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion, que la Charte des Nations unies reconnaît à tous les peuples. UNESCO

Après le récent boycott du Salon du Livre de Paris et la menace, par certains pays arabes, de "sécher" le très prochain sommet de Paris pour l’UPM pour cause d’invitation non-conforme (comprenez: Israël) …

Et au lendemain du passage à tabac d’un jeune juif orthodoxe par une bande de jeunes Arabes et Africains dans le XIXe arrondissement de Paris où de nombreuses familles juives étaient venues fuir l’hostilité des banlieues …

Comme de l’arrivée en Israël pour une visite de deux jours du président français (Sarko le juif pour Libération) pour qui (tout "Sarko le juif" qu’il soit pour Libération) "la sécurité d’Israël ne sera vraiment assurée qu’avec la naissance du deuxième État, l’État palestinien " et "la colonisation" constitue "le principal obstacle à la paix".…

Brûler tous les livres israéliens, inviter des négationnistes à venir mettre en doute la Shoah à la télé, bloquer l’ouverture d’un musée juif …

Voilà quelques unes des compétences qu’exige apparemment la position de directeur général de l’Unesco (acronyme anglais de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture), basée à Paris et dont la mission est de promouvoir le dialogue interculturel pour établir "la paix dans l’esprit des hommes", via notamment ses répertoires du patrimoine mondial architectural ou documentaire.

Du moins si l’on en croit le candidat et ministre de la Culture égyptien soutenu par Paris Farouk Hosni, déjà attaqué pour ses propos contre le voile et ses visites aux parades du péché homosexuelles en France.

Et ce, dans le pays même de la célèbre bibliothèque d’Alexandrie où, comme le rappelle Libération, Ptolémée "rêvait de réunir les livres du monde entier" et "dont l’histoire tient l’incendie, au IVe siècle avant notre ère, pour une des grandes catastrophes de l’humanité".

Oubliant au passage, outre les destructions d’églises et le vitriolage des jeunes chrétiennes non-voilées (coptes), un autre autodafé moins connu et plus controversé (pour alimenter les chaudières des bains de la ville?) de ladite bibliothèque en 642 par le bâtisseur de la mosquée du Dôme du Rocher sur l’esplanade du Temple de Jérusalem, un certain calife Omar dont la légendaire équité lui avait valu le surnom de… Al-Fârûq!

Lire la suite »


Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 313 autres abonnés

%d bloggers like this: