Violences: C’est la polygamie, imbécile ! (Polygamous societies are just more violent, researchers say)

21 décembre, 2014
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Tu ne prendras pas pour autre épouse la sœur de ta femme, car tu provoquerais des rivalités entre elles en ayant des relations avec la sœur, tant que ta femme est en vie. Lévitique 18: 18
C’est à cause de la dureté de votre coeur que Moïse vous a permis de répudier vos femmes; au commencement, il n’en était pas ainsi. Mais je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour infidélité, et qui en épouse une autre, commet un adultère. (…) Laissez les petits enfants, et ne les empêchez pas de venir à moi; car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent. Jésus (Matthieu 19: 8-14)
Aujourd’hui, c’est le jour du marché aux esclaves. C’est le jour de la distribution, et si Dieu le veut, chacun aura sa part. Militant de l’Etat islamique
C’est la peur aussi sciemment installée d’une religion, l’Islam, qui de façon inacceptable est présentée par certains comme incompatible avec la République, alors que la République a toujours respecté les religions, et que les religions ont toujours été capables de comprendre les valeurs qui devaient être respectées. Le fait nouveau, c’est que ces vents mauvais soufflent de plus en plus, et pas seulement en France, partout en Europe. C’est pourquoi il nous faut une fois encore reprendre le combat et faire en sorte de répondre et de ne rien laisser passer, en montrant d’abord la force de l’intégration. François Hollande
De nouveaux détails ont émergé sur le calvaire que subissent les femmes otages et esclaves sexuelles de l’État islamique. Un site d’informations irakien affirme avoir trouvé une grille de tarifs de vente des yazidies et des chrétiennes capturées par les combattants de Daech. Quiconque ne respecte pas ces prix sera exécuté, met en garde cette note, dont l’authenticité n’a pas été contestée à ce jour. Elle rappelle qu’un homme ne peut pas «acquérir» plus de trois femmes, sauf, précision étrange, s’il est un étranger originaire de Syrie, de Turquie, d’Arabie saoudite ou des Émirats. Les femmes les plus chères sont les plus jeunes. Pour une enfant âgée de moins de 10 ans, il en coûtera 200.000 dinars (138 euros). Pour une jeune femme de moins de 20 ans 100.000 dinars (104 euros). Pour une trentenaire 75.000 dinars (52 euros). Pour une femme quadragénaire 50.000 dinars (35 euros). Le document déplore même que «le marché de la femme soit à la baisse, ce qui a nui aux finances de l’État islamique». Une vidéo, tournée à Mossoul et traduite il y a quelques jours en anglais, donne une illustration glaçante de ces pratiques. On y voit des combattants islamiques échanger des conseils pour bien négocier les prix. «Aujourd’hui, c’est le jour du marché aux esclaves. C’est le jour de la distribution, et si Dieu le veut, chacun aura sa part», se réjouit un militant. (…) D’après des ONG, plus de 4.600 femmes yazidies sont portées disparues depuis l’offensive de Daech en Syrie et en Irak. Dans les premières semaines, des otages arrivaient encore à contacter des associations décrivant des bordels où les femmes étaient traitées comme du bétail et où certaines étaient violées plus de 30 fois par jour. Mais désormais, c’est le silence le plus total. D’après des témoignages de djihadistes, l’État islamique a fait de son trafic de femmes un argument de recrutement, faisant miroiter aux nouveaux venus une abondance de concubines. Le Figaro
Peut-on imaginer personnage littéraire plus désagréable que le Dieu de l’Ancien Testament? Jaloux et en étant fier; obsédé de l’autorité, mesquin, injuste et impitoyable; vengeur et sanguinaire tenant de l’épuration ethnique; tyrannique, misogyne, homophobe, raciste, infanticide, génocidaire, fillicide, pestilentiel, mégalomane, sadomasochiste et capricieusement diabolique. Richard Dawkins (2006)
Je m’ennuie follement dans la monogamie, même si mon désir et mon temps peuvent être reliés à quelqu’un et que je ne nie pas le caractère merveilleux du dévelopement d’une intimité. Je suis monogame de temps en temps mais je préfère la polygamie et la polyandrie. Carla Bruni
Avec la crise économique dans mon pays, peu d’hommes peuvent entretenir plusieurs épouses. En France, c’est différent, tous ces enfants sont une source de revenus. Oumar Dicko (ministre chargé des Maliens de l’extérieur)
Mais les fils n’ont pas ce choix. Ils ont grandi dans les basses couches de la société, sans les compétences intellectuelles nécessaires pour améliorer leur position. Ce sont ces garçons qui mettent le feu à Paris, ou dans des quartiers de Brême. Certains d’entre eux parviennent jusqu’à l’université et deviennent des leaders pour les autres – pas des pauvres, mais de jeunes hommes de rang social peu élevé, qui croient être opprimés à cause de leur confession musulmane, alors qu’en réalité c’est le système social qui a créé cette classe de perdants. Gunnar Heinsohn
Il arriverait, si nous savions mieux analyser nos amours, de voir que souvent les femmes ne nous plaisent qu’à cause du contrepoids d’hommes à qui nous avons à les disputer. Proust
Ceux qui considèrent l’hébraïsme et le christianisme comme des religions du bouc émissaire parce qu’elles le rendent visible font comme s’ils punissaient l’ambassadeur en raison du message qu’il apporte. René Girard
De nombreux commentateurs veulent aujourd’hui montrer que, loin d’être non violente, la Bible est vraiment pleine de violence. En un sens, ils ont raison. La représentation de la violence dans la Bible est énorme et plus vive, plus évocatrice, que dans la mythologie même grecque. (…) Il est une chose que j’apprécie dans le refus contemporain de cautionner la violence biblique, quelque chose de rafraîchissant et de stimulant, une capacité d’indignation qui, à quelques exceptions près, manque dans la recherche et l’exégèse religieuse classiques. (…) Une fois que nous nous rendons compte que nous avons à faire au même phénomène social dans la Bible que la mythologie, à savoir la foule hystérique qui ne se calmera pas tant qu’elle n’aura pas lynché une victime, nous ne pouvons manquer de prendre conscience du fait de la grande singularité biblique, même de son caractère unique. (…) Dans la mythologie, la violence collective est toujours représentée à partir du point de vue de l’agresseur et donc on n’entend jamais les victimes elles-mêmes. On ne les entend jamais se lamenter sur leur triste sort et maudire leurs persécuteurs comme ils le font dans les Psaumes. Tout est raconté du point de vue des bourreaux. (…) Pas étonnant que les mythes grecs, les épopées grecques et les tragédies grecques sont toutes sereines, harmonieuses et non perturbées. (…) Pour moi, les Psaumes racontent la même histoire de base que les mythes mais retournée, pour ainsi dire. (…) Les Psaumes d’exécration ou de malédiction sont les premiers textes dans l’histoire qui permettent aux victimes, à jamais réduites au silence dans la mythologie, d’avoir une voix qui leur soit propre. (…) Ces victimes ressentent exactement la même chose que Job. Il faut décrire le livre de Job, je crois, comme un psaume considérablement élargi de malédiction. Si Job était un mythe, nous aurions seulement le point de vue des amis. (…) La critique actuelle de la violence dans la Bible ne soupçonne pas que la violence représentée dans la Bible peut être aussi dans les évènements derrière la mythologie, bien qu’invisible parce qu’elle est non représentée. La Bible est le premier texte à représenter la victimisation du point de vue de la victime, et c’est cette représentation qui est responsable, en fin de compte, de notre propre sensibilité supérieure à la violence. Ce n’est pas le fait de notre intelligence supérieure ou de notre sensibilité. Le fait qu’aujourd’hui nous pouvons passer jugement sur ces textes pour leur violence est un mystère. Personne d’autre n’a jamais fait cela dans le passé. C’est pour des raisons bibliques, paradoxalement, que nous critiquons la Bible. (…) Alors que dans le mythe, nous apprenons le lynchage de la bouche des persécuteurs qui soutiennent qu’ils ont bien fait de lyncher leurs victimes, dans la Bible nous entendons la voix des victimes elles-mêmes qui ne voient nullement le lynchage comme une chose agréable et nous disent en des mots extrêmement violents, des mots qui reflètent une réalité violente qui est aussi à l’origine de la mythologie, mais qui restant invisible, déforme notre compréhension générale de la littérature païenne et de la mythologie. René Girard
Le seul point sur lequel les Etats, les théologiens et les juristes musulmans font une quasi-unanimité, c’est la question de l’interdiction de la polygamie réclamée par certaines associations féminines. Une telle interdiction serait illicite, de leur point de vue, parce qu’elle équivaudrait à rendre illicite ce que Dieu a déclaré licite, puisque c’est le Coran lui-même qui a explicitement défini le statut juridique de la polygamie. (…) De nombreux auteurs estiment que la polygamie se justifiait, au temps de la Révélation, du fait des circonstances très particulières de l’époque. On cite souvent, à ce propos, l’exemple du Prophète, qui s’est marié à plusieurs femmes, pendant les dix dernières années de sa vie, du temps de son séjour à Médine. « C’était une période de guerres, et il y avait un très grand nombre de femmes qui n’avaient personne pour s’enquérir de leur sort. La plupart des femmes du Prophète étaient veuves ou âgées. Beaucoup d’entre elles avaient des enfants de leurs ex-maris. » D’après ces auteurs, la polygamie peut continuer de se justifier, dans les temps modernes, dans des circonstances exceptionnelles. Par exemple, à la suite d’une guerre meurtrière qui a décimé les hommes au front, le nombre de femmes en âge de se marier peut largement dépasser celui des hommes. Khalid Chraibi
Our goal was to understand why monogamous marriage has become standard in most developed nations in recent centuries, when most recorded cultures have practiced polygyny. The emergence of monogamous marriage is also puzzling for some as the very people who most benefit from polygyny — wealthy, powerful men — were best positioned to reject it. Our findings suggest that institutionalized monogamous marriage provides greater net benefits for society at large by reducing social problems that are inherent in polygynous societies. (…)  The scarcity of marriageable women in polygamous cultures increases competition among men for the remaining unmarried women. Prof. Joseph Henrich (University of British Columbia)
Considered the most comprehensive study of polygamy and the institution of marriage, the study finds significantly higher levels rape, kidnapping, murder, assault, robbery and fraud in polygynous cultures. According to Henrich and his research team, which included Profs. Robert Boyd (UCLA) and Peter Richerson (UC Davis), these crimes are caused primarily by pools of unmarried men, which result when other men take multiple wives. Science Daily
Selon les données anthropologiques disponibles, environ 85 % des sociétés humaines passées ont permis aux hommes d’avoir plus d’une épouse par un mariage polygame. On pourrait empiriquement penser que l’accroissement de la richesse des « élites » devraient favoriser encore plus les mariages polygames18. Or, la tendance est contraire : le mariage monogame s’est propagé à travers l’Europe, et plus récemment dans le monde, même chez les « élites », alors même que les écarts de richesse ont grandi. Peter Richerson et son équipe (Université UC Davis, Californie) ont utilisé les données criminologiques disponibles pour comparer sociétés polygames et monogames. Elles laissent penser que les cultures monogames connaissent moins de viol, d’enlèvement, assassinat et maltraitance d’enfants, et d’autres crimes que les sociétés polygames. Comparativement, selon cette étude, l’institutionnalisation du mariage ou couple monogame semble apporter plus d’avantages nets pour la société. Une explication proposée par les auteurs est que dans les sociétés polygames, de nombreux hommes sont contraints au célibat et laissés pour compte, avec moins d’espoir de pouvoir vivre avec une femme. Ils seraient alors plus susceptibles de violence et de comportements asociaux ; Peter Richerson pose l’hypothèse que la monogamie institutionnalisée est associée à un modèle culturel mieux adapté au monde moderne, réduisant la compétition intrasexuelle chez les jeunes, et réduisant par suite le taux de criminalité (dont en termes de viol, assassinat, agression, vol et fraude, ou de certains abus personnels) tout en diminuant les écarts d’âge entre conjoints, la fertilité, et l’inégalité des sexes et en déplaçant les efforts des hommes de la recherche d’une épouse vers plus d’investissement paternel, et une meilleure productivité économique. Peter Richerson estime qu’en augmentant le degré de parenté au sein des ménages, la monogamie normative réduit les conflits intra-ménage, et conduisant= à moins de négligence envers les enfants, moins d’abus, de mort accidentelle et d’homicide. Wikipedia

Viols, enlèvements, assassinats, maltraitance d’enfants, vols, fraudes, inégalités homme-femme …

A l’heure où après avoir exposé au monde, dans les textes sacrés les plus violents de l’histoire de l’humanité et d’Abraham à Jacob et de David à Salomon, tous les travers et méfaits imaginables des relations homme-femme …

Et démontré enfin avec la monogamie tout le bien-fondé d’une singularité judéo-chrétienne que nos élites s’étaient imposées contre leurs intérêts immédiats mêmes …

Nos sociétés dites avancées n’ont pas de mots plus durs pour la source de leurs avancées …

Et, après l’exaltation de la polygamie sérielle et du métissage, nous matraquent à présent avec l’aberration du « mariage homosexuel » …

Pendant qu’entre enlèvements, ventes et massacres de femmes et d’enfants et du Proche-Orient au Sous-continent indien et en passant par l’Afrique, la religion de paix et d’amour démontre chaque jour un peu plus le véritable fond de sa pensée …

Et que s’installent durablement, en leur sein même et avec les conséquences que l’on sait, une véritable classe de perdants

Comment ne pas voir avec une récente étude canadienne …

L’une des évidentes sources de la violence spécifique des sociétés musulmanes

A savoir sous couvert de défense de la veuve et de l’orphelin suite à leurs incessantes guerres …

La tolérance de la polygamie ?

Monogamy reduces major social problems of polygamist cultures
Science Daily
January 24, 2012

Source:
University of British Columbia
Summary:
In cultures that permit men to take multiple wives, the intra-sexual competition that occurs causes greater levels of crime, violence, poverty and gender inequality than in societies that institutionalize and practice monogamous marriage. That is a key finding of a new study that explores the global rise of monogamous marriage as a dominant cultural institution. The study suggests that institutionalized monogamous marriage is rapidly replacing polygamy because it has lower levels of inherent social problems.

In cultures that permit men to take multiple wives, the intra-sexual competition that occurs causes greater levels of crime, violence, poverty and gender inequality than in societies that institutionalize and practice monogamous marriage.

That is a key finding of a new University of British Columbia-led study that explores the global rise of monogamous marriage as a dominant cultural institution. The study suggests that institutionalized monogamous marriage is rapidly replacing polygamy because it has lower levels of inherent social problems.

« Our goal was to understand why monogamous marriage has become standard in most developed nations in recent centuries, when most recorded cultures have practiced polygyny, » says UBC Prof. Joseph Henrich, a cultural anthropologist, referring to the form of polygamy that permits multiple wives, which continues to be practiced in some parts of Africa, Asia, the Middle East and North America.

« The emergence of monogamous marriage is also puzzling for some as the very people who most benefit from polygyny — wealthy, powerful men — were best positioned to reject it, » says Henrich, lead author of the study that was recently published in the journal Philosophical Transactions of the Royal Society. « Our findings suggest that institutionalized monogamous marriage provides greater net benefits for society at large by reducing social problems that are inherent in polygynous societies. »

Considered the most comprehensive study of polygamy and the institution of marriage, the study finds significantly higher levels rape, kidnapping, murder, assault, robbery and fraud in polygynous cultures. According to Henrich and his research team, which included Profs. Robert Boyd (UCLA) and Peter Richerson (UC Davis), these crimes are caused primarily by pools of unmarried men, which result when other men take multiple wives.

« The scarcity of marriageable women in polygamous cultures increases competition among men for the remaining unmarried women, » says Henrich, adding that polygamy was outlawed in 1963 in Nepal, 1955 in India (partially), 1953 in China and 1880 in Japan. The greater competition increases the likelihood men in polygamous communities will resort to criminal behavior to gain resources and women, he says.

According to Henrich, monogamy’s main cultural evolutionary advantage over polygyny is the more egalitarian distribution of women, which reduces male competition and social problems. By shifting male efforts from seeking wives to paternal investment, institutionalized monogamy increases long-term planning, economic productivity, savings and child investment, the study finds. Monogamy’s institutionalization has been assisted by its incorporation by religions, such as Christianity.

Monogamous marriage also results in significant improvements in child welfare, including lower rates of child neglect, abuse, accidental death, homicide and intra-household conflict, the study finds. These benefits result from greater levels of parental investment, smaller households and increased direct « blood relatedness » in monogamous family households, says Henrich, who served as an expert witness for British Columbia’s Supreme Court case involving the polygamous community of Bountiful, B.C.

Monogamous marriage has largely preceded democracy and voting rights for women in the nations where it has been institutionalized, says Henrich, the Canadian Research Chair in Culture, Cognition and Evolution in UBC’s Depts. of Psychology and Economics. By decreasing competition for younger and younger brides, monogamous marriage increases the age of first marriage for females, decreases the spousal age gap and elevates female influence in household decisions which decreases total fertility and increases gender equality.

Story Source:

The above story is based on materials provided by University of British Columbia. Note: Materials may be edited for content and length.

Journal Reference:

J. Henrich, R. Boyd, P. J. Richerson. The puzzle of monogamous marriage. Philosophical Transactions of the Royal Society B: Biological Sciences, 2012; 367 (1589): 657 DOI: 10.1098/rstb.2011.0290

In cultures that permit men to take multiple wives, the intra-sexual competition that occurs causes greater levels of crime, violence, poverty and gender inequality than in societies that institutionalize and practice monogamous marriage.

That is a key finding of a new University of British Columbia-led study that explores the global rise of monogamous marriage as a dominant cultural institution. The study suggests that institutionalized monogamous marriage is rapidly replacing polygamy because it has lower levels of inherent social problems.

« Our goal was to understand why monogamous marriage has become standard in most developed nations in recent centuries, when most recorded cultures have practiced polygyny, » says UBC Prof. Joseph Henrich, a cultural anthropologist, referring to the form of polygamy that permits multiple wives, which continues to be practiced in some parts of Africa, Asia, the Middle East and North America.

« The emergence of monogamous marriage is also puzzling for some as the very people who most benefit from polygyny — wealthy, powerful men — were best positioned to reject it, » says Henrich, lead author of the study that was recently published in the journal Philosophical Transactions of the Royal Society. « Our findings suggest that that institutionalized monogamous marriage provides greater net benefits for society at large by reducing social problems that are inherent in polygynous societies. »

Considered the most comprehensive study of polygamy and the institution of marriage, the study finds significantly higher levels rape, kidnapping, murder, assault, robbery and fraud in polygynous cultures. According to Henrich and his research team, which included Profs. Robert Boyd (UCLA) and Peter Richerson (UC Davis), these crimes are caused primarily by pools of unmarried men, which result when other men take multiple wives.

« The scarcity of marriageable women in polygamous cultures increases competition among men for the remaining unmarried women, » says Henrich, adding that polygamy was outlawed in 1963 in Nepal, 1955 in India (partially), 1953 in China and 1880 in Japan. The greater competition increases the likelihood men in polygamous communities will resort to criminal behavior to gain resources and women, he says.

According to Henrich, monogamy’s main cultural evolutionary advantage over polygyny is the more egalitarian distribution of women, which reduces male competition and social problems. By shifting male efforts from seeking wives to paternal investment, institutionalized monogamy increases long-term planning, economic productivity, savings and child investment, the study finds. Monogamy’s institutionalization has been assisted by its incorporation by religions, such as Christianity.

Monogamous marriage also results in significant improvements in child welfare, including lower rates of child neglect, abuse, accidental death, homicide and intra-household conflict, the study finds. These benefits result from greater levels of parental investment, smaller households and increased direct « blood relatedness » in monogamous family households, says Henrich, who served as an expert witness for British Columbia’s Supreme Court case involving the polygamous community of Bountiful, B.C.

Monogamous marriage has largely preceded democracy and voting rights for women in the nations where it has been institutionalized, says Henrich, the Canadian Research Chair in Culture, Cognition and Evolution in UBC’s Depts. of Psychology and Economics. By decreasing competition for younger and younger brides, monogamous marriage increases the age of first marriage for females, decreases the spousal age gap and elevates female influence in household decisions which decreases total fertility and increases gender equality.

Story Source:

The above story is based on materials provided by University of British Columbia. Note: Materials may be edited for content and length.

Journal Reference:

J. Henrich, R. Boyd, P. J. Richerson. The puzzle of monogamous marriage. Philosophical Transactions of the Royal Society B: Biological Sciences, 2012; 367 (1589): 657 DOI: 10.1098/rstb.2011.0290

Voir aussi:
Biblical Polygamy Does Not Turn out Well

Curated by Mike Schultz

Though polygamy is clearly allowed in the Bible, it almost always leads to really bad situations. Of the three religions coming out of the Bible, Christianity (early) and Judaism (much later) ended polygamy while Islam continued it.

Jacob Marries Two Sisters: Rachel and Leah
Source: biblegateway.com

There are several stories of polygamy in the Bible, and they almost all turn out badly.

In Genesis 29 (see this article attached to this learning for the complete story), Jacob has fled Canaan from his murderous brother Esau after deceptively obtaining Esau’s blessing from Isaac. He makes his way to Haran, to his uncle Laban’s house. There he ends up marrying Laban’s two daughters, Leah and Rachel, as well as their two handmaidens, Bilhah and Zilpah. But he only married Leah because he was tricked into it, and as verse 29:31 records, Leah was hated. Some translations offer the nicer « unloved » or « not loved, » but the literal Hebrew is quite clearly hate.

Reading through this chapter, and the explanations that Leah gives to the names each of her children receives, it’s heart-wrenching to see what it can be like for one wife when a different wife is clearly preferred by her husband. And when they’re sisters, of course, it’s that much worse.

This dynamic doesn’t end – the children of Rachel are preferred by Jacob to the children of Leah, leading to a lot of resentment and ultimately the brothers’ selling Joseph (Rachel’s son) down to Egypt.

Later on in the Bible, the reality that it’s not such a good idea to marry two sisters is turned into a proper prohibition:

« You shall not take a woman as a wife after marrying her sister, as her rival, to uncover her nakedness beside the other during her lifetime. » (Vayikra 18:18)

Abraham, Sarah and Hagar: Hagar Is Banished
Source: torah.org

A couple of generations earlier, Abraham’s wife, Sarah, who he loves, is barren for many years. So she suggests that Abraham take her maidservant, Hagar, as his second wife. But she ends up regretting it pretty quickly, as Hagar starts disrespecting her from the moment that she becomes pregnant. In two separate episodes, Sarah demands that Abraham banish Hagar, first when she is pregnant and then after Hagar’s teenaged son, Ishmael, is mistreating Sarah’s young son, Isaac (don’t let the image trick you – Ishmael is 13 years older than Isaac, not the same age as in this painting). In each case, Hagar and Ishmael almost perish in the desert but are miraculously saved.

So Sarah and Hagar did really poorly as co-wives. This post retells the full story and suggests based on a rabbinic source that Sarah acted inappropriately. Here maybe the message is not to marry your wife and her servant.

Very interestingly, after Sarah dies, the midrash suggests that Isaac took an unusual step. Abraham’s servant was off searching for a wife for Isaac. Isaac, according to the midrash, felt that the least he could in return was make sure his father wasn’t alone. So in Genesis 24:62, he went to the Well of the Eternal One Who Sees, the well named by Hagar after her miraculous salvation. Why did he go there? The midrash suggests that this is where Hagar went to live after having been sent away the second time. (Interestingly, I believe Islam says the same thing – this is the Zamzam well outside of Mecca.) And Isaac went there to bring Hagar back to be his father’s wife once more.

So there you have quite a co-wife dynamic: the son of the preferred wife encouraging his father to remarry the rejected wife after his preferred wife passes away. And then after Abraham dies, it says in 25:11 that Isaac went back to the Well again, to ensure that Hagar remains part of the family.

Rival Wives: Hannah and Peninah
Source: biblehub.com

Even when there’s no prior relationship between two wives, it still can go quite badly. In the beginning of the Book of Samuel, as you can read in this post, Elkanah has two wives, and as usual the one he loves better (Hannah) is barren while the one he loves less (Peninah) has kids. And just as this painting captures, Peninah does not hesitate to torture Hannah with incessant reminders of her barrenness.

In Biblical Hebrew, the word tzarah means both « trouble » and « co-wife. » So that makes it pretty clear, I’d say – no illusions here about whether co-wives were likely to get along happily.

King David & King Solomon and Their Many Wives
Source: mechon-mamre.org

When it came to the kings, they can’t say they weren’t warned. Deuteronomy 17:16-17 warns, « The king must not acquire great numbers of horses for himself or make the people return to Egypt to get more of them, for the Lord has told you, « You are not to go back that way again. » He must not take many wives, or his heart will be led astray. »

King David took at least 22 wives and concubines, and suffered greatly from the infighting as to who would inherit his throne.

But King Solomon’s story offers more of a warning. This learning takes you to I Kings 11, where we read of King Solomon’s 1000 wives (which doesn’t include the Queen of Sheba, pictured here, with whom he had a more ambiguous relationship, but the Ethiopian Orthodox Church claims descent from their union, as well as the resulting possession of the holy Ark of the Covenant).

Just as Deuteronomy warned, they lead him astray, building sites of idol worship in his old age, as a result of which he is punished by having the kingdom torn in two in the next generation.

Why (and When) Did Christianity Outlaw Polygamy?
Source: en.wikipedia.org

If polygamy was so clearly allowed in the Hebrew Bible, how did it come to pass that the early Church prohibited it?

You could say they were good readers of the Hebrew Bible and saw how this didn’t go so well. But this Wikipedia article suggests that a major driving force may have been the fact that Roman marriage had to be monogamous. And since Christianity began within the Roman empire, that may well have had a major impact.

As you can see in this article, there is debate as to what the Christian Bible has to say about polygamy. Though there are several Biblical passages that seem to outlaw it, none of them are 100% clear, leaving open the possibility that the Christian prohibition came only after the Bible.

TLC’s Sister Wives: Mormonism and Polygamy
Source: learni.st

It’s well known, thanks to shows like Big Love and the TLC’s series of documentaries of real-life families, that an offshoot of the Mormon church still practices polygamy today.

This  documentary from Discovery highlights TLC’s « Sister Wives »  featuring Kody Brown and his four wives. There’s also an interesting learning about the history of polygamy in the US and the original position of the Mormon church on the question.

Finally, there’s a learning that looks at this issue from a totally different perspective. Many traditional African societies today have polygamy, and in this learning the author argues why polygamy is a good thing.

Maasai Tribe: The Meaning of Love & Polygamy
Source: youtube.com

From the BBC show « Tribal Wives » (where British women get integrated into indigenous tribes around the world), this video provides some interesting perspective on polygamy. If marriage is not about love but about successfully running a household, then polygamy could take on a totally different feel. In the Bible, it kind of feels like marriage is about both love and practicality, or sometimes one and sometimes the other.

Does Jewish Law Forbid Polygamy?
Source: chabad.org

In Judaism, there’s no mention of polygamy in the rabbinic period (~2000 years ago), so it seems to have been a permitted but very uncommon practice. But 1000 years ago, the head of the Ashkenazi (Northern European) Jewish community, Rabbeinu Gershom, put out a new decree. Among other things (like forbidding reading other people’s mail), Rabbeinu Gershom outlawed polygamy.

This article suggests 5 different reasons for Rabbeinu Gershom’s decree, most of them to do with ensuring greater happiness within the home, either because of infighting between the wives or a husband not being nice to all his wives or just because of the financial strain.

However, this decree did not apply to the Sephardic Jewish communities in Spain and later on North Africa and the Middle East.

Jewish Polygamy
Source: jewishencyclopedia.com

This 1906 entry from the Jewish Encyclopedia gives a very thorough look at polygamy in Judaism, from a close reading of the Bible (When did polygamy start? What was the ideal, as represented by Adam and Eve? Why did the Judges take multiple wives? Why did the Prophets not do so?) through the rabbinic period and into the last millenia. Polygamy in the Sephardic world was certainly rare, but it remained a possibility until recent years, when there were basically almost no Jews left living in countries that permitted polygamy.

Why Polygamy Is Allowed in Islam
Source: patheos.com

This blog post written by a Muslim woman attempts to explain the underlying reason behind Islam’s allowing a man to take up to four wives. In addition, she offers suggestions to the women for how to make it work.

In Islam, explicit in the Quran and Hadith (oral teachings of the Prophet Muhammad), a man is allowed to marry up to 4 women. It’s neither encouraged nor discouraged, just allowed. The author argues, based on the context in the Quran of these teachings, that after a time of war, with so many fallen men, polygamy is a means of caring for the widows and orphans.

Islam requires the husband to treat all his wives equally – to divide his time and financial resources evenly and provide similar housing for each.

Towards the end of this post, the author provides an interesting collection of tips and advice for women considering marrying someone who is already married.

Polygyny in Islam: The Historical Context
Source: en.wikipedia.org

Among many interesting pieces in this Wikipedia article, two in particular jump out as worth paying attention to:

1) The historical context. In the Arabian peninsula in the time of the Prophet Muhammad, there were no limits on the number of wives a man could take. There was also in general a good deal of variety of the kinds of marriages allowed by different societies in the region. It was most definitely not a Christian-ruled area with monogamy as the norm. It’s quite possible that Islam actually greatly limited polygamy and added protections for that time period.

2) A current list of Muslim countries with some restrictions on polygamy and what those restrictions are.

Voir enfin:

La charia et la polygamie (1/4)

La polygamie en question

Khalid Chraibi

Oumma.com

25 septembre 2009

Afin de réduire les méfaits importants et amplement documentés de la polygamie, les associations féminines du monde musulman réclament une application plus stricte des prescriptions coraniques en la matière, voire même l’interdiction de la polygamie, comme le fit la Tunisie en 1956. Mais, les Etats musulmans, ultimes décideurs en la matière, ont des points de vue très divergents sur ce qu’il est approprié de faire en ce domaine. D’une part, les versets coraniques relatifs à la polygamie (et en particulier les conditions qu’ils imposent) sont interprétés différemment, d’un Etat à l’autre. D’autre part, pendant treize siècles, un état de laisser-faire a prévalu sur cette question, que les responsables politiques et religieux sont réticents à bousculer trop vigoureusement.

A propos de l’auteur
Khalid Chraibi

Economiste (U. de Paris, France, et U. de Pittsburgh, USA), a occupé des fonctions de consultant économique à Washington D.C., puis de responsable à la Banque Mondiale, avant de se spécialiser dans le montage de nouveaux projets dans son pays.
A Rachida Benchemsi
« Une vie conjugale heureuse dépend de la sincérité, de la tolérance, du sacrifice et de l’harmonie dans le couple. Toutes ces qualités sont menacées lorsqu’il y a polygamie. » Mortada Motahari (1)

Dans les sociétés islamiques, les hommes sont autorisés à épouser jusqu’à 4 femmes à la fois, à la condition de pouvoir les traiter avec équité et d’avoir des ressources suffisantes pour pouvoir subvenir aux besoins de plusieurs ménages.

Mais, dans la pratique, ces conditions sont rarement respectées. Compte tenu de ce dérapage dans l’application des conditions instituées dans le Coran pour la pratique de la polygamie, et des effets néfastes de cette pratique sur la vie quotidienne des femmes et des enfants vivant dans un foyer polygame, tant sur le plan matériel que moral, les ONG féminines réclament, depuis plusieurs décennies, soit son interdiction pure et simple, soit, si cela n’est pas possible, du moins l’institution de contrôles sévères pour réduire ses effets pernicieux sur les familles et sur la société.

Du fait que le statut de la polygamie est défini dans des versets coraniques, les oulémas sont concernés au premier plan par cette question. Dans leur majorité, ils sont partisans du maintien du laisser-faire qui a prévalu jusqu’ici dans ce domaine. Ils estiment que chaque homme est responsable de ses actes devant Dieu, comme l’enseignent les juristes musulmans depuis les temps de la Révélation.

Mais, au 19è s., le mufti d’Egypte Muhammad Abduh a ouvert la voie à de nouveaux axes de réflexion sur cette question, en affirmant qu’en droit musulman, non seulement le mari, mais sa femme également, a des droits institués par la charia. D’après lui, ces derniers doivent être respectés au même titre que ceux du mari.

Analysant le dossier de la polygamie dans cette nouvelle optique, il débouche sur la conclusion qu’il est licite, en droit musulman, d’interdire la polygamie, compte tenu de tous ses effets pernicieux sur les familles et sur la société, qui dépassent très largement tous les « bienfaits » que les hommes peuvent en retirer, sur un plan purement sexuel.

La polygamie en perspective

La polygamie (ou plus exactement la polygynie, c’est-à-dire le mariage d’un homme avec plusieurs femmes) a communément existé dans les sociétés humaines depuis les temps les plus anciens. Les différentes religions l’ont explicitement acceptée ou tacitement tolérée pendant des siècles, avant de l’interdire parfois, comme ce fut le cas du Judaïsme et du Christianisme.(2) (3)

En Arabie, au début du 7è siècle, les Arabes pratiquaient une polygamie débridée, certains hommes prenant jusqu’à 10 épouses et plus, à la fois, en fonction de leurs moyens. L’Islam réforma cet état des choses, plafonnant à quatre le nombre de femmes qu’un homme pouvait épouser en même temps, et uniquement s’il remplissait certaines conditions. Mais, il appartenait à chaque individu de déterminer par lui-même s’il les satisfaisait.

Depuis le milieu du 20e siècle, sous la pression conjointe des mouvements féministes, des mouvements nationalistes et des intellectuels, certains Etats ont institué des procédures de contrôle du régime de la polygamie, qui diffèrent d’ailleurs d’un pays à l’autre. Ces procédures ont été, dans l’ensemble, peu efficaces, parce qu’elles se basent sur des critères d’ordre qualitatif, qui laissent une grande marge de manœuvre à l’appréciation des magistrats et des notaires chargés de leur application.

Cependant, aujourd’hui, dans la majorité des sociétés islamiques, la polygamie est sur le déclin, du fait de nombreux facteurs, dont les conditions socio-économiques plus difficiles et le niveau d’éducation plus élevé. Elle concerne, le plus souvent, moins du dixième des foyers, et est plus répandue en milieu rural qu’urbain. Son taux est particulièrement élevé dans les familles aux revenus modestes, et au faible niveau d’éducation, alors qu’elle diminue de manière considérable, au fur et à mesure que le niveau de revenu et d’éducation du chef du foyer augmente. ( 4) Depuis quelques années, elle retrouve une nouvelle vigueur dans certains pays, du fait de sa promotion par les groupes fondamentalistes.
La polygamie en question

La polygamie se justifie-t-elle dans le monde musulman, en ce début du 21e siècle ? Les associations de défense des droits des femmes répondent par la négative. Elles soulignent ses effets néfastes sur la femme, les enfants et la vie quotidienne au foyer, lorsque le mari prend une nouvelle épouse. De plus, la polygamie réduit de manière considérable les ressources du foyer, quand le même revenu du mari doit être redistribué de manière équitable entre plusieurs épouses et leurs enfants. La communauté elle-même se trouve concernée, parce que des femmes et des enfants en grands nombres se retrouvent abandonnés sans ressources et sans abri, par un mari et un père parti vivre avec sa nouvelle femme.

Afin de réduire les méfaits importants et amplement documentés de la polygamie, les associations féminines du monde musulman réclament une application plus stricte des prescriptions coraniques en la matière, (5) voire même l’interdiction de la polygamie, comme le fit la Tunisie en 1956. (6)
Mais, les Etats musulmans, ultimes décideurs en la matière, ont des points de vue très divergents sur ce qu’il est approprié de faire en ce domaine. D’une part, les versets coraniques relatifs à la polygamie (et en particulier les conditions qu’ils imposent) sont interprétés différemment, d’un Etat à l’autre. D’autre part, pendant treize siècles, un état de laisser-faire a prévalu sur cette question, que les responsables politiques et religieux sont réticents à bousculer trop vigoureusement.

Le seul point sur lequel les Etats, les théologiens et les juristes musulmans font une quasi-unanimité, c’est la question de l’interdiction de la polygamie réclamée par certaines associations féminines. Une telle interdiction serait illicite, de leur point de vue, parce qu’elle équivaudrait à rendre illicite ce que Dieu a déclaré licite, puisque c’est le Coran lui-même qui a explicitement défini le statut juridique de la polygamie.

Le statut juridique de la polygamie

Les versets 3 et 129 de la sourate « an-Nissa » (n° 4) du Coran énoncent les règles de base concernant la pratique de la polygamie dans la société musulmane :
« 3. Si vous craignez de n’être pas équitables en matière d’orphelins… alors épousez ce qui vous plaira d’entre les femmes, par deux, ou trois, ou quatre. Mais si vous craignez de n’être pas justes, alors seulement une, ou contentez-vous de votre droite propriété, plus sûr moyen d’échapper à la partialité. »

« 129. Vous ne pourrez être justes envers vos épouses, même si vous y veillez. Du moins, n’allez pas jusqu’au bout de votre penchant, jusqu’à laisser la (défavorisée) comme en l’air. » (7)

Pour bien saisir le sens de ces versets, et l’importance des règles qu’ils instituent, il faut les replacer dans le contexte de l’époque de leur Révélation.
En Arabie, avant l’Islam, les tribus étaient souvent en conflit, et subissaient de lourdes pertes en hommes. Il en résultait, au niveau de la communauté, un excédent de femmes en état de se marier, par rapport aux hommes. En fonction de leur libido, de leur état de santé et de leurs moyens financiers, les hommes avaient pour habitude d’épouser autant de femmes qu’ils le voulaient, ce qui aidait à résorber une partie de cet excédent.

La polygamie, qui était pratiquée sans aucune restriction, à l’époque, répondait ainsi à un besoin social, même si ses adeptes ne pensaient qu’à satisfaire leurs désirs sexuels personnels. Cependant, les épouses ne jouissaient d’aucun droit et servaient, avant toute chose, à satisfaire les désirs de leur mari. (8)

Par ailleurs, à l’époque de Révélation de ces versets, il y avait à Médine de nombreuses filles orphelines disposant de richesses personnelles, vivant sous la tutelle d’hommes qui envisageaient de les épouser pour mettre la main sur leurs biens. Mais, ces hommes se demandaient, malgré tout, en toute sincérité, si cela était compatible avec les enseignements de la foi à laquelle ils s’étaient convertis.

Le verset 3 s’inscrit dans le contexte de cette situation. Il décourage les hommes de tels agissements, leur recommandant de chercher d’autres femmes à épouser, en dehors de celles sous leur tutelle. Mais, il réforme à cette occasion le statut de la polygamie. Il plafonne à quatre le nombre maximum d’épouses par homme, et établit des conditions et des exigences que l’homme doit satisfaire, « de telle sorte que se marier avec plus d’une femme n’est pas donné à n’importe qui, n’importe comment. » (9)

La condition d’équité envers toutes les épouses

D’après les juristes, le verset 3 impose à l’homme la nécessité de réserver un traitement juste et égal à toutes ses épouses, dans tous les domaines, sur le plan matériel, en respectant scrupuleusement les droits de chacune, sans témoigner de préférence à aucune d’elles par rapport aux autres. S’il craint de ne pas pouvoir faire cela, il doit se limiter à une seule épouse. De telles règles constituaient une innovation fondamentale en Arabie.

Le verset 3 impose également au mari d’avoir des ressources financières adéquates pour subvenir aux besoins de plusieurs foyers, avant qu’il n’ait le droit de prendre plus d’une femme. Les capacités physiques et sexuelles du mari sont également des facteurs dont il doit être tenu compte.
L’islam n’encourageait donc pas la polygamie. Bien au contraire, il la restreignait, puisqu’il limitait, désormais, à quatre le nombre de femmes qu’un homme pouvait prendre simultanément, et établissait la contrainte de l’équité à respecter.

Le verset 129 avertissait, pour sa part, les hommes qu’ils ne pourraient pas faire preuve d’équité (dans les sentiments qu’ils ressentiraient, en leur for intérieur), envers plusieurs épouses. (10) Mais il n’interdisait pas la pratique. Il appartenait à chaque homme de prendre ses responsabilités en la matière, de décider en son âme et conscience s’il serait capable de faire preuve d’équité, sur le plan matériel, et s’il serait capable de subvenir aux besoins de toutes ses femmes dans les conditions fixées par le Coran.

Justification de la polygamie dans des circonstances exceptionnelles
De nombreux auteurs estiment que la polygamie se justifiait, au temps de la Révélation, du fait des circonstances très particulières de l’époque. (11) On cite souvent, à ce propos, l’exemple du Prophète, qui s’est marié à plusieurs femmes, pendant les dix dernières années de sa vie, du temps de son séjour à Médine. « C’était une période de guerres, et il y avait un très grand nombre de femmes qui n’avaient personne pour s’enquérir de leur sort. La plupart des femmes du Prophète étaient veuves ou âgées. Beaucoup d’entre elles avaient des enfants de leurs ex-maris. » (12)

D’après ces auteurs, la polygamie peut continuer de se justifier, dans les temps modernes, dans des circonstances exceptionnelles. Par exemple, à la suite d’une guerre meurtrière qui a décimé les hommes au front, le nombre de femmes en âge de se marier peut largement dépasser celui des hommes. (13) De même, si l’épouse est stérile, ou si elle est atteinte d’une maladie qui l’empêche d’avoir des rapports sexuels avec son mari, la majorité des auteurs pensent que le mari devrait pouvoir prendre une deuxième femme. (14)
Mais, tous les juristes soulignent que la pratique de la polygamie n’est légitime, en Islam, que lorsqu’elle est assortie des conditions et des limites prescrites dans le Coran ; et uniquement lorsque ces conditions sont scrupuleusement et rigoureusement respectées.

Or, observe le philosophe Mortada Motahari à ce propos : « Pour être équitable, il faut dire que le nombre de ceux qui respectent la lettre et l’esprit de toutes les conditions prescrites par l’Islam concernant la polygamie, est insignifiant. » (15)

Notes

(1) Mortada Motahari, « L’Islam et les droits de la femme », Ed. Al Bouraq, 2000, p. 305

(2) Gamal A. Badawi, « Polygamy in Islamic law »

(3) Eric Chaumont, article “Polygamie”, Dictionnaire du Coran, Robert Laffont, Bouquins, Paris, 2007

(4) Mohamed Chafi, “La polygamie”, Marrakech, 2000

(5) Sisters in Islam, Malaysia, Reform of the Islamic family laws on Polygamy, 11 December 1996, a memorandum to the Malaysian authorities

(6) Collectif 95 Maghreb-Egalité : “Cent mesures et dispositions pour une codification égalitaire des Codes de Statut Personnel”, 1995

(7) Le Coran, Traduction par Jacques Berque, Edition de poche, Albin Michel, Paris, 2002, p. 95 et p. 113

(8) Muhammad Abduh, « fatwa fi ta’addud al-zawjate » (fatwa sur la polygamie) dans “al-A’mal al kamila” (Oeuvres complètes éditées par Muhammad Amara) tome 2, 1ère éd. Beyrouth, (1972), p. 91

(9) Mortada Motahari, ibid, p. 260

(10) Muhammad Abduh, « fatwa fi ta’addud al-zawjate », ibid, p. 93

(11) Riffat Hassan, “al-Islam wa huquq al mar’a” (L’Islam et les droits de la femme), Casablanca, 2000, pp. 88-92

(12) Mortada Motahari, ibid, p. 319

(13) Mortada Motahari, ibid, p. 324

(14) Muhammad Abduh, « ta’addud al-zawjate » (La polygamie) dans “al-A’mal al kamila” (Oeuvres complètes éditées par Muhammad Amara) tome 2, p. 87, 1ère éd. Beyrouth, (1972) et « fatwa fi ta’addud al-zawjate », ibid, p. 95

(15) Mortada Motahari, ibid, p. 322

Voir également:

Le trafic de femmes, une source de revenus pour Daech
Le Figaro
06/11/2014

Un site d’informations irakien dit avoir mis la main sur une «grille de tarifs» à appliquer sur les marchés où sont vendues les femmes chrétiennes et yazidies. Des profits qu’empoche ensuite l’organisation terroriste.

De nouveaux détails ont émergé sur le calvaire que subissent les femmes otages et esclaves sexuelles de l’État islamique. Un site d’informations irakien affirme avoir trouvé une grille de tarifs de vente des yazidies et des chrétiennes capturées par les combattants de Daech. Quiconque ne respecte pas ces prix sera exécuté, met en garde cette note, dont l’authenticité n’a pas été contestée à ce jour. Elle rappelle qu’un homme ne peut pas «acquérir» plus de trois femmes, sauf, précision étrange, s’il est un étranger originaire de Syrie, de Turquie, d’Arabie saoudite ou des Émirats.

Les femmes les plus chères sont les plus jeunes. Pour une enfant âgée de moins de 10 ans, il en coûtera 200.000 dinars (138 euros). Pour une jeune femme de moins de 20 ans 100.000 dinars (104 euros). Pour une trentenaire 75.000 dinars (52 euros). Pour une femme quadragénaire 50.000 dinars (35 euros).

Un marché aux esclaves à Mossoul
Le document déplore même que «le marché de la femme soit à la baisse, ce qui a nui aux finances de l’État islamique». Une vidéo, tournée à Mossoul et traduite il y a quelques jours en anglais, donne une illustration glaçante de ces pratiques. On y voit des combattants islamiques échanger des conseils pour bien négocier les prix. «Aujourd’hui, c’est le jour du marché aux esclaves. C’est le jour de la distribution, et si Dieu le veut, chacun aura sa part», se réjouit un militant.

Un marchand propose d’échanger une fille contre un pistolet. Un djihadiste est prêt à avancer 500 dollars pour une captive. Des combattants expliquent que le montant qu’ils sont disposés à offrir dépend du physique des femmes: celles qui ont les yeux bleus ou verts sont très recherchées. Ils recommandent aussi de vérifier l’état de leurs dents.

D’après des ONG, plus de 4.600 femmes yazidies sont portées disparues depuis l’offensive de Daech en Syrie et en Irak. Dans les premières semaines, des otages arrivaient encore à contacter des associations décrivant des bordels où les femmes étaient traitées comme du bétail et où certaines étaient violées plus de 30 fois par jour. Mais désormais, c’est le silence le plus total. D’après des témoignages de djihadistes, l’État islamique a fait de son trafic de femmes un argument de recrutement, faisant miroiter aux nouveaux venus une abondance de concubines.

Voir encore:

« Pour les djihadistes les femmes sont des esclaves sexuelles »
Tatiana Chadenat

19 août 2014

Les fanatiques de l’Etat islamique vendraient des captives pour 150 dollars. Myriam Benraad, politologue spécialiste de l’Irak, nous en parle

En Irak et en Syrie les djihadistes de l’État islamique se sont emparés de vastes régions et y ont proclamé un califat. Ils capturent et « vendent les femmes pour une centaine de dollars », assure le porte-parole du ministère des Droits de l’homme irakien. S’il faut rester prudent, car les rumeurs pullulent et les combattants jouent sur une communication de la terreur, cette marchandisation semble vraisemblable. On fait le point avec Myriam Benraad, politologue spécialiste de l’Irak, chercheuse au CERI.

Lefigaro/madame.fr. – La vente de femmes dénoncée par le porte-parole du ministère des Droits de l’homme Irakien est-elle réelle ?
Myriam Benraad. Elle est vraisemblable car depuis 2003, les djihadistes sont de mèche avec des réseaux de prostitution. Pour l’État islamique les femmes doivent être assujetties et déshumanisées. Les combattants les considèrent comme des objets commerciaux et sexuels. Ils les capturent, les enferment et en font des butins de guerre. Dans le califat proclamé, la femme n’est pas une citoyenne, mais une esclave domestique et sexuelle à la merci de son mari. Récemment, ils ont imposé le voile à Mossoul, dans le Nord de l’Irak et en Syrie. Ces hommes assassinent froidement des populations. Mais la situation des femmes était déjà très périlleuse en Irak depuis 2003.

Ces violences dénoncées aujourd’hui par le porte-parole du ministre existent depuis longtemps ?
Le sort des Irakiennes s’est dégradé progressivement depuis dix ans. Le porte-parole est courageux d’avoir condamné ses exactions. Mais il faut que cela soit suivi d’actes, car jusqu’à présent le gouvernement n’a rien fait pour les protéger. Jusque dans les années 1970, les Irakiennes avait des droits. Avec le premier embargo en 1990, il y a eu une régression juridique et sociale. Dans les provinces tribales, le crime d’honneur est apparu : une femme violée est tuée par son clan car elle a été souillée. Après l’invasion américaine en 2003, l’État qui leur garantissait un statut, s’est effondré. Sans État de droit, elles sont particulièrement exposées à la violence, et ne peuvent pas faire porter leur droit devant les tribunaux. Pendant les élections en avril 2014, il y a eu des candidates, des affiches de campagne qui essayaient de mettre en avant la parité, mais en réalité cela ne changeait pas le fond du problème, les femmes restent exposées. Avec l’État islamique on parle souvent du danger encouru par les minorités, rarement du sort des Irakiennes. Or, elles sont les premières victimes de la guerre, de l’occupation américaine et des djihadistes. Il ne s’agit pas seulement de celles issues des minorités yézidis et chrétiennes, mais de l’ensemble des femmes, sunnites et chiites.

Comment expliquer cette haine des djihadistes envers la femme ?
Une femme libre est le symbole de tout ce que les djihadistes détestent : l’Occident et la liberté. Les islamistes radicaux ont interdit le port du jean ou des vêtements qui laissent apparaître la chair car ils y voient une influence néfaste et mécréante de l’Occident. Ces extrémistes pensent qu’en les soumettant, ils reviennent aux bases de l’Islam. Mais c’est faux. Il n’est écrit nul part dans le Coran qu’il faut asservir, violer, assassiner… ou même imposer le port du voile. C’est un choix personnel pas une obligation. Là aussi, il y a dérive. Les djihadistes vont chercher n’importe quelle justification dans le Coran ou certains Hadith (les paroles prêtées au prophète Mahomet), pour légitimer leurs actions, l’asservissement et le meurtre. Ils opèrent un glissement des textes. C’est une interprétation absurde et meurtrière qu’il ne faut pas chercher à expliquer rationnellement car elle relève d’une dérive salafiste et radicale. Les femmes disposent pourtant de nombreux droits dans l’Islam. Khadija bint Khuwaylid, la première épouse du prophète Mahomet, riche et indépendante, a largement contribué à son succès.

Voir enfin:

Discours d’inauguration du Musée de l’histoire de l’immigration
François Hollande

15 Décembre 2014

Présidence de la République française – Élysée.fr

Mesdames et messieurs les ministres,

Mesdames et messieurs les parlementaires,

Mesdames et messieurs les ambassadeurs,

Monsieur le Défenseur des droits,

Madame la Présidente du Conseil d’Administration, chère Mercedes ERRA,

Monsieur le Président du Conseil d’Orientation, Cher Benjamin STORA,

Monsieur le Directeur Général,

Mesdames, messieurs,

Je suis fier d’inaugurer aujourd’hui le Musée de l’Histoire de l’Immigration et de rappeler le rôle qui est le sien, dans nos institutions culturelles et éducatives.

Il s’agit de comprendre notre histoire pour aller vers l’avenir. Fernand BRAUDEL avait eu cette formule dans son dernier livre : « définir le passé de la France, c’est situer les Français dans leur propre existence ». Telle est la vocation du Musée national de l’Histoire de l’Immigration, rendre aux immigrés la place qui leur revient dans le récit national et se donner ainsi les moyens d’aborder de façon sereine la question toujours posée de l’immigration.

La vocation de votre musée est de montrer le processus continu par lequel la Nation a intégré les populations d’origine étrangère et a su préserver son unité tout en reconnaissant la diversité des origines et des cultures. Ce musée est plus qu’un symbole. C’est un message de confiance dans l’histoire de notre pays mais aussi dans ce que nous sommes et de ce que nous pouvons faire.

La France est un vieux pays d’immigration, l’un des plus vieux pays d’immigration d’Europe. Commencée dès la deuxième moitié du XIXème siècle pour répondre aux besoins de ce qu’on appelait la première révolution industrielle, l’immigration s’est poursuivie tout au long du XXème siècle et s’est amplifiée avec la reconstruction du pays après la guerre, avec la décolonisation et enfin avec la mondialisation. Aujourd’hui un Français sur quatre a au moins un grand parent étranger. Evoquer l’histoire de l’immigration, c’est évoquer l’histoire de France, c’est l’histoire, c’est notre histoire.

Et pourtant, jusqu’à récemment, l’immigration n’apparaissait que faiblement dans les manuels scolaires. Elle n’était guère présentée comme une chance pour notre récit national et était souvent ignorée des Français y compris même de ceux qui en étaient issus. Elle n’avait pas de lieu de mémoire, pas de lieu pour partager les histoires familiales pour retrouver les récits, pour suivre les parcours qui avaient fait que des hommes, des femmes, des familles étaient venus s’échouer ici en France pour mieux réussir.

Il fallait donc une initiative, et je veux rendre justice à Lionel JOSPIN d’avoir dès 2001, pris conscience de cet étrange oubli, et d’avoir eu la volonté de le réparer en proposant la création d’un musée de l’immigration. Ce projet s’est poursuivi sous la présidence de Jacques CHIRAC, qui a chargé Jacques TOUBON de la responsabilité de faire aboutir cette belle entreprise. Le Palais de la Porte Dorée, qui avait connu son heure de gloire d’une époque dépassée, fut choisi. C’était en 2004. Ce lieu qui avait été celui de l’exposition coloniale, allait devenir le musée de toutes les immigrations, de toutes les fiertés après avoir été ce lieu où des peuples avaient exposé devant le colonisateur, leurs plus belles réussites. Le Musée national a finalement ouvert ses portes en octobre 2007, c’était il y a 7 ans.

Sept ans c’est long pour une inauguration officielle. Il fallait qu’elle soit suffisamment réfléchie pour qu’elle puisse avoir lieu aujourd’hui, comme si l’immigration devait être toujours un sujet difficile dont il vaudrait mieux ne pas parler, ou alors avec certains mots et dans certaines circonstances. Mais le principal, c’est qu’aujourd’hui ce musée soit là et que la France soit dotée d’une institution destinée à conserver et à mettre en valeur le patrimoine de l’immigration, à montrer, à mesurer l’apport des immigrés et de leurs descendants, leur apport à la Nation. Par le sang versé, par le travail, par le talent, par la réussite. Ce Musée a une double volonté : la reconnaissance de toutes ces origines, de tous ces parcours, de toutes ces nationalités et en même temps, le rassemblement dans un même projet, celui de la France.

Je tiens à remercier les équipes de l’établissement qui, malgré les vicissitudes, ne se sont jamais découragées. Les efforts ont porté leurs fruits : l’exposition permanente aura vu passer 500.000 visiteurs depuis 2007. Deux mille enseignants viennent s’y former chaque année. Et les chiffres de fréquentation ne cessent d’augmenter grâce aux expositions temporaires qui s’y succèdent.

Ce musée doit être à la hauteur de l’ambition qui était celle de ses concepteurs, ce qui suppose à mes yeux de réaffirmer sa dimension culturelle et scientifique. C’est un lieu où il convient de mener un travail, un travail long, un travail obscur parfois, un travail de mémoire. Il convient de lui donner les moyens qui jusqu’à présent ne lui ont pas été accordés. C’est pourquoi une augmentation de près d’un million d’euros sera effective dès l’année prochaine, pour parvenir à un doublement de son budget en 5 ans.

Mais ce qui fait l’originalité, la spécificité de ce musée, c’est d’être à la fois une référence en matière de recherche, un espace de débat et une expression de la diversité, de la multiplicité de toutes les migrations, pour qu’il puisse y avoir cette mise en valeur des souvenirs, des mémoires ici rassemblées à travers ces objets familiers. Je remercie les donateurs qui ont fait en sorte de pouvoir par un instrument de musique, une machine, une étoffe, démontrer le lien qu’ils avaient avec la France et avec aussi leur pays d’origine. Comme si le pays d’origine venait ici s’offrir au pays d’accueil, c’est-à-dire à la France.

Comme la mémoire individuelle, la mémoire d’une Nation est capricieuse, tantôt elle est ingrate, tantôt elle est généreuse. Elle a ses propres rythmes et regarde trop souvent le passé avec les yeux du présent. C’est pourquoi nous avons besoin des historiens, c’est leur rôle. Ce sont eux qui nous rappellent que l’immigration fut à la fois le produit de nos propres nécessités, de nos propres besoins, j’entends par là ceux de la France, et en même temps des convulsions de l’Histoire, qui ont fait que des femmes et des hommes sont partis de très loin pour venir s’établir ici. D’abord ce furent des ouvriers, ce fut le labeur qui fut la justification de l’immigration.

Les premiers vinrent de tout près, ce furent les Belges, dans l’industrie textile du nord. Puis les Italiens dans l’industrie lourde de l’Est, les Polonais dans les mines. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, les Espagnols, les Portugais, les Maghrébins, les Africains, qui contribuèrent à leur façon à la reconstruction du pays, à sa croissance à ce qu’on a appelé les trente glorieuses. Au bout de 30 ans après la guerre, on a estimé que ces forces-là auront construit l’équivalent d’un logement sur deux, d’une machine sur sept, et de 90% des autoroutes de notre pays.

Les crises des années 70 paradoxalement n’ont pas tari les flux, parce que les entreprises continuaient d’appeler de nouveaux immigrés, qui venaient chaque fois de plus loin pour pouvoir occuper des emplois que nul ne voulait occuper. Ce mouvement ne s’est arrêté que récemment.

Enfin la décolonisation poussa des populations jusque-là intimement liées à la France à venir y travailler. Je veux saluer ici, le Président Abdou DIOUF qui jusqu’à récemment était le Secrétaire Général de l’Organisation Internationale de la Francophonie, et qui est là pour nous rappeler ce lien qui unit les pays autrefois dans la communauté française, et qui aujourd’hui ont un lien qui demeure avec la France, et qui parlent en français. Ces populations venaient de cette Afrique, de ce Maghreb, et considéraient qu’elles avaient le droit de venir, ici. Elles avaient le droit parce que l’histoire leur rappelait le rôle qui avait été celui des plus anciens, ce qu’on appelait les « troupes coloniales », et qui étaient venues sauver la France. Ces troupes venaient de partout. Parmi les « Poilus » de 14-18, on comptait ainsi 180.000 Algériens, 60.000 Tunisiens, 37.000 Marocains, 134.000 soldats d’Afrique noire, 34.000 Malgaches. C’était l’empire qui était venu sauver la France.

Comment oublier 30 ans après, les 100.000 soldats africains de l’Armée de De LATTRE, qui accomplirent le débarquement de Provence, les tirailleurs sénégalais, les goumiers, les tabors, les spahis, les zouaves. Comment oublier les résistants de la MOI (Main d’Œuvre Immigrée), juifs, arméniens, les martyrs de l’affiche rouge chantés par Aragon.

Comment oublier le dernier Poilu, Lazare PONTICELLI, né en 1897 dans un petit village en Italie. Il n’était même pas français lorsqu’il s’était engagé dans une unité étrangère à 17 ans, en trichant sur son âge. En 1939, il avait demandé à être naturalisé pour participer à la seconde guerre qui venait d’être déclarée. C’était finalement plus qu’un symbole que le Musée national de l’Histoire de l’Immigration l’ait invité à célébrer son 110ème anniversaire ici-même. Tous s’étaient battus pour la France, mais pour une certaine idée de la France. Pour la France universelle, la France ouverte au monde, pour la France capable de promouvoir des idéaux de progrès. Cette France qu’ils voulaient rejoindre pour la servir, cette France qui était la terre espérée de ceux qui ont fui tout au long du 19ème et du 20ème siècle, les massacres, les pogroms, les guerres, les dictatures, et qui trouvèrent dans notre pays un refuge pour fonder leur foyer.

C’est une grande réussite de ce musée que d’évoquer toutes ces mémoires, de nous rappeler que les immigrés, les enfants d’immigrés ont apporté à la science française, à la physique à la chimie, aux mathématiques. Combien de Prix Nobel et de récompenses glorieuses, de Marie CURIE (qui s’appelait de son nom de jeune fille Maria SKLODOWSKA), à Arthur AVILA, franco-brésilien, qui a reçu la médaille Fields de Mathématiques. Tous ces étrangers, tous ces immigrés qui ont fait la fierté de la France dans les domaines qui paraissaient les plus inaccessibles. S’il fallait livrer ici tous les noms de ces milliers d’étrangers, d’immigrés, d’enfants d’immigrés devenus célèbres dans le cinéma, dans la littérature, la peinture, la musique, le sport et la mode. Je veux ici saluer cette belle exposition sur la mode. La mode fait partie de l’excellence française, la mode fait rayonner la France et nous donne à chaque fois la conviction que nous avons tout inventé. Cette mode, nous en savons maintenant toutes les origines, toutes les provenances, ce sont le plus souvent des créateurs, des créatrices qui ont permis à la France d’être toujours en avant-garde, toujours admirée, toujours reconnue. Voilà ce que montre ce musée, que notre réussite, la réussite la plus flamboyante de la France, elle est celle de tous les Français, et donc de tous ceux qui nés ici ou nés ailleurs, ont donné ce qu’ils avaient de meilleur pour la création, pour l’entreprise, pour l’innovation, pour la recherche, bref, pour la France.

Ce musée national est l’hommage de la Nation à ces millions de gens, qui sont venus en France, qui y ont donné le meilleur d’eux-mêmes et dont les enfants sont pleinement devenus Français et qui en même temps veulent que leur histoire, que leur parcours, que leur diversité, leur singularité et leur origine puissent être reconnus par la République, par celle qu’ils ont voulu servir et à laquelle ils ont profondément adhéré.

L’histoire de l’immigration rappelle néanmoins qu’elle fut toujours l’objet de controverses.

La présence de personnes étrangères a toujours suscité à toutes les époques de l’inquiétude, de la peur, de l’appréhension, surtout quand aux différences de langue, de culture, s’ajoutent des différences de couleur et de religion. Il y a toujours eu des démagogues, pour les attiser, pour utiliser les manquements aux règles communes – qu’il faut déplorer, pour justifier le rejet et démontrer qu’il y en a qui ne s’assimileront jamais. L’exploitation des questions migratoires jusqu’à la tragédie, n’est donc en rien une nouveauté et c’est ce que montre la recherche historique.

Dès août 1893, à Aigues-Mortes, des Français excités par d’absurdes rumeurs, avaient massacré des travailleurs italiens, parce qu’ils venaient prendre des emplois, occuper des villages et finalement mettre en cause les équilibres de telle ou telle famille. Puis la boue antisémite s’est déversée lors de l’affaire DREYFUS.

Les archives de ce musée sont pleines de témoignages dans lesquels des pseudo-scientifiques, mais de vrais idéologues tentaient de démontrer pourquoi les Italiens, les Polonais, les Espagnols, les Arméniens ne pourraient jamais être assimilés par la société française.

Dois-je évoquer la période si noire de la collaboration, le déchaînement des haines, les délations, les compromissions ? Puis la guerre d’Algérie qui déchaîna d’autres passions ? Les années 60 furent aussi des années de violence, des ratonnades. Les années 70 avec – on ne s’en souvient déjà plus, des attentats racistes, des assassinats ? Chaque époque fut marquée par des violences et des intolérances. On pourrait se dire que le pire est passé. Il y a toujours cette récurrence, il y a toujours ce retour.

Certes, il n’y a rien de neuf dans les discours, mais les contextes changent. Les étrangers sont toujours accusés des mêmes maux : venir prendre l’emploi des Français, bénéficier d’avantages sociaux indus quand bien même les études les plus sérieuses montrent qu’ils contribuent davantage aux comptes sociaux qu’ils n’en bénéficient.

Ce sont toujours les mêmes préjugés, les mêmes suspicions qui sont invariablement colportés. Mais le fait nouveau, et nous devons le regarder en face, c’est la pénétration de ces thèses dans un contexte de crise, qui paraît interminable, et d’une mondialisation qui est elle-même insaisissable. C’est là que réside le fait nouveau, le doute qui s’est installé sur notre capacité à vivre ensemble. Est-ce que la France sera encore la France ? Est-ce qu’elle sera en mesure d’intégrer, d’absorber, d’assimiler, de prendre le meilleur et d’éviter le pire ? C’est cette question qui taraude beaucoup de nos compatriotes. C’est la peur aussi sciemment installée d’une religion, l’Islam, qui de façon inacceptable est présentée par certains comme incompatible avec la République, alors que la République a toujours respecté les religions, et que les religions ont toujours été capables de comprendre les valeurs qui devaient être respectées.

Le fait nouveau, c’est que ces vents mauvais soufflent de plus en plus, et pas seulement en France, partout en Europe. C’est pourquoi il nous faut une fois encore reprendre le combat et faire en sorte de répondre et de ne rien laisser passer, en montrant d’abord la force de l’intégration.

Le musée restitue le parcours de ces millions d’exilés dont la plupart ont fait souche dans notre pays pour devenir français soit directement par la naturalisation. Le musée montre bien les actes qui ont été ainsi posés, ainsi délivrés. On m’a rappelé cette reconnaissance de l’artiste à qui l’on demandait si elle voulait une décoration. « La décoration ? », a-t-elle répondu, « c’est mon acte de naturalisation, me faire devenir français c’est la plus belle reconnaissance que pouvait m’accorder la République ». Il y a aussi par la succession des générations, le droit du sol, le fait que ces descendants d’étrangers sont devenus des citoyens français, pleinement français, et donc pleinement citoyens.

C’est ainsi que les immigrés d’hier et les enfants se sont fondus dans notre société, et en même temps que s’est enrichie à chaque étape, à chaque période leur contribution. Voilà ce message que le musée transmet : avoir confiance dans notre histoire pour être capable de regarder le présent avec suffisamment de sérénité, de responsabilité et de force pour ne pas nous laisser emporter là où ne voulons pas aller. Les enfants des immigrés dépeints comme inassimilables hier, sont devenus des patriotes sans avoir jamais à renier leurs origines. Parce que depuis 150 ans, la République n’est pas liée aux origines, c’est l’adhésion à un projet commun. Renan, dans sa fameuse conférence de 1882, affirmait que l’existence d’une Nation était un plébiscite de tous les jours, comme l’existence de l’individu était une affirmation perpétuelle de la vie. Savoir tous les jours que nous sommes Français, vouloir être Français, être pleinement conscient que de vivre en France, c’est une somme de devoirs et de droits. De GAULLE, lui-même, ne disait pas autre chose en disant qu’« Est Français celui qui souhaite que la France continue ». Continue dans sa marche, continue dans son destin, continue de porter le progrès, continue d’être à la hauteur de l’idéal qu’elle porte.

Pour y parvenir, l’école joue un rôle fondamental. Elle reste le creuset de l’intégration. Elle est de plus en plus sollicitée. L’école à qui l’on demande à la fois de former, avec une transmission du savoir exigeante et en même temps d’accueillir, d’accueillir parfois des enfants qui n’ont jamais été dans leur famille éduqués dans une autre langue que leur langue d’origine. On demande beaucoup à l’école, on lui demande aussi de faire en sorte que tous les enfants soient dans les mêmes conditions d’égalité. Les réussites scolaires en matière d’intégration sont multiples. Je veux saluer les enseignants qui s’y dévouent et qui parviennent à chaque fois, à chaque année qu’ils ont à recevoir des enfants, à les porter au plus haut niveau. Mais nous devons aussi regarder les échecs. Ils sont là : les décrochages concernent principalement certains quartiers et certains jeunes. Notre premier devoir est de tenir la promesse de l’égalité républicaine. C’est pourquoi la révision des cartes de l’enseignement prioritaire, les moyens donnés à l’éducation nationale, sont des leviers essentiels si nous voulons aller toujours vers une intégration réussie.

De même la lutte contre les discriminations qui existent dans l’orientation, dans la formation, dans l’accès à l’emploi, doivent être également combattues.

Le second pilier de l’intégration, c’est la laïcité. Elle est proclamée. Elle doit donc être enseignée, traduite en principes simples, intelligibles. La laïcité n’est ni la lutte contre la religion, contre une religion. La laïcité n’est pas la suspicion non plus à l’égard de telle ou telle communauté. La laïcité est une école de respect, de la règle commune, une reconnaissance de la liberté de croire ou de ne pas croire. Cette laïcité, nous devons l’ériger en valeur fondamentale mais nous devons aussi faire en sorte qu’elle puisse être, pour chaque jeune, non pas un concept mais une manière vivre, de respecter l’autre, de pouvoir être pleinement lui-même tout en étant entièrement dans la République. La laïcité n’est pas simplement un principe que l’on voudrait poser, c’est ce qui permet dans les actes de la vie quotidienne de savoir ce qu’il est possible de faire et ce qu’il n’est pas possible de montrer ou de faire.

Nous devons faire en sorte que la laïcité soit célébrée partout le 9 décembre, jour anniversaire de la loi de 1905, et en particulier dans les écoles où désormais est affichée la « Charte de la Laïcité ».

Traiter de façon républicaine la question de l’immigration, c’est imposer la vérité des faits mais c’est aussi nous obliger à agir.

La vérité, c’est de ne rien ignorer des tensions, des difficultés et des risques. L’obligation d’agir, c’est d’aller jusqu’au bout de l’intégration, de traiter avec fermeté aussi et humanité, l’immigration clandestine mais de mieux accompagner l’immigration régulière. Agir, c’est être convaincu que la République doit être sûre de ses principes, fière de ses valeurs mais ne doit jamais céder un pouce de terrain à la facilité et au repli sur soi.

C’est pourquoi, j’ai voulu que la lutte contre le racisme et l’antisémitisme devienne une grande cause nationale. Parce que lorsque l’on a notre Histoire, que l’on porte nos valeurs, lorsque l’on a cette République qui nous rassemble tous, la France ne peut tolérer qu’un citoyen soit agressé pour sa religion, sa couleur de peau, ses origines.

Rien ne sera passé sous silence. Rien ne doit rester impuni. Rien de ce qui fait une insulte à notre République, à notre Histoire, rien ne doit pouvoir passer à côté de la punition qui est justifiée.

Certains s’interrogent sur la volonté des immigrés de s’intégrer – je l’ai dit, le thème n’est pas nouveau – d’autres dissertent sur la capacité de la France à accueillir ces étrangers qui sont là depuis longtemps, ou ces enfants d’étrangers qui sont devenus Français, et se posent la question de l’avenir même de notre identité. Il y en a même qui s’inquiètent de l’efficacité de notre politique migratoire à l’échelle de l’Europe et veulent la reconsidérer.

Nous devons répondre à toutes ces questions. Nous ne devons pas faire comme si elles devaient par principe ou par précaution être écartées. Car sinon, si nous n’avons pas cette franchise entre nous, nous laisserons la place vide pour des discours qui instrumentalisent la peur, la peur de la dissolution de notre pays, de la dislocation, de la disparition.

Vous savez, ceux qui rêvent d’une France en petit, d’une France de dépit, d’une France en repli, bref d’une France qui ne serait plus la France.

C’est pourquoi, nous devons lutter contre ces thèses au nom de la France, pour la France, pour une France qui sera non seulement à la hauteur de son Histoire mais capable de porter un grand projet, de bâtir un avenir, de forger un destin.

C’est pourquoi, au sentiment de dépossession qui est entretenu avec malice, pour ne pas dire avec malignité, il nous faut rappeler à chaque fois aux Français d’où ils viennent, quelles sont les valeurs sur lesquelles notre pays s’est bâti et où nous voulons aller ensemble.

La France est un pays qui porte plus qu’une histoire mais une ambition, qui ne conçoit son destin que dans l’ouverture.

Certes nous devons nous protéger contre toutes les menaces mais la France n’a été victorieuse que lorsqu’elle a été capable de se dépasser. Un pays comme la France n’a pas besoin d’haïr les autres pour aimer les siens. Un pays qui a confiance en lui-même et d’abord dans sa jeunesse. Un pays qui croit en la place de chacun, qui pense que l’éducation est la matrice de tout ce qui fait la citoyenneté, qui fait confiance à la culture pour permettre que chacun puisse s’élever au-delà même de sa condition. Un pays qui veut aller jusqu’au bout de la citoyenneté.

C’est sur ces bases-là que nous devons définir une politique migratoire. Elle est nécessaire.

D’abord, pour ne pas affaiblir les pays d’émigration qui doivent s’appuyer sur leur dynamisme démographique pour leur développement, sur les compétences de leur jeunesse, sur la présence de leurs élites. C’est pourquoi, nous ne pouvons plus regarder le Sud avec les mêmes yeux. Le Sud et notamment l’Afrique qui est un continent de croissance, de développement qui n’a pas besoin de laisser partir sa population, qui a besoin qu’on lui apporte nos investissements, nos technologies et également notre capacité à créer ensemble.

Nous devons aussi avoir une politique migratoire parce que les pays d’accueil ne peuvent pas, justement, accorder aux migrants, notamment à ceux qui sont persécutés dans leur pays, une place digne si les conditions ne sont pas réunies. C’est-à-dire une capacité à donner un avenir et d’abord un emploi.

Nous devons enfin avoir une politique migratoire pour lutter contre les trafics, contre tous ceux qui font commerce. Il y en a toujours eu dans l’Histoire des étrangers avec des réseaux criminels qui mettent en danger la vie des hommes et des femmes chaque jour. Près de 3500 sont morts depuis janvier dans les eaux de la Méditerranée, la route la plus dangereuse du monde.

Cette politique passe par l’Europe. Notre frontière, c’est Schengen. Cet accord est né de la volonté de remplacer des contrôles aux frontières nationales qui n’avaient plus d’efficacité par des coopérations uniques et sans précédent en termes de liberté, de sécurité et de justice. Et on voudrait faire éclater Schengen ? C’est assez facile, personne ne sait exactement ce qu’est Schengen. Peut-être que certains croient que c’est un personnage dont il faudrait rechercher au plus vite l’identité et la personnalité pour le traduire en justice. Mais Schengen, c’est justement ce qui a permis à tous les pays d’Europe de s’organiser pour justement contrôler l’immigration et avoir une coordination des politiques.

Faire éclater Schengen ? Faire disparaître Schengen ? Mais cela serait reculer, aboutir à rétablir des frontières, pays par pays. Peut-être est-ce pour créer des emplois que certains nous font la proposition, mais enfin généralement ce ne sont pas les fonctionnaires qui justifient leurs sentiments les plus doux et les plus accommodants.

Nous devons donc défendre ce principe et faire que l’avenir de l’Europe soit de bâtir avec l’ensemble des Etats du voisinage, une politique permettant – je pense à la Méditerranée et au-delà – de conjuguer, la gestion des crises, l’aide au développement, et les contrôles des mouvements de population.

La France sera à l’initiative dans les mois qui viennent, non pas pour défaire Schengen mais pour mieux assurer la sécurité à l’intérieur et le contrôle à l’extérieur, et pour mieux répartir les charges qui pèsent sur les Etats membres, en Europe.

Pour la France, où la question de l’immigration revient régulièrement, un devoir de vérité s’impose.

Depuis 10 ans, notre pays accueille environ 200 000 personnes par an, soit la proportion la plus faible d’Europe, rapportée, bien sûr, à notre propre population. 200 000, certains disent que c’est trop. Qui trouve-t-on ? 90 000 viennent au titre de l’immigration familiale, c’est notamment le cas des conjoints de citoyens français : va-t-on interdire un rapprochement dès lors que le lien a pu être vérifié ? Ce serait insupportable ! Ce serait même contraire aux principes du droit européen et même du droit international.

60 000 autres arrivent chaque année comme étudiants. C’est une volonté pour notre pays, c’est un enjeu d’accueillir les élites de demain, le temps de leur formation. Devrait-on préférer qu’ils se forment ailleurs, aux Etats-Unis, au Canada ou en Australie ? Alors que tout le discours que je porte depuis deux ans et demi, c’est de dire que nous avons besoin de plus d’étudiants étrangers parce que c’est un investissement considérable pour la France, c’est une chance extraordinaire de pouvoir avoir les meilleurs talents, chercheurs qui viennent, ici, en France, étudier.

Que serait la France dans 20 ou 30 ans si elle ne les accueillait plus alors que le nombre d’étudiants dans le monde va doubler d’ici 2020 ? C’est la raison pour laquelle, les obstacles concernant les mobilités étudiantes ont été progressivement levés parce que la France doit attirer tous les talents du monde entier.

Il y a deux ans, il y avait une circulaire – je ne rappellerais pas le nom de son auteur, qu’importe- dont le seul objet était de limiter le droit au séjour des étudiants et des chercheurs. Cette circulaire a été abrogée mais notre réglementation est encore trop dissuasive. C’est pourquoi, le Gouvernement a créé les « passeports talents » ouvrant un droit à séjour de quatre ans qui seront délivrés de manière simplifiée et de plein droit dès lors que les critères prévus (les ressources, le niveau d’études, le contrat de travail) seront remplis. « Passeport talent », il ne s’agit plus là, d’étudiants, il s’agit de chefs d’entreprise, de cadres, de jeunes techniciens. Ils amplifieront le mouvement initié avec les visas « talents internationaux » qui ont permis une augmentation de 7% du nombre d’étudiants venant en France, et de 20% pour les chercheurs.

Curieux paradoxe, notre pays ! Quand un jeune Français va à l’étranger, on considère que c’est un exil, que nous n’avons pas pu le retenir. Quand un étudiant étranger vient en France, on viendrait le suspecter. Nous devons faire en sorte qu’il y ait plus d’étudiants français qui aillent aussi à l’étranger pour revenir ensuite et que nous puissions accueillir plus d’étudiants étrangers en France.

Puis, pour arriver aux 200 000, il y a l’asile, c’est-à-dire un droit constitutionnel qui fait partie de l’identité même de la France. Il n’est pas tolérable que notre système d’examen du droit d’asile fonctionne aussi mal. Le constat a été fait depuis longtemps. Plus de 18 mois pour avoir une réponse, on a réduit les délais déjà depuis deux ans mais nous devons encore accélérer parce que c’est un double risque que nous faisons courir.

Si le refus est prononcé, toute chance que celui qui est là depuis 18 mois essaie de se réfugier dans l’immigration illégale et si c’est pour une réponse favorable, pourquoi ne lui a-t-elle pas été communiquée plus tôt pour qu’il puisse pleinement s’insérer ?

Nous avons donc préparé un texte qui est en ce moment en discussion au Parlement qui va être voté – je crois avec une large majorité – pour réduire à 9 mois le délai pour traiter une réponse en termes de droit d’asile.

Quant à l’immigration économique, qui a été considérable, elle est devenue résiduelle dans notre pays. La présence de ceux qu’on appelle les travailleurs détachés et qui n’a rien avoir avec ce que l’on croit être l’immigration économique, mais plutôt un abus de situation – ces travailleurs détachés qui ne sont d’ailleurs pas en cause en tant que tels mais qui sont ceux qui viennent en France, de pays européens pour être moins payés parce que les cotisations sociales ne sont pas facturées aux employeurs.

Alors si nous devons respecter la libre circulation qui est un acquis fondamental de l’Europe, elle ne doit pas être détournée, dévoyée parce qu’aujourd’hui la question des travailleurs détachés fait que sur le plan politique il y a l’exacerbation de tensions et sur le plan économique il y a une concurrence déloyale.

Je ferai donc en sorte dans les prochains Conseils européens de clarifier cette notion de travailleur détaché et d’éviter tous les abus.

Trop de nos concitoyens issus de l’immigration se considèrent encore comme des étrangers, assignés à leurs origines. Et trop de nos compatriotes ont le sentiment qu’ils ne sont plus chez eux quand d’autres se placent en dehors des règles communes. Voilà la tension principale qui existe dans notre pays. Dans les deux cas, c’est la France qui est atteinte, qui est blessée. Nous devons donc réagir à cette double dislocation du pacte républicain pour que chacun se considère français en France et capable de vivre ensemble.

La République n’a d’avenir que si elle sait construire une politique de citoyenneté dont le principe est simple et clair : c’est l’égalité.

La République n’a d’avenir que si les droits et les devoirs sont rappelés à tous, quelle que soit leur nationalité.

La République n’a d’avenir que si aucun territoire n’est relégué, abandonné, oublié. Elle n’a d’avenir que si les quartiers ne deviennent pas des ensembles où vivent les mêmes populations dont la communauté de destin serait celle de leurs communautés supposées d’origines. C’est le sens de la politique de la ville : éviter les concentrations des mêmes sur les mêmes lieux, agir sur les causes des inégalités, multiplier les leviers d’insertion, offrir un avenir en termes de formation, d’emploi, d’accès à la culture.

Le sujet que nous avons à régler, c’est l’immigration d’hier et même d’avant-hier que nous avons à mieux appréhender, où le critère, d’ailleurs, n’est plus la nationalité mais la citoyenneté effective. Quant à l’immigration d’aujourd’hui – dont j’ai dit ici le caractère limité, elle doit être néanmoins accompagnée. C’est le sens du projet de loi sur le séjour des étrangers qui sera discuté au Parlement l’année prochaine. Toute personne qui arrivera en France, quelles qu’en soient les raisons –j’ai évoqué les sources de cette immigration- devra apprendre le français, être formé aux valeurs de la République, à ses règles, à ses usages, à ses droits, à ses devoirs.

Ce parcours d’intégration s’accompagnera de la remise de titres de séjour pluriannuels. A quoi sert-il de faire subir à des étrangers en situation régulière une attente interminable devant les Préfectures, les Sous-préfectures, pour le renouvellement de leur titre de séjour, comme pour bien les punir de ce qu’ils viennent réclamer : un titre de séjour. Ils l’ont déjà, c’est juste pour le renouvellement. Ils l’auront mais ils doivent attendre dans le froid, au petit matin, rien que pour leur montrer qu’ils ne sont pas vraiment, ici, bienvenus.

Ce n’est digne ni pour les fonctionnaires qui ont à traiter ces questions – je veux les saluer, ce n’est pas facile- ni digne pour les personnes ainsi traitées. A quoi sert-il d’instaurer une précarité inutile alors que ces étrangers ont déjà une activité professionnelle ?

Beaucoup d’étrangers, ce ne sont plus les mêmes, sont là depuis des décennies. Ils ont parfois gardé leur nationalité d’origine tout en étant parfaitement intégrés à la société française. C’était leur droit. Ils n’ont pas voulu changer de nationalité ou peut-être n’ont pas pu y accéder. C’est cette situation d’étranger depuis longtemps en France qui a justifié la revendication de leur ouvrir le droit de vote aux élections locales. Beaucoup de pays européens l’ont fait. Pour y parvenir en France, chacun en connait les conditions. Mieux vaut un langage de vérité si l’on veut éviter les passions ou les illusions. Rien ne peut se faire sans une révision de la Constitution, ce qui suppose, dans notre droit, une majorité des 3/5ème au Parlement. C’est-à-dire l’accord de toutes les forces républicaines. J’y suis pour ma part favorable, à elles de prendre leur responsabilité.

Ces difficultés – que nous connaissons depuis 30 ans – ne doivent pas nous empêcher d’agir pour favoriser l’autre versant de la citoyenneté, l’accès à la naturalisation. Il n’y a pas de meilleure preuve d’amour à la République que cette déclaration d’allégeance à ses principes et à ses valeurs. Dans le passé récent, certains ont été tentés de réduire le nombre de naturalisations, de compliquer ces procédures comme si devenir Français pour des étrangers qui étaient là depuis des années, qui avaient servi la France, constituait une menace. C’était encore une fois oublier, les vertus intégratrices de la République.

C’est pourquoi, j’ai demandé au Gouvernement, dès 2012, de fixer de nouveaux critères justes et transparents pour l’accès à la nationalité française. Des progrès ont été faits. Le nombre des naturalisations a augmenté mais il y a lieu, encore, d’accélérer les procédures, de les unifier sur le territoire et de bien fixer la nature des critères.

Je souhaite également que la République marque enfin sa reconnaissance à l’égard des vieux immigrés, ceux que l’on appelle les Chibanis. Beaucoup ont été recrutés, il y a des décennies, avec l’espoir d’un retour rapide au pays. Puis, ils ont fait souche dans le nôtre et ont contribué à sa construction.

A la France, ils ont donné leur jeunesse, leur labeur, leurs bras. Il est temps que l’on cesse de leur opposer des règles tatillonnes pour qu’ils ne puissent accéder véritablement à leurs droits ou à leurs prestations sociales.

Il est temps aussi que leur naturalisation soit facilitée, comme l’a proposé un rapport parlementaire. C’est la raison pour laquelle la loi sur le vieillissement, puisqu’il s’agit de travailleurs âgés, ouvrira la naturalisation de plein droit à tous les étrangers âgés de plus de 65 ans qui ont vécu plus de 25 ans en France et qui ont au moins un enfant français.

Il y a aussi les jeunes français qui veulent pleinement participer à la vie de notre pays. C’est toute la question de la représentation. Elle n’obéit pas à des logiques législatives, à des quotas ou des règles.

C’est une obligation pour toutes les forces politiques sociales économiques de notre pays. Faire en sorte que ceux qui parlent au nom des autres puissent ressembler aux autres. Faire en sorte que ceux qui décident pour les autres puissent être finalement comme les autres.

Ce travail-là doit être mené systématiquement parce que lorsqu’une représentation n’est plus fidèle à l’état d’une société, la société ne se reconnait plus dans celles et ceux qui les représentent.

C’est un grand enjeu. Des progrès ont été faits lors des élections locales – je sais que dans les entreprises, il y a également cette volonté – mais pourquoi y aurait-il cette facilité dans la culture, dans le sport et cette résistance dans nos institutions ou dans les entreprises ?

Bien sûr qu’il y a la méritocratie scolaire, et elle donne des résultats. Combien de jeunes qui sont de toutes les couleurs de la France ont réussi les meilleurs examens, obtenu les meilleurs diplômes ? Ils frappent à la porte, à leur tour, demandent leur part et à qui on demande plus qu’à d’autres d’attendre, d’attendre encore ? Eh bien non ! Il n’est plus temps d’attendre. Il faut que la société française puisse être représentée avec toutes les couleurs, toutes les forces, toutes les forces vives de la France.

L’immigration en France, c’est l’histoire de millions de personnes venues d’ailleurs, de très loin ou parfois de plus près qui voulurent un jour fondre leurs aspirations personnelles, familiales dans le rêve français.

C’est ainsi que notre histoire s’est faite. Notre pays ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui sans cette multiplication de talents et d’atouts. Bien sûr que cette immigration a suscité également tout au long de son histoire, frustrations, fractures, frictions, nous ne devons ni ignorer les talents ni occulter les peurs.

Cette diversité est une chance si nous savons la valoriser, l’enrichir, la dépasser, si nous savons affirmer une volonté commune de vivre ensemble, ce qui suppose une pleine adhésion à la République. Sinon c’est le piège de la division, la menace du communautarisme, la confrontation des cultures et donc, le racisme, l’antisémitisme, la détestation de l’autre.

C’est en prenant en compte ces risques qui sont là, dans la France du 21ème siècle, que nous ne pensions plus imaginer ou voir, c’est en prenant en compte ces risques que nous devons nous élever, pour faire en sorte que la Nation redevienne facteur d’espoir. La France doit avoir confiance dans la France.

C’est une responsabilité dont l’Etat a la charge pour garantir la cohésion et l’apaisement. Je l’ai dit, l’éducation en est la première condition mais l’école ne peut pas répondre à un défi aussi grand. Toutes les institutions sont concernées : les institutions publiques mais également les entreprises privées. La réussite de notre pays dépend de notre capacité à régler cette question de la citoyenneté et de l’immigration.

C’est aussi une responsabilité individuelle car l’histoire de l’immigration nous l’enseigne aussi. Vivre en France, c’est une chance. Elle doit être ressentie, comprise, saisie pour pouvoir être mise au service du destin commun.

Votre musée montre que cet espoir est possible puisqu’il apporte la preuve que des femmes et des hommes arrachés parfois dans la douleur à leur pays d’origine, qui ont connu bien des épreuves, ont été capables, sur notre propre sol, de donner le meilleur de leur vie, de faire en sorte que leurs enfants puissent être pleinement des citoyens et d’accomplir ce qui a été, un moment, leur destin.

L’histoire de l’immigration fait partie de notre histoire nationale mais la réussite de l’intégration déterminera notre destin national.

Votre musée, votre institution, votre Cité a l’immense mérite de donner à des générations d’immigrés la place qui doit leur revenir et de nous faire comprendre qu’ils ont fait le visage de la France.

Un visage qui a la couleur de la République. Celle qui unit, rassemble et fédère. Une Nation qui doit être fière d’elle-même et sûre de son destin. C’est quand la Nation est fière, quand elle sait où elle va et quand son destin est partagé que cette grande Nation qui s’appelle la France peut résister à tout pour faire le meilleur et conjurer le pire.

Merci.


Rapport sur la CIA: A qui profite le crime ? (Cui bono ? – A month after their historic defeat, Senate democrats drop one last, lobbed stink bomb)

12 décembre, 2014
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http://www.garciamedia.com/assets/uploads/blog/SIMONSCARR9_11jpeg_thumb.jpgLa Cour tient à souligner à ce propos que l’interdiction d’un traitement contraire à l’article 3 revêtant un caractère absolu indépendamment des agissements de la personne concernée et même en cas de danger public menaçant la vie de la nation – ou, a fortiori celle d’un individu – l’interdiction d’infliger des mauvais traitements à un individu afin de lui extorquer des informations vaut quelles que soient les raisons pour lesquelles les autorités souhaitent extorquer ces déclarations, que ce soit pour sauver la vie d’une personne ou pour permettre des poursuites pénales. En outre, le traitement que le requérant a subi doit passer pour lui avoir causé de vives souffrances mentales, ce que démontre aussi le fait que, ayant invariablement refusé de formuler des déclarations exactes jusqu’alors, l’intéressé a avoué sous l’influence de ce traitement où il avait caché J. La Cour estime dès lors que s’il avait été mis à exécution, le traitement dont le requérant a été menacé aurait été constitutif de torture. Cependant, l’interrogatoire n’a duré qu’une dizaine de minutes et, comme la procédure pénale dirigée contre les policiers a permis de l’établir (paragraphe 46 ci-dessus), a eu lieu dans une atmosphère empreinte d’une tension et d’émotions exacerbées car les policiers, totalement épuisés et soumis à une pression extrême, croyaient ne disposer que de quelques heures pour sauver la vie de J. ; ce sont des éléments qui doivent être considérés comme des circonstances atténuantes (…) D’ailleurs, les menaces de mauvais traitements ne furent pas mises à exécution et il n’a pas été démontré qu’elles aient eu de graves répercussions à long terme sur la santé du requérant. Cour européenne des Droits de l’Homme (Strasbourg, le 30 juin 2008)
Ziad Abu Ein was a senior Palestinian politician, who held a number of roles in the Fatah political party, the Palestinian Liberation Organization, and the Palestinian Authority. Abu Ein previously served time in an Israeli prison for his role in a 1979 attack, where a bomb exploded in the city center in Tiberias, in the midst of a group of Israeli youth celebrating the Jewish holiday of Lag BaOmer. Thirty-six youths were wounded with two 16-year-olds, Boaz Lahav and David Lankri, killed. Abu Ein fled to the United States, but was arrested there and, in 1981, became the first Palestinian to be extradited from the United States to Israel, where he was sentenced to life imprisonment, but was released in 1985, as part of the Jibril prisoner exchange deal. Wikipedia
Les drones américains ont liquidé plus de monde que le nombre total des détenus de Guantanamo. Pouvons nous être certains qu’il n’y avait parmi eux aucun cas d’erreurs sur la personne ou de morts innocentes ? Les prisonniers de Guantanamo avaient au moins une chance d’établir leur identité, d’être examinés par un Comité de surveillance et, dans la plupart des cas, d’être relâchés. Ceux qui restent à Guantanamo ont été contrôlés et, finalement, devront faire face à une forme quelconque de procédure judiciaire. Ceux qui ont été tués par des frappes de drones, quels qu’ils aient été, ont disparu. Un point c’est tout. Kurt Volker
We have to do some things that historically we have not wanted to do to protect ourselves. Dianne Feinstein
We understood what the CIA was doing. We gave the CIA our bipartisan support; we gave the CIA funding to carry out its activities. Porter Goss (Pelosi’s chairman on the House committee)
Nous avons fait ce qui nous a été demandé (…) et nous savons que cela a été efficace. Une décennie plus tard, en guise de récompense nous entendons certains de ces mêmes politiques faire part de leur indignation et – pire – déformer les faits et minimiser les succès obtenus. Jose Rodriguez (ancien responsable de la CIA)
[It] demonstrates not just the shamelessness of Democrats today denouncing practices to which, at the time and at the very least, they made no objection. It demonstrates also how near-consensual was the idea that our national emergency might require extraordinary measures. This is not to say that in carrying out the program there weren’t abuses, excesses, mismanagement and appalling mistakes (such as the death in custody — unintended but still unforgivable — of two detainees). It is to say that the root-and-branch denunciation of the program as, in principle, unconscionable is not just hypocritical but ahistorical. To make that case, to produce a prosecutorial brief so entirely and relentlessly one-sided, the committee report (written solely by Democrats) excluded any testimony from the people involved and variously accused. None. No interviews, no hearings, no statements. The excuse offered by the committee is that a parallel Justice Department inquiry precluded committee interviews. Rubbish. That inquiry ended in 2012. It’s December 2014. Why didn’t they take testimony in the interval? Moreover, even during the Justice Department investigation, the three CIA directors and many other officials were exempt from any restrictions. Why weren’t they interviewed? Answer: So that committee Democrats could make their indictment without contradiction. So they could declare, for example, the whole program to be a failure that yielded no important information — a conclusion denied by practically every major figure involved, including Democrat and former CIA director Leon Panetta; Obama’s current CIA director, John Brennan; and three other CIA directors (including a Clinton appointee).  Perhaps, say the critics, but we’ll never know whether less harsh interrogation would have sufficed. So what was the Bush administration to do? Amid the smoking ruins of Ground Zero, conduct a controlled experiment in gentle interrogation and wait to see if we’d be hit again? A nation attacked is not a laboratory for exquisite moral experiments. It’s a trust to be protected, by whatever means meet and fit the threat. Accordingly, under the direction of the Bush administration and with the acquiescence of congressional leadership, the CIA conducted an uncontrolled experiment. It did everything it could, sometimes clumsily, sometimes cruelly, indeed, sometimes wrongly. But successfully. It kept us safe. Charles Krauthammer
One of the great problems with the word “torture” is that it tolerates no ambiguity. It is a taboo word, like racism or incest. Once you call something torture, the conversation is supposed to end. It’s a line no one may cross. As a result, if you think the enhanced interrogation techniques are necessary, or simply justified, you have to call them something else. Similarly, many sincere opponents of these techniques think that if they can simply call them “torture,” their work is done. The problem is that the issue isn’t nearly so binary. Even John McCain — a vocal opponent of any kind of torture — has conceded that in some hypothetical nuclear ticking-time-bomb scenario, torture might be a necessary evil. His threshold might be very high, but the principle is there nonetheless. And nearly everyone understands the point: When a greater evil is looming in the imminent future, the lesser evil becomes more tolerable. This is why opponents of the interrogation program are obsessed with claiming that it never worked, at all. And this suggests why the talking point about drone strikes has such power. Killing is worse than torture. Life in prison might be called torture for some people, and yet we consider the death penalty a more severe punishment. Most people would prefer to be waterboarded than killed. All sane and decent people would rather go through what Khalid Sheikh Mohammed went through than see their whole family slaughtered from 10,000 feet by a drone. And yet President Obama routinely sanctions drone strikes while piously outlawing the slapping of prisoners who might have information that would make such strikes less necessary — and, more importantly, would prevent the loss of innocent American lives. It’s odd: Even though killing is a graver moral act, there’s more flexibility to it. America killed hundreds of thousands of innocent people in World War II, but few would call that murder because such actions as the firebombing of Dresden were deemed necessary to win the war. In other words, we have the moral vocabulary to talk about kinds of killing — from euthanasia and abortion to capital punishment, involuntary manslaughter and, of course, murder — but we don’t have a similar lexicon when it comes to kinds of torture. When John McCain was brutally tortured — far, far more severely than anything we’ve done to the 9/11 plotters — it was done to elicit false confessions and other statements for purposes of propaganda. When we tortured Khalid Sheikh Mohammed, it was to get actionable intelligence on ongoing plots. It seems to me that’s an important moral distinction. If I torture a fiend to find out where he left a child to suffocate or starve in some dungeon, that’s a less evil act than torturing someone just to hear them renounce their god or country. Also, KSM was not some innocent subjected to torture to satisfy the grotesque desires of some sadists. He is an unlawful combatant responsible for murdering thousands of innocent Americans. This may sound like nothing more than a rationalization. But that is to be expected when you try to reason through a morally fraught problem. If you believe torture is wrong no matter what, then any sentence that begins, “Yeah, but . . . ” will seem like so much bankrupt sophistry. The same goes for truly devout believers in nonviolence who think any and all killing is wrong. I can respect that, because I think the taboo against torture is important and honorable, just like the taboos against killing. And just like the taboos against killing, sometimes the real world gets a veto. Jonah Goldberg
Astonishingly, the staff avoided interviewing any of us who had been involved in establishing or running the program, the first time a supposedly comprehensive Senate Select Committee on Intelligence study has been carried out in this way. The excuse given by majority senators is that CIA officers were under investigation by the Justice Department and therefore could not be made available. This is nonsense. The investigations referred to were completed in 2011 and 2012 and applied only to certain officers. They never applied to six former CIA directors and deputy directors, all of whom could have added firsthand truth to the study. Yet a press account indicates that the committee staff did see fit to interview at least one attorney for a terrorist at Guantanamo Bay. We can only conclude that the committee members or staff did not want to risk having to deal with data that did not fit their construct. Which is another reason why the study is so flawed. What went on in preparing the report is clear: The staff picked up the signal at the outset that this study was to have a certain outcome, especially with respect to the question of whether the interrogation program produced intelligence that helped stop terrorists. The staff members then “cherry picked” their way through six million pages of documents, ignoring some data and highlighting others, to construct their argument against the program’s effectiveness. In the intelligence profession, that is called politicization. Ex-CIA chiefs
With the release of the Feinstein report on CIA interrogations of high-value terrorists a decade ago, let’s consider the situation of intelligence personnel who have been involved, not in that program but in drone strikes against terrorists, conducted in a variety of countries around the world. They have four sources of direction and protection: Their strikes are authorized by the president, briefed to Congress, deemed lawful by the attorney general and determined useful by the CIA director. Yet people in the drone program know that co-workers involved in enhanced interrogation had these assurances as well. And the drone program has some distinctive characteristics. Instead of employing waterboarding, stress positions and sleep deprivation, the targets are killed (sometimes with collateral damage to the innocent). President Obama dramatically expanded the use of drones, increasing the proportion of attacks that are “signature strikes” — meaning those authorizing attacks don’t know the identities of the targets, just their likely value. Some may argue a subtle moral distinction between harshly interrogating a terrorist and blowing his limbs apart. But international human rights groups and legal authorities generally look down on both. The main difference? One is Obama’s favorite program. A few years from now, a new president and new congressional leaders may take a different view. At the CIA, these concerns are not hypothetical. “I know the Predator program intimately,” a former senior intelligence officer told me. “There have been hundreds and hundreds of Predator shots, the most carefully targeted in the history of warfare, but not 100 percent right. What if the next president, [say] Rand Paul or Elizabeth Warren, comes after people involved in this program?” “If you have to worry about a new administration coming along 10 years down the road,” the intelligence officer told me, “making villains out of agency officials following the exact letter of the law, it is sobering. We think about that all the time.” This is the scrutiny that comes only with success. For many, the 9/11 attacks are becoming as historically and emotionally distant as Pearl Harbor. But if the United States had the equivalent of a 9/11 attack each year, the range of acceptable responses would expand. V-E Day, after all, partially resulted from the firebombing of Dresden. V-J Day encompassed Hiroshima. Both involved tickertape parades and incinerated children. The U.S. response in the war against terrorism has been dramatically more selective and focused on combatants. Even so, the CIA is often forced to operate at the edge of the United States’ acceptable response — currently with drone strikes and a variety of activities to degrade and dismantle the Islamic State. The avoidance of “boots on the ground” in the Middle East has placed an additional burden on intelligence services to work with (often flawed) allies, target enemies and strike from afar. Political leaders, once again, urge intelligence officials to do what is necessary. So the Feinstein report comes in the middle of a war, targeting many Americans who are still engaged in it. It is an act of exceptional congressional recklessness. (…) So why has Feinstein donned her Guy Fawkes mask? Tension with the CIA? Simple stubbornness? The main reason, I suspect, is different. Democrats who approved of enhanced interrogation at the time (such as Feinstein) must now construct an elaborate fantasy world in which they were not knowledgeable and supportive. They postulate a new reality in which they were innocent and deceived — requiring a conspiracy from three former CIA directors, three former deputy directors and hundreds of others. Occam would indicate a different answer: guilt, hypocrisy and betrayal. Michael Gerson
I do not need to read the report to know that the Democratic staff alone wrote it. The Republicans checked out early when they determined that their counterparts started out with the premise that the CIA was guilty and then worked to prove it. When Congress created the intelligence committees in the 1970’s, the purpose was for people’s representatives to stand above the fray and render balanced judgments about this most sensitive aspect of national security. This committee departed from that high road and slipped into the same partisan mode that marks most of what happens on Capitol Hill these days. (…) The Senate’s Intelligence Committee staff chose to interview no one. Their rationale – that some officers were under investigation and could not be made available – is not persuasive. Most officers were never under investigation and for those who were, the process ended by 2012. Fairness should dictate that the examination of documents alone do not eliminate the need for interviews conducted by the investigators. Isolated emails, memos and transcripts can look much different when there is no context or perspective provided by those who sent, received or recorded them. It is important for all of us to remember how unprepared we were for the attacks of September 11, 2001 and how unprepared we were to do the things necessary to keep the country from being attacked again. There was no operating manual to guide the choices and decisions made by the men and women in charge of protecting us. (…) The worse consequence of a partisan report can be seen in this disturbing fact: It contains no recommendations. This is perhaps the most significant missed opportunity, because no one would claim the program was perfect or without its problems. But equally, no one with real experience would claim it was the completely ineffective and superfluous effort this report alleges. Our intelligence personnel – who are once again on the front lines fighting the Islamic State – need recommended guidance from their board of governors: The U.S. Congress. Remarkably this report contains none. Bob Kerrey
There are more questions about the report. One is that it is generally understood to reflect longstanding tensions between the committee and the CIA. Another is the timing—the report was issued just as a defeated Democratic majority walked out the door, and has the look of a last, lobbed stink bomb: “See what the terrible Bush administration did? Bye now!” There is about the entire enterprise a sense of sin being expiated at someone else’s expense. The committee’s job is to oversee the CIA. If its own report is true, it didn’t do a very good job. It can be hard to take seriously a report that seems largely a product of partisan resentment, guilt and blame shifting. Peggy Noonan

Attention: une dérive peut en cacher une autre !

En ces temps étranges où la simple crise cardiaque, lors d’une manifestation dite pacifique, d’un « ministre » et, ce que se gardent bien de rappeler nos belles âmes et nos médias, auteur d’un attentat à la bombe contre un groupe de jeunes ayant fait deux morts et 36 victimes il y a 35 ans se voit qualifier d’ « acte barbare » et de « meurtre » avec demande d’enquête du Conseil de sécurité de l’ONU …

Mais où une Cour européenne des Droits de l’Homme déboute il y a six ans un étudiant en droit de sa plainte pour obtention d’aveux sous la contrainte et torture de la part de policiers lors de son interrogatoire (menaces de grande souffrance et de viol) suite à l’enlèvement et au meurtre de l’enfant d’une famille célèbre de banquiers, exonérant, en une argumentation classique du dilemme de la bombe à retardement, les policiers pour circonstances atténuantes, (courte durée des traitements infligés, pression extrême et l’urgence pour sauver la vie de l’enfant, non-mise en exécution des menaces de mauvais traitements, absence de graves répercussions à long terme sur la santé du plaignant) …

A l’heure où « au milieu d’une guerre qui vise de nombreux Américains toujours impliqués dans les combats » …

Et un mois après la cinglante et historique perte de la majorité de son parti dans les deux chambres du Congrès …

Par une Administration Obama qui a fait et continue à faire, en quelques années et par drones interposés, au moins trois fois plus de victimes que le nombre total de détenus de Guantanamo

Ressort mystérieusement un rapport vieux de cinq ans sur les techniques d’interrogation de la CIA suite aux attentats du 11 septembre 2001 …

Comment ne pas voir, avec le chroniqueur du Washington Post Michael Gerson, non seulement « un acte exceptionnel d’insouciance de la part du Sénat » ….

Mais une peu glorieuse tentative de se dédouaner pour des méthodes qu’ils avaient à l’époque largement approuvées ?

Releasing the Feinstein report is an act of exceptional recklessness
Michael Gerson
Washington Post
December 8, 2014

With the release of the Feinstein report on CIA interrogations of high-value terrorists a decade ago, let’s consider the situation of intelligence personnel who have been involved, not in that program but in drone strikes against terrorists, conducted in a variety of countries around the world.

They have four sources of direction and protection: Their strikes are authorized by the president, briefed to Congress, deemed lawful by the attorney general and determined useful by the CIA director.
Michael Gerson is a nationally syndicated columnist who appears twice weekly in The Post. View Archive

Yet people in the drone program know that co-workers involved in enhanced interrogation had these assurances as well. And the drone program has some distinctive characteristics. Instead of employing waterboarding, stress positions and sleep deprivation, the targets are killed (sometimes with collateral damage to the innocent). President Obama dramatically expanded the use of drones, increasing the proportion of attacks that are “signature strikes” — meaning those authorizing attacks don’t know the identities of the targets, just their likely value.

Some may argue a subtle moral distinction between harshly interrogating a terrorist and blowing his limbs apart. But international human rights groups and legal authorities generally look down on both. The main difference? One is Obama’s favorite program. A few years from now, a new president and new congressional leaders may take a different view.

At the CIA, these concerns are not hypothetical. “I know the Predator program intimately,” a former senior intelligence officer told me. “There have been hundreds and hundreds of Predator shots, the most carefully targeted in the history of warfare, but not 100 percent right. What if the next president, [say] Rand Paul or Elizabeth Warren, comes after people involved in this program?”

“If you have to worry about a new administration coming along 10 years down the road,” the intelligence officer told me, “making villains out of agency officials following the exact letter of the law, it is sobering. We think about that all the time.”

This is the scrutiny that comes only with success. For many, the 9/11 attacks are becoming as historically and emotionally distant as Pearl Harbor. But if the United States had the equivalent of a 9/11 attack each year, the range of acceptable responses would expand. V-E Day, after all, partially resulted from the firebombing of Dresden. V-J Day encompassed Hiroshima. Both involved tickertape parades and incinerated children.

The U.S. response in the war against terrorism has been dramatically more selective and focused on combatants. Even so, the CIA is often forced to operate at the edge of the United States’ acceptable response — currently with drone strikes and a variety of activities to degrade and dismantle the Islamic State. The avoidance of “boots on the ground” in the Middle East has placed an additional burden on intelligence services to work with (often flawed) allies, target enemies and strike from afar. Political leaders, once again, urge intelligence officials to do what is necessary.

So the Feinstein report comes in the middle of a war, targeting many Americans who are still engaged in it. It is an act of exceptional congressional recklessness. Democratic senators on the Intelligence Committee interviewed none of the key figures in the program, yet fought for months to make it easier to identify the targets of their report. “Those personnel,” said (soon to be former) Sen. Mark Udall (D-Colo.), “if they have that worry, can be given some legitimate security.” This is clearly what some committee members intended: exposure and a bodyguard.

Sen. Dianne Feinstein (D-Calif.), the outgoing chair of the committee, was thought to be more responsible. But her legacy is a massive dump of intelligence details useful to the enemy in a time of war. And she knows the likely results. Secretary of State John Kerry expressed the concerns of allies about increased violence. A National Intelligence Council report warned of threats to embassies, installations and individuals, and explored how partners would react to the disclosure.

So why has Feinstein donned her Guy Fawkes mask? Tension with the CIA? Simple stubbornness? The main reason, I suspect, is different. Democrats who approved of enhanced interrogation at the time (such as Feinstein) must now construct an elaborate fantasy world in which they were not knowledgeable and supportive. They postulate a new reality in which they were innocent and deceived — requiring a conspiracy from three former CIA directors, three former deputy directors and hundreds of others.

Occam would indicate a different answer: guilt, hypocrisy and betrayal.

Voir aussi:

Partisan torture report fails America
Intelligence agencies need guidance to do better, Senate Democrats failed to provide it.
Bob Kerrey
USA Today
December 10, 2014

I regret having to write a piece that is critical of the Democratic members of the Senate Select Committee on Intelligence. Most of them are former colleagues and friends. I hope they will remain friends after reading this.

For eight years I served on this committee. I know how difficult and important the work of providing tough and fair oversight of our nation’s $50 billion top-secret intelligence network.

I will wait until I have fully read and considered Tuesday’s report to enter the debate over whether the CIA handled interrogation of detainees in an appropriate manner. Thanks to the 2005 and 2006 efforts of Senator John McCain I do not have to wait to be certain our interrogation policies and procedures are aligned with our core values.

I also do not have to wait to know we are fighting a war that is different than any in our country’s past. The enemy does not have an easy to identify and analyze military. In the war against global jihadism, human intelligence and interrogation have become more important, and I worry that the partisan nature of this report could make this kind of collection more difficult.

I do not need to read the report to know that the Democratic staff alone wrote it. The Republicans checked out early when they determined that their counterparts started out with the premise that the CIA was guilty and then worked to prove it.

When Congress created the intelligence committees in the 1970’s, the purpose was for people’s representatives to stand above the fray and render balanced judgments about this most sensitive aspect of national security. This committee departed from that high road and slipped into the same partisan mode that marks most of what happens on Capitol Hill these days.

I have participated in two extensive investigations into intelligence failures, once when Aldrich Ames was discovered to be spying for Russia after he had done substantial damage to our human intelligence collection capability and another following the 9/11 attacks. In both cases we were very critical of the practices of the intelligence agencies. In both cases we avoided partisan pressure to blame the opposing party. In both cases Congress made statutory changes and the agencies changed their policies. It didn’t make things perfect, but it did make them better.

In both of these efforts the committee staff examined documents and interviewed all of the individuals involved. The Senate’s Intelligence Committee staff chose to interview no one. Their rationale – that some officers were under investigation and could not be made available – is not persuasive. Most officers were never under investigation and for those who were, the process ended by 2012.

Fairness should dictate that the examination of documents alone do not eliminate the need for interviews conducted by the investigators. Isolated emails, memos and transcripts can look much different when there is no context or perspective provided by those who sent, received or recorded them.

It is important for all of us to remember how unprepared we were for the attacks of September 11, 2001 and how unprepared we were to do the things necessary to keep the country from being attacked again. There was no operating manual to guide the choices and decisions made by the men and women in charge of protecting us. I will continue to read the report to learn of the mistakes we apparently made. I do not need to read the report in full to know this: We have not been attacked since and for that I am very grateful.

It is important for all of us to not let Congress dodge responsibility. Congressional oversight of intelligence is notoriously weak. The 9/11 Commission recommended a number of changes in the authorities of Congressional committees but the proposal – advanced by Senator McCain – did not come close to gathering a majority of votes in either the Senate or the House.

The worse consequence of a partisan report can be seen in this disturbing fact: It contains no recommendations. This is perhaps the most significant missed opportunity, because no one would claim the program was perfect or without its problems. But equally, no one with real experience would claim it was the completely ineffective and superfluous effort this report alleges.

Our intelligence personnel – who are once again on the front lines fighting the Islamic State – need recommended guidance from their board of governors: The U.S. Congress. Remarkably this report contains none. I hope – for the sake of our security and our values – Congress will follow the leadership of Senator McCain and give them this guidance.

Bob Kerrey, former governor of Nebraska and U.S. senator, is now the managing director of Allen and Company.

Voir également:

Declarations
A Flawed Report’s Important Lesson
Americans regardless of party should agree torture is wrong.
Peggy Noonan
WSJ
Dec. 11, 2014

The “torture report” exists. It shouldn’t—a better, more comprehensive, historically deeper and less partisan document should have been produced, and then held close for mandatory reading by all pertinent current and future officials—but it’s there. Anyone in the world who wants to read it can do a full download, and think what they think.

Its overall content left me thinking of a conversation in the summer of 1988 with the pollster Bob Teeter, a thoughtful man who worked for George Bush’s presidential campaign, as I did. I asked if he ever found things in polls that he wasn’t looking for and that surprised him. Bob got his Thinking Look, and paused. Yes, he said, here’s one: The American people don’t like the Japanese.

It surprised him, and me, and I asked what he thought it was about.

He didn’t think it was economic—he saw in the data that Americans admired Japan’s then-rising economy. He didn’t think it was World War II per se—he didn’t find quite the same kind of responses about Germany. We were quiet for a moment, and then our minds went to exactly the same place at the same time: Japanese torture of American soldiers in the Pacific war. The terrible, vicious barbarity of it. When the war ended, American boys went home, and the story of what they’d seen, experienced and heard filtered through families, workplaces and VFW halls. More than 40 years later, maybe it was still there, showing up in a poll.

It was just our guess, but I think a good one. A nation’s reputation in the world will not soon recover from such cruel, systemic actions, which seemed to bubble up from a culture. You’ll pay a price in terms of the world’s regard.

This is one of the reasons, only a practical one, torture is bad. It makes people lose respect for you. And when you come most deeply to terms with it, it can make you lose respect for you, too.

The arguments over the deficiencies of the torture report—we’ll get to some in a moment—have in a way overwhelmed that point.

But America should never again do what is asserted and outlined in the report, which enumerates various incidents of what I believe must honestly be called torture. American policy should be to treat prisoners the way we would hope—with clear eyes, knowing it is a hope—our prisoners would be treated.

The war we are engaged in is different, we know, and it is still going on and will be for some time, but it won’t help us fight it to become less like ourselves and more like those we oppose. Torture is not like us. It’s not part of the American DNA. We think of ourselves as better than that because we’ve been better than that.

It is almost childish to say it, yet children sometimes see obvious truths. We can’t use torture methods and still at the same time be the hope of the world. You’re an animal like the other animals or you’re something different, something higher, and known to be different and higher.

Someone has to be the good guy. For a long time in the world that has been our role. You might say it bubbled up from our culture.

We should not judge those who, in the months and years after 9/11, did what they thought necessary to forestall further attacks on America’s civilian population. They went with the legal guidance they had, propelled by the anxiety we all experienced. “There was no operating manual to guide the choices and decisions made by the men and women in charge of protecting us,” wrote former Nebraska Sen. Bob Kerrey this week in USA Today. None of them should be abused, embarrassed or prosecuted now.

But who is more hawkish and concerned about our security than Sen. John McCain , and who has more standing on the subject of torture, having been tortured over 5½ years as a prisoner of war in North Vietnam? He was denied medical treatment, starved, beaten, his arm rebroken and his ribs shattered; he was made to stand and put in stress positions, and put in solitary confinement for two years. This week on the floor of the Senate, he said the kind of practices outlined in the report, whose issuance he supported, do not produce actionable intelligence and “actually damage our security interests as well as our reputation as a force for good in the world.” He added: “The use of torture compromises that which most distinguishes us from our enemies, our belief that all people, even captured enemies, possess basic human rights.”

What the report contains is believable but insufficient; it’s not the whole story, it’s part of the story. Those involved in the episodes outlined should have been interviewed, and were not. The investigation and report should have been conducted so that they could win full bipartisan involvement and support, and were not.

The most stinging critique came from Mr. Kerrey, a Democrat who served eight years on the Senate Select Committee on Intelligence, which issued the report. In his USA Today piece he slammed the report’s partisanship: “I do not need to read the report to know that the Democratic staff alone wrote it.” The Republicans refused to take part “when they determined that their counterparts started out with the premise that the CIA was guilty and then worked to prove it.”

The purpose of the committee is “to stand above the fray and render balanced judgments,” but “this committee departed from that high road.”

As for not interviewing all individuals involved, the committee staff’s rationale—“that some officers were under investigation and could not be made available—is not persuasive.” Most officers were not under investigation, and those who were saw the process end in 2012.

Worse, wrote Mr. Kerrey, is the “disturbing fact” that the report “contains no recommendations. This is perhaps the most significant missed opportunity, because no one would claim the program was perfect or without its problems.” At the same time, he said, no one with real experience would claim it was completely ineffective. “Our intelligence personnel—who are once again on the front lines fighting the Islamic State—need recommended guidance from their board of governors: The U.S. Congress.”

There are more questions about the report. One is that it is generally understood to reflect longstanding tensions between the committee and the CIA. Another is the timing—the report was issued just as a defeated Democratic majority walked out the door, and has the look of a last, lobbed stink bomb: “See what the terrible Bush administration did? Bye now!” There is about the entire enterprise a sense of sin being expiated at someone else’s expense. The committee’s job is to oversee the CIA. If its own report is true, it didn’t do a very good job.

It can be hard to take seriously a report that seems largely a product of partisan resentment, guilt and blame shifting. And yet it outlines believable incidents of what is clearly torture.

The report is out there. If any good comes of it, it can be as a final demarcation between an old way of operating and a new one.

Voir encore:

A travesty of a report
Charles Krauthammer
Washington Post

December 11

The report by Democrats on the Senate Intelligence Committee regarding CIA interrogation essentially accuses the agency under George W. Bush of war criminality. Committee Chair Dianne Feinstein appears to offer some extenuation when she reminds us in the report’s preamble of the shock and “pervasive fear” felt after 9/11.

It’s a common theme (often echoed by President Obama): Amid panic and disorientation, we lost our moral compass and made awful judgments. The results are documented in the committee report. They must never happen again.

It’s a kind of temporary-insanity defense for the Bush administration. And it is not just unctuous condescension but hypocritical nonsense. In the aftermath of 9/11, there was nothing irrational about believing that a second attack was a serious possibility and therefore everything should be done to prevent it. Indeed, this was the considered opinion of the CIA, the administration, the congressional leadership and the American people.

Al-Qaeda had successfully mounted four major attacks on American targets in the previous three years. The pace was accelerating and the scale vastly increasing. The country then suffered a deadly anthrax attack of unknown origin. Al-Qaeda was known to be seeking weapons of mass destruction.

We were so blindsided that we established a 9/11 commission to find out why. And we knew next to nothing about the enemy: its methods, structure, intentions, plans. There was nothing morally deranged about deciding as a nation to do everything necessary to find out what we needed to prevent a repetition, or worse. As Feinstein said at the time, “We have to do some things that historically we have not wanted to do to protect ourselves.”

Nancy Pelosi, then ranking member of the House Intelligence Committee, was briefed about the interrogation program, including the so-called torture techniques. As were the other intelligence committee leaders. “We understood what the CIA was doing,” wrote Porter Goss, Pelosi’s chairman on the House committee. “We gave the CIA our bipartisan support; we gave the CIA funding to carry out its activities.”

Democrat Jay Rockefeller, while the vice chairman of the Senate Intelligence Committee, was asked in 2003 about turning over Khalid Sheik Mohammed to countries known to torture. He replied: “I wouldn’t take anything off the table where he is concerned.”

There was no uproar about this open countenancing of torture-by-proxy. Which demonstrates not just the shamelessness of Democrats today denouncing practices to which, at the time and at the very least, they made no objection. It demonstrates also how near-consensual was the idea that our national emergency might require extraordinary measures.

This is not to say that in carrying out the program there weren’t abuses, excesses, mismanagement and appalling mistakes (such as the death in custody — unintended but still unforgivable — of two detainees). It is to say that the root-and-branch denunciation of the program as, in principle, unconscionable is not just hypocritical but ahistorical.

To make that case, to produce a prosecutorial brief so entirely and relentlessly one-sided, the committee report (written solely by Democrats) excluded any testimony from the people involved and variously accused. None. No interviews, no hearings, no statements.

The excuse offered by the committee is that a parallel Justice Department inquiry precluded committee interviews. Rubbish. That inquiry ended in 2012. It’s December 2014. Why didn’t they take testimony in the interval? Moreover, even during the Justice Department investigation, the three CIA directors and many other officials were exempt from any restrictions. Why weren’t they interviewed?

Answer: So that committee Democrats could make their indictment without contradiction. So they could declare, for example, the whole program to be a failure that yielded no important information — a conclusion denied by practically every major figure involved, including Democrat and former CIA director Leon Panetta; Obama’s current CIA director, John Brennan; and three other CIA directors (including a Clinton appointee).
Speaking from the Senate floor, Senate Intelligence Chair Sen. Dianne Feinstein (D-Calif.) outlined the four categories of the 20 findings in a report released Tuesday regarding CIA interrogation techniques used between late 2001 and Jan. 2009. (AP)

Perhaps, say the critics, but we’ll never know whether less harsh interrogation would have sufficed.

So what was the Bush administration to do? Amid the smoking ruins of Ground Zero, conduct a controlled experiment in gentle interrogation and wait to see if we’d be hit again?

A nation attacked is not a laboratory for exquisite moral experiments. It’s a trust to be protected, by whatever means meet and fit the threat.

Accordingly, under the direction of the Bush administration and with the acquiescence of congressional leadership, the CIA conducted an uncontrolled experiment. It did everything it could, sometimes clumsily, sometimes cruelly, indeed, sometimes wrongly.

But successfully. It kept us safe.

Voir de plus:

The Torture Taboo
The taboo against torture is important and honorable, but sometimes the real world gets a veto. By Jonah Goldberg
Jonah Goldberg

National Review online

December 12, 2014

For a long time I resisted the word “torture” when discussing the “enhanced interrogation techniques” used against high-value captives in the War on Terror. I don’t think I can do that anymore.

The report put out by Dianne Feinstein and her fellow Democrats may be partisan, one-sided, tendentious, and “full of crap,” as Dick Cheney put it the other night on Special Report with Bret Baier. But even the selective use and misuse of facts doesn’t change their status as facts. What some of these detainees went through pretty obviously amounted to torture. You can call it “psychological torture” or something to that effect, but such qualifiers don’t get you all that far.

It’s true that torture is to some extent in the eye of the beholder. Everyone can agree that hot pokers, the rack, and the iron maiden qualify. But loud music, sleep deprivation, and even waterboarding? At first, maybe not. But over time, yes. Torture can be a lot like poison: The dosage matters.

One of the great problems with the word “torture” is that it tolerates no ambiguity. It is a taboo word, like racism or incest. Once you call something torture, the conversation is supposed to end. It’s a line no one may cross. As a result, if you think the enhanced interrogation techniques are necessary, or simply justified, you have to call them something else. Similarly, many sincere opponents of these techniques think that if they can simply call them “torture,” their work is done.

The problem is that the issue isn’t nearly so binary. Even John McCain — a vocal opponent of any kind of torture — has conceded that in some hypothetical nuclear ticking-time-bomb scenario, torture might be a necessary evil. His threshold might be very high, but the principle is there nonetheless. And nearly everyone understands the point: When a greater evil is looming in the imminent future, the lesser evil becomes more tolerable. This is why opponents of the interrogation program are obsessed with claiming that it never worked, at all.

And this suggests why the talking point about drone strikes has such power. Killing is worse than torture. Life in prison might be called torture for some people, and yet we consider the death penalty a more severe punishment. Most people would prefer to be waterboarded than killed. All sane and decent people would rather go through what Khalid Sheikh Mohammed went through than see their whole family slaughtered from 10,000 feet by a drone. And yet President Obama routinely sanctions drone strikes while piously outlawing the slapping of prisoners who might have information that would make such strikes less necessary — and, more importantly, would prevent the loss of innocent American lives.

It’s odd: Even though killing is a graver moral act, there’s more flexibility to it. America killed hundreds of thousands of innocent people in World War II, but few would call that murder because such actions as the firebombing of Dresden were deemed necessary to win the war.

In other words, we have the moral vocabulary to talk about kinds of killing — from euthanasia and abortion to capital punishment, involuntary manslaughter and, of course, murder — but we don’t have a similar lexicon when it comes to kinds of torture.

When John McCain was brutally tortured — far, far more severely than anything we’ve done to the 9/11 plotters — it was done to elicit false confessions and other statements for purposes of propaganda. When we tortured Khalid Sheikh Mohammed, it was to get actionable intelligence on ongoing plots. It seems to me that’s an important moral distinction. If I torture a fiend to find out where he left a child to suffocate or starve in some dungeon, that’s a less evil act than torturing someone just to hear them renounce their god or country. Also, KSM was not some innocent subjected to torture to satisfy the grotesque desires of some sadists. He is an unlawful combatant responsible for murdering thousands of innocent Americans.

This may sound like nothing more than a rationalization. But that is to be expected when you try to reason through a morally fraught problem. If you believe torture is wrong no matter what, then any sentence that begins, “Yeah, but . . . ” will seem like so much bankrupt sophistry. The same goes for truly devout believers in nonviolence who think any and all killing is wrong.

I can respect that, because I think the taboo against torture is important and honorable, just like the taboos against killing. And just like the taboos against killing, sometimes the real world gets a veto.

— Jonah Goldberg is a senior editor of National Review and a fellow at the American Enterprise Institute. You can write to him by e-mail at [email protected] or via Twitter @JonahNRO. © 2014 Tribune Content Agency, LLC

Voir par ailleurs:

Today’s CIA critics once urged the agency to do anything to fight al-Qaeda
Jose A. Rodriguez Jr.
Washington Post
December 5

Jose A. Rodriguez Jr. is a 31-year veteran of the CIA. He is the author of “Hard Measures: How Aggressive CIA Actions After 9/11 Saved American Lives.”

The men and women of my former organization, the CIA, are accustomed to frequent and sudden reversals of direction from their political leaders. But the latest twists and turns are especially dramatic.

In one ear they hear the public, the media and members of Congress raising alarms about the terrorist threat from the Islamic State: Do something! Do it now! Why didn’t you do something sooner? Politicians from both sides of the aisle are saying that the militant group is an enormous challenge and must be prevented from bringing its brutality to America’s shores. The president assures us that the United States will “degrade and ultimately destroy” these terrorists, while the vice president doubles down and says we will follow the Islamic State to “the gates of hell.”

But shouting in CIA officers’ other ear are people such as Sen. Dianne Feinstein (D-Calif.) regarding the 500-page summary of the Senate Intelligence Committee’s report on the agency’s interrogation efforts, which is expected to be released next week. The report’s leaked conclusion, which has been reported on widely, that the interrogation program brought no intelligence value is an egregious falsehood; it’s a dishonest attempt to rewrite history. I’m bemused that the Senate could devote so many resources to studying the interrogation program and yet never once speak to any of the key people involved in it, including the guy who ran it (that would be me).

According to news accounts of the report, Feinstein and her supporters will say that the CIA violated American principles and hid the ugly truth from Congress, the White House and the public. When the report comes out, I expect that few of the critics who will echo Feinstein’s charges will have read it — and far fewer will read or understand the minority response and the CIA’s rebuttal.

The interrogation program was authorized by the highest levels of the U.S. government, judged legal by the Justice Department and proved effective by any reasonable standard. The leaders of the Senate and House Intelligence Committees and of both parties in Congress were briefed on the program more than 40 times between 2002 and 2009. But Rep. Nancy Pelosi (D-Calif.) tried to deny that she was told in 2002 that detainees had been waterboarded. That is simply not true. I was among those who briefed her.

There’s great hypocrisy in politicians’ criticism of the CIA’s interrogation program. In the wake of the Sept. 11, 2001, attacks, lawmakers urged us to do everything possible to prevent another attack on our soil. Members of Congress and the administration were nearly unanimous in their desire that the CIA do all that it could to debilitate and destroy al-Qaeda. The CIA got the necessary approvals to do so and kept Congress briefed throughout. But as our successes grew, some lawmakers’ recollections shrank in regard to the support they once offered. Here are a couple of reminders.

On May 26, 2002, Feinstein was quoted in the New York Times saying that the attacks of 9/11 were a real awakening and that it would no longer be “business as usual.” The attacks, she said, let us know “that the threat is profound” and “that we have to do some things that historically we have not wanted to do to protect ourselves.”

After extraordinary CIA efforts, aided by information obtained through the enhanced-interrogation program, Khalid Sheik Mohammed, the self-proclaimed architect of the 9/11 attacks, was captured in Pakistan. Shortly afterward, Sen. John D. Rockefeller IV (D-W.Va.), then the ranking Democrat on the Senate Intelligence Committee, appeared on CNN’s “Late Edition” on March 2, 2003. Rockefeller, who had been extensively briefed about the CIA’s efforts, told Wolf Blitzer that “happily, we don’t know where [KSM] is,” adding: “He’s in safekeeping, under American protection. He’ll be grilled by us. I’m sure we’ll be proper with him, but I’m sure we’ll be very, very tough with him.”

When Blitzer asked about how KSM would be interrogated, Rockefeller assured him that “there are presidential memorandums that prescribe and allow certain measures to be taken, but we have to be careful.” Then he added: “On the other hand, he does have the information. Getting that information will save American lives. We have no business not getting that information.”

And that’s not all. Blitzer asked if the United States should turn over KSM to a friendly country with no restrictions against torture. Rockefeller, laughing, said he wouldn’t rule it out: “I wouldn’t take anything off the table where he is concerned, because this is the man who has killed hundreds and hundreds of Americans over the last 10 years.”

If Feinstein, Rockefeller and other politicians were saying such things in print and on national TV, imagine what they were saying to us in private. We did what we were asked to do, we did what we were assured was legal, and we know our actions were effective. Our reward, a decade later, is to hear some of these same politicians expressing outrage for what was done and, even worse, mischaracterizing the actions taken and understating the successes achieved.

I’m confident that my former CIA colleagues who are still on the job will do what is necessary to protect the nation from new Islamic State and continuing al-Qaeda threats. But in the back of their minds will be the nagging thought that, as they carry out legal, authorized and necessary actions, they may be only a few years away from being criticized and second-guessed by the people who today are urging them onward to the “gates of hell.”

Voir aussi:

 CIA saved lives
Introduction
The recently released Senate Select Committee on Intelligence (SSCI) Majority report on the CIA’s Rendition, Detention, and Interrogation Program is marred by errors of facts and interpretation and is completely at odds with the reality that the leaders and officers of the Central Intelligence Agency lived through. It represents the single worst example of Congressional oversight in our many years of government service.

Astonishingly, the SSCI Majority staff interviewed no CIA officers responsible for establishing, implementing, or evaluating the program’s effectiveness. Let us repeat, no one at the CIA was interviewed.

Worse, the Committee selectively used documents to try to substantiate a point of view where ample and contrary evidence existed. Over 5 years and at a cost of $40 million, the staff « cherry picked » through 6 million pages of documents to produce an answer they knew the Majority wanted. In the intelligence profession, that is called politicization.

The SSCI Majority would have the American people believe that the program was initiated by a rogue CIA that consistently lied to the President, the National Security Council, the Attorney General, and the Congress. Nothing could be further from the truth. Nothing.

We, as former senior officers of the Central Intelligence Agency, created this website to present documents that conclusively demonstrate that the program was: authorized by the President, overseen by the National Security Council, and deemed legal by the Attorney General of the United States on multiple occasions. None of those officials were interviewed either. None. CIA relied on their policy and legal judgments. We deceived no one. You will not find this truth in the Majority Report.

Absent from the report is any discussion of the context the United States faced after 9/11. This was a time we had solid evidence that al Qaida was planning a second wave of attacks against the U.S.; we had certain knowledge that bin Laden had met with Pakistani nuclear scientists and wanted nuclear weapons; we had reports that nuclear weapons were being smuggled into New York City; and we had hard evidence that al Qaida was trying to manufacture anthrax. It felt like a « ticking time bomb » every single day.

In this atmosphere, time was of the essence. We had a deep responsibility to do everything within the law to stop another attack. We clearly understood that, even with legal and policy approvals, our decisions would be questioned years later. But we also understood that we would be morally culpable for the deaths of fellow citizens if we failed to gain information that could stop the next attacks.

The report defies credulity by saying that the interrogation program did not produce any intelligence value. In fact, the program led to the capture of senior al Qaida leaders, including helping to find Usama bin Ladin, and resulted in operations that led to the disruption of terrorist plots that saved thousands of American and allied lives.

Finally, Congress was in the loop. The so-called « Gang of Eight” of top Congressional leaders were briefed in detail on the program. The briefings were detailed and drew reactions that ranged from approval to no objection to encouragement to be even more aggressive. Again, none of this context appears in the Majority’s report.

Our views are shared by the current CIA and the Senate Select Committee on Intelligence Republican Minority, both of which have released rebuttals to the Majority’s report. Both critiques are clear-eyed, fact-based assessments which challenge the Majority’s contention in a nonpartisan way. We urge all Americans to read them carefully before reaching any judgments.

Voir de même:

Ex-CIA Directors: Interrogations Saved Lives
The Senate Intelligence investigators never spoke to us—the leaders of the agency whose policies they are now assailing for partisan reasons.
WSJ

Dec. 10, 2014
The Senate Intelligence Committee has released its majority report on Central Intelligence Agency detention and interrogation in the wake of 9/11. The following response is from former CIA Directors George J. Tenet, Porter J. Goss and Michael V. Hayden (a retired Air Force general), and former CIA Deputy Directors John E. McLaughlin, Albert M. Calland (a retired Navy vice admiral) and Stephen R. Kappes :

The Senate Intelligence Committee’s report on Central Intelligence Agency detention and interrogation of terrorists, prepared only by the Democratic majority staff, is a missed opportunity to deliver a serious and balanced study of an important public policy question. The committee has given us instead a one-sided study marred by errors of fact and interpretation—essentially a poorly done and partisan attack on the agency that has done the most to protect America after the 9/11 attacks.

Examining how the CIA handled these matters is an important subject of continuing relevance to a nation still at war. In no way would we claim that we did everything perfectly, especially in the emergency and often-chaotic circumstances we confronted in the immediate aftermath of 9/11. As in all wars, there were undoubtedly things in our program that should not have happened. When we learned of them, we reported such instances to the CIA inspector general or the Justice Department and sought to take corrective action.

The country and the CIA would have benefited from a more balanced study of these programs and a corresponding set of recommendations. The committee’s report is not that study. It offers not a single recommendation.

Our view on this is shared by the CIA and the Senate Intelligence Committee’s Republican minority, both of which are releasing rebuttals to the majority’s report. Both critiques are clear-eyed, fact-based assessments that challenge the majority’s contentions in a nonpartisan way.

What is wrong with the committee’s report?

First, its claim that the CIA’s interrogation program was ineffective in producing intelligence that helped us disrupt, capture, or kill terrorists is just not accurate. The program was invaluable in three critical ways:

• It led to the capture of senior al Qaeda operatives, thereby removing them from the battlefield.

• It led to the disruption of terrorist plots and prevented mass casualty attacks, saving American and Allied lives.

• It added enormously to what we knew about al Qaeda as an organization and therefore informed our approaches on how best to attack, thwart and degrade it.

A powerful example of the interrogation program’s importance is the information obtained from Abu Zubaydah, a senior al Qaeda operative, and from Khalid Sheikh Muhammed, known as KSM, the 9/11 mastermind. We are convinced that both would not have talked absent the interrogation program.

Information provided by Zubaydah through the interrogation program led to the capture in 2002 of KSM associate and post-9/11 plotter Ramzi Bin al-Shibh. Information from both Zubaydah and al-Shibh led us to KSM. KSM then led us to Riduan Isamuddin, aka Hambali, East Asia’s chief al Qaeda ally and the perpetrator of the 2002 Bali bombing in Indonesia—in which more than 200 people perished.

The removal of these senior al Qaeda operatives saved thousands of lives because it ended their plotting. KSM, alone, was working on multiple plots when he was captured.

Here’s an example of how the interrogation program actually worked to disrupt terrorist plotting. Without revealing to KSM that Hambali had been captured, we asked him who might take over in the event that Hambali was no longer around. KSM pointed to Hambali’s brother Rusman Gunawan. We then found Gunawan, and information from him resulted in the takedown of a 17-member Southeast Asian cell that Gunawan had recruited for a “second wave,” 9/11-style attack on the U.S. West Coast, in all likelihood using aircraft again to attack buildings. Had that attack occurred, the nightmare of 9/11 would have been repeated.

Once they had become compliant due to the interrogation program, both Abu Zubaydah and KSM turned out to be invaluable sources on the al Qaeda organization. We went back to them multiple times to gain insight into the group. More than one quarter of the nearly 1,700 footnotes in the highly regarded 9/11 Commission Report in 2004 and a significant share of the intelligence in the 2007 National Intelligence Estimate on al Qaeda came from detainees in the program, in particular Zubaydah and KSM.

The majority on the Senate Intelligence Committee further claims that the takedown of bin Laden was not facilitated by information from the interrogation program. They are wrong. There is no doubt that information provided by the totality of detainees in CIA custody, those who were subjected to interrogation and those who were not, was essential to bringing bin Laden to justice. The CIA never would have focused on the individual who turned out to be bin Laden’s personal courier without the detention and interrogation program.

Specifically, information developed in the interrogation program piqued the CIA’s interest in the courier, placing him at the top of the list of leads to bin Laden. A detainee subjected to interrogation provided the most specific information on the courier. Additionally, KSM and Abu Faraj al-Libi—both subjected to interrogation—lied about the courier at a time when both were providing honest answers to a large number of other critical questions. Since other detainees had already linked the courier to KSM and Abu Faraj, their dissembling about him had great significance.

So the bottom line is this: The interrogation program formed an essential part of the foundation from which the CIA and the U.S. military mounted the bin Laden operation.

The second significant problem with the Senate Intelligence Committee’s report is its claim that the CIA routinely went beyond the interrogation techniques as authorized by the Justice Department. That claim is wrong.

President Obama ’s attorney general, Eric Holder , directed an experienced prosecutor, John Durham, to investigate the interrogation program in 2009. Mr. Durham examined whether any unauthorized techniques were used by CIA interrogators, and if so, whether such techniques could constitute violations of U.S. criminal statutes. In a press release, the attorney general said that Mr. Durham “examined any possible CIA involvement with the interrogation and detention of 101 detainees who were alleged to have been in U.S. custody” after the terrorist attacks of Sept. 11, 2001. The investigation was concluded in August 2012. It was professional and exhaustive and it determined that no prosecutable offenses were committed.

Third, the report’s argument that the CIA misled the Justice Department, the White House, Congress, and the American people is also flat-out wrong. Much of the report’s reasoning for this claim rests on its argument that the interrogation program should not have been called effective, an argument that does not stand up to the facts.

Fourth, the majority left out something critical to understanding the program: context.

The detention and interrogation program was formulated in the aftermath of the murders of close to 3,000 people on 9/11. This was a time when:

• We had evidence that al Qaeda was planning a second wave of attacks on the U.S.

• We had certain knowledge that bin Laden had met with Pakistani nuclear scientists and wanted nuclear weapons.

• We had reports that nuclear weapons were being smuggled into New York City.

• We had hard evidence that al Qaeda was trying to manufacture anthrax.

It felt like the classic “ticking time bomb” scenario—every single day.

In this atmosphere, time was of the essence and the CIA felt a deep responsibility to ensure that an attack like 9/11 would never happen again. We designed the detention and interrogation programs at a time when “relationship building” was not working with brutal killers who did not hesitate to behead innocents. These detainees had received highly effective counter-interrogation training while in al Qaeda training camps. And yet it was clear they possessed information that could disrupt plots and save American lives.

The Senate committee’s report says that the CIA at that point had little experience or expertise in capture, detention or interrogation of terrorists. We agree. But we were charged by the president with doing these things in emergency circumstances—at a time when there was no respite from threat and no luxury of time to act. Our hope is that no one ever has to face such circumstances again.

The Senate committee’s report ignores this context.

The committee also failed to make clear that the CIA was not acting alone in carrying out the interrogation program. Throughout the process, there was extensive consultation with the national security adviser, deputy national security adviser, White House counsel, and the Justice Department.

The president approved the program. The attorney general deemed it legal.

The CIA went to the attorney general for legal rulings four times—and the agency stopped the program twice to ensure that the Justice Department still saw it as consistent with U.S. policy, law and our treaty obligations. The CIA sought guidance and reaffirmation of the program from senior administration policy makers at least four times.

We relied on their policy and legal judgments. We deceived no one.

The CIA reported any allegations of abuse to the Senate-confirmed inspector general and the Justice Department. CIA senior leadership forwarded nearly 20 cases to the Justice Department, and career Justice officials decided that only one of these cases—unrelated to the formal interrogation program—merited prosecution. That person received a prison term.

The CIA briefed Congress approximately 30 times. Initially, at presidential direction the briefings were restricted to the so-called Gang of Eight of top congressional leaders—a limitation permitted under covert-action laws. The briefings were detailed and graphic and drew reactions that ranged from approval to no objection. The briefings held nothing back.

Congress’s view in those days was very different from today. In a briefing to the Senate Intelligence Committee after the capture of KSM in 2003, committee members made clear that they wanted the CIA to be extremely aggressive in learning what KSM knew about additional plots. One senator leaned forward and forcefully asked: “Do you have all the authorities you need to do what you need to do?”

In September 2006, at the strong urging of the CIA, the administration decided to brief full committee and staff directors on the interrogation program. As part of this, the CIA sought to enter into a serious dialogue with the oversight committees, hoping to build a consensus on a way forward acceptable to the committee majority and minority and to the congressional and executive branches. The committees missed a chance to help shape the program—they couldn’t reach a consensus. The executive branch was left to proceed alone, merely keeping the committees informed.

How did the committee report get these things so wrong? Astonishingly, the staff avoided interviewing any of us who had been involved in establishing or running the program, the first time a supposedly comprehensive Senate Select Committee on Intelligence study has been carried out in this way.

The excuse given by majority senators is that CIA officers were under investigation by the Justice Department and therefore could not be made available. This is nonsense. The investigations referred to were completed in 2011 and 2012 and applied only to certain officers. They never applied to six former CIA directors and deputy directors, all of whom could have added firsthand truth to the study. Yet a press account indicates that the committee staff did see fit to interview at least one attorney for a terrorist at Guantanamo Bay.

We can only conclude that the committee members or staff did not want to risk having to deal with data that did not fit their construct. Which is another reason why the study is so flawed. What went on in preparing the report is clear: The staff picked up the signal at the outset that this study was to have a certain outcome, especially with respect to the question of whether the interrogation program produced intelligence that helped stop terrorists. The staff members then “cherry picked” their way through six million pages of documents, ignoring some data and highlighting others, to construct their argument against the program’s effectiveness.

In the intelligence profession, that is called politicization.

As lamentable as the inaccuracies of the majority document are—and the impact they will have on the public’s understanding of the program—some consequences are alarming:

• Many CIA officers will be concerned that being involved in legally approved sensitive actions can open them to politically driven scrutiny and censure from a future administration.

• Foreign intelligence partners will have even less confidence that Washington, already hemorrhaging with leaks, will be able to protect their cooperation from public scrutiny. They will cooperate less with the United States.

• Terrorists, having acquired now the largest haven (in the Middle East and North Africa) and string of successes they have had in a decade, will have yet another valuable recruitment tool.

All of this means more danger for the American people and for our allies.

Anyone who has led a U.S. intelligence agency supports strong congressional oversight. It is essential as a check on leadership judgment in a profession that deals constantly with uncertainty, crises and the potential for surprise. We have all experienced and benefited from that in our careers, including at times when the judgment of overseers was critical.

When oversight works well, it is balanced, constructively critical and discreet—and offers sound recommendations. The Senate Intelligence Committee’s report is disrespectful of that standard.

It’s fair to ask whether the interrogation program was the right policy, but the committee never takes on this toughest of questions.

On that important issue it is important to know that the dilemma CIA officers struggled with in the aftermath of 9/11 was one that would cause discomfort for those enamored of today’s easy simplicities: Faced with post-9/11 circumstances, CIA officers knew that many would later question their decisions—as we now see—but they also believed that they would be morally culpable for the deaths of fellow citizens if they failed to gain information that could stop the next attacks.

Between 1998 and 2001, the al Qaeda leadership in South Asia attacked two U.S. embassies in East Africa, a U.S. warship in the port of Aden, Yemen, and the American homeland—the most deadly single foreign attack on the U.S. in the country’s history. The al Qaeda leadership has not managed another attack on the homeland in the 13 years since, despite a strong desire to do so. The CIA’s aggressive counterterrorism policies and programs are responsible for that success.

Related documents are available at ciasavedlives.com.

Voir enfin:

ÉTATS-UNIS
La CIA et la torture, un rapport explosif
La commission du renseignement du Sénat devait dévoiler les résultats de ses travaux sur les techniques d’interrogatoire de la CIA le 9 décembre. Résultat d’années d’enquêtes, cette publication, très attendue, a été plusieurs fois reportée et fait déjà polémique.
Courrier international
9 Décembre 2014

L’utilisation par la CIA de la torture après le 11 septembre 2001 fait l’objet d’un rapport qui devait être rendu public par le Sénat ce mardi 9 décembre. Rédigé par la commission du Sénat chargée du renseignement au terme d’une enquête lancée en 2009, ce rapport était attendu depuis plusieurs mois. Ce qui est rendu public n’est qu’un résumé du contenu d’un document de 6 000 pages.

Un brouillon avait été remis en 2012 au Sénat mais la CIA avait alors demandé à lancer sa propre enquête interne, soulignant les nombreuses erreurs du rapport établi par le Sénat. La réponse de la CIA a été d’ailleurs incluse dans le document final, explique The Washington Post.

Le chroniqueur conservateur Michael Gerson du Washington Post voit dans la publication de ce rapport « au milieu d’une guerre qui vise de nombreux Américains toujours impliqués » dans les combats, « un acte exceptionnel d’insouciance de la part du Sénat ». A ses yeux, cette publication n’a qu’un seul objectif : permettre aux démocrates de se dédouaner. « Les démocrates qui ont approuvé à l’époque ces méthodes d’interrogatoire musclées doivent maintenant construire une fiction selon laquelle ils n’avaient pas donné leur soutien et ne connaissaient rien à cette question. » Ils créent ainsi « une nouvelle réalité selon laquelle ils seraient innocents et auraient été trompés ».

Des méthodes sans résultats

La commission du Sénat, dirigée par la sénatrice démocrate de Californie Dianne Feinstein, a commencé à s’intéresser au programme de tortures de la CIA à la suite des révélations en 2007 de la destruction des vidéos montrant les détenus subissant le « supplice de la baignoire » – ou simulation de noyade –, une méthode de torture qui consiste à bloquer les voies respiratoires du détenu par un linge mouillé régulièrement aspergé.

Deux ans plus tard, détaille The Washington Post, dans un autre article consacré au même sujet, la commission du Sénat a lancé une enquête officielle sur ce programme. Si les élus républicains ont dans un premier temps soutenu l’initiative, ils se sont par la suite retirés de l’enquête.

Le Washington Post s’interroge pour savoir si les méthodes d’interrogatoire musclées ont permis d’obtenir des informations qui ont conduit à Oussama Ben Laden. Et la réponse est en demi-teinte, puisque certains détenus ont parlé avant même d’être torturés alors que d’autres ont fourni de fausses informations, sous la torture.

Les avocats du ministère de la Justice avaient conclu que les techniques autorisées par la CIA, dont la possibilité de gifler les détenus, la privation de sommeil ou la simulation de noyade, « ne pouvaient être assimilées » à de la torture. Après sa prise de fonction en janvier 2009, le président Barack Obama avait interdit le recours à ces techniques, les qualifiant de torture.

Faut-il absoudre les responsables de la torture ?

Mais aucune poursuite n’a été engagée alors que la loi américaine interdit le recours à la torture. Et pour cause, en 2012, le ministre de la Justice, Eric Holder, avait annoncé qu’aucune charge ne pourrait être retenue contre les membres de la CIA ayant effectué des actes de torture.

Une impunité qui fait dire à Anthony Romero, le directeur de l’American Civil Liberties Union, principale organisation de défense des libertés civiles américaine et qui demande depuis treize ans des poursuites judiciaires pour ces crimes, que Barack Obama doit officiellement absoudre les responsables de cette politique.

« Reconnaître que les plus hautes personnalités de l’Etat ont autorisé des conduites qui violent les lois fondamentales » permettrait de tourner la page et « serait un signal à ceux qui, dans le futur, envisageraient le recours à la torture », plaide Anthony Romero dans The New York Times.

Dans la liste des personnalités à absoudre, Anthony Romero nomme notamment l’ancien président George W. Bush, l’ancien vice-président Dick Cheney pour avoir supervisé l’ensemble du programme, mais aussi l’ancien directeur de la CIA Georges Tenet pour avoir autorisé la torture dans les prisons secrètes de la CIA, ainsi que l’ancien ministre de la Défense Donald Rumsfeld pour avoir donné le feu vert à l’utilisation de la torture dans la prison de Guantanamo Bay.

Mais le militant des droits de l’homme reconnaît que le spectacle du président Obama accordant l’absolution aux bourreaux « lui retournerait l’estomac ».


Frontières de 1967: La question de l’État juif dépasse les frontières (How can you push the indefensible on your friends when the barbarians are within your own gates ?)

7 décembre, 2014

http://israelpalestine.blog.lemonde.fr/files/2009/06/map6.1245230979.thumbnail.jpghttp://anidom.blog.lemonde.fr/files/2009/02/carte-israel-1947-1949.1233585853.jpghttp://anidom.blog.lemonde.fr/files/2009/02/carte-israel-1967-1973.1233586037.jpghttp://www.mideastweb.org/Rossmap_7_camp_david.gifhttp://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/fe/1947-UN-Partition-Plan-1949-Armistice-Comparison.png/320px-1947-UN-Partition-Plan-1949-Armistice-Comparison.png
L’antisémitisme religieux dit : Vous n’avez pas le droit de vivre parmi nous si vous restez juif. L’antisémitisme politique dit : Vous n’avez pas le droit de vivre parmi nous. L’antisémitisme racial dit : Vous n’avez pas le droit de vivre. Raul Hilberg
J’ai une prémonition qui ne me quittera pas: ce qui adviendra d’Israël sera notre sort à tous. Si Israël devait périr, l’holocauste fondrait sur nous. Eric Hoffer
Les frontières d’Israël et de la Palestine devraient être fondées sur les lignes de 1967 avec des échanges sur lesquels les deux parties seraient d’accord, afin d’établir des frontières sûres et reconnues pour les deux États. Barack Obama (2011)
A la lumière des nouvelles réalités sur le terrain, y compris d’importants centres de population israéliens déjà existants, il est irréaliste de s’attendre à ce que le résultat des négociations sur le statut final entérine un retour total et entier aux lignes d’armistices de 1949. Tous les précédents efforts pour négocier une solution à deux Etats (israélien et palestinien) sont arrivés à la même conclusion. George W. Bush (Lettre à Netanyahou, 2004)
Il y aura une grande guerre entre les Musulmans et l’Occident quand la Syrie sera totalement conquise (…) notre drapeau flottera sur Jérusalem ainsi que sur la Mecque et Médine, même si ça ne plait pas aux Juifs et aux croisés. Dabiq (magazine djihadiste)
Plus de 1.000 combattants européens enrôlés dans ses rangs sont revenus dans l’espace Schengen. (…) L’adversaire n’est plus seulement aux portes de l’Europe, il en a franchi le seuil.  [d’où] la nécessité d’intégrer encore plus dans notre réflexion le retour de l’armée de terre sur son milieu naturel, celui du sol national, pour pourvoir y faire face, avec les forces de sécurité, à tous types de menaces dont celles que ces vingt dernières années avaient confinées à l’extérieur. Général Jean-Pierre Bosser (chef d’état-major de l’armée de terre)
[Cette problématique est là] pour rappeler le lien très fort, le continuum, qui existe entre sécurité extérieure et sécurité intérieure. Ces combattants étrangers sont un vrai défi pour notre sécurité, celles des Français et plus généralement celle des Européens. (…) il ne faut d’ailleurs pas exclure que cette menace agisse en utilisant des modes d’actions de nature militaire, et se concrétise par des actions armées contre des militaires. Ne perdons pas de vue qu’il s’agissait d’un des objectifs poursuivis par Mohammed Merah. Outre-Atlantique, des attaques isolées ont déjà été perpétrées. Nous avons hélas vécu à deux reprises en France et une fois en Belgique des attaques assez similaires. Général Pierre de Villiers
Il s’agit du meilleur moyen pour récupérer notre électorat des banlieues et des quartiers. Benoit Hamon
Les frontières dites de 1967, que les Palestiniens et les instances internationales revendiquent, ont été créées par des accords d’armistice de 1949 qui n’ont établi que des lignes de démarcation. La Cisjordanie d’abord occupée par la Jordanie, puis par Israël n’a jamais été palestinienne. Une résolution sur les lignes de 1967 serait une violation flagrante des accords conclus, dans le cadre des accords d’Oslo en 1995. Elle contreviendrait aux résolutions de l’ONU : résolution 242 en 1967, 338 en 1973 et celle du 29 novembre 1947 établissant deux Etats, un Juif et un Arabe dans des frontières sûres et reconnues. La série des accords entre l’OLP et Israël réaffirme la volonté des parties à négocier des frontières définitives. On entend souvent l’expression de frontière de 1967 pour affirmer qu’Israël occupe illégalement la Judée et la Samarie. Or cette ligne verte ne date pas de 1967 et n’est pas une frontière. Elle ne correspond à aucune réalité historique, géographique ou politique. Il n’y a jamais eu de Palestine si ce n’est depuis les années 1970 à la suite d’un changement de stratégie palestinienne qui se définissait alors par son appartenance à la nation arabe islamique et non à une nation palestinienne. La création de la Palestine avait pour seul but que de contrer l’existence d’Israël. Il n’existe aucune disposition dans aucun des accords signés entre Israël et la Palestine qui exige le retrait Israélien sur la frontière dite de 1967. En réalité en 1967 les Palestiniens n’avaient aucune revendication territoriale spécifique, ne disposant d’aucun moyen d’expression politique. C’est à cette époque qu’a été inventé un sentiment national exprimé dans l’article 15 de la chartre de l’OLP. C’est la ligne où les Israéliens ont réussi à repousser les envahisseurs Egyptiens, Jordaniens, Syriens, Irakiens, Libanais et Saoudiens pendant la guerre de 1948. L’article V de l’accord Israélo-égyptien d’armistice général du 24 février 1949, précise « la ligne de démarcation de l’armistice ne doit être interprétée d’aucune façon comme une frontière politique ou territoriale … » L’article Ⅱ de l’accord jordano-israélien d’armistice général du 3 avril 1949 précise de son côté : « aucun avantage militaire ou politique ne devait être acquis pendant la trêve ordonnée par le conseil de sécurité ». Aujourd’hui la guerre extrêmement violente entre Chiites et Sunnites a aggravé sérieusement la situation dans la région. L’Arabie sunnite et l’Iran chiite ont transformé la Syrie en centre de combat sans merci pour l’hégémonie régionale, les frontières du Liban, de la Syrie et de l’Irak fixées par les accords SYKES-PICOT imposées par la France et l’Angleterre sont en voie d’implosion. Les crises irakienne et syrienne, la création par l’E.I.I.L d’un Etat Islamique à cheval sur les deux pays et bientôt sur d’autres pays islamiques a pour ambition d’instaurer un califat sunnite, qui menace l’ensemble des pays de la région. Roger Pinto
Why in the world did the parliamentary Left insist upon a foreign policy resolution that the governing Left had no intention of implementing? Dogmatism may be at stake: supporting the state of Palestine, whatever that means and even if it might turn into an Islamic State of Palestine, is part of the Left and Far Left mantras worldwide. A further explanation may be that the Left’s last hope to survive in the coming election is to garner as much support as possible from the immigrant Muslim community, which will provide an average of 5 to 10% of the vote. Finally, Hollande and Valls are so unpopular among their own constituency that the entire socialist and left-wing political class needs to distance themselves from them on almost all issues, either domestic or international. Sarkozy, who was elected on November 30 as the new chairman of the conservative UMP party — an important step for being reelected as president in 2017 — campaigned against the Palestine resolution. This point will not be lost on pro-Israel voters in the future, nor on a growing number of voters, both on the Right and the Left, that are concerned with the rise of jihadism in Europe as well as in the Middle East. Sarkozy’s main rivals among the conservatives, Alain Juppé and François Fillon, both of them former prime ministers, did not take part in the ballot. They had previously supported the socialist resolution; this too will not be easily forgotten. The two National Front members of the National Assembly abstained, but one of them, barrister Gilbert Collard, delivered a passionately pro-Israel speech on November 28. While the National Front’s old guard is seen as “anti-Zionist,” its new supporters are generally pro-Israel. In a rare instance of circumstantial convergence, Meyer Habib, the centrist representative for the 8th French expatriates district (Italy, Israel, and other Eastern Mediterranean countries), heartily applauded Collard’s speech. Some Eastern European countries recognized a so-called state of Palestine even before the Oslo accords and the creation of the Palestinian Authority, when they were still under Soviet control, and neglected thereafter to mend that move. Sweden — under a leftwing coalition dependent on the immigrant vote — was the first Western European country last September to grant formal recognition to post-Oslo Palestine. Some national assemblies, in the United Kingdom, in Spain, and now in France, followed and quite frivolously indulged in non-binding resolutions. However, the French vote was passed under such Pyrrhic conditions that the whole exercise may come to an end. Michel Gurfinkiel
Les juifs sont de loin la communauté la plus acceptée en France », assure Nonna Mayer. « Si l’indice d’acceptation des juifs a baissé de six points depuis 2009, où il atteignait un niveau record de 85 sur cent, il reste de très loin supérieur à celui de tous les autres groupes. Six points au-dessus des noirs, 21 points au-dessus des Maghrébins et 28 points au-dessus des musulmans. Nonna Mayer (Sciences Po, Commission nationale consultative des droits de l’homme)
Le directeur de la Fondapol prend ainsi ses distances avec d’autres analyses, notamment celles de sa consoeur de Sciences Po, Nonna Mayer, et de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), pour lesquelles les opinions hostiles aux Juifs ne progressent pas, à la différence des actes antisémites, qui ont presque doublé sur les sept premiers mois de l’année par rapport à 2013. Le Point
Je ne comprends pas ceux qui appellent à deux États pour deux peuples, mais qui, en même temps, s’opposent au caractère juif de l’État d’Israël. Ils sont prompts à reconnaître un foyer national palestinien, mais sont farouchement opposés à un foyer national juif . Benjamin Netanyahou
Ceux qui pensent qu’Israéliens et Palestiniens sont égaux ont le devoir moral d’exiger des Palestiniens exactement ce qu’ils exigent des Israéliens. Les Palestiniens ne renonceront jamais à leur exigence du droit au retour. La Nakba est leur traumatisme fondateur. (…) le peuple juif est un peuple de ce pays qui a sa propre histoire, sa propre tragédie et sa propre légitimité. Il n’y aura pas de paix si les enfants qui grandissent à Dheisheh (camp de réfugiés palestiniens, en Cisjordanie) ne savent pas que l’Etat de l’autre côté de la frontière est l’Etat d’un peuple juif légitime et réel. (…) Tandis qu’Israël cédera à son voisin des actifs, des territoires et des droits souverains, les Palestiniens feront à Israël le seul don qu’ils sont en mesure de faire : la légitimité. Sans reconnaissance par les Palestiniens de notre nom, de notre identité et de nos droits, il n’y aura pas de paix. Ari Shavit (journaliste et écrivain israélien)
Nous nous sommes réunis aujourd’hui pour réparer une injustice historique, concernant près d’un million de Juifs, des immigrants en provenance de pays arabes et d’Iran, dont les histoires ont été reléguées aux marges de la narration sioniste. (…) Bien avant l’annonce de la création de l’Etat mais surtout juste après, les Juifs des pays arabes et d’Iran se sont retrouvés emprisonnés dans leurs propres pays, soumis à des restrictions et au harcèlement, exposés sans protection aucune, à des massacres et au pillage – jusqu’aux émeutes de Tripoli à Eden. Beaucoup ont été expulsés. D’autres n’ont pu faire face au harcèlement et ont été forcés de quitter leur pays, laissant derrière eux toute l’histoire d’une vie, leurs souvenirs, les tombes de leurs parents, une langue, leur culture et leurs biens matériels. (…) Jusqu’à ce jour, à Téhéran, Khaled, Bagdad, Sana’a et Tripoli, il y a encore des lieux interdits aux Juifs israéliens, même les trésors et autres biens culturels qui y ont été abandonnés ont été vandalisés et pillés, plus d’une fois par les régimes détestables. Aujourd’hui, cette journée de commémoration de l’expulsion et de l’exil des Juifs des pays arabes et d’Iran, est l’occasion de rendre justice à l’histoire. Reuven Rivlin (Président de l’Etat d’Israël)
Aucun avantage militaire ou politique ne devait être acquis pendant la trêve ordonnée par le conseil de sécurité. Accord Jordano-israélien d’armistice général du 3 Avril 1949 (article II)
La ligne de démarcation de l’armistice ne doit être interprétée d’aucune façon comme une frontière politique ou territoriale. Accord Israélo-égyptien d’armistice général du 24 Février 1949 (Article V)
Le Conseil de sécurité, Exprimant l’inquiétude que continue de lui causer la grave situation au Proche-Orient, Soulignant l’inadmissibilité de l’acquisition de territoires par la guerre et la nécessité d’œuvrer pour une paix juste et durable permettant à chaque État de la région de vivre en sécurité, Soulignant en outre que tous les États Membres, en acceptant la Charte des Nations unies, ont contracté l’engagement d’agir conformément à l’Article 2 de la Charte, 1. Affirme que l’accomplissement des principes de la Charte exige l’instauration d’une paix juste et durable au Proche-Orient qui devrait comprendre l’application des deux principes suivants :a. Retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés au cours du récent conflit ; b. Fin de toute revendication ou de tout état de belligérance, respect et reconnaissance de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance politique de chaque État de la région et de son droit de vivre en paix à l’intérieur de frontières sûres et reconnues, à l’abri de menaces ou d’actes de violence ; 2. Affirme d’autre part la nécessité. De garantir la liberté de navigation sur les voies d’eau internationales de la région ; b. De réaliser un juste règlement du problème des réfugiés ; c. De garantir l’inviolabilité territoriale et l’indépendance politique de chaque État de la région, par des mesures comprenant la création de zones démilitarisées ; 3. Prie le Secrétaire général de désigner un représentant spécial pour se rendre au Proche-Orient afin d’y établir et d’y maintenir des rapports avec les États concernés en vue de favoriser un accord et de seconder les efforts tendant à aboutir à un règlement pacifique et accepté, conformément aux dispositions et aux principes de la présente résolution ; 4. Prie le Secrétaire général de présenter aussitôt que possible au Conseil de sécurité un rapport d’activité sur les efforts du représentant spécial. Résolution 242 du Conseil de sécurité (22 novembre 1967)
As of today there no longer exists an international emergency force to protect Israel. We shall exercise patience no more. We shall not complain anymore to the UN about Israel. The sole method we shall apply against Israel is total war, which shall result in the termination of Zionist existence. Egypt’s radio (May 16, 1967)
Our basic objective will be the destruction of Israel. Nasser (May 27, 1967)
We will not accept any … coexistence with Israel. Nasser (May 28, 1967)
All of us recognize that peace is the prize. None of us wishes a temporary truce or a superficial accommodation. We could never advocate a return to uneasy hostility. As I have said, my Government would never wish to be associated with any so-called settlement which was only a continuation of a false truce, and all of us without any hesitation at all can agree that we seek a settlement within the principles laid down in Article 2 of the Charter. So much for the preamble. As to the first operative paragraph, and with due respect for fulfillment of Charter principles, we consider it essential that there should be applied the principles of both withdrawal and security, and we have no doubt that the words set out throughout that paragraph are perfectly clear. As to the second operative paragraph, there is I believe no vestige of disagreement between us all that there must be a guarantee of freedom of navigation through international waterways. There must be a just settlement of the refugee problem. There must be a guarantee and adequate means to ensure the territorial inviolability and political independence of every State in the area. As to the third operative paragraph, I have said before that I consider that the United Nations special representative should be free to decide himself the exact means and methods by which he pursues his endeavors in contact with the States concerned both to promote agreement and to assist efforts to achieve a peaceful and accepted and final settlement. Lord Carandon
Knowing as I did the unsatisfactory nature of the 1967 line I was not prepared to use wording in the Resolution which would have made that line permanent. Nevertheless it is necessary to say again that the overriding principle was the « inadmissibility of the acquisition of territory by war » and that meant that there could be no justification for annexation of territory on the Arab side of the 1967 line merely because it had been conquered in the 1967 war. The sensible way to decide permanent « secure and recognized » boundaries would be to set up a Boundary Commission and hear both sides and then to make impartial recommendations for a new frontier line, bearing in mind, of course, the « inadmissibility » principle. The purposes are perfectly clear, the principle is stated in the preamble, the necessity for withdrawal is stated in the operative section. And then the essential phrase which is not sufficiently recognized is that withdrawal should take place to secure and recognized boundaries, and these words were very carefully chosen: they have to be secure and they have to be recognized. They will not be secure unless they are recognized. And that is why one has to work for agreement. This is essential. I would defend absolutely what we did. It was not for us to lay down exactly where the border should be. I know the 1967 border very well. It is not a satisfactory border, it is where troops had to stop in 1948, just where they happened to be that night, that is not a permanent boundary. Lord Caradon
We didn’t say there should be a withdrawal to the ’67 line; we did not put the ‘the’ in, we did not say all the territories, deliberately.. We all knew – that the boundaries of ’67 were not drawn as permanent frontiers, they were a cease-fire line of a couple of decades earlier… We did not say that the ’67 boundaries must be forever; it would be insanity. Lord Caradon
It would have been wrong to demand that Israel return to its positions of June 4, 1967, because those positions were undesirable and artificial. Lord Caradon (British UN Ambassador)
It has been said that in the Resolution we treated Palestinians only as refugees, but this is unjustified. We provided that Israel should withdraw from occupied territories and it was together with that requirement for a restoration of Arab territory that we also called for a settlement of the refugee problem. Lord Caradon
Does Resolution 242 as unanimously adopted by the UN Security Council require the withdrawal of Israeli armed forces from all of the territories occupied by Israel during the 1967 war? The answer is no. In the resolution, the words the and all are omitted. Resolution 242 calls for the withdrawal of Israeli armed forces from territories occupied in the 1967 conflict, without specifying the extent of the withdrawal. The resolution, therefore, neither commands nor prohibits total withdrawal. If the resolution is ambiguous, and purposely so, on this crucial issue, how is the withdrawal issue to be settled? By direct negotiations between the concerned parties. Resolution 242 calls for agreement between them to achieve a peaceful and accepted settlement. Agreement and acceptance necessarily require negotiations. Arthur J. Goldberg
That Resolution did not say ‘withdrawal to the pre-June 5 lines’. The Resolution said that the parties must negotiate to achieve agreement on the so-called final secure and recognized borders. In other words, the question of the final borders is a matter of negotiations between the parties. » Mr. Sisco was actively involved in drafting the Resolution in his capacity as Assistant Secretary of State for International Organization Affairs in 1967. Joseph J. Sisco, Assistant Secretary of State, NBC « Meet the Press », 12 July 1970)
There was much bickering over whether that resolution should say from « the » territories or from « all » territories. In the French version, which is equally authentic, it says withdrawal de territory, with de meaning « the. » We wanted that to be left a little vague and subject to future negotiation because we thought the Israeli border along the West Bank could be « rationalized »; certain anomalies could easily be straightened out with some exchanges of territory, making a more sensible border for all parties. We also wanted to leave open demilitarization measures in the Sinai and the Golan Heights and take a fresh look at the old city of Jerusalem. But we never contemplated any significant grant of territory to Israel as a result of the June 1967 war. On that point we and the Israelis to this day remain sharply divided. This situation could lead to real trouble in the future. Although every President since Harry Truman has committed the United States to the security and independence of Israel, I’m not aware of any commitment the United States has made to assist Israel in retaining territories seized in the Six-Day War. Dean Rusk (secrétaire d’Etat américain)
As I have explained before, there is reference, in the vital United Nations Security Council Resolution, both to withdrawal from territories and to secure and recognized boundaries. As I have told the House previously, we believe that these two things should be read concurrently and that the omission of the word ‘all’ before the word ‘territories’ is deliberate. Michael Stewart (Secretary of State for Foreign and Commonwealth Affairs, reply to a question in Parliament, 9 December 1969)
I have been asked over and over again to clarify, modify or improve the wording, but I do not intend to do that. The phrasing of the Resolution was very carefully worked out, and it was a difficult and complicated exercise to get it accepted by the UN Security Council. I formulated the Security Council Resolution. Before we submitted it to the Council, we showed it to Arab leaders. The proposal said ‘Israel will withdraw from territories that were occupied’, and not from ‘the’ territories, which means that Israel will not withdraw from all the territories. George Brown (British Foreign Secretary )
You note that the Arabs feel the US interprets the draft resolution to imply a change of frontiers to their detriment. We have no preconceptions on frontiers as such. What we believe to be important is that the frontiers be secure. For this the single most vital condition is that they be acceptable to both sides. It is a source of regret to us that the Arabs appear to misunderstand our proposal and misread our motives. Lyndon Johnson
The crisis underlines the importance of respect for political independence and territorial integrity of all the states of the area. We reaffirmed that principle at the height of this crisis. We reaffirm it again today on behalf of all. This principle can be effective in the Middle East only on the basis of peace between the parties. The nations of the region have had only fragile and violated truce lines for 20 years. What they now need are recognized boundaries and other arrangements that will give them security against terror, destruction, and war. There are some who have urged, as a single, simple solution, an immediate return to the situation as it was on June 4. As our distinguished and able Ambassador, Mr. Arthur Goldberg, has already said, this is not a prescription for peace but for renewed hostilities. Certainly troops must be withdrawn, but there must also be recognized rights of national life, progress in solving the refugee problem, freedom of innocent maritime passage, limitation of the arms race, and respect for political independence and territorial integrity. Lyndon B. Johnson
Rostow said … resolution required agreement on « secure and recognized » boundaries, which, as practical matter, and as matter of interpreting resolution, had to precede withdrawals. Two principles were basic to Article I of resolution. Paragraph from which Dobrynin quoted was linked to others, and he did not see how anyone could seriously argue, in light of history of resolution in Security Council, withdrawal to borders of June 4th was contemplated. These words had been pressed on Council by Indians and others, and had not been accepted. Rusk
The Israelis had by now anexed de facto, if not formally, large new areas of Arab land, and there were now very many more Arab refugees. It was clear that what Israel or at least many of her leaders, really wanted was permanently to colonize much of this newly annexed Arab territory, particularly the Jordan valley, Jerusalem, and other sensitive areas. This led me into a flurry of activity at the United Nations, which resulted in the near miracle of getting the famous resolution – Resolution 242 – unanimously adopted by the Security Council. It declares « the inadmissibility of territory by war » and it also affirms the necessity « for guaranteeing the territorial inviolability and political independence of every state in the area ». It calls for « withdrawal of Israeli forces from territories occupied during the recent conflict. » It does not call for Israeli withdrawal from “the” territories recently occupied, nor does it use the word “all”. It would have been impossible to get the resolution through if either of these words had been included, but it does set out the lines on which negotiations for a settlement must take place. Each side must be prepared to give up something: the resolution doesn’t attempt to say precisely what, because that is what negotiations for a peace-treaty must be about. George Brown (British Foreign Secretary, 1967)
You and I both know they can’t go back to the other [1967] borders. But we must not, on the other hand, say that because the Israelis win this war, as they won the ’67 War, that we just go on with status quo. It can’t be done. Richard Nixon (to Kissinger)
 The U.S. further supports the position that a just and lasting peace, which remains our objective, must be acceptable to both sides. The U.S. has not developed a final position on the borders. Should it do so it will give great weight to Israel’s position that any peace agreement with Syria must be predicated on Israel remaining on the Golan Heights. Gerald Ford
In the pre-1967 borders Israel was barely 10 miles wide at its narrowest point. The bulk of Israel’s population lived within artillery range of hostile Arab armies. I am not about to ask Israel to live that way again… So the United States will not support the establishment of an independent Palestinian state in the West Bank and Gaza, and we will not support annexation or permanent control by Israel. There is, however, another way to peace. The final status of these lands must, of course, be reached through the give-and-take of negotiations; but it is the firm view of the United States that self-government by the Palestinians of the West Bank and Gaza in association with Jordan offers the best chance for a durable, just and lasting peace. It is the United States’ position that – in return for peace – the withdrawal provision of Resolution 242 applies to all fronts, including the West Bank and Gaza. When the border is negotiated between Jordan and Israel, our view on the extent to which Israel should be asked to give up territory will be heavily affected by the extent of true peace and normalization and the security arrangements offered in return. Finally, we remain convinced that Jerusalem must remain undivided, but its final status should be decided through negotiations. Ronald Reagan (1982)
Israel will never negotiate from, or return to, the lines of partition or to the 1967 borders. George Shultz
I would like to reiterate our position that Israel is entitled to secure and defensible borders, which should be directly negotiated and agreed with its neighbors. Christopher (letter to Netanyahu)
The United States reiterates its steadfast commitment to Israel’s security, including secure, defensible borders.  George W. Bush (to Israeli Prime Minister Ariel Sharon, April 14, 2004)
Both the British and the Americans pointed out that 242 was a British resolution; therefore, the English language text was authoritative and would prevail in any dispute over interpretation. David A. Korn
There is one final thing to be said concerning the missing « the. » Some commentators have argued that since the French « version » of 242 does contain the phrase « the territories, » the resolution does in fact require total Israeli withdrawal. This is incorrect — the practice in the UN is that the binding version of any resolution is the one voted upon, which is always in the language of the introducing party. In the case of 242 that party was Great Britain, thus the binding version of 242 is in English. The French translation is irrelevant. Finally, it should also be noted that by withdrawing from Sinai after the peace treaty with Egypt, Israel has already vacated 91 percent of the territories it gained in 1967.
In the eastern theater, there is no substitute for the Jordan Valley; its location and unique topographical features make it the only feasible eastern border for the State of Israel. Dayan
Il est impossible d’imaginer qu’Israël revienne un jour aux frontières de 1967 et se retire complètement de la Cisjordanie ; cela priverait le peuple israélien de frontières défendables, vitales pour sa sécurité, et cela en dépit de la nouvelle ère de technologie de pointe. Général Earl B. Halston (ancien commandant des Marines en Irak et en Afghanistan)
Dans la perspective d’un soldat, je dois vous dire que les frontières d’avant 1967 ne sont pas défendables à long terme pour Israël, l’Etat juif ne pourrait vivre avec ces frontières. Général John Foss (ancien commandant de la 82ème division aéroportée de l’armée américaine, 2005)
Je soutiens en particulier le message clair selon lequel les frontières d’Israël et de la Palestine devraient se baser sur les lignes de 1967 avec des échanges mutuellement acceptés. William Hague
Le projet de loi qui sera voté par la Knesset est destiné d’empêcher toute tentative future d’éroder le caractère juif et démocratique d’Israël. Ce projet vise à conserver ces principes en tant que Loi fondamentale, à la constitution de facto d’Israël. La gauche politique en Israël, comme prévu, est farouchement opposé au projet de loi. (…) Le Premier Ministre Netanyahu a fait valoir que « le caractère juif d’Israël consacré dans la Constitution était nécessaire en raison de la poursuite des efforts visant à le délégitimer. » Netanyahu a ajouté : « Il y a beaucoup de gens qui ont des difficultés avec le caractère d’Israël comme l’Etat-nation du peuple juif. Outre le refus des Palestiniens de reconnaître (Israël) comme un Etat juif, il y avait aussi une opposition de l’intérieur ». (…) D’une part, les mondes musulman et arabe sont remplis d’Etats qui s’identifient comme des Etats musulmans. De nombreux pays musulmans ont le droit islamique dans le cadre de leurs systèmes juridiques. Un certain nombre de pays musulmans ont déclaré l’Islam comme leur religion d’Etat dans leurs constitutions. Des pays tels que l’Afghanistan, l’Iran, la Mauritanie, le Pakistan et le Yémen sont des républiques islamiques et les Etats arabes du Golfe dont l’Arabie saoudite sont des monarchies islamiques. En Algérie, l’Egypte, la Jordanie, la Libye et la Somalie, pour n’en nommer que quelques-uns, la religion officielle est l’islam. Contrairement à Israël cependant, aucun des Etats musulmans mentionnés ci-dessus ne peuvent être considérés comme démocratiques, en vertu de ces critères. Alors que les chrétiens et les juifs sont des citoyens de seconde classe dans le monde arabe et musulman, et inégaux selon la loi islamique, les Arabes israéliens jouissent de droits égaux au regard du droit israélien. Selon le Premier ministre Netanyahu, la loi sur la nationalité également « affirme la nature démocratique d’Israël, stipulant l’égalité des droits civiques et personnels de tous ses citoyens, y compris l’affirmation d’un droit à la préservation de sa culture, le patrimoine et l’identité de chaque résident d’Israël, peu importe sa religion, sa race ou son origine ethnique. » S’exprimant au début de la réunion du cabinet dimanche (23 Novembre 2014), Netanyahu a ajouté « qu’Il y a ceux qui veulent que l’élément démocratique prenne la priorité sur l’élément juif, et il y a ceux qui veulent que l’élément juif prenne le pas sur la démocratie. Et le principe de la loi que nous proposons ici aujourd’hui – tient compte à la fois de ces valeurs aussi. En outre, le document fondateur d’Israël – la Déclaration d’Indépendance – n’a jamais été institutionnalisé comme la loi de la terre. Elle a ainsi permis aux autorités judiciaires, y compris la Haute Cour d’Israël, de coopter politiquement le document fondateur, et de modifier le caractère juif essentiel de l’État. La Haute Cour a tenté de contourner la volonté du peuple à travers ses représentants à la Knesset, pour annuler la « loi illégale des réfugiés », qui visait à empêcher l’infiltration en Israël de demandeurs d’emploi soudanais, tout cela au nom de l’universalisme judiciaire et du multiculturalisme. (…) En outre, l’absence d’une définition plus forte de l’identité nationale d’Israël renforce les mains de ceux qui cherchent à faire d’Israël un «Etat binational. » Et la critique externe du caractère juif d’Israël exige une législation qui empêcherait ceux qui cherchent à annuler le droit du peuple juif à avoir un foyer national sur sa terre. Le débat israélien sur les avantages et les inconvénients de la loi sur la nationalité, la gauche politique en Israël a oublié que l’ennemi extérieur est également accordée au débat, en utilisant les mots du député de la Knesset Zahava Gal-On pour diaboliser Israël. (…) David Ben Gourion lui-même, l’un des pères fondateurs de l’Israël moderne, a appelé à un Etat ​​juif sur la terre d’Israël. (…) En fait, alors que la Déclaration d’Indépendance est remplie de références à un « Etat juif », il n’y a aucune mention des mots « Etat démocratique ». Pourtant, la Déclaration stipule également que « L’Etat d’Israël sera ouvert à l’immigration juive et au rassemblement des exilés ; il favorisera le développement du pays pour le bénéfice de tous ses habitants ; il sera fondé sur la liberté, la justice et la paix comme prévu par les prophètes d’Israël ; il assurera une complète égalité de droits sociaux et politiques à tous ses habitants, sans distinction de religion, de race ou de sexe ; il garantira la liberté de religion, de conscience, de langue, de l’éducation et de la culture ; il sauvegardera les Lieux saints de toutes les religions et il sera fidèle aux principes de la Charte de l’ONU .» Ces Etats européens qui se sont précipités à reconnaître un Etat palestinien, mais qui s’opposent à la reconnaissance d’Israël comme un Etat juif, savent trop bien que la Palestine sera un autre État autoritaire islamiste, régi par la loi islamique. Joseph Puder
Le 29 novembre 1947, l’ONU permettait la création conjointe en Palestine d’un Etat arabe et d’un Etat juif, lequel est devenu le 14 mai 1948 l’Etat d’Israël. Ce nouvel Etat était défini par des lois fondamentales dont celle votée le 5 juillet 1950 autorisant le « droit au retour de tout Juif en tant que peuple » (Livre des Lois n° 51). Mais le caractère juif du nouvel Etat n’a pas été défini clairement. La question pourtant est devenue primordiale avec la montée du nationalisme palestinien et les revendications des deux camps sur le même territoire. Discorde entre les deux peuples dont Jérusalem est devenu le symbole. Dans le contexte régional actuel, et l’environnement mondial très antisioniste, personne ne conteste qu’il y a bien une légitimité arabe en Palestine, légitimité dont la nature serait historique, religieuse et politique. Mais de plus en plus de voix contestent ouvertement et critiquent avec force l’idée même qu’il puisse y avoir une légitimité juive de même nature, c’est-à-dire historique, religieuse et politique. Or, peut-il y avoir un Etat palestinien sans Etat juif ? (…) Ainsi, le statut juif de l’Etat a besoin d’une définition, non pas ethnique ou religieuse, mais juridique et constitutionnelle, conforme aux lois civiles et à l’égalité des citoyens. (…) Sans entrer dans les controverses conceptuelles, les pièges d’un discours identitariste, les querelles politiciennes israélo-israéliennes, et les dérives subversives de la presse française, on comprend que le fond du débat est essentiel pour l’avenir du pays, de ses habitants et bien au-delà. Car la question de l’Etat-peuple juif dépasse les frontières. Jean-Paul Fhima

Attention: un problème de frontières peut en cacher d’autres !

Précarisation organisée depuis plus de 60 ans, interdiction de jouer au football et obligation de prier avec leur dos sur leur 3e lieu le plus sacré, reconnaissance, admission à l’UNESCO et à l’ONU comme État observateur ainsi que reconnaissances démagogissimes par plusieurs parlements européens pour un « état dont ni les frontières ni le territoire ne sont définis, dont le gouvernement est non seulement bicéphale mais de surcroit illégal puisque sa date d’échéance est largement dépassée » …

Appels à la disparition ou à l’effacement de la carte, menaces de sanctions et de levée de sanctions, interdiction de prier sur leur lieu le plus sacré, appels à protéger ledit lieu sacré juif de la « contamination juive », dénonciation comme raciste d’un projet d’inscription dans la loi de la nature juive de l’Etat « hébreu », imposition de frontières d’armistice proprement indéfendables

A l’heure où, au mépris de toutes les frontières et des plaines du nord de l’Irak à l’Esplanade du temple ou aux synagogues de Jérusalem, les djihadistes du dit Etat islamique ou leurs versions palestiniennes poursuivent, pour ceux qui ont des yeux pour voir et des oreilles pour entendre, la démonstration de la nature proprement génocidaire de leur mouvement et, poussant désormais leurs jeunes recrues à s’attaquer à des juifs locaux, affichent explicitement leur volonté expansionniste

Et où nos propres généraux ou services de sécurité rappellent que lesdits djihadistes ont depuis longtemps franchi les frontières de l’Europe et, après le plus rapide prix Nobel de l’histoire, en sont réduits à prôner pour ces derniers les mêmes méthodes d’élimination ciblée jadis si violemment reprochées à leurs homologues israéliens …

Pendant que, voyant doubler les actes et baisser les opinions hostiles à son égard, la communauté la plus acceptée de France devance à présent l’Ukraine, la Russie et les Etats-Unis pour l’émigration vers Israël

Comment ne pas s’étonner avec Jean-Paul Fhima dans le dernier numéro de Tribune juive …

De la singulière insistance de nos belles âmes à refuser au seul peuple juif ce que l’on prône depuis si longtemps pour le peuple palestinien ?

Et ne pas voir, derrière la question des fameuses « frontières (dites) de 1967″ et la longue controverse sur les textes anglais et français de la résolution 242 appelant l’un au retrait « des » territoires occupés et l’autre « from territories occupied » …

Que le destin d’Israël n’est désormais plus seulement celui de tous les juifs ?

Pas d’Etat palestinien sans Etat juif
Jean-Paul Fhima
Tribune juive
4 décembre 2014

En réponse au discours du Caire du président américain Barack Obama, le 14 juin 2009, Benjamin Netanyahu s’était dit favorable à la création d’un Etat palestinien à condition que l’Etat hébreu soit reconnu comme un Etat juif (discours de l’université de Bar Ilan, Tel Aviv). Or, au Caire justement, le 29 novembre dernier, Mahmoud Abbas a scandé avec force, devant les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe : « Nous ne reconnaitrons jamais Israël comme un Etat juif. » Ce qui ne l’a pas empêché de demander à l’ONU la reconnaissance d’un Etat palestinien.

La racine du conflit ?
« La racine du conflit est bien là » a reconnu le gouvernement israélien. Comment reconnaître l’existence d’un Etat arabe palestinien sans garantie bilatérale sur la légitimité d’un foyer national juif ? Or, Israël est « l’Etat national du peuple juif » comme veut le confirmer, juridiquement et constitutionnellement, un projet de loi en cours.

L’enjeu est sans doute crucial.

Le 29 novembre 1947, l’ONU permettait la création conjointe en Palestine d’un Etat arabe et d’un Etat juif, lequel est devenu le 14 mai 1948 l’Etat d’Israël. Ce nouvel Etat était défini par des lois fondamentales dont celle votée le 5 juillet 1950 autorisant le « droit au retour de tout Juif en tant que peuple » (Livre des Lois n° 51). Mais le caractère juif du nouvel Etat n’a pas été défini clairement.

La question pourtant est devenue primordiale avec la montée du nationalisme palestinien et les revendications des deux camps sur le même territoire. Discorde entre les deux peuples dont Jérusalem est devenu le symbole.

Dans le contexte régional actuel, et l’environnement mondial très antisioniste, personne ne conteste qu’il y a bien une légitimité arabe en Palestine, légitimité dont la nature serait historique, religieuse et politique. Mais de plus en plus de voix contestent ouvertement et critiquent avec force l’idée même qu’il puisse y avoir une légitimité juive de même nature, c’est-à-dire historique, religieuse et politique.

Or, peut-il y avoir un Etat palestinien sans Etat juif ?

Une première forme de patriotisme arabe nait en Palestine mandataire, dès les années 1920, par une opposition au « projet sioniste » (Camille Mansour, « Le nationalisme palestinien en miroir du nationalisme israélien », revue Mouvements, n°33-34, mars 2004). Ce mouvement arabe, tout aussi antibritannique qu’anti, trouve un premier leader, charismatique et trouble, dans la personne de Mohammed Amin El Husseini. Désigné grand mufti de Jérusalem en 1921, ce représentant de l’élite arabe de Palestine est la figure centrale d’un mouvement politique antisioniste. Il organise notamment la grande grève arabe en 1936 (six mois de heurts et de violences) et revendique la création d’un Etat palestinien indépendant. C’est avec le soutien d’Hitler, en 1941, qu’il espère empêcher à tout prix la création d’un Etat juif. Admiratif des Nazis « sans pitié (…et qui) n’ont besoin d’aucun encouragement pour exterminer les Juifs », il est considéré par les Britanniques, après 1945, comme un criminel de guerre. C’est cet homme-là qui prend donc la tête d’un premier mouvement arabe palestinien lequel se définit, dès les origines, par une volonté sans équivoque d’éradiquer toute présence juive en Palestine.

De la charte de l’OLP à la charte du Hamas
On peut parler d’un nationalisme palestinien avec la création du Fatah en 1959 (Mouvement de libération nationale) et de l’OLP en 1964 (Organisation de libération de la Palestine). La Charte de l’OLP, amendée en 1968, prévoyait dans un premier temps « l’anéantissement d’Israël. » En 1974-76, l’OLP obtient des Nations Unies le statut d’observateur ainsi que celui de membre de plein droit de la Ligue arabe. En 1988, à Alger, l’indépendance de la Palestine est symboliquement proclamée. L’année suivante, Arafat en devient le président.

Un rapprochement puis des négociations avec l’Etat hébreu conduisent aux accords d’Oslo (1993-95). Les accords prévoient un transfert progressif d’autorité à l’OLP (résolutions 242 et 339 de l’ONU) pour aboutir à terme à l’indépendance palestinienne après une période transitoire de cinq ans. Au cours de cette période intermédiaire de négociations, il est prévu d’aborder les questions du retour des réfugiés et des implantations. Arafat est élu président de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie et dans bande de Gaza en 1996 (jusqu’à sa mort en 2004).

Il faut tout de même attendre 1996-1998 pour que soient abrogés définitivement tous les passages de la Charte de l’OLP appelant à la destruction d’Israël et que soient adoptées par le Conseil national palestinien (CNP) des dispositions « reconnaissant le droit d’Israël d’exister et de vivre dans la sécurité ».

Refusant tout compromis ni dialogue avec Israël, le Hamas, qui veut reprendre une lutte armée, concurrence l’OLP jugé faible et corrompu. Créé en décembre 1987, ce mouvement séparé devient vite populaire. En 2007, après une guerre civile, un gouvernement palestinien d’Union nationale échoue. Le Hamas contrôle la totalité de la bande de Gaza.

Dans sa charte, le Hamas applique l’idéologie islamiste radicale, déclare le jihad contre « l’invasion sioniste en terre d’islam » et instaure un « nationalisme musulman » qui promet « la destruction d’Israël. » La résistance contre Israël devient « une profession de foi » et surtout il est dit que « toute la Palestine appartient aux musulmans », ce qui rend de facto la négociation impossible puisque les initiatives de paix sont considérées comme « des activités futiles. » Surtout, et plus gravement, on considère que tout Juif est sioniste, que le sionisme veut dominer le monde et qu’il faut appeler au meurtre des Juifs, en Palestine et partout ailleurs (articles 6,7, 11, 13, 17, 22, 34 et 35).

Le nationalisme palestinien de l’OLP, politique et laïque, né dans la mouvance indépendantiste et panarabe de Nasser, fait place, à Gaza, à un ultranationalisme religieux né dans la mouvance radicale des Frères musulmans. Ainsi, le Hamas ne se contente pas de « reprendre la lutte armée contre Israël » (Anne-Lucie Chaigne-Oudin, Clés du Moyen-Orient, 9 mars 2010). Il s’inscrit dès lors dans la droite ligne du mufti SS de Jérusalem : exterminer l’Etat sioniste et tous les Juifs.

Le sentiment national palestinien peine à élaborer un projet politique cohérent. Avec la division en deux autorités distinctes, Gaza et Cisjordanie, il devient difficile de créer concrètement un Etat viable, comme il devient hasardeux de mener de nouvelles négociations de paix. Sans unité, « le nationalisme palestinien est dans l’impasse (…) étouffé par ces luttes fratricides » (Ilham Younes, Clés du Moyen-Orient, 4 et 24 mars 2014).

Aujourd’hui, malgré les promesses d’une énième tentative de réconciliation (accord du Caire, 14 mai 2013), une Union nationale (entre le Fatah, à la tête de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie, et le Hamas, au pouvoir à Gaza) est encore loin d’aboutir. « Or, la viabilité d’un futur Etat passe nécessairement par une réconciliation inter-palestinienne. » (Ilham Younès, ibid).

Au lieu d’organiser les élections prévues par cette réconciliation de façade, querelles intestines, suspicions réciproques et surtout attaques et attentats (à Gaza début novembre), semblent avoir (encore) eu raison de ce 6ème accord entre le Fatah et le Hamas, signé en juin et septembre 2014. Un porte-parole du Hamas, Sami Abu Zuhri, a affirmé d’ailleurs, le 30 novembre dernier, qu’en l’absence d’un consensus national et sans négociations concrètes, « le mandat du gouvernement d’unité a pris fin. ». Suite à l’opération Bordure protectrice de l’été dernier, le Fatah accuse même le Hamas d’avoir volontairement provoqué de lourdes pertes humaines et « des dommages inacceptables. » i24 News

Ce serait donc un pari bien risqué que de miser trop vite sur une possible « double-paix », extérieure avec Israël, et intérieure entre Palestiniens. Benjamin Netanyahu a appelé à « choisir entre la paix et le Hamas » et Mahmoud Abbas a répondu qu’« il n’existe aucune incompatibilité entre la réconciliation et les négociations » (Le monde, 25 avril 2014). Les faits démontrent cruellement le contraire.

L’utopie en politique est un mauvais conseiller. Car le Hamas, organisation terroriste, n’est pas un interlocuteur envisageable. Car l’autre organisation palestinienne, tout aussi terroriste et dissidente de l’OLP, le Jihad islamique, proche du Hezbollah comme de l’Iran, renforce ses positions et sème le trouble. La situation interne de l’Etat palestinien est précaire et explosive. Au Caire, le 12 octobre dernier, à la conférence internationale des donateurs pour la reconstruction de Gaza, Hamas et Autorité palestinienne ont présenté un semblant de front uni. Sourires et embrassades ne sont qu’un leurre pour tromper les Européens. Et l’ingénue diplomatie de John Kerry.

Le problème des réfugiés palestiniens
L’autre difficulté qui pèse dans la reconnaissance mutuelle des deux Etats est le problème des réfugiés palestiniens et de leurs descendants : il y aurait six millions de Palestiniens dans le monde susceptibles de prétendre à un retour, y compris en Israël (résolution 194 de l’ONU).

Ce droit au retour est une revendication majeure du programme de l’Autorité palestinienne depuis Arafat dans les négociations de paix. Difficile pourtant de l’envisager dans l’Etat hébreu.

Benjamin Netanyahu a prévenu : « Je ne présenterai pas [aux Israéliens] un accord qui ne prévoirait pas l’abolition du droit au retour (des réfugiés palestiniens)» (AFP, 14 mars 2014). Pourquoi cette position, jugée abrupte et radicale ?

Les Palestiniennes font 4,4 enfants en moyenne ; les Israéliennes seulement 3,3 (Bureau central des Statistiques israélien, 2012). « Cet aspect démographique est une condition sine qua non de l’existence d’Israël » (Liliane Charrier, TV5, 21 janvier 2013).

En 1947, lorsque la population était encore à 55% arabe, la première guerre israélo-arabe a poussé 700 000 Palestiniens à l’exil. Ceux qui sont restés (environ 150 000) représentent aujourd’hui 20 % de la population d’Israël. Un basculement démographique massif mettrait en péril la survie du projet sioniste. C’est la nature même de l’Etat juif qui s’en trouverait compromise.

La seule issue évidente est celle de deux peuples pour deux Etats, c’est-à-dire deux entités nationales distinctes. « Si celles-ci ne parviennent pas à se partager le territoire, le conflit glissera sur le terrain identitaire. » (Gershon Baskin, IPCRI, Israel/Palestine Center for Research and Information, Jérusalem). N’est-ce pas déjà fait ?

Le caractère juif de l’Etat d’Israël
Les récents attentats en Israël, dont celui qui a tué cinq Israéliens dans une synagogue de Jérusalem-Ouest (le 18 novembre 2014), font craindre un embrasement généralisé (AFP).

C’est donc sur fond de tensions judéo-arabes, qu’un projet de loi souhaite renforcer le caractère juif de l’Etat d’Israël. Certains sont contre, d’autres s’en félicitent et disent qu’il est grand temps. Au contraire du nationalisme palestinien qui n’a cessé de se renforcer depuis cinquante ans, ledit projet soulève sans doute la question d’un nationalisme juif mal défini.

Ce projet de loi est en cours depuis l’été 2009. Une première version finale a déjà été présentée à la Knesset à l’été 2011. On y aborde explicitement une approche constitutionnelle de l’État en tant que nation juive. Il s’agit d’une part, de combler un vide juridique parmi les 11 lois fondamentales en vigueur dans le pays qui ne définissent pas clairement l’identité de l’État, et d’autre part, d’en garantir le caractère juif tout en confirmant les droits des minorités ethniques et religieuses, droits que personne, bien sûr, ne conteste.

Vu de France, le projet de loi serait pourtant discriminant (L’Express, 24 novembre 2014) et même « raciste » à l’égard des minorités arabes du pays (Le Point, 23 novembre 2014). Il traduirait une tentation d’apartheid (éditorial de Michel Colomès, le Point 24 novembre 2014).

Dès les origines, le caractère juif de l’Etat hébreu ne relevait pas pour Theodor Herzl, père du sionisme, d’un caractère religieux mais d’un projet politique. « L’Etat juif n’est pas une théocratie. » disait-il à juste titre. La Shoah a montré ensuite que les Juifs n’étaient pas exterminés en Europe du fait de leur appartenance seule à une religion mais parce que leurs traditions et leur histoire faisaient d’eux un peuple à part entière. Au moment de la création de l’Etat hébreu, ce peuple juif est devenu une nation, libre de son destin et de ses choix.

En toute logique, le projet d’un foyer national juif s’est construit en même temps que la mise en place d’un régime ouvert et démocratique. « En Israël, la mention ‘’Juif’’ n’est pas une religion, c’est une nationalité qui apparaît avec une majuscule sur la carte d’identité « (Slimane Zeghidour, journaliste et chercheur à l’IRIS, Institut de Relations internationales et Stratégiques, Paris).

Ainsi, le statut juif de l’Etat a besoin d’une définition, non pas ethnique ou religieuse, mais juridique et constitutionnelle, conforme aux lois civiles et à l’égalité des citoyens. Cette conformité légale sera-t-elle consubstantielle à la démocratie ? Aux responsables politiques de s’en assurer.

Sans entrer dans les controverses conceptuelles, les pièges d’un discours identitariste, les querelles politiciennes israélo-israéliennes, et les dérives subversives de la presse française, on comprend que le fond du débat est essentiel pour l’avenir du pays, de ses habitants et bien au-delà. Car la question de l’Etat-peuple juif dépasse les frontières.

Le destin d’Israël est celui de tous les Juifs.
Le destin des Juifs est celui d’Israël.
Le premier ministre Benjamin Netanyahu s’en est expliqué en précisant que le caractère juif de l’Etat d’Israël est « nécessaire au moment où beaucoup de gens remettent en question l’idée d’un foyer national du peuple juif. (…) Je ne comprends pas ceux qui appellent à deux États pour deux peuples, mais qui, en même temps, s’opposent au caractère juif de l’État d’Israël. Ils sont prompts à reconnaître un foyer national palestinien, mais sont farouchement opposés à un foyer national juif », a-t-il déclaré (JTA, 23 novembre 2014).

Robert Wexler, qui dirige le Centre S. Daniel Abraham pour la Paix au Proche-Orient à Washington, considère que les Palestiniens peuvent reconnaître Israël en tant qu’État juif (Huffington post, 29 janvier 2014) sans remettre en question leurs propres revendications nationales. Car le projet de loi sur le caractère juif de l’Etat d’Israël s’inscrit, à ses yeux, dans la droite ligne des mesures historiques en faveur de la création de l’Etat juif : la Déclaration Balfour de 1917, le Mandat pour la Palestine de la Société des Nations de 1922, la Commission Peel de 1937 et le Plan de partage de la Palestine mandataire approuvé par les Nations Unies en 1947.

L’Initiative de Genève (signée le 1er décembre 2003 par d’anciens responsables israéliens et palestiniens) confirmait en son temps « […] la reconnaissance du droit du peuple juif à un État et celle du peuple palestinien à son propre État, sans qu’il soit porté atteinte à l’égalité des droits des citoyens respectifs des parties ». Le temps de Genève est-il révolu ?

Sylvain Cypel voit dans le projet de loi israélien un « instrument récurrent de la tactique de blocage » et un « obstacle pour la paix » (Orient XXI, 5 mai 2014). Cet ancien journaliste militant du journal Le Monde est persuadé de longue date que la société israélienne est dans « l’impasse » (titre de son livre paru en 2006), proche d’un prophétique chaos final. Alexis Varende va encore plus loin quand il considère que « la reconnaissance d’Israël en tant qu’État juif par les Palestiniens est une menace [qui] les conduirait à adopter comme irréfutable la lecture sioniste de l’histoire de la région qui s’étend de la Méditerranée au Jourdain (Orient XXI, 4 mars 2014). » Ce qui revient à justifier une position indéfendable nourrie d’un révisionnisme historique buté qui conteste l’évidence d’une présence millénaire juive dans la région. Entre militantisme et révisionnisme, ces ‘’experts’’ font-ils encore leur travail ?

Il n’y a pas si longtemps, Alain Juppé (alors ministre des Affaires étrangères), admettait qu’ « il n’y aura pas de solution au conflit du Proche-Orient sans reconnaissance de deux États-nations pour deux peuples. L’État-nation d’Israël pour le peuple juif, l’État-nation de Palestine pour le peuple palestinien » (Madrid, 20 juillet 2011). Nicolas Sarkozy se déclarait quant à lui favorable à un « Etat du peuple juif » (19 octobre 2011, AFP).

Aujourd’hui, le président Hollande ne s’est pas prononcé sur la question mais les députés socialistes, profondément allergiques semble-t-il à l’idée de l’Etat-nation … juif, ne le sont plus quand il s’agit de l’Etat-nation … palestinien. Deux poids deux mesures ?

Sans reconnaissance bilatérale,
il n’y aura pas de paix.
Pour Ari Shavit, journaliste et écrivain, la grande réussite du sommet de Camp David en 2000 a été la reconnaissance par Israël de la nécessité d’un Etat palestinien. « Ceux qui pensent qu’Israéliens et Palestiniens sont égaux ont le devoir moral d’exiger des Palestiniens exactement ce qu’ils exigent des Israéliens. Les Palestiniens ne renonceront jamais à leur exigence du droit au retour. La Nakba est leur traumatisme fondateur. » De même, dit-il, il faut exiger d’eux la même chose : « le peuple juif est un peuple de ce pays qui a sa propre histoire, sa propre tragédie et sa propre légitimité. Il n’y aura pas de paix si les enfants qui grandissent à Dheisheh (camp de réfugiés palestiniens, en Cisjordanie) ne savent pas que l’Etat de l’autre côté de la frontière est l’Etat d’un peuple juif légitime et réel. »
Seule la reconnaissance d’Israël comme Etat juif, dit-il encore, peut transformer cet accord tant attendu en acte bilatéral. « Tandis qu’Israël cédera à son voisin des actifs, des territoires et des droits souverains, les Palestiniens feront à Israël le seul don qu’ils sont en mesure de faire : la légitimité. Sans reconnaissance par les Palestiniens de notre nom, de notre identité et de nos droits, il n’y aura pas de paix » (Haaretz 13 février 2014).

Le 31 octobre 2011, l’UNESCO vote l’admission de la Palestine comme État membre à part entière. Le 29 novembre 2012, la Palestine devient État observateur non membre de l’Organisation des Nations unies (ONU). L’Assemblée législative française a adopté le 2 décembre 2014, par 339 voix contre 151, la résolution du groupe socialiste de l’Assemblée invitant le gouvernement à reconnaître l’Etat palestinien.

Pendant que le nationalisme palestinien marque des points importants et incontestables, le nationalisme juif semble sur la défensive et en plein questionnement existentiel.

Reconnaître un Etat palestinien malgré le flou et l’instabilité qui le caractérisent, sans exiger la contrepartie explicite de la reconnaissance de l’Etat juif, est un « « laisser faire-laisser passer » de mauvais augure qui confirme la crise sans précédent des gouvernances internationales, ni lucides ni crédibles, et conforte le nouvel antisémitisme mondial dans ses élans sans fin de haine et de violence.

La paix est encore loin.

Voir aussi:

L’argument en faveur de la loi sur la nationalité d’Israël
Joseph Puder
Europe-Israël
déc 05, 2014

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a viré la semaine dernière deux ministres clés, Yair Lapid, ministre des Finances et leader du Parti Yesh Atid, et la ministre de la Justice Tzipi Livni, présidente du Parti Tenuah. Il a également appelé à de nouvelles élections,  plus probablement qui se tiendront en Mars 2015. Netanyahu est déterminé à faire passer la loi de la Nationalité, cela a été « la goutte qui a fait déborder le vase. »

Netanyahu, lors d’une conférence de presse, a souligné que le gouvernement ne pourrait pas fonctionner avec une opposition interne. Pourtant, une majorité de 14-6 dans le cabinet Netanyahu a approuvé le projet de loi proposé sur la nationalité.

La nouvelle législation fournirait simplement fortification juridique légale à la notion qu’Israël est « l’Etat-nation du peuple juif ». Le projet de loi qui sera voté par la Knesset est destiné d’empêcher toute tentative future d’éroder le caractère juif et démocratique d’Israël. Ce projet vise à conserver ces principes en tant que Loi fondamentale, à la constitution de facto d’Israël.

La gauche politique en Israël, comme prévu, est farouchement opposé au projet de loi.

Lapid et Livni se sont opposés au projet de loi approuvé par la majorité du cabinet.

La Député Zahava Gal-On, présidente du parti d’extrême gauche Meretz, a accusé Netanyahou et ses partenaires de la coalition de droite de commettre un «  crime contre la démocratie israélienne ». Gal-On a même renchéri qu’une version du projet de loi amélioré approuvé par le cabinet porterait néanmoins atteinte au principe d’égalité et de changer le statut de la population arabe d’Israël en citoyens de seconde classe.

Le Premier Ministre Netanyahu a fait valoir que « le caractère juif d’Israël consacré dans la Constitution était nécessaire en raison de la poursuite des efforts visant à le délégitimer. » Netanyahu a ajouté : « Il y a beaucoup de gens qui ont des difficultés avec le caractère d’Israël comme l’Etat-nation du peuple juif. Outre le refus des Palestiniens de reconnaître (Israël) comme un Etat juif, il y avait aussi une opposition de l’intérieur ».

Le débat en Israël sur la loi sur la nationalité a fourni au  leadership palestinien des munitions pour renforcer leur refus de reconnaître Israël comme l’Etat-nation du peuple juif.

Arab News (Novembre 25, 2014) a signalé que (OLP) l’Organisation de libération de la Palestine comité exécutif a publié une déclaration qui a exprimé « la ferme condamnation et le rejet de cette loi. » L’OLP, qui domine l’Autorité palestinienne basée à Ramallah, a déclaré que « la loi vise à tuer la solution à deux Etats en imposant le projet du ‘’Grand Israël’’, aussi bien que la judaïté de l’Etat sur ​​la terre historique de la Palestine ».

L’OLP et son président, Mahmoud Abbas, doivent mieux utiliser de tels arguments fragiles comme accuser la loi sur la nationalité d’Israël pour imposer « le Grand Israël » et la « judéité de l’État. »

D’une part, les mondes musulman et arabe sont remplis d’Etats qui s’identifient comme des Etats musulmans. De nombreux pays musulmans ont le droit islamique dans le cadre de leurs systèmes juridiques. Un certain nombre de pays musulmans ont déclaré l’Islam comme leur religion d’Etat dans leurs constitutions. Des pays tels que l’Afghanistan, l’Iran, la Mauritanie, le Pakistan et le Yémen sont des républiques islamiques et les Etats arabes du Golfe dont l’Arabie saoudite sont des monarchies islamiques. En Algérie, l’Egypte, la Jordanie, la Libye et la Somalie, pour n’en nommer que quelques-uns, la religion officielle est l’islam. Contrairement à Israël cependant, aucun des Etats musulmans mentionnés ci-dessus ne peuvent être considérés comme démocratiques, en vertu de ces critères.

Alors que les chrétiens et les juifs sont des citoyens de seconde classe dans le monde arabe et musulman, et inégaux selon la loi islamique, les Arabes israéliens jouissent de droits égaux au regard du droit israélien.

Selon le Premier ministre Netanyahu, la loi sur la nationalité également « affirme la nature démocratique d’Israël, stipulant l’égalité des droits civiques et personnels de tous ses citoyens, y compris l’affirmation d’un droit à la préservation de sa culture, le patrimoine et l’identité de chaque résident d’Israël, peu importe sa religion, sa race ou son origine ethnique. »

S’exprimant au début de la réunion du cabinet dimanche (23 Novembre 2014), Netanyahu a ajouté « qu’Il y a ceux qui veulent que l’élément démocratique prenne la priorité sur l’élément juif, et il y a ceux qui veulent que l’élément juif prenne le pas sur la démocratie. Et le principe de la loi que nous proposons ici aujourd’hui – tient compte à la fois de ces valeurs aussi.

En outre, le document fondateur d’Israël – la Déclaration d’Indépendance – n’a jamais été institutionnalisé comme la loi de la terre. Elle a ainsi permis aux autorités judiciaires, y compris la Haute Cour d’Israël, de coopter politiquement le document fondateur, et de modifier le caractère juif essentiel de l’État. La Haute Cour a tenté de contourner la volonté du peuple à travers ses représentants à la Knesset, par annuler la « loi illégale des réfugiés », qui visait à empêcher l’infiltration en Israël de demandeurs d’emploi soudanais, tout cela au nom de l’universalisme judiciaire et du multiculturalisme.

Autres décisions récentes de la Haute Cour d’Israël, sur la base de la formulation actuelle des lois fondamentales, qui sont conformes à la pensée « post-sioniste », nécessite un nouveau cadre juridique qui réaffirme l’intérêt national d’Israël comme un principe fondamental à côté de celui des droits universels. En outre, l’absence d’une définition plus forte de l’identité nationale d’Israël renforce les mains de ceux qui cherchent à faire d’Israël un «Etat binational. » Et la critique externe du caractère juif d’Israël exige une législation qui empêcherait ceux qui cherchent à annuler le droit du peuple juif à avoir un foyer national sur sa terre.

Le débat israélien sur les avantages et les inconvénients de la loi sur la nationalité, la gauche politique en Israël a oublié que l’ennemi extérieur est également accordée au débat, en utilisant les mots du député de la Knesset Zahava Gal-On pour diaboliser Israël.

Utilisant des expressions telles que « raciste » et « discriminatoire » pour décrire un projet de loi du Cabinet, Gal-On a aidé et encouragé les ennemis d’Israël. En outre, étant donné que ses accusations ne sont pas fondées, ses accusations sont absurdes. David Ben Gourion lui-même, l’un des pères fondateurs de l’Israël moderne, a appelé à un Etat ​​juif sur la terre d’Israël.

A la lecture de la Déclaration d’Indépendance le 14 mai 1948, Ben Gurion déclarait : « Cette reconnaissance par les Nations unies du droit du peuple juif à établir son propre État est irrévocable … Le droit est un droit naturel du peuple juif d’être maître de son propre destin, comme toutes les autres nations, dans leur propre Etat souverain … Nous déclarons la création d’un Etat juif en Eretz-Israël ».

En fait, alors que la Déclaration d’Indépendance est remplie de références à un « Etat juif », il n’y a aucune mention des mots « Etat démocratique ».

Pourtant, la Déclaration stipule également que « L’Etat d’Israël sera ouvert à l’immigration juive et au rassemblement des exilés ; il favorisera le développement du pays pour le bénéfice de tous ses habitants ; il sera fondé sur la liberté, la justice et la paix comme prévu par les prophètes d’Israël ; il assurera une complète égalité de droits sociaux et politiques à tous ses habitants, sans distinction de religion, de race ou de sexe ; il garantira la liberté de religion, de conscience, de langue, de l’éducation et de la culture ; il sauvegardera les Lieux saints de toutes les religions et il sera fidèle aux principes de la Charte de l’ONU .»

Ces Etats européens qui se sont précipités à reconnaître un Etat palestinien, mais qui s’opposent à la reconnaissance d’Israël comme un Etat juif, savent trop bien que la Palestine sera un autre État autoritaire islamiste, régi par la loi islamique.

Cette hypocrisie à elle seule mérite la proposition du projet de loi sur la nationalité d’Israël.

Source : Joseph Puder, adapté par Mordeh’aï pour malaassot.com

Voir également:

« Daech n’est plus seulement aux portes de l’Europe, il en a franchi le seuil » (état-major des armées)
Michel Cabirol
Le Figaro
21/11/2014

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian avait été très clair sur l’arsenal dont dispose Daech. Ses grands subordonnés, qui suivent le dossier, affiche une préoccupation sur la puissance et l’attractivité de ce mouvement terroriste, dont les effectifs sont actuellement évalués à 25.000 djihadistes. Daech, qui dispose notamment de chars, « ne constitue pas qu’un groupe terroriste mais bien une armée qui manœuvre, qui communique, qui s’appuie sur des équipements performants et poursuit des objectifs stratégiques, avec une volonté expansionniste affichée », a expliqué aux sénateurs le chef d’état-major de l’armée de Terre (Cemat), le général Jean-Pierre Bosser.

« Le groupe exerce une forte attraction sur les djihadistes du monde entier, qui rallient l’Irak et la Syrie par milliers », a noté le député UMP des Bouches-du-Rhône Guy Tessier dans son rapport sur le projet de loi de finances pour 2015. « Les djihadistes de Daech représentent une véritable armée terroriste composée d’hommes expérimentés, bien équipés et disposant de ressources financières importantes », a pour sa part confirmé le chef d’état-major des armées, le général Pierre de Villiers.

« La rapidité avec laquelle ce mouvement parvient à accroître ses effectifs et à diversifier son matériel est très préoccupante », a précisé le général Bosser. Les percées de Daech contre l’armée irakienne lui ont permis « de mettre la main sur des équipements lourds et modernes. Il bénéficie de ressources financières substantielles, en stock et en flux, grâce à l’exploitation des puits de pétrole, des postes frontaliers ou des barrages sur lesquels il a mis la main », a rappelé Guy Tessier.

« La lutte sera longue »
Pour le Cemat, « la problématique n’est pas seulement militaire, elle porte également sur les flux financiers qui viennent alimenter de véritables mercenaires appointés ». Sur le plan financier Daech a effectivement récupéré à Mossoul 450 millions de dollars dans les banques. En outre, les ressources de Daech proviennent également du pétrole que le mouvement vend à des prix défiant toute concurrence.

« La lutte sera longue et il faudra gérer au mieux la pression du temps court, dans nos sociétés actuelles qui exigeront des résultats rapides », a estimé le Général Pierre de Villiers. Dans ce contexte, la France a, selon le chef d’état-major des armées, « besoin d’une vision stratégique militaire qui intègre les objectifs militaires, mais aussi politiques, diplomatiques et psychologiques. Pour réussir, notre plan de campagne devra donc être global ».

Préoccupations avec le retour des combattants européens
Selon le général Jean-Pierre Bosser, « plus de 1.000 combattants européens enrôlés dans ses rangs sont revenus dans l’espace Schengen ». Une menace pour la France et les pays européens. Car « l’adversaire n’est plus seulement aux portes de l’Europe, il en a franchi le seuil », a souligné le chef d’état-major de l’armée de terre. Il est donc persuadé « de la nécessité d’intégrer encore plus dans notre réflexion le retour de l’armée de terre sur son milieu naturel, celui du sol national, pour pourvoir y faire face, avec les forces de sécurité, à tous types de menaces dont celles que ces vingt dernières années avaient confinées à l’extérieur ».

Cette problématique est là « pour rappeler le lien très fort, le continuum, qui existe entre sécurité extérieure et sécurité intérieure. Ces combattants étrangers sont un vrai défi pour notre sécurité, celles des Français et plus généralement celle des Européens », a de son côté expliqué le général Pierre de Villiers. Et selon le chef d’état-major de l’armée de terre, « il ne faut d’ailleurs pas exclure que cette menace agisse en utilisant des modes d’actions de nature militaire, et se concrétise par des actions armées contre des militaires. Ne perdons pas de vue qu’il s’agissait d’un des objectifs poursuivis par Mohammed Merah. Outre-Atlantique, des attaques isolées ont déjà été perpétrées. Nous avons hélas vécu à deux reprises en France et une fois en Belgique des attaques assez similaires ».

L’armée de terre présente en France
L’armée de terre peut-elle être en première ligne face à Daech sur le sol national ? Le général Bosser en est convaincu : « il me semble raisonnable de considérer que la nature des opérations et l’envergure des défis sécuritaires inscrivent l’action militaire, hors et désormais à l’intérieur de nos frontières, durablement. Ils confortent ainsi le contrat opérationnel de l’armée de terre qui est réaliste et structurant ».

La situation au Levant met l’accent sur l’indispensable nécessité d’une capacité autonome d’appréciation de situation tactique et stratégique, a affirmé le général Pierre de Villiers. « C’est la vocation de nos capteurs de renseignement, de nos satellites, mais aussi des efforts consentis pour améliorer nos capacités Cyber. Ce constat conforte la priorité mise sur le renseignement dans la loi de programmation militaire ».

Les accords Sykes-Picot n’existent plus. Comme les frontières de 1967
Roger Pinto

Président de SIONA

Euope-Israël

juil 01, 2014

Vers un nouveau Moyen-Orient ! Les accords SYKES-PICOT n’existent plus. Les frontières dites de 1967 non pas la moindre légitimité internationale.

L’antisémitisme en Europe qui sommeillait depuis de décennies est revenu en force se servant d’Israël pour porter les pires accusations : impérialisme, colonialisme, apartheid !

L’Europe qui avait tant à se faire pardonner, essaye à moindres frais de laver sa culpabilité d’un passé atroce, en se servant du conflit israélo-palestinien.

Les frontières dites de 1967, que les Palestiniens et les instances internationales revendiquent, ont été créées par des accords d’armistice de 1949 qui n’ont établi que des lignes de démarcation.

La Cisjordanie d’abord occupée par la Jordanie, puis par Israël n’a jamais été palestinienne. Une résolution sur les lignes de 1967 serait une violation flagrante des accords conclus, dans le cadre des accords d’Oslo en 1995.

Elle contreviendrait aux résolutions de l’ONU : résolution 242 en 1967, 338 en 1973 et celle du 29 novembre 1947 établissant deux Etats, un Juif et un Arabe dans des frontières sûres et reconnues. La série des accords entre l’OLP et Israël réaffirme la volonté des parties à négocier des frontières définitives.

On entend souvent l’expression de frontière de 1967 pour affirmer qu’Israël occupe illégalement la Judée et la Samarie. Or cette ligne verte ne date pas de 1967 et n’est pas une frontière. Elle ne correspond à aucune réalité historique, géographique ou politique.

Il n’y a jamais eu de Palestine si ce n’est depuis les années 1970 à la suite d’un changement de stratégie palestinienne qui se définissait alors par son appartenance à la nation arabe islamique et non à une nation palestinienne.

La création de la Palestine avait pour seul but que de contrer l’existence d’Israël.

Il n’existe aucune disposition dans aucun des accords signés entre Israël et la Palestine qui exige le retrait Israélien sur la frontière dite de 1967. En réalité en 1967 les Palestiniens n’avaient aucune revendication territoriale spécifique, ne disposant d’aucun moyen d’expression politique.

C’est à cette époque qu’a été inventé un sentiment national exprimé dans l’article 15 de la chartre de l’OLP.

C’est la ligne où les Israéliens ont réussi à repousser les envahisseurs Egyptiens, Jordaniens, Syriens, Irakiens, Libanais et Saoudiens pendant la guerre de 1948.

L’article V de l’accord Israélo-égyptien d’armistice général du 24 février 1949, précise « la ligne de démarcation de l’armistice ne doit être interprétée d’aucune façon comme une frontière politique ou territoriale … »

L’article Ⅱ de l’accord jordano-israélien d’armistice général du 3 avril 1949 précise de son côté : « aucun avantage militaire ou politique ne devait être acquis pendant la trêve ordonnée par le conseil de sécurité ».

Aujourd’hui la guerre extrêmement violente entre Chiites et Sunnites a aggravé sérieusement la situation dans la région.

L’Arabie sunnite et l’Iran chiite ont transformé la Syrie en centre de combat sans merci pour l’hégémonie régionale, les frontières du Liban, de la Syrie et de l’Irak fixées par les accords SYKES-PICOT imposées par la France et l’Angleterre sont en voie d’implosion.

Les crises irakienne et syrienne, la création par l’E.I.I.L d’un Etat Islamique à cheval sur les deux pays et bientôt sur d’autres pays islamiques a pour ambition d’instaurer un califat sunnite, qui menace l’ensemble des pays de la région.

Alors que le monde arabo-musulman est à feu et à sang : 200.000 morts en Syrie, des dizaines d’attentats et des milliers de morts en Irak, en Libye, au Yémen sans oublier l’Afghanistan et le Pakistan, des condamnations par dizaines en Egypte et en Turquie, alors que djihadistes, au nom de l’Islam pur et dur, assassinent et détruisent partout sur leur passage.

Où sont donc les bonnes âmes bien intentionnées ?

Où sont donc les pétitionnaires inlassables des causes humanitaires ?

Curieusement silencieuse, d’autant plus inquiétante que tuer des Juifs ne provoque plus de grande indignation, il s’est instauré une accoutumance, sur le sol Européen que nous croyions à jamais révolue. Ce long fleuve tranquille des mensonges quotidiens véhiculés par une certaine presse bien connue ne préoccupe ni la droite ni la gauche, ni les grands ténors de l’extrême gauche toujours disponibles pour vilipender le bien fondé d’Israël.

Comment ne pas être sidéré de l’accablement d’Israël par des médias, pour ne citer que l’AFP, France Télévision, « Le Monde » et certains milieux politiques d’extrême droite et d’extrême gauche où M. Mélenchon occupe une place de choix, sans oublier l’ignoble Tarik Ramadan n’hésitant pas à écrire que « les deux touristes de Bruxelles travaillaient pour les services de sécurité israéliens et cet attentat n’était qu’une mesure de diversion du … Mossad ».

En fait, le lynchage politico-médiatique permanent de l’Etat d’Israël continue. Ces actions sont organisées dans le cadre d’une campagne programmée de dénigrement. C’est une réalité, on assiste depuis un certain temps et dans l’indifférence générale à une libération de la parole et à une banalisation du discours antijuif.

Toutes les occasions sont bonnes pour accuser, pour diaboliser et pour délégitimer Israël. Un grand nombre d’hommes politiques sont atteints d’une véritable névrose anti-israélienne d’une compassion obsessionnelle pour les Palestiniens. Internet est devenu le sanctuaire de la haine anti-juive, le refuge de l’Islam radicalisé. Les prêcheurs musulmans de plus en plus nombreux invitent au nom du Coran à tuer des Juifs, des foules fanatiques, issues d’un drôle de « Printemps Arabe » hurlent « mort aux Juifs » sans provoquer d’émotion particulière.

Comment interpréter cette haine des Juifs et cette sublimation obsessionnelle des Palestiniens ?

Comment interpréter cette extrême indulgence occidentale devant la posture victimaire des Palestiniens ?

Ces mêmes Palestiniens qui depuis 1948, sont pris en charge à travers un statut de réfugiés hyper privilégiés héréditaires instauré par l’ONU et entretenu par l’UNWRA, institution créée spécialement à leur intention.

N’en déplaise à tous ses détracteurs, Israël est le seul Etat démocratique de la région, le seul Etat de droit et un des pays les plus avancés au monde.

Où que l’on se tourne, on ne voit que meurtres, violences et prises d’otages…

Mais que fait donc Barak Obama ?

Non, c’est faux ! Ni frontières, ni Palestine en 1967 !

Nessim Cohen-Tanugi

http://www.israel-diaspora.info

24.04.2011

Nous vivons décidément dans un monde intoxiqué par la propagande et empoisonné par le mensonge et l’injustice. Tous les Etats, tous les dirigeants mondiaux de Sarkozy à Obama parlent de « Frontières de 1967 pour la Palestine ». Or en 1967, il n’y avait pas de frontières et pas davantage de Palestine !

Tout d’abord, il n’y a jamais eu, il ne peut pas y avoir de frontières d’un pays ! Toute frontière est frontière avec… Toute frontière est frontière de deux pays puisque celles de l’un est forcément celle de l’autre ! Quant à l’ONU, elle ne peut pas reconnaître de frontières qui ne sont pas acceptées par les pays frontaliers. C’est d’évidence, mais la haine d’Israël et l’amour pour les « Palestiniens » dont la raison d’être est la haine d’Israël font des miracles hallucinants, au sens propre du terme.

En 1967 il n’y avait aucune frontière reconnue entre les pays concernés : Israël, Liban, Syrie, Jordanie, Egypte. Aucun de ces pays n’avaient de frontières reconnues avec Israël. C’est pourquoi la Résolution de l’ONU rappelait la nécessité absolue de reconnaître des « frontières sûres et reconnues » pour mettre fin au conflit israélo-arabe. Alors, comment osent-ils parler de frontières de 1967 ?

Soit dit en passant, il y a bien un conflit israélo-arabe mais aucun conflit israélo-palestinien puisque la Palestine n’existe plus dès lors qu’elle a été remembrée en trois Etats : la Jordanie, Israël et la Cisjordanie. Quand un pays est démembré, son nom disparaît au profit des Etats nouveaux : la Tchécoslovaquie a disparu au profit de la Tchéquie et de la Slovaquie, la Corée a disparu au profit de la Corée du Nord et la Corée du Sud, la Yougoslavie, au profit de la Serbie, la Croatie, la Slovénie etc, et de même l’URSS remplacée par la Russie, la Bielorussie, l’Ukraine etc.

Mais les « Palestiniens » ont tous les droits, en particulier celui de squatter le nom de Palestine, laquelle était juive bien avant qu’aucun Etat arabe existe et que la Jordanie et Israël la remplacent. La Jordanie a décidé de renoncer à la Cisjordanie. Dès lors ces territoires se libèrent et sont dits « disputés » et Israël a des droits indiscutables sur la Cisjordanie, et les Arabes qui y vivent aussi. Donc ils sont logiquement, réellement « disputés » comme le disait clairement d’ailleurs François Mitterrand. Là encore, la haine des Juifs et l’amour de ceux qui haïssent l’existence d’Israël font des miracles. Ces territoires sont dits « occupés » en omettant de préciser qu’ils sont occupés par les Juifs et et par les Arabes, et légitimement.

Cela précisé, il faut rappeler que la résolution de l’ONU n’a reconnu que des LIGNES DE CESSEZ LE FEU et nullement des frontières. Les attendus, comme les précisions qui ont suivi sont formelles : en aucun cas ces lignes ne sont des frontières puisque le but même de cette résolution est de demander aux Arabes concernés et aux Juifs de se mettre d’accord sur des frontières. Les Arabes concernés étaient les pays limitrophes et évidemment il n’y avait pas de Palestine ni de Palestiniens. Il y a bien des Arabes de Palestine comme il y a des juifs de Palestine ou des Chrétiens de Palestine, mais il n’y a pas de Palestine arabe !

Mais ce mensonge perdure grâce à la haine cachée de nombre d’Européens nourris depuis l’enfance de la haine des Juifs.

Comment expliquer alors que, imperturbablement, le monde politique de notre temps continue de mentir effrontément sur des frontières qui n’ont jamais existé avec un Etat qui n’a jamais existé et qui demande comme capitale le seul et unique lieu saint juif pour qu’il devienne… musulman ?!

Nul n’est plus sourd que celui qui ne veut pas entendre. Les Juifs et les Israélien ont tort, totalement tort d’essayer de convaincre. Il n’y a AUCUNE autre solution et ils ne nous en laissent aucune aucune autre : les vaincre ou périr. Et s’ils veulent nous faire périr alors qu’ils en payent le prix !

L’illusion des «frontières de 1967″ – Ces frontières n’ont jamais existé

Alan Baker
Adapté par Aschkel

21 Décembre 2010

La direction palestinienne est obsédée et fait  pression sur les gouvernements étrangers et l’ONU afin de faire reconnaître un Etat palestinien à l’intérieur  des « frontières de 1967 et ce de façon unilatérale. » En effet, cette campagne semble avoir eu quelques succès initiaux en Décembre 2010, lorsque l’Argentine et le Brésil ont décidé de reconnaître un Etat palestinien comme ils le disent dans  les «frontières de 1967. »

Mais ces frontières n’existent pas et n’ont aucun fondement dans l’histoire, en droit, ou de fait. La seule ligne qui n’ait jamais existé a été la ligne de démarcation d’armistice de 1949, sur la base des lignes de cessez-le feu des armées israélienne et arabe en attendant un accord de paix permanent. Les accords d’armistice de 1949 indiquent expressément  que ces lignes n’ont pas de signification politique ou juridique et ne doivent pas porter préjudice aux négociations futures sur les frontières.

La résolution 242 du Conseil de Sécurité de 1967 a reconnu la nécessité de négocier des frontières sûres et reconnues. D’éminents juristes et  délégués des Nations Unies, y compris en provenance du Brésil et de la Jordanie, ont reconnu que les lignes précédentes ne peuvent pas être considérés comme des frontières internationales.
La série d’accords entre l’OLP et Israël (1993-1999) réaffirment la volonté et l’engagement des parties à négocier des frontières définitives. Pendant toutes les phases de la négociation entre Israël et les Palestiniens, il n’y a jamais eu de décision quant à une frontière sur la base des lignes de 1967.

La direction de l’OLP s’est solennellement engagée que toutes les questions relatives au statut permanent ne seront résolues que par des négociations entre les parties. En 2003, la   « feuille de route» a en outre réitéré la nécessité de négociations pour des  frontières définitives.

Avec une intensité continue et croissante, la direction palestinienne est obsédée par la promotion d’une politique concertée vis-à-vis de la communauté internationale et l’opinion publique, en exigeant la reconnaissance de ce qu’ils prétendent être les « frontières de 1967», et l’acceptation d’un Etat palestinien  déclaré unilatéralement à l’intérieur de ces frontières. En effet, cette campagne semble avoir eu quelques succès initiaux en Décembre 2010, lorsque l’Argentine et le Brésil ont décidé de reconnaître un Etat palestinien dans ce qu’ils pensent être les «frontières de 1967» 1.

En réalité, les dirigeants palestiniens, ainsi que les membres de la communauté internationale, sont bien conscients du fait que ces frontières n’existent pas, pas plus qu’elles aient un jour existées. Elles n’ont jamais été stipulées dans aucun des documents internationaux, dans aucune documentation concernant le conflit israélo-arabe et les questions israélo-palestiniennes, et n’ont aucun fondement que ce soit, ni en droit ni en fait.

Il n’existe aucune disposition dans aucun des accords signés entre Israël et les Palestiniens qui exigent le retrait sur la «frontière de 1967 ». Il n’y avait jamais eu  d’impératifs géographiques qui dessinent les lignes de 1967. De toute évidence, il ne peut y avoir aucune logique juridique ou politique consacrant  une frontière internationale d’un ensemble involontaire et fortuit des lignes de cessez-qui existe depuis moins de 19 ans

Alors que ce qui est mentionné ci-dessus est tout à fait évident pour les dirigeants palestiniens qui pourtant mettent en avant  activement et quotidiennement  cette politique – principalement la tête de l’ Autorité palestinienne  , Mahmoud Abbas, et le chef du département des négociations de l’Autorité, Sa’eb Erekat, qui eux-mêmes participent activement à toutes les étapes de la négociation – ils poursuivent  néanmoins leur fixation pour présenter le concept de « frontières de 1967» comme un terme accepté internationalement  et comme un engagement israélien.

Ce qui suit est un résumé des lignes de 1967 tel que décrit dans la documentation internationale:

Publication du Conseil de sécurité des Nations unies définissant des lignes de cessez-le feu

Le terme «lignes de 1967» fait référence à la ligne à partir desquelles les forces armées israéliennes ont avancé dans les territoires  au début des hostilités, le 4 Juin 1967 (« La guerre des Six Jours»).

Ces lignes ne sont pas fondées sur des faits historiques, sur des tracés  géographiques, sur des considérations démographiques, ou depuis un accord international. En fait, elles avaient été convenues selon et sur les lignes de démarcation de la fin de la guerre d’indépendance de 1948, conformément aux conventions d’armistice signé entre Israël et ses voisins l’Égypte, la Jordanie, la Syrie et le Liban  en 1949. Ces lignes sont restées valables jusqu’à l’éclatement des hostilités de 1967.

La ligne de démarcation de l’armistice ne représentait plus que les lignes avant le déploiement des forces le jour où un cessez-le feu a été déclaré, conformément à la Résolution 62 du Conseil de sécurité du 16 Novembre 1948, qui a appelé à la délimitation des lignes de démarcation de l’armistice permanent au-delà desquelles les forces armées des parties concernées ne doivent pas se déplacer. La ligne a été délimitée sur la carte et jointe à l’accord d’armistice avec un feutre vert et donc reçu le nom de «Ligne verte».

Le Conseil de sécurité dans sa résolution insiste sur le caractère temporaire de la ligne d’armistice qui devait être maintenu « pendant la transition vers une paix permanente en Palestine», laissant entendre que la paix permanente impliquerait la négociation des frontières bilatérales qui serait différentes des lignes de démarcation d’armistice. 2

1949 Accords d’armistice

En fait, l’accord d’armistice signé entre Israël et la Jordanie  le 13 avril 1949, ainsi que tous les autres  accords d’armistice, ont souligné le caractère transitoire de l’armistice comme « une étape indispensable vers la liquidation du conflit armé et le rétablissement de la paix en Palestine. «  La langue de l’accord a donné beaucoup de mal pour souligner que les lignes d’armistice étaient de nature provisoire et non-politique et ne constituent pas les frontières internationales, et en tant que telles et ne portent pas atteinte aux droits, revendications et positions des parties dans le règlement de paix final:

« Aucune disposition du présent Accord ne préjuge en rien des droits, des revendications et positions de l’autre Partie dans le règlement pacifique final de la question de la Palestine, les dispositions du présent accord étant exclusivement dictées par des considérations militaires. » 3

« L’objectif fondamental de la démarcation des lignes d’armistice est de définir les lignes au-delà desquelles les forces armées des parties respectives ne doivent pas se déplacer. » 4

«Les dispositions du présent article ne doit pas être interprétées comme portant atteinte en aucune façon, à une politique de règlement définitif entre les parties du présent accord. » 5

« La démarcation des lignes d’armistice définie sur le présent Accord sont convenues par les parties sans porter préjudice pour des règlements territoriaux ultérieurs, sur le tracé des frontières ou les revendications de chacune des Parties s’y rapportant. » 6

Vues  sur le caractère transitoire de la Ligne :

Des déclarations provenant de sources arabes et d’autres entre 1949 et 1967 confirment la compréhension commune quant à la nature transitoire des lignes. Au cours du débat au Conseil de Sécurité avant le déclenchement des hostilités en 1967, l’ambassadeur de Jordanie a déclaré:

« Il y a un accord d’armistice, l’accord ne fixe pas les frontières;. il fixe une ligne de démarcation. L’accord ne porte pas de jugement sur les droits politiques, militaires ou autres donc je ne connais pas de territoire. Je ne connais pas de frontière, je sais que c’est  une situation gelée par un accord d’armistice »7.

Prof Mughraby a écrit dans le Daily Star de Beyrouth:

« Israël est le seul État au monde qui n’a pas de frontières légales, sauf celle naturelle de la Méditerranée. Le reste ne sont que des lignes d’armistice, et ne pourront jamais être considérées comme  des frontières territoriales et politiques» 8.

Le président Lyndon Johnson a aussi déclaré:

« Les nations de la région ont  violé les fragiles lignes de trêve d’il y a 20 ans. Ce qu’ils doivent désormais faire est de reconnaitre ces limites et autres arrangements qui leur donneront la sécurité contre le terrorisme, la destruction et la guerre. » 9 Dans ce contexte, les juristes internationaux ont également reconnu l’effet limité des lignes d’armistice:

Elihu Lauterpacht, dans son livret, Jerusalem et les Lieux saints, déclare:

« Chacun de ces accords … contient une disposition sur les lignes d’armistice qui y sont prévues ne préjuge pas de la future politique. Il ne serait donc pas exact de prétendre que les questions de titre … dépendent de ces accords d’armistice. Les questions de souveraineté sont tout à fait indépendantes des accords d’armistice »10.

M. Steven Schwebel, ancien président de la Cour internationale de Justice, a déclaré en 1994:

« Les accords d’armistice de 1949 réservent expressément les revendications territoriales de toutes les parties et ne visent pas à établir des frontières définitives entre elles» 11.

Résolution du Conseil de sécurité 242, 1967

La nature transitoire des lignes de démarcation d’armistice de 1949  a été clairement reconnue par le Conseil de sécurité dans la Résolution 242 de 1967, après la « Guerre des Six Jours», qui a affirmé, dans son premier alinéa:

«… Le respect et la reconnaissance de la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’indépendance politique de chaque Etat dans la région et leur droit à vivre en paix dans des frontières sûres et reconnues à l’abri des menaces ou d’actes de terrorisme» 12.

Il n’y a pas d’appel dans la présente résolution pour un retour à la ligne de démarcation d’armistice ou de toute autre ligne ou  frontière. Le Conseil de sécurité a expressément rejeté la demande arabe d’un texte dans lequel, Israël devait complètement se retirer de tout le territoire qu’elle occupait lors du conflit de 1967.

Israël a été appelé à se retirer des «territoires occupés lors du récent conflit», pas de «tous les territoires» ou même «les territoires». Dans le même temps, le Conseil a invité les parties à travailler ensemble pour promouvoir un accord sur un règlement pacifique et accepté, conformément aux dispositions et principes de la résolution.

De toute évidence ce règlement visait à inclure la négociation des frontières sûres et reconnues, qui remplacerait les lignes de démarcation d’armistice, conformément à la référence ci-dessus dans les accords d’armistice sur un «règlement pacifique final. »

Au cours du débat du Conseil de sécurité sur l’acceptation de la Résolution 242, le représentant du Brésil, en acceptant la résolution, a déclaré:

« Son acceptation ne signifie pas que la frontière ne peut être corrigée à la suite d’un accord librement conclu entre les États intéressés. Nous gardons constamment à l’esprit qu’une paix juste et durable au Moyen-Orient doit nécessairement être basée sur sécuriser les frontières permanentes librement consenties sures et négociées par les États voisins »13.

-Palestiniens/ Israël  – Déclaration de principes, 1993

Bien que ce fait ait été largement reconnu dans les deux politiques et les écrits juridiques au cours des dernières années 14, la réciproque de base par l’entreprise israélienne et les dirigeants palestiniens à négocier les frontières entre leurs territoires respectifs a été donné par une  confirmation formelle de Yasser Arafat, son adjoint ou son remplaçant comme Mahmoud Abbas , et Sa’eb Erekat lors de l’inauguration «Déclaration de principes sur des arrangements intérimaires d’autonomie des arrangements » (signée notamment par M. Abbas) du 13 Septembre 1993, dans laquelle l’OLP et le gouvernement d’Israël ont reconnu que les négociations sur le statut permanent de la relation entre eux portait sur:

«… Les questions en suspens, y compris: les réfugiés, les colonies, la sécurité, les arrangements de frontières, les relations et la coopération avec d’autres, voisins et autres questions d’intérêt commun, comme Jérusalem »

A la veille de la signature de la déclaration ci-dessus, Arafat a pris cet engagement solennel dans une lettre au Premier ministre israélien Yitzhak Rabin:

«L’OLP s’engage dans le processus de paix au Moyen-Orient, et à une résolution pacifique du conflit entre les deux parties et déclare que toutes les questions en suspens liées au statut permanent seront résolues par la négociation. » 15

De toute évidence, aujourd’hui, la fixation permanente du successeur d’Arafat, Mahmoud Abbas, et son négociateur en chef, Saeb Erekat, en tentant de contourner ce qui a été convenu pour le processus de négociation, afin parvenir à une reconnaissance unilatérale d’un Etat palestinien dans les «frontières de 1967″ va carrément à l’encontre de l’engagement solennel de M. Arafat au nom du peuple palestinien en 1993.

-Accords israélo-palestinien, 1993-1999

Les références ci-dessus pour les négociations sur le statut permanent sur les frontières et à la réalisation des objectifs de la résolution 242 ont été reprises dans une série de documents approuvés d’un commun accord conclus entre l’OLP et le gouvernement d’Israël. 16 En outre, en vue de renforcer cet engagement, ils se sont engagés dans l’Accord intérimaire de 1995 de ne pas agir unilatéralement pour modifier le statut des territoires en attendant l’issue des  négociations sur le statut permanent:

« … Les deux parties s’engagent à ne prendre aucune mesure qui changerait le statut de la « Cisjordanie » et la bande de Gaza  en attendant le résultat des négociations sur le statut permanent. « 17

Cet engagement a été réitéré par les parties dans le Mémorandum dans  l’article 9 de 1999 à Charm el Cheikh :

« Reconnaissant la nécessité de créer un environnement positif pour les négociations, les deux parties s’engagent à ne prendre aucune mesure qui changerait le statut de la « Cisjordanie » et la bande de Gaza, conformément à l’accord intérimaire. »

Tout au long de toutes les phases des négociations sur ces différents accords et mémorandums entre Israël et les Palestiniens, et dans les textes de ces documents, il n’y a jamais aucune référence aux frontières de 1967 en tant que possible  frontière entre les deux voisins, il n’y avait aucune référence à tout engagement ou obligation d’Israël de se retirer sur les lignes de 1967.

Feuille de route, 2003

L’indication supplémentaire de la non-existence de «frontières de 1967» et le rejet de tout acte unilatéral par les Palestiniens est évident d’après les termes de la Feuille de route du Quartet et l’initiative « basée sur la volonté d’une solution permanente pour deux Etats dans le conflit israélo-palestinien « dès le 30 avril 2003. 18 Dans ce document, les parties ont prévu, dans la seconde et troisième phase de mise en œuvre de la Feuille de route » et après l’élection d’un leadership responsable palestinien, d’entamer des négociations en se concentrant sur l’option de créer un Etat indépendant palestinien viable, d’abord avec «frontières provisoires». Il était destiné à servir de halte à l’établissement permanent qui a été prévu pour la troisième phase, où les frontières du statut final serait reconnu par une conférence internationale convoquée à cet effet.

De toute évidence, si et quand le retour des parties à un fonctionnement de la négociation de bonne foi pour parvenir à la question de la définition de leur frontière commune, la ligne de 1967 pourrait en effet faire figure de point de référence dans les négociations entre eux, en supposant qu’elle réponde aux critères énoncés par le Conseil de sécurité pour une frontière qui permettra d’éviter des situations de menaces de terrorisme  et de violence.

Mais cela ne peut émaner que d’une tentative de bonne foi réciproque entre les parties pour agir ensemble, et non pas unilatéralement, dans la détermination de leurs propres frontières, en fonction de leurs intérêts mutuels en tant que voisins. Ces problèmes ne peuvent et ne doivent pas être dictés de l’extérieur, que ce soit par l’ONU ou par d’autres Etats.

Ainsi, à la lumière de ce qui précède, la question se pose  quand et pourquoi la direction palestinienne en est-elle venue à admettre cette absurdité en essayant d’inventer des «frontières de 1967» qui manquent manifestement de base historique, juridique, ou de fait?

De même, on peut se demander quand ils verront l’absence totale de pragmatisme et de réalisme dans leur tentative de dicter à la communauté internationale une déclaration unilatérale palestinienne en violation de leurs propres engagements, de saper le processus de paix internationalement accepté  au Moyen Orient dans les documents.

Adapté par Aschkel – Pour aschkel.info et lessakele.

Understanding Obama’s shift on Israel and the ‘1967 lines’
Glenn Kessler

The Washington Post

05/20/2011

“The borders of Israel and Palestine should be based on the 1967 lines with mutually agreed swaps, so that secure and recognized borders are established for both states.”

— President Obama, May 19, 2011

This sentence in President Obama’s much-anticipated speech on the Middle East caused much consternation Thursday among supporters of the Jewish state. Israeli Prime Minister Binyamin Netanyahu, who will meet with Obama on Friday, adamantly rejected it.

For people not trained in the nuances of Middle East diplomacy, the sentence might appear unremarkable. However, many experts say it represents a significant shift in U.S. policy, and it is certainly a change for the Obama administration.

As is often the case with diplomacy, the context and the speaker are nearly as important as the words. Ever since the 1967 Six-Day War between Israel and its Arab neighbors, it has been clear that peace with the Palestinians would be achieved through some exchange of land for security.

Indeed, Israelis and Palestinians have held several intensive negotiations that involved swapping lands along the Arab-Israeli dividing line that existed before the 1967 war — technically known as the Green Line, or the boundaries established by the 1949 Armistice agreements. (Click here for a visual description of the swaps discussed between Palestinian President Mahmoud Abbas and Israeli Prime Minister Ehud Olmert in 2008.)

So, in many ways, it is not news that the eventual borders of a Palestinian state would be based on land swaps from the 1967 dividing line. But it makes a difference when the president of the United States says it, particularly in a carefully staged speech at the State Department.  This then is not an off-the-cuff remark, but a carefully considered statement of U.S. policy.

Here is a tour through the diplomatic thicket, and how U.S. language on this issue has evolved over the years.

The Facts

The pre-1967 lines are important to both sides for setting the stage for eventual negotiations, but for vastly different reasons.

From an Israeli perspective, the de facto borders that existed before 1967 were not really borders, but an unsatisfactory, indefensible and temporary arrangement that even Arabs had not accepted. So Israeli officials do not want to be bound by those lines in any talks.

From a Palestinian perspective, the pre-1967 division was a border between Israel and neighboring states and thus must be the starting point for negotiations involving land swaps. This way, they believe, the size of a future Palestinian state would end up to be — to the square foot — the exact size of the non-Israeli territories before the 1967 conflict. Palestinians would argue that even this is a major concession, since they believe all of the current state of Israel should belong to the Palestinians.

After the Six-Day War, the United Nations set the stage for decades of fitful peacemaking by issuing Resolution 242, which said that “the establishment of a just and lasting peace in the Middle East” should include the following principles:

1. Withdrawal of Israeli armed forces from territories occupied in the recent conflict.
2. Termination of all claims or states of belligerency and respect for and acknowledgement of the sovereignty, territorial integrity and political independence of every State in the area and their right to live in peace within secure and recognized boundaries free from threats or acts of force.
Since the resolution did not say “the territories,” it has become a full-time employment act for generations of diplomats.

Nevertheless, until Obama on Thursday, U.S. presidents generally have steered clear of saying the negotiations should start on the 1967 lines. Here is a sampling of comments by presidents or their secretaries of state, with some explanation or commentary.

“It is clear, however, that a return to the situation of 4 June 1967 will not bring peace. There must be secure and there must be recognized borders.”

— President Lyndon Johnson, September 1968

“In the pre-1967 borders, Israel was barely ten miles wide at  its  narrowest  point. The bulk of Israel’s population lived within artillery range of hostile armies. I am not about to ask Israel to live that way again.”

— President Ronald Reagan, September 1, 1982

“Israel will never negotiate from or return to the 1967 borders.”

— Secretary of State George Shultz, September 1988

Starting with President Lyndon Johnson, right after the Six-Day War, U.S. presidents often have shown great sympathy for Israel’s contention that the pre-1967 dividing line did not provide security.

“I think there can be no genuine resolution to the conflict without a sovereign, viable, Palestinian state that accommodates Israeli’s security requirements and the demographic realities. That suggests Palestinian sovereignty over Gaza, the vast majority of the West Bank, the incorporation into Israel of settlement blocks … To make the agreement durable, I think there will have to be some territorial swaps and other arrangements.”

— President Bill Clinton, January 7, 2001

In his waning weeks in office, Clinton laid out what are now known as the “Clinton parameters,” an attempt to sketch out a negotiating solution to create two states. His description of the parameters is very detailed, but he shied away from mentioning the 1967 lines even as he spoke of “territorial swaps.”

“Ultimately, Israelis and Palestinians must address the core issues that divide them if there is to be a real peace, resolving all claims and ending the conflict between them. This means that the Israeli occupation that began in 1967 will be ended through a settlement negotiated between the parties, based on UN resolutions 242 and 338, with Israeli withdrawal to secure and recognize borders.”

— President George W. Bush, June 24, 2002

Bush slipped in a mention of 1967 in his famous Rose Garden speech that called for the ouster of then-Palestinian leader Yasser Arafat. One could argue that the reference to Resolution 242 was a de facto mention of the 1967 lines. At the time, the Arab League was promoting a peace initiative based on the idea of Israel returning to the 1967 boundaries, and this reference was seen as a nod to that concept. But most experts did not view his reference to “1967” as a change.

“In light of new realities on the ground, including already existing major Israeli population centers, it is unrealistic to expect that the outcome of final status negotiations will be a full and complete return to the armistice lines of 1949, and all previous efforts to negotiate a two-state solution have reached the same conclusion. It is realistic to expect that any final status agreement will only be achieved on the basis of mutually agreed changes that reflect these realities.”

— Bush, letter to Israeli Prime Minister Ariel Sharon, April 14, 2004

When Sharon agreed to withdraw Jewish settlers from the Gaza Strip, Bush smoothed the deal by exchanging letters that supported the Israeli position that the 1967 lines were not a useful starting point. The letter infuriated Arabs, but it helped Sharon win domestic approval for the Gaza withdrawal. Interestingly, despite Israeli pleas, the Obama administration has refused to acknowledge the letter as binding on U.S. policy.

 “We believe that through good-faith negotiations the parties can mutually agree on an outcome which ends the conflict and reconciles the Palestinian goal of an independent and viable state based on the 1967 lines, with agreed swaps, and the Israeli goal of a Jewish state with secure and recognized borders that reflect subsequent developments and meet Israeli security requirements.”

— Secretary of State Hillary Rodham Clinton, Nov. 25, 2009

When the Israeli government announced a partial settlement freeze, Clinton responded with a statement that specifically mentioned a state based on 1967 lines, but as a “Palestinian goal.”  This was balanced with a description of an “Israeli goal.”

Originally, the Obama administration had hoped both sides would have agreed to acknowledge such goals as a starting point for negotiations — known in the diplomatic trade as “terms of reference.” When that effort failed, Clinton issued the concept in her own name. She would repeat the same sentence, almost word for word, many times over the next 1½ years.

The Bottom Line

 In the context of this history, Obama’s statement Thursday represented a major shift. He did not articulate the 1967 boundaries as a “Palestinian goal” but as U.S. policy. He also dropped any reference to “realities on the ground” — code for Israeli settlements — that both Bush and Hillary Rodham Clinton had used. He further suggested that Israel’s military would need to agree to leave the West Bank.

Obama did not go all the way and try to define what his statement meant for the disputed city of Jerusalem, or attempt to address the issue of Palestinians who want to return to lands now in the state of Israel. He said those issues would need to be addressed after borders and security are settled.  But, for a U.S. president, the explicit reference to the 1967 lines represented crossing the Rubicon.

UPDATE, 4:45 P.M, MAY 20

A number of readers have asked about a statement made by George W. Bush in 2005: “Any final status agreement must be reached between the two parties, and changes to the 1949 Armistice Lines must be mutually agreed to.”

I purposely did not include this in my list because in the annals of diplomacy it is considered a relatively unimportant statement. It was made at a news conference with Palestinian Authority President Mahmoud Abbas, not in a speech or in a letter (where, by contrast, the language is more carefully formulated.) It is essentially a restatement of the 2004 letter, with perhaps a bit more emphasis on “mutual agreement,” designed to please Palestinian ears.

At the time, it was considered an insignificant statement, by the Americans and the Palestinians — and the reporters. I looked back at the 29-paragraph article I wrote on the news conference. It mentioned the sentence in the last paragraph and did not focus at all on the phrase “1949 Armistice Lines.” The New York Times report on the same news conference did not mention Bush’s comment at all.

For diplomatic purposes, speeches and letters will almost always trump remarks at news conferences. The context is also important. As seen by the reporting at the time, no one thought Bush’s comment was remarkable or significant, in contrast to the reception that Obama’s statement on Thursday received. That’s because it was considered simply a restatement of the 2004 letter — which was considered the most explicit description of U.S. policy. Analysts who are citing this as evidence of little difference between Bush and Obama are deceiving themselves.

Les enjeux stratégiques et les frontières défendables d’Israël
Dore Gold

CAPE

8/14/13

Certains pensent que depuis le déclenchement du « Printemps arabe » Israël devrait réviser ses besoins sécuritaires car la donne stratégique au Moyen-Orient a complètement changé. Cependant, en dépit de toutes les turbulences, il est clair que les bases fondamentales sur lesquelles repose la sécurité d’Israël depuis sa création ne vont pas être modifiées dans le temps ni dans l’espace.

Israël demeure un petit pays entouré d’une population de 300 millions d’habitants répartis dans divers Etats dont la superficie est des centaines de fois plus grande que celle de l’Etat juif. Bien que les sites militaires soient concentrés dans une zone géographiquement limitée, les Etats arabes ont réussi à les disperser sur une vaste étendue de territoires.

Certes, les armées arabes se sont affaiblies suite aux confrontations avec les rebelles et aux conflits internes, mais ce serait une erreur fondamentale de planifier nos besoins sécuritaires en fonction d’une situation volatile et temporaire. Par exemple, l’Irak envisage de moderniser ses forces terrestres avec de nouvelles formations blindées et mécanisées et dans les années à venir, l’armée irakienne sera équipée de plus de 2 000 chars de combat.

Nous constatons que d’énormes quantités d’armes iraniennes et libyennes ont été déjà acheminées en Syrie, en Irak et dans la bande de Gaza. La Cisjordanie a été épargnée pour la simple raison que Tsahal contrôle la vallée du Jourdain, mais actuellement les dangers terroristes sont toujours omniprésents.

Les révoltes contre les régimes arabes avaient permis aux diverses organisations terroristes telles que les filiales d’al-Qaïda de s’introduire dans différentes zones d’affrontements et de champs de bataille. La chute de Moubarak en Egypte a aussi renforcé la présence de ces groupes dans la péninsule du Sinaï.

Les pressions actuelles contre l’Etat juif sont exercées dans le but d’obliger Israël à se retirer complètement de la Cisjordanie et ainsi à lui faire perdre ses frontières défendables. L’Etat juif ne peut bien entendu accepter des risques existentiels. Ils sont également en contradiction flagrante avec les engagements internationaux donnés dans le passé notamment par les Etats-Unis.

Au cours des guerres israélo-arabes, les forces militaires arabes avaient bénéficié d’une supériorité quantitative en effectifs et en armes. Notre stratégie fut basée sur une résistance instantanée à toute attaque et sur la mobilisation des unités de réserve dans les 48 heures suivantes. Nos ennemis ont toujours été tentés d’exploiter ces asymétries en lançant des attaques surprise. Rappelons une fois encore que le terrain, la topographie et la profondeur stratégique sont des facteurs essentiels pour la défense d’Israël.

Aujourd’hui, les organisations terroristes sont capables de provoquer immédiatement un conflit armé au Moyen-Orient. Elles sont aussi menaçantes que des armées conventionnelles. En utilisant des tactiques asymétriques, elles opèrent à partir de zones peuplées et utilisent des civils comme boucliers humains. Ces organisations savent parfaitement qu’il est interdit aux armées d’utiliser leur pleine puissance de feu pour éviter la mort de victimes civiles innocentes.

Suite aux retraits unilatéraux du sud Liban et de la bande de Gaza, Tsahal a été injustement accusée de recourir à une force disproportionnée, bien que ses opérations aient été similaires à celles des forces occidentales en Irak ou en Afghanistan. On se souvient du tollé général qu’avait provoqué la fameuse Commission du juge Goldstone.

Depuis nous avons tiré les leçons, mais malgré notre capacité de lancer des raids contre des forces hostiles en territoire ennemi seule une frontière défendable nous permettra de repousser les différentes menaces.

Il existe aussi un autre facteur qui peut influer sur la stratégie d’Israël contre le terrorisme. Il s’agit de l’impact politico-militaire des accords de paix signés avec nos voisins arabes. Dans les années 1950, lorsque l’armée syrienne installée à l’époque sur le plateau du Golan lançait des attaques contre les kibboutzim de la région, Tsahal réagissait avec force contre les positions militaires syriennes. Aujourd’hui, lorsque le sud d’Israël est attaqué par des filiales d’al-Qaïda à partir de la péninsule du Sinaï, Tsahal se retrouve les mains liées et ne peut entreprendre d’action militaire car celle-ci pourrait violer la souveraineté égyptienne et menacer le traité de paix israélo-égyptien signé en 1979.

Tant que les Etats arabes contrôlaient leurs territoires le long des frontières d’Israël, Tsahal ne rencontrait pas de dilemmes de ce genre, à l’exception du Liban où l’autorité gouvernementale s’est effondrée entraînant ainsi des conflits successifs.

Mais avec l’avènement du « Printemps arabe » nous affrontons de nouveaux types de menaces et de défis.

Que faire par exemple si le futur Etat palestinien plonge un jour dans l’anarchie et se trouve incapable de maintenir l’ordre et d’éviter des attaques contre l’Etat juif ? Que devra faire Israël ? Envahir l’Etat avec lequel il a signé un traité de paix ? La communauté internationale reconnaîtra-t-elle son droit de légitime défense ? Bien évidemment, ce scénario ne se produira pas si qu’Israël est doté de frontières sûres et défendables.

Après l’abandon dans la bande de Gaza du corridor de Philadelphie le long de la frontière avec l’Egypte, cette zone s’est transformée en passoire et a été inondée d’armes iraniennes et libyennes. Par contre, en Cisjordanie, où Israël contrôle la vallée du Jourdain, les organisations terroristes telles que le Hamas ou le Djihad islamique ne peuvent s’infiltrer.

Soulignons que plusieurs groupes terroristes se conduisent comme des armées conventionnelles et sont même équipés comme le Hezbollah de missiles de croisière et de drones. Le Hezbollah dispose également d’un arsenal de missiles et de roquettes plus important que celui de la plupart des Etats du Moyen-Orient. L’acquisition d’armes de destruction massive n’est pas non plus exclue.

Dans les années 1960, le nationalisme arabe a formé des coalitions militaires contre Israël. Dans le Moyen-Orient d’aujourd’hui, l’islamisme peut aussi servir de base à des coalitions hostiles qui menaceront les alliés occidentaux et poseront un nouveau défi à Israël. Comme à l’époque du nassérisme, l’islamisme est une force hégémonique qui n’accepte pas seulement les frontières nationales.

C’est déjà évident en Egypte, alors que la confrérie des Frères musulmans a subi un sérieux revers en juillet 2013 avec la chute du président Mohamed Morsi, la situation demeure volatile et il est difficile de prédire si les Frères musulmans seront en mesure de retourner sur le devant de la scène. La Turquie est devenue un nouveau centre d’activité des Frères musulmans, hébergeant son réseau mondial et organisant des conférences internationales à Istanbul. La confrérie s’installe également en Jordanie et son objectif n’a jamais varié : créer un nouveau califat qui deviendra la base d’un Etat islamique mondial.

Rappelons que les accords d’Oslo signés en 1993, il y a tout juste 20 ans, et l’accord intérimaire israélo-palestinien de 1995 portent les signatures, en tant que témoins, du président Bill Clinton, de l’Union européenne et de la Russie. Ils envisageaient une solution négociée au conflit israélo-palestinien et donc les futures frontières devaient être décidées par les parties elles-mêmes et non être imposées par des coalitions internationales ou par des actions unilatérales.

Soulignons qu’après les accords d’Oslo et malgré les promesses de paix et l’instauration d’un nouveau Proche-Orient, plus de 1 000 Israéliens ont été tués par des attentats et des bombes humaines. Après le désengagement unilatéral de la bande de Gaza en 2005, les roquettes n’ont cessé de tomber sur les villages israéliens.

Le peuple israélien souhaite assurer sa sécurité et ce droit est inaliénable. Il veut avoir la certitude absolue que les erreurs de ces dernières années ne se répéteront pas, surtout avec ces turbulences qui affectent aujourd’hui l’ensemble du Moyen-Orient.

Israel
Les frontières d’avant 1967 ne sont pas défendables

Dore Gold

CAPE

Ce n’est un secret pour personne que le Président de l’Autorité palestinienne envisage d’exercer des pressions sur l’Assemblée générale des Nations Unies pour qu’elle adopte en septembre prochain une résolution qui prédéterminera les résultats de toute négociation sur l’avenir de nos frontières. Récemment, dans une interview qu’il a accordé au New York Times, Mahmoud Abbas a précisé qu’il insistera pour que les Etats membres reconnaissent l’Etat palestinien dans les lignes de 1967, ce qui signifie les frontières israéliennes d’avant la guerre des Six jours.

Malheureusement, même le Président Barack Obama semble avoir été influencé par cette position. Lors de son dernier discours, il a affirmé que » l’avenir des frontières doivent être fondées sur la base des lignes de 1967″. Une position qu’il a tenté de rectifier en ajoutant « avec un échange de territoire par un commun accord. » Mahmoud Abbas a dit à maintes reprises que tout échange de terre avec Israël serait bien minuscule.

Rappelons qu’avant la Guerre des Six jours, les lignes de démarcation en Cisjordanie n’ont que seulement été délimité puisque les armées arabes ont interrompues leur invasion au même moment où l’Etat d’Israël a vu le jour, 19 ans plus tôt. Légalement, elles n’ont formé qu’une ligne d’armistice et non pas une frontière reconnue internationalement. Aucun Etat palestinien n’a jamais existé auparavant et donc on ne pourrait affirmer que ces lignes sont d’avant guerre. La Jordanie a occupé la Cisjordanie après l’invasion arabe, mais sa prétention à la souveraineté n’a pas été reconnue par aucun des membres des Nations Unies excepté le Pakistan et le Royaume Uni. Comme l’a bien dit l’ambassadeur de Jordanie aux Nations Unies avant la guerre, les anciennes lignes d’armistice « n’ont pas fixé les frontières. » Ainsi, l’axe central de la diplomatie israélo-arabe est depuis plus de 30 ans qu’Israël devrait négocier une nouvelle frontière convenue avec ses voisins arabes. Sur ce point, la Résolution 242 du Conseil de sécurité adoptée en novembre 1967 est éloquente. Elle n’a pas exigé qu’Israël se retire complètement des lignes d’avant 1967, sa clause de retrait appelle Israël de se retirer seulement « de territoires » et non de « tous les territoires ». Le ministre britannique des Affaires étrangères de l’époque, George Brown, a souligné : « si la proposition dit « Israël se retirera de territoires qui ont étaient occupés » et non « des », « les » territoires, signifie qu’Israël ne se retirera pas de tous les territoires. »

Avant la guerre des Six jours, Jérusalem a été coupé en deux, et le peuple juif s’est vu refuser l’accès à la vieille ville et ses lieux saints. La population chrétienne de Jérusalem a également été confrontée à des restrictions. Comme l’explique Arthur Goldberg, ambassadeur américain aux Nations Unies, la Résolution 242 ne fait pas obstacle à la réunification israélienne de Jérusalem. En fait, la Résolution 242 est devenue la seule base convenue dans tous les accords israélo-arabes, depuis le traité de paix israélo-égyptien de 1979 aux accords d’Oslo de 1993 entre Israël et les Palestiniens.

Comment les droits juridiques d’Israël aux frontières nouvelles étaient justifiés ? Une bonne explication est celle du juge Stephen Schwebel, qui allait devenir plus tard conseiller au Département d’Etat, et ensuite président de la Cour internationale de Justice à la Haye. Il a précisé le fait qu’Israël a agi dans un exercice légitime de ses droits à l’auto défense. Il n’était pas l’agresseur.

La flexibilité de créer de nouvelles frontières a été préservée pendant des décennies. En effet, les Accords d’Oslo de 1993, signés par Yitzhak Rabin et Yasser Arafat sur la pelouse de la Maison blanche, n’ont pas stipulé que les frontières définitives entre Israël et les Palestiniens seraient les lignes de 1967. Les frontières devraient être l’objet de futures négociations. En avril 2004, la missive américaine soutenue par un consensus bipartite des deux chambres du Congrès, a stipulé qu’Israël ne devait pas se retirer complètement des territoires, mais avait droit aux « frontières défendables. » Les Secrétaires d’Etat américains depuis Henry Kissinger à Warren Christopher ont réitéré la même assurance.

La question est de savoir si Mahmoud Abbas négociera sincèrement avec Israël s’il peut compter d’avance sur la majorité automatique des pays du tiers monde à l’Assemblée générale des Nations Unies et pourra renforcer ses positions sur d’autres points qui sont en litige, comme l’avenir de Jérusalem, la question des réfugiés et les problèmes sécuritaires?

La démarche unilatérale de Mahmoud Abbas aux Nations Unies représente une violation flagrante des accords d’Oslo dans lesquels Israéliens et Palestiniens se sont engagés. L’ancien Premier ministre Itzhak Rabin a été très précis durant ces négociations en préservant les droits des citoyens israéliens à construire leurs foyers dans ces zones disputées, en insistant que les implantations seraient l’un des sujets dans les négociations sur le statut final entre les deux parties.

En se tournant vers les Nations Unies, Mahmoud Abbas souhaite utiliser la communauté internationale pour modifier le statut légal des territoires et a choisi la voie unilatérale aux négociations. Son sort est lié aujourd’hui au Hamas, une organisation extrémiste qui demeure l’antithèse de la paix. Sa fameuse charte de 1988 appelle à la destruction de l’Etat d’Israël et l’Islam comme moyen dans une bataille historique contre le peuple juif. Les dirigeants de ce mouvement ont déclaré publiquement qu’ils ne changeraient pas un seul iota de leur charte et leur orientation djihadiste est celle d’Ossama Ben Laden.

Tous les Premiers ministres israéliens ont souhaité que les négociations servent de moyen pour mettre fin au conflit israélo-arabe et aux revendications palestiniennes. Mahmoud Abbas souhaite surtout l’internationalisation du conflit sur le plan juridique. Il n’est pas prêt manifestement de faire un compromis historique. En allant aux Nations Unies et en s’alignant avec le Hamas, il se soustrait à des choix difficiles, et rend la solution du conflit israélo-arabe beaucoup plus difficile pour les générations futures.

L’intégralité de l’article original a été publié dans le Wall Street Journal du 21 mai 2011

Source : Le CAPE de Jerusalem

http://www.jcpa-lecape.org/ViewNews.aspx?ArticleId=388

Article mis à jour le 27-05-2011

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Les frontières défendables à l’ère des missiles

Dore Gold

CAPE – JCPA

24 janvier 2011

Le fait de pouvoir se doter de « frontières défendables » demeure un facteur important dans notre région.

Yossi Beilin a écrit, ces jours-ci, dans sa tribune régulière d’Israel Hayom, que la formule « frontières défendables » est devenue « anachronique » depuis la publication de la résolution 242 du Conseil de sécurité de l’ONU adoptée en novembre 1967. Il précise que le concept est aujourd’hui ridicule en raison des modifications technologiques intervenues dans les rangs de Tsahal et chez nos ennemis, et il s’interroge sur son efficacité dans « un monde de missiles ». Des experts étrangers notoires ont rejeté cet argument. Selon le général Earl B. Halston, ancien commandant des Marines en Irak et en Afghanistan, « il est impossible d’imaginer qu’Israël revienne un jour aux frontières de 1967 et se retire complètement de la Cisjordanie ; cela priverait le peuple israélien de frontières défendables, vitales pour sa sécurité, et cela en dépit de la nouvelle ère de technologie de pointe ».

Lors d’une réunion tenue à Washington en 2005, le général John Foss, ancien commandant de la 82ème division aéroportée de l’armée américaine a déclaré : « du point de vue d’un soldat, je dois vous dire que les frontières d’avant 1967 ne sont pas défendables à long terme pour Israël, l’Etat juif ne pourrait vivre dans ces frontières ».

Le général Foss et d’autres militaires admettent que les dirigeants politiques exerceront, lors du tracé des frontières, des pressions sur l’état-major, pour obtenir des concessions, mais en réalité cela ne change en rien la conception militaire, selon laquelle les frontières défendables ont une importance cruciale aujourd’hui encore.

On peut toujours se demander quel sens ont des frontières défendables si des missiles et des roquettes peuvent passer au travers. Des généraux américains évoquent souvent le fait que, durant la première guerre du Golfe, déclenchée en 1991, les Etats-Unis ont attaqué l’Irak en lançant des milliers de missiles de croisière et des bombes, mais que Saddam Hussein n’a capitulé devant la coalition dirigée par les Etats-Unis que lorsque les divisions blindées américaines ont conquis le tiers de l’Irak et que la route vers Bagdad a été ouverte. Lors de la deuxième invasion américaine en 2003, la capitulation n’a pas été non plus obtenue par les tirs de missiles.

Dans le contexte israélien, les frontières défendables n’ont jamais été considérées comme un élément qui protégerait hermétiquement Israël de toutes les menaces, mais comme une zone tampon qui empêcherait des forces terrestres ennemies d’exploiter l’infériorité numérique de l’armée israélienne régulière en occupant la zone en question.

En fait, à l’ère de missiles, les frontières défendables peuvent être plus importantes que jamais. Par exemple, dans le passé, 48 heures étaient nécessaires pour réaliser la mobilisation des soldats de réserve. Lors d’une éventuelle attaque de missiles balistiques ou de faible portée, on peut supposer que le recrutement des réservistes prendra plus de temps.

L’armée régulière sera dans l’obligation de se battre plus longtemps en attendant les renforts et l’intégration des réservistes. En outre, l’aviation sera occupée à des missions de repérage et à la destruction des lance-roquettes au delà des frontières ; de ce fait, elle ne sera pas en mesure de fournir un appui aérien dans les premières heures des combats. De ce fait, le déploiement de forces régulières le long des frontières défendables est plus qu’indispensable.

Certains diront que la définition de frontières défendables en Cisjordanie était pertinente jusqu’en 1991, lorsque Israël craignait que le tiers de l’armée irakienne se joigne au front oriental et attaque Israël, comme elle l’avait fait en 1948, en 1967 et en 1973.

Toutefois, nous ne pouvons procéder à une planification stratégique sur la base d’une situation temporaire et ponctuelle. L’Iran entretient des liens étroits avec de nombreux hommes politiques shiites qui contrôlent le nouvel Irak. Dans les documents révélés par Wikileaks, le roi Abdallah d’Arabie Saoudite a accusé le Premier ministre irakien, Nourri al Maliki, d’être un « agent iranien ». Ces documents ont aussi dévoilé que l’Iran verse chaque année 100 à 200 millions de dollars à des hommes politiques irakiens. Certaines analyses estiment, avec prudence, que l’Irak pourra devenir un jour un Etat satellite de l’Iran, aussitôt après que les Etats-Unis auront retiré leurs derniers soldats du pays.

Les frontières défendables sont nécessaires dans des guerres conventionnelles, mais surtout dans le combat incessant contre le terrorisme. Israël est l’un des rares pays au monde, qui lutte contre les islamistes sur les différents champs de bataille, sans pour autant faire face à des milliers de volontaires venus de l’extérieur, comme en Afghanistan, au Yémen, en Irak ou en Somalie.

Israël a également réussi à contrer l’acheminement d’armes en Cisjordanie grâce au fait qu’il contrôle la vallée du Jourdain (depuis le retrait de l’axe de Philadelphie, des grosses quantités d’armes sont introduites quotidiennement dans la bande de Gaza). En 2005, la branche irakienne d’Al Qaïda a réussi à créer un avant-poste dans la ville jordanienne d’Irbid. Actuellement, le Hezbollah est déjà en Irak, si Israël renonce à la vallée du Jourdain et à son droit de se doter de frontières défendables à l’est, la lutte contre le Hamas sera bien différente.

