Comme des barbares: Attention, une face cachée peut en cacher une autre! (D-Day for French revisionists)

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L’occasion était-elle trop belle ? Après Abou Ghraib et Guantanamo, notre quotidien de la gauche bien pensante, pouvait-il résister à l’aubaine de pouvoir rappeler que… « les beaux GI débarqués en 1944 en France se sont comportés comme des barbares » ?

Petit retour sur la critique d’un documentaire diffusé il y a trois jours sur France 3 au sujet des crimes sexuels commis sur notre propre sol français et européen par nos libérateurs américains lors de la dernière guerre (« La face cachée des libérateurs », adapté par Alain Moreau et Patrick Cabouat de l’ouvrage d’il y a trois ans du criminologue américain J. Robert Lilly).

Où après, comme on vient de le voir, nous avoir mis l’eau à la bouche, Libération nous assène, « 2 500 meurtres (?) et viols commis par les GI’s entre 1942 et 1945 sur le seul sol anglais. » * Omettant au passage et contrairement au film, de nous rappeler qu’il s’agissait probablement de la plus forte concentration de troupes de l’Histoire, à savoir 2 millions (et en fait, pour tout l’Europe, jusqu’à un maximum de 4,5 millions) d’hommes, ce qui doit faire un taux de viols pour le seul exemple de l’Angleterre, de… 0, 4 pour 1 000 par an ? Et le tout en période de guerre avec des ratio d’hommes en armes par rapport aux populations civiles de facteur 3 ou plus à des moments et à des endroits.

A titre de comparaison (que se gardent bien de donner nos médias ou même nos chercheurs !), aux EU dans la population civile en temps de paix, on doit être actuellement à 1,5 contre 2,5 en 1973 – les deux tiers, on le sait, par des familiers de la victime – mais, même s’il faut aussi tenir compte du beaucoup plus fort de taux de non-déclaration alors, il devait probablement y en avoir encore moins dans les années 40 ?

Libération rappelle aussi que « comme par hasard, les coupables sont, en majorité, des Noirs ou des Indiens, pour des raisons bien analysées dans le documentaire », raisons qui se résument – hélas un peu vite – à la seule discrimination des autorités américaines envers leurs soldats noirs, laissant totalement dans l’ombre le racisme des Français eux-mêmes** et l’éventualité d’une réelle sur-agressivité sexuelle des 10% de soldats noirs de l’Armée américaine (en subite possibilité, l’uniforme et l’alcool aidant sans parler du mythe  du moindre racisme des « petites femmes faciles de Paris » transmis par les générations de la Première Guerre?), de réaliser le fantasme longtemps réfréné de… « se faire une Blanche  » ?). Sans compter le fait que, affectés aux tâches de transport, ils étaient restés sur place près d’une année après le départ des troupes d’assaut …

Notre courageux journaliste finit quand même, à l’instar du film, par un pudique « On attend encore les travaux d’historiens sur les exactions en Italie des troupes françaises, et celles de l’Armée rouge », mais se garde mystérieusement de donner les chiffres et estimations que donne pourtant le documentaire lui-même. A savoir, des milliers de viols par les troupes coloniales françaises (Marocains apparemment ***) pendant la campagne d’Italie (voir photos ci-contre du film adapté en 1961 par Vittorio De Sica du roman du même nom d’Alberto Moravia, « La Ciociara » – « Two women » en anglais -, avec Sophia Loren – primée à Cannes et Hollywood – et Jean-Paul Belmondo, où, en 1943, une femme originaire de La Ciociora au sud de Rome subit, avec sa fille de 13 ans et dans l’église où elles s’étaient réfugiées, le viol sauvage et collectif d’un corps de soldats marocains de l’armée coloniale française), puis en Allemagne, d’autres milliers pendant les derniers mois de la guerre et dans leur zone d’occupation (Sénégalais ?), dont près de 1200 pour la seule ville de Stuttgart ? Sans parler des centaines de milliers (millions ?) par les troupes soviétiques en Allemagne ?

Mais il faut dire que la critique de l’Humanité est elle encore plus pudique… puisqu’elle n’en dit tout simplement pas mot ! (voir ci-dessous).

