Irak: Dur dur pour nos médias! (But what are our media going to do without their quagmire?)

31 octobre, 2007

Valor blind media (Iraq)Dur-dur pour nos médias et idiots utiles, comme le rappellent Murawiec et Guy Millière, plus d’attentats irakiens à se mettre sous la dent!

Et pour, même si l’essentiel des victimes proviennent des affrontements intercommunautaires, étayer leur inlassable mantra, pendant toutes ces années et depuis le début de l’opération “Iraqi Freedom”, du “bourbier” américain!

JihadTV elle-même (alias Al Jazira) n’y retrouve plus ses petits!

Sans parler des barbus terrés dans leurs montagnes afghanes, des croquemorts irakiens et même… de nos dessinateurs préférés Cox & Forkum!

Heureusement qu’il y a les Taliban en Afghanistan qui se dévouent un peu et le bouffon des mollahs pour amuser la galerie avec son négationnisme et ses imprécations d’opérette, sans parler de son bluff nucléaire ….

Extrait :

Quant à l’Irak, le changement y est encore plus sensible : la stratégie lancée par le général Petraeus est un succès franc et massif, et représente une formidable défaite pour al Qaëda. Souvenons-nous, en effet, des oiseaux de mauvais augure, qui croassaient naguère que la guerre d’Irak avait pour effet d’attirer et de concentrer les terroristes internationaux. Or non seulement les forces américaines et coalisées en ont-elles tué plusieurs dizaines de milliers, mais, plus encore, elles ont rallié les tribus sunnites et leurs chefs, révoltés par la sauvagerie dictatoriale des Islamistes. Les benladénistes, en s’aliénant ceux qui semblaient être leurs alliés naturels, ont non seulement perdu la bataille d’Irak, mais une bataille de première importance dans le monde sunnite.

Et tout cela a été rendu possible par la stratégie contre-insurrectionnelle de Petraeus, qui a ouvert les espaces où ont pu s’engouffrer les tribus et leurs chefs. On est loin de la désespérance qui réjouissait tant les ennemis démocrates, multilatéralistes et pacifistes de Bush. Comme le disaient, avec courage, au début de l’été, les analystes démocrates Michael O’Hanlon (Brookings Institution, un think-tank du centre-gauche) et Kenneth Pollack (ancien directeur du Moyen Orient au Conseil national de sécurité de Clinton), il s’agit d’un conflit « que nous pourrions gagner. ».

Cela ne fera pas de l’Irak une décalcomanie de la Confédération helvétique, mais, en créant des conditions de coexistence et de stabilisation, une défaite qui blessera gravement al Qaëda. Comme l’avait dit Ben Laden lui-même il y a une dizaine d’années : « Les gens choisissent le cheval le plus puissant et non le plus faible. ». L’ennui, pour l’émir suprême, c’est que son « Etat islamique d’Irak » bat de l’aile, que ses lieutenants locaux paniquent, qu’il confesse même son abattement : rien ne va plus en Irak pour les Islamistes sunnites ; plus les Sunnites irakiens se rapprochent des Américains, et plus baisse la cote du nervi chiite Muqtada al-Sadr, soutien branlant de l’Iran en Irak. Les poseurs de bombes chiites sont d’ailleurs en train de se recycler en hommes d’affaires et en députés, ce qui ne manquera pas de causer d’autres problèmes plus tard, mais qui affaiblit d’autant les actions insurrectionnelles aujourd’hui.

Moyen Orient en flux
Laurent Murawiec
Metula News Agency
31/10/07

Truisme peut-être, important quand même : qui veut comprendre les évolutions internationales doit se souvenir en permanence que chacun des acteurs et des paramètres qui, ensemble, constituent la situation qu’il étudie est en mue ininterrompue, quoique souvent imperceptible, ou invisible à l’œil nu. Incorporer à l’analyse un facteur obsolète l’invalide gravement. Plus ça change, moins c’est pareil.

La Turquie n’est plus un allié fiable pour les Etats-Unis ni pour l’Occident. L’ère kémaliste est terminée. La démographie est un destin : le paysan arriéré a repris l’ascendant sur les classes éduquées et occidentalistes de la capitale. L’Anatolie musulmane a pris sa revanche sur la Turquie stambouliote, laïque et… le premier ministre Erdogan arabise la Turquie à grande allure. Certes, il ne renonce pas à la modernité économique, mais il en sape les fondements, en faisant retour, subrepticement ou pas, aux principes directeurs islamo-ottomans. La banqueroute intellectuelle des politiciens héritiers du kémalisme aggrave leur paralysie. Certes, la Turquie ne se mue pas du jour au lendemain en république islamique, loin de là. Habile, Erdogan négocie avec art et opportunisme chaque tournant. Il fait payer à l’Occident chaque geste de bonne volonté. L’alliance militaire avec Israël, fruit de la stratégie à long terme des militaires républicains, n’est pas entravée.

Il n’empêche qu’il interdit l’invasion de l’Irak par le nord en 2003, ce qui compliqua gravement la situation, et qu’il vient de resserrer des liens, y compris militaires, avec l’Iran. Bien sûr, et on ne saurait l’en blâmer, il s’agit de faire pièce à la racaille assassine du PKK, la guérilla kurde, semi-KGB, semi-brigande. L’attitude passive du gouvernement irakien n’a pas amélioré les choses. Les Kurdes démocrates et pro-occidentaux s’y essaient. Mais reste un rapprochement certain entre les Islamistes « modérés » d’Ankara et les Islamistes immodérés de Téhéran, au moment où ces derniers défient le monde et tentent d’échapper à un isolement sensible. L’ère kémaliste est entrée dans les livres d’histoire. La Turquie bascule lentement dans le cul de basse-fosse duquel l’avait hissée Atatürk. L’impact sur la balance générale des forces dans la région moyen-orientale est énorme.

En Iran, la « ligne de l’Ayatollah », extrémiste et apocalyptique, tient le haut du pavé. Dans les faits, Téhéran continue et accélère ses efforts nucléaires et, à grand prix, y compris celui de l’énorme mécontentement populaire, de l’autosuffisance de sa consommation énergétique, tente de renforcer ses liens tant avec l’Etat du voyou Poutine qu’avec la Chine, dont la politique internationale est d’ordre mercenaire, comme j’y reviendrai de suite. La politique ni chèvre ni chou, suivie par Washington, resserre ce qui n’est ni un étau ni un cordon sanitaire, mais une série d’initiatives visant à réduire les marges de manoeuvre du régime iranien : on contraint les banques et les institutions financières à choisir entre le marché américain et le marché iranien – le choix est peut-être pénible mais il n’est pas douteux. Pas d’embargo sur les exportations pétrolières iraniennes, ni sur ses importations de carburant, qui mettrait le pays à genoux, mais conduirait droit à l’ouverture d’hostilités militaires. Téhéran pratique, en attendant, la politique dilatoire qui plaît tant à la couardise diplomatique, avec le soutien d’un El Baradai (l’Egyptien qui dirige l’Association internationale de l’énergie atomique, et opère à la manière d’un agent islamo-arabe chargé de « couvrir » ses congénères), sans parler des entichés de la parlotte, qui batifolent dans l’immeuble des Nations Unies à Manhattan.

Notons cependant que le raid israélien sur la centrale nucléaire syro-nord-coréenne en construction en Syrie n’a pas représenté un cinglant fiasco que pour le seul Assad : l’Iran a également perdu au jeu, perte de face de l’allié syrien, et catastrophe pour la menace stratégique qu’il représentait envers Israël ; constat de l’inanité du super-système de défense aérienne russe Pantsyr, acquis par l’Iran comme par la Syrie (et dont se méfiaient depuis longtemps les stratèges israéliens et américains). L’Iran se sait aujourd’hui bien moins protégé contre un assaut aérien en règle qu’il ne se l’imaginait. C’est donc l’action, et non la parole, qui a changé un paramètre crucial : les ayatollahs n’agissent qu’assurés de l’impunité. Il faut se souvenir que l’Ayatollah Khomeiny fit libérer les otages américains retenus et torturés depuis 444 jours dès que le président Reagan prit ses fonctions en 1981 ! Il fallut la très grave erreur stratégique de l’Administration Reagan – de ne pas riposter aux attentats qui détruisirent l’Ambassade des Etats-Unis à Beyrouth, puis y assassinèrent plus de deux cents Marines – pour « libérer », à l’encontre des Etats-Unis, la furie assassine des Islamistes iraniens, aidés en cela par leurs acolytes palestiniens.

Le régime iranien slalome entre les obstacles, à la voile et à la vapeur, en quelque sorte : la désinformation par-dessus, la mobilisation guerrière par en dessous. Il forme des cadres du Hamas à un niveau de compétence militaire supérieur, tout en exportant (par l’Egypte consentante et complice, laquelle vient d’ailleurs d’annoncer une relance de son programme nucléaire « civil ») des quantités importantes d’explosifs et d’armements à Gaza ; il continue de réarmer sa succursale libanaise du Hezbollah. Il renforce ses liens militaro-guerrilléros avec le voyou Hugo Chavez, dans le cadre de l’internationale islamo-castro-fasciste. Et il profite de la lâcheté de mercanti du gouvernement allemand, qui protège les juteuses exportations de ses industriels, plutôt que de s’associer aux efforts, pourtant timides, de brider le régime terroriste des ayatollahs. Cela contrebalance, dans le mauvais sens, le considérable changement opéré à Paris par Sarkozy et Kouchner, qui ont mis au pas le Quai d’Orsay et ses fantasmes islamophiles, et la France sur le droit chemin d’une opposition résolue au danger iranien.

Au nord, Vladimir Poutine est en plein dans son « grand jeu » : quoique conscient du danger représenté à terme pour la Russie riveraine par l’armement nucléaire et balistique de Téhéran, il joue au comptant, à balancer ses livraisons (y compris militaires et de technologie nucléaire) à l’Iran et à la Syrie (notamment avec la signature d’un contrat récent d’une valeur totale de dix milliards de dollars !), tout en mimant la valse-hésitation sur d’autres tableaux. On visite Ahmadinejad, on lui met des carottes sous le nez, on l’incite à faire des gestes envers Moscou – mais le Kremlin compte bien que les Etats-Unis ou Israël règlent leur compte au régime. Dans un mois ou dans un an, Moscou sera l’ami qui proteste, et qui aura gagné sur tous les tableaux.

Moscou espère préserver son « grand retour » stratégique au Moyen Orient sans heurt frontal avec les Etats-Unis, et en faisant payer au prix fort à Washington et Jérusalem une « neutralité » factice envers l’Iran. « Nous sommes la puissance musulmanophile », s’écriera alors, avec la sincérité du crocodile affamé, le maître guébiste du Kremlin, qui s’enivre de volutes impériales. L’instabilité au Moyen Orient est la stratégie fondamentale poursuivie par l’URSS et la Russie depuis 1945 : faute de pouvoir s’en emparer, empêcher les autres (Anglais et Américains) d’y réussir, leur causer d’incessants problèmes, les clouer dans des inerties et les y épuiser, en un mot, pêcher en eau trouble. Plus s’aggrave la situation régionale, autour de l’Iran en particulier, plus s’élèvera le prix du pétrole, ce qui augmentera d’autant la rente pétrolière qui seule fait vivre l’économie russe (avec les ventes d’armes), et les rêves de grandeur du rentier rancunier du Kremlin.

La Chine, où le président-secrétaire Hu Jintao a consolidé sa position à l’issue du congrès quinquennal du PC chinois, s’affaire à assurer à tout prix ses approvisionnements pétroliers et gaziers ; elle ne néglige aucune offre potentielle, de la Birmanie, que les tueurs au pouvoir ont rebaptisée Myanmar, au Venezuela et à l’Iran, au Soudan et à la Syrie ; ah ! la bonne odeur de pétrole ! L’arôme subtil du gaz naturel ! La « respectabilité » internationale à laquelle aspire Pékin en est affaiblie, mais, comme on dit dans les avenues commerçantes de Washington, où tous les trafics sont bons à prendre, business is business, d’autant que le risque de désastre financier guette le régime chinois avec une acuité croissante, et le pousse à agir le plus vite possible, tous azimuts, en quelque sorte.

D’autres paramètres sont en cours de changement, l’accord nucléaire indo-américain, l’un des grands acquêts de l’administration Bush, est dans la balance : le parti du Congrès au pouvoir le sacrifiera-t-il aux exigences des gauchistes et des communistes qui font partie de sa majorité ? Voilà qui ralentirait sérieusement la grande inflexion de la politique étrangère indienne, qui pèse d’un poids croissant dans les affaires internationales. Benazir Bhutto et Pervez Musharraf trouveront-ils entre eux un modus vivendi ? L’enjeu est de taille quant à l’avenir des mouvements terroristes, qui tiennent les zones tribales du Pakistan et la frontière avec l’Afghanistan. N’oublions pas que l’Afghanistan voisine l’Iran, et qu’il représente traditionnellement pour le Pakistan la chasse gardée qui lui donne, au moins fantasmatiquement, la « profondeur stratégique » dont ses élites pensent avoir besoin face à l’Inde.

Quant à l’Irak, le changement y est encore plus sensible : la stratégie lancée par le général Petraeus est un succès franc et massif, et représente une formidable défaite pour al Qaëda. Souvenons-nous, en effet, des oiseaux de mauvais augure, qui croassaient naguère que la guerre d’Irak avait pour effet d’attirer et de concentrer les terroristes internationaux. Or non seulement les forces américaines et coalisées en ont-elles tué plusieurs dizaines de milliers, mais, plus encore, elles ont rallié les tribus sunnites et leurs chefs, révoltés par la sauvagerie dictatoriale des Islamistes. Les benladénistes, en s’aliénant ceux qui semblaient être leurs alliés naturels, ont non seulement perdu la bataille d’Irak, mais une bataille de première importance dans le monde sunnite.

Et tout cela a été rendu possible par la stratégie contre-insurrectionnelle de Petraeus, qui a ouvert les espaces où ont pu s’engouffrer les tribus et leurs chefs. On est loin de la désespérance qui réjouissait tant les ennemis démocrates, multilatéralistes et pacifistes de Bush. Comme le disaient, avec courage, au début de l’été, les analystes démocrates Michael O’Hanlon (Brookings Institution, un think-tank du centre-gauche) et Kenneth Pollack (ancien directeur du Moyen Orient au Conseil national de sécurité de Clinton), il s’agit d’un conflit « que nous pourrions gagner. ».

Cela ne fera pas de l’Irak une décalcomanie de la Confédération helvétique, mais, en créant des conditions de coexistence et de stabilisation, une défaite qui blessera gravement al Qaëda. Comme l’avait dit Ben Laden lui-même il y a une dizaine d’années : « Les gens choisissent le cheval le plus puissant et non le plus faible. ». L’ennui, pour l’émir suprême, c’est que son « Etat islamique d’Irak » bat de l’aile, que ses lieutenants locaux paniquent, qu’il confesse même son abattement : rien ne va plus en Irak pour les Islamistes sunnites ; plus les Sunnites irakiens se rapprochent des Américains, et plus baisse la cote du nervi chiite Muqtada al-Sadr, soutien branlant de l’Iran en Irak. Les poseurs de bombes chiites sont d’ailleurs en train de se recycler en hommes d’affaires et en députés, ce qui ne manquera pas de causer d’autres problèmes plus tard, mais qui affaiblit d’autant les actions insurrectionnelles aujourd’hui.

De Washington, Bush et Cheney répètent à l’envi qu’ils ne laisseront pas l’Iran en possession d’armes nucléaires. On est cependant loin de traverser le Rubicon : pour l’heure, on suit ses méandres. Comme on a suivi avec la plus grande attention le raid aérien de l’IAF en Syrie, ayant été associé à sa préparation : stratégiquement, Israël a récupéré, dans l’estime américaine, le poids militaire perdu avec l’inepte guerre, si mal menée, contre le Hezbollah l’an dernier. Ce n’est pas rien. Le paradoxal gouvernement Olmert-Barak-Livni, qui boîte des deux jambes, pour ainsi dire, a ainsi pris sa première initiative importante, tout en servant Israël en offrande à la furie islamo-arabe dans le cadre des discussions avec l’ « Autorité » palestinienne.

L’incohérence est parfaite. Israël n’en a pas le monopole, mais s’y essaie avec succès. A preuve, le pénible crétinisme de Condoleezza Rice, qui s’essaie à amidonner, une fois de plus, le scénario fané des « négociations de paix » entre Israël et ses ennemis jurés (voir à ce propos l’excellent article du Prof. Barry Rubin The Attempt to Kill Olmert (L’attentat préparé pour tuer Olmert). Comme d’habitude coexistent au sein de l’administration, et, on le craint, des lobes frontaux du président Bush, deux directions résolument contradictoires, ce, quelles que soient les configurations du moment.