Finalement, ceux qui rejettent la définition de frontières défendables en insistant sur le fait qu’il s’agit d’un concept démodé, croient en général qu’Israël est capable d’utiliser des armes de forte puissance et d’écraser ses ennemis lors d’une éventuelle guerre. Certains affirment même que les frontières n’ont pas d’importance et qu’il est donc possible de se retirer des territoires, car, « le jour où ils oseront tirer une seule roquette, nous rayerons leur village de la carte ».

Ces déclarations sont évidemment immorales et trahissent une ignorance de la réalité de terrain.

Israël devrait trouver le juste équilibre entre la volonté de résoudre les conflits territoriaux avec ses voisins, et le devoir de réduire ses points vulnérables. Celui qui pense que les frontières défendables n’ont plus de place dans la conception réaliste de la défense d’Israël se berce sans doute d’illusions.

Dore Gold

© CAPE – JCPA de Jérusalem

[Texte relayé par Aschkel.info et aimablement signalé par O. Peel.]

Mis en ligne le 25 janvier 2011, par Menahem Macina, sur le site France-Israel.org

Voir aussi:

Les frontières de 1967, l’arme de distraction massive
Shmuel Rosner
Selon Shmuel Rosner, chroniqueur israélien, Barack Obama n’aurait pas dû réactiver le débat israélo-palestinien sur le tracé antérieur à la Guerre des Six Jours.

Slate

31.05.2011

Le 19 mai, le président Barack Obama s’apprêtait à présenter la position américaine vis-à-vis du «printemps arabe». Du moins, c’est ce qu’on pensait. Il allait expliquer le rôle que pouvaient tenir les États-Unis dans la défense de la liberté, la fin des dictatures, le soutien aux manifestants… tout en préservant l’intérêt national, et en gardant un œil sur le prix et la disponibilité du pétrole.

Et c’est ce qu’il a fait. Enfin, presque. Pourtant, son message est passé totalement inaperçu, à cause de quelques mots qui n’avaient que lointainement à voir avec le printemps arabe ou le sujet principal de ce discours attendu.

Ces quelques mots étaient: «basés sur les lignes de 1967, avec des échanges de territoires».

Cela a suffi. Depuis, Obama n’a pas arrêté. Tour à tour surpris (par la réaction), en colère (de la «déformation» de ses propos), se faisant sermonner (j’y reviendrai), obligé de préciser sa position (dans un nouveau discours), se chamaillant (avec le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou), réaffirmant son engagement (il est toujours l’ami d’Israël) et cherchant à apaiser (les nerfs des Juifs américains pro-israéliens inquiets). Bref, le président américain a perdu un temps précieux: le sien, et le nôtre (moins précieux, mais tout de même).
Il y a une semaine auparavant, Benjamin Netanyahou se préparait à un agréable séjour aux États-Unis. La pression d’accepter plus de compromis avec les Palestiniens semblait être retombée, à la suite de l’annonce-surprise d’un gouvernement d’unité palestinien incluant le groupe terroriste Hamas. Tout était en place pour un discours triomphaliste devant les deux chambres du Parlement américain, dans lequel le premier ministre israélien devait présenter, du moins c’est ce qu’avait laissé fuiter son bureau, «de nouvelles idées» pour le processus de paix.

La Jewish Telegraphic Agency avait choisi un gros titre presque comique rétrospectivement: «A la veille de la visite de Netanyahou et de la conférence de l’AIPAC, Obama et Bibi [Netanyahou] semblent sur la même longueur d’onde.»

Sur la même longueur d’onde, mais pas de la même radio! Résultat, ces derniers jours, c’était le retour du cirque habituel: la réaffirmation de l’absence de désaccord entre les deux pays, la résurgence du vieux «ils ne se supportent pas» et le retour de la «défiance mutuelle».

Procrastination
Ces derniers jours, le premier ministre israélien n’a pas arrêté: tour à tour surpris (il est tombé dans un guet-apens), en colère (contre le président américain), se faisant sermonner (sur l’importance du processus de paix), devant se justifier (la position américaine met Israël en danger), obligé de formuler des demandes (qu’Obama revienne aux propositions de George W. Bush) et cherchant à apaiser (pour que la querelle reste mesurée). Bref, le premier ministre israélien a gâché un temps précieux: le sien, et le nôtre (moins précieux, mais tout de même).

Bref rappel historique: la ligne de 1967 est la frontière qui séparait Israël de ses voisins (la Jordanie, l’Égypte et la Syrie) avant, donc, 1967 et la guerre des Six Jours.

Et aujourd’hui, pour la première fois, un président américain dit que ce tracé devrait être le point de départ des négociations de paix entre Israël et les Palestiniens quand ils en viendront à discuter des futures frontières du futur État palestinien. Est-ce un changement politique majeur ou une simple évidence? Les spécialistes débattent de cette question depuis plusieurs jours, mais il semble que le président lui-même ne s’est pas encore décidé, ou qu’il use de la stratégie du déni plausible.

Le 22 mai au matin, dans son discours aux délégués pro-israéliens de l’Aipac (Comité aux affaires publiques israélo-américaines ou «lobby américain pro-israélien»), le président Obama a affirmé:

«Je sais fort bien que la solution de facilité, pour un président qui brigue un second mandat, c’est d’éviter la controverse. Mais comme je l’ai dit au premier ministre Netanyahou, je suis persuadé que la situation actuelle au Proche-Orient ne sera pas résolue par la procrastination.»
Cela semble suggérer que le président américain est prêt à faire œuvre de pionnier pour éviter la «procrastination». Pourtant, dans le même discours, il déclare: «Il n’y avait rien de particulièrement original dans ma proposition; ce cadre des négociations est depuis longtemps la base des discussions entre les parties», suggérant que le barouf des jours précédents aurait été beaucoup de bruit pour rien.

Obama, un président rentre-dedans ou sans idée?
Beaucoup de bruit pour rien? C’est vrai. Barack Obama l’a re-suggéré le 22 mai, en déclarant qu’«Israël n’est pas tenu de négocier avec des Palestiniens qui ne reconnaissent pas son droit à l’existence» (visant ainsi le Hamas, qui a formé avec le Fatah un gouvernement d’unité). Mais pas que pour rien. Il a aussi déclaré: «Malgré les difficultés à entamer des négociations significatives dans les circonstances actuelles, il faut à tout prix essayer.»

Il faudrait savoir: «n’est pas tenu de négocier» ou «il faut à tout prix essayer»? À qui a-t-on affaire? À un président rentre-dedans opérant un virage audacieux, ou à un président sans idée débitant une banalité?

Obama a surpris Netanyahou, en le mettant délibérément dans l’embarras. Et Netanyahou a tenu son rôle en étant… embarrassé. Et, malheureusement, un peu hystérique aussi.

«Bien qu’Israël soit prêt à de généreux compromis pour la paix, il ne peut pas revenir aux lignes de 1967, parce que ces lignes sont indéfendables», a déclaré le premier ministre israélien au président américain, alors même qu’Obama n’a jamais suggéré de revenir au tracé de 1967.

Au lieu de désamorcer le message du président américain, au lieu d’essayer de limiter les dégâts, Netanyahou a jeté de l’huile sur le feu en attribuant à Obama des positions qu’il n’avait pas encore adoptées (pensant peut-être qu’avec ce président-là, ce n’était qu’une question de temps), en lui faisant la leçon sur la pelouse de la Maison-Blanche, ce qui a achevé de l’agacer, et en posant des exigences qui ne peuvent qu’obliger Obama à rappeler à son invité que c’est lui, le dirigeant de la nation la plus puissante. («Le premier ministre israélien attend que le président Obama réaffirme l’engagement américain pris envers Israël en 2004», a tweeté le bureau de Netanyahou.)

Mais en vérité, c’est surtout Obama, le responsable de cette querelle inutile. Sans doute agacé par la demande de Netanyahou de s’adresser au Congrès, sans doute méfiant des véritables intentions de celui-ci, sans doute frustré de son échec à faire avancer le processus de paix, le président Obama a provoqué cette querelle au pire moment possible.

La situation au Proche-Orient est instable (le chef d’État avec lequel on négocie aujourd’hui ne sera peut-être plus là demain), les dirigeants palestiniens refusent de suivre les conseils américains, les dirigeants israéliens sont échaudés par leurs précédents différends avec Obama.

Pourtant, le président américain n’a fourni aucune explication. Pourquoi maintenant? Pourquoi cet effet de surprise? Pourquoi cette urgence? Pourquoi ce changement de langage?

Au niveau de la délicate gestion du processus de paix, Obama ne semble pas avoir appris de ses erreurs. Il y a deux ans, il n’avait que les mots «gel de la colonisation» à la bouche.

L’art d’Obama
Pendant un temps, il a obtenu ce qu’il voulait, mais au final, il n’est parvenu à rien. «La décision du gouvernement Obama d’arrêter d’exiger le gel des colonies a mis fin à des mois d’échanges diplomatiques éreintants. Le gouvernement américain en a conclu qu’en se focalisant sur les colonies, les parties se détournaient des questions-clés», ont rapporté des agences de presse.

Si les événements récents prouvent quelque chose, c’est qu’Obama est toujours aussi doué pour les diversions inutiles.

Au revoir, gel des colonies, bonjour, 1967.

Une fois de plus, les Israéliens se demandent si le président américain est un vrai ami d’Israël, comme il l’affirme; une fois de plus, les Palestiniens ont des exigences irréalistes que ne peuvent satisfaire les États-Unis; une fois de plus, la base des négociations (directes ou indirectes) n’est pas satisfaisante; une fois de plus, un président américain est acclamé par ses alliés européens toujours ravis de voir le premier ministre israélien se faire chahuter.

Nous n’avons pas la paix, nous n’avons pas de chemin menant à la paix, mais, au moins, nous avons un sujet de conversation, grâce au distracteur en chef.

Traduit par Florence Curet

Voir également:

Les frontières de 1967 : un mythe devenu vérité universelle
Jonathan-Simon Sellem
JSSNews
22 décembre 2010

Le monde entier ne parle que de cela : les frontières de 1967. Ces fameuses lignes de démarcation entre israéliens et palestiniens. Plus de 100 pays soint déjà prêt à reconnaitre la création d’un Etat Palestinien Indépendant dans l’enceinte de ces lignes. Mais qui sait vraiment ce qu’elles sont ? Explications…

Dans les faits, le seul problème est que ces frontières n’existent pas et n’ont aucun fondement historique ou juridique. La seule ligne qui n’ait jamais existé a été la ligne de démarcation d’armistice de 1949, sur la base des lignes de cessez-des armées israéliennes et arabes, en attendant un accord sur une paix permanente. L’accord de 1949 indique expressément que ces lignes n’ont pas de signification politique ou juridique et ne portent pas préjudice aux négociations futures sur les frontières.

Le Conseil de Sécurité de l’ONU a déjà voté une résolution, la numéro 242, qui porte sur ces lignes de 1967. L’ONU a reconnu la nécessité de négocier des frontières sûres et reconnues. D’éminents juristes et des délégués des Nations Unies, y compris en provenance du Brésil et de la Jordanie, ont reconnu que ces lignes ne peuvent pas être considérées comme des frontières internationales.

La série d’accords entre l’OLP et Israël (1993-1999) réaffirme la volonté et l’engagement des parties à négocier les frontières définitives. Pendant toutes les phases de la négociation entre Israël et les Palestiniens, il n’y a jamais eu de décision quant à une frontière sur la base des frontières de 1967.

La direction de l’OLP s’est solennellement engagée à ce que toutes les questions sur le statut permanent ne soient résolues que par des négociations entre les parties. En 2003, la « feuille de route » a en outre réitéré la nécessité de le faire pour les négociations sur les frontières définitives.

Avec une intensité continue et croissante, la direction palestinienne est aujourd’hui obsédée par la promotion d’une politique concertée vis-à-vis de la communauté internationale et de l’opinion publique, en exigeant la reconnaissance de ce qu’ils prétendent être les « frontières de 1967″, et l’acceptation d’un État palestinien unilatéralement déclaré à l’intérieur de ces frontières.

En réalité, les dirigeants palestiniens, ainsi que les membres de la communauté internationale, sont bien conscients du fait que ces frontières n’existent pas, pas plus qu’elles n’ont jamais existé. Elles n’ont jamais figurées dans aucun accord international, dans aucun document concernant le conflit israélo-arabe et ces lignes de 67 n’ont aucun fondement.

Il n’existe aucune disposition dans aucun des accords signés entre Israël et les Palestiniens qui exige le retrait israélien sur la « frontière de 1967. » Il n’y a jamais eu d’impératif géographique qui sanctifie les lignes de 1967.

Ce qui suit est un résumé de l’arrière-plan des lignes de 1967 tel que décrit dans la documentation internationale :

Le Conseil de sécurité des Nations Unies définit des lignes de cessez-le-feu. Le terme « lignes de 1967″ fait référence à la ligne à partir de laquelle les forces armées israéliennes ont évolués au début des hostilités lors de la guerre des 6 jours en 4 juin 1967.

Ces lignes ne sont pas fondées sur des faits historiques, géographiques, sur des considérations démographiques, ou sur un accord international.

Le Conseil de sécurité dans ses résolutions insiste sur le caractère temporaire de la ligne d’armistice qui devait être maintenu « pendant la transition vers une paix permanente en Palestine », laissant entendre que la paix permanente impliquerait la négociation permanente des frontières qui seraient différentes des lignes de démarcation d’armistice.

Les références ci-dessus et la résolution 242 ont servi de base aux négociations d’accords entre l’OLP et le gouvernement israélien.  En 1995, les États-Unis ont publiés cette déclaration : « … Les deux parties s’engagent à ne prendre aucune mesure qui changerait le statut de la Judée-Samarie et de la bande de Gaza en attendant le résultat des négociations sur le statut permanent ».

Cet engagement a été réitéré par les parties dans l’article 9 des accords de 1999 à Charm el Cheikh : « Reconnaissant la nécessité de créer un environnement positif pour les négociations, les deux parties s’engagent à ne prendre aucune mesure qui changerait le statut de la Judée-Samarie et la bande de Gaza, conformément à l’accord intérimaire. »

Tout au long de toutes les phases des négociations sur ces différents accords et mémorandums entre Israël et les Palestiniens, et dans les textes de ces documents, il n’y a jamais aucune référence aux frontières de 1967 en tant que possibles frontières entre les deux voisins, il n’y jamais eu aucune référence à un engagement ou obligation d’Israël de se retirer sur les lignes de 1967.

Des indications supplémentaires de la non-existence des « frontières de 1967″ et le rejet de tout acte unilatéral par les Palestiniens est évident d’après les termes de la Feuille de route du Quartet « basée sur l’objectif d’une solution permanente à deux États » daté du 30 avril 2003. Dans ce document, les parties devaient, dans les deuxième et troisième phases de mise en œuvre de la Feuille de route  et après l’élection d’un responsable palestinien, entamer des négociations portant sur la possibilité de créer un organisme indépendant, État palestinien viable, avec dans un premier temps des « frontières provisoires ».

En réalité, en 1967, les palestiniens n’avaient aucune revendication territoriale spécifique faute tout d’abord de disposer de moyens politiques d’expression mais surtout, de volonté de partager la terre avec une population juive. C’est de cette volonté de chasser les juifs de la terre de Palestine que va naître le sentiment national palestinien parfaitement exprimé dans l’article 15 de la charte de l’OLP de 1964 (approuvé en 1968) qui dispose :

Article 15 : La libération de la Palestine est un devoir national afin de refouler l’invasion sioniste et impérialiste du sol de la patrie arabe et dans le but de purifier la Palestine de l’existence sioniste…. La nation arabe se doit de mobiliser tout son potentiel militaire, humain, matériel et spirituel dans le but d’assister activement le peuple arabe palestinien dans la libération de la Palestine ….. »
Depuis, le Fatah n’a jamais voulu supprimer le paragraphe de sa charte.

La référence aux « frontières de 1967″ concerne également Jérusalem annexée par Israël à la suite de la guerre des 6 jours de 1967. Il convient donc de s’interroger sur le point de savoir si les « frontières de 1967″ mentionnées par le Président de l’Autorité Palestinienne concernent la période antérieure ou postérieure à cette guerre, car la notion a une portée différente suivant que l’on se place avant ou après l’annexion. S’il s’agit des frontières de 1967 postérieures à l’annexion, il n’y a aucune difficulté puisque Jérusalem fait partie intégrante du territoire israélien. Si, en revanche, le Président de l’Autorité Palestinienne fait référence aux frontières de 1967 avant l’annexion, le retour à ces frontières exigerait une restitution de la partie orientale de Jérusalem à la Jordanie qui en a été dépossédée à cette époque. Autrement dit, cela reviendrait à restituer la partie orientale de Jérusalem à un État qui a signé la paix avec Israël et qui, de surcroît, refuse de diriger la vie des palestiniens (même au sein de son propre territoire).

Les fameuses frontières de 1967
Alain Legaret

22 avril 2011

Tous ceux qui s’occupent de vouloir fixer des limites à l’Etat d’Israël pour lui coller un état palestinien qui ne sera en rien démocratique comme ils osent le prétendre, utilisent un jour ou l’autre l’expression qui présente l’état palestinien dans « les frontières de 1967 ».

Remarquez que la phrase n’est jamais finie. Les frontières de 1967 oui, mais de quel pays au juste ?

La méthode est malhonnête parce qu’elle laisse entendre q’un état palestinien existait avant 1967 et qu’il a été occupé par Israël, faisant de l’Etat juif une puissance impérialiste et colonialiste d’un état souverain.
Or si les médias malhonnêtes ne précisent pas à quels pays appartiennent ces frontières, on doit dire ici même aux lecteurs la vérité, la seule véritable et vérifiable partout sauf chez les émules des nouveaux nazis, à savoir qu’en 1967, les frontières étaient entre Israël, et ses voisins la Jordanie, l’Egypte, le Liban et la Syrie.
D’Etat palestinien, il n’y en avait point. Mais comme c’est Israël qu’on veut clouer au pilori, tous les moyens sont bons pour le rendre coupable aux yeux des lecteurs.

Ce que l’on appelle couramment aujourd’hui les « territoires palestiniens occupés », ont été curieusement appelés « territoires palestiniens occupés » que depuis qu’Israël les a conquis à l’Egypte et à la Jordanie lors de la guerre des six jours en 1967.

Pourquoi n’étaient-ils pas appelés palestiniens quand ils étaient sous domination égyptienne et jordanienne ?

Pourquoi n’étaient-ils pas considérés occupés ?

Il faut chercher dans le « manuel du petit antisémite déguisé en antisioniste » pour y trouver sa réponse. Et apparemment, ce manuel fait fürher, dans les chancelleries et les rédactions du monde, y compris chez certains qui se présentent comme les « amis » d’Israël pour mieux le trahir.

Aujourd’hui, dans une interview de Mahmoud Abbas , président illégitime des Palestiniens puisque son mandat de président s’est terminé en 2009, que de nouvelles élections n’ont pas eu lieu depuis de peur de les perdre devant le Hamas, mais qui continue d’être reconnu par la communauté internationale tant qu’il peut nuire à Israël, le Figaro pousse encore le bouchon un peu plus loin dans l’accusation d’Israël. Il pose la question suivante : « vous comptez obtenir, en septembre, à l’assemblée générale des Nations Unies, une reconnaissance internationale de l’Etat palestinien, dans SES frontières de 1967 ».

Le Figaro, parle de l’Etat palestinien et de SES FRONTIERES DE 1967, inventant du coup un état qui n’a jamais existé, et présentant de fait Israël comme coupable d’occuper un pays souverain. Alors que les salauds précédents avaient au moins la pudeur de laisser la phrase incomplète, laissant à l’imagination du lecteur-futur-antisémite le soin de voir en Israël un occupant, le Figaro, lui, emporté par son phantasme de culpabiliser l’Etat Juif, fait du révisionniste et transforme l’histoire.

La faute n’est pas tant à faire porter par les seuls journalistes-propagandistes. La responsabilité de donner au public des fausses informations, pour les orienter vers une haine d’Israël revient aussi aux politiques qui côtoient et se font interviewer par ces mêmes organes de presse, leur donnant ainsi une certaine légitimité. Le mensonge devient alors la règle.

Israël est une fois de plus diabolisé, comme on diabolisait les Juifs dans les années 30.

Israel’s Critical Requirements for Defensible Borders

The Foundation for a Secure Peace

While there has been significant public discussion about Palestinian demands in the peace process, there has been little in-depth analysis of Israel’s rights and requirements.

This study is intended to fill that vacuum, presenting a comprehensive assessment of Israel’s critical security requirements, particularly the need for defensible borders that was enshrined in UN Security Council Resolution 242 and endorsed by past U.S. administrations. The study also details the key elements of a demilitarized Palestinian state, as was proposed by Prime Minister Benjamin Netanyahu shortly after taking office in 2009.

The vital importance of Israel’s control over West Bank airspace is also carefully considered, as are the risks to Israel of deploying international forces there.

Historically, every peace accord the State of Israel has reached with its neighbors has been challenged by other Middle Eastern states across the region or by international terrorist organizations. Given that experience, the only peace that will last over time is a peace that Israel can defend.

Top IDF Generals Outline Israel’s Security Needs

In the study, a number of retired IDF generals explain the philosophy behind the concept of defensible borders.

Maj.-Gen. Moshe Ya’alon (ret.), a former IDF chief of staff who currently serves as Israeli minister of defense, has emphasized the importance of a security-first approach to Israeli-Palestinian negotiations – an approach, he said, that is “firmly rooted in Israel’s longstanding commitment to defend itself by itself.”

Israel’s vital security requirements, Ya’alon wrote, include “defensible borders, a demilitarized Palestinian entity, control of a unified airspace within Judea and Samaria, electromagnetic communications frequency security and other guarantees.”

The Importance of the Jordan Valley

Maj.-Gen. (ret.) Uzi Dayan, former IDF deputy chief of staff, has written a detailed analysis of Israel’s security requirements. He focused on the importance of Israel retaining the Jordan Valley, a natural physical barrier that can be defended with relative ease.

“In the eastern theater, there is no substitute for the Jordan Valley; its location and unique topographical features make it the only feasible eastern border for the State of Israel,” Dayan wrote.

It is not only Israel that should be concerned, Dayan noted, but also the Hashemite Kingdom of Jordan. If the IDF evacuates the Jordan Valley, the main effort for the prevention of smuggling will fall on the Jordanian army. Once it is widely known that Israel is no longer present to seal off the West Bank from the east, Dayan said, regional terrorist groups will seek forward positions within Jordan.

The Risks of Foreign Peacekeeping Forces

Israel has a history of bad experiences with international peacekeeping forces. Many top former IDF generals have rejected the option of relying on foreign forces in the Jordan Valley as part of an Israeli-Palestinian agreement.

Maj.-Gen. (ret.) Yaakov Amidror, former national security advisor to Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu, has highlighted Israel’s experiences with unreliable international peacekeepers and explained how foreign forces would constrain Israel’s ability to protect itself without outside help.

“Israel takes great pride in the fact that it has never asked Western soldiers – including American troops – to risk their lives in its defense,” Amidror wrote.

Additional Key Principles

Maj.-Gen. (ret.) Aharon Ze’evi Farkash, former head of IDF intelligence, has articulated the key principles of a demilitarized Palestinian state, which Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu said he supported in his 2009 speech at Bar-Ilan University.

“Israel’s definition of demilitarization is that no security threat develop either within or by way of Palestinian territory,” Farkash wrote.

In addition, Brig.-Gen (ret.) Udi Dekel, former head of the IDF Strategic Planning Division, has focused on the need for Israel to retain control of the territorial airspace and electromagnetic spectrum.

“Israel must guarantee that the Palestinians do not exploit their topographical advantage to block or neutralize Israel’s communication systems, or to gather intelligence on their own behalf or on behalf of hostile states,” Dekel wrote.

Finally, Ambassador Meir Rosenne explains UN Security Council Resolution 242 and Ambassador Dore Gold recounts the history of the U.S. position on the pre-1967 lines, while analyst Dan Diker discusses Israel’s return to security-based diplomacy.

- See more at: http://jcpa.org/requirements-for-defensible-borders/#sthash.XV20WXJY.dpuf

Voir également:

27 Mai 2008
Israël : des frontières défendables pour la paix et la sécurité Par Freddy Eytan, Dore Gold, Yaacov Amidror et Meir Rosenne (*)

On a assez dit et répété qu’Israël, remarquable par son intrépidité et son courage sur les champs de bataille, réputé pour ses performances extraordinaires en matière de haute technologie ou pour la qualité de ses productions artistiques et littéraires, est un piètre communiquant, que son talon d’Achille a pour nom « Information et propagande » alors que les Palestiniens excellent dans l’art de monter en épingle le moindre incident, pour ne pas se réjouir de la parution , sous l’égide du Centre des Affaires Publiques et de l’Etat d’un ouvrage de référence qui expose, documents, cartes, photos et toutes preuves à l’appui, le point de vue israélien sur ce que peuvent être les limites acceptables dans le cadre d’une future négociation de paix entre Israël et les Palestiniens.

Quatre spécialistes de renommée internationale conjuguent leurs talents pour nous offrir une analyse pertinente et indiscutable. Freddy Eytan, politologue, premier ambassadeur d’Israël en république islamique de Mauritanie, Dore Gold, ancien ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis, le général de réserve Yaacov Amidror, ancien directeur de l’Institut de la Défense Nationale et chef du Département de recherche des services de renseignements de Tsahal, Meir Rosenne, enfin, ancien ambassadeur d’Israël en France et aux Etats-Unis.
Pour cette équipe de pointe, toute l’attention des négociateurs doit se porter sur la fameuse résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée à l’unanimité le 22 novembre 1967 et sur la notion essentielle, pour l’avenir d’Israël, de « frontières sûres et reconnues », c’est-à-dire défendables. Certes, d’autres considérations entreront en jeu lors de futures discussion de paix : le problème de l’eau ou encore les questions démographiques. Mais nos auteurs considèrent, à raison, que c’est la question des frontières futures qui prime et qu’il faut l’examiner sereinement, d’un point de vue juridique et diplomatique, mais avec fermeté. L’explosion du pouvoir palestinien, la fragilité des régimes « modérés », la menace nucléaire iranienne, l’ombre menaçante d’Al-Qaïda font que « pour suivre une vie normale dans un environnement hostile, Israël devrait se munir d’une infrastructure de sécurité complète. L’Etat hébreu doit pouvoir assurer une profondeur stratégique, défendre ses points vitaux et protéger sa population dans les zones urbaines surpeuplées qui se trouvent le long de la plaine côtière et la région de Jérusalem ». Bref, « seules des frontières défendables et des mesures de sécurité adéquates assureront la stabilité du Proche-Orient et la pérennité du processus de paix »
Jetons un œil sur une carte de la région : la vulnérabilité stratégique d’Israël à partir de la Cisjordanie saute aux yeux. Du nord au sud. Haïfa est à quarante kilomètres de Djenine, la base aérienne de Ramat David à une vingtaine. Nétanya se trouve à 14 kilomètres de Tulkarem, Kfar Saba à 700 mètres de Kalkilia et Tel Aviv comme l’aéroport de Sdé Dov sont à 20 kilomètres des territoires. L’aéroport international Ben Gourion est encore plus proche : 9,5 km ! Il suffirait d’un seul tir de mortier par semaine depuis les collines surplombant l’aéroport pour paralyser complètement le trafic aérien en Israël. Et même si elles sont un peu plus éloignées, les bases aériennes de Tel Nof et de Hazor ne sont pas à l’abri. Bethléem est à 400 mètres de Jérusalem. Enfin, plus au sud, Béer Sheva et la base aérienne de Hatzerim sont à 17 km et la base aérienne de Nevatim à une vingtaine. On frémit à l’examen de ce véritable étranglement d’un territoire dans lequel sont concentrés 70% de la population israélienne et 80% de la capacité industrielle du pays.
On parle souvent de « retour aux frontières de 1967 ». C’est une hérésie. Comme l’a confirmé le général Moshé Bougy Yahalom, le 24 janvier 2006 :
« Dans le contexte actuel, les frontières d’avant 1967 ne sont ni sûres, ni défendables ». Israël est appelé, rappelons-le, dans la version anglaise qui fait autorité, à se retirer « de » territoires. C’est pourquoi, aussi bien le président Lyndon Johnson considérait en son temps qu’un retour au statu quo ante conduirait inévitablement à une nouvelle guerre, que le ministre britannique des Affaires étrangères, George Brown, a confirmé en 1970, que la résolution 242 est formulée de manière à ce que « Israël ne se retirera pas de tous les territoires » et que le 14 avril 2004, le président américain George Bush a confirmé cette vision au Premier ministre israélien Ariel Sharon. Au long des années, cette vision a été cautionnée par de nombreuses personnalités politiques, de Margaret Thatcher à François Mitterrand en passant par Richard Nixon, Ronald Reagan, Gerald Ford, Warren Christopher et Henry Kissinger. Mais cette position a tendance à s’éroder, notamment en Europe. Le 24 octobre 2004, Javier Solana, haut représentant de l’Union Européenne pour la politique étrangère et la sécurité commune a évoqué un retrait d’Israël « de tous les territoires occupés » et Chris Patten, commissaire européen aux relations extérieures se réfère aux frontières de 1967. Or, comme le redit avec force le général Amidror, « D’un point de vue purement technique, dans les frontières d’avant 1967, Israël perdrait sa capacité de défense. Il faut disposer d’une profondeur suffisante pour concentrer les forces de défense, ainsi que d’une distance adéquate pour permettre un temps nécessaire à leur entrée en action avant que les forces de l’ennemi ne parviennent dans l’hinterland stratégique du pays ». C’est à cette conclusion que sont parvenus les chefs d’état-majors armés des Etats-Unis : « D’un point de vue strictement militaire, Israël devra conserver une partie des territoires arabes conquis pour disposer de frontières militairement défendables. En Cisjordanie, Israël doit contrôler les territoires en altitude s’étendant du nord au sud ».
Au lendemain de l’adoption de la résolution 242, le vice-ministre soviétique des Affaires étrangères, Vassili Kouznetsov, reconnaissait : « Il ne fait aucun doute qu’il existe une grande marge d’interprétation donnant à Israël le droit d’établir de nouvelles frontières et de retirer ses forces seulement jusqu’aux endroits qu’il jugera opportun ». Eminent spécialiste de droit international, Eliahou Lauterpacht établit une distinction salutaire entre une modification territoriale illégale réalisée par un agresseur et une modification légale en riposte à une agression.
Des cartes et des documents annexes très précieux comme la missive du président Bush à Ariel Sharon complètent cette étude remarquable. Un travail de référence.

Jean-Pierre Allali

(*) Editions du Jerusalem Center for Public Affairs. 2007. 74 pages grand format.

Voir enfin:

BACKGROUNDER: Camp David 2000
Facts and Final Status Issues
Alex Safian, PhD
Camera
July 1, 2000

Many media accounts have misrepresented the « final status » issues that are now the subject of intensive negotiations at Camp David, often distorting Oslo, UN resolutions, the demographics and history of Jerusalem, and Middle East history in general.

Thus on July 6th Reuters ran a « fact box » which grossly misstated the terms of UN Resolution 242 (passed in the wake of the June 1967 Arab war against Israel), grossly misstated the terms of UN Resolution 194 (passed in the wake of the 1948 Arab war against Israel), and greatly exaggerated the Palestinian population of the city of Jerusalem by confusing the city itself with the Palestinian Authority-designated Jerusalem Governorate, a far wider area encompassing numerous surrounding towns and villages.

In a story on July 11th the New York Times made similar errors concerning Resolution 242, informing readers that « The Palestinians want a settlement based on United Nations Resolution 242, which calls for an end to Israeli occupation of the entire West Bank and Gaza, seized in the 1967 war. » That is not what the resolution says.

• UN Security Council Resolution 242

Context for the resolution: On May 15 of 1967 Egypt’s President Nasser sent columns of tanks and troops – eventually numbering 1000 top line Soviet-built tanks and 100,000 troops – across the Suez Canal and into Sinai where they continued until they reached the Israeli border. The following day Nasser ordered UN peacekeeping troops to leave the border region, where they had been stationed since 1956. The UN peacekeepers complied immediately, whereupon official Egyptian radio announced:

As of today there no longer exists an international emergency force to protect Israel. We shall exercise patience no more. We shall not complain anymore to the UN about Israel. The sole method we shall apply against Israel is total war, which shall result in the termination of Zionist existence.
On May 22 Egypt blockaded Israel’s southern port of Eilat, under international law a casus belli, or act of war. On May 27 Nasser stated « Our basic objective will be the destruction of Israel, » and the following day he stated « We will not accept any … coexistence with Israel. »

After the war, which the Israelis won decisively, the UN Security Council passed Resolution 242, which, after difficult negotiations, was carefully worded to require that Israel withdraw from « territories » rather than « the territories. » This construction, leaving out « the, » was intentional, because it was not envisioned that Israel would withdraw from all the territories, thereby returning to the vulnerable pre-war borders. And any withdrawal would be such as to create « secure and recognized boundaries. »

The British UN Ambassador at the time, Lord Caradon, who introduced the resolution to the Council, has stated that, « It would have been wrong to demand that Israel return to its positions of June 4, 1967, because those positions were undesirable and artificial. »

Our UN Ambassador at the time, former Supreme Court Justice Arthur Goldberg, has stated that, « The notable omissions – which were not accidental – in regard to withdrawal are the words ‘the’ or ‘all’ and the ‘June 5, 1967 lines’ … the resolution speaks of withdrawal from occupied territories without defining the extent of withdrawal. » This would encompass « less than a complete withdrawal of Israeli forces from occupied territory, inasmuch as Israel’s prior frontiers had proved to be notably insecure. »

The reasoning of the United States and its allies at the time was clear: Any resolution which, in the face of the aggressive war launched in 1967 against Israel, required complete Israeli withdrawal, would have been seen as a reward for aggression and an invitation to future aggression. This is assuredly not what the UN voted for, or had in mind, when it passed Resolution 242.

There is one final thing to be said concerning the missing « the. » Some commentators have argued that since the French « version » of 242 does contain the phrase « the territories, » the resolution does in fact require total Israeli withdrawal. This is incorrect — the practice in the UN is that the binding version of any resolution is the one voted upon, which is always in the language of the introducing party. In the case of 242 that party was Great Britain, thus the binding version of 242 is in English. The French translation is irrelevant

Finally, it should also be noted that by withdrawing from Sinai after the peace treaty with Egypt, Israel has already vacated 91 percent of the territories it gained in 1967.

• UN General Assembly Resolution 194

Reuters and other media outlets have uncritically accepted Palestinian claims that Resolution 194 established a Palestinian « right to return to their homes in villages and towns now part of Israel. » No such right was established; instead, in its relevant paragraph, the resolution suggested (not required, since it was passed by the General Assembly rather than the Security Council) that:

refugees wishing to return to their homes and live at peace with their neighbors should be permitted to do so at the earliest practicable date … [R]epatriation, resettlement and economic and social rehabilitation of refugees and payment of compensation [should be facilitated].
Thus the resolution required any returning Palestinian refugees to first accept living at peace with their neighbors in Israel, therefore accepting Israel’s right to exist. Very few of those refugees, even today, seem truly willing to accept this. It should also be noted that (1) the resolution applies equally to Palestinian refugees from Israel, and to the similar number of Jewish refugees from Arab countries who came to Israel after 1948, and (2) that it placed repatriation, resettlement, and payment of compensation on an equal footing.

Finally it should be noted that all the Arab states voted against Resolution 194, precisely because it did not establish a « right of return, » and because it implicitly recognized Israel.

• How many Palestinian refugees?

Many reporters have uncritically accepted Palestinian claims that there are today roughly 4 million Palestinian refugees, and that these people were somehow expelled from Israel. Thus, the usually reliable John McWethy on ABC’s World News Tonight reported that « 3.7 million refugees … were forced out of Israel and are demanding the right to return and be compensated. » Recent research by Israeli scholars such as Efraim Karsh (Fabricating Israeli History: The New Historians) have thoroughly discredited authors such as Benny Morris and Ilan Pappe who had charged Israel with mass expulsion of Palestinians during the 1948-49 Arab-Israeli war. Of course, it should be remembered that the Palestinian refugee problem was caused by this war, and that the war was initiated by the Palestinians themselves and by the five Arab states whose armies invaded Israel the day it declared independence. It should also be remembered that the roughly 550,000 Palestinian refugees were not alone — there were a similar number of Jewish refugees from Arab countries. At great expense and effort the newly born state of Israel settled these Jewish refugees. Unfortunately, the Arab states, many of them flush with oil wealth, made no such effort, often acting to keep the Palestinian refugees in continuing, festering poverty, all the better to use them as a weapon against Israel.

With regard to the Palestinian refugees today, according to the « Report of the Commissioner-General of the United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East – 1 July 1997 – 30 June 1998″ there were 3,521,130 refugees as of June 30, 1998 (Table 1). However, the report (available at http://www.unrwa.org) also states that:

UNRWA registration figures are based on information voluntarily supplied by refugees primarily for the purpose of obtaining access to Agency services, and hence cannot be considered statistically valid demographic data; the number of registered refugees present in the Agency’s area of operations is almost certainly less that the population recorded.
Moreover, not only does the UN admit the figures are of doubtful accuracy, there being obvious reason for families to claim more members and thereby receive more aid, the UN also admits that the total includes 1,463,064 Jordanian citizens, who cannot by any stretch be considered refugees. Indeed, if they are refugees, then the more than 500,000 Jewish refugees from Arab countries who came to Israel after 1948 were nonetheless still refugees even after receiving Israeli citizenship, as are their descendants (since, in these claims, descendants of Palestinian refugees are themselves considered refugees). That is, there would be in Israel today at least 2 million Jewish refugees from Arab countries. Whether or not one accepts that the descendants of refugees are themselves refugees, if the claims of the Palestinian refugees are now being discussed, so should the claims of these Jewish refugees.

• Arabs refused Israel’s 1949 offer to unconditionally admit 100,000 Palestinians

As a goodwill gesture during the Lausanne negotiations in 1949, Israel offered to take back 100,000 Palestinian refugees prior to any discussion of the refugee question. The Arab states, who had refused even to negotiate face-to-face with the Israelis, turned down the offer because it implicitly recognized Israel’s existence.

Despite this, on humanitarian grounds Israel has since the 1950’s allowed more than 50,000 refugees to return to Israel under a family reunification program, and between 1967 and 1993 allowed a further 75,000 to return to the West Bank or Gaza. Since the beginning of the Oslo process Israel has allowed another 90,000 Palestinians to gain residence in PA-controlled territory.

• Israeli compensation to Arabs who lost property; no Arab compensation to Jews

Arabs who lost property in Israel are eligible to file for compensation from Israel’s Custodian of Absentee Property. As of the end of 1993, a total of 14,692 claims had been filed, claims were settled with respect to more than 200,000 dunums of land, more than 10,000,000 NIS (New Israeli Sheckels) had been paid in compensation, and more than 54,000 dunums of replacement land had been given in compensation. Israel has followed this generous policy despite the fact that not a single penny of compensation has ever been paid to any of the more than 500,000 Jewish refugees from Arab countries, who were forced by the Arab governments to abandon their homes, businesses and savings.

• Jerusalem

Many press reports have repeated Palestinian claims that Israel is « ethnically cleansing » Jerusalem of its Arab residents. Some, like Agence France-Presse (AFP), have even used the offensive term « judaisation » (July 5, 2000). Once again the facts are otherwise — since 1967 Jerusalem’s Arab population has grown faster than its Jewish population. For example in the period 1967 – 1996 the city’s Jewish population grew by 113.1 percent, while its Arab population grew by 163.7 percent. Similarly, home construction in the Arab sector also outpaced home construction in the Jewish sector.

rev 11/03/2000
UN Security Council Resolution 242
The Security Council,
Expressing its continuing concern with the grave situation in the Middle East,
Emphasizing the inadmissibility of the acquisition of territory by war and the need to work for a just and lasting peace in which every State in the area can live in security,
Emphasizing further that all Member States in their acceptance of the Charter of the United Nations have undertaken a commitment to act in accordance with Article 2 of the Charter.
1. Affirms that the fulfillment of Charter principles requires the establishment of a just and lasting peace in the Middle East which should include the application of both the following principles:
(i) Withdrawal of Israeli armed forces from territories occupied in the recent conflict;
(ii) Termination of all claims or states of belligerency and respect for and acknowledgement of the sovereignty, territorial integrity and political independence of every State in the area and their right to live in peace within secure and recognized boundaries free from threats or acts of force;
2. Affirms further the necessity:
(a) For guaranteeing freedom of navigation through international waterways in the area;
(b) For achieving a just settlement of the refugee problem;
(c) For guaranteeing the territorial inviolability and political independence of every State in the area, through measures including the establishment of demilitarized zones;
3. Requests the Secretary General to designate a Special Representative to proceed to the Middle East to establish and maintain contacts with the States concerned in order to promote agreement and assist efforts to achieve a peaceful and accepted settlement in accordance with the provisions and principles in this resolution;
4. Requests the Secretary General to report to the Security Council on the progress of the efforts of the Special Representative as soon as possible.

 Voir encore:

On Multi-Lingual Interpretation -UN Security Council Res 242-
Shabtai Rosenne

Israel Law Review, Vol. 6, 1971; reprinted in The Arab-Israeli Conflict, Vol. II: Readings, ed. John Norton Moore (Princeton University Press, 1974)

01 Jan 1971

(Former Permanent Representative of Israel to the United Nations Office at Geneva. Member of the United Nations International Law Commission. The views expressed in this note are personal to the writer.)

Security Council resolution 242 (1967), adopted on November 22, 1967, contains the following phrase:

« Withdrawal of Israeli armed forces from territories occupied in the recent conflict. »
In the other languages used by the Security Council (except Chinese), that phrase is framed as follows:

« Retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés lors du récent conflit. »

« Vyvod izrailskikh voruzhennykh sit s territorii, okkupirovannykh vo vremya n’edavn’ego konflikta. »

« Retiro de las fuerzas armadas israelís de los territorios que ocuparon durante el reciente conflicto. »

That phrase has produced considerable controversy inside Israel, but within that controversy a secondary issue has arisen, of some juridical interest, since some of the protagonists of one point of view or another have purported to see a fundamental difference between one or other of these language versions of this phrase. We have no intention of taking sides in that particular controversy. The aim of this note is more limited, namely, to indicate certain factors relevant to the interpretation of a multi-lingual resolution of an organ of the United Nations.

The above quoted phrase in resolution 242 (1967) is identical with the draft submitted by the United Kingdom on November 16, 1967, in Security Council document S/8247: similarly the French and Russian versions of the resolution are identical with the translations into those languages, prepared by the United Nations Secretariat, of the draft resolution S/8247. On the other hand, there is a not insignificant difference between the Spanish translation of the draft resolution and the official Spanish version of the resolution itself, the draft reading: « Retiro de todas las fuerzas armadas israelís de territorios que occuparon durante el reciente conflicto ».1

Of these four languages, two, the English and the French, had, under the Provisional Rules of Procedure of the Security Council in force in November, 1967, the status of working languages, and the others the status of official languages. The regulatory texts-in this case the Charter of the United Nations and the Provisional Rules of Procedure of the Security Council do nothing to refine the concept of the status of the working languages as compared with the official languages, and the distinction is even more blurred in fact, since on the one hand the procedure of simultaneous interpretation (as distinguished from consecutive interpretation, and translation) is now employed in the meetings of the Security Council, and on the other hand the Secretariat is expeditious in issuing the documents simultaneously in all the languages. By rule 45 of the Provisional Rules of Procedure, verbatim records of the meetings of the Security Council shall be drawn tip in the working languages; but by rule 46: « All resolutions and other important documents shall forthwith be made available in the official languages… ».2 To some extent, it may be assumed for practical purposes that the working languages have a standing roughly equivalent to that of the authentic texts of an international treaty, although the analogy must be treated with considerable caution, bearing in mind that in the law of treaties the status of « authentic text » derives from the agreement of the parties, and is not imposed by mere procedure. That standing itself will when necessary relate back to the language in which the negotiation and drafting took place, there being all the difference in the world between a negotiated language version and one produced mechanically by some translation service, however competent. Here it must also be recalled that the function performed by interpretation, when the object of the exercise is a treaty being interpreted by its parties for the purposes of its own application by them, in the nature of things differs from that of interpretation of a resolution of an international organ, especially when the interpretation is being undertaken not by a party for the purposes of application by it, but fly a State which was not even a member of the organ when the resolution in question was adopted.

A close study of the rules for the interpretation of a multi-lingual treaty embodied in articles 31 to 33 of the Vienna Convention on the Law of Treaties of May 23, 19693 suggests that what the International Law Commission wanted to stress, when it put forward the draft of these rules, was, in case of doubt, the importance of determining the history of the multi-lingual texts concerned in order to establish their interrelationship as a matter of fact, as the point of departure for an operation designed to establish the intention of the parties to the treaty in question. Already in 1964 the Commission indicated that it would not be content to rely oil purely doctrinal studies, and requested the Secretariat to furnish further information regarding the practice of the United Nations in drawing up the texts of multi-lingual instruments.4 The practical considerations which prompted that attitude in relation to the interpretation of a multi-lingual treat) obviously apply with even greater force when what is being interpreted is a resolution which itself exists in a number of language versions, the precise status of which differ.

As stated, the draft of resolution 242 (1967) was submitted by the United Kingdom and naturally the original text is English. It is an historical fact, which nobody has ever attempted to deny, that the negotiations between the members of the Security Council, and with the other interested parties, which preceded the adoption of that resolution, were conducted on the basis of English texts, ultimately consolidated in Security Council document S/8247. Investigations which have since been made establish that at some stage the question was raised whether the translations prepared by the Secretariat (and especially the French translation) were adequate and accurate renderings of that original. This question was answered in the affirmative. The translations were prepared in the usual way by the appropriate language services of the Secretariat. It appears that these translations were checked by the substantive Secretariat officials in the Department of Political and Security Council Affairs of the Secretariat assigned to the Security Council, and later by the members of the Security Council themselves in informal meetings, those checks supplying the necessary political controls over the technical work. There is also some evidence to indicate that contemporary independent checks were made in different Foreign Ministries.5 The upshot was at the time a general understanding that, in the same way that the English and Russian languages can get by without use of the definite (or indefinite) article, the genius of the French and Spanish languages requires use of definite articles to a degree which a non-Latinist may find excessive and misleading, or at least confusing. A suggestion that the translation may have been faulty (although in what respect is not clear) has only been advanced recently: but even so the question is, and will remain, an open one. Many experts in the French language, including academics with no political axe to grind, have advised that the French translation is an accurate and idiomatic rendering of the original English text, and possibly even the only acceptable rendering into French. As an independent scholar of the law has recently written: « the expression ‘des territoires’ in [the French] translation may be viewed merely as an idiomatic rendering into French, not intended to depart … from the English… ».6

This contention is further supported by the proceedings in the Security Council itself. In its composition on the date in question, English was the language used by ten members (Brazil, Canada, China, Denmark, Ethiopia, India, Japan, Nigeria, United Kingdom and the United States); French was used by three members, (Bulgaria, France and Mali); and Russian and Spanish by one each, the USSR and Argentina (it will be noted that all the French-speaking delegations were then favourable to the Arab thesis). Furthermore, of the non-members invited to take part in those meetings – UAR, Israel, Jordan and Syria – all were habitually using the English language both in the meetings of the Security Council and in the private negotiations.

The draft resolution was introduced by the United Kingdom at the 1379th meeting of the Security Council on November 16, 1967. In subsequent meetings there was sporadic mention – without particular stress on linguistic problems of the meaning to be given to the phrase under consideration here. On the question of concordance, the French representative was explicit in stating that the French text was « identical » with the English text.7 The Israel representative intervened at the end of the debate to state that he was communicating to his Government nothing else except the original English text of the draft resolution as presented by the original sponsor on November 16.8 It is known from an outside source that the sponsors resisted all attempts to insert words such as « all » or « the » in the text of this phrase in the English text of the resolution,9 and it will not be overlooked that when that very word « all » erroneously crept into the Spanish translation of the draft, it was subsequently removed.

It is submitted that when resolution 242 is closely examined in the light of the practice and procedure of the Security Council and the Secretariat and of its own legislative history, the supposition of any real or assumed lack of concordance between some of the language versions of the official text of that resolution is not helpful in resolving any interpretation problems which that resolution may present. One reason for this is that in order to remove such lack of concordance, one or other of the language versions would have to be rewritten. But that process would in the nature of things introduce arbitrariness and subjectivities into the matter. For instance, it is said that the indefinite quality of the English and Russian versions – which was a matter of political determinism-ought to be met by the introduction of a word such as « certains » into the French version (and its equivalent in the Spanish). But in such a context, certains would need some equivalent in English, for instance some, a word which does not appear in the English text and which, moreover, it is unlikely that a draftsman with any command of the English language, from either side of the Atlantic, would have willingly or wittingly inserted. If on this score there is any ambiguity in resolution 242 as it stands (which we do not think to be the case), it is rendered neither greater nor less by comparison of the different language versions, but is inherent in the text as adopted, in all its language versions. In this connection it may be observed that categorical assertions that the resolution obliges Israel completely to withdraw all its armed forces from all the occupied territories are not based on preference for one or other of the language versions of the resolution, but on the resolution in its integrity, in each one of its language versions. That was made clear, by the pro-Arab spokesmen, using the English, French and Russian languages, in the Security Council debate in November 1967. However, the real problem of what the resolution means on this cardinal question, or to put it differently, what the Security Council intended, arises whatever the language in which the resolution be read or a given contention expressed.

Curiously enough, there is remarkably little international jurisprudence on the interpretation of multi-lingual resolutions of international organs. In the South-West Africa-Voting Procedure case the International Court of Justice noted that there was a slight difference between the English and French texts of a resolution of the General Assembly, and reached the conclusion, from an examination of the debates in the General Assembly, that the French version seemed to express more precisely the intention of the General Assembly.10 Applying that test to the Security Council resolution under discussion, it would follow that in order to reach viable conclusions as to the intention of the Security Council (assuming that to be the aim of the process of interpretation), all the antecedent discussions in the Security Council (from May, 1967) and in the Fifth Emergency Special Session of the General Assembly, must be taken into account.11 That includes the rejection of all resolutions calling for the complete withdrawal of all Israeli armed forces from all the occupied territories. It also includes the predominant position in fact occupied by the English language in all the formal and informal meetings and negotiations which preceded the adoption of the Security Council’s resolution under consideration here.

It is commonplace to say that interpretation is an art, not an exact science. Likewise, translation is an art, not an exact science. The most the law call do in such circumstances is to indicate in general terms, as we have done here, the nature of the rules governing the process by which this art is applied in a concrete case, the kind of intellectual discipline with which the interpreter must gird himself. In this connection, the wise counsel furnished by the greatest of Jewish jurists to the translator may appropriately be recalled:

Any translator who intends to render a work from one language to another merely by rendering word for word, and slavishly following the order of the chapters and sentences in the original, will come to grief. The product of his labor will be unintelligible and ludicrous. That method is utterly incorrect. The first step is to read the original until the translator is fully at home in it and has complete understanding of what the author has written. Then he should render the contents clearly and idiomatically. However, this can be done only if he grasps syntax by the neck and vigorously shakes it, changing the order of paragraphs and words, substituting many words for one when necessary and vice versa, and altering punctuation until the translation reads clearly, gracefully and meaningfully.12

The critic of the different language versions of the Security Council resolution would do well to keep that in his mind.

1. The change in the Spanish text was probably the result of renewed scrutiny following the intervention of the only Spanish-speaking member of the Security Council at that time, the representative of Argentina. S/PV. 1382 at 78 (Provisional English version).

2. Document S/96/Rev. 4. Following Security Council resolution 263, adopted on January 24, 1969, Russian and Spanish now have the status of working languages consequential amendments being made in the Rules of Procedure in force since then, doc. S/96/Rev. 5.

3. The Law of Treaties: A Guide to the Legislative History of the Vienna Convention, by the present writer (1970). For the draft articles on the law of treaties submitted by the International Law Commission, see Reports of the International Law Commission on the work of the second part of its seventeenth session and on it eighteenth session, in U.N. Official Records of the General Assembly, twenty-first session, supplement No. 9 (A/6309/Rev. 1), Part II, Chapter II. Yearbook of the International Law Commission (1966), vol. II at 173.

4. Report of the International Law Commission on the work of its sixteenth session, footnote 170. Official Records of the General Assembly, nineteenth session, supplement No. 9 (A/5809), Yearbook of the International Law Commission (1964), vol. II at 206. See also the discussion at the 767th meeting of the Commission, Yearbook of the International Law Commission (1964), vol. I at 298. For the memorandum of the Secretariat (in the preparation of which the present writer assisted), see document A/CN.4/187, Yearbook of the International Law Commission (1966), vol. II at 104.

5. Eugene Rostow, « The United Nations and Legal Aspects of the Search for Peace in the Middle East » (1970), Proceedings of the American Society of International Law, 69. In 1967, Dean Rostow occupied a responsible position in the State Department during the administration of President Johnson, and his remarks were made with personal knowledge and authority.

6. Julius Stone, « The ‘November Resolution’ and Middle East Peace: Pitfall of Guidance » in A Collection of Essays in honor of Josef L. Kunz (reprinted from (1970) Toledo Law Review), footnote 7.

7. S/PV.1382 at 58 (Provisional English version). Note also the remark of the representative of France at the 1895th plenary meeting of the General Assembly on November 3, 1970, insisting « in order to avoid reviving an old quarrel » that this part of resolution 242 (1967) must be quoted in exactly the same terms as those that were adopted, the English text in the original English, the French text in the original French version, the Russian text in the original Russian version, and so on. A/PV.1895 at 53 (Provisional English version). This is probably the most authoritative confirmation one could have that the French text was intended to convey exactly the same meaning as the English, and not vice versa.

8. S/PV.1382 at 96 (Provisional English version). Note also on this point Mr. Eban’s Press Conference of March 7, 1971.

9. Arthur Lall, The U.N. and the Middle East Crisis (1968) at 253-4. Ambassador Lall had earlier been Deputy Permanent Representative of India to the United Nations, and although in 1967 he held a teaching post at Columbia University, in the City of New York, he is widely regarded as reflecting the views of the Indian delegation, which at that time was a member of the Security Council.

10. I.C.J. Reports, 1955, 67 at 72.

11. See, for instance, document S/8235, circulating as a Security Council document the text of a draft resolution (which was not adopted) submitted by a group of delegations at the emergency meetings of the General Assembly. That circulation was undertaken at the request of India, made at the 1373rd meeting of the Council on November 9, 1967.

12. Maimonides to Shmuel ibn Tibbon in 1199. Translation from Leo W. Schwarz, Memoirs of My People (1943) at x.

Voir enfin:

#ArabRefuJews 10/12 : première conférence sur les réfugies juifs du monde arabe
A la une, Opinions, Société
Cool Israel
1 Dec 2014

Le 23 Juin 2014, la Knesset a adopté une loi qui désigne le 30 Novembre comme Journée nationale annuelle de commémoration pour les 850 000 réfugiés juifs qui ont été déplacés des pays arabes et d’Iran au 20e siècle. Parmi eux, 300.000 debarquèrent en France.

Les Juifs vivaient en terres arabes depuis des milliers d’années et beaucoup de leurs communautés ont précédé l’avènement de l’Islam. Mais au 20e siècle, avec la montée du nationalisme arabe et le conflit en Palestine, les nouveaux régimes arabes ont commencé une campagne de violations massives des droits de leurs citoyens juifs. Les Etats arabes ont expropriés et dénaturé les propriétés de leurs Juifs indigènes, qui ont été expulsés, arrêtés, torturés et parmi lesquels beaucoup furent assassinés.

Les récits du départ des Juifs des pays arabes diffèrent dans le détail, selon leur pays d’origine et d’une famille à une autre, mais en substance leurs histoires sont similaires.

Le 30 Novembre, l’Etat d’Israël commémore désormais l’expulsion des Juifs des pays arabes.

A l’initiative conjointe de l’Ambassade d’Israël, du Centre Simon Wiesenthal et de l’association Mémoire Sepharade, pour la première fois en France, un événement majeur marquera cette commémoration autour d’une table ronde réunissant les meilleurs experts français sur le sujet et la projection d’un film de témoignages. Le public est convié à la Mairie du XVIIè arrondissement le mercredi 10 décembre à 18h30 précises.

Télécharger l’invitation en PDF

Discours du Président de l’Etat d’Israël, Reuven Rivlin, lors d’une cérémonie à sa résidence marquant lapremière Journée de l’expulsion et de l’exode des Juifs des pays arabes et d’Iran – 30 Novembre 2014

“Nous nous sommes réunis aujourd’hui pour réparer une injustice historique, concernant près d’un million de Juifs, des immigrants en provenance de pays arabes et d’Iran, dont les histoires ont été reléguées aux marges de la narration sioniste. En effet, ceci intervient trop tard, sur une échelle trop petite, et sans impact sur la conscience du public. Cependant, il est important de chercher à corriger, sans que rien de tout cela ne soit sous-estimé. Il en va de la nature de la guérison de la conscience, qui a le pouvoir de dissoudre le résidu, de modifier l’avenir et d’établir une nouvelle conscience, qui illuminera le passé à la lumière de la justice historique. Au fil des ans, les réfugiés des communautés arabes ont estimé que la création de l’Etat elle-même, les avait relégués dans un coin d’ombre. L’établissement de l’Etat lui-même aurait brouillé la trace de leurs récits parmi les pages de l’histoire officielle. Comme si les immigrants en provenance des pays arabes n’avaient pas défilé fièrement le long des routes de « colonne de feu et de fumée » appartenant à l’histoire de notre peuple.

Les Juifs dans les pays arabes sont nés sionistes de Sion. Nul besoin de promouvoir cette idée au sein de leurs communautés ou de les convaincre de l’importance du retour du peuple à sa terre, de la mise en oeuvre d’un Etat ou de la construction du pays. Ils n’osaient pas concevoir le plan «Ouganda», après tout, l’Ouganda était pour eux un exil plutôt qu’un salut. L’amour de Sion était et reste dans leur sang. Ils s’en sont nourris comme du lait de leur mère, des versets de la prière et des histoires de leurs pères.

Bien avant l’annonce de la création de l’Etat mais surtout juste après, les Juifs des pays arabes et d’Iran se sont retrouvés emprisonnés dans leurs propres pays, soumis à des restrictions et au harcèlement, exposés sans protection aucune, à des massacres et au pillage – jusqu’aux émeutes de Tripoli à Eden. Beaucoup ont été expulsés. D’autres n’ont pu faire face au harcèlement et ont été forcés de quitter leur pays, laissant derrière eux toute l’histoire d’une vie, leurs souvenirs, les tombes de leurs parents, une langue, leur culture et leurs biens matériels.

Pendant des années, leurs voix n’ont pas été entendues et leur immense perte n’a pas été exprimée. Les horribles tragédies qui se sont produites à l’égard de notre peuple ont capté toute l’attention. Beaucoup d’immigrants ont été envoyés loin des lieux de pouvoir, pour relever les défis de la périphérie, à Dimona, Beit She’an ou Hatsor Haglilit. Ils étaient tenus de développer des villes à partir de rien, de traiter le sol du désert aride et de gérer, sur une base quotidienne, la protection des frontières de l’Etat d’Israël.

Ce n’était pas la méchanceté qui a conduit à leur exclusion de la direction du jeune Etat, mais cette exclusion a causé de la frustration et une souffrance légitime. Leurs voix ont été mises en sourdine, mais les mots étaient sans cesse sur leurs lèvres, même s’ils étaient exprimés dans un hébreu à fort accent persan ou en arabe, ce qui en Israël, était ressenti comme des langues ennemies et considéré comme une source de honte. Il a fallu du temps, trop longtemps, jusqu’à ce que les récits des immigrants juifs des pays arabes et d’Iran puissent trouver place au sein de la conscience de l’opinion publique israélienne. Et aujourd’hui, nous avons la chance d’entendre leur histoire d’une voix forte, fière et éloquente, de la bouche même de leurs fils et filles.

Cette voix, cette histoire, doit être entendue au sein du système éducatif, dans les médias, dans les arts et dans toutes les institutions officielles du pays, car elle doit aussi se faire entendre sur la scène internationale afin de réparer cette injustice historique et de garantir des réparations financières.

Jusqu’à ce jour, à Téhéran, Khaled, Bagdad, Sana’a et Tripoli, il y a encore des lieux interdits aux Juifs israéliens, même les trésors et autres biens culturels qui y ont été abandonnés ont été vandalisés et pillés, plus d’une fois par les régimes détestables. Aujourd’hui, cette journée de commémoration de l’expulsion et de l’exil des Juifs des pays arabes et d’Iran, est l’occasion de rendre justice à l’histoire. Avec un point de vue rafraîchi et pris en considération, qui n’ignore pas les problèmes du passé. Mais plus que cela, cette journée nous demande de nous souvenir et d’embrasser dans nos cœurs les trésors culturels créés dans ces communautés juives des pays arabes et d’Iran, et d’apprendre à reconnaître le rôle important qu’ils ont joué dans la création de l’avenir commun tissé ici aujourd’hui, tout au long de l’histoire de l’Etat d’Israël “.

Déclaration du Premier ministre Benjamin Netanyahu à l’occasion de la Journée de commémoration de l’expulsion et de l’exode forcé des Juifs des pays arabes et d’Iran – dimanche, 30 Novembre 2014

(Communiqué du conseiller du Premier ministre)

“Aujourd’hui, pour la première fois, nous commémorons l’expulsion de centaines de milliers de Juifs des pays arabes et d’Iran dans les années qui ont suivi  la création de l’Etat d’Israël. Ce n’est pas par hasard que ce jour est marqué au lendemain du 29 Novembre. Les pays arabes, qui n’ont jamais accepté la déclaration des Nations Unies sur la création d’un Etat juif, ont contraint les Juifs vivant sur leurs territoires de quitter leurs maisons en laissant tous leurs biens derrière eux. Dans plusieurs cas, leurs départs étaient accompagnés de pogroms et de violences contre les Juifs. Nous avons agi – et nous continuerons à agir – de telle sorte que ni eux ni leurs revendications ne soient oubliés “.

Dans le film qui suit, Aharon Abudi, raconte l’histoire de son éducation en Irak et l’histoire de sa famille, à travers le pogrom Farhud puis leur expulsion, leur intégration en Israël et toute une vie à reconstruire, à partir de ruines transformées en simple récit :

Ainsi, la communauté juive d’Irak a existé pendant plus de 2.500 ans et fut un centre culturel majeur du judaïsme, là où le Talmud de Babylone a été écrit et compilé. Cette ancienne communauté a été attaquée par le gouvernement irakien dans le sillage de la création d’Israël, elle a été expulsée -provoquant de nombreux morts- après avoir été agressée et leurs biens ou avoirs ayant été confisqué


EI/Hamas/Abbas: La continuation du génocide par d’autres moyens (What better demonstration of the Palestinians’s ultimate plan for Israel than the Islamic State’s current ethnic cleansing in Northern Iraq ?)

22 novembre, 2014

http://tsahal.fr/files/2014/11/IMG-20141118-WA0021.jpg

http://cdn.i24news.tv/upload/cache/medium_image/upload/image/IMG-20141120-WA0004.jpg http://tsahal.fr/files/2014/10/10625096_851644998209794_5864242242587765101_n.jpg
http://cdn.theatlantic.com/static/newsroom/img/mt/2014/11/RTR4EJP5_edited/lead.jpg?nf8obh
http://www.amnesty.fr/sites/default/files/images/199059_displaced_people_from_minority_yazidi_sect_fleeing_violence_from_forces_loyal_to_islamic_state_in_sinjar_town_walk_towards_syrian_border_on_outskirts_of_sinjar_mountain.img_assist_custom-490x368.jpg
http://www.courrierinternational.com/files/imagecache/magazine/2014/hebdos/1255/couv1255bd.jpg
http://i.imgur.com/btg0cHn.jpgLes armes atomiques sont un crime contre l’humanité. Khamenei 
Khamenei n’aura pas recours à l’arme atomique contre Israël car ceci provoquera la mort de Palestiniens aussi. Bachar El Assad
Si vous pouvez tuer un incroyant américain ou européen – en particulier les méchants et sales Français – ou un Australien ou un Canadien, ou tout […] citoyen des pays qui sont entrés dans une coalition contre l’État islamique, alors comptez sur Allah et tuez-le de n’importe quelle manière. (…) Tuez le mécréant qu’il soit civil ou militaire. (…) Frappez sa tête avec une pierre, égorgez-le avec un couteau, écrasez-le avec votre voiture, jetez-le d’un lieu en hauteur, étranglez-le ou empoisonnez-le. Abou Mohammed al-Adnani (porte-parole de l’EI)
Le Mouvement de la Résistance Islamique aspire à l’accomplissement de la promesse de Dieu, quel que soit le temps nécessaire. L’Apôtre de Dieu -que Dieu lui donne bénédiction et paix- a dit : « L’Heure ne viendra pas avant que les musulmans n’aient combattu les Juifs (c’est à dire que les musulmans ne les aient tués), avant que les Juifs ne se fussent cachés derrière les pierres et les arbres et que les pierres et les arbres eussent dit : ‘Musulman, serviteur de Dieu ! Un Juif se cache derrière moi, viens et tue-le. Charte du Hamas (article 7)
Le Mouvement de la Résistance Islamique croit que la Palestine est un Waqf islamique consacré aux générations de musulmans jusqu’au Jugement Dernier. Pas une seule parcelle ne peut en être dilapidée ou abandonnée à d’autres. Aucun pays arabe, président arabe ou roi arabe, ni tous les rois et présidents arabes réunis, ni une organisation même palestinienne n’a le droit de le faire. La Palestine est un Waqf musulman consacré aux générations de musulmans jusqu’au Jour du Jugement Dernier. Qui peut prétendre avoir le droit de représenter les générations de musulmans jusqu’au Jour du Jugement Dernier ? Tel est le statut de la terre de Palestine dans la Charia, et il en va de même pour toutes les terres conquises par l’islam et devenues terres de Waqf dès leur conquête, pour être consacrées à toutes les générations de musulmans jusqu’au Jour du Jugement Dernier. Il en est ainsi depuis que les chefs des armées islamiques ont conquis les terres de Syrie et d’Irak et ont demandé au Calife des musulmans, Omar Ibn-al Khattab, s’ils devaient partager ces terres entre les soldats ou les laisser à leurs propriétaires. Suite à des consultations et des discussions entre le Calife des musulmans, Omar Ibn-al Khattab, et les compagnons du Prophète, Allah le bénisse, il fut décidé que la terre soit laissée à ses propriétaires pour qu’ils profitent de ses fruits. Cependant, la propriété véritable et la terre même doit être consacrée aux seuls musulmans jusqu’au Jour du Jugement Dernier. Ceux qui se trouvent sur ces terres peuvent uniquement profiter de ses fruits. Ce waqf persiste tant que le Ciel et la Terre existent. Toute procédure en contradiction avec la Charia islamique en ce qui concerne la Palestine est nulle et non avenue.« C’est la vérité infaillible. Célèbre le nom d’Allah le Très-Haut » (Coran, LVI, 95-96). Charte du Hamas (article 11)
The Jews are the most despicable and contemptible nation to crawl upon the face of the Earth, because they have displayed hostility to Allah. Allah will kill the Jews in the hell of the world to come, just like they killed the believers in the hell of this world. Atallah Abu al-Subh (former Hamas minister of culture, 2011)
L’accélérateur est une arme. Le Hamas continue d’appuyer n’importe quelle tactique pouvant être utilisée afin de tuer des civils israéliens. Affiche du Hamas
Il n’est pas suffisant de dire que des colons sont venus, ils doivent être empêchés d’entrer sur le site par tous les moyens. C’est notre Al-Aqsa et notre lieu saint, ils n’ont pas le droit d’entrer et de le désacraliser. Jérusalem est le bijou de la couronne et la capitale éternelle de l’Etat de Palestine. Sans elle, il n’y aura pas d’Etat. Il est important que les Palestiniens soient unis afin de protéger Jérusalem. Mahmoud Abbas
Jérusalem a soif, et ne désaltérera que par le sang. Affiche du Hamas
Cette attaque est une « réponse au meurtre du martyr Youssef Ramouni ». (…) C’est est également « une réponse à la série de crimes de l’occupant à Al-Aqsa ». Le Hamas « appelle à poursuivre les opérations. Sami Abou Zouhri (porte-parole du Hamas)
Des éléments récemment découverts par Amnesty International indiquent que des membres du groupe armé qui se fait appeler État islamique (EI) ont lancé une campagne systématique de nettoyage ethnique dans le nord de l’Irak, commettant des crimes de guerre, notamment des enlèvements et exécutions sommaires de masse, contre les minorités ethniques et religieuses. Parmi les minorités ethniques et religieuses prises pour cible dans le nord de l’Irak se trouvent les chrétiens assyriens, les chiites turkmènes et shabaks, les yézidis, les kakaïs et les mandéens sabéens. De nombreux Arabes et musulmans sunnites qui s’opposent, ou sont soupçonnés de s’opposer, à l’EI ont aussi été visés par ce qui semble être des attaques de représailles. Amnesty international
Il s’agit du meilleur moyen pour récupérer notre électorat des banlieues et des quartiers. Benoit Hamon
Sweden’s new government last month recognised the state of Palestine, and Britain’s House of Commons and Ireland’s senate called on their governments to follow suit. Now, France’s governing Socialists plan to bring a similar resolution to the national assembly, while Federica Mogherini, the new EU foreign policy chief, recently announced that she wants to see a Palestinian state established during her term. Is European impatience with Israeli intransigence towards the Palestinians reaching a point of rupture? Is EU frustration with Benjamin Netanyahu, the Israeli prime minister’s expansion of Jewish settlements on occupied Arab land, proscribed by international law, inclining Europeans to force the issue of a Palestinian state? (…) Israel has been slow to realise there has been a change in sentiment in Europe, not sudden but solid, that could eventually present a challenge to its legitimacy. The shift follows a sharp rise in hostility towards Israel in western Europe, with BBC polls carried out by Gallup recording between two-thirds and three-quarters of people in the UK, Spain, Germany, France and Italy holding negative views of Israel’s policy. Sweden, furthermore, is not the first EU member to recognise Palestine. Eight other member states do, even if all of them took that decision before joining the EU. More relevant is that half of the EU, 14 members including France, voted to admit Palestine as an observer state at the UN in December 2012. (…) In February 2011, Germany, which had abstained several times during the second intifada a decade earlier, voted in the UN Security Council to condemn Israel’s settlements, in a 14-1 result vetoed by the US. (…) Recognition of Palestine as a state is likely to grow in and outside the EU; Sweden was the 135th country to sign up. As current, and former, Israeli leaders have warned, Israel faces international ostracism unless it shows itself willing to make a deal on Palestine. Yet if avenues to a separate state continue to be closed, the Palestinians may opt for an apartheid-style struggle for equal rights within a single state. For now, the EU has targeted the settlements. But whatever its intentions, it is not hard to discern an eventual dead end at which Europeans clamour for a more general boycott. The Financial Times
Right now, Israel is much more powerful than Hezbollah and Hamas. Let’s say tomorrow this was reversed. Let’s say Hamas had the firepower of Israel and Israel had the firepower of Hamas. What do you think would happen to Israel were the balance of power reversed? David Wolpe (rabbi of Los Angeles Sinai Temple)
The truth is that there is an obvious, undeniable, and hugely consequential moral difference between Israel and her enemies. The Israelis are surrounded by people who have explicitly genocidal intentions towards them. The charter of Hamas is explicitly genocidal. It looks forward to a time, based on Koranic prophesy, when the earth itself will cry out for Jewish blood, where the trees and the stones will say “O Muslim, there’s a Jew hiding behind me. Come and kill him.” This is a political document. We are talking about a government that was voted into power by a majority of Palestinians. (…) The discourse in the Muslim world about Jews is utterly shocking. Not only is there Holocaust denial—there’s Holocaust denial that then asserts that we will do it for real if given the chance. The only thing more obnoxious than denying the Holocaust is to say that itshould have happened; it didn’t happen, but if we get the chance, we will accomplish it. There are children’s shows in the Palestinian territories and elsewhere that teach five-year-olds about the glories of martyrdom and about the necessity of killing Jews. And this gets to the heart of the moral difference between Israel and her enemies. And this is something I discussed in The End of Faith. To see this moral difference, you have to ask what each side would do if they had the power to do it. What would the Jews do to the Palestinians if they could do anything they wanted? Well, we know the answer to that question, because they can do more or less anything they want. The Israeli army could kill everyone in Gaza tomorrow. So what does that mean? Well, it means that, when they drop a bomb on a beach and kill four Palestinian children, as happened last week, this is almost certainly an accident. They’re not targeting children. They could target as many children as they want. Every time a Palestinian child dies, Israel edges ever closer to becoming an international pariah. So the Israelis take great pains not to kill children and other noncombatants. (…)What do we know of the Palestinians? What would the Palestinians do to the Jews in Israel if the power imbalance were reversed? Well, they have told us what they would do. For some reason, Israel’s critics just don’t want to believe the worst about a group like Hamas, even when it declares the worst of itself. We’ve already had a Holocaust and several other genocides in the 20th century. People are capable of committing genocide. When they tell us they intend to commit genocide, we should listen. There is every reason to believe that the Palestinians would kill all the Jews in Israel if they could. Would every Palestinian support genocide? Of course not. But vast numbers of them—and of Muslims throughout the world—would. Needless to say, the Palestinians in general, not just Hamas, have a history of targeting innocent noncombatants in the most shocking ways possible. They’ve blown themselves up on buses and in restaurants. They’ve massacred teenagers. They’ve murdered Olympic athletes. They now shoot rockets indiscriminately into civilian areas. And again, the charter of their government in Gaza explicitly tells us that they want to annihilate the Jews—not just in Israel but everywhere.(…) The truth is that everything you need to know about the moral imbalance between Israel and her enemies can be understood on the topic of human shields. Who uses human shields? Well, Hamas certainly does. They shoot their rockets from residential neighborhoods, from beside schools, and hospitals, and mosques. Muslims in other recent conflicts, in Iraq and elsewhere, have also used human shields. They have laid their rifles on the shoulders of their own children and shot from behind their bodies. Consider the moral difference between using human shields and being deterred by them. That is the difference we’re talking about. The Israelis and other Western powers are deterred, however imperfectly, by the Muslim use of human shields in these conflicts, as we should be. It is morally abhorrent to kill noncombatants if you can avoid it. It’s certainly abhorrent to shoot through the bodies of children to get at your adversary. But take a moment to reflect on how contemptible this behavior is. And understand how cynical it is. The Muslims are acting on the assumption—the knowledge, in fact—that the infidels with whom they fight, the very people whom their religion does nothing but vilify, will be deterred by their use of Muslim human shields. They consider the Jews the spawn of apes and pigs—and yet they rely on the fact that they don’t want to kill Muslim noncombatants.(…) Now imagine reversing the roles here. Imagine how fatuous—indeed comical it would be—for the Israelis to attempt to use human shields to deter the Palestinians. (…) But Imagine the Israelis holding up their own women and children as human shields. Of course, that would be ridiculous. The Palestinians are trying to kill everyone. Killing women and children is part of the plan. Reversing the roles here produces a grotesque Monty Python skit. If you’re going to talk about the conflict in the Middle East, you have to acknowledge this difference. I don’t think there’s any ethical disparity to be found anywhere that is more shocking or consequential than this. And the truth is, this isn’t even the worst that jihadists do. Hamas is practically a moderate organization, compared to other jihadist groups. There are Muslims who have blown themselves up in crowds of children—again, Muslim children—just to get at the American soldiers who were handing out candy to them. They have committed suicide bombings, only to send another bomber to the hospital to await the casualities—where they then blow up all the injured along with the doctors and nurses trying to save their lives. Every day that you could read about an Israeli rocket gone astray or Israeli soldiers beating up an innocent teenager, you could have read about ISIS in Iraq crucifying people on the side of the road, Christians and Muslims. Where is the outrage in the Muslim world and on the Left over these crimes? Where are the demonstrations, 10,000 or 100,000 deep, in the capitals of Europe against ISIS?  If Israel kills a dozen Palestinians by accident, the entire Muslim world is inflamed. God forbid you burn a Koran, or write a novel vaguely critical of the faith. And yet Muslims can destroy their own societies—and seek to destroy the West—and you don’t hear a peep. (…) These incompatible religious attachments to this land have made it impossible for Muslims and Jews to negotiate like rational human beings, and they have made it impossible for them to live in peace. But the onus is still more on the side of the Muslims here. Even on their worst day, the Israelis act with greater care and compassion and self-criticism than Muslim combatants have anywhere, ever. And again, you have to ask yourself, what do these groups want? What would they accomplish if they could accomplish anything? What would the Israelis do if they could do what they want? They would live in peace with their neighbors, if they had neighbors who would live in peace with them. They would simply continue to build out their high tech sector and thrive. (…) What do groups like ISIS and al-Qaeda and even Hamas want? They want to impose their religious views on the rest of humanity. They want stifle every freedom that decent, educated, secular people care about. This is not a trivial difference. And yet judging from the level of condemnation that Israel now receives, you would think the difference ran the other way. This kind of confusion puts all of us in danger. This is the great story of our time. For the rest of our lives, and the lives of our children, we are going to be confronted by people who don’t want to live peacefully in a secular, pluralistic world, because they are desperate to get to Paradise, and they are willing to destroy the very possibility of human happiness along the way. The truth is, we are all living in Israel. It’s just that some of us haven’t realized it yet. Sam Harris
The Hamas Covenant of 1988 notably replaced the Marxist-Leninist conspiracy theory of world politics with the classic anti-Semitic tropes of Nazism and European fascism, which the Islamists had absorbed when they collaborated with the Nazis during World War II. That influence is apparent in Article 22, which asserts that “supportive forces behind the enemy” have amassed great wealth: « With their money, they took control of the world media, news agencies, the press, publishing houses, broadcasting stations, and others. With their money they stirred revolutions in various parts of the world with the purpose of achieving their interests and reaping the fruit therein. With their money, they took control of the world media. They were behind the French Revolution, the Communist revolution and most of the revolutions we heard and hear about here and there. With their money, they formed secret societies, such as Freemason, Rotary Clubs, the Lions and others in different parts of the world for the purpose of sabotaging societies and achieving Zionist interests. With their money they were able to control imperialistic countries and instigate them to colonize many countries in order to enable them to exploit their resources and spread corruption there. Jeffrey Herf
Hamas doesn’t accept, or even nominally recognize, the right of Israelis to exist as a free people. As Khalidi says, we should pay attention when Netanyahu tells Israelis about controlling their security on the West Bank. So shouldn’t we also listen when Hamas tells Palestinians that they should never accept the existence of Israel—and that victory will not come until they have wiped out not only the Jewish state but all the Jews? If you take an interest in the war in Gaza, you should read the Hamas charter, but Oz sums up its biggest idea handily enough: “It says that the Prophet commands every Muslim to kill every Jew, everywhere in the world.” If Khalidi has a problem with this, he keeps it to himself. While Oz has no problem saying that Israel’s violent occupation is unjust to Palestinians and endangers its own people, Khalidi refuses to acknowledge that Hamas exists to end Israel’s existence and thrives on Palestinian wretchedness. In the heat of his moral condemnation of Israel—and of America for supporting Israel against Hamas—the hardest line that he will allow himself against Gaza’s categorically genocidal leadership is that “we may not like” it. What would he lose to say that we must not? Philip Gourevitch
Pour comprendre pourquoi la paix en Palestine n’interviendra pas avant des années, si ce n’est des décennies, il suffit de penser aux réjouissances organisées par les Palestiniens après le meurtre de cinq Israéliens dans une synagogue de Jérusalem, dont trois jouissaient d’une co-citoyenneté américaine. Deux Palestiniens, des cousins, munis d’un hachoir à viande et d’une arme à feu, avaient attaqué des fidèles juifs pendant les prières du matin, et leur réponse fut une explosion de joie dans les rues. Le Front Populaire de Libération de la Palestine a revendiqué l’opération tandis que le Hamas se réjouissait de ces assassinats, « une réponse aux crimes incessants des Israéliens. » Le principal obstacle à la paix ne provient pas dans les implantations juives de la ville multiconfessionnelle de Jérusalem. La barrière est la culture de la haine contre les Juifs alimentée par les dirigeants palestiniens. Le premier ministre palestinien, Mahmoud Abbas à condamné les assassinats, mais non sans appeler Israël à interrompre ce qu’il a qualifié « d’invasion » de la mosquée sacrée Al Aqsa de Jérusalem. M. Abbas avait précédemment prétendu que le Mont du Temple avait été souillé par les Juifs, en dépit des assurances du premier ministre Benjamin Netanyahou que le Dôme du Rocher et la mosquée Al Aqsa continueraient d’être réservés au seul culte musulman. (…) Le but de ce nouveau djihad est d’affoler les Israéliens pour leur faire accepter la division de Jérusalem, la première exigence formulée par les Palestiniens au cours des négociations de paix qui ont récemment échoué. Cependant, c’est seulement sous la loi israélienne que toutes les religions ont pu être librement exercées à Jérusalem. Le président Obama a condamné l’attaque, mais son gouvernement a contribué en partie à semer le trouble en dénonçant les constructions dans la municipalité de Jérusalem. Dans une lettre à l’ancien premier ministre Ariel Sharon, l’administration précédente, celle de Georges W Bush, avait assuré en 2004 que tout accord de paix à venir garantirait des ajustements de la frontière de la Rive occidentale du Jourdain en fonction des réalités du terrain. En 2009, Hillary Clinton prétendit que la lettre de Bush n’avait pas de statut juridique, encourageant les rêves de division de Jérusalem des Palestiniens. Ce dont Israël a besoin aujourd’hui, c’est que les États-Unis ne donnent pas des gratifications aux actes de djihad en traînant M. Netanyahou dans des négociations avec M. Abbas. Le premier ministre israélien est en droit de refuser de rencontrer M. Abbas jusqu’à ce que l’Autorité palestinienne mette un terme à l’incitation à la violence. Le meilleur moyen d’empêcher une troisième Intifada, c’est de rassurer Israël sur le soutien des États-Unis dans des opératipns d’autodéfense et d’avertir les Palestiniens qu’ils n’auront pas de patrie tant qu’ils édifieront une société qui glorifie les meurtres d’innocents au nom de la religion. WSJ
It (…) seems reasonable to worry about the intentions of those Iranian leaders who deny or minimize the Holocaust while hoping to annihilate the Jewish state, and who have funded and trained groups—Hezbollah and Hamas—that have as their goal the killing of Jews. It is a dereliction of responsibility not to try to understand the goals and beliefs of Islamist totalitarian movements. (…) While it is true that Hamas is expert at getting innocent Palestinians killed, it has made it very plain, in word and deed, that it would rather kill Jews. The following blood-freezing statement is from the group’s charter: “The Islamic Resistance Movement aspires to the realization of Allah’s promise, no matter how long that should take. The Prophet, Allah bless him and grant him salvation, has said: ‘The day of judgment will not come until Muslims fight the Jews (killing the Jews), when the Jews will hide behind stones and trees. The stones and trees will say ‘O Muslims, O Abdulla, there is a Jew behind me, come and kill him.” This is a frank and open call for genocide, embedded in one of the most thoroughly anti-Semitic documents you’ll read this side of the Protocols of the Elders of Zion. Not many people seem to know that Hamas’s founding document is genocidal. Sometimes, the reasons for this lack of knowledge are benign; other times, as the New Yorker’s Philip Gourevitch argues in his recent dismantling of Rashid Khalidi’s apologia for Hamas, this ignorance is a direct byproduct of a decision to mask evidence of Hamas’s innate theocratic fascism. (…) What do we know of the Palestinians? What would the Palestinians do to the Jews in Israel if the power imbalance were reversed? Well, they have told us what they would do. For some reason, Israel’s critics just don’t want to believe the worst about a group like Hamas, even when it declares the worst of itself. We’ve already had a Holocaust and several other genocides in the 20th century. People are capable of committing genocide. When they tell us they intend to commit genocide, we should listen. There is every reason to believe that the Palestinians would kill all the Jews in Israel if they could. Would every Palestinian support genocide? Of course not. But vast numbers of them—and of Muslims throughout the world—would. Needless to say, the Palestinians in general, not just Hamas, have a history of targeting innocent noncombatants in the most shocking ways possible. They’ve blown themselves up on buses and in restaurants. They’ve massacred teenagers. They’ve murdered Olympic athletes. They now shoot rockets indiscriminately into civilian areas. (…) After each of these attacks, Hamas leaders issued blood-curdling statements claiming credit, and promising more death. “The Jews will lose because they crave life but a true Muslim loves death,” a former Hamas leader, Abdel-Aziz Rantisi, told me in an interview in 2002. In the same interview he made the following imperishable statement: “People always talk about what the Germans did to the Jews, but the true question is, ‘What did the Jews do to the Germans?’” (…) Hamas is an organization devoted to ending Jewish history. This is what so many Jews understand, and what so many non-Jews don’t. The novelist Amos Oz, who has led Israel’s left-wing peace camp for decades, said in an interview last week that he doesn’t see a prospect for compromise between Israel and Hamas. « I have been a man of compromise all my life, » Oz said. « But even a man of compromise cannot approach Hamas and say: ‘Maybe we meet halfway and Israel only exists on Mondays, Wednesdays and Fridays.' » In the years since it adopted its charter, Hamas leaders and spokesmen have reinforced its message again and again. Mahmoud Zahar said in 2006 that the group « will not change a single word in its covenant. » To underscore the point, in 2010 Zahhar said, « Our ultimate plan is [to have] Palestine in its entirety. I say this loud and clear so that nobody will accuse me of employing political tactics. We will not recognize the Israeli enemy. » In 2011, the former Hamas minister of culture, Atallah Abu al-Subh, said that « the Jews are the most despicable and contemptible nation to crawl upon the face of the Earth, because they have displayed hostility to Allah. Allah will kill the Jews in the hell of the world to come, just like they killed the believers in the hell of this world. » Just last week, a top Hamas official, Osama Hamdan, accused Jews of using Christian blood to make matzo. This is not a group, in other words, that is seeking the sort of peace that Amos Oz—or, for that matter, the Palestinian Authority president, Mahmoud Abbas—is seeking. People wonder why Israelis have such a visceral reaction to Hamas. The answer is easy. Israel is a small country, and most of its citizens know someone who was murdered by Hamas in its extended suicide-bombing campaigns; and most people also understand that if Hamas had its way, it would kill them as well. Jeffrey Goldberg
One of the most shocking aspects of the murderous attack on a Jerusalem synagogue this morning by men with guns and axes is not the attack itself—we’ve seen, from time to time, this sort of sectarian barbarism take place in places like Jerusalem, and Hebron. The most shocking aspect is the wholesale endorsement of this slaughter by Hamas, a group that, during this summer’s war in Gaza, half-succeeded in convincing the world that it wasn’t what it actually is: a group with actual genocidal intentions. (…) This is how a Hamas spokesman reacted to the massacre of Jews at prayer: « The new operation is heroic and a natural reaction to Zionist criminality against our people and our holy places. We have the full right to revenge for the blood of our martyrs in all possible means. » Twenty years ago, shortly after the Jewish fanatic Baruch Goldstein massacred Muslims at prayer in Hebron, the then-prime minister of Israel, Yitzhak Rabin, said of the killer, « You are not part of the community of Israel. …  You are a foreign implant. You are an errant weed. Sensible Judaism spits you out. » Hamas’s endorsement of the massacre of Jews at prayer in their holy city confirms—as if we needed confirming—that its goal is the eradication of Israel and its Jews. We should pray for the day when the leaders of Gaza react to this sort of massacre in the manner of Yitzhak Rabin. The Palestinian Authority leader, the more moderate Mahmoud Abbas, has condemned the attack, but it is also fair to say that he helped create the atmosphere in which attacks like this one become more likely. As the Times reports, the attackers « were described as being motivated by what they saw as threats to the revered plateau [the Temple Mount] that contains Al Aqsa Mosque and the Dome of the Rock. Although Prime Minister Benjamin Netanyahu of Israel has repeatedly asserted that he will not alter the status quo at the site, where non-Muslims can visit but not openly pray, President Mahmoud Abbas of the Palestinian Authority has called on his people to protect the area and has warned of a ‘holy war’ if it is ‘contaminated’ by Jews. » The Temple Mount, of course, is the holiest place in Judaism. Abbas’s belief that the presence of Jews « contaminates » the Mount speaks to his own smallness, and to his susceptibility to Muslim supremacist ideology. The status quo should absolutely be preserved, for the sake of peace, and those Israeli politicians currently calling for a change in the status quo should put away their gasoline cans. But the events of the past couple of weeks in Jerusalem suggest that a core issue of the conflict remains the unwillingness of many Palestinian Muslims to accept the idea that Jews have rights in their ancestral homeland. And in the case of Hamas and like-minded groups, that Jews have a right to live. Jeffrey Goldberg

Attention: un génocide peut en cacher un autre !

Alors qu’un récent rapport d’Amnesty international confirme qu’un nettoyage ethnique est bien en cours en Irak …

Et à l’heure où le plus grand canard boiteux de l’histoire américaine moderne pousse les feux pour obtenir coûte que coûte un accord sur le nucléaire avec un pays qui prône l’effacement de la carte d’un de ses voisins …

Et où, nous avertit le Financial times après les reconnaissances effectives ou annoncéesélectorat musulman oblige – de nombre de pays européens, « la patience de l’UE pour l’Etat hébreu est à bout » …

Pendant que, suite à un nouveau massacre de civils dans une synagogue,  le Hamas salue comme « acte héroïque » et « appelle à poursuivre » les assassinats à l’arme blanche ou à la voiture bélier lancées, comme on le sait, par l’Etat islamique

Et que le président de l’Autorité palestinienne renouvelle ses appels à « protéger la mosquée Al Aqsa de la contamination juive » …

Comment ne pas voir, avec Jeffrey Goldberg, la nature proprement génocidaire du projet palestinien ?

Hamas Endorses a Massacre
Understanding the true genocidal nature of the Muslim Brotherhood’s Palestinian branch
Jeffrey Goldberg
The Atlantic
Nov 18 2014

One of the most shocking aspects of the murderous attack on a Jerusalem synagogue this morning by men with guns and axes is not the attack itself—we’ve seen, from time to time, this sort of sectarian barbarism take place in places like Jerusalem, and Hebron. The most shocking aspect is the wholesale endorsement of this slaughter by Hamas, a group that, during this summer’s war in Gaza, half-succeeded in convincing the world that it wasn’t what it actually is: a group with actual genocidal intentions.

