François Hollande: Chérie, j’ai rétréci le président (After America’s kid president, the incredible shrinking presidency of France’s head of state)

17 avril, 2014
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Face à Poutine, « on sent Obama perdu, désarçonné, désorienté » – See more at: http://droite.tv/eric-zemmour-face-a-poutine-on-sent-obama-perdu-desarconne-desoriente/#sthash.114rMqAY.dpuf
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It was hard to watch President Obama during Tuesday’s State of the Union address and not see a man who has had his coat trimmed and his ambitions adjusted. He touted his accomplishments, as he should have, but in laying out the parameters of his “year of action” he outlined goals that didn’t ask America to dream as much as adjust to the paralysis, abandoning big moves for smaller ones. Republican lawmakers have made clear that they have no desire to work with him and that they have every intention of opposing him, even if that means the legislative branch passes almost no laws. And that’s exactly what they’ve done. In December, Politico put it this way: using “public laws passed” or “bills passed” as the measurement, “the 113th Congress has passed just 58 laws so far, the lowest since 1947.” Charles M. Blow
Les mots saillants du discours d’inauguration de Barack Obama: le mariage homosexuel, le réchauffement climatique, le contrôle des armes personnelles. Autant de projectiles contre la Droite américaine. Mais est-ce vraiment ce que les Américains et le reste du monde attendent du Président des Etats-Unis ? Guy Sorman
Face à Poutine, on sent Obama perdu, désarçonné, désorienté … Eric Zemmour
Franchement, vous imaginez Hollande président de la République ? On rêve ! Laurent Fabius (18 avril 2011)
Dans les banlieues, Hollande a réalisé des scores de dictateur africain. Eric Zemmour
Je suis plutôt favorable à ce qu’il y ait une désignation démocratique. Je ne vois pas pourquoi on sauterait par-dessus en disant: il y a une sorte de plébiscite. Julien Dray
Il est trop tôt pour donner les clés de la désaffection qui s’est traduite par une abstention massive mais l’électorat musulman, que le PS considérait comme captif, ne l’est plus. Les musulmans sont entrés dans le processus démocratique, ils sont inscrits sur des listes, ils votent, s’abstiennent de manière différenciée. De plus, cet électorat est non seulement sensible à la situation sociale mais aussi aux débats moraux qui agitent la société tel celui sur le mariage pour tous. Il ne s’exprime plus par un vote d’adhésion au PS et peut laisser la place à un vote de droite voire, plus rarement, d’extrême droite. Un tabou a sauté. Gilles Kepel
L’épouvantable gestion de la question du «mariage pour tous» a radicalisé un peuple de droite particulièrement déterminé. «La Manif pour tous» a permis que des jonctions se fassent, qu’une génération de cadres émerge… Cela s’est payé dans les urnes aux municipales. (…) La victoire des droites aux municipales est d’ailleurs, quand on regarde bien dans le détail, moins la victoire des appareils politiques de droite que celle d’un peuple de droite radicalisé contre un peuple «de gauche» démobilisé et désaligné… (…) La victoire en 2017, pour la gauche, n’a rien d’acquis… c’est le moins qu’on puisse dire. Evidemment, une présidentielle revêt une dimension d’incarnation… Mais il y a un problème de fond… Il n’est pas acquis que la gauche existe encore dans dix ans. Il y a, en Europe en général et en France en particulier, une question relative au projet politique de la gauche et une question relative à la base sociale dont la social-démocratie comme la gauche radicale doivent être les représentantes… (…) il y a une évidente difficulté à mener ce qu’on appelle le «combat culturel», à le mener sur un projet nouveau… (…) Parler à des gens «d’inversion de courbe du chômage», «d’observatoire des contreparties», de «pactes», de «chartes» etc, est totalement incompréhensible… (…) Il faut revenir aux fondamentaux et s’adresser à tous les citoyens, pas par un prêchi-prêcha moralisateur mais par un discours et un projet politiques clairs, fondé sur les réalités et les rapports de forces du monde actuel, sur une idée d’émancipation et ses applications concrètes, sur la foi en une République qui se refonderait et qui ne serait pas qu’un moulin à prières impuissant etc… Un projet émancipateur, aux conséquences concrètes, une vision du monde, ce sont les ingrédients du sursaut. Gaël Brustier
Pour clore cette séquence, le chef de l’Etat fut confronté à une crise déclenchée par sa vie personnelle, inscrivant dans l’imagination publique la figure d’un homme ailleurs, hors de l’Élysée, oubliant ou quittant le rôle que les Français lui avaient confié. Par un contraste saisissant, la succession de ces tableaux donnait à penser que les attributs de la fonction présidentielle étaient récupérés par le locataire de la place Beauvau. Le choix du nouveau Premier ministre ne faisait donc aucun doute, sauf à risquer la crise de régime. Ainsi, pour l’opinion, l’arrivée de Manuel Valls à Matignon procède de l’esprit des institutions, de la nécessité d’attribuer une fonction délaissée. Voilà pourquoi l’opinion publique ne peut imputer à François Hollande le mérite de ce choix. Voilà la cause de cet écart sans précédent de popularité. C’est au terme des élections municipales de mars 2014 que la passation de pouvoir a eu lieu. Mais c’est la gauche qui a été sanctionnée, provoquant un remaniement dont le seul indicateur de changement est l’accès de Manuel Valls au poste de chef du gouvernement. Aussitôt, pour l’opinion, le Premier ministre est devenu un président de fait. Or, son arrivée a été provoquée par une victoire électorale de la droite et du centre. Ceux qui espèrent une dissolution doivent comprendre que, d’une certaine manière, elle vient d’avoir lieu. Nous sommes entrés en cohabitation. François Hollande dont le titre de président est désormais publiquement disputé, ne restera pas sans réagir. Passé l’état de grâce de son Premier ministre, qu’il serait inutile de contrarier, il cherchera à le replacer à l’intérieur de limites plus étroites. Mais la riposte sera difficile, car l’échec de Valls placerait le président dans une situation catastrophique et accroitrait les chances d’un second tour sans candidat PS en 2017. En revanche, si Valls résiste jusqu’à l’élection présidentielle, c’est qu’il aura profondément changé la donne. Il deviendra alors capable de prétendre à la candidature. Mais, dans ce cas, Valls placerait la droite dans une situation inédite et très inconfortable. Le socialisme de Hollande permet le maintien d’une droite sans imagination, classique et routinière; le social-libéralisme de Valls d’un côté, et le populisme patrimonial de Marine Le Pen de l’autre, nécessitent une droite régénérée et radicalement innovante que le retour des rodomontades anti-européennes ou la défense du social-étatisme n’annoncent pas. Dominique Reynié

Attention: un président qui rétrécit peut en cacher un autre !

A l’heure où face à l’insolence de l’ours russe, celui que ses propres compatriotes ont baptisé "the incredible shrinking president" est plus que jamais aux abonnés absents

Et qu’avec 17% et l’élimination au premier tour en cas de présidentielle, sondage après sondage jouent à "chérie, j’ai rétréci le président", confirmant l’effondrement historique et complètement inédit d’un président français qui avait déjà au départ bénéficié d’une élection littéralement accidentelle (l’implosion en vol et totalement inattendue de DSK) …

Pendant que suite à des élections municipales catastrophiques (où, avec l’aberration du "mariage homosexuel" ou de la théorie du genre, la gauche a même perdu  l’électorat immigré qui l’avait amené au pouvoir il y a deux ans !) et avec 58%, la cote du nouveau premier ministre est encore plus haute que celle du premier ministre de début l’actuel mandat présidentiel  …

Comment ne pas voir, avec le politologue Dominique Reynié, ce que tout le monde sent plus ou moins consciemment …

A savoir que nous sommes effectivement passés à une cohabitation de fait …

Où cette fois, à l’instar de sa vie personnelle, c’est le président lui-même qui n’habite plus la fonction et s’est auto-dissolu  …

Au profit d’un premier ministre dont le modernisme et le volontarisme (la nature ayant horreur du vide) ont fait un président de fait …

Et qui, s’il réussit son pari, menace non seulement dans son propre camp la réélection de celui qui l’a prétendument nommé …

Mais risque aussi de ramener, dans le camp adverse, une droite et une extrême-droite en panne d’idées au rayon des accessoires ?

De Hollande à Valls: une passation de pouvoir?
Dominique Reynié
Huffington Post
16/04/2014

16 avril 2014: le Premier ministre Manuel Valls précise le plan d’économies de 50 milliards d’euros. Son intervention a lieu depuis la présidence de la République. Tout serait-il dit dans cette scène étonnante?

Les instituts de sondages mesurent un écart considérable de popularité entre le président de la République et son Premier ministre. La soudaineté de cet écart -il intervient quelques jours après le remaniement ministériel-, montre que l’élan provoqué par le changement de Premier ministre ne profite pas au Chef de l’Etat qui devrait pourtant être reconnu comme son initiateur.

Je suggère une hypothèse explicative: l’arrivée de Manuel Valls à Matignon a été interprétée par les Français comme une passation de pouvoir entre le président de la République et son Premier ministre.

Il a été maintes fois observé que François Hollande peine à endosser le rôle de président de la République. Ces difficultés sont aussi bien la marque d’une personnalité lucide, mal à l’aise avec la vanité des prétentions à la toute puissance contenues dans la fonction et, plus encore, dans la procédure électorale qui en désigne le titulaire. Cependant, on ne peut s’émanciper ni des codes ni de la mise en scène de soi qu’appellent un tel système et la légende qui le traverse. Le choix d’inscrire son mandat sous le signe d’un "président normal" n’a pas empêché François Hollande d’être élu président mais de le devenir, car ni cette fonction ni cette élection n’ont à voir avec la "normalité".

Depuis le départ de Nicolas Sarkozy, l’annonce d’une présidence normale, jugée à l’aune d’une politique économique inefficace, a été peu à peu interprétée par l’opinion comme un abandon de la fonction présidentielle. Si le choix de Jean-Marc Ayrault pouvait convenir à un "hyper-président", il ne pouvait en revanche apporter la complémentarité nécessaire à François Hollande dont le style est dominé par une forme de retrait en porte-à-faux avec l’esprit de cette élection et une bonhomie aux antipodes de la gravité attendue par une opinion profondément inquiète.

En revanche, depuis 2012, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls n’a jamais manqué une occasion de mettre en scène l’attitude que les Français associent précisément à l’exercice de la fonction présidentielle. Il faut se souvenir de la séquence qui court de la fin de l’année 2013 jusqu’aux débuts de l’année 2014. Elle englobe l’affaire Léonarda, l’affaire Dieudonné, l’échec de l’inversion de la courbe du chômage et l’affaire Julie Gayet. Au cours de cette période, c’est le ministre de l’Intérieur qui semblait prendre en charge la fermeté de l’État -dont l’expulsion de Léonarda Dibrani devenait l’expression- et la lutte pour la défense des valeurs républicaines – en surjouant une mobilisation énergique contre les spectacles de Dieudonné. Dans l’affaire Léonarda, le ministre de l’Intérieur paraissait même contredit par un président indécis et empêtré dans une négociation déroutante.

L’affaire Dieudonné ne semblait accorder aucun rôle à la garde des Sceaux, tandis que son ministère n’était pas moins concerné; le président de la République laissait tout l’espace à son ministre de l’Intérieur. François Hollande fit l’inverse de ce qui était attendu par l’opinion: laisser le ministre s’occuper de l’affaire Léonarda et rappeler pendant l’affaire Dieudonné que la Justice devait avoir son mot à dire. Pour clore cette séquence, le chef de l’Etat fut confronté à une crise déclenchée par sa vie personnelle, inscrivant dans l’imagination publique la figure d’un homme ailleurs, hors de l’Élysée, oubliant ou quittant le rôle que les Français lui avaient confié.

Par un contraste saisissant, la succession de ces tableaux donnait à penser que les attributs de la fonction présidentielle étaient récupérés par le locataire de la place Beauvau. Le choix du nouveau Premier ministre ne faisait donc aucun doute, sauf à risquer la crise de régime. Ainsi, pour l’opinion, l’arrivée de Manuel Valls à Matignon procède de l’esprit des institutions, de la nécessité d’attribuer une fonction délaissée. Voilà pourquoi l’opinion publique ne peut imputer à François Hollande le mérite de ce choix. Voilà la cause de cet écart sans précédent de popularité.

C’est au terme des élections municipales de mars 2014 que la passation de pouvoir a eu lieu. Mais c’est la gauche qui a été sanctionnée, provoquant un remaniement dont le seul indicateur de changement est l’accès de Manuel Valls au poste de chef du gouvernement. Aussitôt, pour l’opinion, le Premier ministre est devenu un président de fait. Or, son arrivée a été provoquée par une victoire électorale de la droite et du centre. Ceux qui espèrent une dissolution doivent comprendre que, d’une certaine manière, elle vient d’avoir lieu. Nous sommes entrés en cohabitation. François Hollande dont le titre de président est désormais publiquement disputé, ne restera pas sans réagir. Passé l’état de grâce de son Premier ministre, qu’il serait inutile de contrarier, il cherchera à le replacer à l’intérieur de limites plus étroites.

Mais la riposte sera difficile, car l’échec de Valls placerait le président dans une situation catastrophique et accroitrait les chances d’un second tour sans candidat PS en 2017. En revanche, si Valls résiste jusqu’à l’élection présidentielle, c’est qu’il aura profondément changé la donne. Il deviendra alors capable de prétendre à la candidature. Mais, dans ce cas, Valls placerait la droite dans une situation inédite et très inconfortable. Le socialisme de Hollande permet le maintien d’une droite sans imagination, classique et routinière; le social-libéralisme de Valls d’un côté, et le populisme patrimonial de Marine Le Pen de l’autre, nécessitent une droite régénérée et radicalement innovante que le retour des rodomontades anti-européennes ou la défense du social-étatisme n’annoncent pas.

Dominique Reynié dirige la Fondapol, Fondation pour l’innovation politique, think tank libéral progressiste et européen.

Voir aussi:

Sondage : Hollande ne serait pas au second tour de la présidentielle
Le Nouvel Observateur avec AFP
16-04-2014

Si la présidentielle avait lieu aujourd’hui, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen seraient les deux finalistes. Comme un air de 21 avril 2002.

Les enquêtes d’opinion n’en finissent pas de donner le président de la République au plus bas. Après le baromètre Ifop/JDD d’il y a trois jours où il ne recueillait que 18% de satisfaits, contre 58% pour son Premier ministre Manuel Valls, un autre sondage OpinionWay pour Le Figaro et LCI publié mercredi 16 avril donne François Hollande troisième de l’élection présidentielle. Si elle devait avoir lieu aujourd’hui, le chef de l’Etat obtiendrait 19% des suffrages, et serait devancé par Nicolas Sarkozy (29%) et Marine Le Pen (25%). Cet hypothétique second tour verrait donc s’affronter le FN et l’UMP, comme lors du 21 avril 2002 où Jean-Marie Le Pen et Jacques Chirac étaient les deux finalistes du premier scrutin.

Au second tour, Nicolas Sarkozy obtiendrait 67%, et Marine Le Pen 33%. Un tiers des sondés n’ont pas exprimé d’intention de vote en cas d’opposition entre le président sortant en 2012 et la présidente du Front national. S’il était au second tour, François Hollande serait écrasé par Nicolas Sarkozy (39% contre 61%) et battrait Marine Le Pen, mais par une marge relativement étroite (54% contre 46%).

17% d’opinions positives pour Hollande

Selon ce sondage, 83% des personnes interrogées se déclarent mécontentes de l’action de François Hollande (9 points de plus qu’il y a un an), et 17% se disent satisfaites.

La lutte contre le chômage est le domaine qui suscite le plus de mécontents (88%). En revanche, la manière dont François Hollande défend les intérêts de la France à l’étranger suscitant le plus d’approbation, tout en ne recueillant que 35% d’avis positifs.

Dans des proportions frôlant ou dépassant les 80%, les personnes interrogées trouvent que François Hollande n’est pas capable de rassembler les Français, n’explique pas bien son action, ne sait pas où il va, ne dit pas la vérité aux Français, n’est pas à l’écoute des préoccupations de l’opinion.

Par ailleurs, une majorité de 57% des Français estiment que la situation du pays "se détériore", 7% seulement jugeant qu’elle "s’améliore".

- Sondage réalisé en ligne du 11 au 13 avril auprès d’un échantillon de 1.023 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas. Marge d’erreur de deux à trois points.

Voir également:
Hollande au plus bas : la gauche a-t-elle déjà perdu 2017 ?
Alexandre Devecchio
Le Figaro
15/04/2014

FIGAROVOX/ANALYSE -Le politologue Gaël Brustier analyse les résultats de l’enquête OpinionWay pour Le Figaro qui prédit la défaite de François Hollande dès le premier tour en 2017. Pour lui, la gauche doit se refonder entièrement pour ne pas mourir.

Gaël Brustier est un politologue membre du PS. Son dernier livre, «La guerre culturelle aura bien lieu» est paru aux éditions Mille et une nuits en 2013.

D’après l’enquête OpinionWay pour Le Figaro et LCI refaisant le match de la présidentielle de 2012, François Hollande serait distancé par Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy et ne passerait pas le cap du premier tour. Que vous inspire ce résultat? Selon vous, ce sondage est-il significatif?

Gaël Brustier: Il ne s’agit que d’un sondage à trois ans d’une élection! C’est une photographie de l’opinion… Mais le quinquennat a, en vérité, fort mal commencé. D’abord, en Europe, les socialistes – «la social-démocratie» – ont une difficulté croissante à donner un sens à l’expérience quotidienne de nos concitoyens. A contrario, les droites – dans leur diversité et à des degrés divers – ont une réelle facilité à expliquer le monde. Elles misent sur l’idéologie du déclin, que chacun interprète à l’aune de sa propre expérience…

Sur le plan économique et social, le choix délibéré de ne pas gagner du temps sur le plan européen en termes de dépense publique a fait du début du mandat un infernal bourbier politique…

Ensuite, l’épouvantable gestion de la question du «mariage pour tous» a radicalisé un peuple de droite particulièrement déterminé. «La Manif pour tous» a permis que des jonctions se fassent, qu’une génération de cadres émerge… Cela s’est payé dans les urnes aux municipales.

On ne gouverne pas innocemment… mais pour le coup les innocents sont au pouvoir! (rires).

La victoire des droites aux municipales est d’ailleurs, quand on regarde bien dans le détail, moins la victoire des appareils politiques de droite que celle d’un peuple de droite radicalisé contre un peuple «de gauche» démobilisé et désaligné…

La gauche a-t-elle déjà perdu la présidentielle de 2017? François Hollande est-il toujours le candidat naturel du PS?

La victoire en 2017, pour la gauche, n’a rien d’acquis… c’est le moins qu’on puisse dire. Evidemment, une présidentielle revêt une dimension d’incarnation… Mais il y a un problème de fond… Il n’est pas acquis que la gauche existe encore dans dix ans. Il y a, en Europe en général et en France en particulier, une question relative au projet politique de la gauche et une question relative à la base sociale dont la social-démocratie comme la gauche radicale doivent être les représentantes… La question de l’incarnation se posera, elle est importante mais, en revanche, la question des personnes est presque secondaire à l’heure actuelle…

Projet, stratégie, base sociale, rien de ces questions n’a aujourd’hui été tiré au clair à gauche… C’est un peu la base de tout… Ce ne sont pas les intelligences qui manquent à gauche, ce ne sont pas les énergies qui manquent dans la société mais il y a une évidente difficulté à mener ce qu’on appelle le «combat culturel», à le mener sur un projet nouveau…

Quelle est la bonne stratégie pour rebondir? La stratégie de Terra Nova, qui préconisait au PS de se tourner vers les jeunes, les diplômés, les femmes et les immigrés, plutôt que vers les classes populaires, est-elle toujours d’actualité?

Une bonne stratégie c’est d’abord un bon projet. Un bon projet, c’est un horizon qui se traduit par des mesures concrètes et la clé de voute de l’édifice c’est une bonne interprétation du monde, qui donne sens à ce que les citoyens vivent au quotidien…

Au cœur de tout, il y a l’activité économique. Agir sur le processus de production, retrouver de la croissance, faire en sorte que cette croissance soit ressentie directement «à la caisse de la supérette», dans la poche de chacun, par un petit mieux-être pour chacune et chacun… C’est important et c’est même essentiel. Parler à des gens «d’inversion de courbe du chômage», «d’observatoire des contreparties», de «pactes», de «chartes» etc, est totalement incompréhensible…

Laissons de coté la note de Terra Nova… Disons les choses simplement. Les électeurs de gauche potentiels c’est tout le monde! Le socialisme tend à se confondre avec l’humanité tout entière, disait, je crois, Léon Blum…qui disait d’ailleurs que le «socialisme est né de la conscience de l’égalité humaine». Mais sans projet et sans vision du monde, le «tout le monde» se transforme vite en «pas grand monde». Il y a des enjeux historiques: la mondialisation et la globalisation, l’intégration européenne, la nécessité de refonder la République, de redéfinir les rapports sociaux… Il faut revenir aux fondamentaux et s’adresser à tous les citoyens, pas par un prêchi-prêcha moralisateur mais par un discours et un projet politiques clairs, fondé sur les réalités et les rapports de forces du monde actuel, sur une idée d’émancipation et ses applications concrètes, sur la foi en une République qui se refonderait et qui ne serait pas qu’un moulin à prières impuissant etc… Un projet émancipateur, aux conséquences concrètes, une vision du monde, ce sont les ingrédients du sursaut…

Voir encore:

Un président qui rétrécit à vue d’oeil
Agnès Gruda
La Presse
03 novembre 2013

(Paris) Comment François Hollande est-il tombé si bas? Deux sondages récents dessinent le portrait d’un président abandonné par les trois quarts de sa population et fracassant des records d’impopularité. Ils s’ajoutent à des sondages antérieurs à peine plus encourageants.

Le dernier baromètre mensuel de la firme BVA est impitoyable. François Hollande y récolte 26% d’opinions favorables, contre 73% d’avis défavorables. C’est le plus bas niveau d’approbation jamais enregistré par cette firme depuis sa création, il y a plus de 30 ans. Et c’est un déclin de six points depuis le coup de sonde précédent.

Autre sondage, même déprime. À peine 23% des Français accordent leur confiance au président Hollande, selon une enquête SOFRES publiée cette semaine.

La cote de popularité du président Hollande n’a cessé de s’effriter depuis son élection, il y a 17 mois. Dès le mois d’août 2012, son taux d’approbation est passé sous les 50%. Pour atteindre des creux inédits, cet automne. Pourquoi?

À court terme, en raison du cas de Leonarda, cette écolière kosovare expulsée de France, en octobre, que le président a invitée à revenir au pays, mais sans sa famille. Avec cette intervention maladroite, François Hollande s’est attiré les foudres de toutes parts. À droite, on l’a trouvé trop mou. À gauche, trop inhumain. Et partout, on lui a reproché cette offre de compromis défiant la raison.

Ce dérapage s’est ajouté à une rentrée politique que la firme BVA qualifie de «calamiteuse». Un automne tout en zigzags, notamment sur des questions fiscales, dont une «écotaxe» qui devait être imposée sur les poids lourds. Et que le gouvernement vient de suspendre, reculant devant la contestation qui gagnait la Bretagne, où cette mesure passe mal.

Ce retrait fait pousser les hauts cris chez les verts, partenaires du gouvernement. Mais n’éteint pas le mouvement de protestation qui appelle maintenant à la suppression de la taxe.

Comme avec l’affaire Leonarda, François Hollande en sort écorché, donnant l’impression d’être à la barre d’un navire qui ne sait plus où il va.

Puis, il y a le nombre record de 3,3 millions de chercheurs d’emploi enregistrés en septembre, chiffre que François Hollande a interprété comme un signe d’essoufflement de la progression du chômage – sans convaincre personne.

Quoi d’autre? Ah oui: la gifle de Barack Obama, alors que le président Hollande était prêt à attaquer le régime syrien et qu’il s’est retrouvé seul au front.

Cette semaine, la libération de quatre otages français détenus au Sahel aurait pu lui donner un répit. Si ce n’était les révélations du quotidien Le Monde sur une rançon d’environ 30 millions qui aurait été versée aux ravisseurs. Il n’y a pas si longtemps, François Hollande jurait que jamais, au grand jamais, il ne donnerait d’argent à des terroristes…

Chômage, ras-le-bol fiscal, isolement sur la question de la Syrie, Leonarda, écotaxe: tous ces facteurs ont contribué à esquinter l’image d’un président qui paraît faible, indécis et inconstant.

Libération lui reproche de se livrer à «un exercice d’équilibrisme permanent déguisé en manière de gouverner». Le Monde évoque une «spirale infernale» et se demande comment François Hollande peut «redevenir le maître d’un échiquier politique dont les pièces semblent chaque jour lui échapper».

Devant cette débandade, la rumeur d’un remaniement ministériel se fait de plus en plus persistante. Une opération de sauvetage qui placerait à la tête du gouvernement le populaire ministre de l’Intérieur Manuel Valls. Qui surpasse tous ses collègues avec une cote d’approbation de… 70%.

Coup de sonde dévastateur

Selon le baromètre politique de la firme BVA:

> Seuls 3% des Français ont une très bonne opinion de François Hollande, et 23% en ont une opinion plutôt bonne. Pour un total de 26% d’opinions favorables.

> L’appui à François Hollande est passé de 61% en mai 2012 à 26% en octobre 2013.

> Le premier ministre Jean-Marc Ayrault ne s’en tire pas mieux avec un taux d’opinions favorables de 25%.

> 74% des Français estiment que la politique menée par François Hollande n’est pas juste.

> 25% croient qu’elle est juste.

> 84% jugent que la politique menée par François Hollande est inefficace.

> 14% disent qu’elle est efficace.

> 70% des Français ont une bonne opinion du ministre de l’Intérieur, Manuel Valls.

> 29% en ont une opinion défavorable.

Voir encore:

Obama rétrécit

Guy Sorman

10 janvier 2013

A Washington, ce jour, Greg Roberts, président de Greater DC Cares , organisation de volontaires , estime avoir fait le plein de ce qui lui sera nécessaire pour gérer les foules qui assisteront à l’ Inauguration de Barack Obama devant le Capitole, le 21 janvier : 25 000 volontaires pour 800 000 spectateurs attendus. Soit deux fois moins qu’il y a quatre ans.

L’ excitation est moindre , admet Greg. Mais des volontaires, aux Etats-Unis , il s’en trouve toujours. Il leur suffit de s’inscrire sur un site web et d’indiquer la section dans laquelle on souhaite intervenir. Chacun aura droit à un Teeshirt. Trés motivant le Teeshirt dit Greg. Ce qui motive les jeunes aussi est l’obligation de faire du volontariat cent heures par an, pour obtenir son baccalauréat ( high school degree). De plus , le 21 janvier sera une fête nationale, Martin Luther King Day, consacrée de tradition à faire acte de volontariat. En faisant coïncider l’Inauguration ( qui se fera légalement le 20 mais en privé) avec cette fête, Obama accroitra mécaniquement son audience.

Un poéte ouvrira la cérémonie, une tradition qui remonte à John Kennedy (Robert Frost en 1960): cette fois-ci, Richard Blanco récitera un texte écrit pour la circonstance. Toute l’oeuvre de Blanco est une méditation sur la complexité d’être à la fois cubain et homosexuel. Un choix d’Obama : Blanco est à sa manière, comme le Président, un métis devenu américain.

Au secours , on a rétréci le Président !

Guy Sorman

22 janvier 2013

Les mots saillants du discours d’inauguration de Barack Obama: le mariage homosexuel, le réchauffement climatique, le contrôle des armes personnelles. Autant de projectiles contre la Droite américaine. Mais est-ce vraiment ce que les Américains et le reste du monde attendent du Président des Etats-Unis ?

Voir par ailleurs:

The Incredible Shrinking President
Two videos distill the meaning of a campaign, and a presidency.
Mark Steyn
National review online
October 26, 2012

‘We’re going to have that person arrested and prosecuted that did the video,” said Hillary Clinton. No, not the person who made the video saying that voting for Barack Obama is like losing your virginity to a really cool guy. I’ll get to that in a moment. But Secretary Clinton was talking about the fellow who made the supposedly Islamophobic video that supposedly set off the sacking of the Benghazi consulate. And, indeed, she did “have that person arrested.” By happy coincidence, his bail hearing has been set for three days after the election, by which time he will have served his purpose. These two videos — the Islamophobic one and the Obamosexual one — bookend the remarkable but wholly deserved collapse of the president’s reelection campaign.

You’ll recall that a near-month-long attempt to blame an obscure YouTube video for the murder of four Americans and the destruction of U.S. sovereign territory climaxed in the vice-presidential debate with Joe Biden’s bald assertion that the administration had been going on the best intelligence it had at the time. By then, it had been confirmed that there never had been any protest against the video, and that the Obama line that Benghazi had been a spontaneous movie review that just got a little out of hand was utterly false. The only remaining question was whether the administration had knowingly lied or was merely innocently stupid. The innocent-stupidity line became harder to maintain this week after Fox News obtained State Department e-mails revealing that shortly after 4 p.m. Eastern, less than a half hour after the assault in Benghazi began, the White House situation room knew the exact nature of it.

We also learned that, in those first moments of the attack, a request for military back-up was made by U.S. staff on the ground but was denied by Washington. It had planes and special forces less than 500 miles away in southern Italy — or about the same distance as Washington to Boston. They could have been there in less than two hours. Yet the commander-in-chief declined to give the order. So Glen Doherty and Tyrone Woods fought all night against overwhelming odds, and died on a rooftop in a benighted jihadist hellhole while Obama retired early to rest up before his big Vegas campaign stop. “Within minutes of the first bullet being fired the White House knew these heroes would be slaughtered if immediate air support was denied,” said Ty Woods’s father, Charles. “In less than an hour, the perimeters could have been secured and American lives could have been saved. After seven hours fighting numerically superior forces, my son’s life was sacrificed because of the White House’s decision.”
Why would Obama and Biden do such a thing? Because to launch a military operation against an al-Qaeda affiliate on the anniversary of 9/11 would have exposed the hollowness of their boast through convention week and the days thereafter — that Osama was dead and al-Qaeda was finished. And so Ty Woods, Glen Doherty, Sean Smith, and Chris Stevens were left to die, and a decision taken to blame an entirely irrelevant video and, as Secretary Clinton threatened, “have that person arrested.” And, in the weeks that followed, the government of the United States lied to its own citizens as thoroughly and energetically as any totalitarian state, complete with the midnight knock on the door from not-so-secret policemen sent to haul the designated fall-guy into custody.

This goes far beyond the instinctive secretiveness to which even democratic governments are prone. The Obama administration created a wholly fictional story line, and devoted its full resources to maintaining it. I understand why Mitt Romney chose not to pursue this line of argument in the final debate. The voters who will determine this election are those who voted for Obama four years ago and this time round either switch to the other fellow or sit on their hands. In electoral terms, it’s probably prudent of Mitt not to rub their faces in their 2008 votes. Nevertheless, when the president and other prominent officials stand by as four Americans die and then abuse their sacrifice as contemptuously as this administration did, decency requires that they be voted out of office as an act of urgent political hygiene.

At the photo-op staged for the returning caskets, Obama et al. seem to have been too focused on their campaign needs to observe even the minimal courtesies. Charles Woods says that at the ceremony Joe Biden strolled over to him and by way of condolence said in a “loud and boisterous” voice, “Did your son always have balls the size of cue balls?” One assumes charitably that the vice president is acknowledging in his own inept and blundering way the remarkable courage of a man called upon to die for his country on some worthless sod halfway across the planet. But the near-parodic locker-room coarseness is grotesque both in its inaptness and in its lack of basic human feeling for a bereaved family forced to grieve in public and as crowd-scene extras to the political bigshot. Just about the only formal responsibility a vice president has is to attend funerals without embarrassing his country. And this preening buffoon of pseudo-blue-collar faux-machismo couldn’t even manage that.

But a funny thing happened over the next six weeks: Obama’s own cue balls shriveled. Biden had offered up a deft campaign slogan encompassing both domestic and foreign policy: “Osama’s dead and General Motors is alive.” But, as the al-Qaeda connections to Benghazi dribbled out leak by leak, the “Osama’s dead” became a problematic boast and, left to stand alone, the General Motors line was even less credible. Avoiding the economy and foreign affairs, Obama fell back on Big Bird, and binders, and bayonets, just to name the “B”s in his bonnet. At the second presidential debate, he name-checked Planned Parenthood, the General Motors of the American abortion industry, half a dozen times, desperate to preserve his so-called gender gap. Yet oddly enough, the more furiously Obama and Biden have waved their binders and talked up Sandra Fluke, the more his supposed lead among women has withered away. So now he needs to enthuse the young, who turned out in such numbers for him last time. Hence, the official campaign video (plagiarized from Vladimir Putin of all people) explaining that voting for Obama is like having sex. The saddest thing about that claim is that, for liberals, it may well be true.

Both videos — the one faking Obamagasm and the one faking a Benghazi pretext — exemplify the wretched shrinkage that befalls those unable to conceive of anything except in the most self-servingly political terms. Both, in different ways, exemplify why Obama and Biden are unfit for office. One video testifies to a horrible murderous lie at the heart of a head of state’s most solemn responsibility, the other to the glib shallow narcissism of a pop-culture presidency, right down to the numbing relentless peer pressure: C’mon, all the cool kids are doing it; why be the last hold-out?

If voting for Obama is like the first time you have sex, it’s very difficult to lose your virginity twice. A flailing, pitiful campaign has now adopted Queen Victoria’s supposed wedding advice to her daughter: “Lie back and think of England.” Lie back and think of America. And then get up and get dressed. Who wants to sleep with a $16 trillion broke loser twice?

Voir encore:

The Incredible Shrinking Presidency

Charles M. Blow

The New York Times

Jan. 29, 2014

It was hard to watch President Obama during Tuesday’s State of the Union address and not see a man who has had his coat trimmed and his ambitions adjusted.

He touted his accomplishments, as he should have, but in laying out the parameters of his “year of action” he outlined goals that didn’t ask America to dream as much as adjust to the paralysis, abandoning big moves for smaller ones.

Republican lawmakers have made clear that they have no desire to work with him and that they have every intention of opposing him, even if that means the legislative branch passes almost no laws. And that’s exactly what they’ve done. In December, Politico put it this way: using “public laws passed” or “bills passed” as the measurement, “the 113th Congress has passed just 58 laws so far, the lowest since 1947.”

What would Martin or Malcolm (or Mandela) have done had they been in Mr. Obama’s shoes? … None of the Big 3 would have squandered five years playing Tiddlywinks with an ‘intractable’ opposition.

So, the president pledged Tuesday that he would work with Congress where he could, but would move forward without Congress if necessary, saying, “Wherever and whenever I can take steps without legislation to expand opportunity for more American families, that’s what I’m going to do.”

His plans were noble enough, and they were poll-friendly — raising the minimum wage, working for universal high-quality pre-K, equal pay for women, a new “MyRA” retirement savings plan — but they are not nearly large enough proposals to solve our most intractable problems.

There was only one line devoted to fixing our “upside-down tax code” for individuals, and that was in reference to the retirement account. Gone were the appeals to get Congress to have the wealthy pay their fair share.

Last year, the president put it this way:

“We can’t ask senior citizens and working families to shoulder the entire burden of deficit reduction while asking nothing more from the wealthiest and the most powerful.”

He continued:

“Most Americans — Democrats, Republicans and independents — understand that we can’t just cut our way to prosperity. They know that broad-based economic growth requires a balanced approach to deficit reduction, with spending cuts and revenue, and with everybody doing their fair share.”

Last year, on the issue of new gun control legislation, the president said:

“It has been two months since Newtown. I know this is not the first time this country has debated how to reduce gun violence. But this time is different. Overwhelming majorities of Americans — Americans who believe in the Second Amendment — have come together around common-sense reform, like background checks that will make it harder for criminals to get their hands on a gun.”

This year, he mentioned gun violence only once, saying:

“Citizenship means standing up for the lives that gun violence steals from us each day.”

The only big proposal that even has a chance this year is comprehensive immigration reform, and its prospects are far from certain.

"And it has been sad to watch a president full of hope and promise be stymied at nearly every turn and have to reframe his objectives."I am…

Last year, the president spoke extensively about passing immigration reform, repeating, “Now is the time to do it. Now is the time to get it done. Now is the time to get it done.” He spoke about stronger border security, a pathway to citizenship and decreasing waiting times for highly skilled immigrants.

This year, he spoke of immigration in a single passage, with no specifics other than to cite this: “Independent economists say immigration reform will grow our economy and shrink our deficits by almost $1 trillion in the next two decades.”

The president seems to have been reduced by the resistance. He seems to be concentrating on what can be done rather than on what should be done. This is a rational reaction, I suppose, to irrational opposition, but nonetheless it’s a sad indictment of our politics.

The president has had failures and missteps, to be sure. Every administration has some. None are perfect. But the idea of grinding government to a halt in opposition to one leader — as Republicans have done — has been an extraordinary and infuriating thing to behold.

And it has been sad to watch a president full of hope and promise be stymied at nearly every turn and have to reframe his objectives.

In an article this week in The New Yorker, Obama attempted to give context to his struggles and place his term in the long sweep of history:

“And I think America was very lucky that Abraham Lincoln was President when he was President. If he hadn’t been, the course of history would be very different. But I also think that, despite being the greatest President, in my mind, in our history, it took another hundred and fifty years before African-Americans had anything approaching formal equality, much less real equality. I think that doesn’t diminish Lincoln’s achievements, but it acknowledges that at the end of the day we’re part of a long-running story. We just try to get our paragraph right.”

The president who was fond of proclaiming that under his leadership, the country was beginning a “new chapter” on everything from diplomacy to climate change, is now just trying to get his paragraph right.

Voir également:

The shrinking President
As Obama sells his signature plan, his second term goes off the rails
New York Daily News
November 3, 2013

Just one year after winning reelection, President Obama has lost control of seemingly everything. His second term is at present a disaster zone, largely of his own making.

The administration’s unbelievably botched rollout of Obamacare has reduced the commander in chief to essentially an ever-more-enthusiastic and partisan pitchman for his health-insurance product.

Meanwhile, on the international scene, the White House has essentially admitted that the National Security Agency tapped the telephone conversations of German Chancellor Angela Merkel and other key allies.

Worse, Obama had no idea what the NSA was up to, the administration has said, while tiresomely spreading blame for the mess on the convenient villain of George W. Bush, under whose watch the listening reportedly began.

The Obamacare fiasco is Obama’s alone, and it threatens to consume the President’s domestic agenda for as far as the eye can see. Republicans are going to town with it, and Democrats are starting to flee. Job creation? Immigration reform? This President is in no position to lead the charge.

After more than three years of work, he invited Americans to enter the brave new world of his massively reconfigured health insurance marketplace through the internet portal of Healthcare.gov. He had no idea what he was doing, nor, apparently, did anyone around him.

It just didn’t work. Prices were misleading; product descriptions were incomplete and opaque. Statewide exchange websites, like New York’s, were clunky and user-hostile.

No wonder, according to recently obtained confidential documents, Day One produced a pitiful six enrollments nationwide and 248 enrollments by the end of day two.

How many have signed up since? The White House hasn’t said, which is both a very bad sign and the reason that Obama keeps promising that the program is so good that the uninsured just have to wait to see it to believe it and make their purchase.

Obama will need to average 39,000 enrollees a day to hit the target of 7 million by March 1. That’s not an arbitrary goal; when creating health insurance pools, there’s strength in numbers — and lethal weakness in the lack thereof.

Still more, following Obama’s regulations, health-insurance companies are cancelling the plans of millions of Americans — despite Obama’s oft-repeated bit of salesmanship, “If you like your plan, you can keep it.”

In Florida, at least 300,000 people are losing their coverage. In New York, it’s 100,000.

Obama now says that this was the design from the start. He claims that he is rescuing health-care consumers from coverage that his law deems substandard by having them buy new insurance through the so-called exchanges that are now unworkable. Many will be hit with higher prices.

On Wednesday in Boston’s Faneuil Hall, Salesman Obama played to the crowd: “The deal is good; the prices are low. . . . and I expect more people will be able to buy conveniently online every single day as we move forward.”

Taking the stage at a campaign-style rally can help defeat an opponent at the ballot box. It will not fix the vexing problems that have made a hash of an exceedingly complex program. That requires a chief executive who actually executes.

Voir encore:

The Incredible Shrinking President

RightinSanFrancisco (Diary) |

Red state

March 13th, 2014

Back in the day Pedro Martinez, the ace Red Sox pitcher, let slip after a losing effort against the Yankees that perhaps they were his Daddy. It seems that within the social strata where male parentage is frequently problematical, the phrase refers to a particular kind of dominance on the street. For the balance of his otherwise brilliant career, every appearance at Yankee Stadium was met by the cheer “Who’s your Daddy? Who’s your Daddy?”

So it is with Barack Obama and Vladimir Putin. The Obama White House and the Clinton State Department believed that a “reset” with Russia – forgetting the 2008 invasion of neighboring Georgia, unilaterally deciding to pull back on missile defense in Poland and the Czech Republic; welcoming the Russians to the meetings of the major international economic powers – would solidify a partnership, to be made “more flexibile” after Obama’s reelection. Enter Syria and Putin’s demonstration that he knew how to play chess while Obama was struggling with checkers. Now the Ukraine. One can only hope that Putin believes it is in Russia’s interest to prevent Iran from obtaining nuclear weapons.

The domestic equivalent began when the Republicans recaptured the House in 2010, but it became painfully bipartisan when Democratic Senate majority leader Harry Reid declared in January that he opposed Obama’s call for European Union and Asia-Pacific free trade agreements – the day after Obama had touted them in his State of the Union address. White rook to queen’s knight 3. Check.

A domestic sequel occured this week when the Senate, despite the 2013 rules change to approve nominations by a simple majority vote, rejected the nomination of Debo Adegbile to head the civil rights division of the Justice Department. In picking the lead defense attorney in the liberal cause celebre case of the killing of a Philadelphia policeman in 1982, Obama and Eric Holder put too many Red State Democrats in the position of voting against the National Fraternal Order of Police which called the nomination “a thumb in the eye of our nation’s law enforcement officers.” White knight to king’s bishop 4. Check.

Things promise to get worse. Despite objections from the deficit hawks the Republicans have decided to make Obamacare the predominant focus of of the 2014 elections. With CBS polls showing the president’s approval rating down to 37% and Obamacare approval at 31%, that seems like a winning strategy – and a good opportunity to test Republican catch-up efforts on big data and social media. Look to a marriage of three data bases supporting Republican phone banks and precinct walkers: the voting records of all House and Senate members; the publicly available individual voter records for swing districts to identify who will likely be voting; and the identities of the millions of voters who have had their insurance cancelled. The Tea Party was a spontaneous uprising in 2010; this time there will be both a major media blitz and a targeted, professional Get Out The Vote effort – as seen in the Vidak and Faulconer elections in California and the Jolly election in Florida.

2015 and 2016 promise to be lonely years at 1600 Pennsylvania Avenue as world leaders bypass Washington to visit Silicon Valley. Over his presidency Obama has not followed the lead of presidents from Reagan to Clinton and Bush to kindle personal relationships which can be called upon during a crisis – not Merkel in Germany; not Cameron in Great Britain; not Abe in Japan; not Harper in Canada; not Xi Jinping in China; not Netanyahu in Israel. With his Senate leader openly challenging him and an increasing likelihood that he will start to need to use his veto pen on legislation that is approved by both houses, he will have plenty of time to work on his golf game.

Hopefully, the nation and the world can hang on until January 2017.

Voir encore:

Nicolas Sarkozy
The incredible shrinking président
His ambitions seem to have shrunk along with his poll ratings. Time to rediscover the original grand vision
The Economist

Sep 9th 2010

By the standards of other European countries, the French pension reform is timid. Mr Sarkozy plans to raise the minimum retirement age from 60 to just 62, in a country where men spend six more years in retirement than the OECD average and where the state pension-fund faces a shortfall of €42 billion ($53 billion) by 2018. A bolder president would have raised the retirement age higher still. Yet, flush with the success of this week’s manif, union leaders are pushing for concessions even to the current modest plan. The palaeolithic Socialists joined in the demonstrations, calling for the legislation to be thrown out and claiming that they would revert to retirement at 60 if they won the presidency in 2012. From his offices in Washington, Dominique Strauss-Kahn, a potential Socialist presidential candidate and presently boss of the IMF, must have blushed as red as the banners on the boulevards of Paris.

Fear of the French street, where all great battles are won or lost, is understandable. Recent history is littered with examples of street protests that have defeated government plans: pension reform in 1995 under Alain Juppé, one of President Jacques Chirac’s prime ministers; a new job contract for the young in 2006 under Dominique de Villepin, another former prime minister. The French are proud of their cradle-to-grave welfare benefits, and do not give them up without a good old theatrical fight. Their recalcitrance led Mr Chirac to conclude that they were too fragile to cope with unpopular change.

That is too pessimistic now. One encouraging trend has been a growing French acceptance of the need to adapt. The euro-zone crisis has focused minds, and even the French—or, at least, those not marching this week—know that they cannot expect Europe’s new austerity to apply to everybody except them. They approve of protest: in one poll this week 70% backed the strikes. That does not, however, mean that they think the government should cave in. The same poll showed 53% thought Mr Sarkozy’s plan to raise the retirement age to 62 was “acceptable”. This is a turnaround from 15 years ago, when a majority wanted the government to back down.

For years the French elected politicians who were happy to sustain the illusion that generous benefits and snug protections were indefinitely affordable by building up the debts they leave to future generations. The fact that they voted for Mr Sarkozy demonstrated that they were hungry for change. But now he seems unwilling to bring change about.

The good news is that Mr Sarkozy says he will not budge on retirement at 62. Yet, no sooner had the demonstrators folded up their banners this week than he announced exceptions to the new rule, for farmers and other hard labourers. This fits a pattern (see article). Even when the president’s popularity was sky-high, he tended to give too much ground in order to secure a headline-grabbing deal. More worrying, his advisers say that, once the pension plan is passed, there are no further big reforms in the diary.

The idea that France is fixed and that there is nothing useful to do for the next 18 months is preposterous. While the German economy is surging ahead, Christine Lagarde, the finance minister, recently cut the forecast for French GDP growth in 2011 from 2.5% to 2%. This will make it harder for the government to curb its deficit as promised, from 8% this year to 6% next; no French government has balanced its budget for over 30 years. The young are shut out of work because excessive rules and costs discourage employers from creating jobs. The heavily immigrant banlieues that encircle French towns are steeped in unemployment, gang violence and rage. The strengths that protected France’s economy from the worst of the recession are turning into weaknesses in the recovery.

Point him in the right direction, someone

At his best, Mr Sarkozy is a thrilling politician; at his worst, a shameless opportunist who bends with the wind. His inconsistencies make it hard to know what he really wants, if he even knows himself. Before the next election there is still time for him to demonstrate the qualities that once made him so beguiling, and to reassert both his reformist streak and his previously open approach towards ethnic minorities and integration. Holding firm on pension reform would be a start.

The current, timid, reactionary Sarkozy may judge that he stands to gain little from further reform. His grander former self would decide that he has little to lose from trying either.

Voir également:


Israël: Des mythes et mensonges qui ont décidément la vie dure (Israel’s worst enemy: Lies and myths)

15 avril, 2014
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There is no such country as Palestine. ‘Palestine’ is a country the Zionists invented. ‘Palestine’ is alien to us. Auni Abdel Hadi (Arab Higher Committee Secretary, 1937)
It is perfectly clear that the Arab nations do not want to solve the Arab refugee problem. They want to keep it an open sore, as an affront against the United Nations, and as a weapon against Israel. Arab leaders don’t give a damn whether the refugees live or die. Alexander Galloway (UNRWA, 1952)
Le peuple palestinien n’existe pas. La création d’un État palestinien n’est qu’un moyen pour continuer la lutte contre l’Etat d’Israël afin de créer l’unité arabe. En réalité, aujourd’hui, il n’y a aucune différence entre les Jordaniens, les Palestiniens, les Syriens et les Libanais. C’est uniquement pour des raisons politiques et tactiques, que nous parlons aujourd’hui de l’existence d’un peuple palestinien, étant donné que les intérêts arabes demandent que nous établissions l’existence d’un peuple palestinien distinct, afin d’opposer le sionisme. Pour des raisons tactiques, la Jordanie qui est un Etat souverain avec des frontières bien définies, ne peut pas présenter de demande sur Haifa et Jaffa, tandis qu’en tant que palestinien, je peux sans aucun doute réclamer Haifa, Jaffa, Beersheba et Jérusalem. Toutefois, le moment où nous réclamerons notre droit sur l’ensemble de la Palestine, nous n’attendrons pas même une minute pour unir la Palestine à la Jordanie.  Zahir Muhsein (membre du comité exécutif du PLO, 1977)
C’est la "Transjordanie" (créée en 1922 par l’empire britannique) qui a occupé et annexé les territoires de Judée et Samarie et Jérusalem-Est lors d’une guerre de conquête en 1947-1948. Elle devint alors la "Jordanie" et les territoires occupés, la "Cisjordanie". Aucun mouvement de libération palestinien ne se leva contre cette occupation, ni contre celle de la bande de Gaza par l’Egypte. La "Palestine" n’était pas encore née. (…) L’existence d’Israël pose le problème du droit de vivre en sujets libre et souverains des nations non musulmanes dans l’aire musulmane. L’extermination des Arméniens, d’abord par l’empire ottoman, puis par le nouvel Etat turc a représenté la première répression d’une population dhimmie en quête d’indépendance nationale. Il n’y a quasiment plus de Juifs aujourd’hui dans le monde arabo-islamique et les chrétiens y sont en voie de disparition. Shmuel Trigano
The state of Israel came into being by the same legitimate process that created the other new states in the region, the consequence of the dismantling of the Ottoman Empire after World War I. Consistent with the traditional practice of victorious states, the Allied powers France and England created Lebanon, Syria, Iraq, and Jordan, and of course Israel, to consolidate and protect their national interests. This legitimate right to rewrite the map may have been badly done and shortsighted––regions containing many different sects and ethnic groups were bad candidates for becoming a nation-state, as the history of Iraq and Lebanon proves, while prime candidates for nationhood like the Kurds were left out. But the right to do so was bestowed by the Allied victory and the Central Powers’ loss, the time-honored wages of starting a war and losing it. Likewise in Europe, the Austro-Hungarian Empire was dismantled, and the new states of Austria, Hungary, Yugoslavia, and Czechoslovakia were created. And arch-aggressor Germany was punished with a substantial loss of territory, leaving some 10 million Germans stranded outside the fatherland. Israel’s title to its country is as legitimate as Jordan’s, Syria’s and Lebanon’s. Bruce Thornton

Les mythes et mensonges sur la Palestine ont décidément la vie dure !

Création illégitime, déplacement forcé des "Palestiniens", "peuple palestinien" …

A l’heure où, en cette nouvelle Pâque(s), un groupe du Hamas semble avoir investi le Mont du Temple en empêchant l’entrée aux visiteurs …

Et où, paralysés par l’impérialisme russe et du secrétaire d’Etat Kerry au New York Times, tout le monde semble s’être donné le mot pour attribuer au seul gouvernement israélien l’évident refus de toute négociation sérieuse de la part de la prétendue Autorité palestinienne …

Pendant qu’entre deux guerres ou attaques terroristes, un petit Etat soumis à la vindicte planétaire et au boycott est en passe de rattraper en PIB per capita nombre de vieux pays européens comme la France …

Remise des pendules  à l’heure de l’éditorialiste américain Bruce Thornton …

Rappelant notamment derrière l’ensemble des mythes et mensonges sur lesquels se fondent nombre de ces analyses anti-israéliennes …

Qu’à l’instar de la plupart des états de la région voire d’Europe, Israël n’est que le produit du démembrement de l’Empire ottoman et donc pas moins légitime que nombre d’états européens eux-mêmes produits de l’effondrement d’un autre empire, celui justement de leurs alliés et partenaires austro-hongrois du camp des vaincus  …

Que, contrairement aux centaines de milliers de juifs expulsés des pays arabes,  les prétendus "réfugiés" palestiniens sont pour une bonne part partis de leur plein gré …

Et que, contrairement au peuple juif multimillénaire,  le prétendu "peuple palestinien" n’existe que depuis 45 ans …

Israel’s Worst Enemy: Lies and Myths
Bruce S. Thornton
FrontPage Magazine
April 8, 2014

The Washington Post reports that some members of Secretary of State John Kerry’s senior staff think it’s time to say “enough” of Kerry’s futile and delusional attempts to broker peace between the Israelis and Arabs and implement the “two-state solution.” That’s a revelation one would think the chief diplomat of the greatest power in history would have experienced decades ago. Since the failed 1993 Oslo Accords, it has been obvious to all except the duplicitous, the ignorant, and the Jew-hater that the Arabs do not want a “Palestinian state living in peace side-by-side with Israel,” something they could have had many times in the past. On the contrary, as they serially prove in word and deed, they want Israel destroyed.

As Caroline Glick documents in her new book The Israeli Solution, the “two-state solution” is a diplomatic chimera for the West, and a tactic for revanchist Arabs who cannot achieve their eliminationist aims by military means. But the “Palestinian state” is merely one of many myths, half-truths, and outright lies that befuddle Western diplomats and leaders, and put the security and possibly the existence of Israel at risk.

First there is the canard that Israel is somehow an illegitimate state, a neo-imperialist outpost that Westerners created to protect their economic and geopolitical interests. In this popular myth, invading Jewish colonists “stole” the land and ethnically cleansed the region of its true possessors, the indigenous “Palestinian people.” This crime was repeated after 1967 Six Day War, when Israel seized the “West Bank,” occupying it as a colonial power and subjecting its inhabitants to a brutally discriminatory regime. The continuing power of this lie can be seen in the frequent comparison of Israel to apartheid South Africa. And this false historical analogy in turn drives the “Boycott, Divest, and Sanctions” movement, which is attempting to make Israel even more of a pariah state in order to duplicate the success of those tactics in dismantling white rule in South Africa.

Every dimension of this narrative is false. The state of Israel came into being by the same legitimate process that created the other new states in the region, the consequence of the dismantling of the Ottoman Empire after World War I. Consistent with the traditional practice of victorious states, the Allied powers France and England created Lebanon, Syria, Iraq, and Jordan, and of course Israel, to consolidate and protect their national interests. This legitimate right to rewrite the map may have been badly done and shortsighted––regions containing many different sects and ethnic groups were bad candidates for becoming a nation-state, as the history of Iraq and Lebanon proves, while prime candidates for nationhood like the Kurds were left out. But the right to do so was bestowed by the Allied victory and the Central Powers’ loss, the time-honored wages of starting a war and losing it. Likewise in Europe, the Austro-Hungarian Empire was dismantled, and the new states of Austria, Hungary, Yugoslavia, and Czechoslovakia were created. And arch-aggressor Germany was punished with a substantial loss of territory, leaving some 10 million Germans stranded outside the fatherland. Israel’s title to its country is as legitimate as Jordan’s, Syria’s and Lebanon’s.

Then there is the melodrama of the “displacement” of the “Palestinians,” who have been condemned to live as stateless “refugees” because of Israel’s aggression. This narrative of course ignores the fact that most of the Arabs fleeing Palestine left voluntarily, the first wave, mainly the Arab elite, beginning in November 1947 with the U.N. vote for partition. At the time it was clear to observers that most of the Arabs chose to flee their supposed ancestral homeland. In September 1948 Time magazine, no friend of Israel, wrote, “There is but little doubt that the most potent of the factors [explaining the Arab flight] were the announcements made over the air by the Arab Higher Committee urging the Arabs to quit.” These were followed in 1948 by 300,000 others, who either were avoiding the conflict, or were induced by the Arab Higher Committee with the promise that after victory they could return and find, as Arab League Secretary-General Azza Pasham said in May 1948, “that all the millions the Jews had spent on land and economic development would be easy booty, for it would be a simple matter to throw Jews into the Mediterranean.” Indeed, the withdrawal of Israelis from Gaza in 2005 confirmed the prediction that failed in 1948. The Gaza greenhouse industry, which American Jewish donors purchased for $14 million and gave to the Palestinian Authority in order to help Gaza’s economy, was instead destroyed by looters.

But from a historical perspective, it is irrelevant how the Arabs became refugees. When in 1922 the Greeks lost their war they fought against the Turks in order to regain their sovereignty over lands their ancestors had lived in for nearly 3000 years, 1.5 million Greeks were transferred out of Turkey in exchange for half a million Turks from Europe. After World War II, 12 million Germans either fled or were driven from Eastern Europe, with at least half a million dying. In both cases, whether justly or not, the wages of starting a war and losing included the displacement of the losers. Yet only in the case of the Palestinian Arabs has this perennial cost of aggression been reversed, and those who prevailed in a war they didn’t start been demonized for the suffering of refugees created by the aggression of their ethnic and religious fellows.

In still another historical anomaly, in no other conflict have refugees failed to be integrated into countries with which they share an ethnic, religious, and cultural identity. Most of the some 800,000 Jews, for example, driven from lands like Egypt and Iraq in which their ancestors had lived for centuries, were welcomed into Israel, which footed the bill for their maintenance and integration into society. The Arab states, on the other hand, kept their brother Arabs and Muslims in squalid camps that have evolved into squalid cities, their keep paid for by the United Nations Relief Works Agency, the only U.N. agency dedicated to only one group of refugees. Thus the international community has enabled the revanchist policy of the Arab states, as Alexander Galloway, head of the UNRWA, said in 1952: “It is perfectly clear that the Arab nations do not want to solve the Arab refugee problem. They want to keep it an open sore, as an affront against the United Nations, and as a weapon against Israel. Arab leaders don’t give a damn whether the refugees live or die.”

This brings us to the chief myth: that there exists a distinct Palestinian “people,” the original possessors of the land who have been unjustly denied a national homeland. In the quotes above notice that no Arab ever refers to these people as “Palestinians,” but as “Arabs,” which is what most of them are, sharing the same religion, language, and culture of their Arab neighbors in Jordan, Lebanon, and Syria. In fact, as Sha’i ben-Tekoa documents in hisbook Phantom Nation, the first U.N. resolution referencing “Palestinians” instead of “Arabs” occurred 3 years after the Six Day War, marking international recognition of a “Palestinian people” and nation as yet another Arab tactic in gaining support in the West by exploiting an idea alien to traditional Islam. Before then “Palestinian” was a geographical designation, more typically applied to Jews. Numerous quotations from Arab leaders reveal not a single reference to a Palestinian people, but numerous one identifying the inhabitants of the geographical entity Palestine as “Arabs.”

For example, in 1937, Arab Higher Committee Secretary Auni Abdel Hadi said, “There is no such country as Palestine. ‘Palestine’ is a country the Zionists invented. ‘Palestine’ is alien to us.” The Christian Arab George Antonius, author of the influential The Arab Awakening, told David Ben-Gurion, “There was no natural barrier between Palestine and Syria and there was no difference between their inhabitants.” Later in his book he defined Syria as including Lebanon, Palestine, and Jordan. In testimony to the U.N. in 1947, the Arab Higher Committee said, “Politically the Arabs of Palestine are not independent in the sense of forming a separate political identity.” Thirty years later Farouk Kaddoumi, then head of the PLO Political Department, toldNewsweek, “Jordanians and Palestinians are considered by the PLO as one people.” After the Six-Day War a member of the Executive Council of the PLO, Zouhair Muhsin, was even more explicit: “There are no differences between Jordanians, Palestinians, Syrians and Lebanese. We are all part of one nation. It is only for political reasons that we carefully underline our Palestinian identity… Yes, the existence of a separate Palestinian identity serves only tactical purposes. The founding of a Palestinian state is a new tool in the continuing battle against Israel.”

Such examples can be multiplied, which makes all the talk of a separate Palestinian “people” deserving of their own nation nothing but propaganda supported by a bogus history that claims the Arabs who came to Palestine in the 7th century A.D as conquerors and occupiers, or later as migrant workers and immigrants, are the “indigenous” inhabitants descended from Biblical peoples like the Canaanites or the shadowy Jebusites––a claim unsupported by any written or archaeological evidence. Meanwhile, of course, abundant evidence exists showing that the Jews have continuously inhabited the region since 1300 B.C. Once more the logic of history is turned on its head, with the descendants of the original inhabitants deemed alien invaders, while the descendants of conquerors and occupiers are sanctified as victims.

Such an inversion is worthy of Orwell’s 1984. Yet these lies and myths––and there are many more–– have shaped and defined the conflict between Israel and the Arabs, and set the parameters of diplomatic solutions. But we should heed the Biblical injunction about the liberating power of truth. And the truth is, for a century fanatics filled with genocidal hatred have violently and viciously attacked a liberal-democratic nation legitimately established in the ancient homeland of its people. Until our diplomacy and foreign relations in the region are predicated on this truth, the “two-state solution” will continue to be a dangerous farce.

Voir aussi:

No, Israel Isn’t About to Turn Into a Theocracy
A misleading New York Times op-ed distorts the entire Israeli political scene
Yair Rosenberg
Tablet magazine
April 11, 2014

Today, the New York Times published an op-ed that attempts to demonstrate that Israel is drifting towards an Orthodox Jewish theocracy. Unfortunately for the paper, the piece instead demonstrates its authors’ profound ignorance of both Israeli domestic politics and Orthodox Judaism. The entire argument of the op-ed, written by the otherwise excellent Iranian scholar Abbas Milani and University of Haifa’s Israel Waismel-Manor, hinges on one key point:

While the Orthodox Jewish parties are currently not part of the government, together with Mr. Bennett’s Jewish Home, a right-wing religious party, they hold about 25 percent of seats in the Knesset. The Orthodox parties aspire to transform Israel into a theocracy.

As will be apparent to anyone with a passing familiarity with Israeli politics or Orthodox Judaism, this claim is demonstrably false. Not all Orthodox Jews are the same, not all Orthodox parties are the same, and not all Orthodox Jews seeks to turn Israel into a theocracy. In fact, many of them vigorously oppose such a move. The authors conveniently combine the ultra-Orthodox parties (currently in opposition) and the Modern Orthodox—or religious Zionist—Jewish Home party (currently in the coalition). Suggesting that these deeply disparate communities are ideologically identical is a dubious step , but it is necessary for the authors’ thesis, because Jewish Home holds 12 Knesset seats, a little less than half of the writers’ purported theocratic bloc. Without Jewish Home working with the ultra-Orthodox to impose Orthodox Jewish law on the masses, the op-ed’s entire scheme falls apart.

How inconvenient, then, that Jewish Home and its leader Naftali Bennett have been working assiduously to weaken the country’s chief rabbinate, and to break the political stranglehold of the ultra-Orthodox over Israel’s religious life. Back in May 2013, Bennett became the first religious affairs minister in Israeli history to order the government to fund non-Orthodox rabbis, not just Orthodox ones. (Until then, Israel had been subsidizing all religious communities except non-Orthodox Jews.) Jewish Home has also backed legislation stripping the powers of conversion and marriage from the ultra-Orthodox chief rabbinate, and giving them instead to local (and typically more liberal) rabbis.

These developments should not be surprising: Bennett is a Modern Orthodox Jew who served in the IDF’s elite Sayeret Matkal unit, made millions in the tech industry, and is married to a non-Orthodox woman. His longtime deputy, and the Jewish Home’s number five seat, is Ayelet Shaked , herself a proud secular Jew. Not exactly the stereotypical bearded fanatics of a theocratic revolution.

But the Times‘s distortion of Israel goes deeper than a simple misunderstanding of a single party. The op-ed fundamentally misapprehends the entire Israeli political scene, which in recent years has turned against religious entanglement in politics. After the 2013 elections, the arguably theocratic ultra-Orthodox parties were kept out of the government coalition, for only the second time in 35 years. Why? Because Jewish Home joined with the secular Yesh Atid party and demanded Netanyahu leave them in opposition. This has enabled the current coalition to pass not only the anti-rabbinate reforms described above, but a law that for the first time drafts the ultra-Orthodox into national service, in an attempt to integrate them into the fabric of the modern state. All of these reforms have been boosted by Modern Orthodox Jewish lawmakers in other parties–like Yesh Atid’s Rabbi Shai Piron (also Israel’s education minister) and Rabbi Dov Lipman , and Hatnua’s Elazar Stern –none of whom support theocracy.

In other words, the idea that the ultra-Orthodox parties would suddenly join forces with their religious Zionist counterparts to impose Jewish law isn’t just risible–it’s exactly the opposite of what has actually been happening.

Now, none of this is news. In fact, the alliance between Israel’s secular population and its modern Orthodox contingent against the ultra-Orthodox–rather than some fantastical pan-Orthodox push towards theocracy–has been well-documented by none other than the New York Times. Just last month, Isabel Kershner wrote about the “culture war between the secular and modern Orthodox Jews and the ultra-Orthodox,” and how it was reflected in the popular push to conscript ultra-Orthodox Jews into the military.

If only the authors of the op-ed–and their fact-checkers–had been reading their own paper.

Voir également:

Are Iran and Israel Trading Places?

ABbbas Milani and Israel Waismel-Manor

The New York Times

April 11, 2014

STANFORD, Calif. — Although the Israeli and Iranian governments have been virtually at war with each other for decades, the two countries have much in common.

Both are home to some of the oldest civilizations on earth, and both are primarily non-Arab states in a mostly Arab region. In the 1950s, David Ben-Gurion’s Israel and Shah Mohammed Reza Pahlavi’s Iran were bastions of secular nationalism; the shah pushed authoritarian modernization, while Ben-Gurion advanced a form of nonreligious Zionism. Only after the 1979 Islamic revolution in Iran did radical Islam all but eclipse this secular brand of politics. It held on for much longer in Israel but is now under threat.

Both Iran and Israel are now entering potentially challenging new stages in their relations with the outside world, and particularly with the United States. Over the last seven years, United Nations Security Council resolutions have imposed sanctions on Iran with the aim of halting its nuclear program. For years, Iran’s former president Mahmoud Ahmadinejad railed against the “Great Satan.” But even if Iran’s supreme leader, Ayatollah Ali Khamenei, is still opposed to reforms, it appears that some officials inside Iran have finally realized that continued intransigence and bellicosity will beget only more sanctions and catastrophic economic consequences.

As the winds of change blow across Iran, secular democrats in Israel have been losing ground to religious and right-wing extremists who feel comfortable openly attacking the United States, Israel’s strongest ally. In recent months, Israel’s defense minister, Moshe Yaalon, called Secretary of State John Kerry “obsessive and messianic,” while Naftali Bennett, Israel’s economy minister, labeled Mr. Kerry a “mouthpiece” for anti-Semitic elements attempting to boycott Israel.

Israel’s secular democrats are growing increasingly worried that Israel’s future may bear an uncomfortable resemblance to Iran’s recent past.

For more than three decades, Iran’s oil wealth has allowed its religious leaders to stay in power. But sanctions have taken a serious economic toll, with devastating effects on the Iranian people. The public, tired of Mr. Ahmadinejad’s bombastic and costly rhetoric, has replaced him with Hassan Rouhani, a pragmatist who has promised to fix the economy and restore relations with the West.

But Mr. Rouhani’s rise is in reality the consequence of a critical cultural and demographic shift in Iran — away from theocracy and confrontation, and toward moderation and pragmatism. Recent tensions between America and Russia have emboldened some of Iran’s radicals, but the government on the whole seems still intent on continuing the nuclear negotiations with the West.

Iran is a land of many paradoxes. The ruling elite is disproportionately made up of aged clerics — all men — while 64 percent of the country’s science and engineering degrees are held by women. In spite of the government’s concentrated efforts to create what some have called gender apartheid in Iran, more and more women are asserting themselves in fields from cinema to publishing to entrepreneurship.

Many prominent intellectuals and artists who three decades ago advocated some form of religious government in Iran are today arguing for popular sovereignty and openly challenging the antiquated arguments of regime stalwarts who claim that concepts of human rights and religious tolerance are Western concoctions and inimical to Islam. More than 60 percent of Iranians are under age 30, and they overwhelmingly believe in individual liberty. It’s no wonder that last month Ayatollah Khamenei told the clerical leadership that what worried him most was a non-Islamic “cultural invasion” of the country.

As moderate Iranians and some of the country’s leaders cautiously shift toward pragmatism and the West, it seems that many Israelis are moving away from these attitudes. In its 66 years, Israel has seen its share of ideological shifts from dovish to hawkish. These were natural fluctuations driven mainly by the country’s security situation and prospects for peace.

But the current shift is being accelerated by religion and demography, and is therefore qualitatively different. While the Orthodox Jewish parties are currently not part of the government, together with Mr. Bennett’s Jewish Home, a right-wing religious party, they hold about 25 percent of seats in the Knesset. The Orthodox parties aspire to transform Israel into a theocracy. And with an average birthrate of 6.5 children per family among Orthodox Jews (compared with 2.6 for the rest of the Jewish population), their dream might not be too far away.

By contrast, Iran has a falling birthrate — a clear indication of growing secularism, and the sort of thing that keeps Ayatollah Khamenei awake at night.

The long-term power of these demographic trends will, in our view, override Iran’s current theocratic intransigence and might eclipse any fleeting victories for liberalism in Israel.

Israel’s shift toward orthodoxy is not merely a religious one. Since the vast majority of Orthodox Jews are also against any agreement with the Palestinians, with each passing day, the chances of reaching a peace deal diminish. Nor is time on the side of those who want to keep seeing a democratic Israel.

If Israel continues the expansion of settlements, and peace talks serve no purpose but the extension of the status quo, the real existential threat to Israel will not be Iran’s nuclear program but rather a surging tide of economic sanctions.

What began a few years ago with individual efforts to get supermarket shoppers in Western countries to boycott Israeli oranges and hummus has turned into an orchestrated international campaign, calling for boycotts, divestment and sanctions against Israeli companies and institutions.

From academic boycotts to calls for divestment on American university campuses to the unwillingness of more and more European financial institutions to invest in or partner with Israeli companies and banks that operate in the West Bank, the “B.D.S.” movement is gaining momentum. Prime Minister Benjamin Netanyahu has recently called B.D.S. advocates “classical anti-Semites in modern garb.”

In the past, Israel could rely on Western nations and especially the United States to halt such initiatives, but as the fabric of Israel’s population changes, and Jewish populations in the West become less religious and less uncritically pro-Israel, the reflex to stand by the Jewish state, regardless of its policies, is weakening.

Moreover, as Western countries shift toward greater respect for human rights, the occupation is perceived as a violation of Western liberal norms. A new generation of American Jews sees a fundamental tension between their own liberal values and many Israeli policies.

This, coupled with the passing of the older generation and a high rate of interfaith marriage among American Jews, means the pro-Israel lobby will no longer be as large or as united as it used to be. While American presidents from Lyndon B. Johnson to Barack Obama have declared that the United States’ commitment to Israel flows from strategic interests and shared values, in a generation or two, interests may be all that’s left.

An opposite shift is occurring in Iran’s diaspora. An estimated five to seven million Iranians live in exile. Their economic, scientific, scholarly and cultural achievements are now well known in the United States thanks to people like the eBay founder Pierre Omidyar. They are increasingly establishing themselves as a powerful force advocating a more democratic Iran and better relations with the United States. Just as a united Jewish diaspora once helped the new state of Israel join the ranks of prosperous, industrialized states, Iran’s diaspora could one day play a similar role for a post-theocratic Iran.

One of Israel’s most popular singers, the Iranian-born Rita Jahanforuz, laments on her recent album, “In this world, I am alone and abandoned, like wild grass in the middle of the desert.”

If Iran’s moderates fail to push the country toward reform, and if secular Israelis can’t halt the country’s drift from democracy to theocracy, both Iranians and Israelis will increasingly find themselves fulfilling her sad prophecy.

Abbas Milani heads the Iranian studies program at Stanford and is co-director of the Iran Democracy Project at the Hoover Institution. Israel Waismel-Manor is a senior lecturer at the University of Haifa and a visiting associate professor of political science at Stanford.

Voir encore:

Israel to Phase Out Religious Exemptions

Isabel Kershner

The NYT

March 12, 2014

Ultra-Orthodox Israelis protest plans to include their community in the military draft, arguing that the study of the Torah is as important to defending Israel as carrying a weapon in the Army.

JERUSALEM — After years of heated public debate and political wrangling, Israel’s Parliament on Wednesday approved landmark legislation that will eventually eliminate exemptions from compulsory military service for many ultra-Orthodox students enrolled in seminaries.

The issue has become a social and political lightning rod in a country where most Jewish 18-year-olds are subjected to compulsory military service for up to three years. Many Israelis, who see conscription as part of a deeper culture war between the secular and modern Orthodox Jews and the ultra-Orthodox, have been demanding a more equitable sharing of the responsibilities of citizenship and voted in last year’s elections on that basis.

Yair Lapid, the leader of the centrist Yesh Atid, one of the parties that promoted the new legislation in the governing coalition, wrote on his Facebook page soon after the vote, “To the 543,458 citizens of Israel who elected Yesh Atid: Today you have passed the equal sharing of the burden.”
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On March 2, hundreds of thousands of ultra-Orthodox brought much of Jerusalem to a standstill with a mass prayer gathering to protest the legislation. Credit Oded Balilty/Associated Press

But the law, approved by 65-to-1, is unlikely to allay the acrimony over ultra-Orthodox recruitment and might even exacerbate tensions. The opposition in the 120-seat Parliament, the Knesset, boycotted the vote in an uproar over what it has called unfair political dealing within the coalition as it moved to pass military service legislation and two other contentious bills this week.

Ultra-Orthodox leaders have reacted with fury and are threatening to roll back the slow, voluntary trend that was already underway in their community toward military and national service. And nongovernmental monitoring groups immediately petitioned Israel’s Supreme Court, seeking to overturn the new law on grounds that it does not go far enough in enforcing the principle of equality.

For one thing, the law includes an adjustment period of three years in which increased service will be encouraged but not mandatory. It also gives the ultra-Orthodox, known as Haredim, or those who fear God, a choice between military service and civilian national service, unlike ordinary recruits, and it allows students at seminaries, or yeshivas, to defer service for several years beyond the age of 18.

“The whole idea that the law promotes equality is not really convincing,” said Prof. Mordechai Kremnitzer, vice president of research at the Israel Democracy Institute, an independent research organization here, and former dean of the law faculty at the Hebrew University of Jerusalem.

By the end of the three-year period, Professor Kremnitzer said, there will be new elections and a new government, possibly including Haredi parties, “and the whole law would become thin air.” Given the delay, he said, “It is questionable whether the Knesset accomplished anything.”

Although the law stops far short of enforcing conscription for all Haredi young men, ultra-Orthodox leaders are outraged over its more symbolic aspects. They argue that Torah study should be a priority in Israel, a country that defines itself as the Jewish state, and that the yeshiva students perform a spiritual duty that is crucial for protecting the country. On March 2 hundreds of thousands of ultra-Orthodox paralyzed much of Jerusalem with a mass prayer gathering to protest the legislation. Tens of thousands of Haredim held a similar gathering in Lower Manhattan on Sunday.

Moshe Gafni of the ultra-Orthodox United Torah Judaism party, said, “Today Israel lost the right to be called a Jewish state,” according to the Ynet Hebrew news site. He said the Haredim “will not forget or forgive” Prime Minister Benjamin Netanyahu and his associates for what he called the affront to the Haredi public and to Torah study.

Until a year ago Mr. Netanyahu and the Haredi parties were political allies. Those parties are not in the current coalition after years of having wielded disproportionate political power as coalition linchpins.

In the streets and at the ballot box, mainstream Israelis have displayed growing resentment over benefits granted for decades to members of the ultra-Orthodox community who chose full-time Torah study. Many Israelis view the enlistment of the ultra-Orthodox minority and its integration into the work force as crucial for the country’s economy and viability. The ultra-Orthodox sector now makes up about 10 percent of the population of 8 million, but favoring large families, it is expanding rapidly.

The law sets modest annual quotas for the drafting of yeshiva students for military or national service and holds open the threat of criminal penalties against those who evade the draft if the quotas are not met voluntarily by mid-2017 — an unlikely possibility that has nonetheless enraged ultra-Orthodox opponents.

The roots of the tensions date to the founding of the state of Israel in 1948. David Ben-Gurion, the first prime minister, granted full-time yeshiva students state financing and exemption from army service to refill the ranks of Torah scholarship decimated in the Holocaust. At the time 400 students were of draftable age. Today there are tens of thousands.

In 2012, Israel’s Supreme Court invalidated a law that formalized exemptions for yeshiva students, ruling that it contradicted the principle of equality. The new legislation will face a similar test, though the court deliberations could proceed for at least a year.

Israel’s parliamentary opposition, led by Isaac Herzog, leader of the Labor Party, was not uniformly against the new law. But the opposition took the unusual measure of boycotting the discussions in the full assembly and the votes on this and two other bills. Opposition members argued that democratic debate had been stifled because the coalition parties made a pact that all their members would vote for all three pieces of legislation. On their own, none of the bills would have garnered a majority.

One of the bills, which passed into law on Tuesday, raises the electoral threshold for political parties from two percent to 3.25 percent — a move that could harm the electoral chances of small parties, including those that represent the politically fragmented Arab minority. Another bill, which passed later Thursday, calls for a national referendum on any withdrawal from sovereign Israeli territory as part of a future peace treaty with Israel’s Arab neighbors.

Voir enfin:

The President’s Foreign Policy Paradox
Walter Russell Mead
Updated March 28, 2014

More than five years into his presidency, Barack Obama still wrestles with the foreign-policy contradiction that has dogged his administration from the beginning: The president has extremely ambitious goals but is unusually parsimonious when it comes to engagement.

Commendably, President Obama is not satisfied with the global status quo and wants a world fundamentally different than the one we live in. He wants a world in which poverty is on the wane, international law is respected, and the U.S., if it must lead, can do so on the cheap, and from behind.

To get to this world, Mr. Obama wants nuclear proliferation stopped, new arms-control agreements ratified, and the eventual abolition of nuclear weapons. He wants a tough global climate treaty that will keep carbon emissions at levels low enough to prevent further global warming. He wants the Arab-Israeli dispute settled and a new relationship with Iran. He wants terrorism to be contained and Afghanistan to be stable when the Americans leave. He wants to reassert U.S. power in the Pacific, and to see China accept the territorial status quo. He wants democracy advanced, human rights protected, poverty reduced, women empowered, and lesbians and gays treated better world-wide.

This is a transformative agenda that would resonate with visionary American presidents like the two Roosevelts and Woodrow Wilson. But while Mr. Obama embraces a powerful and compelling global vision, he also seeks reduced American commitments and engagements overseas. He wants substantial cuts in military spending and wants to reduce America’s profile in Europe and the Middle East.

This is a paradox, but it is understandable. Mr. Obama is channeling the voters. Just as Americans want to eliminate the federal budget deficit without cutting Social Security or Medicare, they want a more peaceful and democratic world with less heavy lifting from the U.S. Who wouldn’t want an easier life in a nicer world?

Unfortunately, it’s hard to transform and democratize the world while saving money and reducing overseas commitments. A world based more on the rule of law and less on the law of the jungle requires an engaged, forward-looking, and, alas, expensive foreign policy. If, for example, you want to put the world on the road to abolishing nuclear weapons, you have to make sure that nonnuclear states like Ukraine don’t have to worry about land-grabs from nuke-wielding neighbors like Russia.

When Ukraine agreed to give up its "legacy" nuclear weapons—missiles and warheads placed on Ukrainian territory when it was part of the Soviet Union—the U.S., U.K. and Russia pledged to protect its territorial integrity. That promise is clearly a dead letter, and it just became much harder to persuade countries that beautifully phrased treaties signed by great powers can replace nuclear weapons as instruments of self-defense.

Even more troubling is the belief that a peaceful world can be painlessly built without political heavy lifting at home or abroad. Two of the five veto-wielding Permanent Members of the U.N. Security Council—China and Russia—are aggressive, undemocratic countries with significant territorial claims against neighbors. They also consider reducing American power and prestige as one of their most important national interests.

The authority and legitimacy that come from U.N. mandates won’t exist where Russian and Chinese interests are engaged, and so the U.S. will have to choose between disengaging on issues like the occupation of Crimea (and future territorial moves by Russia and China) and taking action outside the U.N. system.

Mr. Obama is unintentionally making it harder for himself and future American presidents. His appealing vision of an easy, cheap and beautiful world order helps build expectations that no real world president can achieve. The disillusionment that follows when those expectations aren’t met reinforces the cynicism that makes it hard for all presidents to build public support for national efforts abroad.

Successful American foreign policy not only demands sacrifice and risk, but it also inevitably brings failures and setbacks. The values and interests that Americans care most strongly about can’t be defended without a foreign policy that sometimes taxes our wallets and tests our will. But engagement isn’t guaranteed to make things work out. The world is complicated, foreign policy is hard, and Americans even at our best are neither omniscient nor omnipotent.

The White House is shocked by the Russian campaign against Ukraine and the administration’s inability to predict or counter Vladimir Putin’s moves. Mr. Obama is experiencing what the president in other contexts has called a "teachable moment." Perhaps it will bring about a more sustainable approach to foreign policy. But President Obama created unrealistic expectations for himself in happier times—democracy in the Middle East, destruction of al Qaeda, victory in Afghanistan, greater American popularity abroad, a reset with Russia, pivoting to Asia—all while making deep cuts to defense budgets. This will weigh on him now.

Mr. Obama came into office telling voters what they badly wanted to hear, which was that on foreign policy, they could have it all. No risks to be run, no adversarial great powers to oppose, and no boots on the ground. Now he must tell them that he, and they, were wrong, and he must choose. Does he give up on some of his dreams for improving the world, or does he begin to urge the country to pay a higher price and run greater risks to make the world better and safer?

The truth is that he—and we—will have to do some of both. As a country we are going to be working harder than we wanted in a world that is more frustrating than we hoped.

Mr. Mead is a professor of foreign affairs and humanities at Bard College and editor at large of the American Interest.

President Obama’s foreign policy paradox

Robert Kagan

The WSJ

March 27

Robert Kagan is a senior fellow at the Brookings Institution. He writes a monthly foreign affairs column for The Post.

Whether one likes President Obama’s conduct of foreign policy or not, the common assumption is that the administration is at least giving the American people the foreign policy they want. The majority of Americans have opposed any meaningful U.S. role in Syria, have wanted to lessen U.S. involvement in the Middle East generally, are eager to see the “tide of war” recede and would like to focus on “nation-building at home.” Until now, the president generally has catered to and encouraged this public mood, so one presumes that he has succeeded, if nothing else, in gaining the public’s approval.

Yet, surprisingly, he hasn’t. The president’s approval ratings on foreign policy are dismal. According to the most recent CBS News poll, only 36 percent of Americans approve of the job Obama is doing on foreign policy, while 49 percent disapprove. This was consistent with other polls over the past year. A November poll by the Pew Research Center showed 34 percent approval on foreign policy vs. 56 percent disapproval. The CBS poll showed a higher percentage of Americans approving of Obama’s economic policies (39 percent) and a higher percentage approving his handling of health care (41 percent). Foreign policy is the most unpopular thing Obama is doing right now. And lest one think that foreign policy is never a winner, Bill Clinton’s foreign policy ratings at roughly the same point in his second term were quite good — 57 percent approval; 34 percent disapproval — and Ronald Reagan’s rating was more than 50 percent at a similar point in his presidency. That leaves Obama in the company of George W. Bush — not the first-term Bush whose ratings were consistently high but the second-term Bush mired in the worst phase of the Iraq war.

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Nor are Obama’s numbers on foreign policy simply being dragged down by his overall job approval ratings. The public is capable of drawing distinctions. When George H.W. Bush’s overall approval ratings were tanking in the last year of his presidency, his ratings on economic policy led the downward trend, but his foreign policy ratings stayed above 50 percent. According to the CBS poll, Obama’s overall approval rating is 40 percent, four points higher than his foreign policy rating.

So we return to the paradox: President Obama is supposedly conducting a foreign policy in tune with popular opinion, yet his foreign policy is not popular. What’s the explanation? I await further investigation by pollsters, but until then I offer one hypothesis:

A majority of Americans may not want to intervene in Syria, do anything serious about Iran or care what happens in Afghanistan, Iraq, Egypt or Ukraine. They may prefer a minimalist foreign policy in which the United States no longer plays a leading role in the world and leaves others to deal with their own miserable problems. They may want a more narrowly self-interested American policy. In short, they may want what Obama so far has been giving them. But they’re not proud of it, and they’re not grateful to him for giving them what they want.

For many decades Americans thought of their nation as special. They were the self-proclaimed “leader of the free world,” the “indispensable nation,” the No. 1 superpower. It was a source of pride. Now, pundits and prognosticators are telling them that those days are over, that it is time for the United States to seek more modest goals commensurate with its declining power. And they have a president committed to this task. He has shown little nostalgia for the days of U.S. leadership and at times seems to conceive it as his job to deal with the “reality” of decline.

Perhaps this is what they want from him. But it is not something they will thank him for. To follow a leader to triumph inspires loyalty, gratitude and affection. Following a leader in retreat inspires no such emotions.

Presidents are not always rewarded for doing what the public says it wants. Sometimes they are rewarded for doing just the opposite. Bill Clinton enjoyed higher approval ratings after intervening in Bosnia and Kosovo, even though majorities of Americans had opposed both interventions before he launched them. Who knows what the public might have thought of Obama had he gone through with his planned attack on Syria last August? As Col. Henry Stimson observed, until a president leads, he can’t expect the people to “voluntarily take the initiative in letting him know whether or not they would follow him if he did take the lead.” Obama’s speech in Europe Wednesday shows that he may understand that the time has come to offer leadership. Whether or not he does in his remaining time in office, perhaps his would-be successors can take note.


Révolution numérique: Comment le logiciel dévore le monde (How software is eating the world)

15 avril, 2014
http://colin-verdier.com/wp-content/uploads/2012/11/pacman.pnghttp://colin-verdier.com/wp-content/uploads/2014/04/Development.jpgWe are in the middle of a dramatic and broad technological and economic shift in which software companies are poised to take over large swathes of the economy. More and more major businesses and industries are being run on software and delivered as online services—from movies to agriculture to national defense. Many of the winners are Silicon Valley-style entrepreneurial technology companies that are invading and overturning established industry structures. Over the next 10 years, I expect many more industries to be disrupted by software, with new world-beating Silicon Valley companies doing the disruption in more cases than not. Why is this happening now? Six decades into the computer revolution, four decades since the invention of the microprocessor, and two decades into the rise of the modern Internet, all of the technology required to transform industries through software finally works and can be widely delivered at global scale. Over two billion people now use the broadband Internet, up from perhaps 50 million a decade ago, when I was at Netscape, the company I co-founded. In the next 10 years, I expect at least five billion people worldwide to own smartphones, giving every individual with such a phone instant access to the full power of the Internet, every moment of every day. On the back end, software programming tools and Internet-based services make it easy to launch new global software-powered start-ups in many industries—without the need to invest in new infrastructure and train new employees. (…) With lower start-up costs and a vastly expanded market for online services, the result is a global economy that for the first time will be fully digitally wired—the dream of every cyber-visionary of the early 1990s, finally delivered, a full generation later. Perhaps the single most dramatic example of this phenomenon of software eating a traditional business is the suicide of Borders and corresponding rise of Amazon. In 2001, Borders agreed to hand over its online business to Amazon under the theory that online book sales were non-strategic and unimportant. Today, the world’s largest bookseller, Amazon, is a software company—its core capability is its amazing software engine for selling virtually everything online, no retail stores necessary. On top of that, while Borders was thrashing in the throes of impending bankruptcy, Amazon rearranged its web site to promote its Kindle digital books over physical books for the first time. Now even the books themselves are software. Today’s largest video service by number of subscribers is a software company: Netflix. How Netflix eviscerated Blockbuster is an old story, but now other traditional entertainment providers are facing the same threat. Comcast, Time Warner and others are responding by transforming themselves into software companies with efforts such as TV Everywhere, which liberates content from the physical cable and connects it to smartphones and tablets. Today’s dominant music companies are software companies, too: Apple’s iTunes, Spotify and Pandora. Traditional record labels increasingly exist only to provide those software companies with content. (…) Today’s fastest growing entertainment companies are videogame makers—again, software—with the industry growing to $60 billion from $30 billion five years ago. And the fastest growing major videogame company is Zynga (maker of games including FarmVille), which delivers its games entirely online. (…) Meanwhile, traditional videogame powerhouses like Electronic Arts and Nintendo have seen revenues stagnate and fall. The best new movie production company in many decades, Pixar, was a software company. Disney—Disney!—had to buy Pixar, a software company, to remain relevant in animated movies. Photography, of course, was eaten by software long ago. It’s virtually impossible to buy a mobile phone that doesn’t include a software-powered camera, and photos are uploaded automatically to the Internet for permanent archiving and global sharing. Companies like Shutterfly, Snapfish and Flickr have stepped into Kodak’s place. Today’s largest direct marketing platform is a software company—Google. Now it’s been joined by Groupon, Living Social, Foursquare and others, which are using software to eat the retail marketing industry. (…) Today’s fastest growing telecom company is Skype, a software company that was just bought by Microsoft for $8.5 billion. (…) Meanwhile, the two biggest telecom companies, AT&T and Verizon, have survived by transforming themselves into software companies, partnering with Apple and other smartphone makers. LinkedIn is today’s fastest growing recruiting company. Software is also eating much of the value chain of industries that are widely viewed as primarily existing in the physical world. In today’s cars, software runs the engines, controls safety features, entertains passengers, guides drivers to destinations and connects each car to mobile, satellite and GPS networks. (…) Today’s leading real-world retailer, Wal-Mart, uses software to power its logistics and distribution capabilities, which it has used to crush its competition. Likewise for FedEx, which is best thought of as a software network that happens to have trucks, planes and distribution hubs attached. And the success or failure of airlines today and in the future hinges on their ability to price tickets and optimize routes and yields correctly—with software. Oil and gas companies were early innovators in supercomputing and data visualization and analysis, which are crucial to today’s oil and gas exploration efforts. Agriculture is increasingly powered by software as well, including satellite analysis of soils linked to per-acre seed selection software algorithms. The financial services industry has been visibly transformed by software over the last 30 years. Practically every financial transaction, from someone buying a cup of coffee to someone trading a trillion dollars of credit default derivatives, is done in software. And many of the leading innovators in financial services are software companies, such as Square, which allows anyone to accept credit card payments with a mobile phone, and PayPal, which generated more than $1 billion in revenue in the second quarter of this year, up 31% over the previous year. Health care and education, in my view, are next up for fundamental software-based transformation. (…) Even national defense is increasingly software-based. The modern combat soldier is embedded in a web of software that provides intelligence, communications, logistics and weapons guidance. Software-powered drones launch airstrikes without putting human pilots at risk. Intelligence agencies do large-scale data mining with software to uncover and track potential terrorist plots (…) It’s not an accident that many of the biggest recent technology companies—including Google, Amazon, eBay and more—are American companies. Our combination of great research universities, a pro-risk business culture, deep pools of innovation-seeking equity capital and reliable business and contract law is unprecedented and unparalleled in the world. Still, we face several challenges. (…) many people in the U.S. and around the world lack the education and skills required to participate in the great new companies coming out of the software revolution. This is a tragedy since every company I work with is absolutely starved for talent. Qualified software engineers, managers, marketers and salespeople in Silicon Valley can rack up dozens of high-paying, high-upside job offers any time they want, while national unemployment and underemployment is sky high. This problem is even worse than it looks because many workers in existing industries will be stranded on the wrong side of software-based disruption and may never be able to work in their fields again. There’s no way through this problem other than education, and we have a long way to go. Marc Andreessen
L’ère du pure playing est terminée ; désormais le logiciel va s’immiscer dans tous les secteurs de l’économie, s’hybrider avec le matériel et affecter les positions et les niveaux de marge de tous les acteurs en place. (…) Le logiciel est donc la solution à l’un des plus graves problèmes auxquels sont exposées nos finances publiques : à la clef de ces innovations, il y a des milliards d’euros de réduction des dépenses publiques ; l’administration elle-même n’échappera pas à ce rouleur compresseur : animée de la volonté d’améliorer la qualité du service rendu aux administrés, convaincue du rôle qu’elle peut jouer dans l’amorçage d’un écosystème d’innovation ou simplement contrainte par l’impératif de la réduction des coûts, elle viendra progressivement à la stratégie de government as a platform – et laissera des sociétés logicielles opérer à sa place des services publics sous une forme plus innovante et mieux adaptée aux besoins particuliers des administrés. Il est important de prendre la mesure de ces bouleversements. Aucun secteur ne sera épargné. A toutes les industries, il arrivera ce qui est arrivé à la musique, à la presse, à la publicité et à la vente de détail. Le fait que les autres secteurs ne puissent être exclusivement immatériels ne change rien à l’affaire. Apple et surtout Amazon ne sont déjà pas des pure players. Ces deux entreprises couronnées de succès ont su développer une offre composite, mi-matérielle, mi-logicielle, qui fait jouer à plein, sur un marché essentiellement matériel, le potentiel de disruption du logiciel connecté en réseau. D’où vient ce potentiel de disruption ? Lorsqu’un logiciel s’insère dans la chaîne de valeur, il capte à terme l’essentiel de la marge, pour quatre raisons : parce que le logiciel se positionne littéralement over the top et devient le maillon qui détermine l’allocation des ressources dans la chaîne de valeur ; parce que le logiciel s’insère dans la chaîne de valeur prioritairement au contact du client ou de l’utilisateur, ce qui lui confère un avantage supplémentaire dans la captation de la valeur ; enfin, parce que le logiciel permet de connecter les utilisateurs en réseau et d’incorporer au processus de production leurs traces d’utilisation et contributions. C’est le maillon logiciel qui permet à une chaîne de valeur de faire levier de la multitude et de parvenir aux rendements d’échelle considérables qui font la scalabilité des modèles économiques d’aujourd’hui. (…) Bien sûr, il n’y a là rien de nouveau depuis l’ouvrage fondateur de Clayton Christensen : les grands groupes éprouvent les plus grandes difficultés à anticiper et à s’emparer des innovations de rupture. Mais la France, avec sa tradition colbertiste et la discipline d’exécution de ses champions nationaux, si proches du pouvoir politique, n’est-elle pas la seule (avec la Corée du Sud peut-être) à pouvoir forcer ses grands groupes à se faire violence et à relever les défis d’après la révolution numérique ? Il faut en effet considérer la thèse de Scott D. Anthony : puisqu’une poignée de sociétés logicielles, devenues des géants, ont pris une avance impossible à rattraper, l’innovation de rupture doit maintenant retrouver sa place dans les stratégies des grands groupes, seuls à pouvoir mobiliser suffisamment de ressources dans de courts délais pour forcer des disruptions sur leurs marchés… plutôt que d’être dévorés par un logiciel développé par d’autres ! Nos sociétés logicielles (Dassault Systèmes, Atos, CapGemini…) affirmeront avec force que, bien sûr, elles s’efforcent de mieux se positionner dans la chaîne de valeur. Mais les problèmes sont systémiques. Il y a maintes raisons à cette incapacité de sociétés françaises à s’imposer sur des marchés logiciels globaux. Par exemple, pour innover en rupture dans les grands groupes comme pour les startups, il faut des investissements considérables, réalisés dans des délais très courts. C’est ce genre d’efforts que font les géants du logiciel aux Etats-Unis pour acquérir et consolider leurs positions : Facebook a investi depuis sa création près de 1,5 milliard de dollars, sans avoir prouvé sa capacité à générer des revenus à hauteur de son cours d’introduction en bourse. Palantir, société fondée par Peter Thiel, a levé, depuis sa création en 2004, 301 millions de dollars sans encore avoir stabilisé son modèle économique. C’est la finalité du venture capital que de mobiliser de telles sommes en dehors des grandes organisations pour aider des entreprises innovantes à prendre des positions stratégiques sur d’immenses marchés qu’elles contribuent à transformer voire à créer, avant même de prouver leur profitabilité. (…) Pour faire émerger des champions logiciels, il ne faut pas seulement du venture capital, il faut aussi un environnement juridique favorable à l’émergence d’applications innovantes, qui sont les plateformes logicielles mondiales de demain. Même si la disruption vient d’un grand groupe, ce dernier est souvent aiguillonné par une startup (laquelle est alors rachetée par le second mover), comme le montre l’exemple d’AT&T et de Twilio. Or de nombreux indices nous suggèrent que la France entrave l’essor de l’innovation logicielle : confusion entre recherche et développement et innovation ; obsession du brevet et de la propriété intellectuelle ; frilosité des grands groupes (voyez le parcours du combattant de Capitaine Train pour mettre en place son application de réservation de billets de train) ; captation des compétences informatiques, par ailleurs dévalorisées, par les SSII ; fonctionnement du marché du travail et des assurances sociales inadapté aux cycles courts d’innovation ; multiplication des obstacles juridiques au référencement des contenus ou à l’exploitation des données (dans l’éducation, dans la santé et peut-être bientôt dans les médias) ; fiscalité défavorable au venture capital ; multiples réglementations sectorielles constituant des barrières à l’entrée infranchissables pour les nouveaux acteurs, par ailleurs sous-financés. Tout cela mis ensemble forme un écosystème hostile à l’innovation : les innovateurs français doivent surmonter plus d’obstacles que leurs concurrents étrangers, et les venture capitalists préfèrent parier sur ces derniers plutôt que sur nos startups françaises. Qui, dans ces conditions, prendra les positions dominantes sur les marchés logiciels globaux de demain ? Les Microsoft, Apple, Google et Amazon de la santé, de l’éducation, de l’automobile seront-ils français ou américains ? La deuxième série de conséquences est d’ordre fiscal. Ce n’est pas ici le lieu pour s’étendre sur ce sujet, mais il est facile de comprendre que si la partie logicielle des activités dans tous les secteurs est opérée par des sociétés étrangères, alors l’impôt sur les sociétés et la TVA (jusqu’en 2019 sur les prestations de service immatériel) sur ces activités, qui captent l’essentiel de la marge, seront payés à l’étranger plutôt qu’en France. Comme le secteur financier, le secteur logiciel, parce que ses actifs et ses prestations sont immatériels, se prête tout particulièrement à l’optimisation fiscale. Dans la bataille pour la localisation des bases fiscales, mieux vaut favoriser l’émergence en France d’acteurs dominants sur les marchés logiciels globaux plutôt que de laisser les marges de toutes les chaînes de valeur dans tous les secteurs, y compris ceux dans lesquels nous sommes aujourd’hui les plus forts (voyez Veolia, Renault ou nos géants de la grande distribution), s’échapper dans les comptes de sociétés étrangères à la suite de disruptions logicielles et d’une restructuration en profondeur de la chaîne de valeur. Nicolas Colin

Netscape, Google, Apple, Microsoft, Amazon, Facebook, Twitter, iTunes, Spotify, Pandora, Neflix, Twilio, Zynga, Shutterfly, Snapfish, Flickr, ebay, Paypal, AdWords, Kindle, TripAdvisor, Expedia, Booking.com, AirNnB, Waze, GPS, Amadeus, Groupon, Linkedin, Skype, Foursquare, Pixar …

Alors qu’au pays aux éternels trois millions de chômeurs, un jeune entrepreneur  et l’organe de presse qui publiait sa tribune libre se voient assigner en justice pour avoir osé remettre en question les méthodes anticoncurrentielles d’une compagnie de taxis …

Et qu’une simple pub pour une berline hybride américaine moquant gentiment la patrie des 35 h tourne quasiment à l’incident diplomatique …

Pendant que, sur fond d’exil fiscal à la fois extérieur et intérieur,  toutes nos industries sont peu à peu happées (et nous-mêmes fichés mieux que ne le ferait la NSA elle-même !)  par la numérisation du pop store et du airbnb

Et que sur la seule force de son innovation technologique un petit pays comme Israël a quasiment rattrapé, en PIB par capita,  un pays comme la France …

Retour, avec ledit entrepreneur Nicolas Colin, sur la révolution numérique, fameusement décrite par l’un de ses plus grands chantres, Marc Andriessen, co-créateur du premier moteur de recherche Mosaic, comme une dévoration …

Et une dévoration largement américaine …

Le logiciel dévore le monde… depuis les États-Unis
Nicolas Colin
L’age de la multittude
4 novembre 2012

Marc Andreessen, concepteur du premier navigateur graphique, Mosaic, et désormais l’un des plus influents venture capitalists du marché, a pour habitude de déclarer que « le logiciel dévore le monde ». Il a explicité sa formule dans un article paru l’année dernière dans le Wall Street Journal : l’ère du pure playing est terminée ; désormais le logiciel va s’immiscer dans tous les secteurs de l’économie, s’hybrider avec le matériel et affecter les positions et les niveaux de marge de tous les acteurs en place.

Apple, Google et Amazon sont exemplaires des disruptions que le logiciel inflige à différents secteurs de l’économie. Avec l’iPod et iTunes, Apple a imposé un nouveau modèle économique à l’industrie de la musique. Avec son moteur de recherche et la régie AdWords, Google a capté une part croissante des recettes publicitaires en ligne et généralisé la mesure de la performance dans ce secteur, bouleversant au passage les modèles économiques de tous les acteurs qui dépendent de la publicité, notamment les médias. Amazon a déployé une infrastructure globale et ouverte pour la vente en ligne et, en raccourcissant sans cesse ses délais de livraison, s’apprête à s’attaquer aux positions des géants de la grande distribution. Wal-Mart l’a bien compris et a décidé de prendre les devants en cessant de vendre les terminaux Kindle, suggérant une guerre à venir entre le géant de la grande distribution et celui de la vente en ligne. Le vainqueur, heureusement ou malheureusement, est connu d’avance – après tout, Wal-Mart a, à l’époque, lui-même provoqué la faillite de la plupart de ses concurrents dans la distribution alimentaire aux Etats-Unis.

Le logiciel a donc d’ores et déjà transformé quatre grands secteurs de l’économie : les industries culturelles, la publicité, les médias et la vente de détail. Mais, comme nous le rappelle Marc Andreessen, il ne va pas s’arrêter là. Toutes les industries sont concernées par la voracité du logiciel, y compris celles dont la composante matérielle est irréductible :

le marché du tourisme est depuis longtemps transformé par le logiciel. Nous connaissons les TripAdvisor, Expedia et autres Booking.com, sans lesquels nous ne saurions plus planifier nos voyages ni réserver de billets d’avions ou de chambres d’hôtels. Nous connaissons moins les plateformes de gestion de réservations telles qu’Amadeus, qui forment l’infrastructure logicielle mondiale du marché du transport aérien. Et le tourisme n’a pas fini d’être bouleversé par le logiciel : par exemple, HipMunk ou Capitaine Train le bouleversent par le design, ou encore la déferlante AirBnB agrandit considérablement le marché en mettant les hôtels en concurrence avec les particuliers qui louent leurs chambres inoccupées ; les transports sont l’une des autres transformations en cours. A l’aide d’une application simple et séduisante, la société Uber, succès quasi-instantané, prépare une rude concurrence aux sociétés de taxi en imposant une disponibilité et une qualité de service jusqu’ici réservée aux clients des chauffeurs de maître. Waze, GPS collaboratif, propose d’optimiser les trajets en ville en s’appuyant exclusivement sur les données d’utilisation de la communauté, y compris pour dessiner les fonds de cartes. La Google Car montre la voie aux constructeurs automobiles pour la mise au point des futures voitures sans chauffeur. Et, comme nous le suggère Rob Coneybeer, une multitude de voitures sans chauffeur, mises bout à bout et circulant sur des voies réservées, forment une solution de transport collectif bien plus efficiente que le train ; les infrastructures urbaines font l’objet d’un considérable effort de disruption de la part d’IBM, qui réorganise progressivement son offre de services autour de la thématique des smart cities – jusqu’à supplanter les Veolia ou GDF-Suez dans le redéploiement du réseau de gestion de l’eau sur l’île de Malte. Dans son sillage, de nombreuses startups inventent les objets connectés qui vont nous aider à mieux suivre et maîtriser notre consommation d’énergie, notre consommation d’eau, notre gestion des déchets, etc. Les smart grids propulsés par des innovations logicielles vont donc progressivement révolutionner la production et la consommation d’énergie. Comme nous l’explique Tim Wu dans The New Republic, ces smart grids, formés par une multitude d’objets connectés, vont devenir l’infrastructure distribuée de la production d’énergie de demain, une infrastructure plus résiliente que nos réseaux actuels, qui n’aurait probablement pas fait défaut après le passage de l’ouragan Sandy ; les banques sont saisies depuis longtemps par le logiciel, mais elles se sont protégées jusqu’ici de toute disruption par des efforts de lobbying fondés sur la sensibilité des données qu’elles manipulent et le caractère essentiel de leur activité pour les économies nationales. Malgré tout, le secteur bancaire n’en a plus pour longtemps : le prêt entre particuliers s’attaque aux positions des banques sur le marché du crédit ; le crowdfunding vient pallier aux déficiences de leurs activités de prêt aux entreprises et d’investissement ; les solutions de paiement conçues en marge du système bancaire se multiplient, y compris via l’introduction de monnaies alternatives ; même les services de banque de détail vont être transformés à terme grâce aux efforts acharnés de sociétés prometteuses telles que Simple ; un consensus se forme déjà sur les prochains secteurs candidats à la disruption. L’éducation est l’un d’entre eux. L’endettement des étudiants des universités américaines a atteint un niveau insoutenable, accélérant la péremption du modèle universitaire actuel et intensifiant les efforts d’innovation pour le soumettre à l’ascendant du logiciel. L’université de Stanford a récemment pris une initiative qui pourrait creuser encore plus l’écart entre les universités les plus prestigieuses et les autres sur le marché mondial de l’enseignement supérieur. La société Clever a mis au point une API pour faciliter la connexion au réseau des écoles et l’ouverture des données du système éducatif ; la santé est l’autre secteur bientôt exposé à une prise en main par l’industrie du logiciel. La e-santé commence avec le Quantified Self, cette pratique consistant à permettre aux individus de mesurer leurs données personnelles, notamment de santé, et de suivre leur évolution dans le temps pour en tirer des leçons et rétroagir sur leur comportement. Elle se poursuit par des disruptions de l’exercice de la médecine ou du remboursement des soins qui sont probablement, bien plus que les médicaments génériques ou la chimérique « responsabilisation des assurés », la meilleure promesse de maîtrise des dépenses publiques de santé sur le long terme. Le logiciel est donc la solution à l’un des plus graves problèmes auxquels sont exposées nos finances publiques : à la clef de ces innovations, il y a des milliards d’euros de réduction des dépenses publiques ; l’administration elle-même n’échappera pas à ce rouleur compresseur : animée de la volonté d’améliorer la qualité du service rendu aux administrés, convaincue du rôle qu’elle peut jouer dans l’amorçage d’un écosystème d’innovation ou simplement contrainte par l’impératif de la réduction des coûts, elle viendra progressivement à la stratégie de government as a platform – et laissera des sociétés logicielles opérer à sa place des services publics sous une forme plus innovante et mieux adaptée aux besoins particuliers des administrés.

Il est important de prendre la mesure de ces bouleversements. Aucun secteur ne sera épargné. A toutes les industries, il arrivera ce qui est arrivé à la musique, à la presse, à la publicité et à la vente de détail. Le fait que les autres secteurs ne puissent être exclusivement immatériels ne change rien à l’affaire. Apple et surtout Amazon ne sont déjà pas des pure players. Ces deux entreprises couronnées de succès ont su développer une offre composite, mi-matérielle, mi-logicielle, qui fait jouer à plein, sur un marché essentiellement matériel, le potentiel de disruption du logiciel connecté en réseau.

D’où vient ce potentiel de disruption ? Lorsqu’un logiciel s’insère dans la chaîne de valeur, il capte à terme l’essentiel de la marge, pour quatre raisons :

parce que le logiciel se positionne littéralement over the top et devient le maillon qui détermine l’allocation des ressources dans la chaîne de valeur ;
parce que le logiciel s’insère dans la chaîne de valeur prioritairement au contact du client ou de l’utilisateur, ce qui lui confère un avantage supplémentaire dans la captation de la valeur ;
enfin, parce que le logiciel permet de connecter les utilisateurs en réseau et d’incorporer au processus de production leurs traces d’utilisation et contributions. C’est le maillon logiciel qui permet à une chaîne de valeur de faire levier de la multitude et de parvenir aux rendements d’échelle considérables qui font la scalabilité des modèles économiques d’aujourd’hui. Nous en voyons déjà de nombreux exemples : le moteur de recommandation d’Amazon, fondé sur nos historiques d’achat ; la régie publicitaire AdWords, fondée sur nos clics ; l’application Facebook tout entière, fondée sur le partage de notre intimité. Parce qu’il permet d’incorporer des milliards d’utilisateurs à la chaîne de production, le logiciel atteint des rendements d’échelle sans précédent dans l’histoire. Il est donc compréhensible qu’il capte l’essentiel de la marge ;
combinées, ces trois caractéristiques suggèrent pourquoi les marchés logiciels sont toujours concentrés. Nous l’avons appris avec Microsoft dès les années 1980. Nous en avons la confirmation avec Google depuis le milieu des années 2000. Amazon est en train de balayer toute concurrence sur le marché de la vente en ligne, comme le confirme le repli en bon ordre de la FNAC. Il en va de même sur le marché de l’Internet mobile, que Google et Apple sont vouées à se partager en duopole. Les acteurs du logiciel dominent leurs marchés et leur position dominante leur permet de capter l’essentiel de la marge.

Il n’y a pas d’opposition entre la thèse d’Andreessen et celle des tenants de la renaissance du hardware, tels Rob Coneybeer ou Paul Graham, lequel confirme que les nouvelles promotions de Y Combinator comptent de plus en plus d’innovateurs dans le hardware. Il n’y a pas d’opposition car le hardware nouveau est du hardware connecté : un nouveau point de contact entre le réseau et ses utilisateurs, mesuré et commandé par du logiciel. En revanche, il y a à cela une conséquence majeure : de plus en plus, le fabricant du hardware va être un sous-traitant d’un opérateur logiciel. Sa marge sera celle d’un sous-traitant, contraint de sans cesse baisser ses prix et de réaliser des gains de productivité. Le logiciel est aux acteurs de l’économie traditionnelle ce que Wal-Mart est à ses fournisseurs : un rouleau compresseur qui réduit à néant la marge d’exploitation et force la délocalisation des chaînes de production dans des pays où le prix de la main-d’oeuvre est plus faible. Dans le partage de la valeur entre les activités traditionnelles et les nouveaux maillons logiciels, ce sont les seconds qui se tailleront la part du lion.

Il y a deux séries de conséquences à cela.

La première est d’ordre industriel. Comme déjà évoqué, sur ces marchés concentrés il n’y a pas beaucoup de places à prendre. Un marché logiciel est un monopole ou un duopole qui ne ménage qu’à sa marge un peu de place pour des acteurs de niche. Il s’agit par ailleurs de marchés globaux, car c’est à l’échelle globale qu’on peut parvenir aux rendements d’échelle qui font l’essentiel de la valeur… et le pouvoir de marché. La question est donc celle de la place des entreprises françaises sur ce marché : certaines s’imposeront-elles comme les géants mondiaux du logiciel dans tel ou tel secteur, ou bien laisseront-elles les entreprises américaines occuper ces positions stratégiques en se repliant sur la fabrication de matériel à bas coûts et à faibles marges (id est la perspective que nous offre le rapport Gallois) ?

L’état des choses est peu rassurant. Confrontées aux menaces de disruption issues du secteur du logiciel, la plupart des entreprises françaises comprennent qu’il se passe quelque chose mais préfèrent, pour affronter le danger, nouer des partenariats… avec des sociétés américaines ! Voyages-SNCF n’est pas une position prise par la SNCF sur le marché du logiciel dans le secteur du tourisme, mais une joint-venture avec la société américaine Expedia. De même, Veolia n’a pas investi dans une nouvelle activité de gestion d’infrastructure logicielle, mais a préféré pour cela conclure un partenariat avec IBM. La FNAC est en partenariat avec Kobo, société canadienne, pour la vente de liseuses et donc de livres électroniques. On sait comment tout cela finit : à terme, l’essentiel de la marge sera dans la partie logicielle, donc dans les comptes de sociétés américaines (ou canadiennes) et sur les feuilles de paie de salariés américains, tandis que nos ex-champions nationaux se seront transformés en vulgaires sous-traitants à faibles marges d’exploitation.

Au-delà de ces accords par lesquels nos sociétés abandonnent la valeur future à leurs partenaires étrangers, un autre danger est d’être tout simplement à côté de la plaque. Il n’est pas certain, c’est le moins que l’on puisse dire, que nos géants industriels aient réalisé qu’ils avaient affaire à une concurrence bien plus intense, féroce et imprévisible que tout ce qu’ils ont connu par le passé. Les géants du logiciel, ceux-là même qui dévorent les secteurs de l’économie les uns après les autres, jouent plusieurs coups à l’avance, mobilisent des quantités considérables de capital, ne versent pas de dividendes car ils réinvestissent tout (ou presque) en R&D, et surtout font levier de la multitude pour atteindre des rendements d’échelle sans précédent dans l’histoire de l’industrie.

Face à cela, Renault travaille à mettre au point une plateforme logicielle, R-link, qui est une option payante proposée sur certains nouveaux modèles seulement. A ce rythme-là, bon courage pour concurrencer Google et Apple sur le marché des voitures connectées ! Pour se préparer à la disruption logicielle, Renault devrait frapper beaucoup plus vite et plus fort, équiper gratuitement tous les modèles dans toutes les gammes, et même rappeler les modèles anciens pour les connecter en même temps qu’on fait la vidange. De même, alors qu’AT&T vient d’enrichir son offre d’une API déployée en 90 jours pour rendre son réseau téléphonique programmable (en réaction à l’effort d’innovation de la startup Twilio, du portefeuille de 500startups), on attend en vain les innovations sur le marché français des télécommunications en dehors de la diversification des forfaits téléphoniques ou de la baisse des prix forcée par l’entrée de Free sur le marché.

Bien sûr, il n’y a là rien de nouveau depuis l’ouvrage fondateur de Clayton Christensen : les grands groupes éprouvent les plus grandes difficultés à anticiper et à s’emparer des innovations de rupture. Mais la France, avec sa tradition colbertiste et la discipline d’exécution de ses champions nationaux, si proches du pouvoir politique, n’est-elle pas la seule (avec la Corée du Sud peut-être) à pouvoir forcer ses grands groupes à se faire violence et à relever les défis d’après la révolution numérique ? Il faut en effet considérer la thèse de Scott D. Anthony : puisqu’une poignée de sociétés logicielles, devenues des géants, ont pris une avance impossible à rattraper, l’innovation de rupture doit maintenant retrouver sa place dans les stratégies des grands groupes, seuls à pouvoir mobiliser suffisamment de ressources dans de courts délais pour forcer des disruptions sur leurs marchés… plutôt que d’être dévorés par un logiciel développé par d’autres !

Nos sociétés logicielles (Dassault Systèmes, Atos, CapGemini…) affirmeront avec force que, bien sûr, elles s’efforcent de mieux se positionner dans la chaîne de valeur. Mais les problèmes sont systémiques. Il y a maintes raisons à cette incapacité de sociétés françaises à s’imposer sur des marchés logiciels globaux.

Par exemple, pour innover en rupture dans les grands groupes comme pour les startups, il faut des investissements considérables, réalisés dans des délais très courts. C’est ce genre d’efforts que font les géants du logiciel aux Etats-Unis pour acquérir et consolider leurs positions : Facebook a investi depuis sa création près de 1,5 milliard de dollars, sans avoir prouvé sa capacité à générer des revenus à hauteur de son cours d’introduction en bourse. Palantir, société fondée par Peter Thiel, a levé, depuis sa création en 2004, 301 millions de dollars sans encore avoir stabilisé son modèle économique. C’est la finalité du venture capital que de mobiliser de telles sommes en dehors des grandes organisations pour aider des entreprises innovantes à prendre des positions stratégiques sur d’immenses marchés qu’elles contribuent à transformer voire à créer, avant même de prouver leur profitabilité. Comme nous le rappelle Scott D. Anthony dans l’article référencé plus haut,

The restless individualism of baby boomers clashed with increasingly hierarchical organizations. Innovators began to leave companies, band with like-minded “rebels,” and form new companies. Given the scale required to innovate, however, these rebels needed new forms of funding. Hence the emergence of the VC-backed start-up.

Pour faire émerger des champions logiciels, il ne faut pas seulement du venture capital, il faut aussi un environnement juridique favorable à l’émergence d’applications innovantes, qui sont les plateformes logicielles mondiales de demain. Même si la disruption vient d’un grand groupe, ce dernier est souvent aiguillonné par une startup (laquelle est alors rachetée par le second mover), comme le montre l’exemple d’AT&T et de Twilio. Or de nombreux indices nous suggèrent que la France entrave l’essor de l’innovation logicielle : confusion entre recherche et développement et innovation ; obsession du brevet et de la propriété intellectuelle ; frilosité des grands groupes (voyez le parcours du combattant de Capitaine Train pour mettre en place son application de réservation de billets de train) ; captation des compétences informatiques, par ailleurs dévalorisées, par les SSII ; fonctionnement du marché du travail et des assurances sociales inadapté aux cycles courts d’innovation ; multiplication des obstacles juridiques au référencement des contenus ou à l’exploitation des données (dans l’éducation, dans la santé et peut-être bientôt dans les médias) ; fiscalité défavorable au venture capital ; multiples réglementations sectorielles constituant des barrières à l’entrée infranchissables pour les nouveaux acteurs, par ailleurs sous-financés.

Tout cela mis ensemble forme un écosystème hostile à l’innovation : les innovateurs français doivent surmonter plus d’obstacles que leurs concurrents étrangers, et les venture capitalists préfèrent parier sur ces derniers plutôt que sur nos startups françaises. Qui, dans ces conditions, prendra les positions dominantes sur les marchés logiciels globaux de demain ? Les Microsoft, Apple, Google et Amazon de la santé, de l’éducation, de l’automobile seront-ils français ou américains ?

La deuxième série de conséquences est d’ordre fiscal. Ce n’est pas ici le lieu pour s’étendre sur ce sujet, mais il est facile de comprendre que si la partie logicielle des activités dans tous les secteurs est opérée par des sociétés étrangères, alors l’impôt sur les sociétés et la TVA (jusqu’en 2019 sur les prestations de service immatériel) sur ces activités, qui captent l’essentiel de la marge, seront payés à l’étranger plutôt qu’en France. Comme le secteur financier, le secteur logiciel, parce que ses actifs et ses prestations sont immatériels, se prête tout particulièrement à l’optimisation fiscale. Dans la bataille pour la localisation des bases fiscales, mieux vaut favoriser l’émergence en France d’acteurs dominants sur les marchés logiciels globaux plutôt que de laisser les marges de toutes les chaînes de valeur dans tous les secteurs, y compris ceux dans lesquels nous sommes aujourd’hui les plus forts (voyez Veolia, Renault ou nos géants de la grande distribution), s’échapper dans les comptes de sociétés étrangères à la suite de disruptions logicielles et d’une restructuration en profondeur de la chaîne de valeur. C’est ce message que j’ai cherché à faire passer dans mon intervention mardi dernier aux Rencontres parlementaires sur l’économie numérique. A suivre !

EDIT, 15 novembre 2012, une présentation de cette intervention téléchargeable sur slideshare.
Vous êtes la multitude !

Voir aussi:

L’industrie du taxi à la frontière de l’innovation
Nicolas Colin
L’âge de la multitude
15 avril 2014

Jacques Rosselin avait publié l’information il y a quelques jours, mais un éditorial du 11 avril dernier écrit par Jean-Christophe Tortora, président-directeur général de La Tribune, lui a donné beaucoup plus d’ampleur : suite à une plainte contre X déposée par Nicolas Rousselet, PDG du groupe G7, Jean-Christophe Tortora et moi-même sommes mis en examen pour diffamation. L’origine de cette plainte est un texte intitulé « Les fossoyeurs de l’innovation », publié le 15 octobre 2013 sur le blog de L’Âge de la multitude et reproduit le même jour sur le site de La Tribune à la demande d’Eric Walther, directeur de la rédaction. Ce texte, qui discute la vision de l’innovation de Nicolas Rousselet, a été écrit dans le contexte de la préparation du fameux décret dit des « 15 minutes », dont il était l’un des défenseurs les plus visibles.

L’annonce de cette mise en examen a déclenché un débat de fond autour de la question de l’innovation – tant la surprise a été grande à l’idée qu’une prise de position sur cette question cruciale pour l’avenir de la Nation puisse donner lieu à un procès pénal. Une multitude de personnes, connues ou inconnues, m’ont exprimé des marques de soutien, et je les en remercie chaleureusement. Un #hashtag a même pris son envol. Des arbitres se sont curieusement interposés pour essayer de renvoyer les protagonistes dos à dos. Quant à moi, je voudrais saisir cette occasion pour refaire le point sur la question de l’innovation.

Lorsque nous avons entrepris d’écrire L’Âge de la multitude, Henri Verdier et moi-même avions l’ambition, immodeste, d’expliquer la révolution numérique et ses conséquences aux décideurs de notre pays. Notre objectif était de démontrer que l’économie numérique n’est pas un phénomène marginal indigne d’intérêt pour nos responsables politiques et nos capitaines d’industrie, mais au contraire une économie en plein essor dominée par quelques grandes entreprises américaines, géants industriels qui jouent plusieurs coups à l’avance sur le grand échiquier de l’économie globale. Bref, une question très sérieuse qui mérite l’attention prioritaire de nos dirigeants au plus haut niveau. Pour l’instant, le numérique dévore le monde exclusivement depuis les Etats-Unis. Mais d’autres pays peuvent désormais prendre leur part de cette voracité, pourvu que la compréhension de l’économie numérique soit partagée par leurs élites – c’est à cet effort de compréhension qu’Henri et moi avons souhaité contribuer avec L’Âge de la multitude.

Ce qui est en jeu, dans l’économie numérique, c’est l’avenir de notre pays : notre croissance, nos emplois, nos services publics, notre protection sociale. Si nous réussissons la transition numérique de l’économie française, alors nous resterons l’un des pays les plus développés du monde ; si, au contraire, nous échouons, nous devrons renoncer à notre modèle social et deviendrons progressivement pour les Etats-Unis ce que les anciennes colonies françaises ont été pour la France prospère des Trente glorieuses : une source de matière première (dans l’économie numérique = de la R&D et des données) et un simple marché de débouchés où plus aucune entreprise ne paiera d’impôts – les entreprises étrangères parce qu’elles n’auront même pas besoin de s’établir sur notre territoire pour y faire des affaires ; les entreprises françaises parce que leurs marges seront anéanties par de vains efforts de compétitivité.

Voir encore:

Why Software Is Eating The World
Marc Andreessen
The Wall Street Journal
August 20,2011

This week, Hewlett-Packard (where I am on the board) announced that it is exploring jettisoning its struggling PC business in favor of investing more heavily in software, where it sees better potential for growth. Meanwhile, Google plans to buy up the cellphone handset maker Motorola Mobility. Both moves surprised the tech world. But both moves are also in line with a trend I’ve observed, one that makes me optimistic about the future growth of the American and world economies, despite the recent turmoil in the stock market.

In an interview with WSJ’s Kevin Delaney, Groupon and LinkedIn investor Marc Andreessen insists that the recent popularity of tech companies does not constitute a bubble. He also stressed that both Apple and Google are undervalued and that "the market doesn’t like tech."

In short, software is eating the world.

More than 10 years after the peak of the 1990s dot-com bubble, a dozen or so new Internet companies like Facebook and Twitter are sparking controversy in Silicon Valley, due to their rapidly growing private market valuations, and even the occasional successful IPO. With scars from the heyday of Webvan and Pets.com still fresh in the investor psyche, people are asking, "Isn’t this just a dangerous new bubble?"

I, along with others, have been arguing the other side of the case. (I am co-founder and general partner of venture capital firm Andreessen-Horowitz, which has invested in Facebook, Groupon, Skype, Twitter, Zynga, and Foursquare, among others. I am also personally an investor in LinkedIn.) We believe that many of the prominent new Internet companies are building real, high-growth, high-margin, highly defensible businesses.

Today’s stock market actually hates technology, as shown by all-time low price/earnings ratios for major public technology companies. Apple, for example, has a P/E ratio of around 15.2—about the same as the broader stock market, despite Apple’s immense profitability and dominant market position (Apple in the last couple weeks became the biggest company in America, judged by market capitalization, surpassing Exxon Mobil). And, perhaps most telling, you can’t have a bubble when people are constantly screaming "Bubble!"

But too much of the debate is still around financial valuation, as opposed to the underlying intrinsic value of the best of Silicon Valley’s new companies. My own theory is that we are in the middle of a dramatic and broad technological and economic shift in which software companies are poised to take over large swathes of the economy.

More and more major businesses and industries are being run on software and delivered as online services—from movies to agriculture to national defense. Many of the winners are Silicon Valley-style entrepreneurial technology companies that are invading and overturning established industry structures. Over the next 10 years, I expect many more industries to be disrupted by software, with new world-beating Silicon Valley companies doing the disruption in more cases than not.

Why is this happening now?

Six decades into the computer revolution, four decades since the invention of the microprocessor, and two decades into the rise of the modern Internet, all of the technology required to transform industries through software finally works and can be widely delivered at global scale.

Over two billion people now use the broadband Internet, up from perhaps 50 million a decade ago, when I was at Netscape, the company I co-founded. In the next 10 years, I expect at least five billion people worldwide to own smartphones, giving every individual with such a phone instant access to the full power of the Internet, every moment of every day.

On the back end, software programming tools and Internet-based services make it easy to launch new global software-powered start-ups in many industries—without the need to invest in new infrastructure and train new employees. In 2000, when my partner Ben Horowitz was CEO of the first cloud computing company, Loudcloud, the cost of a customer running a basic Internet application was approximately $150,000 a month. Running that same application today in Amazon’s cloud costs about $1,500 a month.

With lower start-up costs and a vastly expanded market for online services, the result is a global economy that for the first time will be fully digitally wired—the dream of every cyber-visionary of the early 1990s, finally delivered, a full generation later.

Perhaps the single most dramatic example of this phenomenon of software eating a traditional business is the suicide of Borders and corresponding rise of Amazon. In 2001, Borders agreed to hand over its online business to Amazon under the theory that online book sales were non-strategic and unimportant.

Today, the world’s largest bookseller, Amazon, is a software company—its core capability is its amazing software engine for selling virtually everything online, no retail stores necessary. On top of that, while Borders was thrashing in the throes of impending bankruptcy, Amazon rearranged its web site to promote its Kindle digital books over physical books for the first time. Now even the books themselves are software.

Today’s largest video service by number of subscribers is a software company: Netflix. How Netflix eviscerated Blockbuster is an old story, but now other traditional entertainment providers are facing the same threat. Comcast, Time Warner and others are responding by transforming themselves into software companies with efforts such as TV Everywhere, which liberates content from the physical cable and connects it to smartphones and tablets.

Today’s dominant music companies are software companies, too: Apple’s iTunes, Spotify and Pandora. Traditional record labels increasingly exist only to provide those software companies with content. Industry revenue from digital channels totaled $4.6 billion in 2010, growing to 29% of total revenue from 2% in 2004.

Today’s fastest growing entertainment companies are videogame makers—again, software—with the industry growing to $60 billion from $30 billion five years ago. And the fastest growing major videogame company is Zynga (maker of games including FarmVille), which delivers its games entirely online. Zynga’s first-quarter revenues grew to $235 million this year, more than double revenues from a year earlier. Rovio, maker of Angry Birds, is expected to clear $100 million in revenue this year (the company was nearly bankrupt when it debuted the popular game on the iPhone in late 2009). Meanwhile, traditional videogame powerhouses like Electronic Arts and Nintendo have seen revenues stagnate and fall.

The best new movie production company in many decades, Pixar, was a software company. Disney—Disney!—had to buy Pixar, a software company, to remain relevant in animated movies.

Photography, of course, was eaten by software long ago. It’s virtually impossible to buy a mobile phone that doesn’t include a software-powered camera, and photos are uploaded automatically to the Internet for permanent archiving and global sharing. Companies like Shutterfly, Snapfish and Flickr have stepped into Kodak’s place.

Today’s largest direct marketing platform is a software company—Google. Now it’s been joined by Groupon, Living Social, Foursquare and others, which are using software to eat the retail marketing industry. Groupon generated over $700 million in revenue in 2010, after being in business for only two years.

Today’s fastest growing telecom company is Skype, a software company that was just bought by Microsoft for $8.5 billion. CenturyLink, the third largest telecom company in the U.S., with a $20 billion market cap, had 15 million access lines at the end of June 30—declining at an annual rate of about 7%. Excluding the revenue from its Qwest acquisition, CenturyLink’s revenue from these legacy services declined by more than 11%. Meanwhile, the two biggest telecom companies, AT&T and Verizon, have survived by transforming themselves into software companies, partnering with Apple and other smartphone makers.

LinkedIn is today’s fastest growing recruiting company. For the first time ever, on LinkedIn, employees can maintain their own resumes for recruiters to search in real time—giving LinkedIn the opportunity to eat the lucrative $400 billion recruiting industry.

Software is also eating much of the value chain of industries that are widely viewed as primarily existing in the physical world. In today’s cars, software runs the engines, controls safety features, entertains passengers, guides drivers to destinations and connects each car to mobile, satellite and GPS networks. The days when a car aficionado could repair his or her own car are long past, due primarily to the high software content. The trend toward hybrid and electric vehicles will only accelerate the software shift—electric cars are completely computer controlled. And the creation of software-powered driverless cars is already under way at Google and the major car companies.

Today’s leading real-world retailer, Wal-Mart, uses software to power its logistics and distribution capabilities, which it has used to crush its competition. Likewise for FedEx, which is best thought of as a software network that happens to have trucks, planes and distribution hubs attached. And the success or failure of airlines today and in the future hinges on their ability to price tickets and optimize routes and yields correctly—with software.

Oil and gas companies were early innovators in supercomputing and data visualization and analysis, which are crucial to today’s oil and gas exploration efforts. Agriculture is increasingly powered by software as well, including satellite analysis of soils linked to per-acre seed selection software algorithms.

The financial services industry has been visibly transformed by software over the last 30 years. Practically every financial transaction, from someone buying a cup of coffee to someone trading a trillion dollars of credit default derivatives, is done in software. And many of the leading innovators in financial services are software companies, such as Square, which allows anyone to accept credit card payments with a mobile phone, and PayPal, which generated more than $1 billion in revenue in the second quarter of this year, up 31% over the previous year.

Health care and education, in my view, are next up for fundamental software-based transformation. My venture capital firm is backing aggressive start-ups in both of these gigantic and critical industries. We believe both of these industries, which historically have been highly resistant to entrepreneurial change, are primed for tipping by great new software-centric entrepreneurs.

Even national defense is increasingly software-based. The modern combat soldier is embedded in a web of software that provides intelligence, communications, logistics and weapons guidance. Software-powered drones launch airstrikes without putting human pilots at risk. Intelligence agencies do large-scale data mining with software to uncover and track potential terrorist plots.

Companies in every industry need to assume that a software revolution is coming. This includes even industries that are software-based today. Great incumbent software companies like Oracle and Microsoft are increasingly threatened with irrelevance by new software offerings like Salesforce.com and Android (especially in a world where Google owns a major handset maker).

In some industries, particularly those with a heavy real-world component such as oil and gas, the software revolution is primarily an opportunity for incumbents. But in many industries, new software ideas will result in the rise of new Silicon Valley-style start-ups that invade existing industries with impunity. Over the next 10 years, the battles between incumbents and software-powered insurgents will be epic. Joseph Schumpeter, the economist who coined the term "creative destruction," would be proud.

And while people watching the values of their 401(k)s bounce up and down the last few weeks might doubt it, this is a profoundly positive story for the American economy, in particular. It’s not an accident that many of the biggest recent technology companies—including Google, Amazon, eBay and more—are American companies. Our combination of great research universities, a pro-risk business culture, deep pools of innovation-seeking equity capital and reliable business and contract law is unprecedented and unparalleled in the world.

Still, we face several challenges.

First of all, every new company today is being built in the face of massive economic headwinds, making the challenge far greater than it was in the relatively benign ’90s. The good news about building a company during times like this is that the companies that do succeed are going to be extremely strong and resilient. And when the economy finally stabilizes, look out—the best of the new companies will grow even faster.

Secondly, many people in the U.S. and around the world lack the education and skills required to participate in the great new companies coming out of the software revolution. This is a tragedy since every company I work with is absolutely starved for talent. Qualified software engineers, managers, marketers and salespeople in Silicon Valley can rack up dozens of high-paying, high-upside job offers any time they want, while national unemployment and underemployment is sky high. This problem is even worse than it looks because many workers in existing industries will be stranded on the wrong side of software-based disruption and may never be able to work in their fields again. There’s no way through this problem other than education, and we have a long way to go.

Finally, the new companies need to prove their worth. They need to build strong cultures, delight their customers, establish their own competitive advantages and, yes, justify their rising valuations. No one should expect building a new high-growth, software-powered company in an established industry to be easy. It’s brutally difficult.

I’m privileged to work with some of the best of the new breed of software companies, and I can tell you they’re really good at what they do. If they perform to my and others’ expectations, they are going to be highly valuable cornerstone companies in the global economy, eating markets far larger than the technology industry has historically been able to pursue.

Instead of constantly questioning their valuations, let’s seek to understand how the new generation of technology companies are doing what they do, what the broader consequences are for businesses and the economy and what we can collectively do to expand the number of innovative new software companies created in the U.S. and around the world.

That’s the big opportunity. I know where I’m putting my money.

—Mr. Andreessen is co-founder and general partner of the venture capital firm Andreessen-Horowitz. He also co-founded Netscape, one of the first browser companies.

Voir enfin:

Brain scan
Disrupting the disrupters
Marc Andreessen made his name taking on Microsoft in the browser wars. Now he is stirring things up again as a venture capitalist
The Economist
Sep 3rd 2011

“SOFTWARE is eating the world,” proclaims Marc Andreessen, the 40-year-old co-founder of Andreessen Horowitz, a venture-capital firm in Silicon Valley that has leapt to prominence since he set it up in mid-2009 with his partner, Ben Horowitz. That alimentary analogy is shorthand, in Andreessen-speak, for the phenomenon in which industry after industry, from media to financial services to health care, is being chewed up by the rise of the internet and the spread of smartphones, tablet computers and other fancy electronic devices. Mr Andreessen and his colleagues are doing their best to speed up this digital digestion process—and make money from it as they do so.

Andreessen Horowitz has raised piles of cash from investors—it has some $1.2 billion under management—and has been eagerly putting the money to work both in large deals, such as a $50m investment in Skype, an internet-calling service recently acquired by Microsoft, and in a host of smaller companies, such as TinyCo, a maker of mobile games. It has also taken stakes in several of the biggest social-networking firms, including Twitter, Facebook and Foursquare (a service that lets people broadcast their whereabouts to their friends). Along the way it has attracted some prominent supporters. Larry Summers, a former treasury secretary, is a special adviser to the firm and Michael Ovitz, a former Hollywood power-broker, is among its investors.

Some rivals argue that by making big bets on relatively mature companies such as Facebook, Mr Andreessen’s firm is acting more like a private-equity firm than as a nurturer of fledgling businesses—and is contributing to a bubble in tech valuations too. “They’re behaving in ways that will not be helpful to them in the long run,” gripes a financier at a competing venture firm, who insists on anonymity for fear of alienating Andreessen Horowitz’s influential founders.

Pooh-poohing such criticisms, Mr Andreessen argues that “growth” investments, such as the one in Skype—which was sold to Microsoft for $8.5 billion in May, netting Andreessen Horowitz a return of over three times its original stake—make sense because profound changes in the technological landscape mean some relatively big companies can still grow to many times their current size. He reckons that talk of overheated valuations among social-media firms is being driven by people who got their fingers burned in the dotcom bust and can’t see that the world has changed since then. “All this bubble stuff is people fighting the last war,” he says.

Mr Andreessen is also frustrated with Cassandras who occasionally predict that innovation in computer science is pretty much over. Andreessen Horowitz’s partners believe there are still plenty more “black swans”—ideas with the potential to trigger dramatic changes in technology—to come in computing, which explains why they have resisted the temptation to copy other big venture outfits that have diversified into new areas such as biotech and clean tech. “This is an evergreen area. Just when you think computer science is stabilising, everything changes,” he says.

For instance, he believes that networking and storage technology is about to go through the same kind of fundamental transition that the server business experienced in the late 1990s, when expensive, proprietary servers were replaced by much cheaper ones that used new technology. That shift made possible the explosive growth of firms such as Google and Facebook, who bought large numbers of cheap servers to power their businesses. Mr Andreessen reckons a similar change in the networking and storage world will lead to the creation of many more new companies.

He is also convinced that there will be dramatic changes in the realm of personal technology. One of the companies that Andreessen Horowitz has invested in is Jawbone. Best known for its Bluetooth-equipped headsets and portable speakers, the firm is developing plans for a range of wearable smart devices that operate on a single software platform, or “body-area network”. “Jawbone is the new Sony,” claims Mr Andreessen, who predicts that its future products will prove wildly successful as people carry more and more networked gadgets around with them.

From boom to bust

It is tempting to discount such a grandiose claim as typical venture-capital puffery. But Mr Andreessen is hardly a typical venture capitalist. Raised in small towns in Iowa and Wisconsin, he started playing around on the internet while at university and co-created Mosaic, which became the first widely used web browser. After moving to Silicon Valley, he started Netscape Communications when he was 22 years old. Its stockmarket flotation in 1995 marked the beginning of the dotcom boom and made Mr Andreessen a celebrity in the business world.

Having at first dismissed Netscape, Microsoft sought to crush the fledgling company, whose browser posed a threat to the dominance of Microsoft’s Windows platform. Mr Andreessen maintains that most big companies are painfully slow to react to upstarts that might threaten their business—a point made in Clayton Christensen’s book, “The Innovator’s Dilemma”, which is one of the few business-school texts Mr Andreessen thinks is worth reading. But he admits Microsoft “did a remarkably good job” in the 1990s.

After a bruising battle a much-diminished Netscape was sold to AOL in 1999 and Mr Andreessen went on to found Loudcloud, a cloud-computing firm, with Mr Horowitz and other executives. But Loudcloud was soon caught up in the fallout from the dotcom bust. To survive, it shed staff, renamed itself Opsware and focused on software development before being sold to Hewlett-Packard for $1.6 billion in 2007. Mr Andreessen then spent some time as an angel investor before launching Andreessen Horowitz.

Mr Andreessen’s own experience as practising entrepreneur makes him ideally placed to counsel the bosses of start-ups that his firm has funded, including Mark Zuckerberg of Facebook and Mark Pincus of Zynga, a social-gaming company. Mr Andreessen seems especially fond of what he calls “founder CEOs”, perhaps because he was once one himself. Many venture firms tend to back young entrepreneurs for a period before replacing them with professional managers. But Mr Andreessen argues that founders who stuck with their businesses for a long while were often the ones who created many of the biggest successes in technology, including Microsoft (Bill Gates), Amazon (Jeff Bezos) and Oracle (Larry Ellison).

“Just when you think computer science is stabilising, everything changes.”

Another reason that Mr Andreessen has become something of an entrepreneur-magnet is his extensive network of contacts in Silicon Valley. He sits on the boards of Hewlett-Packard, eBay and Facebook, among others. This gives him an ideal perch from which to spot trends forming. “Marc has a view of the entire tech ecosystem that very few people have,” says David Lieb, the boss of Bump, a wireless start-up in which Andreessen Horowitz has invested.

His fans claim that Mr Andreessen’s ability to draw insightful conclusions from these trends helps Andreessen Horowitz stand out from the crowd. “In a world where there is a lot of dreaming, hoping and guessing, Marc takes a really analytical approach,” says Mr Summers, who signed on as a part-time adviser to the firm after meeting with a number of other venture outfits. Mr Andreessen’s symbiotic relationship with Mr Horowitz, a highly experienced manager, is also said to be central to the firm’s success. Tim Howes, a co-founder of RockMelt, a browser company in which Andreessen Horowitz has invested, jokes that the two men have worked together for so long that they are like an old married couple who complement one another perfectly.

The Hollywood treatment

Their partnership has spawned a bold new approach to firm-building in Silicon Valley. Most venture firms employ a skeleton staff of in-house experts in areas such as recruiting and marketing to help advise start-ups. Andreessen Horowitz, which has a total staff of 36, has taken a different approach. In addition to its six general partners, the firm has hired a bevy of executives who are specialists in particular areas, including 11 dedicated to recruitment. This set-up, says Mr Andreessen, is inspired by Creative Artists Agency, which used to be run by Mr Ovitz. It and other Hollywood talent-management companies spend a great deal of time nurturing directors and film stars, and helping them to find jobs. Andreessen Horowitz wants to do the same thing for talented tech folk, whose career paths might one day involve a stint at one of the firms it backs.

This in-house entourage also reflects Mr Andreessen’s firm belief that many start-ups today are damaging their prospects by starving areas such as sales and marketing of investment on the often misguided assumption the internet will magically guarantee them a sizeable market. Mr Andreessen says he really wants to back “full-spectrum firms” that aim to be outstanding in every operational area, rather than just a few. Andreessen Horowitz’s team will provide advice and guidance on how best to achieve this.

Many of these firms will be American ones. Mr Andreessen won’t rule out investing in other countries—Skype, for example, started in Estonia and is now based in Luxembourg—but says his firm has a preference for America because he believes it remains the best place in the world to build companies. Still, many internet start-ups need to think global early on these days, which is one reason why Andreessen Horowitz has engaged Mr Summers to give it advice on everything from pricing strategies to geopolitics.

Yet Mr Andreessen is especially bullish about Silicon Valley, where the process of knowledge-sharing that drives innovation has been greatly accelerated by the internet and the rise of social networking. “It now feels like we were operating in the Stone Age when I first came out here,” he says. Another notable change is a democratisation of entrepreneurialism in the Valley. Entrepreneurs no longer simply follow a well-worn path to venture funds’ doors from a handful of giant technology companies such as HP and Intel; today they come from a much wider range of backgrounds. In addition, says Mr Andreessen, there has recently been “a massive brain drain from Boston to the Valley, which has all but gutted Boston as a place for high-tech entrepreneurship”.

This narrow geographic focus means that Andreessen Horowitz could be in danger of missing out on the fat profits to be made backing entrepreneurial outfits founded in some of the world’s largest and fastest-growing markets. But Mr Andreessen likes to point out that it is no accident that Silicon Valley has produced a string of success stories from Netscape to eBay, Google, Facebook and Twitter. China, India and other markets may be exciting places, but a large proportion of the software that is “eating the world” still seems to come from California.


France/US: Cachez ce rêve américain que je ne saurai voir (Protestant work ethic 101: Cadillac shamelessly celebrates American dream and enrages both espresso-sipping French and US liberals)

13 avril, 2014

http://www.washingtonpost.com/blogs/style-blog/files/2014/04/oecd.pnghttp://cdn.static-economist.com/sites/default/files/imagecache/full-width/images/2013/09/blogs/free-exchange/working_hours_picture_1_2.pnghttp://evanstonpubliclibrary.files.wordpress.com/2014/04/big-shoulders.jpg?w=398&h=530J’entends chanter l’Amérique, j’entends ses diverses chansons, Celles des ouvriers, chacun chantant la sienne joyeuse et forte comme elle doit l’être … Walt Whitman
Fier d’être le Charcutier de l’Univers, l’Outilleur, le Glaneur de Blé, l’Ouvrier du Rail et le Manutentionnaire de la Nation ... Carl Sandberg
Une bonne partie de ce que nous observons dans les relations entre la France et les Etats-Unis est le produit d’une structure de relations que l’on doit penser comme la confrontation entre deux impérialismes de l’universel. (…) La France est une sorte d’idéologie réalisée: être français, c’est se sentir en droit d’universaliser son intérêt particulier, cet intérêt particulier qui a pour particularité d’être universel. Et doublement en quelque sorte: universel en matière de politique, avec le modèle pur de la révolution universelle, universel en matière de culture, avec le modèle de chic (de Paris). On comprend que, bien que son monopole de l’universel soit fortement contesté, en particulier par les Etats-Unis, la France reste l’arbitre des élégances en matière de radical chic, comme on dit outre-Atlantique ; elle continue à donner le spectacle des jeux de l’universel, et, en particulier, de cet art de la transgression qui fait les avant-gardes politiques et/ou artistiques, de cette manière (qui se sent inimitable) de se sentir toujours au-delà, et au-delà du delà, de jouer avec virtuosité de tous les registres, difficile à accorder, de l’avant-gardisme politique et de l’avant-gardisme culturel (…) C’est dire que nombre des choses qui s’écrivent ou se disent, à propos de la France ou des USA ou de leurs rapports, sont le produit de l’affrontement entre deux impérialismes, entre un impérialisme en ascension et un impérialisme en déclin, et doivent sans doute beaucoup à des sentiments de revanche ou de ressentiment, sans qu’il soit exclu qu’une partie des réactions que l’on serait porté à classer dans l’antiaméricanisme du ressentiment puissent et doivent être comprises comme des stratégies de résistance légitime à des formes nouvelles d’impérialisme… (…) En fait, on ne peut attendre un progrès vers une culture réellement universelle – c’est-à-dire une culture faite de multiples traditions culturelles unifiées par la reconnaissance qu’elles s’accordent mutuellement – que des luttes entre les impérialismes de l’universel. Ces impérialismes, à travers les hommages plus ou moins hypocrites qu’ils doivent rendre à l’universel pour s’imposer, tendent à le faire avancer et, à tout le moins, à le constituer en recours susceptible d’être invoqué contre les impérialismes mêmes qui s’en réclament. Pierre Bourdieu
Pourquoi on travaille autant ? Pourquoi ? Pour ça ?  Pour tous ces trucs ? Dans d’autres pays, ils travaillent, ils rentrent tranquillement chez eux, ils s’arrêtent au café, ils se prennent tout le mois d’août pour les vacances. Tout le mois d’août ! Pourquoi vous êtes pas comme ça ? Pourquoi, nous, on est pas comme ça ? Parce qu’on est des croyants accros au travail. Voilà pourquoi ! Ces autres pays, ils nous prennent pour des fous et alors ? Est-ce que  les frères Wright étaient fous ? Bill Gates ? Les Paul ? Ali ?  On était fous quand on est allé sur la lune ?  Oui, parce que nous, on y est allé Et vous savez quoi ? On a trouvé ça ennuyeux. Alors on est reparti.  On a laissé une voiture là-bas avec les clés dessus. Vous savez pourquoi ? Parce qu’on est les seuls à pouvoir y retourner. Voilà pourquoi. Mais je m’éloigne du sujet. Vous voyez: c’est assez simple. On travaille dur, on crée ses propres chances et on sait que tout est possible. Quant à tous ces trucs ? C’est le bon côté de prendre que deux semaines de vacances en août. N’est-ce pas ? Publicité Cadillac
Average American employee only takes half of earned vacxation:paid time off; 61% report working while on vacation.Glassdoor survey
N’en déplaise à Louis Gallois, la croissance de la productivité horaire française est bien plus élevée que 0,8%: +1,3% en 2011 selon l’OCDE, + 1,4% selon l’Insee. Certes, en comparaison, la productivité horaire des Allemands a augmenté de 1,6% sur la même période, et de 1,5% en moyenne dans les pays de l’OCDE. Mais la productivité horaire d’un Français est parmi les plus élevée des pays industrialisés: 57,7 dollars en 2011 contre 55,3 dollars pour un Allemand et 44 dollars en moyenne dans les pays de l’OCDE. Seuls les Américains (60,3 dollars), les Norvégiens (81,5 dollars), les Néerlandais (59,8 dollars), les Luxembourgeois (78,9), les Irlandais (66,4) et les Belges (59,2) sont plus productifs. Quant à la productivité globale – la valeur ajoutée brute -, elle a augmenté de 2,7% l’an dernier, à 1789 milliards d’euros. (…) Il est toutefois faux de croire que les Français ne travaillent que 35 heures par semaine: heures supplémentaires comprises, la durée hebdomadaire de travail des salariés à temps complet était, en 2011, de 39,5 heures (52,7 heures pour les non salariés). Certes, c’est moins que les Allemands (40,4 heures en moyenne par semaine) et que l’ensemble des Européens (40,4 heures). Mais, au total en 2011, les Français ont travaillé 1475 heures selon l’OCDE, contre 1411 heures pour les Allemands! Car si l’Allemagne n’a pas réduit le temps de travail des salariés à temps plein, elle a en revanche massivement développé le temps partiel. Reste que les Français ont des marges de progression: la moyenne en zone euro est de 1573 heures de travail par an, et de 1775 heures dans l’ensemble des pays de l’OCDE. Ceux qui travaillent le plus sont les Mexicains (2250 heures par an) et les Sud-Coréens (2193 heures par an). L’Expansion
The Greeks are some of the most hardworking in the OECD, putting in over 2,000 hours a year on average. Germans, on the other hand, are comparative slackers, working about 1,400 hours each year. But German productivity is about 70% higher. Alternatively, the graph above might suggest that people who work fewer hours are more productive. (…) There are aberrations, of course. Americans are relatively productive and work relatively long hours. And within the American labour force hours worked among the rich have risen while those of the poor have fallen The Economist
A new and growing body of multidisciplinary research shows that strategic renewal — including daytime workouts, short afternoon naps, longer sleep hours, more time away from the office and longer, more frequent vacations — boosts productivity, job performance and, of course, health. In a study of nearly 400 employees, published last year, researchers found that sleeping too little — defined as less than six hours each night — was one of the best predictors of on-the-job burn-out. A recent Harvard study estimated that sleep deprivation costs American companies $63.2 billion a year in lost productivity. The Stanford researcher Cheri D. Mah found that when she got male basketball players to sleep 10 hours a night, their performances in practice dramatically improved: free-throw and three-point shooting each increased by an average of 9 percent. Daytime naps have a similar effect on performance. When night shift air traffic controllers were given 40 minutes to nap — and slept an average of 19 minutes — they performed much better on tests that measured vigilance and reaction time. Longer naps have an even more profound impact than shorter ones. Sara C. Mednick, a sleep researcher at the University of California, Riverside, found that a 60- to 90-minute nap improved memory test results as fully as did eight hours of sleep. MORE vacations are similarly beneficial. In 2006, the accounting firm Ernst & Young did an internal study of its employees and found that for each additional 10 hours of vacation employees took, their year-end performance ratings from supervisors (on a scale of one to five) improved by 8 percent. Frequent vacationers were also significantly less likely to leave the firm. (…) In the 1950s, the researchers William Dement and Nathaniel Kleitman discovered that we sleep in cycles of roughly 90 minutes, moving from light to deep sleep and back out again. They named this pattern the Basic-Rest Activity Cycle or BRAC. A decade later, Professor Kleitman discovered that this cycle recapitulates itself during our waking lives. The difference is that during the day we move from a state of alertness progressively into physiological fatigue approximately every 90 minutes. Our bodies regularly tell us to take a break, but we often override these signals and instead stoke ourselves up with caffeine, sugar and our own emergency reserves — the stress hormones adrenaline, noradrenaline and cortisol. Working in 90-minute intervals turns out to be a prescription for maximizing productivity. Professor K. Anders Ericsson and his colleagues at Florida State University have studied elite performers, including musicians, athletes, actors and chess players. In each of these fields, Dr. Ericsson found that the best performers typically practice in uninterrupted sessions that last no more than 90 minutes. The NYT
Alors que les Américains s’appauvrissent constamment depuis 2004, la tendance est inverse au Capitole où les élus sont de plus en plus riches. C’est ce que révèle une enquête publiée par le New York Times, basée sur des données du Centre pour une politique réactive (Center for Responsive Politics), et qui montre que 250 des 535 membres du Congrès américains sont millionnaires. Si l’endroit a toujours été peuplé par des personnes plutôt aisées, l’écart avec le reste du peuple n’a en revanche jamais été aussi marqué. Le revenu net médian des représentants et sénateurs culmine à 913.000 de $ (705.000 €) et ne cesse d’augmenter, quand celui des Américains dans son ensemble, continuellement en baisse, avoisine aujourd’hui les 100.000 $ (77.000 €). Plus surprenant, le revenu du Congrès a augmenté de 15% en sept ans, période durant laquelle celui des Américains les plus fortunés a pour sa part stagné. Pour tous les autres, le revenu médian a baissé de 8% pour cette même période. Si cet écart de richesse aurait pu passer inaperçu en temps normal, en pleine crise économique, il choque. Des fortunes qui dépassent les 100 millions de $. (…) Pour tenter d’expliquer comment les parlementaires font pour continuer de s’enrichir en ces temps de morosité économique, plusieurs pistes sont évoquées. Certains analystes, cités par le New York Times, estiment que c’est tout simplement parce que la politique s’adresse avant tout aux personnes aisées. Lors des élections de 2010, le coût d’une campagne victorieuse pour le Sénat s’élevait en moyenne à 10 millions de $ et à 1,4 million pour une place au sein de la Chambre des représentants. De facto, seules des personnes avec déjà des moyens conséquents sont à même de se lancer en politique. Une fois entré au Congrès, le parlementaire touche un salaire annuel de base de 174.000 $ (qui a augmenté de 10% depuis 2004, soit un peu moins que l’inflation). À ce salaire s’ajoutent plusieurs avantages auquel le citoyen lambda n’a pas accès: des primes d’ancienneté, des pensions de retraite et une sécurité sociale en or. Le Washington Post explique aussi qu’une fois en place, les sénateurs et les représentants jouissent d’un réseau et de nouveaux moyens qui leurs permettent d’augmenter leurs pécules. Les données récoltées par le Center for Responsive Politics montrent que les parlementaires feraient d’excellents résultats sur les marchés boursiers. D’après des chercheurs de l’université de Géorgie, qui ont étudié la question, ces performances seraient le fruit d’un «important avantage d’informations» dû à leurs positions. Le Figaro
Even if the clip was a bit corny and overdone, the late Paul Harvey was a masterful throaty narrator in the romantic age before the onset of America’s now ubiquitous metrosexual nasal intonation. Harvey just didn’t sound different from the present generation, but from what we suspect, he sounded different from most generations to come as well. One reason that our age cannot make a Shane, High Noon, or The Searchers is that most of our suburban Hollywood actors cannot even fake the accent of either the frontier or the tragic hero anymore. When Tommy Lee Jones and Robert Duvall go, so goes too the last link to the cinema’s Westerner. There are no more voices like Slim Pickens or Ben Johnson. (…) It was not just Harvey’s mid-20th century voice that intrigued millions, but his unapologetic praise of the farmer’s work ethic, religiosity, and family values that he implied were at the core of American greatness, and were shared by all sorts of other American originals: the truck driver, the steel worker, or waitress whom we now all praise and yet prep our children not to be. We suspect that our kids would be better off at forty for spending a summer on a tractor at fifteen, but we just can’t seem to risk the loss of a season’s computer camp or eco-camp in the bargain. (…) I suppose the images resonated in 2013 in a way that they would have seemed passé in 1950, but not just because farmers then were about 15% of the population and now make up less than 1%, and so currently earn the added intrigue accorded to vanishing in the manner of the rhino or blue whale. The commercial instead was mostly a hit because of the sharp contrast, not just with the Petronian spectacle of today’s Super Bowl extravaganza, but also with the general tenor of the times of 2013 in particular.Victor Davis Hanson
Rather than millionaires, the spot’s targeted at customers who make around $200,000 a year. They’re consumers with a "little bit of grit under their fingernails" who "pop in and out of luxury" when and how they see fit. These are people who haven’t been given anything. Every part of success they’ve achieved has been earned through hard work and hustle. . . . One of the ways they reward themselves for their hard work is through the purchase of a luxury car … Right up front, Mr. McDonough dismisses the idea the reason American work so hard is to buy "stuff." What he’s really saying is that Americans work hard because that’s what they love to do. Luxury cars and other expensive goodies are a byproduct of success; not the objective. It’s basically saying hard work creates its own luck. In order to achieve it, you just have to believe anything’s possible. You have to believe in yourself, you have to believe in possibilities. It’s really about optimism. It’s really a fundamental human truth: optimism about creating your own future. It’s not about materialism. … Cadillac does not want to "guilt" people into buying an American rather than a European luxury car. The last thing in the world we want to do is comes across as: ‘It’s your duty to buy an American car.’ I don’t think anybody wakes up wanting to hear that. . . . The strategy was really to play off the consumer insights around this notion of achievement earned through hard work and hustle — and celebrating that. Since it’s a U.S.-based spot, we used metaphors to talk about other people who received their success through hard work … Reaction is running about 3-1 in favor of the spot with the young consumer audience on YouTube. But some people are offended at the perceived workaholic message when millions of people are out work and others are just getting by. Again, that’s not what Cadillac intended … We’re not making a statement saying, ‘We want people to work hard.’ What we’re saying is that hard work has its payoffs. Find something you love to do, do it incredibly well and there’s a reward for that. Whether its personal satisfaction, whether its fulfillment, whether that’s money … Rogue found and cast Mr. McDonough in an early version of the spot that they used to pitch and ultimately win Cadillac’s $250 million creative account last year. Cadillac and Rogue later went back and remade the spot with Mr. McDonough to create the version on-air now. We just liked his attitude … [It's a dissertation on American values] Sure. But what people forget is that still just a car ad. What made Cadillac happiest is consumers recognize ELR as an electric car — although Mr. McDonough never states that explicitly. It’s sparked an interesting and thought-provoking debate. Craig Bierley
The only thing to upset the early-morning serenity was the single most obnoxious television ad ever made: the one for Cadillac, in which the life of the tiniest one per cent of the one per cent is represented as an American birthright. It’s the one with the appalling guy who high-fives his kids (without looking at them) and then ends with an anti-French flourish: “You work hard; you create your own luck. And all that stuff? That’s the upside of only taking two weeks off in August, n’est-ce pas?” The French is proudly mispronounced, but if any Francophone ad were as aggressively anti-American as this one is against the French, you’d be reading about it for weeks in the Wall Street Journal. That the French summer vacation is not a rule forced on the rich entrepreneur—who can scheme on his yacht all August if he likes—but a protection for the poor worker he employs, is not something that occurs to the Cadillac mind. (If you want to understand why the rest of the world likes to watch Americans lose, this ad explains it all.) Adam Gopnik
"There are plenty of things to celebrate about being American, but being possessed by a blind mania for working yourself into the ground, buying more stuff and mocking people in other countries just isn’t one of them. The Huffington Post
Why are we looking to Europe for guidance? They take the month of August off, there’s 14% unemployment, they’re welfare states. They sit around and they move at a leisurely pace. They can’t defend themselves. They rely on us for that. What in the world is there to model ourselves after? … Oh, man, I’ll tell you, they look at this as an assault on Europe. They look at it as an assault on sidewalk cafes, Starbucks and this kind of thing. They look at it as an assault on their lifestyle. Remember, these are the people telling us that you are liberated when you get fired. You’re liberated when you lose your job because now you don’t have to do some stupid job to have health care because the government will give it to you. You don’t have to work anymore. That’s where they come from. Yeah, you can finally go discover the inner artist in you, and you now can join the legion of great human beings who have painted. You can be one of them, not tied to some silly job … But that’s the lifestyle, that’s sophistication, you see. Sophistication is, work? I’ll do what I have to. I’m gonna really devote myself to what’s important. I’m going to go paint. Then I’m gonna go visit a museum. After I visit the museum, then I’m gonna go to the art gallery, and after I finish the art gallery, I’m gonna head over back to the espresso cafe. When I finish there I’m gonna head to the real bar and I’m gonna have a couple shots, maybe some white wine, maybe some Camembert. When I finish there, I’m then gonna go to the craft show at the local community center where I’m gonna learn how to knit and sew and knit and peel and whatever, and then I’m gonna go home and I’m gonna water my garden. And right before I go to bed, I’m gonna add to the poem I’ve been writing for the past month. Yes, I’ll work on my poetry. When I finish my poetry, I will then retire and go to bed. And when I awaken, I will get up, and I will hate the fact that the first part of my day is a job where I’m going to be exploited by some evil capitalist. But I’ll go do it anyway so that when it’s over I can stroll back to the espresso bar and maybe while I’m at the espresso bar, I’ll dream of inventing the flying car, and I’ll write it and scribble it out there on my Microsoft Surface, because I don’t want to the best, the iPad. No. And then I just repeat the cycle. I’ll go to a different museum and I’ll go see different displays, exhibits and so forth. That’s sophistication. That is what we should aspire to. All this hard-work stuff, what a crock. If you do work, by the way, if you do get sucked in, make sure you work for a nonprofit. In fact, the best thing you, make sure you run a nonprofit. That way you can really get paid for not doing anything. That way you’re not working for some enterprise devoted to the evil of profit. No, you’re working for a nonprofit. You will live off what other people give you and you will claim that you are better people, because you have not been soiled by the poisons of capitalism. There isn’t any profit or loss in what you do. You’re interested in public service. Then, when you finish that, it’s to the soup kitchen and the homeless shelter, just to look in, just to see that people are there, and you’ll feel great about yourself because you care. And then you’ll demand the rich pay higher taxes so that the soup kitchen doesn’t close … Here’s the thing about hard work. Hard work is hard — and, by the way, folks, not everybody loves their work. This commercial is an indication of what can happen if you work hard, even though you may not like it. But you know what this commercial really is? By the way, this commercial was originally not for an electric car. They made this ad about an electric car to try to soften the blow so it would offend these leftist wackos less. Rush Limbaugh

Cachez ce rêve américain que je ne saurai voir !

Alors qu’au pays aux éternels trois millions de chomeurs, un jeune entrepreneur  et l’organe de presse qui publiait sa tribune libre se voient assigner en justice pour avoir osé remettre en question les méthodes anticoncurrentielles d’une compagnie de taxis …

Et qu’à la suite d’un président du Très Grand Capital recordman toutes catégories des levées de fonds et des dépenses de campagne et avec le nouvel assouplissement des règles que vient de voter la Cour suprême, des parlementaires américains toujours plus riches vont pouvoir, démocrates en tête, s’enrichir un peu plus …

Comment s’étonner de la belle unanimité du tollé qu’a suscité, chez les têtes pensantes des deux côtés de l’Atlantique, la véritable ode au rêve américain et à l’éthique du travail qu’avait lancée Cadillac sur les petits écrans en février dernier pour vendre sa nouvelle berline ?

Où, au prix d’un double contresens confondant matérialisme et accomplissement personnel et critiquant la conversion d’une entreprise à l’écologie qui aurait dû les séduire (la berline est en fait hybride-électrique), nos professionnels de la nouvelle police de la pensée politiquement correcte se ruent comme un seul homme  sur le chiffon rouge de l’image d’une Amérique à nouveau fière d’elle-même

Dans une pub il est vrai où, contrairement à l’habile parodie qu’en a fait aussitôt après son concurrent Ford pour vendre sa propre voiture électrique (avec femme noire, comme il se doit, modèle de modestie et de bonne conscience écologique), la vénérable compagnie au nom si mythiquement français choisissait pour l’incarner un acteur blond et bien dans sa peau, étalant sans vergogne sa réussite et celle de son pays tout en taclant au passage les quatre semaines de congés payés d’un pays pourtant, du moins pour ceux qui ont la chance d’avoir un travail, des plus productifs  …

La pub anti-Français de Cadillac
Le Nouvel Observateur
11-04-2014

Le dernier spot de la marque de luxe laisse entendre que les Français sont des paresseux passant leur temps à se délecter des congés payés. Charming.

Les publicités pour voiture ne font pas toujours preuve d’une grande finesse. C’est le cas du dernier spot de Cadillac.

Tout commence sur fond de grosse maison américaine. Un homme, dénommé Nel McDonough, se tient devant la piscine, et pose une question existentielle : "Pourquoi travaillons-nous autant ?" "Pour tout ça", dit-il en traversant sa villa, "pour toutes ces choses matérielles".

"Dans d’autres pays, ils rentrent chez eux tôt, s’arrêtent au café et prennent des vacances tout le mois d’août", poursuit-il.

Ce "nous", ce sont bien sûr les Américains, et les "autres pays", la France avec ses 35 heures, ses congés payés et ses bistrots à tous les coins de rue.

Nel McDonough ne lésine sur aucun argument pour démontrer le caractère "ambitieux" et "acharné" des Américains dont les Français seraient dépourvus : Neil Armstrong et les premiers pas sur la lune, Bill Gates… Dans son costume gris des plus chics, Nel McDonough pour finir débranche son bolide électrique en déclarant que la vie, finalement, "c’est assez simple. Vous travaillez dur, vous créez vos propres chances, vous devez croire que tout est possible. Et tous ces biens ? C’est l’avantage de ne prendre que deux semaines de vacances en août".

Et de conclure par un clin d’œil "N’est-ce pas ?". En français bien sûr.

Voir aussi:

L’affligeante pub anti-française de Cadillac
La marque de General Motors propose dans un spot une vision caricaturale de Français forcément paresseux.
Marc Naimark
Slate
11/04/2014

Il est vaguement ironique qu’une marque automobile qui tire son nom du fondateur français du Fort Ponchartrain, devenu la ville de Detroit, décide de faire du French-bashing. Ah oui, ces Frogs, ces cheese-eating surrender monkeys, connus pour leur paresse, les 35 heures, la déconnexion de leurs mails professionnel à 18h et les quatre semaines passées à bronzer parmi les coquillages et crustacés en août! Quelle différence avec ces Yankees travailleurs, se délectant des heures passées à tout faire sauf ne rien faire.

C’est justement le trait de caractère qu’utilise Cadillac, la gamme de luxe de General Motors, qui tire son nom d’un certain Antoine Laumet de La Mothe, sieur de Cadillac, dans une pub télé pour son modèle ELR mettant en scène l’acteur Neil McDonough (Frères d’armes, Desperate Housewives, etc.).

Dans ce spot, McDonough se promène de sa belle piscine vers sa non moins belle villa, de la superbe cuisine de celle-ci vers son vaste salon, en nous posant une question existentielle: pourquoi travaille-t-on autant? Pour tous ces biens matériels? Pour une marque de luxe, il va de soi que la réponse, après un discours un peu erratique sur la folie américaine, sera «oui».

«N’est-ce pas?» en français dans le texte

Durant ce plaidoyer en faveur du matérialisme, McDonough oppose aux Américains «d’autres pays» (en fait, la France) où, après le boulot, on se prélasse à la terrasse d’un café, où l’on passe tout le mois d’août en vacances, où l’on sait apprécier la vie.

Ceux-là méprisent les Américains ambitieux et acharnés au travail en les traitant de fous. Mais les frères Wright, pionniers de l’aviation, n’étaient-ils pas fous? N’était-ce pas fou d’aller sur la Lune et d’y retourner plusieurs fois avant de s’en ennuyer, laissant des bagnoles là-haut, sûrs que les seuls capables d’y retourner seront des Américains (surtout, ne le dites pas aux Chinois…)?

McDonough rentre dans son dressing et ressort en costume, prêt à sortir débrancher le bolide électrique à générateur intégré garé devant sa villa, en concluant:

«Les biens matériels, c’est le bon côté de ne prendre que quinze jours de vacances.»

Avec comme conclusion, un «N’est-ce pas?» évidemment en français dans le texte.

Effort pour un monde meilleur

A la caricature du Français qui sait vivre mais qui ne connaîtra jamais le plaisir d’avoir autant de choses que l’Américain, Ford, dans une nouvelle pub qui répond à celle de Cadillac, vient d’opposer une autre vision. Le spot met en scène, non pas un acteur, mais une personne réelle, Pashon Murray, la fondatrice de Detroit Dirt, entreprise du secteur social et solidaire qui récupère les déchets pour les transformer en compost destiné aux fermes urbaines d’une Detroit dépeuplée.

Dans cette pub, calque exacte de celle de Cadillac mais pour une voiture électrique bien plus modeste, Murray propose une troisième voie: ni paresse ni obsession accumulatrice, mais l’effort pour un monde meilleur.

La pub Cadillac se voulait provocatrice et clivante. General Motors prétend que les réactions étaient largement en sa faveur, mais a néanmoins choisi de ranger ce spot au placard après l’avoir diffusé massivement lors des JO de Sotchi, au profit de spots Internet destinés à mettre en évidence les avantages d’une voiture électrique et les autres innovations luxo-technologiques de l’ELR.

Si cette pub a «marché», c’est sans doute parce qu’elle conforte des Américains qui travaillent sans relâche pour acheter des maisons plus grandes où ils ne passent que très peu de temps, pour se procurer de nouveaux objets électroniques qu’ils n’ont presque pas le temps d’utiliser, pour acheter plein de jouets à leurs enfants qu’ils ne voient jamais. Neil McDonough les rassure: ça va, c’est bien de travailler autant, vous aurez une Cadillac à la fin!

Pour les 80% d’Américains qui n’auront jamais les moyens de payer plus de 75.000 dollars une voiture, les heures sans fin, c’est pour payer les assurances santé, la garde d’enfant, un logement dans un quartier avec des écoles un peu moins pourries qu’ailleurs. Et peut-être la voiture électrique de Ford, vendue moitié moins cher que l’ELR.

Une vision d’un monde où le travail n’est ni égoïstement honni, ni égoïstement adulé, mais tout simplement une voie vers un monde meilleur. Et c’est sans doute cette vision à laquelle adhéreraient les Français, les vrais, pas les faire-valoir caricaturaux de ce spot plutôt affligeant.

Voir également:

Cadillac lance une campagne de pub « anti-France »
Romain Pomian-Bonnemaison
Terrafemina
12 avril 2014

La marque de voiture Cadillac a choisi de centrer sa dernière campagne de pub sur ce qui fait des Etats-Unis un si grand pays… surtout par rapport au « farniente » à la française. N’hésitant pas à faire passer les français pour des flemmards parce qu’il se prendraient « un mois de vacances en août », la publicité qui n’en est pas à une contradiction près – en fait presque oublier le produit qu’elle essaie de vendre. Sans vraiment faire dans la finesse.

« Dans d’autres pays, ils travaillent, reviennent à la maison en s’arrêtant au café, ils prennent leur mois d’août – en entier », répète, insondable, l’acteur Neal McDonough (Desperate Housewives, Frères d’Armes, Minority Report…). Après tout un laïus sur le matérialisme, véritable sens de l’existence (avoir une piscine, par exemple, est dépeint comme un objectif de vie suprême), la publicité se conclut par un « N’est-ce pas ? » en français dans le texte – histoire de bien souligner que les « autres pays », ça veut bien dire la France. Pour la petite histoire, le nom de l’entreprise, Cadillac, fait référence au gascon Antoine de Lamothe-Cadillac, fondateur de la ville de Détroit en 1701 – une contradiction certes vague, mais non moins intéressante.

Quel est le message de Cadillac ?

Dans le détail, les poncifs véhiculés par cette publicité sont affligeants. Comme le relève Slate, les Etats-Unis, dépeints en creux, sont des maîtres incontestés dans tous les domaines – quitte à dire de belles âneries comme sur la conquête de la Lune, où il oublie que les Russes et les Chinois ont eux aussi déposé des véhicules… Et de conclure par cette phrase pas très illuminée: « Les biens matériels, c’est le bon côté de ne prendre que quinze jours de vacances », suivi de « N’est-ce pas ? ».

Voir encore:

Ford surfe sur le bad buzz de Cadillac pour sa dernière pub

maitesavin
Meltybuzz
31/03/2014
Alors que la dernière campagne de Cadillac faisait l’objet d’un bad buzz, la marque de voiture Ford a décidé de surfer sur ce bad buzz pour le tourner à son avantage en reprenant la pub au plan près !

La parodie de Cadillac par Ford

Après le bad buzz de la pub de Cadillac, Ford a retourné la situation à son avantage. En effet, en février dernier, l’acteur Neal McDonough (Dave Williams, mari d’Edie Britt dans la saison 5 de Desperate Housewives) incarnait le rêve américain matérialiste et libéral afin de promouvoir l’ELR, la berline électrique de Cadillac. Cette campagne n’avait pas fait l’unanimité et a même été qualifiée de "cauchemar". C’est alors que Team Detroit, l’agence de pub travaillant pour la marque de voitures Ford, a décidé de prendre cette pub à contre pied. Surfant sur le bad buzz qu’elle a déclenché, elle reprend plan par plan la campagne de Cadillac remplaçant l’acteur blond par l’Afro-américaine Pashon Murray. Rien ne change sauf le discours. Cette dernière porte des bottes et un pantalon de jardin et explique son mode de vie écologique, tourné vers la Terre et les autres avec sa fondation Detroit Dirt. Contrairement à Cadillac, la jeune femme ne parle en aucun cas de sa réussite, de sa richesse en vantant la suprématie américaine et taclant les 5 semaines de congés payés français. Non, Ford a su garder un discours modeste et a bien su se servir de Cadillac pour promouvoir sa propre voiture électrique !

Voir de même:

Les Français ne sont pas assez productifs: info ou intox?

Louis Gallois estime que la productivité ne croît plus suffisamment en France. Pourtant, la France a une productivité horaire des plus élevées. Mais travaille moins d’heures que ses voisins. Décryptage.

Emilie Lévêque

L’Expansion

09/11/2012

Et si le manque de compétitivité de la France n’était pas seulement dû au coût du travail trop élevé, mais à un déficit de productivité des salariés? C’est en tout cas ce pense Louis Gallois. "Il y a un vrai problème de la productivité du travail en France", a déclaré ce vendredi sur BFM Business l’ancien patron du groupe aéronautique EADS, auteur du rapport sur la compétitivité des entreprises françaises. "La productivité horaire française reste forte, le problème, c’est qu’elle ne croît plus au rythme souhaitable", a-t-il poursuivi soulignant qu’elle augmentait à un rythme de "0,8% par an". "C’est insuffisant", pour l’industriel.

N’en déplaise à Louis Gallois, la croissance de la productivité horaire française est bien plus élevée que 0,8%: +1,3% en 2011 selon l’OCDE, + 1,4% selon l’Insee. Certes, en comparaison, la productivité horaire des Allemands a augmenté de 1,6% sur la même période, et de 1,5% en moyenne dans les pays de l’OCDE.

Mais la productivité horaire d’un Français est parmi les plus élevée des pays industrialisés: 57,7 dollars en 2011 contre 55,3 dollars pour un Allemand et 44 dollars en moyenne dans les pays de l’OCDE. Seuls les Américains (60,3 dollars), les Norvégiens (81,5 dollars), les Néerlandais (59,8 dollars), les Luxembourgeois (78,9), les Irlandais (66,4) et les Belges (59,2) sont plus productifs. Quant à la productivité globale – la valeur ajoutée brute -, elle a augmenté de 2,7% l’an dernier, à 1789 milliards d’euros.
Louis Gallois contraint de retirer ces préconisation sur le temps de travail?

Ce n’est donc peut-être pas tant un problème de productivité horaire, que dénonce Louis Gallois, mais de nombre d’heures travaillées. Parmi les nombreuses informations qui ont fuité sur ce que proposerait le rapport Gallois, il y a eu, en octobre, celle du Parisien sur la suppression des 35 heures. Le Commissariat général à l’investissement avait aussitôt démenti. Et de fait, il n’y a aucune mention à la durée du travail dans le rapport remis le 6 novembre au Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Etrange, car toutes les autres fuites de presse se sont révélées exactes – sur l’allègement de charges sociales de 30 milliards d’euros, sur l’exploration du gaz de schiste, etc. Louis Gallois aurait-il été contraint de retirer cette proposition de supprimer les 35 heures? C’est ce qu’il dit à demi-mots: il a été obligé "de se cantonner à un certain nombre de sujets", explique-t-il sur BFM.

Il est toutefois faux de croire que les Français ne travaillent que 35 heures par semaine: heures supplémentaires comprises, la durée hebdomadaire de travail des salariés à temps complet était, en 2011, de 39,5 heures (52,7 heures pour les non salariés). Certes, c’est moins que les Allemands (40,4 heures en moyenne par semaine) et que l’ensemble des Européens (40,4 heures). Mais, au total en 2011, les Français ont travaillé 1475 heures selon l’OCDE, contre 1411 heures pour les Allemands! Car si l’Allemagne n’a pas réduit le temps de travail des salariés à temps plein, elle a en revanche massivement développé le temps partiel.

Reste que les Français ont des marges de progression: la moyenne en zone euro est de 1573 heures de travail par an, et de 1775 heures dans l’ensemble des pays de l’OCDE. Ceux qui travaillent le plus sont les Mexicains (2250 heures par an) et les Sud-Coréens (2193 heures par an).

Voir par aussi:

Relax! You’ll Be More Productive
Tony Schwartz
February 9, 2013

THINK for a moment about your typical workday. Do you wake up tired? Check your e-mail before you get out of bed? Skip breakfast or grab something on the run that’s not particularly nutritious? Rarely get away from your desk for lunch? Run from meeting to meeting with no time in between? Find it nearly impossible to keep up with the volume of e-mail you receive? Leave work later than you’d like, and still feel compelled to check e-mail in the evenings?

More and more of us find ourselves unable to juggle overwhelming demands and maintain a seemingly unsustainable pace. Paradoxically, the best way to get more done may be to spend more time doing less. A new and growing body of multidisciplinary research shows that strategic renewal — including daytime workouts, short afternoon naps, longer sleep hours, more time away from the office and longer, more frequent vacations — boosts productivity, job performance and, of course, health.

“More, bigger, faster.” This, the ethos of the market economies since the Industrial Revolution, is grounded in a mythical and misguided assumption — that our resources are infinite.

Time is the resource on which we’ve relied to get more accomplished. When there’s more to do, we invest more hours. But time is finite, and many of us feel we’re running out, that we’re investing as many hours as we can while trying to retain some semblance of a life outside work.

Although many of us can’t increase the working hours in the day, we can measurably increase our energy. Science supplies a useful way to understand the forces at play here. Physicists understand energy as the capacity to do work. Like time, energy is finite; but unlike time, it is renewable. Taking more time off is counterintuitive for most of us. The idea is also at odds with the prevailing work ethic in most companies, where downtime is typically viewed as time wasted. More than one-third of employees, for example, eat lunch at their desks on a regular basis. More than 50 percent assume they’ll work during their vacations.

In most workplaces, rewards still accrue to those who push the hardest and most continuously over time. But that doesn’t mean they’re the most productive.

Spending more hours at work often leads to less time for sleep and insufficient sleep takes a substantial toll on performance. In a study of nearly 400 employees, published last year, researchers found that sleeping too little — defined as less than six hours each night — was one of the best predictors of on-the-job burn-out. A recent Harvard study estimated that sleep deprivation costs American companies $63.2 billion a year in lost productivity.

The Stanford researcher Cheri D. Mah found that when she got male basketball players to sleep 10 hours a night, their performances in practice dramatically improved: free-throw and three-point shooting each increased by an average of 9 percent.

Daytime naps have a similar effect on performance. When night shift air traffic controllers were given 40 minutes to nap — and slept an average of 19 minutes — they performed much better on tests that measured vigilance and reaction time.

Longer naps have an even more profound impact than shorter ones. Sara C. Mednick, a sleep researcher at the University of California, Riverside, found that a 60- to 90-minute nap improved memory test results as fully as did eight hours of sleep.

MORE vacations are similarly beneficial. In 2006, the accounting firm Ernst & Young did an internal study of its employees and found that for each additional 10 hours of vacation employees took, their year-end performance ratings from supervisors (on a scale of one to five) improved by 8 percent. Frequent vacationers were also significantly less likely to leave the firm.

As athletes understand especially well, the greater the performance demand, the greater the need for renewal. When we’re under pressure, however, most of us experience the opposite impulse: to push harder rather than rest. This may explain why a recent survey by Harris Interactive found that Americans left an average of 9.2 vacation days unused in 2012 — up from 6.2 days in 2011.

The importance of restoration is rooted in our physiology. Human beings aren’t designed to expend energy continuously. Rather, we’re meant to pulse between spending and recovering energy.

In the 1950s, the researchers William Dement and Nathaniel Kleitman discovered that we sleep in cycles of roughly 90 minutes, moving from light to deep sleep and back out again. They named this pattern the Basic-Rest Activity Cycle or BRAC. A decade later, Professor Kleitman discovered that this cycle recapitulates itself during our waking lives.

The difference is that during the day we move from a state of alertness progressively into physiological fatigue approximately every 90 minutes. Our bodies regularly tell us to take a break, but we often override these signals and instead stoke ourselves up with caffeine, sugar and our own emergency reserves — the stress hormones adrenaline, noradrenaline and cortisol.

Working in 90-minute intervals turns out to be a prescription for maximizing productivity. Professor K. Anders Ericsson and his colleagues at Florida State University have studied elite performers, including musicians, athletes, actors and chess players. In each of these fields, Dr. Ericsson found that the best performers typically practice in uninterrupted sessions that last no more than 90 minutes. They begin in the morning, take a break between sessions, and rarely work for more than four and a half hours in any given day.

“To maximize gains from long-term practice,” Dr. Ericsson concluded, “individuals must avoid exhaustion and must limit practice to an amount from which they can completely recover on a daily or weekly basis.”

I’ve systematically built these principles into the way I write. For my first three books, I sat at my desk for up 10 hours a day. Each of the books took me at least a year to write. For my two most recent books, I wrote in three uninterrupted 90-minute sessions — beginning first thing in the morning, when my energy was highest — and took a break after each one.

Along the way, I learned that it’s not how long, but how well, you renew that matters most in terms of performance. Even renewal requires practice. The more rapidly and deeply I learned to quiet my mind and relax my body, the more restored I felt afterward. For one of the breaks, I ran. This generated mental and emotional renewal, but also turned out to be a time in which some of my best ideas came to me, unbidden. Writing just four and half hours a day, I completed both books in less than six months and spent my afternoons on less demanding work.

The power of renewal was so compelling to me that I’ve created a business around it that helps a range of companies including Google, Coca-Cola, Green Mountain Coffee, the Los Angeles Police Department, Cleveland Clinic and Genentech.

Our own offices are a laboratory for the principles we teach. Renewal is central to how we work. We dedicated space to a “renewal” room in which employees can nap, meditate or relax. We have a spacious lounge where employees hang out together and snack on healthy foods we provide. We encourage workers to take renewal breaks throughout the day, and to leave the office for lunch, which we often do together. We allow people to work from home several days a week, in part so they can avoid debilitating rush-hour commutes. Our workdays end at 6 p.m. and we don’t expect anyone to answer e-mail in the evenings or on the weekends. Employees receive four weeks of vacation from their first year.

Our basic idea is that the energy employees bring to their jobs is far more important in terms of the value of their work than is the number of hours they work. By managing energy more skillfully, it’s possible to get more done, in less time, more sustainably. In a decade, no one has ever chosen to leave the company. Our secret is simple — and generally applicable. When we’re renewing, we’re truly renewing, so when we’re working, we can really work.

Tony Schwartz is the chief executive officer of The Energy Project and the author, most recently, of “Be Excellent at Anything.”

Voir également:

Cadillac Clears Up ‘Misconceptions’ About Contentious ‘Poolside’ Ad
But Expect Debate to Keep Raging After Oscar Airing
Michael McCarthy
Ad age
March 01, 2014. 31

"Why do we work so hard? For what? For this? For stuff?" asks actor Neal McDonough as he gazes out over his pool in new Cadillac’s TV commercial before delivering a dissertation on the American Dream.

With that, the actor begins the controversial 60-second spot Cadillac that will air both before and during ABC’s broadcast of the Academy Awards this Sunday night.

The "Poolside" spot created, by ad agency Rogue, is intended to serve as a "brand provocation," according to Craig Bierley, Cadillac’s advertising director. Consider it mission accomplished.

The spot for the new Cadillac ELR has provoked extreme reactions since its debut during NBC’s broadcast of the Opening Ceremony of the 2014 Sochi Winter Olympics

Fans on the political right see "Poolside" as an unapologetic ode to American values. Critics on the political left see it as Ugly American chest thumping at its worst. During a time when Americans are working harder and longer for less money, others question the spot’s perceived workaholic message.

Fox Business News contributor Jonathan Hoenig, a founding member of the Capitalistpig hedge fund, praised "Poolside" as a "tremendous" celebration of profit-seeking, productivity and, yes, enjoyment of material goods.

"Those are considered very declasse these days, very down. So here’s a wonderful ad that actually celebrates America," Mr. Hoenig said.

But Fox Business host Neil Cavuto worried "Poolside" feeds the negative perception of the richest 1% as smug, rich bastards who are contemptuous of everyone else. It also takes chutzpah for GM, a company bailed out by American taxpayers, to preach self-reliance, Mr. Cavuto wryly noted.

Other critics have attacked the spot more bluntly. The Huffington Post declared: "Cadillac made a commercial about the American Dream — and it’s a Nightmare." Wrote Carolyn Gregoire: "The luxury car company is selling a vision of the American Dream at its worst: Work yourself into the ground, take as little time off as possible, and buy expensive sh*t (specifically, a 2014 Cadillac ELR)."

Washington Post contributor Brigid Schulte "groaned" at the sight of a "middle-aged white guy" extolling the "virtues of hard work, American style," while strolling around his fancy house, pool and $75,000 electric car.
Ad Age DataCenter
11.5% Experiential marketing

U.S. revenue growth for experiential/event-marketing agencies in Ad Age’s Agency Report 2013. Check out the full report and rankings.
Learn more

Advertising Age interviewed Cadillac’s Mr. Bierley on the strong reaction to the spot. He said the spot’s been "misconstrued" by some viewers. He wanted to set the record straight. Among the misperceptions:
Craig Bierley Craig Bierley

It’s aimed at the richest 1%
Not so, says Mr. Bierley. Rather than millionaires, the spot’s targeted at customers who make around $200,000 a year. They’re consumers with a "little bit of grit under their fingernails" who "pop in and out of luxury" when and how they see fit, he said. "These are people who haven’t been given anything. Every part of success they’ve achieved has been earned through hard work and hustle. . . . One of the ways they reward themselves for their hard work is through the purchase of a luxury car," he said.

It’s about materialism
Go back and watch the beginning, said Mr. Bierley. Right up front, Mr. McDonough dismisses the idea the reason American work so hard is to buy "stuff." What he’s really saying is that Americans work hard because that’s what they love to do. Luxury cars and other expensive goodies are a byproduct of success; not the objective.

"It’s basically saying hard work creates its own luck. In order to achieve it, you just have to believe anything’s possible. You have to believe in yourself, you have to believe in possibilities. It’s really about optimism. It’s really a fundamental human truth: optimism about creating your own future. It’s not about materialism."

It’s a "Buy American" spot
That’s wrong too. Mr. McDonough references the U.S. moon landing, Bill Gates and the Wright Brothers because the ad is only designed to run in the U.S., not overseas. If "Poolside" was designed as a global ad, the references would be more global.

Cadillac does not want to "guilt" people into buying an American rather than a European luxury car, said Mr. Bierley. "The last thing in the world we want to do is comes across as: ‘It’s your duty to buy an American car.’ I don’t think anybody wakes up wanting to hear that. . . . The strategy was really to play off the consumer insights around this notion of achievement earned through hard work and hustle — and celebrating that. Since it’s a U.S.-based spot, we used metaphors to talk about other people who received their success through hard work."
Advertisement

It celebrates the USA’s workaholic culture
Reaction is running about 3-1 in favor of the spot with the young consumer audience on YouTube, said Mr. Bierley. But some people are offended at the perceived workaholic message when millions of people are out work and others are just getting by. Again, that’s not what Cadillac intended, Mr. Bierley said.

"We’re not making a statement saying, ‘We want people to work hard.’ What we’re saying is that hard work has its payoffs. Find something you love to do, do it incredibly well and there’s a reward for that. Whether its personal satisfaction, whether its fulfillment, whether that’s money."

It was created for the Olympics, when nationalism runs high
Wrong, said Mr. Bierley. Instead, Rogue found and cast Mr. McDonough in an early version of the spot that they used to pitch and ultimately win Cadillac’s $250 million creative account last year. Cadillac and Rogue later went back and remade the spot with Mr. McDonough to create the version on-air now. "We just liked his attitude," said Mr. Bierley about the character actor who’s starred on HBO’s "Band of Brothers" and other shows.

It’s a dissertation on American values
Sure, said Mr. Bierley. But what people forget is that still just a car ad. What made Cadillac happiest is consumers recognize ELR as an electric car — although Mr. McDonough never states that explicitly. "It’s sparked an interesting and thought-provoking debate," said Mr. Bierley.

Voir encore:

The Super Bowl Farmers
Victor Davis Hanson
February 13th, 2013

Chrysler’s Super Bowl Ram Truck commercial praising the American farmer was an unexpected big hit and is still being replayed around the country on talk radio. Rich Lowry and Peggy Noonan both contrasted the authenticity of that commercial fantasy with the falsity of the real event.

And why not? Even if the clip was a bit corny and overdone, the late Paul Harvey was a masterful throaty narrator in the romantic age before the onset of America’s now ubiquitous metrosexual nasal intonation. Harvey just didn’t sound different from the present generation, but from what we suspect, he sounded different from most generations to come as well. One reason that our age cannot make a Shane, High Noon, or The Searchers is that most of our suburban Hollywood actors cannot even fake the accent of either the frontier or the tragic hero anymore. When Tommy Lee Jones and Robert Duvall go, so goes too the last link to the cinema’s Westerner. There are no more voices like Slim Pickens or Ben Johnson. One of the successes of the commercial is that the photographed farmers did not speak, and left the impression of mute superiority.

It was not just Harvey’s mid-20th century voice that intrigued millions, but his unapologetic praise of the farmer’s work ethic, religiosity, and family values that he implied were at the core of American greatness, and were shared by all sorts of other American originals: the truck driver, the steel worker, or waitress whom we now all praise and yet prep our children not to be. We suspect that our kids would be better off at forty for spending a summer on a tractor at fifteen, but we just can’t seem to risk the loss of a season’s computer camp or eco-camp in the bargain.

The commercial’s platitudes were cleverly juxtaposed with grainy pictures of un-Botoxed people doing real physical work and in concert with each other, using big machines, and looking the worse for wear from it. True or not, we at least were to believe that no one in those still shots had hair plugs, bleached teeth, or faux tans in the manner of our vice president, who tries so hard to be an oh-so-authentic “Joey.” In that regard, Clint Eastwood’s resonance hinges in part on the fact that his lined and craggy face does not resemble what has happened to Sylvester Stallone’s, and he did not engage in the sort of embarrassing, obsequious fawning about George Bush that a Chris Rock or Jamie Foxx has monotonously done about Barack Obama. Americans still admire authenticity, and that too explains the later YouTube popularity of the commercial. When the Obama team released pictures of Obama “skeet shooting” or with a furrowed brow following in real time the ongoing shooting and killing in Benghazi, we knew it was all show, all Dukakis in a tank. The only thing worse than being cut off from the premodern world is faking participation in it.

I suppose the images resonated in 2013 in a way that they would have seemed passé in 1950, but not just because farmers then were about 15% of the population and now make up less than 1%, and so currently earn the added intrigue accorded to vanishing in the manner of the rhino or blue whale. The commercial instead was mostly a hit because of the sharp contrast, not just with the Petronian spectacle of today’s Super Bowl extravaganza, but also with the general tenor of the times of 2013 in particular.

Voir aussi:

Advertisers Pitching to Americans Yearning to Feel Confident Again
Jim Geraghty
National Review

March 5, 2014

Beyond the Russia and Alan Grayson news in today’s Morning Jolt . . .

Advertisers Pitching to Americans Yearning to Feel Confident Again

Take a look at three of the biggest, most-discussed television ads of the past year or so.

First, Ram Trucks’ “God Made a Farmer” ad from the Super Bowl last year:

Then the Coke ad from the Super Bowl this year:

I know there were some folks who watched the Coke ad and perceived the message, “America isn’t just for English-speakers! Embrace the polyglot, you ethnocentric hicks!” But it’s just as easy, or easier, to look at the ad and see the message that all across the globe, in every tongue, people find America, and its freedoms, cultures, and traditions beautiful.

Then the latest ad to make a splash, no pun intended, is Cadillac’s “Poolside”:

Ad Age summarizes the reaction:

“Why do we work so hard? For what? For this? For stuff?” asks actor Neal McDonough as he gazes out over his pool in new Cadillac’s TV commercial before delivering a dissertation on the American Dream.

With that, the actor begins the controversial 60-second spot Cadillac that will air both before and during ABC’s broadcast of the Academy Awards this Sunday night.

The “Poolside” spot created, by ad agency Rogue, is intended to serve as a “brand provocation,” according to Craig Bierley, Cadillac’s advertising director. Consider it mission accomplished.

Fox Business News contributor Jonathan Hoenig, a founding member of the Capitalistpig hedge fund, praised “Poolside” as a “tremendous” celebration of profit-seeking, productivity and, yes, enjoyment of material goods.

“Those are considered very declasse these days, very down. So here’s a wonderful ad that actually celebrates America,” Mr. Hoenig said.

But Fox Business host Neil Cavuto worried “Poolside” feeds the negative perception of the richest 1% as smug, rich bastards who are contemptuous of everyone else. It also takes chutzpah for GM, a company bailed out by American taxpayers, to preach self-reliance, Mr. Cavuto wryly noted.

What’s the theme tying together all three of these?

Americans desperately want to feel good about their country again.

The farmer in the Ram Trucks ad is what we think we once were, and want to still be: hard-working, reliable, honest, filled with determination and integrity. The Coke ad actually begins with a cowboy who would fit in the Ram Truck ad, but moves on to break-dancing kids, a family visiting the Grand Canyon, a big (Hispanic?) family settling in for dinner, folks wobbling at a roller rink and laughing at themselves. That ad shows that we’re warm and welcoming, close to our families, spending quality time with our kids who aren’t sitting in front of a video-game console or staring at the screen of their phone.

And then Neal McDunough — “Hey, it’s that guy from Band of Brothers and Captain America!” — comes along and stabs a needle of adrenaline and confidence into our heart. He chuckles about other countries sitting at cafes and taking August off. He walks past his kids, who are doing their homework, with one appearing to be working on a model of DNA. He explains that “we’re crazy, driven, hard-working believers,” and high-fives his younger child, who obviously has already absorbed this cheerful, confident philosophy. He’s got a gorgeous house with a pool, happy, bright kids, a good-looking wife who reads the Wall Street Journal after he does, and he looks good in a suit. He’s got spring in his step. The world is his oyster, and he says it’s America’s oyster, too, because “you work hard, you create your own luck, and you’ve got to believe anything is possible.”

We want to be that guy. Or we want to believe we could be that guy if we tried. Or perhaps put even clearer, we want to believe we have the opportunity to be that guy, whether or not we actually want to pursue that life, that house, that lifestyle, and drive that car.

UPDATE: A reader reminds me that Mike Rowe’s ad for Walmart fits in this theme as well:

Most companies test their ads extensively with focus groups. The folks in those focus groups must be bursting at the seams for a message that America can be great again. Are the potential 2016 contenders hearing this?