La situation politique américaine, qui ne manque pas d’incertitudes, est mouvante : les succès remportés sur le terrain par la stratégie Petraeus ont, dans une certaine mesure, requinqué l’Administration, dont la popularité ne remonte cependant pas vraiment, rançon d’années de piétinement et d’aphasie, mais dont la marge de manoeuvre a été élargie. Echec cinglant : le dessein démocrate d’imposer des délais impératifs à un retrait des troupes américaines est passé à la trappe, ce qui enrage l’extrême-gauche, poussée par George Soros et d’autres gauchiste d’extrême-luxe ; Hillary Clinton se refuse à exclure une intervention militaire contre l’Iran. La quasi totalité des candidats républicains à l’investiture présidentielle fait preuve d’un robuste état d’esprit militant à l’égard de la République Islamique. Les données politiques intérieures, qui semblaient déterminées, il n’y a que quelques mois, à Washington, ont largement évolué.

Le grand Moyen Orient est en état de flux, de même que les intervenants extérieurs. Les surprises n’ont pas terminé leur défilé.

Irak la guerre oubliée, parce que gagnée
Guy Milliere

mardi 23 octobre 2007

Voici peu, un éditorialiste conservateur américain s’étonnait de voir à quel point l’Irak avait disparu soudain des gros titres des journaux. Sa déduction était que les journalistes américains ayant été plutôt de gauche et nettement défaitistes ces dernières années, présenter une situation où tout va mieux relèverait, pour eux, presque de l’insupportable.

Ce que cet éditorialiste relevait concernant les journalistes américains, il aurait pu le relever avec plus de netteté encore en observant les médias français. On ne parle plus de l’Irak. Il n’y a plus guère d’attentats suicides. Le calme règne. Les éléments permettant de parler de « bourbier » se font de plus en plus minces et se rapprochent de l’inexistant.

La visite du président irakien Jalal Talabani à Paris voici quelques jours a été passée sous silence : nous n’en avons eu qu’une image fugace dans un reportage consacré à un sujet bien plus important : le divorce entre Cécilia et Nicolas. Nul reporter n’a eu l’idée d’interviewer un homme élu démocratiquement par son peuple : tout le monde n’a pas la chance d’être un dictateur sanguinaire.

J’ai dit en ces colonnes que la guerre de libération de l’Irak était gagnée depuis le printemps 2003. C’est un fait. Le rétablissement de l’ordre à l’intérieur du pays a pris, lui, bien davantage de temps que prévu. Des erreurs ont été incontestablement commises. Les décisions initiales de l’armée et de Donald Rumsfeld d’envoyer peu de soldats se sont révélées malencontreuses.
Des terroristes venus d’Iran et de Syrie ont tenté de fomenter une guerre civile. La population irakienne, qui n’avait pas besoin de cela après des années de dictature, a souffert de la violence islamiste. C’est, pour l’essentiel, fini. La stratégie de « surge » (montée en puissance) élaborée par le général Petraeus a porté ses fruits. Tout ou presque montre que l’armée américaine va pouvoir graduellement se retirer. Les démocrates américains qui avaient misé très gros sur la défaite tentent encore des opérations de diversion, mais ils discernent que, pour l’emporter en 2008, il leur faudra d’autres thèmes de campagne. Les médias américains vont devoir s’adapter. La France, grâce à Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner, a retrouvé son honneur un temps perdu. Je ne sais combien de temps les médias français mettront pour s’adapter à la réalité eux aussi. Peut-être vont-ils garder le silence, travestir les faits.

Laisser dans les têtes l’idée que la guerre d’Irak a été inutile et s’est soldée par un échec, ce serait contribuer à répandre l’idée que le monde occidental et la civilisation sont impuissants face à la barbarie et doivent se résigner au mieux au statu quo, au pire à la soumission. Ce serait dire aux islamistes qu’ils ont raison et continuer à diffuser auprès des musulmans des banlieues l’idée que l’Amérique et l’Occident n’incarnent pas les valeurs de liberté qu’ils prétendent incarner. Ce serait dire aux dictateurs du monde arabe, à al-Qaida, à Ahmadinejad qu’ils peuvent compter indéfectiblement et quoi qu’il arrive sur les idiots utiles des salles de rédaction pour se conduire de la manière la plus servile et la plus obséquieuse au service du pire.

Nous sommes dans une époque dangereuse. La guerre d’Irak n’a été qu’une étape dans la guerre planétaire en cours, et qui oppose la civilisation au totalitarisme islamiste. Le politiquement correct aux États-Unis implique de réprouver le recours à la guerre, et donc de ne pas dire que celle-ci peut se révéler parfois efficace. Le politiquement correct en France et en Europe est bien pire encore : il implique le souhait de la victoire de l’ennemi. Et il implique aussi que, même lorsque l’ennemi est vaincu, comme en Irak, on persiste à faire comme s’il avait gagné. Bat Ye’or a écrit d’excellents livres sur la condition de dhimmi, citoyen de seconde zone en terre d’islam. Les adeptes du politiquement correct en France et en Europe n’ont, je le crains, même pas conscience du fait qu’ils se comportent de manière plus lamentable encore que des dhimmis.

Ils n’ont pas conscience qu’en se prosternant aux pieds des adeptes du totalitarisme islamique et en faisant preuve de mépris envers leur propre civilisation, ils se placent du côté de la pire barbarie : trahissant ainsi les millions d’hommes et de femmes, en Irak et ailleurs en terre d’islam, qui aspirent, non pas à la barbarie, mais à une vie libre.


Anti-christianisme: Le dernier chic des boucs émissaires (The Dawkins obsession: Where are some fresh lions when you need them?)

31 octobre, 2007
Lennon meets DarwinNombre d’entre nous ne voyions en la religion qu’une inoffensive ineptie. Ses croyances pouvaient bien n’être étayées par aucune preuve sérieuse – mais, pensions-nous, si les gens avaient besoin de béquilles et de réconfort moral, où était le mal ? Mais le 11 septembre a changé tout ça. La foi révélée n’a rien d’une inoffensive ineptie, elle peut devenir une ineptie mortellement dangereuse. Dangereuse parce qu’elle donne aux gens la confiance inébranlable en leur propre droiture. Dangereuse parce qu’elle leur donne le faux courage de se tuer, qui lève automatiquement les barrières normales contre le massacre des autres. Dangereuse parce qu’elle enseigne l’hostilité envers les autres au seul motif d’une différence de tradition héritée. Et dangereuse parce qu’on s’est tous laissé prendre à ce bizarre respect qui protège le seul domaine religieux contre la critique normale. Faut arrêter maintenant d’être si sacrément respectueux! Richard Dawkins
Peut-on imaginer personnage littéraire plus désagréable que le Dieu de l’Ancien Testament? Jaloux et en étant fier; obsédé de l’autorité, mesquin, injuste et impitoyable; vengeur et sanguinaire tenant de l’épuration ethnique; tyrannique, misogyne, homophobe, raciste, infanticide, génocidaire, fillicide, pestilentiel, mégalomane, sadomasochiste et capricieusement diabolique. Richard Dawkins (“L’Illusion de Dieu”)

Après l’union sacrée de John Lennon et de Neville Chamberlain, celle de John Lennon et … Darwin?

Ultime réaction au traumatisme du 11/9 et à la polarisation des positions politiques et religieuses qui l’ont suivi, ce sommet de l’équivalence morale et de la dhimmitude, l’anti-christianisme, maquillé, pour sauver les formes, en mouvement anti-religion ou athée.

Du moins si l’on en croit les médias, toujours à l’affut et friands de ces nouveaux mouvements, surtout quand (comme chez nous avec des Onfray) ils ont à leur tête des universitaires aussi brillants et photogéniques que le célèbre biologiste néo-darwinien Richard Dawkins.

Et célébrissime auteur des concepts de gène égoïste (sélection naturelle à l’échelle du gène et non de l’individu ou de l’espèce) et de mème (équivalent culturel du gène issu d’une mise en parallèle de l’évolution biologique et de l’évolution des idées) ainsi qu’un des principaux critiques du “Dessein Intelligent” (néo-créationnisme).

Pour ceux bien sûr qui sont capables de saisir toute la subtilité d’une thèse qui considère la religion comme… “la source de tout mal”!

Extraits:

“Where religion is weak, people don’t feel a need to organize against it. Any time we see an outspoken movement against religion, it tells us that religion has power there.” Phil Zuckerman,

Many Europeans are angry at demands to use taxpayer money to accommodate Islam, Europe’s fastest-growing religion, which now has as many as 20 million followers on the continent. Along with calls for prayer rooms in police stations, foot baths in public places and funding for Islamic schools and mosques, expensive legal battles have broken out over the niqab, the Muslim veil that covers all but the eyes, which some devout women seek to wear in classrooms and court.

they could, for instance, lobby for all religious rooms in public hospitals to be closed, as a response to Muslims demanding prayer rooms because Christians have chapels.

Associations of nonbelievers are also moving to address the growing demand in Britain, Spain, Italy and other European countries for nonreligious weddings, funerals and celebrations for new babies. They are helping arrange ceremonies that steer clear of talk of God, heaven and miracles and celebrate, as they say, “this one life we know.”

Many analysts trace the rise of what some are calling the “nonreligious movement” to the Sept. 11, 2001, terrorist attacks. The sight of religious fanatics killing 3,000 people caused many to begin questioning — and rejecting — all religion.

“This is overwhelmingly the topic of the moment,” “Religion in this country was very quiet until September 11, and now it is at the center of everything.” Terry Sanderson, president of the National Secular Society of Britain.

While the faithful have traditionally met like-minded people at the local church, mosque or synagogue, it has long been difficult for those without religion to find each other. The expansion of the Internet has made it a vital way for nonbelievers to connect.

In retirement centers, restaurants, homes and public lectures and debates, nonbelievers are convening to talk about how to push back what they see as increasingly intrusive religion.

“Born Again Atheist,” “Happy Heathen” and other anti-religious T-shirts and bumper stickers are increasingly seen on the streets. Groups such as the Skeptics in the Pub in London, which recently met to discuss this topic, “God: The Failed Hypothesis,” are now finding that they need bigger rooms to accommodate those who find them online.

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Internet: Assouline-Bové, même combat! (French critics denounce Wikipedia’s McDonaldsization of culture)

26 octobre, 2007
Charlie dénonce la fast scienceIl vaut mieux un mauvais texte signé qu’un texte moyen non signé. Guillaume Lecointre (Charlie hebdo)
C’est le principe de Wikipédia qui demeure toujours aussi discutable, cette idée bien dans l’air du temps que, au fond, tout le monde est encyclopédiste puisque tout le monde est déjà journaliste, cinéaste, critique d’art, critique littéraire, critique de cinéma, critique gastronomique, photographe etc. Voudrait-on nous faire croire que Wikipédia est à l’Universalis ou la Britannica ce que la démocratie d’opinion est à la démocratie représentative que l’on ne s’y prendrait pas autrement. Pierre Assouline
Wikipédia est à l’Encyclopédie de Diderot ce que le kiwi est à la truffe. (…) Pauvrette ! Elle ignore donc que dans deux ans Wikipédia aura laissé une trace aussi indélébile que le hula hoop, le Teppaz et la Juvaquatre? Francis Marmande (Madame Wikiwiki, Le Monde, 1/2/07)
L’actualité de ces dernières années ne manque d’ailleurs pas d’exemples, s’agissant d’erreurs commises dans des ouvrages de référence insoupçonnables a priori: le Quid pointé pour ses articles révisionnistes; Encarta et ses perles historiques; les erreurs relevées dans le Dictionary of National Biography et celles de l’encyclopédie Britannica corrigées dans Wikipedia par exemple. Laure Endrizzi (INRP)
Introduire des erreurs sciemment, c’est pour nous du vandalisme. (…) Cette encyclopédie sert plus à orienter le lecteur dans ses recherches, plutôt que de lui livrer une information fiable et directement utilisable. C’est aux internautes d’aller vérifier à la source, et de ne pas se contenter de ce qui est écrit dans les articles. David Monniaux (membre du conseil d’administration de l’association Wikimedia France)

Wikpedia aurait-il trouvé, en Pierre Assouline, son Jose Bové de la malculture?

8 millions de visiteurs uniques par mois, entre 500 et 600 nouveaux articles et plus de 40.000 modifications par jour, 7,5 millions d’articles (contre 27 000 pour Universalis), plus de 250 langues utilisées, multiplication de versions annexes (Wikitionnaire, Wikiquotes, Wikilivres, Wikispecies, Wikinews, Wikicommons et Wikisource), mais aussi critiques (Disinfopedia/Sourcewatch, Wikipedia Watch, Wikipedia Review, Wikiscanner) ou plus ou moins parodiques (Wikinfo, Uncyclopedia), et même ses propres… bistro, fontaine du village ou guerres d’édition!

Logique des logiciels libres, gauche d’auteur (opposé à droit d’auteur de copyleft/copyleft), millions d’articles sur les sujets les plus pointus comme les plus futiles, wikilove, wikipetiquette, bribes de pidgin hawaïen (“wikiwiki”, signifiant, on le sait, “rapide”) …

“Anti-élitisme”, “anarcho-libéralisme”, “fascisme de la connaissance”, foi si naïvement “américaine” en le progrès illimité (eg. la fameuse loi du Suédois Linus de la révision par les pairs: “étant donné suffisamment d’yeux (de développeurs), toutes les erreurs de programmation deviennent évidentes et soient rapidement corrigées”), “non-reconnaissance des traditionnels producteurs et prescripteurs du savoir” (“le bazar de l’approche apparemment désorganisée mais hautement flexible contre l’approche hiérarchique de la cathédrale“) …

Le fastfood ou le grand bazar de la “fast culture” que représente la célèbre encyclopédie participative en ligne gratuite (c’est-à-dire aussi libre de droits et réutilisable) Wikipedia, fondée en 2001 (à partir de la Nupedia de Jimmy Wales), avait en effet tout pour horripiler nos fins lettrés.

D’où la multiplication des critiques de son manque de fiabilité (notoire pour certains domaines particulièrement polémiques) et des vandales (dont des élèves de Sciences-Po de l’écrivain-journaliste et blogueur Pierre Assouline en mai dernier, pendant que d’autres pédagogues font apparemment le choix de contributions autrement constructives) …

Et même la défection de l’un de ses fondateurs pour monter un concurrent (d’abord Digital universe puis Citizendium) à deux vitesses (avec portail réservé aux spécialistes) …

Mais aussi la contre-attaque des wikipédiens (eux-mêmes divisés entre effacistes, inclusionistes et mergistes) avec notamment ce 1er colloque francophone qu’ils viennent d’organiser le weekend dernier à la Villette.

Avec en vue la création d’un comité d’experts de relecture et d’évaluation et une plus grande sensibilisation des usagers à l’utilisation du service pour distinguer l’ivraie du bon grain, notamment à partir des critères de citation des sources et du nombre de contributeurs.

Tout en tentant de plus en plus difficilement de préserver, victime de la croissance exponentielle de son succès mais aussi de la “fragilité de son modèle économique” (comme le rappelle Laure Endrizzi, “des sites commerciaux tels Answers redistribuent déjà ses contenus avec des annonces publicitaires”) la philosophie et l’esprit Wikipedia du libre accès et de l’égalité entre experts et amateurs.

D’où naturellement de la part des démonteurs de mac Dos et arracheurs d’OGM de la malculture, “l’hostilité, comme disait Bourdieu, des héritiers de la culture envers les parvenus qui, par leur manque de ‘naturel’, vendent la mèche en rappelant l’acquisition en des matières où, plus que partout ailleurs, il s’agit d’avoir sans avoir jamais acquis”.

Trois trucs pour distinguer contributions périlleuses des articles sûrs: d’abord, vérifier que les références et les sources sont citées (en bas de l’article), ensuite jeter un œil à l’historique: «Si l’article a été modifié très souvent, il faut le lire avec précaution», précise-t-il. Enfin, troisième astuce: voir si l’article a été rédigé par un ou plusieurs contributeurs. «Dans le domaine des maths, ce n’est pas problématique qu’une seule personne l’ait écrit. Mais sur un article qui concerne la religion ou la politique ou tout autre thème polémique, on peut craindre que cela ne soit pas subjectif. Privilégiez alors les contributions multiples.

Wikipédia sort de son premier colloque francophone avec des nouvelles règles en tête
Alice Antheaume
20 minutes
le 25.10.07

«Tout le monde connaît Wikipédia mais très peu de gens savent comment fonctionne cette encyclopédie en ligne». Partie de ce constat, l’association Wikimédia France a organisé ce week-end à Paris le premier colloque sur Wikipédia. Environ 300 personnes se sont déplacées pour y assister, un bon score «malgré la grève des transports», note Pierre Beaudoin, co-organisateur de l’événement.