Pourtant Le Monde montre lui que ce minimum d’honnêteté intellectuelle était possible puisqu’il mentionne lesdits chiffres… Même s’il aurait peut-être aussi été utile, ce que le livre (mais pas le film) fait, de rappeler qu’en France le viol n’a été reconnu comme crime qu’en… 1978 ?

Télévision

Docu. Retour sur les crimes et viols commis en Angleterre et en France par des soldats américains, entre 1942 et 1945.

Enragés sous les drapeaux

Sophie ROSTAIN
Libération

vendredi 24 mars 2006

(1) Chez Payot. Aucun éditeur américain n’a voulu de son travail (Libération du 2 juillet 2004).

France 3, 23 h 25. «La Face cachée des libérateurs»,
un documentaire d’Alain Moreau et Patrick Cabouat.

lls sont venus, ils ont vaincu, ils ont violé… Sale nouvelle, les beaux GI débarqués en 1944 en France se sont comportés comme des barbares. La chose est courante en temps de guerre, depuis la nuit des temps, il n’empêche…

Tout commence en 1942, sur le sol britannique où débarquent les premiers soldats américains. Anglais et Américains signent le Visiting Forces Act, qui autorise à «occuper le pays tel un pays conquis». Deux millions de soldats, dont 10 % d’Afro-Américains, vont transiter sur le sol anglais. Des films sont tournés pour l’armée américaine qui précisent quelle attitude les soldats noirs (la ségrégation est alors encore vive aux Etats-Unis) doivent avoir face aux ladies. Seulement voilà, les soldats, beaux, riches, se tiennent mal, comme témoigne Claire Chicoteau, engagée dans les Forces françaises libres : «Ils étaient fiers et arrogants. Ils se vantaient que tout était plus grand et mieux aux Etats-Unis, que l’Angleterre était un pays misérable, pauvre, petit.» Paroles d’enfants mal grandis, peut-être. Seulement voilà, les gamins qui arrosent leurs amies de dollars ont aussi des appétits sexuels. Et là, ça commence à déraper. Selon les travaux de J. Robert Lilly, chercheur en criminologie et auteur de la Face cachée des GI. Les viols commis par des soldats américains pendant la Seconde Guerre mondiale (1), on comptera 2 500 meurtres et viols commis par les GI entre 1942 et 1945 sur le seul sol anglais. Et ce n’est encore rien ! Le 6 juin 1944 a lieu le débarquement en Normandie. Le 14 juin 1944, le premier viol est commis, à quatre kilomètres de Sainte-Mère-l’Eglise. Quelques semaines plus tard, le général Juin écrit à Eisenhower pour que «soit mis un terme à l’insécurité permanente à laquelle sont soumises les populations terrorisées par les troupes américaines». En vain. Un an après, le chiffre est effarant : 3 500 crimes ! Encore ne s’agit-il que des plaintes traitées par les autorités militaires. Des cours martiales sont mises sur pied, composée de militaires blancs. Les jugements se succèdent à un rythme fou, les sanctions tombent : les coupables seront pendus. Comme par hasard, les coupables sont, en majorité, des Noirs ou des Indiens, pour des raisons bien analysées dans le documentaire.

Alain Moreau et Patrick Cabouat ont repris certaines de ces affaires et retrouvé des témoins de l’époque que l’on écoute avec stupeur. Les soldats américains franchissent ensuite la frontière allemande, et là, c’est autre chose : les viols ne sont plus des crimes, à peine des actes illicites. La fin de ce film qui jongle fabuleusement avec les archives, met justement les pendules à l’heure en rappelant que ces comportements sont ceux, partout et toujours, des vainqueurs. On attend encore les travaux d’historiens sur les exactions en Italie des troupes françaises, et celles de l’Armée rouge.

Voir aussi:

Médias télé
L’Humanité
24 mars 2006

La face cachée des libérateurs

France 3, 23 h 25.

Lors de l’entrée en guerre de l’Angleterre, Churchill avait promis du sang et des larmes. Il avait oublié le sperme. Mais l’armée américaine, elle aussi, aura été prise de court. Elle n’avait prévu ni les juges ni les bourreaux pour traiter des viols commis par ses soldats. Il y en aurait eu 2 040 en Angleterre, 3 620 en France et plus de 11 000 en Allemagne. Le viol est tant une arme de guerre qu’un dommage collatéral pour cette armée de libérateurs n’osant s’avouer d’occupation. Le documentaire d’Alain Moreau est accablant. Même si l’on sent que, pris dans un sujet trop vaste, il a voulu tout traiter, au risque de laisser des zones d’ombre. Mais l’éclairage apporté n’en est pas moins salutaire.

