Géostratégie: Pour un néo-impérialisme ou néo-colonialisme humanitaires (Recolonize Africa?)

Abolition_of_slavery_3Le monde entier frappe à la porte de l’Europe, veut y prendre pied au moment où cette dernière macère dans la honte de soi. Pascal Bruckner
Nous ne nous aimons plus, voilà la chose. Comme si l’âme collective de la France, ce mythe nécessaire, était en train de se dissoudre. Jacques Julliard

Au moment où, entre émeutes de banlieue, marées humaines sur les plages des Canaries et tentatives d’infiltration d’ONG terroristes au Mali ou chez nous, la réalité des échecs combinés de la PAF et de la Françafrique éclate un peu plus chaque jour, nos responsables politiques vont-ils enfin se résoudre à dire la vérité à leurs électeurs et mandants ?

Et à reconnaitre que les principales avancées (comme la suppression progressive de l’esclavage) qu’ont pu avoir ces régions, elles le doivent à l’arrivée, malgré bien sûr les motivations souvent douteuses et les actions rarement à la hauteur des principes énoncés, des Occidentaux et partant à la colonisation ?

Et donc à proposer la seule réponse rationnelle (pour le bien de tous, eux comme nous mais en y mettant naturellement les formes) à un échec d’une telle ampleur: la reprise en main de ces territoires, autrement dit, comme le proposait il y a quelques années le conseiller de Tony Blair Robert Cooper, une sorte de… recolonisation humanitaire?

En tout cas, il semble que l’idée soit petit à petit en train de faire son chemin au moins dans les lieux les plus protégés de l’omerta de la bien-pensance et bien-disance politico-médiatique, à savoir la presse de droite comme notamment "Valeurs actuelles" avec ce point de vue de Christine Clerc du début du mois.

Sauf que comme d’habitude elle oublie la principale mesure sans laquelle toute action ne dépassera jamais le stade des belles paroles et des bons sentiments (dont l’actuel squatter de l’Elysée s’est fait une spécialité, mais que bien sûr tout le monde se refuse à proposer au nom de la protection du lobby agricole qui pourtant ne représente plus que 2% de la population active), à savoir l’ouverture de nos frontières aux produits africains et donc l’abandon de la ruineuse PAC !

Encore faudrait-il qu’à l’instar de nos prédécesseurs, nous croyons nous-mêmes… à nos propres valeurs!

On ne les appellera pas des “colons”. Ils en seraient horrifiés. D’ailleurs, ils agissent pour le compte de conseils généraux ou de municipalités en quête de jumelages, ou au nom d’associations, forcément “humanitaires”. C’est toute la différence!

Faut-il recoloniser ?
Christine Clerc
Valeurs Actuelles
le 6 Octobre 2006

Une à une, Hocine Aït Ahmed cueillait les mandarines pourries du bout des doigts et les laissait tomber par terre. « Mandarines socialistes algériennes », prononçait-il avec une moue de dégoût. C’était en 1989. Après des années d’exil doré sur les rives du lac de Genève, l’ancien “chef historique de la Révolution” revenait au pays. Et tout ce qu’il voyait, le long de la route Alger-Oran – les champs en friche, les quartiers transformés en dépôt d’ordures où les gamins couraient pieds nus –, tout lui tirait des larmes de colère. « Mais enfin, lui demandai-je, stupéfaite. C’était comment, avant ? – Avant ? (Il ouvrit les bras) Il y avait des vignobles bordés de rosiers, des vergers, des restaurants avec des fleurs et de la musique. »

« Avant », c’était la colonisation. Il ne faut plus en parler. Ni en Algérie, où l’agriculture continue de végéter malgré des revenus pétroliers de 18 milliards de dollars par an. Ni au Sénégal et en Côte-d’Ivoire, où beaucoup se souviennent encore, avec nostalgie, des années Senghor et Houphoüet-Boigny – quand leur pays était encore dirigé par un ancien ministre français et quand des milliers d’affamés ne s’entassaient pas sur des bateaux pourris pour aller mourir, le ventre gonflé d’eau de mer, sur les plages des Canaries.

L’indépendance, dit-on, n’a pas de prix. Et trop d’horreurs furent commises par les colonisateurs, depuis l’Oradour algérien de 1845 conté par notre nouvelle académicienne Assia Djebar jusqu’à la guerre d’Algérie, en passant par l’enrôlement, dans nos armées, des “indigènes”.

Quarante ans après, cependant, l’Afrique est décimée – autant que par la famine et le sida – par les guerres ethniques, la corruption, les trafics de faux médicaments. Il faut aller à son secours, et pas seulement, comme le réclamaient des milliers de jeunes au président Chirac, dans les rues embourbées de Bab el-Oued, et comme l’a promis, l’autre samedi à Dakar, Nicolas Sarkozy, en accordant des visas aux étudiants et aux artistes. « Ensemble, devait répéter cette semaine à Dakar Ségolène Royal, inventons de nouvelles relations solidaires."

Un nom a été trouvé : le “codéveloppement”. Charles Pasqua le lança dans les années 1990. L’ancien ministre de l’Intérieur voulait ainsi justifier un contrôle renforcé de l’immigration et apaiser la mauvaise conscience : « Aidons ces pays à se développer, arguait-il, et leurs habitants n’auront plus besoin de venir chez nous. » Bien entendu, le codéveloppement exige de l’argent. Au président sénégalais Abdulaye Wade, Sarkozy a promis 2,5 millions d’euros. Ségolène Zapatera, citant l’Espagne qui propose 60 millions, devait surenchérir.

Pour éviter qu’elles ne s’égarent sur des comptes en Suisse, un contrôle de ces sommes devrait être instauré. Il faudrait aussi continuer à envoyer des soldats pour séparer les belligérants, des pompiers et des secouristes pour venir à bout de mortelles pollutions comme celle d’Abidjan, des médecins, des techniciens et des agriculteurs.

On ne les appellera pas des “colons”. Ils en seraient horrifiés. D’ailleurs, ils agissent pour le compte de conseils généraux ou de municipalités en quête de jumelages, ou au nom d’associations, forcément “humanitaires”. C’est toute la différence!

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Une réponse à Géostratégie: Pour un néo-impérialisme ou néo-colonialisme humanitaires (Recolonize Africa?)

  1. […] son Carter noir, l’Europe semble enfin se décider à reprendre en Afrique le rôle plus que nécessaire de gendarme du monde […]

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