Effervescence

Wikipédia, c’est une bombe sur le Net: rien que pour la version francophone, on dénombre environ 8 millions de visiteurs uniques par mois (chiffres Médiamétrie), entre 500 et 600 nouveaux articles créés chaque jour et plus de 40.000 modifications quotidiennes.

Mais l’encyclopédie doit lutter contre l’un des effets de son effervescence: quelle version est exacte quand un article est modifié plusieurs dizaines de fois en une demi-heure, comme ce fut le cas de l’article sur les réacteurs nucléaires pendant le débat présidentiel entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy ou comme cette autre fois où des ordinateurs du Vatican ou de la CIA avaient servi à rectifier des articles?

«On ne peut éviter les cafouillages a priori mais on surveille particulièrement les articles sur les sujets d’actualité – y compris la coupe du monde de rugby, explique Pierre Beaudoin. On sait par expérience que certains articles sont souvent vandalisés comme ceux sur Adolf Hitler, sur Nicolas Sarkozy, sur les sectes, ou sur le socialisme ou libéralisme. On les modère a posteriori.»

Quelle fiabilité accorder aux informations wikipédiennes est une autre source de crainte des utilisateurs. «On réfléchit à la création d’un comité de relecture constitué d’experts (documentalistes, spécialistes, enseignants, chercheurs) qui pourrait donner son avis sur les articles en les évaluant selon une échelle et un système de labels», lance Pierre Beaudoin. Une piste qui rappelle le projet Citizendium, un site collaboratif fait par des experts né de l’imagination de l’un des cofondateurs de Wikipedia, Larry Sanger. Celui-ci voulait créer sur Citizendium une communauté plus responsable, loin du foisonnement parfois imprécis des Wikipédiens.

L’égalité entre experts et amateurs, la philosophie de Wikipédia
Problème: le succès de Wikipédia vient justement du fait que n’importe quel internaute – spécialiste en puissance – peut apporter ses lumières sur un sujet précis.

«Un amateur aura toujours les mêmes droits qu’un expert, rassure Pierre Beaudoin. N’importe qui peut créer ou modifier un article à sa guise. Quant aux règles, on les propose aux contributeurs mais ce sont eux qui décident s’ils veulent les appliquer ou non.»

Education
Autre problème mentionné au cours du colloque: les élèves qui recopient Wikipédia dans leurs dissertations. Pour l’association Wikimédia, il faut donc travailler de concert avec l’Education Nationale pour «éduquer les internautes sur la toile, leur apprendre à croiser leurs sources et à détecter quels sont les articles à prendre avec des pincettes sur Wikipédia.» Pierre Beaudoin énumère trois trucs pour distinguer contributions périlleuses des articles sûrs: d’abord, vérifier que les références et les sources sont citées (en bas de l’article), ensuite jeter un œil à l’historique: «Si l’article a été modifié très souvent, il faut le lire avec précaution», précise-t-il. Enfin, troisième astuce: voir si l’article a été rédigé par un ou plusieurs contributeurs. «Dans le domaine des maths, ce n’est pas problématique qu’une seule personne l’est écrit. Mais sur un article qui concerne la religion ou la politique ou tout autre thème polémique, on peut craindre que cela ne soit pas subjectif. Privilégiez alors les contributions multiples.»

Tandis que, à la veille des élections municipales 2008, les personnalités politiques et leurs partis jouent un bout de leur campagne sur le Net, l’enjeu est de taille sur Wikipédia. «Les prochains mois seront déterminants si les règles doivent changer en ligne», conclut Pierre Beaudoin.

- Voir aussi l’article de Libération:

un article de la revue Nature de décembre 2005, qui comparait 42 articles scientifiques de Wikipédia et de l’encyclopédie Britannica. Celui-ci montrait que la première était largement aussi bien faite que la seconde. «Cette enquête est citée en référence dans les médias pour preuve de la fiabilité de Wikipédia, alors qu’elle ne peut pas être représentative», explique Béatrice Roman-Amat, l’une des auteurs de La révolution Wikipédia. Nature n’a en effet choisi que des articles scientifiques pointus, le domaine où Wikipédia est la meilleure. La cyber-encyclopédie demeure plus discutable dans d’autres sphères susceptibles de manipulation ou de vandalisme : «Dans des domaines sensibles comme l’histoire ou la politique, on assiste souvent à des guerres idéologiques”.

Ils laissent plus de place à la culture populaire, sur toute une série de sujets, et ça peut aller des ours en peluche aux émissions de téléréalité. Des sujets absents des encyclopédies traditionnelles.

Wikipédia se trompe à tous vents
Web. Des étudiants de Sciences-Po ont réalisé une enquête minutieuse sur l’encyclopédie en ligne.
Par Frédérique Roussel
Libération
Le 9 juillet 2007

«En 2001, Pierre Assouline a remporté le championnat de France de jeu de paume.» Voilà un trophée qui détonne dans le pedigree de l’écrivain et ancien rédacteur en chef du magazine Lire. Mais la phrase, piochée sur Wikipédia, est en réalité l’œuvre de cinq étudiants du master de journalisme de Sciences-Po (1), qui souhaitaient voir à quel point il était possible de vandaliser les notices de l’encyclopédie en ligne, et combien de temps le détournement pouvait perdurer. Trop longtemps à leur goût. Ainsi, la «confession catholique», malicieusement accolée par leurs soins à l’Anglican Tony Blair le 2 mai 2007 à 10h14, est restée en ligne plusieurs semaines.

Cheval de Troie.

Ce jeu du cheval de Troie fait partie d’une longue enquête que ces étudiants ont réalisée sur Wikipédia, et qui alimente les controverses sur sa fiabilité. Comment ont-ils eu l’idée de s’attaquer à cette pieuvre qui grossit depuis sa naissance, en janvier 2001 ? C’est leur professeur lui-même qui leur a suggéré cette piste. Egalement blogueur émérite ( La République des livres), Pierre Assouline a déjà eu maille à partir avec les «Wikipédiens». Dans un post intitulé L’affaire Wikipédia, daté du 9 janvier 2007, il avait critiqué le manque d’objectivité de l’article sur l’affaire Dreyfus. Depuis, il y a eu de sévères passes d’armes entre «Wikipédiens» et Assouline. «En début d’année, j’ai eu des échanges assez vifs avec des étudiants qui n’étaient pas du tout d’accord avec plusieurs de mes billets sur le sujet, explique Pierre Assouline. J’ai pensé que cela valait le coup de faire ce qu’aucun journal n’a fait jusqu’à présent : plusieurs mois d’enquête à plusieurs pour démonter le mécanisme.»

L’enquête de 67 pages, intitulée La révolution Wikipédia, les encyclopédies vont-elles mourir?, enfonce le clou sur l’utilisation croissante par les jeunes générations de ce site, qui compte plus de sept millions d’articles : «Ce sont bien les systèmes de tous les pays occidentaux qui sont affectés par le développement et la généralisation de Wikipédia auprès des élèves.» L’enquête met les points sur les «i». Notamment à propos d’un article de la revue Nature de décembre 2005, qui comparait 42 articles scientifiques de Wikipédia et de l’encyclopédie Britannica. Celui-ci montrait que la première était largement aussi bien faite que la seconde. «Cette enquête est citée en référence dans les médias pour preuve de la fiabilité de Wikipédia, alors qu’elle ne peut pas être représentative», explique Béatrice Roman-Amat, l’une des auteurs de La révolution Wikipédia. Nature n’a en effet choisi que des articles scientifiques pointus, le domaine où Wikipédia est la meilleure. La cyber-encyclopédie demeure plus discutable dans d’autres sphères susceptibles de manipulation ou de vandalisme : «Dans des domaines sensibles comme l’histoire ou la politique, on assiste souvent à des guerres idéologiques [.].» Nature, désireuse de comparer des articles de même taille, en a même coupé certains, originaires de Britannica ! L’enquête de Nature «souffre d’un manque de rigueur à de multiples niveaux». Et pan pour Nature !

Affabulateurs.

Les principaux poisons de l’encyclopédie en ligne sont les affabulateurs, ceux qui s’amusent à insérer des erreurs. Cas exemplaire, cité par le travail des étudiants de Sciences-Po, celui de John Seigenthaler, journaliste américain à la retraite. Il a découvert un jour sur Wikipédia qu’il avait été suspecté d’avoir pris part à l’élaboration des attentats contre les Kennedy, et qu’il aurait vécu treize ans en Union soviétique ! L’énormité est restée en ligne durant cent trente-deux jours. Certaines notices ressortent plus joliment du registre poétique, comme celle sur l’imaginaire île de Porchesia, supprimée le 30 septembre 2006. «Car Wikipédia [.], c’est aussi un immense espace de création, où la supercherie devient parfois poésie», notent les auteurs.

Les étudiants sont allés interroger les homologues papier, qu’on imagine terrorisés. Chez Larousse et Quid, le malaise est perceptible, mais on s’affirme confiant. «Ils laissent plus de place à la culture populaire, sur toute une série de sujets, et ça peut aller des ours en peluche aux émissions de téléréalité. Des sujets absents des encyclopédies traditionnelles», décrypte ainsi Yves Garnier de Larousse. Avec sa croissance démesurée, Wikipédia ne sera bientôt plus contrôlable, taclent les encyclopédies papier, qui disent peaufiner leur contre-attaque. Pas grand-chose ne filtre, sinon que Larousse prépare un projet sur Internet pour la rentrée.

«Work in progress».

L’historien Raymond Trousson, biographe de Diderot, établit une nette distinction entre encyclopédie collaborative et encyclopédie tout court : «Wikipédia, c’est du work in progress , en construction permanente, ce qui est la meilleure et la pire des choses, tandis que la base même de l’Encyclopédie de Diderot, c’est l’organisation du savoir.» C’est donc son absence de principe organisateur clair qui est également reprochée à Wikipédia, comme sa manie d’accumuler sur des sujets moins importants que d’autres (50 % de plus sur Nouvelle star que sur Jacques Delors), et sa propension à héberger de la propagande.
Conclusion, cet outil incontournable qu’est devenue Wikipédia nécessite de «former les jeunes à un usage raisonné et raisonnable». Jean-Noël Lafargue, professeur d’arts plastiques à l’université Paris-VIII de Saint-Denis et administrateur de Wikipédia France, est un modèle du genre. Depuis trois ans, il note ses étudiants sur leurs contributions à la cyber-encyclopédie dans le domaine de l’art contemporain. Son séminaire s’appelle «enrichissement de l’encyclopédie Wikipédia».

(1) Pierre Gourdain, Florence O’Kelly, Béatrice Roman-Amat, Delphine Soulas, Tassilo von Droste zu Hülshoff.

- Voir également le 1er texte d’Assouline:

Litterature : L’affaire Wikipédia
Pierre Assouline
La République des livres
Le 9/1/07

Décidément, Wikipédia est-elle fiable? Tant pis si la question ressemble déjà à un serpent de mer. Le fait est que les dénégations des dirigeants de l’encyclopédie participative en ligne ont curieusement pour effet de renforcer la suspicion.

Et ce ne sont pas les études comparatives avec les mastodontes encylopédiques sur papier qui dissiperont les doutes car le plus souvent, ces études prêtent elles-mêmes à controverse.

Passons sur la “faveur” (euphémisme, bien sûr) dont jouit Wikipédia dans le référencement des moteurs de recherche (Google, Yahoo…). Toujours en première page, presque toujours dans le peloton de tête, et l’on sait qu’une majorité de lecteurs ne va pas au-delà. Reconnaissons de bonne foi que le contenu est riche, dense, séduisant et parfois surprenant. Pourtant, il n’est pas antidérapant.

C’est le principe de Wikipédia qui demeure toujours aussi discutable, cette idée bien dans l’air du temps que, au fond, tout le monde est encyclopédiste puisque tout le monde est déjà journaliste, cinéaste, critique d’art, critique littéraire, critique de cinéma, critique gastronomique, photographe etc.

Voudrait-on nous faire croire que Wikipédia est à l’Universalis ou la Britannica ce que la démocratie d’opinion est à la démocratie représentative que l’on ne s’y prendrait pas autrement. On ne nous a pas encore fait le coup de “l’encyclopédie citoyenne” mais, au train où va la démagogie qui sous-tend cet état d’esprit, ça ne devrait pas tarder.

Sur ce site donc, n’importe qui peut intervenir dès lors qu’il se sent expert en quelque chose, qualité qu’il se délivre de sa propre autorité. Sur Wikipédia, les spécialistes ne s’autorisent que d’eux-mêmes. Un comité de “vrais” experts est bien sûr là qui veille “là-haut” (on n’a pas totalement renoncé à la verticalité de la décision) afin d’éviter dommage collatéral.

N’empêche qu’il y en a régulièrement.

Aux Etats-Unis, un homme public a vu ainsi sa biographie agrémenté d’un long passage à la CIA ce qui l’a fait plutôt réagir. En France même, certains spécialistes de l’autopromotion (artistes ou autres) ont l’habileté de se consacrer ou de se faire consacrer une notice longue et avantageuse hors de proportion avec leur importance.

Mais c’est à la rubrique “Histoire” que le phénomène est le plus sensible.

Un exemple récent parmi d’autres : l’article consacré à l’affaire Dreyfus.

Il y a quelques mois, l’ayant pianoté sur son clavier, François Gèze, le patron des éditions La Découverte, a eu la surprise de découvrir dans la bibliographie une liste d’une vingtaine de livres dont le premier était celui d’Henri Dutrait-Crozon Préçis de l’Affaire Dreyfus, édition de 1938 ; de surcroit, il était assorti du commentaire “Ouvrage fondamental à consulter en priorité”.

Or dans son dictionnaire de référence sur l’affaire Dreyfus (Flammarion 1994, nouvelle édition 2006), Michel Drouin nous rappelle que sous ce pseudonyme écrivaient deux officiers du nom de Frédéric Delebecque et Georges Larpent. Il précise :”L’ouvrage accumule citations et références, et offre l’apparence de toutes les garanties scientifiques, à l’exception de la vérité. La culpabilité de Dreyfus est un dogme (”On ne nous a opposés que des cris”) et la version de l’école nationaliste doit être transmise de génération en génération.”

La page de garde dit bien l’ambition du duo : “Scribantur haec in generatione altera” autrement dit “On écrira ceci pour l’âge à venir”.

Pour Michel Drouin, il ne fait guère de doute que ce livre, publié pour la première fois en 1909 et maintes fois réédité depuis, fut considéré comme un évangile par une génération de nationalistes.

Charles Maurras et Léon Daudet notamment y firent abondamment référence. C’est donc ce Préçis de l’Affaire Dreyfus, évidemment étranger à toutes les recherches menées par les historiens entre temps, qui reste la bible de l’affaire un siècle après sa parution, du moins aux yeux des wikipédiens.

Si encore il s’agissait d’un témoignage d’époque, cité comme tel avec les précautions d’usage et relégué en fin de bibliographie, on pourrait comprendre ; or c’est tout le contraire.

Alerté, Daniel Garcia y fit écho sur son blog de LivresHebdo. Ce qui n’échappa point à la vigilance de Wikipédia.

En toute logique, on aurait pu penser qu’ils en tiendraient compte en supprimant une telle référence. Or, non seulement elle figure toujours dans leur bibliographie, mais elle y est toujours en tête, donc bien avant les travaux récents d’historiens incontestables.

Seule la mention entre parenthèses a été modifié. On lit désormais :”Ouvrage controversé”. De la litote comme l’un des beaux-arts…

Si une telle bibliographie “participative” de l’encyclopédie dite libre prétend ouvrir le compas de la tolérance, que ne cite-t-elle également les ouvrages d’André Figueras, d’Henry Coston et d’autres encore, pas moins doués de la plume que Dutrait-Crozon, tous également convaincus de la culpabilité d’Alfred Dreyfus ?

Voilà qui promettrait de beaux jours à nos étudiants en histoire adeptes du copier-coller, et des séances de corrections édifiantes à leurs professeurs.

A quoi bon un comité de professionnels de la profession chargé de superviser les amateurs, si les experts des experts ne sont pas plus capables de hiérarchiser l’information ?

Pierre Assouline

- Voir de même l’article de RFI:

Internet
Wikipédia, libre mais peu fiable

Wikipédia n’est pas parole d’évangile. C’est ce que révèle l’enquête menée par cinq étudiants de l’école de journalisme de Sciences-po Paris. Sous la direction de leur professeur, l’écrivain Pierre Assouline, ils ont réalisé une étude minutieuse de la cyber-encyclopédie. Quatre mois d’enquête et un rapport de 67 pages intitulé La révolution Wikipédia, les encyclopédies vont-elles mourir ? Bilan ? Pas fameux.