S. H.

Il apporte toutefois une conclusion fort pertinente, en rappelant que l’armée allemande a pratiqué le viol à grande échelle dans toute l’Europe, que l’armée soviétique est responsable de plusieurs centaines de milliers de crimes sexuels, que les soldats français ont violé des milliers de femmes au cours de la campagne d’Italie et qu’en Allemagne, pour la seule ville de Stuttgart, des documents attestent l’implication des troupes françaises dans 1 098 viols. Et Alain Moreau d’ajouter : « A quand un ouvrage français à l’image de celui publié par le professeur Lilly ? »

23.25 FRANCE 3
La face cachée des libérateurs

Le Monde du 19.03.06

Patrick Cabouat (Fr3, 2005).
Depuis un demi-siècle, combien de fois a-t-on vu ces images idylliques de la Libération avec l’immanquable illustration sonore d’un des airs les plus « swing » de Glenn Miller : ces Françaises arborant leurs plus belles robes à fleurs pour sauter au cou des GI fraîchement débarqués (voir photo en « une ») ? « Elles disent la vérité, ces images, avertit ce documentaire. Mais pas toute la vérité. » Fin juin 1944, en Normandie, trois semaines seulement après le débarquement, 175 soldats américains étaient déjà accusés de viols. Certains ont été pendus sur-le-champ, aussitôt après leur condamnation par un tribunal militaire.

Ancien éditeur audacieux ( Suicide, mode d’emploi ; P comme Police, etc.), Alain Moreau, aujourd’hui scénariste et documentariste, poursuit une démarche toujours aussi singulière. Comme il avait exploré l’ « histoire tourmentée et cachée » d’Interpol, il avait décrit, dans Fusillés pour l’exemple (réalisé aussi par Patrick Cabouat), la répression aveugle des mutineries dans l’armée française durant la première guerre mondiale. Dans ce dernier cas, il s’était fondé sur les travaux d’historiens qui avaient profondément exploité des archives militaires, dont l’accès avaient été longtemps restreint.

Cette fois, Alain Moreau s’est fondé sur les recherches effectuées par J. Robert Lilly, professeur d’université aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, qui a notamment fouillé, à Washington, les documents des cours martiales de la seconde guerre mondiale, récemment déclassifiés. Ce sociologue et criminologue américain a publié en France le résultat de son étude dans un livre intitulé La Face cachée des GI’s (Payot), mais il n’a pu le faire aux Etats-Unis, où les éditeurs se sont récusés pour cause de guerre en Irak…

Robert Lilly guide ce documentaire aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en France et en Allemagne, pour interroger divers témoins. Selon lui et les archives, 2 500 « viols ou meurtres » ont été imputés aux troupes américaines outre-Manche, où elles étaient stationnées de 1942 à 1944, avant le débarquement. Ces exactions ont augmenté en France : 3 500 en un an. Elles se sont considérablement multipliées outre-Rhin : plus de 11 000. Ce documentaire troublant à plus d’un titre révèle que 84 % des condamnés à mort étaient des Noirs alors qu’ils ne représentaient que 10 % des effectifs. Mais l’une des qualités de ce film est de montrer à quel point la ségrégation et la discrimination raciales étaient encore en vigueur, à l’époque, dans l’armée des « libérateurs ».

Ces chiffres et les faits rapportés sont accablants, d’autant plus que Robert Lilly considère que « seulement 5 % des viols ont donné lieu à des plaintes ». Mais ce film démythificateur souffre, par moments, d’imprécision, quand on se demande s’il est question d’estimations, de plaintes enregistrées ou de condamnations. D’autre part, le commentaire lu par Marie-Christine Barrault est parfois un peu trop insistant. Il apporte toutefois une conclusion fort pertinente, en rappelant que l’armée allemande a pratiqué le viol à grande échelle dans toute l’Europe, que l’armée soviétique est responsable de plusieurs centaines de milliers de crimes sexuels, que les soldats français ont violé des milliers de femmes au cours de la campagne d’Italie et qu’en Allemagne, pour la seule ville de Stuttgart, des documents attestent l’implication des troupes françaises dans 1 098 viols. Et Alain Moreau d’ajouter : « A quand un ouvrage français à l’image de celui publié par le professeur Lilly ? »
Francis Cornu