According to witnesses, the two attackers entered the synagogue, in the Har Nof neighborhood, and began killing worshipers with pistols and axes. (Both assailants were killed by police, but not before they murdered four worshipers and injured at least six others, including two police officers.)

“To see Jews wearing tefillin [phylacteries] and wrapped in the tallit [prayer shawls] lying in pools of blood, I wondered if I was imagining scenes from the Holocaust,”  said Yehuda Meshi Zahav, who leads an emergency-response team, according to The New York Times. « It was a massacre of Jews at prayer.”

This is how a Hamas spokesman reacted to the massacre of Jews at prayer: « The new operation is heroic and a natural reaction to Zionist criminality against our people and our holy places. We have the full right to revenge for the blood of our martyrs in all possible means. »

Twenty years ago, shortly after the Jewish fanatic Baruch Goldstein massacred Muslims at prayer in Hebron, the then-prime minister of Israel, Yitzhak Rabin, said of the killer, « You are not part of the community of Israel. …  You are a foreign implant. You are an errant weed. Sensible Judaism spits you out. »

Hamas’s endorsement of the massacre of Jews at prayer in their holy city confirms—as if we needed confirming—that its goal is the eradication of Israel and its Jews. We should pray for the day when the leaders of Gaza react to this sort of massacre in the manner of Yitzhak Rabin.

The Palestinian Authority leader, the more moderate Mahmoud Abbas, has condemned the attack, but it is also fair to say that he helped create the atmosphere in which attacks like this one become more likely. As the Times reports, the attackers « were described as being motivated by what they saw as threats to the revered plateau [the Temple Mount] that contains Al Aqsa Mosque and the Dome of the Rock. Although Prime Minister Benjamin Netanyahu of Israel has repeatedly asserted that he will not alter the status quo at the site, where non-Muslims can visit but not openly pray, President Mahmoud Abbas of the Palestinian Authority has called on his people to protect the area and has warned of a ‘holy war’ if it is ‘contaminated’ by Jews. »

The Temple Mount, of course, is the holiest place in Judaism. Abbas’s belief that the presence of Jews « contaminates » the Mount speaks to his own smallness, and to his susceptibility to Muslim supremacist ideology. The status quo should absolutely be preserved, for the sake of peace, and those Israeli politicians currently calling for a change in the status quo should put away their gasoline cans. But the events of the past couple of weeks in Jerusalem suggest that a core issue of the conflict remains the unwillingness of many Palestinian Muslims to accept the idea that Jews have rights in their ancestral homeland. And in the case of Hamas and like-minded groups, that Jews have a right to live.

Voir aussi:

What Would Hamas Do If It Could Do Whatever It Wanted?
Understanding what the Muslim Brotherhood’s Gaza branch wants by studying its theology, strategy, and history
Jeffrey Goldberg
The Atlantic
Aug 4 2014

In the spring of 2009, Roger Cohen, the New York Times columnist, surprised some of his readers by claiming that Iran’s remaining Jews were “living, working and worshiping in relative tranquility.”

Cohen wrote: “Perhaps I have a bias toward facts over words, but I say the reality of Iranian civility toward Jews tells us more about Iran—its sophistication and culture—than all the inflammatory rhetoric.”

Perhaps.

In this, and other, columns, Cohen appeared to be trying to convince his fellow Jews that they had less to fear from the Iran of Khamenei and (at the time) Ahmadinejad than they thought. To me, the column was a whitewash. It seemed (and seems) reasonable to worry about the intentions of those Iranian leaders who deny or minimize the Holocaust while hoping to annihilate the Jewish state, and who have funded and trained groups—Hezbollah and Hamas—that have as their goal the killing of Jews.

Cohen’s most acid critics came from within the Persian Jewish exile community. The vast majority of Iran’s Jews fled the country after the Khomeini revolution; many found refuge in Los Angeles. David Wolpe, the rabbi of Sinai Temple there, invited Cohen to speak to his congregants, about half of whom are Persian exiles, shortly after the column appeared. Cohen, to his credit, accepted the invitation. The encounter between Cohen and an audience of several hundred (mainly Jews, but also Bahais, members of a faith persecuted with great intensity by the Iranian regime) was tense but mainly civil (you can watch it here). For me, the most interesting moment came not in a discussion about the dubious health of Iran’s remnant Jewish population, but after Wolpe asked Cohen about the intentions of Iran and its allies toward Jews living outside Iran.

“Right now,” Wolpe said, “Israel is much more powerful than Hezbollah and Hamas. Let’s say tomorrow this was reversed. Let’s say Hamas had the firepower of Israel and Israel had the firepower of Hamas. What do you think would happen to Israel were the balance of power reversed?”

“I don’t know what would happen tomorrow,” Cohen answered. This response brought a measure of derisive laughter from the incredulous audience. “And it doesn’t matter that I don’t know because it’s not going to happen tomorrow or in one or two years.” Wolpe quickly told Cohen that he himself knows exactly what would happen if the power balance between Hamas and Israel were to be reversed. (Later, Wolpe told me that he thought Cohen could not have been so naïve as to misunderstand the nature of Hamas and Hezbollah, but instead was simply caught short by the question.)

At the time, Cohen suggested that he was uninterested in grappling with the nature of Hamas and its goals. “I reject the thinking behind your question,” he said. “It’s not useful to go there.”

“Going there,” however, is necessary, not only to understand why Israelis fear Hamas, but also to understand that the narrative advanced by Hamas apologists concerning the group’s beliefs and goals is false. “Going there” also does not require enormous imagination, or a well-developed predisposition toward paranoia. It is, in my opinion, a dereliction of responsibility on the part of progressives not to try to understand the goals and beliefs of Islamist totalitarian movements.

(This post, you should know, is not a commentary on the particulars of the war between Israel and Hamas, a war in which Hamas baited Israel and Israel took the bait. Each time Israel kills an innocent Palestinian in its attempt to neutralize Hamas’s rockets, it represents a victory for Hamas, which has made plain its goal of getting Israel to kill innocent Gazans. Suffice it to say that Israel cannot afford many more “victories” of the sort it is seeking in Gaza right now. I supported a ceasefire early in this war precisely because I believed that the Israeli government had not thought through its strategic goals, or the methods for achieving those goals.)

While it is true that Hamas is expert at getting innocent Palestinians killed, it has made it very plain, in word and deed, that it would rather kill Jews. The following blood-freezing statement is from the group’s charter: “The Islamic Resistance Movement aspires to the realization of Allah’s promise, no matter how long that should take. The Prophet, Allah bless him and grant him salvation, has said: ‘The day of judgment will not come until Muslims fight the Jews (killing the Jews), when the Jews will hide behind stones and trees. The stones and trees will say ‘O Muslims, O Abdulla, there is a Jew behind me, come and kill him.”

This is a frank and open call for genocide, embedded in one of the most thoroughly anti-Semitic documents you’ll read this side of the Protocols of the Elders of Zion. Not many people seem to know that Hamas’s founding document is genocidal. Sometimes, the reasons for this lack of knowledge are benign; other times, as the New Yorker’s Philip Gourevitch argues in his recent dismantling of Rashid Khalidi’s apologia for Hamas, this ignorance is a direct byproduct of a decision to mask evidence of Hamas’s innate theocratic fascism.

The historian of totalitarianism Jeffrey Herf, in an article on the American Interest website, places the Hamas charter in context:

[T]he Hamas Covenant of 1988 notably replaced the Marxist-Leninist conspiracy theory of world politics with the classic anti-Semitic tropes of Nazism and European fascism, which the Islamists had absorbed when they collaborated with the Nazis during World War II. That influence is apparent in Article 22, which asserts that “supportive forces behind the enemy” have amassed great wealth: « With their money, they took control of the world media, news agencies, the press, publishing houses, broadcasting stations, and others. With their money they stirred revolutions in various parts of the world with the purpose of achieving their interests and reaping the fruit therein. With their money, they took control of the world media. They were behind the French Revolution, the Communist revolution and most of the revolutions we heard and hear about here and there. With their money, they formed secret societies, such as Freemason, Rotary Clubs, the Lions and others in different parts of the world for the purpose of sabotaging societies and achieving Zionist interests. With their money they were able to control imperialistic countries and instigate them to colonize many countries in order to enable them to exploit their resources and spread corruption there. »

The above paragraph of Article 22 could have been taken, almost word for word, from Nazi Germany’s anti-Jewish propaganda texts and broadcasts.

The question Roger Cohen refused to answer at Sinai Temple was addressed in a recent post by Sam Harris, the atheist intellectual, who is opposed, as a matter of ideology, to the existence of Israel as a Jewish state (or to any country organized around a religion), but who for practical reasons supports its continued existence as a haven for an especially persecuted people, and also as a not-particularly religious redoubt in a region of the world deeply affected by religious fundamentalism. Referring not only to the Hamas charter, Harris writes that, “The discourse in the Muslim world about Jews is utterly shocking.”

Not only is there Holocaust denial—there’s Holocaust denial that then asserts that we will do it for real if given the chance. The only thing more obnoxious than denying the Holocaust is to say that it should have happened; it didn’t happen, but if we get the chance, we will accomplish it. There are children’s shows in the Palestinian territories and elsewhere that teach five-year-olds about the glories of martyrdom and about the necessity of killing Jews.

And this gets to the heart of the moral difference between Israel and her enemies. …

What do we know of the Palestinians? What would the Palestinians do to the Jews in Israel if the power imbalance were reversed? Well, they have told us what they would do. For some reason, Israel’s critics just don’t want to believe the worst about a group like Hamas, even when it declares the worst of itself. We’ve already had a Holocaust and several other genocides in the 20th century. People are capable of committing genocide. When they tell us they intend to commit genocide, we should listen. There is every reason to believe that the Palestinians would kill all the Jews in Israel if they could. Would every Palestinian support genocide? Of course not. But vast numbers of them—and of Muslims throughout the world—would. Needless to say, the Palestinians in general, not just Hamas, have a history of targeting innocent noncombatants in the most shocking ways possible. They’ve blown themselves up on buses and in restaurants. They’ve massacred teenagers. They’ve murdered Olympic athletes. They now shoot rockets indiscriminately into civilian areas.

The first time I witnessed Hamas’s hatred of Jews manifest itself in large-scale, fatal violence was in late July of 1997, when two of the group’s suicide bombers detonated themselves in an open-air market in West Jerusalem. The attack took 16 lives, and injured 178. I happened to be only a few blocks from the market at the time of the attack, and arrived shortly after the paramedics and firefighters. Over the next hours, a scene unfolded that I would see again and again: screaming relatives; members of the Orthodox burial society scraping flesh off walls; the ground covered in blood and viscera. I remember another Hamas attack, on a bus in downtown Jerusalem, in which body parts of children were blown into the street by the force of the blast. At yet another bombing, I was with rescue workers as they recovered a human arm stuck high up in a tree.

After each of these attacks, Hamas leaders issued blood-curdling statements claiming credit, and promising more death. “The Jews will lose because they crave life but a true Muslim loves death,” a former Hamas leader, Abdel-Aziz Rantisi, told me in an interview in 2002. In the same interview he made the following imperishable statement: “People always talk about what the Germans did to the Jews, but the true question is, ‘What did the Jews do to the Germans?’”

I will always remember this interview not only because Rantisi’s Judeophobia was breathtaking, but because just as I was leaving his apartment in Gaza City, a friend from Jerusalem called to tell me that she had just heard a massive explosion outside her office at the Hebrew University (not far, by the way, from an attack earlier today). A cafeteria had just been bombed, my friend told me. This was another Hamas operation, one which killed nine people, including a young woman of exceptional promise named Marla Bennett, a 24-year-old American student who wrote shortly before her death, “My friends and family in San Diego ask me to come home, it is dangerous here. I appreciate their concern. But there is nowhere else in the world I would rather be right now. I have a front-row seat for the history of the Jewish people.”

Hamas is an organization devoted to ending Jewish history. This is what so many Jews understand, and what so many non-Jews don’t. The novelist Amos Oz, who has led Israel’s left-wing peace camp for decades, said in an interview last week that he doesn’t see a prospect for compromise between Israel and Hamas. « I have been a man of compromise all my life, » Oz said. « But even a man of compromise cannot approach Hamas and say: ‘Maybe we meet halfway and Israel only exists on Mondays, Wednesdays and Fridays.' »

In the years since it adopted its charter, Hamas leaders and spokesmen have reinforced its message again and again. Mahmoud Zahar said in 2006 that the group « will not change a single word in its covenant. » To underscore the point, in 2010 Zahhar said, « Our ultimate plan is [to have] Palestine in its entirety. I say this loud and clear so that nobody will accuse me of employing political tactics. We will not recognize the Israeli enemy. »

In 2011, the former Hamas minister of culture, Atallah Abu al-Subh, said that « the Jews are the most despicable and contemptible nation to crawl upon the face of the Earth, because they have displayed hostility to Allah. Allah will kill the Jews in the hell of the world to come, just like they killed the believers in the hell of this world. » Just last week, a top Hamas official, Osama Hamdan, accused Jews of using Christian blood to make matzo. This is not a group, in other words, that is seeking the sort of peace that Amos Oz—or, for that matter, the Palestinian Authority president, Mahmoud Abbas—is seeking. People wonder why Israelis have such a visceral reaction to Hamas. The answer is easy. Israel is a small country, and most of its citizens know someone who was murdered by Hamas in its extended suicide-bombing campaigns; and most people also understand that if Hamas had its way, it would kill them as well.

Voir également:

An Honest Voice in Israel
Philip Gourevitch

The New Torker

August 2, 2014

Shortly before the announcement Thursday night of the ceasefire in Gaza that went into effect Friday morning and was immediately broken, the Deutsche Welle, the German radio station, posted the transcript of an interview with the Israeli novelist Amos Oz. Here’s how it started:

OZ: I would like to begin the interview in a very unusual way: by presenting one or two questions to your readers and listeners. May I do that?
DEUTSCHE WELLE: Go ahead!
QUESTION 1: What would you do if your neighbor across the street sits down on the balcony, puts his little boy on his lap, and starts shooting machine-gun fire into your nursery?
QUESTION 2: What would you do if your neighbor across the street digs a tunnel from his nursery to your nursery in order to blow up your home or in order to kidnap your family?

Oz is no hawk. He is the godfather of Israeli peaceniks: in 1967, right after the Six-Day War—in which he fought—left Israel in control of the West Bank and the Gaza Strip, he was the first Israeli to call publicly for the creation of an independent Palestinian state in those territories, writing, “Even unavoidable occupation is a corrupting occupation.” He has always opposed the establishment of Israeli settlements on Palestinian land, and, in 1978, he was a founder of Peace Now. He is a steadfast critic of the policies toward Palestinians of Prime Minister Benjamin Netanyahu, and, in the Deutsche Welle interview, advocated once again an Israeli deal with the Palestinian President, Mahmoud Abbas. “My suggestion,” he said, is “a two-state solution and coexistence between Israel and the West Bank: two capitals in Jerusalem, a mutually agreed territorial modification, removal of most of the Jewish settlements from the West Bank.”

Although Netanyahu has said that he accepts the two-state idea, he has doggedly resisted efforts to realize it, and his resistance has carried a terrible price for both Israelis and Palestinians. Oz argues cogently that such an agreement, followed by heavy Israeli investment in the success of the West Bank, would do more to destroy Hamas’s hold over Gaza than all of Israel’s wars there have managed. “The people in Gaza will be very jealous of the freedom and prosperity enjoyed by their brothers and sisters on the West Bank in the state of Palestine,” he said.

Oz’s interview is not only one of the most sober reckonings of Israel’s current position that you can find, his insistence that Israel and Palestine really could do vastly better by each other also makes it one of the most optimistic. While Oz finds it impossible to oppose Israel’s current war on principle—he calls it “justified, but excessive”—his longstanding commitment to the end of settlements and a two-state peace deal means that he is convinced that this war could have been avoided. In this, the peacenik novelist sounds very much like the six former Israeli spy chiefs profiled in the powerful documentary “The Gatekeepers,” all of whom left Israel’s national-security apparatus convinced that there can be no military solution to their conflict with the Palestinians, only a political one. That is Oz’s point in asking the brutal questions at the start of his interview: “For Israel,” he said, “it is a lose-lose situation.”

Meanwhile, on newyorker.com, the Columbia professor and former Palestinian diplomat Rashid Khalidi brushes aside the sort of questions that Oz poses—“What would you do if … ”—as mere “pretexts” and “red herrings” to excuse wanton Israeli aggression. Just last month, Netanyahu told Israelis, as he has repeatedly, that they must never relinquish “security control” over the West Bank, and Khalidi interprets this to mean that Israel’s war in Gaza “is not really about Hamas.” No, he writes, “It is not about rockets. It is not about ‘human shields’ or terrorism or tunnels. It is about Israel’s permanent control over Palestinian land and Palestinian lives.” In short, Khalidi claims, Israel’s only purpose is the collective punishment of Palestinians for resisting Israeli subjugation, and it follows that the unjustifiability of Israeli violence justifies Palestinian violence. After all, he writes, “Gaza is a ghetto and ghettos will inevitably fight back against those who ghettoize them.”

When Oz speaks of the neighbor who shoots at you with a child on his lap, he is speaking, of course, of Hamas, and he consistently makes the distinction clear between Hamas and Palestinian civilians, for whom this war has been a devastating bloodbath. Oz does not absolve Israel from its responsibility for the death and destruction in Gaza—that would be impossible—but he sees Hamas as more than an equal partner in it. That is what he means, he explains, when he describes the war as lose-lose for Israel: “The more Israeli casualties, the better it is for Hamas. The more Palestinian civilian casualties, the better it is for Hamas.” There is no end of argument about how to parcel out responsibility for this war and its ghastly toll on Gazans, but Oz is hardly alone in his view of Hamas’s strategy. My colleague Lawrence Wright, in his deep reporting and one-man theatre piece about Gaza, is unsparingly critical of the Israeli occupation. But, when he turns to Hamas’s attitude towards Gaza’s disproportionately young population, he concludes, “These children are being groomed to die.”

Khalidi, however, hasn’t got a bad word for Hamas. He says, “We might not like Hamas or some of its methods, but that is not the same as accepting the proposition that Palestinians should supinely accept the denial of their right to exist as a free people in their ancestral homeland.” Right—of course it’s not the same. But that doesn’t negate the fact that Hamas doesn’t accept, or even nominally recognize, the right of Israelis to exist as a free people. As Khalidi says, we should pay attention when Netanyahu tells Israelis about controlling their security on the West Bank. So shouldn’t we also listen when Hamas tells Palestinians that they should never accept the existence of Israel—and that victory will not come until they have wiped out not only the Jewish state but all the Jews?

If you take an interest in the war in Gaza, you should read the Hamas charter, but Oz sums up its biggest idea handily enough: “It says that the Prophet commands every Muslim to kill every Jew, everywhere in the world.” If Khalidi has a problem with this, he keeps it to himself. While Oz has no problem saying that Israel’s violent occupation is unjust to Palestinians and endangers its own people, Khalidi refuses to acknowledge that Hamas exists to end Israel’s existence and thrives on Palestinian wretchedness. In the heat of his moral condemnation of Israel—and of America for supporting Israel against Hamas—the hardest line that he will allow himself against Gaza’s categorically genocidal leadership is that “we may not like” it. What would he lose to say that we must not?

Ultimately, Khalidi’s argument seems to be that might makes wrong. Israel, he says, is “the stronger party.” He sees that strength as entirely dependent on America, and he argues that, if America seriously wants to make peace, it must cut Israel loose. Khalidi’s aim is to drive a wedge between Israel and what he sees as the only thing it has going for it—American support—but, by blinding himself to Hamas’s reality, or by denying it, he trips himself up. As we have seen since the breakdown on Friday of the American-brokered ceasefire in Gaza, the dastardliness of Hamas has, in fact, created a greater sense of common cause between Obama and Netanyahu than we have ever seen before. Oz cannot be happy about that, but he can surely understand it, whereas Khalidi’s magical thinking invites incomprehension. That is the real difference that Oz represents: whatever you may think of his position, you cannot but recognize that he is that rarest thing in this war—an honest voice.

Voir de plus:

In Their Own Words

Why They Fight: Hamas’ Too-Little-Known Fascist Charter

The American interest

As the Gaza conflict rolls on, the Western press has virtually ignored Hamas’s 1988 “Covenant,” which precisely details the terror group’s radical anti-Semitism and intellectual debt to Nazi ideology.

Given all the ink spilled about the current Gaza war, and the innumerable tragic photos, it’s strange that the Western press hasn’t inquired into why one of the parties is fighting. That would be Hamas, of course; the turgid psychologizing about Israel’s motives is quite familiar. But what about its Islamist enemy, penned up in a barren territory from which it launches rockets and digs tunnels under Israeli kibbutzim and kindergartens? For what was all that concrete poured, into the ground as part of the offensive, instead of above ground as the foundation of schools, factories, and homes?

It’s not exactly hard to find out. Hamas published a “Covenant” of 36 articles on August 18, 1988, that details its aims and ideology precisely. Its philosophy is rooted in the totalitarianism and radical anti-Semitism that has undergirded Islamism since its rise in the 1930s and 1940s. Far from moderating its core ideology, Hamas’ seizure of power in 2007 gave it the opportunity to make policy based on its guiding goal—namely, the destruction the state of Israel.1 But even though the Covenant is the declaration of intent of a group now governing millions of people, it goes unnoticed by reporters, editors, and pundits who race to comment on Hamas’ war with Israel.

There is no reason for this ignorance. The briefest Google search brings one to an English translation of the Covenant, provided by the Avalon Project of the Yale Law School over a decade ago. Hamas has not revised or modified its Covenant in all that time. The public statements of its leaders and its continued terror offensive against Israel are clear evidence that Hamas in 2014 remains inspired by the ideas expressed in founding text. This should be every policy maker’s, and every journalist’s, first stop in their efforts to understand Hamas. And it is of utmost importance that they read the text itself, as any student of literature will tell you. There is no substitute; to understand a person one must read him in his own words, noting everything from the cadence and syntax to the allusions to key figures of his ideological tradition. The Gaza war will be incomprehensible to anyone who refuses to take Hamas at its word—these words.

The Covenant’s first words place it into the longer tradition that historians call “Islamism,” that is, a distinct twentieth-century interpretation of the religion of Islam that emerged in the 1930s and 1940s in Egypt and Palestine. Islamism’s key figures included the Nazi sympathizer Haj Amin-El Husseini, the founder of the Muslim Brotherhood, Hassan al-Banna, and the Brotherhood’s leading ideologue of the 1950s and 1960s, Sayyid Qutb. According to them, Islam was an inherently anti-Jewish religion. Through selective quotation from the Koran and various commentaries, they claimed Islam’s holiest book supported their racist and anti-Jewish views. The Islamists also opposed liberal democracy, celebrated terrorism, supported the Nazis during World War II, and have been the most implacable enemies of Zionism since long before Israel’s founding in 1948.2 The authors of the Hamas Covenant traced their origins to “the struggle against the Zionist invaders” in 1939, to the Moslem Brotherhood and its role in the 1948 war, and to the “Jihad operations of the Moslem Brotherhood in 1968 and after.” Hamas is one variation of an Islamist tradition that also drives al-Qaeda, Hezbollah, the government of Iran, Boko Haram in Nigeria, and most recently, ISIS. These terrorist organizations have fought one another at times, but they share the views that the religion of Islam is at its core hostile to the Jews and that the state of Israel should be destroyed by force.

The authors of this charter make their allegiance to Islamism clear from the outset, distinguishing themselves from other, secular anti-Zionist groups. They cite Hassan al-Banna, the iconic founder of the Muslim Brotherhood in Egypt, who said, “Israel will exist and will continue to exist until Islam will obliterate it, just as it obliterated others before it.” Furthermore, the Covenant claims that the destruction of Israel is a religious obligation, that is, for Muslims; it is a “response to Allah’s command.” In contrast to the secular radicalism of the Palestine Liberation Organization (PLO), which by 1988 was beginning to lose favor with its Soviet patrons, the Covenant offered an unambiguously religious justification for hating Jews. While the PLO Charter of 1968 also called for the destruction of Israel by force, the eventual collapse of the Soviet bloc deprived it of its major arms supplier and military adviser, not to mention its champion at the United Nations. As secular anti-Zionism was losing its key support, the religious wave was cresting in the wake of the Iranian Revolution in 1979 and the failure of the secular anti-Zionists to destroy Israel.

Hamas, like all varieties of Islamist politics, dispensed with the PLO’s dubious assertion that anti-Zionism was not identical to hatred of the Jews as Jews. On the contrary, the writers declare, “our struggle against the Jews is very great and very serious”—the ultimate goal, not merely a tactic. To Hamas, this cause is both great and serious because it is explicitly religious. The Covenant is a Manichean document; it divides politics into true or false, just or unjust, alternatives. It promises to remake the world in the name of Islam, which, it regrets, has been wrongly driven from public life. This is its slogan: “Allah is its target, the Prophet is its model, and the Koran is its constitution: Jihad is the path and death for the sake of Allah is the loftiest of its wishes.” This celebration of martyrdom and death had been a key theme in Hassan al-Banna’s writings and subsequently became a commonplace for Islamists.

Not only is it fighting the Jews themselves. Hamas is devoted to destroying their nation, Israel. It strives to “raise the banner of Allah over every inch of Palestine, for under the wing of Islam followers of all religions can coexist in security and safety with their lives, possession and rights are concerned.” It goes without saying that no one, least of all the Jews, would take seriously Hamas’ promise that all religions would “coexist” under Islam. The Arab nations expelled their Jewish populations after Israel’s founding in 1948. But leaving aside its risible attempt at reassurance, this excerpt illustrates that from the outset Hamas sought to recover “every inch of Palestine,” in other words, the entire state of Israel. The Covenant states, “the land of Palestine is an Islamic Waqf (or inalienable religious endowment of property) consecrated for future Moslem generations until Judgment Day. It, or any part of it, should not be squandered: it, or any part of it, should not be given up.” For Hamas, a two-state solution that left any part of Israel intact would constitute religious apostasy.3

If you had any doubts about what the conquest would entail, the Covenant’s Article 13 makes the political implications of these religious demands clear. Diplomatic efforts such as “peaceful solutions, initiatives and international conferences” are “in contradiction to the principles of the Islamic Resistance Movement.” In fact, there is “no solution for the Palestinian question except through Jihad. Initiatives, proposals and international conferences are a waste of time and vain endeavors.”4 Nor can any individual Muslim abstain from warfare, according to document. Article 15 declares, “Jihad for the liberation of Palestine is an individual duty. In the face of the Jews’ usurpation of Palestine, it is compulsory that the banner of Jihad be raised.” Many anti-Zionist assaults have been bloody, but Hamas’s distinctive contribution was the theological sanction of violence.

Though Islamism owes a considerable debt to Nazism, the Hamas Covenant claims that it is Israel that is the equal of Nazi Germany. In Article 20, the authors write that they confront “a vicious enemy which acts in a way similar to Nazism, making no differentiation between man and women, between children and old people….”5 The “Israelis as Nazis” canard has been a staple of both secular and religious anti-Zionist propaganda since the 1960s. When the secular anti-Zionists such as Nasser, Arafat, and Assad, Sr., spoke about global conspiracies against the Arabs, they attributed a mythical conspiracy against the Arabs to “U.S. imperialism” and its Israeli “spearhead”—echoing the propaganda of their patrons, the Soviets.6 Indeed, the Hamas Covenant of 1988 notably replaced the Marxist-Leninist conspiracy theory of world politics with the classic anti-Semitic tropes of Nazism and European fascism, which the Islamists had absorbed when they collaborated with the Nazis during World War II. That influence is apparent in Article 22, which asserts that “supportive forces behind the enemy” have amassed great wealth:

With their money, they took control of the world media, news agencies, the press, publishing houses, broadcasting stations, and others. With their money they stirred revolutions in various parts of the world with the purpose of achieving their interests and reaping the fruit therein. They were behind the French Revolution, the Communist revolution and most of the revolutions we heard and hear about, here and there. With their money, they formed secret societies, such as Freemason, Rotary Clubs, the Lions and others in different parts of the world for the purpose of sabotaging societies and achieving Zionist interests. With their money they were able to control imperialistic countries and instigate them to colonize many countries in order to enable them to exploit their resources and spread corruption there.

The above paragraph of Article 22 could have been taken, almost word for word, from Nazi Germany’s anti-Jewish propaganda texts and broadcasts.7 Echoing the European, but also American, anti-Semites of the twentieth century, Hamas repeated the assertion that the Jews used their money to control both “the world media” and the established social order. At the same time, these Jewish scions of the status quo were “behind” the French and Communist revolutions—one of European fascists’ favorite theories during their heyday. In the same manner as their anti-Semitic predecessors, the authors of the Hamas Covenant claimed that the Jews “control imperialistic countries” and advocate colonization and exploitation of other nations. Notably, it is Israel that controls the U.S. in this account, a reversal of the Soviet-era anti-Zionist propaganda. This paranoid vision of powerful, wealthy, and evil Jews echoes such works as The Protocols of the Elders of Zion, Hitler’s Mein Kampf, and the daily diet of Nazi newspapers and Arabic-language radio broadcast from Nazi Berlin by Arab collaborators. The Covenant is so devoted to the fantasy that Jews engineer every world event that it blames the Jews for starting World War I:

You may speak as much as you want about regional and world wars. They were behind World War I, when they were able to destroy the Islamic Caliphate, making financial gains and controlling resources. They obtained the Balfour Declaration, formed the League of Nations through which they could rule the world. They were behind World War II, through which they made huge financial gains by trading in armaments, and paved the way for the establishment of their state. It was they who instigated the replacement of the League of Nations with the United Nations and the Security Council to enable them to rule the world through them. There is no war going on anywhere, without their having their finger in it.

For anyone with the slightest knowledge of modern European history and the causes of World War I, the assertion that the Jews, a stateless minority scattered among many nations of Europe, had anything at all to do with its outbreak is preposterous. More, it is a depressing confirmation of the intellectual backwardness and historical ignorance of the authors of this document, and of Muslim Brotherhood’s success in diffusing anti-Semitic propaganda in the decades after World War II. The charge that Jews masterminded the League of Nation is no less befuddling; it hardly needs saying that the Jewish people were in no position to found a conference of international heads of state. These delusions have next to nothing to do with actual events; whatever path history takes, in the anti-Semitic imagination, it is the Jews who are dictating it. In this fantasy, the powerful Jew is timeless; indeed, his power is as total today as it was in past centuries.8

It should come as no surprise, then, that the fevered minds who wrote this document claim the Jews were behind World War II, from which they supposedly made huge amounts of money. This, too, was an idea they adopted from their forebears, the Nazis. It was the central assertion of German propaganda from 1939 to 1945, one that Hitler, his Propaganda Minister Joseph Goebbels, and other Nazi leaders repeated endlessly on radio and in the press. The charge that an actual political actor called “the Jew” or “International Jewry” had launched the war against Nazi Germany played a large role in Hitler’s justification for murdering Europe’s Jews.9 As had been the case for the Nazis, the description of the Jews as evil and powerful led Hamas to promote genocide against them.10If Jews were responsible for all wars, as it claimed, the path to peace demanded their extermination.11

If the previous sections articulated Hamas’ theory that the Jews control the world and foment all wars, the later articles make that supposed threat personal: the Jews’ first order of business, states Article 22, is to wipe out the Arab countries one by one, starting with Palestine. That appears to be Hamas’ characterization of the Camp David Accords. Naturally, Hamas is the first to stand against the Zionists: It seeks “to prevent the success of this horrendous plan….Today it is Palestine, tomorrow it will be one country after another. The Zionist plan is limitless. After Palestine, the Zionists aspire to expand form the Nile to the Euphrates.” In this as well, Hamas is indebted to Nazis, who also promoted the idea that Zionists coveted a land empire stretching from the “the Nile to the Euphrates.” Via short wave radio from Berlin, Arab-language Nazi propaganda not only claimed that the Jews were responsible for the war in Europe, but that in addition “the Jews kindled this war in the interest of Zionism.”12 Again, the influence of the famous forgery The Protocols of the Elders of Zion is apparent. For the Muslim Brotherhood in 1948 and Hamas forty years later, the sheer existence of the state of Israel was sufficient evidence to confirm the truth of anti-Semitic conspiracy theories.

We don’t know whether Hamas would have been weakened and war avoided if the political leaders of the West had spoken out against this poisonous declaration in 1988, or in any way considered its likely effect on Hamas’ governance later in 2007. Like any other movement, Hamas has core beliefs, chillingly on display in its Covenant, yet they are far too frequently ignored. A misplaced reticence and a condescending desire not to offend have only made it easier for Hamas to grow stronger and more dangerous. Now is a good time for anyone with an interest in understanding Hamas to read its founding document and see its debt to Nazism and European fascism presented in its own words. Only then will an observer know why Hamas started this and previous wars and why peace demands that its odious ideology be examined and delegitimated.

1On this issue see the excellent essay by Tzipi Livni, Israel’s Minister of Justice, “Three Boys, One Terrorist Group and a Message for Democracies,” Wall Street Journal, June 25, 2014. On the use of democracy to destroy democracy, see the now classic work by Karl Bracher, The German Dictatorship (New York, 1970) and more recently, Ian Kershaw, Hitler: A Biography (W.W. Norton, 2010).
2On Islamism, see Paul Berman, Terror and Liberalism (W.W. Norton, 2003); Bassam Tibi, Islamism and Islam (Yale University Press, 20012); Matthias Kuentzel, Jihad and Jew-Hatred: Nazism, Islamism and the Roots of 9/11 (Telos Press, 2007); Jeffrey Herf, Nazi Propaganda for the Arab World (Yale University Press, 2009). On the Western reluctance to speak frankly about Islamism see Paul Berman, The Flight of the Intellectuals (Melville House, 2010).
3Hamas leaders have repeated such views in recent years. For example on August 10, 2012, Ahmad Bahr, Deputy Speaker of the Hamas Parliament, stated in a sermon that aired on Al-Aqsa TV: “If the enemy sets foot on a single square inch of Islamic land, Jihad becomes an individual duty, incumbent on every Muslim, male or female. A woman may set out [on Jihad] without her husband’s permission, and a servant without his master’s permission. Why? In order to annihilate those Jews…. O Allah, destroy the Jews and their supporters. O Allah, destroy the Americans and their supporters. O Allah, count them one by one, and kill them all, without leaving a single one.” “Hamas Official Ahmad Bahr Preaches for the Annihilation of Jews and Americans,” Middle East Media Research Institute MEMRI, Clip No. 3538, August 10, 2012; and Greg Tepper, “Hamas leader prays for annihilation of Jews, Americans,” The Times of Israel, (August 20, 2012); and Tzvi Ben Gedalyahu, “Video: Hamas MP: ‘Annihilate Jews and Americans,” Israel National News, August 26, 2012.
4The Covenant found support for this intransigence in the following “honorable Hadith: The people of Syria are Allah’s lash in His hand. He wreaks his vengeance through them against whomsoever He wishes among His slaves. It is unthinkable that those who are double-faced among them should prosper over the faithful. They will certainly die out of grief and desperation.”
5On the history of the comparison of Israelis to Nazis in postwar Arab political and intellectual life, see Meir Litvak and Esther Webman, From Empathy to Denial: Arab Responses to the Holocaust (London: Hurst, 2009).
6On the place of Israel in the conspiracy theory of the secular left in the Cold War, see Jeffrey Herf, “At War with Israel: East Germany’s Enthusiastic Participation in Soviet Policy in the Middle East,” forthcoming, Journal of Cold War Studies (Summer 2014).
7Jeffrey Herf, The Jewish Enemy: Nazi Propaganda during World War II and the Holocaust (Harvard University Press, 2006).
8The scholarship is large. Recently see Herf, The Jewish Enemy and Nazi Propaganda for the Arab World, op. cit; Robert Wistrich, A Lethal Obsession: Antisemitism from Antiquity to the Global Jihad (Random House, 2010); and Alvin H. Rosenfeld, ed., Resurgent Antisemitism: Global Perspectives   (University of Indiana Press, 2013).
9Herf, The Jewish Enemy.
10On Islamist Holocaust justification see Litvak and Webman, From Empathy to Denial; and Wistrich, A Lethal Obsession.
11Leaders of Hamas repeated such views in recent years. In an interview with Al-Aqsa TV in September 12, 2012, Marwan Abu Ras, a Hamas MP, who is also a member of the International Union of Muslim Scholars, stated (as translated by MEMRI): “The Jews are behind each and every catastrophe on the face of the Earth. This is not open to debate. This is not a temporal thing, but goes back to days of yore. They concocted so many conspiracies and betrayed rulers and nations so many times that the people harbor hatred towards them…. Throughout history—from Nebuchadnezzar until modern times…. They slayed the prophets, and so on…. Any catastrophe on the face of this Earth – the Jews must be behind it.” “Hamas MP Marwan Abu Ras: The Jews Are Behind Every Catastrophe on Earth,” MEMRITV, September 12, 2012.
12See, for example, “Palestine between Bolsheviks and the Jews,” November 3, 1943, cited in Herf, Nazi Propaganda for the Arab World, p. 184.

Jeffrey Herf is Distinguished University Professor of History at the University of Maryland in College Park and recently a fellow of the Middle East Forum. His Nazi Propaganda for the Arab World was published by Yale University Press in 2009. He is completing a history of the causes, impact, and aftereffects of the antagonism of the East German Communist regime and West German radical left to Israel from the Six Day War to the collapse of the Soviet bloc.
Voir encore:

Irak : un nettoyage ethnique est en cours

Amnesty international

[02/09/2014]

Des éléments récemment découverts par Amnesty International indiquent que des membres du groupe armé qui se fait appeler État islamique (EI) ont lancé une campagne systématique de nettoyage ethnique dans le nord de l’Irak, commettant des crimes de guerre, notamment des enlèvements et exécutions sommaires de masse, contre les minorités ethniques et religieuses.

Parmi les minorités ethniques et religieuses prises pour cible dans le nord de l’Irak se trouvent les chrétiens assyriens, les chiites turkmènes et shabaks, les yézidis, les kakaïs et les mandéens sabéens. De nombreux Arabes et musulmans sunnites qui s’opposent, ou sont soupçonnés de s’opposer, à l’EI ont aussi été visés par ce qui semble être des attaques de représailles.

Un nouveau document, Ethnic cleansing on historic scale: the Islamic State’s systematic targeting of minorities in northern Iraq, présente des témoignages glaçants de personnes ayant survécu à des massacres.

MASSACRES ET ENLÈVEMENTS

Certains de ces récits décrivent la manière dont des dizaines d’hommes et de garçons de la région de Sinjar, dans le nord de l’Irak, ont été rassemblés par des combattants de l’État islamique, entassés dans des pick-up et conduits à l’extérieur de leur village pour être massacrés en groupe ou abattus individuellement. Des centaines de femmes et d’enfants, peut-être même des milliers, ainsi que des dizaines d’hommes appartenant à la minorité yézidie ont également été enlevés depuis que l’EI a pris le contrôle de cette zone.

Les massacres et les enlèvements auxquels procède l’État islamique prouvent une nouvelle fois qu’une vague de nettoyage ethnique visant les minorités balaye le nord de l’Irak.

L’État islamique commet des crimes abjects et a transformé les zones rurales autour de Sinjar en terrains d’exécution imbibés de sang avec sa campagne implacable visant à oblitérer toute trace des populations non arabes et non sunnites. »
Donatella Rovera, conseillère d’Amnesty International en matière de réaction aux crises qui se trouve actuellement dans le nord de l’Irak.

Nous avons rassemblé des éléments prouvant que plusieurs massacres ont eu lieu dans la région de Sinjar en août. Deux des épisodes les plus sanglants sont survenus quand des combattants de l’EI ont lancé un raid sur les villages de Qiniyeh, le 3 août, et de Kocho, le 15. Pour ces deux seuls villages, le nombre de tués atteint plusieurs centaines. Dans les deux cas, des groupes d’hommes et d’adolescents, dont certains d’à peine 12 ans, ont été capturés par des activistes de l’EI, emmenés et abattus.

LES VICTIMES PRISES AU HASARD

« Il n’y avait pas d’ordre particulier, ils [les membres de l’EI] ont juste rempli les véhicules au hasard », nous a expliqué un survivant du massacre de Kocho.

Saïd, qui a échappé de justesse à la mort avec son frère Khaled, a reçu cinq balles. Trois dans le genou gauche, une dans la hanche et une dans l’épaule. Ils ont perdu sept frères dans le massacre. Un autre survivant, Salem, qui a réussi à se cacher et à survivre près du lieu du carnage pendant 12 jours, nous a décrit  l’horreur d’entendre les cris de douleur des autres blessés.

« Certains ne pouvaient pas bouger et n’ont pas pu se sauver. Ils sont restés allongés là, à attendre la mort en souffrant atrocement. Ils ont eu une mort horrible. J’ai réussi à me traîner à l’écart et j’ai été sauvé par un voisin musulman. Il a risqué sa vie pour me sauver. C’est plus qu’un frère pour moi. Pendant 12 jours, il m’a apporté à manger et à boire toutes les nuits. Je ne pouvais pas marcher et n’avais aucune chance de pouvoir m’enfuir et ça devenait de plus en plus dangereux pour lui de me garder là », a-t-il expliqué.

Il a par la suite réussi à fuir à dos d’âne dans les montagnes, puis vers les zones contrôlées par le Gouvernement régional du Kurdistan.

UNE POPULATION TERRORISÉE

Les massacres et les enlèvements ont réussi à terroriser la totalité de la population du nord de l’Irak, poussant des milliers de personnes à fuir pour sauver leur vie.

On ignore toujours le sort réservé à la plupart des centaines de yézidis enlevés et maintenus captifs par l’État islamique. Nombre des personnes retenues par l’EI ont été menacées de viol ou d’agression sexuelle ou ont subi des pressions visant à les obliger à se convertir à l’islam. Dans certains cas, des familles entières ont été enlevées.

Un homme qui a fourni à Amnesty International une liste sur laquelle figuraient les noms de 45 de ses proches, uniquement des femmes et des enfants, a indiqué : « On a des nouvelles de certains d’entre eux, mais les autres ont disparu et on ne sait pas s’ils sont morts ou vivants ni ce qui leur est arrivé. »

Au lieu d’envenimer la situation en feignant de ne pas remarquer les milices confessionnelles ou en armant les milices chiites contre l’État islamique, comme l’ont fait les autorités jusqu’à présent, le gouvernement irakien devrait se concentrer sur la protection de tous les civils, quelles que soient leur origine ethnique ou leurs convictions religieuses ».
Donatella Rovera

La population du nord de l’Irak mérite de vivre libre de toute persécution sans avoir à craindre sans arrêt pour sa vie. Les donneurs d’ordre, les exécutants et les complices de ces crimes de guerre doivent être appréhendés et traduits en justice.

Depuis qu’ils ont pris le contrôle de Mossoul, le 10 juin, les activistes de l’EI ont aussi systématiquement détruit ou endommagé des lieux de culte autres que ceux de l’islam sunnite, y compris des mosquées et des temples chiites.

Voir par ailleurs:

Netanyahu is losing Europe’s goodwill, even Germany’s
David Gardner in Beirut
Israel slow to realise a change in sentiment over Palestine that could challenge its legitimacy
The Financial Times
November 10, 2014

Sweden’s new government last month recognised the state of Palestine, and Britain’s House of Commons and Ireland’s senate called on their governments to follow suit. Now, France’s governing Socialists plan to bring a similar resolution to the national assembly, while Federica Mogherini, the new EU foreign policy chief, recently announced that she wants to see a Palestinian state established during her term.

Is European impatience with Israeli intransigence towards the Palestinians reaching a point of rupture? Is EU frustration with Benjamin Netanyahu, the Israeli prime minister’s expansion of Jewish settlements on occupied Arab land, proscribed by international law, inclining Europeans to force the issue of a Palestinian state?

Europe has always had a more complicated relationship with Israel than the US, the indispensable and invariably unconditional patron of the Jewish state. While Europe recognised Palestinians’ right to their own homeland almost four decades ago, Israel has tended almost to patronise the EU as a politically negligible economic power, several of whose member states, not just Germany with its history of the Nazis and the Jewish Holocaust, have a history of anti-Semitism for which to atone.

Until recently, successive Israeli governments somehow managed to convince Europeans that any political pressure would result in their being excluded from peace talks that long ago ceased even to be mere process. But Israel has been slow to realise there has been a change in sentiment in Europe, not sudden but solid, that could eventually present a challenge to its legitimacy. The shift follows a sharp rise in hostility towards Israel in western Europe, with BBC polls carried out by Gallup recording between two-thirds and three-quarters of people in the UK, Spain, Germany, France and Italy holding negative views of Israel’s policy.

Sweden, furthermore, is not the first EU member to recognise Palestine. Eight other member states do, even if all of them took that decision before joining the EU. More relevant is that half of the EU, 14 members including France, voted to admit Palestine as an observer state at the UN in December 2012. The Netanyahu government dismissed that vote as a non-event, yet moved heaven and earth diplomatically to influence it and was stung when Germany abstained.

That should not have been a surprise. In February 2011, Germany, which had abstained several times during the second intifada a decade earlier, voted in the UN Security Council to condemn Israel’s settlements, in a 14-1 result vetoed by the US.

Chancellor Angela Merkel lost all trust in Mr Netanyahu long ago. But German diplomats say Berlin is coming to the conclusion that neither this nor any other likely Israeli coalition is willing or able to roll back the occupation to boundaries that would make a Palestinian state viable. And that while all Israeli governments have intended the main settlements to be permanent, Mr Netanyahu’s revival of plans to expand settlements east and south of Jerusalem places a viable and contiguous Palestinian state beyond reach.

Without German support, the EU last year would probably not have adopted rules prohibiting grants to Israeli entities operating in illegal settlements. Yet the EU still let Israel into its Horizon 2020, the only non-member state in this €80bn research and development programme, making Israeli high-tech high fliers eligible for European public money provided it is not spent in the settlements.

While these rules are quite distinct from the international campaign to boycott Israel until it withdraws from the occupied West Bank and Arab East Jerusalem, they are in the same political ballpark and some European pension funds have started pulling their investments in Israeli banks with branches in the settlements, acting on EU rules but probably also in response to activists.

Recognition of Palestine as a state is likely to grow in and outside the EU; Sweden was the 135th country to sign up. As current, and former, Israeli leaders have warned, Israel faces international ostracism unless it shows itself willing to make a deal on Palestine. Yet if avenues to a separate state continue to be closed, the Palestinians may opt for an apartheid-style struggle for equal rights within a single state. For now, the EU has targeted the settlements. But whatever its intentions, it is not hard to discern an eventual dead end at which Europeans clamour for a more general boycott.

Voir aussi:
Djihad à Jérusalem
Pas d’Etat pour une société qui glorifie le meurtre au nom de la religion
The Wall Street Journal
21 novembre 2014
Ce n’est pas avec des assassinats que les Palestiniens paveront la voie d’un Etat autonome

Pour comprendre pourquoi la paix en Palestine n’interviendra pas avant des années, si ce n’est des décennies, il suffit de penser aux réjouissances organisées par les Palestiniens après le meurtre de cinq Israéliens dans une synagogue de Jérusalem, dont trois jouissaient d’une co-citoyenneté américaine. Deux Palestiniens, des cousins, munis d’un hachoir à viande et d’une arme à feu, avaient attaqué des fidèles juifs pendant les prières du matin, et leur réponse fut une explosion de joie dans les rues.

Le Front Populaire de Libération de la Palestine a revendiqué l’opération tandis que le Hamas se réjouissait de ces assassinats, « une réponse aux crimes incessants des Israéliens. » Le principal obstacle à la paix ne provient pas dans les implantations juives de la ville multiconfessionnelle de Jérusalem. La barrière est la culture de la haine contre les Juifs alimentée par les dirigeants palestiniens.

Le premier ministre palestinien, Mahmoud Abbas à condamné les assassinats, mais non sans appeler Israël à interrompre ce qu’il a qualifié « d’invasion » de la mosquée sacrée Al Aqsa de Jérusalem. M. Abbas avait précédemment prétendu que le Mont du Temple avait été souillé par les Juifs, en dépit des assurances du premier ministre Benjamin Netanyahou que le Dôme du Rocher et la mosquée Al Aqsa continueraient d’être réservés au seul culte musulman. Le site d’information MEMRI rapporte que le numéro du 29 octobre du quotidien palestinien Al-Hayat Al-Jadida était plein de fausses accusations pour faire croire qu’Israël était en train de saccager les lieux saints de Jérusalem.

Le secrétaire d’état John Kerry a attribué l’attaque de mardi à un climat général de «provocation », mais M. Abbas était l’un des provocateurs.

Ces meurtres sont les pires de la récente vague d’attentats palestiniens, qu’on qualifie parfois de troisième Intifada spontanée, ou de soulèvement contre Israël. Mais il y a peu d’évènements spontanés dans une société dominée par des factions militaires armées. La dernière Intifada, qui est intervenue après l’échec des conversations de paix de l’an 2000, avait aussi été qualifiée de spontanée jusqu’à ce qu’il ne soit évident que Yasser Arafat l’avait déclenchée.

Le but de ce nouveau djihad est d’affoler les Israéliens pour leur faire accepter la division de Jérusalem, la première exigence formulée par les Palestiniens au cours des négociations de paix qui ont récemment échoué. Cependant, c’est seulement sous la loi israélienne que toutes les religions ont pu être librement exercées à Jérusalem. Au moment du 25ème anniversaire de la chute du Mur de Berlin, le monde ne devrait plus diviser à nouveau de grandes villes.

Le président Obama a condamné l’attaque, mais son gouvernement a contribué en partie à semer le trouble en dénonçant les constructions dans la municipalité de Jérusalem. Dans une lettre à l’ancien premier ministre Ariel Sharon, l’administration précédente, celle de Georges W Bush, avait assuré en 2004 que tout accord de paix à venir garantirait des ajustements de la frontière de la Rive occidentale du Jourdain en fonction des réalités du terrain. En 2009, Hillary Clinton prétendit que la lettre de Bush n’avait pas de statut juridique, encourageant les rêves de division de Jérusalem des Palestiniens. Ce dont Israël a besoin aujourd’hui, c’est que les États-Unis ne donnent pas des gratifications aux actes de djihad en traînant M. Netanyahou dans des négociations avec M. Abbas. Le premier ministre israélien est en droit de refuser de rencontrer M. Abbas jusqu’à ce que l’Autorité palestinienne mette un terme à l’incitation à la violence.

Le meilleur moyen d’empêcher une troisième Intifada, c’est de rassurer Israël sur le soutien des États-Unis dans des opératipns d’autodéfense et d’avertir les Palestiniens qu’ils n’auront pas de patrie tant qu’ils édifieront une société qui glorifie les meurtres d’innocents au nom de la religion.

Titre original : Jihad in Jerusalem
Review and Outlook in Wall Street Journal, publié le 18 novembre 2014
Traduction: Jean-Pierre Bensimon

Israël et Moyen-Orient
Revue de la Semaine des Médias français et israéliens

21 novembre 2014


Attentat du Hamas déjoué contre un ministre israélien. Les services de sécurité israéliens ont démantelé un réseau terroriste du Hamas qui planifiait un attentat contre le ministre israélien des Affaires étrangères, A Lieberman (Le Parisien).  Selon le Shin Bet, des terroristes du Hamas auraient cherché à se procurer un lance-roquette pour tirer sur la voiture du ministre israélien (RTL matin).

16 000 armes blanches saisies. Selon i24 news, le 12 novembre dernier, les douaniers israéliens auraient arrêté 5 arabes israéliens qui venaient récupérer un conteneur contenant près de 16 000 armes blanches.Israël en France.  Le traitement de l’actualité israélienne en France est trop faible aujourd’hui pour faire l’objet d’une analyse éditoriale représentative. Libération et le Parisien sont les seuls médias à rendre compte de l’actualité israélienne.

Suite du massacre de la synagogue de Jérusalem. « Depuis l’attaque tout le monde est tendu » témoigne un serveur israélien » interrogé par Nicolas Rippert. « Ce n’est pas facile, il faut être tout le temps aux aguets et regarder derrière soi. », témoigne un passant sur Arte Journal (19 nov.). Il est à noter que le Parisien est le seul quotidien avec le Figaro à rendre compte régulièrement de la vie quotidienne des Israéliens depuis la série d’attentats terroristes palestiniens commis au couteau, à la hache ou à la voiture bélier.

Israel annonce une série de mesures en réponse aux attentats (Direct matin, 20 nov.).   Pour prévenir de futurs attentats, le port d’armes devrait être facilité afin que les citoyens puissent se protéger des actions terroristes qui peuvent se produire dans des zones en dehors de toute protection policière (RTL-7h15 – 20 nov).

Les armes permettent parfois de prévenir les attentats (Arte journal). Ce fut le cas lors du dernier attentat au bulldozer à Jérusalem où le terroriste fut tué par un passant armé.

Les radicaux israéliens à la Une des médias français. Il faut noter une mise en avant médiatique des actions des radicaux orthodoxes israéliens, deux jours seulement après le massacre de la synagogue à Jérusalem.  Pourtant, d’un point de vue éditorial et journalistique, un tel acte devrait focaliser les médias français sur la violence palestinienne, l’action de l’Autorité palestinienne ou la peine des familles des victimes israéliennes, comme l’a fait le Figaro (20 nov.)

Mais la tendance éditoriale de la majorité des médias français à l’égard d’Israël se concentre principalement cette semaine sur deux points : une très vive critique de la politique du 1er Ministre Netanyahou et de son efficacité, ainsi que sur la minorité d’extrémistes juifs qui veulent judaïser le quartier arabe de Jérusalem et reconstruire le temple (Jt de 20h de TF1-19 nov. Zoom de la rédaction de France inter, 20 oct.).

1% seulement. Il faut savoir que les résidents israéliens à Silwan ne représente qu’1 % de la population et sont au nombre de 2500 à Jérusalem Est sur 50 000 résidents. Agresseur, assaillant, pas terroriste ? Ce choix éditorial de certains médias français ainsi la non qualification de terroriste des auteurs de la tuerie que les commentaires se bornent à qualifier « d’agresseur » ou « d’assaillant » pourraient sembler une manière de justifier l’exaspération palestinienne qui aurait conduit au massacre de la synagogue.

Le 1er ministre Netanyahou contre toutes représailles communautaires.  » La discrimination n’a pas sa place en Israel, a fermement prévenu le 1er ministre israélien. « La population arabe ne doit être stéréotypée à cause d’une minorité violente et bruyante »

Reconnaissance unilatérale de l’Etat palestinien à l’Assemblée nationale le 28 novembre prochain.
Depuis plus d’une semaine, les élus socialistes à l’origine de la résolution se sont exprimés dans la presse française et les médias (RTL, Libération, l’Opinion, le Parisien). Il aura fallu attendre ces derniers jours pour que se fassent entendre de points de vue différents.

Steinitz : «  C’est totalement contre-productif et c’est dommageable pour le processus de paix, explique le Ministre israélien aux Affaires stratégiques (Figaro, 19). « L’Etat palestinien doit être l’aboutissement d’une négociation, le résultat de concessions réciproques. »

« Tout geste unilatéral contribue à la perpétuation de la guerre, » a prévenu le Ministre Steinitz qui a tenu à rappeler les propos tenus par M. Abbas appelant, en septembre dernier, « à protéger la mosquée Al Aqsa de la contamination juive ».

«On ne peut pas reconnaître l’Etat palestinien tant que le Hamas ne reconnaît pas Israël. » estime Jérôme Chartier, proche de l’ex 1er ministre François Fillon (Libération.fr, 19 nov.).

« Il faudrait une initiative d’Etat dans le cadre du Quartet pour obtenir du Hamas et des autorités arabes qu’ils reconnaissent» l’Etat hébreu et sa sécurité, ajoute Jérôme Chartier, membre du groupe d’études sur la Palestine (Libération.fr,19)

Soutenir ce texte, c’est soutenir le Hamas confirme le Maire de Nice, Christian Estrosi, qui s’est prononcé contre cette initiative : « Le Hamas est un groupe terroriste. Le meilleur rempart contre le terrorisme, C’est Israel. » (Journal de 8h, France Inter, 19 nov.)

«Cette initiative parlementaire pollue surtout le débat» pour l’UMP mais ce n’est pas l’avis de Benoit Hamon (Parisien, l’Opinion, RTL) ou d’Esther Benbassa (Libération, 21) pour qui « la lutte pour l’indépendance de la Palestine est le dernier combat anticolonialiste dans notre pays »

Il est à noter qu’Elie Barnavi a multiplié cette semaine les interventions médiatiques (Arte journal 18 nov. France Inter 19 nov. Figaro 20 nov.). L’ancien diplomate israélien  met en accusation le gouvernement Netanyahou et affirme que pour sortir de la situation actuelle, il « faut préparer le terrain à l’internationalisation d’un processus de paix »

Israel trop critiqué ?  « Le monde politique et médiatique français ne montre pas le même esprit critique à l’égard de la partie arabe palestinienne« , constate l’avocat William Goldanel dans le Figaro (20 nov.). Et de rappeler les dernières propositions de paix israéliennes refusées par les Palestiniens. « Cette constance tolérée avec trop d’indulgence explique toutes ces déconvenues dont ils sont le premiers responsables » « Accorder une satisfaction politique symbolique à cette partie sans contrepartie ne fera que l’encourager à poursuivre cette politique irrédentiste. « 

Ce n’est pas le bon moment. Le président du groupe parlementaire UMP envisage de ne pas prendre part au vote (Libération.fr).  Christian Jacob estime en effet que l’attentat meurtrier dans une synagogue de Jérusalem, mardi, a conforté les députés UMP dans l’idée de «ne pas en rajouter» dans ce climat d’extrême tension.

Dossier nucléaire iranien.
« Si l’Iran devient une puissance nucléaire », déclare le ministre des Affaires stratégiques israélien, Yuval Steinitz, « cela va changer le monde pour toujours et créer un dangereux ordre mondial pour des décennies ». (Direct matin).

Il s’agit de l’avenir du monde. Lors d’une interview accordée au Figaro (19 nov.), le ministre Steinitz estime que « les Iraniens ont l’air de penser qu’ils peuvent à la fois se libérer des sanctions occidentales et garder leurs capacités nucléaires ». « Il vaut mieux pas d’accord du tout qu’un mauvais accord. C’est B. Obama qu’il a dit et il a raison. « 

Il faut noter la tribune de l’ambassadeur d’Iran en France parue jeudi dans Libération. Selon Ali Ahani, les relations entre la France et l’Iran « pourraient être exemplaires sans les tentatives d’intoxication de la part de certains courant en France, en Europe, Outre Atlantique, sans oublier le Moyen Orient, qui empêchent la concrétisation de cette attente ».  

Un appel à la France et au commerce. La chute des échanges commerciaux avec la France explique-t-il, est « justifiée par la question nucléaire et les sanctions imposées à l’Iran ». Mais selon lui, le programme nucléaire iranien est « pacifique », l’arme nucléaire interdite par la loi islamique, et « tôt ou tard le dossier sera fermé et les sanctions derrière nous ». Il est donc pour lui indispensable que la France  neutralise aujourd’hui  « les efforts destructeurs et les tentatives d’intoxications. »


David Banoun – Responsable de l’Analyse des Médias


Yosemite/150e: Nos arbres valent mieux que vos ruines (When Christ walked the earth: Looking back at America’s first natural park)

19 novembre, 2014
Yosemite Valley (Carleton E Watkins, 1865)
Vernal Falls, Yosemite (Thomas Hill,  1889)
Mother of the Forest, Yosemite ( with bark removed for 1860 Paris Exposition)
http://www.yosemite.ca.us/library/big_trees_of_california/images/sherman_tree.jpg
http://jcdurbant.files.wordpress.com/2014/11/57c74-generalshermantreecomparison.jpg?w=450&h=253
http://www.jose-corti.fr/Images/photosauteurs/muir-stamps.gifI counted over 4000 rings, which showed that this tree was in its prime, swaying in the Sierra winds, when Christ walked the earth. No other tree in the world, as far as I know, has looked down on so many centuries as the Sequoia, or opens such impressive and suggestive views into history. John Muir
De tout ce dont la Nature a orné la surface de la terre, rien n’éveille plus notre sympathie, ni ne s’adresse plus puissamment à notre imagination, que ces arbres vénérables qui ont résisté à l’usure du temps, témoins silencieux de la succession des générations de l’homme, avec le destin duquel leur propre destinée présente une ressemblance si touchante, par leur naissance, leur maturité et leur déclin. John Muir
It seemed to me I had entered God’s holiest temple, where that assembled all that was most divine in material creation. Lafayette Bunnell
La Mariposa se dresse là comme Dieu l’a créée. Thomas Starr King
I lay for half an hour alone at the root of the most colossal bole (…)  Are you as old as Noah? Do you span the centuries as far as Moses? Can you remember the time of Solomon? Were you planted before the seed of Rome took root in Italy? At any rate, tell me whether or not your birth belongs to the Christian centuries; whether we must write “B. C” or “A. D.” against your infancy. (…) One calculation led Mr. Greeley to believe that the oldest of these trees were of substantial size when David danced before the Ark, when Theseus ruled in Athens, when AEneas fled from the burning wreck of Troy. In an English journal they were estimated by a distinguished botanist at three thousand years. Dr. [Jacob] Bigelow, by counting the rings in a section of the trunk of one of the largest, which had been felled, and computing from that, reduced these pretentions materially. He made it about 1900 years old,—a tender contemporary of Cicero and Julius Caesar. But since then, a merciless savant, Dr. [John] Torrey the botanist, declares that he has counted every ring on the tree that was cut down, and his figures have felled a vast pile of our poetry. Why must there be scientific men, who delight in bothering theologians, and in erecting their chevaux de frise in the path of all galloping romance? He makes our tree about eleven hundred years old. If this calculation be trustworthy, the column at whose root I sat took its first draught of sunshine in the time of Charlemagne. It is three hundred years older than the Norman Conquest and the great Hildebrand. 96 It was a giant in the time of the first Crusade. And it antedates the foundation stone of the oldest Gothic spire of Europe. A genial evening of life to the Methuselahs of the wilderness, who were babies of a century a thousand years ago. Thomas Starr King
L’Amérique du Nord présente, dans sa configuration extérieure, des traits généraux qu’il est facile de discerner au premier coup d’œil. Une sorte d’ordre méthodique y a présidé à la séparation des terres et des eaux, des montagnes et des vallées. Un arrangement simple et majestueux s’y révèle au milieu même de la confusion des objets et parmi l’extrême variété des tableaux. Alexis De Tocqueville
If you delay, your Niagara will have been spoiled for you. Already the forest round about is being cleared…I don’t give the Americans ten years to establish a saw or flour mill at the base of the cataract. Alexis De Tocqueville
They are about to consummate the barbarism by throwing a wire bridge over the river just below the American Fall…what they will not do next in their freaks it is difficult to surmise, but it requires very little to show that patriotism, taste, and self-esteem, are not the leading features in the character of the inhabitants of this part of the world. Sir Richard Bonnycastle (1849)
Je pense que je ne verrai jamais un poème beau comme un arbre. Les poèmes sont créés par des fous comme moi, mais Dieu seul peut créer un arbre. Joyce Kilmer (1913)
Je crois bien que jamais je ne verrai un panneau d’affichage aussi beau qu’un arbre. En fait, je ne verrai pas un seul arbre avant que tous les panneaux soient tombés. Ogden Nash
The “Bridal-Veil” fall in Yosemite “leaps out of a smoother channel, in a clear, symmetrical arch of indescribable beauty; has a larger body of water, and is surrounded by far loftier and grander precipices” than the Staubbach fall in the Swiss Alps. James Hutchings
Despite the best intentions of the preservationists, their cause succumbed to the unassailable American will-to-profit. The last chance to preserve a semblance of an enduring cultural tradition in America needed more than patriotic defense to survive. Contrary to popular memory, the parks were not the result of preservationists’ aims to protect the environment or preserve monuments to the American heritage; rather, the development of a system of National Parks relied almost exclusively on the profit potential of the landscape. The earliest park sites were chosen in part because the sublimity of their rugged beauty expressed a monumental tribute to the American identity, but more significantly because the protected land removed from the public domain was economically worthless. As the early history of the park system demonstrates, sites like Yosemite and Yellowstone were carefully chosen iterations of America. In both places, the high rugged terrain offered the monumentalism appropriate to a symbolic expression of the American character, but conveniently enough, it also prevented profitable activity such as mining, timbering, or farming and were therefore much more justifiably preserved. But both parks, although worthless for traditional industries, became even more valuable when the country discovered that where industry was unable to access the resources, tourism could. The millions of dollars generated by tourist revenues–not a spiritual desire to preserve the landscape–proved in the end to be the winning defense for the park system. Joshua S. Johns
Pour de nombreux Américains de la fin du xixe siècle, la nature sauvage – ou supposée telle – avait le goût du paradis perdu. Les écrits écologistes de Henry David Thoreau (1817-1862) ou de John Muir (1838-1914) leur apprenaient que c’est un antidote aux poisons de la société industrielle. Et beaucoup croyaient que le salut du monde passe par la sanctuarisation de son milieu naturel. (…) Si les Américains se sont passionnes pour les séquoias, c’est parce que leur taille phénoménale était le signe d’un destin grandiose dont les racines remontaient à la naissance du monde. Ces vestiges naturels  offrent à la nation américaine un patrimoie propre, bien plus ancien que celui des nations colonisatrices. Ils parlent d’un temps géologique  qui n’a rien à voir avec l’échelle des civilisations européennes. C’est le temps de la nature, celui de l’Amérique, directement hérité du Créateur, sans intervention superflue des prétenitons humaines. (…) Ce qui frappe surtout les observateurs, c’est que la plupart des arbres sont contemporains du Christ. (…) D’oùle véritable culte dont ils peuvent faire l’objet  de la part de tous ceux qui voient dans Yosemité comme le temple naturel de l’Amérique. (…) La réputation de Yosemite doit aussi beaucoup à l’image qu’en ont donnée les photographes et les peintres. Carleton Watkins (…) visite le site en 1861. Il en revient avec des des photograzphies qui, plus encore que les morceaux d’écorce envoyés par Geeorge Gale, frappent ‘imagination des Américains de la côté est. (…) Ainsi, les reproductions, les tableaux, les livres, les reportages, les sermons ont contribué à faire de cette vallée boisée de la Sierra Nevada un lieu de rédmption pour le nouveau peuple élu. La forêt, perçue comme dangereuse du temps des premiers colons, est devenue un havre de paix dans une nation en guerre. pour finir par former l’un des paysages mythiques des Etas-Unis. Bruno Cabanes

The Mother of the Forest, Genesis, Adam, Methuselah, The President, The Senate, The House, WashingtonFranklin, John Adams, Lincoln, Roosevelt, Cleveland, Monroe, General Sherman, General Grant, Robert E. Lee  …

En ce 150e anniversaire de la création du Parc de Yosemite

Où le moindre site naturel est à présent dument viabilisé et doté de sa boutique de souvenirs …

Et dont l’accès, pour les plus courus protection oblige, est non seulement payant mais rationné, nécessitant souvent, quand il n’est pas tenu secret, une réservation plusieurs mois à l’avance …

Comment imaginer ce qu’a pu représenter un site comme  Yosemite lors de sa découverte ?

Le côté phénomène de foire suscité par la prodigieuse grandeur de ces mastodontes de plus de 100 m (redwoods) et de près de 2000  tonnes (sequoias) qui verra leur premier découvreur, un homme d’affaires du nom de George Gale, arracher sur une hauteur de 35 m l’écorce d’un monstre de 30 m de circonférence pour en envoyer, pour qu’ils y soient reconstitués, les lambeaux vers les villes de la côte est, en assurant ainsi la mort quelques années plus tard …

La frénésie marchande de ces forestiers qui abattirent, souvent à perte faute de pouvoir les transporter, tant de ces illustres géants …

La fierté d’avoir enfin, derrière ces troncs bimillénaires, non seulement un héritage propre mais un  patrimoine bien plus ancien que toutes les ruines réunies de ces civilisations européennes qui les avaient toujours regardés de haut …

Ou, comme l’exprimèrent tant de reproductions, tableaux, livres, reportages ou sermons mais aussi les noms mêmes qu’ils leur attribuèrent, la vénération quasi-religieuse devant des vestiges naturels contemporains du Christ et remontant, croyait-on, à la naissance du monde …

Au point qu’en pleine guerre civile, le président Lincoln ait pris la peine de signer un projet de loi qui en ferait, même avant Yellowstone , le premier parc naturel au monde …

Et qui, via l’industrie touristique alors naissante et aujourd’hui si décriée, en assurerait un siècle et demi après la préservation …

Our Trees Are Better Than Your Ruins: National Parks and National Identity in Nineteenth Century America
James Rogers
US history scene
Jul 25th, 2013

On June 30 1864, in the midst of a bloody civil war, President Abraham Lincoln signed “An Act authorizing a Grant to the State of California of the Yo-Semite Valley, and of the Land embracing the Mariposa Big Tree Grove.” For the first time, ideological values implicit in the setting aside of land for public recreation and enjoyment had been given priority over the potential for material and financial advancement. Eight years later, in 1872, Yellowstone became the world’s first national park (the federal government was required to take control of the park, as Wyoming was then only a territory, rather than a state). These unprecedented acts of wilderness preservation laid the foundations for a now global model of national park creation. Everyone who today enjoys the natural wonders of the world owes such enjoyment to these preservation efforts in the early United States.

The artist George Catlin (1796-1872) is widely credited as being the first prominent spokesperson to propose national parks in the 1830s. Over thirty years before the Yosemite State Park Grant, Catlin advocated for a “nation’s park, containing man and beast, in all the wild and freshness of their nature’s beauty,” to be accomplished by “some great protecting policy of government.” For Catlin, the park would be a “specimen” for America to “hold up to the view of her refined citizens and the world, in future ages!” ((George Catlin, Letters and Notes on their Manners, Customs, and Conditions, written during eight years’ travel amongst the wildest tribes of Indians in North America, 1832-1839 (Scituate, MA.: Digital Scanning, 2000), 295)) In summary, a national park could become a vital source of national pride.

Lecture by the historian Roderick Nash on the “Meaning of Wilderness” in the United States:

Americans endured ridicule on many fronts following the rampant commercial exploitation of Niagara Falls. The first words of Alexander De Tocqueville’s Democracy in America stated, “North America has striking geographical features which can be appreciated at first glance” and noted the “simple majesty of their design.” ((Alexis De Tocqueville, Democracy in America, trans. George Lawrence (New York: Anchor Books, 1969), 23)) He bemoaned the failure to properly protect such wonders: “I don’t give the Americans ten years to establish a saw or flour mill at the base of the cataract [Niagara].” ((John Opie, Nature’s Nation: an Environmental History of the United States (Montana: Harcourt Brace and Company, 1998), 375)) In the first half of the nineteenth century, the United States government failed to preserve potential sources of national pride and identity in the East. Some individuals began searching for a new national icon to deflect derogatory British observations about America’s lack of culture and “civilization.” ((John Shultis, “Improving the Wilderness: Common Factors in Creating National Parks and Equivalent Reserves During the Nineteenth Century,” Forest and Conservation History 36, no. 3, (1995): 122)) This laid the groundwork for a more focussed and ultimately more successful effort in the West, culminating in the creation of national parks.

The official wording of the Congressional acts described each of the proposed parks as a “pleasuring ground for the benefit and enjoyment of the people.” ((“An Act to set apart a certain Tract of Land lying near the Head-waters of the Yellowstone River as a public Park,” U.S. Statutes at Large vol. 17, 32-33; “An act to set apart a certain tract of land in the State of California as a public park,” U.S. Statutes at Large vol. 26, 478; “An Act authorizing a Grant to the State of California of the Yo-Semite Valley, and of the Land embracing the Mariposa Big Tree Grove,” U.S. Statutes at Large vol. 13, chap. 184)) Specifically, there were three main principles upon which National Parks were built: cultural arguments based on comparisons with Europe; the desire to preserve only the most “wonderful” and curious natural features; and the necessity of proving the material worthlessness of the land and its unsuitability for other potentially more profitable purposes. Each nineteenth century park conformed to this three-component model, and contained essential similarities that conclusively explain how and why preservation of natural areas occurred.

The origins and continuing success of the National Parks has been the subject of a recent documentary series, National Parks: America’s Best Idea, produced by Dayton Duncan and Ken Burns (recently interviewed by US History Scene).

Extended preview of the PBS series

Dayton Duncan discussing the creation of National Parks: America’s Best Idea.

New World Nature and Old World History: Comparisons with Europe

Warren Baer, editor of the Mariposa Democrat, published the first detailed and extensive account of the Yosemite Valley in 1856. He bemoaned the desire of the American traveller to obtain a sight of the Alps of Switzerland or valleys of Italy, many of which “possess no wonderful attributes of greatness, save in the mind of the traveler, that will compare with the scenery, separately or in whole, of the Yosemite Valley.” ((Warren Baer, “A Trip to the Yosemite Falls,” Mariposa Democrat 5 August, 1856, accessed 21 May, 2013, http://www.yosemite.ca.us/library/a_trip_to_the_yosemite_falls.html.))

Similarly, James Hutchings, a failed businessman who had entered the publishing industry and led one of the earliest expeditions to Yosemite, wrote in a travel guide that the “Bridal-Veil” fall in Yosemite “leaps out of a smoother channel, in a clear, symmetrical arch of indescribable beauty; has a larger body of water, and is surrounded by far loftier and grander precipices” than the Staubbach fall in the Swiss Alps. ((James Hutchings, Scenes of Wonder and Curiosity in California (San Francisco: J. M. Hutchings, 1862), accessed 14 May, 2013, http://www.yosemite.ca.us/library/scenes_of_wonder_and_curiosity/)) This explication of the ways in which the Yosemite Fall was superior to its famous European counterpart demonstrates that the aim of much of this literature was to express the ways in which America’s nature could compete with and surpass European equivalents. Nowhere was this clearer than in a letter in The Times in 1869, in which the English author said of Yosemite: “All the Americans I have seen are very proud of it, and some less well informed than the rest have been almost offended at my saying that much grander mountain views could be found in the Alps.” ((The Times, 30 October, 1869)) Promotional materials for the early parks emphasized that, by travelling to these Western natural sites, Americans would be honouring the pioneering experiences of the early frontiersmen. Visitors could engage with the uniquely American history of westward expansion, and in doing so could achieve some physical and spiritual freedom. ((Elliott West, “Selling the Myth: Western Images in Advertising,” in Montana: The Magazine of Western History 46, no.2: 1996, 36-49))

While the political implications of this desire to match the famous grandeur of Europe’s art and nature through the newly discovered wonders in Yosemite are difficult to prove, the volume of literature that stresses the comparison between the two continents indicates that it was of no small significance. Frederick Law Olmsted (designer of New York’s Central Park) – one of the first people to suggest that natural scenes were favourable in securing the “health,” “vigor,” and “happiness” of men – directly criticized the system in England whereby wealthy land owners created private parks solely for the enjoyment of their own families. For Olmsted, such a system represented a “monopoly” in which the vast majority of the population, including those who would gain most from a period of recreation, were excluded from the physical and psychological benefits offered by such parks. ((Frederick Law Olmsted, Yosemite and the Mariposa Grove: A Preliminary Report, 1865, accessed 19 May, 2013, http://www.yosemite.ca.us/library/olmsted/report.html)) Yosemite Park was to be a cultural asset superior to anything in Europe, and a conspicuous example of American democratization.

Olmsted’s argument is evident in a widely repeated incident from the 1893 World’s Fair in Chicago, to which part of a fallen Sequoia tree (the General Noble Tree) had been sent in order to demonstrate its immense size.

The rejection of the existence of such a tree by many of the visiting English patrons became a ground for dispute for supporters of the Yosemite Park idea, and later became a useful tool to strengthen cultural arguments for preservation. One recital of the incident recalled how one Englishman, after being repeatedly assured by the American “gentlemen” who had transported the tree to Chicago that the object was real, “gave one look of rage at our honest-eyed friend, and bolted from the neighbourhood.” ((Thomas Starr King, A Vacation among the Sierras: Yosemite in 1860 (Book Club of California, 1962), accessed 21 May, 2013, http://www.yosemite.ca.us/library/vacation_among_the_sierras/)) The incident did not only appear in much of the Yosemite literature, but was also repeated by Senator Conness during the longest of the debates on the passing of the park bill: “The English who saw it [the tree] declared it to be a Yankee invention” and thought that “it was an utter untruth that such trees grew in the country.” ((Congressional Globe, 1864, 2301)) What may at once have been deemed a trivial incident later became considered worthy of repeated recitation in an effort to justify the preservation of the trees through the creation of the park.

Robert N. Dennis collection of stereoscopic views. / United States. / States / California. / Stereoscopic Views of Yosemite Valley, California / by E. & H. T. Anthony & Co.

Age estimates of the park’s trees became another means of comparison with Europe. Many publications, stressing the unique physical attributes of the Yosemite region, highlighted the possibility that the United States possessed trees that out-dated many of Europe’s ancient spectacles. Thomas King, a noted political orator during the Civil War, described how one member of a travelling party to the Sierras believed that “the oldest of these trees were of substantial size when David danced before the Ark, when Theseus ruled in Athens, when Aeneas fled from the burning wreck of Troy.” ((King, A Vacation among the Sierras)) Such comparative thinking entered the official discussions on the park’s creation; one of the first questions to be asked of Senator Conness concerning the trees was, simply, “How old?” ((Congressional Globe, 1864, 2301))

These comparisons played an equally vital role in the creation of Yellowstone Park as it had for Yosemite, influencing both press coverage and official documentation. A report from the Committee on Public Lands was used as a basis for the initial presentation and discussion of the bill. The report observed, “all these springs are adorned with decorations more beautiful than human art ever conceived, and which have required thousands of years for the cunning hand of nature to form,” and that “the geysers of Iceland sink into insignificance in comparison with the hot springs of the Yellowstone and Fire-Hole Basins.” ((“The Yellowstone Park: Report of the Committee on Public Lands,” Reports of Committees of the House of Representatives for the Second Session of the Forty-Second Congress, 1872)) There are detailed similarities between 1872 and 1864 in terms of an emphasis on the superiority of American natural wonders. More specifically, this illustrates a continuation of the desire to not only highlight superior physical attributes, but also the age of the natural features.

The Chicago Tribune, citing a report of the Yellowstone Expedition in 1870, stated that those in the field were “satisfied this wonderful region … needs to become known to attract as much attention as any other on the face of the globe.” ((Chicago Tribune, 11 October, 1870)) The St. Paul Daily Press similarly stressed the extent to which the United States was setting a global precedent: “such a grand national park [Yellowstone] in the heart of the continent, is one of those conceptions that is purely American in their magnificence.” ((St. Paul Daily Press, 6 March, 1872)) The very fact that, within twenty-one years of the creation of Yellowstone, six other countries had designated lands as national parks or equivalent reserves reinforces this point that the United States had constructed a model for the rest of the developed world to follow. ((John Shultis, “Improving the Wilderness: Common Factors in Creating National Parks and Equivalent Reserves During the Nineteenth Century,” Forest and Conservation History 36, no. 3, (1995): 121-22))

Preservation of the Wonderful

Whereas the wonders of Yosemite were effectively advertised by authors and artists, like King, Greeley, Horace, and Watkins, the natural landmarks of the Yellowstone region were brought to a wider audience mainly through published accounts of two expeditions: the 1870 Langford-Washburn expedition, and the 1871 Hayden expedition. ((N. P. Langford, “The Wonders of the Yellowstone,” Scribner’s Monthly 2, no. 1, (1871): 2-17.)) These accounts primarily described the physical attributes of specific natural phenomena, especially concentrating on the uniqueness of the many geysers in the region. Langford, in particularly emotive language, suggested, “the springs themselves were as diabolical in appearance as the witches’ cauldron in Macbeth, and needed but the presence of Hecate and her weird band to realize that horrible creation of poetic fancy.” ((Ibid., p. 10))

The findings of Professor Hayden’s expeditions into the Yellowstone region were reproduced in the illustrated magazine Scribner’s Monthly, where Hayden wrote about the wonders of the area and the necessity of park legislation. Of the Yellowstone Mountains, he noted, “several members of the party, who were familiar with the mountains of Central Europe, were struck at once with the resemblance to the Alps.” The establishment of these parks necessarily included recognition of the pioneering exploration that had uncovered America’s natural wonders. These expeditions, like that of Lewis and Clarke, were evidence not only of American bravery and of the pioneering spirit, but also served as a timely reminder of the huge scale of the American nation. The discovery of wonderful, unique natural phenomena in the darkest recesses of the country created an aura of mystery and wonder.

The increasing use of the natural world as a subject for artistic expression facilitated this cultural transition. Albert Bierstadt and Thomas Moran, in particular, painted and disseminated images of America’s wilderness, in which man was subservient to his awesome surroundings. Such images conformed to the mid-nineteenth century growth of transcendentalism. Transcendentalists like Ralph Waldo Emerson and Henry David Thoreau reinterpreted the role of nature by suggesting that, in order to become closer to God, one must embrace his natural creations. By preserving God’s greatest creations in perpetuity, for all Americans to enjoy, the creators of the national parks ensured the spiritual well-being of those willing to embrace the wilderness.

Worthless Land

Unsurprisingly, not all motivations for the creation of national parks were purely ideological.

In contrast to the passing of the 1864 bill, proposed legislation for Yellowstone encountered real opposition within Congress. The resulting debates highlight the importance of the “worthless land” component of the park model. Much of the opposition to the park bills in Congress was based on an unwillingness to close off areas of land from private enterprise. Park promoters would be required to emphasize that the parks would not cause financial loss and would be self-funding.

The first of these debates involved Senator Cameron, who questioned the “necessity” of the federal government owning such a large tract of land, especially as the proposed park was to be “several times larger than the district of Colombia.” ((Congressional Globe, 1872, p. 484)) The second debate included the most outspoken opposition to the establishment of public parks at any point in the nineteenth century. Senator Cole of California criticised the legislation based on a two main issues: “I cannot see how the natural curiosities can be interfered with if settlers are allowed to approach them;” “If it cannot be occupied by man, why protect it from occupation?” Senator Trumbull’s answered that federal ownership was necessary in order to prevent an opportunistic group of people planting themselves “across the only path that leads to these wonders, and charge every man that passes along…” ((Ibid., p. 697))

In both debates, defenders of the park bill cited the findings of the Hayden report that indicated the unsuitability of the parklands for agricultural or arable purposes. The altitude of the land meant that it was not available for private occupation, hence the setting aside of the land would inflict no damage on any material interests. ((Ibid., pp. 520, 697))The new phenomena of large public parks were tolerated only after the satisfactory appeasement of economic, as well as ideological and environmental, interests.

Legacy

Despite these economic caveats, the early stages of the national parks system have retained a legacy of romantic cultural thought, grounded in the democratic ideal of making the greatest of America’s wilderness available to all. As a young country, the United States is rarely able to claim to have first discovered or established specific cultural principles. National parks are a notable exception. Now a global institution, the preservation of some of the world’s most unique natural wonders can truly claim to be “America’s Best Idea.” Marrying cultural and social concepts, it represented an antidote to nineteenth century American regionalism. Although primarily located in the West, these natural phenomena belonged to all Americans.

Voir aussi:

The Mother of the Forest and George Gale
A story about the killing of a 2,520 year old Sequoia in 1852 by George Gale for his carnival show.

June 11, 2008

« In the 1850s, Americans learned about California through the pages of newspapers and magazines. A businessman named George Gale and his partners provided the nation with its first big news story from California after the gold rush. In the process, Gale and his companions inadvertently assisted the forces that led to the protection of the natural wonders of the Sierra Nevada mountain range. Gale’s vaudevillian stunt, which received press attention in the United States and Europe, has since slipped into the forgotten pages of history, but its byproduct, the national park system, lives on.

The story begins in 1852, when miners looking for another lode in the boom-and-bust cycle of their existence stumbled across a grove of giant trees in a remote mountainous area in Calaveras County in northern California. In a moment of unimaginative nomenclature, the miners named the area the Calaveras Grove of Big Trees. Native American tribes knew of the region, of course, and white hunters saw the Calaveras giant trees in 1850. The Sierra region had received local publicity in 1851, when a battalion under trader James Savage invaded a valley south of Calaveras in Mariposa County, in a skirmish with a tribe of Indians, the Ahwahnechee. Savage accused the tribe of raiding his trading posts and he and his men burned out the Indians, who escaped under the leadership of a brave named Tenaya. A surgeon in the battalion, Lafayette Bunnell, took time from his duties to serve as a diarist for the trip and he remembered the scenery. « It seemed to me I had entered God’s holiest temple, where that assembled all that was most divine in material creation, » he wrote several years later. A second expedition, under John Boling, caught up with Tenaya and his band in May of 1851, killing one of Tenaya’s three sons. The following spring, the Indians attacked a group of miners, killing two. The regular army invaded the valley, killing five captive Indians. Newspaper stories of the battles in the valley, which was called by the Indian name Yo-Semite, did not travel beyond California. Meanwhile, rumors of a second grove of giant trees near Yo-Semite, bigger and more numerous than the Calaveras Big Grove, circulated among the local population.

As word of the huge trees in Calaveras County spread among folks scratching out a living in the region east of San Francisco, among those who rode out for a look was Gale. Some 20 or 30 miles from the mouth of the Klamath River, Gale stumbled into the grove. Among the 92 giant sequoias in the 160-acre valley, Gale saw what he mistakenly thought was a cedar tree — not just a backyard cedar, but a tree measuring 300 feet high, 92 feet in circumference at the ground and perfectly symmetrical from base to top. He called it « the Mother of the Forest, » and sent to town for a team of five men to chop it down.

Gale was not a lumberjack, nor did he own a sawmill or a lumberyard. He was about to become involved in show business, and in the tree he saw the biggest attraction of his career. But the Mother of the Forest did not die easily. After Gale’s men bored holes through the trunk of the giant sequoia with a long auger, they worked saw blades from one hole to the next. The sawyers, cautious of a 300-foot tree falling on them without notice, continued with great care. The five men worked 25 days to complete the task. According to one account of the event, the tree was so « straight and balanced » that it remained upright, even after it was sawed completely through. Wedges were forced into the cut with hammers and sledges; the trunk was smashed by a crude battering ram, fashioned from nearby lumber, but the Mother of the Forest did not topple.

Not until a wicked gale blew up, in the dead of night, did the tree begin to « groan and sway in the storm like an expiring giant and it succumbed at last to the elements… » Sounds of the crash of the giant sequoia carried 15 miles away to a mining camp; the tree buried itself 12 feet deep into the muck of a creekbed. Mud from the creek splashed 100 feet high onto the trunks of nearby trees. Later, forestry experts in the East estimated that the sequoia tree was 2,520 years old.

Gale’s men stripped most of the bark — which was two feet thick in places — in sections, so it could be pieced together like a grainy jigsaw puzzle for display in the sideshow. Reassembled, the bark section was 50 feet high, 30 feet in diameter and 90 feet in circumference. Another portion of the tree was cut across the diameter, showing rings representing forest fires, drought and rainy seasons over the previous two-and-a-half millennia. Stripping of the bark was done « with as much neatness and industry as a troop of jackals would display in cleaning the bones of a dead lion. » The rest was left to rot. The tree was so immense — and stored enough water in its system — that five years passed before its leaves turned brown and died. Gale shipped the bark to Stockton, on its way to San Francisco, then to the Atlantic States and finally London, to be seen « for a trifling admission fee. »

Sadly for Gale and his partners, reaction to the tree was of two kinds, and both doomed the sideshow. Citizens either thought the bark to be a fake, or, more surprisingly, were hostile to the killing of what was billed the largest tree in the world. The editors of Gleason’s Pictorial, a widely read magazine published in Boston, said, « To our mind, it seems a cruel idea, a perfect desecration, to cut down such a splendid tree… what in the world could have possessed any mortal to embark in such a speculation with this mountain of wood? » Europeans cherish such trees, the editors said, and protect them by law. They hoped that two other American natural wonders, Niagara Falls and Kentucky’s Mammoth Cave, would be safe from purchase and exploitation, and wryly asserted that the cave « is comparatively safe, being underground. » New York newspaperman Horace Greeley, after visiting the region a few years later, wrote, « …it is a comfort to know that the vandals who bore down with pump augers the largest of the Calaveras trees, in order to make their fortunes by exhibiting a section of its bark at the east, have been heavy losers by their villainous speculation. »

Economic speculation in the Calaveras Grove did not end with the bark exhibition, however. Another entrepreneur, seeing a tourist opportunity in the rugged hills 240 miles from San Francisco, built a hotel next to Mother of the Forest. The Mammoth Tree Hotel opened for business in 1855, with dances and theatrical performances held on Mother’s stump. Several dozen feet of the fallen tree’s surface were shaved flat; a tavern and two bowling alleys, complete with 81-foot lanes, were built on the leveled area and soon were ready for customers. Tourists also traveled to another, larger tree in the grove called Father of the Forest that had died a natural death many years earlier; its corpse ran along the ground for 450 feet and, after a rain, held a pond in its trunk deep enough to hold a steamboat.

The publicity surely stimulated interest in the natural wonders of California. Historian Hans Huth said vandalism such as the killing of the Mother of the Forest caused Easterners to ponder their duty to protect nature. A more recent environmental historian, Donald Worster, insightfully argued that ecological thought reflected not just discoveries (such as the Mother of the Forest) but the specific cultural conditions in which those discoveries arose. For example, the excitement caused by the felling of the giant tree caught the attention of one of the country’s most popular philosophers and poets, James Russell Lowell. In an article for The Spectator, reprinted in other publications, the well-known social critic called for a society for the protection of trees. « The American seems to have an hereditary antipathy to Indians and trees, both having been the foes he had to first encounter in conquering himself a home here in the West, » he wrote. Lowell, who had succeeded Henry Wadsworth Longfellow as chair of modern languages at Harvard, wanted trees to be left alone, free of the interference of sideshow huckster and government forester alike. « That is the best government for trees which governs least… » he wrote. « Nature knows better than any city forester. » Lowell’s dislike of government foresters prevented him from extending his minimal interference notion to the idea of state protection. The idea had been on the books as early as 1817 in the United States, when the Secretary of Navy was authorized to reserve lands producing oak and cedar for the purpose of supplying lumber for ships.