C’est en voyant ses étudiants faire des copier-coller des articles sur Wikipédia, sans prendre la peine de les vérifier, que Pierre Assouline, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris et ancien rédacteur en chef de Lire, a eu envie d’évaluer la véracité des informations sur l’encyclopédie libre. Wikipédia, est ce qu’on appelle une encyclopédie participative. Ce sont les internautes eux-mêmes qui alimentent les articles, et d’autres internautes qui les contrôlent et les modifient en cas d’erreur.

Les cinq étudiants chargés de l’enquête ont donc voulu tester l’efficacité de ces modérateurs, et pour cela, ils ont introduit des « coquilles » dans plusieurs articles. Pour voir ensuite combien de temps elles allaient survivre. La première surprise, pour Pierre, un des étudiants auteurs du rapport, fut la facilité avec laquelle on peut modifier Wikipédia : « Pas besoin de donner d’adresse internet, ou de s’identifier, il suffit d’aller sur un article, de cliquer sur le bouton modifier, et ensuite c’est comme une page Word. On enregistre et les modifications apparaissent en ligne ». Et c’est aussi simplement que cela qu’ils ont modifié la notice de Tony Blair, rajoutant qu’il était de confession catholique (et non anglicane comme c’est toujours le cas).

Idem, dans la biographie de Pierre Assouline, qui d’un clic, s’est vu hisser au rang de champion de France de jeu de Paume. Et chaque fois, les erreurs sont restées en ligne une dizaine de jours. « Et pendant tout ce temps, des centaines de lycéens, d’étudiants, ont repris cette informations, déplore Pierre Assouline, puisque chez les jeunes surtout, Wikipédia est parole d’évangile ». En plus d’être parfois fautif, l’enquête pointe des problèmes d’objectivité dans certains articles. « Surtout les sujets historiques, politiques, philosophiques, où il y a matière à polémique. Par contre, pour les sujets scientifiques, les articles sont souvent écrits par des experts, et les informations sont donc plus fiables en général ».

Vérifier deux fois, plutôt qu’une

Chez Wikipédia, les responsables dénoncent les méthodes de cette enquêtes, « introduire des erreurs sciemment, c’est pour nous du vandalisme, dénonce David Monniaux, membre du conseil d’administration de l’association WIKIMEDIA France. . Leur enquête est à charge et ils ne nous l’ont même pas communiquée. Quand nous les avons contactés, ils nous ont répondu qu’elle n’était toujours pas finalisée ». De quoi jeter le doute sur le sérieux de cette enquête selon lui. Quant aux erreurs de fond, il existe des garde-fous. Il est par exemple demandé aux wikipédiens de préciser la source de leurs informations. Quand un article paraît trop approximatif, il est retiré immédiatement, et un message est envoyé à l’internaute en question pour lui expliquer.

Malgré ces précautions, David Monniaux reconnaît lui-même qu’il faut toujours vérifier les informations trouvées sur Wikipédia « Cette encyclopédie sert plus à orienter le lecteur dans ses recherches, plutôt que de lui livrer une information fiable et directement utilisable. C’est aux internautes d’aller vérifier à la source, et de ne pas se contenter de ce qui est écrit dans les articles ».

avec Lucie Lourdelle

- Voir aussi, pour ses chiffres, le petit dossier à charge d’un démonteur de mythes:

ce que révèlent les statistiques de wikipedia

Qu’est-ce que wikipedia ? Des éléments à partir des statistiques ici disponibles sur wk, et ici, plus quelques appréciations de wikipediens

Tout ce qui suit est extrait des données statistiques analysées

1) Qui sont les wikipediens ?

Les wikipediens sont pour l’essentiel des hommes, jeunes. Leur âge moyen est 25 ans. Ils viennent majoritairement d’Île-de-France. Leur formation est de manière largement prédominante l’informatique, sinon ils témoignent d’autres formations techniques ou d’ingénieur. Quelques scientifiques également, mathématiciens pour la plupart, mais ignorants de l’histoire et de la philosophie des sciences, ils ont un esprit très « techniciste ». Les étudiants en histoire se comptent sur les doigts d’une main, et pour les Lettres et sciences humaines, c’est le vide sidéral. Ce sont donc de très jeunes gens, très « branchés » informatique et techniques modernes de communication, mais dont la culture s’arrête là. Leur profil est tout à fait aux antipodes d’esprits encyclopédiques et de celui de rédacteurs d’encyclopédie. Indice : vous ne verrez jamais France-culture citée sur wk. L’article consacré à cette chaîne en dit long du reste.

Ils n’ont, pour les plus diplômés, qu’une expérience d’étudiants, c’est à dire de personnes qui sont encore loin d’avoir assimilé leur discipline, et qui n’ont aucune expérience de la recherche. Quant aux autres disciplines, qui ne sont pas leur domaine d’études propres, elles sont complètement ignorées : ce sont des esprits spécialistes. Cela signifie que ce sont des informaticiens qui s’improvisent historiens, politologues, critiques d’art, juristes, médecins, psychologues, sociologues, philosophes, théologiens etc. et commentateurs de tous les sujets, qui décident de ce qui doit, ou non, s’écrire dans tous les domaines où ils n’ont pas de compétences particulières (ils le proclament ouvertement).

Ils ignorent ce qu’est une encyclopédie, sa définition même (illustration en a été donnée sur le blog par « Pabix », un des porte-paroles éminent de wk, ainsi que par tous ces wikipediens qui non seulement osent se comparer à Diderot, mais prétendent avoir fait mieux que lui, grâce à internet et au système wiki, qui à lui seul ferait des miracles). voir les précédents articles à ce sujet.

A fortiori ignorent-ils quelles sont les qualités requises, pour organiser une encyclopédie. Ils ne croient qu’en la technique.

Le plus haut niveau de qualification à wikipedia est l’étudiant : il n’y a ni professeurs, ni chercheurs (à part quelques exceptions qui se comptent sur les doigts d’une main et qui sont, bien entendu, informaticiens, voire mathématiciens mais s’étant depuis spécialisés en informatique).

Ce qui signifie que les rédacteurs n’ont aucune expérience en matière d’enseignement et de vulgarisation des connaissances et des savoirs.
La qualité de rédaction des articles en témoigne. Le manque de qualités pédagogiques de ceux-ci, également, outre la médiocrité générale et les imprécisions qui sont la règle.

* L’épreuve du colloque et la preuve par le colloque :

Un colloque wikipedia est en préparation avec pour visée de donner une image de respectabilité de cette publication aux instances de l’Ecole auprès desquelles elle a très mauvaise presse. Pour cela elle essaye de mettre en avant que des professeurs, universitaires, chercheurs, y collaborent.

Wikipedia a toujours essayé de faire croire que « de nombreux universitaires et chercheurs participaient à la rédaction de wikipedia ». Ses porte-paroles et responsables de l’association wikimedia l’affirment régulièrement.

Périodiquement elle lance des appels aux universitaires pour rejoindre son projet et les wikipediens étudiants sont chargés de convaincre leurs professeurs d’y participer. Echec total. Il n’y a pas d’universitaires et chercheurs à wikipedia.

Donc le colloque, pour lequel wikipedia essaye de mettre en avant ses membres les plus qualifiés ou les plus diplômés, montre qu’il n’y a pas un seul universitaire ou chercheur -autre qu’en informatique ou travaillant sur les nouvelles technologies, mais francs admirateurs et francs partisans de wk

La liste des intervenants annoncés au colloque, montre que les « autorités intellectuelles » dont peut se prévaloir wikipedia sont uniquement des informaticiens ou personnes ayant une formation en mathématiques ou parfois autres (telle « sciences de l’éducation ») mais s’étant spécialisés en informatique et/ou/ diffusion des techniques informatiques dans divers secteurs.

Où l’on voit que wikipedia est une publication d’informaticiens, optimistes et naïfs, complètement fascinés par la technique.

Pas un seul universitaire ou chercheur, hormis des informaticiens, qui détestent cordialement les intellectuels non-informaticiens. Et quand on voit comment wikipedia traite les universitaires, après Sciences-Po bloquée, ça ne donne pas très envie de s’y précipiter. Sans parler du reste, les querelles menées par des incompétents, la censure de l’esprit, le contenu atrocement partisan, et les méthodes d’écriture, telles que le plagiat gigantesque, la vérité mise au vote etc.

2) données quantitatives

* Combien sont les wikipediens ?

Le nombre de nouveaux inscrits est d’environ 700 par mois depuis 1 an. Un nombre à la baisse. Le nombre de wikipédiens actifs, -càd. ayant à leur activité plus de cent interventions par mois- stagne malgré l’arrivée de nouveaux, qui donc s’inscrivent sans contribuer, ou compensent tout juste les départs.

En 2006 le nombre de ces wikipediens vraiment actifs est de 670 environ. En 2007 on note une baisse de 8% ; il tend aujourd’hui vers les 600 ; voir les statistiques (on remarquera que depuis juin 2007 faisant apparaître une baisse, les statistiques ne sont plus publiées pour la wikipedia française)

Les administrateurs : Il y a 158 administrateurs. Leur nombre n’augmente pas. Il est même en baisse en 2007 par rapport à 2006.

* déclin amorcé ?

voir ce document qui est le résultat d’une étude fait par un wikipedien qui s’est aperçu que wikipedia.en semblait chercher à cacher quelque chose car elle ne publiait plus les statistiques de participation depuis plus d’un an, comme on peut le voir ici ainsi que sur les autres pages de statistiques, telle celle-ci encore : les statistiques cessent en septembre 2006 pour la version anglaise.

Since early this year, and for the first extended period in Wikipedia’s history, the activity rate of the Wikipedia community has been declining. This can be seen in the rate of editing articles (-17%), the rate of new account

registration (-25%), blocks (-30%), protections (-30%), uploads (-10%),
article deletions (-25%), etc.

Some exceptions are the article creation rate (+25%) and image deletions (+80%), but overall the community appears to be doing less now than it was 6 months ago. »

Soit : pour la 1° fois l’activité de wk (d’après l’étude de la version en anglais) est en déclin :

- 17% d’édition d’articles, – 25% de nouvelles inscriptions, – 30% de blocages et protections etc.

L’auteur attribue cette baisse, parmi d’autres raisons, à la découverte du scandale « Essjay » un jeune homme non diplômé, qui s’était fait passer pour docteur en théologie et copiait une encyclopédie pour faire de nombreuses modifications grâce auxquelles il s’est élevé jusqu’aux plus hauts échelons de la hiérarchie wk, et fut même salarié par Wales à la fondation. La baisse d’activité est concomitante de la découverte de cette tricherie.

3) Contenu de wikipedia

* le contenu d’un point de vue quantitatif :

Wikipédia est constituée à ce jour de 570 671 articles, soit une création de 214 articles par jour en moyenne depuis sa création. Aujourd’hui, il s’en créé environ 600 par jour. [le nombre est également à la baisse depuis juin 2007]

Wikipédia a connu 21 076 645 modifications depuis 6 ans, soit 8000 modifications par jour, en moyenne depuis sa création. Aujourd’hui ce sont plus de 600 000 modifications par mois qui sont effectuées.

On peut se demander par conséquent si 158 administrateurs, (dont certains travaillent peut-être en dehors de leur activité à wikipedia) et qui sont pour l’essentiel des informaticiens, techniciens, ou éventuellement mathématiciens, peuvent raisonnablement prétendre surveiller et vérifier, chaque mois, plus de 1 800 nouveaux articles et 600 000 modifications qui sont effectuées dans tous les domaines ?

* le contenu d’un point de vue qualitatif

- de prétendus articles :

La taille des articles : sur 570 671 articles (le 16 octobre à 24h), seuls 31 % ont un volume de + de 2 ko. Il y a donc plus de 395 000 articles qui ne dépassent pas quelques lignes, et qui ressemblent à peu près à cela : ou encore à cela [j'ai fait un article sur ce thème]. Si l’on prend en compte le seul volume, cela fait déjà beaucoup d’ « articles » qui n’en sont pas.

- Mieux vaut abandonner 560 000 articles à leur destin et se consacrer à en faire 1000 dont la qualité soit bonne. Certains wikipediens considèrent du reste que si wk pouvait parvenir à avoir 1000 ou 2000 articles corrects, ce serait déjà bien. Comme expliqué sur le Bistro.

- Les articles dits « de qualité ».
Il y a actuellement environ 370 articles de qualité, soit 0,05% de l’ensemble. Ce qui est peu. De plus, je dis environ, car ce statut est lui aussi instable. Une partie de ceux-ci est régulièrement contestée et déchue de son statut. (oui, c’est pas facile le consensus, même pour une minuscule poignée de gens : les votes se font la majeure partie du temps à une vingtaine ou une trentaine ; quand ils réunissent 40 ou 50 votants, c’est l’exception).

Quant aux wikipediens, ils sont nombreux à penser que ce label « de qualité » ne recouvre pas des articles dignes de ce nom (voir + bas).

Donc au total combien d’article « de qualité » ? ma lecture, intense mais non exhaustive, par définition, a permis d’en citer une vingtaine. [quelques (rares) bons articles sur wikipedia]. Je ne doute pas qu’en cherchant bien on puisse multiplier ce chiffre par deux ou trois. Je n’ai pas cité d’articles sur la musique et les musiciens, où je sais pouvoir trouver quelques bons articles (et ici plus qu’ailleurs). Mais que valent 50/60 articles ou à peine plus, pour une supposée “encyclopédie” et rapportés à un support qui affiche bientôt 600 000 articles ?

- indices de consultation

ceux-ci tendent à montrer quel usage est fait de wikipedia par les nombreux consultants : l ‘information facile et rapide (wiki) pas la découverte de connaissances et encore moins la culture

Les statistiques des articles les plus consultés montrent une prédominance écrasante, des consultations wiki, vite- faites : le sexe, le sport, le people, les loisirs , au milieu desquels parfois surgit un sujet qui rappelle une question scolaire

- importance relative accordée à différents domaines :

Il y a 2 871 articles sous le {{Portail basket-ball}} et 105 sous le {{Portail sciences}}.

Il y a 791 articles sous le {{Portail baseball}} et 22 sous le {{Portail sciences humaines}}.

17 560 articles sous le {{Portail football}} et 491 sous le {{Portail Biochimie}}.

3 477 sous le {{Portail sports d’hiver}} et 810 sous le {{Portail botanique}}

1 413 sous le {{Portail Disney}}, et 586 sous le {{Portail biologie}}

tandis que nous avons tout de même 543 articles sous le bandeau {{Portail Punk}} 517 sous le {{Portail cryptologie}} cette soi-disant « science du secret »

1 200 articles sous le bandeau {{Portail arts martiaux}} et 868 sous le {{Portail art contemporain}}.

1 958 articles sous le {{Portail Science-fiction}} et 698 sous le {{Portail sciences de la Terre et de l’Univers}} etc.

- indices d’appréciations par les wikipediens eux-mêmes :

A quoi on peut ajouter ces indices d’appréciations de la qualité et la proportion de ce que wk contient d’articles admissibles par les wikipediens :

« ce n’est pas parce que 95% de l’encyclopédie relève de l’ébauche non sourcée qu’on encourage la création d’ébauche non sourcée. » (sic) Cordialement, DocteurCosmos – 22 août 2007 à 14:50
Vous pouvez vérifier , c’est sur le bistro

Un administrateur, qui semble être un peu plus qualifié, estime, lui à +/- 99% le taux d’ébauches parmi les articles, qu’il estime, de plus, destinés passer du stade d’ébauche celui de super-ébauche, au mieux, ou billet d’humeur, et s’il n’est pas dégradé en galimatias ;

« Ce bon mythe sur lequel repose l’effort d’administration […] est un échec […] qui n’est bon qu’à permettre l’envolée de la courbe du nombre d’articles, au prix d’une dilution toujours plus importante de leur qualité. En effet, la poignée d’articles qui émergent du lot sur WP sont l’œuvre d’un et d’un seul contributeur (au mieux groupe de contributeurs connivents, ce qui ne change rien au principe) qui en maîtrise l’architecture et la rédaction avec un regard de spécialiste. Inversement,tout article non pris en main par un spécialiste est voué à une dégradation patiente et tenace sous le coup d’ajouts faits plus ou moins à la sauvette.