Liberals Outraged by Cadillac Ad
Rush Limbaugh
March 06, 2014

RUSH: Have you seen, ladies and gentlemen, the new Cadillac commercial for their new electric car? (interruption) You haven’t?  It features the actor Neal McDonough.  Do you watch Justified? (interruption) Well, Neal McDonough was in Justified two years ago.  He’s got this baby-shaped head, blue eyes, short, blond hair.  He can play the nicest next-door neighbor or the evilest villain you’ve ever found.

He is the actor in this commercial.  The left hates this commercial.  There are caustic posts on leftist websites, and even mainstream news sites, Huffing and Puffington Post. They’re outraged over the Cadillac ad!  If you’ve seen it, you might know why.

RUSH:  Let’s get to the Cadillac commercial.  There’s a headline here at the Huffing and Puffington Post.  It’s by a woman named Carolyn Gregoire, and I don’t know she pronounces it that way.  G-r-e-g-o-i-r-e, Gregoire, Gregoire. It’s probably Gregory, if I had to guess.  But anyway, headline: "Cadillac Made a Commercial About the American Dream, and it is a Nightmare."  This commercial has hit a nerve in the left that is such a teachable moment!

This commercial itself and the reaction to it by the left is all anyone needs know about what really has become of the Democrat Party and the American left.  The actor is Neal McDonough.  You’ve seen him in Justified.  He was in some other TV series that ran for four years.  I can’t think of the name of it right off the top of my head.  You’d recognize him if you saw him.  He’s playing the part here of a successful American male, who happens to own one of these new Cadillac electric cars.

RUSH: Here is the ad.  This is 43 seconds here. It’ll go by here pretty quickly and I’ll do the transcript myself when this is finished.

MCDONOUGH:  Why do we work so hard?  For what?  For this?  For stuff?  Other countries, they work, they stroll home, they stop by the cafe, they take August off.  Off.  Why aren’t you like that?  Why aren’t we like that?  Because we’re crazy, driven, hardworking believers.  Those other countries think we’re nuts.  Whatever.  Were the Wright Brothers insane?  Bill Gates? Les Paul? Ali?  Were we nuts when we pointed to the moon?  That’s right.  We went up there, and you know what we got?  Bored.  So we left.  It’s pretty simple.  You work hard, you create your own luck, and you gotta believe anything is possible.  As for all the stuff, that’s the upside of only taking two weeks off in August.  N’est-ce pas?

You don’t need stuff. You need to be the inner artiste, and while you piddle around and produce absolutely nothing, we will take care of you, and we will give you your health care while you explore your inner uselessness, and only dream about what you could be while looking at other people who are successful and instantly hating them.

RUSH: Have you seen, ladies and gentlemen, the new Cadillac commercial for their new electric car? (interruption) You haven’t? It features the actor Neal McDonough. Do you watch Justified? (interruption) Well, Neal McDonough was in Justified two years ago. He’s got this baby-shaped head, blue eyes, short, blond hair. He can play the nicest next-door neighbor or the evilest villain you’ve ever found.

He is the actor in this commercial. The left hates this commercial. There are caustic posts on leftist websites, and even mainstream news sites, Huffing and Puffington Post. They’re outraged over the Cadillac ad! If you’ve seen it, you might know why.

RUSH: Let’s get to the Cadillac commercial. There’s a headline here at the Huffing and Puffington Post. It’s by a woman named Carolyn Gregoire, and I don’t know she pronounces it that way. G-r-e-g-o-i-r-e, Gregoire, Gregoire. It’s probably Gregory, if I had to guess. But anyway, headline: "Cadillac Made a Commercial About the American Dream, and it is a Nightmare." This commercial has hit a nerve in the left that is such a teachable moment!

This commercial itself and the reaction to it by the left is all anyone needs know about what really has become of the Democrat Party and the American left. The actor is Neal McDonough. You’ve seen him in Justified. He was in some other TV series that ran for four years. I can’t think of the name of it right off the top of my head. You’d recognize him if you saw him. He’s playing the part here of a successful American male, who happens to own one of these new Cadillac electric cars.

RUSH: As for all the stuff, that’s the two weeks off in August. He also says in the ad about the moon, and we’re gonna be the first to go back. Now, the left is simply outraged because they perceived this to be an attack on Western European socialism. This is Cadillac. Remember what I’ve always told you about advertising? Advertising that works is advertising that properly, correctly takes the pulse of the people it is targeted to.

It takes the pulse of the American culture at that moment, that snapshot. So here you have Cadillac and their ad agency, and what are they using to sell this thing? The American dream, the old adages: Hard work, success, climbing the ladder. You just work hard and work hard, and you don’t think about vacations first. You think about your work. You find something you love, you go out and you do it.

And, yeah, you acquire stuff. There’s nothing wrong with acquiring stuff, and there’s nothing wrong with improving your lifestyle. The left is just livid. A pull quote from this Huffing and Puffington Post story: "a completely shameless celebration of our work-hard-buy-more culture, with a blanket dismissal of ‘other countries’ and their laziness tossed in for good measure."

One of the things that liberals love to hate about America is wrapped up in that one sentence. Let me read it to you again. The pull quote from Carolyn Gregoire, the Huffington Post says, this Cadillac ad is "a completely shameless celebration of our work-hard-buy-more culture, with a blanket dismissal of ‘other countries’ and their laziness tossed in for good measure."

If there’s one thing that this commercial misses and — well, not really. There’s a lot of Americans who can’t work anymore. There aren’t any jobs, no matter how hard you work. There are just some people that can’t find work, but Cadillac is targeting those who have jobs and are trying. You know, whatever you do, don’t feel guilty about climbing the ladder. Don’t feel guilty about improving your life.

Don’t feel guilty about wanting a Cadillac, an electric Cadillac.

Don’t feel guilty about this.

Why are we looking to Europe for guidance? They take the month of August off, there’s 14% unemployment, they’re welfare states. They sit around and they move at a leisurely pace. They can’t defend themselves. They rely on us for that. What in the world is there to model ourselves after? And the left is just loaded for bear. I’ll share with you further details from this piece. Here. Grab sound bite 18. Quickly we can squeeze it in. Here’s Robin Roberts on morning America today.

ROBERTS: Oh, my goodness. And what’s wrong with taking more than two weeks off? You’re made to be felt guilty because you’re not working hard?

RUSH: Yeah, yeah, yeah. That commercial, oh, wow! That makes you feel guilty if take more than two weeks off. That Cadillac commercial is making me feel guilty. I’m telling you, the left is afraid of that commercial. It’s such a teachable moment here.

RUSH: No. No, no, no, no. The point is, the left really is anti-American tradition. The left really does not believe in the all American dream. It’s not that they don’t even believe it; they advocate against it. That’s what this Cadillac hullabaloo illustrates and is all about. You know, we think we’re all in this together. We might have our disagreements, Democrats and Republicans, but we all want the same things. We don’t anymore.

There is not a singular American culture that’s oriented around growth and prosperity and individual achievement and success. That’s not what the Democrat Party’s about anymore. Their power base is not rooted in people like that. Their power base is rooted in the failures and victims of our society. And they are trying to create even more of them.

The enemy, as far as the Democrat Party and the American left are is concerned, the enemy are the successful, the enemy is those who are achieved. The enemy is the philosophy that undergirds the American dream. It’s called consumerism and capitalism and it’s supposedly void of any real meaning and no values. It’s just about who has more stuff and who has more money and who’s richer and all that, and they are full-fledged resentful of that.

Now, this has been building for 50 years. It didn’t just happen overnight, but to some people who are casual observers, it has happened overnight. We went from George Bush, who was a Republican for all intents and purposes as far as low-information voters are concerned, a conservative, and he won two elections. He loses, and within two years everything the country stood for is gone and finished. How did this happen? That’s what a lot of people are asking. How in the world did this happen overnight? And the answer is it hasn’t been happening overnight, or it didn’t.

It has been building for years, starting in first grade, kindergarten, all the way up through the university level, the anti-America dream speech, philosophy, the pro-Western, socialist view of things, the all-powerful state, the idea that people aren’t smart enough to take care of themselves, people aren’t capable of taking care of themselves, that people aren’t, on their own, able to make the right decisions. They not gonna spend their money right. They need people do that for them. Liberals, preferably in government, determining how people live and what decisions are made, and if they make the wrong ones, then we’ll penalize them.

It’s an amazing thing that a commercial has come along and shown this for what it is. So let me replay — and this is not the whole thing — the whole thing is 60. We cut it down to 45 seconds just for the essence, you know, brevity is the soul of wit. And this commercial literally has the left in a tizzy. I read it, folks. It’s my gig here. Show prep, I know no bounds. And I’m telling you that all over leftist blogs there is genuine rage over this. Here it is again.

MCDONOUGH: Why do we work so hard? For what? For this? For stuff? Other countries, they work, they stroll home, they stop by the cafe, they take August off. Off. Why aren’t you like that? Why aren’t we like that? Because we’re crazy, driven, hardworking believers. Those other countries think we’re nuts. Whatever. Were the Wright Brothers insane? Bill Gates? Les Paul? Ali? Were we nuts when we pointed to the moon? That’s right. We went up there, and you know what we got? Bored. So we left. It’s pretty simple. You work hard, you create your own luck, and you gotta believe anything is possible. As for all the stuff, that’s the upside of only taking two weeks off in August. N’est-ce pas?

RUSH: Oh, man, I’ll tell you, they look at this as an assault on Europe. They look at it as an assault on sidewalk cafes, Starbucks and this kind of thing. They look at it as an assault on their lifestyle. Remember, these are the people telling us that you are liberated when you get fired. You’re liberated when you lose your job because now you don’t have to do some stupid job to have health care because the government will give it to you. You don’t have to work anymore. That’s where they come from. Yeah, you can finally go discover the inner artist in you, and you now can join the legion of great human beings who have painted. You can be one of them, not tied to some silly job.

You don’t need stuff. You need to be the inner artiste, and while you piddle around and produce absolutely nothing, we will take care of you, and we will give you your health care while you explore your inner uselessness, and only dream about what you could be while looking at other people who are successful and instantly hating them. Let me read to you even more from this piece at the Huffing and Puffington Post.

"There are plenty of things to celebrate about being American, but being possessed by a blind mania for working yourself into the ground, buying more stuff and mocking people in other countries just isn’t one of them." And that’s how they view this commercial. This commercial is advocating for working yourself to death, buying a bunch of useless stuff, and making fun of other people. That’s the great sin. It’s a toss-up between working hard and making fun of other people that offends them the most. They don’t know which bothers them the most.

"So we wish we could say that Cadillac’s commercial [for it's new electric car], which debuted during the Olympics, was a joke. But no, it seems to be dead serious — a completely shameless celebration of our work-hard-buy-more culture, with a blanket dismissal of ‘other countries’ and their laziness tossed in for good measure."

Oh, I just love this. It’s so predictable, too. It’s so right on the money. People are just doing us the biggest favor by telling us exactly who they are and what they resent and what they don’t like. And what is it about hard work that bothers them? Bill Gates, I guarantee you when he was building Microsoft, it wasn’t work. It was love.

Let me use myself. I don’t look at what I do as work. I absolutely love it. I’ve always worked hard, and I absolutely love it, and I am thankful as I can be that I found what I love. I’m ecstatic I found my passion. I describe it as doing what I was born to do. I’m one of the lucky few, apparently, who found what that is, and, by the way, not an insignificant part, a way to get paid for doing it.

It’s not hard work. Well, it is, but I don’t look at it that way. It’s not arduous. I don’t get up regretting it. I don’t spend my days wringing my hands ticked off at people for what I have to do. I think every day’s an opportunity. To these people, every day’s drudgery, every day is more punishment, every day is more of an excrement sandwich. And work hard, who needs that? There’s a reason why the United States has been the lone superpower.

And, by the way, we now have a president who agrees with this take on this commercial. The American dream’s always been phony. You know why? The American dream’s been a trick. The American dream’s a trick fostered on people to get ‘em to work hard for evil corporate bosses who won’t pay them anything with this impossible result that they’re gonna make it big someday. That’s a lie. This is what the left thinks. It’s a lie put forth by corporate America, rich America, to get you to bust your butt for them while they pay you nothing. And you will die dreaming of what you never had, and, my God, you will have wasted your life in the process. And that is their outlook. You are nothing but a victim being exploited by the evil rich who are mostly white, by the way, and that’s important in this, too.

The article continues. "The opening shot shows a middle-aged man, played by the actor Neal McDonough, looking out over his backyard pool." That bugs ‘em, too. The guy has a big house. He’s got a big house, it’s in a nice neighborhood, and he’s got a pool, and it’s a built-in pool. It’s not one of these cheap balloons that you put water in. It’s a real cement pond, really ticks the left off. And he’s looking over his domain, says, "‘Why do we work so hard? For this? For stuff?’ As the ad continues, it becomes clear that the answer to this rhetorical question is actually a big fat YES." All we do is work hard for stuff.

"And it gets worse. ‘Other countries, they work,’ he says. ‘They stroll home. They stop by the cafe. They take August off. Off.’" Which they do! They take August off. They do stroll home. And when they’re not strolling, they’re driving little lawn mowers they call cars. "Then he reveals just what it is that makes Americans better than all those lazy, espresso-sipping foreigners." You just feel hate dripping from every word here? "Then he reveals just what it is that makes Americans better than all those lazy espresso-sipping foreigners," which, by the way, Carolyn I’m sure would love to be one of those lazy espresso sipping foreigners. And she may be, who knows.

But that’s the lifestyle, that’s sophistication, you see. Sophistication is, work? I’ll do what I have to. I’m gonna really devote myself to what’s important. I’m going to go paint. Then I’m gonna go visit a museum. After I visit the museum, then I’m gonna go to the art gallery, and after I finish the art gallery, I’m gonna head over back to the espresso cafe. When I finish there I’m gonna head to the real bar and I’m gonna have a couple shots, maybe some white wine, maybe some Camembert. When I finish there, I’m then gonna go to the craft show at the local community center where I’m gonna learn how to knit and sew and knit and peel and whatever, and then I’m gonna go home and I’m gonna water my garden. And right before I go to bed, I’m gonna add to the poem I’ve been writing for the past month.

Yes, I’ll work on my poetry. When I finish my poetry, I will then retire and go to bed. And when I awaken, I will get up, and I will hate the fact that the first part of my day is a job where I’m going to be exploited by some evil capitalist. But I’ll go do it anyway so that when it’s over I can stroll back to the espresso bar and maybe while I’m at the espresso bar, I’ll dream of inventing the flying car, and I’ll write it and scribble it out there on my Microsoft Surface, because I don’t want to the best, the iPad. No. And then I just repeat the cycle. I’ll go to a different museum and I’ll go see different displays, exhibits and so forth. That’s sophistication. That is what we should aspire to. All this hard-work stuff, what a crock.

If you do work, by the way, if you do get sucked in, make sure you work for a nonprofit. In fact, the best thing you, make sure you run a nonprofit. That way you can really get paid for not doing anything. That way you’re not working for some enterprise devoted to the evil of profit. No, you’re working for a nonprofit. You will live off what other people give you and you will claim that you are better people, because you have not been soiled by the poisons of capitalism. There isn’t any profit or loss in what you do. You’re interested in public service.

Then, when you finish that, it’s to the soup kitchen and the homeless shelter, just to look in, just to see that people are there, and you’ll feel great about yourself because you care. And then you’ll demand the rich pay higher taxes so that the soup kitchen doesn’t close. Oh, yes. Back to the story.

"‘Why aren’t you like that?’ he says. ‘Why aren’t we like that? Because we’re crazy, driven, hard-working believers, that’s why.’ By this point, the ad has already become little more than a parody of itself, but we had to ask: believers in what? The pursuit of ‘stuff.’ The other reason for America’s superiority, according to Cadillac? Our unrivaled space exploration program (‘We’re the only ones going back up there,’ the ad boasts). Never mind the fact that the US government is now paying Russia $70 million a pop to shuttle NASA astronauts to the International Space Station."

Hey, Ms. Gregoire, never mind that Barack Obama made NASA into a Muslim outreach department and it’s Barack Obama, your idol and hero, that makes it necessary to pay the Russians $70 million for every astronaut to the space station. By the way, with this thing in the Ukraine with the KGB vs. Obama, i.e., ACORN, what happens if Putin says, "You know what, you really ticked me off and I’m not taking you back to your space station," how we gonna get there, Ms. Gregoire? ‘Cause Obama’s shut it down. NASA’s a museum for Muslim outreach now.

"Cadillacs have long been a quintessentially American symbol of wealth and status. But as this commercial proves, no amount of wealth or status is a guarantee of good taste. Now, the luxury car company is selling a vision of the American Dream at its worst: Work yourself into the ground, take as little time off as possible, and buy expensive s- (specifically, a 2014 Cadillac ELR)."

That’s what she said. It doesn’t talk about working yourself into the ground. It’s not talking about working yourself to death, to punishment. The ad is about working yourself to prosperity and achievement and success. And they just can’t stand it, folks.

RUSH: Here’s the thing about hard work. Hard work is hard — and, by the way, folks, not everybody loves their work. This commercial is an indication of what can happen if you work hard, even though you may not like it. But you know what this commercial really is? By the way, this commercial was originally not for an electric car. They made this ad about an electric car to try to soften the blow so it would offend these leftist wackos less.

The fact that this Cadillac commercial is about an electric car doesn’t make a difference. But let me tell you what Cadillac sees. The ad tells us that people with money do not want little bitty hybrids and lawn mowers with seats on them. This ad tells us that people with money want comfortable, sexy luxury cars — and I’ll tell you what else this ad tells us. Cadillac sees the enthusiasm for the Tesla.

In California, the number one selling car of all cars is the Model S. I think it’s the Model S, but it’s some model of Tesla. They’re expensive as hell. This Cadillac is 75 grand in this ad, and Teslas are going into six figures. One of my buddies… I came back from LA. One of my buddies told me he bought one and was afraid I was gonna get mad at him. He said, "I’m not buying it ’cause I’m a wacko, Rush. I love the car. I can call up your website up in the dashboard in your car.

"I love the car — and you know, Rush, I get 175 miles a charge on it." I said, "Wow." But Cadillac sees that people with money — and that’s who they sell their cars to, people with money — have an enthusiasm for the Tesla. The Tesla is the competition for this ELV car of theirs, and it’s clear who the market is. The market that this car is made for is high achievers — and Cadillac is trying to talk to them in their native language, these high achievers, and the left just hates it.

RUSH: We’re gonna starts in Dayton, Ohio. Julie, I’m glad you called. It’s great to have you on the program. Hello.

CALLER: Thanks. I’m so happy to talk to you again.

CALLER: Thank you. We’re Home of the Wright Brothers, which was mentioned in the commercial.

RUSH: That’s right.

CALLER: Yes. Dayton, Ohio. I love this commercial. I don’t typically watch commercials because I DVR a lot of stuff, but I happened to be watching something live, so I was kind of ignoring the commercial while it was on until I heard the gentleman talk about taking a month off in August versus we take two weeks.

RUSH: Right.

CALLER: That just totally struck a chord with me. I jumped up, I backed the commercial up, and I had to replay it. I listened to that commercial over and over again, and I was just like, "Oh, my gosh. I want to go out and buy a Cadillac now."

RUSH: What do you like about? You’ve gotta get specific for me here. Obviously you had an overall favorable impression. You felt great watching it, but what hit you? What did you like about it?

CALLER: Well, I work for a pharmaceutical company, a foreign pharmaceutical company. I know that for any drug to be successful, it has to be successful in the United States, otherwise that company is not gonna do well. Americans are the hardest, hardest working, and we push and we push, and we work 40, 50, 60, 70 hours a week. We work one job, two jobs, three jobs. I mean, we work hard and we work hard for –

RUSH: I know, and it doesn’t leave me time to paint or write poetry or go to the museum.

CALLER: None at all. One of my best friends is Marcus, who I love dearly, but then my best friend Georgia, she is Greek, and when she would go over to Greece, she says, "It is so laid back." She says that they take-two-hour naps at lunchtime, and they close down work at, like, three, four o’clock, and they just don’t work as hard as Americans do.

RUSH: That’s not the right way to look at it. No, no. "They are sophisticated. They are more balanced. They have their lives in much more perspective. The Greeks, never mind that they’re broke and in debt and totally dependent on others to keep them living. The Greeks and the Spaniards and the British and the French and the Swiss? We love the Swiss, and the Danes.

We really love the Danes. They’re sophisticated. They’ve got it all figured out. They don’t work hard at all. They know that that’s not necessary. There’s no intense pressure attached to their lives. They’re able to slow down. They don’t even have to defend themselves! The United States will do that if they are ever attacked, like by the KGB. So we just don’t see the world in the right way.

John Kerry is one of these guys that thinks Western Europeans are doing it right. They’ve got the answer with their 14% unemployment. Speaking of which, you know, there’s sort of a funny story. What is this, Carla Brunei, the wife of Sarkozy, former president of France? It is Brunei, or Brunei? (interruption) Brunei. All right. Well, she was a model and an actress, and then she married the guy.

And then she couldn’t work anymore because of conflicts of interest with the government, president, and so forth. She’s actually quoted in a newspaper story today as thinking she got shafted. She thought she was marrying a guy with money, and he only makes 300 grand a year or the equivalent, and she feels like she got screwed. (interruption) Well, I know 300 grand is a lot, but not for the elites, see. That 300 grand, that’s embarrassing. For the wife of a president of a country?

Julie, I appreciate the call. Thank you.

Donald in Carpinteria, California, you’re next on the EIB Network. Hello.

CALLER: Hello, Rush. Nice to talk to you. It’s an honor, sir.

RUSH: Thank you very much, sir. Great to have you here.

CALLER: Thank you. Rush, in reference to that great ad, that great Cadillac ad, I was thinking that there’s a couple of points with that, and one being that Obama took public funds and bailed out GM. We all recall that, and then they come up and they make an ad like this that targets hardworking Americans. And it’s kind of like a slap in the face to the left, and my take is they can’t stand that. They think that GM should toe the line now because they were bailed out with public funds.

RUSH: There probably is some of that in the left’s reaction to this, that this is a government-owned company. What the hell are they doing selling something like this anyway?

CALLER: Right, and kudos to the advertising agency that would actually make an ad like this and make a pro-American, pro-work ad. And even though they took those funds, it’s kind of like, well –

RUSH: Here’s the thing about this. At the risk of sounding naive — and I am naive about a lot of things and I don’t mind people knowing that. Did you ever think — any of you — that an ad like that would be something divisive in the country? That ad is what used to be the philosophy everybody was raised by. That ad was, in fact, how everybody who wanted to be a success or wanted their kids to be a success was raised. That ad typifies distinctly, as we know, distinctly American values. And I’ll tell you, they are held in other parts of the country.

That ad is gonna ring home and true with Asians and a couple of other cultures who are also from the hard-work school of going through life and conquering it. But the idea that an ad that is as innocuous as this, this is hard work. How do we get stuff, and, yeah, there’s some people around the world that don’t. This is what American exceptionalism is. This is how we’re different. This is why people come here. That is exactly right. That ad is why people break the law to come here. And yet that ad has become something divisive in our culture now. That ad is something that is really controversial now to the left. But divisive as well.

This why I say this is a teachable moment. Look, some of you may be wondering why I’m spending so much time on it. I’ll tell you why. And it’s the same old thing. By the way, I’ve got friends who tell me I ought to change my approach. I’ll explain here in a minute. I really believe that the more people who could be taught, who would learn, be educated, what liberalism is, is the way to eventually see to it that they don’t win anymore. They’re not a majority now. They have to lie about what they believe and what they’re gonna do in order to win elections. They are not anywhere near a majority of the people of this country.

We’re being governed by a minority, and it’s simply because they have mastered the emotional, compassionate, feel-good approach to things. And they’ve made great hay out of the misconception, as they put it forth, of equality. To them it’s sameness, and anything that’s not the same is something inherently wrong with the country. And I just think this is educational. I think this is one of these great teachable moments for low-information people. Now, I have a friend who says it’s an ideological thing, it’s all good, but it’s not gonna reach everybody, Rush. People don’t want to look at things that way. Liberalism, conservative, not nearly as oriented like you are in that direction, and they’re not nearly as passionate about that.

So you gotta talk about it in terms of stupid versus smart. Instead of talking about what a big liberal Obama is, it’s just stupid what these people are doing, just plain damn dumb. And I understand the people who think that ideology is not the best way to go about educating, but it’s worked for me. I am never wrong when I predict what a liberal is gonna do, never wrong. I would never vote for one, I don’t care who. I would never vote for one. Why would anybody, is my attitude, after this, but then when you realize what they do, they’re Santa Claus. The people voting for them are not voting for them on ideology. They’re voting for ‘em on the basis of stuff.

The dirty little secret is, everybody wants stuff. It’s just that some people are happier if it’s given to them, than having to work for it. Hard work is always gonna be a tougher sell than getting gifts. But it makes for a better culture, country, and society over all. That’s what’s always been the truth, truism and the case. You what the average life span of any republic or democracy is? It’s about 200 years. So we’ve gone past ours. We’ve gone past our life expectancy. And when does every democracy end is when the public learns that they can vote themselves money from the Treasury, that is the beginning of the end. And we’re in that phase.

So the question we have is, can we arrest that and stop it before we are swallowed and destroyed by this ever-expanding mountain of debt, because that is what will do it. Don’t listen to people that tell you the debt doesn’t matter, including the people in the Republican establishment. "Ah, the debt’s the debt. It’s no different now than it was then. It may be a little bit bigger, but, hell, it’s the United States government, always good for what it owes (muttering)." At some point it all collapses and can’t sustain itself. And we have reached that point.

 Voir par ailleurs:

Taxis, VTC : les fossoyeurs de l’innovation
Opinions: Nicolas Colin s’en prend au lobby des taxis, mais surtout fustige des pouvoirs publics qui ne comprennent qu’en cédant aux lobbys de tout poil, ils creusent la tombe du redressement économique
Nicolas Colin
La Tribune
15/10/2013

Le lobby des taxis a gagné la guerre contre les VTC. Pour Nicolas Colin entrepreneur alarmé, cette affaire a révélé l’incapacité des politiques français à promouvoir l’innovation, et pourrait bien conduire à notre perte…
sur le même sujet

Tout commence comme une sorte de message à caractère informatif. Un collaborateur vient voir le patron d’Orange et lui présente une idée dont il n’est pas peu fier :

"Patron, comme nous sommes à la fois une entreprise de média et une entreprise innovante, nous pourrions consacrer une émission de télévision sur notre chaîne Orange Innovation TV aux grands patrons qui innovent dans les grandes entreprises. Ca consisterait à interviewer des dirigeants hyper-innovants et à mettre en valeur leurs innovations par rapport à celles des startups, qui nous donnent beaucoup de leçons mais dont on ne voit pas beaucoup les résultats. D’ailleurs on a déjà trouvé le titre, ça s’appellerait Les décideurs de l’innovation. On a mis au point un super générique à la Top Gun. "

Ravi, le patron d’Orange soutient cette idée :

« Mon vieux, votre idée est géniale. Je fais banco, vous avez ma carte blanche. J’ai d’ailleurs quelques idées pour les premiers invités, regardons ensemble mon carnet d’adresses pour voir à qui je dois rendre service. »
Parmi ces premiers invités figure justement Nicolas Rousselet, patron des taxis G7 (qui n’opèrent pas que des taxis d’ailleurs, mais aussi une activité de location de voitures, des activités de logistique, de stockage, etc.). Qu’il soit un invité d’une émission aussi audacieuse et disruptive que Les décideurs de l’innovation est un paradoxe : après tout, il est aujourd’hui engagé dans un vaste effort de lobbying pour contrer l’innovation dans le transport individuel de personnes en ville, dans des conditions abondamment détaillées ici ou la. Quoiqu’il en soit, dans une récente et exceptionnelle édition des Décideurs de l’innovation, Nicolas Rousselet nous expose sa vision de l’innovation.

Et à ce point du billet, mieux vaut en finir avec l’ironie : l’innovation vue par Nicolas Rousselet mérite qu’on s’y attarde tant est elle est dérisoire et erronée à peu près du début à la fin. Voici quelques extraits et mes commentaires :

« l’innovation prend deux formes : l’innovation technologique, technique et l’innovation en termes de services, de nouveaux services » (1’50?)

Eh bien non, à l’âge entrepreneurial, l’innovation ne prend qu’une seule forme, celle d’une offre nouvelle amorcée et valorisée sur un marché de masse grâce à la mise au point d’un nouveau modèle d’affaires. Les progrès technologiques sans changement de modèle d’affaires ni traction auprès de la multitude s’appellent simplement des gains de productivité… et se commoditisent en un clin d’oeil, sans permettre à l’entreprise de se différencier ;

« Pour les GPS, tout ça, là on est vraiment à la pointe, ça fait très longtemps qu’on géolocalise tous nos taxis » (3’05?)

Non non, si ça fait longtemps qu’on fait quelque chose, alors on n’est pas vraiment à la pointe. Ces derniers temps, les choses changent vite en matière de géolocalisation et de services associés ;

« Rapprocher le client du taxi, du chauffeur, nécessite de la haute technologie » (3’18?)

Pas du tout, ça nécessite tout au plus de l’amabilité de la part du chauffeur et, éventuellement, une application mobile, qui est quasiment à la portée du premier venu d’un point de vue technologique. Bien sûr, cela peut aussi nécessiter de l’innovation, c’est-à-dire un changement du modèle d’affaires : on rapproche d’autant mieux les taxis des clients qu’on fait alliance avec ces derniers, qu’ils sont ainsi incités à être actifs et donc producteurs de données. Cela, ça suppose de la confiance et ça se valorise d’autant mieux que les clients sont nombreux, bien au-delà de la clientèle premium (j’y reviendrai) ;

« Chaque filiale dans le groupe est gérée de manière autonome, indépendante, par un manager intéressé sur ses résultats » (4’12?)

Ce qui est précisément la caractéristique des entreprises non innovantes. L’innovation consiste à combiner de façon différente les composantes de l’activité de l’entreprise, quitte à ce que certaines déclinent si c’est le prix à payer pour le développement de l’entreprise tout entière. Un manager de filiale intéressé sur ses résultats fera tout pour tuer l’innovation dans sa filiale comme dans l’entreprise en général, de façon à protéger sa rente. C’est pourquoi – si du moins l’objectif est d’innover – un manager de filiale ne peut être intéressé au mieux qu’aux résultats de l’ensemble du groupe. Steve Jobs, traumatisé par sa lecture de The Innovator’s Dilemma, l’avait bien compris et mis en pratique depuis longtemps chez Apple, notamment avec la notion de unified P&L ;

« Nous avons gagné le prix de l’innovation 2010 de la chambre professionnelle du self-stockage » (5’00?)

C’est bien pratique de se créer ses petits prix de l’innovation maison pour faire croire au monde extérieur qu’on est innovant. Mais non, ça ne prend pas. L’innovation, à l’âge de la multitude, ça se mesure aux rendements d’échelle exponentiels et aux positions dominantes sur des marchés globaux. Aucune autre innovation ne contribue de manière significative au développement de l’économie française. Au contraire, le renforcement des situations de rente contribue de manière décisive à la stagnation du revenu par tête et à l’aggravation des inégalités ;

« On gère les taxis depuis pas loin de vingt ans de manière totalement numérique, avec le GPS » (6’50?)

Si les taxis étaient gérés de manière totalement numérique, ils ne s’en tiendraient pas au GPS et auraient inventé Uber avant Uber. Souvenez-vous de cette citation fameuse de The Social Network sur les frères Winklevoss :

« Nos chauffeurs de taxi sont tous des indépendants. C’est un vrai partenariat, où la qualité de service est un leitmotiv » (8’00?)

Des forums entiers sur la mauvaise expérience des taxis parisiens vécue par les touristes étrangers et les Parisiens eux-mêmes témoignent du contraire – ce qui prouve, par ailleurs, que le fait que les chauffeurs de taxi soient tous indépendants n’est pas forcément la meilleure formule pour assurer une qualité de service maximale. Comme le triomphe d’Apple nous l’a amplement démontré depuis 10 ans, l’unification de l’expérience utilisateur (ou une plateforme bien conçue, comme Amazon) sont les meilleures options pour garantir une qualité de service élevée ;

« On a lancé en décembre 2011 le club affaires premium, et là on a même un iPad mis à disposition, on a de l’eau, on a des lingettes » (8’10?)

Nous sommes tous très impressionnés, mais il n’y a pas beaucoup d’innovation dans le fait d’enrichir l’offre de service pour les seuls clients qui paient très cher leur abonnement affaires premium. La fuite vers le premium – et le délaissement corrélatif des marchés de masse – est l’un des phénomènes qui détourne les entreprises françaises de l’innovation à l’âge de la multitude – et il y a bien d’autres exemples que les taxis G7. C’est heureux que Nicolas Rousselet assume sans fard qu’il ne s’agit que de fournir aux clients que quelques lingettes et bouteilles d’eau en plus : nous sommes décidément très loin de l’innovation ;

« On voit que ça ne roule pas très bien, il y a des gros progrès à faire pour améliorer les conditions de circulation dans Paris » (8’40?)

Précisément, on ne roule pas bien dans Paris parce que trop de gens, insatisfaits du fonctionnement des transports en commun et ne pouvant s’offrir les services Affaires Premium Excellence Platine des taxis G7, choisissent de prendre leur véhicule personnel pour leurs déplacements en ville. Le développement des nouveaux modèles d’affaires autour de l’automobile en ville (auto-partage, VTC, etc.) vise en partie à dissuader les individus de prendre leur voiture et peut donc se traduire, à terme, par une décongestion de la circulation à Paris. Que les taxis G7 trouvent que les conditions actuelles sont mauvaises pour les affaires est un comble : d’abord les mauvaises conditions de circulation leur permettent de plus faire tourner le compteur (les taxis ont tout leur temps, ce sont les clients qui sont pressés) ; ensuite, les barrières réglementaires qu’ils défendent à toute force sont précisément la raison pour laquelle il est impossible d’améliorer les conditions de circulation dans cette ville de plus en plus difficile à vivre.
L’innovation doit faire bouger les lignes

Bref, comme le résume si brillamment ce journaliste particulièrement dur en interview, avec les taxis G7, « ça roule pour l’innovation ». J’ajouterai deux choses sur Nicolas Rousselet et les conditions règlementaires de l’innovation dans les transports urbains :
« Il faut que les VTC restent sur le métier pour lesquels ils ont été créés » déclarait-il au mois de juillet, cité par un article du Figaro. Wrong again : encore une fois, quand il s’agit d’innovation, l’objectif est précisément de faire bouger les lignes qui séparent les différentes activités et d’en faire la synthèse dans un nouveau modèle d’affaires, centrée autour de l’utilisateur – condition de l’alliance avec la multitude. Le déploiement d’une offre de qualité à très grande échelle est l’objectif stratégique à l’âge entrepreneurial et le seul cœur de métier des startups innovantes, comme nous le rappellent Steve Blank et Paul Graham. Ça n’a aucun sens, dans un monde où la technologie évolue en permanence et où la multitude révèle sans cesse de nouveaux besoins, de demander à une entreprise de rester sur le métier pour lequel elle a été initialement créée. On peut le faire bien sûr, mais il faut assumer alors qu’on renonce à l’innovation – moteur du développement économique, facteur de création d’emplois et de réduction des inégalités et, accessoirement, contribution décisive à l’amélioration du quotidien des consommateurs ;

Restreindre l’innovation aux clients premium, c’est empêcher son développement
On apprend aujourd’hui, dans un article du Monde, que « le délai de 15 minutes [entre la commande d'un VTC et la prise en charge] s’appliquera à tous les clients des VTC, hormis les hôtels haut de gamme et les salons professionnels ». Belle victoire de lobbying, en tous points contraire à l’intérêt général, et stupéfiante si l’on songe qu’elle a été consentie par un gouvernement de gauche. Si l’on résume la situation, les riches clients du Royal Monceau et les VIP du salon de l’automobile seront servis sans attendre ; par contre, les moins riches attendront ou prendront le bus et les entrepreneurs innovants seront noyés dans la baignoire. (Rappelons encore une fois que l’innovation de rupture arrive toujours ou presque par les activités à faibles marges sur les marchés à faible marge. Si l’on restreint les offres innovantes aux seuls clients premium, il n’y a pas la masse critique pour imposer une innovation de rupture.)

L’innovation meurt d’être mal comprise. Il n’y a pas meilleur contrepoint à la vision de Nicolas Rousselet que les rappels ci-après sur ce qu’est l’innovation, pourquoi elle est importante et comment la favoriser.

Pas d’investissements possibles

L’innovation ne peut pas prospérer en présence de verrous qui rigidifient l’économie et protègent les positions existantes. La seule existence de ces verrous, notamment législatifs et règlementaires, dissuade toute allocation du capital à des activités qui font bouger les lignes dans les secteurs concernés.

Quel intérêt d’investir dans une entreprise innovante se développant en France dans le secteur des VTC, puisque le rendement sur capital investi sera dégradé voire annulé par le verrou règlementaire qui protège la rente des taxis ? Il est beaucoup plus rentable d’allouer du capital à une entreprise américaine qui, elle, va triompher des obstacles règlementaires et conquérir un immense marché.
On tue les entreprises françaises dans l’oeuf

Dans ces conditions, les entreprises américaines prospèrent, tandis que les françaises sont littéralement empêchées de naître. Et lorsque les utilisateurs français (ou les touristes) n’en pourront plus de la mauvaise qualité du service de transport individuel de personnes à Paris et qu’ils obtiendront enfin l’abaissement de la barrière règlementaire, seules les entreprises américaines auront la qualité de service et l’infrastructure nécessaires pour prendre le marché français.

De même que quand la chronologie des médias sera enfin adaptée aux nouveaux modes de consommation des contenus cinématographiques et audiovisuels en ligne, seule Netflix, pas Canal+, sera en mesure de se déployer auprès des utilisateurs français.
L’inutile politique de soutien financier à l’innovation

Dans un cadre juridique hostile à l’innovation, on voit bien qu’une politique publique de soutien financier à l’innovation est vaine. On peut allouer tout l’argent qu’on veut à OSEO, à BPI France, à la sanctuarisation du CIR et du statut de jeune entreprise innovante, les entreprises ainsi financées ne parviennent pas à lever du capital puisque les gestionnaires de fonds identifient parfaitement les barrières juridiques à l’entrée sur les différents marchés et en déduisent qu’un investissement dans les entreprises concernées ne pourra jamais être rentable.

En présence de verrous juridiques protégeant la rente des entreprises en place, l’argent public dépensé pour soutenir l’innovation est comme de l’eau froide qu’on verserait sur une plaque chauffée à blanc : elle s’évapore instantanément.

Un problème qui se généralise

Le problème serait circonscrit si de tels verrous législatifs n’existaient que pour les VTC. Mais, loin de se cantonner à un seul secteur, ils se multiplient. Les industries créatives sont déjà affectées depuis longtemps par les entraves à l’innovation. Les hôteliers déploient un lobbying à grande échelle pour que la loi soit durcie et les protège sur trois fronts : celui des intermédiaires déjà en place sur le marché de la réservation de chambres d’hôtels ; celui de Google, qui rentre sur ce marché avec Hotel Finder ; celui d’AirBnB, qui intensifie la concurrence sur le marché de l’hébergement en faisant arriver sur le marché les chambres et habitations mises sur le marché par les particuliers.

Les libraires semblent en passe d’obtenir une interdiction de livrer gratuitement à domicile les livres commandés via les applications de vente à distance. Bref, à mesure que le numérique dévore le monde, les incendies se déclarent un peu partout et la réponse est toujours la même : on érige une barrière règlementaire qui dissuade l’allocation de capital à des activités innovantes et empêche donc à terme l’émergence de champions français dans ces secteurs.
Pour un lobby français de l’innovation

Sur tous ces dossiers, nous payons très cher l’inexistence d’un lobby français de l’innovation. Il n’est pas du tout évident qu’un tel lobby puisse exister. Aux États-Unis, il s’est constitué et il déploie sa puissance en raison d’une double anomalie : les entreprises ont le droit de financer les campagnes électorales ; et les entreprises les plus riches, dont la capitalisation boursière est la plus élevée, sont aussi les plus innovantes.

Au lobbying de ces entreprises s’ajoute celui d’une organisation, la National Venture Capital Association, qui défend les intérêts des fonds de capital-risque, y compris contre les intérêts du private equity, des banques d’affaires et des banques de dépôt.
La politique doit être favorable à l’innovation

Il n’existe rien de tel chez nous : aucune de nos plus grande entreprises n’est une entreprise innovante, une valeur de croissance comme le sont les géants californiens du numérique ; nos fonds de capital-risque sont rares, dispersés, dilués sur le front institutionnel dans l’Association française du capital investissement ; enfin, les entrepreneurs innovants comme les gestionnaires de fonds de capital-risque sont largement méconnus ou ignorés par les hauts fonctionnaires de la direction générale du Trésor, les membres des cabinets ministériels et, évidemment, les parlementaires.

Il ne peut exister qu’une seule politique publique de l’innovation. Son motif est que l’innovation est le principal facteur de la croissance et moteur du développement économique. Sa règle cardinale est que toutes les décisions de politique publique, sans exception, doivent être prises dans un sens favorable à l’innovation : en matière de financement de l’économie ; en matière de réglementation sectorielle ; en matière de fiscalité et de protection sociale. Aucune autre politique publique que celle-là ne peut être favorable à l’innovation.
Vers une économie française atrophiée et inégalitaire

Si les exceptions se multiplient, si l’innovation n’est plus qu’une priorité parmi d’autres, si l’on n’abaisse pas les barrières règlementaires à l’innovation de modèle d’affaires, alors notre destin est scellé : notre économie sera bientôt tenue exclusivement par des gens qui, bien qu’ils se prétendent décideurs de l’innovation, en sont en réalité les fossoyeurs.

Nicolas Rousselet, les taxis G7 et tous ceux qui les soutiennent au Parlement ou dans l’administration ne sont qu’un avant-gout de ce sombre avenir : bientôt, notre économie ressemblera à celle de ces pays du Tiers-Monde où l’homme le plus riche du pays, par ailleurs frère ou beau-frère du chef de l’État, a fait une immense fortune grâce à un monopole mal acquis sur l’importation des Mercedes d’occasion. Dans une telle configuration, on a tout gagné : des distorsions de marché, l’atrophie de la production locale, une valeur ajoutée réduite à néant, une croissance au ralenti et des inégalités de plus en plus insupportables.

Est-ce cela que nous voulons ? Et sinon, qu’attendons-nous pour agir ?

* Nicolas Colin est entrepreneur, co-auteur de "L’âge de la multitude" et membre de Futurbulences, de Renaissance numérique, du Club du 6 mai et de la commission « Services » du pôle de compétitivité Cap Digital

Voir aussi:

Steve Jobs Solved the Innovator’s Dilemma

James Allworth

HBR

October 24, 2011

In the lead up to today’s release of the Steve Jobs biography, there’s been an increasing stream of news surrounding its subject. As a business researcher, I was particularly interested in this recent article that referenced from his biography a list of Jobs’s favorite books. There’s one business book on this list, and it “deeply influenced” Jobs. That book is The Innovator’s Dilemma by HBS Professor Clay Christensen.

But what’s most interesting to me isn’t that The Innovator’s Dilemma was on that list. It’s that Jobs solved the conundrum.

When describing his period of exile from Apple — when John Sculley took over — Steve Jobs described one fundamental root cause of Apple’s problems. That was to let profitability outweigh passion: “My passion has been to build an enduring company where people were motivated to make great products. The products, not the profits, were the motivation. Sculley flipped these priorities to where the goal was to make money. It’s a subtle difference, but it ends up meaning everything.”

Anyone familiar with Professor Christensen’s work will quickly recognize the same causal mechanism at the heart of the Innovator’s Dilemma: the pursuit of profit. The best professional managers — doing all the right things and following all the best advice — lead their companies all the way to the top of their markets in that pursuit… only to fall straight off the edge of a cliff after getting there.

Which is exactly what had happened to Apple. A string of professional managers had led the company straight off the edge of that cliff. The fall had almost killed the company. It had 90 days working capital on hand when he took over — in other words, Apple was only three months away from bankruptcy.

When he returned, Jobs completely upended the company. There were thousands of layoffs. Scores of products were killed stone dead. He knew the company had to make money to stay alive, but he transitioned the focus of Apple away from profits. Profit was viewed as necessary, but not sufficient, to justify everything Apple did. That attitude resulted in a company that looks entirely different to almost any other modern Fortune 500 company. One striking example: there’s only one person Apple with responsibility for a profit and loss. The CFO. It’s almost the opposite of what is taught in business school. An executive who worked at both Apple and Microsoft described the differences this way: “Microsoft tries to find pockets of unrealized revenue and then figures out what to make. Apple is just the opposite: It thinks of great products, then sells them. Prototypes and demos always come before spreadsheets.”

Similarly, Apple talks a lot about its great people. But make no mistake — they are there only in service of the mission. A headhunter describes it thus: “It is a happy place in that it has true believers. People join and stay because they believe in the mission of the company.” It didn’t matter how great you were, if you couldn’t deliver to that mission — you were out. Jobs’s famous meltdowns upon his return were symptomatic of this. They might have become less frequent in recent years, but if a team couldn’t deliver a great product, they got the treatment. The exec in charge of MobileMe was replaced on the spot, in front of his entire team, after a botched launch. A former Apple product manager described Apple’s attitude like this: “You have the privilege of working for the company that’s making the coolest products in the world. Shut up and do your job, and you might get to stay.”

Everything — the business, the people — are subservient to the mission: building great products. And rather than listening to, or asking their customers what they wanted; Apple would solve problems customers didn’t know they had with products they didn’t even realize they wanted.

By taking this approach, Apple bent all the rules of disruption. To disrupt yourself, for example, Professor Christensen’s research would typically prescribe setting up a separate company that eventually goes on to defeat the parent. It’s incredibly hard to do this successfully; Dayton Dry Goods pulled it off with Target. IBM managed to do it with the transition from mainframes to PCs, by firewalling the businesses in entirely different geographies. Either way, the number of companies that have successfully managed to do it is a very, very short list. And yet Apple’s doing it to itself right now with the utmost of ease. Here’s new CEO Tim Cook, on the iPad disrupting the Mac business: “Yes, I think there is some cannibalization… the iPad team works on making their product the best. Same with the Mac team.” It’s almost unheard of to be able to manage disruption like this.

They can do it because Apple hasn’t optimized its organization to maximize profit. Instead, it has made the creation of value for customers its priority. When you do this, the fear of cannibalization or disruption of one’s self just melts away. In fact, when your mission is based around creating customer value, around creating great products, cannibalization and disruption aren’t “bad things” to be avoided. They’re things you actually strive for — because they let you improve the outcome for your customer.

When I first learned about the theory of disruption, what amazed me was its predictive power; you could look into the future with impressive clarity. And yet, there was a consistent anomaly. That one dark spot on Professor Christensen’s prescience was always his predictions on Apple. I had the opportunity to talk about it with him subsequently, and I remember him telling me: “There’s just something different about those guys. They’re freaks.” Well, he was right. With the release of Jobs’s biography, we now know for sure why. Jobs was profoundly influenced by the Innovator’s Dilemma — he saw the company he created almost die from it. When he returned to Apple, Jobs was determined to solve it. And he did. That “subtle difference” — of flipping the priorities away from profit and back to great products — took Apple from three months away from bankruptcy, to one of the most valuable and influential companies in the world.

James Allworth is the Director of Strategy for Medallia, Inc and co-author of How Will You Measure Your Life?. He has worked as a Fellow at the Forum for Growth and Innovation at Harvard Business School, at Apple, and Booz & Company. Connect with him on Twitter at @jamesallworth.

Voir enfin:

Apple’s Secret? It Tells Us What We Should Love

Roberto Verganti

January 28, 2010

At the beginning of Steve Jobs’s presentation of the iPad, a slide showed an image of God delivering its commandments, paired by a quote from The Wall Street Journal: “Last time there was this much excitement about a tablet, it had some commandments written on it.” Although a touch arrogant, this quote powerfully captures the essence of the event.

While tech experts were busy commenting on the qualities of the iPad, what struck me was the level of excitement that the event created. On Tuesday, the day before the product was unveiled, a Web search for “Apple tablet” produced more than 17 million links! On Wednesday, hordes of people attended the news conference remotely. Everyone was anxiously waiting for Apple’s interpretation of what a tablet is.

This was validation of Apple’s peculiar innovation process: Insights do not move from users to Apple but the other way around. More than Apple listening to us, it’s us who listen to Apple.

This contradicts the conventional management wisdom about innovation. In fact, one of the mantras of the past decade has been user-centered innovation: Companies should start their innovation process by getting close to users and observe them using existing products to understand their needs.

I disagree with this approach for these kinds of efforts. User-centered innovation is perfect to drive incremental innovation, but hardly generates breakthroughs. In fact, it does not question existing needs, but rather reinforces them, thanks to its powerful methods.

With the iPad Apple has not provided an answer to market needs. It has made a proposal about what could fit us and what we could love. It’s now up to us to answer whether we agree.