In 1864, 11 years after Gale felled the Mother of the Forest and seven years after Lowell’s call for a tree protection society, the federal government granted the State of California an area of about eight square miles to be used as a park several miles south of the Calaveras Grove of Big Trees. Ironically, the Calaveras Grove of Big Trees was left out of the protected area, even after all the attention it received in the popular press. The new park was in Yosemite Valley, which was home to more giant trees — the Mariposa Grove of Big Trees, plus spectacular and unusual granite formations, delicate waterfalls and scenery unlike any other in the world. The process of making Yosemite Valley a park, which began with the discovery of the Mother of the Forest, worked its way through the political arena with unusual speed. Yosemite Valley provided a model for a new kind of land use, a state park, which was to be joined by another model — a federal park — at Yellowstone eight years later. »

Voir également:

June 30, 1864, Abraham Lincoln creates Yosemite Park
Andrew Glass

Politico

6/30/09

On this day in 1864, President Abraham Lincoln signed legislation giving Yosemite Valley and the nearby Mariposa Big Tree Grove to the state of California “upon the express conditions that the premises shall be held for public use, resort and recreation.”

Championed by Sen. John Conness (R-Calif.), the Yosemite Grant included the first parkland the federal government ever set aside for preservation and public use. It set a precedent for the creation of Yellowstone as the nation’s first national park in 1872.

The need to preserve the magnificent landscape and the desire to attract tourists soon came into conflict, however. In 1865, Frederick Law Olmsted, a landscape architect who served on the Yosemite board of commissioners, warned that “the slight harm which the few hundred visitors of this year might do, if no care were taken to prevent it, would not be slight, if it should be repeated by millions.”

As Olmsted predicted, the Yosemite Valley soon became a popular vacation destination. When it became apparent that the state could not adequately care for the park, public pressure grew to turn over management of its natural wonders to the federal government. The campaign led to the establishment of Yosemite National Park in 1890.

In 1903, President Theodore Roosevelt camped in the park with naturalist John Muir for three days. On that trip, Muir persuaded Roosevelt to remove control of the nearby valley and grove from California and return it to the federal government.

Today, the region, under the management of the National Park Service, encompasses nearly 1,200 square miles of the Sierra Nevada range. With elevations as high as 13,000 feet, the park includes a pristine alpine wilderness amid deep valleys, sweeping meadows, groves of ancient giant sequoias, towering cliffs, spectacular waterfalls, wildflowers and iconic rock formations.

Voir encore:

Yosemite celebrates 150th anniversary
In the midst of the Civil War, President Abraham Lincoln signed the Yosemite Grant Act on June 30, 1864, paving the way for the national park system. American photographer Charles Leander Weed captured this view of Yosemite Valley that same year.
Katia Hetter
CNN
June 30, 2014

(CNN) — It was during the throes of the Civil War, with lots of bloody and brutal fighting still ahead, when President Abraham Lincoln turned his attention to the Mariposa Grove and the Yosemite Valley areas of California.

Lincoln’s signature on the Yosemite Land Grant bill on June 30, 1864, set a precedent for the preservation of the young country’s wilderness. That act 150 years ago was the first instance of the U.S. government setting aside scenic wilderness for public use and preservation.

The act put both tracts of land in trust for the state of California, and it set the stage for the 1872 establishment of Yellowstone National Park in Wyoming, Montana and Idaho as the first national park.

Calling it a « remarkable message of hope for a nation embroiled in a bloody civil war, » National Park Service director Joseph Jarvis suggested Lincoln’s actions may have been « assuring the nation of better times ahead, as if he knew that Americans would need places where they could go and find peace in the perfection of the natural world. »

The land around the grove and the valley became Yosemite National Park in 1890. Both pieces of land were re-acquired by the federal government and combined with the national park in 1906, which created the park much as we know it today.

Yosemite now hosts 3.7 million visitors annually, and the numbers are expected to swell for anniversary events through October. But the glorious groves of ancient sequoias, spectacular waterfalls and 750 miles of trails that are now Yosemite National Park’s 1,200 square miles are a joy for travelers to visit any time of year.

Voir enfin:

“Yosemite: The Story of an Idea” (1948) by Hans Huth

Foreword, by Carl P. Russell; signed by David R. Brower
1. Introduction
2. The American and Nature
3. Origin of the Park Idea
4. The Idea Grows
References
About the Author, Hans Huth
Hans Huth and His Story
“Yosemite: The Story of an Idea” is one of the most important contributions to the history of the national park idea that has been made in recent years.

For one thing, Dr. Huth, in reiterating that Yosemite, not Yellowstone, was the first park of national importance, has made it imperative that future historians abandon the common assumption that the national park idea was born at a campfire in Yellowstone in 1870. Six years before that campfire, Congressional action had already been taken to set aside Yosemite Valley, that it might be enjoyed in perpetuity as a scenic resource for all the people. The proper place of Yosemite in national park chronology is pointed out by Dr. Carl Russell in One Hundred Years in Yosemite. It is of major importance here that Huth traces the course of man’s interest in nature in this country and demonstrates that no other chronology was possible. He shows the importance of Yosemite not only as a birthplace of an idea, but also as a place where the idea could grow.

Perhaps Hans Huth’s insight with respect to our national parks is due to his not having grown up among them. He obtained his Ph.D. in Berlin in 1922 and by 1936 had been a curator in the museums of Munich and Berlin and the former Royal Palaces and Gardens in Prussia. He came to this country in 1938, having been invited to lecture at New York University and collaborate in history with the National Park Service, by which he was later appointed consultant. Now Associate Curator of the Art Institute of Chicago, he has published books on decorative arts, sculpture, and gardens, and has contributed to historical and art periodicals here and abroad.

Germany has respected cultural objects for generations and has interpreted historic relics for students and the average citizens in an organized way. Huth could see readily enough the practicability of using historic objects as teaching materials in the United States; they could also serve as a type of documentary evidence against which the written word could be checked. He has been instrumental in initiating this method in this country. At the same time, he has manifested great interest in nature protection. He has combined his several interests in “Yosemite: The Story of an Idea.” It is important that the results of his objective study of a park he has never seen be published now, when too many others who have not seen our scenic resources are opposing the concepts and attempting to negate the action of the men of vision of whom he writes.

—David R. Brower
Yosemite: The Story of an Idea
By Hans Huth
I. Introduction
Theodore Roosevelt gave status to conservation as national policy by creating, in 1908, the National Conservation Commission. The importance of what he had done did not really engage the public mind until the Dust Bowl catastrophe of the early ’thirties. Only then did the nation learn what it means to have the heavy topsoil of the plains, no longer protected by the original vegetation, carried away by the Mississippi and poured into the Gulf of Mexico. The dramatization in the Dust Bowl of what might be termed a cumulative calamity served to advance the conservation of the nation’s natural resources and the preservation of the educational and recreational values inherent in state and federal parks. The preservation of these values had been initiated at the now famous Conference of Governors in 1908 through the leadership of J. Horace McFarland, at that time President of the American Civic Association. He was the only representative who was farsighted enough to recommend guarding the national domain for its scenic value, which he felt represented “a distinctly important natural resource.” From this time on, the American Civic Association became active in arousing sentiment in favor of establishing a bureau of national parks. Appropriate legislation was finally drafted and passed by Congress in 1916.

In the course of the growth of the National Park System it has been frequently stated that with the establishment of Yellowstone National Park in 1874, the idea of national parks was born. More specifically, it has been said that members of the Washburn-Doane Expedition of 1870, in a campfire discussion in Yellowstone, laid the foundation for the national park pattern, and that from there on, like apostles, they carried the new gospel to the people.

If things really had happened this way, it would indeed have been something of a miracle. It would have meant that public opinion had been prepared for this supposedly new and unique idea in little more than a year, and that Congress was ready to act favorably “to set apart the vast territory of Yellowstone as a public park or pleasuring ground for the benefit and enjoyment of the people.” Ideas of such far-reaching consequence do not ripen overnight; they develop slowly. Any attempt to elucidate the evolution of the national park idea must start by exploring two different processes. One is the legal procedure used for transforming an area into a park for public use, as exemplified in the history of the setting up of Yosemite or Yellowstone as segregated areas under state or federal authority. The other is a process which seems more important and has been given little attention—the shaping of public opinion so that it will either demand or suffer conservation measures. Contrary to the usual assumption, it was not the establishment of Yellowstone but rather the setting apart of Yosemite which was preeminent in the basic conditioning of opinion. Yosemite is the point of departure from which a new idea began to gain momentum. Where the idea will lead can hardly be envisaged, but we do know that the manner in which the entire park system developed in this country is specifically American; the system is an institution admirably suited to fill the needs of the people.

II. The American and Nature
What was the attitude of the colonials toward nature, and how did it develop later? To find the answer to this question we could make a detailed study of the treatment of nature in early colonial literature; but it should suffice here to pick out a few significant opinions. Of course we need not stop to inquire about the pioneers’ point of view. They blazed the way and were forced to be uncompromising; they consequently rejected in nature that which was not of immediate and practical use—a philosophy borne out in a little poem published in 1692: In such a wilderness . . .

When we began to clear the Land . . .
Then with the Ax, with Might and Strength,
The trees so thick and strong . . .
We laid them all along . . .
[These] we with Fire, most furiously
To Ashes did confound. 1
We might also mention one Reverend Johannes Megapolensis, who visited the Cohoes Falls in 1644. Taking no delight in the extraordinary sight of nature, he noticed nothing save the obvious consequences brought about by the descending mass of water. To him, the boiling and dashing water made only a horrible noise and the trees looked as if they were standing in the rain. 2 To traveler and settler alike, nature seemed uncouth in the extreme, and they felt that they were in a “most howling wilderness amidst wild men and beasts.” 3 Toward the beginning of the eighteenth century there were occasional changes in this attitude, even in the core of Puritan stock. For example, Jonathan Edwards, the Connecticut minister, who was dismissed from his pulpit for his too strict adherence to the Puritan dogma, rather freely expressed his deep love for the beauties of nature which he considered an emanation of the Son of God. “We behold the fragrant rose and lily . . . the easiness and naturalness of trees and rivers are shadows of His beauty . . . the golden edges of an evening cloud . . . the blue sky . . . the ragged rocks . . . and the brows of mountains.” 4 While such sentiments apparently were admitted in disguised form, a New Englander ordinarily would have frowned on the enjoyment of nature as a pastime, since it would have been neither “useful ” nor “innocent,” but plain wasteful, and therefore vicious and leading to excess and sin. Southerners, of course, were more tolerant, but still contemplations of nature were rare before 1750. Perhaps we may evaluate in this context a statement made by Colonel William Byrd, the owner of Westover, to whom the ideal goal of a Southern gentleman was the possession of “a library, a garden, a grove, and a purling stream.” How far such desires indicate any special addiction to nature is difficult to define. Certainly we do not find one line in Byrd’s History of the Dividing Line (1728-1736) which would prove any special interest in nature. The few such statements we do find in colonial literature are simple and lack expressive power. Only in the second half of the eighteenth century did writers express more clearly defined thoughts about their relations with nature. We must be wary, however, of the à la mode stylists, who cannot be considered as being sincere inasmuch ‘as their conventionalized pastoral sentiments did not spring from any newly won or intimate relations with nature.

What we must study are the writings of such men as William Bartram, Hector St. Jean de Crèvecoeur, Alexander Wilson, and Philip Freneau. All these men came into close contact with nature by profession as well as by avocation, and all of them were conscious of the newness of their adventure on being confronted with virgin woods, savannahs, and lakes, not previously charted by white men. They as well as their readers had been prepared for their fresh experience by the works of English deists, such as Lord Shaftesbury, who had shaped their minds to perceive the possibility of a new kind of relationship between man and nature. At the same time they became acquainted with critics of the type of Edward Burke, whose recognition that a quality like “sublimity” should be coordinated with the beautiful, laid the foundation for a new aesthetic doctrine which was immediately taken up and applied. A little later the English Reverend William Gilpin became known as the erudite who had spent years in search and description of the “Picturesque.” Scarcely any writer on “nature” in the beginning of the nineteenth century failed to follow him and use his vocabulary. Only after the integration of such new definitions were writers properly equipped to furnish more unconventional and precise appraisals of nature. Imbued with this new spirit, William Bartram, 1739-1823, traveling between 1773 and 1777, asked his countrymen to behold “as yet unmodified by the hand of man . . . the unlimited variety and truly astonishing scenes of landscape and perspective.” 5

Bartram’s deeply felt emotions led him through all sensations of “vastness” and he would lose himself completely “amidst sublimely high forests, awful shades.” 6 His travel accounts, first printed in Philadelphia in 1791, did not find widespread recognition among his contemporaries; still it was he who strongly influenced Chateaubriand, and, much later, his view was one of the decisive factors in shaping Thoreau’s ideas. Philip Freneau’s poems (1752-1832) dealing with nature subjects are still well known, and it is unnecessary to single out any of them to show how well suited they were to persuading his fellow countrymen to share his deep devotion to nature. In Alexander Wilson’s (1766-1813) epic poem, “The Foresters, Descriptive of a Pedestrian Tour to the Niagara,” even the title reveals an attitude toward the natural wonders of this country. The poem is not well remembered now and probably was never very popular. But Wilson himself, wandering up and down the seaboard states and penetrating into remote places to peddle subscriptions to his bird publications, was a well-known figure and a most eloquent advocate in the propagation of love for and interest in the beauties of nature. In his time the public knew Wilson far better than they did his competitor, Audubon, who came into public view and gained a certain popularity much later.

Among the scores of travelers who roamed through the country for various purposes, it is easy to pick out some who took real interest in the scenes with which they were confronted. From Andrew Burnaby (traveled in 1759-1760) on, these men displayed increasing amazement at the wonders of natural grandeur which they beheld. St. Jean de Crèvecoeur (1731-1813) hates to dwell in “accumulated and crowded cities” and enjoys “in our woods a substantial happiness which the wonders of art cannot communicate.” 7 To visitors beholding Natural Bridge in Virginia for the first time, it is, according to Thomas Jefferson, impossible for their emotions “arising from the sublime to be felt beyond what they are here . . . the rapture of the spectator is really indescribable.” 8 To understand this praise we must realize that Natural Bridge was one of those objects to which a “curio” value had attached. The appreciation of this value, which has nothing to do with the aesthetic or sentimental merit of an object, was one of long standing. It had interested travelers the world over, ever since they had first set out on pilgrimages. Trenton Falls, Mammoth Cave, and, of course, Niagara Falls were some of the other places in this country regarded as “curious” and “landmarks,” to be seen by every foreign traveler. So in evaluating the “raptures” of travelers, we must be careful to distinguish mere delight in a curio value from the growing appreciation of scenic qualities of nature. In the travel accounts of Timothy Dwight, president of Yale in 1795, we are immediately reassured that the joy he expressed in the sights he beheld was genuine. An untiring traveler of the American countryside, he wandered “with emotions, similar to those with which, when a child, he roamed through the wilderness.” 9

Evaluation of the attitudes toward nature of writers of the early nineteenth century is difficult only because it becomes hard to know whom to select among the many who were taking an increasing interest in the American scene. Above all is of course James Fenimore Cooper, whose Pioneers must be regarded as one of the most significant books in this respect. Here is one of its typical passages in which Natty Bumpo expresses his feelings:

. . . “when I felt lonesome . . . I would go into the Catskills and spend a few days on that hill . . .” “What see you when you get there?” asked Edwards . . . “Creation, lad, all creation,” said Natty. “How should a man who has lived in towns . . . know anything about the wonders of the woods? . . . None know how often the hand of God is seen in the wilderness, but them that rove it for a man’s life.” 10

A study of William Cullen Bryant’s (1794-1878) poems will clearly prove that devotion to nature was one of his outstanding characteristics. This devotion is early expressed in “Thanatopsis,” and it is later confirmed by James Russell Lowell who hailed the dean of American poets on his seventieth birthday:

The voice of the hills did his obey;
The torrents flashed and trembled in his song;
He brought our native fields from far away . . .
While much interest has been shown lately in Thomas Cole’s painting (1801-1848), some attention should also be given to his journals for their warmhearted descriptions of the “sublimity of untamed wilderness, and majesty of the eternal mountains:” 11 But Cole did not confide his thoughts only to his journal; we know at least of one lecture on “American Scenery,” which he gave in 1835 before the New York Lyceum. 12 Though we do not know the contents of this paper, we can well imagine how Cole talked about “primeval forests, virgin lakes and waterfalls,” feasting his eye and being hallowed “to his soul by their freshness from the creation.” 13

Another romantic writer was Charles Fenno Hoffmann (1806-1884), the first editor of Knickerbocker Magazine. In 1834 he set out all alone to travel west on horseback. He too was enchanted by the beauty nature had lavished on the country and asked, “Why are there none to sing her primeval glories in our land?” 14 More important, however, was George Catlin (1796-1872), another untiring explorer and painter, whose particular interest lay in the “looks and customs of the vanishing races of native man in America.” Traveling up the Missouri River into the heart of the Indian country (1832), Catlin beheld the vast forest covering the banks of the river and he, perhaps as the first man in this country to do so, had the imagination to conceive the idea that these realms “might in future be seen (by some great protecting policy of government) preserved in their pristine beauty and wildness, in a magnificent park, where the world could see for ages to come, the native Indian in his classic attire, galloping his wild horse . . . amid the fleeting herds of elks and buffaloes. What a beautiful and thrilling specimen for America to preserve and hold up to the view of her refined citizens and the world, in future ages! A nation’s Park, containing man and beast, in all the wild and freshness of their nature’s beauty.” 15 This passage was first published in one of the letters Catlin sent to the New York Daily Commercial Advertiser in 1833 from the Indian Territory. Thus was planted the seed of an idea which, although it took more than three decades to develop, was immediately well circulated in the widely read New York newspaper.

Henry Thoreau’s Walden and the thirty volumes of his journal dedicated to recording observations on nature should be enough to show his interest in our problem. In one of his most pertinent passages he wrote:

Why should not we . . . have our national preserves . . . in which the bear and panther, and some even of the hunter race, may still exist, and not be “civilized off the face of the earth” . . . for inspiration and our true re-creation? Or should we, like villains, grub them all up for poaching on our own national domains? 16

Of Emerson’s many statements concerning either his appreciation or his deep understanding of nature and the intrinsic qualities of his native soil, one might quote a remark he made in his Boston lecture about “The Young American” (1844) as reported in the Dial: “The interminable forests should become graceful parks, for use and delight.” 17 This passage, deleted in later book versions, seems to be the one publicly pronounced which follows Catlin’s postulate of 1833 most closely. Cole took up the same idea by stating that “Americans have a strong desire for excellence . . . a love of nature . . . one cause of it—the wilderness passing away and the necessity of saving and perpetuating its features. 18 All these remarks show that by the middle of the century, growing numbers of people not only had begun to take interest in the outdoors but also had realized that conservation measures were becoming necessary. The art critic, Tuckerman, corroborates this change in public opinion by pointing out how healthful “a lengthened sojourn in the primeval forests would be for refreshment and inspiration.” 19 Now at last the opportunity to enjoy the uncharted wilderness was no longer thought to be the exclusive privilege of the romantically minded traveler or artist.

The efforts of artists to interest the public in the great outdoors began very much later than those of writers. At first the artists were definitely carried away by the romantic movement which came to the fore at the beginning of the nineteenth century. Before that time landscape painting in this country was almost nonexistent, since only portraits or historical paintings were held worthy of the profession. Perhaps some of the landed gentlemen had their country seats depicted, or occasionally some of the harbor towns and other sites of interest were painted and then engraved to show their topography. But “landscapes” as such were not yet generally appreciated and some English landscapists who came to this country to try out the field failed miserably in spite of the fact that one, William Winstanley, had been recognized by George Washington and had been recommended in 1793 to the Commissioner of the District of Columbia to paint “grand objects” such as the Great and Little Falls and Natural Bridge. Washington himself, encouragingly, had bought some of Winstanley’s “Landskips.” 20 Perhaps the first painter who did landscapes in a truly romantic mood, because he was enchanted by the American scene, was John Neagle, of Philadelphia (1796-1865). However, Neagle painted landscapes only as a sideline and never exercised any real influence, nor was he recognized as a landscapist outside his small circle. Only after 1825, when Cole had shown his landscapes in New York, did the public really become interested in the products of this new school of professional landscapists, later to be known as the Hudson River School. As Cole expressed it in 1835, “The painter of American scenery has, indeed, privileges superior to any other. All nature here is new to art.” 21 To understand the sudden turn which public interest took during this period, we must recall such factors as the publication of Irving’s Sketchbook in 1819-1820, Cooper’s Pioneers in 1823, and The Last of the Mohicans in 1826. With such books capturing strong public interest, it seems logical that thereafter paintings representing scenic objects should have been well received. Several series of prints showing landscape paintings were published after 1820; the most important of these, though it proved to be a failure,. was Asher Durand’s The American Landscape in 1830.

In the prospectus of this album, Bryant expressed the feeling that there was no want of taste in the community to ensure the most successful results to an “undertaking [to publish] the most prominent and interesting features of our varied scenery.” 22 In many titles of such publications we find the word “picturesque.” Even Bryant’s monumental book on the American scene, published as late as 1872, carried the title, Picturesque America. By this time, however, the term picturesque, an heirloom from eighteenth-century terminology, no longer was used with discrimination, and artists made fun of it:

To prose it here, to verse it there
And picturesque is everywhere.
Certainly the term was no longer characteristic of the work of American artists picturing their country and so advancing the knowledge of it. In the years following the early romantic period, artists on the one hand endeavored to show realistically what Cooper as early as 1828 had called “the American scene, embracing all that admixture of civilization and of the forest, of the works of man, and of the reign of nature, that one can so easily imagine to belong to this country”; 23 or, on the other hand, and somewhat later, they were out to paint “heroic landscapes.” These “grand style” objects presented by Church, Bierstadt, Kensett, and Moran, might be described with Catlin’s words as “the vast and vacant wilds which lie between the trodden haunts of present savage and civil life—the great and almost boundless garden spots of earth . . . the boundless plains of beauty and Nature’s richest livery.” 24 However varied artistic conceptions may have been, the resulting pictures were important factors in stimulating the public to take an interest in nature beyond its common utilitarian aspect. Aware of the basic facts underlying this gradual educational process, Emerson, apparently somewhat amazed by his own observations, did some explaining in his journal of October 13, 1837: “New Eyes. What is, appears. Go out to walk with a painter, and you shall see for the first time groups, colors, clouds, and keepings, and shall have the pleasure of discovering resources in a hitherto barren ground, of finding as good as a new sense in such skill to use an old one.” 25 But Emerson did not stay content merely to acquire a new aptitude for his eyes, he was willing also to draw a moral implication from this fresh way of considering nature. He adapted Gilpin’s problem of “searching the picturesque” to his own newly won conception and proceeded to apply it: “Our hunting for the picturesque is inseparable from our protest against false society.” 26 Generally speaking this was no new idea, since the litterateurs of the romantic movement had pronounced thoughts which were similar; however, in Emerson’s close study of nature with his “new eyes,” the idea is seen to be a new and consequential one.

We may get an even closer view of what was going on in the minds of Americans by analyzing some statements made around 1850, when writers noticeably began to look beyond the romantic aspect of nature and to grasp the specific esthetic values of the American scene. Undoubtedly this was at first done rather reluctantly. Even Cooper, who we might expect to say that the Rocky Mountains “must possess many noble views,” thought that nevertheless “the accessories are necessarily wanting, for a union of art and nature can alone render scenery perfect.” But then he goes on to admit that “the mountain scenery of the United States, though wanting in grandeur . . . is not without attractions that are singularly its own.” 27 In George William Curtis we find the same cleavage of opinion. In his book, Lotus-Eating: A Summer-Book, devoted to the pleasure of traveling in this country, he compares the beauty of Lake Como and Lake George. Remarking that there is a “positive want of the picturesque in American scenery and life,” Curtis goes on to make the remarkable statement that there should be another level of comparison than the one ordinarily used. Picturesqueness should not be the yardstick; but “space and wildness are the proper praises of American scenery . . . We have only vast and unimproved extent, and the interest with which the possible grandeur of a mysterious future may invest it.” 28

To gauge the progressiveness of such thoughts one should compare them with what John Ruskin, the recognized European arbiter of taste, told his friend, Charles Eliot Norton, in 1856, “I have just been seeing a number of landscapes by an American painter of some repute; and the ugliness of them is wonderful. I see that they are true studies and that the ugliness of the country must be unfathomable.” 29 In 1871, Ruskin supplemented this statement by another seeming equally strange: “I have kind invitations enough to visit America, I could not even for a couple of months live in a country so miserable as to possess no castles.” 30 So much cynicism and candor would be difficult to excuse if there were not Cooper’s or better still Curtis’s explanation by which to judge Ruskin’s dicta. After all, Curtis’s point of view was not so very different from Ruskin’s, since they both agree to the superiority of European scenery in certain respects. But beyond this Curtis recognized that the American landscape had quite specific attributes, such as Ruskin had never experienced and therefore could not realize. Agreeing with Emerson, Curtis felt that the landscape of the Western Hemisphere had very peculiar qualities, not merely of esthetic value but of vast social importance for the future. Altogether, Americans were to be considered as having a great natural advantage over Europeans. Artists were certainly ready to appreciate this and to help prepare the public to use “new eyes,” which through their efforts were gradually to become common property. Going out west to the Rockies and beyond, as well as to the north, painters were “discarding conventionalism . . . [taking] . . . nature in her beautiful American wilderness as their model . . . [making] . . . the woods and fields their studio . . . daring to paint trees green.” 31

It must be admitted that the process of inducing the public to visualize the great outdoors as a pleasure ground was slow, and not only Britons made gross misjudgments. As late as 1864, Tuckerman feared that “the American of education . . . who delights in the life and takes pride in the aspect of his native land, is the exception, not the rule . . . [because] there is too much monotony in the landscape . . . excepting certain shrines of pilgrimage long consecrated to enthusiasm.” 32

The early representatives of romanticism had influenced the public not only through their pictures and writings, but also by their way of living in the regions they had chosen to paint. Cole, by residing in the Catskills even during wintertime, “in search of the wintry picturesque,” 33 had incited other romantically inclined people to do likewise. By 1825 there were enough enthusiasts to patronize a hotel, the Mountain House, put up in the Catskills for no other purpose than to serve these Idealists in the pursuit of their nature cult—and the customers were awakened every morning to enjoy the sunrise. What a change since Dwight’s travels through the Catskills! In 1804 he only “occasionally passed a cottage and heard the distant sound of an axe and of a human voice . . . All else was grandeur, gloom and solitude. The mountains seem to shut out the few inhabitants from the rest of mankind like in Switzerland.” 34 In 1828 the Atlantic Souvenir published an account of a visit to the Catskills in which the American was admonished not to “leave this land for enjoyment, when he can view the rugged wildness of her mountains, admire the beauty of her cultured plains . . .” Theodore Dwight, a Hartford publisher and nephew of the Yale president, visited the Mountain House in 1834 and described the sunrise rites: “As soon as I could perceive the first blush of dawn, I dressed, and hastened to the roof of the hotel, to watch the approach of the day . . . There was more sublimity to be feasted upon every moment that passed, than some people witness in their whole lives.” 35 As if to answer the need for education to make people “see,” a curious book, The Scene-Shower, was published in 1844 by one Warren Burton. He wanted the public to be properly sensitive to landscape beauty. While the “scenery school” he suggested was never established, his book confirms the change in the public attitude. No longer did only the select few indulge in romantic travel and the “Saratoga crowd” take a cure at a spa; we find instead, according to Harper’s Monthly, that by 1854 various resorts had their staple attractions like the Mountain House’s “sunrising,” and just about everybody taking them in. 36

One of the reasons for this change was that traveling along the seaboard states had become easier. As long as the roads had been the main lines of transportation, traveling had been difficult, since horseback riding was not suitable for pleasure trips. For a holiday jaunt to Passaic Falls in 1797, for example, William Dunlap and his friends hired two carriages. Although they apparently were quite alone on their trip, they met many “merrymakers’ wagons, full of rustic beaux and belles” who, hardly interested in “nature” were crowding into public houses 37 But only great people owned carriages; stages were ridden only when they had to be, since they were uncomfortable and roads—even the national roads—were in hideous shape. With the opening of the Erie Canal in 1827, traveling began to be thought of as a pleasure. Canal boats, moving four miles an hour and offering fair sleeping and dining facilities, made trips which were called the “Grand Tour,” up through New York State to Lake Ontario, where passengers could visit Niagara Falls conveniently. What a thrilling experience it must have been to sail through the new and thriving cities of Utica, Palmyra, and Rochester—and just outside town to enjoy “unbroken wildness”! In his essays and novels published after the early ’thirties, N. P. Willis, the fashionable chronicler of his day, described how tourists swarming around Lake George and along the St. Lawrence were eager to discover the “unhackneyed” beauties of silent lakes and vast forests. Theodore Dwight was thankful indeed that “our canals often introduce us to the hearts of the forests; the retreats of wild animals are almost exposed to our view.” But even though “our scenery, history and biography attract more attention than they once did,” many are brought up unfit to enjoy them and “despise those who frequent our wild scenes and select the beauties of nature.” 38

The romance of travel was being discovered by a steadily increasing throng. Sarah J. Hale, the publisher of Godey’s Magazine, felt that “circumstances had almost inevitably designed us as a nation of travellers,” though she felt that many travelers who could be sensitive to natural beauties did not yet take to touring the country for lack of intellectual and poetical associations with the scenery 39 The constantly increasing love of the out-of-doors caused many city dwellers who could afford it to take up summer residence in’ suburbs or even in the country and along the Hudson and Schuylkill. Some inconvenience was caused by the less fortunate who could make only Sunday trips to enjoy a country picnic and who, unmindful of the owners, would swarm ruthlessly across the well-tended lawns of country estates. It was a common sight to behold traveling groups visiting revival meetings, or going out for picnics and camping, as may be seen in Henry Inman’s painting, Picnic in the Catskills (about 1840; Brooklyn Museum). The larger the crowd, the more everybody enjoyed it. Frequently such mass entertainment centered around sporting societies, which had been known since the middle of the eighteenth century. In Philadelphia, for example, there was the “Fishing Company” (founded in 1732), made up of both sexes, which organized excursions on the Schuylkill and to the country in winter as well as in summer. In New York, Fanny Kemble, when she was entertained by the “Pacific Society” enjoyed walks through the woods with magnificent views across The Narrows. The widely read American Farmer recognized the value of outdoor recreation for “liberalizing the mind and invigorating the constitution,” and frequently published articles and poetry to encourage it. 40

May Day was one of the occasions when “hundreds of the refined citizens of Boston . . . witness the glorious spectacle of a rising sun . . . pedaneous excursions are planned and parties made up.” 41 A typical meeting place for such_outings was “Harmony Grove,” near Framingham, Massachusetts, where citizens could enjoy “a day of pleasant recreation among wood land and lake scenery.” 42 It boasted a natural amphitheater, cricket grounds, and all “superior accommodations to parties.” The grounds were easily accessible by the Framingham Branch Railroad. Paintings by W. J. Stillman (Camp of the Adirondacks Club, 1857; Concord Free Public Library), and Worthington Whittredge (Camp Meeting, 1874; Metropolitan Museum, New York), have recorded such meetings and their gay holiday spirit.

With the expansion of railroads in the ’thirties, traveling in some respects was made easier than in the heyday of the canal boats. Davison, the standard traveling guide for the Atlantic states, many times reprinted between 1822 and 1840, informs us that “the recent and gigantic internal improvements in the northern and middle states, and the development of new and highly interesting natural scenery, together with the increased facilities for travelling,” greatly augmented the number of tourists who undertook “what has been usually denominated the Fashionable or Northern Tour.” 43 Although trains, with their speed of two and three miles an hour, did not travel any more rapidly than canal boats, such distant regions as the White Mountains now became more easily accessible, though even in 1857 a trip to such a rugged area was thought of only as “being well for young lovers and romantic fools,” but as for “old gentlemen, they should stay in their comfortable town house.” 44 If the White Mountains were considered impossible for ordinary tourists, one can imagine that places beyond the Alleghenies were even less accessible.

The vanguard of tourists to the West was formed by artists, and John Banvard was one of the pioneers. He had traveled down the whole course of the Mississippi in 1840 and had painted scenes along the banks of the river on a canvas of enormous length especially woven for him at Lowell. Later, turning his flatboat into a show boat and floating down the Wabash, he exhibited his panorama to four thousand paying visitors—an audience which at this date was probably interested primarily in beholding the American scene in a comfortable manner. Other artists managed to go west by traveling with surveying parties. Albert Bierstadt, went along with General F. W. Landers’ expedition which mapped the railroad route across the Platte River and through Wyoming to the Pacific. Bierstadt, on his return, was the first to show the East a representative picture of the Rocky Mountains. When in 1857 he made his first trip to California, he became greatly interested in the Pacific Coast and was one of the first to show paintings of Sierra scenery in the Eastern cities. In time it became apparent that artists were an ever-increasing power in advertising the regions which were newly opened to the public. Recognizing this, the Baltimore and Ohio got some elegant publicity for its “picturesque” route along the Potomac and the Monongahela into West Virginia when, in 1857, the railroad invited twenty artists and photographers to enjoy the facilities of a special train which was fitted out with a kitchen car, dining saloon with piano, and a car “for photo purposes.” To top it all the train would stop wherever the artists wished to make sketches or take photographs. 45

But the West beyond the Rockies was not yet accessible to such leisurely travel. We may conclude, however, that the attitude toward nature had changed enough since colonial days to allow Americans to welcome easier access to the West when it should come.

III. Origin of the Park Idea
Neither the poet’s love of nature and the artist’s interest in its esthetic qualities, nor improvements in transportation and the citizen’s demand for recreational facilities need have produced the scenic park. But if these forces did not produce it, did the park movement, then, originate in Congress?

This could hardly have been expected, for as long as the idea of protecting public lands against usurpation was not urgent or even recognized, the idea of a public park would have seemed utterly futile to the representatives. If Congress did not even acknowledge any duty to further the fine arts with the taxpayers’ money, why should it feel justified in spending money on public lands to be withheld from “proper” use? Even some years after the Yellowstone Act had been approved in 1872, many in Congress expressed concern about this new “asset.” To them it would have been better to have sold the area as other public lands had been sold. After all was it not “a very expensive luxury?” The Federal Government was not supposed to go into “show business” nor was it supposed to “raise wild animals.” With such objections on record we may be rather sure that the park idea did not originate in Congress. Curiously enough, even Frederick Law Olmsted, when he tried to discover the origin of public parks in this country, had to give up—in all likelihood because he had been too close to the problem all his life. He said only that it did not seem to come as the direct “result of any of the great inventions or discoveries of the country,” but that it probably had been “a spontaneous movement of that sort which we conveniently refer to as the ‘genius of civilization’.” 46 This may be; but Olmsted seems not to have considered that type of public park to which most men go eventually.

It remains unknown whether Dr. Jacob Bigelow (1786-1879), of Boston, who became aware of the “impolicy of burials under churches or in churchyards approximating closely to the abodes of the living,” 47 made such observations because he had studied the immense European literature on the subject, or because, as an enlightened hygienist and a public-minded citizen, he was alarmed by the potential danger of the usual burying places’ “sad, neglected state exposed to every sort of intrusion, with scarcely any tree to shelter their barrenness.” 48 He waged a war to do away with the old customs and called a meeting in November, 1825, to advocate the establishing of a cemetery outside the town. Among his friends were such influential people as Joseph Story, John Lowell, Edward Everett, and Daniel Webster. While it took five years to put the plan into effect, a useful preliminary step was the founding of the Massachusetts Horticultural Society in 1829. The members of this society merged with the sympathizers of the rural cemetery, suitable grounds were found at Mount Auburn, and on September 24, 1831, the first scenic cemetery was consecrated. Situated four miles from Boston, Mount Auburn was “the first example in modern times of so large a tract of ground being selected for the processes of landscape gardening to prepare for the reception of the dead.” 49

In the founding of Mount Auburn a chord was struck which was destined to be heard throughout the country. In his consecratory address Judge Joseph Story spoke of how touched he was by the “solemn calm, as if we were in the bosom of a wilderness . . . a spectacle well fit to excite in us a noble emulation.” How far the Père Lachaise in Paris, with its beautiful situation, may have served as an example to Boston, it is difficult to say. It is a fact, however, that a year after Dr. Bigelow initiated his movement, the Atlantic Souvenir of 1826 published an article in which an American visitor to the Père Lachaise described his’ impressions of this vast sanctuary, which presented “the appearance of a wide and variegated garden . . . where trees and shrubs conceal and disclose wild romantic beauty, tombs and temples.” 50 An English traveler visiting Mount Auburn in 1833 remarked that it was laid out in imitation of the Père Lachaise. 51 To a certain degree this was true, but there was at least one clear difference. The Père Lachaise was an old, established park and had been adapted to a new purpose. Mount Auburn was a spot considered to be of natural beauty and it was the intention to keep it that way and to “conserve” it. It was thought then that the necessary changes, such as the appropriate placing of monuments, would not destroy the idea of conservation, but on the contrary, would enhance the area’s natural beauty.

The English traveler added that “parties of pleasure come hither from the city in great numbers every day at the rate of six hundred visitors on some days.” 52 Fanny Kemble also mentions that Mount Auburn was a favorite trysting place 53 and Theodore Dwight even suggested that cemeteries should be planned “with reference to the living as well as the dead, and therefore should be convenient and pleasant to visitors.” 54 The founding of scenic cemeteries at New Haven (1833), New York (1836), Philadelphia (1836), and in many other places shows that the new idea was being rapidly accepted.

To a limited degree there had been “public” parks in this country since the beginning of colonization. When Penn laid out. the original plan of Philadelphia he assigned for public use a number of squares, the largest of which had measured ten acres. These were to be graced with trees and not to be built over, except perhaps with a few public buildings. Likewise there were “commons” such as those in England in most of the New England settlements. Primarily intended to serve as pastures, they were also used as parade grounds or for recreational purposes. But how little effort was spent to protect such lands from encroachment was evident in Washington, where L’Enfant’s grandiose plan providing for an elaborate park system was abandoned very early and only taken up again seriously in 1909 when the original plan was resurrected.

While all these city-bound areas of minor scale cannot be regarded as nuclei for the later park development, the natural burial grounds outside the cities, with their great numbers of visitors who were not mourners, must definitely be regarded as steps in the direction of conservation and the beginning of the park movement. It seems a logical sequence that we should find that William Cullen Bryant was the first to advocate a public park in New York, a park that would be on a scale which up to that time had been unheard of. Although Bryant had discussed the subject privately as early as 1836, his first public plea was published in the New York Evening Post on July 3, 1844. While there is no evidence that Bryant was influenced by the scenic cemetery movement, the author of “Thanatopsis,” “The Burial,” “A Forest Hymn,” and “An Indian at the Burial Place of His Father,” must have been deeply impressed by the rural cemeteries developing throughout the country. Bryant was joined in his efforts by Andrew Jackson Downing, the landscape architect. In his Horticulturist of 1849, Downing asked, “If thirty thousand persons visit a cemetery in a single season, would not a large public garden be especially a matter of curious investigation?” 55 Downing had traveled extensively abroad, and among the parks he had seen when he visited England, France, and Germany, he mentions as particularly beautiful the so-called “English Park” in Munich. Curiously enough, the establishment of this huge city park was due to an American Tory, Benjamin Thompson (later Count Rumford), who had taken up residence in Munich.

With such eloquent advocates as Bryant and Downing behind it, the proposal for a public park in New York was well accepted, and in 1851 the first act was passed authorizing the acquisition of the necessary lands. The appointment of Frederick Law Olmsted as a superintendent of the project initiated a new era in the best possible way. Olmsted had been a friend and pupil of Downing and had also garnered experience in Europe. After some years of fruitful work in establishing the park, Olmsted disagreed with the Park authorities. He gave up his position in May, 1863, and accepted another as superintendent of the mining estates of General Fremont, in Mariposa. In the light of Yosemite’s later role, this shifting of Olmsted’s position from New York to Mariposa must be regarded as a most fortunate coincidence.

IV. The Idea Grows
Even after the first excitement over the California Gold Rush had died down, the East learned little about the beauty spots of the newly acquired territory of California. None but the hardiest traveler, and certainly no “tourists,” would have been willing to stand the overland trek or either of the wearisome routes by sea. It is significant that one of the first big news stories to come out of California that was not concerned with gold was a show-business stunt. In 1852 the Calaveras Grove of Big Trees was discovered. The next year, two unscrupulous businessmen, George Gale and a companion, stripped one of the Big Trees, the “Mother of the Forest,” 315 feet in height and 61 feet in circumference, up to the height of 116 feet, and shipped the bark East for a show in some of the seaboard cities, and then at the Crystal Palace exhibition in Sydenham, London, in 1854. The pamphlet sold in London boasted that the possibility of seeing a forest of such gigantic size would fully repay the toil of a journey to California. The show turned out to be unsuccessful since, “owing to the immensity of the circumference, nobody would believe that the bark had come from one tree, and finally, being branded as a humbug, the exhibition had to be ended.” 56 While this was going on in London, the widely read Gleason’s Pictorial published a protest by a Californian to whom it seemed a “cruel idea, a perfect desecration to cut down such a splendid tree . . . in Europe such a natural production would have been cherished and protected by law; but in this money-making-go-ahead community, thirty or forty thousand dollars are paid for it and the purchaser chops it down and ships it off for a shilling show. We hope that. no one will conceive the idea of purchasing Niagara Falls for the same purpose.” 57 The complainant went on to praise the beauty of the tree when it was still “a single sight worth a pilgrimage to see.” Another strong protest was raised in 1857 by James Russell Lowell, who became editor of the Atlantic Monthly in the same year. His article on “Humanity to Trees” proposed to establish a society for the prevention of cruelty to trees, since “we are wanton in the destruction of trees as we are barbarous in our treatment of them.” 58 In the next year, it was pointed out in Harper’s Weekly that the big tree was now fast decaying, having been peeled “with as much neatness and industry as a troupe of jackals would display in clearing the bones of a dead lion.” 59 In the same year the Autocrat of the Breakfast Table published his book, in which Holmes included a “Talk on Trees” therein professing his passionate fondness for them. However trifling the incident may seem to us now, it aroused a great deal of sentiment in the East, and caused people to ponder their duty of protecting nature against the vandalism of enterprising businessmen. At the same time it undoubtedly stimulated great interest in the wonders of California. The great event in California discoveries, i.e., the opening up of the Yosemite, 60 was publicized with much less fanfare than the Calaveras tree murder. The account in the Daily Alta California about the scenic wonders of the valley discovered by the punitive expeditionary force of 1851 against the “Yosemitos” Indians created no stir outside the state. An article published in the Mariposa Gazette of July 12, 1855, by James M. Hutchings, whose activities from then on were to be dedicated to the valley, was of broader interest. Real recognition in the East came in 1856, when the Country Gentleman 61 republished an article by the California Christian Advocate which declared the “Yo-hem-i-ty” valley to be “the most striking natural wonder on the Pacific” and predicted that it would ultimately become a place of great resort. Hutchings started his California Magazine in the same year and gave Yosemite good publicity in it. In 1855 and 1856 a California pioneer artist, Thomas A. Ayres, made his first sketches at the valley; some of these were lithographed and spread widely over the East. By 1856 Yosemite had become so well known throughout the nation that T. Richardson who published the first illustrated hand book of American travel of general importance, 62 dedicated about 125 words and ore illustration of Mirror Lake to the now celebrated valley of the Yosemite. Here the scenery was called “perhaps the most remarkable in the United States, and perhaps in the world.” With such nation-wide publicity the fame of Yosemite was bound to grow year by year.

As one might have expected, Horace Greeley 63 paid his respects to Yosemite as soon as possible and made the most of it. For reasons unknown, Greeley was in a tremendous hurry and did more horseback riding in the valley than was good for him, especially since he was riding “in torture” with Mexican stirrups that were too small. Being badly disposed, he was disgruntled at the lack of water in Yosemite Falls (it was August) and said so, which afterward caused a furious dispute. But he could not help being overwhelmed by the “grandeur and sublimity of the wonderous chasm”; he considered Yosemite the “greatest marvel of the continent,” and hoped that the State of California would immediately provide for the safety of the Mariposa Grove of Big Trees.

In view of the difficulties of transportation, making photographs in Yosemite was, of course, a major event in the early days. It was done for the first time in 1859 when C. L. Weed and R. H. Vance took photographs and also prepared stereoscopic slides. Their photos were on exhibition at the Fifth Annual Fair of the State Agricultural Society (May 21, 1859) in Sacramento and there earned great applause. At the same time Ballou’s Pictorial Drawing Room Companion 64 published an illustrated article about Yosemite regretting that it was neither sufficiently known nor appreciated, a criticism not quite justified inasmuch as travel to the West was quite difficult and would remain so for some years to come.

The first really thorough description of the experience of an extended Yosemite trip appeared in a series of eight articles, which Starr King sent to the Boston Evening Transcript from December 1, 1860, to February 9, 1861. 65 Starr King, of course, was an expert in writing such accounts and had published White Mountains shortly before. His much-regretted transfer from Boston to San Francisco at least gave him a chance to explore the West and recount his adventures to the eagerly waiting friends at home. As his friend H. W. Bellows later wrote in an obituary on Starr King, 66 “no one had really seen the Sierra Nevada, Mount Shasta, the Yosemite Valley . . . until his fine eye saw and his cunning brain and hand depicted them . . . you will find the newspapers in which his portraitures of these sublime and charming scenes are found carefully laid away in hundreds of New England homes as permanent sources of delight.” His papers, entirely forgotten today, acquainted the East better than anything else with the fabulous beauties of Yosemite.

The most important photographic records following Weed’s were by C. E. Watkins (1863), which Oliver Wendell Holmes compared with the finest work done in Europe 67 They were constantly on exhibition at Goupil’s art galleries in New York.

With so much interest devoted to Yosemite by travelers, journalists, and writers from the East, it would be fascinating to know who in California was taking active interest in the destiny of the valley. We unfortunately know only very little about this. Certainly Starr King’s enthusiasm made him one of the leaders in the effort to conserve Yosemite, and it was well known that he was planning a book about the Sierra and Yosemite which would have been a sequel to his White Mountains book. Given his love of nature, his position as one of the most prominent and influential citizens of California made him the natural leader in the campaign. Among his friends was Judge Stephen Field, who had visualized the need of having the state make a geological survey. Owing to Field’s effort, Josiah Dwight Whitney had been appointed to carry it out, assisted by William H. Brewer and Clarence King. F. L. Olmsted’s papers 68 show that immediately after his arrival in California, in September, 1863, he became enthusiastic about the valley and tried to work for its conservation. But Whitney, though not his assistants, disliked this activity and tried to obstruct it.

The men who were recommended as the first commissioners of the Yosemite grant are most likely those who helped to prepare the act. They were Professor John F. Morse, Israel Ward Raymond, and Frederick Law Olmsted. Of Morse we know only that he was a well-thought-of physician in San Francisco. About Raymond we are better informed. It was he who addressed the decisive letter to Senator John Conness urging him to present a bill concerning Yosemite to Congress. Raymond was the California representative of the Central American Steamship Transit Company of New York. He was known Ao have been a public-spirited citizen, and certainly did not take this step to further any of his business interests. Altogether, it is quite safe to assume that as a whole the group of men promoting the interests of Yosemite did so for idealistic reasons. This is demonstrated in the measures they recommended and pushed.

The coincidence of Olmsted’s arrival in California at the very moment when he was most needed has curiously enough never been noticed. For once it seems that the right man was in the right spot at the right time. Living in Mariposa, Olmsted was in close touch with Yosemite, and, we can be certain, thoroughly familiar with its problems. Certainly no one was better prepared to take an active part in urging the Yosemite grant and to keep the ball rolling. Preliminary discussions must have taken place, probably with Olmsted and the other potential commissioners, before Raymond addressed the following heretofore unpublished letter to Senator Conness: 69

88 Wall Street
New York, 20th February 1864.

Hon. John Conness
Washington
Dear Sir:

I send by Express some views of the Yosemity Valley to give you some idea of its character. No. 1 is taken from a point on the Mariposa trail and gives a view of about seven miles of the Valley, and the principal part of it. You can see that its sides are abrupt precipices ranging from 2500 feet to 5000 feet high. Indeed there is no access to it but by trails over the debris deposited by the crumbling of the walls.

The summits are mostly bare Granite Rocks in some parts the surface is covered only by pine trees and can never be of much value.

It will be many years before it is worth while for the government to survey these mountains. But I think it important to obtain the proprietorship soon, to prevent occupation and especially to preserve the trees in the valley from destruction and that it may be accepted by the legislation at its present session and laws passed to give the Commissioners power to take control and begin to consider and lay out their plans for the gradual improvement of the properties.

May not this be a sufficient description:

“That cleft or Gorge in the granite peak of the Sierra Nevada Mountains situated in the County of Mariposa, State of California, on the head waters of the Merced River and known as the Yo Semite Valley with its branches or spurs in length fifteen miles and in width one mile back from the main edge of the precipice on each side of the valley the lines to be defined on Sectional lines when surveyed, by the Surveyor General of the United States and in the spirit of this act.”

I take this length and width to secure the approaches from any annoyance. The south end is narrow and filled by the Merced River. The North end leads to Mono, is narrow and filled with rocks, and impassable to a mule.

“Also all those quarter sections in Mariposa County on which stands the grove of Gigantic trees known as the ‘Mariposa Big Trees’ not exceeding in all Four Sections of one mile square each, the lines to be defined in the spirit of this act by the Surveyor General of the United States when surveying the said County of Mariposa.”

I say “quarter” section because the trees are too scattered to be covered by four square miles in compact.

If thought best to have a compact tract it should require six or eight sections.

“The above are granted for public use, resort and recreation and are inalienable forever but leases may be granted for portions not to exceed ten years. All income derived from leases or privileges are to be expended in the preservation and improvement of the prospectus or the roads leading thereto.”

The properties shall be managed by (5.7.9) commissioners who shall not receive any payment for said services. Vacancies for death, removal, or resignation shall be filled by the others subject to confirmation by the State Senate. The first Corns. to be:

The Governor of the State of California, Ex. off.
The Collector of the Port of San Francisco.
Prof. Whitney—State Geologist.
Fred Law Olmsted of Mariposa.
George W. Coulter of Coultersville.
[Added by Conness in space left by writer:]
The Mayor of the City of San Francisco.
Prof. John F. Morse         do.
I. W. Raymond             do.
Full reports to be made annually to the Senate of the State.

If we can obtain this grant, I believe we can get Subscriptions in California to make improvements. Submitting the above,

I am very truly yours,

(Sgd.) I. W. Raymond.

Conness sent this letter to the Commissioner of the General Land Office, accompanying it by the following letter of transmittal:

Washington
March 6, 1864

Hon. J. W. Edmonds
Dear Sir:

Herewith you will find a letter with a description of the land of the Mariposa Big Trees and Yosemite.

Will you have the kindness to prepare a bill and send it to the committee of the Senate or to myself. You might insert in this the springs in a separate section. Leave blanks for the names as commissioners or insert as you find them or insert as I have Prof. John F. Morse, I. W. Raymond, Stephen J. Field. This will make nine commissioners. Let the grant be inalienable, and in regard to the mineral springs take care to insert a provision which shall not confirm any state land warrant or state location made in pursuance of any land of the State of California.

Yours truly,

(Sgd.) John Conness.

The General Land Office furnished the requested data promptly so that Conness was able to introduce the bill on March 28, 1864. There was some discussion on the floor of the Senate in which Conness stated that the bill had come to him from various gentlemen in California “of fortune, of taste and of refinement,” that the General Land Office also took great interest in the bill, and that there was “no other condition of things like this one on earth.” Finally he referred to the sorry incident of the killing of the Calaveras tree in 1853. The bill was passed, and on June 29, 1864, it was signed by President Lincoln.

So far nothing was extraordinary about the Yosemite grant, and national public opinion certainly was not aroused by the federal action; grants to states were given quite frequently. However, there was something peculiar about this grant, and as it happened, it was destined to set a precedent of real importance. The grant was given “upon the express conditions that the premises shall be held for public use, resort and recreation, shall be held inalienable for all time.” These terms implied that no profit was to be expected from the new institution. Probably it was assumed that at least all costs of upkeep would be offset by revenue from leases or privileges; at any rate, Congress took no responsibility. What was really new about the grant was the fact that it served a strictly nonutilitarian purpose. It is necessary to stress this point in view of the claims that Yellowstone set this precedent.

On September 28, 1864, Governor F. F. Low of California proclaimed the grant to California and made known the Commissioners he had. appointed: Frederick Law Olmsted, J. D. Whitney, William Ashburner, I. W. Raymond, E. S. Holden, Alexander Deering, George W. Coulter, and Galen Clark. Olmsted became chairman and immediately took the lead in the effort to organize the protected area. At the same time he ordered a survey made and a map drawn by Clarence King. Since Olmsted needed this as soon as possible as a basis for the suggestions he planned to make, he magnanimously paid all expenses himself, with no more than a hope that he might be reimbursed by the California legislature two years later. All through 1865 Olmsted was hard at work preparing a plan of management. In a letter to his father ( July 5) he expressed his feeling that Yosemite was “far the noblest park or pleasure ground in the world.” Just at this time he received the first group of dignitaries from the East who wished to visit the park. They were Schuyler Colfax, Speaker of the House, and a group of friends from the East and from San Francisco. Among them were Samuel Bowler, publisher of the Springfield Republican, who had been interested in the Yosemite campaign; Charles Allen, Attorney General of Massachusetts; and Albert Richardson, the distinguished war correspondent of the New York Tribune. Altogether there were seventeen gentlemen and three ladies. The Easterners were proud that they had come across the plains, “simply to see the country and to study its resources.” In the travel account published later, Bowles made this remarkable statement:

“The wise cession and dedication [of Yosemite] by Congress and proposed improvement by California . . . furnishes an admirable example for other objects of natural curiosity and popular interest all over the Union. New York should preserve for popular use both Niagara Falls and its neighborhood, and a generous section of the famous Adirondacks, and Maine, one of her lakes and its surrounding woods.” 70

Here we have in unmistakable language a formula not just for the protection of this or that area of interest to some group or other, but for a systematic approach to an over-all system of protection of areas which illustrate specific features of nature throughout the nation. That is exactly the pattern which was followed many years later after the National Park Service had been established. It is well to note that Bowles made his statement in connection with Yosemite, which he must have considered as the first step in the direction he advised the country to take. Bowles’s; counsel undoubtedly represented the opinion of the distinguished group of men of which he was a member. The fact that Bowles felt that state legislatures should protect the areas is not important in evaluating his plan. One could hardly expect anyone in 1864 to envisage federal legislation for the purpose of conserving state areas. The way Yosemite had been handled made it quite evident that in spite of the fact that the grant was made to the state, the object of the grant was considered to be of nation-wide if not of world-wide importance.

Confirmed in his actions by Colfax and his party, Olmsted happily continued his efforts to organize the park. All his suggestions for improvements were summed up in a report approved by the Yosemite committee and submitted by him to the legislature. Unfortunately this report is lost [Editor’s note: this long-suppressed report was found in 1952—dea] and cannot be traced in the papers of the legislature in Sacramento. We can, however, get a glimpse of the thoughts which directed Olmsted in preparing his report by means of a questionnaire he addressed to three artists:

Yosemite
August 8th, 1865

Messrs. Williams, Hill and Watkins.
Gentlemen:

I address you in behalf of the Commissioners appointed under the Act of Congress, establishing Yo Semite and Mariposa Grove as a ground for recreation. The action of. Congress with regard to the Yo Semite was doubtless taken in view of the peculiar value of its natural scenery, the purpose of its action was to give the public for all future time the greatest practicable advantage of that scenery, and the duty of the Commission is to secure the accomplishment of that purpose. What effects natural scenery favorably or unfavorably to the enjoyment of mankind is the principal study of your lives and as you are at present making a special study of the scenery of the Yo Semite you may find it convenient to give some thought incidentally to two general questions your advise upon which would be of great service to the Commission:

1st. Are there any conditions affecting the scenery of the Yo Semite unfavorably which it would be in the power of the State to remove, or the further and increased effect of which might be prevented?

2nd. What can be done by the State to enhance the enjoyment now afforded by the scenery of the Yo Semite?

The Commission being required by act of Congress to perform its own duties gratuitiously and no provision having been made for meeting any expenses in the premises, I cannot promise the pecuniary remuneration for your advice which it would be your right to demand, but it is hoped that the importance of the Commission’s duty as a field of study for artists and the great interests of the public in having the action by the State well advised present sufficient grounds of apology for requesting your professional assistance as a favor.

I am, Gentlemen, very respectfully

Your obt. servant

Fred Law Olmsted
First Commissioner

Apparently the artists had been commissioned to make a special study of the scenery of the park and the way it might be improved. Virgil Williams (1830-1886), from Massachusetts, had studied in England and came out West in 1862; C. E. Watkins was the photographer mentioned previously; and Thomas Hill (1828-1908), who had studied in Paris, had been living in San Francisco since 1861. Because one of Hill’s Yosemite paintings on exhibition in Boston in 1868 had been acclaimed as the best representation of the great natural wonder of California, it was chromo-lithographed by S. Prang in Boston and became widely known all over the country. Olmsted’s letter is interesting in several respects: first, it shows how eager Olmsted was to get the expert opinions of artists; secondly, it confirms Yosemite’s nation-wide importance; and finally, it shows again the lofty attitude of Olmsted, who expected everybody to work as he did without regard to remuneration. Unfortunately Olmsted could not wait to see his recommendations carried out; soon after his report was dispatched to Sacramento he accepted the appointment as landscape architect for Central Park and returned East in November, 1865.

After 1865 the Yosemite grant was developed normally; the occasional difficulties which arose were chiefly caused by the early settlers in the park who were unwilling to give up certain claims. The fame of Yosemite grew. At the World Exhibition in Paris in 1867 an international audience became acquainted with Yosemite through twenty-eight photographs by Watkins as well as through three hundred stereoscopic views. Copyrighted in 1863, portfolios with lithographs of California, including Yosemite, were published by Edward Vischer in 1870. In 1868 the first carefully prepared guidebook of Yosemite was produced by John S. Hittell, with twenty photos by “Helios,” pseudonym for Edward J. Muybridge, the first motion picture photographer. 71

The year 1868 brought John Muir to California. His profound devotion to the Sierra initiated a new era in spreading the glory of Yosemite. His enthusiasm is well epitomized in his letter inviting Emerson to Yosemite. “I invite you to join me in a month’s worship with Nature in the high temples of the great Sierra Crown beyond our holy Yosemite. It will cost you nothing save the time and very little of that, for you will be mostly in Eternity.” 72 In spite of his age, the sixty-seven year old Emerson accepted the invitation and braved the hardships of a journey to Yosemite. In May, 1871, he arrived in the valley. This is what he jotted down in his journal as his first impression: “In Yosemite, grandeur of these mountains perhaps unmatched in the globe; for here they strip themselves like athletes for exhibition and stand perpendicular granite walls, showing their entire height, and wearing a liberty cap of snow on the head.” 73

With Yosemite ranking so high in national favor, the propagators of projects for other scenic areas of some importance were busy trying to get them nationally recognized and protected. There were, of course, many such areas of more or less doubtful value, and their evaluation and recognition took its due course. One of the major areas was that of Niagara Falls. Claims had been made in 1835 that the falls were “the property of civilized mankind.” Since 1850 the legislature of New York was- lobbied in favor of a bill to protect the falls “against waste and degradation.” Once more Olmsted was among those who supported protective legislation. This was finally passed in 1883.

The Yellowstone case had been settled more than a decade earlier by the act of March 1, 1872, which created Yellowstone National Park as the first area under federal protection, exclusive of Hot Springs, Arkansas, the establishment of which was a history of its own. Much has been made of the belief that Yellowstone was the first federal park. One has become quite accustomed to reading statements that the establishment of Yellowstone “was the first step of any consequence taken to protect our natural resources, and from it our entire conservation program has grown.” 74 In another report we are told that the idea of the national park system was launched at that now historic campfire on Sept. 19, 1870. 75 We read it again in a brief history of the National Park Service published in 1940 as a Government publication by the Department of the Interior.

All these statements are based on Hiram M. Chittenden’s presentation of the events which led to the establishment of Yellowstone 76 Louis C. Cramton has refuted this story completely and says that the early explorer “David E. Folsom’s suggestion to General Henry D. Washburn (in August 1870) was the first recorded idea of a reservation of the Yellowstone area for public benefit . . . the Hedges proposal at the campfire put in train of action the movement to secure such reservation.” 77 Since the campfire story has already been discounted here, it is not necessary to discuss the consequence of giving up the sentimental legend. As we have seen, the “national park idea” has a very respectable pedigree and was anything but new in 1870. But there is one point made by Chittenden which deserves attention. It was mentioned earlier here that George Catlin was the first man in this country to conceive the idea of a national park. Chittenden in the first edition of his Yellowstone book 78 came to the same conclusion. Surprisingly enough he retracted this opinion in the second edition, maintaining that “Catlin’s idea of a National Park was solely [aiming at] . . . a home for the Indians . . . his name cannot be considered in connection with those who originated the idea of the Yellowstone Park.” 79 Undoubtedly Chittenden was correct in assuming that Catlin had in mind some kind of a national park which would form a sort of Indian Habitat. But while such an idea would hardly detract from Catlin’s original hope to conserve a portion of the American heritage for the public good, Chittenden apparently does not reason that way. It was only because Chittenden believed that Catlin had had the Yellowstone area in mind for his project that Chittenden asserted Catlin’s priority for the idea, and after concluding that Catlin’s suggestion had nothing to do with Yellowstone, Chittenden rejected Catlin as the originator of the general idea, as well as of the specific plan. From this it seems that Chittenden crystallized his thoughts solely around Yellowstone as the national park.

The same conception seems to have prevailed throughout the early debates of Congress concerning Yellowstone. It appears that creation of this one park was regarded as the supreme effort in this respect. A typical statement by Senator Vest may illustrate this attitude: “There should be to a nation that will have a hundred million or a hundred and fifty million of people a park like this as a great breathing place for the national lung, as a place to which every American citizen can resort.” 80 Special attention is called to this point of view because it does not show the same clear vision of the needs of the whole country and the possibilities offered by an entire continent as does the program proposed by Samuel Bowles and quoted previously, which represented the idea of a group of distinguished men who had studied the situation in Yosemite. Public opinion as echoed by the New York Tribune appears to have tended toward Bowles’s view. In a review of one of Nathaniel Langford’s talks propagandizing Yellowstone, the paper says that “while we always have our Niagara and Yosemite this new field of wonder . . . should be at once set apart as a public national park.” 81 Apparently Yellowstone was here thought of just as one of the “natural attractions,” to be set aside as Yosemite had been.

One more problem remains to be settled. That is, did the establishment of Yellowstone as a federal park advance the park idea more essentially than the earlier attempt to protect Yosemite? Of course there is no doubt that placing. Yellowstone under federal administration represented a completely new departure and as such this event is certainly worthy of due recognition. Early in the nineteenth century, Congress almost unanimously would have resented such threats to taxpayers’ money. But trends around 1870 were different, and it was no longer unheard of for Congress to pay attention to art, education, or similar, not quite tangible “values.” Therefore, the establishment of a federal park was not exactly a stupendous deviation from undertakings directed by the Zeitgeist of that era.

In the long run federal protection of deserving areas did prove to be the most satisfactory form of protection, and in this respect Yellowstone marks a certain beginning, but hardly a promising one, as beginnings are usually described. Buck as well as Cramton, in their studies concerning the early history of conservation and Yellowstone, have shown that those who urged the creation of the park were for the most part exponents of groups wishing to preserve the area for their own interests. Their lobbying, and not general public support, was influential in getting the bill adopted and we can well understand why the passing of the bill caused no “flurry either in Washington or in the country at large” . . . and “an attitude of indifference prevailed.” 82

The same attitude continued for more than a decade of the so-called formative period of Yellowstone. Travel was light. The park was remote, there were hardly any lodgings and no roads, scarcely any guards or rangers were on hand to advise visitors and the superintendent was usually absent. Tourists could not, therefore, have been expected to use the new “pleasuring ground” in any large numbers. It does not seem strange that in the early years the park “administration,” if this word is at all permissible, was ever close to collapse. More than once Congress was possessed with the urge to rid the federal administration of its incubus. After all, Congress had only been asked to protect Yellowstone because in 1870 it was in a territory and could only be taken care of under federal custody. To encourage Congress to adopt the bill, no appropriations were asked for, nor supposedly were they intended to be asked for in the next years. It could have been anticipated that such a situation would breed difficulties; but because of ‘the lobby’s pressure the bill passed and a trouble spot was created. Yellowstone had to muddle through its formative years rather desperately.

Yosemite, once it was set aside, progressed smoothly, contributing far more than Yellowstone, it would seem, toward advancing the idea of conservation. It makes little difference that one area was under custody of a state and the other of the federal government. Certainly the purpose to which Yellowstone was “dedicated and set apart as a public park or pleasuring ground for the benefit and enjoyment of the people” in 1872 did not differ from the purpose for which the Yosemite grant had eight years earlier been given in trust to the State of California, “upon the express condition that the premises shall be held for public use, resort and recreation . . . inalienable for all time.” It should be remembered also that the attaching of stipulations to the California grant was no empty gesture. When it was reported in later years that the State of California was not doing so well as a trustee of the grant, a congressional investigating committee inspected the park with the result that, with the consensus of all interested, it was resolved that the park be placed under federal management. These difficulties began to turn up in the ‘nineties; Yosemite in its early years was favored by the gods. Appropriations for improvement were granted by the legislature of California as soon as necessary and possible. From the time on when the Central Pacific touched Stockton (1869), national tourist travel began to invade the valley. Yosemite was soon in a niche in the minds of the American people, who admired their country and took pride in it. Most people could not go out to California, but a chromo by Prang was within the reach of almost every lover of nature; the enormous editions of these lithographs, showing Yosemite, proved how eager people all over the nation were to satisfy their desire to become familiar with the wonderland of California.

Thus it seems certain that although Yellowstone was the first federal venture in the field of protecting areas, this fact alone did not advance the concept of conservation in the first decade and a half of the park’s existence. Had it not been for a group of senators faithful to the cause, the House would gladly have yielded to those who wished to drop the project or sacrifice it to the interests of pressure groups who would have destroyed the purpose of the park. It is questionable if Congress, with the Yellowstone experience alone, would have considered extending the national park system. Quite significantly, when the system was extended in 1890, it was to protect areas around Yosemite as well as those now called Sequoia National Park and General Grant Grove—all of them in California, where the park idea had developed so well.

In the year of the Yosemite grant another milestone was passed in the publication of George P. Marsh’s Man and Nature. This book, frequently reprinted until 1898, was the first to approach the theme of conservation in scholarly fashion. It was widely read and most influential; Bryant, for example, quoted it in his editorial on the “Utility of Trees” in the Evening Post of June 20, 1865. It is most likely that Marsh’s ideas influenced those men who were responsible for the Yosemite grant even before he published them [in 1863 and 1864]. By the time the Yellowstone problem was being discussed, his thoughts had become common property. Marsh recognized how complex conservation problems are; in his chapter, The Instability of American Life, he wrote, “We have now felled forests enough everywhere, in many districts far too much. Let us restore this one element of material life to its normal proportions and devise for maintaining the permanence of its relations to the fields, the meadows and the pastures, to the rain and the dews of heaven . . . . ” 83 In a new edition of Man and Nature he added these words to his chapter, Forests of the United States: “It is desirable that some large and easily accessible region of American soil should remain as far as possible in its primitive condition, at once a museum for the instruction of the students, a garden for the recreation of the lovers of nature, and an asylum where indigenous trees . . . plants . . . beasts may dwell and perpetuate their kind.” 84 Though this was written shortly after the establishment of Yellowstone Park, it certainly must reflect thoughts that Marsh had developed much earlier.

As a logical consequence of these ideas, Theodore Roosevelt inaugurated the conservation program out of which the National Park Service grew. The idea the program represents is based on a series of trends— deeply rooted in the American pattern of life, developing in various strata, ranging over a long period of time—that were finally embodied in park, state, and federal initiative. The idea of keeping intact some of the grand scenery of the New World such as Chateaubriand had celebrated—

there is nothing of age in America but the woods . . . that is well worth monuments and ancestors— 85

was never quite lost sight of, from the day George Catlin conceived it until it matured in the protection of the jewel of all, “holy Yosemite.” With this achieved, other successes were no longer difficult. One pearl after another was collected and strung with the others to form a national park system which is the unrivaled adornment of this hemisphere.

REFERENCES
1 Narratives of Early Pennsylvania, 1630-1707, ed., A. C. Myers (1912), p. 303.

2 Narratives of New Netherland, 1609-1664, ed., J. F. Jameson (1909), p. 170.

3 Letter from Plymouth Colony, 1680, quoted by Seymour Dunbar, History of Travel (1915), p. 15.

4 A. V. G. Allen, Jonathan Edwards (1890), p. 355ff.

5 William Bartram, Travels (London, 1792), pp. 48, 187.

6 Bartram, op. cit., p. 341.

7 St. Jean de Crèvecoeur, Letters from an American Farmer [1769], ed. W. P. Trent (1904), p. 220.

8 Thomas Jefferson, “Notes on Virginia” [1787], Works, ed., Lippscomb II (1905), pp. 31-32.

9 Timothy Dwight, Travels, IV (1822), p. 59.

10 James F. Cooper, The Pioneers, chapter 26.

11 Louis Noble, The Course of Empire (1853), p. 241.

12 Noble, op. cit., p. 195.

13 Noble, op. cit., p. 202.

14 Charles F. Hoffman, A Winter in the West, II (1835), p. 316.

15 George Catlin, The Manners, Customs, and Conditions of the North American Indian, I (London, 1841), p. 262.

16 Henry Thoreau, “Chesuncook,” in Atlantic Monthly, II (1858), p. 317.

17 Dial (1844), p. 489.

18 Noble, op. cit., p. 398.

19 Henry T. Tuckerman, in Home Authors, Home Artists (1852), p. 134.

20 George Washington, Letters, XXXIII (1940), p. 83.

21 Noble, op. cit., p. 202.

22 John Durant, Asher B. Durand (1894), p. 73.

23 James F. Cooper, Notions of the Americans (1828), p. 332.

24 Catlin, op. cit., II, p. 155.

25 Ralph W. Emerson, Journals, IV (1910), p. 321.

26 Ralph W. Emerson, “Nature,” in Complete Works, III (1876), p. 178.

27 James F. Cooper, “American and European Scenery Compared,” in Home Authors, Home Artists (1850), p. 61.

28 George W. Curtis, Lotus-Eating (1850), pp. 137-40.

29 John Ruskin, Letters to C. E. Norton, I (1904), p. 29.

30 John Ruskin, Arrows of the Chase (New York, 1894), p. 148.

31 Ballou’s Pictorial Drawing Room Companion (Oct. 22, 1859), p. 261.

32 Henry T. Tuckerman, America and Her Commentators (1864), p. 415.

33 Noble [1843], op. cit., p. 343.

34 Tim. Dwight, op. cit., p. 18.

35 Theodore Dwight, Things As They Are (1834), p. 197.

36 Harper’s Monthly, IX (1854), p. 147.

37 William Dunlap, Diary, I, (1931), p. 64.

38 Theodore Dwight, op. cit., pp. 232, 192, 225.

39 Sarah J. Hale, Traits of American Life (1835), p. 187.

40 See American Farmer, VII (1825), p. 148.

41 Horatio Smith, Festival Games and Amusements (1832), p. 325.

42 Gleason’s Weekly, II (1852), p. 384.

43 George M. Davison, The Travellers Guide (1837, 7th ed.), p. xvi.

44 Harper’s Weekly (August 22, 1857), p. 536.

45 Cosmopolitan Art Journal, II (1857-1858), p. 207.

46 Frederick L. Olmsted, Forty Years of Landscape Architecture [1880], II (1928), p. 14.

47 C. W. Walter, Mount Auburn (1847), p. 10.

48 Joseph Story, An Address Delivered on the Dedication of Mount Auburn (1831), p. 12.

49 Walter, op. cit., p. 14.

50 Atlantic Souvenir (1826), p. 56.

51 E. S. Abdy, Journal, I (1835), p. 120.

52 Abdy, op. cit., p. 120.

53 Fanny Kemble, Records of a Girlhood (1879), p. 590.

54 Theodore Dwight, op. cit., p. 102.

55 Andrew J. Downing, Rural Essays (1853), p. 157.

56 Ballou’s Pictorial Drawing Room Companion (1859), p. 264.

57 Gleason’s Pictorial, V (1853), p. 216.

58 Crayon, LV (1857), p. 96.

59 Harper’s Weekly (1858), p. 357.

60 For the history and bibliography of the Yosemite Valley see: Carl P. Russell, One Hundred Years in Yosemite (1947).

61 The Country Gentleman, Albany (October 8, 1856), p. 243.

62 Illustrated Handbook of American Travel (1857), p. 377. Later known as Appleton’s Handbook.

63 Horace Greeley, An Overland Journey (1860), p. 381.

64 Ballou’s Drawing Room Companion (May 21, 1859), p. 325.

65 Boston Evening Transcript (December 1, 15, 31, 1860; January 12, 19, 26 and February 2, 9, 1861.)

66 H. W. Bellows, In Memory of Starr King (1864), p. 22.

67 Atlantic Monthly, XII (1863), p. 8.

68 I should like to extend my thanks to Frederick Law Olmsted (fils), who kindly permitted me to consult his father’s unpublished papers, and to Francis P. Farquhar and Carl P. Russell for valuable suggestions.

69 The papers quoted are filed in the U.S. National Archives, Washington, D.C., under: General Land Office—Letters Sent Concerning Private Land Claims, Vol. 25 (1862-65), and Miscellaneous Letters Received 033572.

70 Samuel Bowles, Across the Continent (1865), p. 231.

71 John S. Hittell, Yosemite: Its Wonders and Its Beauties (1868).

72 Ralph W. Emerson, Letters, VI (1939), p. 155.

73 Ralph W. Emerson, Journals, X (1914), p. 354.

74 New York Times (March 30, 1947).

75 National Park Supplement of the Annual, published by the American Planning and Civic Association (1936), no. 4, p. 3.

76 Hiram M. Chittenden, The Yellowstone National Park (1905), p. 89. Reprint, with minor changes of text and some notes added, 1940.

77 Louis C. Cramton, Early History of Yellowstone National Park (1930), p. 35.

78 Chittenden, op. cit., (1895), p. 1.

79 Chittenden, op. cit., (1905), p. 96.

80 Paul H. Buck, The Evolution of the U.S. National Park Service (1921, Government reprint, 1941), p. 29.

81 New York Tribune (January 23, 1871).

82 Buck, op. cit., p. 9.

83 George P. Marsh, Man and Nature (1864), pp. 328-9.

84 George P. Marsh, The Earth As Modified by Human Action (1874), p. 327.

85 François René de Chateaubriand, “Voyage en Amerique,” Oeuvres, XII (1836), p. 18.

About the Author
Hans A. Huth was born in Halle/Salle, Germany November 11, 1892. He earned is Ph.D. in Berlin in 1922 and was a curator at the Munich and Berlin museums and the former Royal Palaces and Gardens in Prussia. In 1938 he came to the United States after being invited to lecture at New York University and to collaborate in history with the National Park Service (NPS). During World War II Huth remained in the U.S. as a German refugee. Dr. Huth’s assistance with the NPS brought a new level of professionalism to the NPS museum program. Huth’s “Story of an Idea” is an acccount of changes in the American attitude toward nature that led to the creation of Yosemite National Park and National Parks in general. After Huth wrote the article, Yosemite Superintendent Carl P. Russell urged David Brower, Sierra Club Bulletin editor, to publish it in the Bulletin, which Brower did with a forward written by Russell and signed by Brower. In a 2000 essay, Brower said this “was one of the most important articles the club ever published.”

From the late 1940s to the mid-1960s Huth was curator of decorative arts at the Art Institute of Chicago (AIC). Dr. Huth remained interested in National Parks and expanded this article, “Story of an Idea,” to book form as Nature and the American (Three Centuries of Changing Attitude) (Berkeley: University of California Press, 1957). In the mid-1960s Huth assisted in gettting the Wilderness Act of 1964 passed by Congress.

Dr. Huth died July 1, 1977 in Carmel, California. His wife Marta Huth (born December 25, 1891) died March 1985 in San Francisco, California.
Bibliographical Information
Hans Huth (1892 – 1977), “Yosemite: The Story of an Idea,” Sierra Club Bulletin 33(3):47-78 (March, 1948). Foreword written by Carl P. Russell under signature of David R. Brower. Copyright 1948 by Sierra Club. 22 cm. Library of Congress call number F868.S5 S5 1948. LCCN 09000892. ISSN 0037-4725.

Also reprinted by the Yosemite Natural History Association in 1964.

Converted to HTML by Dan Anderson, August 2007, from a copy at University of California San Diego Geisel Library. These files may be used for any non-commercial purpose, provided this notice is left intact.
—Dan Anderson, http://www.yosemite.ca.us

Voir enfin:

Trees

Joyce Kilmer

1913

I THINK that I shall never see
A poem lovely as a tree.

A tree whose hungry mouth is prest
Against the sweet earth’s flowing breast;

A tree that looks at God all day,
And lifts her leafy arms to pray;

A tree that may in summer wear
A nest of robins in her hair;

Upon whose bosom snow has lain;
Who intimately lives with rain.

Poems are made by fools like me,
But only God can make a tree.

Je pense que je ne verrai jamais
Un poème beau comme un arbre.

Un arbre dont la bouche affamée, se presse
Contre le sein nourricier de la douce terre ;

Un arbre qui regarde Dieu tout le jour
Et lève ses bras de feuilles pour prier ;

Les poèmes sont créés par des fous comme moi,
Mais Dieu seul peut créer un arbre.


Arnaques aux faux virements: La nouvelle French connection ne prend plus ses quartiers en Corse mais en Israël (A new Israeli-based French connection preys on France’s top companies and state)

16 novembre, 2014
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Je suis à la tête d’un Etat qui est en situation de faillite sur le plan financier. Si la France était une entreprise, un ménage, elle serait en cessation de paiement. François Fillon (2007)
Il faut radicalement changer de modèle, de logiciel. Il faut rompre avec l’extrémisme ultralibéral, qui est un choix idéologique au même titre que l’était le communisme. Cela veut dire retrouver notre monnaie, l’adapter à notre économie, ce qui nous permettra de retrouver la compétitivité. Il faut ensuite retrouver la maîtrise de notre économie, faire le choix du patriotisme économique, mettre en place des mesures aujourd’hui interdites par Bruxelles avec l’avantage donné aux entreprises françaises dans l’accès aux marchés publics. Et maîtriser nos frontières économiques en mettant en place des droits de douane modulés contre la concurrence internationale déloyale. (…) La priorité nationale est une priorité du FN. (…) C’est aussi l’immigration qui aggrave considérablement les déficits sociaux. (…) [l’extrême gauche] fait souvent le bon constat, mais elle ne va pas au bout de la logique. Ils sont soi-disant contre l’Europe, mais ils refusent de remettre en place des frontières économiques nationales. Ils sont soi-disant contre l’ultralibéralisme, mais ils refusent toute idée de maîtrise de l’immigration. Or l’immigration est un des leviers de l’ultralibéralisme. Marine Le Pen
Les options du FN (…) sont cohérentes avec la vision péroniste mise en place en Argentine dans les années 1950: priorité nationale, reprise en main des entreprises par l’État à l’abri de droits de douane et de quotas, monétisation de la dette. Elles sont également compatibles avec la vision marxiste, d’où le satisfecit de Mme Le Pen à l’extrême gauche, avec la planification de l’industrie nationale et le contrôle des investissements des entreprises, le très net alourdissement du progressisme fiscal qui est déjà en France un des plus élevés au monde, si ce n’est le plus élevé au monde. Le «marinopénisme», doctrine de Marine Le Pen, est donc un marxisme péroniste revendiqué qui se double d’une coupure franche de l’Union européenne, à la fois marché unique et monnaie unique. Le marinopénisme est en contradiction avec les faits, ce qui ne gênera pas les leaders du FN, mais aussi avec le «jeanpénisme», doctrine de Jean-Marie Le Pen. Le jeanpénisme était une combinaison de provocations et d’ultralibéralisme. Mme Le Pen s’en est démarquée pour devenir « éligible », ce qui n’intéressait pas son père, tout occupé à ses agressifs jeux de mots. Elle voue aux gémonies l’ultralibéralisme, l’internationalisme, l’européisme, mais aussi l’Union européenne elle-même. Le marinopénisme vise en effet à donner la priorité aux Français «de souche» sur les immigrés et aux entreprises françaises sur les importations liées à l’ultralibéralisme. Que l’on veuille rétablir une concurrence équilibrée entre producteurs nationaux et étrangers en imposant un cadre social, fiscal et environnemental mondial par une intégration de la trace carbone des produits importés par des droits compensatoires ou en faisant payer la protection sociale par les importations comme par la production nationale grâce à un mécanisme de «TVA sociale» est souhaitable et justifié. Mais fermer les frontières de facto par des droits de douane et des quotas ignore que la moitié de notre production industrielle est exportée, que nos secteurs économiques les plus dynamiques sont les plus internationalisés et que la production nationale est absente de nombreux secteurs, comme les produits numériques fortement demandés par les Français. Le marinopénisme conduirait à une combinaison d’effondrement des industries exportatrices et de pénuries correspondant aux produits importés pour lesquels il n’existe pas d’offre nationale. La reflation salariale combinée à la monétisation de la dette entraînerait une forte inflation couplée à la chute du taux de change de la nouvelle monnaie, le «marinofranc». Le marinopénisme conduirait à une paupérisation violente du pays et à une explosion du chômage et de la pauvreté de celles que l’on prétend protéger, les classes populaires. La même analyse s’applique aux propositions de l’extrême gauche tant admirée par Mme Le Pen. Par ailleurs, Mme Le Pen note que l’ultralibéralisme et le communisme sont des idéologies, notion qui s’applique parfaitement au marinopénisme compte tenu de sa structuration intellectuelle. Surtout, le marinopénisme est l’inverse du jeanpénisme, qui prônait il y a exactement vingt ans la suppression non seulement de l’impôt sur la fortune, mais aussi de l’impôt sur le revenu! Le jeanpénisme était une combinaison de provocations et d’ultralibéralisme. Mme Le Pen s’en est démarquée pour devenir «éligible», ce qui n’intéressait pas son père, tout occupé à ses agressifs jeux de mots. Elle voue aux gémonies l’ultralibéralisme, l’internationalisme, l’européisme, mais aussi l’Union européenne elle-même. Même si l’Europe est critiquable de s’offrir au monde sans réciprocité, il vaudrait mieux la consolider que de vouloir l’«exploser». Le marinopénisme ne reste fidèle au jeanpénisme que sur l’exécration des immigrés. Il faut donc cesser de dire que le marinopénisme est «fumeux». Il est au contraire explicite et enraciné dans des doctrines aux fortes colorations historiques. Christian Saint Etienne
[Selon la Cour des comptes] la « fraude à la TVA sur les quotas du carbone » … est « la fraude fiscale la plus importante jamais enregistrée en France en un temps aussi bref ». Elle en estime le montant à 1,6 milliards d’euros en perte fiscale pour l’Etat français. Quand un coup d’arrêt lui a été donné en juin 2009, les fraudeurs se sont déplacés dans les autres Etats, qui ont réagi plus tardivement. La Cour rappelle que, selon Europol, la fraude a coûté 5 milliards d’euros à l’ensemble des Etats de l’Union.(…) Les rapporteurs expliquent que l’ampleur de cette fraude a été facilitée par les « trois failles originelles » du marché européen du carbone : le régime de la perception de la TVA n’avait pas été sécurisé, l’accès au marché était extrêmement simple et peu contrôlé, le marché lui-même n’était soumis à aucun contrôle externe. Les rapporteurs critiquent pour leur négligence et leur lenteur à réagir les intervenants institutionnels sur ce marché : la Caisse des dépôts et consignations, sa filiale Bluenext, plate-forme boursière du marché, l’administration fiscale, et enfin le système Tracfin de lutte contre le blanchiment. Sa principale recommandation est d’accélérer les délais entre la déclaration de soupçons auprès de Tracfin et l’engagement de mesures effectives. Un soulagement, au final : les leçons ont été tirées de cette fraude et, en principe, elle n’est plus transposable sur les marchés comparables de l’électricité et du gaz. Le Monde
Cette criminalité mobile] profitera des opportunités que lui offre la législation israélienne jusqu’au moment où elle trouvera des conditions plus intéressantes ailleurs. Serge Dumont
D’après la magistrate Alexandra Savie, trois modes opératoires existent dans ce type d’affaires: le premier consiste à s’introduire dans la comptabilité de l’entreprise, en se faisant passer pour un technicien bancaire qui demande un «virement d’essai» au prétexte d’une mise à jour informatique. L’autre manoeuvre fait appel à la cybercriminalité, avec des logiciels malveillants tels que Zeus ou Blackshades RAT, permettant de compiler les informations requises pour réaliser un transfert financier. Enfin, la troisième technique est surnommée «escroquerie au faux président»: l’escroc se fait passer pour le patron de la société et exige du comptable un virement express, censé s’inscrire dans une OPA confidentielle ou une dissimulation fiscale. D’après la délégation française en Chine, les virements transitent d’abord sur un «compte rebond», aussi appelé «compte taxi», situé en Europe de l’Est, en Grèce, à Chypre, au Royaume-Uni ou en Allemagne. Puis ils arrivent en Chine. «Cela va à la vitesse supersonique, en un “clic” des sommes considérables se déplacent», a souligné depuis Pékin le haut magistrat Robert Gelli, qui occupe le poste stratégique de directeur des affaires criminelles et des grâces. «La part des sommes restituées reste très faible», déplore-t-il. «Les escrocs opèrent depuis l’étranger et utilisent énormément de dispositifs qui leur permettent d’être anonymes: des plateformes téléphoniques où ils vont louer des numéros de téléphone et des numéros de fax, des adresses IP aléatoires, des serveurs proxy qui dissimulent l’adresse IP», a détaillé Alexandra Savie. «Ce qui est nouveau est l’extrême sophistication du montage», ajoute la magistrate, en citant l’exemple de l’usine Seretram qui met en boîte le maïs Géant Vert dans les Landes, qui a été délestée de 17 millions d’euros… Petites ou grandes, les sociétés touchées «vont être complètement ébranlées, dans leur organisation interne puisqu’il va y avoir des licenciements, dans leur viabilité puisqu’on a énormément de fonds qui sont partis et, pour autant, il va falloir faire face au paiement des fournisseurs et des salariés», a-t-elle relaté. Alexandra Savie fait état de suicides parmi les victimes. Touchant surtout les pays francophones, le phénomène se diffuse désormais en Espagne et dans les pays d’Europe du Nord. Les particuliers commencent aussi à être ciblés, notamment pour les assurances-vie, les malfaiteurs contactant les familles endeuillées qu’ils localisent en recourant au site avisdedeces.net. D’après les autorités françaises, les escrocs passent souvent à l’action le vendredi après-midi, quand la réactivité est moindre. «Lorsque les fonds arrivent en Chine, leurs complices ont sept heures d’avance sur l’Europe» grâce au décalage horaire, a souligné la magistrate. En face, les services de répression français en sont réduits à des procédures laborieuses, par courrier postal, pour saisir leurs homologues chinois et faire jouer l’entraide pénale. Le Figaro
Aujourd’hui, les entreprises brassent énormément de données puisque 80% des informations stockées dans leur système n’existaient pas il y a seulement deux ans. Tout l’enjeu va être d’identifier les données les plus sensibles pour mieux les protéger ensuite. Jean-Louis Di Giovanni
La France a longtemps nié la présence d’organisations criminelles étrangères sur son territoire, préférant se concentrer sur les réseaux qu’elle connaît. Or, contrairement au nuage de Tchernobyl, les mafias ne s’arrêtent pas à la frontière ! Bien sûr, les affaires qui visent la criminalité étrangère sont complexes : il faut solliciter un interprète – allez trouver un traducteur géorgien à Limoges –, adresser une commission rogatoire internationale… Mais comme le phénomène s’est amplifié, il a bien fallu s’en saisir, faire face à cette nouvelle réalité. Ces nouvelles mafias se sont parfaitement adaptées à notre économie de marché mondialisée. Une fois entrées dans l’espace Schengen, elles tissent leur toile, étendent leur influence, faisant fi des frontières. Aujourd’hui, les mafias ont un boulevard devant elles. L’Europe du crime se construit plus vite que l’Europe « normale ». La globalisation de l’économie a également changé notre rapport à la mafia : autrefois, elle paraissait abstraite, lointaine. Elle était mise en cause dans des affaires de piratage de marché public. Désormais, elle touche de plus en plus le citoyen moyen. Le détournement de carte bancaire, spécialité de la mafia roumaine, nous concerne dans notre quotidien. Le cambriolage d’un pavillon du fin fond de l’Ariège peut être organisé depuis Tbilissi ou Moscou. Qui aurait pu voir dans un tel fait divers, il y a encore quelques années, la responsabilité de la mafia russophone ? Jérome Pierrat
On oublie souvent que la guerre des mafias cause, depuis la fin de la deu­xième intifada, plus de victimes que le terrorisme palestinien. Serge Dumont
L’escroquerie a reçu le label de «nouveau casse du siècle» : 5 milliards d’euros en Europe, dont 1,5 en France. Grâce à une combinaison vieille comme le monde : une arnaque à la TVA appliquée, touche de modernité, au marché des droits à polluer. (…) Avant que le grand banditisme n’entre dans la danse, les pionniers de cette vaste embrouille étaient des petits malins du Sentier. Ils se sont vite passé le mot sur le potentiel mirobolant des transactions sur la Bourse au CO2. «Je disais à tout le monde : le carbone, c’est l’avenir, il faut y aller à fond, témoigne un courtier. Je me suis retiré quand j’ai vu que c’était devenu une pure escroquerie.» Un mis en examen dit s’y être engouffré sans chercher à comprendre : «Je n’ai pas imaginé ou conçu le système, je ne sais même pas comment fonctionne le marché du CO2.» Lundi, plusieurs familles marseillaises, des frères et des sœurs aujourd’hui installés en Israël, sont menacées par une possible « extradition », ce que ne fait d’habitude pas Israël… Sauf pour garder de bonnes relations diplomatiques. Et à quelques jours de la visite de François Hollande en Israël, avec une France en crise économique majeure, tout porte à croire qu’Israël est prêt à coopérer: surtout pour ne pas voir apparaître d’articles comme « Israël, le paradis des escrocs » dans la presse française… JSSnews
La police israélienne n’est pas très efficace en général, et elle est surtout débordée par les problèmes de sécurité intérieure et de terrorisme. » Autre écueil : Israël refuse d’extrader ses ressortissants mis en cause dans des affaires judiciaires « pour les protéger d’éventuelles décisions judiciaires motivées par l’antisémitisme ». Cette loi, votée en 1978, a été assouplie en 1999. L’extradition est désormais possible, mais sous condition : si le ressortissant est condamné, celui-ci devra purger sa peine en Israël. (…) La France souffre d’un autre handicap. En 2012, elle avait refusé l’extradition de deux chauffards français qui avaient pris la fuite après avoir mortellement renversé une Israélienne âgée de 25 ans, en septembre 2011, à Tel-Aviv. La France, très embarrassée, avait alors déclaré : « Depuis 2004, la loi n’autorise pas l’extradition de ses citoyens vers des pays ne faisant pas partie de l’Union européenne ». Les deux hommes seront jugés le 27 novembre prochain. À Paris. Le Télégramme
Les escrocs ont bien compris que les obligations légales de publication obligent les entreprises à dévoiler un grand nombre de documents qui sont disponibles sur des sites comme infogreffe. S’il n’est pas possible de s’affranchir de ces obligations, il ne faut publier que ce qui est obligatoire par la loi (statuts à jour, procès-verbaux) Et pas davantage. « Malheureusement, les actes déposés doivent aujourd’hui contenir la signature du président ou des associés, ce qui donne un atout aux escrocs », déplore Raphaël Gauvain. (…) Outre les obligations légales, l’entreprise a une obligation de transparence vis-à-vis du marché, en particulier lorsqu’elle est cotée, mais il faut trouver un équilibre entre le souci de transparence et le risque de fraude : mieux vaut éviter de fournir des informations trop précises dans son document de référence et ne publier que ce qui est nécessaire à l’investissement. (…) Les différents modes opératoires utilisés par les escrocs sont désormais bien connus et doivent donc être présentés à tous les salariés pouvant être impliqués. Attention, toutefois, car ces modes opératoires évoluent très rapidement. Les tentatives de fraudes ont beaucoup évolué, et les fraudeurs n’hésitent pas à se faire passer pour des auditeurs ou des Commissaires aux comptes pour obtenir des informations ou encore, plus récemment, pour des éléments des forces de l’ordre enquêtant sur ce type de fraude… Les Echos
En quelques heures, les virements atterrissent sur des comptes rebond en Europe de l’Est, en Grande-Bretagne ou encore à Chypre, avant de terminer leur course en Chine, où ils sont rapidement décaissés. S’ils ne parviennent pas à le bloquer à temps, c’est généralement dans l’empire du Milieu que les enquêteurs perdent la trace des fonds. Un accord de compensation s’est établi entre deux mafias. En France, certains membres de la communauté chinoise ont du cash, qu’ils souhaitent envoyer en Chine sans passer par le circuit bancaire, explique un enquêteur. Les Franco-Israéliens, eux, sont capables d’effectuer des virements en Chine d’un seul coup de téléphone, mais ils ont besoin de quelqu’un pour le décaisser sur place. Ils récupèrent ensuite leur mise en liquide auprès des Chinois de France pour l’investir dans l’immobilier ou des sociétés écran. A chaque escroquerie israélienne correspond un blanchiment chinois.  Jean-Marc Souvira (OCRGDF)
Ce sont des escrocs d’un nouveau type, des Arsène Lupin high-tech et fins connaisseurs de la finance qui sèment la terreur au sein du CAC 40. Comme des créateurs de start-up, ils sont à l’affût des nouveaux marchés pour repérer les failles dans la législation et le contrôle. On les a vus multiplier les fraudes à la carte bancaire en créant un réseau international de faussaires. Ils ont bluffé les policiers par leur capacité à utiliser la fonction de la « sécurité sociale des indépendants » (le régime RSI), piégeant des dizaines de milliers de chefs d’entreprise à qui ils ont adressé de faux appels à cotisations. Ces escrocs se sont lancés à une vitesse éclair dans les nouvelles arnaques à la TVA. Et là, ils ont trouvé le Graal: le marché du carbone, sur lequel les entreprises s’échangent des droits à polluer. De mémoire de magistrat, jamais une escroquerie aussi juteuse n’avait été montée avec autant de facilité. « Certains escrocs ont gagné plusieurs dizaines de millions d’euros en quelques semaines », confie un juge du pôle financier parisien, en charge de ces dossiers. La technique: acheter des quotas de CO2 hors taxe dans un pays européen et les revendre avec TVA en France, taxe qu’ils conservent avant de disparaître dans la nature. « En quelques clics, ils achetaient de l’air et revendaient de l’air avec un gros bénéfice », déplore Jean-Marc Souvira. « Le CO2, c’était la Lady Gaga dans les affaires », avait lancé Fabrice Sakoun, l’un des rares fraudeurs à avoir été condamnés. (…) C’est la nouvelle Jewish connection. Dans les années 1970, les frères Zemmour, ces pieds-noirs venus d’Algérie dont l’histoire a été portée à l’écran dans Le Grand Pardon, un film d’Alexandre Arcady, étaient devenus les caïds du trafic de drogue et du proxénétisme à Paris. Aujourd’hui, ces spécialistes excellent dans les arnaques financières, opérant entre Paris, Hong-kong et Tel-Aviv. Une note de la Direction centrale de la police judiciaire détaille que « trois pays apparaissent régulièrement dans ces escroqueries: Israël où des groupes criminels se sont spécialisés, la France comme pays où sont ciblées les entreprises, la Chine comme lieu de destination première des virements, avant réorientation vers Israël ». (…) Dans ce business, les Franco-Israéliens ont des alliés, en particulier les mafias chinoises. « Leurs associés chinois leur versent du cash à Paris en échange des faux virements envoyés dans des banques en Chine », explique le policier Bernard Petit. Et en matière d’escroquerie, les criminels chinois sont aussi des pros, notamment dans les fraudes aux cartes bancaires. Ils ont créé de nombreux ateliers clandestins de fabrication de fausses cartes, dont plusieurs ont été démantelés en région parisienne ces derniers mois. Surtout, ils organisent en France la venue d’équipes de « mules chinoises », selon l’expression des policiers, des acheteurs munis de ces fausses cartes qui raflent les produits de grandes marques. « Ils réalisent des raids d’achats fulgurants dans les magasins de luxe parisiens, puis ils renvoient la marchandise en Chine », avance Patrick Yvars, le chef de la brigade des fraudes aux moyens de paiement. Criminels israéliens, mafias chinoises, mais aussi caïds français. La rentabilité record de ces nouvelles escroqueries a attiré également les barons du milieu parisien. Challenges

Attention: une arnaque peut en cacher une autre !