Dans les deux cas, le processus incrémental [ je traduis : logique d’accroissement] est un échec : pour les articles d’excellence parce qu’il n’est appliqué que marginalement et qu’il représente plus un risque de dégradation qu’un espoir d’amélioration ; et pour le reste (soit plus de 99 % du bataillon encyclopédique) parce qu’il ne fait que transformer une ébauche en super-ébauche, sous-article, bloc-notes, billet d’humeur ou galimatias — le plus souvent tout cela en même temps. »

Résultat de l’écriture collective quant à la qualité des articles, du fait que tout un chacun peut y mettre son grain de sel et que la version retenue est le résultat d’un consensus, il faut bien admettre que cette qualité est plutôt lamentable ; voir ces témoignages :

* pour les sciences :

« J’aimerais savoir ce qui me retient de ne plus participer à Wikipédia. La plupart des articles contiennent des informations fausses. Je n’ai jamais lu autant d’idioties que sur Wikipédia. Wikipédia traitant de tous les sujets, alors évidemment, il faut mettre tous les mensonges qu’on lit un peu partout, tous les on-dit-que, toutes les discussions rapportées, toutes les vérités préfabriquées de toute pièce. L’argument c’est bien connu est toujours valable. Autre argument de force : c’est exactement ce que veulent lire les gens.

Impossible de modifier même après des discussions… », ce qui se voit ici qu’est-ce qui me retient ?

Et encore :

« Statistiquement, deux articles sur trois sur les mathématiques serait à rerédiger entièrement. Si ce n’est pas fait, c’est par manque de contributeurs, et par désespoir de cause. Lorsqu’on voit ce qui est écrit sur Wikipédia, on se dit souvent :mais c’est quoi ces conneries ?.Les premiers jours où j’avais participé à Wikipédia, j’ai rapidement compris : une désorganisation complète des catégories, une accumulation d’erreurs, un manque de confiance, … Rapidement, on fuit les thèmes sur lesquels on pourrait contribuer par désespoir et par dégoût. Pour ma part, géométrie différentielle, systèmes dynamiques, analyse, … Je jette un coup d’oeil sur les articles des catégories correspondantes, ça me tape sur le système. L’article système dynamique (à ne surtout pas lire!) renvoie à l’article soit-disant principal théorie du chaos. Comme si les systèmes dynamiques se résumaient à la théorie du chaos (pour comparaison, imaginez que l’article démocratie renvoyait à l’article principal Sadam Hussein.) Qu’est-ce que vous voulez que je fasse avec l’article système dynamique ? Ce n’est juste qu’un exemple.

[...]

Cette encyclopédie est incapable de maintenir une information vraie et fige durablement une information fausse, du fait que le plus grand nombre décide de ce qui est valable et de ce qui ne l’est pas… »

d’autres confirment :

« * « C’est marrant, je suis d’accord sur le fait que les deux-tiers (seulement ?) des articles de maths sont à réécrire de bout en bout. Mais bon, moi, c’était sur les méthodes employées que je tiquais, et ça ne concernait que peu les maths, en fait. » — Poulpy 24 janvier 2007 à 11:40 (CET)

* « Ektoplastor, j’ai eu exactement le même problème en économie: les pages les plus générales sont habitées de critiques de l’économie faite par des personnes qui n’en comprennent pas le premier mot, et qui équivalent à équations=libéralisme=MAL. Plutôt que de me battre contre des moulins à vent qui n’ont rien d’autre à faire, j’ai pris le parti de ne contribuer qu’à des articles portant sur des points très précis (Rationalisabilité par exemple, ou Économie de la culture). »–Bokken | 24 janvier2007 à 12:45 (CET) » ce qui se voit ici : ras le bol

* pour l’histoire à propos des articles dits “de qualité” :

A propos de l’article Arménie, proposé comme article de qualité :

« cela m’attriste que la communauté puisse estimer de qualité un article d’histoire générale qui n’apporte pas le moindre élément d’histoire des idées, des arts, d’histoire économique ou démographique ou social. L’avantage de l’histoire au collège, c’est que les dates sont peu nombreuses, on peut donc faire ressortir les dates clés. Mais quand on applique cette technique de façon exhaustive, on obtient une vaste chronologie événementielle sans cohérence dont on ne retient rien. » –Aliesin 10 juin 2007 à 01:07 (CEST)

Et en écho :

« Rien de nouveau, depuis que je connais Wikipédia, les AdQ sont plus souvent une honte pour l’encyclopédie qu’autre chose. Marc Mongenet 10 juin 2007 à 02:35 (CEST) » (sic) vu sur le Bistro juin 07

∑ pour la philo et les sciences humaines :
∑ « J’étudie la philosophie et les sciences humaines, et je constate la médiocrité générale des articles de Wikipédia dans ces domaines. Beaucoup d’approximations, parfois des erreurs qui relèvent l’ignorance des rédacteurs ; je ne vois pas d’amélioration systématique, mais parfois des dégradations significatives, comme de remplacer un paragraphe bien écrit par un qui est considéré comme plus accessible, mais qui se révèle du niveau philosophie de lycée. L’ensemble est superficiel, médiocre et trompeur. »

Rédigé par: Philo | le 09 juin 2007 à 13:49

vu sur le blog Pisani. Le Monde

- Voir également un très intéressant mémoire de sociologie:

- Qui écrit Wikipedia?

- Voir surtout l’excellent dossier de Laure Endrizzi (INRP), qui nous a largement guidé ici:

Echantillons :

En résumé, les principales critiques à l’égard d’un tel outil de publication sont focalisées sur les points suivants :

* les contributeurs sont au mieux des amateurs, au pire des perturbateurs, des vandales ou des fanatiques ;
* quand ils ne se dissimulent pas derrière un ou plusieurs pseudonymes, les contributeurs sont des anonymes ;
* les contributeurs sincères sont découragés par la nécessité de défendre leurs textes contre d’autres participants ignorants ou malveillants
* les contributeurs, non experts, sont illégitimes ;
* les contributeurs ne sont juridiquement pas responsables de leurs contributions ;
* hormis ceux traitant d’informatique, les articles sont au mieux de qualité médiocre, au pire de simples ébauches ;
* certains thèmes ou sujets controversés sont décrédibilisés par des prises de positions partisanes (biographies, événements historiques, mouvements politiques, religion, etc.) ;
* les sujets d’actualité sont sur-représentés au détriment d’un savoir établi ;
* les sources sont rarement indiquées, le contenu n’est pas vérifiable ;
* le non respect du copyright (plagiat) et le non respect de la vie privée sont des pratiques courantes ;
* les articles ne sont pas stables et peuvent être supprimés ou vandalisés à tout moment ;
* les articles ne sont pas relus ni validés ;
* le manque de fiabilité et de stabilité des articles les rend inexploitables ;
* le qualificatif « encyclopédie » est scientifiquement inapproprié ;
* la régulation collective est absurde et illusoire ;
* l’activité éditoriale et plus généralement la structuration des contenus manquent de transparence ;
* la croissance exponentielle des articles et des participants rend illusoire toute tentative d’homogénéisation et de stabilisation ;
* le principe de la neutralité de point de vue est en fait éminemment politique ;
* la vérité encyclopédique est « votée » ; quelle représentativité pour les votants ? ;
* le fondateur de Wikipedia est un personnage immoral qui exerce une influence dictatoriale ;
* la représentativité des univers culturels des locuteurs d’une même langue est biaisée ;
* etc.

- Portrait robot des Wikipediens :

* ce sont majoritairement des hommes, âgés de 25 à 49 ans, avec un niveau d’études moyen qui oscille entre bac +2 et bac +4 ;
* tous ont des expériences et pratiques très diverses de l’informatique, mais l’utilisent au quotidien soit dans leur vie professionnelle, soit dans leur vie privée, soit l’une et l’autre ; tous disposent d’un ordinateur personnel et d’une connexion Internet ;
* les sympathisants à la cause du logiciel libre sont par ailleurs fortement représentés, notamment les programmeurs
* étudiants et professionnels adoptent généralement une démarche pragmatique visant à réinvestir dans le projet des connaissances et des compétences qu’ils ont acquises ou qu’ils mettent en oeuvre ;
* la majorité des Wikipédiens sont localisés sur le territoire français mais les rencontres physiques restent très exceptionnelles (signature des statuts pour l’association française par exemple) ;
* une forte majorité de contributeurs réguliers ont une expérience communautaire antérieure malgré des parcours hétérogènes (logiciel libre, jeux en ligne, newsgroups, forums de discussion, chat, etc.) ; cette pratique tend à se recentrer sur Wikipedia au détriment des autres communautés ;
* la captation de l’individu repose prioritairement sur des éléments biographiques personnels : la nature du projet et les types d’échanges répondent à des attentes individuelles ;
* corollairement la phase d’apprentissage et la routinisation des procédures de coopération sont plus importantes que l’expertise académique pour légitimer sa carrière au sein du collectif ;
* la plupart pratiquent plusieurs activités dans leur temps libre, les loisirs contribuant de manière ludique à la construction identitaire des participants et répondant à une démarche de mise en cohérence des pratiques et des idéaux ;
* l’idéologie militante des participants évolue avec le renforcement de leur engagement dans le projet : la contestation initiale cristallisée sur l’Internet marchand et la propriété intellectuelle se base progressivement sur l’ensemble des dispositifs de production et de diffusion des savoirs et prend la forme d’une pratique ludique et utilitaire plus pragmatique que contestataire, qui fait davantage écho à l’environnement immédiat du contributeur et qui n’est jamais exempte de réflexivité;
* la spécialisation des contributions est à mettre en relation avec les loisirs et passions des contributeurs, notamment pour ce qui concerne les domaines édités, parfois déjà médiatisés dans un site personnel ; le spécialiste tend donc à se confondre avec le passionné, ce qui peut s’avérer problématique si les contributeurs se soumettent difficilement aux règles du collectif ; la dynamique des échanges conduit parfois le porteur d’un projet personnel à s’investir dans d’autres espaces wiki pour approfondir son approche (voir Jean-Jacques Milan et son wikilivre sur la tribologie);
* les pratiques gestionnaires liées au suivi des modifications récentes et à la correction orthographique par exemple ne relèvent pas à proprement parler d’une passion mais correspondent davantage à une démarche personnelle d’apprentissage par l’exploration de nouveaux sujets;
* les contributions des informaticiens ne concernent que très exceptionnellement les contenus informatiques, déjà fortement structurés; ils investissent plus volontiers les tâches de développement, considérées plus valorisantes au sein du collectif.


Histoire: Pourquoi Guy Môquet n’a pu être le “résistant” qu’on célèbre (II)

24 octobre, 2007
Affiche PCFPour quelle raison Guy Môquet a-t-il été arrêté puis fusillé? Arrêté par la police française parce qu’il distribuait de la propagande communiste, doit-on considérer cette action comme un acte de résistance? Les tracts communistes de l’automne 1940 appellent-ils à la résistance contre l’occupant? La réponse est négative. François Marcot
Nous ne voulons pas que des soldats français se fassent tuer, ni pour de Gaulle, ni pour Doriot et Déat, car ce n’est pas en associant son destin à un des groupes impérialistes en guerre que la France pourra se sauver; elle ne le fera qu’en se débarrassant de l’odieux régime capitaliste. L’Humanité du 31 octobre 1940

Je suis militant de la Jeunesse communiste avec laquelle je lutte en collant des affiches et distribuant des tracts contre l’occupant nazi, ce qui est passible de mort. Je suis arrêté le 13 octobre1940 (…) Acquitté le 23 janvier, je suis pourtant gardé en prison (…) et déplacé (…) pour finir à Chateaubriant.

Comment expliquer cette phrase attribuée à Guy Môquet et aperçue sur les panneaux d’une exposition itinérante du musée des fusillés de Chateaubriant où celui-ci se présente, au moment de son arrestation, comme en lutte “contre l’occupant nazi”?

Alors que, comme le confirment le site de la Fondation de la Résistance et l’historien François Marcot, le fils du député détenu pour soutien au Pacte germano-soviétique ne pouvait être qualifié de “résistant” au moment où il est arrêté (sur dénonciation) en octobre 1940 (puis “maintenu en détention dans le cadre de la politique des otages” allemande).

Tout simplement, on le sait maintenant, parce qu’à l’époque le PCF, dont il était un zélé militant, était toujours, pacte Molotov-Ribbentrop oblige, sur une ligne de neutralité par rapport à une nouvelle “guerre capitaliste”.

Mais une neutralité qui pouvait aller jusqu’au “défaitisme révolutionnaire” (sabotage et espionnage dans les usines d’armement au profit de Moscou) et surtout doublement motivée par des négociations secrètes avec les autorités occupantes pour tenter d’obtenir la reparution de sa presse.

Du moins jusqu’à l’invasion de la patrie du socialisme par les troupes allemandes en juin 41, qui libère ainsi le Parti (et ses militants) pour l’action résistante, comme ces attentats contre des officiers allemands de Nantes ou Bordeaux (d’ailleurs non immédiatement revendiqués par la hiérarchie communiste) qui provoqueront justement par représailles l’exécution du jeune Guy Môquet et des autres otages.

D’où… la logique reconstruction rétrospective, par celui-ci, de ses activités d’avant incarcération comme d’un combat “contre l’occupant”.

Lisez la suite de cette entrée »


Littérature: Harry Potter confirme Girard (Dumbledore’s outing confirms Girard’s theory of homosexuality as the escalation of rivalry)

22 octobre, 2007
Dumbledore falls for GrindwaldIl nous arriverait, si nous savions mieux analyser nos amours, de voir que souvent les femmes ne nous plaisent qu’à cause du contrepoids d’hommes à qui nous avons à les disputer (…) ce contrepoids supprimé, le charme de la femme tombe. On en a un exemple dans l’homme qui, sentant s’affaiblir son goùt pour la femme qu’il aime, applique spontanément les règles qu’il a dégagées, et pour être sûr qu’il ne cesse pas d’aimer la femme, la met dans un milieu dangereux où il faut la protéger chaque jour. Proust (La Prisonnière)
Chez certains singes, quand un mâle se reconnaît battu par un rival et renonce à la femelle qu’il lui disputait, il se met, vis à vis de ce vainqueur, en position, nous dit-on, d’ “offre homosexuelle”. René Girard
On est tous des enfants: il n’y a que les prix des jouets qui changent. Anonyme

Un célèbre acteur qui déclare: “Un tableau, c’est comme une femme. Il me plaît, je le veux” …

Un certain ex-maire de Neuilly qui tombe amoureux de la 3e femme d’un célébrissime animateur de télé qu’il est en train de marier …

Et à présent un maitre sorcier (certes de fiction) dont on apprend la passion cachée pour son ancien maitre et futur rival …

Comment ne pas reconnaitre tant de nos propres fonctionnements dans les comportements de nos “happy few” (la différence, c’est qu’avec eux les “jouets” coûtent plus cher)?

Et, dans le dernier cas, la confirmation par l’auteure de la série Harry Potter, à New York vendredi dernier, de l’hypothèse de René Girard du caractère structurellement homosexuel de toute rivalité sexuelle?

Et partant de la genèse de l’homosexualité par la rivalité, c’est-à-dire du détachement, par surenchère de rivalité mimétique, de l’objet que l’on se dispute pour se fixer sur le rival qui nous le dispute?

Ainsi, ce serait à l’occasion d’une bataille entre bons et mauvais sorciers qu’Albus Dumbledore, grand sorcier et directeur de l’école de sorcellerie Hogwarts (Poudlard en français), tombe amoureux de son rival malheureux Gellert Grindelwald …

Harry Potter: J.K. Rowling révèle l’homosexualité de Dumbledore

NEW YORK – Avis aux fans d’Harry Potter: les rumeurs étaient fondées. Albus Dumbledore, grand sorcier et directeur de l’école de sorcellerie Poudlard, est homosexuel.

J.K. Rowling, auteur de la saga dont le 7ème et dernier tome est paru cet été, a fait cette révélation vendredi alors qu’elle se trouvait au Carnegie Hall à New York. Après avoir fait une brève lecture publique de passages de son dernier livre, “Harry Potter et les reliques de la mort”, elle a répondu aux questions.

Un jeune fan lui a demandé si Dumbledore avait trouvé l’amour. “Dumbledore est homosexuel”, a répondu l’auteur, provoquant des applaudissements et des réactions d’étonnement.

Elle a ensuite expliqué que Dumbledore était tombé amoureux de Gellert Grindelwald, qu’il avait battu lors d’une bataille entre bons et mauvais sorciers. “L’amour peut rendre aveugle”, a-t-elle expliqué au sujet des sentiments de Dumbledore, ajoutant que ce dernier avait été “horriblement, terriblement déçu”. L’amour de Dumbledore, a-t-elle observé, c’était sa “grande tragédie”.

Voir aussi :

In the last novel, Dumbledore’s embittered brother Aberforth reveals how the young Dumbledore was drawn to the charismatic and mysterious Grindelwald. Dumbledore is convinced he has finally found his intellectual equal and the pair plot to set up a benign dictatorship for the benefit of muggles.

However, Dumbledore ends up killing the object of his affection when he realises he has been a secret practitioner of the dark arts.

Harry Potter and the secret of Albus
The Telegraph
21/10/2007

JK Rowling has shocked fans by outing the Hogwarts headmaster, reports Chris Hastings, Arts and Media Editor

It was the secret he took to the grave: Albus Dumbledore, the benign and beloved headmaster of Hogwarts school of wizardry, was gay.