The iPad, of course, is not the first time Apple has taken this approach. If it had scrutinized users of early MP3 players downloading music from Napster, it would have not came out with a breakthrough system (the iPod + iTunes application + iTunes Store) based on a business model that asks people to pay for music.

Consumers don’t always swallow Apple’s notion of what they should love. In 2008, when Jobs unveiled the MacBook Air, he said “No matter how hard you look, one thing you are not gonna find in a MacBook Air is an optical drive. If you really want one, we have built one. [He showed an external CD-DVD drive] . . . But you know what? We do not think most users will miss the optical drive. We do not think they will need an optical drive.”

Apple is not alone in thumbing its nose at the notion of user-centered innovation. If Nintendo had closely observed teenagers in their basements using existing game consoles, it would have provided them with what they apparently needed: a powerful console with sophisticated 3D processing that could enable them to better immerse in a virtual world. Instead, Nintendo did not get close to users when developing the Wii. According to Shigeru Miyamoto, Nintendo’s senior marketing director, “We don’t use consumer focus groups. We got a lot of feedback from developers in the industry.” This allowed Nintendo to completely redefine the experience of game consoles.

The iPod and the Wii were outside the spectrum of possibilities of what people knew and did. But they were not outside what they could dream of and love, if only someone could propose it to them.

Firms that create radical innovations make proposals. They put forward a vision. In doing that, of course, they take greater risks. And it may even be that the iPad will not succeed. (My feeling is that its success strongly depends on developers. If they create applications specifically tailored for this device, instead of simply adapting existing applications running on notebooks, then the iPad could mark a new era in mobile computing. The potential is there, given that Apple is using the same collaborative innovation strategy devised for the iPhone.)

My 10 years of research on breakthrough innovations by companies such as Apple, Nintendo, and Alessi, which are summarized in my book Design-Driven Innovation, shows, however, that these radical proposals are not created by chance. And they do not simply come from intuition of a visionary guru. They come from a very precise process and capabilities.

Thanks to this process these companies are serial radical innovators. Their non-user-centered proposals are not dreams without a foundation. Sometimes they fail. But when they work, people love them even more than products that have been developed by scrutinizing their needs.
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Roberto Verganti is professor of the management of innovation at Politecnico di Milano and a member of the board of the European Institute for Advanced Studies in Management. He has served as an executive advisor, coach, and educator at a variety of firms, including Ferrari, Ducati, Whirlpool, Xerox, Samsung, Hewlett-Packard, Barilla, Nestlè, STMicroelectronics, and Intuit.



Sexisme: La Bible serait-elle recalée au test de Bechdel ? (Would the Bible pass the Bechdel test ?)

11 avril, 2014
http://www.sci-fimovieposters.co.uk/images/posters-a/A-0004_Aliens_one_sheet_movie_poster_l.jpghttp://bhamta.com/wp-content/uploads/2014/02/noah-photo-film-poster-cover-dvd-2014.jpg
http://images.moviepostershop.com/resident-evil-movie-poster-2002-1020234278.jpg
 
http://37.media.tumblr.com/tumblr_m03bkwuv8c1qazp9mo1_1280.jpg
http://thesocietypages.org/socimages/files/2013/03/pic4.jpg
Toutes ces relations entre femmes, pensai-je, en me remémorant rapidement la galerie magnifique des personnages féminins dans la fiction, sont trop simples. Tant a été laissé de côté, sans même essayer de le prendre en compte. Et je tentai de me souvenir d’une occasion, dans le cours de mes lectures, où je rencontrai deux femmes représentées comme des amies. Elles sont confidentes, évidemment, chez Racine et les tragédiens grecs. Elles sont, de temps en temps, mères et filles. Mais, presque sans exception, elles sont montrées dans leur rapport aux hommes. Il était étrange de songer que toutes les grandes femmes de fiction étaient, jusqu’à l’époque de Jane Austen, non seulement vues par l’autre sexe, mais vues exclusivement dans leur relation à l’autre sexe. Il était étrange de songer à quelle petite partie de la vie d’une femme cela représentait, et même ainsi, au peu qu’un homme pouvait en connaître, quand il l’observait à travers les lunettes noires ou roses que le sexe lui mettait sur le nez. De là, peut-être, l’étrange nature de la femme dans la fiction, les saisissants extrêmes de sa beauté et de son horreur, l’alternance entre divine bonté et dépravation infernale ; car c’est ainsi que la voit un amant, selon que son amour soit naissant ou mourant, prospère ou malheureux. Cela n’est pas vrai des romanciers du dix-neuvième siècle, bien sûr. La femme devient alors beaucoup plus changeante et complexe. […] Imaginez, par exemple, que les hommes ne soient représentés en littérature que comme les amants des femmes, et ne soient jamais amis d’autres hommes, soldats, penseurs, rêveurs ; combien peu de rôles alors leur seraient réservés dans les pièces de Shakespeare ! Combien la littérature en souffrirait ! Peut-être aurait-on la plupart d’Othello, et une bonne partie d’Antoine ; mais pas de César, pas de Brutus, pas d’Hamlet, pas de Lear, pas de Jaques : la littérature en serait incroyablement appauvrie, tout comme d’ailleurs elle est appauvrie, au-delà de ce qu’on peut imaginer, par toutes les portes qui se sont refermées sur les femmes. Mariées contre leur gré, gardées dans une seule pièce, occupées à une chose seulement, comment un dramaturge aurait-il pu rendre compte de manière complète ou intéressante de leur vie ? L’amour était le seul interprète possible. Le poète était forcé d’être soit passionné soit amer, à moins bien sûr qu’il ne choisisse de « haïr les femmes », ce qui signifiait le plus souvent qu’il ne leur plaisait pas. Virginia Woolf
Peut-on imaginer personnage littéraire plus désagréable que le Dieu de l’Ancien Testament? Jaloux et en étant fier; obsédé de l’autorité, mesquin, injuste et impitoyable; vengeur et sanguinaire tenant de l’épuration ethnique; tyrannique, misogyne, homophobe, raciste, infanticide, génocidaire, fillicide, pestilentiel, mégalomane, sadomasochiste et capricieusement diabolique. Richard Dawkins
How does it happen that four such smart women have nothing to talk about but boyfriends? It’s like seventh grade with bank accounts! Sex and the city
Resident evil … matches all – lead character – Alice – Mila listed over the title. The second lead Sienna Guillory is listed in the opening credits as Sienna Guillory as Jill Valentine. Bingbing Li has a first and last name – Ada Wong. Michelle Rodriguez has a first name. All the women **SPOILER** survive until the end. The men are the throw away characters. All the ladies talk, fight, interact – they are not the girlfriends. Bechdel movie list
Gravity … only has three named characters (two of them male), and only two, a man and a woman, are significant to the story. But while it doesn’t pass the test, the woman is the primary protagonist, and the story is largely about her working through a desperate situation. So in terms of portraying a nuanced, interesting, sympathetic woman rather than using women as props or backdrops, it beats out many 2013 films that do squeak by the test. Bechdel movie list
Noah (…) scraps by. Ila and Naameh talk about Ila’s female children and other matters. The overriding conflict is what Noah will choose to do with those children. But they don’t always talk about it directly. Bechdel movie list
Il est assez extraordinaire de voir combien de films ne réussissent pas ce test, parce que ce n’est même pas un signe que le film est féministe ou que c’est un bon film, mais seulement qu’il y a des femmes dedans et qu’elles se parlent d’autre chose que d’un homme. Anita Sarkeesian
Parmi les vingt-cinq films ayant fait le plus d’entrées au cinéma en France en 2011, 84% échouent au test Bechdel. Pour 40% des films soumis au test, les deux femmes nommées ne font qu’échanger quelques mots (parfois simplement « bonjour, ça va ? », ou un bref échange entre une mère et sa fille, ou entre une femme et une schtroumpfette…) ! Ainsi, si l’on considère uniquement les films dans lesquels les deux femmes ont une vraie conversation (de plus de 3 phrases), alors 16% des films seulement réussissent le test. 44% échouent catégoriquement, avec des personnages féminins qui ne parlent que d’hommes, ou qui ne s’adressent jamais la parole, ou encore avec un seul personnage féminin nommé. Les résultats montrent donc de façon évidente que les femmes sont considérablement moins présentes à l’écran que les hommes, tant quantitativement que qualitativement. Lorsqu’elles apparaissent, elles sont quasi systématiquement représentées en relation avec un ou des hommes. Comme si elles n’existaient qu’en fonction d’eux ! Certaines scènes montrent des femmes échangeant quelques mots, mais c’est soit au sujet d’un homme, soit dans le cadre de relations mère-fille ou de préparatifs de mariage, quand il ne s’agit pas de paroles futiles ou insultantes à l’égard d’une autre femme… Dans la majorité des cas, les personnages féminins ne se parlent pas, et quand elles le font, c’est souvent pour mieux conforter un stéréotype sexiste. Seuls quatre films sur vingt-cinq proposent des personnages féminins qui ont une vraie conversation autour d’autre chose qu’un homme. Les vingt-cinq films soumis au test ne visent pas forcément à refléter la réalité, toutefois il ne faut pas négliger leur impact sur l’imaginaire collectif, sur la représentation que nous nous faisons des genres. Si l’on ne peut pas exiger de chaque film une représentation équitable et réfléchie des femmes et des hommes, on peut cependant appeler à la création de personnages de femmes et de filles plus construits et plus présents à l’écran et qui interagissent entre eux. Vivement une représentation moins stéréotypée des femmes ! Osez le féminisme
Si peu de films et de séries incluent des personnages féminins multiples, développés et importants, qui participent à faire avancer l’histoire. Imaginez à quel point il serait difficile d’éviter une scène où deux hommes parlent de quelque chose d’autre que de femmes. Pourquoi est-ce que c’est si dur? Parce que presque tous les films et les séries contiennent des personnages masculins multiples, développés et importants, qui participent à faire avancer l’histoire.  (…) Les personnages féminins sont traditionnellement à la périphérie des personnages masculins. En les rendant périphériques, l’auteur s’est assuré que les femmes ne pouvaient pas faire avancer l’histoire à moins qu’elles ne nous disent quelque chose sur les hommes qui sont au coeur du scénario. C’est ça, le problème que ce test souligne. Jennifer Kesler
What is so frightening about women talking to each other without the mediation of their supposed interest in men/marriage/babies ? Does cinema/literature have a duty to representation such that it is duty bound to include such scenes… ? Nina Power
Where have all the interesting women gone? If the contemporary portrayal of womankind were to be believed, contemporary female achievement would culminate in the ownership of expensive handbags, a vibrator, a job, a flat and a man. Of course, no one has to believe the TV shows, the magazines and adverts, and many don’t. But how has it come to this? Did the desires of twentieth-century women’s liberation achieve their fulfilment in the shopper’s paradise of ‘naughty’ self-pampering, playboy bunny pendants and bikini waxes? That the height of supposed female emancipation coincides so perfectly with consumerism is a miserable index of a politically desolate time. Much contemporary feminism, particularly in its American formulation, doesn’t seem too concerned about this coincidence. Nina Power
Yeah, I’m very glad people are talking about the "Bechdel Rule," even though I’m a little ambivalent about that name. When I talked to the NPR reporter, I suggested changing it to "Ripley’s Rule," after the Sigourney Weaver character in "Alien." Since at the time of the rule’s inception, that was the only movie that fit its criteria. But she didn’t use that part of the interview. It’s funny to me that it’s getting so much play all of a sudden. For me, the Rule is kind of like feminism in a bottle—applied theory, quick and easy. I think whatever name one gives it, the rule should be applied to everything everywhere, including real life. Alison Bechdel
The entire Lord of the Rings trilogy, all Star Wars movies, The Social Network, Pulp Fiction and all but one of the Harry Potter movies fail this test. Ellen Tejle
It doesn’t tell you whether it’s a good film. But it is at least presenting information that can contribute to a necessary debate. It would be great if our culture reflected who we were and didn’t have to seek out information about whether we are included. Melissa Silverstein (the Women and Hollywood website)
We make sense of ourselves through cinema. Its first principle is one of identification. How you make sense of who you are, where you are in the world – we do this through cinema. There are plenty, it seems, who are fatigued by watching films, in the words of Honess Roe, about "men running around blowing each other up while women sit about in inappropriate clothes, waiting to be rescued. Kate Gerova (director of the Bird’s Eye film festival)
On the 100 top-‐grossing fictional  films in 2008 (…) 32.8 percent of speaking characters were female. Put differently, a ratio of  roughly  2 males to every one female  was observed across the 100 top‐grossing films. Though still grossly  imbalanced given that females represent over half of the U.S. population, this is the highest percentage of females in film we have witnessed across multiple studies. The presence of women working behind‐the‐camera is still abysmal. Only, 8% of directors, 13.6 % of writers, and 19.1 % of producers are female. This calculates to  a ratio of 4.90  males to every one female. Films with female directors, writers, and producers  were associated with a higher number of girls and women on screen than were films with only males in these gate‐keeping positions. To illustrate, the percentage of female characters jumps 14.3% when one or more female screen writers were involved in penning the script. Females continue to be hypersexualized in film, particularly 13­‐to 20‐year old girls. A substantially higher percentage of young females, in comparison to  young males, are shown wearing sexually revealing attire (39.8% vs. 6.7%), partially naked (30.1% vs. 10.3%), with a small waist (35.1% vs. 13.6%), and physically attractive (29.2% vs. 11.1%).  Stacy L. Smith &  Marc Choueti
Personally, I too have reservations about the validity of Bechdel test, if we’re going to take it so seriously, because it would "fail" some of the best films I’ve seen this year at festivals like the London film festival. Jonathan Glazer’s magnificent Under the Skin probably wouldn’t come up to snuff, given Scarlett Johansson’s character is practically the only woman in it, and yet it’s a film deeply concerned with female power and agency that in its sly metaphoric way says way more about gender than, say, The Iron Lady. Nicole Holofcener’s acclaimed bittersweet examination of a love-triangle Enough Said might fail on the grounds that the two women in it mostly talk about men. Even the relentlessly slushy but effective Saving Mr Banks, which stars Emma Thompson as children’s author PL Travers locking horns with Tom Hanks’ Walt Disney over adapting Mary Poppins, would also fail, even though it features one of the stronger female protagonists of the year. Charlotte Higgins
The test – whose origins are in a 1985 storyline in Alison Bechdel’s comic strip Dykes to Watch Out For – may sound like an incredibly low bar. But an alarming number of films showing in cinemas fail to reach it. "The entire Lord of the Rings trilogy, all Star Wars movies, The Social Network, Pulp Fiction and all but one of the Harry Potter movies fail this test," said Ellen Tejle, who runs Stockholm’s Bio Rio, one of a number of independent cinemas that has instituted the classification. To that one might add a number of current releases and Oscar contenders: Alfonso Cuarón’s Gravity, despite its starring role for Sandra Bullock; Lee Daniels’ The Butler, about a presidential servant and the civil rights movement; and Captain Phillips, Paul Greengrass’s piracy drama, which involves an all-male gang of pirates attacking an all-male shipping crew. The WikiLeaks film Fifth Estate, which is partly set in the offices of the Guardian, fails the test. Oddly enough, Thor (in which Chris Hemsworth plays the Nordic god, come to save us all from Christopher Ecclestone) does pass, since it features a scene in which Natalie Portman and Kat Dennings discuss nuclear physics. (…) Claire Binns, director of programming and exhibition for the UK-based Picturehouse chain, said the classification idea would not be taken up in her cinemas anytime soon, but it certainly highlighted a real problem – a "criminal" lack of parts for older women in cinema, a desperate lack of women working behind the camera and a failure of the film industry to bring to the screen "women with real stories – women that aren’t just there to be killed in reel three or raped in reel four". … But the Bechdel test is, some argue, a crude way of assessing films for gender equality. Dr Bella Honess Roe, lecturer in film studies at Surrey University, pointed out that The Hurt Locker would not pass the test, though "it was a watershed moment for women directors when Kathryn Bigelow won an Oscar for it". Films that are, arguably, problematic in other ways, such as The Help, which was criticised for its race politics, would pass, she added. "If we are going to classify for gender equality then surely we would have to examine class, race, ethnicity and sexuality bias," she said. Charlotte Higgins
Le test de Bechdel, ou test de Bechdel-Wallace, est un test qui vise à démontrer par l’absurde à quel point certains films, livres et autres œuvres scénarisées sont centrés sur les hommes. Une œuvre réussit le test si les trois affirmations suivantes sont vraies : l’œuvre a deux femmes identifiables (elles portent un nom) ; elles parlent ensemble ; elles parlent d’autre chose que d’un homme. (…) Le test ne juge pas de la qualité artistique. Son but est de montrer la grande quantité de films et autres œuvres qui ne réussissent pas à valider ces trois affirmations1. Le test n’est pas une preuve absolue de sexisme ou non. Ainsi un film très sexiste peut faire parler deux femmes de sujets stéréotypés. À l’inverse, un film centré sur les relations homme-femme peut ne faire parler les hommes que des femmes et les femmes que des hommes. Un film ayant très peu d’acteurs peut aussi rater le test. Ainsi le test de Bechdel ne sert pas à prouver qu’un film est sexiste ou pas, mais à souligner qu’un grand nombre d’œuvres et en particulier de films ne passent pas un test aussi simple. Nommé d’après Alison Bechdel, il apparaît sous cette forme dans sa bande dessinée Lesbiennes à suivre en 19852. Bechdel y crédite son amie Liz Wallace pour l’idée originale. Plusieurs variantes du test existent, dont l’une requiert que les deux locutrices aient un nom. Selon le site collaboratif bechdeltest.com, 46 % des milliers de films répertoriés échoueraient à ce test. Le test donne une idée du "taux de présence" des femmes dans les films en général. Il ne détermine pas la qualité d’une l’œuvre et n’indique pas si elle est sexiste ou non. Des films aux contenus sexistes peuvent réussir le test alors que d’autres contenant des personnages féminins forts peuvent échouer. Wikipedia

La Bible (ou la vraie vie) réussirait-elle le test de Bechdel ?

Star wars, Lord of the rings,  The Social network, Avatar, Gravity, Sex and the city

A l’heure où avec "Noé", sort en France le premier d’une longue série en cette année hollywoodienne de la Bible

Pendant que le gros de films réalisés par pas moins de 95% d’hommes  continue à fournir à nos enfants, entre deux images de femmes plus ou moins déshabillées attendant d’être secourues quand elles ne finissent pas violées ou tuées, leur lot quotidien de jeunes gens se courant après pour s’exploser la tête  …

Comment ne pas être inquiet avec la grille de lecture qui, appliquée déjà depuis l’an dernier certaines salles de cinéma suédoises, éliminerait pour sexisme plus de la moitié des films dont toute la saga de Star wars ou celle quasiment d’Harry Potter ou même le nec plus ultra féministe de "Sex and the city" ?

A savoir le fameux test de Bechdel, créé il y a presque trente ans par l’auteure de BD du même nom et inspiré apparemment par un texte de Virginia Wolf …

Selon lequel une œuvre ne réussit le test que si elle a au moins deux femmes ayant un nom et parlant ensemble d’autre chose que d’hommes ?

Car  si "Noé" – on vous rassure tout de suite – passe de justesse avec ses deux femmes parlant d’enfants,  qu’en sera-t-il de "Son of God" (tiré de la mini-série télé "The Bible", elle-même déjà déconseillée pour violence excessive aux moins de 14 ans) et "Exodus" (programmé pour la fin de l’année) qui n’ont toujours pas été testés ?

Le Test de Bechdel, un label féministe
SEXISME
Peu de films obtiennent la moyenne à cette évaluation qui note les œuvres «women friendly».

Olivier Séguret

Libération

28 janvier 2014

Dans sa procédure comme dans son principe, le test de Bechdel est d’une simplicité biblique. Prenez n’importe quel film, et soumettez-le à trois questions. Ce film comporte-t-il au moins deux personnages féminins identifiables par un nom ? Ces deux femmes se parlent-elles ? Se parlent-elles d’autre chose que d’un homme ? Cela a l’air trivial, mesquin voire vraiment trop facile, mais les candidats susceptibles de réussir ce test, ce qui suppose de répondre affirmativement aux trois questions posées, sont beaucoup plus rares qu’on ne l’imaginerait spontanément.

Ce test, qui connaît une popularité médiatique croissante aux Etats-Unis et ailleurs, doit son nom à la cartoonist américaine Alison Bechdel, qui en exposa la teneur dans une bande dessinée lesbienne publiée en 1985, Dykes to Watch Out For, sans en imaginer la postérité. Elle confia d’ailleurs que l’idée originale de ce test n’était pas d’elle, mais revenait à une amie, Liz Wallace, ce qui explique son autre nom, qui circule aussi : test de Bechdel-Wallace. A son tour, cette amie rendit à Virginia Woolf la maternité du concept, dont la romancière britannique ébauche la réflexion dans son essai pamphlétaire et féministe Une chambre à soi.

Destiné, au fond, à déterminer le degré de bienveillance d’un film à l’égard des femmes, sa teneur women friendly, son niveau de féminisme, le test de Bechdel n’est pas un instrument infaillible : certains teen movies graveleux le réussissent accidentellement et des films a priori aussi politiquement corrects que Shrek, ou aussi inoffensifs sur ces questions que Pacific Rim, le ratent en beauté.

La Suède est à ce jour le seul pays à avoir accordé quelque crédit officiel au test de Bechdel. En novembre, le Swedish Film Institute annonçait en effet soutenir l’initiative d’une chaîne câblée et de quelques salles du pays, qui font figurer le test dans les catalogues et notations de leurs programmes. Selon le classement qu’ils ont établi pour l’année 2013, une dizaine seulement de films distribués en Suède a réussi le test. Parmi ceux-ci : The Bling Ring de Sofia Coppola, Frances Ha de Noah Baumbach ou Blue Jasmine de Woody Allen. Plus inattendu, Kick-Ass 2 de Jeff Wadlow passe également la barre. En revanche, on ne s’étonnera pas que la Vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche obtienne haut la main son diplôme de Bechdel.

La semaine dernière, le Washington Post s’amusait à faire passer le test aux films en lice pour les prochains oscars. Sur la liste des neuf prétendants au titre du meilleur film, seuls Dallas Buyers Club (lire page IV),Nebraska et Philomena passent l’épreuve. Tous les autres (le Loup de Wall Street, Capitaine Phillips…) échouent, y compris l’unanimement apprécié Gravity, ce qui laisse tout de même planer un doute sérieux sinon sur la pertinence du test du moins sur son universalité : ce n’est pas parce qu’il manque une interlocutrice à Sandra Bullock que le film d’Alfonso Cuarón perd sa profonde qualité féminine… Et féministe.

Voir aussi:

Le dernier film que vous avez vu passe-t-il le test de Bechdel?
Des cinémas indépendants suédois attribuent un label aux films qui ont deux personnages féminins qui se parlent à un moment d’autre chose que d’un homme. Pas si facile…
Cécile Dehesdin
Slate
07/11/2013

Réfléchissez deux minutes au dernier film que vous avez vu, au cinéma ou à la télé et posez-vous ces trois questions:

1) Est-ce qu’il y avait au moins deux personnages féminins dont on connaissait le nom?
2) Est-ce qu’elles se parlaient à un moment du film?
3) Est-ce qu’elles se parlaient d’autre chose que d’un homme?

Si vous avez répondu oui à ces trois questions, votre film vient de passer le «test de Bechdel», du nom de l’auteure de bande-dessinées Alison Bechdel. En 1985, dans Dykes to watch out for, elle dessinait une planche intitulée «La règle», où deux amies envisageaient d’aller au cinéma. L’une d’entre elles explique avoir comme règle de n’aller voir un film que s’il remplit trois préalables de base: avoir au moins deux femmes qui parlent d’autre chose que d’un homme.

Si le dernier film que vous avez vu remplit ces trois critères, il aurait également droit au label lancé par quatre cinémas indépendants suédois, qui attribuent un «A» –comme Approuvé et Alison Bechdel. Comme le note le site de l’initiative, le label est une façon d’évoquer le problème de l’inégalité hommes-femmes dans le cinéma, et le test de Bechdel un «outil utile qui peut nous aider à viser l’égalité».

Il signale également qu’un film labellisé «A» n’est pas nécessairement un bon film… mais permet de soulever la question de «qui a le droit de parler dans les films aujourd’hui, et qui sont les personnes dont on raconte l’histoire».

D’ailleurs, un film qui passe le test de Bechdel n’est pas nécessairement un film non-sexiste, vu qu’un échange de quelques secondes sur un long métrage de plusieurs heures suffit (certains estiment d’ailleurs qu’il faudrait au moins 60 secondes de discussion pour le comptabiliser comme un échange).

Comme le notait la toujours passionnante Anita Sarkeesian en 2009, «il est assez extraordinaire de voir combien de films ne réussissent pas ce test, parce que ce n’est même pas un signe que le film est féministe ou que c’est un bon film, mais seulement qu’il y a des femmes dedans et qu’elles se parlent d’autre chose que d’un homme». S.O.S Fantômes, Men In Black, Shrek, Fight Club, Quand Harry rencontre Sally sont autant d’exemples de films qui n’ont pas deux personnages féminins nommés parlant d’autre chose que d’un homme.

A l’inverse, Blue Jasmine, L’Ecume des Jours, La vie d’Adèle ou Les Flingueuses sont quelques exemples de films qui réussissent le test (vous pouvez voir et participer à une liste ici).

Comme l’expliquait Jennifer Kesler en 2010 sur son blog Thehathorlegacy, le but du test de Bechdel n’est pas de le réussir –avec une scène prétexte de 30 secondes sans aucun intérêt histoire de dire qu’on n’est pas sexiste–, mais de faire réfléchir les gens à la rareté de ces scènes:

«Si peu de films et de séries incluent des personnages féminins multiples, développés et importants, qui participent à faire avancer l’histoire. Imaginez à quel point il serait difficile d’éviter une scène où deux hommes parlent de quelque chose d’autre que de femmes. Pourquoi est-ce que c’est si dur? Parce que presque tous les films et les séries contiennent des personnages masculins multiples, développés et importants, qui participent à faire avancer l’histoire.»

Les personnages féminins sont traditionnellement à la périphérie des personnages masculins, poursuit-elle:

«En les rendant périphériques, l’auteur s’est assuré que les femmes ne pouvaient pas faire avancer l’histoire à moins qu’elles ne nous disent quelque chose sur les hommes qui sont au coeur du scénario. C’est ça, le problème que ce test souligne.»

En 2008, la même Jennifer Kesler expliquait que lors de ses études de cinéma, plusieurs de ses professeurs lui avaient dit qu’elle ne réussirait jamais dans le milieu si elle continuait d’écrire des scenarii avec des femmes se parlant d’autre chose que d’hommes… Un professionnel de l’industrie lui avait finalement expliqué:

«Le public ne veut pas écouter des femmes qui parlent de ce dont les femmes parlent.»

Voir également:

Votre film préféré passera-t-il le nouveau test de Bechdel?

Un collectif faisant la promotion de la diversité à l’écran réinvente le test de Bechdel permettant de déterminer à quel point nos films racontent des histoires d’hommes blancs hétérosexuels.

Iris Mazzacurati

L’Express

18/03/2014 à 14:31

Connaissez-vous le test de Bechdel? Ce petit test simple, apparu pour la première fois dans la bande dessinée Lesbiennes à suivre d’Alison Bechdel en 1985, permet en trois questions de déterminer si une oeuvre cinématographique est centrée sur les hommes.

Une oeuvre réussit le test si elle contient au moins deux personnages féminins, dont on connaît le nom, et qui parlent ensemble d’autre chose que d’un homme

Or le concept est aujourd’hui repris, réinventé et réévalué par le collectif The Rep Project dans le cadre de sa campagne pour la diversité à l’écran.

LeRep Test, lui, multiplie les items et comprend des questions telles que "Le film fait-il apparaître une ou plusieurs femmes de couleur, dans un rôle parlant, et qui ne sont PAS réduites à un stéréotype racial?". Ouvrant la gamme de réflexions à la représentation de la communauté LGBT ou aux clichés racistes.

Le Daily Dot a passé au crible du Rep test, Avengers et la trilogie Batman Dark Knight, qui décrochent -sans grande surprise- la note de D, soit 1 ou 3 points sur un total possible de 27, Hunger Games: L’embrasement final, lui, oscille ente un A et un B selon l’interprétation que l’on fait des différents handicaps des personnages de Peeta et Katniss (le test donne des points bonus de diversité si des personnages sont handicapés).

Une lettre ouverte publiée dans le Los Angeles Times et envoyée aux principales maisons de production hollywoodiennes a lancé la campagne le 1er mars dernier.

Le but final de The Rep Project est de compiler toutes les réponses aux Rep test et de les utiliser comme outil pédagogique dans les écoles.

Et vous? Quel est le dernier film que vous avez-vous vu et qui pourrait obtenir la note A?

Voir encore:

En Suède, les films passent un test de parité
Dans la trilogie du Seigneur des anneaux, les femmes sont là. Mais parlent-elles entre elles…et d’autre chose que des hommes?
Christelle Granja (Paris)
Osez le féminisme
07/11/2013

Le sexisme au cinéma ne date pas d’hier. Sa dénonciation non plus. Mais désormais, en Suède, il est exposé aux yeux de tous: les films reçoivent une note en fonction de la place qu’ils accordent aux personnages féminins.

Interdits aux moins de 12 ans, de 18 ans ou encore classés X : en France et ailleurs en Europe, les films sont distingués selon l’âge du public autorisé. La présence de scènes angoissantes, violentes, érotiques ou pornographiques motive le classement.

Mais en Suède, depuis le mois dernier, un indice d’une tout autre nature renseigne le spectateur sur la fiction de son choix. Son objectif: mettre en évidence le degré de représentation féminine, et participer ainsi à la promotion de l’égalité des sexes. Pour obtenir un "A", le film doit réussir le "test Bechdel". Ce dernier n’est ni une étude de la qualité cinématographiques d’une œuvre, ni une appréciation morale. Il se résume à trois petites questions :

Est-ce que dans ce film deux femmes ont des "vrais" rôles ?
Est-ce que deux femmes ont au moins une conversation entre elles ?
Est-ce qu’elles parlent d’autre chose que d’un ou des hommes ?

Pour valider le test, le long-métrage doit réunir -au moins une fois- ces trois conditions. Rien de plus simple a priori. Mais pas si fréquent, quand on y regarde de plus près. De nombreux films, parmi lesquels des blockbusters à succès, échouent au test. The Independent dresse la liste des recalés: la trilogie de The Lord of the Rings, Star Wars, The Social Network, Pulp Fiction ou encore l’un des derniers épisodes de Harry Potter.

84% des films recalés au test

Si le "test Bechdel" n’est pas nouveau, son application concrète, comme outil de classement cinématographique, est inédite. Sa création remonte aux années 80. On la doit à l’auteure éponyme de bandes dessinées Alison Bechdel. Trente ans plus tard, force est de constater qu’il n’a rien perdu de son actualité.

Le New York Mag s’est récemment attelé à un exercice de calcul sur le nombre de femmes dans les films diffusés l’été aux Etats-Unis de 1989 à aujourd’hui. Conclusion: si 2013 a été un très mauvais cru pour la présence des femmes au cinéma, les autres années ne sont pas plus exemplaires! Une étude récente d’une université californienne, l’USC Annenberg Centre, chiffre cette sous-représentation des femmes : moins d’un tiers (seulement 28,4%) des personnages qui parlent (dans les films sortis en 2012) sont des femmes.

Nul besoin de franchir l’Atlantique pour constater cette inégalité de traitement: en 2011, Osez le féminisme a passé au crible les vingt-cinq films ayant fait le plus d’entrées au cinéma en France… 84% d’entre eux échouent au test Bechdel!

Pour 40% des films soumis au test, les deux femmes nommées ne font qu’échanger quelques mots (parfois simplement ‘bonjour, ça va ?’, ou un bref échange entre une mère et sa fille, ou entre une femme et une schtroumpfette…)!"

précise le collectif. Et si l’on considère uniquement les films dans lesquels les deux femmes ont une vraie conversation (de plus de 3 phrases), alors 16% des films seulement réussissent le test.

Super-héroïnes pour modèles

La mise en place de cette "note" bechdel est donc, pour le cinéma suédois, une manière de favoriser une prise de conscience large de la réalité du sexisme. Les représentations données au cinéma influencent les schémas mentaux d’une société : "une super-héroïne ou une personne de sexe féminin qui fait face à des défis passionnants et les surmonte" permet d’ouvrir l’horizon des possibles féminins, argumente Ellen Tejle. Cette directrice du centre culturel Bio Rio, dédié au cinéma, défend l’initiative:

L’objectif est de voir sur les écrans davantage d’histoires de femmes et de perspectives féminines."

Bio Rio est l’une des quatre structures suédoises à avoir appliqué ce nouvel indice dès le mois dernier. "Pour certaines personnes, cela a permis une prise de conscience", confie-t-elle à l’Associated Press.

Ces pionnières ont su convaincre les pouvoirs publics, via l’Institut suédois du Film. Cet équivalent du CNC français soutient le test Bechdel, dont l’application se développe au-delà des salles de cinéma: la chaîne cablée Viasat Film, séduite, a déjà programmé pour le 17 novembre son premier film noté "A".

Pour autant, le test ne fait pas l’unanimité: le critique de cinéma Hynek Pallas juge dérangeant que l’Etat, par son soutien à la mise en place de cet indice, "envoie des consignes au sujet de ce que l’on devrait ou ne devrait pas inclure dans un film".

Par ailleurs, les trois fameuses questions ont bien sûr leur limite: un film non sexiste ne réussira pas le test s’il a pour cadre un environnement masculin ; inversement, des films sexistes pourront le réussir. Mais l’initiative représente un premier pas. C’est un outil parmi d’autres, sans doute provisoire, davantage qu’une solution unique à des stéréotypes profondément ancrés.

Si l’on ne peut pas exiger de chaque film une représentation équitable et réfléchie des femmes et des hommes, on peut cependant appeler à la création de personnages de femmes et de filles plus construits et plus présents à l’écran et qui interagissent entre eux," conclut Osez le féminisme.

La démarche de notation peut sembler anecdotique, mais elle démontre une fois de plus le volontarisme égalitaire suédois. Le dernier classement du Forum Economique mondial sur les inégalités entre les sexes classe d’ailleurs le pays scandinave en tête de peloton (4ème sur 136 pays étudiés). Loin devant la France, qui arrive péniblement à la 67ème place.

Voir de plus:

Cinéma & représentations des femmes : le test de Bechdel
Mélanie Dubost
Osez le féminisme
20/02/2014

L’idée du test de Bechdel est apparue dans les années 1980, sous la plume de l’auteure de bandes dessinées Alison Bechdel. Il repose sur trois questions simples :
1- Y a-t-il dans le film au moins deux personnages de sexe féminin ? (Qui sont nommés, il ne s’agit pas de compter les figurantes)
2- Ces deux femmes ont-elles une conversation entre elles ?
3- Si oui, parlent-elle d’autre chose que d’un homme ?
Pour réussir ce test, il faut réunir au moins une fois ces trois conditions au cours du film.

Le groupe Médias/Culture d’Osez le féminisme ! a donc décidé de se pencher sur la question : nous avons soumis au test les vingt-cinq films ayant fait le plus d’entrées en 2011. Il n’est pas ici question d’évaluer la qualité artistique des films, ni de porter un jugement de valeur sur les thèmes abordés. Le fait de passer avec succès le test de Bechdel ne garantit absolument pas qu’un film soit féministe : il s’agit d’évaluer la présence (ou l’absence) de personnages féminins dans les films d’aujourd’hui et de questionner les représentations faites des femmes dans le cinéma.

Seuls deux de ces vingt-cinq films ont été réalisés par des femmes (Polisse, de Maïwenn et Kung Fu Panda 2, de Jennifer Yuh). Quatre seulement ont été écrits ou co-écrits par des femmes :
- Polisse, coécrit par deux femmes ;
- Twilight chapitre IV : Révélation, première partie, écrit par une femme. Ce film n’est absolument pas féministe, bien au contraire ;
- La planète des singes : Les origines, co-écrit par une femme et un homme
- X-men : Le commencement, quatre co-scénaristes, dont une seule femme

Vingt de ces vingt-cinq films ont donc été écrits et réalisés uniquement par des hommes et un seul a été écrit et réalisé uniquement par des femmes (Polisse, de Maïwenn, dix-huitième au box-office, prix du jury du festival de Cannes 2011).
Parmi les vingt-cinq films ayant fait le plus d’entrées au cinéma en France en 2011, 84% échouent au test Bechdel. Pour 40% des films soumis au test, les deux femmes nommées ne font qu’échanger quelques mots (parfois simplement « bonjour, ça va ? », ou un bref échange entre une mère et sa fille, ou entre une femme et une schtroumpfette…) ! Ainsi, si l’on considère uniquement les films dans lesquels les deux femmes ont une vraie conversation (de plus de 3 phrases), alors 16% des films seulement réussissent le test. 44% échouent catégoriquement, avec des personnages féminins qui ne parlent que d’hommes, ou qui ne s’adressent jamais la parole, ou encore avec un seul personnage féminin nommé.

Réussissent le test sans hésitation (16%) :
- Au-delà (bref échange entre le personnage de Cécile de France et une docteure)
- Black Swan
- Les Femmes du 6ième étage
- Polisse

Échange de quelques mots (40%) :
- Le Discours d’un roi (Court échange mère-fille)
- Harry Potter et les reliques de la mort 2e partie (« Don’t touch my daughter, bitch ! »)
- Kung Fu Panda 2
- Minuit à Paris (Échange mère-fille au sujet des cadeaux de mariage)
- Un Monstre à Paris (Quelques mots entre tante et nièce)
- Les Schtroumpfs (« Quelle jolie robe ! » et « Je n’ai jamais eu d’amie fille. »)
- Thor (à peine quelques mots entre le personnage de Portman et son assistante)
- Transformers 3 : La Face cachée de la Lune
- Twilight chapitre IV : Révélation. Première partie (au sujet du mariage)
- X-men : Le commencement

Échouent catégoriquement au test (44%) :
- Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne
- Cars 2
- Case départ (échanges de quelques mots, mais systématiquement au sujet de l’un ou l’autre des personnages masculins)
- Le Chat Potté
- Fast & Furious 5 (Echange de quelques mots, mais au sujet d’un homme : « Est-ce qu’il sait [que tu es enceinte] ?»)
- Intouchables
- Pirates des Caraïbes : La Fontaine de jouvence
- La Planète des singes : Les origines
- Rien à déclarer
- Rio
- Very Bad Trip 2

Les résultats montrent donc de façon évidente que les femmes sont considérablement moins présentes à l’écran que les hommes, tant quantitativement que qualitativement. Lorsqu’elles apparaissent, elles sont quasi systématiquement représentées en relation avec un ou des hommes. Comme si elles n’existaient qu’en fonction d’eux !
Certaines scènes montrent des femmes échangeant quelques mots, mais c’est soit au sujet d’un homme, soit dans le cadre de relations mère-fille ou de préparatifs de mariage, quand il ne s’agit pas de paroles futiles ou insultantes à l’égard d’une autre femme… Dans la majorité des cas, les personnages féminins ne se parlent pas, et quand elles le font, c’est souvent pour mieux conforter un stéréotype sexiste. Seuls quatre films sur vingt-cinq proposent des personnages féminins qui ont une vraie conversation autour d’autre chose qu’un homme.

Les vingt-cinq films soumis au test ne visent pas forcément à refléter la réalité, toutefois il ne faut pas négliger leur impact sur l’imaginaire collectif, sur la représentation que nous nous faisons des genres. Si l’on ne peut pas exiger de chaque film une représentation équitable et réfléchie des femmes et des hommes, on peut cependant appeler à la création de personnages de femmes et de filles plus construits et plus présents à l’écran et qui interagissent entre eux. Vivement une représentation moins stéréotypée des femmes ! Espérons que le box-office de 2012 obtienne de meilleurs résultats au test Bechdel !

Les films qui réussissent le test et que nous avons aimés : Donoma, Melancholia, TomBoy, Polisse.

Voir aussi:

Connaissez-vous le test Bechdel?
Marie-Claude Martin
Le Temps
10 janvier 2014

Jane Campion, qui vient d’être nommée présidente du jury au prochain Festival de Cannes, sera-t-elle sensible aux critères de ce label qui vise l’égalité?

Quelle jolie robe! Je n’ai jamais eu d’amie fille. Les Schtroumpfs 2

C’est donc Jane Campion qui présidera le jury du 67e Festival de Cannes, du 14 au 25 mai. Elle est la dixième femme à occuper ce poste mais la première réalisatrice. Le choix est artistique, sans aucun doute. Il est aussi politique. Peut-on imaginer meilleure caution pour déjouer la rituelle polémique concernant la sous-représentation des femmes dans un festival qui se veut la vitrine du monde?

La cinéaste néo-zélandaise a tout juste: révélée à Cannes avec son court-métrage Peel, elle est la seule femme à avoir décroché la Palme d’or (avec La Leçon de piano en 1993), alors que sa filmographie est entièrement consacrée à des figures féminines fortes, des héroïnes qui ne cèdent ni sur leur désir, ni sur leur liberté. Jane Campion, c’est le label Bechdel du Festival de Cannes.

Le quoi? Je vous explique. Le test de Bechdel, du nom d’une dessinatrice de BD qui en fait un argument dans une de ses planches, consiste à mesurer la représentativité des femmes au cinéma. Pour passer le test, un film doit pouvoir répondre oui à ces trois questions: 1. Est-ce qu’il y a au moins deux personnages féminins dont on connaît le nom? 2. Est-ce qu’elles se parlent à un moment du film? 3. Si oui, parlent-elles d’autre chose que d’un homme?

A priori, ces trois conditions paraissent assez faciles à remplir. Détrompez-vous. Sur l’année 2013, par exemple, parmi les dix films qui ont fait le plus d’entrées en Europe, 66% auraient été recalés. Il faut dire que les block­busters ne cachent pas leurs intentions: du muscle, de la testostérone et des effets spéciaux. Mais, plus surprenant, ces films que l’on appelle chick flicks, destinés au public féminin, ne font guère mieux, échouant soit à la seconde, soit à la troisième question. Le phénomène est particulièrement vrai à Hollywood.

Soyons clairs: le test Bechdel ne garantit pas la qualité d’un film, et pas d’avantage son engagement. Il n’est qu’un indice de la présence des femmes à l’écran, de leur capacité à raconter une histoire, à en être le moteur et pas seulement les éléments décoratifs. Il a le mérite de rendre visible un déséquilibre devenu quasiment naturel à force d’habitude. A titre indicatif, si on inversait la proposition et qu’on remplaçait les femmes par les hommes, le taux de réussite serait à peu près de 70%.

Déjà adopté comme label par quatre cinémas indépendants en Suède, cet «indice de l’égalité» a ses limites. Gravity, par exemple, ne passerait pas le test parce que son héroïne, aussi exceptionnelle soit-elle, ne parle pas à une autre femme. Et que penser d’une comédie comme Guillaume et les garçons à table!, où le comédien joue le rôle de sa mère? Le label ne prémunit pas non plus contre le sexisme. Un film sans femmes, comme L’Inconnu du lac, est-il forcément plus misogyne qu’une comédie qui remplirait toutes les conditions parce qu’une fille dirait à une autre: «Quoi, t’es une fille et t’as pas de shampoing!?»

Enfin, comme tout système de cotation, le test comporte ses aberrations. En écrivant cette chronique, je m’aperçois que La Leçon de piano de Jane Campion raterait son Bechdel: son héroïne est muette.

Voir encore:

Au tour de la littérature de passer le test de Bechdel
Silvia Ricci Lempen
Le Temps
15 janvier 2014

Silvia Ricci Lempen juge que le test de Bechdel, malgré ses limites, est utile pour démasquer l’imaginaire patriarcal inconscient à l’œuvre dans le cinéma, mais aussi dans d’autres domaines artistiques

Tiens, on reparle du test de Bech­del. Coup sur coup, Miso et Maso dans Le Courrier (08.01.2014) et Marie-Claude Martin (LT du 10.01.2014) con­sacrent une chronique à cet instrument d’analyse, inventé il y a déjà bientôt trente ans par une auteure états-unienne, qui vise à faire réfléchir sur la représentation des femmes dans les productions culturelles. Alison Bechdel s’intéressait tout particulièrement au cinéma, mais rien n’empêche d’appliquer le test à d’autres ­catégories d’œuvres d’art de type narratif.

Le terrain est miné. S’il y a un domaine où le concept d’égalité est hors de propos, c’est bien celui des contenus de la culture. Que les déesses nous préservent d’une ­police du symbolique, qui se mêlerait d’évaluer la qualité des œuvres d’art à l’aune du nombre de femmes qu’elles mettent en scène, ou du rôle qu’on leur fait jouer. De plus, le test de Bechdel est assez approximatif et pas ­vraiment fiable. Pourtant, il a un immense mérite, qui est d’attirer ­l’attention sur la domination persistante de l’imaginaire collectif patriarcal (à ne pas confondre avec les hommes en tant qu’individus!) dans le champ de la création artistique.

Cette domination est inscrite dans l’inconscient de très nombreux créateurs et créatrices, qui en nourrissent leurs œuvres sans nécessairement s’en rendre compte, comme dans celui de la plupart des critiques et des responsables des instances de légitimation culturelle qui sont appelés à juger ces œuvres, aux yeux de qui elle semble rester le plus souvent invisible. Les œuvres sont et doivent être jugées pour leur valeur artistique, pas pour leur teneur démocratique: c’est ce qui différencie un film ou un roman d’une loi sur la famille ou d’une grille de salaires. Quant à celles et ceux qui les produisent, leur liberté d’expression est et doit rester intangible. Le problème, c’est que le respect (sacro-saint) de ces spécificités du champ culturel fait du même coup écran à la pure et simple perception de l’infrastructure encore massivement patriarcale de la culture contemporaine, en tout cas s’agissant de la culture mainstream.

Le test de Bechdel, quels que soient ses défauts et ses insuffisances, peut favoriser cette perception. Bien entendu, pas dans le but d’orienter les productions des artistes dans le sens d’une plus grande justice dans la représentation des rapports entre les sexes, et encore moins dans celui de sanctionner celles qui contreviennent à cette justice (répétons-le, le critère de la justice est absolument non pertinent dans l’art). Mais dans le but d’éclairer un aspect omniprésent et pourtant obstinément ignoré de notre imaginaire collectif.

Parmi les trois questions du test de Bechdel, la troisième est la plus intéressante. En admettant que, dans le film analysé, il y ait bel et bien au moins deux femmes ­ (première question), et que ces femmes se parlent entre elles (deuxième question), leur arrive-t-il au moins une fois de parler d’autre chose que d’un homme? Cette formulation doit être prise cum grano salis; si elles se parlent, par exemple, de produits de beauté, le film va passer le test, mais c’est du pipeau, étant donné que, jusqu’à nouvel avis, la fonction principale des produits de beauté est de rendre les femmes attrayantes aux yeux des hommes, ou d’un homme.

En fait, il faudrait poser la question de manière un peu plus élaborée: arrive-t-il à ces deux femmes de parler entre elles des sujets dont les hommes, eux, parlent ­habituellement entre eux dans la quasi-totalité de la cinématographie et de la littérature mondiale? Du genre: la politique, la morale, la dégradation de l’environnement ou les cours de la bourse? En somme, leur arrive-t-il de s’approprier les sujets dits «universels» sans la médiation d’un personnage masculin (ce que les femmes font tous les jours, si, si, dans la vraie vie)? Que je sache, la question ainsi formulée n’a jamais été posée dans le cadre d’une recherche quantitative sur la production culturelle contemporaine mais, si elle l’avait été, les résultats seraient à coup sûr encore plus catastrophiques que ceux du test de Bechdel originaire (66% des dix films qui ont fait le plus d’entrées en Europe en 2013 ne le passent pas).

Ces résultats ne sont rien d’autre qu’un symptôme d’un phénomène qui mériterait une analyse plus approfondie: la persistance de la confusion, dans la culture contemporaine, entre le masculin et l’humain en général, qui fait que les différentes facettes de l’humain non assignables a priori à l’un des deux sexes sont incarnées de préférence par des personnages masculins. Cette confusion vient de très loin, elle est ancrée dans les strates les plus anciennes du psychisme individuel et social, et il n’est évidemment pas question de la dissiper au Kärcher idéologique. Ce qui ­serait déjà bien, c’est qu’elle commence à être vue.

Un petit exercice pour se mettre en appétit? Comme ma spécialité n’est pas le cinéma, je vous suggère de faire un détour par la littérature. Relisez, à la lumière des considérations qui précèdent, les deux grands best-sellers suisses de ces dernières années, Train de nuit pour Lisbonne de Pascal Mercier et La Vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker. Intéressant, non?