Virements internationaux, carte bancaire, TVA, sécurité sociale, taxe au carbone, expertise comptable, police, lutte contre la fraude financière, lutte antiterroriste …

A l’heure où en un pays techniquement en faillite depuis 2007 la suppression de l’écotaxe pourrait coûter quelque 2 milliards d’euros …

Et où nos extrême-droite comme extrême gauche prônent le suicidaire repli national

Pendant que nos médias et nos films servent la soupe à nos nouveaux Arsène Lupin …

Voici entre la France, Israël et la Chine et sans parler des débris de l’empire soviétique

Et derrière plusieurs centaines d’escroqueries ou tentatives d’escroqueries aux faux virements

Profitant des failles dans la législation et le contrôle ou dans les accords d’extradition …

Comme, dans un monde de plus en plus internationalisé et des échanges de plus en plus dématérialisés, des nouvelles exigences de transparence mais aussi des nouveaux services de répression …

Sans parler, sous couvert d’écologie, de l’amour immodéré de nos gouvernants pour les usines à gaz fiscales …

La nouvelle French connection non corse mais, après nos fameux frères Zemmour des années 70 et avec la récupération que l’on peut imaginer du côté des conspirationnistes antisémites, israélienne cette fois …

Mais surtout la « fraude fiscale la plus importante jamais enregistrée en France en un temps aussi bref » …

A savoir la taxe carbone pour 5 milliards d’euros dont 1,6 milliard aux dépens du seul Etat français !

Menace sur le CAC 40 : les nouveaux escrocs pêchent au gros
Une vague d’arnaques déferle sur nos plus grandes entreprises et met les services secrets français sur les dents. Les aigrefins osent tout, jusqu’à contrefaire la voix des patrons pour passer des ordres de virement à l’étranger.
Thierry Fabre
Challenges
25-05-2012

Au siège de Media Participations à Paris, on est encore sous le choc. Ce géant de la bande dessinée (Dargaud, Dupuis…), avec 20 millions d’albums vendus chaque année, a connu des aventures qui auraient pu inspirer les auteurs de Blake et Mortimer, la célèbre BD qui fait partie de son catalogue.

Fin janvier, le siège et plusieurs filiales ont été attaqués par des spécialistes de l’arnaque aux faux virements, rebaptisée par les policiers « escroquerie au président ». Première cible, la directrice financière de Dargaud Suisse reçoit un appel de Vincent Montagne, le président du groupe, exigeant de virer de toute urgence 987.000 euros sur un compte HSBC à Hong-kong, afin de financer une acquisition en Asie. Et il lui interdit d’en parler au patron de la filiale suisse. Téméraire, la directrice téléphone à ses correspondants parisiens, le montant du virement dépassant le plafond autorisé. In extremis, la révélation de l’usurpation de l’identité du patron stoppe le processus.

Pourtant, dès le lendemain, Vincent Montagne (le vrai) reçoit un coup de fil du commandant Girard, de la brigade financière: « Nous savons que vous avez été attaqués. Faites le virement, cela nous permettra de prendre les escrocs la main dans le sac. « Prudent, Montagne vérifie auprès de ses contacts policiers: le commandant Girard n’existe pas… Puis c’est au tour de la Société générale, la banque de Media Participations, de recevoir un coup de fil de Vincent Montagne (le faux) affirmant appeler depuis la brigade financière et ordonnant d’effectuer le virement afin de pincer les malfaiteurs. La supercherie est à nouveau débusquée. En trois jours, l’éditeur a subi au moins 30 attaques téléphoniques! « Les escrocs avaient bien planifié leur opération et acquis une connaissance très fine de notre organisation, témoigne Claude Saint Vincent, directeur général de Media Participations. Leur capacité à usurper la voix du président et à exercer une pression psychologique sur leurs cibles est impressionnante. »

De Michelin à l’Elysée

Une déferlante. En quinze mois, 180 attaques similaires à celle dont Media Participations a été victime ont été recensées par l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF), un service d’élite de la police. Areva, Scor, Quick, Nestle, CMA CGM ont repoussé ces offensives, tout comme Michelin, qui vient tout juste de déjouer une série d’escroqueries sur ses filiales belge, suisse, italienne et allemande. « Nous avons porté plainte dans les pays concernés », nous a confirmé une porte-parole du leader mondial des pneumatiques. De grosses PME sont aussi visées, comme Valrhona, le spécialiste du chocolat, ou encore le casino de Trouville (Calvados), qui a échappé de justesse, le 13 mars, à une arnaque de 400.000 euros. Sans oublier l’Elysée, dont les services comptables ont arrêté un faux ordre de virement de 2 millions d’euros en avril 2011.

Si leurs tentatives échouent souvent, les escrocs ont fait quelques prises spectaculaires: le transporteur Brittany Ferries, qui s’est fait subtiliser 1 million d’euros ; Vinci, le groupe de BTP, escroqué récemment, mais qui « ne souhaite faire aucun commentaire » ; ou encore Robertet, l’un des leaders mondiaux des parfums implanté à Grasse (Alpes-Maritimes), qui a été délesté de 900.000 euros. Au total, selon la police, plus 20 millions d’euros ont déjà été détournés.

Du coup, c’est la mobilisation générale pour protéger nos fleurons du business. Les services secrets – la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) – ont lancé une alerte aux entreprises dans une note sur « la prévention des escroqueries aux virements internationaux », où ils détaillent les techniques des escrocs. « La manipulation fonctionne d’autant mieux que son auteur a la capacité d’y aller au culot, souligne la DCRI. L’air assuré et entendu ne vous incitera alors pas à remettre en cause sa qualité ou sa démarche. »

Autre initiative policière: le 6 mars, le commissaire divisionnaire Jean-Marc Souvira, chef de l’OCRGDF, a discrètement réuni les responsables financiers et de la sécurité d’une quarantaine de grands groupes dans la salle du conseil du Medef à Paris. « Ils étaient très intéressés, car beaucoup avaient déjà été victimes d’attaques, nous confie Souvira. Et je leur ai donné des outils pour se protéger. »

Arsène Lupin high-tech

Ce sont des escrocs d’un nouveau type, des Arsène Lupin high-tech et fins connaisseurs de la finance qui sèment la terreur au sein du CAC 40. Comme des créateurs de start-up, ils sont à l’affût des nouveaux marchés pour repérer les failles dans la législation et le contrôle. On les a vus multiplier les fraudes à la carte bancaire en créant un réseau international de faussaires. Ils ont bluffé les policiers par leur capacité à utiliser la fonction de la « sécurité sociale des indépendants » (le régime RSI), piégeant des dizaines de milliers de chefs d’entreprise à qui ils ont adressé de faux appels à cotisations. Ces escrocs se sont lancés à une vitesse éclair dans les nouvelles arnaques à la TVA.

Et là, ils ont trouvé le Graal: le marché du carbone, sur lequel les entreprises s’échangent des droits à polluer. De mémoire de magistrat, jamais une escroquerie aussi juteuse n’avait été montée avec autant de facilité. « Certains escrocs ont gagné plusieurs dizaines de millions d’euros en quelques semaines », confie un juge du pôle financier parisien, en charge de ces dossiers. La technique: acheter des quotas de CO2 hors taxe dans un pays européen et les revendre avec TVA en France, taxe qu’ils conservent avant de disparaître dans la nature. « En quelques clics, ils achetaient de l’air et revendaient de l’air avec un gros bénéfice », déplore Jean-Marc Souvira. « Le CO2, c’était la Lady Gaga dans les affaires », avait lancé Fabrice Sakoun, l’un des rares fraudeurs à avoir été condamnés.

Une affaire qui a coûté 1,6 milliard d’euros à l’Etat, « la fraude fiscale la plus importante jamais enregistrée en France en un temps aussi bref », selon la Cour des comptes.

De véritables ingénieurs. Pour arriver à leurs fins, ces aigrefins ont recours à des méthodes très pointues. Dans l’arnaque aux faux virements, ils commencent par mener une enquête fouillée sur leurs cibles. « Pendant un mois, une équipe se renseigne sur la société et ses filiales à l’étranger, témoigne Bernard Petit, sous-directeur à la lutte contre la criminalité organisée, l’un des pontes de la police. Elle collecte les PV d’assemblées générales et de conseils d’administration, et s’imprègne de la culture maison en étudiant les messages des dirigeants aux salariés ou les newsletters internes aux directeurs. » Les filous vont même jusqu’à enquêter sur la vie privée des cadres de l’entreprise. « Grâce aux réseaux sociaux, Facebook ou Twitter, ils peuvent savoir le prénom des enfants ou la date d’anniversaire de la secrétaire », relève Michèle Bruno, chef de la brigade de répression de la délinquance astucieuse.

Leur technique est aussi très élaborée pour empêcher la police de les retrouver. D’abord, ils achètent leur « matériel » (par exemple, les informations d’Infogreffe sur les entreprises) avec des cartes de paiement prépayées, totalement anonymes puisqu’elles peuvent être rechargées en liquide sans être associées à un compte bancaire. « C’est un vrai problème, car la police ne peut retrouver la trace des paiements des malfaiteurs », regrette Jean-Marc Souvira. Ensuite, les larrons lancent leurs attaques téléphoniques de l’étranger – en particulier d’Israël, où opèrent beaucoup de spécialistes de cette arnaque -, tout en donnant l’illusion d’être en France. Pour cela, ils ont recours à des « plateformes de dématérialisation », qui permettent d’acquérir des numéros de téléphone ayant l’indicatif du pays visé. « Si l’entreprise cible est en France, les numéros de téléphone et de fax achetés commenceront par l’indicatif français, afin de mettre en confiance l’interlocuteur qui recevra l’appel », détaille une note de l’OCRGDF.

Vient ensuite la phase d’attaque téléphonique, confiée à une autre équipe. Elle révèle un pouvoir de persuasion hors pair, comme le montrent les enregistrements de la police, que Challenges a pu écouter: « C’est votre président. [ …] Vous devez faire partir ce virement exceptionnel dès aujourd’hui. Vous recevrez les documents demain. Je compte sur vous, c’est très important », lance l’escroc à la comptable d’une filiale d’un grand groupe. « Mais, monsieur, j’ai besoin de documents pour un tel montant », répond la salariée. « Je vous dis que c’est un virement exceptionnel, vous comprenez ou quoi? Vous pouvez le faire », s’énerve l’escroc, qui échouera, la comptable ayant alerté sa hiérarchie. « Ils exercent une pression psychologique énorme en invoquant l’urgence de la situation, ou en menaçant souvent de virer la personne », rapporte la commissaire Michèle Bruno.

Parmi ces as de la mise en scène, le champion, c’est Gilbert Chikli, qui aurait escroqué une quarantaine de banques françaises ces dernières années en se faisant passer pour un agent secret. Réfugié en Israël après avoir été mis en examen en 2008 pour « escroquerie à la lutte antiterroriste » par la juge parisienne Sylvie Gagnard, Gilbert Chikli a réalisé l’un de ses coups les plus spectaculaires avec La Poste. Se faisant passer pour Jean-Paul Bailly, le président du groupe, il a appelé la directrice d’une agence postale. « Vous allez recevoir un appel d’un agent de la DGSE [les services de renseignements] », lui a-t-il dit. Quelques minutes plus tard, l’agent secret téléphone à la directrice, l’avertit qu’un dangereux terroriste faisant partie de ses clients va bientôt retirer de l’argent. Et il ordonne à la patronne de l’agence de lui apporter tous les billets en caisse pour qu’il leur appose une puce électronique…

Un (mauvais) scénario à la James Bond qui a réussi! La directrice a remis 350.000 euros dans une mallette, qu’elle a glissée sous la porte des toilettes d’une brasserie parisienne! Après la découverte de l’arnaque, elle a été licenciée et serait tombée en dépression. « Cet escroc ne réalise pas les dégâts humains que ses agissements ont provoqués », déplore Sylvie Noachovitch, l’avocate de la malheureuse cadre de La Poste. Car, pour Gilbert Chikli, ce n’est pas une escroquerie, c’est un jeu. « Je joue une scène qui apporte une certaine jouissance, une certaine adrénaline », déclarait-il en 2010 à France 2 qui avait retrouvé sa trace.

Israël comme base arrière

C’est la nouvelle Jewish connection. Dans les années 1970, les frères Zemmour, ces pieds-noirs venus d’Algérie dont l’histoire a été portée à l’écran dans Le Grand Pardon, un film d’Alexandre Arcady, étaient devenus les caïds du trafic de drogue et du proxénétisme à Paris. Aujourd’hui, ces spécialistes excellent dans les arnaques financières, opérant entre Paris, Hong-kong et Tel-Aviv. Une note de la Direction centrale de la police judiciaire détaille que « trois pays apparaissent régulièrement dans ces escroqueries: Israël où des groupes criminels se sont spécialisés, la France comme pays où sont ciblées les entreprises, la Chine comme lieu de destination première des virements, avant réorientation vers Israël ».

En septembre, trois Franco-Israéliens spécialisés dans les faux virements ont été arrêtés à Lyon et à Cannes, dans un palace, en pleine partie de poker. Mais ils sont nombreux à avoir échappé à la justice française en se réfugiant en Israël, entre Tel-Aviv et la station balnéaire de Netanya, très appréciée des Français. L’un d’eux, Alex K, aurait même fait venir le groupe américain Black Eyed Peas dans sa somptueuse villa pour fêter son premier milliard de « tève » (l’arnaque à la TVA), selon l’enquête de Jérôme Pierrat, auteur de Mafias, gangs et cartels. La criminalité internationale en France (Folio, 2011).

Dans ce business, les Franco-Israéliens ont des alliés, en particulier les mafias chinoises. « Leurs associés chinois leur versent du cash à Paris en échange des faux virements envoyés dans des banques en Chine », explique le policier Bernard Petit. Et en matière d’escroquerie, les criminels chinois sont aussi des pros, notamment dans les fraudes aux cartes bancaires. Ils ont créé de nombreux ateliers clandestins de fabrication de fausses cartes, dont plusieurs ont été démantelés en région parisienne ces derniers mois. Surtout, ils organisent en France la venue d’équipes de « mules chinoises », selon l’expression des policiers, des acheteurs munis de ces fausses cartes qui raflent les produits de grandes marques. « Ils réalisent des raids d’achats fulgurants dans les magasins de luxe parisiens, puis ils renvoient la marchandise en Chine », avance Patrick Yvars, le chef de la brigade des fraudes aux moyens de paiement.

Criminels israéliens, mafias chinoises, mais aussi caïds français. La rentabilité record de ces nouvelles escroqueries a attiré également les barons du milieu parisien. « Auparavant, il y avait une séparation entre les délinquants financiers en col blanc et le grand banditisme classique, souligne Bernard Petit. Désormais, il y a une hybridation. Les équipes sont intégrées. »

Conséquence: les différends peuvent se régler à l’arme de poing. Quatre meurtres liés à ces escroqueries ne sont toujours pas élucidés. En janvier 2009, Serge Lepage, une figure du milieu, a été abattu devant chez lui, dans l’Essonne, après sa sortie de prison. Le 30 avril 2010, c’est au tour d’Amar Azzoug, un ancien braqueur reconverti dans les arnaques financières, d’être exécuté, à Saint-Mandé (Val-de-Marne). Le 14 septembre, Samy Souied, surnommé « le caïd des hippodromes », pour avoir trempé dans une affaire de blanchiment dans le monde des courses, a été abattu Porte Maillot, à Paris. Il était soupçonné d’être l’un des cerveaux parisiens de l’arnaque à la taxe carbone. Enfin, le 25 octobre dernier, Claude Dray, 76 ans, un homme d’affaires possédant des hôtels de luxe à Saint-Tropez, à Jérusalem et Miami, a été retrouvé mort dans son hôtel particulier de 1.000 mètres carrés, villa de Madrid à Neuilly, trois balles de 7,65 dans le cou. Sans aucune trace d’effraction ni de vol. Ce riche collectionneur avait des contacts avec des artisans de l’arnaque au CO2. Tellement lucrative que le partage des profits a fini dans le sang.

Voir aussi:

Faux ordres de virement. Insaisissables suspects

Hervé Chambonnière

Le Télégramme

7 octobre 2014

Les auteurs d’escroqueries aux faux ordres de virements bancaires ne sont pas seulement ingénieux pour tromper des entreprises. Pour court-circuiter les procédures judiciaires, ils opèrent depuis l’étranger, en grande majorité en Israël. Explications.

Quel point commun entre la Brittany Ferries (Roscoff, Finistère) et PBM Import, une filiale du leader européen d’importation de bois Wolseley (Pacé, Ille-et-Vilaine) ? Ces deux sociétés bretonnes ont été victimes d’une arnaque aux faux ordres de virements internationaux (FOVI). Dans les deux cas, une personne se faisant passer pour le P-DG est parvenue à convaincre le service comptabilité de se faire verser, fin 2011, puis fin 2012, 1,1 million d’euros, puis 14 millions. Dans les deux cas encore, l’argent a transité par des comptes à l’étranger, via Chypre, la Bulgarie, la Chine (…). Destination finale ? Israël.

72 commissions rogatoires adressées à Israël, aucun retour

Ces quatre dernières années, l’Office central de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) a recensé plus de 700 faits commis ou tentés en France. Plus de 360 entreprises ont été victimes de cette carambouille (dite aussi « arnaque au président »), pour un préjudice dépassant désormais les 300 millions d’euros. En Bretagne et en Loire-Atlantique, plus de 80 faits ont été signalés. Dans le collimateur des escrocs : les multinationales, comme la société de Vincent Bolloré, victime, dans le Finistère, d’une tentative à 350.000 euros en juin dernier, mais aussi les établissements plus modestes : abattoirs, laboratoires, établissements bancaires, assurances, offices HLM…

Quand ils ont contacté leurs homologues d’Interpol et Europol, les organismes internationaux de coopération policière, les enquêteurs français n’en ont pas cru leurs oreilles. Les escroqueries aux faux ordres de virements internationaux ? Les deux offices internationaux… ne connaissaient pas ! Et pour cause. « Vous êtes le seul pays touché », leur ont répondu un peu plus tard, Interpol et Europol. C’était juste avant que la Belgique, la Suisse et le Luxembourg ne soient à leur tour pris pour cibles. Leur point commun ? On y parle français. « Tout simplement parce que les auteurs de ces arnaques sont français », explique un enquêteur, spécialiste des FOVI. Des Franco-Israéliens, réfugiés en Israël, dont certains sont « bien connus des services », pour avoir fait leurs armes en France dans les arnaques aux faux annuaires et fausses publicités, l’affaire du Sentier ou encore les fraudes à la TVA et à la taxe carbone.

« On a des noms, et même les sociétés qui blanchissent l’argent détourné », assurent des enquêteurs. Mais en Israël, où le fil de l’enquête se brise, aucune procédure n’aboutit. Selon nos informations, pas moins de 72 commissions rogatoires internationales ont été adressées à l’État hébreu depuis 2010. Aucune n’a été suivie d’effet. Police israélienne « peu efficace et débordée » « Les procédures sont longues, complexes, coûteuses, et mobilisent des moyens pour un résultat quasi nul », se désole un enquêteur. Israël laisse faire ? « C’est plus compliqué que cela, explique une source judiciaire. Il y a des problèmes juridiques mais le pays a manifesté son intention de coopérer. »

« La France a su convaincre Israël que tout ceci était illégal, affirme au Télégramme Serge Dumont, journaliste belgo-israélien, correspondant permanent en Israël pour Le Soir et auteur de « L’histoire vraie de la mafia israélienne » (La Manufacture de livres, octobre 2013). Mais la police israélienne n’est pas très efficace en général, et elle est surtout débordée par les problèmes de sécurité intérieure et de terrorisme. » Autre écueil : Israël refuse d’extrader ses ressortissants mis en cause dans des affaires judiciaires « pour les protéger d’éventuelles décisions judiciaires motivées par l’antisémitisme ». Cette loi, votée en 1978, a été assouplie en 1999. L’extradition est désormais possible, mais sous condition : si le ressortissant est condamné, celui-ci devra purger sa peine en Israël. Depuis, une seule a été autorisée vers la France : en 2008, celle, éphémère, du flamboyant Gilbert Chikli… qui se trouve être le père présumé de l’arnaque aux faux ordres de virement (lire ci-dessous). La France souffre d’un autre handicap. En 2012, elle avait refusé l’extradition de deux chauffards français qui avaient pris la fuite après avoir mortellement renversé une Israélienne âgée de 25 ans, en septembre 2011, à Tel-Aviv. La France, très embarrassée, avait alors déclaré : « Depuis 2004, la loi n’autorise pas l’extradition de ses citoyens vers des pays ne faisant pas partie de l’Union européenne ». Les deux hommes seront jugés le 27 novembre prochain. À Paris.

En complément

Gilbert Chikli, faux agent secret, vrai millionnaire Il est le père présumé de « l’arnaque au président ». Gilbert Chikli est franco-israélien. Son coup d’éclat ? En 2005, l’homme reconnait s’être fait passer pour le président du groupe La Poste auprès d’une agence parisienne. Il convainc la directrice qu’un agent de la DGSE va prendre contact avec elle pour une opération secrète. L’un des clients de la banque est un dangereux terroriste qui va prochainement effectuer un gros retrait en vue de préparer un attentat. Il faut donc marquer les billets avant la transaction. Pendant deux jours, le faux agent harcèle la directrice à qui il a fait acheter un téléphone portable pour être joignable en permanence. Après une quarantaine d’appels, la directrice s’exécute : elle glisse 358.000 euros dans une mallette qu’elle laisse dans les toilettes d’une brasserie parisienne. Bien sûr, l’argent s’envole. La directrice, elle, sera licenciée. Pendant trois ans, l’homme répétera le même scénario auprès d’une quarantaine d’établissements bancaires. Montant du butin : au moins 23 millions d’euros. En 2008, Gilbert Chikli est extradé d’Israël, mis en examen et placé en détention provisoire en France pendant près de trois ans. Relâché en attendant la fin de l’instruction, il prend la fuite alors qu’il est sous contrôle judiciaire. « J’ai le don de convaincre. Et alors ? » C’est une équipe de France 2 qui retrouve sa trace, en 2010, probablement en Israël. Face à la caméra, Ray Ban sur le nez, bronzé et bravache, le quadragénaire ne conteste pas les faits. « C’était un jeu (…) Par une déballe assez exceptionnelle, il faut le dire, on arrive à se faire remettre des versements ou des espèces assez importantes, voilà. (…) Ou vous avez un don, ou vous l’avez pas. C’est comme les grands acteurs et les grands artistes. Considérons que j’ai un don de beau parleur, que j’ai cette force de convaincre. Et alors, est-ce qu’on peut me reprocher ça ? » Un an plus tard, il est suspecté d’être derrière une tentative d’escroquerie (2 M€) qui visait… l’Élysée. L’homme prend son téléphone et contacte les policiers pour affirmer qu’il est « totalement étranger » à cette affaire. Selon lui, son modus operandi aurait suscité de nombreuses vocations. Et à ce petit « jeu », les élèves, arrivés en nombre depuis deux ans en Israël, auraient « dépassé le maître ».

Les chiffres

Plus d’attaques.

Pour le seul premier semestre 2014, et pour la seule zone gendarmerie, douze attaques ont été recensées en Bretagne pour des préjudices s’élevant de quelques dizaines de milliers d’euros à 437.000 euros. Treize faits avaient été enregistrés en 2013, cinq en 2012, et un en 2011. Une tentative sur trois a réussi. Malgré la sensibilisation régulière des entreprises, les escrocs ont connu plus de succès en 2014 : une tentative sur trois a réussi. Sur les 13 recensées en 2013, deux avaient réussi (4,2 millions d’euros), une sur cinq en 2012, et une en 2011. 600.000 euros en moyenne. 56 faits (dont 45 tentatives) ont été déclarés en zone police Bretagne et Loire-Atlantique depuis 2011, pour un préjudice tournant généralement autour de 600.000 euros. Sur la ligne des escrocs, 143.000 appels en trois mois ! Comment des escrocs parviennent-ils à embobiner banques, entreprises, salariés ? Leurs très redoutables techniques ont été décryptées. Les voici, point par point.

1. Le principe

Téléphoner à l’un des salariés ayant l’autorisation de transférer des fonds, au sein du service comptabilité, pour le convaincre d’effectuer un virement à l’étranger.

2. La technique Pour convaincre le salarié visé, l’escroc se fait passer pour le P-DG ou l’un des cadres dirigeants de l’entreprise (d’où le nom d' »arnaque au président »), qui prétextera une situation urgente, vitale pour la société (contrôle ou redressement fiscal imminent, faire face à une OPA hostile, lancer une OPA sur un concurrent, etc.). Bien souvent, le malfrat agit alors que le P-DG en question et le responsable financier sont absents (en déplacement à l’étranger, malade…). L’opération est lancée de préférence avant midi, le vendredi, en fin de journée, la veille d’un jour férié… Le temps que l’argent transféré sur un compte soit retransféré vers d’autres comptes, où ils ne pourront plus être gelés (24 h à 48 h). « C’est psychologique aussi. Quand le week-end approche, on est plus détendu, on est moins vigilant, explique un enquêteur rompu à ce type d’arnaques. C’est aussi pour cela qu’il faut être Français pour mener à bien de telles opérations. Il faut connaître les us et coutumes du pays, sa mentalité. »

3. Avant l’attaque, des mois de préparatifs Pour réussir le coup, les escrocs ont réuni un maximum d’informations sur leur proie : qui contacter (personnel), qui sont les dirigeants, quelle est leur signature, leur voix, leurs intonations, leurs mots et tics de langage, qui sont les clients, les fournisseurs, avec quels pays la société a-t-elle des échanges (…). Pour la mettre à nu, de un à six mois de recherches sont généralement nécessaires. De nombreuses infos sont accessibles via Internet (presse spécialisée, site Web de l’entreprise, Infogreffe, etc.) : stratégie, organigramme, actes officiels, PV d’assemblées générales, comptes-rendus du comité d’entreprise, extraits Kbis, lettres internes… Cela ne suffit pas. Pour les compléter et les recouper, les aigrefins ne vont pas hésiter à téléphoner à l’entreprise visée, en se faisant passer pour un client mécontent, un avocat, un fournisseur, etc. – « Pourrais-je parler à M. Durand ? » – « Je regrette. Il est en vacances, il revient dans une semaine. Mais je peux vous passer Pierre Vincent qui prend le relais en son absence » (…). Récemment, des enquêteurs bretons ont établi qu’une société avait reçu 140 appels des escrocs avant que ceux-ci ne passent à l’attaque ! Dans une autre enquête, la ligne téléphonique que les malfrats avaient, notamment, utilisée dans le Finistère (128 appels en trois semaines) avait servi à passer en France, en trois mois… 143.000 appels ! Ces informations peuvent aussi être glanées ou complétées sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter…) : vie privée, agenda des responsables, etc. Les cadres ont participé à un week-end de cohésion le week-end dernier, ont mangé du homard au dernier repas d’affaires ? Une compétition de football a rassemblé les salariés, équipe jaune contre équipe rouge ? Michel est parti à la retraite après 35 ans de bons et loyaux services ? Tout intéresse ces escrocs. Car chaque information est susceptible, le moment venu, de faire tomber la garde de leur interlocuteur.

4. Un aplomb phénoménal Avec un aplomb phénoménal, l’escroc lancera l’information, livrera le détail qui endormira la vigilance du salarié. Celui-ci hésite ? Le faux P-DG va le placer sur un piédestal. On ne lui a peut-être pas donné la place qui lui revenait, on l’a peut-être négligé, oublié mais, là, il va pouvoir donner le meilleur de lui-même. C’est lui qui va permettre de sauver sa boîte ou de lui donner un gros coup de boost ! C’est lui qu’il a choisi, parce qu’il a confiance en lui, que la situation est urgente, secrète. Il ne doit en parler à personne. Lui seul est dans la confidence. Il résiste ? Un document signé viendra confirmer, par e-mail, dans les minutes suivantes l’autorisation. Il résiste encore ? L’escroc est le patron. Il hausse le ton. Le salarié est sommé d’obéir. Il risque son poste ! Veut-il aussi endosser la responsabilité d’une faillite et de licenciements massifs ? Si le stratagème échoue malgré tout, l’escroc retentera peut-être sa chance, avec d’autres salariés. L’entreprise Michelin a ainsi fait l’objet d’une vingtaine d’attaques, en vain, au siège à Clermont-Ferrand et auprès de ses filiales à l’étranger. Dans un autre cas, le jour suivant un échec, un escroc a même rappelé l’entreprise visée, en se faisant passer pour un enquêteur d’Interpol, pour tenter de débloquer les fonds qui avaient été gelés !

5. Anonymes et intraçables Les escrocs masquent tous leurs agissements. Les infos achetées sur Infogreffe ? Achetées avec une carte bancaire prépayée, rechargeable en espèces, sans être associée à un compte bancaire. Les numéros d’appels téléphoniques français ? Achetés par le même moyen (environ 15 € par mois en Israël) auprès de « plates-formes de dématérialisation » habituellement utilisées pour des services clients établis à l’étranger, pour donner l’illusion que cette activité est traitée dans le pays où se trouvent les clients (services de jeux aussi, etc.). Pour l’escroc, cela permet de mettre en confiance son interlocuteur en lui faisant croire qu’il reçoit un appel local. L’adresse e-mail ? Idem, auprès de fournisseurs français de noms de domaine. Il suffit de reproduire l’adresse Web de l’entreprise visée et les e-mails de ses dirigeants, à une lettre ou un signe près ! Pour les mouvements bancaires, le premier transfert est généralement effectué vers une banque d’un pays européen. Un second transfert, vers des pays où l’opacité bancaire règne, intervient très rapidement (dans les 48 h). La Chine est très prisée, car des liens ont semble-t-il été noués avec des contacts locaux. Les escrocs ont recours entre eux, à la manière des banques, au mécanisme de la compensation. L’argent transférée en Chine ne bouge plus, mais des complices chinois implantés à Paris paient en cash les escrocs.

Anglophones, pirates informatiques et faux stagiaires : alerte, les escrocs recrutent !

Ils ne ratent aucune opportunité. Quand les escrocs en col blanc ont appris qu’une nouvelle norme de virement bancaire international (norme SEPA) était mise en place, leur sang n’a fait qu’un tour. En quelques semaines, l’arnaque était ficelée : se faire passer pour une banque, prétexter des tests techniques pour effectuer des virements. Le premier, pour mettre en confiance, était bien restitué. Le second, jamais. Mais la mise aux normes s’est achevée cet été. Fini les arnaques SEPA. « Les escrocs sont déjà passés à autre chose, rapporte un spécialiste des escroqueries aux faux ordres de virement. Dans leurs équipes, ils ont des financiers, des informaticiens… » Nouveaux filons La nouvelle tendance, c’est l’intrusion informatique. Les pirates vont récupérer une foule d’infos sur les comptes bancaires, les fournisseurs, les clients. Et ils trouvent toujours une faille : par exemple, se faire passer pour le propriétaire des locaux et demander à ce que les loyers soient versés sur un nouveau compte bancaire, etc. Autre tendance : envoyer un faux stagiaire. De vraies techniques de renseignement économique ! Dans son livre consacré à la mafia (*) israélienne (édition La Manufacture des Livres, octobre 2013, 22,90 €), le journaliste belgo-israélien Serge Dumont estime que cette criminalité mobile « profitera des opportunités que lui offre la législation israélienne jusqu’au moment où elle trouvera des conditions plus intéressantes ailleurs ». La criminalité financière n’a pas de frontières… Mais ce jour-là n’est pas encore arrivé. Aux dernières nouvelles, les criminels en col blanc mènent grand train dans les établissements de nuit de la région de Tel-Aviv. Il se murmure aussi que de nouveaux filons devraient prochainement être exploités. Les groupes d’escrocs rêvent de nouvelles « parts de marché » et pensent international. Pour cela, ils ont la ferme intention de se mettre… à l’anglais.

* Plusieurs groupes sévissant ces dernières années ont été repérés à Ashdod et Netanya, deux cités à fortes composantes françaises, au sud et au nord de Tel-Aviv . « Ils ne font pas partie de la mafia israélienne, même s’ils commencent à faire partir du paysage criminel local et si les pactoles amassés suscitent la convoitise », constate le journaliste Serge Dumont.

Une vingtaine de millions d’euros gelés

Lorsque l’alerte est donnée rapidement, les services d’enquête parviennent à geler les fonds sur le premier compte où l’argent a été transféré. Sur les quelque 300 M€ envolés depuis 2011, une vingtaine auraient ainsi pu être stoppés. Pour les récupérer, la coopération interbancaire, en dehors de tout cadre judiciaire, à l’amiable, semble la mesure la plus efficace. Certains pays, pour des raisons juridiques, rechignent à restituer les sommes gelées.

Voir aussi:

L’arnaque aux faux virements explose en France
Le Figaro
05/11/2014

VIDÉO – Comme Michelin, de plus en plus de sociétés, petites ou grandes, sont victimes de cette escroquerie. La plupart des fonds atterrissent sur des comptes bancaires en Chine. Les autorités judiciaires françaises, en visite à Pékin, tentent d’organiser la riposte.

C’est un phénomène inquiétant, qui prend de plus en plus d’ampleur en France. Les arnaques aux faux ordres de virements explosent dans l’Hexagone. Ce qui n’était qu’un «phénomène émergent» en 2012 s’est transformé en «véritable raz-de-marée qui s’est abattu sur la France», selon les membres d’une délégation du ministère français de la Justice, en déplacement à Pékin où les fonds volés atterrissent majoritairement.

Ces virements totalement indus représentent 300 millions d’euros de préjudice et 700 procédures comptabilisées par les services d’enquête français, qui constatent une «accélération des faits fin 2013, début 2014». Dernière grosse arnaque en date: le groupe Michelin qui vient d’annoncer le vol de 1,6 million d’euros. Le fabricant de pneumatiques a été victime d’une personne se présentant comme le directeur financier de l’un de ses fournisseurs.

D’après la magistrate Alexandra Savie, trois modes opératoires existent dans ce type d’affaires: le premier consiste à s’introduire dans la comptabilité de l’entreprise, en se faisant passer pour un technicien bancaire qui demande un «virement d’essai» au prétexte d’une mise à jour informatique. L’autre manoeuvre fait appel à la cybercriminalité, avec des logiciels malveillants tels que Zeus ou Blackshades RAT, permettant de compiler les informations requises pour réaliser un transfert financier. Enfin, la troisième technique est surnommée «escroquerie au faux président»: l’escroc se fait passer pour le patron de la société et exige du comptable un virement express, censé s’inscrire dans une OPA confidentielle ou une dissimulation fiscale.

«Ce qui est nouveau est l’extrême sophistication du montage»

D’après la délégation française en Chine, les virements transitent d’abord sur un «compte rebond», aussi appelé «compte taxi», situé en Europe de l’Est, en Grèce, à Chypre, au Royaume-Uni ou en Allemagne. Puis ils arrivent en Chine. «Cela va à la vitesse supersonique, en un “clic” des sommes considérables se déplacent», a souligné depuis Pékin le haut magistrat Robert Gelli, qui occupe le poste stratégique de directeur des affaires criminelles et des grâces. «La part des sommes restituées reste très faible», déplore-t-il.

«Les escrocs opèrent depuis l’étranger et utilisent énormément de dispositifs qui leur permettent d’être anonymes: des plateformes téléphoniques où ils vont louer des numéros de téléphone et des numéros de fax, des adresses IP aléatoires, des serveurs proxy qui dissimulent l’adresse IP», a détaillé Alexandra Savie. «Ce qui est nouveau est l’extrême sophistication du montage», ajoute la magistrate, en citant l’exemple de l’usine Seretram qui met en boîte le maïs Géant Vert dans les Landes, qui a été délestée de 17 millions d’euros… Petites ou grandes, les sociétés touchées «vont être complètement ébranlées, dans leur organisation interne puisqu’il va y avoir des licenciements, dans leur viabilité puisqu’on a énormément de fonds qui sont partis et, pour autant, il va falloir faire face au paiement des fournisseurs et des salariés», a-t-elle relaté. Alexandra Savie fait état de suicides parmi les victimes.

Touchant surtout les pays francophones, le phénomène se diffuse désormais en Espagne et dans les pays d’Europe du Nord. Les particuliers commencent aussi à être ciblés, notamment pour les assurances-vie, les malfaiteurs contactant les familles endeuillées qu’ils localisent en recourant au site avisdedeces.net.

Pression sur Pékin
D’après les autorités françaises, les escrocs passent souvent à l’action le vendredi après-midi, quand la réactivité est moindre. «Lorsque les fonds arrivent en Chine, leurs complices ont sept heures d’avance sur l’Europe» grâce au décalage horaire, a souligné la magistrate. En face, les services de répression français en sont réduits à des procédures laborieuses, par courrier postal, pour saisir leurs homologues chinois et faire jouer l’entraide pénale.

À Pékin, Robert Gelli a donc annoncé la mise en place d’un «comité de pilotage» chargé d’explorer les moyens de raccourcir les délais pour geler les fonds identifiés. Après avoir prêté une oreille attentive aux préoccupations françaises, les magistrats chinois ont, à leur tour, fait valoir des demandes s’inscrivant dans l’actuelle campagne anticorruption menée par le régime communiste. Pékin souhaite des actions efficaces contre les officiels chinois corrompus ayant fui en Europe. Un traité d’extradition est d’ailleurs en voie de ratification à Paris.

La fraude en entreprise, un mal très français
Jean-Bernard Litzler, Service infographie du Figaro
19/02/2014

INFOGRAPHIE – De nouvelles formes de délinquance apparaissent mais les sociétés se montrent de plus en plus vigilantes.

Pas moins de 10% des fraudes signalées par les entreprises françaises l’an dernier concernent l’escroquerie dite «au président», selon l’étude du cabinet PwC que Le Figaro présente en avant-première. Une nouveauté et une spécificité très française car cette méthode semble peu utilisée ailleurs. Le mécanisme est simple: l’aigrefin se fait passer au téléphone pour le dirigeant de l’entreprise et demande à un comptable d’effectuer un virement à l’étranger pour financer une acquisition confidentielle. L’usine Seretram qui met en boîte le maïs Géant Vert dans les Landes a ainsi été délestée de 17 millions d’euros.

«Le problème n’avait pas été pris assez sérieusement par les entreprises, dans un premier temps, car elles ne pensaient pas pouvoir être victimes de ce genre de stratagème», souligne Jean-Louis Di Giovanni, associé PwC du département Litiges et investigations qui a réalisé l’étude. Toute la subtilité réside dans le fait que l’escroc s’adresse à un simple comptable, profitant généralement de l’absence de ses responsables. Il dispose souvent de bons renseignements sur le patron qu’il est censé incarner et met en valeur et en confiance son interlocuteur. Au besoin, le fraudeur lui met la pression en expliquant que cette transaction est vitale pour l’avenir de l’entreprise. Il ne lui reste qu’à profiter, la plupart du temps, d’un week-end prolongé pour réaliser son arnaque et empêcher ainsi le blocage du virement.

Malgré cette nouveauté, l’étude PwC montre une nette progression de l’aptitude des entreprises à déceler une fraude. En 2009, seules 29% d’entre elles déclaraient en avoir détecté une contre 55% cette année (voir graphique). «Cette augmentation est particulièrement forte en France, note Jean-Louis Di Giovanni. Elle montre que les entreprises ont pris conscience du problème et se donnent les moyens de dépister des fraudes plutôt que de les découvrir par hasard alors que le mécanisme s’est installé parfois depuis trois, cinq, voire dix ans.» Les sommes en jeu sont loin d’être négligeables: le tiers des fraudes représente plus de 100.000 dollars (73.000 euros).

Cybercriminalité en hausse
La méthode la plus courante de détection reste l’identification des transactions inhabituelles. En épluchant régulièrement la comptabilité, une part significative de la fraude peut être détectée: c’est celle des «opportunistes» qui profitent de la faible surveillance mise en place par l’entreprise. À noter: la fraude est commise dans 60% des cas par un salarié, plutôt âgé (entre 41 et 50 ans dans 43% des cas) et disposant d’une solide ancienneté (plus de dix ans dans 50% des cas) car il lui faut la confiance de son management et le temps de maîtriser les procédures de sa société.

C’est désormais la cybercriminalité qui préoccupe car elle s’organise et se professionnalise. Elle est devenue cette année la deuxième source de fraude la plus courante en France, derrière le détournement d’actifs et pas moins de 44% des entreprises redoutent d’en être victimes dans les deux ans qui viennent. «Aujourd’hui, les entreprises brassent énormément de données puisque 80% des informations stockées dans leur système n’existaient pas il y a seulement deux ans, précise Jean-Louis Di Giovanni. Tout l’enjeu va être d’identifier les données les plus sensibles pour mieux les protéger ensuite.» Dernière victime en date: le distributeur américain Target auquel ont été volées les données sur 110 millions de ses clients!

Le mythe fondateur des escroqueries au virement : « l’affaire de l’agence postale »
Soren Seelow

Le Monde

11.11.2014

Comme toutes les « success stories » de la criminalité organisée, l’escroquerie aux faux ordres de virement a un pionnier, le Franco-Israélien Gilbert Chikli, et son mythe fondateur : l’affaire de l’agence postale de la rue des Capucines, à Paris, première entreprise française à avoir porté plainte en 2005.

Dans les mois qui ont suivi, 34 sociétés ont été visées tour à tour : l’affaire des faux ordres de virement internationaux était née. Le 30 septembre, quinze prévenus ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel de Paris. Le procès, dont la date n’a pas encore été fixée, sera le premier du genre.

L’affaire de La Banque postale, telle qu’elle est relatée par l’ordonnance de renvoi, est un morceau d’anthologie criminelle. Lundi 25 juillet 2005, Mme G., directrice de l’agence, est affairée à son bureau quand un homme se faisant passer pour le président du groupe La Poste, Jean-Paul Bailly, l’appelle. Il l’informe qu’elle sera prochainement contactée sur son portable par un « agent des services secrets internationaux ».

Interloquée, sans doute un peu grisée par une telle marque de confiance, Mme G. reçoit bientôt l’appel d’un homme qui se fait appeler « Paul ». L’homme se présente comme un agent spécialisé dans la lutte contre le terrorisme international et la convainc de participer à une vaste opération d’espionnage.

Afin de la maintenir sous son emprise psychologique, « Paul » appelle la directrice à quarante reprises en trois jours. Il lui explique qu’il s’intéresse de près à certains clients de la banque soupçonnés de blanchir de l’argent pour le compte du terrorisme international, et parvient à obtenir les noms et numéros de compte des principaux clients de l’agence.

76 millions d’euros en quelques mois
A force de persuasion, le faux agent finit par convaincre Mme G. de procéder le 28 juillet à une commande de fonds exceptionnelle de 358 000 euros pour piéger les clients suspects. La directrice s’exécute, place la somme dans une sacoche, saute dans un taxi, file en direction de la place de la Nation et s’enferme dans les toilettes pour dames d’un bar, comme convenu.

Une femme – soupçonnée d’être la maîtresse de Gilbert Chikli – se présente devant les cabinets et prononce le mot de passe. Par l’entrebâillement de la porte, Mme G. lui remet la sacoche. « Paul » l’avait persuadée que les billets seraient scannés afin de les « tracer ». La sacoche devait lui être rendue quelques heures plus tard à la terrasse d’un bistrot de la rue de la Paix. Mme G. s’installe en terrasse. Ne voyant rien venir, elle se résout à porter plainte. Elle sera licenciée pour faute professionnelle.

Dans les mois qui suivent, 34 entreprises ou filiales françaises de renom (Thomson, LCL, HSBC, Adidas, American Express, Alcatel, Dassault ou encore Les Pages jaunes) ont été visées par des escroqueries similaires. A un détail près : la sacoche de billets, trop rudimentaire, a été remplacée par un virement bancaire, pierre angulaire de la vague d’escroqueries qui touche la France depuis bientôt dix ans.

Le montant total des tentatives se monte à 76 millions d’euros en quelques mois. Mais si l’escroquerie est lucrative et peu risquée, son taux d’échec est élevé : seules quatre entreprises ont perdu de l’argent pour un préjudice de 6 millions d’euros.

Commanditaire présumé de ces arnaques : Gilbert Chikli, ancienne tête pensante de « l’escroquerie au démarchage publicitaire ». Mis en examen en janvier 2008, libéré sous caution en septembre 2009, il s’est envolé trois semaines plus tard pour Israël. Il est visé depuis le 15 février 2010 par un mandat d’arrêt international. Et a depuis fait des émules sur la Riviera israélienne.

Voir également:

Les entreprises françaises victimes d’une vague d’escroqueries venue d’Israël
Soren Seelow (avec Richard Schittly, à Lyon)

Le Monde

11.11.2014

Le 14 mars 2013, Mme C. a reçu un mail inhabituel. Il était 10 h 15. Comptable chez un grand négociant en vin de Bourgogne, elle découvre, surprise et flattée, que son patron compte sur sa « discrétion » pour une importante opération financière. C’est la première fois que cette jeune femme de 35 ans échange par courriel avec son employeur, dont le bureau se trouve à quelques mètres du sien. Le caractère exceptionnel du message, se dit-elle, justifie ce moyen de communication inédit, bien qu’il soit truffé de fautes d’orthographe :

« Je vous ai choisi pour votre discrétion incontestable et votre travail irréprochable aux seins de notre entreprise et dans votre groupe de travail. Nous effectuons en ce moment une opération financière. Cette opération doit rester confidentielle jusqu’à son annonce à l’Autorité des marchés financiers et dans le cadre d’un strict confinement voulu aux seins de la direction du groupe. »

Le courriel poursuit ainsi : « L’annonce publique aura lieu avec la présence de toute l’administration le 22 mars 2013. Veuillez prendre contact avec notre cabinet Me Botin [suit une adresse mail] pour ma remise des coordonnées bancaires afin d’effectuer le virement immédiatement de la facture en pièce jointe. Merci de votre entière discrétion. »

« Braqueurs dématérialisés »
Mme C. ne s’en est pas aperçue, mais l’adresse de son patron a été contrefaite. Son interlocuteur n’est pas dans le bureau d’à côté : il est en Israël. La comptable est sur le point de se laisser embarquer dans une incroyable escroquerie qui coûtera plus d’un million d’euros à son entreprise. Et elle est loin d’être un cas isolé. Avant elle, des centaines d’entreprises ont été victimes du même procédé.

C’est une spécialité franco-israélienne : l’escroquerie aux « faux ordres de virement internationaux », ou « Fovi ». Les cibles sont pour la plupart des entreprises françaises ou francophones, dont plusieurs grands noms du CAC 40. Ses auteurs, qui ont la double nationalité, opèrent en toute impunité depuis les villes côtières de Netanya, Ashdod ou Herzliya, surnommée la « Silicon Valley israélienne ».

Ces riches équipes de « braqueurs dématérialisés » ont fait leurs armes dans les arnaques aux encarts publicitaires, la fraude à la TVA ou à la taxe carbone. Au fil des années, ils ont affûté leur maîtrise de l’informatique pour déjouer les systèmes de sécurité. Alliés aux Triades chinoises, qui réceptionnent les virements en Chine, ils prospèrent à l’abri des poursuites grâce aux lenteurs de la coopération judiciaire internationale.

« Chiffre noir gigantesque »
Né il y a une dizaine d’années, le phénomène, pourtant largement documenté, a explosé depuis quatre ans pour atteindre une intensité inégalée cette année, avec plusieurs tentatives par semaine. Depuis fin 2010, 700 entreprises françaises ont porté plainte, pour un préjudice estimé à 300 millions d’euros.

« Mais le chiffre noir est gigantesque », nombre de sociétés préférant ne pas ébruiter leur mésaventure, explique Jean-Marc Souvira, directeur de l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière. Il s’agit d’une attaque massive contre le tissu économique français. »

Une liste non exhaustive des entreprises visées donne une idée de l’ampleur du phénomène. Le 27 octobre, Michelin se fait subtiliser 1,6 million d’euros ; début septembre, c’est le bureau parisien du plus grand cabinet d’avocats du monde, Baker & McKenzie, qui se fait escroquer de 900 000 euros.

En janvier, l’usine de production Seretram, propriété de la marque Géant vert, voit disparaître 17 millions de sa trésorerie. A ce jour, le record est détenu par Vallourec, leader mondial des tubes sans soudure, avec un préjudice de 20,6 millions d’euros en février 2013.

Cette gigantesque vague d’escroqueries associe les méthodes traditionnelles de l’imposture téléphonique et les techniques sophistiquées de l’espionnage industriel.

La première étape, dite d’« ingénierie sociale », consiste à recueillir un maximum d’informations sur l’entreprise visée grâce aux innombrables « données ouvertes » aisément disponibles sur Internet, dans les registres de commerce ou sur les réseaux sociaux. Très prisés, les rapports annuels d’entreprises, qui sont publics, permettent de scanner la signature du PDG et de repérer ses tics de langage.

Ces derniers mois s’est développée une technique plus intrusive consistant à aspirer les données d’un ordinateur grâce à un « cheval de Troie », envoyé sous forme de pièce jointe : organigramme, échanges de mails, fournisseurs, coordonnées bancaires, dates de congés…

Ces informations, souvent stratégiques et parfois très personnelles, sont triées et analysées. Elles permettront à l’escroc d’usurper l’identité du directeur, d’un fournisseur, d’un cabinet d’audit ou d’un policier. Cette première phase, qui souligne la fragilité des sociétés françaises face à la protection de leurs données, permet de crédibiliser la suite, qui repose plus classiquement sur la crédulité humaine.

Mais la naïveté a ses limites et la chance demeure le meilleur allié des escrocs. Malgré les mises en garde répétées de son interlocuteur lui demandant de ne lui parler de cette opération ni « physiquement, ni par téléphone », Mme C. se présente devant la porte vitrée du bureau de son patron pour obtenir des éclaircissements. Mais il est occupé et ne peut la recevoir.

« Dévouement et discrétion »
Quelques minutes plus tard, elle reçoit un appel de Me Botin depuis un numéro de téléphone acheté sur une plateforme de dématérialisation, qui permet d’afficher l’indicatif désiré. Le faux avocat lui reproche d’un ton péremptoire de ne pas avoir respecté les instructions. Ce coup de poker des escrocs, qui avaient anticipé sa réaction, achèvera de refermer le piège.

A 10 h 54, Me Botin lui fait parvenir par mail une facture de 395 700 euros au nom de la société suisse Libo Diamond and Jewellery LTD, accompagnée d’un RIB de la Liechtensteinische Landesbank de Genève. La comptable édite l’ordre de virement et en réfère au faux PDG : « Je viens juste de terminer, mais il me faut une signature écrite au-dessus du tampon pour que je puisse le valider par fax à la banque. Je le mets dans votre casier. Je le récupère quand vous l’aurez signé », écrit-elle. « Surtout pas, répond l’escroc avec un art tout personnel de la conjugaison : vous le scanner, vous le tamponner et vous me l’envoyer par mail de suite, merci. »

A 13 heures, Mme C. envoie l’ordre de virement à la banque. « Je vous félicite pour votre dévouement et votre discrétion », la complimente l’escroc. Dans les jours qui suivent, quatre nouveaux virements, d’un montant total de 3,5 millions d’euros, seront effectués. Seuls les deux premiers seront décaissés, pour un préjudice d’un million d’euros. Les suivants seront bloqués à temps, un cadre de l’entreprise ayant fini par déceler la supercherie.

Coût humain très lourd
« En quelques heures, les virements atterrissent sur des comptes rebond en Europe de l’Est, en Grande-Bretagne ou encore à Chypre, avant de terminer leur course en Chine, où ils sont rapidement décaissés », explique M. Souvira. S’ils ne parviennent pas à le bloquer à temps, c’est généralement dans l’empire du Milieu que les enquêteurs perdent la trace des fonds.

« Un accord de compensation s’est établi entre deux mafias. En France, certains membres de la communauté chinoise ont du cash, qu’ils souhaitent envoyer en Chine sans passer par le circuit bancaire, explique un enquêteur. Les Franco-Israéliens, eux, sont capables d’effectuer des virements en Chine d’un seul coup de téléphone, mais ils ont besoin de quelqu’un pour le décaisser sur place. Ils récupèrent ensuite leur mise en liquide auprès des Chinois de France pour l’investir dans l’immobilier ou des sociétés écran. A chaque escroquerie israélienne correspond un blanchiment chinois. »

Ces escroqueries ont aussi un coût humain très lourd, avec des licenciements à la clé, et parfois des drames. Depuis cette folle semaine, Mme C. est en arrêt maladie pour dépression. Cette mère de deux enfants a confié à ses collègues s’être sentie « humiliée » et « violée ».

Pendant les six jours de l’escroquerie, elle n’en avait pas touché un mot à son patron. Elle s’en était en revanche ouverte à son directeur financier, Monsieur B., qui ne s’en était pas alarmé. Le cadre de 57 ans, dévoué à son entreprise depuis plus de trente ans, n’est jamais retourné travailler après l’escroquerie. Le 2 juin, il a annoncé à sa femme qu’il sortait acheter du vin. Il a poussé un peu plus loin et s’est jeté d’un pont.

La coopération internationale en question
La vague d’escroqueries, qui touche essentiellement la France, est un test pour la coopération judiciaire avec la Chine et Israël. Prenant conscience de l’ampleur du phénomène, le ministère de la justice a dépêché début novembre à Pékin une délégation chargée de réfléchir aux moyens de raccourcir les délais pour geler les fonds identifiés. « L’entraide avec la Chine était inexistante, c’est un premier pas  », souligne un magistrat parisien.

Mais l’échange d’informations avec Israël est pour l’heure au point mort. Si plusieurs escrocs ont été identifiés en Israël, les commissions rogatoires n’ont jusqu’ici rien donné. « La solution est politique », résume un haut fonctionnaire de police.

Voir encore:

L’arnaque Michelin : l’arbre qui cache la forêt pour les e-commerçants français
Le fabricant de pneumatiques clermontois vient de se faire dérober 1,6 million d’euros, victime d’une escroquerie reposant sur de faux ordres de virement. Cette affaire est représentative de nombreux cas similaires en matière de gestion de la fraude.

Chronique de Grégoire Vigroux
Directeur Marketing pour l’Europe, Telus International Europe
Journal du net
13/11/14 11:42

C’est aussi l’arbre qui cache la forêt d’une situation nettement plus problématique et qui touche l’ensemble des e-commerçants français.
Le fabricant de pneumatiques clermontois vient de se faire dérober 1,6 million d’euros, victime d’une escroquerie reposant sur de faux ordres de virement. Cette affaire est représentative de nombreux cas similaires en matière de gestion de la fraude: l’entreprise en question n’a pas connu de cas de fraude pendant une longue période, ce qui laissait laisse présumer que le sujet était bien maîtrisé et que les mesures préventives étaient efficaces. Or, alors que personne ne l’a vue venir, une attaque habile et organisée est parvenue à soustraire de l’argent à l’entreprise.

Michelin n’est pas la première société française à être victime d’une telle arnaque : selon la Fédération Bancaire Française (FBF), plusieurs centaines de procédures sont en cours pour des cas semblables, pour un montant total évalué à plusieurs centaines de millions d’euros.
Le cas de l’affaire Michelin, qui a fait la une de l’actualité, illustre un phénomène de plus grande ampleur: celui de la « fraude en bande organisée », également qualifiée de « fraude professionnelle », ou « industrielle » et qui gagne du terrain chaque année en France.
L’affaire Michelin est, d’une certaine manière, l’arbre qui cache la forêt, car les entreprises qui sont les premières victimes de la fraude organisée ne sont pas celles du CAC 40. Depuis plusieurs années, les sociétés qui appartiennent au secteur du commerce électronique sont au nombre des proies privilégiées des fraudeurs professionnels et ce, parce que ces entreprises ne sont pas armées pour lutter durablement contre la fraude moderne, qui est désormais menée à une échelle industrielle.
Les e-commerçants éprouvent notamment de grandes difficultés à dépister et à combattre les escroqueries lors des périodes de l’année pendant lesquelles ils doivent gérer les contextes opérationnels les plus difficiles, notamment les périodes de fêtes et de soldes. Au total, le montant des impayés bancaires sur les 138 000 sites marchands français actifs s’élevait ainsi à 125 millions d’euros l’an dernier. Soit 14 % de plus qu’en 2012 et deux fois et demi de plus qu’il y a cinq ans.
Quelles sont les solutions les plus utilisées par les e-commerçants pour combattre la fraude ?
Parmi les solutions les plus répandues, on répertorie: la procédure systématique de demandes de justificatifs – dont demande de pièce d’identité et attestation de domicile (concernant parfois, plus de 10 % des commandes); l’analyse manuelle des commandes à risque (dans bien des cas, près de 40 % des commandes); et l’augmentation de la part des transactions passées en 3D Secure. La mise en place des solutions que nous venons d’évoquer suscite naturellement des coûts additionnels pour le e-commerçant ainsi qu’une expérience client souvent détériorée pour le client.
Quelles sont les meilleures pratiques pour combattre la fraude ?
De plus en plus d’e-marchands s’engagent dans la mise en place d’une stratégie méthodique et menée à plus long terme. Cette catégorie d’e-marchands ne se focalise pas exclusivement sur la diminution des pertes financières dues à la fraude, mais prend également en compte les paramètres suivants : impact sur le taux de transformation; coût opérationnel du processus (coût de gestion des impayés inclus); et risques pris en terme d’impact sur l’image de marque.
Selon nous, seule une stratégie anti-fraude qui intègre chaque phase du processus peut s’avérer efficace. Cette stratégie doit prendre en compte chacune des étapes suivantes : ce qui se passe avant le paiement; en cours de paiement; après le paiement; et, enfin, au cours de la phase d’investigation. Il revient ensuite au e-commerçant de définir des indicateurs de performance homogènes sur l’ensemble des étapes du processus, pour établir un premier diagnostic et fixer les objectifs à atteindre.
L’externalisation est-elle la solution ?
Un nombre croissant d’e-marchands réalise qu’une protection efficace contre la fraude peut également favoriser une amélioration de l’expérience client et aussi entraîner une diminution des coûts opérationnels.
De fait, les e-commerçants français qui souhaitent confier la lutte contre la fraude à un prestataire externe sont de plus en plus nombreux. Les raisons qui incitent les donneurs d’ordre à envisager l’outsourcing sont variées. La nécessité d’être accompagné dans la conception d’une stratégie minutieusement adaptée de lutte systématique de la lutte contre la fraude est un élément souvent déterminant.
Une autre raison qui incite les e-marchands à envisager l’outsourcing est le besoin d’une solution « one-stop-shop », qui combine l’utilisation des meilleures technologies disponibles sur le marché (analyse prédictive, plateforme de détection temps réel, big data); des capacités d’externalisation de certaines activités; et enfin, les indispensables homologations aux réglementations en vigueur (dont PCI DSS et ISO 27000).
Par ailleurs, en réponse aux scénarios d’attaque organisée, l’outsourcing présente plusieurs avantages : une approche externe et neutre des processus, la capitalisation d’un savoir-faire construit en relation avec plusieurs grands donneurs d’ordre et la capacité à évaluer la performance par le biais de  « stress-tests ».
Recommandations
Pour les e-marchands, le succès en matière de lutte contre la fraude n’est possible qu’à condition de maîtriser les trois paramètres suivants : posséder un taux de protection efficace et parvenir à diminuer les coûts opérationnels en améliorant l’expérience client.
L’externalisation est, selon nous, le moyen à la fois le plus sûr et le plus pragmatique pour atteindre ces trois objectifs. Le management de la fraude est ainsi en passe de devenir un métier à part entière, ce qui conduit les e-commerçants à confier cette activité spécifique à des entreprises spécialisées.

Voir de plus:

12 recommandations pour se prémunir contre la « fraude au président »
Cecile Desjardins

Les Echos

19/03/2014
C’est en sécurisant leurs procédures de virements manuels, en contrôlant leur information, et en sensibilisant leurs salariés que les entreprises peuvent espérer échapper à ces escroqueries d’un nouveau type.

Lors d’une conférence organisée récemment par l’assureur AIG et le cabinet d’avocats Boken sur la « Fraude aux faux ordres de virements », Raphaël Gauvain avocat associé chez Boken a présenté un « Guide à l’usage des entreprises pour la protection contre la « fraude au président ». Les douze recommandations qui y sont présentées relèvent de trois domaines.

La sécurisation des procédures de virements manuels, tout d’abord (recommandations 1 à 3). « C’est la première des actions à mettre en place : les fraudes concernent des virements significatifs non récurrents : il faut donc contrôler l’accès au cash et auditer les virements manuels de l’entreprise et, en particulier, les procédures d’urgence », explique Raphaël Gauvain.

Sensibiliser, informer et former les salariés

Fraude : comment réagir à une tentative de détournement de fonds : Les entreprises sont de plus en plus souvent visées par des tentatives de fraude, souvent élaborées. Internet, réseaux sociaux, pression psychologique… Tous les moyens sont bons pour soutirer des fonds. L’AFTE publie un guide pratique pour se prémunir, ou réagir, face à ces manœuvres.

Le deuxième domaine d’actions porte sur le contrôle de l’information donnée par ou sur la société (Recommandations 3 à 6). « Nous avons constaté que les attaques surviennent souvent « au pire moment »: les entreprises nous disent « le patron était en vacances… » ou « on était sur une opération très importante », etc. Mais ce ne sont pas des « hasards » : les escrocs savaient que ces entreprises étaient en situation de crise. Pourquoi ? Parce qu’avant de mener leur attaque, ils ont su recueillir les bonnes informations, y compris sur les réseaux sociaux ou à travers une enquête approfondie de « social engineering »», indique Raphaël Gauvain.

Enfin, il est essentiel de sensibiliser, informer et former ses salariés (Recommandations 7 à 12). « Le point le plus important est de faire comprendre aux salariés que « cela n’arrive pas qu’aux autres ». Il faut non seulement les informer sur ce type d’escroquerie, mais aussi le faire régulièrement, souligne Raphaël Gauvain. C’est au dirigeant de s’engager personnellement pour dire à ses salariés pour leur dire que JAMAIS il ne leur demandera de passer outre les procédures de virements ». Douze procédures à suivre à la lettre quand on sait que quelque 350 entreprises françaises ou francophones ont été attaquées en 2013. Et que les services de police ont constaté une forte croissance des tentatives d’escroquerie de ce type depuis le début 2014…

1 – Respecter les règles essentielles du contrôle interne
Des procédures simples en matière de virements manuels peuvent limiter les risques. « Un simple comptable ne doit pas pouvoir ordonner un virement et il faut limiter au maximum le nombre de personnes qui ordonnent les paiements manuels », explique Raphaël Gauvain. Autre principe évident, mais pas toujours respecté : la séparation des taches, entre celui qui prépare le virement et celui qui l’ordonne. Enfin, il faut mettre en place une procédure de double signature au-delà d’un certain montant.

2 – Renforcer l’efficacité des procédures d’urgence
La plupart des escroqueries au président sont fondées sur le caractère « d’urgence » de l’opération frauduleuse demandée. Il est donc essentiel que l’urgence ne soit pas traitée en marge des procédures. « Il faut mettre en place des procédures spécifiques pour permettre des virements en urgence, et désigner un référent compétent pour les traiter, explique Raphaël Gauvain. Attention, il faut aussi obliger l’exécutant, en cas d’ordre de virement urgence, à mentionner sur l’ordre, l’heure et la date à laquelle il a obtenu l’accord du référent ».

3 – Conforter ses relations avec les banques
Il faut éviter que la banque ne constitue un maillon faible dans la sécurité de l’entreprise. « Et donc prévoir, systématiquement, un contre-appel de la banque en cas de virement manuel au-dessus d’un certain montant », indique Raphaël Gauvain. En outre, mieux vaut limiter le nombre d’établissements bancaires de l’entreprise et, en cas d’acquisitions de nouvelles sociétés, procéder aux transferts des comptes bancaires.

4 – Sécuriser les systèmes d’information et de communication

S’il est essentiel de sécuriser l’accès à l’intranet, il faut aussi faire attention aux supports de communication internes et externes (site internet, blog, plaquette, journal). Notamment en limitant  la communication d’informations sur l’organisation de la société, son organigramme et les plannings, la communication d’informations individuelles (numéro de poste direct et fonction précise) et la communication à propos d’événements internes (galas, etc.).

5 – Renouveler la réflexion sur l’information légale
Les escrocs ont bien compris que les obligations légales de publication obligent les entreprises à dévoiler un grand nombre de documents qui sont disponibles sur des sites comme infogreffe. S’il n’est pas possible de s’affranchir de ces obligations, il ne faut publier que ce qui est obligatoire par la loi (statuts à jour, procès-verbaux) Et pas davantage. « Malheureusement, les actes déposés doivent aujourd’hui contenir la signature du président ou des associés, ce qui donne un atout aux escrocs », déplore Raphaël Gauvain.

6 – Maîtriser l’information donnée au marché
Outre les obligations légales, l’entreprise a une obligation de transparence vis-à-vis du marché, en particulier lorsqu’elle est cotée, mais il faut trouver un équilibre entre le souci de transparence et le risque de fraude : mieux vaut éviter de fournir des informations trop précises dans son document de référence et ne publier que ce qui est nécessaire à l’investissement

7 – Informer sur le mode opératoire des escrocs.
Les différents modes opératoires utilisés par les escrocs sont désormais bien connus et doivent donc être présentés à tous les salariés pouvant être impliqués. Attention, toutefois, car ces modes opératoires évoluent très rapidement.

8 – Informer sur les virements suspects
Une réflexion en amont sur les virements « suspects » peut aider à éveiller l’attention des salariés ciblés par les escrocs. Concrètement, il faut être attentif aux opérations ayant une cause incongrue (fonds mis à disposition d’un agent secret ; ordres manifestement illicites comme ceux ayant pour objet d’échapper à un contrôle fiscal…) ou un destinataire suspect, comme un compte inconnu ou qui ne correspond pas à la justification qui en est donnée. Mais aussi une destination étrange (en particulier lorsque le virement a pour destination un pays dans lequel l’entreprise n’a aucune activité), que le montant apparaît disproportionné au regard de la justification donnée ou, enfin, qu’il est fractionné pour éviter un certain seuil (ex : 990 000 euros).

9 – Sensibiliser régulièrement les salariés
Une information unique n’est pas suffisante : il faut procéder à des envois réguliers de mail ou memo internes signés de la Direction (notamment un rappel systématique avant les périodes de vacances). Et ainsi rappeler systématiquement le mode opératoire des escrocs, les caractéristiques des paiements suspects et les procédures internes en matière de virement et formuler un message personnalisé d’un membre de la Direction rappelant que jamais il n’ordonnera directement un ordre de paiement en urgence au mépris des procédures de contrôle internes.

10 – Accompagner les salariés face au risque de fraude
« Il faut désigner un référent qu’il faudra avertir en cas de soupçon de fraude (par exemple : directeur juridique/compliance) et envoyer régulièrement des mails ou mémos rappelant l’existence de ce référent, explique Raphaël Gauvain. Lors d’un appel à caractère urgent émanant d’un interlocuteur qui utilise la menace, l’intimidation ou le chantage pour ordonner un paiement, et/ou en se faisant passer pour un membre de la Direction, la communication doit être immédiatement interrompue et le référent informé sans attendre ».

11 – Responsabiliser les salariés
Les tentatives de fraudes ont beaucoup évolué, et les fraudeurs n’hésitent pas à se faire passer pour des auditeurs ou des Commissaires aux comptes pour obtenir des informations ou encore, plus récemment, pour des éléments des forces de l’ordre enquêtant sur ce type de fraude…

« Mieux vaut réduire le nombre de personnes habilitées à transmettre des informations à des contractants extérieurs, explique Raphaël Gauvain. Mais il faut aussi faire attention aux réseaux sociaux (Facebook, LinkedIn etc,) et diffuser une charte rappelant aux salariés le bon usage des moyens modernes de communication (pas d’information sur l’entreprise, profils privatisés…) ».

Pour réduire le risque ? Il faut contractualiser l’obligation renforcée de confidentialité et prévenir les salariés que tout manquement aux règles de procédure interne sera constitutif de licenciement (faute grave les privant de préavis et d’indemnités de licenciement).

12 – Organiser un « stress test »
C’est, sans aucun doute la phase ultime permettant de vérifier la solidité des procédures mises en place dans l’entreprise et de les corriger si nécessaire : la simulation d’une tentative d’escroquerie, qui peut être réalisée en interne ou en faisant appel à une société spécialisée en « sécurité économique ». « Le retour d’expérience sera la meilleure des sensibilisations et le stress test permet de déceler les points faibles de chaque entreprise et de pouvoir y remédier », souligne Raphaël Gauvain.

Voir de plus:

KPMG : Les dessous d’une escroquerie de 7,6 millions d’euros
Denis Lafay
la Tribune
26/06/2014

7,6 millions d’euros : c’est le montant de l’escroquerie record dont KPMG SA a été victime en 2012. Cette fraude, dite « au Président », résulte de méthodes et d’outils technologiques extrêmement sophistiqués. Elle engage aussi une chaine de responsabilités, qui interroge le contrôle interne d’un groupe lui-même chargé de le mettre en œuvre chez ses clients. Récit d’une incroyable arnaque.

L’affaire démarre en mai 2012. B.M*, comptable à la direction Rhône-Alpes de KPMG en charge des règlements fournisseurs, reçoit un appel téléphonique d’un interlocuteur se présentant sous l’identité de Jean-Luc Decornoy, le président du directoire de KPMG SA. Il la somme, sous le sceau de l’absolue confidentialité et après s’être inquiété de quelques soucis personnels qu’elle avait… réellement éprouvés – la mettant ainsi en confiance -, de procéder à un virement de 252 848 € nécessaire à l’accomplissement d’une étude de consulting « qui doit demeurer totalement secrète ». Elle insiste sur le caractère inapproprié de la demande, mais devant la persistance de son « grand patron » doit céder.

Une adresse IP aux Etats-Unis
L’usurpateur la met alors en relation électronique avec un certain Marius Kohl – marius.khol@financier.com, provenant d’une adresse IP qui se révélera ultérieurement basée aux Etats-Unis -, chargé de lui remettre les coordonnées bancaires pour effectuer la transaction. Puis il réceptionne sur une adresse électronique similaire à celle de Jean-Luc Decornoy – l’IP originelle sera, plus tard, isolée en République tchèque – la demande d’ordre de virement officielle que lui expédie B.M et qu’il retourne noircie d’une signature strictement identique à celle du « vrai » Jean-Luc Decornoy.

Une société anglaise, Myr Group, sise 12 Sherwood Street Piccadilly Circus à Londres, est appelée à réceptionner un virement émis par la banque de KPMG, l’agence Entreprises La Défense de BNP Paribas, au bénéfice de l’agence Canary Wharf de Barclays Bank à Londres.

Des virements compris entre 940 et 996 K€
Et c’est ainsi que le 5 juin, 13 jours après la datation de la facture, 252 848 € quittent les comptes de KPMG et rejoignent ceux d’une organisation de malfaiteurs aux méthodes particulièrement sophistiquées. Ces manoeuvres, pour l’essentiel libellées au nom de « rachat de filiales » et que B.M a l’absolue interdiction, rappelée par son soi-disant président du directoire, de partager avec « quiconque », se répètent à 8 reprises jusqu’au 10 juillet. Les sept factures émises du 21 juin au 10 juillet et honorées sont toutes comprises entre 967 350 et 996 641 euros…

Il faudra un échange interne presque anodin au sein de la direction financière puis avec B.M pour que « l’affaire » éclose. Le 10e ordre de virement de 941 637 euros émis le 11 juillet est stoppé in extremis, et la Police judiciaire est saisie de cet exemple de « fraude aux dirigeants » qui commence de voir le jour en France. Quelques mois plus tard, en décembre, P.Y*, alors responsable administratif et comptable de la direction Rhône-Alpes et que sa subalterne avait mis seul dans la confidence, est licencié.

Les interventions d’Alain Chamak, alors directeur Rhône-Alpes (et président du conseil de surveillance jusqu’en 2010) pour le disculper de toute responsabilité et considérant « inappropriée » l’éviction de « personnes innocentes » et de « bouc-émissaires » pris au piège de la discipline hiérarchique et « coupables » d’avoir respecter scrupuleusement l’injonction descendante, permirent, selon la défense de l’entreprise, de rétrograder le motif de licenciement de « grave » à « simple ». Le directeur régional invita également B.M et P.Y à consulter sur le champ un médecin et un psychologue.

Une propagation inquiétante
Les investigations confiées à la Direction Interrégionale de la Police Judiciaire à Lyon se poursuivent. L’instruction pénale porte sur les qualificatifs d’« escroquerie et tentative d’escroquerie en bande organisée », de « faux et usage de faux », et d’« usurpation d’identité ». Ce fléau, qui a surgi en 2012 en France, se propage et devient un phénomène « extrêmement inquiétant » observent des enquêteurs, est symptomatique de la prolifération tentaculaire et incontrôlée des nouvelles manifestations de cybercriminalité. Leurs auteurs « jouent » des outils d’ultratechnologisation mais aussi de l’évaporation des frontières devenues, dans ce domaine, virtuelles, enfin de la complexité des enquêtes induite par l’internationalisation des circuits – les investigations mèneraient principalement vers la Chine et surtout Israël via des malfaiteurs binationaux.

Et les méthodes ont de quoi effrayer ; ainsi B.M à la fois était le professionnel idoine pour procéder directement aux virements, ne figurait sur aucun organigramme accessible à des tiers de l’entreprise, entendit son interlocuteur évoquer au téléphone le nom d’autres salariés des services financiers de KPMG et même, avec exactitude, l’agenda d’Alain Chamak le jour de la première fraude…

Suicide
L’Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) et l’Office central de la lutte contre la criminalité liée aux technologies informatiques et de la communication (OCLCIC) sont mobilisés. En Rhône-Alpes, le montant cumulé de la vingtaine d’escroqueries réellement consommées et faisant l’objet de procédures tutoierait, selon nos informations, les 60 millions d’euros. Les répercussions ne sont pas que financières pour les entreprises et économiques pour des emplois fragilisés par l’ampleur des pertes ; elles sont aussi humaines pour les salariés instrumentalisés.

Pour preuves chez KPMG, le licenciement du responsable administratif et comptable, et le traumatisme psychique éprouvé par B.M : employée modèle depuis une trentaine d’années, devenue complice malgré elle, et abandonnée à son sort par une présidence qui ne témoigna ni empathie ni attention – jamais après le déclenchement de l’affaire elle n’eut de contact avec celui-même auquel elle était machiavéliquement liée : Jean-Luc Decornoy. « Je me suis sentie sale parce que l’on m’a salie », confiera-t-elle à un proche. Dans une autre entreprise de la région, les manifestations de cette culpabilisation ont été encore plus dramatiques : un salarié s’est suicidé.

Une forteresse inexpugnable
Dès le 12 juillet 2012, KPMG fait le choix de l’omerta. Pendant plusieurs mois, seule une grappe de dirigeants puis la cinquantaine de partners seront tenus informés de l’existence de l’escroquerie. L’atomisation du groupe – compartimenté par métiers et fractionné en 217 implantations – mais aussi l’intérêt commun des associés-actionnaires de préserver l’image de l’entreprise pour sauvegarder leurs intérêts personnels, favorisent l’imperméabilisation des transferts de communication et de diffusion des informations.

La forteresse semble inexpugnable, mais la stratégie d’un silence public cadenassé ne manque pas d’enflammer les rumeurs ni de surprendre dans la corporation. Aucun média, excepté La Lettre A dans un court article édité le 19 décembre 2013, n’y fera référence. Plus étonnant, dans la publication de ses comptes annuels clos en septembre 2012, KPMG Associés – le holding de tête, détenu à 80 % par des experts-comptables et commissaires aux comptes et à 20 % par les descendants de la famille fondatrice Galtier, possède 98 % du capital de KPMG SA – affirme « qu’aucun événement ayant une incidence significative sur les comptes n’est à signaler ». Dans son rapport remis à l’Assemblée générale mixte du 17 décembre le conseil de surveillance de KPMG SA estime, de son côté, « qu’il n’y a aucune observation particulière à formuler ».

Où sont passés les 5,3 millions restants ?
L’examen de la chaine des responsabilités et les interrogations sous-jacentes ont, il est vrai, de quoi malmener la réputation du cabinet. Comment l’envergure de la fraude, c’est-à-dire la concentration, l’accélération effrénée, et l’ampleur des virements, a-t-elle pu échapper à la vigilance du co-directeur Rhône-Alpes Bruno Paillard, responsable de la fonction-support comptabilité, et surtout du directeur financier de KPMG SA Thierry Lemarquis ?

Comment les opérateurs de BNP Paribas ont-ils pu, eux aussi, procéder sans jamais ciller à de tels transferts dont la fréquence (28 et 29 juin, 2, 5, 9, 10, 11 juillet), les montants (à ces dates, jamais moins de 940 000 € chacun), et même les objets étaient à ce point inhabituels et disproportionnés par rapport à l’activité du cabinet – leur cumul correspond à 1 % du chiffre d’affaires annuel ? Comment faut-il interpréter l’évocation, dans le rapport de gestion publié pour l’AG mixte du 17 décembre 2012, de la « survenance d’un sinistre sur un actif » mais dont l’impact résiduel sur le résultat net n’est « que » de 2,3 millions d’euros ; que sont devenus les 5,3 millions d’euros restants ? BNP Paribas ou, dans une moindre mesure, Barclays Bank ont-ils « partagé » avec KPMG la responsabilité pécuniaire d’une défaillance que d’aucuns arriment à une incurie ?

ERP en cause ?
Le soin extrême que la direction de KPMG a consacré, avec succès, à claquemurer « l’affaire » et à juguler toute divulgation publique, tient à la singularité schizophrénique de la situation : un prestigieux cabinet, dont la facturation des honoraires peut culminer, selon une source interne, à 1 000 € l’heure pour les partners, a pour mission de veiller chez ses clients à l’application d’un dispositif rigoureux et transparent de ce même contrôle interne (lire encadré à la fin) qui, chez lui, s’est révélé vulnérable, dysfonctionnel, opaque voire défaillant.

Depuis, d’ailleurs, l’architecture de ce contrôle interne – lézardé par le changement simultané de plusieurs process informatiques et crevassé par les fragilités du système d’exploitation informatique (ou ERP) peut-être trop hâtivement déployé et « coupable » d’avoir détricoté à partir de 2011 les procédures prévalant jusqu’alors – a été considérablement renforcée, et notamment le principe de la double signature comme la centralisation au siège de tout virement à l’étranger ont été adoptés.

Deux documents internes
Plus étonnant, la direction a adressé en 2014 à l’ensemble du personnel deux documents ; l’un alerte sur une « vague d’« escroqueries au président » dont de nombreuses entreprises ont récemment été victimes », l’autre indique que « la direction a été informée que des escrocs se font passer pour des professionnels de KPMG afin de demander la transmission urgente d’éléments relatifs à des factures clients »…

Les deux documents rappellent les procédures à respecter… sans jamais faire référence à l’origine véritable de cette communication : la propre fraude dont l’entreprise a été victime. « L’affaire Chamak » apparaît, en définitive, être la manifestation visible d’un tremblement de terre dont les causes et les répliques, multiples et souterraines, interrogent l’éthique, la gouvernance. Mais aussi l’exercice mêmes des métiers d’expertise-comptable ou de commissariat aux comptes.

*Les initiales ont été changées

Voir enfin:

EXCLUSIF – Scandale de la taxe carbone : le SOS des juges
Jean-Michel Décugis, Mélanie Delattre et Christophe Labbé

Le Point

03/12/2012

C’est la fraude fiscale la plus importante jamais commise en France. Cette vaste carambouille, qui a rapporté à ses instigateurs plus de 5 milliards d’euros, a coûté 1,6 milliard d’euros au Trésor français. L’arnaque consistait à acheter des quotas de CO2 hors taxe en Hollande et de les revendre en France TTC. Les « faux » traders empochaient les 19,6 % de TVA sans les reverser à l’État français. Ils les faisaient transiter sur des comptes à l’étranger : Écosse, Hong Kong et Israël.

Chargés de cette enquête délicate, les juges du pôle financier viennent d’écrire au directeur de cabinet de la garde des Sceaux pour dénoncer les entraves qu’ils rencontrent. Dans leur courrier daté du 15 octobre auquel Le Point.fr a eu accès, les magistrats pointent la mauvaise volonté de l’État d’Israël où ont trouvé refuge les principaux protagonistes de ce carrousel à la TVA et demandent l’aide du Quai d’Orsay pour débloquer la situation.

Entraide diplomatique

Les juges réclament aussi l’embauche de trois assistants spécialisés dont le nombre a fondu ces dernières années, passant de dix à deux. Un investissement dérisoire pour l’État au regard des 800 millions d’euros à recouvrer dans cette affaire. Interrogée par Le Point.fr, la chancellerie assure que « le courrier est pris très au sérieux » et « qu’une démarche d’entraide diplomatique va être engagée afin de permettre à l’enquête d’avancer ». L’absence de coopération d’Israël n’est pas nouvelle, mais le précédent gouvernement n’avait pour sa part initié aucune démarche.

La « fraude fiscale la plus importante jamais enregistrée » épinglée par la Cour des comptes
Hervé Kempf
Le Monde
08.02.2012

La Cour des Comptes consacre un chapitre de son rapport public annuel 2012 à la « fraude à la TVA sur les quotas du carbone ». Selon elle, cette escroquerie qui s’est déroulée en 2008 et 2009, « est la fraude fiscale la plus importante jamais enregistrée en France en un temps aussi bref ». Elle en estime le montant à 1,6 milliards d’euros en perte fiscale pour l’Etat français. Quand un coup d’arrêt lui a été donné en juin 2009, les fraudeurs se sont déplacés dans les autres Etats, qui ont réagi plus tardivement.

La Cour rappelle que, selon Europol, la fraude a coûté 5 milliards d’euros à l’ensemble des Etats de l’Union. La Cour décrit le mécanisme de la fraude, qui s’est déroulée sur le marché européen du carbone. Celui-ci, appelé ETS (Emissions Trading Scheme), organise les échanges entre les entreprises qui dépassent un plafond, fixé par les autorités, d’émissions de gaz à effet de serre, et les entreprises qui sont en-dessous de ce plafond. Les fraudeurs ont appliqué un système dit du « carrousel » : des sociétés, souvent créées pour l’occasion, achetaient hors taxe des quotas de CO2 dans un Etat membre, les revendaient en France en facturant la TVA de 19,6 %, et disparaissaient sans payer la TVA à l’Etat français.

AUCUN CONTRÔLE EXTERNE

Les rapporteurs expliquent que l’ampleur de cette fraude a été facilitée par les « trois failles originelles » du marché européen du carbone : le régime de la perception de la TVA n’avait pas été sécurisé, l’accès au marché était extrêmement simple et peu contrôlé, le marché lui-même n’était soumis à aucun contrôle externe.

Les rapporteurs critiquent pour leur négligence et leur lenteur à réagir les intervenants institutionnels sur ce marché : la Caisse des dépôts et consignations, sa filiale Bluenext, plate-forme boursière du marché, l’administration fiscale, et enfin le système Tracfin de lutte contre le blanchiment. Sa principale recommandation est d’accélérer les délais entre la déclaration de soupçons auprès de Tracfin et l’engagement de mesures effectives.