JK Rowling revealed that the object of Dumbledore’s affections was Grindelwald, a fellow wizard

JK Rowling, the author of the Harry Potter books, has revealed that the boy wizard’s mentor and substitute father had a grand passion for another man in his youth.
The outing of the elderly Dumbledore, who is Potter’s confidant and moral compass, must count as the most unlikely in literary history.

Within minutes of Rowling’s announcement in front of a group of young fans in New York on Friday the internet with awash with the news.

Rowling, 42, made her revelation after a 19-year-old fan asked her if the Dumbledore, the most important adult in Potter’s life, had ever enjoyed a real passion in his life.

She replied: “My truthful answer to you is that I have always thought of Dumbledore as gay.”

The author revealed that the object of Dumbledore’s affections was Gellert Grindelwald, a fellow wizard who is briefly mentioned in the books.

In the last novel, Dumbledore’s embittered brother Aberforth reveals how the young Dumbledore was drawn to the charismatic and mysterious Grindelwald. Dumbledore is convinced he has finally found his intellectual equal and the pair plot to set up a benign dictatorship for the benefit of muggles.

However, Dumbledore ends up killing the object of his affection when he realises he has been a secret practitioner of the dark arts.

Rowling said: “Dumbledore fell in love with Grindelwald, and that added to his horror when Grindelwald showed himself to be what he was.

“To an extent, do we say it excused Dumbledore a little more because falling in love can blind us to an extent… he was very drawn to this brilliant person, and horribly, terribly let down by him.”

Rowling said she recently had to share the secret of Dumbledore’s sexuality with scriptwriters working on the sixth Harry Potter film. “I was in a script read-through for the sixth film, and they had Dumbledore saying ‘I knew a girl once, whose hair…’ I had to write a little note in the margin and slide it along to the scriptwriter: ‘Dumbledore’s gay!’?”

Rowling told her cheering audience of fans: “If I’d known it would make you so happy, I would have announced it years ago.”

Some fans, however, have attacked the decision on religious grounds and have posted passages from scripture on Potter fan internet sites.

Melissa Anelli, the webmaster of the Leaky Cauldron, one of the most respected sites, said: “I would say about 70 per cent of the people contacting us are delighted. I think it is great that she has just presented it as a matter of fact. She is not saying it’s a reason to level judgment against him. It’s just something else about the character, like the fact that he is a teacher.”

Peter Tatchell, the gay rights campaigner, welcomed the “outing” as a victory for “tolerance and understanding”. He said: “My only disappointment is that the author didn’t make Dumbledore’s homosexuality more explicit in the books. It would have been a much more powerful message.”

Mary Bousted, the general secretary of the Association of Teachers and Lecturers, who has read all the books, disagreed. She said: “I find it unsurprising. I always had my suspicions. I am also glad that she didn’t write his sexuality into the stories. Dumbledore’s sexuality has absolutely nothing to do with the fact that he is a headmaster at Hogwarts.

Voir également:

J’ai acheté mes premiers dessins dans les années 1960. Je passais mon temps avec deux amis, qui m’ont beaucoup appris. L’un était un galeriste, qui maintenant a pris sa retraite, Claude Aubry. L’autre, c’est Pierre Cornette de Saint-Cyr. C’est ainsi que j’ai acheté un Dürer, Le Scarabée ! Un des derniers dessins existants sur le marché. Au nez et à la barbe de Malle. Pas Louis, son frère, le banquier.

Alain Delon : “Un tableau, c’est comme une femme. Il me plaît, je le veux”
Le Monde
Le 03.10.07

Alain Delon va vendre aux enchères une partie de sa collection, dont beaucoup de tableaux des années 1950, qui sera dispersée à Drouot-Montaigne le 15 octobre. Rencontre avec l’acteur, 71 ans, dans son appartement parisien, aux murs désormais presque vides.

Quand avez-vous commencé à collectionner ?

J’ai acheté mes premiers dessins dans les années 1960. Je passais mon temps avec deux amis, qui m’ont beaucoup appris. L’un était un galeriste, qui maintenant a pris sa retraite, Claude Aubry. L’autre, c’est Pierre Cornette de Saint-Cyr. C’est ainsi que j’ai acheté un Dürer, Le Scarabée ! Un des derniers dessins existants sur le marché. Au nez et à la barbe de Malle. Pas Louis, son frère, le banquier. C’était un peu comme dans L’Homme pressé : la différence entre les professionnels et moi, c’est qu’eux ont une limite. Moi, je n’en ai pas. Ils ont plus d’argent que moi, mais au-delà d’une certaine estimation, ils s’arrêtent.

Moi, j’étais tellement fou à l’époque que j’ai eu le dernier dessin de Dürer passé en vente publique… Cela devait être en 1969. Souvent je me retrouvais sans un rond. Mais comme je travaillais beaucoup, tout mon argent passait dans les dessins anciens. Il y en a qui s’achètent des voitures, d’autres qui vont aux putes, moi je préfère les tableaux.

Pourquoi le dessin ?

Parce que le dessin, c’est le premier jet, la première pensée de l’artiste. Quelque temps après, j’ai pu acquérir des tableaux, dont j’avais eu auparavant les dessins préparatoires. Mais j’étais vraiment amoureux des dessins du XVIe, du XVIIe, pas du XVIIIe et du XIXe siècle.

Pas le XVIIIe ?

Pas assez fort. Pas assez incisif ou intensif. Avant oui. Après aussi. Mes premiers dessins ont été des Lagneau . Mais ma passion, c’est Millet, mon dieu dans le dessin. Quelque chose m’attire, me fascine, alors je le veux. J’ai acheté par passion, jamais par investissement. D’abord parce que j’ai toujours trop – tout – surpayé.

Pourquoi ?

Ça n’a rien à voir, mais c’est comme une femme. Je la vois, elle me plaît, je la veux. J’achète ces dessins sur coup de cœur.

Vous avez le temps de courir les salles des ventes ?

Je n’achète pratiquement plus. Je me passionne pour les bronzes animaliers. Pour Guyot, que les gens ne connaissent pas très bien, dont j’ai sûrement la plus belle collection. J’espère bien un jour le faire connaître. Aujourd’hui, le moindre Bugatti vaut 300 000 euros. Avant, on les achetait pour rien, 1 million – je parle en anciens francs…

Je me souviens d’être allé chez Alain Lesieutre, qui faisait une partie de poker avec des copains dans sa galerie. Il y avait une panthère de Bugatti – je l’ai toujours – et je lui dis : “Dis donc ta panthère… Je passe, deux cartes… Ta panthère, tu en veux quoi? Trois millions, elle est à toi .”

Je suis parti avec. Il n’a pas arrêté de jouer pour autant. Il y avait peut-être une autre ambiance, plus de passionnés, moins d’investisseurs, plus de puristes, d’amoureux de l’art.

Vous avez collectionné avec Visconti ?

Non. Visconti n’était pas ce qu’on appelle un collectionneur. Il était amoureux de Bronzino, il avait quelques œuvres, quelques tableaux, mais pas une collection. Dans le cinéma, je ne connais pas de collectionneur. Il y a Claude Berri, qui a une très, très belle collection. Je ne vois personne d’autre. Je n’ai jamais vu chez les metteurs en scène, et encore moins chez des partenaires acteurs ou actrices, des gens qui s’intéressaient à l’art. J’ai l’impression que pour eux, il y avait autre chose à faire de son argent.

A part le dessin ?

Après le dessin, je suis venu à la peinture. Le XIXe. Avec mes maîtres : Géricault, Delacroix, Millet et Corot. Longtemps après, je suis arrivé aux fauves. En 1989-1990, j’avais vendu quarante bronzes de Bugatti pour acheter des fauves. Et c’est seulement après que je suis tombé sur l’abstraction des années 1950. Riopelle, Nicolas de Staël, Manessier ou d’autres.

Pourquoi vous en séparez-vous ?

Des raisons personnelles. Je pense plus à l’avenir de mes enfants qu’au mien. Et j’exècre ce qu’on appelle la vente dite “de succession”. Je ne peux pas envisager une vente de succession, “la vente Alain Delon”… Je ne peux pas. Pas plus que je ne pourrais penser que mes enfants se déchirent pour des choses qui leur passent au-dessus de la tête. Je préfère régler ça maintenant, c’est plus net, plus propre. Mais surtout je déteste les ventes posthumes. J’ai vu tant d’exemples… J’ai moi-même racheté des choses à des amis morts.

Pierre Cornette espère vous intéresser à l’art contemporain…

Non. Je ne crois pas. D’abord parce que ce n’est pas dans mes entrailles, mais surtout parce que je n’ai plus le temps. Et je n’en éprouve pas le besoin ni la raison. Je ne vois pas pourquoi aujourd’hui, à mon âge – même si je ne le parais pas! –, je vais me mettre à faire une collection d’un art que je n’aime pas vraiment. Quand je vois Rauschenberg ou tous ces trucs-là, ça m’emmerde.

Que vous prépariez votre succession, certes, mais imaginez qu’après la vente, on vous propose un beau Géricault ?

Je me connais. J’ai peur de craquer. Géricault, avant toutes choses, par sa peinture, qui me correspond, par sa vie, par sa mort aussi. Le dernier que j’ai acheté c’était un Cuirassier à cheval. J’ai aussi un tableau unique, un couple uni dans la mort. Peint à la morgue, sur la planche de bois qu’on tire, le buste d’un homme et une femme. Sublime. C’est à crever. Alors c’est vrai, si demain on m’amène un truc comme ça…

Propos recueillis par Harry Bellet


Irak: C’est les Français qui avaient raison (The French were right on Iraq)

21 octobre, 2007
Théorie de la contre-insurrection (David Galula, 1964)Bataille d'Algerfouille de la Casbah (France Soir)La vérité est que c’est les Sunnis qui ont lancé cette guerre il y a quatre ans et qu’ils l’ont perdue. Les tribus ne gagnent jamais les guerres, elles ne font que rejoindre le camp des vainqueurs. (Un Irakien)
L’Irak n’appartient pas seulement aux La Bataille d'Alger (Pontecorvo, 1957) Sunnites ou aux Chiites, ni aux Arabes ou aux Kurdes et aux Turkmènes. Aujourd’hui, nous devons relever la tête et déclarer que l’Irak est à tous les Irakiens. Ammar al-Hakim

Coalition anti-Al Qaeda des chefs de tribus sunnites de la province d’Anbar pour aider à l’expulsion du groupe terroriste de leur ancien repaire …

Rencontre il y a quelques jours du fils et successeur présumé du plus important chef politique chiite du pays Abdul Aziz al-Hakim avec les chefs de tribus sunnites d’Anbar et appel à l’unité nationale …

Pèlerinage le mois dernier au centre du chiisme irakien de Najaf du vice-président sunnite Tariq par Al-Hashemi et rencontre avec la plus haute autorité religieuse du pays, le grand Ajatollah Ali Sistani …

Réunions de réconciliation entre ecclésiastiques chrétiens, sunnites et chiites à Bagdad sous l’égide de l’Anglican Andrew White …

Autant de mauvaises nouvelles, malgré les incessants efforts des semeurs de chaos iraniens, pour les hérauts du bourbier irakien.

Mais surtout… ultime consécration pour les pacificateurs français de l’Algérie, notamment l’ex-St Cyrien David Galula et auteur du manuel de référence de la contre-insurrection (“Guerre de contre-insurrection: Théorie et pratique”, 1964)!

Comme le rappelle Michael Ledeen, citant Galula dans le WSJ:

Les insurrections sont des guerres révolutionnaires dont les résultats sont déterminés par le contrôle et l’appui de la population. La meilleure manière de penser à de telles guerres est d’imaginer le jeu de go. Chaque côté commence avec des capitaux limités, chacun a l’appui d’une minorité du territoire et de la population. Chacun a un certain nombre de capitaux dans la sphère d’influence de l’ennemi Le jeu finit quand un côté prend le contrôle de la majorité de la population, et ainsi du territoire. Celui qui gagne le soutien populaire gagne la guerre.

Galula s’est rendu compte que bien que l’idéologie révolutionnaire soit centrale pour la création d’une insurrection, elle a très peu à voir avec les résultats sur le terrain. Ceux-ci sont déterminés par la politique et comme dans une élection, c’est la population qui choisit le gagnant.

Dans les premières phases du conflit, la population reste aussi neutre que possible, essayant simplement de survivre. Puis avec l’escalade de la guerre, elle est forcée de prendre position, de miser sur l’un des belligérants et ce pari devient prophétie auto-réalisante. Car la population a une pièce maitresse sur l’échiquier: le renseignement. Une fois que les Irakiens ont décidé que nous allions gagner, ils nous ont fourni des informations sur les terroristes: qui ils étaient, où ils étaient, ce qu’ils projetaient, où leurs armes étaient cachées, et ainsi de suite. Car, pour reprendre la formule si élégante de Galula, le critère décisif pour la population est: “quel est le côté qui offre la meilleure protection, présente la plus grande menace ou est susceptible de gagner?”. Et c’est encore mieux naturellement si popularité et efficacité se combinent.”

Victory Is Within Reach in Iraq
Michael A. Ledeen
October 20, 2007

Should we declare victory over al Qaeda in the battle of Iraq?

The very question would have seemed proof of dementia only a few months ago, yet now some highly respected military officers, including the commander of Special Forces in Iraq, Gen. Stanley McCrystal, reportedly feel it is justified by the facts on the ground.

These people are not suggesting that the battle is over. They all insist that there is a lot of fighting ahead, and even those who believe that al Qaeda is crashing and burning in a death spiral on the Iraqi battlefields say that the surviving terrorists will still be able to kill coalition forces and Iraqis. But there is relative tranquility across vast areas of Iraq, even in places that had been all but given up for lost barely more than a year ago. It may well be that those who confidently declared the war definitively lost will have to reconsider.

Almost exactly 13 months ago, the top Marine intelligence officer in Iraq wrote that the grim situation in Anbar province would continue to deteriorate unless an additional division was sent in, along with substantial economic aid. Today, Marine leaders are musing openly about clearing out of Anbar, not because it is a lost cause, but because we have defeated al Qaeda there.

In Fallujah, enlisted marines have complained to an officer of my acquaintance: “There’s nobody to shoot here, sir. If it’s just going to be building schools and hospitals, that’s what the Army is for, isn’t it?” Throughout the area, Sunni sheikhs have joined the Marines to drive out al Qaeda, and this template has spread to Diyala Province, and even to many neighborhoods in Baghdad itself, where Shiites are fighting their erstwhile heroes in the Mahdi Army.

British troops are on their way out of Basra, and it was widely expected that Iranian-backed Shiite militias would impose a brutal domination of the city, That hasn’t happened. Lt. Col. Patrick Sanders, stationed near Basra, confirmed that violence in Basra has dropped precipitously in recent weeks. He gives most of the credit to the work of Iraqi soldiers and police.

As evidence of success mounts, skeptics often say that while military operations have gone well, there is still no sign of political movement to bind up the bloody wounds in the Iraqi body politic. Recent events suggest otherwise. Just a few days ago, Ammar al-Hakim, the son of and presumed successor to the country’s most important Shiite political leader, Abdul Aziz al-Hakim, went to Anbar’s capital, Ramadi, to meet with Sunni sheikhs. The act, and his words, were amazing. “Iraq does not belong to the Sunnis or the Shiites alone; nor does it belong to the Arabs or the Kurds and Turkomen,” he said. “Today, we must stand up and declare that Iraq is for all Iraqis.”

Mr. Hakim’s call for national unity mirrors last month’s pilgrimage to Najaf, the epicenter of Iraqi Shiism, by Vice President Tariq al-Hashemi, a Sunni. There he visited Grand Ayatollah Ali al-Sistani, the top Shiite cleric. The visit symbolically endorsed Mr. Sistani’s role as the most authoritative religious figure in Iraq. Mr. Hashemi has also been working closely with Mr. Hakim’s people, as well as with the Kurds. Elsewhere, similar efforts at ecumenical healing proceed rapidly. As Robert McFarlane reported in these pages, Baghdad’s Anglican Canon, Andrew White, has organized meetings of leading Iraqi Christian, Sunni and Shiite clerics, all of whom called for nation-wide reconciliation.

The Iraqi people seem to be turning against the terrorists, even against those who have been in cahoots with the terror masters in Tehran. As Col. Sanders puts it, “while we were down in Basra, an awful lot of the violence against us was enabled, sponsored and equipped by. . . Iran. [But] what has united a lot of the militias was a sense of Iraqi nationalism, and they resent interference by Iran.”