Voir de même:

Why film schools teach screenwriters not to pass the Bechdel test

Jennifer Kesler

The Hathor legacy

June 30, 2008

While writing Female characters exist to promote male leads for network profits, I realized something I had never quite put together in so many words. It’s important enough to deserve its own article (thanks, Bellatrys!), so here it is: my screenwriting professors taught me not to write scripts that passed the Bechdel/Mo Movie Measure/”Dykes To Watch Out For” test, and I can tell you why, and this needs to be known.

The “Dykes to Watch Out For” test, formerly coined as the “Mo Movie Measure” test and Bechdel Test, was named for the comic strip it came from, penned by Alison Bechdel – but Bechdel credits a friend named Liz Wallace, so maybe it really should be called the Liz Wallace Test…? Anyway, the test is much simpler than the name. To pass it your movie must have the following:

1) there are at least two named female characters, who

2) talk to each other about

3) something other than a man.

So simple, and yet as you go through all your favorite movies (and most of your favorite TV shows, though there’s a little more variety in TV), you find very few movies pass this test.

It’s not a coincidence. It’s not that there aren’t enough women behind the camera (there aren’t, but that’s not the reason). Here’s what we’re up against (and for those who have requested a single post that summarizes my experiences in film for linking reference, now you’ve got it).

When I started taking film classes at UCLA, I was quickly informed I had what it took to go all the way in film. I was a damn good writer, but more importantly (yeah, you didn’t think good writing was a main prerequisite in this industry, did you?) I understood the process of rewriting to cope with budget (and other) limitations. I didn’t hesitate to rip out my most beloved scenes when necessary. I also did a lot of research and taught myself how to write well-paced action/adventure films that would be remarkably cheap to film – that was pure gold.

There was just one little problem.

I had to understand that the audience only wanted white, straight, male leads. I was assured that as long as I made the white, straight men in my scripts prominent, I could still offer groundbreaking characters of other descriptions (fascinating, significant women, men of color, etc.) – as long as they didn’t distract the audience from the white men they really paid their money to see.

I was stunned. I’d just moved from a state that still held Ku Klux Klan rallies only to find an even more insidious form of bigotry in California – running an industry that shaped our entire culture. But they kept telling me lots of filmmakers wanted to see the same changes I did, and if I did what it took to get into the industry and accrue some power, then I could start pushing the envelope and maybe, just maybe, change would finally happen. So I gave their advice a shot.

Only to learn there was still something wrong with my writing, something unanticipated by my professors. My scripts had multiple women with names. Talking to each other. About something other than men. That, they explained nervously, was not okay. I asked why. Well, it would be more accurate to say I politely demanded a thorough, logical explanation that made sense for a change (I’d found the “audience won’t watch women!” argument pretty questionable, with its ever-shifting reasons and parameters).

At first I got several tentative murmurings about how it distracted from the flow or point of the story. I went through this with more than one professor, more than one industry professional. Finally, I got one blessedly telling explanation from an industry pro: “The audience doesn’t want to listen to a bunch of women talking about whatever it is women talk about.”

“Not even if it advances the story?” I asked. That’s rule number one in screenwriting, though you’d never know it from watching most movies: every moment in a script should reveal another chunk of the story and keep it moving.

He just looked embarrassed and said, “I mean, that’s not how I see it, that’s how they see it.”

Right. A bunch of self-back-slapping professed liberals wouldn’t want you to think they routinely dismiss women in between writing checks to Greenpeace. Gosh, no – it was they. The audience. Those unsophisticated jackasses we effectively worked for when we made films. They were making us do this awful thing. They, the man behind the screen. They, the six-foot-tall invisible rabbit. We knew they existed because there were spreadsheets with numbers, and no matter how the numbers computed, they never added up to, “Oh, hey, look – men and boys are totally watching Sarah Connor and Ellen Ripley like it’s no big deal they’re chicks instead of guys.” They always somehow added up to “Oh, hey, look – those effects/that Arnold’s so awesome, men and boys saw this movie despite some chick in a lead role.”

According to Hollywood, if two women came on screen and started talking, the target male audience’s brain would glaze over and assume the women were talking about nail polish or shoes or something that didn’t pertain to the story. Only if they heard the name of a man in the story would they tune back in. By having women talk to each other about something other than men, I was “losing the audience.”

Was I?

There certainly are still men in this world who tune out women when we talk, but – as I and other students pointed out – this was getting less common with every generation, and weren’t we supposed to be targeting the youngest generation? These young men had grown up with women imparting news on national TV (even I can remember when that was rare), prescribing them medicine, representing people around them in court, doling out mortgages and loans. Those boys wouldn’t understand those early ’80s movies where women were denied promotions because “the clients want to deal with men” or “who would take a woman doctor/lawyer/cop seriously”? A lot of these kids would need it explained to them why Cagney & Lacey was revolutionary, because many of their moms had worked in fields once dominated by men.

We had a whole generation too young to remember why we needed second wave feminism, for cryin’ out loud, and here we were adhering to rules from the 1950s. I called bullshit, and left film for good, opting to fight the system from without. There was no way Hollywood really believed what it was saying about boys who’d grown up with Ellen Ripley and Sarah Connor as action heroes, and so there was no way to change the system from within. I concluded Hollywood was was dominated by perpetual pre-adolescent boys making the movies they wanted to see, and using the “target audience” – a construct based on partial truths and twisted math – to perpetuate their own desires. Having never grown up, they still saw women the way Peter Pan saw Wendy: a fascinating Other to be captured, treasured and stuffed into a gilded cage. Where we didn’t talk. To each other. About anything other than men.

Voir également:

The Bechdel test: it’s not about passing

Jennifer Kesler

December 28, 2010

There seems to be a lot of confusion about the Bechdel test. Many people think the goal is to pass the test, but actually, that’s not it at all.

For those who don’t know, the “test” comes from a comic in which one character cleverly gets out of going to the movies with another by saying she will only go to a movie that contains two named female characters having a conversation with each other about something other than men. That rules out every movie available because, well – think about all the movies you can think of. These scenes are stunningly rare.

Make this observation in the context of discussions on how women are represented in the media, and you often get a response like: “Oh, so I’m supposed to shoehorn this stupid scene into my story so the PC police will get off my back?” But that’s a thought process short-circuited. How on earth would inserting a scene as potentially dull as the one described in the comic make a movie less sexist?

The point of the Bechdel test is something else entirely. Upon realizing how rare these scenes are, the average person is stunned enough to wonder precisely why these scenes are so rare?

Answer: because so few movies and TV shows include multiple, developed, relevant women characters who have any part in advancing the story. Imagine how hard it would be to avoid a scene in which two named men chat about something other than women. Why do you suppose that is? Because virtually every movie and TV show contains multiple, developed, relevant male characters who have some part in advancing the story. See?

Female characters are traditionally peripheral to male ones. That’s why we don’t want to hear them chatting about anything other than the male characters: because in making them peripheral, the writer has assured the women can’t possibly contribute to the story unless they’re telling us something about the men who drive the plot. That is the problem the test is highlighting. And that’s why shoehorning an awkward scene in which two named female characters discuss the price of tea in South Africa while the male characters are off saving the world will only hang a lantern on how powerfully you’ve sidelined your female characters for no reason other than sexism, conscious or otherwise.

It’s not that the audience doesn’t want to hear what “women” characters have to say, as one film pro told me (see above-linked article). It’s that we don’t want to hear what’s said by irrelevant, underdeveloped characters who have nothing to do with the plot. If this was the only role 99.9% of male characters were allowed in film, we might get the idea that male characters never say anything relevant, and should therefore just shut up and look hot.

This, by the way, is why I retain a warm spot in my heart for Xena, despite its flaws: it rarely passed the reverse Bechdel test, thus proving men are not remotely essential for exciting, action-packed stories. Like Xena, Buffy the Vampire Slayer featured women doing exciting things. Neither show could’ve avoided passing the Bechdel test regularly if they’d wanted to: the plots, which relied on women characters, would’ve stalled out in the first act.

Whether or not your story includes the Bechdel scene says absolutely nothing about whether it’s sexist or not. The measure of sexism is whether your story denies women the opportunity to participate in it.

Cinema programmers beware: feminist films can flunk the Bechdel test
The decision of some Swedish cinemas to vet what they show using the test should be applauded with caution – its creator had satire in mind, and its enforcers may yet be motivated by money

With its excellent health care, superb state-sponsored child-minding provision, and greener-than-Kermit environmental policies, Sweden is practically a metonym for social progressiveness; the canary in the coalmine for putting politically correct policies into practice. It therefore comes as no surprise that cinemas in Stockholm are the first in the world to make gender representation a factor in an unofficial ratings system, pledging to give an A rating to films that pass the Bechdel test. So should feminists and other folk of a liberal minded persuasion round the world be throwing their copies of The Second Sex in the air with joy, and blessing the Swedes’ hand-knitted socks?

The Bechdel test was invented in the mid-1980s when Alison Bechdel’s comic strip Dykes to Watch Out For featured a character who refused to watch a movie that didn’t have at least two women who talk to each other about something besides a man. It’s a notion rather beautiful in its stringent simplicity, which is why it’s stuck around, come to be taken so seriously, and even applied to forms of media other than film. Bechdel actually introduced it in wry light-hearted fashion, via two women debating in the street what to go see at the cinema. The punchline was that the only film that the character who proposed the theory saw as qualifying was Ridley Scott’s Alien, which was five or six years old at the time the strip was published.

Today, if sticking to the letter of the Bechdel test, there wouldn’t be much more at regular multiplexes for the characters to choose from, especially given the dominance now of effects-driven, male-demographic-skewed blockbusters. Ellen Tejle, the director of one of the four cinemas in Stockholm to adopt the Bechdel-driven rating system, said that the campaign has been aimed at opening viewers’ eyes to how rarely they see "a female superhero or a female professor or person who makes it through exciting challenges and masters them," and that "the goal is to see more female stories and perspectives on cinema screens."

Well, good for her and the other theatre managers, and good for the Swedish Film Institute for supporting the initiative if this means getting audiences to think more about how feminine perspectives and relationships are missing from so many movies. I’d like it more if they were highlighting the shocking paucity of female directors working today, down, according to a 2012 report, to only 5% of active directors in Hollywood, a 2% reduction on 2010, but you can’t win ‘em all.

However, I’m not so sure if I feel so supportive of TV channel Viasat Film. Their idea of promoting Tejle and Co’s Bechdel test-initiative is to have a "Super Sunday" on 17 November, showing surefire-ratings earner The Hunger Games (fair enough), the loathsome Margaret Thatcher biopic whitewash The Iron Lady, and Oliver Stone’s Savages, not exactly a woman-centric film even if it does technically pass the Bechdel test. Maybe any publicity is good publicity – but really? Is that the best they could do?

Judging by the comments beneath the original article in the Guardian, this kind of affirmative-action programming still has the power to get people’s knickers in a serious twist, provoking howls of fury about the "nanny state" (the Swedish government is not making this a law, guys – it’s just a few cinemas creating publicity) and how flawed the test is if it "fails" films like the Lord of the Rings cycle, The Shawshank Redemption or, oh God the pity, Thunderbolt and Lightfoot.

Personally, I too have reservations about the validity of Bechdel test, if we’re going to take it so seriously, because it would "fail" some of the best films I’ve seen this year at festivals like the London film festival. Jonathan Glazer’s magnificent Under the Skin probably wouldn’t come up to snuff, given Scarlett Johansson’s character is practically the only woman in it, and yet it’s a film deeply concerned with female power and agency that in its sly metaphoric way says way more about gender than, say, The Iron Lady. Nicole Holofcener’s acclaimed bittersweet examination of a love-triangle Enough Said might fail on the grounds that the two women in it mostly talk about men. Even the relentlessly slushy but effective Saving Mr Banks, which stars Emma Thompson as children’s author PL Travers locking horns with Tom Hanks’ Walt Disney over adapting Mary Poppins, would also fail, even though it features one of the stronger female protagonists of the year. At least the wonderful Frances Ha would be safe.

Voir aussi:

No sexism please, we’re Swedish – films classified by representation of women
Rating movies by gender equality may be a blunt tool but it raises serious issues

Charlotte Higgins, chief arts writer
The Guardian

6 November 2013

Cinemas in Sweden have instituted a classification system for films, based not on the violence or sexual content they contain, but on how sexist they are.

To be awarded the highest A rating for gender equality, a film must pass the so-called Bechdel test: the movie must contain at least two named women characters who talk to each other about something other than a man.

The test – whose origins are in a 1985 storyline in Alison Bechdel’s comic strip Dykes to Watch Out For – may sound like an incredibly low bar. But an alarming number of films showing in cinemas fail to reach it. "The entire Lord of the Rings trilogy, all Star Wars movies, The Social Network, Pulp Fiction and all but one of the Harry Potter movies fail this test," said Ellen Tejle, who runs Stockholm’s Bio Rio, one of a number of independent cinemas that has instituted the classification.

To that one might add a number of current releases and Oscar contenders: Alfonso Cuarón’s Gravity, despite its starring role for Sandra Bullock; Lee Daniels’ The Butler, about a presidential servant and the civil rights movement; and Captain Phillips, Paul Greengrass’s piracy drama, which involves an all-male gang of pirates attacking an all-male shipping crew. The WikiLeaks film Fifth Estate, which is partly set in the offices of the Guardian, fails the test.

Oddly enough, Thor (in which Chris Hemsworth plays the Nordic god, come to save us all from Christopher Ecclestone) does pass, since it features a scene in which Natalie Portman and Kat Dennings discuss nuclear physics.

But some classics fail to meet the test, with the Shawshank Redemption, which regularly tops viewers’ polls, falling foul of the Bechdel criteria.

Claire Binns, director of programming and exhibition for the UK-based Picturehouse chain, said the classification idea would not be taken up in her cinemas anytime soon, but it certainly highlighted a real problem – a "criminal" lack of parts for older women in cinema, a desperate lack of women working behind the camera and a failure of the film industry to bring to the screen "women with real stories – women that aren’t just there to be killed in reel three or raped in reel four".

She said that she "did her utmost" to seek out for her chain films with strong female stories, mentioning the forthcoming Bright Days Ahead, directed by Marion Vernoux and starring French actor Fanny Ardant as a dentist embarking on an affair with a younger man.

She also said Picturehouse had decided not to show the violent, macho cop drama The Sweeney on London screens, a film "which I found quite offensive".

In Sweden the experiment is reflective of a much more ardent debate on gender equality than in Britain or North America, said Sofia Nyblom, a Swedish journalist and arts consultant. It comes against the background of the Swedish film institute’s gender equality directive, which states that 50% of its funding should go to women filmmakers.

In other artforms, too, patience was running out with gender inequality, she said, citing Kvast, a body set up to agitate for better representation of women composers by performing groups and broadcasters. "I don’t think this will attract sneers," she said.

But the Bechdel test is, some argue, a crude way of assessing films for gender equality. Dr Bella Honess Roe, lecturer in film studies at Surrey University, pointed out that The Hurt Locker would not pass the test, though "it was a watershed moment for women directors when Kathryn Bigelow won an Oscar for it".

Films that are, arguably, problematic in other ways, such as The Help, which was criticised for its race politics, would pass, she added. "If we are going to classify for gender equality then surely we would have to examine class, race, ethnicity and sexuality bias," she said.

Clio Barnard, acclaimed as one today’s most exciting British film-makers, notes that her most recent film, The Selfish Giant, with three male protagonists, fails the test. So does her debut feature The Arbor (on a formal technicality: its two main characters are both women, but they never speak to each other). "It’s a good thing if it raises the question," she said. "But I’d like to have a discussion about changing the rules."

A women’s viewpoint behind the camera was at least as important as the characters on screen, she said – recalling her excitement at seeing Andrea Arnold’s debut feature Red Road, and its "brilliant exploration of female sexual desire".

Melissa Silverstein, founder and editor of the Women and Hollywood website, acknowledged the crudeness of test ("it doesn’t tell you whether it’s a good film"). But it is at least presenting information that can contribute to a necessary debate, she said. "It would be great if our culture reflected who we were and didn’t have to seek out information about whether we are included."

And it matters, said Kate Gerova, the director of the Bird’s Eye film festival, which screens work by women filmmakers. "We make sense of ourselves through cinema," she said. "Its first principle is one of identification. How you make sense of who you are, where you are in the world – we do this through cinema." There are plenty, it seems, who are fatigued by watching films, in the words of Honess Roe, about "men running around blowing each other up while women sit about in inappropriate clothes, waiting to be rescued."

Voir également:

On the Bechdel Test
beccaaryan

Feminism and tea

July 1, 2013

This is a (slightly edited for blog purposes because Harvard referencing doesn’t really work for blogs) paper I wrote for my Men in Contemporary Society class last semester on ‘Growing up Masculine’.
While there are many factors which influence how boys ‘grow up masculine’, or are socialised into hegemonic masculinity, this paper will focus primarily on how movies and other similar media teach masculinity, concentrating on the Bechdel Test (or Bechdel-Wallace Test).

Movies and TV shows are often a dominating aspect of a child’s life. There are few children growing up in Ireland without a TV, and many will go to the cinema or watch movies at home. With a decline in reading among young people, movies and shows are often the way in which children learn about the world outside the family and school, and their allure can cause their messages and views to override those taught at school or at home.
The Bechdel Test was first developed in a 1985 comic strip called ‘The Rule’ and its premise is simple: in order to pass, a movie/show/novel must have two (named) female characters who interact with each other at some point, and their conversation must be about something other than a man. The idea behind this is to ensure that there are at least two female characters in the story who are relatively developed and complex. For the purpose of this test, gender identity, rather than biological sex, is the defining factor, as such, members of the trans* community who identify as female are included in the list of female characters (despite the lack of trans* characters in pop culture media). While it seems like an easy test to pass, very few of IMDB’s top 250 movies pass (including many with female protagonists), along with only a small number of movies released in the last few years, with very few box office hits passing the test. While this obviously impacts the way young girls are socialised into adulthood, it also affects young boys. The message which far too many movies and shows portray is one which reinforces the idea that women’s lives not only revolve around men, but that they remain the stereotypical ‘damsel in distress’ we remember from fairy tales, or the object of affection which the hero of the story ‘wins’ after overcoming some internal or external struggle. This in itself reinforces the idea of ‘ownership’ of women by men among young children, as well as their supposed simplicity and frivolity. In her book ‘One Dimensional Woman’, Nina Power notes that “if the contemporary portrayal of womanhood were to be believed, contemporary female achievement would culminate in ownership of expensive handbags, a vibrator, a job, a flat and a man”, and this trait isn’t isolated to Bechdel Test failures.

Since, according to R.W. Connell “masculinities are constructed, over time, in young people’s encounters with a system of gender relations” and “the configurations of practice associated with the social position of men”, this leads on to the way in which young boys are directly taught masculinity and manhood through movies and shows, just as young girls are arguably taught femininity through the Disney princess concept. Hegemonic masculinities are reinforced through the portrayal of boys and men – as the tough man, the brave fighter, the hero who overcomes the struggle on his own. As such, How Movies Teach Manhood (a TED talk by Colin Stokes which can be found here and well worth a watch) notes that there’s little room left for “other relationships and other journeys”. Although this hero character is often ‘rewarded’ with getting the girl in the end, it is not always the focus of his journey. These heroes/protagonists are often seen to be good role models for young men, which further reinforces the hero complex aspect of hegemonic masculinities. While the move away from the focus on violence and fighting among male characters is a welcome relief, even the shy, outcast boy who we see more and more of in pop culture reinforces hegemonic masculinities. They struggle on alone, choosing the ‘brave’ route of individual accomplishment over their setbacks, rather than asking for help or co-operating with others in order to ease their load. However, co-operation and asking for help is a trait associated with female characters in supporting roles and protagonist roles.

Scheiner-Fisher & Russell, in their paper about using historical films to promote gender equity, admit that “often when women are included in a film for the sake of simply having a female in the film, she is relegated to a stock character role” (also known as the ‘Smurfette Principal’), most often cast as the love interest, ‘dumb blond’, nurse, tomboy, or ‘bad girl’. There is a problem in this way of teaching masculinity through film when we do not present young boys, and men in general, with female characters who are strong, relatable and complex. Through movies and shows which fail the Bechdel test, and which promote the ‘lone, brave hero’ male character trope, we are teaching a certain type of masculinity, one which reinforces patriarchal and ‘macho’ behaviour. Debbie Ging states that many young men “understand images of hypermasculinity and misogyny not as parody but rather as masculinities with subversive or subcultural appeal”. As such, these ideas often win out those which acknowledge different ‘types’ of masculinity and being masculine, and those which provide both genders with strong female role models.

Teaching masculinity, through any channel, needs to focus on how men interact with other men, as well as with women. Hegemonic masculinity, typically, ignores the ability of women to create meaningful ideas and contribute to conversations, merely reducing them to objects of desire or focusing on their reproductive role as mothers. While this view is obviously harmful to women, it also affects the development of masculinity in a harmful way, most notably through reinforcing discriminatory behaviours and placing less emphasis on co-operation and the importance of seeking help.
Despite the increasing equality between the sexes in real life as opposed to the fantasy of film and TV, Ging is concerned that “regressive images of masculinity might be doing more than merely lagging behind a more progressive reality”. How Movies Teach Manhood (2012) shows us that movies and other media are doing a relatively good job at teaching girls how to “defend against the patriarchy”, but they’re not doing the same for boys. The patriarchy affects both sexes in negative ways, and since there is no model for boys to rebel against this discrimination, the way they learn masculinity and grow up masculine is continually impacted upon in a negative way by movies and similar forms of media.


Economie: Le pop-up store et l’airbnb confirment Laffer (Have store, will travel: pop-up stores bring Airbnb to retail until better times)

10 avril, 2014
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http://www.stephane-lautissier.fr/blog/wp-content/uploads/2009/03/2007_10_illycafe.jpg
http://www.stephane-lautissier.fr/blog/wp-content/uploads/2009/03/image-4.png
L’impôt peut entraver l’industrie du peuple et le détourner de s’adonner à certaines branches de commerce ou de travail. Adam Smith
Un impôt exagéré détruit la base sur laquelle il porte. Jean-Baptiste Say
La courbe de Laffer (…) montre qu’il n’est pas fiscalement rentable de dépasser un certain taux de prélèvement (situé selon les études entre 50 et 80 % du PIB). Elle illustre l’idée selon laquelle à partir de t^* l’effet désincitatif sur l’offre de travail l’emporte sur les recettes attendues. Deux effets contradictoires entrent en jeu : un effet de substitution qui incite un agent à diminuer son temps de travail (occuper son temps à autre chose, voire émigrer), et un effet de revenu qui incite les agents à travailler plus afin de retrouver le niveau de salaire dont ils disposaient avant l’augmentation des impôts. Pour des taux d’imposition « élevés » l’effet de substitution l’emporte sur l’effet de revenu. Wikipedia
In this economic downturn, shoppers have tightened up, forcing retailers to pull back as well. Pop-ups provide a creative, low-cost way to get consumers out of their spending bunkers. John Challenger of Challenger, Gray and Christmas, an outplacement consulting firm, sees pop-ups as a reflection of our changing times. Retailers, he says, are simply taking their best-selling merchandise and plunking it down in smaller stores. They’re "shifting because it’s a new world, one with smarter shoppers." But what about the pop-up workers? With millions of Americans unemployed, won’t these temporary jobs replace full-time work? Challenger says pop-ups provide seasonal and temporary work at a time when more people need multiple jobs to make ends meet. Perhaps not ideal for the worker seeking a 40-hour-a-week gig, but better than the alternative. As the economy heals, a surge in temporary workers is a leading indicator that real job growth shouldn’t be far behind. USA Today
C’est une constance chez les socialistes ! En 2012, comme en 1981, quand les socialistes arrivent au pouvoir, ils nient toute réalité économique, appliquent leurs vieilles recettes étatistes et keynésiennes et mettent deux ans (cf 1983 et 2014) pour admettre leurs erreurs et de faire demi-tour. Du temps de Mitterrand, les choses étaient plus faciles car nous pouvions dévaluer le franc pour retrouver de la compétitivité. Mais aujourd’hui, avec l’euro, cela nous est impossible et la France mettra beaucoup de temps à réparer les erreurs des socialistes. Mais Bruxelles, les marchés et les agences de notation nous en laisseront-ils le temps ? Je suis stupide, j’ai voté Hollande
Il faut en tout cas penser à l’après Valls, car Valls appartient déjà au passé. Valls s’est couché sous Hollande. Guy Millière
Pour augmenter les impôts, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a été rapide et efficace. La fiscalité est le seul domaine sur lequel les Français ont pu mesurer concrètement les résultats de l’action gouvernementale. Et c’est le choix d’augmenter les impôts que paie aujourd’hui le gouvernement. Les millions de ménages qui ont subi le coup d’assommoir lui en veulent. Et personne ne comprend exactement où sont partis les 32 milliards de la plus forte hausse d’impôt depuis la guerre. Car elle n’est pas visible dans la réduction du trou budgétaire: le déficit 2013, après avoir été annoncé à 3% du PIB, puis à 3,7 %, puis à 4,1 %, s’établit finalement à 4,3 %. On a rarement vu une telle glissade, alors que la conjoncture ne s’est pas détériorée. Où est donc passé tout cet argent, alors que la situation économique du pays ne s’est pas améliorée ? Tout d’abord, dans les dépenses supplémentaires. Elles ont augmenté de 2% en 2013, après un 3 % en 2012. Et le ralentissement de la hausse entre ces deux années n’est pas dû à la vertu soudaine, mais à la météo financière: les taux d’intérêt ont baissé, et la charge de la dette publique en a été réduite de près de 10 %. La dépense publique n’est donc en rien « stabilisée ». L’argent s’est ensuite volatilisé conformément aux prédictions d’Arthur Laffer, un économiste américain. Ce spécialiste de la fiscalité a expliqué naguère que le rendement de l’impôt décroît avec l’augmentation du taux de prélèvement. En clair, l’animal fiscal n’est pas plus bête qu’un autre. Lorsqu’il est malmené, il développe des comportements d’évitement. Travailler moins pour payer moins, ou travailler plus, mais au noir. Ou encore s’exiler à l’étranger. C’est exactement ce qui s’est passé chez nous. Laffer ne dit pas autre chose que les paysans et leur bon sens proverbial. Si le choc fiscal n’a pas eu d’effet sur les comptes, il a en revanche fait chuter l’investissement et les perspectives du pays.La seule inversion de courbe réussie à ce jour est celle de la confiance des agents économiques, au plus bas. François Lenglet
Pour Doug Stephens, la révolution est inévitable, les marques sont obligées de s’engager dans "des expériences de rupture" au sein de leurs boutiques. "Si elles ne le font pas, si elles se contentent d’observer ce qui se passe chez les concurrents, leurs jours sont comptés." Séverine De Smeto
Il faut un bel endroit, un beau design, une histoire mise en scène. Quelque chose qui sorte de l’ordinaire pour qu’on ait envie d’y aller et d’en parler. La marque gagne si elle crée un effet boule de neige sur les réseaux sociaux et dans les médias.  Sophie Lubet (directrice du Salon Equipmag)
 Le but premier n’est pas de vendre, mais de "faire du buzz". Dans ce cadre, chaque visiteur peut faire la publicité d’un produit. "La marque gagne si elle crée un effet boule de neige sur les réseaux sociaux et dans les médias", détaille Mme Lubet. Dans les pop-up stores, les visiteurs sont incités à se connecter à Facebook pour poster une photo ou participer à des jeux. Léonor Lumineau

A l’heure où, après les deux ans perdus imposés à son prédécesseur par le maitre du sur place de l’Elysée et jusqu’aux nominations aussi politicardes les unes que les autres, le soldat Valls est envoyé à son tour au casse-pipe sous les quolibets faciles de l’opposition …

Et où, de l’autre côté de l’Atlantique, la pression de l’opposition sur le Creuseur de déficits en chef de la Maison Blanche semble commencer à porter ses fruits …

Comment ne pas voir avec le développement, sous la pression conjuguée de la crise et du numérique, du pop-up store et du airbnb (matelas gonflable et petit déjeuner) et de toutes les variations du nouveau monde du travail de l’éphémère et de l’itinérant …

La confirmation de la courbe de Laffer comme le rappelle François Lenglet …

A savoir,  trop d’impôt tuant l’impôt, le simple développement des comportements d’évitement allant du moindre travail au travail au noir ?

La vogue des boutiques éphémères
Léonor Lumineau
Le Monde
14.01.2013

Elle avance à tâtons dans le couloir plongé dans le noir. Ses pieds rencontrent un tapis en laine de mouton. "Wahou, c’est doux !", s’exclame Marion, 25 ans. Un peu plus loin dans une grande pièce, un studio photo est installé. Un photographe propose à la jeune femme de choisir une paire de bottes fourrées. La voilà qui prend la pose dans un énorme fauteuil en poils blancs.

Son quart d’heure de célébrité : la scène immortalisée par un cliché n’est autre qu’une réplique de la dernière campagne de publicité d’UGG Australia, le fabricant des célèbres bottes en peau de mouton, arborées par les adolescentes du monde entier.

C’est le marketing nouvelle génération. Malgré les apparences, nous sommes bien dans une boutique, où l’on peut faire ses achats. Installée dans le quartier des Halles à Paris, ses attractions doivent attirer les curieux. Si possible rapidement, car ce magasin pas comme les autres fermera en février, quatre mois seulement après son ouverture. "Cette boutique éphémère permet de faire parler de la marque pour annoncer l’ouverture de notre premier magasin en nom propre à Paris", explique Audrey Beylemans, directrice marketing France d’UGG Australia.

La traduction anglophone résume plutôt bien le concept : pop-up stores, en référence aux fenêtres qui apparaissent et disparaissent lorsqu’on navigue sur Internet. En 2009, Uniqlo a été un des premiers à ouvrir en France ce type d’espace très populaire aux Etats-Unis. La marque japonaise de prêt-à-porter annonçait ainsi son arrivée dans l’Hexagone.

Depuis, les pop-up stores se multiplient à Paris et dans quelques grandes villes de l’Hexagone. Ferrero, Prada, Timberland, Hermès, ou encore Karl Lagerfeld s’y sont essayés.

Plus surprenant, la Confédération nationale de la triperie française avait joué les pionnières fin 2010, dans le quartier parisien du Marais. "Le sujet n’était pas spontanément glamour", reconnaît aujourd’hui Thierry Bisseliches, directeur associé de My Pop Up Store, une agence spécialisée dans le créneau. Pour moderniser l’image des maîtres tripiers, il leur avait proposé d’installer un sushirail d’abats !

SORTIR DE L’ORDINAIRE

Réactiver l’univers d’une marque, lancer un produit, entrer sur un marché, ou fêter un anniversaire, les occasions de faire appel à l’éphémère sont nombreuses. D’autant que l’opération est plus économique qu’une campagne de publicité classique. "Le budget minimum est de 50 000 euros, pour une moyenne de 100 000 à 150 0000 euros. Pour un prix inférieur à une campagne d’affichage, la marque a des mentions dans les médias et sur les réseaux sociaux", souligne M. Bisseliches.

En juin 2012, Magnum a ainsi ravi les gourmands qui pouvaient personnaliser une glace dans un stand courte durée parisien. Un moyen de se rappeler aux consommateurs avant l’été.

A la rentrée, Reebok avait ouvert une boutique éphémère pour présenter sa nouvelle collection. La marque y exposait ses modèles mythiques, comme au musée. "Il faut un bel endroit, un beau design, une histoire mise en scène. Quelque chose qui sorte de l’ordinaire pour qu’on ait envie d’y aller et d’en parler", détaille Sophie Lubet, directrice du Salon Equipmag consacré au point de vente et à la distribution. Ici, le but premier n’est pas de vendre, mais de "faire du buzz".

Dans ce cadre, chaque visiteur peut faire la publicité d’un produit. "La marque gagne si elle crée un effet boule de neige sur les réseaux sociaux et dans les médias", détaille Mme Lubet. Dans les pop-up stores, les visiteurs sont incités à se connecter à Facebook pour poster une photo ou participer à des jeux.

Un effet domino testé par Adopteunmec.com en septembre 2012. Le site de rencontres a exposé ses membres masculins grimés en "M. Chic", "M. Muscles" et autres "Surfeur" dans des boîtes géantes de poupées.

Pas forcément du meilleur goût, mais "en une semaine, nous avons eu plus de 1 500 visiteurs et 1 000 retombées presse dans 48 pays différents", se réjouit encore Thomas Pawlowski, le directeur marketing et communication. Résultat, "les inscriptions de filles ont augmenté de 50 % dans les quinze jours et celles des garçons – payantes – de 30 %. Et des investisseurs ont même proposé de développer le site à l’étranger".

De son côté, UGG Australia assure plus modestement avoir triplé le nombre de ses fans sur le réseau social depuis l’ouverture de cet espace. Un chiffre qui sonne néanmoins tout doux aux oreilles de la marque.

Bienvenue dans la boutique du futur
Transférer les avantages du e-commerce dans les magasins de mode, c’est le nouvel enjeu du secteur.
Séverine De Smet0
Nouvel observateur
6/04/14

Imaginez Minority Report version shopping ou, pour les fans de Zola, Au Bonheur des Dames version XXIe siècle. Du 21 au 27 mars dernier à Paris, un des fers de lance du prêt-à-porter de luxe français, Kenzo, a ouvert dans le Marais une échoppe éphémère et digitale. Sur un écran géant qui remplaçait les cintres, les clients pouvaient se connecter à l’estore, choisir une pièce de la collection créée dans le cadre d’une collaboration avec la Blue Marine Foundation, qui lutte contre la surpêche, et repartir juste avec un ticket et un lien internet pour finaliser leur achat. La miniboutique peinte en bleu futuriste de Kenzo est une des preuves qu’une petite révolution s’opère dans les rayons : le magasin classique, avec ses murs et ses portants, ses vendeurs et ses cabines d’essayage, est en train de muter.

Pour résister aux poids lourds du e-commerce et renouveler l’expérience shopping, le commerce tel qu’on l’a toujours connu se tourne désormais vers des "gadgets" ultrapointus. Burberry, à Londres, fait figure de pionnier. Fin 2012, il ouvre sur Regent Street une boutique de près de 4 000 mètres carrés où le digital est gravé dans les murs : un écran géant au centre, des tablettes interactives en tête de rayon, des iPad pour créer un trench personnalisé…

En France, curieusement, c’est un géant de la grande distribution qui a été précurseur. Pendant quelques jours en mars, six magasins Carrefour ont proposé des cabines d’essayage virtuelles avec réalité augmentée et reconnaissance de mouvements. Le groupe s’est associé à Clear Channel, un des leaders de l’affichage publicitaire, pour créer un écran interactif sur lequel les clientes essaient une collection, peuvent se photographier et partager sur les réseaux sociaux.

Sur le même principe, une compagnie londonienne a créé un "Magic Mirror", déjà mis en service dans des boutiques comme Superdry à Londres ou Adidas en Allemagne. Début 2014, l’enseigne britannique Topshop avait invité une poignée de clientes à suivre dans son magasin d’Oxford Street la présentation de sa dernière collection, tenue un peu plus loin dans le Musée Tate Modern.

Au-delà du défilé diffusé en direct, qui paraît déjà appartenir à une autre époque, c’était une nouvelle expérience avec des lunettes-masque Oculus Rift sur le nez. Un outil de "gamers" qui a permis de suivre en 3D le show et les coulisses. A New York, le jeaner Levi’s a, lui, ouvert un pop-up store entièrement robotisé avec l’aide de Hointer, une compagnie créée par une ancienne d’Amazon. Les clients, smartphone à la main, remplissent un panier virtuel en scannant le code apposé sur de vrais vêtements qu’ils peuvent toucher, choisissent la taille, le coloris… et retrouvent directement dans la cabine l’article extrait dans l’arrière-boutique par des bras articulés.

Fini les piles de jeans et la recherche frénétique de la taille. La frontière entre les magasins physiques et les commerces en ligne semble de plus en plus mince et perméable. La marque américaine de vêtements pour homme Bonobos en est un bon exemple. S’appuyant sur un solide site internet de vente, elle a ouvert dans les principales villes du pays des "Guide Shop". Une boutique où l’on ne peut rien acheter. Sur rendez-vous, on y rencontre des vendeurs qui conseillent sur les modèles proposés en ligne et on peut faire des essayages. Le vendeur se charge ensuite de faire la commande sur le Net, qui sera expédiée à domicile.

Les commerces classiques se sont en tout cas inspirés du e-commerce et de ses recettes couronnées de succès. Avec sa bouille d’acteur américain et sa chemise bien repassée, le Canadien Doug Stephens, presque 50 ans et vingt ans d’expérience dans le secteur, est un véritable gourou. Les marques et les médias s’arrachent les conseils de l’agence qu’il a fondée, Retail Prophet, qui étudie les nouvelles manières de consommer.

Fana de prospective, il est persuadé que nous vivons une étape révolutionnaire et historique dans notre façon d’acheter. Une analyse faite dans son ouvrage The Retail Revival, sorti en 2013. Selon lui, les boutiques traditionnelles mutent en sites internet physiques. "Grâce aux smartphones détectés par leur signal wi-fi ou à l’analyse vidéo, les commerçants seront capables de savoir combien de clients entrent dans leur officine, leur profil démographique, leur parcours dans l’espace du magasin, ce qu’ils ont touché, reposé ou acheté. Cette nouvelle intelligence permettra de comprendre ce qui se passe dans la boutique en temps réel et ça, pour l’instant, seuls les sites web de shopping pouvaient se le permettre."

Souriez donc pendant votre shopping, vous êtes "trackés". Des firmes outre-Atlantique comme Retail-Next à San Francisco, ThirdShelf à Montréal ou Nomi à New York se sont spécialisées dans la conception d’outils destinés aux marques afin de mieux analyser leur clientèle, par le biais notamment d’applications iPhone. Ce système, qui utilise des techniques du domaine de la robotique, est toutefois critiqué aux Etats-Unis et risque à l’avenir d’être régulé en raison de son côté un peu pirate, un peu "la NSA vous écoute" … D’autant plus que ces start-up, qui lèvent des millions de dollars de fonds, restent opaques sur l’identité de leurs clients.

Pour Doug Stephens, la révolution est inévitable, les marques sont obligées de s’engager dans "des expériences de rupture" au sein de leurs boutiques. "Si elles ne le font pas, si elles se contentent d’observer ce qui se passe chez les concurrents, leurs jours sont comptés."

Voir également:

Airbnb, l’hôtelier 2.0 en quête de respectabilité
Audrey Fournier
Le Monde
08.04.2014

Des informations du Wall Street Journal ont fait état, le 21 mars, d’une levée de fonds prochaine de 400 à 500 millions de dollars (291 à 364 millions d’euros). Cette levée, non confirmée, valoriserait le site Airbnb à 10 milliards de dollars.

Sept ans après avoir accueilli chez eux leurs premiers voyageurs de passage sur un matelas gonflable – d’où le nom « Airbnb », abréviation de Air Bed and Breakfast –, Brian Chesky, Joe Gebbia et Nathan Blecharczyk sont à la tête d’une des plus importantes plates-formes de location saisonnière entre particuliers au monde.

Non coté en Bourse, le site, dont le siège est à San Francisco, ne communique pas de chiffre d’affaires. Des informations du Wall Street Journal ont fait état, le 21 mars, d’une levée de fonds prochaine de 400 à 500 millions de dollars (291 à 364 millions d’euros). Cette levée, non confirmée, valoriserait le site à 10 milliards de dollars, ce qui le ferait passer devant des pépites de l’Internet, comme Dropbox, Spotify ou Pinterest. Airbnb vaut désormais plus d’argent qu’une chaîne d’hôtels installée comme Hyatt.

Si ses 700 employés sont répartis dans treize bureaux dans le monde, Airbnb affirme concentrer son développement sur la plate-forme informatique, clé de voûte du système. Tous les développeurs et ingénieurs sont installés sur la côte ouest américaine et les données du site sont hébergées sur le cloud, en l’occurrence sur des serveurs appartenant à Amazon.

LE MODÈLE : UNE ÉCONOMIE DE PLATE-FORME

Les hôtes sont entièrement libres de fixer le prix auquel ils veulent proposer leur logement, même s’ils sont aidés pour le faire. Les commissions sont prélevées des deux côtés : sur l’hébergeur, 3 % du prix de la nuitée, et sur le locataire, qui paie, lui, un peu plus (entre 6 % et 12 %).

La plate-forme a l’originalité de proposer un paiement intégré. Du fait du cours fluctuant des devises, cela représente « un casse-tête technique », explique Olivier Grémillon, chef du bureau de Paris, « mais c’est un vrai plus pour l’utilisateur ».

Par sécurité, Airbnb ne transfère le paiement à l’hébergeur que vingt-quatre heures après le début de la période de location, afin d’éviter les fraudes. Pour parer aux incidents, le site a mis en place une « garantie hôte », qui couvre les dégradations éventuelles.

Cette combinaison d’offres libres adossées à des « garde-fous » a séduit : le site a franchi à l’été 2012 la barre des 10 millions de nuitées réservées. Plus de 6 millions d’« hôtes » sont inscrits sur la plateforme, et le site vient de lancer sa première campagne publicitaire dans le métro parisien.

LE DÉVELOPPEMENT : MULTIPLIER LES MARCHÉS

Le site consacre une part importante de ses efforts au développement des fonctionnalités sur l’application mobile. L’application existe en version iOS, Android, sur iPhone mais aussi sur iPad. La dernière version permet notamment, aux hôtes de lier leur compte Airbnb et leur calendrier afin de voir s’afficher les réservations.

Pour varier son activité, Airbnb mise aussi sur de nouvelles offres de services : depuis mars, le site teste un service de conciergerie dans certaines villes, avec possibilité de transport vers l’aéroport, remise de clés, ménage professionnel…

Autre axe de développement primordial : l’Asie, où le vivier de touristes est considérable, du fait de l’explosion des classes moyennes, mais où l’hébergement entre particuliers n’est pas encore développé. Le site a ouvert des bureaux à Singapour et à Delhi.

Airbnb compte des membres dans 30 000 villes et 192 pays, mais avec des densités très différentes. A Paris, première destination des membres en Europe, on frôle la saturation en termes d’offres. En Inde, la croissance est forte, mais se heurte aux réticences culturelles.

LOBBYING : FAIRE ACCEPTER LE MODÈLE

Le succès fulgurant du site n’est pas sans susciter la critique, notamment de la part des professionnels de l’hôtellerie, qui dénoncent une offre concurrente organisée, qui favorise l’évasion fiscale, échappe à toute réglementation et contribue à faire flamber les prix dans les centres-villes.

Si Airbnb se dédouane clairement de toute responsabilité en exhortant ses membres à respecter les lois en vigueur localement, certains risques juridiques pèsent depuis sa création sur la start-up, accusée d’encourager la location et la sous-location « au noir ».

En France, la loi ALUR (accès au logement et urbanisme rénové), entrée en vigueur le 26 mars, clarifie les règles. « Si l’hébergeur loue son habitation principale, il n’a aucune démarche particulière à faire, ce qui est une sorte de reconnaissance de notre modèle, puisque 83 % des hôtes Airbnb à Paris louent leur résidence principale », indique M. Grémillon.

Là où les choses changent, c’est pour les hébergeurs qui louent une résidence secondaire dans une grande ville : désormais, ces propriétaires devront demander une autorisation temporaire, qui leur sera accordée selon des critères propres à chaque mairie. « Cette loi donne de la flexibilité et conserve une distinction entre les professionnels et les particuliers. Surtout, elle reconnaît l’impact positif de notre modèle », se félicite M. Grémillon.

JURIDIQUE : CONJURER LE RISQUE FISCAL

Autre point sensible, sur lequel les municipalités s’arrachent les cheveux : le fait que les logeurs Airbnb ne déclarent pas toujours les sommes perçues et ne s’acquittent pas des taxes en vigueur. Mais à New York, par exemple, explique Nathan Blecharczyk, « collecter les taxes applicables sur ce type de location est quasi impossible, car on demande aux hôtes d’être enregistrés comme un hôtel ».

En mai 2013, un hébergeur new-yorkais a, à ce titre, été condamné à 2 400 dollars d’amende pour avoir sous-loué son appartement sans l’avoir déclaré. Un avocat d’Airbnb était à ses côtés pour plaider sa cause.

Dans certaines villes, comme à San Francisco, Airbnb s’est associé à la municipalité pour collecter les redevances : « Que nous soyons ou non d’accord avec les lois fiscales, nous voulons aider nos hôtes à respecter les règles », a expliqué le site dans un communiqué de presse lors de l’annonce de la décision.

Il en va de l’avenir du site dans les grandes villes touristiques : à Berlin, le sénat local a interdit en 2013 les locations entre particuliers comme celles que propose Airbnb, mais aussi tous les autres sites sur le même modèle.

Voir encore:

Le coup de Bruxelles
François Lenglet
Le Point
3/04/2014

Le redressement du pays n’est pas fini, a expliqué François Hollande au lendemain de la sanction électorale. Le président a raison. Le redressement n’est pas terminé, puisqu’il n’a tout simplement pas commencé. Lorsqu’ils sont arrivés au pouvoir, les socialistes ont trouvé une France en croissance zéro, une dette qui galopait et un chômage au plus haut. Deux ans plus tard, la France est en croissance zéro, la dette galope et le chômage est à un niveau record. Les deux seules choses qui ont changé sont le niveau des impôts et la crédibilité de la parole politique. Le premier a sensiblement monté, la seconde a sensiblement baissé, avec la promesse d’inversion de la courbe du chômage démentie par les indicateurs qui s’égrènent mois après mois. Ça n’était d’ailleurs pas si facile de faire bouger l’un et l’autre, car la majorité précédente avait déjà bien travaillé sur les deux sujets.

Pour éviter ces travers, le président et son nouveau Premier ministre pourraient être tentés d’accélérer le rythme sans changer de politique. Ce serait se méprendre. Une mauvaise politique mise en place rapidement n’en devient pas bonne pour autant. Au contraire. C’est bien l’orientation initiale qu’il faut mettre en cause : le choc fiscal. D’ailleurs, pour augmenter les impôts, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a été rapide et efficace. La fiscalité est le seul domaine sur lequel les Français ont pu mesurer concrètement les résultats de l’action gouvernementale.

Et c’est le choix d’augmenter les impôts que paie aujourd’hui le gouvernement. Les millions de ménages qui ont subi le coup d’assommoir lui en veulent. Et personne ne comprend exactement où sont partis les 32 milliards de la plus forte hausse d’impôt depuis la guerre. Car elle n’est pas visible dans la réduction du trou budgétaire : le déficit 2013, après avoir été annoncé à 3 % du PIB, puis à 3,7 %, puis à 4,1 %, s’établit finalement à 4,3 %. On a rarement vu une telle glissade, alors que la conjoncture ne s’est pas détériorée.

Où est donc passé tout cet argent, alors que la situation économique du pays ne s’est pas améliorée ? Tout d’abord, dans les dépenses supplémentaires. Elles ont augmenté de 2 % en 2013, après un 3 % en 2012. Et le ralentissement de la hausse entre ces deux années n’est pas dû à la vertu soudaine, mais à la météo financière : les taux d’intérêt ont baissé, et la charge de la dette publique en a été réduite de près de 10 %. La dépense publique n’est donc en rien "stabilisée".

L’argent s’est ensuite volatilisé conformément aux prédictions d’Arthur Laffer, un économiste américain. Ce spécialiste de la fiscalité a expliqué naguère que le rendement de l’impôt décroît avec l’augmentation du taux de prélèvement. En clair, l’animal fiscal n’est pas plus bête qu’un autre. Lorsqu’il est malmené, il développe des comportements d’évitement. Travailler moins pour payer moins, ou travailler plus, mais au noir. Ou encore s’exiler à l’étranger. C’est exactement ce qui s’est passé chez nous. Laffer ne dit pas autre chose que les paysans et leur bon sens proverbial.

Si le choc fiscal n’a pas eu d’effet sur les comptes, il a en revanche fait chuter l’investissement et les perspectives du pays. La seule inversion de courbe réussie à ce jour est celle de la confiance des agents économiques, au plus bas. Alors, comment remettre le quinquennat d’équerre ? Il va falloir admettre s’être trompé. Baisser les impôts. Baisser en parallèle les dépenses publiques. Le tout dans une conjoncture hostile. Avec une légitimité politique fragile. Et zéro marge de manoeuvre.

Comment le nouveau Premier ministre pourra-t-il se tirer de cette tâche ardue, dans le calendrier serré qui lui est imposé ? La seule option est la confrontation européenne, pour réaménager une nouvelle fois la trajectoire budgétaire promise à Bruxelles. François Hollande l’a annoncé en filigrane lors de son intervention de lundi soir. Il va faire levier de la montée des populismes en Europe, à l’occasion des toutes prochaines élections, pour remettre en question la politique économique de la zone euro.