Un soulagement, au final : les leçons ont été tirées de cette fraude et, en principe, elle n’est plus transposable sur les marchés comparables de l’électricité et du gaz.

Voir aussi:

CARAMBOUILLES – «20 Minutes» plonge au cœur de la Carbone Connexion…

[1er volet] Les escrocs de la fraude à la taxe carbone: Ceux qui ont été arrêtés

William Molinié

20 minutes

12.03.2014

Il n’y a pas un profil type du fraudeur à la taxe carbone. Certains sont d’anciens escrocs reconvertis, d’autres se sont fait la main en solitaire, depuis un cybercafé. Des grossistes du quartier du textile parisien jusqu’aux membres de mafias d’Europe centrale, la «carbone connexion» tisse son réseau jusqu’en Israël, Dubaï, voire même Hong Kong. Avec parfois des alliances détonantes et inédites

Cette escroquerie qui consistait à acheter des quotas de CO2 hors taxe dans un pays de l’Union européenne, puis de les revendre en France à un prix incluant la TVA, sans jamais reverser celle-ci à l’Etat, a permis de détourner près de deux milliards d’euros en France en 2008 et 2009. Au niveau européen, on parle de montants pouvant s’élever jusqu’à cinq milliards. Un pactole colossal, amassé en un temps record, que la justice peine à récupérer.

Alors que s’ouvre en appel, ce jeudi, le procès du dossier Nathanaël, 20 Minutes dresse le portrait de quelques acteurs de cette vaste fraude…

Ce premier volet s’intéresse à ceux qui ont été arrêtés.

> Lire le deuxième volet, ceux qui sont en cavale…
> Lire le troisième volet, ceux qui sont morts…

A Lyon et à Cannes, il a été aperçu à bord de voitures de luxe à plusieurs reprises. Il prêtait d’ailleurs ses grosses cylindrées à Michel Neyret, l’ancien numéro 2 de la PJ lyonnaise suspecté de corruption contre des renseignements relatifs aux acteurs de la fraude aux quotas de CO2. L’homme d’affaire est mis en examen dans ce dossier ainsi que dans deux autres concernant la fraude à la taxe carbone, l’un à Paris, l’autre à Lyon. Il louait une villa à 12.000 euros par mois dans l’arrière-pays cannois. En octobre 2013, les policiers qui l’avaient placé sur écoute se sont rendus compte que depuis sa cellule, il avait organisé le rapatriement d’affaires, revendus dans la foulée.

Cyril Astruc, le «gros poisson»

Des sources proches du dossier pensent qu’il s’est rendu à la police française parce qu’il n’était plus en sécurité en Israël. Interpellé au début de l’année à l’aéroport Roissy Charles de Gaulle alors qu’il rentrait en France, Cyril Astruc, surnommé «Poulet», est présenté comme un «gros poisson» de cette fraude par les enquêteurs. D’ailleurs, la fraude belge lui serait attribué dans sa quasi-totalité (70 millions d’euros). Selon nos informations, on le retrouve dès le début des années 2000 dans un trafic international de cocaïne dont il était chargé de la logistique du réseau: fourniture de faux papiers, voitures de luxe, téléphones portables sécurisés, location d’appartements servant de caches… Il faisait l’objet de quatre mandats d’arrêt, notamment pour escroquerie à la taxe carbone en France et en Belgique, corruption dans l’affaire Neyret, et trafic de stupéfiants. Lors de son arrestation à l’aéroport parisien, il portait une montre d’une valeur de 330.000 euros.

Claude Bauduin, l’homme de paille jugé en Allemagne

Lui, il s’est fait repérer sur le marché allemand. Ce retraité de Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées), ancien gérant de théâtre, a été condamné fin 2011 à trois ans de prison par un juge de Francfort pour une affaire de fraude à la taxe carbone portant sur 10 millions d’euros. Il s’est toujours défendu d’avoir été au coeur de la carambouille. Et fait porter le chapeau à Yannick Dacheville, aujourd’hui en fuite (lire ici), qu’il a présenté comme étant le commanditaire. Selon lui, il se serait fait manipuler en acceptant 10.000 euros contre la création à son nom d’une société à Hambourg. Laquelle aurait été utilisée par Dacheville pour multiplier les opérations douteuses sur le marché du carbone. Après deux ans de prison, il est sorti de prison et n’est plus en détention.

Grégory Zaoui, le précurseur de la fraude

Il est présenté par Marius-Christian Frunza, auteur de «Fraud and Carbon Markets: The Carbon Connection», comme l’un des tous premiers acteurs de la fraude sur le marché parisien, et sans doute le premier cerveau de la fraude à la française. C’est aussi l’un de ceux qui a été arrêté parmi les premiers. Il est un ami proche de Fabrice Sakoun, en fuite (lire ici), avec qui il a partagé une cellule à la prison de la Santé, pourtant censée protéger les échanges d’informations. Il est aujourd’hui libre.

Mardoché Mouly, alias Marco, le pro du montage opaque

Il a été discrètement interpellé fin avril 2013 à Paris et placé en détention à Nanterre (Hauts-de-Seine). Cet ami proche de Samy Souied (lire ici), assassiné Porte Maillot, s’était déjà illustré dans des escroqueries. Selon un rapport de police que 20 Minutes a consulté, il avait, entre autres, été mis en cause dans une enquête portant sur une société spécialisée dans la téléphonie mobile «dont les comptes étaient susceptibles d’abriter d’importantes sommes d’argent provenant d’infractions financières réalisées avec d’autres entreprises, dont certaines installées à l’étranger». Les enquêteurs avaient d’ailleurs relevé des transferts de fonds, s’élevant à 1 million d’euros, entre lui et Samy Souied, par l’intermédiaire d’un certain Dan B., dit «Petit frère».

CARAMBOUILLES – «20 Minutes» plonge au cœur de la Carbone Connexion…

[2ème volet] Les escrocs de la fraude à la taxe carbone: Ceux qui sont en cavale

William Molinié

20 minutes

Il n’y a pas un profil type du fraudeur à la taxe carbone. Certains sont d’anciens escrocs reconvertis, d’autres se sont fait la main en solitaire, depuis un cybercafé. Des grossistes du quartier du textile parisien jusqu’aux membres de mafias d’Europe centrale, la «carbone connexion» tisse son réseau jusqu’en Israël, Dubaï, voire même Hong Kong. Avec parfois des alliances détonantes et inédites

Cette escroquerie qui consistait à acheter des quotas de CO2 hors taxe dans un pays de l’Union européenne, puis de les revendre en France à un prix incluant la TVA, sans jamais reverser celle-ci à l’Etat, a permis de détourner près de deux milliards d’euros en France en 2008 et 2009. Au niveau européen, on parle de montants pouvant s’élever jusqu’à cinq milliards. Un pactole colossal, amassé en un temps record, que la justice peine à récupérer.

Alors que s’ouvre en appel, ce jeudi, le procès du dossier Nathanaël, 20 Minutes dresse le portrait de quelques acteurs de cette vaste fraude…

Ce deuxième volet s’intéresse à ceux qui sont en fuite.

> Lire le premier volet, ceux qui ont été arrêtés…
> Lire le troisième volet, ceux qui sont morts…

Fabrice Sakoun, principal condamné du dossier Nathanaël

Au cours de son procès en première instance, le premier en France concernant la fraude aux quotas de CO2, Fabrice Sakoun était venu répondre de ses actes devant la onzième chambre du tribunal correctionnel de Paris. Avant de se dérober entre la fin des audiences et la lecture du délibéré. L’escroc a flairé la lourde peine que les juges allaient prononcer à son encontre:  cinq ans de prison ferme et un millions d’euro d’amende.

Réfugié selon des proches du dossier en Israël, la grande question reste celle de son retour ce jeudi devant la cour d’appel de Paris, alors que son deuxième procès doit s’ouvrir. Sera-t-il présent à l’audience? Son avocate, contactée par 20 Minutes, se «refuse à tout commentaire». Cet ancien grossiste du quartier du Sentier à Paris s’est vu confisquer son Aston Martin ainsi que son bateau. C’est lui, qui avait lâché devant les enquêteurs et les juges la désormais célèbre formule: «le CO2, c’était la Lady Gaga dans les affaires».

Yannick Dacheville, l’escroc millionnaire introuvable

C’est par lui que l’affaire Neyret a éclaté, quand après avoir fait fortune dans des escroqueries à la TVA, dont le carrousel portant sur le carbone, il s’est investi dans le trafic international de cocaïne. En novembre 2010, 110 kg de coke sont découverts dans l’appartement d’une princesse saoudienne à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine).  Les policiers de la brigade de stupéfiants de Paris, qui l’ont mis sur écoute, le soupçonnent d’être le commanditaire de la drogue. Ils s’aperçoivent aussi qu’il entretient une relation incestueuse avec le numéro deux de la PJ de Lyon, Michel Neyret, lequel l’informe de son mandat d’arrêt international contre des cadeaux.

Yannick Dacheville, dit «Le Gros», est un proche de Stéphane Alzraa (lire ici) qui utilise certains de ses biens de luxe. Arrêté à Dubaï, il parvient à obtenir sa libération de prison et, selon nos informations, envoie un SMS à son ex-femme, Célia G., directrice-adjointe d’un hôtel de luxe, afin de la rassurer. Depuis, il est introuvable et voyagerait entre le Panama, Dubaï et les Etats-Unis où il dispose de nombreux biens immobiliers. Aux dernières nouvelles, il aurait par ailleurs remonté une affaire de location de voitures de luxe à Dubaï.

Michel Keslassy, «réfugié» en Israël, doit 65,5 millions d’euros à l’Etat

Condamné en juin 2013 à trois ans et demi de prison et 65,5 millions d’euros de dommages et intérêts pour une affaire d’escroquerie à la TVA sur le marché du carbone, Michel Keslassy, 50 ans, s’est volatilisé à la fin de l’année 2013. En novembre dernier, la cour d’appel de Paris avait décidé de le placer sous bracelet électronique, pour des raisons de santé. Mais «au bout de quelques jours», le dispositif a «cessé de fonctionner». Un mandat d’arrêt a été délivré à son encontre.

Sa ligne de défense depuis le début de l’affaire a été de se présenter comme un homme de paille. Selon lui, il aurait été abusé par Samy Souied (lire ici), un des principaux instigateurs de la fraude, assassiné en 2010, Porte Maillot. Son procès en appel a eu lieu mi-février, en son absence. Selon des sources contactées par 20 Minutes, il est actuellement en Israël. «Il se dit menacé», rapporte un proche du dossier. A plusieurs reprises, depuis Israël, il a écrit aux juges et s’est fait connaître au consulat. «D’autres individus, du même degré d’implication, n’ont jamais été interpellés, ni inquiétés dans cette procédure. C’est très regrettable», commente son avocat, Philippe Ohayon. Michel Keslassy est dans l’attente de son jugement.

Voir enfin:

Ecomouv’ et écotaxe : un fiasco qui coûtera plus de deux milliards d’euros
Samuel Laurent

Le Monde

10.10.2014
Après l’annonce surprise de la suspension sine die de l’écotaxe poids lourds, le 9 octobre par Ségolène Royal, le secrétaire d’Etat aux transports, Alain Vidalies, a confirmé jeudi 30 octobre que l’Etat allait résilier le contrat qui le liait à Ecomouv’, la société chargée de la mise en place et de la collecte de la taxe. Combien coûtera à l’Etat – et au contribuable – l’abandon de ce projet de fiscalité écologique ?

Rappel, tout d’abord : l’écotaxe, décidée à la suite du Grenelle de l’environnement en 2008, devait permettre deux choses : faire évoluer les pratiques en matière de transport en « désincitant » à utiliser le transport routier et financer une série de projets, notamment d’alternatives au tout-camions.

Votée dans un relatif consensus, cette loi a ensuite subi de plein fouet le lobbying des transporteurs routiers et de quelques élus locaux, qui n’ont eu de cesse d’en réclamer le report ou l’aménagement. Le projet, plusieurs fois modifié, s’est tout de même peu à peu mis en place, via un consortium, Ecomouv, à qui en était confiée la gestion.

Il faut donc distinguer plusieurs éléments de ce que va coûter cet abandon :

1. Près de deux milliards d’euros de pénalités et de manque à gagner
800 millions d’euros, c’est la somme que l’Etat devra rembourser à Ecomouv. La société, filiale du groupe italien Autostrade et de plusieurs grands groupes français, a investi cette somme dans la mise en place technique des appareils destinés à collecter la taxe et d’une infrastructure complexe. Elle devra être remboursée.

1,15 milliard d’euros, c’est la somme que devait rapporter cette taxe. Sur cette manne, 800 millions devaient revenir à l’Etat, précisément à un fonds de financement d’infrastructures, l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF), et 150 millions étaient destinés aux communes concernées par la taxe. Le reste devait revenir à Ecomouv. Les aménagements concédés en 2013 avaient déjà diminué cette somme, la ramenant à environ 600 millions d’euros.

250 Enfin, ajoutons que l’ajournement de la taxe, en 2013 puis en 2014, ainsi que les destructions de portiques ont déjà occasionné environ 50 millions d’euros de coût par trimestre, soit au moins 250 millions d’euros supplémentaires.

2. Au moins 200 emplois menacés

Avant même sa mise en place, la gestion de l’écotaxe avait déjà conduit à plusieurs centaines d’embauches :

200 salariés de la société Ecomouv travaillent à Metz, depuis plus d’un an pour la plupart. Ils ont déjà subi les retards successifs de la taxe, qui avait conduit la société à demander la possibilité de les mettre en chômage partiel. On ne sait pas encore quel sera leur avenir.

130 fonctionnaires des douanes avaient également été transférés à Metz pour gérer la taxe. Eux non plus ne savent pas ce qui les attend désormais.
3. Des projets d’aménagement en mal de financement
L’impact indirect de la décision de Ségolène Royal est également important. En effet, l’écotaxe était destinée à financer des alternatives au transport routier, qui devront désormais trouver d’autres moyens pour se réaliser :

122 Pas moins de 122 projets de transport urbain, plusieurs lignes à grande vitesse et des transports fluviaux, devaient être financés par l’AFITF… 78 collectivités locales et 14 millions d’habitants étaient concernés. Les chantiers auraient dû générer jusqu’à 4 000 emplois.

Voir également:

Jérôme Pierrat : “Aujourd’hui, les mafias ont un boulevard devant elles”
Etienne Bouche
Télérama

07/01/2013

Jérôme Pierrat, spécialiste du banditisme, est le co-auteur d’un documentaire sur les nouvelles mafias en France. Il raconte son travail d’enquête sur ce milieu si particulier.
Dans leur enquête pour Spécial investigation (diffusé ce lundi 7 janvier sur Canal+), les journalistes Jérôme Pierrat et Barbara Conforti démontrent à quel point la mondialisation a fait prospérer les organisations mafieuses. Camorra napolitaine, Fraternité roumaine ou encore Vory v zakone géorgiens sont ainsi parvenus à s’exporter en s’appropriant les règles du capitalisme. Rencontre avec Jérôme Pierrat, auteur de plusieurs ouvrages et d’un blog consacrés au monde criminel.

D’où vous vient cet intérêt pour le crime organisé ?
Pour répondre à cette question, il faudrait que je m’allonge sur un divan ! Disons que depuis longtemps je suis passionné – mais pas fasciné – par les marges, les contre-sociétés… Les mafias sont un peu des négatifs de notre société, au sens photographique du terme. La lecture m’a également amené à ce sujet : j’ai dévoré Au Bagne, d’Albert Londres, mais aussi les reportages de Blaise Cendrars.

Comment est né ce projet ?
En 2008, j’ai écrit un livre sur le sujet, Mafias, gangs et cartels : la criminalité internationale en France (1). J’avais en tête d’en faire une adaptation pour la télévision. J’avais déjà travaillé pour Canal+ il y a deux ans en réalisant Caïds des cités, sur le grand banditisme dans les quartiers défavorisés. L’équipe de Spécial investigation m’a présenté Barbara Conforti, qui connaît très bien le milieu de la criminalité organisée. Notre enquête s’est étalée sur une année.

Travailler sur les mafias, n’est-ce pas s’exposer à des risques ?
Bien sûr, ce n’est pas comme aller cueillir des marguerites dans le Loiret. Il faut faire attention. J’ai déjà été l’objet de de menaces pour des articles de presse écrite, mais globalement je ne me suis jamais senti réellement inquiété. En général, les gens que j’interroge considèrent que je fais honnêtement mon travail. Bien sûr, il faut faire preuve de prudence, surtout lorsque l’on enquête à l’étranger. Lorsque nous avons tourné à Craiova, en Roumanie, la peur était palpable : les traducteurs qui travaillaient avec nous n’étaient pas vraiment à l’aise. Dans une petite ville de province comme celle-ci, tout se sait très rapidement.

Avez-vous rencontré des difficultés particulières ?
Nous avions conscience que notre postulat de départ – se pencher sur quatre organisations internationales – était compliqué. En Roumanie, nous avons essuyé pas mal de déconvenues. Certains membres de la Fraternité n’ont jamais voulu nous rencontrer et nous conseillaient d’abandonner. Dans un autre registre, l’enquête a été éprouvante quand nous avons rencontré les prostituées nigérianes à Lyon : les intimidations dont elles font l’objet de la part de leur maquerelle sont bien réelles. Nous avons ressenti la peur et la violence qui règnent dans ce milieu.

Sur un tel sujet, quelle est / quelle doit être la position du journaliste ? Se sent-on justicier, ou au contraire, complice ?
J’estime que mon rôle, c’est de rendre compte de phénomènes. Les évoquer, c’est déjà une forme de dénonciation. Mais je ne suis pas un chevalier blanc : en tant que journaliste, je suis un observateur, qui porte à la connaissance du grand public une certaine réalité. J’apporte un éclairage, et le spectateur est suffisamment grand pour juger ce qu’il voit.

Comment s’adresse-t-on à un parrain de la mafia ?
Dans ce genre d’entretien, l’interlocuteur est un peu comme une huître : il faut réussir à saisir la perle – le faire parler – mais au moindre faux pas, le coquillage se referme ! Chaque mot compte, et la moindre parole déplacée peut interrompre l’échange. Inutile de vouloir faire la morale ou de poser des questions dérangeantes : contrairement à celui qui côtoie des lions depuis vingt ans, quelqu’un qui n’a jamais vu un animal sauvage de sa vie se fait forcément dévorer. Mon travail, c’est à force d’étudier les mentalités, de passer pour un « affranchi » et de montrer à la personne en face de moi que je peux comprendre sa manière de penser.

Quelles sont les raisons qui poussent un escroc à vous rencontrer ?
C’est certain, il y a une part d’ego, car ils n’ont aucun intérêt à parler. C’est un peu le syndrome de l’agent secret : ces gens ont une vie extraordinaire – au sens propre du terme -, mais ne peuvent pas la dévoiler. Dans le reportage, un pirate informatique roumain nous montre comment il procède pour détourner les cartes bancaires. A l’image d’un magicien, il avait clairement envie d’épater, de montrer avec quelle simplicité il nous piégeait.

L’échange que vous avez avec Crystal, un vor v zakone emprisonné en Ukraine, révèle combien l’appartenance à la mafia est codifiée…
Les mafias les plus anciennes ressemblent à des sociétés secrètes, avec des pratiques ritualisées : c’est une cérémonie qui marque l’entrée d’un membre dans le milieu. Même s’ils appartiennent davantage au folklore aujourd’hui, les tatouages, à une certaine époque, affichaient la carte d’identité de chacun. Dans un camp soviétique perdu en pleine Sibérie, le détenu ne pouvait pas mentir : son appartenance était inscrite sur son corps. Ces marqueurs permettaient de donner des repères, de structurer un système très flottant.

C’est aussi un milieu extrêmement machiste…
C’est une « valeur » universellement partagée par les criminels du monde entier ! Ce milieu idéalise la virilité à l’ancienne. Même si la presse insiste lourdement lorsqu’une femme de la mafia est arrêtée – quelques-unes l’ont été dans le sud de l’Italie –, la criminalité organisée est une affaire d’hommes. Même les maquerelles nigérianes, les fameuses « Madames », sont passées par la prostitution avant d’être actrices du monde criminel. Dans ce milieu, la femme est au mieux une marchandise.

La ville de Castel Volturno, près de Naples, est particulièrement représentative de cette réalité.
Cette ville a tout du no man’s land, plus aucune loi n’y est respectée. Elle est devenue l’une des plaques-tournantes du proxénétisme, une porte d’entrée en Europe pour les prostituées africaines. Sur place, des associations d’opportunisme se créent : les Italiens protègent les Nigérians à condition qu’ils se soumettent à eux. Si la mafia nigériane n’est pas inquiétée dans le sud de l’Italie, il ne faut pas se demander pourquoi… Ce rapport de domination consentie ne fait que rendre la lutte contre la corruption encore plus complexe.

Quelles sont, selon vous, les insuffisances des politiques menées contre les mafias ?
Une harmonisation législative et une meilleure coopération à l’échelle européenne sont nécessaires, urgentes même. En France, par exemple, il est très difficile de coincer de tels réseaux. La loi exige des preuves. S’il est à mon sens un peu liberticide, le « délit d’association mafieuse » – assez souple – est inscrit dans le code civil italien, et n’a pas de véritable équivalent chez nous. La France a longtemps nié la présence d’organisations criminelles étrangères sur son territoire, préférant se concentrer sur les réseaux qu’elle connaît. Or, contrairement au nuage de Tchernobyl, les mafias ne s’arrêtent pas à la frontière ! Bien sûr, les affaires qui visent la criminalité étrangère sont complexes : il faut solliciter un interprète – allez trouver un traducteur géorgien à Limoges –, adresser une commission rogatoire internationale… Mais comme le phénomène s’est amplifié, il a bien fallu s’en saisir, faire face à cette nouvelle réalité.

Ces nouvelles mafias se sont parfaitement adaptées à notre économie de marché mondialisée.
Une fois entrées dans l’espace Schengen, elles tissent leur toile, étendent leur influence, faisant fi des frontières. Aujourd’hui, les mafias ont un boulevard devant elles. L’Europe du crime se construit plus vite que l’Europe « normale ». La globalisation de l’économie a également changé notre rapport à la mafia : autrefois, elle paraissait abstraite, lointaine. Elle était mise en cause dans des affaires de piratage de marché public. Désormais, elle touche de plus en plus le citoyen moyen. Le détournement de carte bancaire, spécialité de la mafia roumaine, nous concerne dans notre quotidien. Le cambriolage d’un pavillon du fin fond de l’Ariège peut être organisé depuis Tbilissi ou Moscou. Qui aurait pu voir dans un tel fait divers, il y a encore quelques années, la responsabilité de la mafia russophone ?

French connections : au cœur des nouvelles mafias, diffusé lundi 7 janvier à 20h55 sur Canal+

Voir encore:

La lutte antimafia, l’autre guerre d’Israël
Cyrille Louis
Le Figaro

05/11/2013

À dix jours d’intervalle, deux attentats à la voiture piégée ont été perpétrés à Ashkelon. Un dispositif exceptionnel a été déployé pour endiguer ces violences, plus meurtrières que le terrorisme palestinien.
Plusieurs centaines de policiers ont été déployés ces derniers jours pour tenter de ramener le calme dans les rues d’Ashkelon. Les habitants de cette ville balnéaire située au nord de la bande de Gaza, habitués à vivre sous la menace intermittente des roquettes du Hamas, viennent de découvrir un autre genre de terreur.

À dix jours d’intervalle, deux attentats à la voiture piégée y ont été perpétrés dans le cadre de rivalités entre bandes mafieuses. Un épisode révélateur des méthodes ultraviolentes employées par la quinzaine de familles qui dominent le crime organisé en Israël.

«On oublie souvent que la guerre des mafias cause, depuis la fin de la deu­xième intifada, plus de victimes que le terrorisme palestinien», fait remarquer le journaliste belge Serge Dumont. Auteur d’une enquête* sur le crime organisé, il rappelle que ces gangs, apparus dès la naissance de l’État hébreu, se sont progressivement militarisés grâce à l’expérience acquise lors des conflits de 1967 et 1973.

«Très déterminés lorsqu’il s’agit de défendre leur territoire, ils se sont dotés de redou­tables arsenaux en commanditant des vols dans les entrepôts militaires ainsi qu’en débauchant des artificiers désireux d’arrondir leurs fins de mois, explique-t-il encore, si bien que les règlements de compte se pratiquent désormais à coups de roquettes ou de missiles antichars.»

Des trafics de sable dérobé
Jeudi 24 octobre, cette guerre des mafias s’est brusquement invitée à ­Ashkelon, où l’explosion d’un véhicule piégé a fait un mort et un blessé grave dans les rangs du clan Domrani. ­Furieuse, cette puissante famille a aussitôt organisé le vol d’un dispositif de vidéosurveillance installé à proximité de la scène de crime, sans doute dans l’espoir d’en châtier les auteurs. Mais la manœuvre, audacieuse, n’a pas suffi à les intimider: samedi dernier, toujours à Ashkelon, un attentat similaire a blessé un autre membre du même clan. «Face à ce pic de violence, il a été décidé de déployer un dispositif exceptionnel pour rassurer la population», indique Micky Rosenfeld. À entendre ce porte-parole de la police israélienne, la lutte contre le crime organisé est devenue la priorité des services répressifs, après avoir été longtemps négligée au profit des opérations antiterroristes.

Selon les statistiques officielles, plus de 300 mafieux présumés auraient ainsi été arrêtés cette année, principalement pour des faits de violence et de blanchiment. «Nous avons décidé de mettre le paquet sur le renseignement afin que ces familles ne puissent plus passer entre les mailles du filet», ajoute le policier.

Le clan Domrani, spécialisé dans le commerce de stupéfiants, le prêt d’argent à des taux usuraires mais aussi le trafic de sable dérobé dans les car­rières ou sur les plages d’Israël, est ainsi bien connu des services spécialisés. Parti du bas de l’échelle, il a profité des déboires judiciaires de certains concurrents pour développer ses activités, jusqu’à susciter l’aigreur du milieu.

L’an dernier, un projet d’attaque au missile antichar a ainsi visé la villa édifiée, à l’abri d’une paisible communauté agricole, par le «parrain» présumé, Shalom Domrani. Il se serait alors mis au vert quelques semaines avant de regagner Israël, où il a été brièvement interpellé début avril pour… une infraction routière.

«L’anecdote illustre les limites du travail policier, observe Serge Dumont. Malgré l’aide de leurs indics, ils ont beaucoup de mal à réunir des preuves et sont souvent contraints de remettre les “parrains” en liberté après deux ou trois jours d’interrogatoire.» Depuis que la dépression consécutive à la guerre d’octobre 1973 a poussé nombre d’entre elles à émigrer vers l’Amérique ou l’Europe, les grandes familles ont appris à brouiller les pistes en développant leurs activités internatio­nales.

Le parrain présumé Zeev Rosenstein, originaire de Tel-Aviv, a longtemps défié la police israélienne avant de «tomber» pour trafic de drogue aux États-Unis, en novembre 2004. ­Itzakh Abergil, chef d’une famille qui a développé ses activités en Europe et au Japon, a pour sa part été condamné aux États-Unis pour extorsion de fonds. Libérable en 2016, il serait sur le point d’être autorisé à purger la fin de sa peine au pays. Un retour qui, selon les spécialistes, contribue à expliquer le récent accès de fièvre du milieu israélien.

(*) L’Histoire vraie de la mafia israélienne, La Manufacture de livres, à paraître le 8 novembre

Voir par ailleurs:

Quelques jours avant la venue de François Hollande, perquisitions chez les « escrocs français du CO2″ en Israël
Jeremyah Albert

JSSNews

4 novembre 2013

Les policiers israéliens de l’Unité 433 (Lahav), une unité spéciale en charge de la lutte contre les mafias et la corruption, ont lancç ce lundi une opération de grande envergure à Herzliya (10km de Tel-Aviv) contre ‘des escrocs au CO2. »

Plusieurs habitations ont été perquisitionnées et plusieurs franco-israéliens sont soupçonnés de fraudes et d’évasion fiscale.

L’escroquerie a reçu le label de «nouveau casse du siècle» : 5 milliards d’euros en Europe, dont 1,5 en France. Grâce à une combinaison vieille comme le monde : une arnaque à la TVA appliquée, touche de modernité, au marché des droits à polluer. Quelques clics sur Internet auront suffi pour empocher le pactole, un jeu d’enfants parfois très méchants. Car le butin a fait des envieux et causé quelques dégâts entre bandes rivales : assassinats, saucissonnages et autres recouvrements de créances musclés. Un premier volet de cette affaire vient d’être jugé à Paris, à la mi-janvier, les principaux organisateurs écopant de peines allant jusqu’à cinq ans de prison ferme.

Avant que le grand banditisme n’entre dans la danse, les pionniers de cette vaste embrouille étaient des petits malins du Sentier. Ils se sont vite passé le mot sur le potentiel mirobolant des transactions sur la Bourse au CO2. «Je disais à tout le monde : le carbone, c’est l’avenir, il faut y aller à fond, témoigne un courtier. Je me suis retiré quand j’ai vu que c’était devenu une pure escroquerie.» Un mis en examen dit s’y être engouffré sans chercher à comprendre : «Je n’ai pas imaginé ou conçu le système, je ne sais même pas comment fonctionne le marché du CO2.»

Lundi, plusieurs familles marseillaises, des frères et des sœurs aujourd’hui installés en Israël, sont menacées par une possible « extradition », ce que ne fait d’habitude pas Israël… Sauf pour garder de bonnes relations diplomatiques. Et à quelques jours de la visite de François Hollande en Israël, avec une France en crise économique majeure, tout porte à croire qu’Israël est prêt à coopérer: surtout pour ne pas voir apparaître d’articles comme « Israël, le paradis des escrocs » dans la presse française…

Le « marinopenisme » est un marxisme péroniste
L’économiste Christian Saint Etienne a étudié le programme économique du Front National. Il le décrypte pour Le Figaro.
Christian Saint Etienne
Le Figaro
13/11/2014

Christian Saint-Etienne est professeur titulaire de la Chaire d’économie industrielle au Conservatoire National des Arts et Métiers. Auteur de «L’iconomie pour sortir de la crise» aux Éditions Odile Jacob.
Pour analyser le programme économique du Front national, j’ai choisi deux documents: le «Programme politique du Front national» disponible sur son site, lourd de 106 pages, et l’interview donnée par Marine Le Pen au JDD le 2 novembre 2014.

Le second document donne la substance du premier. Mme Le Pen déclare: «Il faut radicalement changer de modèle, de logiciel. Il faut rompre avec l’extrémisme ultralibéral, qui est un choix idéologique au même titre que l’était le communisme. Cela veut dire retrouver notre monnaie, l’adapter à notre économie, ce qui nous permettra de retrouver la compétitivité. Il faut ensuite retrouver la maîtrise de notre économie, faire le choix du patriotisme économique, mettre en place des mesures aujourd’hui interdites par Bruxelles avec l’avantage donné aux entreprises françaises dans l’accès aux marchés publics. Et maîtriser nos frontières économiques en mettant en place des droits de douane modulés contre la concurrence internationale déloyale.» Plus loin, elle note: «La priorité nationale est une priorité du FN. (…) C’est aussi l’immigration qui aggrave considérablement les déficits sociaux.»

Le « marinopénisme », doctrine de Marine Le Pen, est donc un marxisme péroniste revendiqué qui se double d’une coupure franche de l’Union européenne.
Elle ajoute, à propos des mêmes orientations qu’elles partageraient avec l’extrême gauche: «Elle fait souvent le bon constat, mais elle ne va pas au bout de la logique. Ils sont soi-disant contre l’Europe, mais ils refusent de remettre en place des frontières économiques nationales. Ils sont soi-disant contre l’ultralibéralisme, mais ils refusent toute idée de maîtrise de l’immigration. Or l’immigration est un des leviers de l’ultralibéralisme.»

Le premier document donne des compléments à ces propos. Il est indiqué qu’il est nécessaire que la Banque de France puisse acheter des titres de dette publique tandis que «l’État doit inciter fortement les institutions financières à allouer en priorité l’épargne à long terme des Français à la dette publique». Par ailleurs: «La refondation de notre croissance, condition indispensable à un désendettement dans la durée, reposera sur la politique volontariste de souveraineté monétaire retrouvée, de réindustrialisation et de protection aux frontières qui sera mise en œuvre.»

Les options du FN sont donc explicites:

● 1. Sortie de la zone euro pour monétiser la dette publique ;

● 2. Sortie du marché unique et mise en place de barrières douanières («droits de douane et quotas d’importation») ;

● 3. Dévaluation de la monnaie redevenue nationale afin de développer les exportations ;

● 4. Planification de la  réindustrialisation par des «représentants de l’État», comprendre des «représentants du FN» ;

● 5. Diriger les investissements des entreprises vers le territoire national par une modification appropriée de l’impôt sur les sociétés ;

● 6. L’impôt sur le revenu sera rendu encore plus progressif par la «création de nouvelles tranches intermédiaires» ;

● 7. La taxe d’habitation sera rendue «aussi progressive que l’impôt sur le revenu» ;

● 8. L’ISF est renforcé par sa fusion avec  la taxe foncière et une progressivité maintenue ;

● 9. La TVA est rendue encore plus progressive par un taux surmajoré ;

● 10. Le pouvoir d’achat des salaires est augmenté tandis qu’est mise en place une «contribution sociale aux importations (CSI)», égale à 3 % du montant des biens importés.

Ces options sont cohérentes avec la vision péroniste mise en place en Argentine dans les années 1950: priorité nationale, reprise en main des entreprises par l’État à l’abri de droits de douane et de quotas, monétisation de la dette. Elles sont également compatibles avec la vision marxiste, d’où le satisfecit de Mme Le Pen à l’extrême gauche, avec la planification de l’industrie nationale et le contrôle des investissements des entreprises, le très net alourdissement du progressisme fiscal qui est déjà en France un des plus élevés au monde, si ce n’est le plus élevé au monde.

Le «marinopénisme», doctrine de Marine Le Pen, est donc un marxisme péroniste revendiqué qui se double d’une coupure franche de l’Union européenne, à la fois marché unique et monnaie unique.

Le marinopénisme est en contradiction avec les faits, ce qui ne gênera pas les leaders du FN, mais aussi avec le «jeanpénisme», doctrine de Jean-Marie Le Pen.

Le jeanpénisme était une combinaison de provocations et d’ultralibéralisme. Mme Le Pen s’en est démarquée pour devenir « éligible », ce qui n’intéressait pas son père, tout occupé à ses agressifs jeux de mots. Elle voue aux gémonies l’ultralibéralisme, l’internationalisme, l’européisme, mais aussi l’Union européenne elle-même.
Le marinopénisme vise en effet à donner la priorité aux Français «de souche» sur les immigrés et aux entreprises françaises sur les importations liées à l’ultralibéralisme. Que l’on veuille rétablir une concurrence équilibrée entre producteurs nationaux et étrangers en imposant un cadre social, fiscal et environnemental mondial par une intégration de la trace carbone des produits importés par des droits compensatoires ou en faisant payer la protection sociale par les importations comme par la production nationale grâce à un mécanisme de «TVA sociale» est souhaitable et justifié. Mais fermer les frontières de factopar des droits de douane et des quotas ignore que la moitié de notre production industrielle est exportée, que nos secteurs économiques les plus dynamiques sont les plus internationalisés et que la production nationale est absente de nombreux secteurs, comme les produits numériques fortement demandés par les Français. Le marinopénisme conduirait à une combinaison d’effondrement des industries exportatrices et de pénuries correspondant aux produits importés pour lesquels il n’existe pas d’offre nationale. La reflation salariale combinée à la monétisation de la dette entraînerait une forte inflation couplée à la chute du taux de change de la nouvelle monnaie, le «marinofranc».

Le marinopénisme conduirait à une paupérisation violente du pays et à une explosion du chômage et de la pauvreté de celles que l’on prétend protéger, les classes populaires. La même analyse s’applique aux propositions de l’extrême gauche tant admirée par Mme Le Pen. Par ailleurs, Mme Le Pen note que l’ultralibéralismeet le communisme sont des idéologies, notion qui s’applique parfaitement au marinopénisme compte tenu de sa structuration intellectuelle.

Surtout, le marinopénisme est l’inverse du jeanpénisme, qui prônait il y a exactement vingt ans la suppression non seulement de l’impôt sur la fortune, mais aussi de l’impôt sur le revenu! Le jeanpénisme était une combinaison de provocations et d’ultralibéralisme. Mme Le Pen s’en est démarquée pour devenir «éligible», ce qui n’intéressait pas son père, tout occupé à ses agressifs jeux de mots. Elle voue aux gémonies l’ultralibéralisme, l’internationalisme, l’européisme, mais aussi l’Union européenne elle-même. Même si l’Europe est critiquable de s’offrir au monde sans réciprocité, il vaudrait mieux la consolider que de vouloir l’«exploser». Le marinopénisme ne reste fidèle au jeanpénisme que sur l’exécration des immigrés.

Il faut donc cesser de dire que le marinopénisme est «fumeux». Il est au contraire explicite et enraciné dans des doctrines aux fortes colorations historiques.


Mont du Temple: Le seul endroit au monde où un juif ne peut prier (An house of prayer for all people: How Palestine went from dirty Zionist word to Arab rallying cry)

15 novembre, 2014
http://img2.timg.co.il/forums/7/1280_0_6986843d-63a4-48d0-8191-843d8a56ac2c.jpeg
Flag "of Palestine" in Nouveau Petite Larousse Illustré (1924)
http://www.alternativenews.org/english/images/news/2014/November_2014/sign.jpg
http://jcdurbant.files.wordpress.com/2006/06/7a2ad-muslems-praying2.jpg?w=449&h=305
http://jcdurbant.files.wordpress.com/2014/11/9c9a6-ali-18_2013_9_13_koo_123456.jpg?w=451&h=342Ma maison sera appelée une maison de prière pour tous les peuples. Esaïe 56: 7
Imaginons deux enfants dans une pièce pleine de jouets identiques. Le premier prend un jouet, mais il ne semble pas fort intéressé par l’objet. Le second l’observe et essaie d’arracher le jouet à son petit camarade. Celui-là n’était pas fort captivé par la babiole, mais – soudain – parce que l’autre est intéressé cela change et il ne veut plus le lâcher. Des larmes, des frustrations et de la violence s’ensuivent. Dans un laps de temps très court un objet pour lequel aucun des deux n’avait un intérêt particulier est devenu l’enjeu d’une rivalité obstinée. René Girard
C’était une cité fortement convoitée par les ennemis de la foi et c’est pourquoi, par une sorte de syndrome mimétique, elle devint chère également au cœur des Musulmans. Emmanuel Sivan
When the Muslims in Jerusalem pray in their mosques, even in the « Al Aktza » mosque built on the edge of Temple Mount, they actually stand with their back turned to Temple Mount. And, when they bow down in their prayers they show their behind to the site of the Holy Temple. How consistent is that with considering it a Muslim holy site? Holyland
Si Israël est un occupant dans son pays, le christianisme, qui tire sa légitimité de l’histoire d’Israël, l’est aussi comme le serait tout autre État infidèle. Bat Ye’or
A document found in the Cairo Geniza describes the way in which Umar I brought a group of Jews to the site of the Temple in order to clean it. The Jewish elders were asked to identify the stone known as the Foundation Stone. When it was found and identified, Umar ordered « a sanctuary to be built and a dome to be erected over the stone and overlaid with gold. » As a reward, Umar permitted the Jews to return to Jerusalem and establish the Jewish Quarter. Reuven Hammer
Le choix du lieu lui-même est extrêmement symbolique : lieu sacré juif, où restent encore des ruines des temples hérodiens, laissé à l’abandon par les chrétiens pour marquer leur triomphe sur cette religion, il est à nouveau utilisé sous l’Islam, marquant alors la victoire sur les Chrétiens et, éventuellement, une continuité avec le judaïsme. (…) Enfin, l’historien Al-Maqdisi, au Xe siècle, écrit que le dôme a été réalisé dans la but de dépasser le Saint-Sépulcre, d’où un plan similaire, mais magnifié. De cette analyse on a pu conclure que le dôme du Rocher peut être considéré comme un message de l’Islam et des Umayyades en direction des chrétiens, des Juifs, mais également des musulmans récemment convertis (attirés par les déploiements de luxe des églises chrétiennes) pour marquer le triomphe de l’Islam. Wikipedia 
Il n’y a pas de pays tel que la Palestine, notre pays a fait partie de la Syrie pendant des siècles ! Awni Bey Abdul Haadi (dirigeant arabe, 1937)
Nous ne sommes pas venus pour conquérir les lieux saints des autres ou restreindre leurs droits religieux, mais pour assurer l’intégrité de la ville et y vivre avec d’autres dans la fraternité. Moshe Dayan
C’est une mosquée depuis mille trois cents ans, les Juifs doivent se contenter de la visiter et de prier devant les tombes. Moshe Dayan
Pourquoi le soir du 4 juin 1967 j’étais Jordanien et le lendemain matin j’étais Palestinien ? (…) Nous n’étions pas trop gênés par le royaume jordanien. L’enseignement de la destruction de l’Israël était une partie intégrale du programme d’études. Nous nous sommes considérés « Jordaniens » jusqu’à ce que les Juifs soient revenus à Jérusalem. Alors soudainement nous étions des « Palestiniens »… ils ont enlevé l’étoile du drapeau jordanien et d’un coup nous avons eu un « drapeau palestinien ». (…) Le fait est que les « Palestiniens » sont des immigrés des nations environnantes ! Mon grand-père avait l’habitude de nous dire que son village était vide avant que son père ne s’y installe. Walid Shoebat (ancien terroriste islamiste de l’OLP, repenti et devenu sioniste chrétien)
Il n’y a aucune différence entre les Jordaniens, les “Palestiniens”, les Syriens et les Libanais. Nous faisons tous partie de la même nation. C’est seulement pour des raisons politiques que nous soulignons soigneusement notre identité “palestinienne”. L’existence d’une identité “palestinienne” distincte sert seulement un objectif tactique. La création d’un état “palestinien” est un nouvel outil dans la bataille continue contre Israël et pour l’unité arabe. Zuheir Muhsin (interview au Pakistan, 2006?)
Le peuple palestinien n’existe pas. La création d’un État palestinien n’est qu’un moyen pour continuer la lutte contre l’Etat d’Israël afin de créer l’unité arabe. En réalité, aujourd’hui, il n’y a aucune différence entre les Jordaniens, les Palestiniens, les Syriens et les Libanais. C’est uniquement pour des raisons politiques et tactiques, que nous parlons aujourd’hui de l’existence d’un peuple palestinien, étant donné que les intérêts arabes demandent que nous établissions l’existence d’un peuple palestinien distinct, afin d’opposer le sionisme. Pour des raisons tactiques, la Jordanie qui est un Etat souverain avec des frontières bien définies, ne peut pas présenter de demande sur Haifa et Jaffa, tandis qu’en tant que palestinien, je peux sans aucun doute réclamer Haifa, Jaffa, Beersheba et Jérusalem. Toutefois, le moment où nous réclamerons notre droit sur l’ensemble de la Palestine, nous n’attendrons pas même une minute pour unir la Palestine à la Jordanie.  Zahir Muhsein (membre du comité exécutif de l’OLP, proche de la Syrie, « Trouw », 31.03. 77)
Il n’est pas suffisant de dire que des colons sont venus, ils doivent être empêchés d’entrer sur le site par tous les moyens (…) C’est notre Al-Aqsa et notre lieu saint, ils n’ont pas le droit d’entrer et de le désacraliser. (…)  Jérusalem est le bijou de la couronne et la capitale éternelle de l’Etat de Palestine. Sans elle, il n’y aura pas d’Etat. (…) Il est important que les Palestiniens soient unis afin de protéger Jérusalem. Mahmoud Abbas
 Je soutiendrai la reconnaissance internationale de l’État palestinien. François Hollande
Si nous voulons une paix durable, il faudra bien, à un moment, reconnaitre l’Etat palestinien. Laurent Fabius
The myth of the 1966 Palestinian Convent that the « Palestinian people » was unjustly displaced by the Jewish invasion of Palestine in 1917 is widely disseminated and unquestioningly and dogmatically espoused in « studies » from the United Nations Secretariat. However, it is necessary to recall, not only the Kingdom of David and the succession of Jewish polities in Palestine down to Roman conquest and dispersion at the turn of the present era, but also that the Jews continued to live in Palestine even after that conquest, and were in 1914 a well-knit population there. Hundreds of thousands of other Jews, driven from the Palestine homeland by successive waves of Roman, Arab, and other conquerors, continued to live on for centuries throughout the Middle East, often under great hardship and oppression. And, of course, millions of others were compelled to move to other parts of the world where too often, as in pogrom-ridden Russia and Poland, they live in conditions of tyrannous and humiliating subjection and under daily threat to their lives… That the provision for a Jewish national home in Palestine was an application of the principle of self determination is manifest from the earliest seminal beginning of the principle. The Enquiry Commission, established by President Wilson in order to draft a map of the world based on the Fourteen Points, affirmed the right of the Jewish people that “Palestine should become a Jewish State” clearly on this ground. Palestine, the Commission said, was “the cradle and home of their vital race”, the basis of the Jewish spiritual contribution, and the Jews were the only people whose only home was in Palestine. It would be difficult to provide a more succinct statement of the essence of the self determination principle. (…) In fact the name Palestine had not for centuries (perhaps millennia) before 1917 referred to a defined political, demographic, cultural, or territorial entity. In the immediately preceding centuries it was a part of the Ottoman Empire designated as Southern Syria and governed from Damascus. In 1917, its northern part, from Safed almost to Jerusalem, was part of the Vilayet of Beirut and the whole of it was claimed to be part of Syria. The Arabs living there were not regarded by themselves or others as “Palestinians” or in any major respect as different from their brethren in Syria and Lebanon. This “Syrian” rather than “Palestinian” identification of Arabs living in Palestine underlay the request of the General Syrian Congress on July 2, 1919, that there should be no separation of the southern part of Lebanon, from Syrian country. A main argument thus made by Arabs in post-World War I negotiations was not that “Palestinians” would resent the loss of Palestinian identity by the establishment of the Jewish national home in Palestine, but rather that they would resent severance of their connection with their fellow Syrians… In the light of these facts, the notion that the Arabs living in Palestine regarded themselves in 1917, at the time when Woodrow Wilson’s seminal self-determination principle emerged, as a Palestinian Arab people in the sense required by the self-determination principle (or, as I may sometimes here call it, “the liberation of peoples principle” or “liberation principle”) is thus a figment of unhistorical imagination. To respect the historical facts is, therefore, not to impugn the liberation principle; it merely points out that the principle must be applied at the appropriate time to the facts of group life as they truly exist. These historical facts continue to reverberate today in Arab state circles. President Assad of Syria in 1974 stated that Palestine is a basic part of Southern Syria (New York Times, March 9 1974). On this on November 17, 1978, Yasser Arafat commented that Palestine is southern Syria and Syria is northern Palestine (Voice of Palestine, November 18, 1978 … (…) The distribution between Arabs and Jews after World War I was certainly implemented in succeeding decades as far as Arab entitlements were concerned. Arabs claims to sovereignty received extensive fulfillment in the creation of more than twenty sovereign states following World War I, not only in the Middle East but in Africa as well. Altogether this historical process included the following features: First, despite all the extraneous Great Power maneuverings, Jewish and Arab claims in the vast area of the former Ottoman Empire came to the forum of liberation together, and not (as is usually implied) by way of Jewish encroachment on an already vested and exclusive Arab domain. Second, the territorial allocation made to the Arabs, as now seen in about a dozen sovereignties in the Middle East (not to speak of many Arab sovereignties elsewhere) was more than a hundred times greater in area, and hundreds of times richer in resources than the Palestine designated in 1917 for the Jewish national home. Third, by successive steps thereafter, this already tiny allocation to Jewish claims was further encroached upon. Thus, already in 1922, a major part of it (namely 35,468 out of 46,339 square miles, including the more sparsely populated regions) was cut away to establish the kingdom of Transjordan (now known as the Hashemite Kingdom of Jordan). With so preponderant an Arab allocation capable, as events since 1973 now show, of threatening the economic existence of most of the rest of the world, it seemed reasonable to expect Arab acquiescence in the minute allotment to the Jews of Israel as their only national home. The extraordinary campaign against the State Of Israel in the General Assembly since the oil weapon was drawn from its scabbard in 1973 involves subversion both of basic international law principles, and of rights and obligations vested in states under them. It has also entailed rather grotesque reversals of the United Nations own position of the preceding quarter-century, as part of a wide and illicit rewriting of history. Considered in the context above sketched, this campaign is a kind of pilot operation in a remarkable venture in the detournement de pouvoir an assault with covert as well as overt elements, on the international legal order. It would follow that what is at stake are not only the range of state interests that lie within the lawful concern of the organs of the United Nations, but all interests of states that the General Assembly can by the ipse dixit of automatic majorities reach out to control, truncate or destroy. Julius Stone
[Muslims] can play soccer over there, … they can have picnics, they can urinate on the [ground], but I can’t say a word of prayer? Does that sound reasonable? The only place in the world where a Jew cannot pray is over there. (…) . My dream is to be able to hug a person from Saudi Arabia and a person from Spain, and together all pray together to God. Yehuda Glick
Pour les juifs, c’est le lieu saint le plus important, puisque c’est l’endroit où se trouvait le Temple. Il représente pour eux le centre de la vie religieuse, et la prière juive est toujours effectuée en direction du mont du Temple. Certains évitent de s’y rendre, ou de franchir une certaine zone sur l’esplanade du mont, de peur de fouler la terre du « Saint des Saints », le Rocher de la Fondation du mont Moriah, emplacement de la Ligature d’Isaac par Abraham. L’emplacement exact du Temple n’est plus connu avec certitude. (…) Pour les chrétiens, c’est aussi un endroit très important puisque plusieurs événements majeurs de la vie de Jésus se déroulent à cet endroit. Pour les musulmans, le rocher de la Fondation (abrité aujourd’hui par le dôme du Rocher) est aussi l’endroit d’où Mahomet serait monté au paradis lors de Isra et Miraj, le voyage nocturne que Mahomet a fait de La Mecque à Jérusalem, emporté par son cheval Bouraq. C’est le troisième lieu saint musulman après La Mecque et Médine. Wikipedia
L’Esplanade des Mosquées ou Mont du Temple ou encore Esplanade du Temple1 est le premier lieu saint du judaïsme, et le troisième de l’islam sunnite (après La Mecque et Médine). Située dans la vieille ville de Jérusalem sur le mont du Temple, elle est aussi appelée « mont de la Maison [de Dieu] » par les juifs (en hébreu : הר הבית, har ha bayit), « mont du Temple » par les chrétiens, en référence au Temple de Jérusalem, et « Noble Sanctuaire » (en arabe : الحرم الشريف al-Ḥaram aš-Šarīf) par les musulmans. Elle constitue, depuis le VIIe siècle un haut lieu de l’islam réunissant la mosquée Al-Aqsa et le dôme du Rocher (ainsi que la petite mosquée du Bouraq). En contre- bas se trouve le mur des Lamentations vestige du mur occidental du Second Temple. (…) Selon Jérôme Bourdon, l’expression « Esplanade des Mosquées » est une ancienne appellation utilisée par la presse française qui n’a pas d’équivalent dans d’autres langues. Pour les juifs, c’est le mont du Temple, pour les musulmans le Haram al Sharif, c’est-à-dire le Noble Sanctuaire4. La presse anglophone utilise plutôt « Mont du temple » (Temple Mount) ou plus récemment « Haram al-Sharif ». Un exemple de cette différence d’appellation entre anglophones et francophones est donné par l’ouvrage de Bill Clinton My life qui évoque page 923 le Mont du Temple (Temple Mount) quand la traduction française « Ma vie » parle, page 965, de « l’esplanade des Mosquées » Le mont a une signification très importante dans le judaïsme (le lieu le plus sacré) et le christianisme. Selon le Talmud, c’est du sol de ce lieu que Dieu rassemble l’argile qui forme Adam. C’est là qu’Adam puis, selon son exemple, Caïn, Abel et Noé font leur holocauste. La tradition juive place aussi à cet endroit, le dôme du Rocher actuel et le mont Moriah de la Bible, le geste sacrificiel d’Abraham (…) Le roi David achète cette terre pour y construire un autel permanent (II Samuel 24:24). Le roi Salomon réalise ce vœu en construisant à cet endroit le premier Temple en -950, détruit par Nabuchodonosor II en -586, date qui marque l’exil des Juifs à Babylone. Le second Temple y est établi à partir de -516, après le retour d’exil. Il est détruit par Titus Flavius Vespasianus en 70, à l’exception du mur ouest, aujourd’hui connu comme le mur des Lamentations, lieu de prière le plus important des juifs contemporains. C’est aussi le site du troisième Temple de Jérusalem lors du retour du Messie selon la tradition juive. Wikipedia
It was a sensitive time during the High Holy Days and at the end of Ramadan. I told him the situation was tense in the West Bank and that [Palestinian general Tawfik] Tirawi’s people were planning to do something on the Temple Mount, whether the trigger would be Sharon or something else. Sharon knew he was playing into their hands, but he went in a clear-headed manner to prove that he wouldn’t compromise on Jerusalem and that Israel would stand up for its rights. (…) It was the definitive move to capture the premiership. It emphasized his attachment to Jerusalem and helped him position himself as the leading candidate for prime minister. He also wanted to show that we have a right to be there, because Jews were afraid to go up there and police were saying that it wasn’t safe. (…) he said it was the right time to tell the Palestinians that Jerusalem was not for sale. Raanan Gissin
To be sure, the Chief Rabbinate of Israel still has a sign posted at the entrance of the Temple Mount forbidding Jews to visit the area. Since no one knows the exact location of the Temple or the inner sanctuary that was off-limits for all but a priestly elite, and Jewish law requires a level of ritual purity to enter the area that some say is unattainable at present, many Jews have long steered clear of the Temple Mount so as not to inadvertently commit an infraction of such religious precepts. But that is changing. “Today as archaeological findings become firmer, and there’s more awareness of realities on ground, the number of rabbis who are taking that stand that there’s no reason Jews should not be allowed to pray in the holiest place in the world is growing,” says Jeffrey Woolf, a rabbi and senior lecturer in the Talmud department of Bar Ilan University, who also credits growing spirituality in Jewish society for the surge in interest. “It’s true that God is everywhere, but His presence is experienced more intensely, tangibly, and experientially on the Temple Mount.”  (…) Glick would like to see more and more of those Jews visiting the Temple Mount and praying side by side with Muslims and Christians. (…) But some worry that could spark a third intifada; the Second Intifada broke out in 2000 after a controversial visit by Israeli leader Ariel Sharon, with more than 1,000 Israeli police and several Israeli lawmakers in tow, in what his spokesman later described as a bid to show Palestinians that « Jerusalem was not for sale. »  Christian Science Monitor
If you can’t share a holy place, there will never be peace. Mark Shayne (financial consultant from New York)
Le décret permanent instauré après 1967 par le ministre de la Défense Moshe Dayan prévoyait que les Juifs prieraient au Mur Occidental, et les Musulmans à Al-Aqsa. Ce décret était confirmé par l’interdiction sous la Loi juive (Halakha), vieille de plusieurs centaines d’années selon laquelle les Juifs ne sont pas autorisés à visiter l’Esplanade des Mosquées de peur d’entrer dans un lieu sacré totalement impur. J’ai aperçu une fois des étudiants de Yechivah (centre d’étude de la Torah et du Talmud, ndlr) ultra-orthodoxes se promener au milieu d’archéologues qui creusaient au pied des murs du Mont du Temple et leur demander s’ils n’auraient pas trouvé une lampe avec l’inscription : « cendre de vache rouge » qui permet de se purifier avant l’entrée sur le Mont. Le Grand Rabbinat a décidé immédiatement après la guerre de 1967 d’inscrire sur une pancarte à l’entrée du Mont l’interdiction des Juifs de se rendre sur l’Esplanade des Mosquées. Sauf que depuis, les rabbins, pour la plupart faisant parti du sionisme religieux, ont décidé que les Juifs avaient le droit d’entrer dans une grande partie de l’Esplanade des Mosquées, éloignée du saint des saints. Ces dernières années, de plus en plus de Juifs ont visité le Mont, même s’il leur est interdit d’y prier. Il y a environ un an, j’ai accompagné un groupe de Juifs qui sont montés sur l’Esplanade des Mosquées. Derrière nous se tenaient des agents du Waqf musulman ainsi que quelques policiers. Soudainement, l’un des agents du Waqf a poussé un cri en faisant appel à la police. Apparemment, il a remarqué qu’un Juif se tenait à sa place, tourné vers le Dôme du Rocher (le lieu approximatif du saint des saints), murmurant une prière. « Il est interdit de prier » lui ont ordonné les policiers en le poussant pour qu’il poursuive son chemin. La scène était ridicule. Il est interdit de murmurer quelques psaumes ? Le problème n’est pas la prière, mais bien plus que cela. L’appel au changement du statu-quo décrété par Moshe Dayan et autoriser les Juifs à prier sur l’Esplanade des Mosquées est un élément de revendication de la droite nationaliste et religieuse en Israël afin de marquer la souveraineté israélienne sur l’Esplanade des Mosquées. Ceci est une exigence dans le processus de “Hébronisation” des mosquées, à savoir l’introduction d’horaires de prières, comme au Tombeau des Patriarches à Hébron, sous le contrôle de l’armée et des habitants des implantations. Toutefois il y a un autre facteur au Mont du Temple – qui n’existe pas à Hébron – c’est l’ambition d’établir le troisième Temple. La politique et l’administration israéliennes semblent prises aux les hallucinations du Temple dont la réalisation pourrait mettre en danger l’existence même d’Israël, sans exagérer. Danny Rubinstein
The success of right-wing activist Yehuda Glick and the Temple Mount movement in recent years stems in part from the change Glick led in the discourse about the Mount. Instead of fiery threats to blow up the mosques and build the Temple, Glick argued the right to worship as a human right. His main point: It is inconceivable for a Jew not to be able to pray at the site most sacred of all to Jews, and that Jews who visit the Temple Mount are considered unwanted guests and are closely scrutinized, prohibited from conduct considered provocative, and first and foremost prohibited from praying. Glick was wise enough to uncover the absurdity created at the Temple Mount, where people are arrested because they mumbled a prayer, moved to the rhythm of prayer or, perish the thought, knelt at the holy place. Raised awareness of the status quo and Glick’s argument placed no small challenge on the doorstep of spokespeople of the left, who were forced to defend a policy on the Mount that discriminates against people because of their religion – in this case, Jews. (…) But a number of counter-arguments can be made. The first and most common is the danger of changing the status quo. History has repeatedly shown, from 1929 through 1996 and 2000, that the Temple Mount is an incendiary focal point and that the Al-Aqsa Mosque is a unifier of the secular and the religious, the right and the left, in Palestinian, Arab and Muslim politics. While there is demagoguery and incitement in some Palestinian discourse surrounding the Mount, which Muslims worship as the Noble Sanctuary, it does not change the fact that any attempt to alter the status quo will almost certainly lead to bloodshed and a diplomatic debacle with the Muslim countries and the rest of the world. (…) One can claim that framing the Temple Mount as the object of Zionism’s desire is a distortion of Zionism’s values. From Herzl, who preferred Haifa over Jerusalem, to Moshe Dayan, who gave the keys to the Temple Mount to the Waqf, the leaders of Zionism preferred to keep the Temple Mount outside national aspirations. (…) The third argument involves Judaism. Contemporary Judaism is a religion that developed over the past 2,000 years, and is based on the absence of a Temple. This is not an edict of fate that Judaism learned to live with; the absence of a Temple is in many ways the backbone of rabbinic Judaism, which is an entirely different religion than priestly Judaism, from Second Temple times. In his book “The End of Sacrifice,” Guy G. Stroumsa shows how around the first century C.E., the custom of offering animal sacrifices at the altar ended, not only among the Jews but also in the Roman creed and in the new religion, Christianity. A return to this custom would be a cultural and religious step backward 2,000 years – before halakha (Jewish religious law), the rabbis, the Mishna and the Talmud. The fourth argument, and in my opinion the strongest, is that the Temple Mount must once again be connected to its surroundings. To hear the Israeli debate, one might think the Temple Mount is located in outer space, or at the very least in West Jerusalem, over which no one challenges Israel’s sovereignty. But the Temple Mount is a real place, located between the village of Silwan and the Old City’s Muslim and Jewish quarters. Annexing the Temple Mount and East Jerusalem to the State of Israel is not a fait accompli, as one might suppose listening to the Israeli media. And although there are many who recognize the Jewish relationship to the Temple Mount, there is not one country that recognizes Israel’s right to sovereignty over it. That is also the case with regard to the vast majority of those who go to visit the Mount and those who live in the neighborhoods nearby. Thus any step to change the status quo on the Temple Mount must, in terms of international law and morality, be part of a dialogue with the Palestinians, that very dialogue that the prime minister has been avoiding for many years. Nir Hasson (Haaretz)
Depuis la semaine dernière, des heurts violents ont éclaté notamment à l’occasion de la venue de dizaines d’extrémistes juifs qui militent pour un bouleversement du statu quo entériné en 1967. Selon cet accord tacite, les juifs peuvent visiter l’esplanade sans toutefois y prier. Palestiniens et Jordaniens dénoncent ces visites de plus en plus fréquentes comme des provocations. Les tensions ont été aggravées par la fermeture, fait rarissime, durant une journée de l’esplanade aux musulmans et l’entrée des forces de l’ordre israéliennes à l’intérieur même de la mosquée Al-Aqsa, où leurs grenades ont causé des dégâts matériels jusqu’au pied de la chaire de l’imam. (…) Depuis, la Jordanie et Israël soufflent le chaud et le froid, le royaume hachémite qualifiant les événements récents de menaces pour les fragiles accords de paix entre les deux pays. « Un coup de poignard pour la paix », selon le premier ministre jordanien. C’est Amman qui a la charge des lieux saints musulmans de Jérusalem. Le 9 novembre, lors d’un entretien avec la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini, le roi jordanien Abdallah II a réitéré l’opposition de son pays aux « atteintes israéliennes contre les lieux saints », tout en plaidant pour la reprise de négociations de paix israélo-palestiniennes et pour des efforts de la communauté internationale pour y parvenir. Deux jours auparavant, dans un soucis de faire baisser la tension, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou s’était entretenu avec le roi jordanien. Pourquoi cette esplanade est-elle devenue de nouveau le lieu de tous les dangers ?  (…) Depuis Jérusalem, notre correspondante Nathalie Hamou revient sur la montée en puissance de ces juifs illuminés qui veulent reprendre leur « Mont du Temple » et leurs soutiens politiques … Fait religieux
Avec un ennemi il est parfois possible de discuter et faire la paix, avec un rival, c’est impossible car ce qu’il veut, c’est être à votre place, être vous-même, se parer de vos habits et endosser votre rôle. L’ennemi agit de manière rationnelle et peut décider à un moment ou à un autre de cesser les hostilités et passer à autre chose. Le rival, quant à lui, livre un combat radical et irrationnel car pour lui il n’y a pas de place pour deux. Il n’aura donc de cesse que l’Autre disparaisse totalement. (…) Le conflit qui oppose le mouvement national juif à son miroir arabe palestinien est du même ordre. Il tire ses sources du plus profond de la religion musulmane qui pensait avoir définitivement remplacé le Judaïsme tout comme l’Eglise catholique le pensait durant des siècles. La date symbolique du 29 novembre choisie par Abou Mazen pour demander un vote de l’ONU sur la création d’un Etat virtuel de Palestine résume à elle seule la nature du conflit qui nous oppose aux Arabes palestiniens. Le 29 novembre 2012 doit remplacer le 29 novembre 1947, date du fameux vote de partage de la Palestine occidentale en deux Etats, rejeté par le monde arabe.(…) Dans cette tentative de substitution, l’Occident jour un rôle extrêmement pervers, laissant s’installer depuis longtemps le discours palestinien comme étant celui du Droit, de la Justice et de la Vérité, et ne concédant à Israël que l’exigence de sécurité. Si l’ONU vote jeudi la création d’un Etat de Palestine, cela ne changera pas grande chose sur le terrain dans l’immédiat. Mais il s’agira d’une nouvelle victoire sur les consciences collectives à partir de laquelle les terroristes de l’AP vont construire leur stratégie future. Shraga Blum
L’un des thèmes de mon livre est qu’Israël est beaucoup plus sain, performant, fonctionnel et donc viable que la plupart des autres pays du début du XXIe siècle. Mais il est aussi le seul Etat au monde que d’autres Etats ou des organisations militantes refusent de reconnaître ou veulent détruire. Israël vient d’être admis à l’unanimité à l’OCDE, le club des pays les plus riches, les plus développés et les plus libres du monde. Mais parallèlement, il fait l’objet de condamnations répétées et massives à l’Onu, une organisation dominée par des Etats sous-développés, dysfonctionnels et non-démocratiques. Dans un tel contexte, la question de sa survie à moyen ou long terme est donc pertinente et légitime. En tout cas, on me l’a posée si souvent que j’ai décidé d’y répondre méthodiquement. (…)  Les Israéliens ont longtemps hésité, par exemple, à mettre en parallèle le problème des réfugiés juifs des pays islamiques et celui des réfugiés arabes palestiniens, ou à rappeler comment le problème des réfugiés arabes a été artificiellement grossi, au lendemain même de la guerre de 1948. Ils ont négligé des arguments importants en matière de droit international, notamment sur le droit du peuple juif à l’ensemble de la Terre d’Israël. Ils ont également minimisé l’aspect fondamentalement religieux du conflit. J’ai essayé de revenir sur ces questions et de les expliciter. (…) Le peuple américain a toujours eu une grande empathie naturelle avec le peuple juif et Israël, fondée sur l’héritage biblique mais aussi sur ce que l’on a appelé « l’hébraïsme politique », une doctrine qui voit dans le judaïsme une des sources majeures de la démocratie moderne. Au niveau des dirigeants américains, les choses sont plus complexes. Depuis 1948, les présidents américains n’ont pas toujours apporté un soutien sans faille à Israël, loin de là. Certains d’entre eux ont été profondément hostiles à l’Etat juif, notamment Jimmy Carter ou George Bush père. Ronald Reagan, qui a été globalement pro-israélien tout au long de ses deux mandats, de 1981 à 1989, est passé lui-même par une brève phase anti-israélienne en 1982. Dans ce contexte, le comportement distant et souvent négatif de Barack Obama, au moins dans les deux premières années de son mandat, n’a rien d’exceptionnel. La principale différence, c’est que le président actuel cherche à « désoccidentaliser » la nation américaine, à mettre fin à l’ancrage judéo-chrétien de l’Amérique, à ouvrir ce pays aux autres cultures ou religions, et notamment à l’islam. Une telle évolution  serait certainement très dangereuse pour Israël. Une Amérique qui cesserait de fonder son identité sur la Bible s’éloignerait nécessairement de l’Etat juif. (…) Il n’y a pas une révolution arabe, mais plusieurs révolutions plus ou moins simultanées, avec des origines et des portées différentes. Jusqu’à présent, la plupart de ces mouvements restent enfermés dans le populisme unanimiste qui domine le processus politique arabe : l’ochlocratie (« pouvoir de la foule ») pour lui donner son nom savant. Les gouvernements tombent, mais la société ne change pas, et les blocages demeurent. A commencer par la détestation fantasmatique de l’Occident et d’Israël. La vraie révolution dont le monde arabe a besoin est d’ordre culturel : une conversion aux valeurs de diversité, de différence, de tolérance, de liberté individuelle sans lesquelles la démocratie politique n’est qu’un leurre. Nous n’y sommes pas encore. (…) Les évènements tels qu’ils se déroulent actuellement ne sont pas sans rappeler ce qui est décrit dans ce livre biblique : une coalition mondiale qui monte à l’assaut d’Israël. Même si cette épreuve ne fera, selon le prophète Zacharie, que précéder une intervention divine et la libération finale et complète du peuple juif, elle a de quoi inquiéter. L’Europe actuelle est très hostile à Israël. Je ne trouve aucune excuse aux dirigeants européens lorsqu’ils parlent de reconnaître un Etat palestinien dans les « frontières de 1967 ». Ces frontières « internationales » qu’ils prétendent octroyer aux Palestiniens, ils en privent, jusqu’à ce jour, les Israéliens, notamment en refusant d’installer leurs ambassades à « Jérusalem-Ouest ». Cette contradiction est un aveu : une partie des classes politiques européennes et une partie plus large encore des chancelleries européennes militent en fait pour le démantèlement d’Israël en tant qu’Etat. Michel Gurfinkiel (2011)
Quand les gens disent que la Jordanie (d’abord appelée Trans-Jordanie) est un état arabe palestinien, ils ont raison ! Les 3/4 du territoire de la Jordanie actuelle sont formés du territoire de la « Palestine » antérieure. Bien qu’ils s’appellent Jordaniens, les habitants de Jordanie ne sont pas globalement différents culturellement, ethniquement, historiquement et religieusement des Arabes palestiniens de « Cisjordanie ».  Même le drapeau jordanien et le drapeau proposé pour le 2ème état arabo-palestinien de Cisjordanie et Gaza sont presque identiques ! Si donc eux-mêmes se sentent appartenir au même peuple, pourquoi nous, devrions-nous tomber dans le mensonge différenciant les Arabes palestiniens de la rive occidentale du Jourdain de ceux de la rive orientale ? Quelqu’un peut-il m’expliquer pourquoi ces deux drapeaux sont presque identiques ? Jamais dans l’histoire les Arabes n’ont utilisé le terme latin « Palaestina » ou Palestine. Les Arabes ne peuvent pas prononcer ce nom car le son « P » n’existe pas en arabe. En 1920, quand la Société des Nations a crée ce territoire et l’a nommé « Palestine », les Arabes ont commencé à appeler cette terre « Falestin » mais ce territoire ne s’est jamais appelé Palestine dans la langue arabe des habitants arabes ! Les Arabes locaux ne se sont jamais appelés « Palestiniens », même pas pendant le mandat britannique. Les dirigeants arabes et britanniques se réferraient à eux comme des « Arabes » !  Les habitants arabes ont toujours été appelés « Arabes ». Une recherche informatisée du rapport Hope-Simpson publié en 1930 montre que le terme « Palestinien » ne figure nulle part dans ce rapport comme substantif. Les termes utilisés sont «Arabes palestiniens», «Juifs palestiniens », et « Chrétiens palestiniens ». (…) Les Israéliens d’un certain âge se souviennent tous que eux, les Juifs, étaient appelés « Palestiniens » avant 1948 et que les Arabes refusaient en bloc cette appellation pour eux-mêmes, ils se nommaient alors tout simplement « Arabes », le terme Palestinien était péjoratif puisque porté par les Juifs… (…) Il s’agit du narratif arabe et malheureusement les Israéliens donnent une justification à cette revendication en acceptant d’appeler les arabes de la région par le nom qu’ils ont volé, ils n’auraient jamais du accepter de les appeler ainsi. Les Arabes de la région d’Israël à notre époque moderne voudraient nous faire croire qu’ils descendent directement des Cananéens ou bien des Philistins, mais entre les deux, ils n’ont pas encore fait leur choix et de toute façon ils ne peuvent pas être les descendants d’aucuns d’entre eux parce que ces peuples ont disparu depuis des millénaires. Il n’est pas nécessaire d’analyser par le menu les détails historiques pour découvrir que la raison pour laquelle les Arabes vivant dans cette région ont décidé de s’appeler « Palestiniens », c’est qu’ils ne possèdaient pas d’identité forte. Le son « P » n’existe pas dans la langue arabe et encore moins le nom Palestine qui prend son origine dans la décision des Romains (l’empereur Hadrien) de renommer la Judée, « Palestine » dans le but d’humilier les Juifs vaincus. Ils forgèrent ce nom « Palestine » en référence aux Philistins (peuples de la mer) les anciens ennemis des Juifs qui à l’époque d’Hadrien avaient complètement disparu depuis des siècles et dont il ne reste absolument aucun vestige, ni même la langue, sauf ce qui est écrit dans la Bible à leurs sujets [phileshet]. Danilette

Attention: une absurdité peut en cacher une autre !

Alors que pour se refaire après l’échec de leur énième campagne de bombardements des villes israéliennes de cet été …

 Les dirigeants dits « palestiniens » multiplient les déclarations toujours plus enflammées et tentent, entre attaques à la sauce Etat islamique (voitures-bélier) ou la tentative d’assassinat d’un activiste religieux israélien le 30 octobre dernier, de relancer une troisième intifada

Pendant qu’après la Suède et peut-être bientôt le Royaume-Uni et la France, nos belles âmes rivalisent de naïveté ou de cynisme pour apporter leur caution à la dernière « solution finale » en date à la « question juive » …

Comment ne pas voir l’absurdité d’une situation …

Où, pour protéger le droit des musulmans à prier (face à La Mecque et donc dos au Mont du Temple – pardon: à l’Esplanade des Mosquées comme l’appellent les journalistes français) sur leur prétendu troisième lieu sacré …

Et pour ne pas risquer, du côté rabbinique, de profaner le lieu très saint dudit temple

On en arrive à interdire aux juifs de prier sur leur premier lieu sacré ?

Mais comment ne  pas voir aussi derrière cet énième épisode de captation et de dénigrement d’héritage …

Comme le rappelle notre consoeur Danilette et comme le montrent notamment certains des premiers drapeaux sionistes de l’époque mandataire …

La véritable supercherie de l’appropriation arabe, rivalité mimétique oblige, d’un terme longtemps honni parce qu’originellement porté par les juifs …

A savoir celui de Palestine ?

Le grand bluff du nom « Palestine », petit rappel pour les « ignorants de bonne foi »

Danilette

14 septembre 2011

Voici le drapeau palestinien proposé           Voici le drapeau jordanien

Quand les gens disent que la Jordanie (d’abord appelée Trans-Jordanie) est un état arabe palestinien, ils ont raison ! Les 3/4 du territoire de la Jordanie actuelle sont formés du territoire de la « Palestine » antérieure. Bien qu’ils s’appellent Jordaniens, les habitants de Jordanie ne sont pas globalement différents culturellement, ethniquement, historiquement et religieusement des Arabes palestiniens de « Cisjordanie ». 

Même le drapeau jordanien et le drapeau proposé pour le 2ème état arabo-palestinien de Cisjordanie et Gaza sont presque identiques ! Si donc eux-mêmes se sentent appartenir au même peuple, pourquoi nous, devrions-nous tomber dans le mensonge différenciant les Arabes palestiniens de la rive occidentale du Jourdain de ceux de la rive orientale ?

Quelqu’un peut-il m’expliquer pourquoi ces deux drapeaux sont presque identiques ?

Jamais dans l’histoire les Arabes n’ont utilisé le terme latin « Palaestina » ou Palestine. Les Arabes ne peuvent pas prononcer ce nom car le son « P » n’existe pas en arabe. En 1920, quand la Société des Nations a crée ce territoire et l’a nommé « Palestine », les Arabes ont commencé à appeler cette terre « Falestin » mais ce territoire ne s’est jamais appelé Palestine dans la langue arabe des habitants arabes !

Les Arabes locaux ne se sont jamais appelés « Palestiniens », même pas pendant le mandat britannique. Les dirigeants arabes et britanniques se réferraient à eux comme des « Arabes » !  Les habitants arabes ont toujours été appelés « Arabes ». Une recherche informatisée du rapport Hope-Simpson publié en 1930 montre que le terme « Palestinien » ne figure nulle part dans ce rapport comme substantif. Les termes utilisés sont «Arabes palestiniens», «Juifs palestiniens », et « Chrétiens palestiniens ». 

Autres exemples : 

  •  « The Jerusalem Post », un journal juif, a été appelé «Palestine Post» depuis sa fondation en 1932 jusqu’en 1950.
  •  En 1923, Pinhas Rutenberg (juif) a fondé la Société Palestine Electric, qui deviendra plus tard l’Israel Electric Corporation.
  •  Il y avait l’orchestre juif le « Palestine Symphony Orchestra ».
  •  Durant la deuxième guerre mondiale, les Britanniques ont formé une Brigade juive, pour combattre les puissances de l’Axe, elle est connu par les Anglais comme la Brigade palestinienne 

Les Israéliens d’un certain âge se souviennent tous que eux, les Juifs, étaient appelés « Palestiniens » avant 1948 et que les Arabes refusaient en bloc cette appellation pour eux-mêmes, ils se nommaient alors tout simplement « Arabes », le terme Palestinien était péjoratif puisque porté par les Juifs…

Combien de fois ai-je entendu ce témoignage (je pense à mes amis du Kibboutz Kfar Menahem et bien d’autres…)

Il s’agit du narratif arabe et malheureusement les Israéliens donnent une justification à cette revendication en acceptant d’appeler les arabes de la région par le nom qu’ils ont volé, ils n’auraient jamais du accepter de les appeler ainsi.

Les Arabes de la région d’Israël à notre époque moderne voudraient nous faire croire qu’ils descendent directement des Cananéens ou bien des Philistins, mais entre les deux, ils n’ont pas encore fait leur choix et de toute façon ils ne peuvent pas être les descendants d’aucuns d’entre eux parce que ces peuples ont disparu depuis des millénaires. Il n’est pas nécessaire d’analyser par le menu les détails historiques pour découvrir que la raison pour laquelle les Arabes vivant dans cette région ont décidé de s’appeler « Palestiniens », c’est qu’ils ne possèdaient pas d’identité forte.

Le son « P » n’existe pas dans la langue arabe et encore moins le nom Palestine qui prend son origine dans la décision des Romains (l’empereur Hadrien) de renommer la Judée, « Palestine » dans le but d’humilier les Juifs vaincus. Ils forgèrent ce nom « Palestine » en référence aux Philistins (peuples de la mer) les anciens ennemis des Juifs qui à l’époque d’Hadrien avaient complètement disparu depuis des siècles et dont il ne reste absolument aucun vestige, ni même la langue, sauf ce qui est écrit dans la Bible à leurs sujets [phileshet].

Le dirigeant arabe Awni Bey Abdul Haadi en 1937 : « il n’y a pas de pays tel que la Palestine, notre pays a fait partie de la Syrie pendant des siècles » !

Enfin ne pas confondre la PHILISTIE et la PALESTINE , ces 2 dénominations n’ont rien à voir !

Les auteurs grecs, en particulier Aristote souvent cité par les Arabes, ne parlait pas de la Palestine, Palestinae, nom latin crée par l’empereur Hadrien mais de la Philistie, pays des Philistins qui d’ailleurs n’existait plus depuis longtemps à son époque. Aristote qui reprend un auteur bien antérieur, ne parle pas non plus de la Syrie-Palestine, nom d’un district de l’empire ottoman mais bien de « l’Assyrie-Philistie » car il parle de l’époque où les Philistins étaient devenus les vassaux de l’Assyrie et on ne désignait plus leur pays comme Philistie mais comme « Philistie de l’Assyrie », l’Assyrie maitre de la Philistie ! 

Le comble étant que le nom Philistie dérive de l’hébreu « Pileshet », c’était le nom utilisé par les Hébreux pour désigner le pays de leurs ennemis, les Philistins et comme il n’existe aucun écrits sur les Philistins, excepté la Bible et une stèle égyptienne avec des Hieroglypes, nous avons perdu la trace de leur langue, leurs noms et tout autre vestige !

La propagande arabe a été tellement efficace que plus personne ne se penche sur les sources historiques, voyons un peu :

1) La Terre d’Israël

Extraits de l’ouvrage de Salomon Munk édité en 1845 LIEN

Je reprends des extraits du livre de Salomon Munk :

« Sous le nom de Palestine, nous comprenons le petit pays habité autrefois par les Israélites et qui aujourd’hui partie des pachalics d’Acre et de Damas. Quant au nom de Palestine qui nous a été transmis par les auteurs grecs, il dérive du nom hébreu Péléshet (pays des Philistins) et ne désignait que la partie sud-ouest du pays habité par les Philistins. Le plus ancien nom du pays que nous trouvions chez les auteurs hébreux est celui de Canaan. Ce nom cependant ne désignait que la partie située entre le Jourdain et la Méditerranée et comprenait aussi la Phénicie et le pays des Philistins.

Depuis l’entrée des Hébreux la Palestine est désignée sous plusieurs autres dénominations telles que Terre desHébreux, Terre d’Israël [le nom repris par l’état d’Israël]. Après l’exil de Babylone, elle fut appelée Terre de Juda d’où vient le nom de Judée dont se servent les auteurs romains [Judaea Capta est] 

Le prophète Zacharie l’appelle Terre Sainte [en fait, Terre sanctifiée, ce qui est différent] nom qui est en faveur auprès des juifs modernes et des chrétiens. Il est difficile de bien fixer les limites de la Palestine qui varièrent beaucoup à différentes époques et sur lesquels nous ne trouvons pas toujours des données bien précises.

 À l’orient, au-delà du Jourdain, le Pays des Hébreux s’étendit jusque dans le désert vers l’Euphrate sans que les limites fussent bien fixées. Sous Salomon qui batit Tadmor (Palmyre), la ville de Thapsacus sur l’Euphrate est le point extrême du royaume vers le nord-est. Au nord il aboutit au territoire de Damas, à l’Antiliban et au territoire de Tyr. La limite occidentale est la Méditerranée jusqu’à l’embouchure du torrent d’Égypte (Wadi el arish) et la limite du midi partant El Arish se dirige vers la pointe méridionale de la mer Morte mais à l’est de cette mer et du Jourdain, les possessions des Hébreux ne dépassaient pas vers le midi le torrent d’Arnon (Wadi moudjeb) qui les séparait du pays des Moabites. »

2) L’empire romain

 JUDAEA CAPTA EST

En 135, lorsque l’Empereur romain Hadrien est finalement venu à bout de la grande révolte juive (Bar Kohba), il change le nom de la Judaea et la nomme « Palaestina ». Il a aussi renommé la ville de Jérusalem et l’a appelé «Aelia Capitolina» pour effacer à jamais le souvenir des Juifs et surtout les humilier.

« Palaestina » est le nom romain / latin pour la Terre d’Israël. Quand les Romains / Byzantins ont été vaincus par les conquérants musulmansen en 638, le nom de « Palaestina » n’était plus en usage. Les conquérants musulmans n’appelaient pas cette terre « Palaestina ». Quand les Turcs ottomans musulmans ont conquis ce territoire en 1517, ils ne l’ont pas appelé « Palaestina ».

3)  l’Empire ottoman a contrôlé un vaste territoire dont une partie est devenue le Liban, la Syrie et la Palestine.

 Comme on le voit sur la carte, il n’y a aucune mention de la Palestine, la région s’appelait Syrie !

Les régions administratives de l’Empire ottoman se sont appelées des Eyalets jusqu’en 1864, puis Vilayet, le territoire de la « Palestine », c’était l’Eyalet de Damas puis le Vilayet de Syrie link et celui de Beyrouth

Eyalets (1363–1864)  Aleppo · Baghdad · Basra · Cyprus · Damascus · Lahsa · Mosul · Nogai · Rakka  · Samtskhe · Sharazor · Sidon · Tripoli · Yemen
Vilayets (1864–1922) Adana · Adrianople · Aidin · Aleppo · Ankara · Archipelago · Baghdad · Basra  · Beirut · Bitlis · Bosnia· Crete · Danube · Deir ez-Zor · Dersim · Diyâr-ı Bekr · Erzurum

 · Hakkari · Hejaz · Herzegovina ·Hüdavendigâr · Istanbul · Janina · Karasi · Kastamonu

 · Konya · Kosovo · Mamuret-ul-Aziz· Monastir · Mosul · Prizren · Salonica · Scutari

· Sivas · Syria · Trebizond · Tripolitania · Van · Yemen

Vassals and autonomies Cossack Hetmanate · Cretan State · Crimean Khanate · Khedivate of Egypt ·  Principality of Moldavia · Sharifate of Mecca · Republic of Ragusa · Eastern Rumelia

 · Principality of Samos ·Serbian Despotate · Duchy of Syrmia

 · Principality of Transylvania · Tunis Eyalet · Principality of Wallachia

 

سورية في العصر العثماني http://fr.wikipedia.org/wiki/Syrie_ottomane Syrie Ottomane

1516 – 1918 
Le territoire de la province de Syrie dans l’Empire ottoman Drapeau de la Syrie Ottomane

Avant 1864, la Syrie était divisée en trois unités administratives Eyalets ou Pachalik : Damas, Alep et Tripoli gouvernés par des Beylerbeys. Ces trois grandes circonscriptions formeront longtemps les principales divisions administratives de la Syrie ottomane. La première, l’Eyalet de Damas comprenait 10 sandjaks dont les plus importants étaient Beyrouth, Saïda, Tadmor, Naplouse, Jérusalem et Gaza. Alep avec ses 9 sandjaks englobait toute la Syrie septentrionale et Tripoli comptait 5 sandjaks.

Pendant la Première Guerre mondiale (1914-1918), la Turquie était alliée de l’Allemagne. Ils ont été vaincus et cela a engendré le démembrement de l’Empire ottoman. La Palestine fut créée, de part et d’autre du Jourdain, par la Société des Nations. En Juillet 1920, l’administration de ce territoire de 97.740 kilomètres carrés fut confiée par la Société des Nations à la Grande-Bretagne, selon les termes du Mandat pour la Palestine. Le territoire prévu pour le retour des Juifs dans la déclaration Balfour comprenait la Palestine et la Transjordanie (Jordanie actuelle et un morceau d’Irak)Pour respecter les engagements politiques pris par la Grande Bretagne à l’égard de Sharif Hussein, Roi de Hijaz (Arabie) et de ses fils, en remerciement de la  » Révolte Arabe  » contre les Turcs, la Grande-Bretagne délégua à l’Emir Abdallah (le deuxième fils de Hussein) l’administration de quelque 70 000 km2 d’un territoire s’étendant à l’Est du Jourdain, en excluant les implantations juives de la Transjordanie. 

Cela représentait environ 71,5% du total des 97.740 km2 concernés par le Mandat. Le reste, soit seulement 28,5% du Territoire sous Mandat, à l’ouest du Jourdain, devait demeurer disponible pour que les Juifs y reconstituent leur Foyer National. Les Arabes vivant sur la rive occidentale du Jourdain devaient être réinstallés en Transjordanie une fois que le Foyer National aurait été établi.

Les Juifs avaient déjà commencé à immigrer massivement en Palestine au milieu du 19ème siècle, mais ils ont toujours été présents sur ce territoire (voir Histoire du Yichouv link, link, link), à Jérusalem, ils forment la majorité de la population dès 1845 !!!

Ils ont travaillé comme des forcenés pour assainir les terres marécageuses de la malaria et se préparaient à la renaissance d’Israël. Cet effort juif pour revitaliser la terre a attiré une immigration tout aussi importante d’Arabes des régions voisines, attirés par les possibilités d’emploi et les conditions de vie plus saines, ainsi que par les soins médicaux prodigués par les nombreux médecins juifs. Il n’y a jamais eu aucune tentative de  se «débarrasser» des Arabes autochtones peu nombreux, ni d’empêcher les masses arabes de venir chercher la prospérité apportée par les Juifs !

« Dans l’esprit de Churchill, c’était aussi la création d’un nouvel état qui devait recevoir tous les arabes de la Palestine occidentale par leur déplacement à l’Est du Jourdain. Si cette vision de Churchill avait été exaucée à l’époque, il n’y aurait pas eu de problème arabo-israélien ».Le territoire à l’est du Jourdain a été rebaptisé Trans-Jordanie. La Trans-Jordanie sera rebaptisée « Jordanie » en 1946. En d’autres termes, les 71,5% de la Palestine vont être rebatisés à deux reprises et vont effacer tout lien avec le nom originel de « Palestine » ! Il est fondamental de se souvenir que la patrie arabe palestinienne est bien la Jordanie. Les 28,5% restants de la Palestine qui est le territoire actuel à l’ouest du Jourdain devait être la patrie palestinienne juive.

Encouragé et incité par le nationalisme arabe croissant gagnant tout le Moyen-Orient, les Arabes de ce petit territoire restant à l’ouest du Jourdain lancèrent des attaques meurtrières incessantes sur les Palestiniens juifs, dans un effort pour les chasser. Parmi celles-ci, les terrifiants massacre de 1929 et de la période 1936-1939.Les Britanniques ont d’abord essayé de maintenir l’ordre mais très vite (en raison des grands gisements de pétrole à travers le moyen-orient arabe) ont fermé les yeux.  Entre 1922 et 1948, en contradiction avec les dispositions du Mandat qui lui avait été confié, la Grande-Bretagne ne se contenta pas de fermer les yeux sur l’immigration arabe extensive, qui aurait dû être installée en Transjordanie mais, elle restreignit drastiquement l’immigration juive (Livres Blancs britanniques de 1922 et 1939), ce qui contribua à l’anéantissement des Juifs européens. 

Sources :

© http://danilette.over-blog.com 

Mise à jour : voici le drapeau de la Palestine mandataire tel qu’il apparaît dans le Larousse:

drapeau-palestine.jpg

Articles que je vous recommande vivement : 

Voir aussi:

Interview  de Michel Gurfinkiel

Guitel Ben-Ishay

Aschkel.info

12 mai 2011

Au milieu de toute la littérature pro-palestinienne, il se trouve certains auteurs et intellectuels qui osent défendre un autre point de vue. Michel Gurfinkiel est de ceux-là. Journaliste et écrivain, il exerce également des responsabilités aux Consistoires de France et de Paris. Il a publié récemment un ouvrage au titre provocateur :

Israël peut-il survivre ? La nouvelle règle du jeu.

Nous l’avons interrogé sur ce livre. Il nous a fait part de ses analyses sur de nombreux sujets qui nous touchent particulièrement.

Le P’tit Hebdo : Vous avez publié de nombreux ouvrages sur le thème d’Israël. Pourquoi ?

Michel Gurfinkiel : Je suis juif, et c’est une bonne raison, en soi, de s’intéresser à Israël. Mais je pense que je l’aurais fait si je ne l’avais pas été. L’histoire du peuple d’Israël et de la nation israélienne moderne est extraordinaire, singulière et unique. A ce titre elle a toujours fasciné l’ensemble de l’humanité. Avec d’ailleurs des conséquences diverses et multiples, qui vont de l’affection au rejet.