* Lilly estime à 18 000 le nombre de viols (déclarés) perpétrés par les forces américaines pour l’ensemble de leur campagne européenne entre 1942 et 1945

** Voir ci-dessus l’inscription de la pierre tombale normande, d’un mari assassiné en 1944 par un groupe de noirs pour avoir tenté d’empêcher le viol de sa femme (« Tué par des noirs »)

*** les Italiens inventeront même l’expression « se faire maroquiner » et l’Etat italien se verra obligé de verser des pensions aux victimes …

Note:

In case anyone need proof that, outside of Chomsky or Galloway, the French definitely don’t have a monopoly on rabid antiAmericanism, here’s a little sample from the same school who gave America and the world the legendary « Cambridge four » or « five » (Philby, Burgess, Mac Lean, Blunt, Cairncross), who were probably many more (Liddell, Hollis, Rees, Rothschild, Ashby, Long, Symon , etc) .…
An ethical blank check

British and US mythology about the Second World War ignores our own crimes and legitimizes Anglo-American warmaking

By RICHARD DRAYTON*

(10 May 2005) — IN 1945, as at the end of all wars, the victor powers spun the conflict’s history to serve the interests of their elites. Wartime propaganda thus achieved an extraordinary afterlife. As Vladimir Putin showed yesterday, the Great Patriotic War remains a key political resource in Russia. In Britain and the US, too, a certain idea of the second world war is enthusiastically kept alive and less flattering memories suppressed.

Five years ago, Robert Lilly, a distinguished American sociologist, prepared a book based on military archives. Taken by Force is a study of the rapes committed by American soldiers in Europe between 1942 and 1945. He submitted his manuscript in 2001. But after September 11, its US publisher suppressed it, and it first appeared in 2003 in a French translation.

We know from Anthony Beevor about the sexual violence unleashed by the Red Army, but we prefer not to know about mass rape committed by American and British troops. Lilly suggests a minimum of 10,000 American rapes. Contemporaries described a much wider scale of unpunished sex crime. Time Magazine reported in September 1945: « Our own army and the British army along with ours have done their share of looting and raping … we too are considered an army of rapists. »

The British and American publics share a sunny view of the second world war. The evil of Auschwitz and Dachau, turned inside out, clothes the conflict in a shiny virtue. Movies, popular histories and political speeches frame the war as a symbol of Anglo-American courage, with the Red Army’s central role forgotten. This was, we believe, « a war for democracy ». Americans believe that they fought the war to rescue the world. For apologists of the British Empire, such as Niall Ferguson, the war was an ethical bath where the sins of centuries of conquest, slavery and exploitation were expiated. We are marked forever as « the good guys »and can all happily chant « Two world wars and one world cup. »

All this seems innocent fun, but patriotic myths have sharp edges. The « good war » against Hitler has underwritten 60 years of warmaking. It has become an ethical blank check for British and US power. We claim the right to bomb, to maim, to imprison without trial on the basis of direct and implicit appeals to the war against fascism.

When we fall out with such tyrant friends as Noriega, Milosevic or Saddam we rebrand them as « Hitler ». In the « good war » against them, all bad things become forgettable « collateral damage ». The devastation of civilian targets in Serbia or Iraq, torture at Abu Ghraib and Guantánamo, the war crime of collective punishment in Falluja, fade to oblivion as the « price of democracy ».

Our democratic imperialism prefers to forget that fascism had important Anglo-American roots. Hitler’s dream was inspired, in part, by the British Empire. In eastern Europe, the Nazis hoped to make their America and Australia, where ethnic cleansing and slave labor created a frontier for settlement. In western Europe, they sought their India from which revenues, labor and soldiers might be extracted.

American imperialism in Latin America gave explicit precedents for Germany’s and Japan’s claims of supremacy in their neighbouring regions. The British and Americans were key theorists of eugenics and had made racial segregation respectable. The concentration camp was a British invention, and in Iraq and Afghanistan the British were the first to use air power to repress partisan resistance. The Luftwaffe – in its assault on Guernica, and later London and Coventry – paid homage to Bomber Harris’s terror bombing of the Kurds in the 1920s.