How is one to explain this turn of events? While our canny military leaders have been careful to give the lion’s share of the credit to terrorist excesses and locals’ courage, the most logical explanation comes from the late David Galula, the French colonel who fought in Algeria and then wrote “Counterinsurgency Warfare: Theory and Practice” in the 1960s. He argued that insurgencies are revolutionary wars whose outcome is determined by control of, and support from, the population. The best way to think about such wars is to imagine the board game of Go. Each side starts with limited assets, each has the support of a minority of the territory and the population. Each has some assets within the enemy’s sphere of influence. The game ends when one side takes control of the majority of the population, and thus the territory.

Whoever gains popular support wins the war. Galula realized that while revolutionary ideology is central to the creation of an insurgency, it has very little to do with the outcome. That is determined by politics, and, just as in an election, the people choose the winner.

In the early phases of the conflict, the people remain as neutral as they can, simply trying to stay alive. As the war escalates, they are eventually forced to make a choice, to place a bet, and that bet becomes a self-fulfilling prophecy. The people have the winning piece on the board: intelligence. Once the Iraqis decided that we were going to win, they provided us with information about the terrorists: who they were, where they were, what they were planning, where their weapons were stashed, and so forth.

It’s easy to say, but quite beside the point, that any smart Iraqi would prefer us to the terrorists. We’re short-termers, while the terrorists promise to stay forever and make Iraq part of an oppressive caliphate. We’re going to leave in a few years, and put the country in Iraqi hands, while the terrorists — many of whom are the cat’s-paws of foreign powers — intend to turn the place into an alien domain. We promise freedom, while the jihadis impose clerical fascism and slaughter their fellow Arab Muslims.

But that preference isn’t enough to explain the dramatic turnaround — the nature of the terrorists was luminously clear a year ago, when the battle for Iraq was going badly. As Galula elegantly observed, “which side gives the best protection, which one threatens the most, which one is likely to win, these are the criteria governing the population’s stand. So much the better, of course, if popularity and effectiveness are combined.”

The turnaround took place because we started to defeat the terrorists, at a time that roughly coincides with the surge. There is a tendency to treat the surge as a mere increase in numbers, but its most important component was the change in doctrine. Instead of keeping too many of our soldiers off the battlefield in remote and heavily fortified mega-bases, we put them into the field. Instead of reacting to the terrorists’ initiatives, we went after them. No longer were we going to maintain the polite fiction that we were in Iraq to train the locals so that they could fight the war. Instead, we aggressively engaged our enemies. It was at that point that the Iraqi people placed their decisive bet.

Herschel Smith, of the blog Captain’s Journal, puts it neatly in describing the events in Anbar: “There is no point in fighting forces (U.S. Marines) who will not be beaten and who will not go away.” We were the stronger horse, and the Iraqis recognized it.

No doubt Gen. David Petraeus and Lt. Gen. Raymond Odierno know all this. It is, after all, their strategy that has produced the good news. Their reluctance to take credit for the defeat of al Qaeda and other terrorists in Iraq is due to the uncertain outcome of the big battle now being waged here at home. They, and our soldiers, fear that the political class in Washington may yet snatch defeat from the jaws of victory. They know that Iran and Syria still have a free shot at us across long borders, and Gen. Petraeus told Congress last month that it would not be possible to win in Iraq if our mission were restricted to that country.

Not a day goes by without one of our commanders shouting to the four winds that the Iranians are operating all over Iraq, and that virtually all the suicide terrorists are foreigners, sent in from Syria. We have done great damage to their forces on the battlefield, but they can always escalate, and we still have no policy to direct against the terror masters in Damascus and Tehran. That problem is not going to be resolved by sound counterinsurgency strategy alone, no matter how brilliantly executed.

Mr. Ledeen is resident scholar at the American Enterprise Institute. His book, “The Iranian Time Bomb,” was recently published by St. Martin’s Press


Russie: Au secours, le camp de la paix revient! (Who’ll stop Putin?)

17 octobre, 2007
Chirak-Schroeder-Putin peace camp (Kaliningrad, Jul. 2005)J’ai l’impression que nos positions se sont très fortement rapprochées. j’ai senti une conergence. (…) J’ai trouvé un homme qui réfléchit, qui pèse le pour et le contre. un homme direct, courageux, déterminé. Le portrait qu’on a fait de Poutine me semble réducteur par rapport à la personnalité que j’avais devant moi … Nicolas Sarkozy
Nous n’avons pas d’informations selon lesquelles l’Iran aspire à produire des armes nucléaires. Nous n’avons pas de telles données objectives, c’est pourquoi nous partons du principe que l’Iran n’a pas de tels plans. Poutine

Poutine plus fort que le Terminator!

Emprisonnement ou empoisonnement d’opposants, assassinats de journalistes, nomination de son futur successeur, annonce de son éventuel retour, à quelques mois de son dernier mandat légal, comme (!) Premier ministre

Camouflet public au président Sarkozy sur le nucléaire iranien la semaine dernière, première visite hier au premier régime terroriste de la planète (excellent pour faire monter le prix du pétrole… russe!) d’un dirigeant russe depuis la révolution islamique de 78 pour consolider son contrôle du marché du transit du gaz de l’Asie Centrale vers l’Europe .…

Et maintenant (Schwartzenegger peut bien aller se rhabiller avec sa misérable loi contre les investissements des retraités californiens en Iran!), après le débauchage il y a deux ans de l’ancien chancelier Schoeder et 3e larron de l’axe anti-guerre d’Irak (pardon: “camp de la paix”),… embauche du Tyrannophilus rex en personne!

A l’heure où le Parisien annonce l’invitation de l’ancien squatter (légal) de l’Elysée à Moscou pour fêter, après sa légion d’honneur de l’an dernier, les 55 ans de l’homme fort du Kremlin, lui-même en fin de CDD mais en recherche fébrile de CDI

Rue 89 rappelle opportunément que l’ancien président français revient tout juste d’une première invitation le mois dernier dans une station balnéaire de la Mer noire au moment même où l’ancien chancelier allemand réunissait dans la ville… ses actionnaires du consortium pétrolier germano-russe!

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Iran: La preuve que Maryam Radjavi n’est pas une chef de secte (Who says the people’s jihadists are a sect?)

17 octobre, 2007

Three MKO cultists self-immolate (Paris, June 2003)Dix (excusez du peu) suicides par le feu orchestrés le même jour (?) dans les grandes capitales européennes!

Culte de la personnalité digne des plus beaux jours de l’ère soviétique, gourouisation même, assassinats d’opposants, interdiction des relations sexuelles de ses membres, envoi de leurs enfants en Europe dans une sorte de “lebenborn” …

Et à présent incitation au suicide par le feu …

Intéressant silence de nos grands médias nationaux (à moins de considérer comme tels la feuille paroissiale subventionnée du PCF ou le gratuit 20 minutes?) sur le début du procès hier de deux membres des Moujahidines du peuple …

Qui (qui s’en souvient?) avaient organisé, il y a trois ans devant le siège des services secrets français à Paris, le suicide par le feu de trois de leurs militantes (sur – qui le rappelle? – dix dans l’ensemble des capitales européennes!) lors d’une manifestation de soutien à leur gourou qui, geste de bonne volonté de Chirak envers les mollahs, venait d’être arrêtée par les autorités françaises …

Pourtant l’occasion était belle de rappeler, comme nous le faisions en février dernier, qui était réellement Maryam Radjavi, la GO de l’Organisation des Jihadistes du peuple iranien (OMPI), ce bizarre mélange de secte islamiste et de groupuscule marxiste (une sorte d’improbable hybride d’OLP et d’Hare Krishna?).

Et surtout donc, derrière des shows très étudiés et de si avenantes militantes (même un Daniel Pipes s’y était laissé prendre!), les méthodes très spéciales de son organisation, que des esprits chagrins s’obstinent (allez savoir pourquoi?) à qualifier de secte, voire de mouvement terroriste …

Deux Iraniens jugés mardi pour avoir encouragé au suicide une opposante
L’internaute
Le 16 octobre 2007

Deux Iraniens comparaissent mardi devant le tribunal correctionnel de Paris, soupçonnés d’avoir encouragé une militante de l’Organisation des Moudjahidine du peuple iranien (OMPI, opposants) à s’immoler par le feu lors d’une manifestation en juin 2003 dans la capitale. Cette militante est décédée des suites de ses blessures le lendemain de la manifestation. Mahmood Aalami, 55 ans, et Hossein Amini Gholipour, 51 ans, ont été renvoyés devant la justice en 2006 pour “provocation au suicide”. Dans un premier temps, le juge d’instruction en charge de ce dossier avait délivré un non-lieu en faveur des deux hommes mais le parquet avait fait appel et obtenu gain de cause, selon une source judiciaire. Les deux prévenus, qui se disent sympathisants de l’OMPI, ont été arrêtés à l’issue d’une manifestation à proximité du siège parisien de la DST (contre-espionnage), au cours de laquelle trois personnes au total se sont immolées par le feu. La manifestation avait eu lieu le 18 juin 2003 au lendemain d’un vaste coup de filet au siège de l’OMPI à Auvers-sur-Oise (Val-d’Oise) qui s’était notamment traduit par le placement en garde à vue à la DST de Maryam Radjavi, la présidente du Conseil national de la résistance iranienne –vitrine de l’OMPI–. L’opération policière avait été considérée par les opposants iraniens comme un signe d’allégeance de Paris à Téhéran. A proximité des lieux de la manifestation, dans le XVe arrondissement, MM. Aalami et Amini Gholipour avaient été filmés dans une station-service en train d’acheter un jerrican vide puis de l’essence. D’après l’accusation, ils auraient ensuite remis le bidon à Sedighe Modjarevi, la victime, ce qu’ils ont nié en affirmant qu’ils dépannaient le véhicule en panne d’un autre Iranien. Initialement, M. Amini Gholipour était également soupçonné d’avoir empêché des policiers d’intervenir au moment où Mme Modjarevi brûlait au milieu de la chaussée. Mais sur ce point l’ordonnance de non-lieu du magistrat instructeur a été confirmée en appel. Mardi lors de l’audience devant la 16e chambre correctionnelle, l’avocat des deux prévenus, Me Joseph Cohen-Sabban, devrait plaider la nullité des poursuites, estimant qu’il n’y a pas eu incitation au suicide. “Poursuivre sur ce fondement revient à avoir une position totalement politique selon laquelle on serait dans une secte et que le discernement (des personnes qui se sont immolées) aurait été aboli”, a expliqué l’avocat à l’AFP. Les deux personnes, qui ont survécu à leur immolation le 18 juin 2003, devraient témoigner à l’audience que personne n’a décidé à leur place de ce geste et qu’elles “préfèrent mourir comme ça plutôt que d’être expulsées vers l’Iran”, a ajouté Me Cohen-Sabban. L’avocat a précisé avoir également fait citer comme témoins Yves Bonnet, ex-patron de la DST (1982-85), et Alain Vivien, ancien secrétaire d’Etat socialiste qui milite pour que l’OMPI ne soit plus considérée comme une organisation terroriste. Elle l’est actuellement à la fois selon les critères de l’Union européenne et des Etats-Unis.


Environnement: Des mensonges qui dérangent (Did Gore’s lying for the truth deserve to be nobelized?)

13 octobre, 2007
Lying for the truth about Katrina (Gore)Pour moi, l’image correspondait à la réalité de la situation non seulement à Gaza, mais aussi en Cisjordanie. Charles Enderlin
Il me semble approprié d’avoir une certaine dramatisation des présentations factuelles sur l’étendue du danger pour sensibiliser le public aux solutions et aux bons espoirs que nous avons de résoudre cette crise. Al Gore

A l’instar des bidonnages de Michael Moore ou de Sauper (“Le cauchemar de Darwin“) sans parler des faux à la Enderlin (la mort du petit Mohammed sur France 2), la campagne et le film d’Al Gore, fraichement et triplement primés par deux oscars et un prix Nobel (mais que je n’ai toujours pas vu), posent la question des contre-vérités ou du mensonge au service de la vérité ou d’une cause.

Car si l’on peut difficilement critiquer une démarche visant à faire prendre conscience à l’humanité tout entière des problèmes que va nécessairement (à terme mais aussi comme on le voit déjà avec la Chine) poser l’extension à l’ensemble de la planète du modèle industriel auquel nous devons notre incroyable richesse, faut-il pour autant dire n’importe quoi?

Telle est l’intéressante question qui vient d’être posée à la haute Cour de justice de Londres par un parent d’élève britannique (membre du conseil d’établissement) qui contestait l’envoi du film en question à l’ensemble des collèges du royaume (sur la base de la section 406 de l’ Education Act 199 sur l’endoctrinement politique – à quand de telles dispositions pour nos propres manuels?).

Et à laquelle il vient justement d’être répondu sous la forme d’un ordre de ladite Cour qu’un guide soit distribué aux enfants pour en pointer les approximations et les erreurs et susciter la discussion de ses manifestes parti-pris .

Notamment onze erreurs attribuant directement ou faussement au réchauffement climatique d’origine humaine une série de phénomènes:

- la fonte des neiges du Kilimandjaro (liée à bien d’autres facteurs)

- le lien supposé entre l’augmentation du CO2 et une hausse des températures sur une période de 650 000 ans (non attesté)

- l’ouragan Katrina (sans rapport direct et établi avec le réchauffement climatique)

- l’assèchement du Lac Tchad (lié à bien d’autres facteurs)

- la noyade d’ours polaires (non suite à la fonte de la banquise mais à une forte tempête)

- la disparition du Gulf Stream (fort peu probable)

- le blanchiment et la mort des coraux (non confirmé par les données)

- l’annonce de la fonte prochaine de la calotte de glace du Groenland avec montée dangereuse des eaux (prendrait des millénaires)

- la fonte de la calotte antarctique (augmente au contraire)

- la montée des océans (pas 6 m d’ici 20 ans, mais 40 cm sur les 100 prochaines années)

- l’évacuation d’une île du Pacifique du fait de l’élevation du niveau des mers (non vérifiée)

Une cour de justice trouve «neuf [?] erreurs» dans le film d’Al Gore
20 minutes
Le 13 octobre 2007

Deux Oscars et des manquements à la rigueur scientifique. «La vérité qui dérange», le film militant d’Al Gore a été passé au crible par la justice anglaise. Saisie par le chef d’établissement [?] d’un lycée du Kent qui contestait le contenu du film, la «High Court» de Londres, la plus haute juridiction britannique, a répertorié «neuf erreurs» dans l’œuvre à laquelle l’ancien vice-président américain et candidat malheureux à la présidentielle 2000 prêtait sa voix. Neuf vérités dérangeantes qui, selon le juge, ne sont pas totalement validées par la communauté scientifique mondiale.

Et histoire de réparer ces «imprécisions», le film qui sera diffusé dans les collèges d’Angleterre, d’Ecosse et du pays de Galles, devra être accompagné d’un guide étayant les rectifications à apporter au long-métrage. Les professeurs devront mener la contradiction lors des projections pour contrebalancer le point de vue «trop catastrophique» de cette «vérité qui dérange».

Kilimandjaro

Petit tour des principales erreurs qu’aurait commise le nouveau chantre de l’écologie mondiale.

Première assertion qui pose problème selon la «High Court»: l’élévation du niveau de la mer. Sur fond de fonte des glaciers de l’Antarctique et ceux du Groenland, Al Gore affirme que les océans s’élèveront de 6 mètres d’ici à 20 ans. Trop alarmiste selon les autorités judiciaires anglaises pour qui ce niveau sera atteint au mieux à la fin du millénaire. De même que le juge doute du lien direct entre le réchauffement climatique et l’ouragan Katrina, la tempête tropicale qui avait ravagé la Nouvelle-Orléans en 2005. « Il n’y aucune donnée scientifique montrant l’évidence de cette thèse.»

La pollution tue «aussi» les coraux

Autre point d’achoppement: la disparition progressive des neiges, anciennement «éternelles», du mont Kilimandjaro (Tanzanie). Il n’y a aucune raison de penser, dit la cour contrairement à Al Gore, que la fonte des neiges est due au réchauffement climatique et aux activités humaines.

Haro aussi sur les ours polaires qui se noient car ils devaient parcourir 96 kilomètres pour trouver de la banquise. La cour rappelle qu’effectivement des scientifiques ont retrouvé les cadavres de quatre ours noyés mais la cause était une tempête, et non la fonte de la banquise.

Le désaccord porte aussi sur la dégradation des ceintures de corail. Le verdict nuance: ce phénomène n’est pas «entièrement» la conséquence de la hausse des températures à la surface du globe. La haute juridiction pointe du doigt la pollution et la pêche «abusive» des réserves de poissons.