Il y a bien sûr quelque chose de désolant à voir tout nouveau gouvernement français depuis vingt ans prendre le Thalys de l’humiliation pour aller demander à Bruxelles l’éternel sursis des procrastinateurs. Cette fois-ci, pourtant, c’est différent. L’exaspération des Français dont témoignent les municipales, et dont témoigneront bientôt les européennes, exige des résultats concrets, après sept ans de crise et d’incurie gouvernementale. Nous sommes au dernier arrêt avant la catastrophe sociale. Si le sursis était pour une fois bien utilisé, pour préparer l’avenir, pour réformer, en somme, le jeu en vaudrait la chandelle. Si, en revanche, nous cédions à nouveau à la tentation de la ferblanterie habituelle – contrats aidés et subventions diverses -, ce nouveau gouvernement sera emporté par la prochaine secousse, et le président avec lui. Bonne chance, monsieur le Premier ministre.

Scoop : Valls est socialiste !
Guy Millière
Dreuz
10 avril 2014

De nombreux commentateurs ont parlé de Manuel Valls comme d’un « social-libéral », expression dépourvue de sens, comme Valls vient de le montrer lui-même.

Valls a eu quelques audaces dans le passé qui l’ont fait regarder du côté de Tony Blair. Il a rangé ses audaces au vestiaire. Il a dit qu’il se mettait au service de François Hollande et venait prolonger l’action de Jean-Marc Ayrault. Il vient de le confirmer. Et il vient de confirmer dès lors qu’il allait échouer, ce qui est sans doute ce qu’Hollande attend de lui.

Il n’y a, de fait, rien à retenir, du discours de Valls à l’Assemblée nationale.

Des mots vides. La compétitivité n’a été évoquée que pour être contrebalancée par la solidarité. Les baisses de charges et d’impôts seront compensées par des dépenses maintenues. Les baisses de dépense de l’Etat seront infimes, comme prévu et reposeront sur des bricolages et des châteaux de carte tels que la division par deux du nombre des régions.

La lubie inepte qu’est la « transition énergétique » est maintenue pour faire plaisir aux adeptes de la pastèque, tout comme les autres lubies de la gauche bobo en matière de famille, de justice et d’éducation. Les éléments de flexibilité qui seraient, outre la baisse des impôts et la baisse du poids de l’Etat, impérativement requis pour que baissent chômage et pauvreté sont rigoureusement absents.

Valls a pointé du doigt la valeur de l’euro, mais on peut douter que l’Allemagne se montre sensible à ses arguments : l’euro est trop fort pour la France, c’est vrai, mais il est trop fort pour la France parce que celle-ci a des sérieux handicaps en termes de productivité, et Valls ne changera pas quoi que ce soit à ces handicaps, ou alors très peu.

Il a demandé un délai pour que la France dispose de temps pour baisser ses déficits, mais les marchés mondiaux n’accordent pas de délai, et si Angela Merkel se taira, peut-être, les agences de notation, qui évaluent la crédibilité économique et financière des divers pays du monde, pourrait bien ne pas se taire très longtemps.

En dehors de cela ? Rien, disais-je.

Ou alors, si, peut-être : une évocation positive par Valls de l’arrogance de la France. Si Valls imagine faire autre chose que du sur place, et se distinguer de Jean-Marc Ayrault autrement qu’en semblant sous amphétamines alors qu’Ayrault semblait constamment sous anxiolytiques, c’est sans doute qu’il est arrogant.

Si la gauche de la gauche imagine encore qu’elle pourrait s’abstraire des règles du marché, c’est qu’elle est plus arrogante encore que Valls, et sans doute très française.

Quand Marine Le Pen voit de l’ultra libéralisme chez Valls, elle n’est pas arrogante, mais ressemble à un compteur qui disjoncte.

Y a-t-il quelqu’un pour sauver la France ? Je dois dire que j’ai des doutes.

Il faut en tout cas penser à l’après Valls, car Valls appartient déjà au passé. Valls s’est couché sous Hollande.

Je me dis qu’il méritait mieux.

Hollande, lui, continue. A force de sombrer dans l’impopularité, et à force de creuser la tombe du pays, je ne pense même pas qu’il finira par trouver du pétrole.

J’aurais préféré ne pas être déçu par Valls, car c’est un ami d’Israël, et il a prononcé sur le sujet des phrases courageuses, et que je salue. Malheureusement, il est, aussi, socialiste. Et il ose même en être fier.

Etre socialiste et en être fier : je ne vois pas là une lueur d’intelligence. De l’arrogance, peut-être ?

Oui : de l’arrogance, sans le moindre doute.

Voir par ailleurs:

Relation: du pep’s grace au pop
CMI 360°
mars 20, 2009

Une expérimentation intéressante, qui rencontre un vrai succès et éclaire les profondes mutations de la com et du marleting, est le pop-up store. Le pop-up store, c’est un magasin itinérant, plus ou moins éphémère, capable d’exister de manière très ponctuelle ou renouvelé, en modifiant ses itinéraires et ses capacités de stockage. Une vraie nouveauté dans le rapport à la distribution. Une vraie innovation en terme de contact, qui revisite la frontière entre com et marketing.

Un vrai choix malin de la part de petite marque, qui n’ont pas beaucoup de moyens. Bel exemple avec Oceanic, marque brésilienne de cosmétique peu fortunée, qui propose avec sa flotte de bus, des magasins ambulants. Joli sur-mesure puisque la marque est en capacité d’adapter sa cargaison en fonction de ses itinétaires: crèmes solaires pour les plages, soins de peau pour les abords des collèges… On est en pleine démarche de relation ciblée, avec une démarche proactive, personnalisée et basée sur la preuve.

Dans une autre perspective, la marque de textile Uniqlo, a proposé devant son flagship en construction, des pop-up shops permettant une appropriation et une découverte des produits par les prospects.

Dans une logique d’étude conso, la jeune entreprise de produits d’entretiens écologiques Method a crée son propre pop-up store pour réaliser sur trois mois une étude de marché.

L’avantage du pop-up store est de pouvoir tester les expérimentations. Dans une vraie logique d’écosystème qui repose sur des essais et de l’alchimie, ce « magasin champignon » permet de surprendre mais aussi d’essayer de nouvelles interactions relationnelles plus ou moins éphémères.

Du pop-up dans le lien
mars 22, 2009
CMI 360°

Suite et fin de la présentation sur les pop-up stores, ces magasins champignons ephémères.

L’avantage de ces lieux est aussi de pouvoir modifier le rapport aux clients comme aux parties prenantes. Exemple avec Freitag, marque de sacs recyclés, qui a disséminé pendant des mois des containers de manière aléatoire et éphémère vendant des produits à moitié prix. Cela a conduit à resserer les liens avec le consommateur, obligé de chercher les lieux afin d’obtenir les bonnes affaires, tout en l’invitant à se réapproprier son environnement.

Mieux, la marque de chaussures Camper a ouvert quelques mois une gallerie magasin à Londres, où les clients pouvaient venir acheter mais aussi peindre et dessiner leur vision de la marque sur les murs blancs.

Plus récemment, le Palais de Tokyo a proposé quelques semaines un hotel éphémère, l’Everland, permettant aux visiteurs de l’exposition du Palais, de dormir une nuit face à la Tour Eiffel.

La force du pop-up store est donc de pouvoir enrichir grandement les concepts mêmes d’évènementiel, de lieu de distribution et d’expériences, en réinventant non seulement les distances, les trajectoires entre marque et parties prenantes mais aussi l’interaction et la participation. Une bonne manière pour les marques de prouver leur capacité de régénérescence, qualité incontournable aujourd’hui, et d’alimenter une démarche relationnelle globale.

PS: Ci dessous un très bon schéma de l’agence Né Kid sur les possibilités du pop-up store

 


France: Le pays où le mensonge est roi (Lie, lie, something is sure to stick)

8 avril, 2014
zhttp://static.lexpress.fr/medias_7831/w_2000,h_870,c_crop,x_0,y_263/w_605,h_270,c_fill,g_north/ayrault-marseille-valls-taubira_4009805.jpgCeux qui peuvent vous faire croire à des absurdités peuvent vous faire commettre des atrocités. Voltaire (?)
Va ! calomnie hardiment, il en reste toujours quelque chose. Francis Bacon
Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose. Beaumarchais
Le mensonge n’est un vice que quand il fait mal. C’est une très grande vertu quand il fait du bien. Soyez donc plus vertueux que jamais. Il faut mentir comme un diable, non pas timidement, non pas pour un temps, mais hardiment et toujours. Mentez, mes amis, mentez, je vous le rendrai un jour. Voltaire (reprenant Beaumarchais qui reprenait Bacon, lettre à Thiriot du 21 octobre 1736)
Une seule injustice, un seul crime, une seule illégalité, surtout si elle est officiellement enregistrée, confirmée, une seule injure à l’humanité, une seule injure à la justice, et au droit surtout si elle est universellement, légalement, nationalement, commodément acceptée, un seul crime rompt et suffit à rompre tout le pacte social, tout le contrat social, une seule forfaiture, un seul déshonneur suffit à perdre, d’honneur, à déshonorer tout un peuple. Charles Péguy
La vérité, c’est tout simplement que le pouvoir socialiste ne tombera pas comme un fruit mûr. Et ceux qui laissent entendre que nous pouvons, c’est-à-dire nous la droite, revenir au pouvoir dans les mois qui viennent, ou même dans les deux années qui viennent se trompent, et trompent les Français. François Hollande (France inter, 1983)
Je n’ai pas, messieurs les députés, je n’ai jamais eu de compte à l’étranger, ni maintenant ni avant. Jérome Cahuzac
J’ai appris hier avec stupéfaction et colère les aveux de Jérôme Cahuzac devant les juges. Il a trompé les plus hautes autorités du pays: le chef de l’Etat, le chef du gouvernement, le Parlement et à travers lui tous les Français. (…) J’affirme ici que Jérôme Cahuzac n’a bénéficié d’aucune protection autre que celle de la présomption d’innocence et il a quitté le gouvernement à ma demande dès l’ouverture d’une information judiciaire. François Hollande (3 avril 2013)
Il s’agit d’une information judiciaire traitée par des magistrats du siège (…) Il s’agit de juges du siège indépendants sans relation avec la Chancellerie et par conséquent la réponse est très claire, je n’avais pas l’information avant. Christiane Taubira
[J'ai été informé] A l’occasion des révélations du Monde. Manuel Vals
Nous avons les preuves que le président a été parfaitement informé le 15 (…) Le 18, Edwy Plenel informe l’Elysée qu’ils ont toutes les preuves. Et Edwy Plenel est un ami personnel du président, ils ont même écrit un bouquin ensemble. (…)  je dis que le président, entre le 4 et le 18 décembre, a l’ensemble des informations lui permettant de se rendre compte que des preuves graves – selon lesquelles Jérôme Cahuzac détenait un compte en Suisse – existent.  Charles de Courson (président UDI de la commission Cahuzac)
Titulaire d’un diplôme de 3e cycle en sciences économiques, d’une licence en sociologie et d’un certificat en ethnologie afro-américaine obtenus à Paris, elle a également suivi un 3e cycle en agroalimentaire du Centre Français de la Coopération Agricole. Pendant de nombreuses années, les portraits médiatiques de la garde des Sceaux lui attribuent un, voire deux doctorat(s), en économie, en ethnologie ou en agroalimentaire, selon les sources (…) Dans son ouvrage Contre la justice laxiste (…), Philippe Bilger, ancien avocat général à la cour d’assises de Paris, laisse entendre que la garde des Sceaux ment sur son curriculum vitae : « Elle a laissé dire, et ne l’a jamais contesté dans l’espace médiatique, qu’elle avait deux doctorats, l’un en économie, l’autre en ethnologie [...]. ». Sollicité, le cabinet de Christiane Taubira, alors Garde des Sceaux, affirme que celle-ci n’a jamais dit elle-même qu’elle possédait ces diplômes et explique que ces mentions sont dues aux journalistes qui « travaillent un peu trop sur Wikipédia » (..). « À première vue, l’erreur semble venir d’une confusion entre le « troisième cycle d’économie » qu’elle a entrepris (qui pouvait conduire à l’époque à un DEA ou un DESS) et l’acquisition d’un doctorat, qui suppose d’avoir soutenu une thèse avec succès » — (Le Monde). Selon certaines enquêtes journalistiques, la ministre n’aurait pas menti (Christiane Taubira et l’intox des doctorats – Maxime Vaudano, Le Monde, 28 mars 2014 [archive] et « On a vérifié les mensonges présumés de Christiane Taubira sur son niveau de diplôme » – Europe 1).Wikipedia
Christiane Taubira : la ministre de la Justice est titulaire d’un doctorat en sciences économiques, d’une licence en sociologie et d’un certificat en ethnologie afro-américaine obtenus à Paris. Elle est également titulaire d’un doctorat d’agro-alimentaire du Centre Français de la Coopération Agricole. Orientations
La ministre n’a jamais dit qu’elle avait un doctorat, et aucun document validé par la ministre n’en fait état. La ligne de défense est donc simple : pas de doctorat certes, mais surtout pas d’affirmation de doctorat de la part de Christiane Taubira. Reste ce CV "paru sur le web" auquel le magistrat fait référence et qui se vanterait dudit doctorat en sciences économiques. Contacté par le Lab qui n’en trouvait pas trace, Philippe Bilger reconnaît qu’il n’existe pas, mais assure "avoir des informations fiables à ce sujet" : Moi, je ne l’ai pas vu ce CV. Au Lab, Philippe Bilger insiste particulièrement sur le "laisser dire" de la ministre. Selon lui, elle est surtout coupable de n’avoir jamais démenti être titulaire de ces diplômes. Il insiste particulièrement sur son passage dans Des paroles et des actes le 5 septembre 2013, révélateur selon lui de cette hypocrisie. La scène est facile à repérer puisqu’elle se déroule moins d’une minute avant le début de l’émission. David Pujadas égraine en effet les diplômes : "Vous avez un doctorat d’Economie, un doctorat d’Ethnologie, un diplôme supérieur d’Agroalimentaire." Pourtant loin "d’opiner du chef" comme l’affirme le magistrat, Christiane Taubira reste statique et fronce même les sourcils. Elle commence son intervention en disant vouloir "revenir sur le portrait", puis s’oublie dans sa réponse et n’y revient jamais. Voyez plutôt : Plus tard, alors que le journaliste lui rappelle à nouveau qu’elle a un doctorat d’économie, Christiane Taubira rétorque : Arrêtez de m’additionner des diplômes. Bref, pas de fracassant démenti mais pas de validation non plus, contrairement à ce qu’écrit le magistrat et les sites reprenant l’information. >> Quels sont les réels diplômes avancés par Christiane Taubira ? Interrogé sur les réels diplômes de la ministre, son cabinet énumère ceux présents sur son site de députée, celui inactif depuis au moins deux ans. A savoir : – un troisième cycle en économie validé, "qui serait l’équivalent d’un Master 2 aujourd’hui". (depuis la réforme LMD de 2003, le 3e cycle correspond soit à un doctorat, soit à un Master 2) ; – un troisième cycle en agro-alimentaire. Quant à la référence à la "sociologie" et à "l’ethnologie", elle correspond à des cours suivis durant ses études mais non validés, explique son cabinet. De fait, son CV ne les présente pas comme des diplômes. Notons qu’à date, Le Lab n’a pas été en mesure de vérifier si Christiane Taubira avait bien validé ses 3e cycle. Delphine Legouté
Au cabinet de la ministre, on explique que tout cela est dû aux erreurs de journalistes qui « travaillent un peu trop sur Wikipédia ». L’entourage de la garde des Sceaux jure que celle-ci n’a jamais dit elle-même qu’elle possédait ces diplômes. D’ailleurs, la notice biographique publiée sur le site du gouvernement ne comporte pas de section cursus. Ce qui est tout de même intriguant étant donné que c’est le cas de presque tous les autres ministres. A défaut de mentir, la ministre a-t-elle laissé dire ? Le cabinet fait savoir qu’il a toujours transmis au trombinoscope (sorte de Who’s Who du monde politico-médiatique français) des informations correctes (…) Le cabinet affirme que la ministre n’a pas de « press books » et ne consulte jamais sa page Wikipédia. Elle n’aurait donc jamais ressenti le besoin de corriger l’intox qui traîne donc depuis plus d’une décennie… (…) Dans son livre, Philippe Bilger note pourtant que la ministre ne reprend pas David Pujadas qui mentionne « deux doctorats » lors de son passage sur France 2, dans l’émission "Des paroles et des actes". Rémy Noyon
Christiane Taubira n’a jamais soutenu de thèse. « Elle n’a jamais communiqué là-dessus ! », s’exaspère son cabinet, navré de devoir démentir une « non-information ». En effet, aucun document officiel émanant de la ministre ne mentionne un tel cursus. Sa notice biographique sur le site du gouvernement, la ministre est présentée comme « professeur de sciences économiques ». Même chose dans le « trombinoscope du gouvernement », un document transmis chaque année à la presse, où il est simplement précisé « 3e cycle de sciences économiques ». Le fait est que ces diplômes sont mentionnés depuis plus de dix ans dans les articles que la presse lui consacre. Ainsi, Le Monde du 4 décembre 2001 lui attribuait-il « un doctorat en sciences économiques et en agroalimentaire » dans un portrait réalisé à l’occasion de sa candidature à l’élection présidentielle. Depuis son retour sur le devant de la scène, avec son arrivée au ministère de la justice en 2012, on ne compte plus les titres de presse qui ont repris cette information, de France-Soir à Europe 1 (qui lui ajoute un doctorat de « sociologie et d’ethnologie afro-américaine »), en passant par Le Figaro ou encore France-Guyane. La faute, selon son cabinet, « aux fausses informations de Wikipédia », dont elle dit ne pas être responsable. A première vue, l’erreur semble venir d’une confusion entre le « troisième cycle d’économie » qu’elle a entrepris (qui pouvait conduire à l’époque à un DEA ou un DESS) et l’acquisition d’un doctorat, qui suppose d’avoir soutenu une thèse avec succès. L’abondance de la reprise de cette information permet toutefois de se poser la question : Christiane Taubira a-t-elle profité d’un malentendu et laissé courir la fausse rumeur ? C’est la thèse soutenue par ses détracteurs, qui pointent du doigt un extrait de l’émission « Des paroles et des actes », diffusée le 5 septembre 2013 sur France 2. La ministre n’aurait pas « sourcillé » quand David Pujadas l’a présentée comme titulaire d’« un doctorat d’économie » et d’un « doctorat d’ethnologie », se rendant par là même coupable d’un mensonge par omission : Si la caméra n’est pas pointée sur son visage au moment précis où l’animateur parle de ses doctorats, Mme Taubira ne corrigera jamais clairement l’erreur au cours de l’émission. En revanche, son cabinet insiste sur deux phrases qu’elle lâche pendant sa prestation. Après la présentation erronée de David Pujadas : « Je pense que je peux revenir sur le portrait, mais oui, c’est vrai. » Quand le journaliste Jeff Wittenberg flatte ses « notions » d’économie « parce que vous avez un doctorat d’économie, donc… », elle commence sa réponse par : « Arrêtez de m’additionner des diplômes ». Maxime Vaudano (Le Monde)

pour augmenter les impôts, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a été rapide et efficace. La fiscalité est le seul domaine sur lequel les Français ont pu mesurer concrètement les résultats de l’action gouvernementale. Et c’est le choix d’augmenter les impôts que paie aujourd’hui le gouvernement. Les millions de ménages qui ont subi le coup d’assommoir lui en veulent. Et personne ne comprend exactement où sont partis les 32 milliards de la plus forte hausse d’impôt depuis la guerre. Car elle n’est pas visible dans la réduction du trou budgétaire: le déficit 2013, après avoir été annoncé à 3% du PIB, puis à 3,7 %, puis à 4,1 %, s’établit finalement à 4,3 %. On a rarement vu une telle glissade, alors que la conjoncture ne s’est pas détériorée. Où est donc passé tout cet argent, alors que la situation économique du pays ne s’est pas améliorée ? Tout d’abord, dans les dépenses supplémentaires. Elles ont augmenté de 2% en 2013, après un 3 % en 2012. Et le ralentissement de la hausse entre ces deux années n’est pas dû à la vertu soudaine, mais à la météo financière: les taux d’intérêt ont baissé, et la charge de la dette publique en a été réduite de près de 10 %. La dépense publique n’est donc en rien « stabilisée ». L’argent s’est ensuite volatilisé conformément aux prédictions d’Arthur Laffer, un économiste américain. Ce spécialiste de la fiscalité a expliqué naguère que le rendement de l’impôt décroît avec l’augmentation du taux de prélèvement. En clair, l’animal fiscal n’est pas plus bête qu’un autre. Lorsqu’il est malmené, il développe des comportements d’évitement. Travailler moins pour payer moins, ou travailler plus, mais au noir. Ou encore s’exiler à l’étranger. C’est exactement ce qui s’est passé chez nous. Laffer ne dit pas autre chose que les paysans et leur bon sens proverbial. Si le choc fiscal n’a pas eu d’effet sur les comptes, il a en revanche fait chuter l’investissement et les perspectives du pays.La seule inversion de courbe réussie à ce jour est celle de la confiance des agents économiques, au plus bas.Il l’a dit en français mais il l’a pensé en anglais. Quand Jérôme Cahuzac a demandé pardon, on a cru entendre Bill Clinton ou Lance Amstrong …
Eric Zemmour
S’il est avéré, sans l’ombre d’un doute, qu’un ministre a menti, il doit démissionner ou il est démissionné.  Sinon, il est obligé de s’expliquer devant des commissions au Congrès qui le soumettent à la question jusqu’à ce qu’il ne reste plus une zone d’ombre. Chaque audition remet du charbon dans la machine médiatique. La Maison-Blanche ne peut pas se le permettre. Ezra Suleiman (professeur de sciences politiques à l’université de Princeton)
Après son entretien à l’Élysée avec François Hollande, Christiane Taubira a admis s’être "trompée de date". On pourrait persifler à bon droit qu’entre passer pour une incompétente ou une menteuse, la ministre a choisi la première option. Elle n’est pas la première à s’arranger avec la réalité. François Mitterrand avait, pendant le débat de la présidentielle 1988, piétiné la vérité en regardant Jacques Chirac "les yeux dans les yeux". Sophie Coignard

Mensonges effrontés et répétés (Jérome Cahuzac), usurpation de fausse identité, contre-vérités et mensonges par omission (François Hollande), contre-vérités et mensonges par omission (Christiane Taubira), contre-vérités et mensonges par omission (Manuel Valls) , mensonges par omission (Jean-Marc Ayrault) …

Après les 20 ans de mensonges du génocide rwandais …

Et les écoutes "hollandaises" dignes de la Stasi …

Retour, avec Le Point et Causeur, sur  le pays où le mensonge est roi …

Le pays où le mensonge est roi

En France, un ministre peut mentir, puis "se tromper de date". Aux États-Unis, on ne plaisante pas avec le mensonge, ni même avec les "imprécisions".
Sophie Coignard
Le Point
14.03.14

"Barack Obama a reçu hier le ministre de la Justice, Eric Holder, pour le conforter dans ses fonctions, après cinq jours de grandes turbulences. C’est la révélation par le New York Times d’une enquête sur George Bush Jr qui a tout déclenché. Les conversations téléphoniques entre l’ancien président des États-Unis et son avocat avaient fait l’objet d’écoutes judiciaires. Le ministre de la Justice a prétendu dans un premier temps l’avoir appris par la presse, puis a dû reconnaître qu’il avait été informé par son administration. Cet épisode provoque un climat de chaos à Washington, au sein de l’exécutif. Fort du soutien présidentiel, Eric Holder a réaffirmé qu’il ne démissionnerait pas."

Stop… C’est une plaisanterie. Une blague aussi grosse que les récriminations indignées de Christiane Taubira. Car à Washington, un ministre pris en flagrant délit de mensonge est écarté dans la minute. "S’il est avéré, sans l’ombre d’un doute, qu’un ministre a menti, il doit démissionner ou il est démissionné, explique Ezra Suleiman, professeur de sciences politiques à l’université de Princeton et grand connaisseur des institutions françaises et américaines. Sinon, il est obligé de s’expliquer devant des commissions au Congrès qui le soumettent à la question jusqu’à ce qu’il ne reste plus une zone d’ombre. Chaque audition remet du charbon dans la machine médiatique. La Maison-Blanche ne peut pas se le permettre."

Le Congrès américain est infiniment plus puissant que le Parlement français, et dispose de moyens sans commune mesure. Hillary Clinton en a fait l’expérience quand elle a dû répondre de l’assassinat de l’ambassadeur américain à Benghazi, en Libye, le 11 septembre 2012. Susan Rice, ambassadrice aux Nations unies, a même perdu dans cette affaire le poste de secrétaire d’État que lui réservait Barack Obama pour son second mandat. Et il ne s’agissait pas de mensonge avéré, simplement de mauvaise appréciation de la situation sur le terrain.

Trompée de date !

Après son entretien à l’Élysée avec François Hollande, Christiane Taubira a admis s’être "trompée de date". On pourrait persifler à bon droit qu’entre passer pour une incompétente ou une menteuse, la ministre a choisi la première option. Elle n’est pas la première à s’arranger avec la réalité. François Mitterrand avait, pendant le débat de la présidentielle 1988, piétiné la vérité en regardant Jacques Chirac "les yeux dans les yeux".

Ce qui sauve, paradoxalement, la ministre de la Justice au pays du mentir vrai, ce sont ses adversaires. Michèle Alliot-Marie, qui souhaite aujourd’hui avec Jean-François Copé la démission de Christiane Taubira, est assez mal placée. Ou trop bien, au contraire. Elle parle d’expérience en effet, puisque l’ancienne ministre de l’Intérieur a été poussée hors du gouvernement après avoir nié ses liaisons dangereuses avec la Tunisie de Ben Ali.

Au ministère de la Justice, où elle est passée, certains anciens occupants ont déjà rencontré des problèmes dans leurs rapports avec le réel. Rachida Dati a été accusée d’avoir bidonné son CV. Son lointain prédécesseur Pierre Arpaillange s’était, lui, illustré à l’Assemblée nationale en expliquant : "En 1989, sur 52 évadés, on en a repris 53" !

Voir aussi:

Eloge de Christiane Taubira, concise et flamboyante
Comment ose-t-on accuser la Garde des Sceaux de mensonge ?
Causeur
04 avril 2014

Le 12 mars dernier, à l’issue d’un conseil des ministres, Christiane Taubira évoquant devant des journalistes les écoutes téléphoniques dont l’ancien président de la République avait fait l’objet, déclarait fortement : « Je redis ici que je n’ai pas d’information concernant la date, la durée, le contenu des interceptions judiciaires » et, pour appuyer la véracité de ses dires, brandissait deux lettres, l’une de l’avocat général près la cour d’appel de Paris, l’autre du procureur financier, lettres dont des journalistes investigateurs, au nombre desquels Edwy Plenel ne figurait pas, montrèrent par un simple « zoom » qu’elles prouvaient exactement le contraire : le ministre avait été informé à la fois des dates (du 28 janvier au 11 février 2014) et de l’essentiel de leur contenu. Accusée de mensonge par des personnes malintentionnées et vraisemblablement racistes, elle s’en défendit en concédant toutefois qu’elle avait pu être un peu « imprécise ».

Quinze jours plus tard on apprend grâce à un autre investigateur, qui n’était toujours pas Edwy Plenel, on se demande pourquoi, que Mme Taubira, contrairement à ce qu’on peut lire depuis quinze ans dans les notices biographiques qui lui sont consacrées, y compris à la date du 4 décembre 2001 dans le « journal de référence », n’est ni docteur en économie, ni docteur en ethnologie, ni docteur en agroalimentaire. Certes, comme le précisera son cabinet, ses notices officielles font seulement état d’un cursus de « troisième cycle » et si elle n’a jamais pris la peine de démentir les fausses informations qui la concernent c’est qu’elle n’a pas de press book, qu’elle ne consulte jamais sa page Wikipédia – et ses conseillers en communication non plus, on l’imagine. Comme si la lourde charge de l’intérêt public laissait aux hommes et aux femmes politiques le loisir de se préoccuper de leur image ! C’est donc à juste titre que le « journal de référence » dénonce « l’intox des doctorats », attribuant manifestement cette « intox » non à la ministre, mais à ses détracteurs. Quant aux défenseurs de la ministre il ne fait aucun doute qu’ils sont prêts à se regarder mutuellement dans les yeux, à se tenir par la barbichette de la main gauche, à lever la main droite en disant « je le jure » et à répéter sans rire : « Oui, s’il s’était agi de Copé, de Guéant, d’Hortefeux ou de Christine Boutin, nous aurions dit exactement la même chose ».

Non seulement Christiane Taubira ne s’est pas rendue coupable d’un mensonge par omission, mais elle n’a même pas ici à confesser le péché véniel d’imprécision, comme auront pu le constater les spectateurs de l’émission Des paroles et des actes diffusée le 5 septembre 2013 sur France 2. Celle-ci commençait par un portrait de la ministre tracé par David Pujadas : « Vous avez un doctorat d’économie, un doctorat d’ethnologie, un diplôme supérieur d’agroalimentaire ». Invitée à réagir à ce portrait, le ministre déclare : « Je pense que je peux revenir sur ce portrait, mais oui, c’est vrai ». C’est pourtant clair ! Tous les spectateurs de bonne foi auront compris que « c’est vrai » se rapportait à l’ensemble du portrait à l’exclusion de la mention des diplômes tandis que « je pense que je peux revenir sur ce portrait » signifiait sans ambages : « Non, je ne suis titulaire d’aucun doctorat ». D’autant plus qu’un peu plus loin la ministre enfonçait le clou. Un autre journaliste, Jeff Wittenberg, lui ayant rappelé dans son intervention : « vous avez un doctorat d’économie », elle lui répond : « Il y a une situation – cessez de m’additionner des diplômes – il y a surtout une situation… ». Quel locuteur de langue française n’aura pas compris que « cessez de m’additionner des diplômes » signifie « Comme je l’ai dit à M. Pujadas tout à l’heure, je ne suis ni docteur en économie, ni docteur en ethnologie ». La formulation de Mme Taubira n’était pas imprécise, elle était concise, ce qui est une qualité.

Cependant la concision n’est pas la seule qualité de Christiane Taubira. Celle-ci a récemment publié aux éditions Flammarion un livre intitulé Paroles de liberté. Dans Libération, à la date du 1er avril, M. Fabrice Tassel nous donne à connaître un extrait de cet ouvrage rédigé dans un style qu’il qualifie de « flamboyant ». Jugez-en plutôt. Dénonçant la libération de la parole raciste sur Internet l’auteur écrit ceci : « Là où la bêtise peut circuler même quand le mazout de la haine et de la vulgarité lui englue les ailes, des doigts bouffis par la lâcheté flasque de l’anonymat tapaient, dans la rage de leur insignifiance, des mots qui se voulaient méchants, blessants et meurtriers ». On se demande par quel miracle ce n’est pas un « doctorat total » de littérature qui a été attribué à la ministre sur Wikipédia ou dans Le Monde. Christiane Taubira est à la fois concise et flamboyante, classique et romantique, ou, si l’on préfère, elle réunit les valeurs de l’apollinien et celles du dionysiaque. C’est une bonne nouvelle non seulement pour la justice qui doit concilier la vigueur dionysiaque du glaive et l’équilibre apollinien de la balance, mais encore pour la littérature, pour l’art et pour la philosophie.

Voir encore:

Sarkozy écouté : le cabinet de Taubira savait. Pas la ministre
Denis Demonpion
Le Nouvel Observateur
17-03-2014

"Je ne savais pas", a juré la ministre. Le pis, c’est que c’est vrai ! Sa directrice de cabinet était au courant mais n’a fait suivre l’information qu’à Matignon. Histoire d’un amateurisme coupable.

Eh bien non, Christiane Taubira n’a pas menti. N’en déplaise à Jean-François Copé, le président de l’UMP, qui hurle "à la démission". Soupçonnée par l’opposition d’avoir été informée du contenu de la procédure judiciaire ouverte le 26 février contre Nicolas Sarkozy pour un présumé trafic d’influence, la ministre de la Justice a bel et bien été tenue dans l’ignorance – par son propre cabinet ! – de l’existence du placement sur écoutes de l’ancien président. Un de ses proches assure qu’il y a eu "un bug". Le mot est juste même s’il est un peu faible pour traduire ce mélange d’amateurisme et d’improvisation dont a fait preuve la Chancellerie à cette occasion. Selon nos informations, ce n’est en effet que le mardi 11 mars au soir, après la livraison du "Canard enchaîné" daté du lendemain, que la ministre, sous le feu roulant des mises en cause, convoque une réunion de crise à la Chancellerie. Il est alors tout juste 20 heures.

Réunion d’urgence

Sous le titre "Taubira et Valls vraiment à l’écoute", l’hebdomadaire satirique affirme que la Garde des Sceaux a reçu "régulièrement un résumé du déroulé de l’enquête, comprenant une synthèse des écoutes téléphoniques". A la lecture de ces lignes, son sang ne fait qu’un tour. De fait, à cette heure, la ministre ignore encore le détail de cette affaire. Afin d’y voir plus clair et surtout de se doter d’arguments pour répliquer au procès en instrumentalisation de la justice qui lui est intenté, elle convoque six personnes. Toutes sont sommées de s’expliquer. Au premier chef, sa directrice de cabinet, Christine Maugüé. Egalement présents, ce soir-là, le directeur adjoint de cabinet François Pion, le conseiller pénal Philippe Astruc, le porte-parole Pierre Rancé, la conseillère en communication Virginie Sainte-Rose, et bien sûr le fidèle et très énigmatique conseiller spécial, Jean-François Boutet. "Celui-ci n’est pas un relais de la pensée de la Garde, observe le député radical de gauche Alain Tourret. Peut-être l’est-il dans la réflexion, mais pas dans l’action". Avocat au Conseil d’Etat, fils de Jacques Boutet, l’ancien président de TF1 et du Conseil supérieur de l’Audiovisuel, l’homme de l’ombre de la maison Taubira a surtout été longtemps été un des rouages du Parti radical de gauche dont Christiane Taubira fut la candidate lors de l’élection présidentielle de 2002.

"Un problème interne"

Interrogée par "le Nouvel Observateur", Christine Maugüé ne nie pas l’existence de cette réunion de crise tenue dans son bureau. C’est là, et là seulement, que le rapport qui fait polémique, transmis dès le 26 février au cabinet du Premier ministre, est remis en personne à la garde des Sceaux. Jusque-là, sa directrice de cabinet n’en avait rien fait. D’où le cafouillage des interventions médiatiques de Christiane Taubira, la veille en particulier dans le JT de 20 heures de TF1. Une fois le document en mains, la Garde choisira d’ailleurs de le brandir publiquement, dès le lendemain, lors d’une conférence de presse improvisée, à l’Elysée, à l’issue du conseil des ministres. "C’est un problème interne au cabinet", avoue Christine Maugüé, la voix blanche. "Je n’ai pas à répondre et je ne répondrai pas là-dessus", s’agace-t-elle avant même qu’on la relance : "Je ne répondrai plus sur les affaires", martèle-t-elle. Epiloguer sur celles-ci serait, selon elle, "gravement erroné. Point barre".

Voir encore:

Christiane Taubira et l’intox des doctorats

Maxime Vaudano

Le Monde

28.03.2014

Le magistrat Philippe Bilger accuse la garde des sceaux de s’être attribué à tort deux doctorats. Ce que réfute la ministre.

Ainsi donc, la garde des sceaux, Christiane Taubira, aurait menti sur son CV. Dans son dernier ouvrage, à paraître le 2 avril, Contre la justice laxiste (éditions de l’Archipel), le magistrat Philippe Bilger assure que Mme Taubira « a laissé dire » à tort « qu’elle avait deux doctorats », sans jamais le contester dans « l’espace médiatique ».

L’accusation, relayée dans un « confidentiel » du Nouvel Observateur du jeudi 27 mars, s’est répandue comme une traînée de poudre sur Internet, notamment sur plusieurs sites d’extrême droite.

Pourquoi c’est plutôt faux

De ces deux doctorats, en économie et en ethnologie, Philippe Bilger n’a trouvé aucune trace. Et pour cause : Christiane Taubira n’a jamais soutenu de thèse. « Elle n’a jamais communiqué là-dessus ! », s’exaspère son cabinet, navré de devoir démentir une « non-information ». En effet, aucun document officiel émanant de la ministre ne mentionne un tel cursus.

Sa notice biographique sur le site du gouvernement, la ministre est présentée comme « professeur de sciences économiques ».
Même chose dans le « trombinoscope du gouvernement », un document transmis chaque année à la presse, où il est simplement précisé « 3e cycle de sciences économiques ».

Un mensonge par omission ?

Le fait est que ces diplômes sont mentionnés depuis plus de dix ans dans les articles que la presse lui consacre. Ainsi, Le Monde du 4 décembre 2001 lui attribuait-il « un doctorat en sciences économiques et en agroalimentaire » dans un portrait réalisé à l’occasion de sa candidature à l’élection présidentielle.

"Le Monde" du 4 décembre 2001, page 12.

Depuis son retour sur le devant de la scène, avec son arrivée au ministère de la justice en 2012, on ne compte plus les titres de presse qui ont repris cette information, de France-Soir à Europe 1 (qui lui ajoute un doctorat de « sociologie et d’ethnologie afro-américaine »), en passant par Le Figaro ou encore France-Guyane.

La faute, selon son cabinet, « aux fausses informations de Wikipédia », dont elle dit ne pas être responsable. A première vue, l’erreur semble venir d’une confusion entre le « troisième cycle d’économie » qu’elle a entrepris (qui pouvait conduire à l’époque à un DEA ou un DESS) et l’acquisition d’un doctorat, qui suppose d’avoir soutenu une thèse avec succès.

L’abondance de la reprise de cette information permet toutefois de se poser la question : Christiane Taubira a-t-elle profité d’un malentendu et laissé courir la fausse rumeur ?

C’est la thèse soutenue par ses détracteurs, qui pointent du doigt un extrait de l’émission « Des paroles et des actes », diffusée le 5 septembre 2013 sur France 2. La ministre n’aurait pas « sourcillé » quand David Pujadas l’a présentée comme titulaire d’« un doctorat d’économie » et d’un « doctorat d’ethnologie », se rendant par là même coupable d’un mensonge par omission :

Si la caméra n’est pas pointée sur son visage au moment précis où l’animateur parle de ses doctorats, Mme Taubira ne corrigera jamais clairement l’erreur au cours de l’émission. En revanche, son cabinet insiste sur deux phrases qu’elle lâche pendant sa prestation.

Après la présentation erronée de David Pujadas : « Je pense que je peux revenir sur le portrait, mais oui, c’est vrai. »
Quand le journaliste Jeff Wittenberg flatte ses « notions » d’économie « parce que vous avez un doctorat d’économie, donc… », elle commence sa réponse par : « Arrêtez de m’additionner des diplômes ».

Voir enfin:

"Trop de Wikipédia"
Taubira et ses prétendus doctorats : « C’est la faute aux journalistes »
Rémi Noyon
Rue89
28/03/2014

Nouveau cafouillage en vue pour Christiane Taubira. Dans son dernier livre – « Contre la justice laxiste » –, Philippe Bilger, magistrat cabot et prolifique, laisse entendre que la garde des Sceaux ment sur son CV :

« Elle a laissé dire, et ne l’a jamais contesté dans l’espace médiatique, qu’elle avait deux doctorats, l’un en économie, l’autre en ethnologie [...].

Pourtant, de ceux-ci, pas le moindre indice, pas le plus petit début de commencement de preuve ! »

L’ancien magistrat souligne qu’il n’existe aucune trace d’une thèse soutenue par Christiane Taubira sur la base de données Theses.fr. Lorsqu’on appelle les universités concernées, on ne trouve aucune mention des supposés diplômes.

La raison en est simple : Christiane Taubira a fait un troisième cycle en économie, des études en sociologie et ethnologie et un cursus au Centre français de la coopération agricole (CFCA). Mais de thèse, point.
« Trop de Wikipédia »

Pourtant, depuis plus de dix ans, les portraits de la garde des Sceaux mentionnent ces deux diplômes. Ainsi, Le Monde du 4 décembre 2001 parle d’« un doctorat de sciences économiques et en agroalimentaire [et non en ethnologie, ndlr] » et Libération, l’année suivante, raconte comment l’étudiante de Cayenne préparait « son doctorat de sciences éco » à Assas.
Voir le document

(Fichier PDF)

Au cabinet de la ministre, on explique que tout cela est dû aux erreurs de journalistes qui « travaillent un peu trop sur Wikipédia ». L’entourage de la garde des Sceaux jure que celle-ci n’a jamais dit elle-même qu’elle possédait ces diplômes.

D’ailleurs, la notice biographique publiée sur le site du gouvernement ne comporte pas de section cursus. Ce qui est tout de même intriguant étant donné que c’est le cas de presque tous les autres ministres. A défaut de mentir, la ministre a-t-elle laissé dire ? Le cabinet fait savoir qu’il a toujours transmis au trombinoscope (sorte de Who’s Who du monde politico-médiatique français) des informations correctes (voir PDF).
« Je peux revenir sur le portrait »

Le cabinet affirme que la ministre n’a pas de « press books » et ne consulte jamais sa page Wikipédia. Elle n’aurait donc jamais ressenti le besoin de corriger l’intox qui traîne donc depuis plus d’une décennie… Cette « polémique » aurait pour but de faire croire que « Dati et Taubira, c’est la même chose ».

Dans son livre, Philippe Bilger note pourtant que la ministre ne reprend pas David Pujadas qui mentionne « deux doctorats » lors de son passage sur France 2, dans l’émission « Des paroles et des actes » :

« Au cours de l’émission “Des paroles et des actes” du jeudi 5 septembre 2013, alors que David Pujadas la présente en rappelant qu’elle est titulaire de deux doctorats, elle opine du chef sans apporter aucune précision. »

Indignation du côté de la ministre : regardez les images ! « Elle n’opine pas du tout du chef. » Effectivement, la caméra reste braquée sur Pujadas.

David Pujadas : « Soyez la bienvenue. [...] Vous avez un doctorat d’économie, un doctorat d’ethnologie, un diplôme supérieur d’agroalimentaire, vous avez été professeur d’économie [...] C’est vrai que vous vouliez abandonner la politique en 2012, juste avant d’être appelée au gouvernement ? »

Christiane Taubira : « Je pense que je peux revenir sur le portrait, mais oui, c’est vrai. »

« Je pense que je peux revenir sur le portrait. » C’est cette petite phrase, qui selon le cabinet, devait mener à un correctif, mais la ministre s’est laissé embarquer dans d’autres explications…
« Arrêtez de m’additionner des diplômes »

Quelques minutes plus tard, la question du doctorat revient sur la table :

Jeff Wittenberg : « Mais vous avez quand même des notions et plus que des notions parce que vous avez un doctorat d’économie, donc… »

Christiane Taubira : « Il y a surtout – arrêtez de m’additionner des diplômes – il y a surtout une situation. Sous l’ancien quinquennat, la dégradation des finances publiques a augmenté de 600 [sic] milliards d’euros, 600 milliards d’euros. Sur les dix dernières années, sur les dix dernières années … »

Là aussi, il fallait comprendre qu’elle rectifiait son CV. Après la confusion autour des écoutes de Nicolas Sarkozy, cette (petite) histoire fait tout de même cafouillis. Surtout à quelques jours d’un probable remaniement.

Voir enfin:

On a vérifié les mensonges présumés de Christiane Taubira sur son niveau de diplôme

Delphine Legouté

Le Lab politique

Europe 1

28 mars 2014

L’information se diffuse ce 28 mars sur les sites réactionnaires de droite, nés sous la mouvance anti-mariage homo, comme Le Salon beige ou Boulevard Voltaire : Christiane Taubira aurait menti sur ses diplômes car elle ne possède pas de doctorat.

Ces deux sites se basent sur une information délivrée dans l’ouvrage de Philippe Bilger, ancien avocat général à la cour d’assises de Paris, auteur d’un livre à paraitre le 2 avril, Contre la justice laxiste. Une information elle-même mise en avant par le Nouvel Observateur du 27 mars dans ses "téléphones rouges".

A la page 110 de cet ouvrage qui cible la politique ainsi que la personnalité de la garde des Sceaux, on comprend en effet que Christiane Taubira ment sur ses diplômes. Voici le passage :

Elle a laissé dire, et ne l’a jamais contesté dans l’espace médiatique, qu’elle avait deux doctorats, l’un en économie, l’autre en ethnologie. (…) Pourtant de ceux-ci pas le moindre indice ! Mieux elle fait tout pour que la confusion soit entretenue. Au cours de l’émission Des paroles et des Actes du jeudi 5 septembre 2013, alors que David Pujadas la présente en rappelant qu’elle est titulaire de deux doctorats, elle opine du chef, sans apporter aucune précision. Autre indice troublant : sur le site du gouvernement, une rubrique décrit le cursus, le parcours de chaque ministre. Elle est la seule pour laquelle l’article fait défaut.Dans son curriculum vitae paru sur le web n’est mentionné qu’un doctorat en sciences économiques soutenu à Paris-II Assas. Les recherches à ce sujet sur le site des thèses et au bureau des doctorats n’en confirment pas l’existence.

En reprenant un à un les seuls indices présentés par Philppe Bilger, il est cependant impossible de dire que la ministre ment sur ses diplômes.

>> Quid du CV mentionnant un doctorat ?

En réalité, il est très difficile de trouver la formation universitaire de la ministre sur le web. Si de nombreux sites d’informations la présentent comme titulaire de deux doctorats, aucun document officiel n’en fait mention. Comme le souligne Philippe Bilger, son cursus n’apparait pas sur le site du gouvernement. Mais elle n’est pas un cas à part puisque c’est vrai pour d’autres ministres, comme François Lamy.

Le seul site faisant état d’un CV détaillé est celui qu’elle possédait lorsqu’elle était députée de Guyane, qui n’existe plus aujourd’hui. Grâce au site "archive.org" on peut cependant retrouver son contenu. Christiane Taubira fait mention d’un 3e cycle en économie, d’un 3e cycle en agro-alimentaire et d’études en sociologie et ethnologie afro-américaine. Pas d’un doctorat.

Enfin, dans le trombinoscope politique, vers lequel renvoie son cabinet lorsqu’on lui demande un document officiel, il n’est fait mention que "d’un troisième cycle de sciences économiques". Toujours pas de doctorat.

Le cabinet de la ministre va dans ce sens en confirmant qu’elle n’a "jamais fait de thèse ni de doctorat", qu’il est donc normal que Philippe Bilger n’en ait pas trouvé trace :

La ministre n’a jamais dit qu’elle avait un doctorat, et aucun document validé par la ministre n’en fait état.

La ligne de défense est donc simple : pas de doctorat certes, mais surtout pas d’affirmation de doctorat de la part de Christiane Taubira.

Reste ce CV "paru sur le web" auquel le magistrat fait référence et qui se vanterait dudit doctorat en sciences économiques. Contacté par le Lab qui n’en trouvait pas trace, Philippe Bilger reconnaît qu’il n’existe pas, mais assure "avoir des informations fiables à ce sujet" :

Moi, je ne l’ai pas vu ce CV.

>> Le passage dans Des paroles et des Actes

Au Lab, Philippe Bilger insiste particulièrement sur le "laisser dire" de la ministre. Selon lui, elle est surtout coupable de n’avoir jamais démenti être titulaire de ces diplômes. Il insiste particulièrement sur son passage dans Des paroles et des actes le 5 septembre 2013, révélateur selon lui de cette hypocrisie.

La scène est facile à repérer puisqu’elle se déroule moins d’une minute avant le début de l’émission. David Pujadas égraine en effet les diplômes : "Vous avez un doctorat d’Economie, un doctorat d’Ethnologie, un diplôme supérieur d’Agroalimentaire." Pourtant loin "d’opiner du chef" comme l’affirme le magistrat, Christiane Taubira reste statique et fronce même les sourcils. Elle commence son intervention en disant vouloir "revenir sur le portrait", puis s’oublie dans sa réponse et n’y revient jamais.

Voyez plutôt :

Plus tard, alors que le journaliste lui rappelle à nouveau qu’elle a un doctorat d’économie, Christiane Taubira rétorque :

Arrêtez de m’additionner des diplômes.

Bref, pas de fracassant démenti mais pas de validation non plus, contrairement à ce qu’écrit le magistrat et les sites reprenant l’information.

>> Quels sont les réels diplômes avancés par Christiane Taubira ?

Interrogé sur les réels diplômes de la ministre, son cabinet énumère ceux présents sur son site de députée, celui inactif depuis au moins deux ans. A savoir :

- un troisième cycle en économie validé, "qui serait l’équivalent d’un Master 2 aujourd’hui". (depuis la réforme LMD de 2003, le 3e cycle correspond soit à un doctorat, soit à un Master 2) ;

- un troisième cycle en agro-alimentaire.

Quant à la référence à la "sociologie" et à "l’ethnologie", elle correspond à des cours suivis durant ses études mais non validés, explique son cabinet. De fait, son CV ne les présente pas comme des diplômes.

Notons qu’à date, Le Lab n’a pas été en mesure de vérifier si Christiane Taubira avait bien validé ses 3e cycle.


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