We forget, too, that British and US elites gave aid to the fascists. President Bush’s grandfather, prosecuted for « trading with the enemy » in 1942, was one of many powerful Anglo-Americans who liked Mussolini and Hitler and did what they could to help. Appeasement as a state policy was only the tip of an iceberg of practical aid to these dictatorships. Capital and technology flowed freely, and fascist despots received dignified treatment in Washington and London. Henry Ford made Hitler birthday gifts of 50,000 marks.

We least like to remember that our side also committed war crimes in the 1940s. The destruction of Dresden, a city filled with women, children, the elderly and the wounded, and with no military significance, is only the best known of the atrocities committed by our bombers against civilian populations. We know about the notorious Japanese abuse of prisoners of war, but do not remember the torture and murder of captured Japanese. Edgar Jones, an « embedded » Pacific war correspondent, wrote in 1946: « ‘We shot prisoners in cold blood, wiped out hospitals, strafed lifeboats, killed or mistreated enemy civilians, finished off the enemy wounded, tossed the dying into a hole with the dead, and in the Pacific boiled flesh off enemy skulls to make table ornaments. »

After 1945, we borrowed many fascist methods. Nuremberg only punished a handful of the guilty; most walked free with our help. In 1946, Project Paperclip secretly brought more than 1,000 Nazi scientists to the US. Among their ranks were Kurt Blome, who had tested nerve gas at Auschwitz, and Konrad Schaeffer, who forced salt into victims at Dachau. Other experiments at mind control via drugs and surgery were folded into the CIA’s Project Bluebird. Japan’s Dr Shiro Ishii, who had experimented with prisoners in Manchuria, came to Maryland to advise on bio-weapons. Within a decade of British troops liberating Belsen, they were running their own concentration camps in Kenya to crush the Mau Mau. The Gestapo’s torture techniques were borrowed by the French in Algeria, and then disseminated by the Americans to Latin American dictatorships in the 60s and 70s. We see their extension today in the American camps in Cuba and Diego Garcia.

War has a brutalizing momentum. This is the moral of Taken By Force, which shows how American soldiers became increasingly indiscriminate in their sexual violence and military authorities increasingly lax in its prosecution. Even as we remember the evils of nazism, and the courage of those who defeated it, we should begin to remember the second world war with less self-satisfaction. We might, in particular, learn to distrust those who use it to justify contemporary warmongering.

*Richard Drayton is senior lecturer in history at Cambridge University.
Comments to : shunpike@shunpiking.com

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7 réponses à Comme des barbares: Attention, une face cachée peut en cacher une autre! (D-Day for French revisionists)

  1. [...] de Télérama qui, il y a six mois à peine (dans sa critique d’un documentaire de France 3: “La face cachée des libérateurs”) déblatérait sur la “face noire de la Libération” et la “liste noire” [...]

    J'aime

  2. jcdurbant dit :

    Voir aussi:

    Slate

    Sex was certainly on the liberators’ minds. The book cites military propaganda and press accounts depicting France as “a tremendous brothel inhabited by 40 million hedonists,” as Life magazine put it. (Sample sentences from a French phrase guide in the newspaper Stars and Stripes: “You are very pretty” and “Are your parents at home?”)

    The few scholars who have looked more closely at rape by G.I.’s have attributed its racially skewed prosecution to “the Jim Crow army,” which was happy to depict rape as a problem only among the noncombat support units to which black soldiers were mostly limited. “White soldiers got a pass because of their combat status,” said William I. Hitchcock, author of “The Bitter Road to Freedom” (2008), a history of the liberation of Western Europe from the perspective of often traumatized local civilians. “The Army wasn’t interested in prosecuting a battle-scarred sergeant.” (Among the soldiers hanged for rape and murder was Louis Till, the father of Emmett Till.)

    But her analysis is hardly more flattering to the French, whose often shaky accusations, as she sees them, reflected their own need to project the humiliations of occupation onto a racial “other.” (“We have no more soldiers here, just a few Negroes who terrorize the neighborhood,” one civilian remarked in April 1945.)

    The NYT

    J'aime

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