Downing Street gêné aux entournures

La décision de la justice londonienne tombe mal pour Downing Street. Elle embarrasse le gouvernement anglais puisque l’idée de montrer le film d’Al Gore aux élèves britanniques vient du ministère de l’éducation. L’objectif initial était d’alerter les britanniques vient du ministère de l’éducation. L’objectif initial était d’alerter les collégiens sur les conséquences des rejets de gaz nocifs par les activités industrielles des êtres humains. Un lien de cause à effet que pourtant ne nie pas la «High Court».

M.N

Voir la traduction du jugement sur bafweb :

Pour pouvoir diffuser ce film, (la cour décide que) le Gouvernement doit modifier le guide de diffusion aux enseignants (“Guidance Notes to Teachers”) pour mettre en évidence que : 1/ le film est une oeuvre politique qui ne montre qu’un seul point de vue 2/ si les enseignants présentent le film sans le signaler clairement, ils peuvent se trouver en violation de la section 406 de l’ Education Act 199 et coupables d’ endoctrinement politique. 3/ Onze inexactitudes (“inaccuracies”) doivent être en particulier portées à l’attention des enfants des écoles

Les inexactitudes sont :

* Le film prétend que la fonte des neiges au Mont Kilimandjaro est une preuve du réchauffement climatique. L’expert du Gouvernement a été forcé de reconnaître que cela n’était pas correct.

* Le film suggère que les données des calottes glaciaires prouvent que l’augmentation du CO2 entrainait une hausse des températures sur 650 000 ans. La Cour considère que le film est trompeur: sur cette période l’augmentation du CO2 était en retard de la hausse des températures de 800 à 2000 ans.

* Le film utilise des images à forte teneur émotionnelles de l’ouragan Katrina et suggère que le réchauffement climatique en est la cause. L’expert du Gouvernement a du accepter que cela n’était “pas possible” d’attribuer des évènements uniques en leur genre au réchauffement climatique.

* Le film montre l’assèchement du Lac Tchad et prétend que cela est une conséquence du réchauffement climatique. L’expert du Gouvernement a du accepter que cela n’était pas le cas.

* Le film prétend qu’une étude montre que des ours polaires se sont noyés à cause de la fonte des glaces arctiques. Il s’est révélé que Mr. Gore a mal lu l’étude ; en réalité quatre ours polaires se sont noyés et cela était dû à un orage particulièrement violent.

* Le film annonce que le réchauffement climatique pourraient stopper le Gulf Stream et renvoyer l’Europe à l’Age de glace. Les données fournies par le plaignant montrent que cela est une impossibilité scientifique.

* Le film accuse le réchauffement climatique d’être à l’origine de la disparition d’espèces, dont le blanchiment des récifs coraliens. Le Gouvernement n’a pu trouver de preuves pour corroborer cette affirmation.

* Le film suggère que la calotte de glace du Groenland pourrait fondre et entraîner une hausse alarmante du niveau des mers. Les preuves montrent que le Groenland ne pourrait fondre avant des millénaires.

* Le film suggère que la calotte antarctique est en train de fondre. Les preuves montrent que leur volume augmente.

* Le film suggère que les mers pourraient augmenter de 7 mètres, entrainant le déplacement de millions de personnes. En réalité les preuves montrent que la hausse prévue du niveau des mers est de 40 cm sur les cent prochaines années et qu’il n’y a pas de menace d’un déplacement massif de population.

* Le film prétend que la hausse du niveau des mers a causé l’évacuation de certaines îles du Pacifique en direction de la Nouvelle Zélande. Le Gouvernement n’a pas été en mesure de corroborer cela, et la Cour a noté que cela ressemblait à une fausse affirmation.
Voir aussi:

Gore climate film’s ‘nine [?] errors’
A High Court judge who ruled on whether climate change film, An Inconvenient Truth, could be shown in schools said it contains “nine scientific errors”.
BBC NEWS
11 October 2007

Mr Justice Burton said the government could still send the film to schools – if accompanied by guidance giving the other side of the argument.

He was ruling on an attempt by a Kent school governor to ban the film from secondary schools.

The Oscar-winning film was made by former US Vice-President Al Gore.

The judge said nine statements in the film were not supported by mainstream scientific consensus.

In his final verdict, the judge said the film could be shown as long as updated guidelines were followed.

These say teachers should point out controversial or disputed sections.

Without the guidance, updated after the case was launched, the government would have been breaking the law, the judge said.

The government has sent the film to all secondary schools in England, and the administrations in Wales and Scotland have done the same.

The film won two Oscars.

‘Landmark victory’

Mr Justice Burton told London’s High Court that distributing the film without the guidance to counter its “one-sided” views would breach education laws.

The Department for Children, Schools and Families was not under a duty to forbid the film, provided it was accompanied by the guidance, he said.

“I conclude that the claimant substantially won this case by virtue of my finding that, but for the new guidance note, the film would have been distributed in breach of sections 406 and 407 of the 1996 Education Act”, he said.

The nine errors alleged by the judge included:

# Mr Gore’s assertion that a sea-level rise of up to 20 feet would be caused by melting of ice in either West Antarctica or Greenland “in the near future”. The judge said this was “distinctly alarmist” and it was common ground that if Greenland’s ice melted it would release this amount of water – “but only after, and over, millennia”.

# Mr Gore’s assertion that the disappearance of snow on Mount Kilimanjaro in East Africa was expressly attributable to global warming – the court heard the scientific consensus was that it cannot be established the snow recession is mainly attributable to human-induced climate change.

# Mr Gore’s reference to a new scientific study showing that, for the first time, polar bears had actually drowned “swimming long distances – up to 60 miles – to find the ice”. The judge said: “The only scientific study that either side before me can find is one which indicates that four polar bears have recently been found drowned because of a storm.”

The case was brought by school governor Stewart Dimmock, from Dover, a father of two, who is a member of the New Party.

His lawyers described the ruling as a “landmark victory”.

Mr Dimmock said: “I am elated with today’s result, but still disappointed that the film is able to be shown in schools.

“If it was not for the case brought by myself, our young people would still be being indoctrinated with this political spin.”

The judge awarded Mr Dimmock two-thirds of his estimated legal costs of more than £200,000, against the government.

BBC environment analyst Roger Harrabin said the ruling would be “embarrassing for Mr Gore” but would not affect the government, which said it was happy that the judge did not dismiss the film’s mainstream argument.

But, he added, this controversy could encourage the public to think there was scientific doubt about the facts of climate change.

Children’s Minister Kevin Brennan had earlier said: “It is important to be clear that the central arguments put forward in An Inconvenient Truth, that climate change is mainly caused by man-made emissions of greenhouse gases and will have serious adverse consequences, are supported by the vast weight of scientific opinion.

“Nothing in the judge’s comments today detract from that.”

He had previously said the updated guidance made “it clearer for teachers as to the stated IPCC [Intergovernmental Panel on Climate Change] position on a number of scientific points raised in the film”.

Notes to teachers on the guidance, on the government’s Teachernet website, say: “An Inconvenient Truth is a film that has had a big impact. Its aim is to make the science and the arguments about global warming and climate change and its effects accessible to all audiences. It also presents a powerful case in favour of one particular type of political response to climate change.

“However, in parts of the film, Gore presents evidence and arguments which do not accord with mainstream scientific opinion. This guidance points out, on a scene by scene basis, the areas where further input will be required from teaching staff. This guidance is designed to help teaching staff encourage their pupils to assess the validity and credibility of different information sources and explore different points of view so as to form their own opinions.”

Shadow Environment Secretary Peter Ainsworth said: “This is further evidence of the Government being all over the place on climate change.

“Instead of grabbing the first thing they could think of and then shooting it out to schools, the Government should put together a proper, up to-date, education pack about climate change – based on current evidence.”

Voir également:

Gore’s climate film has scientific errors – judge
David Adam
The Guardian
October 11 2007

Al Gore’s Oscar-winning documentary on global warming, An Inconvenient Truth, was yesterday criticised by a high court judge who highlighted what he said were “nine scientific errors” in the film.

Mr Justice Barton yesterday said that while the film was “broadly accurate” in its presentation of climate change, he identified nine significant errors in the film, some of which, he said, had arisen in “the context of alarmism and exaggeration” to support the former US vice-president’s views on climate change.

The film was broadly welcomed by environmental campaigners and scientists on its release last year, and while they did point out that it contained mistakes, these were relatively small and did not detract from the film’s central message – that global warming was a real problem and humans had the technology to do something about it.

The judge made his remarks when assessing a case brought by Stewart Dimmock, a Kent school governor and a member of a political group, the New party, who is opposed to a government plan to show the film in secondary schools.

The judge ruled that the film can still be shown in schools, as part of a climate change resources pack, but only if it is accompanied by fresh guidance notes to balance Mr Gore’s “one-sided” views. The “apocalyptic vision” presented in the film was not an impartial analysis of the science of climate change, he said.

The judge also said it might be necessary for the Department of Children, Schools and Families to make clear to teachers some of Mr Gore’s views were not supported or promoted by the government, and there was “a view to the contrary”.

He said he had viewed the film and described it as “powerful, dramatically presented and highly professionally produced”, built around the “charismatic presence” of Mr Gore, “whose crusade it now is to persuade the world of the dangers of climate change”.

The mistakes identified mainly deal with the predicted impacts of climate change, and include Mr Gore’s claims that a sea-level rise of up to 20ft would be caused by melting in either west Antarctica or Greenland “in the near future”.

The judge said: “This is distinctly alarmist and part of Mr Gore’s ‘wake-up call’.” He accepted that melting of the ice would release this amount of water – “but only after, and over, millennia.”

Despite his finding of significant errors, Mr Justice Barton said many of the claims made by the film were supported by the weight of scientific evidence and he identified four main hypotheses, each of which is very well supported “by research published in respected, peer-reviewed journals and accords with the latest conclusions of the IPCC [Intergovernmental Panel on Climate Change].”

The nine points: fact or fallacy?

· The film claimed that low-lying inhabited Pacific atolls “are being inundated because of anthropogenic global warming” – but there was no evidence of any evacuation occurring

· It spoke of global warming “shutting down the ocean conveyor” – the process by which the gulf stream is carried over the north Atlantic to western Europe. The judge said that, according to the Intergovernmental Panel on Climate Change, it was “very unlikely” that the conveyor would shut down in the future, though it might slow down

· Mr Gore had also claimed – by ridiculing the opposite view – that two graphs, one plotting a rise in C02 and the other the rise in temperature over a period of 650,000 years, showed “an exact fit”. The judge said although scientists agreed there was a connection, “the two graphs do not establish what Mr Gore asserts”

· Mr Gore said the disappearance of snow on Mt Kilimanjaro was expressly attributable to human-induced climate change. The judge said the consensus was that that could not be established

· The drying up of Lake Chad was used as an example of global warming. The judge said: “It is apparently considered to be more likely to result from … population increase, over-grazing and regional climate variability”

· Mr Gore ascribed Hurricane Katrina to global warming, but there was “insufficient evidence to show that”

· Mr Gore also referred to a study showing that polar bears were being found that had drowned “swimming long distances to find the ice”. The judge said: “The only scientific study that either side before me can find is one which indicates that four polar bears have recently been found drowned because of a storm”

· The film said that coral reefs all over the world were bleaching because of global warming and other factors. The judge said separating the impacts of stresses due to climate change from other stresses, such as over-fishing, and pollution, was difficult

· The film said a sea-level rise of up to 20ft would be caused by melting of either west Antarctica or Greenland in the near future; the judge ruled that this was “distinctly alarmist”.


Tests ADN: Angélisme, quand tu nous tiens II

12 octobre, 2007
 Education sans frontièresDans certains pays, comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire, les deux Congo, le Togo, Madagascar ou les Comores, de 30 % à 80 % des actes d’états civils sont frauduleux. Adrien Gouteyron (sénateur UMP)

30 % à 80 % des actes d’état civil frauduleux dans nombre de pays africains, mariages entre Français et étrangers représentant près de 30 % des mariages transcrits dans notre état-civil, 50% de ces 90 700 mariages célébrés à l’étranger en 2005, 731 % plus de mariages de Français au Maghreb et en Turquie en dix ans, 1 129 ressortissants algériens à épouser un Français en 1994, onze fois plus (12 457) en 2005 … (Eric Zemmour)

Il est clair que devant les durcissements des lois sur l’immigration, les regroupements familiaux sont devenus, avec tous les abus que suggèrent ces chiffres, un véritable moyen de contournement des lois dont n’ont bien sûr cure ceux dont nous relevions dernièrement l’incroyable candeur.

Pourtant, comme le rappelle le président du CRIF, il y a probablement hélas bien plus que de la candeur dans les très douteux amalgames au racisme et à l’antisémitisme dont, à coup de lourdes, fallacieuses et cyniques références à Vichy, ceux-ci nous intoxiquent.

A savoir qu’ils conduisent leurs auteurs à faire eux-mêmes ce qu’ils reprochent à l’amendement incriminé: “banaliser l’inacceptable”…

Je ne signerai pas les pétitions

Richard Prasquier
Le Figaro
Le 11 octobre 2007

Des pétitions contre l’utilisation de l’ADN circulent sur Internet signées par des milliers de noms, parmi lesquels des amis de combats communs qui sont mes modèles dans le domaine professionnel ou moral. Ces pétitions, je ne les signerai pas.

Inscrit à ma naissance en 1945 à Gdansk sous le faux nom de Ryszard Myhalczyk, arrivé enfant en France avec des papiers d’identité empruntés, je sais ce que doit ma famille de Juifs polonais aux failles des méthodes d’identification de l’époque de la guerre : la vie. Mon histoire personnelle m’obligerait-elle à m’opposer à « l’amendement Mariani » ? Je ne le crois pas.

L’un des appels à retirer le texte incriminé se conclut par le risque que cette loi ouvre la porte au « fichage génétique de certaines catégories de la population » et rappelle que « les peuples qui acceptent de rogner leurs principes éthiques s’exposent à banaliser l’inacceptable ». L’allusion à un terrible passé est claire. Mais c’est cette allusion elle-même, et non l’amendement en question, qui conduit à « banaliser l’inacceptable ».

Car la protestation contre l’usage de l’ADN à des fins d’identité joue sur trois types d’amalgames. Le test génétique assimilerait la personne examinée à un délinquant, puisque ces examens sont particulièrement utilisés dans les affaires criminelles.

La détermination génétique conduirait à la détermination et à la discrimination raciale, puisque la génétique a servi dans le passé à la différentiation en races, sans compter que ce test sera proposé le plus souvent à des Africains si souvent qualifiés de « races inférieures ». Enfin, le terme de fichier génétique connote le « fichier juif » de sinistre mémoire. Criminalisation, racisme, antisémitisme, rien ne manque à la panoplie de l’horreur.

Ce n’est pas parce que les procédures d’identification des individus ont facilité les crimes lorsque le gouvernement qui les a institués était un gouvernement criminel que toute procédure d’identification transforme le gouvernement démocratique qui l’institue en régime criminel.

Il fut un temps où l’idée même d’une carte d’identité, d’un repérage par empreintes digitales, voire la photographie d’un visage étaient considérés par certains comme attentatoires aux libertés personnelles. Qui le penserait aujourd’hui ?

Cette loi sur le regroupement familial, d’inspiration humaniste, repose sur des rapports de filiation menacés par l’éventualité de fausses déclarations. Pourquoi alors ne pas utiliser une procédure fiable et sans danger ? Les tests ADN sont en France, plus qu’ailleurs, strictement encadrés par la loi, ce qui ne signifie pas que de nouvelles indications légales soient a priori interdites.

En ce qui concerne l’aspect potentiellement raciste qui participe de façon subliminale à la protestation, la recherche génétique a confirmé l’inanité des divisions et des hiérarchies raciales. L’ADN est une arme contre le racisme.

Quant à l’évocation d’un « fichage » sur le modèle du fichage des juifs, elle relève de ce mécanisme confortable de l’assimilation outrancière qui détruit la réflexion et abolit les distinctions, mécanisme dans lequel prospère une certaine bien-pensance. Tout établissement de fichiers s’effectue dans un cadre juridique étroit et contraignant. Considérer que ce nouveau fichier serait à la base d’une chasse au faciès, voire d’une « première étape vers l’irréparable » nécessite mauvaise foi ou méfiance singulière vis-à-vis de la solidité de nos institutions républicaines.

Certaines précautions complémentaires ont été prises comme la mise des frais à la charge de l’État et la limitation de la recherche à la filiation maternelle. Le développement des tests ADN posera dans notre société de difficiles questions d’eugénisme et de choix parental à analyser sans préjugés, nombrilisme ou imprécations. Ces dernières ne sont pas absentes du débat actuel qu’elles affaiblissent.

L’opinion que j’exprime est personnelle, et dans ce domaine chaque membre du CRIF a évidemment sa liberté. Mais, moi qui garde la honte d’avoir défilé, étudiant, aux cris de « CRS, SS », je me dois de lutter contre les amalgames.